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DOCUMENT. Comment les entreprises surveillent notre quotidien

DOCUMENT. Comment une cellule secrète de Facebook manipule les opinions publiques
DOCUMENT. How Facebook’s Secret Unit Created India’s Troll Armies For Digital Propaganda...

DOCUMENT. La terre : une arme ; la géo-ingénierie : une guerre.

DOCUMENT. Rapport sur les inégalités dans le monde 2018 - Synthèse sur la France.

DOCUMENT. UE. Liste des 226 parlementaires européens alliés d'Open Society de Soros

DOCUMENT. POURQUOI LE SOCIALISME ? (A. Einstein -1949)

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  Les enseignements du marxisme.    (08.07.2017)

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HISTOIRE : LA FALSIFICATION DE L'HISTOIRE : UN MOYEN DE MAINTENIR LE POUVOIR IMPÉRIAL.

HISTOIRE : LE SIONISME ET LE RÉGIME NAZI.
SIONISME : LE GRAND ISRAEL.


  LES ENSEIGNEMENTS DU MARXISME.

 - L’attitude de la bourgeoisie à l’égard du prolétariat. (F. Engels -1845)
 - Les guerres nationales bourgeoises renferme des leçons extraordinairement instructives. (Trotsky -1940)
 - La dialectique ou la science des lois générales du mouvement et du développement
     de la nature, de la société humaine et de la pensée. (F. Engels - 1878)

 - Socialisme de juristes. (F. Engels et K. Kautsky -1886)
 - L'impérialisme et la scission du socialisme. (V. Lénine -1916)
 - Les deux bases capitalistes sur lesquelles repose le socialisme scientifique. (F. Engels -1877)
 - Leur morale de classe et la nôtre. - (F. Engels -1878)
 - Tendance historique de l’accumulation capitaliste. - (K. Marx - F. Engels -1867)
 - Droit de l'homme contre droit du citoyen. - (K. Marx - 1843)
   ADRESSES UTILES

Le Réseau Voltaire. (France et Moyen-Orient)
Le Centre de recherche sur la mondialisation. (Canada)
Investig’Action. (Belgique)
Arrêt sur Info. (Suisse)
Anticons. (France)
Observatoire des multinationales. (France)



 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 



Causerie

Le 17 janvier 2018

CAUSERIE

Le portail ne sera plus actualisé pendant une durée indéterminée.


Le 7 janvier 2018

CAUSERIE

Causerie au format pdf. (36 pages)

Pourquoi il est si difficile de se faire des amis.

Appliqueriez-vous par hasard la règle de Chatham House? A quoi bon !

wikipedia.org - La règle de Chatham House (en anglais : Chatham House Rule) est une règle utilisée pour réglementer la confidentialité des informations échangées lors d'une réunion. Sa traduction en français est :

« Quand une réunion, ou l'une de ses parties, se déroule sous la règle de Chatham House, les participants sont libres d'utiliser les informations collectées à cette occasion, mais ils ne doivent révéler ni l'identité, ni l'affiliation des personnes à l'origine de ces informations, de même qu'ils ne doivent pas révéler l'identité des autres participants. »

La règle de Chatham House a été formalisée en 1927 pour faciliter les échanges au sein du Royal Institute of International Affairs (Chatham House). À son origine, la règle avait pour objet de protéger l'anonymat des personnes participant à une réunion placée sous son égide, de manière à améliorer les Relations internationales. Elle est maintenant largement utilisée à travers le monde anglo-saxon pour faciliter la liberté des discussions...

Organisations utilisant la règle de Chatham House : Le Groupe Bilderberg lors de ses rencontres annuelles. wikipedia.org

En vous connectant à ce portail, à partir de votre IP, ils connaissent votre véritable identité, votre adresse, etc. vous êtes fichés par leur organisation mafieuse et criminelle internationale.

C'était juste un brin d'humour pour vous mettre en condition.

Je n'ai pas reçu le moindre petit mot, cela en dit plus long que des discours sur l'état de putréfaction de la société et du mouvement ouvrier. Je vous en remercie, c'est très encourageant car cela confirme ce que je pensais sans toutefois toujours l'exprimer aussi directement.

Pour ma part j'ai envoyé un mot cordial à l'assistante sociale du consulat qui s'est occupée de mon dossier de retraite, ainsi qu'à une agent de la CNAV et une salariée d'Humanis (Arcco et Agirc) qui avaient accepté de finaliser mon dossier par Internet sans attendre que les documents leur parviennent par la poste. C'est normal que je sois reconnaissant envers les gens qui me rendent service, c'est la moindre des choses me semble-t-il entre gens civilisés.

Pendant longtemps j'ai entretenu des relations avec des gens auxquels je prêtais les principes qui m'animaient et m'animent toujours et qu'en réalité ils ne partageaient pas, ce que je savais pertinemment, en quelque sorte c'était le seul moyen de justifier ces relations et de satisfaire un besoin que j'estimais réciproque ou de nature identique, universel, sans pour autant qu'on y accorde le même intérêt ou la même place dans la vie. Quand on a tendance à être optimisme par nature, en temps ordinaire on va forcément de désillusion en désillusion, et bien que l'expression ne soit pas tout à fait approprié, il faut bien admettre qu'on en arrive à oublier que ces rapports reposent sur un compromis fragile qui peut se briser brutalement à la première occasion, ce qui causera parfois une grande tristesse.

Cela concerne tous les gens que j'ai connus autrefois sans exception. Il faut dire que la distance géographique qui existait entre nous, ne favorisait pas la poursuite de relations en grande partie à sens unique ou comportant une part d'hypocrisie, elle a servi de révélateur à ce que je viens de décrire. Je ne pense pas y être pour grand chose pour avoir dans le passé envoyé des cartes postales à de vieux copains qui ne m'ont jamais répondu, alors que nous ne nous étions pas fâchés. A quoi bon, c'est sans intérêt ont-ils dû penser, et je crois que finalement c'est ce que la plupart des gens pensent également des autres, ils sont aussi inconsistants dans ce domaine que dans bien d'autres.

Quant à mes lecteurs, ils ont au moins réussi à en faire des ectoplasmes, des hommes et des femmes sans nom et sans visage, anonymes, invisibles, il ne leur reste plus qu'à leur porter le coup de grâce, à nous achever ou presque, et il faudra beaucoup de temps avant de comprendre ce qui nous est réellement arrivé et de nous en relever comme nous sommes partis, mille fois hélas !

A propos de l'ambiance délétère qui règne dorénavant en France et qui entraîne toute la société dans son sillage.

Les terroristes de la pensée savent que c'est une pratique qui est et a été largement appliquée dans de nombreux milieux, de manière systématique ou au point d'être théorisée pour justifier toute les dérives autocratiques ou bureaucratiques.

Ils savent aussi que les derniers des arriérés vont juger les autres, et que ceux qui ne le sont pas, tout du moins en apparence, ne s'en privent pas. Chacun trouvera chez les autres des différences qu'il supportera et d'autres non.

C'est ainsi que la plupart des gens participent consciemment ou non, de manière assurée ou non à toute sorte de discriminations ou intolérances, dont certaines sont fondées, celles qui révèlent l'ignorance ou la bêtise des autres qui est bien réel ou à juste titre, et qui généralement concerne aussi celui qui porte ce jugement, par exemple lorsqu'un intellectuel ou souvent un militant fustige la passivité des masses ou sa propension à se conduire en mouton pour son plus grand malheur, en effet personne ne peut nier que cela existe, sans que notre intellectuel ou notre militant soit plus futé pour réserver leurs coups aux plus faibles au lieu d'affronter les puissants, et d'autres qui ne le sont pas, qui, si elles ont pour origine l'ignorance, sont plutôt le produit de leur isolement ou de préjugés que la société s'est employée à incruster profondément dans le cerveau des hommes depuis des lustres, et si on remontait à leur source, on aboutirait à la société divisée en classe qui est à l'origine de toutes les inégalités et injustices que chacun aura tendance à justifier ou à reproduire au travers une multitude de rapports ou comportements.

Les gens ont hérité de principes ou de valeurs, mais bien peu sont prêts à se battre pour les faire respecter, ils leur servent tout au plus à se donner bonne conscience, de la même manière qu'ils s'accommoderont de la société ou des conditions qu'ils ont trouvées à leur naissance sans chercher à les modifier, ils vivront dans la plus parfaite insouciance et passeront à côté de l'essentiel tout au long de leur existence, à laquelle finalement ils n'auront rien compris, c'est bien triste.

Lorsqu'on ignore sur quelle base sociale repose la société et dès lors comment elle fonctionne, lorsqu'on n'a pas développé une conscience de classe, lorsqu'on n'a pas acquis la méthode correspondant au processus matérialiste dialectique à l'oeuvre pour interpréter la situation, on n'est pas vraiment en mesure de juger notre propre comportement ou nos propres idées et encore moins ceux des autres.

On passe son temps à se leurrer sur soi-même et généralement à faire preuve d'injustice envers la plupart des gens qui ne méritent pas le jugement qu'on porte sur eux, non pas qu'ils seraient parfaits ou que leur comportement ou leurs idées seraient au-delà de toute critique, parce qu'en pensant ou en agissant de la sorte on focalise notre attention sur les conséquences de rapports (entre dominants et dominés) qui leur ont été imposés dès leur naissance, ce dont ils n'ont pas conscience, au lieu de nous attaquer à leur origine, à leur base matérielle, les fondements du capitalisme.

Les intellectuels, les petits bourgeois en général sont très loquaces lorsqu'il s'agit de décrire les travers, les méfaits ou les excès du capitalisme avec toutes les conséquences dramatiques qui les accompagnent, en revanche, ils le sont beaucoup moins ou désertent lorsqu'il s'agit de remonter à leur source, jusqu'aux fondements du capitalisme pour en établir l'origine, ils se perdent en chemin et trouvent quelques boucs émissaires, exactement comme le font ceux qui ont adopté cette attitude détestable envers eux notamment.

On aura compris que ceux qui aujourd'hui hurlent à la censure ou à l'injustice, sont ceux qui les pratiquaient habituellement, ouvertement ou très hypocritement en jouant le rôle d'élite auprès du régime, et c'est bien la raison pour laquelle ils sont impuissants à la combattre et ils reçoivent coup sur coup par ceux qui ont décidé de les faire marcher au pas ou de les faire taire ou disparaître. Certains le prennent très mal et se rebiffent maladroitement, et il se peut que parmi eux certains finissent par se rendre à l'évidence qu'il faut faire table rase du passé ou parviennent à la conclusion que le capitalisme doit impérativement être aboli pour changer la société devenue irrespirable, nauséabonde.

Dans le portail, j'ai donné la parole à ceux qui ne partageaient pas mes idées ou avec lesquels j'avais de profonds désaccords, la plupart n'en ont pas voulue. Pendant des années y figurait une tribune libre, des liens vers d'autres courants politiques sans que jamais ils pratiquent la réciprocité. J'ai tenté d'entretenir une correspondance avec des journalistes animant certains blogs ou portails, au départ cela se présentait bien, mais dès que j'ai osé critiquer leurs analyses je n'ai jamais plus entendu parler d'eux. Il en fut de même avec des dirigeants de différents groupes de militants. Même au sein de ma famille il est devenu impossible de dire ce que je pense, même à demi-mot ou sous la forme d'allusions pour ne pas les choquer, précaution inutile puisqu'ils l'interprètent de travers en vous prêtant des intentions qui vous sont étrangères.

Bref, par expérience j'ai pu observer que tous préféraient encore l'hypocrisie à la sincérité, tous pratiquent l'ostracisme envers ceux qui ne leur ressemblent pas ou ne partagent pas leurs idées, et ils s'étonnent que ce soit devenu la philosophie des représentants ou des porte-parole du régime, tout y prédisposait en réalité.

La corruption des esprits a toujours existé, mais elle a pris une tournure particulière, après qu'on eut refusé d'admettre que les partis traditionnels du mouvement ouvrier avaient basculé définitivement dans le camp des ennemis du socialisme ou du prolétariat mondial il y a près d'un siècle ou plus. Il aura fallu attendre que pratiquement toutes les conséquences de la révolution russe de 1917 se soient évanouies ou que la contre-révolution triomphe à l'échelle mondiale, pour que du bout des lèvres certains en arrivent péniblement à admettre que le PS n'était pas vraiment de gauche, en réalité lorsque cette caractérisation était devenue insoutenable, ce qui avait déjà été le cas à une multitude de reprises pendant un siècle sans qu'ils n'en tiennent compte ou pendant une brève période avant de replonger dans une profonde amnésie. Cela vaut pour le PCF, dont les différents courants internes ou externes ont, soit théorisé les crimes du stalinisme dont ils sont fiers, soit ils les ont reniés pour mieux justifier ceux de la social-démocratie dégénérée.

Cette imposture ne devait pas rester sans lendemain ou impunie indéfiniment, le prolétariat n'étant pas parvenu à se doter d'une nouvelle direction politique pour leur infliger, c'est la réaction (poussée en réalité par l'évolution ou la crise du capitalisme) qui allait s'en charger en y ajoutant un cran de plus.

L'illusion que la gauche était opposée à la droite ne devait durer qu'un temps, le temps que l'oligarchie concentre tous les pouvoirs ou les contrôle. Elle servit d'épouvantail à la réaction de droite pour justifier sa politique et vice versa, la réaction de gauche ajoutant l'extrême droite pour ne pas être en reste quand la droite était trop faible ou divisée. La gauche incarnera le révisionnisme ou la négation du socialisme au profit du capitalisme, auquel elle attribuera des vertus progressistes pour peu qu'on le bouscule un peu, et qui finiront par s'épuiser entraînant la disparition de cette gauche corrompue.

Le capitalisme était voué à connaître des crises et à s'effondrer, en ouvrant l'ère des guerres et des révolutions bien avant d'avoir atteint le stade de l'impérialisme au détours du XXe siècle. Son développement devait être ponctué de périodes d'expansion contribuant à une nouvelle accumulation du capital précédant les prochaines crises, qu'il ne pourrait résoudre temporairement qu'en recourant à la guerre et ainsi de suite. Les périodes de paix ne servaient qu'à préparer les prochaines guerres. Chaque fois les guerres précédèrent les révolutions afin de les éviter ou suite à une défaite politique de la classe ouvrière, les guerres devaient servir les intérêts du capitalisme et de prétexte pour s'attaquer au mouvement ouvrier. Au départ les guerres ont pour vertu d'estomper les antagonismes de classe qui rejailliront quelque temps plus tard...

Lors de chaque nouveau cycle du capital (dans lequel on doit inclure la guerre), c'était la classe ouvrière qui était principalement mise à contribution pour assurer son expansion en étant davantage exploitée, moyennant quoi elle exigeait sa part et les capitalistes ne rechignaient pas trop à se montrer généreux, dans la mesure où cela servait leurs intérêts ou leur permettait d'écouler leurs marchandises, la lutte des classes se soldait par un marchandage à l'issu duquel le capitalisme sortait renforcé. A son besoin d'expansion sont venues se greffer les guerres et occupations coloniales ainsi que l'exportation des capitaux, la nécessité de développer de nouveaux marchés avant d'y localiser la production, une fois les anciens marchés saturés, endettés et aux coûts de production trop élevés, tandis que les pays producteurs de matières premières seraient systématiquement pillés et voués éternellement au sous-développement, au chaos et à la guerre de nos jours.

L'extension de la division du travail à l'échelle mondiale servira à la fois à freiner la baisse tendancielle du taux de profit, et à mettre en concurrence les travailleurs du monde entier, un puissant facteur dont les capitalistes se serviront comme chantage pour faire passer des politiques d'austérité ou opposer salaire et emploi, trancher à la hache dans la législation sociale collective en rétablissant quasiment les relations individuelles qui existaient autrefois entre exploiteur et exploité, ce qui revient finalement à priver les travailleurs de tout droit.

Lorsque l'URSS et ses satellites implosèrent, ce n'est pas la menace du communisme qui disparut, mais le facteur à partir duquel avait été construite l'opposition factice entre la gauche et la droite, de sorte qu'à partir de cette date-là elle allait rapidement ou pratiquement instantanément s'estomper pour finalement disparaître, les uns et les autres assumant leur véritable nature réactionnaire, à commencer par la social-démocratie dégénérée, à laquelle emboîtera le pas les staliniens devenus ouvertement social-démocrates, abandonnant la dictature du prolétariat, autrement dit la lutte pour le pouvoir ou le socialisme.

Si l'opposition entre la gauche et la droite était factice, en revanche le facteur qui était à l'origine de cette supercherie était bien réel, l'opposition irréductible entre le mode de production basé sur la propriété privée des moyens de production et celui basé sur la propriété collective des moyens de production. Dès lors que le mode de production basé sur la propriété collective des moyens de production disparaissait en URSS (et les pays du Pacte de Varsovie), le seul pays qui ait connu une véritable révolution prolétarienne et socialiste, le capitalisme restait seul en lice, de sorte que selon l'idée qu'on s'en était faite, l'opposition entre la gauche et la droite avait fait son temps et cette imposture allait éclater brutalement ou apparaître plus clairement au cours des décennies suivantes. Finalement, il allait s'avérer que tous les partis qui se réclamaient de la gauche étaient tous inféodés au capitalisme depuis des lustres. Est-il utile d'ajouter qu'on n'en tira aucun enseignement après l'avoir nié si longtemps.

La gauche avait adopté l'idéologie ou le programme des socialistes révisionnistes de la fin du XIXe siècle auxquels s'opposa Engels, qui constituait une capitulation devant le capitalisme ou avait consisté à adopter le capitalisme. Dès l'annonce de la fin annoncée de l'URSS au début des années 80 à la suite de la Pologne, la social-démocratie assuma ouvertement sa véritable nature contre-révolutionnaire. Bien avant cette époque plus personne ne se faisait d'illusions sur ses réelles intentions, jamais elle ne romprait avec le capitalisme, ce qu'elle n'avait jamais cessé de démontrer depuis près d'un siècle, notamment lorsqu'elle était au pouvoir. De la IIIe à la Ve République, elle oeuvra sans interruption dans le camp de la réaction et elle servit fidèlement les intérêts du capitalisme.

Quand aujourd'hui on nous sort que la droite et la gauche ont fait leur temps, au lieu de se saisir de cet argument pour mettre les choses au point une fois pour toute sur cette question, certains entendent continuer de colporter cette illusion. C'est le genre de gens ou de militants qui vous expliquent que c'est à la gauche que l'on doit la scolarisation de nos enfants par exemple ou un tas de réforme sociales, qui en réalité si elles n'avaient pas été adoptées n'auraient pas permis le développement du capitalisme... Les fondements du capitalisme comportaient donc une contradiction qui fut exploitée au cours de la lutte des classes pour compenser son aspect injuste ou asocial, tout en l'identifiant au progrès qui était en réalité davantage le produit de l'exploitation ou lié à ses besoins pour assurer son développement et sa survie. La lutte des classes favorisa son développement plus qu'elle ne l'entrava, si une augmentation de salaire satisfait un besoin social, elle va permettre également de consommer davantage, donc d'alimenter la machine capitaliste, et c'est depuis qu'elle est pour ainsi dire neutralisée ou impuissance que la crise du capitalisme a pris une tournure permanente et barbare.

En dernière analyse, la situation actuelle est à la fois l'évolution du capitalisme et de l'orientation de la lutte de classe qui a été déterminée par les dirigeants du mouvement ouvrier, de sorte qu'on ne peut pas rompre avec l'un sans rompre avec l'autre si on veut s'en sortir. Est de gauche qui entend rompre avec le capitalisme ou l'impérialisme et l'opportunisme, est de droite qui s'en accommode ou refuse de les combattre.

Voilà encore une caractérisation radicale que la plupart refuse d'admettre, comme si à un moment donné il ne fallait pas trancher, ce que revient en fait à ne rien changer. Si j'ai affirmé dans une précédente causerie que le capitalisme n'avait aucune qualité, c'était davantage pour faire ressortir que celles qu'il pouvait revendiquer sur le plan historique ne correspondaient à celles qu'on lui attribuait ou qu'il s'attribuait habituellement, je précisais qu'il avait été progressiste malgré lui, en ayant à l'esprit les conditions effroyables qu'il fit endurer au prolétariat pour se développer. On a tendance à l'oublier, de la même manière que notre confort matériel relatif a pour pendant la pauvreté de couches entières de la classe ouvrière ou la surexploitation de millions de travailleurs ailleurs dans le monde. On lui passe ses méfaits quotidiens qui font le plus de victimes innocentes, sous prétexte qu'ils ne nous atteignent pas ou sont indolores pour nous. Et quand on évoque la situation inextricable dans laquelle nous sommes, on fait preuve du même manque de cohérence et de rigueur en se réfugiant dans la nostalgique d'un passé qui fut synonyme de cauchemar pour des millions de travailleurs. C'est cette faculté ou cette habitude qu'on les hommes de développer une mémoire sélective, qui leur permet d'afficher une bonne conscience en toute circonstance...

Côté rue...

- Au moins 403 sans-abri sont morts en France en 2017, ils pourraient être six fois plus nombreux. - wikistrike.com

C'est le collectif "Les Morts de la Rue" qui a diffusé ce chiffre (403 morts), vendredi 29 décembre, accompagné du peu d'informations connues sur les SDF décédés (prénom ou surnom, âge, ville, date du décès...). Selon la liste des "Morts de la Rue", la plus âgée avait 81 ans. La plus jeune, six semaines. Un quart de ces sans-abri sont morts à Paris.

L'association précise néanmoins que sa liste est non-exhaustive car basée sur "les décès qui nous ont été communiqués". Et estime que les véritables chiffres peuvent être "six fois" plus élevés. En 2016, au moins 501 SDF avaient perdu la vie. Environ 200.000 personnes seraient encore à la rue, selon RTL. wikistrike.com 31 Décembre 2017

... côté jardin...

- 2018… +23% pour la fortune des riches +5% pour l’essence et 10 autres chiffres qui devraient vous révolter - initiative-communiste.fr

+23% !

- Votre salaire a-t-il augmenté de 23% ? Non, vous n’y êtes pas.
Votre retraite a-t-elle augmentée de 23% ? Non, vous n’y êtes pas.
Les embauches ont elles augmentées de 23% ? Non vous n’y êtes pas.
Le nombres d’infirmières, de pompiers, de profs, de cheminots a-t-il augmenté de 23% ?

Non. Vous n’y êtes toujours pas.

C’est la fortune des 500 personnes les plus riches du monde qui a augmenté de 23%.

Soit quatre fois plus que ce qu’elles avaient gagné en 2016 ou si vous préférez, les 500 personnes les plus riches de la planète sont en effet devenues plus riches de 1000 milliards de dollars. Soit 5400 milliards de dollars, plus de deux fois le PIB de la France. Le patron d’Amazon a une fortune estimée à 100 milliards de dollars. On trouve trois Français dans le top 30 : Bernard Arnault (6ème avec seulement 32, 7 milliards de dollars), Françoise Bettencourt Meyers (18ème) et François Pinault (30ème).

Sur les 300 milliards planqués par les très riches Français dans les paradis fiscaux 0,01% des ménages les plus fortunés, soit environ 3520 ménages, détiendraient à eux seul près de 50% de ces richesses : soit 150 milliards d’euros… Bon vous direz oui mais ça représente quoi 300 milliards d’évasion fiscale ? En 2016, le déficit public de la France s’établissait à 3,4% du PIB, soit 75,9 milliards d’euros. Voilà qui vous permettra d’y voir plus clair.

Quelques chiffres, en France :

10% des plus riches captent 27% des revenus.
10% des plus riches possèdent la moitié du patrimoine national.
Les hommes gagnent 34,6% de plus que les femmes.
La moitié des “décrocheurs” scolaires sont des enfants d’ouvriers.
A l’Université il y a 1 étudiant sur 10 qui est fils d’ouvrier.
L’espérance de vie d’un cadre est supérieur de 6 ans à celui d’un ouvrier.

+5% pour l’essence, +10% pour le forfait hospitalier. Rien pour le SMIC. initiative-communiste.fr 02.01

Leurs déchets bien encombrants.

- Royaume-Uni : un élu veut débarrasser Windsor des sans-abri avant le mariage du prince Harry et de Meghan Markle - Franceinfo

Dans un courrier adressé au chef de la police locale, le dirigeant conservateur de la municipalité de Windsor et Maidenhead, Simon Dudley, presse la police d'agir.

"Il est de plus en plus inquiétant de voir les quantités de sacs et de déchets que ces mendiants accumulent sur nos trottoirs", écrit l'élu qui dénonce aussi une "mendicité agressive". "Cette situation fait apparaître une belle ville sous un jour peu favorable" alors que "l'intérêt touristique des lieux va se multiplier à l'approche du mariage royal en mai", déplore-t-il.

Selon le cabinet Brand Finance, la cérémonie devrait attirer des centaines de milliers de touristes dans la ville de quelque 30.000 habitants à une quarantaine de kilomètres à l'ouest de Londres. Les retombées pour l'économie britannique sont estimées à 500 millions de livres (environ 564 millions d'euros).

Pour Simon Dudley, les SDF ont d'autant moins droit de cité pour ce grand jour que leur condition résulte d'un "choix" de vivre dans la rue.

Tentant de s'abriter du vent hivernal dans le centre-ville où elle a atterri il y a deux ans à la suite d'une maladie mentale, Stéphanie conteste. "Je n'ai pas choisi d'être ici, les gens me donnent ce qu'ils veulent bien me donner", confie-t-elle à l'AFP.

Les propos de l'élu de Windsor, qui ont suscité la réprobation jusqu'au sommet du gouvernement, sont d'autant plus choquants aux yeux de Murphy James, responsable d'une association locale d'aide aux sans-abri, que le prince William, son frère cadet Harry et la future mariée, sont eux-mêmes engagés de longue date dans leur défense.

"Je suis sûr qu'ils sont scandalisés par ces commentaires, comme moi-même et de nombreux habitants de Windsor", assure-t-il à l'AFP, dans l'église où Windsor Homeless Project offre repas chauds, vêtements, douche et soutien aux démunis.

Selon lui, au lieu de criminaliser les SDF, il faut au contraire s'attaquer aux racines de leurs difficultés. Mariage royal ou pas.

"Nous avons toujours eu 12 à 15 personnes dormant dans la rue. C'est un problème permanent", explique-t-il.

Il déplore l'absence d'abri d'urgence dans la ville et l'insalubrité des logements proposés par la municipalité, souvent "infestés de rats".

Dans les rues de Windsor, de nombreux passants accordent à peine un regard aux SDF. Peggy Outhwaite, elle, s'agace de ne pouvoir attendre le bus tranquillement, en considérant d'un air désapprobateur l'un d'entre eux, abrité dans l'abribus.

"Je ne pense pas qu'ils devraient être ici", soutient cette retraitée à l'AFP, les jugeant "paresseux". "C'est une ville royale. Ca doit être la journée de Harry, et surtout une belle journée".

Derek Prime, le gérant d'un magasin de souvenirs où s'exposent déjà des mugs et autres bibelots à l'effigie des fiancés, s'interroge sur la réalité des mesures de relogement revendiquées par les autorités. "Il devrait juste passer une nuit dans la rue pour voir ce que c'est", s'insurge-t-il contre Simon Dudley. Franceinfo et AFP 7 janvier 2018

Pourquoi s'intéresser à ce genre d'infos ? Parce qu'elle décrit une situation qui n'est pas sans rappeler celle qui prévalait au milieu du XIXe siècle et qui vit une partie de la petite bourgeoisie et même certains bourgeois basculer dans le camp du socialisme ou en prendre la direction.

Pour l'apprécier, il faut avoir de la suite dans les idées et savoir ce qu'on veut, évidemment.

Le mouvement ouvrier n'est plus capable que d'une réaction bureaucratique ou compulsive, sans direction.

De qui ou de quoi Macron est-il le produit ? Des médias-oligarques, notamment. Et les médias en question le savent pertinemment. Donc quand ils feignent de s'émouvoir de son intention de s'en prendre à la liberté d'expression, ils participent à la forfaiture destinée à censurer les sources d'information critique envers Macron à laquelle ils participent déjà.

La crise du capitalisme en est arrivée au point, où ils ne peuvent plus supporter la moindre expression de la démocratie, qui est devenue l'ennemi à abattre pour que Macron puisse appliquer sa politique ultra réactionnaire.

Chacun sait ou doit avoir à l'esprit que ces médias pratiquent la désinformation quotidiennement, qu'ils falsifient, truquent, maquillent, manipulent la réalité systématiquement, mentent effrontément en toute impunité, soutiennent le plus sérieusement du monde les théories les plus grotesques dont la supercherie sera dévoilée au grand jour un peu plus tard.

Ils peuvent se le permettre parce que toute opposition organisée au régime a pratiquement disparu, le mouvement ouvrier est disloqué, au-delà ou dans l'autre camp tous les partis sont en proie à une crise profonde, le parti de l'oligarchie ou de la ploutocratie qu'incarne Macron et LRM demeure donc seul maître à bord.

On est donc en présence d'une dictature amorcée sous Sarkozy qui tend à devenir absolue, à laquelle rien ne doit échapper, qui doit tout régenter d'une main de fer, à l'instar de l'UE ou de la troïka, et devant laquelle tous les sujets que nous sommes sont sommés de se soumettre de gré ou de force.

Le plus enrageant ou le plus incroyable, le plus incompréhensible pour beaucoup, c'est que l'orientation actuelle de la société est dictée par moins de 1% de la population sans qu'on parvienne à s'y opposer efficacement ou qu'on parvienne à regrouper nos forces pour entraîner la majorité du prolétariat pour renverser le régime en place, car finalement et depuis déjà très longtemps l'axe politique sur lequel il fallait mener notre combat ne consistait pas à se donner pour objectif de faire reculer le gouvernement sur telle ou telle mesure, mais bien de renverser les institutions de la Ve République, condition politique préalable pour mettre un terme à la politique d'austérité et s'attaquer aux fondements du capitalisme pour pouvoir satisfaire la plupart des revendications sociales de la classe ouvrière, cette tâche politique étant incarnée au cours de cette période par la construction du parti qui guiderait les masses au cours de la révolution.

Macron dans son milieu familial, c'est un raté, un gigolo, sur le plan professionnel, c'est un opportuniste, un imposteur, et sur le plan politique, un roturier, une marionnette, globalement tout sonne faux chez lui, c'est un piètre illusionniste, surfait ou rustre, grotesque, au point qu'on est en droit de se demander ce qui l'emporte chez lui de ses complexes ou de son anxiété maladive, qu'il ne peut contenir qu'en se mordant les lèvres compulsivement ou en faisant preuve d'arrogance quand ils les desserrent.

Faire d'un vulgaire avocat d'affaires un chef de parti puis un président, c'était s'engager dans une voie tortueuse, porter une taupe au zénith c'était une gageure, sortir Jupiter de rien était un pari risqué qui ne présageait rien de bon forcément, gageons qu'il se retourne contre Sarkozy, Hollande et Macron et leurs semblables.

On peut gagner ce combat. Les travailleurs ne sont pas cons comme on voudrait nous le faire croire, ils peuvent comprendre que ce qu'ils vivent ne s'appelle pas vivre mais subir. Qui n'aurait pas envie de vivre autre chose, de vivre différemment, qui n'aurait pas envie que tout le monde se sente heureux, épanoui, vive en paix, à son rythme ? Qui n'aurait pas envie de participer à la gestion, au contrôle de la société pour que plus personne ne puisse s'approprier ce pouvoir, ce serait un bien collectif qui permettrait à chacun de se réaliser et d'avoir sa place dans la société, au lieu d'une société qui fabrique des esclaves ou des serfs, des exclus, des déchets, de la chair à canon.

Ils en sont arrivés au point, où ils peuvent fabriquer autant de milliers de milliards de dollars qu'ils veulent, et je ne suis pas certain qu'on ait vraiment pris la mesure de ce que cela signifiait et impliquerait dans le futur. Le confort matériel a tendance à ramollir le cerveau, alors il faut le secouer !

Imaginer le socialisme ou la révolution, c'est inconfortable quand on s'est endormi sur ses lauriers, on craint que notre mode de vie baisse, alors qu'il est humiliant, le socialisme propose que chacun puisse vivre dignement, qu'aucun rapport n'abaisse, exploite, opprime un seul homme ou une seule femme sur terre, vous avouerez que nous aurions un mode de vie beaucoup plus élevé. Avec une telle configuration, nous pourrions forcément satisfaire les besoins matériels de l'humanité, puisque nous produirions uniquement ce dont la population aurait besoin, on économiserait une masse colossale, inimaginable aujourd'hui, de matières premières et de travail, ce qui permettrait aux peuples de profiter de la vie ou de faire ce qui leur plaît en toute liberté.

On a du mal à y croire, n'est-ce pas ? Et pourtant il n'y a rien d'extraordinaire là-dedans. On vit une histoire, mais ce n'est pas nous qui l'avons écrite, on nous l'a imposée à notre naissance.

Il me vient à l'esprit deux noms Hiroshima et Nagasaki sans que je sache pourquoi, les surréalistes pratiquaient l'écriture automatique et moi j'emploie la pensée automatique, un peu comme un mot en appelle un autre ou lorsqu'une question en appelle une autre et ainsi de suite, cela peut conduire à un discours incohérent ou le contraire, selon que l'on saisit le sens de ces associations qui sortent de notre inconscience. Sonder notre inconscience étant compliqué ou impossible, c'est un moyen de la faire émerger et d'en tirer profit pour élever notre niveau de conscience, donc ce n'est pas un exercice anodin, farfelu ou inutile, il est au contraire fort productif. La pensée doit pouvoir vagabonder pour respirer et s'enrichir, le chemin qui conduit à l'origine d'un facteur n'est pas rectiligne ou emprunte bien des détours, si l'humanité progresse, il y a des civilisations qui régressent, et ce n'est pas avec une pensée superficielle ou préformatée, disciplinée, qu'on peut prétendre saisir ces contradictions.

Ne pas oser penser le socialisme est insensé, cela témoigne de l'emprise de l'idéologie de la classe dominante sur les consciences, et que devenus des esclaves dociles nous avons abdiqué l'idéal de la liberté...

Les voeux ou les miracles, avant qu'ils se réalisent il faut attendre un certain temps... C'est parfois un peu comme les promesses.

- Tous nos vœux pour que 2018 soit un pas en avant vers un parti des travailleurs - Démocratie révolutionnaire (NPA) 5 janvier 2018

Ce parti naîtra d'une politique visant à l'unité dont nous avons besoin face à l'offensive réactionnaire des classes dominantes et à l'effondrement de la gauche, l'unité de celles et ceux qui veulent préparer l'affrontement avec le patronat et le gouvernement dans la perspective de la transformation révolutionnaire de la société. Yvan Lemaitre

On vous informe que cette politique et ce parti existe déjà.

- Editorial de Daniel Gluckstein de la Tribune des travailleurs du 3 janvier 2018

- "Macron sert le capital financier. Ses gesticulations arrogantes ne sont rendues possibles que par la division : l’obstination des uns, syndicalement, à participer à la « concertation » des contre-réformes avec le gouvernement ; l’acharnement des autres, politiquement, à respecter les institutions et le calendrier électoral jusqu’en 2022.

En combattant pour l’unité pour chasser Macron – aux côtés de militants de toutes tendances –, les adhérents du POID n’empruntent pas le plus facile des chemins. Mais un parti ouvrier peut-il se construire autrement que dans l’aide à la réalisation de l’unité ouvrière pour bloquer l’offensive destructrice du capital financier et de son gouvernement ?"

(https://latribunedestravailleurs.fr)

La question est de savoir si l'essentiel réside dans nos accords ou nos désaccords, dans l'orientation politique adoptée par un parti, mis en pratique quotidiennement...

Non, ils n'ont pas encore gagner la lutte des classes.

Selon une enquête « Génération What ? », 99 % des jeunes pensent que les hommes politiques sont corrompus, et 63 % « tous corrompus » ! 87 % n’ont pas confiance dans les responsables politiques et les médias de masse qu’ils jugent « manipulateurs ». L’idée que « c’est la finance qui dirige le monde » reçoit l’accord de 93 % des jeunes.

Plus de six jeunes sur dix seraient prêts à participer à un mouvement de révolte de grande ampleur dans les prochains mois, sentiment largement partagé parmi les jeunes intérimaires, les chômeurs, les CDD, les précaires. npa-dr.org

Leur conception de la justice est influencée par l'extrême droite oligarchique au pouvoir.

Aussi incroyable que cela puisse paraître, c'est aussi le cas de la Sécurité sociale, c'est ce que je viens de découvrir ou ma propre expérience.

Depuis 2014, jamais oralement ou par écrit un agent de la Caf des Boûche du Rhône n'a informé mon épouse sur la durée légale pendant laquelle elle devait séjourner en France pour percevoir son allocation adulte handicapé et son allocation logement, pour ensuite l'accuser d'avoir violé le code de la SS et lui réclamer le remboursement de plus de 13.000 euros, depuis retenus chaque mois sur ses allocations.

Depuis que cette affaire a commencé au début de 2014, j'ai lu des dizaines d'articles du code de la SS à ce sujet, plus des articles d'associations et autres, tous s'accordaient sur la durée de 6 mois ou la moitié de l'année, soit 182 jours. Or hier, donc le 6 janvier 2018, j'ai découvert qu'un décret modifiant un article (Article R821-1) avait été adopté en 2005 ( Décret n°2005-724 du 29 juin 2005) concernant uniquement les handicapés, restreignant à 3 mois le droit de s'absenter de France, non plus sur l'année civile (1er janvier - 31 décembre), mais "de date à date", en fait c'est laissé à l'appréciation de l'agent de la Caf, selon qu'il fasse du zèle ou non ou qu'il soit raciste, cela existe aussi. Je mets quiconque au défit de découvrir ce décret tellement il est inaccessible ou mal référencé sur le Net, pendant 3 ans j'ai employé un tas de mots clés sur Google sans le trouver. Mais surtout et je le répète, jamais un agent de la Caf n'en a porté le contenu à la connaissance de mon épouse, et jamais malgré mes dizaines de courriel ils ne me le communiqueront. Mieux encore, et je viens seulement de le réaliser, le code de la SS stipule que l'assuré social peut s'absenter 6 mois et percevoir son allocation adulte handicapé, et le même code de le SS dans un autre article stipule que pour percevoir l'allocation logement cette absence n'est que de 3 mois. Donc celui qui se baserait sur le premier article ou ne connaîtrait pas le second serait conduit à violer involontairement le code de la SS, tandis que la Caf en porterait l'entière responsabilité pour ne pas l'avoir informé.

Comment aurions-nous pu connaître le contenu du décret de 2005, alors que l'état de santé de mon épouse ne s'était pas dégradé et elle n'avait pas encore subi sa dernière opération du coeur, et elle n'avait pas ni demandé ni obtenu de fait le statut d'adulte handicapé puisqu'elle vivait en permanence en Inde, elle n'était pas concernée par ce décret que nous ignorions ? Comment aurait-il pu en être autrement ? Cela signifierait que tout citoyen devrait connaître tous les articles de lois qui se comptent par dizaines de milliers qu'il soit concerné ou non par leur contenu, c'est délirant, et pourtant c'est la réalité à la Caf.

Par chance ou par hasard, en 2015 mon épouse littéralement terrifiée par cette affaire a préféré ne pas quitter la France, sa prison en somme, et en 2017 elle n'est restée que 3 mois en Inde. En revanche, je crois qu'en 2016 elle a séjourné 4 ou 5 mois en Inde, il faut donc s'attendre à ce qu'ils la rackettent à nouveau.

Il y a quelques jours ils ont répondu à l'un de mes courriels qui datait d'un mois, ils ont fait plus fort encore. Il lui reproche d'être restée en Inde de septembre 2013 à décembre 2014, prenant donc en compte une période de 15 mois, ce qui est évidemment illégale, ce sont eux qui violent le code de la SS, qui plus est ils ont les photocopies de son passeport, sur lesquelles figurent les tampons des douanes qui indiquent qu'elle est retournée en France le 26 février 2014 et qu'elle est repartie en Inde seulement le 16 décembre 2014, bref c'est la preuve matérielle qu'elle n'a pas séjourné hors de France de septembre 2013 à décembre 2014 comme ils l'indiquent.

Alors pourquoi s'acharnent-ils sur cette malheureuse femme, sur une handicapée lourde, seule, qui ne maîtrise pas le français, sans défense ? Parce qu'ils sont influencés par les salopards de droite qui gouvernent ce pays, les agents de la Caf appliquent leur politique scélérate. Vous en voulez la preuve, tenez :

- Une circulaire interministérielle n° DSS/2012/32 du 23 janvier 2012 relative à la lutte contre les fraudes aux prestations versées par les Caf porte notamment sur la « fraude à la condition de résidence » et indique que « le risque de non-résidence en France est difficile à cerner. Les nouveaux ciblages mis en oeuvre dans le plan de coopération renforcée se sont révélés beaucoup plus efficients que les contrôles traditionnels, et seront donc généralisés ». (https://www.gisti.org/spip.php?article2754 - Le contrôle par la résidence par Antoine Math, chercheur à l'Institut de recherches économiques et sociales)

Je n'ai rien inventé malheureusement. Quel recours nous avons ? Aucun, la France est une dictature oligarchique.

Soutien à Nadine conductrice du car (Drame de Millas)

https://www.change.org/p/justice-fran%C3%A7aise-soutien-%C3%A0-nadine-conductrice-du-car-drame-de-millas

La pétition, déjà à plus de 53 000 signatures, continue de circuler en solidarité avec Nadine, conductrice du car scolaire accidenté à Millas, et accusée, à tort selon plusieurs témoignages, d’être responsable de cet accident qui a coûté la vie à 6 enfants et en a blessé dix sept autres.

Jeudi 27 décembre, l’avocate de certaines familles de victimes de l’accident de Millas a réclamé que les expertises sur le fonctionnement du passage à niveau, où la collision entre un car scolaire et un train a fait six morts et plusieurs blessés le 14 décembre, commencent rapidement.

« Le magistrat instructeur a demandé des expertises, mais pour l’instant aucune n’a été faite », a indiqué Me Jehanne Collard à l’AFP.

« Il s’agit de vérifier si le feu était allumé et si le signal sonore a fonctionné. Il faut que ces expertises soient effectuées très rapidement », a-t-elle expliqué.

Une troisième famille s’est jointe jeudi à la constitution de partie civile, a précisé Me Collard.

La conductrice du car scolaire a été mise en examen le 20 décembre pour « homicides et blessures involontaires par imprudence » et placée sous contrôle judiciaire, avec notamment l’interdiction de conduire.

D’autres témoignages vont dans ce sens, notamment ceux de deux collégiennes, présentes dans le car situé derrière celui accidenté.

« Elle a subi un choc terrible. Ma fille (ndlr ma petite fille) ne veut pas aller à l’école, alors qu’elle aime bien l’école. Elle m’a dit ce qu’il s’est passé. La barrière ne s’est pas refermée, elle est restée ouverte. Les clignotants rouges qui s’allument normalement ne se sont pas allumés. », racontait jeudi soir, Mme Cargol, la grand-mère de l’une des victimes.

Clarisse était à bord du bus qui suivait celui qui a été fauché par un TER jeudi 14 décembre à Millas (Pyrénées-Orientales) et a donc assisté à l’accident. « On sortait du bus et c’est là qu’on a vu que le train arrivait, les barrières ne se sont pas baissées, il n’y avait pas de feu clignotant et le train a percuté le bus. Ça a fait un gros bruit. »

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/12/29/soutien-a-nadine-deja-plus-de-53-000-signatures

Pourquoi le racisme envers les Noirs perdure-t-il aux Etats-Unis ?

Marx - L'esclavage est une catégorie économique comme une autre. Donc il a, lui aussi, ses deux côtés. Laissons là le mauvais côté et parlons du beau côté de l'esclavage : bien entendu qu'il n'est question que de l'esclavage direct, de l'esclavage des noirs dans le Surinam, dans le Brésil, dans les contrées méridionales de l'Amérique du Nord.

L'esclavage direct est le pivot de l'industrie bourgeoise aussi bien que les machines, le crédit, etc. Sans esclavage, vous n'avez pas de coton; sans le coton, vous n'avez pas d'indus trie moderne. C'est l'esclavage qui a donné leur valeur aux colonies, ce sont les colonies qui ont créé le commerce de l'univers, c'est le commerce de l'univers qui est la condition de la grande industrie. Ainsi l'esclavage est une catégorie économique de la plus haute importance.

Sans l'esclavage, l'Amérique du Nord, le pays le plus progressif, se transformerait en pays patriarcal. Effacez l'Amérique du Nord de la carte du monde, et vous aurez l'anarchie, la décadence complète du commerce et de la civilisation modernes. Faites disparaître l'esclavage, et vous aurez effacé l'Amérique de la carte des peuples (1).

Aussi l'esclavage, parce qu'il est une catégorie économique, a toujours été dans les institutions des peuples. Les peuples modernes n'ont su que déguiser l'esclavage dans leur propre pays, ils l'ont imposé sans déguisement au nouveau monde.

Comment M. Proudhon s'y prendra-t-il pour sauver l'esclavage ? Il posera le problème : conserver le bon côté de cette catégorie économique, éliminer le mauvais.

Hegel n'a pas de problèmes à poser. Il n'a que la dialectique. M. Proudhon n'a de la dialectique de Hegel que le langage. Son mouvement dialectique, à lui, c'est la distinction dogmatique du bon et du mauvais.

(1) Ceci était tout à fait exact en l'an 1847. A cette époque le commerce mondial des États-Unis se limitait, pour l'essentiel, à l'importation d'immigrants et de produits industriels et à l'exportation de coton et de tabac, donc de produits du travail des esclaves du Sud. Les États du Nord produisaient principalement du blé et de la viande pour les États esclavagistes. C'est seulement à partir du moment où le Nord ne mit à produire du blé et de la viande pour l'exportation et devint parallèlement un pays industriel, et à partir du moment où le monopole du cotonnier des États-Unis a vu naître une puissante concurrence en Égypte, au Brésil et aux Indes que l'abolition de l'esclavage était possible. Même alors elle eut pour conséquence la ruine du Sud qui n'a pas réussi à remplacer l'esclavage patent des Noirs par l'esclavage camouflé des coolies chinois et Indiens. (Note d’Engels pour l'édition de 1885.) Karl Marx - Misère de la philosophie.

On aura compris que l'esclavage et le racisme ne disparaîtront qu'avec le capitalisme, donc tout combat qui n'allie pas la lutte contre racisme et le capitalisme n'est qu'opportunisme ou charlatanerie.

En lisant ce passage, j'y ai vu un lien avec l'idéologie ou la philosophie nihiliste défendue par Macron, ni droite ni gauche qui comporterait chacun du bon et du mauvais, ils sont compatibles dans la mesure où le bon doit être réservé à l'oligarchie et l'élite qui la sert, et le mauvais au peuple.

Parole d'internaute.

- "...en ouvrant ma boîte mail ce matin, j’ai été agacée de constater que tous les titres des articles du site Les Crises contenaient le mot “Amérique”. Cet américano-tropisme vient hélas se rajouter dès le 2 janvier à celui, indécent, des matins de France Culture qui m’a fait subir la relecture du “Guardian” et du “New York Times” et à celui, imbécile, du petit écran pendant toutes les vacances d’hiver (à ouïe dire). Ayant échappé aux médias, je ne tiens pas à retomber dans le piège ici. Je voulais déjà le signaler en 2017, en voici donc l’occasion aujourd’hui, aidée par le commentaire de gracques.

Nous devons apprendre à vivre et à penser par nous même, le point de vue des dissidents US est intéressant mais ne doit pas dicter notre ligne de pensée, sinon il faudra modifier la formule du site car “autodéfense intellectuelle ” ne conviendra plus.

Principe de base de la communication: “il n’y a pas de mauvaise publicité”."

Lorsque le patron de ce blog n'a rien sous la main, alors que ce n'est pas la matière qui manque quotidiennement, il abreuve ses lecteurs d'articles anciens sur l'Amérique, il tient à être dans l'air du temps. Il est vrai qu'à la longue ces articles ne présentent plus aucun intérêt. Il y a un autre blog (Arrêt sur Info) qui procède de même en publiant à la pelle des articles sur Israël. Deux autres (Collon et Le Grand Soir), c'est sur le Venezuela ou Cuba. Je ne lis plus ces articles. Chacun est sensé savoir à quoi s'en tenir concernant ces pays.

On voit qu'on a à faire à des gens qui tournent en rond ou qui sont englués dans un système de pensée étriquée, qu'ils se sont forgés ou qu'ils ont adopté et dont ils ne peuvent pas sortir, au-delà duquel il n'existe rien qui retienne leur attention ou qui vaille le coup qu'on les étudie, sans doute par crainte d'avoir à se contredire et de dévoiler que leurs objectifs ne correspondent pas vraiment avec leurs intentions.

La pensée s'épuise, les idées se raréfient comme l'air, on suffoque en les lisant, et on perd notre temps. Je crois que c'est un des aspects qui doit satisfaire nos ennemis, car au bout du compte ils ne nous proposent rien pour changer la société.

Ce qui valait pour les économistes vaut également pour les philosophes.

Marx - « Les économistes ont une singulière manière de procéder. Il n’y a pour eux que deux sortes d’institutions, celles de l’art et celles de la nature. Les institutions de la féodalité sont des institutions artificielles, celles de la bourgeoisie sont des institutions naturelles. Ils ressemblent en cela aux théologiens, qui, eux aussi, établissent deux sortes de religions. Toute religion qui n’est pas la leur est une invention des hommes, tandis que leur propre religion est une émanation de Dieu... Ainsi il y a eu de l’histoire, mais il n’y en a plus. » (Karl Marx, Misère de la philosophie.)

Et Macon d'ajouter : plus de culture, c'est dans l'ordre des choses.

Notes prises après avoir visionné un entretien avec Jean-Claude Michéa – Comédie du livre 2017

https://www.youtube.com/watch?v=z_WvYnRjQWU

A entendre Monsieur Michea, Podemos, cité 6 ou 7 fois, incarnerait (sans rire !) le socialisme originel auquel il associe Marx, Proudhon et Bakounine, alors que Marx allait développer le socialisme scientifique après avoir réglé son compte au socialisme petit bourgeois de Proudhon dans Misère de la philosophie. Comme à aucun moment il ne sera question d'abolir le capitalisme et ses institutions, pourquoi se doter d'instruments pour y parvenir, aucune proposition d'organisation, rien, le désert politique sur le plan pratique, que du vent. Excusez-moi, ce n'est pas tout à fait exact, il existe le bulletin de vote, LFI si j'ai bien suivi.

Rappelons que Podemos, c'est le soutien au leader d’extrême-droite vénézuélien Leopoldo Lopez un temps emprisonné (Arrêt sur Info 26.05.2016) ; le voeu de former une coalition avec le PSOE (Pablo Iglesias) (AFP 10.05.2016) ; le soutien à Alexis Tsipras à la veille de son accord avec la troïka (huffingtonpost.fr 16.07.2015) ; le maintien dans l'UE et de l'euro (Arrêt sur Info 17.07.2015) ; le "renforcement" de l'OTAN (Mondialisation.ca 09.11.2015) ; recrutement comme candidat à l’élection législative de l’ancien chef des armées Rodriguez qui s'était illustré en Afghanistan, Irak, Libye, notamment (id) ; Iglesias a également rencontré le président de l’Association unifiée des militaires espagnols, Jorge Bravo, et a promis de« construire un programme politique qui inclut les droits inaliénables de l’armée », sans parler du FMI (id) ; etc. (Extraits de la causerie du 17 décembre 2017)

Eloquent, n'est-ce-pas ? Un programme compatible avec "le socialisme originel" version Michea ! Quelle version au fait ? Il a évoqué l'école du parti (PCF) des années 70 par laquelle apparemment il était passé et qui l'a marquée à vie si on en juge par ses prises de position.

Proudhon n'a jamais compris la dialectique, et qui plus est le processus dialectique matérialiste qui est à l'origine de l'émergence et du développement de la civilisation humaine et du capitalisme, pour lequel ses lois de fonctionnement demeureront un mystère.

Sa théorie inconsistante sera faite de bric et de broc teintée d'hégélianisme ou d'idéalisme, de contradictions et de confusions qui l'amèneront à condamner la révolution de juin 1848 et à idolâtrer Louis Bonaparte. Voici ce qu'en dira Marx en 1869 dans la préface de la deuxième édition de son ouvrage Le 18 Brumaire de Louis Bonaparte.

Marx - Victor Hugo se contente d'invectives amères et spirituelles contre l'auteur responsable du coup d'État. L'événement lui-même lui apparaît comme un éclair dans un ciel serein. Il n'y voit que le coup de force d'un individu. Il ne se rend pas compte qu'il le grandit ainsi, au lieu de le diminuer, en lui attribuant une force d'initiative personnelle sans exemple dans l'histoire. Proudhon, lui, s'efforce de représenter le coup d'État comme le résultat d'un développement historique antérieur. Mais, sous sa plume, la construction historique du coup d'État se transforme en une apologie du héros du coup d'État. Il tombe ainsi dans l'erreur que commettent nos historiens soi-disant objectifs. Quant à moi, je montre, par contre, comment la lutte des classes en France créa des circonstances et une situation telles qu'elle permit à un personnage médiocre et grotesque de faire figure de héros. Fin de l'extrait

De nos jours on pourrait en dire de même des intellectuels qui critiquent Macron et qui étalent ainsi leur impuissance.

A l'opposé de Proudhon, Marx se livrera à une étude et une critique de la philosophie de l'idée absolue qui le conduira à rompre avec l'idéalisme et avec Hégel, à soutenir la révolution de 1848 et de 1871.

Dans la préface à l’édition russe de 1907 des lettres de Marx à Kugelmann, Lénine rappelait quelle avait été l'attitude Marx lors de la Commune :

Lénine - Plékhanov, en novembre 1905, un mois avant l'apogée du premier assaut révolutionnaire russe, loin de mettre résolument le prolétariat en garde, lui parlait au contraire nettement de la nécessité d'apprendre à se servir des armes et de s'armer. Lorsque, un mois après, la bataille s'engagea, Plékhanov, sans essayer le moins du monde d'en analyser l'importance, le rôle dans la marche générale des événements, le lien avec les formes de lutte antérieures, se hâta de jouer à l'intellectuel repentant : « Il ne fallait pas prendre les armes. » Marx, en septembre 1870, six mois avant la Commune, avait directement averti les ouvriers français : l'insurrection serait une folie, déclara-t-il dans la fameuse adresse de l'Internationale. Il dénonça d'avance les illusions nationalistes au sujet de la possibilité d'un mouvement dans l'esprit de 1792. Ce n'est pas après coup, c'est de longs mois à l'avance qu'il savait dire : « Il ne faut pas prendre les armes ! »

Et comment se conduisit -il, lorsque cette entreprise, désespérée, d'après sa propre déclaration de septembre, fut mise à exécution en mars 1871 ? Marx profita-t-il seulement de l'occasion (comme Plékhanov lors des événements de décembre) pour « coincer » ses adversaires, les proudhoniens et les blanquistes qui dirigeaient la Commune ? Se mit -il à bougonner comme une surveillante de pension : « Je vous l'avais bien dit, je vous avais bien prévenus, voilà où mènent votre romantisme, vos chimères révolutionnaires ? » Donna-t-il aux Communards, comme Plékhanov aux combattants de décembre, des leçons de philistin satisfait de lui-même : « Il ne fallait pas prendre les armes ? »

Non. Le 12 avril 1871, Marx écrit à Kugelmann une lettre pleine d'enthousiasme, une lettre que nous serions heureux d'afficher au mur de tout social-démocrate russe, de tout ouvrier russe sachant lire.

Marx disait en septembre 1870 que l'insurrection serait une folie ; en avril 1871, lorsqu'il vit un mouvement populaire de masse, il le suivit avec l'attention extrême d'un homme qui participe à de grands événements marquant un progrès du mouvement révolutionnaire historique mondial.

C'est une tentative, dit -il, de détruire la machine bureaucratique et militaire et non pas seulement de la faire passer en d'autres mains. Et il chante un véritable hosanna aux héroïques ouvriers de Paris dirigés par les proudhoniens et les blanquistes. « Quelle souplesse, écrit -il, quelle initiative historique, quelle capacité de sacrifice chez ces Parisiens! »... «L'histoire ne connaît pas d'autre exemple de pareille grandeur! »

Marx apprécie par-dessus tout l'initiative historique des masses. (...)

Marx était capable de prévenir les dirigeants contre un soulèvement prématuré. Mais il parlait en conseiller pratique du prolétariat qui prend le ciel d'assaut, en homme participant à la lutte des masses qui élèvent le mouvement tout entier à un degré supérieur, malgré les théories erronées et les méprises de Blanqui et de Proudhon."

On aura compris que tout ou tout du moins l'essentiel opposait Marx et Proudhon (ou Bakounine), s'en réclamer indistinctement ne peut dénoter qu'une profonde confusion. Marx chanta "un véritable hosanna aux héroïques ouvriers de Paris", pas aux proudhoniens et aux blanquistes.

Nous sommes donc en présence de deux idéologies ou théories incompatibles, qui lorsqu'elles sont confrontées à l'épreuve de la pratique révèlent leur véritable nature de classe, antagonique, ou dévoile quelle classe ou quel camp elle représente. En résumé, Proudhon entendait «concilier la bourgeoisie et le prolétariat, le capital et le salariat» en leur reconnaissant des qualités et des défauts, du bon et du mauvais, exactement comme le font la plupart des intellectuels de nos jours qui dénoncent les excès du capitalisme, mais n'envisagent nullement qu'il aurait fait son temps et qu'il devrait disparaître.

La note biographique dédiée à Proudhon qui figure dans Le manifeste du parti communiste de Marx et Engels résume assez bien le personnage et sa théorie.

- "Proudhon aspirait à perpétuer la petite propriété privée et critiquait la grande propriété capitaliste à partir de positions petites-bourgeoises; il proposa d'organiser "une banque populaire" spéciale qui, grâce à "un crédit de faveur", permettrait aux ouvriers d'acquérir en propre des moyens de production et de devenir des hommes de métiers. Le même caractère réactionnaire s'attache à son utopie sur la création "des banques d'échange" grâce auxquelles les travailleurs pourraient assurer une vente "équitable" de leurs produits sans toucher à la propriété capitaliste des instruments et moyens de production. Proudhon ne comprenait pas le rôle historique du prolétariat, se montrait hostile à la lutte des classes, à la révolution prolétarienne et à la dictature du prolétariat."

Finalement, Michea tout comme Proudhon est davantage influencer par les socialistes utopiques Saint-Simon, Robert Owen (1771-1858) et Charles Fourier (1772-1837) plutôt que Marx et Engels.

Lettre de Marx à Kugelmann du 9 octobre 1866

- "Messieurs les Parisiens avaient la tête pleine des phrases les plus vides de Proudhon. Ils parlent toujours de science et ne savent rien; ils méprisent toute action révolutionnaire, id est [c'est -à-dire] qui jaillit de la lutte des classes elle même, tout mouvement général social, c'est -à-dire réalisable également par des moyens politiques (par exemple, la réduction de la journée de travail par une loi); sous prétexte de liberté, d'antigouvernementalisme ou d'individualisme antiautoritaire, eux qui, depuis seize ans, ont supporté et supportent avec tant de tranquillité le despotisme le plus misérable, prônent en fait le système bourgeois ordinaire, se contentant de l'idéaliser à la Proudhon! Proudhon a fait un mal énorme. Sa pseudo-critique et sa pseudo-opposition aux utopistes, (il n'est lui-même qu'un utopiste petit-bourgeois, tandis que dans les utopies d'un Fourier, d'un Owen, etc., se lit le pressentiment et l'expression fantastique d'un monde nouveau), ont d'abord conquis et séduit la jeunesse brillante *, les étudiants, - puis les ouvriers, surtout les Parisiens qui, parce qu'ils travaillent dans les industries de luxe, font, sans le savoir, « bougrement » partie de la vieille saleté bourgeoise. Ignorants, vaniteux, bavards, prétentieux, pleins d'emphase, ils étaient sur le point de tout gâter, car ils étaient accourus au congrès en un nombre sans aucun rapport avec celui de leurs adhérents."

Michea exècre Lénine, et on peut deviner pourquoi, les lignes suivantes semble avoir écrit tout exprès pour lui et ses semblables.

Préface de Lénine à l’édition russe de 1907 des lettres de Marx à Kugelmann

Lénine - "Au point de vue théorique, il y a d'autres passages très intéressants dans ces lettres : ceux où Marx donne son appréciation sur divers écrivains. En lisant ces lignes alertes et passionnées, où se révèle l'intérêt brûlant que portait Marx à tous les grands courants d'idées et à leur analyse, on croit entendre la parole même du génial penseur. Outre certaines appréciations jetées en passant sur Dietzgen, l'attention des lecteurs doit se porter sur ce que Marx dit des proudhoniens. La « brillante » jeunesse intellectuelle, issue de la bourgeoisie, qui se rallie « au prolétariat » dans les périodes d'essor du mouvement social, sans pouvoir assimiler le point de vue de la classe ouvrière et travailler avec persévérance et sérieux, « dans le rang » des organisations prolétariennes, est dessinée ici en quelques traits d'une netteté saisissante."

Lors de cette conférence dédiée au capital, Michéa, seuls Podemos et LFI (le PCF indirectement) avaient grâce à ses yeux alors qu'ils ne sont pas issus de la classe ouvrière, de ses couches manuelles. C'est cohérent puisque se passer du mouvement ouvrier ou du prolétariat organisé revient à laisser le champ libre au capital qui ne manque pas d'organisations et de complices qui se réclament de l'intérêt général ou du peuple.

Michéa fait partie de ces intellectuels qui opposent le peuple "d'en bas" à l'oligarchie pour ne pas s'attaquer au capitalisme et ses institutions.

Extrait de l'avant-propos de Henri Mougin.

Dans sa lettre de 1865 au Sozial-Demokrat, il (Marx - ndlr) écrit :

La nature de Proudhon le portait à la dialectique. Mais, n'ayant jamais compris la dialectique scientifique, il ne parvint qu'au sophisme. En fait, cela découlait de son point de vue petit-bourgeois.

Le petit bourgeois dit toujours : d’un côté et de l'autre côté... il est la contradiction vivante : s'il est, de plus, comme Proudhon, un homme d’esprit, il saura bien tôt jongler avec ses propres contradictions et les élaborer selon les circonstances en paradoxes frappants, tapageurs, parfois brillants. Charlatanisme scientifique et accommodements politiques sont inséparables d'un pareil point de vue.

C'est pourquoi Marx pouvait, dans le Manifeste communiste, classer Proudhon dans la catégorie du socialisme conservateur ou bourgeois :

Les socialistes bourgeois veulent les conditions de la société moderne sans les luttes et les dangers qui en découlent nécessairement; ils veulent la société actuelle après élimination des éléments qui la révolutionnent et la désagrègent. Ils veulent la bourgeoisie sans le prolétariat.

Et sous une farine « moins systématique et plus pratique », ils s'efforcent de dégoûter la classe ouvrière de tout mouvement révolutionnaire, en lui démontrant que ce qui peut lui profiter, ce n'est pas tel ou tel changement politique, mais uniquement un changement des conditions matérielles d'existence, des conditions économiques. Mais par changement des conditions matérielles de l'existence, ce socialisme n'entend pas du tout l'abolition des conditions bourgeoises de production, abolition qui n'est réalisable que par la voie révolutionnaire, mais des réformes administratives qui s'accom plissent dans le cadre de ces conditions de production, qui ne modifient donc en rien le rapport du capital et du travail salarié, mais, en mettant les choses au mieux, diminuent pour la bourgeoisie les frais de gouvernement et simplifient la gestion économique.

Les ennemis de Marx se sont fièrement émus de cette « contradiction » : Marx classe Proudhon dans les petits bourgeois et le socialisme de Proudhon dans la catégorie bourgeoise ou conservatrice ! Comment, écrit Charles Andler, celui que Marx traite de petit bourgeois est-il rangé parmi les tenants du grand capitalisme ?

Mais il est bien obligé de parler à la suite de : cette transformation singulière par où la déduction du capitalisme [chez Proudhon] était devenue une apologie des capitalistes.

Et même, de rappeler à ce sujet la phrase de Marx dans la préface du 18 Brumaire, montrant à propos de Proudhon comment sa « construction historique du coup d'État se trans formait en apologie de Bonaparte». (...)

Quant à son attitude réelle à l'égard du prolétariat, « j'ai prêché la conciliation des classes, symbole de la synthèse des doctrines » (lettre du 18 mai 1850); « appuyé sur la réconciliation des classes » (instructions pour la rédaction de La Voix du Peuple), elle résulte de sa correspondance comme de ses carnets :

J'ai assez de la vile multitude et des démagogues... la classe la plus pauvre est, par cela même qu'elle est la plus pauvre, la plus ingrate, la plus envieuse, la plus immorale et la plus lâche. (Lettre du 26 avril 1852.)

Ce qu'il y a de plus arriéré, de plus rétrograde, en tous pays, c’est la masse, c'est ce que vous appelez la démocratie.

Il ira même jusqu'à reprocher au gouvernement de Napoléon III de « soutenir secrètement les ouvriers contre les patrons » (16 mai 1853); il définira les tendances du gouvernement dans la formule suivante :

Si nous ne pouvons fonder une nouvelle hiérarchie sociale en nous faisant accepter des prêtres, des bourgeois, etc., nous jetterons la bourgeoisie en pâture à la plèbe. (27 novembre 1853.)

Nous avons jugé utile de rappeler ces faits. Nous ne nous sommes livrés à aucune interprétation : nous avons laissé Proudhon témoigner strictement pour lui-même. Il ne s'agissait pas pour nous de déconsidérer l'homme, mais de montrer exactement où il se situe, et de dissiper la légende selon laquelle ceux qui se sont ultérieurement recommandés de lui contre le développement normal du mouvement ouvrier, n'engageaient pas la responsabilité de leur maître. En fait, il apparaît dans la correspondance et dans le carnet intime de Proudhon, qu'il ressemblait de très près à ceux qui se sont inspirés de lui.

Dans sa lettre de 1865 au Sozial-Demokrat, Marx rappelait son jugement de 1847 qui résume tout ce que dans sa Philosophie de la misère, Proudhon montre de lui-même Il veut planer en homme de science au-dessus des bourgeois et des prolétaires; il n’est que le petit bourgeois ballotté constamment entre le Capital et le Travail.

Et Marx commentait ainsi son jugement de 1847 :

Quelque dur que paraisse ce jugement, je suis obligé de le maintenir encore aujourd'hui et mot pour mot. Mais il importe de ne pas oublier qu'au moment où je déclarais et prouvais théoriquement que le livre de Proudhon n'était que le code du socialisme petit-bourgeois, ce même Proudhon fut anathématisé comme archirévolutionnaire à la fois par les économistes et les socialistes d'alors. C'est pourquoi, plus tard, je n'ai jamais mêlé ma voix à ceux qui jetaient des hauts cris sur sa « trahison» de la révolution, Ce n'était pas sa faute si, mal compris tout d’abord par d'autres comme par lui-même, il n'a pas répondu à des espérances que rien ne justifiait.

A tous les nostalgiques, néo, crypto stalinens ou social-démocrates.

- Tsipras : magnifique salaud - ParDem

Par Joël Perichaud, secrétaire national du Parti de la démondialisation chargé des relations internationales

A la cour des miracles entre ange et démon...

- Malgré le miracle Macron, pourquoi la droite Wauquiez pourrait prendre l'avantage en 2018 - HuffPost FR

L'année s'est terminée par un miracle Macron. HuffPost FR

...et comme tous les miracles sont éphémères, rira bien qui rira le dernier !

Un saint homme...

- Macron : des vœux remplis de compassion - Liberation.fr

... bien inspiré...

- Les premiers vœux du président Macron inspirés... par un discours au Medef? - HuffPost FR

... mais encore...

- Serge Dassault dans le Figaro selon Libération du 3 janvier 2018 :

- ...les réformes mises en œuvre depuis mai par le Président relèvent plus de l’orthodoxie libérale que du centrisme flamboyant de la campagne.

- Un programme de travail qui plaira forcément plus à droite qu’à gauche.

- Si la tendance se confirme, le macronisme sera d’abord un alignement de la France sur les normes préconisées par les institutions internationales. Qui ne sont pas particulièrement progressistes. Liberation.fr 3 janvier 2018

De godillots ils sont passés au statut de figurant.

- Les députés En marche sont-ils vraiment des cancres ? - LePoint.fr

Comment mesurer les activités d'un député ? Avant de juger, il conviendrait de s'interroger sur ce que l'on peut attendre de nos élus. LePoint.fr

Réponse : Le pire pour les exploités et les opprimés!

Putanerie, à ne pas confondre avec poutinerie...

- "Pute", "fiotte", "poufiasse"... Rayan Nezzar, le nouveau porte-parole d'En Marche, s'excuse pour ses tweets injurieux - HuffPost FR

En 2013, Rayan Nezzar était encore un jeune étudiant inconnu à l'ENA. Mais six ans plus tard, il occupe désormais la fonction très officielle de porte-parole d'En Marche. Ce vendredi 5 janvier, le site BuzzFeed a écumé les anciens tweets du jeune professeur d'économie, qui avait pourtant pris soin d'effacer ceux qui faisaient tâche.

Le site d'information a ainsi révélé que Rayan Nezzar n'était pas toujours des plus diplomates, et insultait copieusement des journalistes, dont une qu'il qualifie de "pouffiasse". Caroline Fourest, elle, est une "épave".

Les personnalités politiques telles que Jean-François Copé, à qui il demande d'aller "niquer sa mère", suivi du hashtag "petite pute", n'y échappent pas non plus. Ainsi, Marine Le Pen est elle aussi insultée de "pute", Alain Juppé de "fiotte", et Manuel Valls n'a "zéro couille", indique Le Lab. Bruno Le Maire, actuel ministre de l'Économie, est qualifié de "couille molle". HuffPost FR 6 janvier 2018

Fake news. Ils revendiquent l'exclusivité, on leur concède... mais rien de plus, rassurez-vous !

Alors qu'il en est le produit crapuleux.

- Macron en vœux aux «fake news» - Liberation.fr

Une loi pour combattre des fake news. Une autre loi pour réformer l’audiovisuel public afin de le mettre au service de «la cohésion nationale». ..

- Emmanuel Macron veut faire tomber les "fake news" sous le coup de la loi. Mais desquelles parle-t-il? - HuffPost FR

Le chef de l'Etat a dévoilé les contours de son projet en fustigeant "une propagande articulée avec des milliers de compte sur les réseaux sociaux" qui "en un instant répandent partout dans le monde, dans toutes les langues, des bobards inventés pour salir un responsable politique, une personnalité, une figure publique, un journaliste. (...) Il y a là une stratégie financée visant à entretenir le doute, à forger des vérités alternatives, à laisser penser que ceux que disent les médias et les politiques est toujours plus ou moins mensonger."

"Nous allons faire évoluer notre dispositif juridique pour protéger la vie démocratique de ces fausses nouvelles. (...) En cas de propagation d'une fausse nouvelle, il sera possible de saisir le juge à travers une nouvelle action en référé permettant, le cas échéant, de supprimer le contenu mis en cause, de déréférencer le site, de fermer le compte utilisateur concerné, voire de bloquer l'accès au site internet", a expliqué Emmanuel Macron donnant rendez-vous pour les détails "dans les prochaines semaines".

D'ici là, un difficile travail va s'ouvrir pour cerner le champ de ces fameuses fake news. Popularisé pendant la campagne présidentielle américaine, le terme regroupe désormais beaucoup de choses qui n'ont pas grand choses à voir les unes avec les autres. Certaines sont déjà passibles de poursuites en justice.

La sénatrice UDI Nathalie Goulet qui avait déposé en mars une proposition de loi similaire à celle évoquée par Emmanuel Macron rappelait alors sur Public Sénat que "une fausse nouvelle n'est pas forcément une diffamation et peut être difficilement sanctionnée". (Impunité garantie pour les médias aux ordres qui sont les champions toutes catégories en la matière. - LVOG)

L'avocat Maitre Eolas précise lui aussi sur Twitter, qu'il n'est pas possible de condamner toutes les fausses informations. Seules les personnes qui savent que l'information qu'elles relayent est fausse sont passibles de poursuites. Il faut également parvenir à caractériser un "trouble à la paix publique", ce qui n''est pas aisée.

Reste désormais à faire le tri entre liberté d'expression, communication et propagande politique et véritable désinformation. C'est un chantier que la Commission européenne a déjà lancé. Un groupe d'experts est en cours de constitution.

'Emmanuel Macron aimerait confier cette mission aux journalistes eux-mêmes. Pas loin de reprendre à son compte la proposition d'un conseil de l'ordre faite par Jean-Luc Mélenchon, le chef de l'Etat trouve "intéressante" l'idée de Reporters sans frontières. Il s'agirait d'inventer "une sorte de certification des organes de presse respectant la déontologie du métier". (Que plus aucun journaliste ne respecte ou ne peut plus respecter sous peine d'être mis au placard ou virer. RSF, une officine de la CIA, le Décodex du Monde... - LVOG)

« Quoi de plus légitime que de s'attaquer à ce phénomène [des fake news, NDLR] qui pourrit la vie démocratique en sapant la crédibilité de l'information et abuse de la crédulité des esprits non avertis ? s'interroge Le Monde dans son édito.

La proposition de faire certifier conformes les sites et médias, par on ne sait qui, au nom d'on ne sait quoi, pourrait aboutir à l'effet inverse de celui espéré.

La Croix : « On peut se demander s'il est vraiment nécessaire [...] de mettre en chantier une nouvelle loi visant les fake news [...] Il faudra en regarder de très près les modalités d'application afin d'éviter qu'une telle loi puisse être instrumentalisée par un pouvoir en place pour assurer sa propre préservation.

La Croix a lâché le morceau !

Même verdict dans L'Union/L'Ardennais, qui juge que le projet de Macron aura « l'effet inverse de celui espéré ». « La proposition de faire certifier conformes les sites et médias, par on ne sait qui, au nom d'on ne sait quoi, pourrait aboutir à l'effet inverse de celui espéré. Une fake news a d'autant plus de valeur qu'elle est interdite. Du moins auprès d'une partie de la population. Celle qui [...] ne prend jamais l'information officielle pour argent comptant. L'autre partie ne trouvera rien à redire. »

Enfin, dans La Charente libre, Dominique Garraud y voit quelques motivations politiciennes peu avouables de la part d'un président qui maîtrise parfaitement sa com : « Le choix d'un nouvel arsenal pénal annoncé par le chef de l'État a été accueilli fraîchement entre des politiques qui redoutent des restrictions à la liberté d'expression et des juristes doutant de sa pertinence [...] En France et dans les pays où la liberté d'expression n'est pas un vain mot, la presse professionnelle y concourt avec la floraison de ses rubriques de vérification des faits consciente que ses démentis peuvent paradoxalement servir de carburant à la propagation du bobard. Et que le rêve d'Emmanuel Macron d'une presse déontologiquement certifiée, gardant une saine distance, avec le pouvoir est loin d'être vierge d'arrière-pensées politiques. »

- Le membre des Républicains Thierry Mariani a comparé la nouvelle loi du Président à l'œuvre de George Orwell, 1984. HuffPost FR et le Point 04 et 05.01

En famille. Offre de service.

- Mélenchon égratigne le projet anti-"Fake News" de Macron et l'invite à soutenir son conseil déontologique des médias

"Il est exact que le délabrement moral de l'information dite de 'service public' est un problème grave pour la dignité des contribuables qui le financent. (...) Il est évident que la concentration de 90% des médias en France dans les mains de 9 milliardaires est un grave défi lancé au pluralisme de la pensée et de l'influence", écrit notamment Jean-Luc Mélenchon avant de proposer à Emmanuel Macron de reprendre sa propre idée de création d'un conseil déontologique des médias.

"Pourquoi notre proposition de conseil déontologique, déjà en œuvre dans de nombreux pays, ne répondrait-elle pas a cette préoccupation sans créer le risque d'une 'pensée-vraie-officielle?'" écrit celui qui explique faire "le pari du dialogue" avec Emmanuel Macron sur ce sujet là.

Autre responsable politique quelque peu inquiet par le projet du chef de l'État: le chef de file des républicains au Sénat Brunot Retailleau. "En démocratie, mieux vaut une information erronée qu'une information étatisée", explique-t-il dans un communiqué, avant d'expliquer qu'aller plus loin que la législation actuelle "ce serait franchir la frontière qui sépare la légalité de la vérité. Le domaine de l'Etat, c'est le contrôle de la légalité. Seuls les régimes autoritaires prétendent au contrôle de la vérité. On sait ce qu'il peut en coûter." huffingtonpost.fr 04.01

Qui vise-t-il à protéger

- Le discours de Macron – 3 janvier 2018

“C’est vous, journalistes, qui êtes les premiers menacés par cette propagande. (...) La question du tiers de confiance que vous êtes, si essentielle en démocratie, est alors profondément brouillée et, à travers vous, c’est la démocratie libérale qui est visée."

“Si nous voulons protéger les démocraties libérales..."

Les médias-oligarques épargnés

"...aucune des libertés de la presse ne doit être remise en cause par ce texte et votre regard sera à cet égard très important et des consultations seront prévues à cet effet."

Pire encore, a eux de mettre en place la censure ou son équivalent.

"...la démarche de Reporters sans frontières d’inventer une forme de certification des organes de presse respectant la déontologie du métier me paraît à cet égard non seulement intéressante, mais souhaitable. Il vous revient d’organiser en quelque sorte les règles de votre profession si nous ne voulons plus que tout puisse se valoir et qu’aucune hiérarchie ne soit faite."

L'union des médias-oligarques

"L’heure est sans doute venue pour votre profession de s’unir autour de principes fortement réaffirmés en un temps de fragilité démocratique et 2018, je le souhaite vivement, sera l’année de ce débat de fond parce que toutes les paroles ne se valent pas et parce qu’il est même des paroles qui ne sont ni journalistiques ni innocentes, mais de propagandes et de projets politiques nocifs pour nos démocraties."

« On est sur une démarche consistant à protéger le travail des journalistes. », a assuré jeudi à l’AFP la ministre de la Culture Françoise Nyssen.

En dictature ils sont juges et parties.

« De toute façon, ce n’est pas l’exécutif qui se prononcera, ce sera le CSA ou le juge qui auront les pouvoirs » pour sanctionner les fausses infos, a-t-elle noté.

"... nos démocraties sont menacées et perturbées par les fausses nouvelles..."

« Il faut aller très vite là-dessus, c’est pour cela que nous travaillons sur ce projet de loi depuis octobre... » Le Parisien, 5/1/2018

Eux qui prétendent avoir la légitimité pour gouverner, que craignent-ils, pourquoi sont-ils aussi pressés, hystériques, aux abois ? Ils craignent un nouveau désaveu populaire, pourtant n'avaient-ils pas remporté une magnifique victoire en faisant élire Macron...

- Attali - liberation.fr 5 mai 2000

- "Internet représente une menace pour ceux qui savent et qui décident. Parce qu'il donne accès au savoir autrement que par le cursus hiérarchique. Parce que le pouvoir y appartient à ceux qui appartiennent (à des réseaux) et pas à ceux qui possèdent (des rentes). "

Depuis 2000, les réseaux et les rentes ont fusionné, donc ce qu'ils craignent ce sont ceux qui n'en font pas partie ou n'en profitent pas, l'immensité du peuple travailleur.

Que dit la loi de juillet 1881codifiant la liberté de la presse ?

Cette loi, souvent amendée et mise à jour, est celle qui aujourd’hui encore définit les responsabilités des auteurs et des éditeurs de presse. Or, cette loi prévoit le cas de la diffusion de fausses nouvelles. Dans son article 27 elle précise :

« La publication, la diffusion ou la reproduction, par quelque moyen que ce soit, de nouvelles fausses, de pièces fabriquées, falsifiées ou mensongèrement attribuées à des tiers lorsque, faite de mauvaise foi, elle aura troublé la paix publique, ou aura été susceptible de la troubler, sera punie d’une amende de 45 000 euros.

Les mêmes faits seront punis de 135 000 euros d’amende, lorsque la publication, la diffusion ou la reproduction faite de mauvaise foi sera de nature à ébranler la discipline ou le moral des armées ou à entraver l’effort de guerre de la Nation. » (Source : Les-Crise.fr)

Commentaires d'internautes.

1- "... pour moi c’est très clair, la loi de 1881 est inadaptée à notre époque, pour la simple raison qu’internet n’existait pas, et que c’est précisément ce que Macron veut attaquer. Il veut pouvoir faire fermer des comptes sur les réseaux sociaux, mais aussi des sites d’information alternative… C’est le vrai sens de la manœuvre, attaquer l’information alternative, la seule à même aujourd’hui de démonter méthodiquement les mensonges et les manipulations de la presse mainstream. Les Crises.fr en sont un parfait exemple. Gageons que là-bas.org, acrimed, le Grand Soir, etc. (en fait il suffit de lire la liste établie par le Decodex) seraient les premiers à être fermés si jamais cela passait.

...il ne s’agit pas de rester dans le légalisme, mais bien de museler les voix dissonantes pour mieux mener le troupeau."

LVOG - Les lecteurs d'Acrimed, Le Grand Soir, Les-Crises, etc. forment un autre "troupeau", et vous savez pourquoi ? Parce qu'ils n'ont pas de tête pour les guider. Mais c'est contradictoire. Pas forcément, cherchez l'erreur.

2- "Le régime se cabre et l’Inquisition envoie des signaux par autodafé (=acte de foi) en “brulant” les sites Internet et par la censure quand ce n’est pas par le tribunal… d’Inquisition.

Je ne vois pas de raison d’Etat derrière mais l’impression que cela n’est dans l’intérêt que d’une portion du peuple (les 0,1% les plus riches et leur infanterie légère), même si c’est quasi-impossible à prouver totalement, pourtant on juge l’arbre au fruit qu’il produit. C’est une république bourgeoise, non une démocratie. C’est aussi une mesure protectionniste contre la concurrence en terme d’information.

Nous n’en sommes pas encore aux lois scélérates mais je pense que c’est le but, le tout est de faire comme avec l’UE par touche impressionniste."

3- "La liberté sur le web, malgré la censure GAFA ne permet plus de contrôler le story telling en place depuis des décennies voir des siècles. Il faut à présent des lois permettant de couper plus vite les voix/voies alternatives : il en va de la survie même du système de contrôle en place. Sinon, le chaos ainsi généré permettra au moins de justifier un renforcement du contrôle. La liberté de penser et d’être n’est pas la priorité de notre cadet national, aux ordres des intérêts supérieurs qui l’ont imposé."

4- "Premier temps : début 2017, le Décodex marque les sites dissidents du rouge d’infamie. Deuxième temps : début 2018, Macron annonce une loi pour exécuter les dissidents."

5- "J’interprète cela comme une nécessité du pouvoir pour faire barrage à l’écart grandissant que nous allons connaître entre la réalité et ce qu’ils veulent nous faire croire."

6- "La vérité, c’est qu’il s’agit d’étouffer la liberté d’expression et de museler les médias alternatifs afin que la presse mainstream puisse conserver le monopole de la (dés)information. Il s’agit également d’empêcher les pays hors “communauté internationale”, c’est à dire celle de l’Empire US, d’exprimer un point de vue différent et partant de maintenir le monde unipolaire qui a prévalu après l’effondrement de l’URSS. La Loi de juillet 1881 ne suffit plus pour atteindre ces objectifs, il est donc nécessaire de la changer ou mieux, de la compléter ça passera mieux. Le discours de Macron n’est rien d’autre que le conditionnement de nos cerveaux “malades” à cette énième législation liberticide que nos dirigeants d’avant appelaient sans pudeur censure…"

Quand fake news rime avec prendre ses désirs pour la réalité un peu trop vite.

- Israël soutient la réduction de l'aide US aux Palestiniens - Reuters

Israël soutient la décision des autorités américaines de geler leur contribution à une organisation humanitaire de l'Onu intervenant en faveur des réfugiés palestiniens, a déclaré un responsable israélien samedi.

- Les USA démentent le gel d'une partie de leur aide à l'UNRWA - Reuters

Un membre du département d'Etat américain a démenti vendredi le gel d'une aide de 125 millions de dollars en faveur de l'Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine (UNRWA), annoncé par le site d'information Axios...

Ce n'est pas un hasard si François Lenglet (France 2) a été invité à la réunion annuelle du Groupe Bilderberg en 2017

- L’odieuse désinformation de France Télévision dans ses JT. Une honte journalistique par Daniel Vanhove - Arrêt sur Info

Extrait. Il y a deux ans, [en décembre 2015] lors d’un JT de France 2, l’ancien présentateur David Pujadas introduisait en ces termes un reportage sur l’adolescente, alors âgée de 15 ans : « L’image est une arme au moins aussi efficace que les fusils. Celle-ci a fait le tour du monde. Regardez, des boucles blondes, un visage d’ange […] Héroïne ou enfant manipulée ? La fabrique d’une histoire… ».

L’introduction de ce reportage [rediffusé sur le blog de France 2 le 20 décembre 2017] explique avec éloquence que « les Palestiniens l’ont bien compris, plus que les pierres, les images sont devenues une arme redoutable ».

Le téléspectateur n’a déjà plus le choix. Il est prié de comprendre que derrière ces « boucles blondes, visage d’ange », il va découvrir un montage, une image travaillée, truquée, composée… que derrière ce visage lumineux qui apparaît à l’écran, se cacherait peut-être (sans doute) toute la félonie de la résistance palestinienne à l’occupation, qui se sert d’enfants pour mener sa lutte de libération…

Tout au long du reportage, les commentaires sont d’une honteuse partialité et ne relatent en aucun cas les faits pour ce qu’ils sont. En revanche, ils insinuent à demi-mots, ils manipulent les téléspectateurs pour leur faire accroire que les enfants palestiniens sont utilisés par leurs parents comme des armes vivantes envoyées au contact direct de l’armée israélienne.

Cela venant s’ajouter aux nombreuses allégations déjà entendues en d’autres temps que les Palestiniens se servent de leurs enfants comme boucliers vivants, alors que tous les témoins qui se sont rendus sur place ont pu voir à diverses reprises – et de nombreuses vidéos existent sur Internet – que la plupart du temps, ce sont les « courageux » soldats israéliens qui prennent des enfants comme boucliers humains, quand ils ne sont pas des dizaines à s’y mettre, harnachés comme des Robocops, pour arrêter l’un ou l’autre qui n’a que son courage pour toute arme !

Plus loin dans le reportage, il est question d’une vidéo de 2015 tournée par l’oncle d’Ahed qui, d’après les sous-entendus du journaliste, en a fait son business. Sans jamais pointer le fait que ce « valeureux » soldat s’en est pris à un enfant – jeune frère d’Ahed – qui a le bras cassé et qu’il étrangle sans ménagement sous prétexte « qu’il est soupçonné d’avoir jeté des pierres », le journaliste Franck Genauzeau poursuit son commentaire : « l’adolescente apparaît et tente de le libérer et en vient aux mains avec le soldat… lui-même roué de coups par le reste de la famille [le pauvre !] et devra finalement renoncer [à emmener l’enfant] ».

Il poursuit en disant « à aucun moment l’oncle n’a lâché sa caméra… », mais ne soulignera pas que de rage, le courageux soldat lâche une grenade lacrymogène au beau milieu du groupe de jeunes et d’adultes venus secourir l’enfant.

Et le journaliste d’insister : « Ces images seront mises à disposition gracieusement dans le monde entier… stratégie assumée par le père de l’adolescente, accusé par certains Israéliens de provoquer à dessein ces scènes de tensions ».

Pourquoi souligner cela ? Ces images devraient-elles être payantes ? Internet ne sert-il pas aussi à diffuser des informations le plus largement possible et à tous ceux qu’elles peuvent intéresser dès lors que les chaînes officielles ne sont plus fiables et qu’elles sont au service du pouvoir ?!

Et comme si cela ne suffisait pas, le journaliste, dont on a bien compris la partialité, enfonce le clou en s’adressant au père : « Ahed est devenue l’une de vos armes, en fait ».

Ce que le père réfute, en concédant, sourire en coin, qu’elle serait alors une « arme de communication… c’est une enfant qui accomplit son devoir et ses responsabilités… ».

« C’est une icône » lancera le journaliste, qui n’en démord pas et ne saisit pas à quel point les Palestiniens ont le sens de l’humour et de la dérision : « Oui, une icône, lâche le père, pour convaincre les autres pays, grâce à elle ». Peu de chance que ces mots soient compris par celui qui a définitivement choisi son camp !

Et la sentence tombe : « Alors, adolescente manipulée ou caractère bien trempé… ? » Mais, après un tel reportage, le téléspectateur a-t-il encore le choix ? La manière dont sont proposés les éléments (images et commentaires) pousse à faire passer les occupés pour la menace et les occupants pour les menacés. C’est encore et toujours cette abjecte façon de retourner les faits, de travestir la réalité et de transformer la victime en coupable et, inversement, de présenter une armée dont on connaît toutes les dérives pour de pauvres victimes.

À aucun moment de ce reportage, il ne sera question d’une armée d’occupation déployée depuis des décennies dans tout le pays, dans tous les villages, et qui ne lésine pas sur les moyens pour détruire les habitations, brimer, blesser, tuer les Palestiniens de tous âges, y compris des enfants sans autre défense que des cailloux ! Ni des handicapés, comme on a pu le voir encore la semaine dernière à Gaza.

Le téléspectateur est laissé face à une enfant présentée comme une diablesse déguisée en ange aussi redoutable et dangereuse que la cinquième armée du monde !... Arrêt sur Info 04 janvier 2018

En complément. L'ignominie du sionisme.

- Kosovo/trafic d'organes: un Israélien arrêté à Chypre - AFP

Un ressortissant israélien soupçonné d'avoir été au Kosovo le cerveau d'un réseau international de trafic d'organes a été arrêté à Chypre, à la demande de Pristina, a-t-on appris samedi de source policière kosovare. AFP 06.01

Et cela ne date pas d'hier.

Sept Israéliens inculpés pour un trafic d'organes international - 13 mai 2015

www.20minutes.fr/.../1607875-20150513-sept-israeliens-inculpes-trafic-organes-inter...

Selon l'ex-procureur du Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie (TPIY), Carla Ponte.

Trafic présumé dans lequel auraient été impliqués, selon elle, des dirigeants de l’actuel Kosovo indépendant, à la fin des années 1990, dont l'actuel Premier ministre Hashim Thaçi.

Environ 300 prisonniers auraient été transportés pendant l’été 1999 depuis le Kosovo jusqu’en Albanie où ils auraient été enfermés dans une sorte de prison. Les organes prélevés auraient été "envoyés vers des cliniques à l’étranger pour être implantés sur des patients qui payaient", pendant que les victimes restaient "enfermées jusqu’au moment où elles étaient tuées pour d’autres organes". Trafic d'organes au Kosovo: la controverse Carla del Ponte - lexpress.fr 17.04.2008

Les receveurs d’organes, des Israéliens pour la plupart, versaient entre 80.000 et 100.000 euros. wikistrike.com 20.04.2013

Oligarque, patron soumis, élite zélée, esclave docile ou opposant voué au rebut, le statut qu'ils vous préparent.

- À partir de 2020, la Chine attribuera une note de confiance à chacun de ses citoyens grâce à un « système de crédit social » qui semble tiré d'une dystopie par Camille Hamet 03/11/2017

Il est de notoriété publique que, depuis l’avènement de Google et des réseaux sociaux, nos activités quotidiennes sont constamment surveillées et analysées : où nous allons, qui sont nos amis, ce que nous achetons en ligne, ce que nous y cherchons, lisons, regardons – et le temps que nous y passons. Mais imaginons maintenant que ces données soient évaluées selon des règles établies par le gouvernement, que notre score soit rendu public et qu’il détermine notre éligibilité au crédit ou à un emploi, l’école de nos enfants et nos chances d’obtenir un rendez-vous galant. Cela ressemble à un scénario de science-fiction terrifiant. Il est pourtant sur le point de devenir réalité en Chine.

Appelé « système de crédit social »...

Le texte fondateur du projet gouvernemental, publié en juin 2014 par le Conseil des affaires d’État, reste vague quant aux moyens concrets de sa mise en oeuvre. Mais il consiste grosso modo à attribuer à tous les citoyens et à toutes les entreprises une note représentant la confiance dont ils sont dignes. Pour cela, toutes les informations administratives seront inscrites dans une base de données : acquittement des taxes, des tickets de transport, conditions d’acquisition de diplômes, suivi ou non des formations à la régulation des naissances, etc. Certains professionnels, tels que les enseignants et les journalistes, seront en outre soumis à des analyses particulièrement poussées.

L’intention du gouvernement chinois est claire : « Autoriser ceux qui sont dignes de confiance à se promener partout sous les cieux, tout en rendant chaque pas difficile pour ceux qui sont discrédités. » Plus loin, le document de 2014 précise : « Il s’agit d’établir une culture de la sincérité et des valeurs traditionnelles, en utilisant des mécanismes incitatifs mêlant des encouragements pour préserver la confiance, et des contraintes pour empêcher de la briser. » Ces « contraintes » sont listées dans un autre document, datant lui de 2016, et elles sont sévères : interdiction de voyager en première classe, impossibilité d’envoyer ses enfants dans les meilleures écoles, ou encore d’accéder à une promotion.

Comme le souligne le sinologue Rogier Creemers, « la mise en place d’un système de crédit social s’inscrit dans le passage de la Chine d’une économie planifiée à une économie de marché, dans laquelle la notion de confiance joue un rôle central ». Et comme le note la sinologue Séverine Arsène dans une tribune publiée par le journal Le Monde, « la liste des domaines d’application évoque implicitement tous les scandales qui ont rythmé l’actualité chinoise ces dernières années : sécurité alimentaire, santé, arnaques dans l’e-commerce, conflits liés au travail et, en filigrane, l’immense problème de la corruption, qui empêche de prendre ces questions à bras-le-corps. »

Pour elle, « le système de crédit social est sans doute un outil parfait pour le contrôle des opposants, et les paragraphes du document de 2014 concernant la culture ou l’éducation donnent des indications en ce sens. Le recours à la reconnaissance faciale, combiné à l’omniprésence des caméras de surveillance, annonce également un potentiel de surveillance assez effrayant. » Mais pour Rogier Creemers, un usage politique du système de crédit social est loin d’être certain. « La Chine dispose déjà de nombreux moyens de contrôler la population, tels que la censure sur Internet », dit-il. « D’ailleurs, il y a très peu d’opposants notoires au régime et celui-ci les connaît déjà tous par leur nom. »

« D’autre part, ce système pourra donner lieu à de nouvelles formes de corruption pour truquer le score, et ainsi renforcer, plutôt que résoudre, le problème de départ », indique Séverine Arsène. « Dans nos démocraties, cela nous rappelle, s’il en était besoin, l’importance de la transparence, d’un débat pluraliste sur les choix politiques et de contre-pouvoirs pour résoudre les problèmes d’une société. » Cela nous rappelle aussi que les données personnelles que nous livrons volontiers à des entreprises privées comme Google et Facebook leur donnent un pouvoir à la fois inédit et incommensurable. Et nous ne sommes pas épargnés par la multiplication des classements et des systèmes de notation.

« Quand je parle du système de crédit social chinois à des Occidentaux, leurs réactions sont ferventes et viscérales », témoigne Rachel Bostman, spécialiste de la consommation et de l’économie collaboratives, dans son livre Who Can You Trust? How Technology Brought Us Together and Why It Might Drive Us Apart. « Pourtant, nous évaluons déjà les restaurants, les films, les livres, et même les médecins. » L’application Peeple, lancée par la Canadienne Julia Cordray et l’Américaine Nicole McCullough en 2016, propose carrément d’évaluer les gens. Sur une échelle de cinq étoiles, et dans trois catégories : « personnel », « professionnel » et « amoureux ». Avec cette philosophie en toile de fond : « Nous voulons que la personnalité soit une nouvelle forme de monnaie ».

Fort heureusement, cette application n’a pas rencontré beaucoup de succès. « Horrible », estime le magazine Fortune. « Terrifiant » insiste le Washington Post. « Aussi méchant que ça en a l’air », affirme Business Insider. « C’est une idée ridiculement mauvaise, comment imaginer que les gens soient assez stupides pour utiliser cette application comme si elle avait de l’importance ? » s’agace un internaute sur le site de Peeple. « Baser la valeur des gens sur n’importe quelle sorte de classement ? Peu importe ce que le classement prend en compte, cette application est une idée horrible, cruelle et dégoûtante. Si je pouvais donner zéro étoile à cette application, je le ferais, Apple et tous les autres développeurs devraient la retirer de l’App Store, et toutes les autres applications dystopiques et tordues devraient être illégales. »

Or, plusieurs applications et réseaux sociaux établissent un classement entre leurs utilisateurs, ou bien les sélectionnent à l’entrée. Le seul moyen de pénétrer Best of All Worlds est d’y être explicitement invité. The League vérifie toutes les références des candidats en matière d’éducation et de parcours professionnel. Tinder propose une version secrète, baptisée Select, à ses membres les plus courtisés. Et pendant ce temps, nos gouvernements font voter des lois de surveillance numérique, songent à centraliser les données médicales et à interconnecter des bases de données privées. Rien ne garantit donc que des États européens ou américains ne se laisseront pas à leur tour tenter par un système de crédit social. ulyces.co/camille-hamet 03.11.2017

Tyrannie. Soyez Charlie, soyez d'extrême droite.

C'est une obligation !

- Cri du cœur - Liberation.fr

On doit «être Charlie». Liberation.fr

Au fond de leur poubelle.

- Caroline Fourest : «Les "Je ne suis pas Charlie" finiront comme tous les perdants de l’histoire» — liberation.fr 6 janvier 2018

Comment, vous osez douter de leur honnêteté, de leur sincérité, de leurs intentions ?

- Près d'un Français sur cinq doute encore de la «version officielle» de l'attentat de «Charlie Hebdo» - Liberation.fr

Trois ans après les attentats de Charlie Hebdo, près d’un Français sur cinq n’adhère toujours pas totalement à sa «version officielle», à savoir qu’il est certain que les attaques ont été planifiées et réalisées par des terroristes islamistes. 19 % d’entre eux considèrent encore qu’il subsiste a minima des «zones d’ombre» et que tout ce que les médias ont relaté depuis sur le sujet n’«est pas vraiment certain», révèle une enquête de l’Ifop pour la Fondation Jean-Jaurès et Conspiracy Watch, à paraître lundi. L’Ifop, qui a orienté sa recherche dans une perspective plus large d’évaluation de l’implantation et de l’évolution des thèses complotistes en France depuis «Charlie», a réalisé son étude auprès d’un échantillon de 1 252 personnes, par le biais d’un questionnaire en ligne les 19 et 20 décembre 2017. Il ressort de son enquête, en outre, que 3 % des Français croient que les attentats du 7 janvier 2015 ont été «une manipulation dans laquelle les services secrets ont joué un rôle déterminant». Autrement dit, que l’attaque des frères Kouachi dans la rédaction de l’hebdomadaire était un false flag (ou «fausse bannière»). En gros, une ruse pour semer la confusion, faire diversion et cacher les vraies raisons et les commanditaires de leur action terroriste. Un peu comme quand certains ont affirmé, au moment du 11 septembre 2001, que l’attentat avait été planifié par le gouvernement américain pour justifier des mois plus tard sa décision d’envahir l’Irak.

Les thèses remettant en doute la version officielle des attentats de Charlie Hebdo «remportent une adhésion beaucoup plus franche chez eux que chez leurs aînés : 30 % des 18-24 ans y souscrivent, plus généralement 27 % des moins de 35 ans, contre 8 % pour les plus de 65 ans», explique Reichstadt. La raison ?

Ce qui alarme, c’est qu’à observer la génération qui vient, «rien ne laisse supposer qu’il va y avoir une inversion de la vapeur» ou alors «dans des décennies». Liberation.fr 6 janvier 2018

Rudy Reichstadt est à la fois membre de l’Observatoire des radicalités politiques de la Fondation Jean-Jaurès et fondateur du site Conspiracy Watch (il s’agit d’un observatoire du conspirationnisme et des théories du complot), en réalité un think tank néoconservateur ou néolibéral. Ces précisions figurant dans cet article sont très intéressantes, car elles illustrent ou confirment les liens qui existaient entre le PS et les néoconservateurs ou néolibéraux, ou qu'ils étaient compatibles sur le plan idéologique, ce qui évidemment ne datait ni d'hier ni d'avant-hier.

Infréquentable "au sens strict".

Liberation - Qu’est-ce qu’être «Toujours Charlie» ? Question discutée ce samedi aux Folies Bergère à Paris (1), au cours d’une journée organisée par la Licra, le Comité Laïcité République et le Printemps républicain.

Le programme suggère qu’il sera peu question de la liberté d’expression au sens strict, et beaucoup d’«islamisme» et de laïcité. Des intervenants aussi variés que Caroline Fourest, Elisabeth Badinter, Brice Couturier ou Pascal Bruckner apporteront leurs réponses.

45 euros l’entrée pour assister au programme complet, «pass VIP» à 150 euros. Liberation.fr 6 janvier 2018

En guise de fake news parole à un professionnel (de père en fils).

- Pour Raphaël Glucksmann, la montée de l’extrême droite en Europe est "un phénomène global" - francetvinfo.fr Franceinfo 5 janvier 2018

"C’est un phénomène global et ça a lieu dans toutes les démocraties libérales européennes et occidentales en général."

"Il y a différentes causes. Il y a la crise socio-économique mais on n’explique pas tout par cette crise parce qu’en République Tchèque, par exemple, les électeurs ont voté pour un populiste d’extrême droite, Babiš, alors que la situation économique allait plutôt mieux qu’avant. On pourrait dire : "C’est les vagues migratoires", mais il y a des villages hongrois qui se mobilisent derrière l’extrême droite qui n’ont jamais vu le moindre réfugié ou migrant. Il y a une explication générale qui est l’incapacité des démocraties libérales aujourd’hui, de produire du sens, à produire un horizon collectif qui permette de mobiliser les électeurs et les gens. Donc il y a une défiance généralisée vis-à-vis des institutions en place et c’est l’extrême droite qui en profite le plus." (La preuve : Macron président ! - LVOG)

"Le mode d’accession au pouvoir de ces mouvements d’extrême droite, il est démocratique. Mais à chaque fois qu’ils prennent le pouvoir, on le voit en Pologne, en Hongrie, il y a une tendance qui est à l’érosion des libertés, des institutions, du débat démocratique dans son ensemble. La caractéristique de tous ces mouvements, c’est d’être des mouvements autoritaires, fondés sur le culte du chef, l’embrigadement de la population et la pratique du bouc émissaire." francetvinfo.fr 05.01 (Comme en France en somme. Vous aurez noté que ses cibles sont aussi celles de Bruxelles et Washington, normal, il en est le porte-parole. - LVOG)

Ils osent tout. Fake news, machination (complot) ou la fabrique du consentement au quotidien.

- La confiance de Macron remonte, selon un nouveau sondage - Reuters

La cote de confiance d'Emmanuel Macron remonte de deux points, à 42%, selon un sondage Elabe, publié jeudi... Reuters

- Les Français sont de plus en plus optimistes - Reuters

Les Français sont 59% à se dire optimistes pour l'année 2018, un chiffre qui confirme la hausse continue - 15 points en six ans - de ce sentiment depuis 2011, selon une étude Harris Interactive pour RTL et M6 diffusée mardi. Reuters

- Les Français confiants sur l'économie, moins sur l'emploi, selon un sondage Elabe - Reuters

Plus de six Français sur dix (61%) croient à une reprise progressive de l'économie à plus ou moins long terme, selon un sondage Elabe pour Les Echos, l'Institut Montaigne et Radio classique publié jeudi. Reuters

Réactionnaire sur toute la ligne. Une suggestion ou un aveu ?

- Un président doit-il mener une politique de droite pour être populaire? - HuffPost FR

Loi antiterroriste liberticide, politique migratoire sans précédent, réduction des APL... Autant d'indices apparents d'une politique gouvernementale qui négocie un virage à droite à un degré rarement observé.

Tribunal de l'inquisition. La délation se pratique en famille, comme sous le régime de Vichy.

- Plusieurs femmes des Jeunesses communistes dénoncent des agressions sexuelles - huffingtonpost.fr

Plusieurs jeunes femmes auraient été victimes d'agressions sexuelles au sein des Jeunesses communistes, rapporte ce samedi 6 janvier le quotidien Le Monde. Des responsables PCF affirment avoir commencé à s'attaquer au problème "avec sérieux" et avec une "tolérance zéro".

A l'Unef, 83 femmes, anciennes syndicalistes, ont dénoncé fin novembre dans une tribune publiée par Le Monde des violences sexistes et sexuelles, dont des viols, commis selon elles pendant des années par des dirigeants de l'organisation.

Au MJS, l'ancien président Thierry Marchal-Beck a été accusé de harcèlement et d'agressions sexuelles par huit femmes, avait rapporté mi-novembre Libération. huffingtonpost.fr 06.01

Entre nous.

Moi j'ai le souvenir d'un responsable trotskyste qui appelait une camarade (pseudo Cloé) "clitoris d'acier" à la fin des années 70, certains militants en étaient outrés, d'autres dont je faisais partie se marraient ou s'en foutaient. Elle, elle rigolait jaune, c'était une brave femme. Le même responsable se foutait qu'une autre camarade se servait de sa poitrine volumineuse bien mise en évidence pour vendre entre 6 ou 10 journaux sur le marché le dimanche matin principalement à des hommes d'une cinquantaine d'années d'origine maghrébine, dont les yeux passaient de ses lèvres pulpeuses à sa poitrine sans rien comprendre à ce qu'elle leur racontait, elle faisait du chiffre (Objectif/résultat) c'était l'essentiel, et au diable toute considération politique ou autre. Par la suite il prit du galon dans son parti et devint permanent, normal... et la suite aussi... Vaut mieux l'oublier.

Personnellement, quand j'étais adolescent, parce que j'étais de petite taille (1,63m) les copines de mes potes, puis mes potes m'appelèrent "bas du cul", Tardichon, etc. j'en étais très vexé, humilié, Jean-Claude c'était trop long, j'étais aussi le plus pauvre et le plus arriéré, bref je cumulais les handicaps, donc après avoir été la tête de Turc de mes parents et de mes profs à l'école, j'étais aussi celui de mes potes et leurs copines qui se moquaient de moi. Cela dit par la suite j'ai toujours eu une pensée amicale et tendre pour eux, c'était mes potes et mes copines. C'est avec eux que j'ai vécu les meilleures années de ma vie, et à qui indirectement je dois d'avoir pu évoluer.

Cela m'a fait beaucoup réfléchir, et depuis ce jour-là je n'ai jamais plus fait allusion au physique d'une personne, j'ai cessé progressivement de juger les autres, c'est un truc qui m'est devenu totalement étranger. Parfois on se méprend sur les gens, je dis cela pour ceux qui auraient pensé le contraire, ils se sont trompés à mon égard.

Autres infos au pays de l'oligarchie et de l'Etat policier

Renversons-la !

- Agression de policiers: "cette société de la violence ne saurait continuer à exister" (Collomb) - AFP

Echo en famille.

- Les 4 Vérités - Agression de policiers : Edouard Philippe promet "une sévérité sans faille" - Franceinfo

Pour obtenir des "sanctions exemplaires" et "une prise de conscience générale", SGP-FO a annoncé des rassemblements le 9 janvier devant tous les commissariats de France. Franceinfo

- Champigny: Ciotti contre tout "aménagement de peine" - AFP

- Agression de Champigny : en finir avec l'angélisme - LePoint.fr

- Notre-Dame-des-Landes : 56% des Français favorables à un recours à la force pour évacuer les zadistes - Franceinfo

Ils osent tout. Vouloir comprendre, quelle sale habitude !

- Entre deux vœux à la presse, Emmanuel Macron se ravise - HuffPost FR

Lors de la présentation de ses vœux à la presse, ce mercredi 3 janvier à l'Élysée, Emmanuel Macron a notamment fustigé une pratique journalistique virant parfois à "l'obsession de vouloir comprendre le contexte". Une obsession qui aboutirait, selon lui, à privilégier les détails au détriment de l'essentiel

Pourtant lors de ses voeux à la presse en janvier 2016, Emmanuel Macron, alors ministre de l'Économie, avait délivré un tout autre message en encourageant les journalistes à... bien restituer le contexte des informations qu'ils délivrent...

"Savoir expliquer, savoir recontextualiser, savoir redonner du sens (...) La seule façon de sortir des petites phrases, c'est de déplier les choses, de les remettre dans leur temps, dans leur contexte", affirmait-il à l'époque. HuffPost FR 4 janvier 2018

- Elections européennes : le nouveau mode de scrutin chamboule les partis - leparisien.fr

Un triple avantage pour Macron

Pas de doute, en tout cas : derrière cette mesure d'apparence technique, ce sont les grandes manœuvres en vue des européennes qui sont d'ores et déjà lancées. Ce sera un premier test électoral pour le chef de l'Etat — dont le parti LREM est donné en tête devant le FN par certains sondages —, pour qui le rétablissement d'une circonscription nationale présentera un triple avantage. Tout d'abord, tracer une ligne de clivage claire entre les partis proeuropéens, comme LREM ou le MoDem et les eurosceptiques comme la France insoumise et le FN. Ensuite, faire émerger les ambiguïtés qui subsistent au sein de LR et du PS, avec, à la clé, le risque d'implosion des deux partis de gouvernement. « Nous avons en notre sein des socialistes qui restent très eurosceptiques, regrette une députée Nouvelle Gauche. Il va falloir qu'ils choisissent leur camp. » Quant à Laurent Wauquiez, il devra lui aussi clarifier sa ligne. Craignant le virage souverainiste du leader de LR, Alain Juppé avait, dès novembre, testé l'idée de la création d'un grand mouvement central proeuropéen et avait même fait, en ce sens, des offres de service à Emmanuel Macron. « Notre vocation, c'est de continuer notre travail d'ouverture, souligne Stanislas Guérini, député LREM de Paris. Et les élections européennes sont particulièrement favorables pour le faire, tant l'Europe constitue une ligne de clivage forte. »

La mise en place d'une circonscription nationale présente un dernier intérêt pour Emmanuel Macron : compenser le manque de leaders locaux au sein de LREM, un parti créé il y a à peine un an et demi... Depuis plusieurs semaines, déjà, les partis réfléchissent aux têtes de liste du futur scrutin. Pour LREM, plusieurs noms circulent, comme l'éphémère ministre des Armées, la centriste Sylvie Goulard, le très « européiste » François Bayrou ou encore Daniel Cohn-Bendit. L'ancien leader des Verts et ex-député européen, qui avait enregistré un score historique lors des européennes de 2009, n'a jamais caché son soutien à Macron. leparisien.fr 05 janvier 2018

Commentaire d'un internaute

- "Pourquoi le mode de scrutin change à chaque fois ? Mais ce sont les abstentionnistes qui seront majoritaires."

Ils osent tout. Quand soudainement le "régime" syrien sanguinaire devient démocratique.

- Le gouvernement veut que les jihadistes françaises soient jugées en Syrie - HuffPost FR

- Syrie : les djihadistes françaises « jugées là-bas » si les droits de la défense sont assurés - LeParisien.fr

Les femmes djihadistes françaises arrêtées par les forces kurdes en Syrie seront « jugées là-bas » si les « institutions judiciaires sont en capacité d’assurer un procès équitable »... LeParisien.fr

Vous y croyez à la paix ? Cela rapporte-t-il autant que la guerre ?

- Etats-Unis, OTAN et UE – une alliance de guerre commune par Willy Wimmer — http://arretsurinfo.ch 06 janvier 2018

Selon la dernière publication (avril 2017) de l’institut suédois Stockholm International Peace Research Institute (SIPRI), les dépenses militaires mondiales ont encore augmenté au cours de l’année passée. Depuis 2010, les chiffres ne cessent d’augmenter. En 2016, les Etats ont dépensés 1686 milliards de dollars pour leurs armées. Plus de la moitié du chiffre d’affaires mondial profite aux grands groupes d’armements américains. Les raisons primordiales pour ces ventes sont l’augmentation du nombre de régions en conflits et la modernisation des systèmes d’armement. En comparant les dépenses des pays dans ce domaine, il s’avère que les Etats-Unis déboursent davantage que l’ensemble des huit Etats suivants (Chine, Russie, Arabie saoudite, Inde, France, Royaume-Uni, Japon, Allemagne).

Il est donc facile de déterminer les profiteurs du réarmement et de l’escalade militaire dans le monde. Ce sont les grands groupes du «complexe militaro-industriel», terme utilisé, à titre d’avertissement, par le président américain sortant Dwight Eisenhower en 1961. Il voulait ainsi caractériser les étroits liens personnels entre l’industrie militaire et la politique. Les entreprises américaines principales sont Lockheed, Raytheon et Boeing. En Europe, les grands groupes s’appellent, entre autres, EADS/Airbus Group, Dassault ou Krauss-Maffai. http://arretsurinfo.ch 06 janvier 2018

Plus de fric !

- Royaume-Uni : le système de santé prend l'eau - LePoint.fr

Autrefois fierté des Britanniques, le National Health Service, sous-financé, n'est plus en mesure d'assurer correctement sa mission.

Ce fut un humiliant rétropédalage. Interpellée le 3 janvier sur la saturation des hôpitaux britanniques, notamment en raison d'une épidémie de grippe, Theresa May avait cru mettre un terme à la polémique naissante en assurant que le National Health Service (NHS, le système de santé national) était « mieux préparé pour l'hiver que jamais ». Le lendemain, en visite dans un établissement dont les urgences étaient totalement engorgées, la Première ministre a dû faire amende honorable : « Je sais que c'est difficile, je sais que c'est frustrant, je sais que c'est décevant pour les gens et je m'en excuse. »

Entre-temps, les journaux télévisés s'étaient chargés de rappeler à quoi ressemble un hôpital en ce début d'hiver : couloirs encombrés par les lits et les brancards, temps d'attente aux urgences pouvant excéder les douze heures, opérations ne présentant pas de caractère d'urgence reportées d'un mois, personnel dépassé.

Manque de personnel criant

Parallèlement, la parole s'est libérée, qu'il s'agisse des patients impatients ou du corps médical dénonçant sur les réseaux sociaux « une médecine de champs de bataille » ou « des conditions dignes du tiers monde ». Le Royaume-Uni n'a pas le monopole de ce genre de situation de crise. Mais cette réalité cadre mal avec la réputation du NHS, qui est considéré comme un joyau de la Couronne ; « une religion nationale » avait un jour déclaré un ministre. Créé après la Deuxième Guerre mondiale, il est égalitaire et généreux dans la mesure où les soins sont gratuits.

Voilà pour la théorie. Car cela fait longtemps que le service de santé n'a plus les moyens de ses ambitions. Et la tendance s'est accentuée depuis la crise de 2008, qui s'est traduite par plusieurs années de coupes claires dans les programmes sociaux. Au gré des restrictions budgétaires, le nombre des lits d'hôpital est tombé à moins de 150 000 (contre le double, il y a trente ans) et le manque de personnel est devenu criant. LePoint.fr 6 janvier 2018

Mais quand il s'agit de la France ou la situation est identique ou pire, Le Point se fait plus discret ou chante les louanges de la politique du gouvernement.

La Bête immonde a perdu la tête, c'est le capitalisme rongé par une gangrène irréversible qui est au bout du rouleau.

Ce qui explique pourquoi ils osent tout, ils disent tout et son contraire, ils se contredisent sans cesse, ils racontent n'importe quoi, ils sont belliqueux, hargneux, arrogants, paranoïaques, ils sont ni de droite ni de gauche...

La bête est blessée aussi tentent-ils de la soulager, de la sauver. Hier ils traitaient Trump de tous les noms, et voilà qu'ils volent à son secours au lieu de l'achever. En fait, ils sont beaucoup moins forts que ce qu'ils paraissent, c'est qu'on retiendra.

Après la parution du livre explosif sur Trump, l'entourage du président des Etats-Unis monte au créneau pour le défendre francetvinfo.fr

C'est peu dire que la parution de Fire and Fury : Inside The Trump White House (Le Feu et la fureur : À l'intérieur de la Maison Blanche de Trump) a provoqué la colère de Donald Trump. Un livre qualifié de "bidon" par le président des Etats-Unis qui a tenté, en vain d’interdire sa sortie. L'écrivain et journaliste américain Michael Wolff, auteur du livre, présente Trump comme un président inapte "réagissant comme un enfant, qui telle une boule de flipper part dans tous les sens".

Sur CNN, on demande au secrétaire d’État Rex Tillerson si Trump est bien apte à gouverner : "Il n’est pas comme les présidents d’avant mais je n’ai aucune raison de douter de son aptitude mentale", répond le ministre des Affaires étrangères.

Le fils de Trump Donald Junior est aussi monté au créneau : "Dès que mon père gagne, les médias s’accrochent à toutes objets anti-Trump quelques soit d’ailleurs sa crédibilité." Les journaux et sites conservateurs sont d’ailleurs tombés à bras raccourcis sur l’auteur du livre, connu, disent-ils, pour prendre de grandes libertés avec la vérité. francetvinfo.fr 06.01

- Trois raisons de se méfier de Michael Wolff, l'auteur du livre qui déclenche le feu et la fureur de Donald Trump - francetvinfo.fr

Le livre explosif sur Donald Trump, Fire and Fury : Inside the Trump White House (Le Feu et la fureur : A l'intérieur de la Maison Blanche de Trump en français) a été publié vendredi 5 janvier aux Etats-Unis.

1- Il prend ses aises avec la vérité

L'ouvrage de Michael Wolff sur Donald Trump, estime sa consœur de CNN Alisyn Camerota, "ne relève pas vraiment du journalisme" parce qu'il "ne vérifie pas" les propos des personnalités interviewées et ne les recoupe pas avec d'autres sources.

Pas de quoi démonter l'écrivain. En exergue de Fire and the Fury, Michael Wolff reconnaît volontiers que "de nombreux événements se produisant à la Maison Blanche sous Donald Trump entrent en contradiction les uns avec les autres ; beaucoup, dans un style typiquement trumpiste, sont évidemment faux. Ces contradictions, ce rapport fluctuant avec la vérité, si ce n’est avec la réalité même, sont des éléments constitutifs de ce livre."

2- Il a des méthodes peu orthodoxes

On prête aussi à Michael Wolff des méthodes douteuses, dont il s'est d'ailleurs vanté. Pour écrire Autumn of the Moguls (L’Automne des magnats, éditions Flamingo), le journaliste cherchait ainsi des renseignements sur le train de vie de Steven Rattner, un ancien journaliste du New York Times devenu une éminente personnalité de Wall Street. Et il n'a pas trouvé mieux, raconte Le Monde, que de recruter comme espion son propre fils de 7 ans.

Compagnon de jeux du fils de Steven Rattner, l'enfant a été invité dans la somptueuse demeure du financier sur la 5e avenue, une des adresses les plus chics de New York. Selon le Daily Beast, Michael Wolff se serait vanté d'avoir arraché à son rejeton, dès qu'il est revenu à la maison, quelques détails choquants sur le mode de vie luxueux de la famille Rattner.

3- Il invente des scènes

Enfin, la sauce à laquelle il accommode ses récits n'est pas du goût de tous. En 2004, à la sortie de L'Automne des magnats, le magazine américain New Republic affirmait : "Les scènes que Wolff dépeint dans ses chroniques ne sont pas tant rapportées que créées, surgissant de [son] imagination plutôt que de faits existants." Le journal le décrivait comme une plume "en partie éditorialiste mondain, en partie psychothérapeute, en partie anthropologue social (qui) invite les lecteurs à être une mouche sur le mur du premier cercle des magnats".

En 2008, l'exigeant journaliste David Carr surenchérissait. "Historiquement, écrivait le critique littéraire dans le New York Times, à propos du livre sur Murdoch, l'un des problèmes avec l'omniscience de Wolff est que même s'il peut tout savoir, il a parfois tout faux." francetvinfo.fr 06..01

Leur humanisme est la politesse des salauds...

- Vaccinations obligatoires: Buzyn veut de "la rationalité" - AFP

- La ministre du Travail, Muriel Pénicaud va investir dans un fond solidaire ce qu'elle ne paie plus en ISF - Franceinfo

- RSF dénonce la chasse aux journalistes en Turquie - AFP

- Contre la venue d'Erdogan à Paris, des Femen manifestent près de l'Élysée - HuffPost FR

- Les migrants face aux Alpes : sur la route du col de l'Echelle - euronews

- Le pape François prie pour les migrants - euronews

Quand leur ambition malsaine ne s'embarrassait pas de tel principe.

- #MeToo: comment poursuivre "l'effet Weinstein" en 2018, après la libération de la parole des femmes? - HuffPost FR

- Les femmes d'Hollywood se mobilisent contre le harcèlement sexuel - AFP

- Comme moi, des millions de Yéménites ne souhaitent qu’une chose pour 2018, vivre en paix - HuffPost FR

La prison ou l'exil.

- L’Etat hébreu impose un choix difficile à près de 40 000 migrants africains - Liberation.fr

Ils osent tout

- Les Français favorables, sous condition, aux mères porteuses, selon un sondage Ifop - Reuters

- Transparence. Paris se méfie des lobbys - Liberation.fr

- Réforme de l’ISF : chez les ministres, le bingo pour Pénicaud - Liberation.fr

Au secours, la planète se réchauffe.

- Un froid record attendu aux Etats-Unis - euronews

Ici, à 10 kilomètres de Pondichéry dans le sud de l'Inde, ce matin à 6 heures, il faisait à peine 15°C, un record de froid. Dans la chambre ce matin il faisait 24°C.

Hier après-midi, temps radieux, il faisait 32°C, température normal un 5 janvier, on est en hiver.


Le 1er janvier 2018

CAUSERIE

La causerie de 2017 au pdf. (1509 pages)

La causerie de décembre 2017 au pdf. (170 pages)

Causerie au format pdf. (13 pages)

Un portail et un courant politique qui ignore l'autocensure.

Je comprends et j'admets qu'avec les chiens de garde qui nous surveillent, il faille parfois recourir à des pseudonymes ou à l'anonymat pour s'exprimer sur le Net. Depuis bientôt dix ans et les centaines de courriels que j'ai reçus (dont bien des insultes ou propos diffamatoires), je n'ai jamais révélé aucun renseignement sur leurs auteurs, hormis un seul qui en profitait pour me harceler, un troll à sa façon.

Les esprits étriqués ou corsetés ne supportent pas ceux qui sont libres.

La France est devenue un pays tellement pourrie, que la nécessité et la légitimité de faire table rase va finir par s'imposer à de larges couches du prolétariat et des classes moyennes...

Autre chose.

La Caf a coupé l'allocation adulte handicapé et l'allocation logement de mon épouse depuis octobre 2017, au prétexte qu'elle n'aurait pas fourni certains documents. Du coup, son compte en banque est à zéro et elle a deux loyers de retard. Par ailleurs sur les 13.000 euros qu'ils lui réclament, après l'avoir accusée d'avoir fraudé la SS pour avoir séjourné trop longtemps hors de France entre 2009 et 2013, une pure invention, elle doit encore rembourser environ 5.000 euros. Ils s'acharnent sur les plus faibles.

Mercredi elle s'est rendue à la Caf (Marseille), après avoir attendu trois semaines ce rendez-vous, elle a demandé à l'agent qui l'a reçue si elle pouvait lui indiquer à quoi correspondait cette somme de 13.000 euros, en guise de réponse il lui a été répondu qu'elle n'en savait rien ! Du coup mon épouse est repartie comme elle était venue, complètement dégoûtée, désespérée. Là aussi c'est l'inquisition qui règnent en maître, ils sont juges et parties, et qui gèrent la SS : Les syndicats, cela se passe de commentaire. Ils peuvent leur retirer la gestion de la SS, je ne m'y opposerai pas, car trop c'est trop.

Rappel. Comment ils sont parvenus à gouverner le monde. Qui a dit ?

- «Il nous aurait été impossible de développer nos plans pour le monde si nous avions été assujettis à l’exposition publique durant toutes ces années. Mais le monde est maintenant plus sophistiqué et préparé à entrer dans un gouvernement mondial. La souveraineté supranationale d’une élite intellectuelle et de banquiers mondiaux est assurément préférable à l’autodétermination nationale pratiquée dans les siècles passés».

Réponse : David Rockefeller (Exxon mobil - Chase Manhattan), décédé en 2017, fondateur du groupe Bilderberg et de la Commission trilatérale avec son ami Zbigniew Brzezinski, phrase mémorable qu'il aurait prononcée lors de la réunion du groupe Bilderberg de Baden-Baden, en juin 1991, et qu’il n’a jamais démentie.

Parole d'internaute.

1- "A l'heure des réseaux sociaux qui sont les égouts de la pensée..."

2- "Il devient impossible d’appeler un chat un chat ! Même si certains traits « d’humour » sont au ras des pâquerettes et touchent des sujets sensibles ils doivent avoir droit de cité. Un de mes anciens collègues noirs m’a bien fait rire en m’assurant ne jamais manger de chocolat de peur de se mordre les doigts... Qu’adviendrait il de moi si je racontais cette histoire en public ? Twitter est devenu l’arme absolue d’une bien pensance abrutissante et castratrice."

LVOG - Alors fuyez les réseaux numériques asociaux, coupez votre télé, votre radio, et arrêtez de lire leurs tordons. Je crois que depuis 3 ans que je m'en passe, avoir prouvé qu'on pouvait très bien vivre sans et s'en porter très bien, être parfaitement informé et être en mesure de se forger librement des convictions, pour ensuite les partager et non les imposer aux autres qui sont libres d'avoir les leurs, et bien entendu de les assumer, là c'est généralement plus difficile.

Au temps des inquisiteurs.

- Pascal Praud - 2017, année de la sottise Le Point.fr 31.12

Extraits.

Le prince de La Belle au bois dormant serait un prédateur. Il embrasse la princesse, mais ce baiser n'est pas consenti.

Tex est viré pour une blague de cour d'école.

Antoine Griezmann a grimé de noir son visage, ses bras, ses jambes. Il a enfilé un maillot des Harlem Globetrotters. Le voilà cloué au pilori pour trente-six heures.

L'année 2017 s'achève. La sottise (oserais-je dire la connerie ?) règne. Un nouvel ordre moral veille, entre maccarthysme et chasse aux sorcières. Twitter est la Kommandantur en 41.

On ne peut plus rien dire ? Ce n'est pas vrai. Vous pouvez brocarder les gros, les riches, les intellos, Carla Bruni, les Bretons (ou les Corses), les alcooliques, les paysans. Vous avez le droit. Vous pouvez moquer un accent du terroir mais, si vous parodiez Michel Serrault dans La Cage aux folles, attention, danger. Vous êtes en état de mort médiatique.

Le sketch de Guy Bedos Toutes des salopes, écrit en 1975, ne passerait pas chez Delphine Ernotte. Impossible aujourd'hui de pratiquer le second degré sur les femmes, les Noirs, les homos. Car il s'agit bien de second degré, n'est-ce pas ? Quand Bedos joue au beauf, quand il caricature le macho de base qui ne pense qu'au cul, évacuant sa frustration en lisant le journal Playboy, tout le monde comprend qu'il s'amuse. Giscard est président. Coluche a remplacé Fernand Raynaud. C'était il y a 40 ans.

Pourquoi, en 2017, n'est-il plus possible de rire de tout ? Pourquoi le second degré est-il entendu au premier ? Pourquoi la société n'est-elle plus drôle ? Qui sont-ils ? Des imbéciles ? C'est plus compliqué. Des censeurs ? Des ratés ? Ils jugent. Ils condamnent. Ils sont les petits hommes gris. Sans talent. Sans tolérance. Sans humour. Le Point.fr 31.12

Commentaires d'internautes (Abonnés au Point il faut préciser).

1- "Mais ça ne va pas s'arranger, car "ils osent tout" et c'est même à ça... ! "

LVOG - ... qu'ILS reconnaissent les cons dont vous faites peut-être partie, qui sait ?

2- "C'est la dictature des minorités concept fondé par les socialistes et la gauche en général : taper sur tout ce qui peut faire réagir une minorité agissante : les féministes, les homos, les écolos, les minorités religieuses, les noirs, les jaunes, les pauvres, etc."

3- "Mais je crains que les choses ne s’arrangent pas l'année prochaine. La connerie est installée, Coluche disait déjà, il y a 30 ans, que nous sommes cernés par les cons... Cela empire gravement. J'en arrive à ne plus dire "Mademoiselle, vous êtes très gentille" à la petite caissière de mon supermarché, qui m'aide à mettre mes courses dans mon sac, de peur d'accusations d'être un vieux pervers dégueulasse et lubrique, en flagrant délit d'agression sexuelle. "

Vous avez tort, il ne faut rien changer à vos habitudes.

4- "C'est en donnant de la visibilité aux cons de tout poil qu'on les fait paraître importants, ce qu'ils ne sont pas. "

LVOG - C'est ce à quoi s'emploient les réseaux asociaux comme FaceBook et Twitter, etc... et les médias qui y font référence quotidiennement. Ils veulent faire passer une loi scélérate, déclarer une guerre, etc. dorénavant il n'y a rien de plus facile que de trouver des volontaires sur ces supports pour les soutenir, sinon ils les inventeront si nécessaire, ce qui leur permettra ensuite d'affirmer que c'est le peuple (la majorité) qui les réclame et qu'ils ne font qu'accéder à ses demandes, bref, ils se comportent en parfaits démocrates et la boucle de la manipulation et de l'imposture est bouclée.

5- "Ce monde devient triste... Effrayant quelque part... "

- "Il suffit de voir quelle catégorie de personne est incapable de rire de sa propre communauté ou catégorie pour voir où se trouve l'esprit de la dictature."

6- "M. Praud pose la question sans donner ne serait-ce qu'un début de réponse ?

Ben parce que c'est s'exposer que de dénoncer les causes qu'on a chéries et dont on s'étonne un peu tard des effets indésirables.

Pleurer sur le lait renversé est une chose, remettre en cause les réflexes pavloviens de tout une profession (et de tout une société) en est une autre."

LVOG - Votre réponse ajoute encore de la confusion... Il faudrait commencer pas se poser la question de savoir qui et quand et dans quels buts ces "causes" ont été instrumentalisées...

7- "Sur ce que dénonce ici Pascal Praud, je crains que le pire ne soit à venir pour 2018 !

Comparer nos Commissaires politiques d'aujourd'hui aux tenants du "maccarthysme" et les "dénonciations, y compris celles de certains membres du Gouvernement, à celles de 41" est un peu osé et certainement exagéré, mais cette caricature, si tant est qu'elle soit acceptée dans mon commentaire, illustre bien ce "nouvel ordre moral" issu en droite ligne de la pensée unique qui a fait son lit depuis 2012 et qui assèche et pollue, en même temps, notre joie de vivre dans une démocratie qui nous échappe sur certains points !"

LVOG - Désolé de n'avoir jamais partagé cette "joie de vivre dans une démocratie". Il n'y a rien d'exagérer ici, l'entreprise étant à l'échelle mondiale, vous êtes encore en dessous de la réalité en fait.

8- "Notre société devient d'une tristesse croissante. Nous sommes entourés de censeurs si nombreux qu'on finit par s'autocensurer. L'affaire Griezmann est une belle illustration du ridicule qui, malheureusement ne tue pas."

LVOG - S'autocensurer n'est pas nouveau. Hier comme aujourd'hui, dans certains partis critiquer les dirigeants syndicaux pouvait vous valoir d'être mis à l'écart ou exclu.

9- "On est en pleine dictature bien pensante comme dans 1984 de Georges Orwell.

La seule liberté d'expression tolérée est celle qui est lisse et qui ne froisse aucun lobby communautaire.

On n'a plus de guerres, donc on se crée des faux combats.

Regardez les séries TV. 90% des thèmes et symbolique ou discussion de fond ne tournent qu'autour du féminisme antiracisme et lobby gay.

Chaque jury d'émission TV est composé non plus par compétence, mais dans l'optique de remplir des quotas. "

LVOG - La gestapo de la pensée irait très bien à ces censeurs, inquisiteurs, procureurs généraux, les galons en moins mais cela viendra, pas toujours, c'est encore plus con que ce qu'on pensait !

L'insouciance peut être fatale.

- “Liker” sur Facebook peut vous coûter votre emploi - les-crises.fr

Extrait. La cour du travail de Liège (Belgique) a ouvert une brèche suite à un arrêt positif pour l’employeur, en mars, dans une affaire de “like” de contenu antisémite par un comptable d’une ASBL (Association sans but lucratif).

Un simple “like” sur Facebook n’a finalement rien d’anodin pour un employé. Un arrêt (récemment publié) rendu le 24 mars 2017 par la cour du travail de Liège souligne en tout cas le “danger croissant pour les travailleurs de s’exprimer sur les réseaux sociaux“, nous rapporte Carl Vander Espt, avocat au cabinet Cairn Legal... les-crises.fr 31.12

Commentaires d'internautes.

1- "La réduction de la liberté d’expression, en France, sur les 10 dernières années nous approche d’une société à tendance totalitaire. Le choc n’est pas brutal, mais s’effectue par vagues successives, ce qui limite la contestation de cette réduction, par ailleurs vaine, comme le montre l’indignation du licenciement de Tex, qui ne change rien à l’affaire.

Le plus inquiétant est que le pouvoir n’est pas l’auteur principal de cette réduction. La base s’en charge, chacun jouant, dans sa sphère, l’agent Smith de Matrix."

LVOG - "le pouvoir n’est pas l’auteur principal de cette réduction", si c'est lui en maintenant les masses dans l'ignorance pour mieux les manipuler et parvenir à ses fins...

2- "D’où l’utilité d’un pseudonyme sur nombre de sites, quoiqu’en disent certains… Pour retrouver l’identité d’une personne à partir d’un pseudonyme, il y a quand même une quantité de contraintes, sans parler du fait que le pseudonyme permet de ne pas attirer immédiatement l’attention sur votre personne. Ce n’est pas sans raison qu’un très grande nombre d’écrivains ont utilisé par le passé des pseudonymes, bien qu’il était assez facile de retracer leur identité pour quiconque l’aurait vraiment voulu.

Par ailleurs, l’accent est ici mis sur Facebook, mais je commence à trouver que le pouvoir de nuisance de Twitter est désormais supérieur encore, c’est dire, car il dépasse le cadre du simple harcèlement pour avoir atteint un stade où on y fait carrément de la politique hors du cadre de la justice et des lois, ce qui est vraiment la porte ouverte à toutes les fenêtres.

- Oui. Il y a quelques règles simples à toujours respecter :

- Utiliser des e-mails multiples
- Ne jamais utiliser son nom et ne jamais donner ses données personnelles
- Multiplier les pseudo associés aux e-mails
- Ne pas hésiter à sacrifier un profil si on vous demande vos données"

3- "Est ce que vous vous rendez compte, attention je ne vous juge pas car vous avez certainement raison, que vous donnez des conseils pour compliquer notre identification sur Internet.

Cela en dit long sur le sentiment de liberté d’expression…"

4- "Ce n’est pas qu’un sentiment.

Même si pour l’instant la situation n’est pas encore “trop grave”, on voit bien qu’il y a une dérive lente mais sûre vers de moins en moins de liberté et dans quelques années on pourra toujours nous reprocher ce qui a été dit et enregistré aujourd’hui.

En créant un maximum de “bruit” et en multipliant les identifications , on ne fait qu’ajouter un volume de données ( incohérentes ) qui n’en seront que plus difficiles et coûteuses à analyser. C’est aussi une façon de se défendre contre toutes les actions marketing utilisant le big data."

5- "3x je me suis inscrit, 3x j‘ai écrit que Netanyahu était un criminel, 3x mon compte a été bloqué !

Résultat je ne suis plus sur Facebook."

LVOG - Et vous n'en êtes pas mort !

6- "Par contre tous les bien-pensant applaudissent des deux mains lorsque l’on vend des armes à l’Arabie Saoudite alors que le gouvernement de ce pays n’hésite pas à décapiter les personnes qui dérangent.Se sert de ces armes contre le Yemen avec pour résultat une détresse humanitaire immense.

En vendant ces armes ne sommes nous pas complices ?

Ou est la justice des opprimés ? N’y a t’il pas matière à procès?

Ce n’est qu’un exemple, mais c’est quant même d’une autre dimension!

Entre une personne qui perd son emploi parce qu’il like un humoriste controversé et des élus qui sont applaudis parce qu’il vendent des armes à des dictatures il y tout de même un monde!

Sauf qu’il en a un qui perd son moyen de subsistance et l’autre qui est adoubé par notre monde économique.

N’est ce pas là une preuve de la dérive de notre société?

Comment se fait-il que l’on puisse être condamné par la justice pour provocation à la haine raciale et avoir son émission télévisée, et qu’en parallèle tout est mis en œuvre pour empêcher Mr Mbala Mbala de faire ses spectacles?

Ce poids deux mesures sont tellement énormes qu’ils en deviennent ridicules ou inquiétant c’est selon…"

LVOG - Ils sont juges et parties, donc ils condamnent ou acquittent qui ils veulent, normal.

7- "Vous croyez vraiment qu’en vous inscrivant sous un pseudo Facebook ignore votre identité ? Le fait de s’inscrire ouvre toutes les portes de votre ordi aux mouchards qu’ils utilisent et dont vous ignorez l’existence ."

LVOG - Vous avez raison, il ne faut jamais oublier que nous avons à faire à des faux monnayeurs professionnels qui jusqu'à présent n'ont pratiquement pas été démasqués...

8- "Au vu du nombre de commentaires censurés et de ceux provenant de trolls organisés, il faut absolument comprendre que les réseaux sociaux ont été développés pour remplacer le peuple dans la légitimation du pouvoir.

Combien de journalistes débutent un sujet par « les réseaux sociaux réagissent à »… ?"

LVOG - Vous venez de saisir pourquoi ils ont mis Internet à la disposition des peuples, et contre qui il était destiné à sévir.

9- "Quant à Facebook, s’y exprimer est un suicide où la naïveté le dispute à la bêtise."

LVOG - On ne vous le fait pas dire. Avis aux intéressés qui auraient pu créer un blog ou un portail au lieu d'une page Facebook. C'est là qu'on s'aperçoit que les idées de la classe dominante ont fini par s'infiltrer jusqu'au sommet de tous les partis dits ouvriers, hélas !

10- "Voilà, combien de preuves faudra t-il encore avant que certains “bon-penseurs” comprennent que nous sommes dans une guerre larvée, mais une guerre quand même et qu’on ne la gagne pas en faisant les mijorés et les fines bouches.

On nous prend pour des imbéciles avec toutes ces histoires, où les uns peuvent dire et faire ce que bon leur semblent en toutes impunités, et les autres juste la fermer ou parler avec des cagoules et des gants."

LVOG - C'est une guerre assurément, la lutte des classes. Et comme tous les partis ont déserté le combat politique sur ce plan-là, notre ennemi a le champ libre et en profite.

11- "Une vie merveilleusement libre peut exister sans Facebook,Twitter et autres balivernes post-modernes…

Aucun pouvoir ne m’imposera jamais quoi penser, ressentir, dire, etc. Je jugerai toujours par moi-même et comme bon me semble qui est raciste et qui ne l’est pas, qui est antisémite et qui ne l’est pas, qui est un comédien génial et qui en est un médiocre.

Une vie d’asservissement ne vaut pas d’être vécue."

LVOG - Bravo !

12- "Ni Facebook, ni Twitter, ni Snapchat, ni… telle est ma devise."

13- "Quand donc les gens comprendront-ils que les réseaux sociaux sont en fait des réseaux asociaux destinés à remplacer tout lien de socialité primaire. C’est comme les plans sociaux (alias plan de sauvegarde de l’emploi) qui n’ont, eux non plus, rien de sociaux, puisqu’il s’agit de licencier des employés.

Orwell a fort bien décrit ce qu’était la novlangue.

Je ne suis pas sur ces réseaux et je conseillerais à tous les inscrits d’en sortir le plus rapidement possible. La volonté des oligarques est de contrôler le peuple. Si ce dernier tombe dans tous les pièges, comme des mouches attirées par un pot de miel, la chose sera vite vue.

Recréez du vrai lien entre vous plutôt que des faux. Vous manger déjà de faux aliments, vous écoutez de fausses informations. N’avez vous pas envie de choses vraies ?"

LVOG - C'est ce que j'ai essayé de faire avec mon portail, en vain, la gangrène a gagné toutes les couches de la société...

14- "Indiquer sa véritable identité sur Facebook, c’est comme se balader à poil dans la rue. Aucune personne sensée ne devrait faire ça."

15- "Perso, je ne comprends pas cet engouement à s’exhiber sur les réseaux sociaux.

Du “people” de Prisunic !"

LVOG - Prisunic n'est pas réservé aux prolos, c'est trop cher...

16- "Société du spectacle dans un monde de vedettariat, du bas jusqu’au plus haut de l’échelle. Quête désespérée, illusoire, d’«identité » et de « sens » dans un univers nihiliste."

LVOG - Pour oublier qu'on appartient tous à une classe sociale déterminée. En voilà une véritable « identité » reposant sur des bases matérielles bien concrètes et dont chacun peut se saisir...

17- "Dis autrement : la liberté d’expression est en voie de disparition, puisqu’on surveille de plus en plus ses propos.

La délation est de retour, puisqu’un employeur peut aller examiner s’il trouve les noms de ses employés dans la liste de ceux qui ont réagi à une publication ou à un commentaire.

34 ans après Orwell, nous sommes dans le meilleur des mondes où l’on peut :

– revendiquer “d’être Charlie” sans réagir à la censure,
– se prétendre en “démocratie” et élire un banquier parfait inconnu après 2 ans de battage médiatique,
– demander l’avis des Français et faire le contraire de ce qu’ils ont décidé (2005)
– avoir de “grands” médias d’information (privés mais aussi publics) qui font de la propagande de guerre et du formatage de l’opinion,
– être dans “l’union” €uropéenne qui devait apporter la paix et se livre à des guerres illégales,
– avaler des produits chimiques (médicaments) pour avoir la santé,

La liste est infinie, malheureusement, et il devient illégal de s’indigner."

LVOG - Tout se paie un jour...

Enfumage. Ils formulent un voeux à haute voix, ils osent tout, quoi.

L'art de maquiller un coup de force ou des mesures brutales de régression sociale en bienfaits souhaités pour la plèbe.

- Macron teinte ses premiers voeux d'une inflexion sociale - AFP

Exit les premiers de cordée : Emmanuel Macron a mis la cohésion sociale au centre de ses voeux pour 2018, sans pour autant modifier ses projets de réformes qu'il entend mener "avec la même force et le même rythme" l'an prochain. AFP 01.12

- Vœux d'Emmanuel Macron : "Il avait à cœur de corriger son image de président des riches" - Franceinfo

- Voeux 2018 : Macron plus déterminé que jamais à transformer la France - LePoint.fr

- Dans ses premiers vœux, Macron assure que les "transformations profondes se poursuivront avec la même force en 2018" - HuffPost FR

Ils vous souhaitent une bonne année 2018.

- Afghanistan : pour le dernier jour de l'année, un attentat à des funérailles fait 18 morts - AFP

- RDC: huit morts, une centaine d'arrestations en marge des manifestations - AFP

- Huit morts dans une attaque de rebelles au Cachemire indien - AFP

- Trois militants armés tués par les forces de sécurité égyptiennes - Reuters

Au tour de l'Iran

Comme quoi ils ont de la suite dans les idées.

Je n'ai pas reproduit les articles initiaux de Reuters et de l'AFP, trop longs et passages inutiles. J'ai sélectionné toutes les données qui permettent de se faire une idée sur ce qui se passe en Iran, observant que la trame semble être la même que celle utilisée en Libye et en Syrie par ceux qui ont intérêt à déstabiliser ce pays ou renverser ceux qui le gouvernent : Les Etats-Unis, Israël et l'Arabie saoudite.

Lisez attentivement, vous retrouverez tous les ingrédients : blogueurs, réseaux "sociaux", vidéos, provocateurs armés, et cerise sur le gâteau, les félicitations du candadit à la direction de la CIA ! Le second article (extraits) le confirme ou apporte des précisions. On demeure sur le terrain des faits, et non des suppositions, des extrapolations ou des interprétations oiseuses.

Reuters - AFP - Le président iranien Hassan Rohani a affirmé dimanche que son pays devait fournir "un espace" pour que la population puisse exprimer ses "inquiétudes quotidiennes", après quatre jours de contestation durant lesquels deux personnes ont été tuées et des centaines arrêtées.

Ce religieux modéré a également condamné "la violence et la destruction de biens publics", lors de sa première réaction depuis le début jeudi de manifestations contre le pouvoir et la vie chère dans plusieurs villes iraniennes.

"Critiquer, c'est totalement différent que d'utiliser la violence (...)", a souligné Hassan Rohani en Conseil des ministres selon des propos rapportés par la télévision d'Etat.

Si la contestation reste dans l'ensemble plutôt faible à Téhéran, une métropole de 8,5 millions d'habitants, quelque 200 personnes s'étaient rassemblées dimanche dans la capitale, selon l'agence Fars, proche des conservateurs.

Le régime jouit toujours d'un large soutien parmi la population, avec la mobilisation de dizaines de milliers de personnes samedi pour marquer l'anniversaire du rassemblement qui a mis fin à la contestation de 2009.

Et dimanche, des centaines d'étudiants ont manifesté à l'université de Téhéran pour soutenir le gouvernement tout en dénonçant "la corruption et la vie chère".

Des médias conservateurs iraniens soutiennent que la majorité des appels à manifester contre le pouvoir viennent de l'étranger, d'Arabie saoudite, rivale régionale de l'Iran, ou de groupes d'opposition en exil.

...les autorités iraniennes ont confirmé dimanche matin la mort de deux manifestants tués par balles samedi soir à Doroud, dans l'ouest du pays, premières victimes signalées depuis le début de la contestation.

Leur mort avait d'abord été annoncée via les réseaux sociaux. Elle a été confirmée dimanche matin par un responsable iranien, qui a attribué leur décès à des "agents étrangers". "De violents affrontements ont éclaté lors du rassemblement illégal samedi à Doroud et deux personnes ont malheureusement été tuées", a déclaré le gouverneur adjoint de la province de Lorestan, cité par la télévision publique.

"Aucun coup de feu n'a été tiré par la police et les forces de sécurité", a ajouté Habibollah Khojastehpour. "Nous avons retrouvé la trace d'ennemis de la révolution, de groupes takfiris et d'agents étrangers dans ces affrontements."

Aucun parti politique n'a appelé les Iraniens à descendre dans les rues...

Les autorités accusent des groupes "contre-révolutionnaires" basés à l'étranger d'utiliser ces réseaux sociaux, en particulier Telegram, pour appeler les gens à manifester et faire usage de cocktails Molotov et d'armes à feu.

D'après certains enregistrements, des manifestants ont même brisé un tabou en rendant hommage au roi Reza Shah, au pouvoir entre 1925 et 1941 et dont la dynastie a été renversée par la révolution de 1979 qui a abouti à l'avènement de la République islamique conduite par l'ayatollah Ruhollah Khomeini.

Apportant une réponse à une partie des revendications de ce mouvement apparemment spontané, le gouvernement a renoncé à des augmentations prévues du prix des carburant et promis des subventions pour les plus pauvres.

"Nous tablons sur la création d'au moins 830.000 emplois l'année prochaine", a par ailleurs déclaré le porte-parole du gouvernement, Mohammad Baqer Nobakht, samedi soir à la télévision.

Mais les manifestants s'en prennent aussi au coût des interventions militaires en Syrie et en Irak dans le cadre de la lutte d'influence que l'Iran livre à l'Arabie saoudite.

A Shiraz, des manifestants ont arraché un portrait du général Qassem Soleimani, le puissant commandant de la force Al Qods, unité d'élite des gardiens de la Révolution qui supervise les opérations en Syrie, en Irak et sur d'autres théâtres.

Fustigeant à nouveau le régime iranien, bête noire des Etats-Unis, le président Donald Trump a tweeté dimanche: "Grosses manifestations en Iran. Le peuple a finalement compris comment son argent et ses richesses sont volés et gaspillés pour (financer) le terrorisme. On dirait qu'il ne supporte plus. Les Etats-Unis surveillent de près en cas de violation des droits de l'Homme".

Le Canada s'est dit encouragé par ces manifestations tandis que le chef de la diplomatie britannique, Boris Johnson, a observé sur Twitter qu'il était "vital que des citoyens puissent avoir le droit de manifester pacifiquement". Reuters 31 décembre 2017 et AFP1 janvier 2018

- Iran – Des manifestations à motif économique sont récupérées par des agents du changement de régime par Moon of Alabama — 30 décembre 2017

Extraits.

Hier et aujourd’hui, il y a eu des petites manifestations en Iran. Elles constituent probablement la première étape d’une vaste opération de « changement de régime » menée par les États-Unis et Israël avec l’aide d’un groupe terroriste iranien.

Jeudi et aujourd’hui, les slogans de certains manifestants sont passés de l’appel à résoudre les problèmes économiques à un appel au changement de régime.

A mon avis, ce sont toujours les mêmes qui sont derrière ces protestations. Notez qu’elles ont commencé dans plusieurs villes en même temps. Ce n’était pas un soulèvement local spontané dans un endroit donné, non, il y avait une certaine forme de coordination.

Et puis il y a ceci:

Carl Bildt? @carlbildt – 21:38 – 28 déc 2017 (https://twitter.com/carlbildt/status/946495628477071365) de Rome, Latium

On rapporte que les signaux des réseaux internationaux de télévision par satellite sont brouillés dans les grandes villes d’Iran. Ce pourrait être le signe que le régime craint la propagation des manifestations d’aujourd’hui.

Une recherche dans différentes langues prouve qu’il n’y a eu aucun « rapport » de ce genre. Carl Bildt est un ancien premier ministre suédois.

Il a été recruté en 1973 (https://www.rollingstone.com/politics/news/julian-assange-the-rolling-stone-interview-20120118) comme informateur de la CIA (https://www.thelocal.se/20130315/46746) et, depuis, il travaille à plein temps pour le compte des Américains.

Il a été impliqué dans le coup d’État en Ukraine (https://medium.com/@StevenLaack/carl-bildt-hovering-between-prison-and-the-ukrainian-premiership-bcc9a91f717b) et a tenté d’en tirer un profit personnel.

Pas plus tard qu’hier, une conférence (https://media.ccc.de/v/34c3-9233- uncovering_british_spies_web_of_sockpuppet_social_media_personas) au Chaos Communication Congress des « hackers » portait sur les services secrets du Government Communications Headquarters* (GCHQ) britannique et ses faux comptes Twitter et Facebook. Ils servent à obtenir des renseignements et à mener des opérations de « changement de régime ». Dans les pages 14 à 18 du rapport (11:20 min) il y a des extraits de documents du GCHQ qui mentionnent l’Iran comme l’une des cibles. L’orateur mentionne notamment un compte du GCHQ « @2009Iranfree » qui a été utilisé pour susciter des protestations en Iran après la réélection du Président Ahmedinejad.

Certaines de ces manifestations ont de véritables raisons économiques, mais elles sont récupérées par d’autres intérêts:

Dans la ville centrale d’Isfahan, un habitant a déclaré que les manifestants avaient participé à une manifestation organisée par des ouvriers d’usine réclamant des arriérés de salaires. « Les slogans sont rapidement passés de demandes économiques à des slogans contre le Président Hassan Rouhani et le Guide suprême (Ayatollah Ali Khamenei), a déclaré l’habitant au téléphone. […]

Alamolhoda, le représentant de l’Ayatollah Khamenei au nord-est de Mashhad, a déclaré que quelques personnes avaient profité des protestations de jeudi contre la hausse des prix pour scander des slogans contre le rôle de l’Iran dans les conflits régionaux. […]

« Des gens étaient venus exprimer leurs revendications, mais soudainement, dans une foule de quelques centaines de personnes, un petit groupe qui ne dépassait pas 50 personnes a crié des slogans aberrants et horribles tels que « Laissez tomber la Palestine », « Pas pour Gaza, pas pour le Liban, je donnerai ma vie (seulement) pour l’Iran », a dit Alamolhoda.

Deux (https://twitter.com/bbcpersian/status/946752340366888961) vidéos (https://twitter.com/bbcpersian/status/946741390452625408) postées par la BBC Perse, et d’autres que j’ai vues, montrent seulement de petits groupes de protestataires actifs d’une douzaine de personnes, entourés de beaucoup de gens qui regardent ou filment ceux qui scandent des slogans.

Les vidéos publiées par le groupe terroriste (https://2001-2009.state.gov/r/pa/prs/ps/2003/23311.htm) Mujahedin-e Khalq[MEK], 1 (https://www.youtube.com/watch?v=LZxePyDYAcg),2 (https://www.youtube.com/watch?v=ESosshsoUYc),3 (https://www.youtube.com /watch?v=fPs6Z4N7R1M),4 (https://www.youtube.com/watch?v=mGDCH3lWA3E),5 (https://www.youtube.com/watch?v=8LBt9pr-Vow), montrent également de petites manifestations bien que le groupe MEK affirme que des dizaines de milliers de personnes scandent « mort au dictateur (https://www.youtube.com/watch?v=dyiWS8udDuM)». Le groupe MEK, ou son organisation « civile » le Conseil national de la Résistance iranienne (CNRI), semble être le plus impliqué dans les manifestations actuelles. Son site Web (https://www.ncr-iran.org/en/) regorge d’article sur les protestations, et son responsable a publié (https://www.ncr-iran.org/en/ncri-statements/iran-protests/24074-uprising-in-iranian-citiesis- death-knell-for-mullahs-regime-maryam-rajavi) une déclaration de soutien:

Mme Maryam Radjavi, Présidente élue de la Résistance iranienne, a salué le peuple héroïque de Kermanshah et d’autres villes qui s’est levé aujourd’hui en scandant « mort ou liberté », « mort à Rouhani », « mort au dictateur » et « les prisonniers politiques doivent être libérés », et a protesté contre les prix élevés, la pauvreté et la corruption.

Elle a déclaré: « Hier, Machhad, aujourd’hui Kermanshah, et demain partout en Iran; ce soulèvement sonne l’appel au renversement de la dictature totalement corrompue des mollahs, et annonce l’avènement de la démocratie, de la justice et de la souveraineté populaire.

La rapidité de l’implication de la MEK – son premier article (https://www.ncr-iran.org/en/news/iran-protests/24061-today-thousands-chant-deathto- dictator-death-to-rouhani-in-iranian-cities) a été publié hier à 10h26 – est extrêmement suspecte.

En 2012, on a rapporté qu’Israël avait utilisé (https://www.haaretz.com/israel-news/israel-s-mossad-trained-assassins-of-iran-nuclear-scientistsreport- says-1.411945) l’organisation terroriste MEK pour assassiner des scientifiques nucléaires en Iran:

Jeudi, des responsables américains s’adressant à NBC news ont affirmé jeudi que les agents du Mossad formaient des membres du groupe terroriste dissident les Moudjahidines du peuple iranien dans le but d’assassiner des scientifiques iraniens du nucléaire, ajoutant que l’administration du président américain Barack Obama était au courant de l’opération, mais n’avait aucun lien direct avec eux.

Les responsables américains auraient confirmé le lien entre Israël et les Moudjahidines du peuple iranien (MEK) en disant: « Toutes vos suppositions sont correctes. »

Le MEK/CNRI a indiqué (https://www.ncr-iran.org/en/news/iran-protests/24072-u-s-senator-tom-cotton-expresses-solidarity-with-iraniansspeaking- out-against-regime) que le sénateur Tom Cotton, qui remplacera probablement Pompeo, le chef de la CIA, lorsque ce dernier partira au département d’État, a publié une déclaration de soutien aux manifestants.

La Maison-Blanche et le régime de Netanyahou se sont mis d’accord sur une stratégie contre l’Iran. Les principaux membres de l’administration Trump sont en faveur d’un « changement de régime » par des « forces pro-démocratie » en Iran. Quelques semaines après la finalisation de l’accord, des manifestations économiques coordonnées commencent en Iran, rapidement détournées par de petits groupes très actifs de changeurs de régime. Un groupe de terroristes iraniens en exil, bien connu pour sa collaboration meurtrière avec des espions israéliens ainsi que pour ses cellules d’opérations en Iran, est tout de suite très engagé dans le mouvement de protestation.

Si c’est comme je le pense, une opération de « changement de régime », les protestations vont bientôt s’amplifier. Quand les gens ont besoin d’argent, quelques milliers de dollars suffisent pour fabriquer une grande foule. De petits groupes d’émeutiers se cacheront au milieu des manifestants sans doute sincères. Les médias « occidentaux » vont se livrer à leurs habituels commentaires inquiets de pseudo-humanistes libéraux. Lorsque la police iranienne tentera d’arrêter ces émeutiers, les médias crieront d’un seul homme « brutalités policières ». On fabriquera un « martyr » et on en fera une icône. On colportera des rumeurs de censure et de répression (comme Carl Bildt ci-dessus), les fausses nouvelles se multiplieront, il y aura tout à coup des centaines de faux comptes Twitter et Facebook « iraniens » qui rendront compte des événements sur le « terrain » de leurs bureaux de Langley.

Pour les politiciens et les policiers iraniens, la question est délicate. Les protestations économiques sont clairement justifiées, même Khameni le dit. Mais les émeutes dans les rues doivent être réprimées avant qu’elles ne s’intensifient et ne deviennent incontrôlables. Les armes dans les manifestations pourraient bientôt devenir un problème. Le Mossad et la MEK n’ont pas peur de tuer des gens au hasard.

Mais la République islamique d’Iran bénéficie du véritable soutien d’une grande partie de la société. Il y a de grandes organisations civiles qui appuient le gouvernement, non pas sur toutes les questions, mais d’une façon générale. La plupart des Iraniens sont des nationalistes fiers et ils seront difficiles à diviser. Moon of Alabama — 30 décembre 2017

Source: Arret sur info (http://arretsurinfo.ch/iran-des-manifestations-a-motif-economique-sont-recuperees-par-des-agents-du-changementde- regim/)


Le 31 décembre 2017

CAUSERIE

Causerie au format pdf (9 pages)

On a fini l'année avec une causerie de plus de 230 pages en décembre (170 en fait). Quel boulot !

Il arrive qu'il y ait des baisses de régime, c'est parce que j'arrive à saturation et non par épuisement, bien que physiquement c'est éprouvant, je suis épuisé physiquement donc intellectuellement, mais pas mentalement, c'est préférable ! Chez ceux qui nous gouvernent, c'est l'inverse, ce sont de dangereux psychopathes. Et j'ai rassuré les lecteurs ! On se détend un peu, on l'a bien mérité.

Je passerai la soirée à la maison avec Selvi ma compagne et Adi sa soeur. Je ne sais pas encore quelle musique va nous accompagner, flamenco, jazz ou funk, ce sont les filles qui décideront, le hard rock n'est pas approprié, mais elles adorent Satriani et Vaï ou Def Leppard, etc.

Quant au repas, c'est mon domaine : Chicken 65 (poulet mariné, gingembre, ail, un mélange d'épices, vinaigre et sel, puis frit à la poêle) ; crevettes à l'armoricaine, curry d'aubergine (coriandre), pomme de terre façon Madras (pommes de terre cuites à l'eau puis revenues dans un mélange d'épices à la poêle, cumin, coriandre, piment en poudre et frais, curcuma, graines de moutarde, une poignée de lentilles concassées, cari leaves, ce sont des petites feuilles très odorantes qui accompagnent presque tous les plats indiens, oignon, ail, sel) ; sambar, c'est une purée de lentilles dans laquelle on ajoute des tomates coupées en petits morceaux et la plupart des épices qu'on vient de citer. J'allais oublier le riz qu'on fait réchauffer en ajoutant des petits pois et leur jus de cuisson, additionné d'une pincée de curry massala et des feuilles de coriandre fraîches !

En réalité, au dernier moment je modifie mes recettes en ajoutant ou en retirant des épices ou en les dosant différemment. C'est assez long à préparer parce que je cuisine pour plusieurs jours, c'est plus économique, et comme c'est délicieux, on ne s'en lasse jamais.

Voilà ce qui compose à peu près notre menu tous les soirs, tous les midis, salade de crudités. Il s'agit d'un plat unique, dans chaque assiette en fonction de notre appétit, autour du riz on dispose environ deux cuillères à soupe de chaque plat. En guise d'apéritif les filles boivent un mélange de sirop et jus de fruits additionné d'eau gazeuse, j'ajoute deux doigts de vodka dans mon verre et des glaçons, et on grignote quelques cacahuètes ou des friandises indiennes. En dessert ce soir, des cornets de glace au chocolat et un café noir pour moi. On boit de l'eau pendant les repas, exceptionnellement ce soir j'aurai le droit à une Carlsberg, je n'ai pas voulu mettre des centaines de roupies dans du vin qui se marie mal avec un repas indien.

Bon réveillon à tous... en pensant tout de même à ceux qui ont le ventre vide.

Parole d'internaute. Le saviez-vous ?

- "Sébastien Auzière fils aîné de Brigitte Macron, est depuis 2016, vice-président de Kantar-Health. Cette société à capitaux qataris a acheté la SOFRES qui est devenue aujourd’hui KANTAR-TNS-SOFRES, filiale du groupe WPP leader international des études d’opinion.

Ceci expliquant peut être cela :

“La politique de Macron ne profite qu’à 1% des Français – au mieux – mais il monte dans les sondages.”"

Parole d'internaute sur l'école.

(A propos de La Fabrique du Crétin : La mort programmée de l'école par Jean-Paul Brighelli

1- "Moins ils en savent, plus facilement ils seront taillables et corvéables à merci. Ajoutez à cela le poids psychologique des CDD, qui ont tendance à se généraliser, les facilités faites aux entreprises pour licencier ou délocaliser, et vous obtenez ce que nous avons aujourd'hui : une classe ouvrière parfaitement dépourvue de tout moyen de s'insurger. (...) - parce que l'intelligence est moins l'adaptation que la contestation. (...) : on a orchestré la baisse de niveau en interdisant tout simplement de faire apprendre. (...) Avec l'aval de l'institution, puisque l'élève est plus important que l'enseignant. La spontanéité érigée en dogme est le plus beau facteur d'aliénation moderne. "

2- "Les didacticiens contemporains s'accommoderaient assez d'une langue réduite à 800 mots, comme le "basic english" que l'Angleterre apprenait à ses serviteurs indigènes, du temps de l'Empire. Même souci, même punition : il s'agit aujourd'hui de former les manoeuvres de l'Europe future - et 800 mots sont bien suffisants pour obéir... et se taire.

Bernard Lecherbonnier, dans son récent ouvrage (Pourquoi veulent-ils tuer le français ?) remarque avec une certaine ironie que 800 mots, ce n'est jamais que quatre fois le vocabulaire d'un berger allemand bien dressé. Et il s'agit effectivement de dresser les futurs disqualifiés du libéralisme sauvage.

(...) Prolo tu es né, prolo tu resteras - et si possible deviendras, car nous n'avons pas besoin de toi au sommet. Culture d'héritiers frileux, qui ne cherchent qu'à se préserver.

(...) Car c'est bien de valets qu'ils ont besoin, là-haut. Alors on condamne des enfants à la faute perpétuelle, d'abord en leur apprenant à lire selon des méthodes dont on sait, depuis trente ans, qu'elles génèrent une clientèle massive pour les orthophonistes, puis en leur autorisant les graphies phonétiques, sanction logique de leur incompétence programmée. Le Crétin formaté par les contempteurs de l'orthographe n'aura plus même les moyens d'écrire aux prud'hommes pour protester contre son licenciement. "

3- "En coupant les jeunes de la culture, on les a confinés dans le ghetto d'une langue raréfiée, où les quelques mots subsistants sont affublés de tous les sémantismes en même temps. "C'est géant / c'est nul" : entre ces deux jugements, toute la gamme intermédiaire - tout ce qui permet d'affiner la pensée - a disparu.

(...) Les inventions verbales, dans ce contexte d'appauvrissement général, ne témoignent nullement de la vigueur de la langue, mais de son extinction. Le mot branché (chébran, bléca, ce que vous voulez) est l'argot d'une secte, d'un gang, d'un clan. II n'enrichit pas la langue, il entérine l'exclusion. Les jeunes n'ont plus les mots pour organiser ne serait-ce qu'un embryon de pensée. "

4- "Evidemment, le nouvel enseignant issu d'un IUFM niçois et balancé en première nomination dans la banlieue de Valenciennes n'est pas formé à cela. On lui a déconseillé l'encyclopédisme. On lui interdit la culture - la sienne. "Mettez-vous plutôt à l'écoute de leur culture... Etudiez le rap... Travaillez NTM..."

(...) Proposer à ces enfants de travailler sur leur "culture" c'est les mépriser. Suggérer qu'il serait dangereux (?) de décortiquer avec eux les guerres coloniales, ou inutile de leur expliquer la démocratie athénienne, c'est criminel. Leur conseiller de lire exclusivement des oeuvres courtes, c'est les humilier. "

Parole d'internaute sur le capitalisme.

[Vidéo] Entretien avec Jean-Claude Michéa – Comédie du livre 2017 - LesCrises.fr

https://www.youtube.com/watch?v=z_WvYnRjQWU

Animé par Régis Penalva, directeur littéraire de la Comédie du Livre. « Il est aujourd’hui plus facile d’imaginer la fin du monde que celle du capitalisme. » Avec “Notre ennemi, le capital” (Climats), le philosophe Jean-Claude Michéa poursuit son travail de clarification et de démolition entrepris avec des livres aussi importants que “Orwell, anarchiste Tory”, “L’Empire du moindre mal” ou “La Double Pensée”. Mais est-il encore possible de « rassembler la grande majorité des classes populaires autour d’un programme de déconstruction graduelle du système capitaliste » ? Les Crises.fr 30.12

La question est mal posée. Il faudrait déjà commencer par admettre que c'est une nécessité historique et que c'est le seul moyen d'en finir avec le capitalisme, encore faut-il en arriver à la même conclusion que les fondateurs du socialisme scientifique, Marx et Engels, à savoir que les capitalistes ne cèderont jamais pacifiquement leur pouvoir, et qu'il faudra les affronter pour leur arracher par la force.

Autrement dit il faut en passer par une révolution qui précédera inévitablement une guerre civile déclenchée par la réaction, pour balayer les institutions de le Ve République et exproprier les principaux capitalistes, afin d'anéantir ou neutraliser leur capacité de nuisance, et c'est seulement ensuite que devrait être entamée la "déconstruction graduelle du système capitaliste".

Si maintenant on rejette ou on est effrayé par les conditions préalables et indispensable à remplir avant d'en arriver à cette étape de la liquidation progressive du capitalisme, ce qui passe par l'organisation des masses exploitées dans un parti politique qui incarne cette perspective politique ou ces objectifs, autant dire qu'on s'interdit de remettre en cause l'existence du capitalisme, en d'autres termes on s'en accommode, et par la suite tous les discours sur ce sujet ne peuvent être que creux ou vides ou demeureront au niveau des bonnes intentions qui ne coûtent rien ou sans lendemain, ce qui est le cas de 99% ou plus parmi ceux qui se disent de gauche.

Sélection de commentaires de lecteurs.

1- "Ce qui me fait marrer, c’est que la plupart des enseignants sont de ” gauche”…"

LVOG - On peut donc en déduire que les lecteurs de ce blog sont de droite, merci on s'en était déjà aperçu...

2- "Et ils ne décident ni des programmes ni des méthodes d’enseignement."

LVOG - De rien, pas plus que vous, et tout le monde s'en accommode finalement...

3- "J’ai connu un enseignant maire FN d’un petit village de Normandie qui vous expliquerait deux ou trois choses sur la vie. C’était mon adversaire politique mais il a toujours fait correctement sont travail d’enseignant.

Pour vous paraphraser vous croyez qu’un enseignant dont l’emploi est garanti à forcément besoin d’appliquer toutes les lubies du ministère ? Non justement (sans cela la dégringolade aurait été encore pire). Et c’est bien cela l’intérêt du statut de fonctionnaire : Pouvoir dire merde aux pressions. Vos idées reçues vous empêchent de même chercher à comprendre.

(Pour finir un inspecteur (espèce en voie de mutation-disparition au profit du chef d’entreprise-établissement) était surtout une courroie de transmission servile qui pouvait s’adapter à toutes les lubies de droites comme de gauche)."

LVOG - J'ai cru observer que la plupart des gens qui se prétendent de gauche (y compris chez les enseignants) disent "merde aux pressions"... pour sauter à deux pieds dedans ! Voyez toutes les campagnes identitaires et non communautaires dites sociétales que le PS a orchestrées depuis les années 70-80 et qui en réalité étaient planifiées par l'oligarchie à l'échelle mondiale ou des pays occidentaux pour commencer, pratiquement tous ceux qui se disaient de gauche ou d'extrême gauche y ont adhéré ou participé à des degrés divers, aucun ou presque ne les a dénoncées, condamnées, combattues.

4- "L’alternative? On a le choix : goulag de Staline, camps de rééducation de Mao ou de Ho Chi Minh, voire même le génocide de Pol Pot.

Ah, mais bien sûr, ce n’était pas ça le socialisme. Suis-je bête!"

LVOG - Eh oui ce n'était pas le socialisme, pourquoi, cela vous surprend ? Vous venez d'avouer que vous ne connaissiez rien au socialisme, donc vous n'avez aucune légitimité pour en parler ou l'idée que vous en avez est conforme à la description ou la présentation qu'en ont fait les représentants du capitalisme, qui admettez-le n'allaient pas non plus vous faire un cours de marxisme ! Grand bêta !

5- C’est comme dire que la conséquence inéluctable du capitalisme c’est Mussolini, Hitler, le génocide des Indiens d’Amérique, le colonialisme et ses millions de morts…, les deux guerres mondiales…

Et puis, à réfléchir, Mao et Ho Chi Min ont donné la Chine et le Vietnam d’aujourd’hui.

Le parti communiste est toujours au pouvoir dans ces pays. Cela ne va pas si mal finalement. En tout cas pas beaucoup plus mal que chez nous.

https://www.legrandsoir.info/onze-prouesses-scientifiques-et-techniques-de-la-chine-en-2017.html

LVOG - Eh oui, "la conséquence inéluctable du capitalisme c’est Mussolini, Hitler, le génocide des Indiens d’Amérique, le colonialisme et ses millions de morts…, les deux guerres mondiales" ! Le nier ou refuser de l'admettre illustre votre ignorance des fondements et du fonctionnement du capitalisme...

Je ne suis pas certain du tout que le prolétariat chinois et vietnamien soumis à la surexploitation et réprimé férocement quand il tente de s'organiser librement ou de faire valoir ses droits, estime que pour lui cela ne va "pas beaucoup plus mal que chez nous". Que vous n'ayez pas à vous plaindre du statut que vous a réservé le régime, on n'en doute pas, mais de grâce n'en faites pas une généralité, évitez-nous ce cynisme.

6- "À réfléchir, Hitler a donné l’Allemagne d’aujourd’hui, pays modèle de nos élites et pour qui tout va très bien… C’est sûr qu’avec des raisonnements pareils, le monde est beau."

7- "Le pillage et l’épuisement de l’écosystème en deux siècles (la dite croissance), un réchauffement climatique incontrôlable, une militarisation et une policiarisation croissantes, des inégalités inédites dans l’histoire humaine.

Effectivement, hors du capitalisme, point de salut. Surtout gardons le cap."

8- "La pensée de nos contemporains est quand même soigneusement mise en forme par le quasi ensemble du monde médiatique, ne l’oublions pas.

Cela explique sans doute, au moins partiellement, cette montée de Macron dans les sondages (quoiqu’il serait intéressant de savoir comment et auprès de qui ils furent réalisés) qui, objectivement ne peut se baser sur de quelconques améliorations de leurs conditions de vie.

Dans le même genre de lecture, comment ne pas mettre “la fabrique de crétins” de Jean-Claude Brighelli disponible, en plus, oh merveille, gratuitement en pdf sur Internet. Il est prof agrégé sortant de l’ENS."

LVOG - Certains continuent de nier que les médias auraient le pouvoir d'influencer les consciences, aussi incroyable que cela puisse paraître, y compris chez des militants d'une mauvaise foi sans borne, pour lesquels le capitalisme se réduit aux rapports de production et à quelques institutions, toutes les représentations idéologiques auxquelles ils ont donné naissance n'existent pas pour eux ou ils jouent un rôle insignifiant dans la société, je soutiens le contraire...

9- "Passionnant de culture et de mise en perspective.

J’ajoute cette citation de Aldous Huxley a toutes celles pré citées par Michéa.

“Les armements, la dette universelle et l’obsolescence programmee sont les 3 piliers de la prospérité occidentale. Si la guerre, le gaspillage et les usuriers étaient abolis, vous vous effondreriez” – le meilleur des mondes-1932"

10- "Huxley oui, le meilleur des mondes, non, ça date de 1962, et c’est dans son dernier bouquin “Island” (traduit chez Plon sous le titre “île”, mais doit y avoir d’autres trad)

“L’armement, l’endettement universel et la routine – voilà les trois piliers de la prospérité occidentale. Si la guerre, le gaspillage et les prêteurs étaient abolis, vous vous écrouleriez. Et tandis que vous autres surconsommez, le reste du monde sombre de plus en plus profondément dans la disette chronique. L’ignorance, le militarisme et la procréation – trois maux, dont le pire est la procréation. Pas d’espoir, pas la moindre possibilité de résoudre le problème économique avant qu’elle soit sous contrôle. À mesure que la population s’accroît, la prospérité décline.”

La parabole est un peu lourde par ailleurs, il était plus très frais Huxley sur la fin."

LVOG - Mais il n'est pas interdit d'en garder le meilleur, comme chez tout un chacun. Sans revenir sur ce sujet, j'ai intégré la démographie exponentielle mondiale depuis un siècle dans mon analyse de l'évolution du capitalisme jusqu'à nos jours...

11- "Tiens donc le mot pour ne pas dire aussi chez Michéa. Notre ennemi n’est pas le Capital mais celui qui veut se l’accaparer pour lui attribuer toutes les vertus au détriment des travailleurs : le capitaliste.

J’ai toujours trouvé JC Michéa inoffensif. Que propose t-il ? Remplacer le trou laisser par Bernard Maris dans les médias en tant que critique du capitalisme ( critique qu’il savait modérer face caméra) et voter pour le vrai socialisme.

La décroissance ? elle a été mise en place par les proprios du “capital” qui ont compris depuis belle lurette que nous étions sur une planète finie. Avec ça les cigares sous leur haut de forme dorment tranquilles."

LVOG - Je n'ai pas eu le temps de visionner cette vidéo, et j'ignore pratiquement tout de monsieur Michéa. J'ai uniquement entendu parler de sa proposition de tirer au sort dans une pochette surprise les élus du peuple, j'en ai déduis qu'on avait encore à faire à un charlatan. Je vais regarder cette vidéo.

12- "J’ai commencé à visionner la conf : Michea est intéressant.

Par moment, malgré son discours d’unification du bas par delà la gauche et la droite, on sent , qu’il a du mal à accepter le concept de propriete privée.

Et c’est ce qui me gêne dans la France Insoumise.

J’aurai un intérêt à voter extrême gauche pour envoyer un signal aux banquiers mais le risque d’élire Mélenchon avec une autorisation de tripatouiller la Constitution est bien trop grand. Parce qu’on sent bien que derrière la France Insoumise, y en a une paire qui n’attendent que ça pour exproprier des résidences secondaires ou locatives sous prétexte d’aide aux migrants ou autre “altruisme”.

Les banquiers savent qu’avant de voler la richesse il faut la produire, je doute que l’extreme gauche française en soit à ce stade de compréhension…"

LVOG - Comme ils en savent des choses ces braves banquiers, vous avez raison de leur faire confiance. Encore un de droite, un nanti assurément.

13- "Dommage que Michea escamotte le matérialisme historique et propage l'idée que Lénine prônait un modèle de vie monacale ce qui est une piêtre contrefaçon.

Il dissimule assez grossièrement un anarchisme utopique et réactionnaire du genre proudhonnien.

Il a raison de mettre en valeur la lecture du livre 3 du Capital et ns ns conseillons vivement celle de “Misère de la philosophie” où Marx règle définitivement son compte au socialisme utopique et à toutes ses futures variantes.

Le marxisme a connu de nombreuses interprétations. Michea s'applique à l'orwelliser = la common decency à la place de la lutte des classes! Là il fait pitié."

- Bravo !

Avertissement. Le hors d'oeuvre vous a filé la nausée, le plat de consistance va vous faire vomir...

Cet article est un modèle de propagande digne de Goebbels et je n'exagère pas.

- La révolution Macron n'a pas (encore) eu lieu HuffPost FR

En élisant "un président de 39 ans, qui n'avait aucun parti, que personne ne connaissait et qui sortait de nulle part, la France a stupéfait l'Europe et le monde". Bien conscient de la rupture qu'a représenté son arrivée à l'Elysée au nez et à la barbe de tous les partis de gouvernement, Emmanuel Macron peut laisser se refermer cette année 2017 sans regrets, même si une grande partie de la "révolution" promise pendant sa campagne se jouera en 2018.

Cette année, celui qui, il y a douze mois, était encore un outsider doublé d'un nouveau venu dans le sérail politique, n'a eu de cesse de faire mentir tous les pronostics de ses adversaires et des observateurs. Vainqueur d'une élection présidentielle promise à François Fillon, le fondateur d'En Marche s'est offert en prime une très large majorité à l'Assemblée nationale, précipitant ainsi un renouvellement générationnel sans précédent au Palais-Bourbon.

L'ancien ministre de François Hollande ne s'est pas contenté de siphonner les forces vives (et les électeurs) d'un Parti socialiste sorti éreinté du précédent quinquennat. En nommant le juppéiste Edouard Philippe à Matignon, le plus jeune président de la République est également parvenu à arracher une partie de l'aile progressiste des Républicains, asphyxiant de fait toute opposition directe sur sa gauche comme sa droite.

Surinterprétant la partition du président au-dessus des partis, à la fois monarque jupitérien et chef de guerre impitoyable, Emmanuel Macron a pu désemparer l'opinion qui s'est mise à douter au coeur du conflit social autour de la réforme du code du travail, prolongement libéral assumé de la loi El Khomri.

Mais en tenant bon face aux syndicats et aux coups de boutoir de la France insoumise, en profitant habilement du repli des Etats-Unis pour s'imposer comme le nouveau champion du multilatéralisme à l'international, le chef de l'Etat a rassuré ses électeurs de gauche comme de droite, comme en témoigne sa courbe de popularité repartie en nette hausse en cette fin d'année.

Conscient qu'il lui faut agir vite s'il veut espérer obtenir des résultats tangibles avant la fin de son mandat, Emmanuel Macron a ouvert des chantiers tous azimuts, et non des moindres. Or beaucoup d'entre elles ne dépendent pas de son bon vouloir et certaines pourraient réveiller de violentes passions dans le pays.

Sur le plan intérieur, les projets ambitieux et/ou délicats s'accumulent, là encore sans garantie de succès. Réforme du bac, de l'assurance-chômage, de l'asile et de l'immigration, de l'audiovisuel public, ouverture de la PMA à toutes les femmes sont autant de dossiers potentiellement explosifs pour une majorité hybride et surtout remobilisateurs pour les adversaires du chef de l'Etat.

Emmanuel Macron sera-t-il submergé par cet empilement de défis ou parviendra-t-il une fois encore à déjouer les pronostics? S'ils lui accordent le bénéfice du doute, les Français restent dans l'expectative. Comme le résume le politologue Bruno Cautrès, "la remontée de popularité d'Emmanuel Macron n'a nullement effacée la "wait and see" (attendons de voir, ndlr) attitude de nombreux Français qui ne demandent qu'à être conquis mais qui doutent encore..." HuffPost FR 30.12

Hallucinant, n'est-ce pas ? Ils osent tout ! Ils le peuvent puisqu'en face d'eux ils n'ont que des vendus ou des branquignols, des charlatans, les vrais opposants à Macron ne sont pas invités à s'exprimer à la télé, ils ne leur offrent pas des tribunes gratuites dans les médias nationaux, ils ne siègent pas à l'Assemblée nationale...

Gavage.

- Réveillon : LREM propose des arguments pour défendre Macron au repas de famille - LeParisien.fr

Les partisans d’Emmanuel Macron sont armés pour les débats entre la poire et le dessert. La République en Marche (LREM) a adressé par mail une série de conseils à ses adhérents... LeParisien.fr 30.12

Ils transforment notre planète en décharge.

- A Bali, un océan de déchets envahit les plages - AFP

Longtemps, les plages bordées de palmiers le long de la rive de Kuta Beach à Bali ont fait office de paradis pour touristes. Mais le sable blanc est maintenant jonché de tant de détritus charriés par l'océan Indien qu'un état d'"urgence déchets" a été déclaré. AFP

Ô my dear ! Comme dans presque toute l'Asie, l'Afrique et l'Amérique latine, ce ne sont pas seulement les plages qui sont recouvertes de déchets, mais le bord des routes, les villages, les rues des grandes villes, en Inde, c'est au point que lorsque je sors de chez moi j'évite de porter mon regard en dessous de la ligne d'horizon, je regarde les arbres ou le ciel, parfois la route quand même ! Les Indiens s'en foutent, moi je ne pourrai jamais m'y faire, j'enrage.

Les chiens de garde veillent 24h/24.

- Alcool au volant : tollé pour Alexis Corbière qui défend Mathilde Seigner - LePoint.fr

Richard Berry a précisé que le lendemain les deux acteurs joueraient ensemble la pièce d'Eric Assous, La Nouvelle, au théâtre de Paris, bien que Mathilde Seigner ait été alcoolisée au point que les forces de l'ordre n'ont pas réussi à faire d'Alcotest.

Un citoyen lambda aurait été placé en cellule de dégrisement au moins jusqu'au lendemain midi dans l'état où elle était, elle a donc bénéficié d'un traitement de faveur, mais ce n'est pas ce qui a choqué le député Corbière qui bénéficie aussi des largesses du régime.

- "Tueur", "boucher"... l'expo en hommage à Che Guevara à la mairie de Paris passe mal - HuffPost FR

- La Corée du Nord ravitaillée en mer par des pétroliers russes - Reuters

- Liban : une vidéo de chiens empoisonnés par des employés municipaux fait scandale - LeParisien.fr

Une vidéo montrant des chiens errants empoisonnés par des employés municipaux dans la banlieue de Beyrouth a provoqué l’indignation sur les réseaux sociaux. LeParisien.fr

En Chine, ils les mangent, franchement, quel horreur tous ces sauvages ! Leur humanisme est bien la politesse des salauds, face à laquelle toute impolitesse est honorable.

Ils osent tout

- Pour le Nouvel An, Berlin va installer un espace sécurisé dédié aux femmes - HuffPost FR

- À 96 ans, l'ex-comptable d'Auschwitz ira bien en prison - L'Express.fr

Le recours d'Oskar Gröning a été rejeté vendredi par la Cour constitutionnelle allemande. L'ancien SS vait été condamné en 2015 à 4 ans de prison. L'Express.fr

- Russie : comment l'opposant Navalny a mis la lutte anticorruption à la mode - Liberation.fr

- Syrie: les forces du régime avancent face aux jihadistes d'Idleb - AFP

Les forces du régime syrien ont repris samedi de nouvelles localités aux jihadistes et rebelles à la périphérie de la province d'Idleb, au prix de violents combats qui ont poussé les civils à prendre la fuite. AFP

Dossier sur l'Iran.

- Manifestation à Paris en soutien aux rassemblements en Iran - AFP

Quelques dizaines de personnes, membres de la diaspora iranienne, ont manifesté samedi après-midi à Paris en solidarité avec les rassemblements en Iran contre la hausse des prix et la corruption. AFP 31 décembre 2017

- Iran: les étudiants bravent le gouvernement et manifestent à Téhéran - HuffPost FR

La police a dispersé ce samedi 30 décembre avec des gaz lacrymogènes des jeunes manifestants contre le pouvoir à Téhéran après la mise en garde du gouvernement contre les "rassemblements illégaux", au troisième jour d'un mouvement de protestation contre les difficultés économiques et le régime.

Dans la nuit, l'internet a été coupé sur les téléphones portables au moins à Téhéran, ont pu constater les journalistes de l'AFP. Des millions d'Iraniens utilisent Internet sur ces téléphones.

A la mi-journée, des dizaines d'étudiants se sont rassemblés devant l'entrée principale de l'université de Téhéranpour protester contre le pouvoir, avant que les forces de l'ordre ne les dispersent avec des gaz lacrymogènes.

Des centaines d'étudiants pro-régime ont pris plus tard le contrôle du lieu, selon des vidéos publiées sur les réseaux sociaux. HuffPost FR 31.12

Extension des manifestations dans un tiers de l’Iran - Réseau Voltaire

Les manifestations contre le chômage qui ont secoué le Korassan, le 28 décembre 2017 [1], se sont étendues le lendemain au Nord et à l’Ouest du pays.

52 personnes, accusées d’avoir scandé « Mort au dictateur ! » (c’est-à-dire au président Rohani) ont été arrêtées à Mecchad où la police avait, dans un premier temps, fraternisé avec les protestataires.

À Kermanshah (près de la frontière iraquienne), de nouveaux slogans sont apparus : « Le Peuple mendie, le clergé agit comme Dieu », « Liberté pour les prisonniers politiques » et « La liberté ou la mort ».

Le vice-président Eshaq Jahangiri (photo) a accusé les « conservateurs » (c’est-à-dire les partisans de la Révolution anti-impérialiste de l’imam Khomeiny) d’organiser ce mouvement en sous-main. M. Jahangiri était lui-même un des organisateurs de la révolution colorée pro-US de 2009, durant laquelle il était membre de l’équipe de campagne de Mir-Hossein Mousavi. Il s’était présenté à l’élection présidentielle de 2017 avant de se retirer au profit de cheikh Hassan Rohani. Réseau Voltaire 30 décembre 2017

[1] « Manifestations antigouvernementales dans le Khorassan iranien », Réseau Voltaire, 29 décembre 2017.

www.voltairenet.org/article199224.html

Défense du marxisme

Le socialisme.

Les deux bases capitalistes sur lesquelles repose le socialisme scientifique. - ( F. Engels -1877)

(Karl Marx par Friedrich Engels - Ecrit en juin 1877, paru dans le Volks-Kalender, Brunswick, 1878. Numérisé par l'encyclopédie de l'Agora.)

Extrait. Marx a inscrit son nom dans l'histoire de la science par de nombreuses et importantes découvertes, dont nous ne citerons ici que les principales.

La première est la révolution accomplie par lui dans la conception de l'histoire mondiale. On considérait auparavant que les raisons dernières de tous les changements historiques doivent être cherchées dans les idées changeantes des hommes et que, de tous les changements historiques, les plus importants, ceux qui dominent toute l'histoire, sont les changements politiques. Mais on ne se demandait pas d'où viennent les idées aux hommes et quelles sont les causes qui déterminent les changements politiques. Seule, la nouvelle école des historiens français et, en partie aussi des historiens anglais en était venue à la conviction que, depuis le Moyen âge au moins, la force motrice, dans l'histoire européenne, était la lutte qui se développait entre la bourgeoisie et la féodalité pour la domination sociale et politique. Mais c'est Marx qui démontra que, jusqu'à nos jours, toute l'histoire est une histoire de luttes de classe, qu'il ne s'agit dans toutes les luttes politiques, multiples et complexes, que de la domination sociale et politique de telle ou telle classe, que pour la classe ancienne il s'agit de maintenir cette domination et pour les classes qui s'élèvent de conquérir le pouvoir.

Mais comment naissent et se maintiennent ces classes. Elles naissent et se maintiennent toujours en vertu des conditions matérielles, tangibles, dans lesquelles une société donnée produit et échange ce qui est nécessaire à la vie. La domination féodale du moyen âge reposait sur l'économie de petites communautés paysannes qui produisaient ellesmêmes presque tous les produits de leur consommation, ignoraient à peu près l'échange et étaient protégées contre l'étranger par la noblesse belliqueuse qui leur conférait une cohésion nationale, ou du moins politique. Lorsque les villes grandirent et qu'il se forma une industrie artisane distincte, qui donna lieu à un commerce d'abord purement national, puis international, la bourgeoisie urbaine se développa et, dans sa lutte contre la noblesse, conquit sa place dans le régime féodal en tant que classe sociale jouissant de droits spéciaux. Mais la découverte de nouveaux pays, à partir du milieu du XVe siècle, fournit à la bourgeoisie un champ d'affaires plus vaste et, par suite, un nouveau stimulant à son industrie. Le métier fut supplanté dans les branches les plus importantes par la manufacture qui, elle-même, après l'invention de la machine à vapeur, au siècle dernier, fut refoulée par la grande industrie. Cette dernière, à son tour, réagit sur le commerce en supplantant dans les pays arriérés l'ancien travail à la main, en créant dans les pays plus développés les moyens actuels de communication, les machines à vapeur, les chemins de fer et le télégraphe électrique.

Ainsi la bourgeoisie concentrait de plus en plus entre ses mains les richesses et la puissance sociales, alors qu'elle resta longtemps encore écartée du pouvoir politique, qui se trouvait entre les mains de la noblesse et de la royauté appuyée sur la noblesse. Mais à un certain degré de développement — en France, par exemple, après la grande Révolution — la bourgeoisie conquit aussi le pouvoir et devint à son tour la classe gouvernante en face du prolétariat et des petits paysans.

De ce point de vue s'expliquent tous les phénomènes historiques — si l'on a une connaissance suffisante de la situation économique de la société, situation que négligent nos spécialistes de l'histoire. Les idées et les croyances de chaque époque s'expliquent également de la façon la plus simple par les conditions de vie économique de cette époque et par les rapportss sociaux et politiques qui en découlent. Ce n'est que grâce à cette conception que l'histoire a été posée pour la première fois sur son véritable terrain. Le fait évident que les hommes, avant tout, mangent, boivent, s'abritent et s'habillent et qu'ils doivent travailler avant de pouvoir lutter pour le pouvoir, s'occuper de politique, de religion et de philosophie, ce fait manifeste, jusqu'à présent complètement négligé, a enfin obtenu droit de cité dans l'histoire.

Pour l'idée socialiste, cette nouvelle conception de l'histoire était extrêmement importante. Il est maintenant démontré que toute l'histoire de l'humanité se meut dans les antagonismes et les luttes de classe, qu'il y a toujours eu des classes dominantes et dominées, exploiteuses et exploitées, et que la grande majorité des hommes a toujours été condamnée à un dur labeur et à une misérable existence. Pourquoi cela? Tout simplement parce qu'à toutes les étapes précédentes du développement de l'humanité la production était encore si faible que l'histoire ne pouvait avancer qu'avec l'existence de ces antagonismes; que seule une petite minorité privilégiée contribuait à la progression historique, tandis que la masse était condamnée à gagner par son travail ses maigres moyens de subsistance et à accroître sans cesse la richesse de la minorité privilégiée.

Mais cette conception de l'histoire, conception qui explique si naturellement et si simplement la domination de classe, expliquée jusque-là par la méchanceté des hommes, conduit aussi à la conviction que, vu le développement formidable atteint actuellement par les forces de production, il ne reste plus aucune raison, tout au moins dans les pays avancés, de diviser les hommes en dominateurs et en dominés, en exploiteurs et en exploités.

La grande bourgeoisie dominante a rempli sa mission historique; non seulement elle n'est plus capable de diriger la société, mais elle est devenue un obstacle au développement de la production, comme le démontrent les crises commerciales, principalement la dernière, et la dépression de l'industrie dans tous les pays. La direction historique est passée au prolétariat, classe qui peut s'affranchir uniquement parce que, en vertu de sa situation sociale, elle anéantit toute domination de classe, toute subordination et toute exploitation. Les forces productrices sociales, qui ont dépassé les capacités de la bourgeoisie, n'attendent que le moment de passer en la possession du prolétariat uni, qui établira un régime permettant à tous les membres de la société de participer non seulement à la production, mais aussi à la répartition et à la gestion des richesses sociales. Grâce à la régularisation rationnelle de toute la production, ce régime pourra élever les forces de production sociales et les produits créés par elles de façon à satisfaire de plus en plus les besoins raisonnables de chacun.

La deuxième découverte importante de Karl Marx est l'explication des rapports du capital et du travail, autrement dit, la démonstration de la façon dont s'accomplit l'exploitation des ouvriers par les capitalistes dans la société actuelle, avec le mode de production capitaliste existant. Depuis que l'économie politique avait établi que seul le travail est la source de toute richesse et de toute valeur, on devait fatalement se demander comment il se fait que le salarié ne reçoive pas toute la valeur produite par son travail et doive en abandonner une partie au capitaliste. C'est en vain que les économistes bourgeois et socialistes s'efforcèrent de donner une réponse strictement scientifique à cette question jusqu'au moment où Marx en apporta la solution. Le mode de production capitaliste actuel implique l'existence de deux classes sociales: d'un côté, les capitalistes, qui possèdent les instruments nécessaires à la production et à l'existence; de l'autre, les prolétaires, qui ne possèdent rien et sont obligés, pour vivre, de vendre leur seule marchandise: leur force de travail. Mais la valeur d'une marchandise quelconque est déterminée par la quantité de travail socialement nécessaire pour la production et le renouvellement de cette marchandise; par suite, la valeur de la force de travail d'un homme moyen pendant un jour, un mois, une année, est déterminée par la quantité de produits nécessaires à l'entretien de l'ouvrier pendant un jour, un mois, une année. Admettons que les produits nécessaires à un ouvrier pour un jour exigent six heures de travail, ou, ce qui revient au même, que le travail qui y est incorporé représente une durée de six heures. Dans ce cas, la valeur de la force de travail pour un jour s'exprimera par la somme d'argent nécessitant également six heures pour être produite. Admettons maintenant que le capitaliste qui occupe notre ouvrier lui paie cette somme, c'està- dire la valeur totale de sa force de travail. Si l'ouvrier travaillait actuellement six heures par jour pour le capitaliste, il rembourserait complètement au capitaliste la dépense effectuée par ce dernier: six heures de travail pour une somme valant six heures de travail. Mais alors il ne resterait rien dans la poche du capitaliste. Celui-ci, évidemment, raisonne tout autrement: j'ai acheté, dit-il, la force de travail de cet ouvrier non pas pour six heures, mais pour toute une journée. Par suite, il oblige l'ouvrier à travailler, suivant les circonstances, 8, 10, 12, 14 heures, et même davantage, de sorte que le produit des heures qui suivent la sixième heure de travail est le produit d'un travail impayé et s'en va dans la poche du capitaliste. Ainsi l'ouvrier au service du capitaliste non seulement rend à ce dernier la valeur qu'il en a reçue pour sa force de travail, mais produit encore une plus-value que le capitaliste commence par s'approprier et qui ensuite, en vertu de lois économiques déterminées, se répartit dans toute la classe capitaliste et forme la principale source d'où découlera la rente foncière, l'intérêt, l'accumulation capitaliste, en un mot toutes les richesses consommées et accumulées par les classes parasites.

Ainsi, il a été démontré que les richesses acquises par les capitalistes actuels proviennent de l'expropriation d'un travail d'autrui impayé, tout comme celles des propriétaires d'esclaves ou des seigneurs féodaux qui exploitaient le travail des serfs, et que toutes ces formes d'exploitation ne se distinguent que par la manière et les moyens employés pour s'approprier le travail d'autrui. Par suite, les classes possédantes ne peuvent plus arguer hypocritement que le Droit, la Justice, l'Egalité des droits et des devoirs, l'Harmonie générale des intérêts règnent dans l'ordre social actuel. La société bourgeoise d'aujourd'hui, comme les sociétés antérieures, est une forme gigantesque d'exploitation de l'immense majorité du peuple par une minorité infime, qui ne cesse en outre de diminuer.

C'est sur ces deux bases capitalistes que repose le socialisme scientifique contemporain.

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Défense du marxisme

L’attitude de la bourgeoisie à l’égard du prolétariat.

La situation de la classe ouvrière en Angleterre (F. Engels -1845)

Je n'ai jamais vu une classe si profondément immorale, si incurablement pourrie et intérieurement rongée d'égoïsme, si incapable du moindre progrès que la bourgeoisie anglaise, et j'entends par là surtout la bourgeoisie proprement dite, singulièrement la bourgeoisie libérale, qui veut abroger les lois sur les grains. Pour elle il n'existe rien au monde qui ne soit là pour l'argent, sans l'excepter elle-même, car elle ne vit que pour gagner de l'argent et pour rien d'autre, elle ne connaît pas d'autre félicité que de faire une rapide fortune, pas d'autre souffrance que de perdre de l'argent 477. Avec une telle rapacité et une telle cupidité il est impossible qu'il existe un sentiment, une idée humaine qui ne soient souillés. Certes, ces bourgeois anglais sont de bons époux et de bons pères de famille, ils ont aussi toutes sortes de « vertus privées » comme on dit, et, dans les rapports de la vie courante, ils semblent tout aussi respectables et corrects que tous les autres bourgeois; même dans les affaires, on peut mieux traiter avec eux qu'avec les Allemands; ils ne marchandent et n'ergotent pas tant que nos épiciers, mais qu'importe tout cela ? En dernier ressort, le seul facteur décisif reste l'intérêt particulier et spécialement la volonté de gagner de l'argent. Un jour je pénétrai dans Manchester avec un de ces bourgeois et discutai avec lui de la construction déplorable, malsaine, de l'état épouvantable des quartiers ouvriers et déclarai n'avoir jamais vu une ville aussi mal bâtie. L'homme m'écouta calmement et au coin de la rue où il me quitta, il déclara : « And yet, there is a great deal of money made here. » (Et malgré tout, on gagne ici énormément d'argent.) « Au revoir, Monsieur! » Le bourgeois se moque éperdument de savoir si ses ouvriers meurent de faim ou pas, pourvu que lui gagne de l'argent.

Toutes les conditions de vie sont évaluées au critère du bénéfice, et tout ce qui ne procure pas d'argent est idiot, irréalisable, utopique. C'est pourquoi l'économie politique, science qui étudie les moyens de gagner de l'argent, est la science préférée de ces juifs usuriers. Ils sont tous économistes. Le rapport de l'industriel à l'ouvrier n'est pas un rapport humain, mais une relation purement économique. L'industriel est le « capital », l'ouvrier est le « travail ». Si l'ouvrier ne veut pas se laisser enfermer dans cette abstraction, s'il affirme qu'il n'est pas le « travail » mais un homme qui, il est vrai, possède entre autres la faculté de travailler, s'il s'avise de croire qu'il ne devrait pas se laisser vendre et acheter en tant que « travail », en tant que marchandise, sur le marché, l'entendement du bourgeois est alors comme frappé de stupeur. Il ne peut comprendre qu'il puisse avoir avec les ouvriers d'autres rapports que ceux de l'achat et de la vente, et il ne voit pas en eux des hommes mais des « mains » (hands), puisque c'est ce nom qu'il leur jette constamment à la face; et, comme dit Carlyle, il ne reconnaît pas d'autre relation d'un homme à un autre homme, que celle du paiement comptant. Même les liens entre lui et sa femme ne sont - dans 99 % des cas - qu'un « paiement comptant ». L'esclavage misérable dans lequel l'argent tient le bourgeois marque même le langage, du fait de la domination de la bourgeoisie; l'argent fait la valeur de l'homme; cet homme vaut 10,000 livres (he is worth ten thousands pounds), c'est-à-dire il les a. Quiconque a de l'argent est « respectable », appartient à « la meilleure catégorie de gens » (the better sort of people), est « influent » (influential) et ce qu'il accomplit fait époque dans son milieu. Le sordide esprit mercantile imprègne la langue tout entière, tous les rapports humains sont traduits en formules commerciales expliquées sous forme de catégories économiques. Commande et fourniture, demande et offre, supply and demand, telles sont les formules à l'aide desquelles la logique de l'Anglais juge toute la vie humaine. Voilà qui explique la libre concurrence partout, voilà qui explique le régime du « laissezfaire » et du « laisser-aller » dans l'administration, dans la médecine, l'éducation et bientôt aussi dans la religion où la domination de l'Église d'État s'effondre de plus en plus. La libre concurrence ne veut pas de limites, pas de contrôle d'État; tout l'État lui pèse, son voeu le plus cher serait d'être dans un régime tout à fait dépourvu d'État, où chacun pourrait exploiter son prochain à coeur joie comme dans la « société » de notre ami Stirner, par exemple. Mais comme la bourgeoisie ne peut se passer de l'État, ne serait-ce que pour tenir en respect le prolétariat qui lui est tout aussi nécessaire, elle utilise le premier contre le second et cherche à tenir l'État le plus possible à distance en ce qui la concerne.

Il ne faudrait cependant pas croire que l'Anglais « cultivé » fait si ouvertement étalage de cet égoïsme. Au contraire il le dissimule avec la plus vile hypocrisie. - Comment ? Vous dites que les riches Anglais ne pensent pas aux pauvres, eux qui ont bâti des établissements de bienfaisance comme on n'en voit dans aucun autre pays ? Oui-da, des établissements de bienfaisance ! Comme si c'était rendre service au prolétaire que de commencer par l'exploiter jusqu'au sang pour pouvoir ensuite apaiser sur lui avec complaisance et pharisaïsme votre prurit de charité et pour vous présenter à la face du monde en grands bienfaiteurs de l'humanité, alors que vous rendez à ce malheureux que vous avez sucé jusqu'à la moelle, la centième partie de ce qui lui revient ! Bienfaisance qui dégrade plus encore celui qui la pratique que celui qui la reçoit; bienfaisance qui enfonce encore davantage dans la poussière le malheureux qu'on a foulé aux pieds, qui implique que le paria déshumanisé, exclu de la société, renonce d'abord à la dernière chose qui lui reste, à son aspiration à la qualité d'homme, et mendie d'abord sa grâce auprès de la bourgeoisie, avant qu'elle lui fasse la grâce de lui imprimer sur le front, en lui faisant l'aumône, le sceau de la déshumanisation ! Mais à quoi bon ces réflexions. Écoutons la bourgeoisie anglaise elle-même. Il n'y a pas même un an, j'ai lu dans le Manchester Guardian la lettre suivante, adressée au Rédacteur en chef, qui la publia sans autre commentaire, comme une chose toute naturelle et raisonnable :

Monsieur le Rédacteur en chef,

Depuis quelque temps on rencontre dans les grandes rues de notre ville une foule de mendiants qui, tantôt par leurs vêtements en haillons et leur aspect maladif, tantôt par l'étalage de blessures béantes et d'infirmités repoussantes, cherchent à éveiller la pitié des passants de façon souvent fort impudente et fort offensante.

J'incline à croire que lorsqu'on paye non seulement l'impôt pour les pauvres, mais qu'on apporte en outre une généreuse contribution à l'entretien d'établissements de bienfaisance, on en a fait assez pour avoir le droit d'être enfin à l'abri d'importunités aussi désagréables et cyniques; et à quoi donc sert l'impôt si lourd que nous payons pour l'entretien de la police municipale, si la protection qu'elle nous accorde ne nous permet même pas d'aller tranquillement en ville ou d'en revenir ? - J'espère que la publication de ces lignes dans votre journal qui jouit d'une grande diffusion, incitera les pouvoirs publics à faire disparaître cette calamité (nuisance) et je reste

Votre très dévouée,

Une Dame.

Et voilà! La bourgeoisie anglaise pratique la charité par intérêt, elle ne fait jamais cadeau de rien, elle considère ses dons comme un marché, elle traite avec les pauvres une affaire et dit :

« Si je consacre tant à des fins philanthropiques, j'achète ainsi le droit de ne pas être importuné davantage et vous vous engagez en échange à rester dans vos antres obscurs et à ne pas irriter mes nerfs sensibles par l'étalage public de votre misère ! Vous pouvez toujours désespérer, mais faites-le en silence, je le stipule dans le contrat, je m'achète ce droit en versant ma cotisation de 20 livres pour l'hôpital! » Oh! l'infâme philanthropie que voilà d'un bourgeois chrétien. Et c'est ce qu'écrit « une dame », oui, vous avez lu, une dame, elle fait bien de signer de ce nom, elle n'a heureusement plus le courage de prendre le nom de femme! Mais si les dames sont comme ça, que sera-ce des « Messieurs » ? On dira qu'il s'agit là d'un cas isolé. Mais pas du tout, la lettre ci-dessus exprime bien les sentiments de la grande majorité de la bourgeoisie anglaise, sinon le rédacteur ne l'aurait pas acceptée, sinon elle aurait été suivie d'une réponse quelconque que j'ai vainement cherchée dans les numéros suivants. Et quant à l'efficacité de cette bienfaisance, le chanoine Parkinson lui-même affirme que les pauvres sont aidés bien davantage par leurs semblables que par la bourgeoisie; et une aide de ce genre, émanant d'un brave prolétaire qui sait lui-même ce qu'est la faim, pour qui le partage de son maigre repas représente un sacrifice, mais qui le fait avec joie, une telle aide rend un tout autre son que l'aumône jetée au pauvre par le bourgeois gavé.

Mais même dans les autres domaines, la bourgeoisie simule un humanitarisme sans bornes - mais seulement lorsque l'exige son propre intérêt. Ainsi en va-t-il dans sa politique et dans son économie politique.

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Défense du marxisme

Droit de l'homme contre droit du citoyen.

Extrait de « La Question juive » (K. Marx 1843)

On fait une distinction entre les « droits de l’homme » et les « droits du citoyen ». Quel est cet « homme » distinct du citoyen ? Personne d’autre que le membre de la société bourgeoise. Pourquoi le membre de la société bourgeoise est-il appelé « homme », homme tout court, et pourquoi ses droits sont-ils appelés droits de l’homme ? Qu’est-ce qui explique ce fait ? Par le rapport de l’État politique à la société bourgeoise, par l’essence de l’émancipation politique.

Constatons avant tout le fait que les « droits de l’homme », distincts des « droits du citoyen », ne sont rien d’autre que les droits du membre de la société bourgeoise, c’est-à-dire de l’homme égoïste, de l’homme séparé de l’homme et de la communauté. La Constitution la plus radicale, celle de 1793, a beau dire : Déclaration des droits de l’homme et du citoyen. « Art. 2. Ces droits (les droits naturels et imprescriptibles) sont : l’égalité, la liberté, la sûreté, la propriété. » En quoi consiste la « liberté » ? « Art. 6. La liberté est le pouvoir qui appartient à l’homme de faire tout ce qui ne nuit pas aux droits d’autrui. » Ou encore, d’après la Déclaration des droits de l’homme de 1791 : « La liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui. »

La liberté est donc le droit de faire tout ce qui ne nuit pas à autrui. Les limites dans lesquelles chacun peut se mouvoir sans nuire à autrui sont marquées par la loi, de même que la limite de deux champs est déterminée par un piquet. Il s’agit de la liberté de l’homme considéré comme monade isolée, repliée sur elle-même. (…) Mais le droit de l’homme, la liberté, ne repose pas sur les relations de l’homme avec l’homme, mais plutôt sur la séparation de l’homme d’avec l’homme. C’est le droit de cette séparation, le droit de l’individu limité à lui-même.

L’application pratique du droit de liberté, c’est le droit de propriété privée. Mais en quoi consiste ce dernier droit ?

« Le droit de propriété est celui qui appartient à tout citoyen de jouir et de disposer à son gré de ses biens, de ses revenus, du fruit de son travail et de son industrie. » (Constitution de 1793, art. 16.)

Le droit de propriété est donc le droit de jouir de sa fortune et d’en disposer « à son gré », sans se soucier des autres hommes, indépendamment de la société ; c’est le droit de l’égoïsme. C’est cette liberté individuelle, avec son application, qui forme la base de la société bourgeoise. Elle fait voir à chaque homme, dans un autre homme, non pas la réalisation, mais plutôt la limitation de sa liberté. Elle proclame avant tout le droit « de jouir et de disposer à son gré de ses biens, de ses revenus, du fruit de son travail et de son industrie ».

Restent les autres droits de l’homme, l’égalité et la sûreté.

Le mot « égalité » n’a pas ici de signification politique ; ce n’est que l’égalité de la liberté définie ci-dessus : tout homme est également considéré comme une telle monade basée sur elle-même. La Constitution de 1795 détermine le sens de cette égalité : « Art. 5. L’égalité consiste en ce que la loi est la même pour tous, soit qu’elle protège, soit qu’elle punisse. »

Et la sûreté ? La Constitution de 1793 dit : « Art. 8. La sûreté consiste dans la protection accordée par la société à chacun de ses membres pour la conservation de sa personne, de ses droits et de ses propriétés. » La sûreté est la notion sociale la plus haute de la société bourgeoise, la notion de la police : toute la société n’existe que pour garantir à chacun de ses membres la conservation de sa personne, de ses droits et de ses propriétés. C’est dans ce sens que Hegel appelle la société bourgeoise « l’État de la détresse et de l’entendement ».

La notion de sûreté ne suffit pas encore pour que la société bourgeoise s’élève au-dessus de son égoïsme. La sûreté est plutôt l’assurance de l’égoïsme. Aucun des prétendus droits de l’homme ne dépasse donc l’homme égoïste, l’homme en tant que membre de la société bourgeoise, c’est-à-dire un individu séparé de la communauté, replié sur lui-même, uniquement préoccupé de son intérêt personnel et obéissant à son arbitraire privé. L’homme est loin d’y être considéré comme un être générique ; tout au contraire, la vie générique elle-même, la société, apparaît comme un cadre extérieur à l’individu, comme une limitation de son indépendance originelle. Le seul lien qui les unisse, c’est la nécessité naturelle, le besoin et l’intérêt privé, la conservation de leurs propriétés et de leur personne égoïste.

La question juive au format pdf

En complément.

La proclamation universelle des droits de l'homme est tout juste bonne à justifier l'esclavagisme des temps modernes.

- "On a démontré comment la reconnaissance des droits de l'homme par l'État moderne ne signifie pas autre chose que la reconnaissance de l'esclavage par l'État antique. La base naturelle de l'État antique, c'était l'esclavage; celle de l'État moderne, c'est la société bourgeoise, l'homme de la société bourgeoise, c'est-à-dire l'homme indépendant, qui n'est rattaché à autrui que par le lien de l'intérêt privé et de la nécessité naturelle, dont il n'a pas conscience, l'esclavage du travail intéressé, de son propre besoin égoïste et du besoin égoïste d'autrui. L'État moderne, dont c'est là la base naturelle, l'a reconnue comme telle dans la proclamation universelle des droits de l'homme". (K. Marx – F. Engels : La sainte famille ou Critique de la critique critique)

Défense du marxisme

La dialectique ou la science des lois générales du mouvement et du développement de la nature, de la société humaine et de la pensée..

Chapitre XIII : Dialectique. Négation de la négation. Friedrich Engels : Anti-Duhring (1878).

Extraits.

C'est déjà un manque total d'intelligence de la nature de la dialectique, que de la tenir, comme fait M. Dühring, pour un instrument de pure démonstration, à la façon dont on peut se faire une idée bornée, disons de la logique formelle ou des mathématiques élémentaires. Même la logique formelle est avant tout une méthode pour trouver des résultats nouveaux, pour progresser du connu à l'inconnu, et cela est vrai, mais dans un sens bien plus élevé encore, de la dialectique qui, en outre, en brisant l'horizon étroit de la logique, contient le germe d'une vue plus vaste du monde.

(La négation de la négation) Une procédure très simple, qui s'accomplit en tous lieux et tous les jours, que tout enfant peut comprendre, dès qu'on élimine le fatras mystérieux sous lequel la vieille philosophie idéaliste la dissimulait et sous lequel des métaphysiciens incurables de la trempe de M. Dühring continuent à avoir intérêt à la cacher. Prenons un grain d'orge. Des milliards de grains d'orge semblables sont moulus, cuits et brassés, puis consommés. Mais si un grain d'orge de ce genre trouve les conditions qui lui sont normales, s'il tombe sur un terrain favorable, une transformation spécifique s'opère en lui sous l'influence de la chaleur et de l'humidité, il germe : le grain disparaît en tant que tel, il est nié, remplacé par la plante née de lui, négation du grain.

Mais quelle est la carrière normale de cette plante ? Elle croît, fleurit, se féconde et produit en fin de compte de nouveaux grains d'orge, et aussitôt que ceux-ci sont mûrs, la tige dépérit, elle est niée pour sa part. Comme résultat de cette négation de la négation, nous avons derechef le grain d'orge du début, non pas simple, mais en nombre dix, vingt, trente fois plus grand. (...)

Il n'en va pas autrement en histoire. Tous les peuples civilisés commencent par la propriété en commun du sol. Chez tous les peuples qui dépassent un certain stade primitif, cette propriété en commun devient, au cours de l'évolution de l'agriculture, une entrave pour la production. Elle est abolie, niée, transformée en propriété privée après des stades intermédiaires plus ou moins longs. Mais à un stade plus élevé du développement de l'agriculture atteint grâce à la propriété privée du sol elle-même, c'est inversement la propriété privée qui devient une entrave pour la production, - comme c'est aujourd'hui le cas aussi bien pour la petite que pour la grande propriété foncière. On voit surgir avec un caractère de nécessité la revendication qui tend à ce qu'elle soit niée également, à ce qu'elle soit retransformée en propriété commune. Mais cette revendication ne signifie pas la restauration de l'ancienne propriété en commun primitive, mais l'établissement d'une forme bien plus élevée et plus développée de propriété collective qui, bien loin de devenir une barrière pour la production sera, au contraire, la première à la libérer de ses entraves et à lui permettre la pleine utilisation des découvertes chimiques et des inventions mécaniques modernes.

Autre exemple encore. La philosophie antique était un matérialisme primitif naturel. En tant que tel, elle était inc apable de tirer au net le rapport de la pensée et de la matière. Mais la nécessité d'y voir clair conduisit à la doctrine d'une âme séparable du corps, puis à l'affirmation de l'immortalité de cette âme, enfin au monothéisme. Le matérialisme antique fut donc nié par l'idéalisme. Mais dans le développement ultérieur de la philosophie, l'idéalisme à son tour devint insoutenable et fut nié par le matérialisme moderne. Celui-ci, négation de la négation, n'est pas la simple réinstallation de l'ancien matérialisme, mais ajoute aux fondements persistants de celui-ci tout le contenu de pensée d'une évolution deux fois millénaire de la philosophie et des sciences de la nature, ainsi que de ces deux millénaires d'histoire eux-mêmes. Après tout ce n'est plus une philosophie, mais une simple vue du monde qui n'a pas à faire ses preuves et à se mettre en oeuvre dans une science des sciences à part, mais dans les sciences réelles. La philosophie est donc ici “ levée ”, c'est-à-dire à la fois “ surmontée et conservée”, surmontée dans sa forme, conservée dans son contenu réel.

Enfin, même la doctrine de l'égalité de Rousseau...

A l'état de nature et de sauvagerie, les hommes étaient égaux; et comme Rousseau tient déjà le langage pour une altération de l'état de nature, il a parfaitement raison d'appliquer l'égalité entre animaux d'une même espèce dans toute l'étendue de cette espèce à ces hommes -animaux récemment classifiés par hypothèse par Haeckel comme alales, privés de langage. Mais ces hommes -animaux égaux avaient sur le reste des animaux l'avantage d'une propriété : la perfectibilité, la possibilité d'évoluer ultérieurement 2; et ce fut la cause de l'inégalité.

Rousseau voit donc un progrès dans la naissance de l'inégalité. Mais ce progrès était antagoniste, c'était en même temps un recul.

“ Tous les progrès ultérieurs [au delà de l'état de nature] ont été en apparence autant de pas vers la perfection de l'individu, et en effet, vers la décrépitude de l'espèce ... La métallurgie et l'agriculture furent les deux arts dont l'invention produisit cette grande révolution. ” (La transformation de la forêt vierge en terre cultivée, mais aussi l'introduction de la misère et de la servitude au moyen de la propriété.)

“ Pour le poète, c'est l'or et l'argent, mais pour le philosophe ce sont le fer et le blé qui ont civilisé les hommes et perdu le genre humain. ”

Tout nouveau progrès de la civilisation est, en même temps, un nouveau progrès de l'inégalité. Toutes les institutions que se donne la société née avec la civilisation, tournent à l'encontre de leur but primitif.

“ Il est incontestable, et c'est la maxime fondamentale de tout le droit politique, que les peuples se sont donné des chefs pour défendre leur liberté et non les asservir.”

Et cependant, ces chefs deviennent nécessairement les oppresseurs des peuples et renforcent cette oppression Jusqu'au point où l'inégalité, poussée à son comble, se retransforme en son contraire, devient cause de l'égalité : devant le despote tous sont égaux, à savoir égaux à zéro.

“ C'est ici le dernier terme de l'inégalité et le point extrême qui ferme le cercle et touche au point d'où nous sommes partis : c'est ici que tous les particuliers redeviennent égaux, parce qu'ils ne sont rien et que les sujets n'ont plus d'autre loi que la volonté du maître.”

Mais le despote n'est maître que tant qu'il a la violence et c'est pourquoi “ sitôt qu'on peut l'expulser, il n'a point à réclamer contre la violence... La seule force le maintenait, la seule force le renverse. Toutes choses se passent ainsi selon l'ordre naturel. ”

Et ainsi, l'inégalité se change derechef en égalité, non toutefois en cette vieille égal ité naturelle de l'homme primitif privé de la parole, mais dans l'égalité supérieure du contrat social. Les oppresseurs subissent l'oppression. C'est la négation de la négation. (...)

Qu'est-ce donc que la négation de la négation ? Une loi de développement de la nature, de l'histoire et de la pensée extrêmement générale et, précisément pour cela, revêtue d'une portée et d'une signification extrêmes; loi qui, nous l'avons vu, est valable pour le règne animal et végétal, pour la géologie, les mathématiques, l'histoire, la philosophie, et à laquelle M. Dühring lui-même, bien qu'il se rebiffe et qu'il regimbe : est obligé à son insu d'obéir à sa manière. (...)

Si je dis de tous ces processus qu'ils sont négation de la négation, je les comprends tous ensemble sous cette unique loi du mouvement et, de ce fait, je ne tiens précisément pas compte des particularités de chaque processus spécial pris à part. En fait la dialectique n'est pas autre chose que la science des lois générales du mouvement et du développement de la nature, de la société humaine et de la pensée.

Eugen Dühring, un social-démocrate allemand tardif, universitaire vaniteux, ennemi de la dialectique et donc du socialisme scientifique développé par Marx et Engels, au profit de "vérités éternelles", un vulgaire fatras de "de stupidité(s) d'une part et de banalité(s) d'autre part, écrira le 28 mai 1876 Engels à Marx en lui communiquant son "plan" d'Anti-Dühring.

J'ai reproduit ces passages parce qu'ils sont à la portée de tous. Ne pas populariser la dialectique au sein de la population est inexcusable.

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Défense du marxisme

Socialisme contre sentimentalisme.

Socialisme de juristes. - (F. Engels et K. Kautsky -1886)

Au moyen âge la conception du monde était essentiellement théologique. L’unité du monde européen qui n’existait pas en fait à l’intérieur, fut réalisée à l’extérieur, contre l’ennemi commun, les Sarrazins, par le christianisme. C’est le catholicisme qui fut le creuset de l’unité du monde européen, groupe de peuples en rapports mutuels constants au cours de leur évolution. Ce rassemblement théologique ne se limita pas au domaine des idées. Il avait une existence réelle, non seulement dans la personne du pape qui était son centre monarchique, mais avant tout dans l’Eglise organisée féodalement et hiérarchiquement, et qui, en sa qualité de propriétaire d’environ un tiers du sol, détenait dans chaque pays une puissance politique énorme dans l’organisation féodale. L’Eglise, avec sa propriété foncière de type féodal, était le lien réel entre les divers pays ; l’organisation féodale de l’Eglise donnait sa consécration religieuse au féodalisme temporel de l’organisation politique. Le clergé était en outre la seule classe cultivée. Il allait donc de soi que le dogme de l’Eglise devait être le point de départ et la base de toute pensée. Droit, science de la nature, philosophie, l’étalon appliqué à toute connaissance était le suivant : son contenu concorde-t-il avec les enseignements de l’Eglise ou non ?

Mais au sein de la féodalité se développait la puissance de la bourgeoisie. Une classe nouvelle entrait en scène contre les grands propriétaire fonciers. Les bourgeois des villes étaient avant tout et exclusivement des producteurs de marchandises et vivaient du commerce des marchandises, alors que le mode de production féodal reposait essentiellement sur l’auto-consommation des produits fabriqués à l’intérieur d’un cercle restreint — ces consommateurs étant en partie les producteurs, en partie les féodaux qui levaient tribut. La conception catholique du monde, taillée à la mesure du féodalisme, ne pouvait plus suffire à cette classe nouvelle et à ses conditions de production et d’échange. Cependant elle resta prisonnière elle aussi un temps assez long de la toute-puissante théologie. Toutes les Réformes et les luttes qui s’y rattachent et furent menées du XIIIe au XVIIe siècle sous une raison sociale religieuse, ne sont, sous leur aspect théorique, que des tentatives répétées de la bourgeoisie des plébéiens des villes et de leurs alliés les paysans en rébellion, pour ajuster la vieille conception théologique du monde aux conditions économiques nouvelles et à la situation de la classe nouvelle. Mais cela n’allait pas. L’étendard religieux flotta pour la dernière fois en Angleterre au XVIIe siècle, et, cinquante ans plus tard à peine, la nouvelle conception classique de la bourgeoisie, la conception juridique entra en scène en France sans déguisement.

C’était une sécularisation de la conception théologique. Au dogme, au droit divin se substituait le droit humain, à l’Eglise l’Etat. Les rapports économiques et sociaux, que l’on s’était autrefois représentés comme créés par l’Eglise et le dogme, parce que l’Eglise leur donnait sa sanction, on se les représentait maintenant comme fondés sur le droit et créés par l’Etat. Parce que l’échange des marchandises à l’échelle de la société et dans son plein épanouissement, favorisé notamment par l’octroi d’avances et de crédit, engendrait de complexes relations contractuelles réciproques et exigeait de ce fait des règles de portée générale qui ne pouvaient être édictées que par la collectivité — normes juridiques fixées par l’Etat —, on se figura que ces normes juridiques n’avaient pas pour origine les faits économiques, mais que c’était leur codification formelle par l’Etat qui leur donnait naissance. Et parce que la concurrence, qui est la forme fondamentale des relations entre libres producteurs de marchandises, est la plus grande niveleuse qui soit, l’égalité devant la loi devint le grand cri de guerre de la bourgeoisie. La lutte de cette classe ascendante contre les seigneurs féodaux et la monarchie absolue qui les protégeait alors, devait nécessairement, comme toute lutte de classes, être une lutte politique, une lutte pour la possession de l’Etat, et c’était nécessairement une lutte pour la satisfaction de revendications juridiques : ce fait contribua à consolider la conception juridique du monde.

Mais la bourgeoisie engendra son double négatif, le prolétariat, et avec lui une nouvelle lutte de classes, qui éclaté avant même que la bourgeoisie eût entièrement conquis le pouvoir politique. De même que, naguère, la bourgeoisie dans as lutte contre la noblesse avait, par tradition, traîné la conception théologie du monde pendant un certain temps encore, de même au début le prolétariat a repris de son adversaire les conceptions juridiques et à cherché à y puiser des armes contre la bourgeoisie. Les premières formations politiques prolétariennes comme leurs théoriciens, demeurent absolument sur le « terrain juridique » à la seule différence que leur terrain juridique n’était pas le même que celui de la bourgeoisie. D’une part la revendication de l’égalité était étendue : l’égalité juridique devait être complétée par l’égalité sociale ; d’autre part, des propositions d’Adam Smith — selon qui, le travail est la source de toute richesse, mais le produit du travail est la source de toute richesse, mais le produit du travail doit être partagé par le travailleur avec le propriétaire foncier et le capitaliste —, on tirait la conclusion que ce partage était injuste et devait être soit aboli, soit au moins modifié au profit des travailleurs. Mais le sentiment qu’en laissant cette question sur le seul terrain « du droit » on ne pourrait nullement éliminer les méfaits engendrés par le mode de production du capitalisme bourgeois et surtout par la grande industrie moderne, conduisit déjà les plus importants esprits, chez les premiers socialistes — Saint-Simon, Fourier et Owen — à délaisser complètement le terrain juridico-politique et à déclarer que toute lutte politique était stérile.

Ni l’une, ni l’autre de ces conceptions ne suffisait à exprimer de façon satisfaisante ni à résumer totalement les aspirations de la classe ouvrière à l’émancipation qu’avaient engendrées la situation économique. La revendication de l’égalité, tout comme la revendication du produit total du travail, se perdaient dans d’inextricables contradictions dès qu’on cherchait à les formuler en détail sur le terrain juridique et ne touchaient pas ou peu au nœud du problème, la transformation du mode de production. Refusant la lutte politique, les grands utopistes refusaient du même coup la lutte de classes et par là refusaient du même coup la lutte de classes et par là refusaient le seul mode d’action possible pour la classe dont ils défendaient les intérêts. Ces deux conceptions faisaient abstraction de l’arrière-plan historique à qui elles étaient redevables de leur existence ; elles faisaient appel toutes les deux au sentiment ; l’une faisait appel au sentiment du droit, l’autre au sentiment d’humanité. Elles donnaient toutes les deux à leurs exigences la forme de vœux pieux dont il était impossible de dire pourquoi ils se seraient réalisés juste à ce moment et non mille ans plus tôt ou plus tard.

Pour la classe ouvrière dépouillée, par la transformation du mode de production féodal en mode de production capitaliste, de toute propriété sur les moyens de production, et constamment reproduite par le mécanisme du système de production capitaliste dans cet état héréditaire de prolétarisation, l’illusion juridique de la bourgeoisie ne peut suffire à exprimer totalement la situation où elle se trouve. Elle ne peut prendre elle-même une connaissance complète de cette situation que si elle regarde les choses dans leur réalité, sans lunettes teintées de couleurs juridiques. C’est à cela que l’aida Marx avec sa conception matérialiste de l’histoire, en démontrant que toutes les représentations juridiques, politiques, philosophiques, religieuses, etc. des hommes dérivent en dernière instance de leurs conditions de vie économiques, de leur manière de produire et d’échanger les produits. Il fournissait là au prolétariat la conception du monde correspondant à ses conditions de vie et de lutte ; à l’absence de propriété des travailleurs ne pouvait correspondre que l’absence d’illusions dans leur tête. Et cette conception prolétarienne du monde fait maintenant le tour du monde…

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Défense du marxisme

Socialisme contre opportunisme liquidateur.

L'impérialisme et la scission du socialisme . - (V. Lénine -1916)

L'impérialisme et la scission du socialisme - V. Lénine - Rédigé en octobre 1916 et publié en décembre 1916 dans le n° 2 du « Recueil du Social-Démocrate ».

Extraits. Le prolétariat est un produit du capitalisme, du capitalisme mondial et pas seulement européen, pas seulement impérialiste. A l'échelle mondiale, que ce soit cinquante ans plus tôt ou cinquante ans plus tard,- à cette échelle, c'est une question de détail,- il est bien évident que le « prolétariat » « sera » uni, et qu'en son sein la social-démocratie révolutionnaire vaincra « inéluctablement ». Il ne s'agit pas de cela, messieurs les kautskistes, il s'agit du fait que maintenant, dans les pays impérialistes d'Europe, vous rampez à plat ventre devant les opportunistes, qui sont étrangers au prolétariat en tant que classe, qui sont les serviteurs, les agents de la bourgeoisie, les véhicules de son influence; et s'il ne s'affranchit pas d'eux, le mouvement ouvrier restera un mouvement ouvrier bourgeois. (Et c'est ce qu'il est resté en renforçant cette tendance. - LVOG) Votre propagande en faveur de I' « unité » avec les opportunistes, avec les Legien et les David, les Plékhanov ou les Tchkhenkéli, les Potressov, etc., revient objectivement à favoriser l'asservissement des ouvriers par la bourgeoisie impérialiste, à l'aide de ses meilleurs agents au sein du mouvement ouvrier. (Quand on voit comment ils ont traité la question syrienne, on en arrive à cette conclusion là concernant nos dirigeants. - LVOG)

(...)

Dans sa lettre à Marx du 7 octobre 1858, Engels écrivait :

« En réalité, le prolétariat anglais s'embourgeoise de plus en plus, et il semble bien que cette nation bourgeoise entre toutes veuille en arriver à avoir, à côté de sa bourgeoise, une aristocratie bourgeoise et un prolétariat bourgeois. Évidemment, de la part d'une nation qui exploite le monde entier, c'est jusqu'à un certain point logique. »

Dans sa lettre à Sorge du 21 septembre 1872, Engels fait savoir que Hales a provoqué au Conseil fédéral de l'Internationale un grand esclandre et a fait voter un blâme à Marx pour avoir dit que « les chefs ouvriers anglais s'étaient vendus ». Marx écrit à Sorge le 4 août 1874 :

« En ce qui concerne les ouvriers des villes (en Angleterre), il y a lieu de regretter que toute la bande des chefs ne soit pas entrée au Parlement. C'eût été le plus sûr moyen de se débarrasser de cette racaille. »

Dans sa lettre à Marx du 11 août 1881, Engels parle des « pires trade-unions anglaises, qui se laissent diriger par des hommes que la bourgeoisie a achetés ou tout au moins payés ». Dans sa lettre à Kautsky du 12 septembre 1882, Engels écrivait :

« Vous me demandez ce que les ouvriers anglais pensent de la politique coloniale. Exactement ce qu'ils pensent de la politique en général. Ici, point de parti ouvrier, il n'y a que des conservateurs et des radicaux libéraux; quant aux ouvriers, ils jouissent en toute tranquillité avec eux du monopole colonial de l'Angleterre et de son monopole sur le marché mondial. »

Le 7 décembre 1889, Engels écrit à Sorge :

« ... Ce qu'il y a de plus répugnant ici (en Angleterre), c'est la « respectabilité » (respectability) bourgeoise, qui pénètre jusque dans la chair des ouvriers ... même Tom Mann, que je considère comme le meilleur de tous, confie très volontiers qu'il déjeunera avec le lord-maire. Lorsqu'on fait la comparaison avec les Français, on voit ce que c'est que la révolution.»

Dans une lettre du 19 avril 1890 :

« le mouvement (de la classe ouvrière en Angleterre) progresse sous la surface, il gagne des couches de plus en plus larges, et surtout parmi la masse inférieure (souligné par Engels) jusque-là immobile. Le jour n'est pas loin où cette masse se retrouvera elle-même, où elle aura compris que c'est elle, précisément, qui est cette masse colossale en mouvement».

Le 4 mars 1891 :

« l'échec de l'union des dockers qui s'est désagrégée; les « vieilles » trade-unions conservatrices, riches et partant poltronnes, restent seules sur le champ de bataille »...

Le 14 septembre 1891 : au congrès des trade-unions à Newcastle, ont été vaincus les vieux unionistes, adversaires de la journée de huit heures, « et les journaux bourgeois avouent la défaite du parti ouvrier bourgeois » (souligné partout par Engels)...

Que ces pensées d'Engels, reprises pendant des dizaines d'années, aient aussi été formulées par lui publiquement, dans la presse, c'est ce que prouve sa préface à la deuxième édition (1892) de La situation des classes laborieuses en Angleterre. Il y traite de « l'aristocratie de la classe ouvrière », de la « minorité privilégiée des ouvriers », qu'il oppose à la « grande masse des ouvriers ». « La petite minorité privilégiée et protégée » de la classe ouvrière bénéficiait seule des « avantages durables » de la situation privilégiée de l'Angleterre en 1848-1868; « la grande masse, en mettant les choses au mieux, ne bénéficiait que d'améliorations de courte durée »... « Avec l'effondrement du monopole industriel de l'Angleterre, la classe ouvrière anglaise perdra sa situation privilégiée ... »

Les membres des « nouvelles » unions, des syndicats d'ouvriers non spécialisés, « ont un avantage inappréciable : leur mentalité est un terrain encore vierge, parfaitement libre du legs des « respectables » préjugés bourgeois, qui désorientent les esprits des « vieux unionistes » mieux placés » ... Les « prétendus représentants ouvriers », en Angleterre, sont des gens « à qui on pardonne leur appartenance à la classe ouvrière, parce qu'ils sont eux-mêmes prêts à noyer cette qualité dans l'océan de leur libéralisme »...

C'est à dessein que nous avons reproduit des extraits assez abondants des déclarations on ne peut plus explicites de Marx et d’Engels, afin que les lecteurs puissent les étudier dans leur ensemble. Et il est indispensable de les étudier, il vaut la peine d'y réfléchir attentivement. Car là est le noeud de la tactique imposée au mouvement ouvrier par les conditions objectives de l'époque impérialiste.

(...)

La. bourgeoisie d'une « grande » puissance impérialiste peut, économiquement, soudoyer les couches supérieures de « ses » ouvriers en sacrifiant à cette fin quelque cent ou deux cent millions de francs par an, car son surprofit s'élève probablement à près d'un milliard. Et la question de savoir comment cette petite aumône est partagée entre ouvriers-ministres, « ouvriers-députés » (rappelez-vous l'excellente analyse donnée de cette notion par Engels), ouvriers-membres des comités des industries de guerre, ouvriers-fonctionnaires, ouvriers organisés en associations étroitement corporatives, employés, etc., etc., c'est là une question secondaire. (Nos détracteurs n'ont plus qu'à en conclure que Marx, Engels et Lénine étaient de farouches ennemis de la classe ouvrière, des employés et particulièrement des fonctionnaires. - LVOG)

(...) Le monopole du capital financier actuel est furieusement disputé; l'époque des guerres impérialistes a commencé. Autrefois l'on pouvait soudoyer, corrompre pour des dizaines d'années la classe ouvrière de tout un pays. Aujourd'hui, ce serait invraisemblable, voire impossible ; par contre, chaque « grande » puissance impérialiste peut soudoyer et soudoie des couches moins nombreuses (que dans l'Angleterre des années 1848 à 1868) de l'« aristocratie ouvrière ». Autrefois, un « parti ouvrier bourgeois », selon l'expression remarquablement profonde d'Engels, ne pouvait se constituer que dans un seul pays, attendu qu'il était seul à détenir le monopole, mais en revanche pour longtemps. Aujourd'hui, « le parti ouvrier bourgeois» est inévitable et typique pour tous les pays impérialistes; mais, étant donné leur lutte acharnée pour le partage du butin, il est improbable qu'un tel parti puisse triompher pour longtemps dans plusieurs pays. (Et pourtant ! - LVOG) Car les trusts, l'oligarchie financière, la vie chère, etc., en permettant de corrompre de petits groupes de l'aristocratie ouvrière, écrasent, oppriment, étouffent et martyrisent de plus en plus la masse du prolétariat et du semi-prolétariat.

D'une part, la tendance de la bourgeoisie et des opportunistes à transformer une poignée de très riches nations privilégiées en parasites « à perpétuité » vivant sur le corps du reste de l'humanité, à « s'endormir sur les lauriers » de l'exploitation des Noirs, des Indiens, etc., en les maintenant dans la soumission à l'aide du militarisme moderne pourvu d'un excellent matériel d'extermination. (Il s'est perfectionné depuis et les dirigeants syndicaux en sont fiers, Mélenchon et Laurent aussi ! - LVOG)

D'autre part, la tendance des masses, opprimées plus que par le passé et subissant toutes les affres des guerres impérialistes, à secouer ce joug, à jeter bas la bourgeoisie. C'est dans la lutte entre ces deux tendances que se déroulera désormais inéluctablement l'histoire du mouvement ouvrier. Car la première tendance n'est pas fortuite : elle est économiquement « fondée ».

La bourgeoisie a déjà engendré et formé à son service des « partis ouvriers bourgeois » de social-chauvins dans tous les pays. (A ceci près de nos jours qu'aucune tendance du mouvement ouvrier n'organise les éléments les plus déterminés des masses dans la perspective de "jeter bas la bourgeoisie", ils ont tous capitulé ou sont tous idéologiquement corrompus. - LVOG)

(...)

Sur la base économique indiquée, les institutions politiques du capitalisme moderne - la presse, le Parlement, les syndicats, les congrès, etc. - ont créé à l'intention des ouvriers et des employés réformistes et patriotes, respectueux et bien sages, des privilèges et des aumônes politiques correspondant aux privilèges et aux aumônes économiques. Les sinécures lucratives et de tout repos dans un ministère ou au comité des industries de guerre, au Parlement et dans diverses commissions, dans les rédactions de « solides » journaux légaux ou dans les directions de syndicats ouvriers non moins solides et « d'obédience bourgeoise »,- voilà ce dont use la bourgeoisie impérialiste pour attirer et récompenser les représentants et les partisans des « partis ouvriers bourgeois ». (Notez bien les "représentants" et les "partisans des « partis ouvriers bourgeois »" ou ceux qui ne peuvent pas s'en passer ce qui revient au même. - LVOG)

Le mécanisme de la démocratie politique joue dans le même sens. Il n'est pas question, au siècle où nous sommes, de se passer d'élections; on ne saurait se passer des masses; or, à l'époque de l'imprimerie et du parlementarisme, on ne peut entraîner les masses derrière soi sans un système largement ramifié, méthodiquement organisé et solidement outillé de flatteries, de mensonges, d'escroqueries, de jongleries avec des mots populaires à la mode, sans promettre à droite et à gauche toutes sortes de réformes et de bienfaits aux ouvriers, pourvu qu'ils renoncent à la lutte révolutionnaire pour la subversion de la bourgeoisie. (Ici le "or" avait valeur d'objection, il signifiait que la participation aux élections ou au parlementarisme n'était pas une obligation, et que soutenir la gauche c'était plutôt se compromettre qu'autre chose. Lénine rejetait l'argument falacieux selon lequel il fallait absolument participer aux élections pour ne pas "se passer des masses" ou les appeler à voter pour tel ou tel parti ou candidat... A partir du moment où les trotskystes considéraient que l'avènement de la Ve République correspondait à un "coup d'Etat permanent", pour être cohérent avec ce constat à aucun moment ils n'auraient dû participer à une élection ou soutenir un parti ou un candidat y participant. - LVOG)

(...)

Et y a-t-il une grande différence entre Lloyd George et les Scheidemann, les Legien, les Henderson et les Hyndman, les Plékhanov, les Renaudel et consorts ? Parmi ces derniers, nous objectera-t-on, il en est qui reviendront au socialisme révolutionnaire de Marx. C'est possible, mais c'est là une différence de degré insignifiante si l'on considère la question sur le plan politique, c'est-à-dire à une échelle de masse. (Eh oui, c'est à l'échelle des masses que l'on évalue les rapports que l'on doit avoir avec les partis et les institutions ! Et c'est vers les masses qu'il faut se tourner résolument et non vers les élus du PS ou du PCF, les républicains, les démocrates, les intellectuels, les cadres syndicaux, l'aristocratie ouvrière, ne parlons des francs-maçons !. - LVOG) Certains personnages parmi les chefs social-chauvins actuels peuvent revenir au prolétariat. Mais le courant social-chauvin ou (ce qui est la même chose) opportuniste ne peut ni disparaître, ni « revenir » au prolétariat révolutionnaire. Là où le marxisme est populaire parmi les ouvriers, ce courant politique, ce « parti ouvrier bourgeois », invoquera avec véhémence le nom de Marx. On ne peut le leur interdire, comme on ne peut interdire à une firme commerciale de faire usage de n'importe quelle étiquette, de n'importe quelle enseigne ou publicité. On a toujours vu, au cours de l'histoire, qu'après la mort de chefs révolutionnaires populaires parmi les classes opprimées, les ennemis de ces chefs tentaient d'exploiter leur nom pour duper ces classes. (Ajoutons et leurs militants. - LVOG)

C'est un fait que les « partis ouvriers bourgeois », en tant que phénomène politique, se sont déjà constitués dans tous les pays capitalistes avancés, et que sans une lutte décisive et implacable, sur toute la ligne, contre ces partis ou, ce qui revient au même, contre ces groupes, ces tendances, etc., il ne saurait être question ni de lutte contre l'impérialisme, ni de marxisme, ni de mouvement ouvrier socialiste. (Avez-vous régulièrement un tel discours dans les journaux du POI, du NPA ou de LO ? Vous connaissez tous la réponse. - LVOG)

(...)

Nous n'avons pas la moindre raison de croire que ces partis puissent disparaître avant la révolution sociale. Au contraire, plus cette révolution se rapprochera, plus puissamment elle s'embrasera, plus brusques et plus vigoureux seront les tournants et les bonds de son développement, et plus grand sera, dans le mouvement ouvrier, le rôle joué par la poussée du flot révolutionnaire de masse contre le flot opportuniste petit bourgeois. Le kautskisme ne représente aucun courant indépendant; il n'a de racines ni dans les masses, ni dans la couche privilégiée passée à la bourgeoisie. (On pourrait en dire de même du POI, du NPA et de LO, alors que leurs courants politiques existent depuis plus d'un demi-siècle. - LVOG) Mais le kautskisme est dangereux en ce sens qu'utilisànt l'idéologie du passé, il s'efforce de concilier le prolétariat avec le « parti ouvrier bourgeois », de sauvegarder l'unité du prolétariat avec ce parti et d'accroître ainsi le prestige de ce dernier. (C'est exactement ce à quoi se sont efforcés avec acharnement les trotskystes depuis 1940. - LVOG) Les masses ne suivent plus les social-chauvins déclarés; Lloyd George a été sifflé en Angleterre dans des réunions ouvrières; Hyndman a quitté le parti; les Renaudel et les Scheidemann, les Potressov et les Gvozdev sont protégés par la police. Rien n'est plus dangereux que la défense déguisée des social-chauvins par les kautskistes. (Sous le masque du trotskysme par exemple. - LVOG)

L'un des sophismes kautskistes les plus répandus consiste à se référer aux « masses ». Nous ne voulons pas, prétendent-ils, nous détacher des masses et des organisations de masse ! (Décidément, encore une troublante similitude avec les trotskystes. - LVOG) Mais réfléchissez à la façon dont Engels pose la question. Les « organisations de masse » des trade-unions anglaises étaient au XIX° siècle du côté du parti ouvrier bourgeois. Marx et Engels ne recherchaient pas pour autant une conciliation avec ce dernier, mais le dénonçaient. Ils n'oubliaient pas, premièrement, que les organisations des trade-unions englobent directement une minorité du prolétariat. Dans l'Angleterre d'alors comme dans l'Allemagne d'aujourd'hui, les organisations ne rassemblent pas plus de 1/5 du prolétariat. On ne saurait penser sérieusement qu'il soit possible, en régime capitaliste, de faire entrer dans les organisations la majorité des prolétaires.

Deuxièmement, et c'est là l'essentiel, il ne s'agit pas tellement du nombre des adhérents à l'organisation (Les trotskystes justifieront justement leurs rapports avec le PS et le PCF et le front unique en avançant cet argument rejeté par Marx, Engels et Lénine. - LVOG) que de la signification réelle, objective, de sa politique : cette politique représente-t-elle les masses, sert-elle les masses, c'est-à-dire vise-t-elle à les affranchir du capitalisme, ou bien représente-t-elle les intérêts de la minorité, sa conciliation avec le capitalisme ? C'est précisément cette dernière conclusion qui était vraie pour l'Angleterre du XIX° siècle, et qui est vraie maintenant pour l'Allemagne, etc.

Engels distingue entre le « parti ouvrier bourgeois » des vieilles trade-unions, la minorité privilégiée, et la « masse inférieure », la majorité véritable; il en appelle à cette majorité qui n'est pas contaminée par la « respectabilité bourgeoise ». Là est le fond de la tactique marxiste ! (Tactique à laquelle la totalité des trotskystes tourneront résolument le dos. - LVOG)

(...)

En montrant que les opportunistes et les social-chauvins trahissent en fait lés intérêts de la masse, défendant les privilèges momentanés d'une minorité d'ouvriers (Nos détracteurs en font partie, ceci explique sans doute cela. - LVOG), propagent les idées et l'influence bourgeoises et sont en fait les alliés et les agents de la bourgeoisie, nous apprenons aux masses à discerner leurs véritables intérêts politiques et à lutter pour le socialisme et la révolution à travers les longues et douloureuses péripéties des guerres impérialistes et des armistices impérialistes. (En tous temps on peut lutter pour le socialisme et la révolution, allez dire cela aux opportunistes qui parlent en notre nom. Non, tout compte fait c'est inutile et ce serait une perte de temps, ils sont incurables. - LVOG)

Expliquer aux masses que la scission avec l'opportunisme est inévitable et nécessaire, les éduquer pour la révolution par une lutte implacable contre ce dernier, mettre à profit l'expérience de la guerre pour dévoiler toutes les ignominies de la politique ouvrière nationale libérale au lieu de les camoufler : telle est la seule ligne marxiste dans le mouvement ouvrier mondial.

(Un siècle nous séparant de cet article, depuis l'opportunisme a emprunté une multitude de masques, aux partis politiques issus des IIe, IIIe et IVe Internationale, il faut ajouter les ONG et les associations en tous genres à but dit humanitaire ou social qui sont censées soulager la misère des masses et qui en réalité ne font qu'en prolonger les souffrances ou perpétuer l'agonie. Terminons sur une note optimiste, en espérant que la crise qui traverse tous les partis ouvriers et les scissions auxquelles elle donnera lieu, permettront de refonder l'avant-garde révolutionnaire sur la base du marxisme et du socialisme, espérons que de nouvelles générations de militants sauront se délivrer du poison mortel de l'opportunisme et renoueront avec la tradition révolutionnaire du prolétariat du début du XXe siècle. - LVOG)

L'intégralité de l'article de Lénine au format pdf

Défense du marxisme

Les guerres nationales bourgeoises renferme des leçons extraordinairement instructives.

Extraits de Défense du marxisme. (Léon Trotsky - Coyoacan - Le 24 janvier 1940)

- Rappelons une fois de plus l'alphabet. Dans la sociologie marxiste le point de départ initial de l'analyse est la définition de classe d'un phénomène donné: Etat, parti, tendance philosophique, école littéraire... etc. Dans la plupart des cas cependant la pure et simple définition de classes est insuffisante car une classe est composée de différentes couches, elle passe par différents stades de développement, elle est soumise à l'influence d'autres classes. Il est nécessaire pour une analyse complète de tenir compte de ces facteurs de deuxième ou de troisième ordre soit en partie soit en totalité, en fonction du but recherché. Mais pour un marxiste l'analyse est impossible sans une caractérisation de classe du phénomène considéré.

- Le petit-bourgeois tend inévitablement à détacher les événements politiques de leur fondement social car toute approche de classe à l'égard des faits est organiquement étrangère à la position et à l'éducation du petit-bourgeois.

- L'exemple des guerres nationales bourgeoises renferme, effectivement, des leçons extraordinairement instructives, mais Shachtman est passé à côté sans y réfléchir. Marx et Engels aspiraient à une Allemagne républicaine unifiée. Pendant la guerre de 1870-71 ils se rangèrent du côté des Allemands, bien que les parasites dynastiques exploitassent et déformassent ce combat. Shachtman insiste sur le fait que Marx et Engels se tournèrent sans délai contre la Prusse dès qu'elle annexa l'Alsace et la Lorraine. Mais ce changement d'attitude ne fait qu'illustrer notre pensée avec encore plus de clarté. Il est impossible d'oublier une seule minute qu'il s'agissait d'une guerre entre deux Etats bourgeois. Ainsi le dénominateur de classe était commun aux deux camps. On ne pouvait donc décider de quel côté se trouvait le "moindre mal" -dans la mesure où l'histoire laissait le choix- qu'en fonction de facteurs complémentaires. Du côté des Allemands il s'agissait de créer un Etat bourgeois national, comme arène de l'économie et de la culture. L'Etat national constituait alors un facteur historique progressiste. Dans cette mesure Marx et Engels se tenaient du côté des Allemands, malgré le Hohenzollern et ses junkers. L'annexion de l'Alsace et de la Lorraine brisait le principe de l'Etat national, tant vis-à-vis de la France que vis-à-vis de l'Allemagne et préparait la guerre de revanche. Il est naturel que Marx et Engels se soient alors brutalement retournés contre la Prusse. Ils ne risquaient pas en cela de rendre service à un système économique inférieur face à un système supérieur, les rapports bourgeois, je le rappelle, dominant dans les deux camps. Si la France, en 1870, avait été un Etat ouvrier, Marx et Engels se seraient trouvés de son côté dès le début du conflit puisque -on éprouve quelque malaise à le rappeler- le critère de classe dirigeait toute leur activité.

(...) Il est superflu d'ajouter que le rôle du Hohenzollern dans la guerre de 1870-71 ne justifiait nullement le rôle historique général de la dynastie, ni son existence même. Fin de l'extrait.

En 2011, 140 ans plus tard il ne restera plus rien de ces "leçons extraordinairement instructives" au sein du mouvement ouvrier français (notamment).

Que Kadhafi ait incarné l'unité et la souveraineté de la Lybie, le pays le plus développé du continent africain, qu'Assad ait incarné une république laïque et un des pays les plus développés du Proche-Orient, face à des régimes monarchiques, féodaux, archaïques, de terribles dictatures pratiquant la charia, alors que ces deux Etats indépendants et souverains résisteront à l'impérialisme américain prêt à les détruire, à les disloquer si nécessaire en recourant à une horde de barbares sanguinaires pour parvenir à ses fins, les dirigeants du mouvement ouvrier de tous les partis sans exception reproduiront le discours des représentants de la réaction en présentant leurs chefs d'Etat comme de terribles dictateurs à la tête de régimes tyranniques.

Les dirigeants de tous les partis sans exception du mouvement ouvrier ne tiendront pas compte non plus que Kadhafi et Assad bénéficiaient du soutien de l'immense majorité de leurs peuples. A aucun moment ils ne produiront une analyse sur la situation en Libye et en Syrie sur la base des rapports existant entre les classes dans ces pays en les reliant au développement du capitalisme mondial.

Pire, à l'instar des représentants des puissances occidentales et des médias ils pratiqueront l'autocensure en refusant d'utiliser les arguments ou les faits en leur possession qui leur auraient permis de démonter la propagande de guerre de Washington, Bruxelles et de l'OTAN.

Un grand nombre de commentateurs bourgeois se sont demandés pourquoi contrairement à autrefois quand des pays dominés étaient agressés par des pays dominants le mouvement ouvrier international se mobilisait au côté des pays dominés agressés par des impérialistes, ou lorsque que des pays luttaient pour conquérir leur indépendance ou leur souveraineté, de nos jours il les abandonnait à leur triste sort, sans pouvoir répondre à cette question, puisqu'il leur aurait fallu mettre en lumière que le mouvement ouvrier international était totalement corrompu à quelques exceptions près marginales, et qu'il était complice des impérialistes intervenant militairement en Libye et en Syrie.

En résumé, les dirigeants de tous les tous les partis sans exception du mouvement ouvrier se livreront au double langage habituel, consistant à dénoncer une agression impérialiste tout en reprenant à leur compte les arguments des représentants de l'impérialisme qui la justifiaient ainsi, de sorte que l'ensemble de ces arguments se neutralisaient réciproquement et laissait le champs libre au camp du plus puissant, au camp de la guerre, ce qui explique pourquoi ils se mirent dans une situation qui ne leur permettait pas de mobiliser les masses au côté des peuples libyen et syriens contre ces guerres néocolonialistes, pour peu qu'ils en aient eu l'intention un jour, ce dont on est en droit de douter fortement au regard de cette expérience.

Cette méthode du double langage et jeu était fort pratique ou présentait l'avantage de laisser à chaque militant ou travailleur l'opportunité d'interpréter la situation en fonction de ses intérêts individuels et non en se situant sur le terrain de la lutte des classes, ce qu'ils ignoreront évidemment. Comment, en s'appuyant sur l'un de ces arguments contradictoires de manière à diviser le mouvement ouvrier, à le paralyser, mieux, de sorte qu'aucune tendance ne s'en dégage, ce qui offrirait pas la suite l'opportunité à ses dirigeants de manoeuvrer ou d'instrumentaliser les conclusions de ces guerres à leur profit sans scrupule et pratiquement sans risque, puisque militants et travailleurs n'y ayant rien compris continueront de se faire manipuler. Il suffira d'invoquer la situation en France ou de reporter sur les travailleurs leur propre impuissance ou trahison et le tour sera joué.

Les dirigeants de tous les partis sans exception du mouvement ouvrier ont ainsi trahi le principe de l'internationalisme prolétarien, du droit des peuples à l'autodétermination, et démontré si nécessaire qu'ils avaient bien rompu avec le marxisme et le socialisme dont ils continuent de se réclamer.

Défense du marxisme

Tendance historique de l’accumulation capitaliste.

Extrait du Capital. (K. Marx - F. Engels 1867)

Chapitre XXXII : Tendance historique de l’accumulation capitaliste

Ainsi donc ce qui gît au fond de l'accumulation primitive du capital, au fond de sa genèse historique, c'est l'expropriation du producteur immédiat, c'est la dissolution de la propriété fondée sur le travail personnel de son possesseur.

La propriété privée, comme antithèse de la propriété collective, n’existe que là où les instruments et les autres conditions extérieures du travail appartiennent à des particuliers. Mais selon que ceux-ci sont les travailleurs ou les non-travailleurs, la propriété privée change de face. Les formes infiniment nuancées qu'elle affecte à première vue ne font que réfléchir les états intermédiaires entre ces deux extrêmes.

La propriété privée du travailleur sur les moyens de son activité productive est le corollaire de la petite industrie, agricole ou manufacturière, et celle-ci constitue la pépinière de la production sociale, l'école où s'élaborent l'habileté manuelle, l'adresse ingénieuse et la libre individualité du travailleur. Certes, ce mode de production se rencontre au milieu de l'esclavage, du servage et d'autres états de dépendance. Mais il ne prospère, il ne déploie toute son énergie, il ne revêt sa forme intégrale et classique que là où le travailleur est le propriétaire libre des conditions de travail qu'il met lui-même en oeuvre, le paysan, du sol qu'il cultive, l'artisan, de l'outillage qu'il manie, comme le virtuose, de son instrument.

Ce régime industriel de petits producteurs indépendants, travaillant à leur compte, présuppose le morcellement du sol et l'éparpillement des autres moyens de production. Comme il en exclut la concentration, il exclut aussi la coopération sur une grande échelle, la subdivision de la besogne dans l'atelier et aux champs, le machinisme, la domination savante de l'homme sur la nature, le libre développement des puissances sociales du travail, le concert et l'unité dans les fins, les moyens et les efforts de l'activité collective. Il n'est compatible qu'avec un état de la production et de la société étroitement borné. L'éterniser, ce serait, comme le dit pertinemment Pecqueur, « décréter la médiocrité en tout ». Mais, arrivé à un certain degré, il engendre de lui-même les agents matériels de sa dissolution. A partir de ce moment, des forces et des passions qu'il comprime, commencent à s'agiter au sein de la société. Il doit être, il est anéanti. Son mouvement d'élimination transformant les moyens de production individuels et épars en moyens de production socialement concentrés, faisant de la propriété naine du grand nombre la propriété colossale de quelquesuns, cette douloureuse, cette épouvantable expropriation du peuple travailleur, voilà les origines, voilà la genèse du capital. Elle embrasse toute une série de procédés violents, dont nous n'avons passé en revue que les plus marquants sous le titre de méthodes d'accumulation primitive.

L'expropriation des producteurs immédiats s'exécute avec un vandalisme impitoyable qu'aiguillonnent les mobiles les plus infâmes, les passions les plus sordides et les plus haïssables dans leur petitesse. La propriété privée, fondée sur le travail personnel, cette propriété qui soude pour ainsi dire le travailleur isolé et autonome aux conditions extérieures du travail, va être supplantée par la propriété privée capitaliste, fondée sur l'exploitation du travail d'autrui, sur le salariat (81).

Dès que ce procès de transformation a décomposé suffisamment et de fond en comble la vieille société, que les producteurs sont changés en prolétaires, et leurs conditions de travail, en capital, qu'enfin le régime capitaliste se soutient par la seule force économique des choses, alors la socialisation ultérieure du travail, ainsi que la métamorphose progressive du sol et des autres moyens de production en instruments socialement exploités, communs, en un mot, l'élimination ultérieure des propriétés privées, va revêtir une nouvelle forme. Ce qui est maintenant à exproprier, ce n'est plus le travailleur indépendant, mais le capitaliste, le chef d'une armée ou d'une escouade de salariés.

Cette expropriation s'accomplit par le jeu des lois immanentes de la production capitaliste, lesquelles aboutissent à la concentration des capitaux. Corrélativement à cette centralisation, à l'expropriation du grand nombre des capitalistes par le petit, se développent sur une échelle toujours croissante l'application de la science à la technique, l'exploitation de la terre avec méthode et ensemble, la transformation de l'outil en instruments puissants seulement par l'usage commun, partant l'économie des moyens de production, l'entrelacement de tous les peuples dans le réseau du marché universel, d'où le caractère international imprimé au régime capitaliste. A mesure que diminue le nombre des potentats du capital qui usurpent et monopolisent tous les avantages de cette période d'évolution sociale, s'accroissent la misère, l'oppression, l'esclavage, la dégradation, l'exploitation, mais aussi la résistance de la classe ouvrière sans cesse grossissante et de plus en plus disciplinée, unie et organisée par le mécanisme même de la production capitaliste. Le monopole du capital devient une entrave pour le mode de production qui a grandi et prospéré avec lui et sous ses auspices. La socialisation du travail et la centralisation de ses ressorts matériels arrivent à un point où elles ne peuvent plus tenir dans leur enveloppe capitaliste. Cette enveloppe se brise en éclats. L'heure de la propriété capitaliste a sonné. Les expropriateurs sont à leur tour expropriés (82).

L'appropriation capitaliste, conforme au mode de production capitaliste, constitue la première négation de cette propriété privée qui n'est que le corollaire du travail indépendant et individuel. Mais la production capitaliste engendre elle-même sa propre négation avec la fatalité qui préside aux métamorphoses de la nature. C'est la négation de la négation. Elle rétablit non la propriété privée du travailleur, mais sa propriété individuelle, fondée sur les acquêts de, l'ère capitaliste, sur la coopération et la possession commune de tous les moyens de production, y compris le sol.

Pour transformer la propriété privée et morcelée, objet du travail individuel, en propriété capitaliste, il a naturellement fallu plus de temps, d'efforts et de peines que n'en exigera la métamorphose en propriété sociale de la propriété capitaliste, qui de fait repose déjà sur un mode de production collectif. Là, il s'agissait de l'expropriation de la masse par quelques usurpateurs; ici, il s'agit de l'expropriation de quelques, usurpateurs par la masse. (K . Marx : Le Capital - Livre I – Section VIII)

(81) « Nous sommes... dans une condition tout à fait nouvelle de la société... nous tendons à séparer complètement toute espèce de propriété d'avec toute espèce de travail. » (Sismondi : Nouveaux principes de l’Econ. polit., t. Il, p. 434.)

(82) « Le progrès de l'industrie, dont la bourgeoisie est l'agent sans volonté propre et sans résistance, substitue à l'isolement des ouvriers, résultant de leur concurrence, leur union révolutionnaire par l'association. Ainsi, le développement de la grande industrie sape, sous les pieds de la bourgeoisie, le terrain même sur lequel elle a établi son système de production et d'appropriation. Avant tout, la bourgeoisie produit ses propres fossoyeurs. Sa chute et la victoire du prolétariat sont également inévitables. De toutes les classes qui, à l'heure présente, s'opposent à la bourgeoisie, le prolétariat seul est une classe vraiment révolutionnaire. Les autres classes périclitent et périssent avec la grande industrie; le prolétariat, au contraire, en est le produit le plus authentique. Les classes moyennes, petits fabricants, détaillants, artisans, paysans, tous combattent la bourgeoisie parce qu'elle est une menace pour leur existence en tant que classes moyennes. Elles ne sont donc pas révolutionnaires, mais conservatrices; bien plus elles sont réactionnaires. elles cherchent à faire tourner à l'envers la roue de l'histoire. » (Karl Marx et Friedrich Engels : Manifeste du Parti communiste, Lond., 1847 p. 9, 11.)

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Défense du marxisme

Leur morale de classe et la nôtre.

Friedrich Engels (1878) : Anti-Duhring

Chapitre IX :: La morale et le droit.. Vérités éternelles. Extrait.

... le bien et le mal. Cette opposition se meut exclusivement sur le terrain moral, donc dans un domaine qui appartient à l'histoire des hommes, et c'est ici que les vérités définitives en dernière analyse sont le plus clairsemées. De peuple à peuple, de période à période, les idées de bien et de mal ont tant changé que souvent elles se sont carrément contredites. - Mais, objectera-t-on, le bien n'est pourtant pas le mal, le mal pas le bien; si le bien et le mal sont mis dans le même sac, c'est la fin de toute moralité et chacun peut agir à sa guise. - Telle est aussi, dépouillée de toute solennité sibylline, l'opinion de M. Dühring. Mais la chose ne se règle tout de même pas si simplement. Si c'était aussi simple, on ne disputerait pas du bien et du mal, chacun saurait ce qui est bien et ce qui est mal. Mais qu'en est-il à présent ? Quelle morale nous prêche-t-on aujourd'hui ? C'est d'abord la morale féodale chrétienne, héritage de la foi des siècles passés, qui se divise essentiellement à son tour en une morale catholique et une morale protestante, ce qui n'empêche pas derechef des subdivisions allant de la morale catholico-jésuite et de la morale protestante orthodoxe jusqu'à la morale latitudinaire. A côté de cela figure la morale bourgeoise moderne, puis derechef à côté de celle-ci la morale de l'avenir, celle du prolétariat, de sorte que rien que dans les pays les plus avancés d'Europe, le passé, le présent et l'avenir fournissent trois grands groupes de théories morales qui sont valables simultanément et à côté l'une de l'autre. Quelle est donc la vraie ? Aucune, au sens d'un absolu définitif; mais la morale qui possède le plus d'éléments prometteurs de durée est sûrement celle qui, dans le présent, représente le bouleversement du présent, l'avenir, c'est donc la morale prolétarienne.

Dès lors que nous voyons les trois classes de la société moderne, l'aristocratie féodale, la bourgeoisie et le prolétariat, avoir chacune sa morale particulière, nous ne pouvons qu'en tirer la conclusion que, consciemment ou inconsciemment, les hommes puisent en dernière analyse leurs conceptions morales dans les rapports pratiques sur lesquels se fonde leur situation de classe, - dans les rapports économiques dans lesquels ils produisent et échangent.

Cependant, dans les trois théories morales citées ci-dessus, il y a maintes choses communes à toutes les trois : ne serait-ce pas là un fragment de la morale fixée une fois pour toutes ? Ces théories morales représentent trois stades différents de la même évolution historique, elles ont donc un arrière-plan historique commun et par suite, nécessairement, beaucoup d'éléments communs . Plus encore. A des stades de développement économique semblables, ou à peu près semblables, les théories morales doivent nécessairement concorder plus ou moins. Dès l'instant où la propriété privée des objets mobiliers s'était développée, il fallait bien que toutes les sociétés où cette propriété privée prévalait eussent en commun le commandement moral : tu ne voleras point. Est-ce que par là ce commandement devient un commandement moral éternel ? Nullement. Dans une société où les motifs de vol sont éliminés, où par conséquent, à la longue, les vols ne peuvent être commis que par des aliénés, comme on rirait du prédicateur de morale qui voudrait proclamer solennellement la vérité éternelle : Tu ne voleras point !

C'est pourquoi nous repoussons toute prétention de nous imposer quelque dogmatisme moral que ce soit comme loi éthique éternelle, définitive, désormais immuable, sous le prétexte que le monde moral a lui aussi ses principes permanents qui sont au-dessus de l'histoire et des différences nationales. Nous affirmons, au contraire, que toute théorie morale du passé est, en dernière analyse, le produit de la situation économique de la société de son temps. Et de même que la société a évolué jusqu'ici dans des oppositions de classes, la morale a été constamment une morale de classe; ou bien elle justifiait la domination et les intérêts de la classe dominante, ou bien elle représentait, dès que la classe opprimée devenait assez puissante, la révolte contre cette domination et les intérêts d'avenir des opprimés. Qu'avec cela, il se soit en gros effectué un progrès, pour la morale comme pour toutes les autres branches de la connaissance humaine, on n'en doute pas. Mais nous n'avons pas encore dépassé la morale de classe. Une morale réellement humaine, placée au-dessus des oppositions de classe et de leur souvenir, ne devient possible qu'à un niveau de la société où on a non seulement vaincu, mais oublié pour la pratique de la vie, l'opposition des classes. Que l'on mesure maintenant la présomption de M. Dühring qui, du sein de la vieille société de classes, prétend, à la veille d'une révolution sociale, imposer à la société sans classes de l'avenir une morale éternelle, indépendante du temps et des transformations du réel ! A supposer même, - ce que nous ignorons jusqu'à présent, - qu'il comprenne tout au moins dans ses lignes fondamentales la structure de cette société future.

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Pourquoi le socialisme ? par Albert Einstein (1949)

Est-il convenable qu’un homme qui n’est pas versé dans les questions économiques et sociales exprime des opinions au sujet du socialisme ? Pour de multiples raisons je crois que oui.

Considérons d’abord la question au point de vue de la connaissance scientifique. Il pourrait paraître qu’il n’y ait pas de différences méthodologiques essentielles entre l’astronomie, par exemple, et l’économie : les savants dans les deux domaines essaient de découvrir les lois généralement acceptables d’un groupe déterminé de phénomènes, afin de rendre intelligibles, d’une manière aussi claire que possible, les relations réciproques existant entre eux. Mais en réalité de telles différences existent. La découverte de lois générales en économie est rendue difficile par la circonstance que les phénomènes économiques observés sont souvent influencés par beaucoup de facteurs qu’il est très difficile d’évaluer séparément. En outre, l’expérience accumulée depuis le commencement de la période de l’histoire humaine soi-disant civilisée a été — comme on le sait bien — largement influencée et délimitée par des causes qui n’ont nullement un caractère exclusivement économique. Par exemple, la plupart des grands États dans l’histoire doivent leur existence aux conquêtes. Les peuples conquérants se sont établis, légalement et économiquement, comme classe privilégiée du pays conquis. Ils se sont attribués le monopole de la terre et ont créé un corps de prêtres choisis dans leur propre rang. Les prêtres, qui contrôlèrent l’éducation, érigèrent la division de la société en classes en une institution permanente et créèrent un système de valeurs par lequel le peuple fut dès lors, en grande partie inconsciemment, guidé dans son comportement social.

Mais la tradition historique date pour ainsi dire d’hier ; nulle part nous n’avons dépassé ce que Thorstein Veblen appelait « la phase de rapine » du développement humain. Les faits économiques qu’on peut observer appartiennent à cette phase et les lois que nous pouvons en déduire ne sont pas applicables à d’autres phases. Puisque le but réel du socialisme est de dépasser la phase de rapine du développement humain et d’aller en avant, la science économique dans son état actuel peut projeter peu de lumière sur la société socialiste de l’avenir.

En second lieu, le socialisme est orienté vers un but éthico-social. Mais la science ne peut pas créer des buts, encore moins peut-elle les faire pénétrer dans les êtres humains ; la science peut tout au plus fournir les moyens par lesquels certains buts peuvent être atteints. Mais les buts mêmes sont conçus par des personnalités animées d’un idéal moral élevé et — si ces buts ne sont pas mort-nés, mais vivants et vigoureux — sont adoptés et portés en avant par ces innombrables êtres humains qui, à demi inconscients, déterminent la lente évolution de la société.

Pour ces raisons nous devrions prendre garde de ne pas surestimer la science et les méthodes scientifiques quand il s’agit de problèmes humains ; et nous ne devrions pas admettre que les spécialistes soient les seuls qui aient le droit de s’exprimer sur des questions qui touchent à l’organisation de la société.

D’innombrables voix ont affirmé, il n’y a pas longtemps, que la société humaine traverse une crise, que sa stabilité a été gravement troublée. Il est caractéristique d’une telle situation que des individus manifestent de l’indifférence ou, même, prennent une attitude hostile à l’égard du groupe, petit ou grand, auquel ils appartiennent. Pour illustrer mon opinion je veux évoquer ici une expérience personnelle. J’ai récemment discuté avec un homme intelligent et d’un bon naturel sur la menace d’une autre guerre, qui, à mon avis, mettrait sérieusement en danger l’existence de l’humanité, et je faisais remarquer que seule une organisation supranationale offrirait une protection contre ce danger. Là-dessus mon visiteur me dit tranquillement et froidement : « Pourquoi êtes-vous si sérieusement opposé à la disparition de la race humaine ? »

Je suis sûr que, il y a un siècle, personne n’aurait si légèrement fait une affirmation de ce genre. C’est l’affirmation d’un homme qui a vainement fait des efforts pour établir un équilibre dans son intérieur et qui a plus ou moins perdu l’espoir de réussir. C’est l’expression d’une solitude et d’un isolement pénibles dont tant de gens souffrent de nos jours. Quelle en est la cause ? Y a-t-il un moyen d’en sortir ?

Il est facile de soulever des questions pareilles, mais il est difficile d’y répondre avec tant soit peu de certitude. Je vais néanmoins essayer de le faire dans la mesure de mes forces, bien que je me rende parfaitement compte que nos sentiments et nos tendances sont souvent contradictoires et obscurs et qu’ils ne peuvent pas être exprimés dans des formules aisées et simples.

L’homme est en même temps un être solitaire et un être social. Comme être solitaire il s’efforce de protéger sa propre existence et celle des êtres qui lui sont le plus proches, de satisfaire ses désirs personnels et de développer ses facultés innées. Comme être social il cherche à gagner l’approbation et l’affection de ses semblables, de partager leurs plaisirs, de les consoler dans leurs tristesses et d’améliorer leurs conditions de vie. C’est seulement l’existence de ces tendances variées, souvent contradictoires, qui explique le caractère particulier d’un homme, et leur combinaison spécifique détermine dans quelle mesure un individu peut établir son équilibre intérieur et contribuer au bien-être de la société. Il est fort possible que la force relative de ces deux tendances soit, dans son fond, fixée par l’hérédité. Mais la personnalité qui finalement apparaît est largement formée par le milieu où elle se trouve par hasard pendant son développement, par la structure de la société dans laquelle elle grandit, par la tradition de cette société et son appréciation de certains genres de comportement. Le concept abstrait de « société » signifie pour l’individu humain la somme totale de ses relations, directes et indirectes, avec ses contemporains et les générations passées. Il est capable de penser, de sentir, de lutter et de travailler par lui-même, mais il dépend tellement de la société — dans son existence physique, intellectuelle et émotionnelle — qu’il est impossible de penser à lui ou de le comprendre en dehors du cadre de la société. C’est la « société » qui fournit à l’homme la nourriture, les vêtements, l’habitation, les instruments de travail, le langage, les formes de la pensée et la plus grande partie du contenu de la pensée ; sa vie est rendue possible par le labeur et les talents de millions d’individus du passé et du présent, qui se cachent sous ce petit mot de « société ».

Il est, par conséquent, évident que la dépendance de l’individu à la société est un fait naturel qui ne peut pas être supprimé — exactement comme dans le cas des fourmis et des abeilles. Cependant, tandis que tout le processus de la vie des fourmis et des abeilles est fixé, jusque dans ses infimes détails, par des instincts héréditaires rigides, le modèle social et les relations réciproques entre les êtres humains sont très variables et susceptibles de changement. La mémoire, la capacité de faire de nouvelles combinaisons, le don de communication orale ont rendu possibles des développements parmi les êtres humains qui ne sont pas dictés par des nécessités biologiques. De tels développements se manifestent dans les traditions, dans les institutions, dans les organisations, dans la littérature, dans la science, dans les réalisations de l’ingénieur et dans les œuvres d’art. Ceci explique comment il arrive que l’homme peut, dans un certain sens, influencer sa vie par sa propre conduite et comment, dans ce processus, la pensée et le désir conscients peuvent jouer un rôle.

L’homme possède à sa naissance, par hérédité, une constitution biologique que nous devons considérer comme fixe et immuable, y compris les impulsions naturelles qui caractérisent l’espèce humaine. De plus, pendant sa vie il acquiert une constitution culturelle qu’il reçoit de la société par la communication et par beaucoup d’autres moyens d’influence. C’est cette constitution culturelle qui, dans le cours du temps, est sujette au changement et qui détermine, à un très haut degré, les rapports entre l’individu et la société. L’anthropologie moderne nous a appris, par l’investigation des soi-disant cultures primitives, que le comportement social des êtres humains peut présenter de grandes différences, étant donné qu’il dépend des modèles de culture dominants et des types d’organisation qui prédominent dans la société. C’est là-dessus que doivent fonder leurs espérances tous ceux qui s’efforcent d’améliorer le sort de l’homme : les êtres humains ne sont pas, par suite de leur constitution biologique, condamnés à se détruire mutuellement ou à être à la merci d’un sort cruel qu’ils s’infligent eux-mêmes.

Si nous nous demandons comment la structure de la société et l’attitude culturelle de l’homme devraient être changées pour rendre la vie humaine aussi satisfaisante que possible, nous devons constamment tenir compte du fait qu’il y a certaines conditions que nous ne sommes pas capables de modifier. Comme nous l’avons déjà mentionné plus haut, la nature biologique de l’homme n’est point, pour tous les buts pratiques, sujette au changement. De plus, les développements technologiques et démographiques de ces derniers siècles ont créé des conditions qui doivent continuer. Chez des populations relativement denses, qui possèdent les biens indispensables à leur existence, une extrême division du travail et une organisation de production très centralisée sont absolument nécessaires. Le temps, qui, vu de loin, paraît si idyllique, a pour toujours disparu où des individus ou des groupes relativement petits pouvaient se suffire complètement à eux-mêmes. On n’exagère pas beaucoup en disant que l’humanité constitue à présent une communauté planétaire de production et de consommation.

Je suis maintenant arrivé au point où je peux indiquer brièvement ce qui constitue pour moi l’essence de la crise de notre temps. Il s’agit du rapport entre l’individu et la société. L’individu est devenu plus conscient que jamais de sa dépendance à la société. Mais il n’éprouve pas cette dépendance comme un bien positif, comme une attache organique, comme une force protectrice, mais plutôt comme une menace pour ses droits naturels, ou même pour son existence économique. En outre, sa position sociale est telle que les tendances égoïstes de son être sont constamment mises en avant, tandis que ses tendances sociales qui, par nature, sont plus faibles, se dégradent progressivement. Tous les êtres humains, quelle que soit leur position sociale, souffrent de ce processus de dégradation. Prisonniers sans le savoir de leur propre égoïsme, ils se sentent en état d’insécurité, isolés et privés de la naïve, simple et pure joie de vivre. L’homme ne peut trouver de sens à la vie, qui est brève et périlleuse, qu’en se dévouant à la société.

L’anarchie économique de la société capitaliste, telle qu’elle existe aujourd’hui, est, à mon avis, la source réelle du mal. Nous voyons devant nous une immense société de producteurs dont les membres cherchent sans cesse à se priver mutuellement du fruit de leur travail collectif — non pas par la force, mais, en somme, conformément aux règles légalement établies. Sous ce rapport, il est important de se rendre compte que les moyens de la production — c’est-à-dire toute la capacité productive nécessaire pour produire les biens de consommation ainsi que, par surcroît, les biens en capital — pourraient légalement être, et sont même pour la plus grande part, la propriété privée de certains individus.

Pour des raisons de simplicité je veux, dans la discussion qui va suivre, appeler « ouvriers » tous ceux qui n’ont point part à la possession des moyens de production, bien que cela ne corresponde pas tout à fait à l’emploi ordinaire du terme. Le possesseur des moyens de production est en état d’acheter la capacité de travail de l’ouvrier. En se servant des moyens de production, l’ouvrier produit de nouveaux biens qui deviennent la propriété du capitaliste. Le point essentiel dans ce processus est le rapport entre ce que l’ouvrier produit et ce qu’il reçoit comme salaire, les deux choses étant évaluées en termes de valeur réelle. Dans la mesure où le contrat de travail est « libre », ce que l’ouvrier reçoit est déterminé, non pas par la valeur réelle des biens qu’il produit, mais par le minimum de ses besoins et par le rapport entre le nombre d’ouvriers dont le capitaliste a besoin et le nombre d’ouvriers qui sont à la recherche d’un emploi. Il faut comprendre que même en théorie le salaire de l’ouvrier n’est pas déterminé par la valeur de son produit.

Le capital privé tend à se concentrer en peu de mains, en partie à cause de la compétition entre les capitalistes, en partie parce que le développement technologique et la division croissante du travail encouragent la formation de plus grandes unités de production aux dépens des plus petites. Le résultat de ces développements est une oligarchie de capitalistes dont la formidable puissance ne peut effectivement être refrénée, pas même par une société qui a une organisation politique démocratique. Ceci est vrai, puisque les membres du corps législatif sont choisis par des partis politiques largement financés ou autrement influencés par les capitalistes privés qui, pour tous les buts pratiques, séparent le corps électoral de la législature. La conséquence en est que, dans le fait, les représentants du peuple ne protègent pas suffisamment les intérêts des moins privilégiés. De plus, dans les conditions actuelles, les capitalistes contrôlent inévitablement, d’une manière directe ou indirecte, les principales sources d’information (presse, radio, éducation). Il est ainsi extrêmement difficile pour le citoyen, et dans la plupart des cas tout à fait impossible, d’arriver à des conclusions objectives et de faire un usage intelligent de ses droits politiques.

La situation dominante dans une économie basée sur la propriété privée du capital est ainsi caractérisée par deux principes importants : premièrement, les moyens de production (le capital) sont en possession privée et les possesseurs en disposent comme ils le jugent convenable ; secondement, le contrat de travail est libre. Bien entendu, une société capitaliste pure dans ce sens n’existe pas. Il convient de noter en particulier que les ouvriers, après de longues et âpres luttes politiques, ont réussi à obtenir pour certaines catégories d’entre eux une meilleure forme de « contrat de travail libre ». Mais, prise dans son ensemble, l’économie d’aujourd’hui ne diffère pas beaucoup du capitalisme « pur ».

La production est faite en vue du profit et non pour l’utilité. Il n’y a pas moyen de prévoir que tous ceux qui sont capables et désireux de travailler pourront toujours trouver un emploi ; une « armée » de chômeurs existe déjà. L’ouvrier est constamment dans la crainte de perdre son emploi. Et puisque les chômeurs et les ouvriers mal payés sont de faibles consommateurs, la production des biens de consommation est restreinte et a pour conséquence de grands inconvénients. Le progrès technologique a souvent pour résultat un accroissement du nombre des chômeurs plutôt qu’un allégement du travail pénible pour tous. L’aiguillon du profit en conjonction avec la compétition entre les capitalistes est responsable de l’instabilité dans l’accumulation et l’utilisation du capital, qui amène des dépressions économiques de plus en plus graves. La compétition illimitée conduit à un gaspillage considérable de travail et à la mutilation de la conscience sociale des individus dont j’ai fait mention plus haut.

Je considère cette mutilation des individus comme le pire mal du capitalisme. Tout notre système d’éducation souffre de ce mal. Une attitude de compétition exagérée est inculquée à l’étudiant, qui est dressé à idolâtrer le succès de l’acquisition comme une préparation à sa carrière future.

Je suis convaincu qu’il n’y a qu’un seul moyen d’éliminer ces maux graves, à savoir, l’établissement d’une économie socialiste, accompagnée d’un système d’éducation orienté vers des buts sociaux. Dans une telle économie, les moyens de production appartiendraient à la société elle-même et seraient utilisés d’une façon planifiée. Une économie planifiée, qui adapte la production aux besoins de la société, distribuerait le travail à faire entre tous ceux qui sont capables de travailler et garantirait les moyens d’existence à chaque homme, à chaque femme, à chaque enfant. L’éducation de l’individu devrait favoriser le développement de ses facultés innées et lui inculquer le sens de la responsabilité envers ses semblables, au lieu de la glorification du pouvoir et du succès, comme cela se fait dans la société actuelle.

Il est cependant nécessaire de rappeler qu’une économie planifiée n’est pas encore le socialisme. Une telle économie pourrait être accompagnée d’un complet asservissement de l’individu. La réalisation du socialisme exige la solution de quelques problèmes socio-politiques extrêmement difficiles : comment serait-il possible, en face d’une centralisation extrême du pouvoir politique et économique, d’empêcher la bureaucratie de devenir toute-puissante et présomptueuse ? Comment pourrait-on protéger les droits de l’individu et assurer un contrepoids démocratique au pouvoir de la bureaucratie ?

La clarté au sujet des buts et des problèmes du socialisme est de la plus grande importance à notre époque de transition. Puisque, dans les circonstances actuelles, la discussion libre et sans entrave de ces problèmes a été soumise à un puissant tabou, je considère que la fondation de cette revue est un important service rendu au public. (http://www.monthlyreview.org/2009/05/01/why-socialism - LVOG)

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Réflexion.

Quand on lit ce document exceptionnel, on est agréablement surpris de constater que son auteur ait recouru à un type de discours, des mots, des figures de style ou des tournures d'esprit d'une telle simplicité, au point de le rendre accessible à la totalité de la population, sans pour autant atténuer sa pensée ou dénaturer, nuire à son objet.

A sa manière il a démontré qu'il était parfaitement possible de s'exprimer ou de défendre le socialisme, de s'adresser aux travailleurs autrement qu'en recourant à cette épouvantable terminologie politique dont font usage nos dirigeants. On doit préciser qu'en recourant exclusivement à la propagande - qui par ailleurs est indispensable, nos dirigeants et les militants passent pour des doctrinaires, des fanatiques auprès des travailleurs, ce qui a le don de les faire douter de leurs réelles intentions autant que leurs capacités à les réaliser. Les militants ne comprennent pas pourquoi très souvent les travailleurs manifestent leur accord avec eux, mais ne souhaitent pas s'engager à leur côté, un peu comme s'ils ne voulaient pas leur ressembler, sans d'ailleurs savoir précisément pourquoi, disons que leur inconscience leur dicte cette attitude de méfiance face à une menace qu'ils ne parviennent pas à discerner. On est en droit d'en conclure qu'ils recourent à la propagande parce qu'ils ne maîtrisent pas le matérialisme dialectique qui est finalement quelque chose de très simple, qui comme toutes les choses simples devrait s'énoncer simplement. La réalite ou la logique est bien cruelle, n'est-ce pas ? Et je n'y suis pour rien.

Einstein était tout simplement parti de constats ou de faits, en faisant ressortir la logique dont ils étaient le produit ou dans laquelle ils s'inscrivaient, pour en faire ressortir les contradictions et la manière dont elles pourraient être résolues, en somme une formidable démonstration du matérialisme dialectique.

Chacun aura apprécié l'idéal humaniste qui guida sa pensée ou sa vie. Enfin, ce n'est pas un hasard si Einstein a conclu ce texte en posant la question des problèmes que le socialisme aurait à résoudre, effleurant la dérive stalinienne qui allait s'avérer être pire qu'un "puissant tabou", la négation du socialisme.

On retiendra qu'un intellectuel, un scientifique était parvenu au milieu du XXe siècle à la compréhension du processus matérialiste dialectique, qui est à l'origine de l'évolution ou de la transformation de la matière, de la nature, des hommes, de la société que les marxistes avaient découvert et théorisé, et qu'il partagea leurs conclusions en prenant la défense du socialisme, à l'heure où ses pires fossoyeurs étaient tout puissants au sein du mouvement ouvrier international.