Le portail a été actualisé le 16 juillet...... Relevons le défi lancé par Macron et l'oligarchie : Engageons le combat pour un changement de régime, pour une République sociale débarrassée du capitalisme et de ses instiitutions. Chassons-les du pouvoir ! .......


 



Documents d'actualité.


   CAUSERIE ET INFOS.

DOCUMENT. De quoi la bataille de Deraa est-elle le symbole ? (10.07)

DOCUMENT. Les tireurs de ficelles de la crise migratoire. (02.05.2016)
DOCUMENT. Néocolonialisme et « crise des migrants ».

DOCUMENT. Jared Kushner et le « droit au bonheur » des Palestiniens.
DOCUMENT. L’Allemagne et la Syrie.

DOCUMENT. Paul Oquist : « Il y a une tentative de coup d’État au Nicaragua » (04.07)
DOCUMENT. Nicaragua: Rébellion ou contre-révolution made in USA?

DOCUMENT. BlackRock est l’institution financière la plus puissante au monde,
     gérant plus de 6 000 milliards de dollars d’actifs.

DOCUMENT. Les élections ne suffisent pas à la démocratie.
DOCUMENT. Le « Coup de Maître » des États-Unis contre le Venezuela

DOCUMENT. Chroniques orwelliennes - Collège de France

DOCUMENT. En politique comme dans les entreprises, “les médiocres ont pris le pouvoir”.
DOCUMENT. Srda Popovic et autres « révolutionnaires étasuniens ».
DOCUMENT. L’État profond américain - La finance, le pétrole, et la guerre perpétuelle.
DOCUMENT. Le régime mortel des oligarques.

DOCUMENT. La mystification des « casques blancs » :
     Des agences de relations publiques US au service de la guerre de Syrie.

DOCUMENT. Les « rebelles modérés » de la Ghouta.
DOCUMENT. Syrie : comment la SAMS vend le changement de régime et la guerre aux USA
DOCUMENT. Le Royaume-Uni tente trois attaques chimiques sous faux drapeau dans la Ghouta.
DOCUMENT. Le fiasco du bombardement de la Syrie.
DOCUMENT. Le cycle du mensonge.

DOCUMENT. L’histoire du novichok est une autre escroquerie du calibre des ADM de l’Irak
DOCUMENT. Quatre jours pour déclarer une Guerre froide.
DOCUMENT. Affaire Skripal. Données et interview qui brisent net la propagande de guerre et xénophobe
     britannique et occidentale.

DOCUMENT. L’affaire Skripal : le mensonge de trop ?
DOCUMENT. Armes chimiques » en Syrie et OIAC : à propos d´une récente déclaration conjointe.

DOCUMENT. Rapport sur les inégalités dans le monde 2018 - Synthèse sur la France.
DOCUMENT. UE. Liste des 226 parlementaires européens alliés d'Open Society de Soros

DOCUMENT. POURQUOI LE SOCIALISME ? (A. Einstein -1949)

VIDÉO. L’AVENIR SINISTRE QUE NOUS PRÉPARE JACQUES ATTALI

AUDIO. GÉRARD PHILLIPE LIT MARX ET ENGELS


Documents disponibles dans cette page.


  Documents et vidéos  (29.03.2018)

  Les enseignements du marxisme.    (08.07.2017)

  Adresses utiles.  


  CAUSERIE ET INFOS

    Causerie et infos du 16 juillet.

   2018

Juillet du 1er au 14

Juin (111 pages)
Mai (111 pages)
Avril (213 pages)
Mars (93 pages)
Janvier (36 pages)

2017 (1509 pages)
2016 (1127 pages)
2015 (2184 pages)
2014 (2104 pages)
2013 (2806 pages)
2012 (2377 pages)
2011 (1728 pages)
2010 (1075 pages)
2009 (983 pages)
2008 (312 pages)


  DOCUMENTS ET VIDÉOS.

MACRON : 2017, LE COUP D'ETAT.

DOCUMENT. UN NOUVEL ORDRE POUR UN NOUVEAU MONDE.
DOCUMENT. LE NÉO-IMPÉRIALISME OU LA STRATÉGIE DE LA GUERRE ET DU CHAOS PERPÉTUEL.
DOCUMENT . LA « GRANDE OTAN ».

DOCUMENT. TOUT SAVOIR SUR GOOGLE.
DOCUMENT. FACEBOOK DEVIENDRA PLUS PUISSANT QUE LA NSA EN MOINS DE 10 ANS.
DOCUMENT. COMMENT UNE CELLULE SECRETE DE FACEBOOK MANIPULE LES OPINIONS...
DOCUMENT. COMMENT LES ENTREPRISES SURVEILLENT NOTRE QUOTIDIEN.
DOCUMENT. LA TERRE : UNE ARME, LA GÉO-INGÉNIORE : UNE GUERRE.

DOCUMENT. UNE BREVE HISTOIRE DE LA PROPAGANDE
DOCUMENT. LE MODELE DE LA RÉVOLUTION DE COULEUR : LE COEUR DU MÉCANISME

ONG. SOCIÉTÉ CIVILE CONTRE DÉMOCRATIE.
ONG. LES ONG HUMANITAIRES ET LA SYRIE : LES MASQUES SONT TOMBÉS !

HISTOIRE. HISTOIRE CACHÉE : LES ORIGINES DE LA PREMIERE GUERRE MONDIALE.
HISTOIRE. LA FALSIFICATION DE L'HISTOIRE : UN MOYEN DE MAINTENIR LE POUVOIR IMPÉRIAL.

HISTOIRE. LE SIONISME ET LE RÉGIME NAZI.
SIONISME. LE GRAND ISRAEL.


  LES ENSEIGNEMENTS DU MARXISME.

 - Droit de l'homme contre droit du citoyen. - (K. Marx - 1843)
 - L’attitude de la bourgeoisie à l’égard du prolétariat. (F. Engels -1845)
 - Tendance historique de l’accumulation capitaliste. - (K. Marx - F. Engels -1867)
 - Les deux bases capitalistes sur lesquelles repose le socialisme scientifique. (F. Engels -1877)
 - Leur morale de classe et la nôtre. - (F. Engels -1878)
 - La dialectique ou la science des lois générales du mouvement et du développement
     de la nature, de la société humaine et de la pensée. (F. Engels - 1878)

 - Socialisme de juristes. (F. Engels et K. Kautsky -1886)
 - L'impérialisme et la scission du socialisme. (V. Lénine -1916)
 - Syndicalisme et communisme. (L. Trotsky -1929)
 - Les guerres nationales bourgeoises renferme des leçons extraordinairement instructives. (Trotsky -1940)


   ADRESSES UTILES

Le Réseau Voltaire. (France et Moyen-Orient)
Les Crises. (France)
Le Centre de recherche sur la mondialisation. (Canada)
Investig’Action. (Belgique)
Anticons. (France)
Observatoire des multinationales. (France)



 
 
 
 
 
 
 
 
 



Causerie

Le 16 juillet 2018

CAUSERIE ET INFOS

Causerie au format pdf (7 pages)

A bâton rompu.

Pourquoi existe-t-il un tel décalage entre le mouvement ouvrier et les masses ? Mais peut-être est-ce mal poser la question. Ce décalage existe-t-il réellement ?

Les explications qu'on nous fournit relèvent de la démagogie. On annonce aux travailleurs qu'ils vont devoir travailler plus, plus longtemps pour toujours gagner moins ou voir leurs retraites réduites, ils ne se mobilisent pas. On leur annonce un tas de mesures antisociales qui vont concerner leur mode de vie, ils ne réagissent pas. Et qu'est-ce que nous sortent nos dirigeants ? C'est de la faute des appareils, de la division, patati patata, toujours la même rengaine depuis des lustres. Ils se foutent de nous. Ils ne chercheront pas à comprendre pourquoi les travailleurs adoptent cette attitude. Certains iront jusqu'à prétendre que c'est parce que les travailleurs n'ont pas ou plus confiance dans les syndicats ou les partis ouvriers. En admettant que ce soit le cas, alors pourquoi ne s'orientent-ils pas vers d'autres partis ouvriers ? Peut-être parce qu'ils considèrent qu'ils sont aussi dégénérés ou qu'aucun ne leur tient un discours audible et cohérent, qui sait ? Cela pourrait être une partie de l'explication.

Peut-être que la majorité des travailleurs réagissent ainsi, parce qu'ils ont encore les moyens d'absorber le choc des mesures prises par le gouvernement (et les précédents), qui sait ? Ils s'en accommodent sans que leur mode de vie n'en soit profondément affecté, ils estiment donc inutile de se mobiliser. Cela pourrait être aussi une partie de l'explication.

Dans tous les cas de figure, ils témoignent qu'ils n'ont aucune conscience de classe ou si peu, c'est sans doute la seule chose qu'on peut affirmer sans prendre de risque. Sont-ils heureux pour autant ? Non, mais cela pourrait être pire. Mais cela pourrait être mieux aussi, non mais cela on s'en fout, ce n'est pas le sujet. Ah bon ? Tiens donc ! Je pense le contraire et que c'est par ce bout là qu'il faudrait prendre les choses. Il est vrai que moi aussi je pourrais me la couler douce, au lieu de me faire chier à actualiser ce portail pour que dal, après tout moi aussi j'ai le droit de profiter de la vie maintenant que je suis vieux, un vieux con, je sais.

De toutes manières, dès qu'on essaie d'aborder la situation sous cet angle, les militants refusent toute discussion, on a le droit qu'à des quolibets ou des insultes. En fait, ils ne veulent pas entendre parler des rapports entre les classes, ils ne veulent pas entendre parler des rapports qui existent entre la condition des travailleurs et la survie du capitalisme. Ils se foutent de la situation, de tous ces facteurs ou de tous ces rapports, ils se contentent de la messe qu'on leur sert depuis plus d'un demi-siècle. J'en déduis donc qu'ils tirent également satisfaction de leur condition et qu'ils n'ont aucune raison de vouloir en changer. Revenons à la question que nous posions au début.

Alors ce décalage existe-t-il réellement ? Vous avez la réponse. A suivre.

Stratégie du chaos. Au Canada.

Le Canada légalise la consommation et la culture du cannabis a-t-on appris.

Lu une réaction - "La crainte principale est relative à la banalisation de cette substance par la société, l'accès des jeunes au cannabis qui inquiète..."

Ce n'est pas le cannabis en soi qui pose problème ou qui constitue une crainte, mais davantage les conditions économiques, sociales et politiques dans lesquelles il est rendu accessible à tous, ce qui vaut pour le tabac, l'alcool, certains médicaments.

Pourquoi des gens se bourrent la gueule, se défoncent, se bourrent de ces saloperies ? Pourquoi en éprouvent-ils le besoin ? Pourquoi sont-ils si mal dans leur peau ? Pourquoi la vie leur semble aussi insupportable ? Pourquoi la société leur pourrit l'existence ? Il ne serait pas plutôt là le problème ?

On peut très bien savourer un bon vin, doper son imagination pour accéder à un niveau de conscience supérieur, se soigner sans se détruire le cerveau ou pire encore.

Dans un autre registre on exclura la pornographie qui est une ignominie. Quant à la vente libre d'armes j'y étais favorable pour des raisons que vous pouvez facilement deviner, mais c'était peut-être une erreur. Car à tout bien considérer, c'est peut-être l'un des plus puissants facteurs qui a rendu les Américains schizophrènes, au point d'être en état de guerre permanent contre le reste de la planète ou de porter au pouvoir des psychopathes ayant adopté cette politique.

Stratégie du chaos. Au tour de l'Inde ?

La main invisible de la gauche ultra libérale-libertaire la plus réactionnaire a frappé.

- Nouvelle rumeur meurtrière sur WhatsApp en Inde: 25 personnes arrêtées - AFP 15 juillet 2018

La police indienne a annoncé dimanche avoir arrêté 25 personnes après la mort d'un homme lynché à la suite de rumeurs d'enlèvement d'enfant lancées sur la messagerie WhatsApp.

Ces hommes ont été arrêtés à la suite du meurtre de Mohammad Azam, 27 ans, qui a été attaqué avec deux amis par une foule de 2.000 personnes vendredi soir dans le district de Bidar, dans le sud de l'Etat de Karnataka.

Ses deux amis ont été très grièvement blessés dans cette attaque survenue quelques jours après que la messagerie détenue par le réseau social Facebook a publié des conseils dans les journaux indiens sur la manière de repérer les fausses informations circulant sur sa plateforme.

Plus de 20 personnes ont été lynchées ces deux derniers mois en Inde après avoir été accusées d'enlèvement d'enfant, selon des informations de presse.

La police a précisé que Mohammad Azam et ses amis revenaient vers la ville voisine de Hyderabad après avoir rendu visite à un ami à Bidar lorsqu'ils se sont arrêtés à mi-chemin et ont proposé des chocolats à des enfants.

"L'un d'eux avait acheté des chocolats au Qatar et a essayé d'en donner aux enfants comme marque d'affection", a expliqué à l'AFP l'adjoint au chef de la police de Bidar V. N. Patil. Mais un enfant s'est mis à pleurer, attirant l'attention de plus âgés, qui ont accusé les hommes d'être des kidnappeurs, a poursuivi le policier, alors que les rumeurs sur des réseaux d'enlèvements d'enfants vont bon train sur les réseaux sociaux dans cette région.

M. Patil a précisé que les trois hommes étaient parvenus à prendre la fuite mais avaient été attaqués à quelques kilomètres par un groupe de personnes beaucoup plus nombreux alerté via Whatsapp.

Leur voiture avait basculé après avoir heurté un barrage placé par la foule en colère. Ils ont été extirpés de leur véhicule et frappés à coups de bâtons et de pierres. Trois policiers ont été blessés par la foule qui s'est déchaînée pendant près d'une heure.

Le premier "lynchage WhatsApp" connu dans le pays remonte à mai 2017, dans l'État pauvre du Jharkhand (est), où des foules avaient lynché huit personnes.

Après un an d'accalmie, ce fléau a pris une nouvelle ampleur depuis le début du mois de mai de cette année, avec des épisodes de violences désormais recensés dans une dizaine d'États de l'Inde. Début juillet, ce pays a appelé la messagerie mobile WhatsApp à "agir immédiatement" pour mettre un terme à la propagation des fausses rumeurs. AFP 15 juillet 2018

Après avoir présenté les Indiens comme des violeurs, les voilà qu'ils en font des kidnappeurs.

L'Inde est encore un pays largement sous-développé, et les Indiens ne sont jamais sortis de l'état d'arriération ou de profonde ignorance qui les caractérisait, même ou surtout quand on les retrouve au volant de leur voiture ou surfant sur les réseaux (a) sociaux...

Leur niveau de conscience en général est demeuré un niveau proche de zéro, qu'ils aient été scolarisés ou non, puisque la plupart d'entre eux n'ont reçu aucune éducation ou leurs parents étaient eux-mêmes ultra arriérés quand ils n'étaient pas analphabètes et totalement incultes.

Ici, à proprement parler on ne transmet pas de connaissances, des valeurs, des principes, ces notions n'existent pas. L'éducation ou la pédagogie sont quasi inexistantes ou se réduisent à des coutumes moyenâgeuses bourrées d'obligations et d'interdictions stupides ou coercitives, de croyances ou de superstitions. Le développement de l'homme se fait uniquement au petit bonheur la chance par mimétisme et sans explication, de sorte que la réflexion demeurera à l'état primaire et les bases de la logique la plus élémentaire resteront inaccessibles.

A bien des égards, l'Inde est un pays profondément dégénéré avant même de s'être développé.

Dans ces conditions leur accorder un niveau de conscience tant soi peu développé serait abusif ou ne correspondrait pas à la réalité, ou alors quand il en existe des traces ils vont l'employer de préférence à mauvais escient. Par exemple pour duper ou voler un plus sot qu'eux ou les étrangers qui ignorent à qui ils ont réellement affaire et qui s'apitoient sur leur sort, des proies faciles, j'en fais l'expérience quotidiennement depuis plus de 22 ans, sauf qu'il est de plus en plus difficile de m'abuser, sauf quand ma vigilance baisse parce que je suis trop pris par autres choses ou j'ai l'esprit ailleurs. Non, mais je n'exagère pas, il faut constamment être sur ses gardes, ne serait ce que lorsqu'on fait des courses par exemple.

Le mensonge et le vol, tirer profit d'une situation ou d'une personne, paraître, voilà à quoi se résume leur morale et leur comportement en général à des degrés divers, disons selon leur statut social, mais pas forcément. Selon leur condition du moment aussi, si elles sont particulièrement mauvaises ou critiques, alors ils feront facilement péter tous les codes ou règlements que la société leur avait imposés ou qu'ils avaient fini par adoptés, et il n'y aura plus de limites à leurs agissements qui pourront également se traduire par des excès de violence ou se conclure par un meurtre ou un suicide, c'est très fréquent ici, par pendaison de préférence ou par empoisonnement, décapitation ou découpage à la machette.

Les enfants sont livrés à eux-mêmes et les adultes également, seule la loi, la crainte du gendarme et de la prison, pas toujours, exerce un pouvoir sur eux et limite leurs agissements. Ils n'ont aucune notion du droit, du respect, de la morale, vous diriez du civisme en France. Ils réagissent au coup par coup.

Leur faculté de penser, quand ils s'en servent, sert uniquement leurs intérêts individuels immédiats ou à accroître leur pouvoir de manière à être digne de leur statut social ou pour atteindre un statut social supérieur, c'est le seul facteur qu'ils respectent ou qui leur en impose, car de là découle leur condition dans cette société semi-féodale basée sur la loi du plus riche et du plus fort, d'où le culte qu'ils leur vouent.

Alors imaginez ce qui peut se passer quand on met entre leurs mains des jouets modernes ou sophistiqués comme un téléviseur, une moto ou une voiture, un téléphone portable, Internet et les réseaux numériques, etc. cela va donner lieu à toutes les dérives possibles et inimaginables dans des proportions monstrueuses, c'est inévitable qu'ils en fassent un mauvais usage.

Ils vont totalement ignorer que la télévision est un formidable outil de conditionnement et d'abêtissement, de propagande, ils vont se coller devant à en perdre la vue, etc. Ils vont rouler à contresens sur une quatre voies, y compris les poids lourds de jour comme de nuit, stationner n'importe où, rouler à n'importe quelle vitesse, avec des pneus usés jusqu'à la corde, sans lumière la nuit, avec des véhicules jamais révisés ou en ruine, complètement bourrés, ils vont monter à 5 sur une petite moto, 2 adultes et 3 enfants, à 8 ou 10 dans une bagnole, etc. Ils vont passer leur temps à raconter leur vie au téléphone, qui n'est pas gratuit ! Et je n'ose même pas ou ne peux pas imaginer quel usage ils vont faire d'Internet, des réseaux numériques.

C'est terrifiant quelque part, vous ne trouvez pas, et je ne vous raconte pas tout ! Ce bref aperçu permet de comprendre que les Indiens n'ont pas du tout conscience des dangers que représentent tout ce qu'on a mis à leur disposition, ce dont je m'emploie à leur expliquer à longueur de temps évidemment, ce qu'il arrive à comprendre facilement parce que je les connais très bien et je sais comment il faut s'adresser à eux, sans les juger ou les réprimander, et puis à leurs yeux en tant que Français j'ai un statut supérieur, donc j'en use à bon escient pour leur donner de bons conseils, les mettre en garde contre certaines pratiques.

Si ce ne sont pas les plus pauvres qui utilisent Facebook ou WhatsApp, un grand nombre de jeunes issus de la classe ouvrière qui disposent d'un emploi et d'un revenu fixe y sont abonnés et accros.

Un jour Vidje déjeunait chez nous, un jeune ouvrier de 22 ans et neveu de ma compagne. J'avais constaté auparavant qu'il ne décollait plus de son Iphone, même à table. Je lui ai montré à l'ordinateur un article de presse mettant en garde sur l'usage abusif de Facebook et les ravages que cela pouvait causer à leurs utilisateurs et sur le plan social à leur entourage, jusqu'à la dépendance et produire des crises de démences nécessitant une hospitalisation en service psychiatrique. Cela a produit un effet radical sur lui, l'histoire que je viens de vous raconter remonte à quelques mois déjà, et depuis je l'ai revu en maintes occasions et bien jamais plus je l'ai trouvé absorber par son Iphone qui restait dans la poche de sa chemise.

Il ne faut pas croire que Vidje serait plus développé que les autres Indiens. En revanche, je crois que pour avoir travaillé en usine pendant près de 2 ans, inconsciemment il a vécu une expérience qui allait lui être profitable. Il s'était retrouvé dans une situation où il avait été forcé d'écouter ce que ses supérieurs hiérarchiques lui disaient s'il voulait travailler et conserver son emploi. Il a donc développé cette faculté qui lui sera utile en d'autres circonstances ou le restant de sa vie, ce qu'il a démontré en m'écoutant, surtout que je lui avais dit sur un ton amical, qu'il était libre de faire ce qu'il voulait de son Iphone.

Pour revenir à l'article de l'AFP.

La semaine dernière ma compagne Selvi m'a demandé si on ne pourrait pas prendre chez nous chaque week-end sa petite fille (3 ans et demi) et un de ses frères (9 ans) parce qu'ils auraient été victimes d'une tentative d'enlèvement. D'après ce qu'elle m'a raconté, alors que les deux gosses marchaient le long de la grande route à 500 mètres de chez eux, un homme s'est arrêté et leur a proposé de monter sur sa moto, les gosses ont pris peur et sont partis en courant en direction de la maison de leurs parents. Peut-être voulait-ils seulement les raccompagner chez eux, toujours est-il qu'il n'en fallu pas plus pour que les parents de ces gosses et ma compagne en deviennent hystériques, après avoir entendu plein d'histoires d'enlèvements à la télévision et dans le presse.

Bref, Vosmsica 3 ans et demi a passé le week-end chez nous, pas son frère qui est déjà un petit monstre, j'ai assez d'emmerdements sur le dos en ce moment, c'est son père qui l'a pris avec lui à son boulot, il a préféré la compagnie de ses copains au lieu de consacrer du temps à l'éducation de ses gosses, qu'il assume, c'est ce que je lui ai dit gentiment, mais fermement parce qu'il avait insisté lourdement.

La petite fille de 3 ans et demi écoute quand on lui parle, elle obéit quand on lui donne un ordre, le garçon de 9 ans s'en tape complètement et te le fait savoir, il va jusqu'à t'envoyer chier, en plus il est violent, il n'y a déjà plus rien à en tirer, et moi je n'ai pas la mentalité d'un flic, merde. Leur frère aîné qui a 11 ans est calme, il fut le premier, son père s'en occupa visiblement. Le destin d'un gosse tient à peu de choses, mais les parents l'ignorent malheureusement.

Si de manière générale on n'attribue pas aux pauvres ou aux masses la responsabilité de leur situation ou de la situation, pris individuellement il est possible de les mettre face à leurs responsabilités et de leur faire comprendre. C'est le principe que j'ai adopté, qui vaut pour ce qu'on appelle les migrants que je ne soutiens pas, alors qu'individuellement j'ai aidé des Indiens à immigrer en France, vous saisissez la distinction, n'est-ce pas ? Moi, je ne donne de leçons à personne en général, je ne dicte pas aux masses ce qu'elles devraient faire, je les mets en pratique.

Il est bien le roi des cons.

- Coupe du monde 2018 : l'explosion de joie d'Emmanuel Macron pendant la finale France-Croatie fait réagir les internautes - Franceinfo 15 juillet 2018

Quel pantin ! C'est ce qu'on retenu la majorité des internautes. On a déjà compris que ce n'était pas lui qui dirigeait le pays...

- Mondial: l'équipe de France de football reçue à l'Elysée lundi en fin d'après-midi - AFP 15 juillet 2018

- Mondial-2018: La France exulte, emportée par sa "deuxième étoile" - AFP 15 juillet 2018

- La France célèbre la victoire - euronews 15 juillet 2018

- «Penser que tous les Français, dans toutes les villes sont réunis, c’est merveilleux !» - Liberation.fr 15 juillet 2018

La connerie est communicative.

- En images : à Paris, le bal des migrants enfièvre Stalingrad - Liberation.fr 15 juillet 2018

Ils sont moins cons... et ils ont de la mémoire.

- Les Macédoniens boycottent la célébration de l’Otan - Réseau Voltaire 15 juillet 2018

Extrait. L’ex-République yougoslave de Macédoine devait célébrer, le 14 juillet 2018, l’ouverture de sa négociation d’adhésion à l’Otan. Pour l’Alliance, cette adhésion est d’autant plus importante que, comme les Grecs, la majorité des Macédoniens sont orthodoxes et donc culturellement proches des Russes.

15 concerts « We love NATO » (« Nous aimons l’Otan ») avaient été organisés par le Parti socialiste du Premier ministre, Zoran Zaev, et devaient être retransmis par la télévision publique. Cependant, en l’absence de public, les concerts et l’émission ont été annulés au dernier moment.

Les Macédoniens se souviennent de la guerre conduite par l’Otan contre leur voisin serbe dans sa province kosovare et de la vague migratoire, organisée par l’Alliance, qui précéda l’intervention et servit à la justifier... Réseau Voltaire 15 juillet 2018

L'UE franchit un pas de plus vers le totalitarisme au profit des multinationales.

- L'UE pourra conclure ses accords commerciaux sans Parlements nationaux - Le Figaro.fr 22.05

Les ministres du Commerce de l'UE ont validé mardi une nouvelle approche dans la conclusion des futurs accords commerciaux de l'Union qui permettra de se passer, selon les cas, de leur ratification par les Parlements nationaux afin d'accélérer les discussions.

Cette approche permettra à l'Union européenne d'éviter que les traités qu'elle négocie puissent être stoppés par un seul Parlement national ou régional, comme ce fut le cas dans le passé pour l'accord avec le Canada, le CETA. Opposé à certains dispositions du CETA, le seul Parlement de la région belge francophone de Wallonie avait bloqué, fin 2016, sa signature pendant plusieurs jours, engendrant une mini-crise diplomatique avec Ottawa.

A l'avenir, la Commission proposera donc de scinder les accords commerciaux en deux: d'un côté les dispositions purement commerciales qui ne nécessiteront que l'approbation du Parlement européen pour entrer en vigueur; de l'autre, un accord d'investissement qui devra être ratifié par tous les Parlements.

Il appartiendra cependant aux Etats membres de décider, "au cas par cas, de la scission des accords commerciaux" en fonction de leur contenu, souligne le Conseil de l'UE dans son communiqué. Le Figaro.fr 22.05

Commentaire d'un internaute en train de réaliser enfin ce qu'ils tramaient depuis le début.

- "Donc, ce sera la bureaucratie européenne, jamais élue, qui prendra des décisions pour l'Europe... Ça ressemble de plus en plus à une dictature."

Euroïnomanie s'est exclamée un autre internaute.

Syrie. Libération franchit un cran de plus dans la désinformation ou l'imposture.

Grille de lecture.

Les barbares du Front al-Nosra deviennent tout bonnement de braves et héroïques combattants. De la liberté et de la démocratie évidemment.

- Syrie. L’évacuation de Deraa a débuté - Liberation.fr 15 juillet 2018

Des combattants et civils syriens de Deraa ont commencé dimanche a évacuer la ville méridionale en direction du nord du pays. «Plusieurs centaines de combattants et quelques-uns de leurs proches sont montés à bord de 15 bus qui ont quitté [le lieu de rassemblement], a rapporté un correspondant de l’AFP. Selon les registres, 750 personnes devraient quitter [Deraa].»

Haut symbole de la révolte contre Bachar al-Assad en 2011, la province de Deraa est tombée dans l’escarcelle du régime au terme de trois semaines d’une offensive éclair qui a fait plier les rebelles et fait 150 morts parmi les civils. Liberation.fr15 juillet 2018

Occasionnellement ou pour éviter les répétitions les barbares sont qualifiés de rebelles. Quand aux 150 morts, comment Libération pouvait-il savoir qu'il s'agissait de civils ?

Et quant à la province de Deraa, elle a été libérée de ces barbares par l'armée de la République arabe syrienne...

En complément. Après une bonne nouvelle, une mauvaise.

- Afghanistan: le pire semestre en 10 ans pour les civils, selon l'Onu - AFP 15.07

Echec du Fonds de la Misère Internationalisée.

- Démission du PM haïtien après de nouvelles manifestations - Reuters 15.07

Le Premier ministre haïtien Jack Guy Lafontant a démissionné samedi de ses fonctions, alors qu'il était confronté à un vote de défiance du Parlement après avoir annoncé ce mois-ci la hausse du prix des carburants, provoquant de violentes manifestations.

Le gouvernement a annoncé la semaine dernière une forte réduction des subventions sur les carburants, dont les prix devaient augmenter de 38% pour l'essence et de 47% pour le diesel.

Cette annonce a déclenché de violentes manifestations, marquées par le blocage de routes, le pillage de magasins et des incendies de voitures dans la capitale Port-au-Prince.

La suspension provisoire de la mesure, annoncée dès le lendemain de son application par Jack Guy Lafontant, n'avait pas suffi à mettre fin aux troubles.

L'augmentation du prix des carburants avait été décidée dans le cadre de mesures d'austérité exigées par le Fonds monétaire international (FMI).

Lafontant, médecin, avait été nommé Premier ministre en mars 2017, alors qu'il était novice en politique. Reuters 15.07


Le 15 juillet 2018

CAUSERIE ET INFOS

Causerie au format pdf (7 pages)

Le mot du jour : Les cons ça ose tout, et c'est même à ça qu'on les reconnaît. Et qui est le roi des cons, qui ose tout, qui le revendique ? Macron ! Et sa cour.

Et il ne manque pas de rival, par exemple celui qui vient de faire l'éloge du Conseil constitutionnel, Mélenchon ! Je n'y peux rien s'il a cru bon d'adopter cette posture servile.

La connerie prend sa source en haut, puis elle dévale tous les échelons de la société pour finir sa course dans le ruisseau du lumpenprolétariat.

Et toujours ces bruits de bottes ou de canons, cette odeur de chair calcinée ou en décomposition qui couvrent les deux hémisphères terrestres.

Notre plus grand ennemi est le plus grand ami de nos ennemis : L'ignorance des masses et tous ceux qui les maintiennent dans cet état, qui s'emploient à flatter leur ignorance.

Plus le régime en place déteint sur l'Ancien Régime, plus ses serviteurs ont tendance à l'imiter...

Notre expérience épouvantable des services publiques et des fonctionnaires de la Caf des Bouches-du-Rhône, de la CNAV de Paris, des services administratifs de La Réunion. On se contentera ici de la CNAV (Caisse Nationale d'Assurance vieillesse).

Je ne vous en ai pas parlé je crois, ma retraite est bloquée depuis le début du mois de juin. J'ai appris avant-hier que mes références bancaires n'étaient pas exploitables, alors qu'elles l'ont été depuis octobre 2017 et qu'elles n'ont pas changé. Délirant ! En revanche j'ai reçu en temps et en heure ma retraite complémentaire gérée par Humanis, un organisme privé.

La CNAV m'a envoyé le 4 juillet par la poste un document à faire remplir par ma banque et à lui renvoyer, donc cela mettra encore au moins un mois, alors qu'ils auraient pu me l'envoyer par Internet début juin, bref cela aurait pu être réglé en 24h.

Pendant un mois ils ont soutenu que ma retraite avait été versée. Plus fort encore, ils ont été jusqu'à mettre à ma disposition sur leur portail l'attestation de paiement du 8 juin. Ensuite ils ont accusé ma banque, puis la Bred qui assure le transfert de banque à banque pour la CNAV. Pendant ce temps-là je me suis démené pour comprendre ce qui s'était réellement passé et j'ai effectué un tas de démarche, j'ai dérangé pour rien un tas de gens au point d'en être confus évidemment, car ce n'est pas dans mes habitudes, j'ai des principes, moi. Et vous croyez qu'ils se seraient excusés, pas le moins du monde, allez vous faire foutre !




ACTUALITE EN TITRES

Mansuétude coupable.

- Un rappel à la loi pour le journaliste Frédéric Haziza, accusé d’agression sexuelle - Liberation.fr 14.07

Vive l'armée, vive la guerre et vive le profit que je peux en attendre !

- 65% des Français d'accord avec le service national - Reuters 14.07

- Neuf Français sur dix ont une bonne opinion des militaires - Franceinfo 14.07

- Macron promet un mémorial "bientôt" pour les soldats morts en opération - AFP 14.07

Un pays en guerre... intérieure aussi.

- Collomb: 110.000 forces de l'ordre mobilisées ce week-end - AFP 14.07

- Un nouveau plan de lutte antiterroriste pour contrer la menace intérieure - AFP 14.07

Leur monde n'est plus qu'un champ de bataille planétaire.

- Un attentat suicide fait 128 morts dans le sud-ouest du Pakistan - Reuters 14.07

- Raids aériens sur Gaza : du jamais vu depuis 2014 - LeParisien.fr 14.07

- Un véhicule explose près du palais présidentiel à Mogadiscio - Reuters 14.07

Ils osent tout.

- Etats-Unis: 12 agents russes inculpés pour le piratage du parti démocrate en 2016 - AFP 14.07

Le dernier coup bas de l'Etat profond pour tenter de torpiller la prochaine rencontre Trump-Poutine...

- Migrants : des milliers de personnes ont manifesté à Vintimille contre les frontières - Franceinfo 14.07

Les frontières entre le discernement et la débilité mentale ont cédé...

- "Stop Trump": des dizaines de milliers de personnes défilent à Londres - AFP 14.07

"#DumpTrump" ("Trump à la poubelle"): des dizaines de milliers de personnes ont défilé vendredi à Londres contre la visite de Donald Trump au Royaume-Uni, un "carnaval de la résistance" contre le président américain jugé "misogyne, homophobe, xénophobe". AFP 14.07

Encore une démonstration de la gauche et extrême gauche plus néolibérales que Trump...

- Finlande: services secrets et manifs "anti-Trumpoutine" à Helsinki - AFP 14.07

- Grève générale, 260 morts en trois mois... On vous explique la violente répression au Nicaragua - Franceinfo 14.07

Lire dans cette page les articles en ligne sur la situation réelle au Nicaragua.




ACTUALITÉ DU JOUR

Leur humanisme est la politesse des salauds...

- Le gouvernement fait adopter par les députés l’augmentation de 40% des maires des grandes villes - Publicsenat.fr 14.07

Dans la nuit de vendredi à samedi dernier, et en toute fin d’examen du budget, Gérald Darmanin a repris à son compte un amendement du Sénat donnant la faculté d’augmenter de 40 % le salaire des maires de grandes villes ou des présidents de départements ou de régions. Publicsenat.fr 14.07

Donc nous sommes en droit d'exiger une augmentation des salaires, des retraites et des allocations chômages et handicapées de 40%. Non ! Pourquoi non ? Ah on vous a habitué aux miettes et vous vous en contentez ! Quelle conception misérable du syndicalisme !

- Les sénateurs adoptent l’assouplissement des règles de l’apprentissage - Publicsenat.fr 14.07

Le projet de loi prévoit de repousser l’âge limite de 26 à 29 ans révolu pour l’apprentissage. Le temps de travail sera assoupli pour les apprentis mineurs. Dans certains secteurs, ils pourront travailler jusqu’à 40 heures par semaine et 10 heures par jour. Le gouvernement prévoit de mieux payer les apprentis de 16 à 20 ans (715 euros contre 685 euros). Au-delà de 26 ans, ils seront payés au Smic. Les majeurs pourront bénéficier d’une aide de 500 euros pour passer le permis de conduire. En cas de rupture du contrat, l’intervention du conseil des prud’hommes ne sera plus obligatoire.

Le rapporteur (a souligné) que l’extension du temps de travail des apprentis pouvait être utile aux secteurs de l’artisanat, de l’hôtellerie ou de la restauration. Publicsenat.fr 14.07

Tu as 16 ans et ces esclavagistes veulent te faire bosser 10 heures par jour, 50 heures par semaine. Si tu refuses, ils vont déclarer que tu es un fainéant, voilà tout !

- Cancers et pesticides dans les vignes : « Tout le monde le sait, et tout le monde ferme les yeux » - Publicsenat.fr 14.07

En Gironde et en Charente, terres viticoles par excellence, les cas de cancers se multiplient à proximité des vignes. L’usage de produits chimiques phytosanitaires est pointé du doigt. Les familles se mobilisent pour dénoncer l’omerta qui règne au sujet des pesticides... Publicsenat.fr 14.07

Ce sont des assassins puisque « tout le monde le sait », à commencer par Macron, Philippe et le ministre de l'Agriculture.

- Polémique à Nice autour de la fermeture d'une fontaine utilisée par des SDF - Liberation.fr 14.07

Des associations dénoncent la fermeture par la mairie de Nice d’une fontaine utilisée par des SDF pour éloigner ces derniers d’une place du centre-ville, ce que dément la ville dans un communiqué publié vendredi. Liberation.fr 14.07

- 340 migrants secourus en mer ce samedi aux larges des côtes espagnoles - LeParisien.fr 14.07

340 migrants secourus en Méditerranée. L’opération de sauvetage a eu lieu ce samedi, menée par les services de secours espagnols. Ils étaient 240 répartis sur 12 bateaux... LeParisien.fr 14.07

Une telle armada, 12 bateaux, même si c'étaient de petites embarcations, n'était pas repérable par satellite quand elle prit la mer...


C'est quoi un travail d'investigation sur le Net pour démasquer les manipulations (de l'AFP) ? Mode d'emploi.

- En Syrie, des militants ont lancé la guerre... aux "fake news" - AFP 14 juillet 2018

LVOG - Donc leurs intentions sont louables...en apparence seulement.

AFP - Une équipe de six volontaires --installés en Turquie, en Syrie ou encore en Allemagne-- dirige le projet, financé grâce aux dons d'ONG européennes. (Lesquelles ? - LVOG)

"Les fausses informations se propagent plus rapidement que les vraies", s'amuse Dirar Khattab, l'un des volontaires.

Depuis 2016, la plateforme "Verify-sy" permet aux internautes de distinguer le vrai du faux, décortiquant et démontant les intox qui font le buzz, après avoir été disséminées par les groupes rebelles, le pouvoir de Bachar al-Assad, ou leurs partisans.

LVOG - Dans la suite de cet article, l'AFP va donner des exemples de fake news rapportées par ces "militants", mais étrangement on va s'apercevoir qu'aucun ne concerne les barbares issus d'al-Qaïda présentés comme des rebelles, C'est révélateur et on n'est pas au bout de nos surprises.

- Un cliché présenté sur la toile comme étant un raid aérien israélien sur Damas s'avère être, après vérification, un bombardement de l'Etat hébreu sur la bande de Gaza en 2014.

- Des images montrant des Casques blancs --ces bénévoles de la défense civile en territoire rebelle-- se préparant à mettre en scène une opération de sauvetage, sont exhibées comme preuve de leur malhonnêteté. Ce sont effectivement des acteurs... mais il s'agit du tournage d'un film réalisé par un député syrien.

- Côté opposition, une vidéo postée récemment sur internet appelant, via les haut-parleurs de mosquées, les rebelles de la province de Deraa (sud) à combattre les forces du régime s'est avérée être une vidéo remontant à 2015 au Yémen, que les militants de "Verify" ont trouvée sur Youtube.

- M. Khattab se souvient ainsi de la fois où, en décembre 2016, l'ambassadeur syrien auprès de l'ONU, Bachar al-Jaafari, a présenté devant le Conseil de sécurité une photo prise selon lui lors de la bataille d'Alep. On peut y voir un soldat à quatre pattes faisant office de marchepied à une jeune femme pour l'aider à descendre d'une camionnette. Seul hic: l'image vient d'Irak, et non de Syrie, selon "Verify".

L'équipe a créé une page Facebook qui permet également au public de participer à l'effort de suivi et d'inspection, en soumettant ses propres vérifications, ou en attirant l'attention sur une information douteuse. AFP14 juillet 2018

Question : Mais qui sont réellement ces Syriens, pour qui travaillent-ils au juste, qui les sponsorisent, les finances ?

Qui est Dirar Khattab ?

Dirar Khattab, ex-producteur de documentaires pour la chaîne qatari Al Jazeera, il vit en Allemagne.

Qu'est-ce que Verify-sy ?

Le fondateur de Verify-sy vit aujourd'hui en Turquie.

L'idée de Verify-sy est venue de l'énorme matériel de faux médias, lié à la Syrie, publié principalement sur les médias sociaux, provoquant la perte de crédibilité des médias de la révolution syrienne.

L'opinion publique et les sympathisants de la révolution syrienne, et même le public syrien lui-même, ne font pas entièrement confiance à la révolution médiatique pour cette raison. Nous, dans Verify-sy, détectons les nouvelles fausses et fabriquées sur d'autres plateformes de médias et les corrigeons afin de transmettre les vraies nouvelles au public. (Dans le blog, c'est moi qui est fait la traduction- newsdeeply.com)

On apprenait également que Verify-sy était un service ou une antenne de News Deeply.

Qu'est-ce que News Deeply ?

News Deeply is an online journalism and technology company, based in New York City. Wikipedia.org

Traduction : News Deeply est une entreprise consacrée au journaliste et aux technologies de l'information basée à New York.

Cela commence à sentir le soufre, vous ne trouvez pas ? On le vérifie tout de suite.

Que lisons-nous dans le blog de News Deeply ?

We Are the Syrian Electronic Army - newsdeeply.com June 2, 2016

- "We respect the human mind, something that the government media has never done."

- "The average readers today cannot verify the news, as they can’t go back to the Russian, Iranian and Western media. This is where platforms like ours help the reader.

The amount of misinformation and lies that some news outlets spread out of Syria is unfathomable. Whether it’s Hezbollah’s propaganda [hub], al-Manar, or Russia’s RT, these outlets spread lies to support the Syrian regime’s vening in Syria. "newsdeeply.com June 2, 2016

En gros, leurs cibles sont la Russie, l'Iran, le Hezbollah les médias alternatifs occidentaux, et bien entendu Bachar el-Assad et le gouvernement syrien.

3 mois plus tôt le Huffington Post basé également aux Etats-Unis avait publié cet intervew, le 3 mars 2016. Apparemment cela n'avait pas pris, donc ils ont remis cela à partir d'un autre support toujours basé aux Etats-Unis.

Là les choses vont se préciser encore, on arrive au bout, un peu de patience.

Qui a créé News Deeply ?

Lara Setrakian une américaine d'origine arménienne devenue journaliste. Correspondante pour ABC News, Bloomberg TV, the International Herald Tribune notamment. A partir de 2011 elle a couvert les évènements en Egypte, Tunisie, Libye, Liban, Syrie, Yémen notamment pour Bloomberg Television et ABC News...

Elle est diplômée de l'université d'Harvard, et elle est membre du Young Global Leader of the World Economic Forum et du Council on Foreign Relations (CFR). Elle contribue également au blog du magazine américain bimestriel Foreign Policy créé par le théoricien du choc des civilisations et néoconservateur, Samuel P. Huntington.

Qu'est-ce que Foreign Policy magazine ?

Créé en 1970 par Samuel P. Huntington.

Il était publié jusqu'à fin 2009 par la Fondation Carnegie pour la Paix Internationale à Washington, D.C. Il a été racheté par The Washington Post Company fin septembre 2009. (Piliers du groupe Bilderberg depuis 50 ans - LVOG)

Quels sont les généreux donateurs de News Deeply ?

Foreign Policy Institute (SAIS) basé à Washington est un des donateurs de News Deeply, qui par ailleurs a reçu 2.5 millions de dollars de différents donateurs.

Pour terminer, qu'est-ce que Foreign Policy Institute (SAIS) ?

Appelé à l'origine The Washington Center of Foreign Policy Research, il a été fondé et financé par la Ford Foundation, puis par Carnegie Corporation and the Ford, Avalon, Old Dominion and Rockefeller Foundations. Y sera intégré le théoricien de la dislocation du Moyen-Orient, Zbigniew Brzezinski... (Source : Wikipedia)

Tous les lecteurs auront compris quelle est la nature et la fonction de ces "militants" syriens qui ont été recrutés par les parrains des barbares du Front al-Nosra et de Daesh renommés "rebelles" par l'Agence Française de la Propagande de guerre de l'Otan.

Vous aurez remarqué qu'au premier abord on ne soupçonnerait jamais qui sont leurs soutiens et quels sont leurs réelles intentions maquillées par l'AFP. Il s'agit bien d'une manipulation ou d'une information à caractère frauduleuse destinée à tromper les lecteurs pour les amener à soutenir les ennemis de la Syrie.

Bien entendu, en période de conflit ouvert l'ensemble des belligérants recourent à tous les artifices de la propagande de guerre à leur disposition pour tromper leurs ennemis, dont les fausses informations. Donc accuser systématiquement un des belligérants d'y recourir, c'est vouloir faire croire que l'autre camp n'y recourrait pas ou sous-entendre qu'il serait légitime qu'il en use, comme s'il y avait été forcé malgré lui ou qu'il en était la victime innocente, donc ici les barbares qui ont détruit la Syrie.

ll ne manque jamais de citoyens isolés prêts à servir les pires causes ou à accomplir les plus sales besognes pour en tirer profit. L'homme est capable du meilleur et des pires bassesses...

Au passage, vous aurez observé comment nos ennemis ont étendu leur toile à travers le monde. A côté, on est vraiment minable. On n'est même pas foutu de se coordonner, d'entretenir des relations loyales et cordiales, tout cela parce qu'il y en a qui ne supportent pas qu'on les critique ou qui font passer leurs propres intérêts avant tout, ils se foutent de la cause qu'ils prétendent défendre, vous avez une autre explication à proposer ? Sauf peut-être quand il s'agit de se montrer à la tribune au côté des raclures du PS ou du PCF, là ils se bousculent.


Le 14 juillet 2018

CAUSERIE ET INFOS

Cette causerie a été réalisée sans tenir compte des infos de la veille.

La causerie de juin est disponible au format pdf, 111 pages... comme en mai !

Syrie. Deraa libérée des barbares du Front al-Nosra qualifiés de rebelles par l'AFP et les médias, Macron, etc.

C'est dommage, à cause de votre obscurantisme poussé à la limite du crétinisme, votre dogmatisme forcené, vous ne pourrez même pas partager la joie du peuple syrien, vous vous serez privés de cette victoire sur votre propre impérialisme.

Vous n'aurez pas tout perdu, vous pourrez toujours assister à la télévision au défilé militaire du 14 juillet sur les Champs-Élysées ! Les intéressés se reconnaîtront.

Causerie au format pdf (25 pages)

Adoptez le matérialisme dialectique.

Il y a un truc que je ne comprends pas et que je voudrais bien qu'on m'explique.

Je viens d'un milieu ouvrier très pauvre, arriéré, sans aucun lien avec le mouvement ouvrier, réactionnaire, et malgré tout j'ai réussi à m'élever au niveau du socialisme il y a 42 ans sans qu'il y ait de révolution, je me demande encore comment ce miracle a pu se produire puisqu'on m'a toujours dit que c'était impossible que certaines couches des masses y parviennent. Je suis désolé de contredire ceux qui le prétendent, je suis l'exemple vivant qui démontre que c'est possible. Vous me direz que je suis l'exception qui confirme la règle. Attendez, je crois ne pas être le seul dans ce cas-là, alors la question est de savoir pourquoi nous ne sommes pas plus nombreux à y parvenir, non ?

Mais c'est peut-être mal poser la question.

Car, comment dire, disons la priorité ou l'essentiel n'est pas que des couches des masses exploitées parviennent au niveau du socialisme, mais plutôt qu'elles adoptent le matérialisme dialectique comme méthode pour interpréter la réalité. Pourquoi ?

Parce que le matérialisme dialectique n'est pas une idéologie, ce n'est pas une doctrine ou une théorie, encore moins un programme politique, c'est juste une méthode qui permet d'accéder au déroulement du processus ou au procédé qui fait appel à aux lois logiques qu'emprunte la matière, l'univers, la nature, les hommes et leur histoire, la société pour se transformer. Notre objectif devrait être de prendre conscience de ces lois logiques qui parcourent ou structurent l'ensemble du processus historique.

C'est une autre méthode pour les interpréter qui est basés sur une observation minutieuse, scientifique, de la réalité, des faits, qui permet à la fois de remonter à leurs origines et de déterminer les différentes phases de transformation par lesquelles ils sont passés, de sorte qu'on peut prévoir les orientations que pourrait prendre leur évolution dans l'avenir, donc par exemple sur le plan politique, pour déterminer une stratégie politique afin de parvenir à un objectif, sachant ou après avoir observé que les moyens existent véritablement pour y parvenir, dès lors évidemment qu'on est capable de les mettre en oeuvre, c'est là que les choses se compliquent considérablement !

Kant définissait la logique comme « la science des lois nécessaires de l'entendement et de la raison », Hegel comme « la science de l'Idée pure », pour Marx la logique était tout simplement le processus matériel qui se déroulait sous ses yeux, autrement dit il suffisait de l'observer pour en prendre connaissance, et d'en tirer des enseignements théoriques, pratiques et politiques en l'occurrence.

En comparant ces trois ou plutôt ces deux définitions de la logique, puisque les deux premières relevaient toutes deux de l'idéalisme et celle de Marx du matérialisme pour s'en tenir aux faits, on a là les deux modes de pensée qui peuvent exister, l'un sortie de la tête des hommes, l'autre s'en tenant strictement à la réalité matérielle.

Evidemment il faut concevoir que chacun de ces modes de pensée comportent des variantes, parce qu'ils peuvent être influencés par des éléments extérieurs objectifs ou subjectifs, ou tout simplement parce que les hommes n'accèdent pas au même niveau de conscience. Quand on veut progresser et ne pas perdre son temps, il est fortement conseillé de s'en remettre comme guide à ceux qui ont atteint les niveaux de conscience les plus élevés, y compris chez les penseurs ou philosophes idéalistes qui furent les précurseurs ou les voix de bien des représentations idéologiques.

La particularité et la puissance incomparable du matérialisme dialectique réside dans le fait qu'il ne se contente pas d'exposer mécaniquement des faits qui se produirait indépendamment les uns des autres, il met en relief les liens ou les rapports qu'ils entretiennent ou dont procèdent la transformation de la société ou du monde, il prend en compte l'ensemble du processus historique depuis son origine de manière à ne rien laisser au hasard ou se perdre en spéculations hasardeuses, de sorte que son évolution prévisible apparaisse clairement sans un sens ou dans un autre, puisque le mouvement ou la vie ne sont constitués que de contradictions destinées à se résoudre indéfiniment selon les mêmes lois. C'est d'ailleurs pourquoi nous affirmons que la civilisation humaine n'est pas forcément éternelle, ou encore que jamais Marx n'a prédit que l'homme parviendra à se libérer des chaînes de l'exploitation de l'homme par l'homme ou du règne de la nécessité, il peut très bien en périr, tout comme il peut conquérir la liberté.

Depuis des lustres on entend parler de la pensée unique sans qu'on s'y soit vraiment attaqué en réalité, vous ne pensez pas que ce serait temps qu'on s'y mette sérieusement, non ?

Cette tâche qu'on devrait se fixer, qu'on devrait fixer à tous les travailleurs, présente l'avantage qu'eux seuls peuvent la réaliser librement et en tirer directement profit dans leur vie quotidienne. Car en commençant à interpréter sa condition d'une autre manière on en arrive à se poser une multitude de questions auxquelles on n'avait pas pensé auparavant, on progresse de manière fulgurante, plein d'obstacles sautent ou disparaissent, tout devient soudainement plus clair, et pour un peu plus rien ne nous retient de passer à l'action.

Répétons-le, cela n'a rien à voir avec de l'endoctrinement, avec l'adhésion à une théorie ou à un programme politique, il s'agit d'acquérir un instrument performant, le mieux adapté à l'accomplissement d'une tâche, comme le ferait n'importe quel ouvrier consciencieux, ni plus ni moins.

Il suffit de partir des faits et d'établir quels sont les rapports de cause à effet qui en sont à l'origine ou dont ils sont le produit, d'observer comment la quantité se transforme en qualité, le plus difficile étant de déterminer à quel moment précis cette transformation se réalise. C'est tout ? Oui, c'est tout. C'est simple alors ?

Pas du tout, parce qu'en réalité il existe une multitude d'éléments parasites qui vont nous empêcher de percevoir clairement ces rapports ou transformations, ceux qui nous ont induits en erreur jusque-là et qu'il va falloir discerner pour s'en débarrasser progressivement et continuer d'avancer. C'est frustrant ou décourageant !

Mais non voyons, on ne va pas s'attaquer à des choses complexes ou compliquées au départ ou dont on ignore tout ou presque, il faut procéder avec méthode, discipline et persévérance. Il faut commencer par l'appliquer à ce que nous vivons quotidiennement et qu'on est censé le mieux connaître, notre comportement, nos idées, nos propres expériences, notre condition, notre entourage, notre environnement, il y a de quoi faire avant de s'attaquer à des sujets spécifiques ou plus ardus. Soyons patient et résolu.

Qui, quoi, comment, dans quelle circonstance, pourquoi, en évitant toute interprétation, on va être amené à se poser une multitude de questions, il faudra explorer de nombreuses hypothèses sans a priori. On remet les compteurs à zéro et on reprend tout depuis le début. Et on ne revérifie tout, et on recommence aussi longtemps qu'on n'a pas trouvé de réponses satisfaisantes, cohérentes, qu'on peut justifier, argumenter, pour ensuite pouvoir les partager, car c'est aussi cela le but de la manoeuvre, sinon à quoi bon.

C'est cela la véritable école de la vie armé de cette méthode du matérialisme dialectique, et non d'apprendre des textes ou des formules, des principes par coeur comme on le rencontre le plus souvent chez les militants bornés, imbus de leur petite personne ou arrogant, dogmatiques, sclérosés ou séniles avant l'heure, parfois encore jeunes.

L'équilibre mental de nos enfants est en danger. Leur humanisme est la politesse des salauds...

- « les enfants n’ont pas forcement la distance critique vis-à-vis de ces écrans ». - publicsenat.fr 12 juillet 2018

Dépendances aux réseaux sociaux, exposition de sa vie privée… alors que 93 % des 12-17 ans possèdent un portable, certaines pratiques au quotidien peuvent se relever dangereuses pour les jeunes.

Pour Benoît Thieulin, ancien président du Conseil national du Numérique : «Il faut donc enseigner un code de bonne conduite aux enfants.» publicsenat.fr 12 juillet 2018

Ben voyons ! Ils savaient pertinemment ce qu'ils faisaient.

On connaît ce genre de discours, comme il faut enseigner un code de bonne conduite aux parents sans jamais imaginer qu'il faudrait plutôt changer de société pour que ce genre de situation n'existe pas, impensable.

Comme quoi on connaît par coeur leur rhétorique , voilà ce que j'ai lu dans un autre article publié la veille par le blog Les-Crises sur Facebook, en fait un article du Parisien publié le 19 mars 2018 : De façon générale, il y a un besoin d’éducation de la population pour comprendre la machinerie Facebook, ses algorithmes etc. Vaut mieux fuir Facebook, Twitter, etc.

Quand on fait commerce de tout comme le font ou permettent de le faire les réseaux numériques, on n'a plus de liberté. Quand tout le monde se met en scène, cela tue l'histoire, la dramaturgie, la poésie.

- Le nom de poème dramatique vient d'un mot grec qui signifie agir, pour montrer que la nature de ce poème consiste dans l'action (Molière, la Critique de l'École des femmes)

Ce qui se passe en réalité, c'est que tout se traduit par l'effet inverse de celui recherché, un peu comme lorsqu'on se trompe de camp ou quand on brasse du vent en croyant être utile.

Quel paradoxe que de s'enchaîner davantage encore en cherchant à se libérer ! Quel paradoxe de vouloir exister et de se noyer dans la masse ! On n'a jamais été aussi proche du socialisme et on plonge dans la barbarie.

Un enfant est naturellement égocentriste à la naissance, puis très rapidement il fait la découverte ou l'expérience des rapports qui le lie au monde extérieur, ce qui le conduit à réfréner ce penchant et à adopter des rapports plus équilibrés avec son environnement, sans que ses propres besoins ne cessent d'être prioritaires à ses yeux, ce qui au passage en fera plus tard un jeune révolutionnaire face à une société oppressive et répressive. Mais certains facteurs peuvent renforcé ce penchant au lieu de s'atténuer, pour en faire un individualiste effréné ou un ambition sans scrupule ni morale.

Le narcissisme naturel qui l'anime et qui joue un rôle majeur au cours de son développement, qui concourt à son épanouissement et qui accompagne la formation de son caractère, peut tourner au délire mégalomaniaque si ses rapports au monde extérieur sont gravement entravés ou perturbés, ou pire à la schizophrénique s'ils se coupent du monde extérieur, il en ferait dès lors une interprétation faussée qui pourrait le conduire à adopter un comportement nuisible pour lui et son entourage.

Avec les réseaux numériques, il ne fait pas directement en pratique l'apprentissage de la société dans laquelle il va être amené à vivre. Il l'aborde par procuration au moyen d'une présentation ou interprétation qu'on met à sa disposition, ce qui lui évite d'en faire lui même l'expérience. C'est ainsi que lorsqu'il se retrouve seul face à ces instruments, il se retrouve priver du moyen de tirer des enseignements de cette expérience, de pouvoir en faire la critique et de développer son esprit critique au profit d'un mode de pensé stéréotypé, préformaté, sur lequel il n'a aucune emprise, aucun moyen de contrôle puisqu'il lui est étranger et en ignore les fonctions réelles, ce qui n'est pas le cas lorsqu'il fait directement l'expérience du monde extérieur ou quand il se livre à une activité pratique, qui est autrement instructive que de demeurer passif durant des heures devant un écran.

Ce processus se passe à l'insu de l'enfant sans qu'il ait la moindre idée des conséquences qui pourraient en découler, comment il intervient dans sa perception du monde, comment il peut influencer la formation de sa personnalité, et le plus grave en bas âge, comment il peut intervenir dans la formation de la structure de son caractère qui l'accompagnera toute sa vie.

Il faut avoir en permanence à l'esprit les intentions nuisibles et inavouables de nos ennemis pour imaginer ou comprendre pourquoi ils ont conçu cet instrument, Internet, et pourquoi ils l'ont mis à la disposition de tous, certainement pas pour que la population accède à un niveau de conscience supérieur, auquel cas elle pourrait à un moment donné remettre en cause l'ordre établi, on n'attribuera donc pas cet avantage aux réseaux numériques ou plutôt à l'usage auquel ils étaient destinés par leurs concepteurs.

PMA. Qui était à l'origine de cette monstrueuse opération, qui en sont les porte-parole ? Toujours les mêmes.

Encore une sacrée saloperie à laquelle la pseudo-gauche et extrême gauche a adoptée.

- PMA : un avis du Conseil d’Etat et de l’espoir - Liberation.fr 13.07

Rien n’interdit l’extension de la procréation médicalement assistée (PMA) à toutes… mais rien n’impose non plus au législateur d’engager une réforme. Liberation.fr 13.07

- PMA pour toutes: la majorité pourrait déposer une proposition de loi dès cette année, espère Rugy - AFP 13.07 Le président de l'Assemblée nationale François de Rugy a espéré jeudi que les députés de la majorité déposent en 2018 une proposition de loi sur la procréation médicalement assistée (PMA) pour toutes les femmes, et qu'elle soit "adoptée rapidement". AFP 13.07

Je n'ai pas le temps d'analyser à fond ce sujet.

Disons qu'à l'heure de la surpopulation mondiale, de la surpopulation d'orphelins dans le monde, tandis qu'ils s'emploient à briser les rapports qui existaient entre les hommes et les femmes, à les dresser les uns contre les autres, à faire la promotion de l'homosexualité après avoir fait celle de la pornographie et l'avoir rendu accessible à tous par le biais d'Internet, etc. que cherchent-ils ces dangereux sociopathes, quelles sont leurs réelles intentions, quelle idée ont-ils derrière la tête, pourquoi accordent-ils tant d'attention à cette question qui ne concerne qu'une infime minorité, je parle de leurs commanditaires, les oligarques. Ce sont des questions qu'on est en droit de se poser car elles ont un rapport avec l'avenir qu'ils réservent la civilisation humaine si on ne parvenait pas à les chasser du pouvoir.

Puisque cela ne concerne qu'une infime minorité, il faut écarter l'argument selon lequel ils voudraient à tout prix augmenter la population mondiale. La contrôler jusqu'à sa conception correspondrait davantage à leurs intentions sordides, la cloner sur un modèle d'esclave qu'il aurait conçu ou sélectionné, faire en sorte que le moyen de se reproduire librement au moyen d'un rapport sexuel échappe à la population une fois un grand nombre devenu stérile... Je sais que cela peut paraître complètement dingue, mais ils le sont ne l'oublions pas, par exemple lorsqu'ils fomentent toutes ces guerres, conçoivent et produisent des armes bactériologiques, chimiques, nucléaires, et n'oublions jamais qu'ils ont de la suite dans les idées et que leur détermination est totale, leur cynisme sans fond ou limite.

Dans la rubrique la civilisation humaine dégénére à une allure fulgurante.

- Des «gratte-ciels horizontaux» pour faire face à la surpopulation en Chine ? - lefigaro.fr 11.07

En Chine, à Chongqing, une passerelle devrait bientôt voir le jour à plus de 280 mètres de hauteur. Une construction étonnante, qui reliera quatre tours de la mégalopole du sud-ouest de l’Empire du milieu. À l’intérieur de la passerelle, une boîte de nuit, des restaurants, une piscine et un poste d’observation devraient cohabiter sur 300 mètres de longueur. L’ouvrage raflera logiquement la palme du plus haut passage aérien jamais construit, une fois les travaux terminés vers mi-2019.

Plus de 6000 ouvriers sont à pied-d’œuvre pour finir à temps le projet. Celui-ci accompagne l’édification de huit tours, dont deux culminent à 350 mètres au-dessus du sol. Résidences, hôtels, bureaux et divertissements verront le jour dans ces gratte-ciels. Un parc public est même prévu: «Le futur centre névralgique de la ville» annonce déjà Moshe Safdie, l’architecte responsable de l’ensemble immobilier. Dans une interview accordée au journal The Guardian, il explique: «Avec des villes denses comme Chongqing, il n’y a pas de places pour des grands parcs au sol. Nous devons donc les surélever.»

Méconnue sous nos latitudes, la ville chinoise n’en est pas moins peuplée. Et elle fait même partie des métropoles qui comptent le plus d’habitants au niveau mondial: 34 millions en 2016, sur l’ensemble de son périmètre administratif. C’est presque autant que l’aire urbaine de Tokyo (37 millions d’habitants) et bien plus que toutes les capitales européennes. La cité industrielle est devenue une mégalopole gigantesque sous l’impulsion de l’État chinois. Dans les années 90, Chongqing était déclassée par rapport au reste du pays, et a bénéficié d’aides généreuses du gouvernement. En 2016, la ville a enregistré - selon les données officielles - un taux de croissance à deux chiffres pour la quinzième année consécutive. Son PIB a augmenté de 10,7% (contre 6,7 % pour la moyenne nationale, le taux le plus faible en vingt-six ans).

D’après Moshe Safdie, son «gratte-ciel horizontal» pourrait être une piste pour régler le problème de surpopulation de Chongqing. Il estime que créer une «ville dans la ville», suspendue aux gratte-ciels, aiderait à désengorger les rues de la mégalopole. Une idée loin d’être vérifiable aujourd’hui, tant les grandes tours sont encore réservées à une élite fortunée. «Une nécessité économique» répond l’architecte qui espère voir fleurir les constructions comme la sienne. Pour le moment, seul l’agglomération de Minneapolis, aux États-Unis, a véritablement intégré ce système de passerelles urbaines. Les habitants sont libres de passer d’un immeuble à l’autre, et même d’effectuer de véritables trajets. Il faut dire que le réseau de la ville américaine s’étend sur plus de 18 kilomètres, mais - à l’inverse de Chongqing - culmine rarement au-dessus de deux étages. lefigaro.fr 11.07

Quel monde de cinglés !

Triple numéro d'illusionnisme.

Les réactions aux éructions d'Alain Minc nous laissent indifférents dans la mesure où s'est un ramassis d'inepties.

Par exemple quand il affirme que "pour faire des réformes, il faut avoir un penchant autoritaire. Sinon, on se heurte à une résistance venue des profondeurs de l’Etat, le «deep State», comme dit Trump, ou encore la «technostructure».", alors que c'est le «deep State» qui réclame à cors et à cris ces réformes !

Ou encore quand il dit que "l’ancien président (Hollande - ndlr) pensait qu’il y avait deux facteurs de production, le capital et le travail. Il cherchait à taxer l’un pour favoriser l’autre", Hollande en défenseur du travail contre le capital, on aura tout entendu !

A la question du rédacteur en chef de Libération, L. Joffrin, court-on le risque d’une révolte majeure, il répond qu'il ne "la voit pas dans le domaine social", et quatre questions plus loin ou une minute plus tard, il déclare que "l’inégalité est trop forte" et qu'il y aurait un "risque l’insurrection", bref tout et son contraire juste le temps de reprendre son souffle !

Il n'en fallut pas plus pour que certains à court d'argument pour valider leur théorie se jettent dessus comme des chiens affamés, dont la tendance Claire du NPA ou le POID.

Lu dans le dernier éditorial de Daniel Gluckstein (La Tribune des travailleurs - POID) : Contre le corporatisme et le bonapartisme, pour la démocratie !

- "La Ve République sous Macron est-elle un régime bonapartiste ? « Oui », répond Alain Minc, fieffé réactionnaire proche du président (Libération, 8 juillet). Donnant en exemple Napoléon III et de Gaulle, Minc justifie le « penchant autoritaire » d’un État qui prend tout en mains par la prétendue incapacité des syndicats et du patronat à contractualiser, et par le « risque d’insurrection ». Justification classique de toutes les dictatures."

Voici la retranscription du passage de ce dialogue entre L. Joffrin et A. Minc.

Joffrin - Le macronisme, une forme de bonapartisme…

Minc - Oui. Mais c’est ainsi qu’on fait des réformes en France. Napoléon III avait imposé de cette manière le libre-échange, De Gaulle le marché commun, Mitterrand le grand marché et l’euro.

Daniel Gluckstein a "oublié" Mitterrand, sans doute un fervent partisan de la démocratie...

Au passage en fustigeant "la prétendue incapacité des syndicats et du patronat à contractualiser", la politique dite contractuelle chère à tous les syndicats réformistes qui avec les dirigeants de la CGT sont les principaux fossoyeurs du syndicalisme de classe, il légitime la politique permanente de collaboration de classe des syndicats depuis les années 60, bravo !

Il y en aura pour tout le monde.

Vous aurez remarqué avec quelle constance D. Gluckstein d'un éditorial à l'autre penche un coup à gauche, un coup à droite... Décidément ils sont tous comme cela. Attendez, ce n'est pas terminé, on a gardé le meilleur pour la fin.

On apprend que le régime s'effondre ou se maintienne dépendrait "pour une large part, de l’attitude des sommets des organisations qui se réclament du mouvement ouvrier et démocratique", sans qu'on nous dise de quoi se compose la petite part restant, mystère une fois de plus ! A quoi cela vous avancerait de le savoir puisqu'on vous dit qu'elle est insignifiante, dont la condition des masses et l'interprétation quelles en font ainsi que la situation, en quoi devrait-on en tenir compte, elles comptent pour du beurre, et puis il ne peut pas s'agir du régime puisqu'il est en crise, il avait tenu à le rappeler.

Je ne sais pas ce que vous en pensez, mais j'ai plutôt l'impression que les travailleurs dans leur immense majorité en ont strictement rien à foutre "de l’attitude des sommets des organisations qui se réclament du mouvement ouvrier et démocratique". Autrement dit, pour D. Gluckstein ce que pense les travailleurs ne l'intéresse pas, la seule chose qui à ses yeux présentent un intérêt c'est uniquement l'attitude des appareils et éventuellement celle des militants qui sont sous leur influence. Il adopte donc une démarche diamétralement opposée à la nôtre qui est résolument orientée vers l'ensemble des masses exploitées.

L'attitude de D. Gluckstein s'explique très bien par le fait qu'il considère que la situation serait révolutionnaire, donc il faut à tout prix qu'il puisse le justifier, histoire de galvaniser ses troupes qui iront comme par le passé de désillusion en désillusion. Et puis cela permet peut-être de satisfaire l'attente des militants inorganisés ou d'autres partis susceptibles de tomber sous le charme de son discours aux apparences radicales et qui ont tendance à prendre leurs désirs pour la réalité. Il oscille entre le gauchisme et le pire opportunisme.

De la décomposition à la dislocation du PCF, sa capacité de nuisance n'en demeure pas moins réelle.

- Pierre Laurent de plus en plus contesté au sein du PC - leparisien.fr 12 juillet 2018

Pierre Laurent passera-t-il l'automne ? Alors que le PCF doit tenir son congrès début novembre, les cadres du Parti communiste ne s'en cachent plus, ils sont de plus en plus nombreux à vouloir faire tomber le patron du PCF.

« Le PCF doit jouer son propre basket, arrêter de toujours se placer par rapport aux autres », explique le chef de file du groupe à l'Assemblée, André Chassaigne. Les signataires de ce texte critiquent vertement la décision du Parti communiste, qui n'a pas présenté de candidat à la présidentielle, pour soutenir Jean-Luc Mélenchon. Actant de fait son effacement du paysage politique.

Une décision qui n'a jamais été remise en question et qui a participé à « l'affaiblissement historique colossal » d'un parti, qui n'a fait que 2 % aux dernières législatives. « Il ne faut pas reproduire les errements, le flou, l'absence de stratégie claire », tacle de son côté le député et patron de la puissante fédération PCF du Nord, Fabien Roussel.

Le responsable de celle du Pas-de-Calais, autre bastion historique, Hervé Poly, est sur la même ligne. Les communistes sont aussi nombreux à critiquer l'apathie du parti, « pas assez actif » sur le plan national. Pierre Laurent, « inaudible », n'aurait pas pris la mesure de l'urgence, croient-ils.

Elsa Faucillon, jeune députée (37 ans) des Hauts-de-Seine et figure montante du parti, défend, de son côté, un second texte pour un « vrai rassemblement des forces de gauche antilibérales », pour la redéfinition « d'un projet communiste » moderne, plus écologiste, engagé aussi bien dans la lutte féministe, antiraciste, que dans celle des classes. Autant de critiques en creux de la direction actuelle, qui pour ses auteurs ne promet que le « statu quo ». Une troisième liste, intitulée « Reconstruire le parti de classe », sera également présentée au congrès par la section PCF du XVe arrondissement de Paris. leparisien.fr 12 juillet 2018

Si on a bien compris, il s'agit pour le PCF de préparer sans attendre la prochaine victoire électorale de Macron en 2022. D'ici là...

Du PS à l'extrême droite. A tous ceux qui avaient appelé à voter Hollande ou à "battre la droite", ce qui revenait au même.

Souvenez-vous de ce que nous avons affirmé à plusieurs reprises dans des causeries, comme quoi le PS ou la social-démocratie dégénérée n'avait fait que faire le lit de l'extrême droite depuis un siècle, j'avais même été plus loin en affirmant qu'ils y étaient liés ou que la collusion avec l'extrême droite n'était pas un fait isolé, il suffit d'observer notamment les rapports intimes qu'ont le PS et RN (ex-FN) avec l'extrême droite sioniste au pouvoir en Israël ou son représentant en France, le Crif, pour en avoir une certitude.

- Manuel Valls aurait choisi un allié sulfureux pour la bataille des municipales à Barcelone - M6info 12 juillet 2018

“Je n’ai pas encore pris ma décision. Mais je regarde ça de près avec beaucoup d’intérêt”. Interrogé le 30 mai dernier sur France Inter, Manuel Valls laissait la porte plus qu’entrouverte à une éventuelle candidature à la mairie de Barcelone.

Depuis, il semblerait que les choses s’accélèrent. Celui qui multiplie les rencontres avec les responsables politiques espagnols aurait même déjà formé son équipe de campagne, si l’on en croit le site francophone basé à Barcelone Equinox.

Le média local va même plus loin en affirmant que l’ancien Premier ministre de François Hollande a fait son choix concernant son futur bras droit pour la bataille des municipales. Il s’agirait d’un homme très controversé en Espagne : Josep Ramon Bosch.

Ancien président de l’association Société Civile Catalane (SSC) qui luttait contre l’indépendance de la Catalogne, il avait en effet démissionné en catastrophe de son poste fin 2015, son nom étant cité dans plusieurs affaires, révélées au grand jour par le journaliste Jordi Borras, spécialiste de l’ultra-droite, rapporte Equinox.

Josep Ramon Bosch a notamment été accusé d’avoir créé un faux profil sur Facebook via lequel il proférait des menaces de mort à l’attention des journalistes et responsables politiques pro-indépendance. On l’accuse également d’être derrière un compte YouTube qui multipliait la diffusion de vidéos contenant des images et symboles nazis. Mais l’homme de 55 ans a toujours nié son implication.

Proche des réseaux franquistes

Mais Josep Ramon Bosch est également pointé du doigt pour ses accointances avec les réseaux franquistes. Pour preuve, il s’était rendu en 2013 à une commémoration du soulèvement militaire franquiste du 18 juillet, rappelle le site local.

Equinox a d’ailleurs contacté l’homme à la réputation sulfureuse, qui a d’abord tenu à souligner que “l’affaire de la vidéo nazie n’a jamais été jugée pour cause de prescription”. Il a ensuite minimisé son rôle auprès de Manuel Valls, affirmant que ce dernier “a son propre agenda”, tout en confiant déjeuner et dîner “souvent avec lui lorsqu’il vient à Barcelone”.

Alors le député LREM officialisera-t-il sa candidature et confirmera-t-il Josep Ramon Bosch en tant que bras droit ? Celui-ci l’assure : Manuel Valls “est très motivé”. Publié récemment, le dernier baromètre électoral de la mairie de Barcelone ne donnait que 5,2% des voix au parti Ciutadans, qui pourrait soutenir le Français aux municipales de l’an prochain. M6info12 juillet 2018

Attention chers amis espagnols, avec 5% on peut tout de même devenir Président de la République ou Premier ministre... en France, alors pourquoi pas en Espagne !

En famille. Et dire que nos braves dirigeants n'ont pas cessé de soutenir un agent assumé du patronat.

- Jean-Claude Mailly choisit les patrons et renonce à l'Europe - Libération 11 juillet 2018

Mailly avait annoncé son autre projet : celui d’intégrer Alixio, la société de conseil de Raymond Soubie, ancien conseiller social de Nicolas Sarkozy, en tant que «senior advisor». La mission de cette entreprise est d’«accompagne[r] les décideurs d’entreprises dans leurs transformations RH, stratégiques, organisationnelles et managériales». Une belle formule, pour une réalité plus triviale : dans les faits, il s’agit d’accompagner les grosses boîtes dans leurs projets de restructuration et de réorganisation, qui laissent bien souvent de nombreux salariés sur le carreau. Libération 11 juillet 2018

Rectifions: En choisissant les patrons, il choisit également l'UE !

On a bien compris, Mailly va mettre son expérience du mouvement ouvrier et les connaissances qu'il a acquises au contact des travailleurs au service du patronat, pour qu'il puisse préparer discrètement des plans de licenciements massifs. Autrement dit en faisant en sorte que cela se passe dans les meilleures conditions possibles pour les patrons sans que les travailleurs ne puissent trouver les moyens de s'y opposer. Bref, Mailly va proposer aux patrons des formules pour qu'ils puissent appliquer leurs plans de licenciement sans encombre ou à moindre coût.

Et nos ahuris de dirigeants de brailler en choeur pendant des mois, des années, des décennies : Dirigeants, dirigeants, appelez à la grève générale ! Le summum de l'opportunisme, quelle bande de fripouilles ! C'est à cela qu'il faut les juger et pas autre chose.

S'il n'y a rien qui vous choque ou vous révolte ici, c'est que vous êtes mort politiquement, cela s'adresse aux militants. Vous comprenez peut-être un peu mieux pourquoi nous en sommes rendus là avec de tels dirigeants et de tels partis.

Otan de la guerre. L'Otan : Le ciment de la guerre.

Le méga-quartier général de l’Otan est expansible, comme la guerre par Manlio Dinucci - Réseau Voltaire 12 juillet 2018

Une grande importance symbolique est attribuée au fait que le premier Sommet convoqué dans le nouveau quartier général de l’Alliance, qui a coûté jusqu’à présent 1,3 milliards d’euros (mais le prix réel, dont 7 % est à la charge de l’Italie, reste encore à établir) : une structure de plus de 250 000 mètres carrés, quasiment le double de la précédente, où travaille en permanence un staff d’environ 4 000 militaires et civils, dotée de 18 grandes salles où se déroulent annuellement plus de 5 000 réunions avec une participation moyenne de 500 hôtes par jour.

La structure, maintenant constituée par 8 ailes majeures et 4 mineures reliées à un long corps central, est de type modulaire : donc expansible au fur et à mesure que l’Otan continuera à s’étendre. Comme elle le fait depuis plus de 20 ans.

En 1990, à la veille de la dissolution du Pacte de Varsovie, le secrétaire d’État états-unien James Baker assurait le président de l’URSS, Mikhail Gorbatchev, que « l’Otan ne s’étendra pas d’un seul pouce à l’Est ». Mais en 1999, pendant qu’elle démolissait par la guerre la Fédération yougoslave, l’Otan englobait les trois premiers pays de l’ex-Pacte de Varsovie : la Pologne, la République Tchèque et la Hongrie. Puis, en 2004, elle s’étendait à l’Estonie, la Lettonie, la Lituanie (auparavant membres du Pacte de Varsovie) et la Slovénie (auparavant partie de la Fédération Yougoslave). En 2008, l’Otan contribue à l’explosion de la nouvelle guerre en Géorgie. En 2009 l’Alliance incluait l’Albanie (autrefois membre du Pacte de Varsovie) et la Croatie (auparavant une partie de la Fédération yougoslave) ; en 2017, le Monténégro, lui aussi faisant antérieurement partie de la Fédération yougoslave. Après s’être étendue en 1999-2017 de 16 à 29 membres, l’Otan laisse « la porte ouverte » : sont en attente d’entrer l’Ukraine et la Géorgie, auparavant faisant partie de l’URSS ; la Bosnie-Herzégovine et la Macédoine, appartenant auparavant à la Fédération yougoslave. Pour ce faire l’Otan s’est dotée d’un quartier général expansible. Réseau Voltaire 12 juillet 2018

Lafarge produisait le ciment utilisé par Daesh - Réseau Voltaire 11 juillet 2018

De nouvelles pièces ont été versées au dossier judiciaire de Lafarge à Paris. Elles attestent qu’en Syrie, Daesh était demandeur du ciment et était prêt à acheter l’usine pour continuer lui-même la production.

Rappelons que le ciment produit par Lafarge durant la guerre contre la Syrie ne pouvait être vendu que dans la zone occupée par les jihadistes et l’Otan, pas dans celle contrôlée par la République arabe syrienne. Les seules constructions importantes qui ont été réalisées dans la zone jihadiste sont des fortifications militaires souterraines.

Dès lors, il est improbable que Lafarge ait ignoré produire le ciment destiné à ces fortifications [1]. Réseau Voltaire 11 juillet 2018

[1] « Révélations : le jihad de Lafarge-Holcim », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 24 mars 2017.

Leur monde est synonyme de guerres perpétuelles.

- Combien de millions de personnes ont été tuées dans les guerres américaines qui ont suivi les attentats du 11 septembre 2001 ? - Consortium News, 25-04-2018 publié par Les Crises 11.07.2018

Par Nicolas J.S. Davies, l’auteur de Blood On Our Hands : the American Invasion and Destruction of Iraq. Il a également écrit le chapitre sur « Obama en guerre » dans Grading the 44th President : a Report Card on Barack Obama’s First Term as a Progressive Leader.

Extraits. Dans les deux premières parties du présent article, j’ai estimé qu’environ 2,4 millions de personnes ont été tuées à la suite de l’invasion de l’Irak par les États-Unis, tandis qu’environ 1,2 million de personnes ont été tuées en Afghanistan et au Pakistan à la suite de la guerre menée par les États-Unis en Afghanistan. Dans la troisième et dernière partie de ce compte rendu, j’estimerai le nombre de personnes tuées à la suite des interventions de l’armée américaine et de la CIA en Libye, en Syrie, en Somalie et au Yémen.

Des études exhaustives sur la mortalité dans d’autres pays déchirés par la guerre (comme l’Angola, la Bosnie, la République démocratique du Congo, le Guatemala, l’Irak, le Kosovo, le Rwanda, le Soudan et l’Ouganda) ont révélé un nombre total de décès de 5 à 20 fois supérieur à celui révélé précédemment par des rapports « passifs » basés sur des bulletins d’actualités, des dossiers d’hôpitaux et/ou des enquêtes sur les droits de l’homme.

En l’absence de telles études complètes en Afghanistan, au Pakistan, en Libye, en Syrie, en Somalie et au Yémen, j’ai évalué les rapports passifs sur les décès dus à la guerre et essayé d’évaluer la proportion de morts réelles que ces rapports passifs sont susceptibles d’avoir comptées selon les méthodes qu’ils ont utilisées, sur la base des rapports entre les morts réels et les morts passivement déclarées, trouvées dans d’autres zones de guerre.

J’ai seulement estimé les morts violentes. Aucune de mes estimations n’inclut les décès dus aux effets indirects de ces guerres, tels que la destruction des hôpitaux et des systèmes de santé, la propagation de maladies par ailleurs évitables et les effets de la malnutrition et de la pollution de l’environnement, qui ont également été considérables dans tous ces pays.

Pour l’Irak, mon estimation finale d’environ 2,4 millions de personnes tuées était fondée sur l’acceptation des estimations de l’étude 2006 du Lancet et de l’enquête 2007 de l’Opinion Research Business (ORB), qui étaient conformes les unes aux autres, puis sur l’application du même rapport entre les décès réels et les décès déclarés passivement (11,5:1) entre l’étude du Lancet et de l’Iraq Body Count (IBC) [projet recensant les morts civiles dues à la guerre d’Irak. Il entretient une base de données où figurent toutes les morts rapportées par au moins deux sources journalistiques, NdT] en 2006 et le comptage de l’IBC pour les années depuis 2007.

Pour l’Afghanistan, j’ai estimé qu’environ 875 000 Afghans ont été tués. J’ai expliqué que les rapports annuels sur les victimes civiles de la Mission d’Assistance des Nations Unies en Afghanistan (MANUA) sont fondés uniquement sur les enquêtes menées par la Commission indépendante des droits de l’homme en Afghanistan (CAIDP), et qu’ils excluent sciemment un grand nombre de rapports sur les décès de civils pour lesquels la CAIDP n’a pas encore fait d’enquête ou pour lesquels elle n’a pas terminé ses enquêtes. Les rapports de la MANUA ne font pas du tout état de la situation dans de nombreuses régions du pays où les talibans et d’autres forces de résistance afghanes sont actifs, et où se déroulent donc la plupart des frappes aériennes et des raids nocturnes des États-Unis.

J’ai conclu que les rapports de la MANUA sur les décès de civils en Afghanistan semblent aussi inadéquats que l’extrême sous-déclaration constatée à la fin de la guerre civile guatémaltèque, lorsque la Commission de vérification historique parrainée par l’ONU a révélé 20 fois plus de décès que ce qui avait été rapporté auparavant.

Pour le Pakistan, j’ai estimé qu’environ 325 000 personnes avaient été tuées. Ce chiffre est basé sur les estimations publiées des morts au combat et sur l’application d’une moyenne des ratios trouvés lors des guerres précédentes (12,5:1) au nombre de morts civiles signalées par le South Asia Terrorism Portal (SATP) en Inde.

Dans la troisième et dernière partie de cet article, j’estimerai le nombre de morts causées par les guerres secrètes et les guerres par procuration en Libye, en Syrie, en Somalie et au Yémen.

Les officiers supérieurs de l’armée américaine ont salué la doctrine américaine de la guerre secrète et par procuration qui a trouvé son plein épanouissement sous l’administration Obama comme une approche « déguisée, silencieuse et sans médias » de la guerre, et ont retracé l’évolution de cette doctrine jusqu’aux guerres américaines en Amérique centrale dans les années 1980. Alors que le recrutement, l’entraînement, le commandement et le contrôle des escadrons de la mort en Irak ont été surnommés « l’option Salvador », la stratégie américaine en Libye, en Syrie, en Somalie et au Yémen a en fait suivi ce modèle de plus près encore.

Ces guerres ont été catastrophiques pour les populations de tous ces pays, mais l’approche « déguisée, silencieuse et sans médias » des États-Unis a connu un tel succès en termes de propagande que la plupart des Américains savent très peu de choses sur le rôle des États-Unis dans la violence et le chaos insolubles qui les ont engloutis.

La nature très médiatique des frappes de missiles illégales mais largement symboliques sur la Syrie le 14 avril 2018 contraste fortement avec la campagne de bombardement « déguisée, silencieuse et sans média » menée par les États-Unis, qui a détruit Raqqa, Mossoul et plusieurs autres villes syriennes et irakiennes avec plus de 100 000 bombes et missiles depuis 2014.

Les habitants de Mossoul, Raqqa, Kobané, Syrte, Falloujah, Ramadi, Tawergha et Deir ez-Zor sont morts comme des arbres abattus dans une forêt où il n’y avait pas de reporters ou d’équipes de télévision occidentaux pour enregistrer leur massacre. Comme Harold Pinter l’a demandé dans son discours d’acceptation du prix Nobel en 2005,

« Ont-ils eu lieu ? Et sont-ils dans tous les cas imputables à la politique étrangère des États-Unis ? La réponse est oui, ils ont eu lieu, et ils sont dans tous les cas attribuables à la politique étrangère américaine. Mais vous ne le sauriez pas. Ça n’est jamais arrivé. Il ne s’est jamais rien passé. Même quand ça arrivait, ça n’arrivait pas. Ça n’avait pas d’importance. Ça n’avait aucun intérêt. »

Libye

J’estime donc qu’environ 250 000 Libyens ont été tués dans la guerre, la violence et le chaos que les États-Unis et leurs alliés ont déclenché en Libye en février 2011, et qui se poursuit encore aujourd’hui. Si l’on prend les ratios 5:1 et 12:1 par rapport aux décès comptés passivement comme limites extérieures, le nombre minimum de personnes qui ont été tuées serait de 150 000 et le maximum serait de 360 000.

Syrie Si l’on prend les chiffres rapportés passivement par le SOHR (Observatoire syrien des droits de l’homme) pour les morts de guerre non militaires comme 20% du total réel des morts, cela signifierait que 1,45 million de civils et de combattants non militaires ont été tués. Après avoir ajouté à ce nombre les 64 000 soldats syriens tués, j’estime qu’environ 1,5 million de personnes ont été tuées en Syrie. Si le SOHR a eu de meilleurs résultats que tous les efforts « passifs » précédents pour compter les morts dans une guerre, et a compté 25% ou 30% des personnes tuées, le nombre réel de personnes tuées pourrait être aussi bas que 1 million. S’il n’a pas eu d’aussi bons résultats qu’il n’y paraît, et que son compte est plus proche de ce qui a été typique dans d’autres conflits, alors jusqu’à 2 millions de personnes pourraient bien avoir été tuées.

Somalie

J’estime donc que le nombre réel de personnes tuées en Somalie depuis 2006 doit se situer entre 500 000 et 850 000, avec très probablement environ 650 000 morts violentes.

Yémen

J’estime qu’environ 175 000 personnes ont été tuées – 15 fois le nombre rapporté par l’OMS et l’ACLED (Armed Conflict Location and Event Data Project) – avec un minimum de 120 000 et un maximum de 240 000.

Le véritable coût humain des guerres américaines

Au total, dans les trois parties de ce rapport, j’ai estimé que les guerres qui ont suivi les attentats du 11 septembre ont tué environ 6 millions de personnes. Peut-être que le nombre réel n’est que de 5 millions. Ou peut-être que c’est 7 millions. Mais je suis tout à fait certain qu’il s’agit de plusieurs millions.

Nous avons besoin de toute urgence d’experts en santé publique pour mener des études exhaustives sur la mortalité dans tous les pays où les États-Unis ont sombré dans la guerre depuis 2001, afin que le monde puisse réagir de façon appropriée à l’ampleur réelle des morts et des destructions causées par ces guerres.

Comme Barbara Lee a prévenu ses collègues avant de voter de manière dissidente en 2001, nous sommes « devenus le mal que nous déplorons ». Mais ces guerres n’ont pas été accompagnées d’effrayants défilés militaires (pas encore) ou de discours sur la conquête du monde. Au lieu de cela, elles ont été politiquement justifiés grâce à une « guerre de l’information » pour diaboliser les ennemis et fabriquer des crises, puis elles ont été menée d’une manière « déguisée, silencieuse, libre de médias », pour cacher leur coût en sang humain au public américain et au monde entier.

Après 16 ans de guerre, environ 6 millions de morts violentes, 6 pays complètement détruits et beaucoup plus déstabilisés, il est urgent que le public américain reconnaisse le véritable coût humain des guerres de notre pays et la façon dont nous avons été manipulés et induits en erreur pour fermer les yeux – avant qu’ils ne continuent encore plus longtemps, détruisent davantage de pays, sapent davantage l’état de droit international et tuent des millions d’autres de nos semblables. Consortium News, 25-04-2018 publié par Les Crises 11.07.2018

Certaines estimations me semblent exagérées, notamment celles sur la Syrie. Et pour cause, l'auteur de cet article l'a pratiquement affirmé lui-même en écrivant, je cite : Toutes les estimations publiques du nombre de personnes tuées en Syrie que j’ai trouvées proviennent directement ou indirectement de l’Observatoire syrien des droits de l’homme (SOHR), dirigé par Rami Abdulrahman, à Coventry, au Royaume-Uni. Son travail est financé en partie par l’Union européenne et en partie par le gouvernement du Royaume-Uni.

En effet l'OSDH en français est une émanation du MI6, les services secrets britanniques, il a donc tout intérêt à gonfler le nombre de morts et de l'imputer au "dictateur sanguinaire" Bachar el-Assad.

Cela dit il est évident que le nombre de morts causés par ces guerres s'élèvent à plusieurs millions, sans parler des morts causées indirectement par ces guerres, et sans doute à des dizaines de millions de blessés.

Extraits d'une contribution politique de la Tendance Marxiste Internationale (TMI)

Le 15 août 2017, Martin Sandbu écrivait dans le Financial Times :

« Cette année est marquée par l’anniversaire de deux événements – le centenaire de la Révolution Russe et les dix ans qui se sont écoulés depuis le début de la crise financière mondiale – qui ont plus de points communs qu’on ne le pense à première vue.

« Le modèle qui était sorti victorieux de la guerre froide a été ébranlé jusque dans ses fondements [...] par la crise financière mondiale.

« Le communisme sclérosé qu’était devenu le bloc soviétique à partir des années 1980 s’est effondré sous le poids de ses propres contradictions politiques et économiques. Avec les bouleversements politiques survenus l'année dernière, on se demande à présent si les économies de libre marché vont subir le même sort. »

Il poursuit :

« Friedrich von Hayek a affirmé que la flexibilité des prix du marché renferme plus de renseignements qu’un organe central de planification ne pourrait jamais réussir à rassembler ; et donc que la prise de décision est plus efficace quand elle découle d’une constellation de facteurs, que des instances étatiques. [...]

« Cependant, la crise financière mondiale a été une douche froide, qui a remis en question toute assertion faisant du capitalisme financier occidental le meilleur mode d’organisation économique. »

Il conclut :

« Ce qui s’est produit il y a 10 ans a été la terrible prise de conscience que les créances financières accumulées au cours des années d’expansion précédentes étaient irrécouvrables, et que la production économique à venir, sur laquelle les débiteurs avaient misé, ne serait pas suffisante pour régler l’ensemble de ces créances financières.

« [...] le libéralisme de marché, à son tour, a trahi les promesses qu’il avait fait miroiter. Les économies occidentales sont aujourd’hui bien plus pauvres que les tendances d’avant le krach ne l’avaient prédit. La crise et ses répercussions ont laissé à la jeunesse, notamment, peu de raison d’espérer que les possibilités de s’enrichir, qui s’étaient présentées à leurs parents et grand-parents, se présenteraient également à elle.

« Un système social peut perdurer très longtemps en dépit des désillusions. [...] Mais dès que les moyens de subsistance des gens cessent d’être garantis, tout ce soutien s’effondre. »

Parmi les experts capitalistes sérieux, certains commencent à comprendre que les procédés mis en œuvre au cours des 30 dernières années ne fonctionnent plus. Dans un article du journal allemand Die Zeit intitulé La mort d'un dogme, on nous informe que même le FMI a reconnu que ses politiques n’ont pas l’effet escompté. Mais évidemment, ils n’en tirent jamais toutes les conclusions qui s’imposent. (Mark Schieritz, Die Zeit, juin 2016) Wolfgang Streek, de l’Institut Max Planck, a dressé la liste de tous les problèmes du capitalisme dans un long article publié dans la New Left Review, intitulé Comment va finir le capitalisme ?, sur lequel il est plus longuement revenu dans son ouvrage paru en 2016. Il souligne la crise de légitimité qui frappe le système capitaliste parce qu’il n’est plus en mesure d’offrir autant qu’il ne l'a fait par le passé, si bien que les gens commencent à remettre le système en question. C’est ce qui explique l’instabilité électorale qui s’observe dans de nombreux pays. Il soulève également la question de savoir si les politiques dont le capitalisme a besoin peuvent être introduites par l’intermédiaire du « système démocratique ». Il se demande par là si un « système démocratique » peut ou non imposer à la classe ouvrière ce dont la bourgeoisie a besoin.

Dans son article, Streek constate que le capitalisme « va rester pour le moment dans les limbes, mort ou bien sur le point de mourir de sa propre overdose, sachant que personne n’a le pouvoir de se débarrasser de son cadavre en décomposition ». C’est plutôt une bonne description de l’état dans lequel se trouve le capitalisme actuel.

Il est significatif que Martin Wolf, commentateur économique en chef au Financial Times, ait éprouvé le besoin de répondre à Streek, dans un article dont le titre n’est pas anodin : Plaidoyer contre les théories de l’effondrement du capitalisme » (« The case against the collapse of capitalism », FT 2, novembre 2016). Les stratèges du capitalisme comprennent les maux qui rongent leur propre système !

Lénine expliquait que s’il n’est pas renversé, le système capitaliste pourra toujours se relever de ses crises, même les plus profondes. Même dans les années 1930, il y a eu des phases de reprise. Cela fait sept ans que la presse bourgeoise parle de reprise économique. En réalité, la reprise actuelle est la plus faible de toute l’histoire ; il en découle un certain nombre de développements.

Bien entendu, le système capitaliste peut encore compter sur des réserves importantes, et si les capitalistes et les banquiers pressentent qu’ils risquent de tout perdre, ils pourront avoir recours à des mesures keynésiennes. Mais leurs réserves ne sont pas inépuisables, et elles se sont vidées à un rythme alarmant au cours des dix dernières années. Par conséquent, quand la prochaine crise éclatera, car c’est inévitable, les capitalistes et les banquiers se retrouveront dans une position bien plus précaire qu’ils ne l’étaient auparavant, pour en atténuer l’impact. Fin de l'extrait.

LVOG - L'affirmation selon laquelle il y a eu "des phases de reprise" dans les années 30 est plutôt légère ou plus qu'approximative, car en réalité elles n'ont jamais permis de résorber le chômage de masse ou de relancer l'économie capitaliste, y compris le New deal aux Etats-Unis, et c'est seulement la Seconde Guerre mondiale qui permettra d'y remédier en partie seulement et temporairement en assurant le plein emploi... sur les champs de batailles et grâce à l'industrie de guerre. Si on peut estimer qu'il est juste d'affirmer que "le système capitaliste peut encore compter sur des réserves importantes", en revanche il est faux de prétendre que "leurs réserves ne sont pas inépuisables" ou que les capitalistes ne pourraient pas "atténuer l’impact" de "la prochaine crise", alors qu'ils viennent juste de démontrer le contraire de manière magistrale en recourant dans des proportions monstrueuses à la planche à billets, qui justement à le pouvoir de palier à ce genre de situation, sur laquelle il y aurait encore beaucoup de choses à préciser, notamment qu'ils n'ont cessé depuis de recourir à ce moyen sans qu'apparemment personne ne daigne en tenir compte ou ne tienne à en évaluer les conséquences politiques, ce qui relève de la plus extraordinaire myopie.

Et dire que ce sont des Américains qui ont rédigé ce texte et qu'ils n'y ont même pas pensé. On est donc porté à prendre avec beaucoup de précaution les analyses de ce courant politique plus que leurs conclusions qui relèvent du catéchisme du parfait dogmatique.

On pourrait tout aussi bien imaginer qu'ils pourraient décider d'effacer la gigantesque dette sous laquelle croule l'économie capitaliste mondiale, il leur est arrivé de le faire partiellement dans le passé quand cela les arrangeait, par exemple avec l'Allemagne ou avec des banques, des multinationales. Alors pourquoi ne le font-ils pas ? Parce que, entre autres avantages, c'est par la dette qu'ils tiennent tous les acteurs politiques, tous les Etats, donc ils ne peuvent pas se passer de ce formidable instrument coercitif ou de pression sous peine de prendre le risque d'en perdre le contrôle. D'autant plus que lorsqu'ils effacent une dette du secteur privé, c'est pour la refiler aux Etats qui les font payer à leurs peuples.

Qui plus est, la dette est le pendant de la spéculation qui permet aux oligarques de s'enrichir toujours plus, tout du moins en apparence. Car une grande partie de la richesse qu'on leur attribue, est en réalité fictive ou n'existe pas compte tenu que la capitalisation boursière ou la valeur attribuée aux entreprises cotée en bourse est truquée ou hyper surestimée par rapport aux bénéfices qu'elles dégagent. C'est ainsi que si on les ramenait à leur véritable valeur, le capital accumulé par les milliardaires et multi millionnaires ne représenterait plus que le dixième ou beaucoup moins, à côté de laquelle la dette des principaux acteurs économiques et des Etats constituerait un fardeau qui engloutirait le capitalisme. Autrement dit, si dans un bilan on faisait figurer l'ensemble des richesses réelles accumulées par les capitalistes au côté de leurs dettes, y compris celles qu'ils ont refilé aux banques centrales, le capitalisme serait déclaré en banqueroute et devrait mettre la clé sous la porte.

Si votre maison qui vaut en réalité 1 million d'euros est évaluée au cours actuel à 3 millions d'euros, vous pourrez l'hypothéquer ou obtenir un prêt, donc vous endetter pour spéculer par exemple à hauteur de 3 millions d'euros, on estimera votre richesse à hauteur de 3 millions d'euros, alors qu'en réalité elle n'est que d'1 million. Imaginez le même calcul effectué avec des centaines de milliards d'euros ou de dollars et vous comprendrez comment ils ont pu amasser de telles fortunes en un temps record.

Ils ont engagé l'économie mondiale dans une spirale infernale, dont il ne leur est plus possible de sortir ou de faire machine arrière sans prendre le risque qu'elle explose.

Il est exact que "Lénine expliquait que s’il n’est pas renversé, le système capitaliste pourra toujours se relever de ses crises, même les plus profondes", qui plus est à notre époque avec les puissants instruments financiers dont il dispose comme on l'a souligné précédemment.

On poursuivra une autre fois car cela mériterait un long développement. On peut cependant énumérer quelques facteurs qui alimenteront notre réflexion.

Il semble qu'on confond la crise du capitalisme proprement dit, avec les crises qui sont uniquement le produit de manipulations financières de type mafieux, qu'on ait des difficultés à cerner précisément les rapports qui peuvent exister entre eux. On refuse d'admettre que les sommets du capitalisme se sont dotés de moyens pour empêcher l'effondrement du capitalisme, alors qu'ils les utilisent quotidiennement sous nos yeux. On ne parvient pas à saisir ou on refuse d'admettre une fois de plus que ce processus puisse correspondre à une stratégie politique ou plutôt l'inverse en réalité.

C'est l'orientation inexorable du capitalisme qui les a obligé à définir une stratégie non pas pour le sauver, puisqu'ils savent qu'il est condamné, mais pour préserver leur hégémonie et leurs privilèges qui sont incompatibles aujourd'hui et dans les décennies à venir avec l'augmentation croissante de la population mondiale et ses besoins, car il est impossible de concevoir qu'il serait possible de satisfaire les besoins de 10, 15, 20 milliards d'hommes et de femmes , de produire toujours plus, encore et encore, sans qu'un jour se pose la question de l'épuisement des ressources de la planète, sans parler des dégâts irréversibles causés à l'environnement, etc. ce qui contribuerait à leur rendre la vie infernale, aux oligarques, à leur descendance, à leur classe.

Cela dit, ils ont pu concevoir une stratégie pour tenter de remédier au destin funeste ou cauchemardesque auquel l'humanité est condamné sous le capitalisme, sans pour autant pouvoir l'appliquer à la lettre, car en attendant ils doivent continuer de faire avec le capitalisme, ils ne peuvent pas le faire disparaître par décret pour le remplacer par un système totalitaire basé sur un règlement de type bureaucratique et policier. Pour y parvenir il faudrait que l'ensemble des régimes de la planète adoptent leur stratégie, sauf que c'est impossible parce que certains ne sont pas encore parvenus à leur stade de développement économique et tirent profit principalement ou uniquement du système capitaliste. Leurs intérêts entrent donc en conflit, et comme se sont de superpuissances, au lieu de se faire directement la guerre pour assurer leur développement futur ou accroître leur pouvoir respectif, ils passent par des armées supplétives de mercenaires.

Donc effectivement, il ne peut pas exister d'hyper impérialisme à l'échelle mondiale tant que le système économique capitaliste existera, au passage je n'ai jamais affirmé le contraire, c'est la raison pour laquelle ils ont conçu un système politique de type bureaucratique et policier qui remplirait les mêmes fonctions sans toutefois reposer sur les lois de fonctionnement du capitalisme, puisqu'elles engendrent des contradictions qui le mettent en péril et menacent l'existence de leur classe. On s'acheminerait donc vers une sorte d'équilibre ou de répartition des pouvoirs entre les divers superpuissances contrôlant des régions ou des continents entiers, qui n'auront pas forcément le même modèle de société, mais qui seront toutes régies par les mêmes règlements ou traités.

Quelle différence existe-t-il entre un pays soumis à un régime de parti unique et un pays soumis à un régime où deux partis pratiquement identiques alternent au pouvoir ou se le partagent indéfiniment ? Quelle différence existe-t-il entre un pays ou l'Etat exerce le monopole de l'information, et un pays où l'ensemble des médias sont la propriété d'oligarques ? Quelle différence existe-t-il entre un pays ou les syndicats sont la propriété de l'Etat, et un pays où les syndicats ont été achetés par l'Etat ? Quelle différence existe-il entre un pays où l'exercice de la liberté d'expression peut vous conduire en prison, et un pays qui n'en tient pas compte, où votre voix n'a aucune chance d'être entendue ?

On nous rétorquera qu'il existe bien des nuances, assurément, mais qui dans tous les cas de figure peuvent être étouffées, non ? En Chine, disons pour simplifier les choses que l'Etat détient tous les pouvoirs. Dans des pays comme les Etats-Unis ou la France, l'oligarchie ne détient-elle pas tous les pouvoirs ? On pourrait dire qu'ils sont calqués sur le même modèle, alors que les régimes présentent d'importantes différences. Ils sont en train de les harmoniser sur la base des pires modèles existant dans tous les domaines. Et l'aspect économique passe au second plan, celui qui figure au premier plan est politique et tourné contre l'ensemble des exploités et des opprimés, là leur alliance est totale, sans faille.

Ce qu'on ne parvient pas à comprendre, c'est que le nouvel ordre mondial totalitaire qu'ils veulent instaurer, est incompatible avec l'existence du système capitaliste ou le système capitaliste ne le supporterait pas, puisqu'il s'effondrerait et alimenterait la lutte de classe du prolétariat, ils ont donc besoin d'un système qui neutralise la lutte de classe, qui la fasse disparaître par n'importe quel moyen, quitte à lobotomiser les hommes s'il le faut, tout comme l'idée qu'il serait possible de changer la société doit disparaître à jamais de leurs cerveaux. Au-delà, ils envisageront de réduire drastiquement la population mondiale pour la ramener à un niveau supportable de manière à pouvoir assurer leurs propres survies, ils pourront faire en sorte qu'elle dégénère petit à petit pour ne conserver que les hommes les plus aptes à les servir une fois réduits en esclavages.

Ce n'est pas de la science-fiction ou un roman d'anticipation qu'on vous livre là, c'est déjà en train de se réaliser sous nos yeux, mais comme cela n'emprunte pas un chemin linéaire parce qu'il est semé d'embûches, on préfère le nier. Il est clair que si nous devions persister dans cette voie, la civilisation humaine serait condamnée à disparaître ou vous pourriez dire adieu tout de suite au socialisme. Moi, je ne serai plus de ce monde d'ici là, je suis trop vieux, mais je pense aux générations suivantes auxquelles ils destinent un sort monstrueux.

Allez, le combat continue...

Un autre aspect de ce texte mérite qu'on s'y arrête un instant, "la crise de légitimité qui frappe le système capitaliste" et qui se traduit par le fait "que les gens commencent à remettre le système en question". On a envie de dire : Heureusement sinon notre combat serait perdu d'avance !

Toujours est-il que c'est au cours du processus d'appauvrissement des masses ou de l'offensive de la réaction et non après, non pas que les masses peuvent réagir puisqu'il leur manque une direction, mais que parmi elles des couches se radicaliseront forcément ou chercheront un moyen ou la voie pour rompre avec le capitalisme, de sorte qu'elles peuvent constituer la nouvelle avant-garde du mouvement ouvrier pour peu qu'un parti ouvrier incarne ou leur propose une issue à la crise du capitalisme.

Effectivement, tout le monde a pu observer sans avoir besoin d'être marxiste, que le niveau de conscience politique des masses avait progressé au-delà des apparences qui tendent à démontrer le contraire, mais chacun sait qu'il est préférable de ne pas se fier aux apparences qui sont souvent trompeuses ou mauvaises conseillères, ce qui se traduit par le rejet croissant des institutions, des partis du capital, et a commencé à se traduire concrètement sur le plan organisationnel par le renforcement des partis affichant (théoriquement) leur opposition au régime et une multiplication des mouvements sociaux, indiquant que de plus en plus de travailleurs résistent et cherchent la voie de l'affrontement avec le régime, car ils ne peuvent pas se résigner au sort que leur réserve Macron et l'oligarchie.

Un processus profond ou déterminé de maturation des consciences est en cours. Il se heurte à de nombreux obstacles auxquels il faut s'attaquer pour les faire sauter.

- "Partout il y a une colère brûlante contre les niveaux grotesques d’inégalité : la richesse obscène d’une petite minorité parasitaire contraste nettement avec la pauvreté et le désespoir grandissants à la base de la société. Les bourgeois sérieux sont de plus en plus inquiets de cette tendance, car elle met en danger la stabilité de tout le système. Partout il y a une haine brûlante à l’égard des riches. Beaucoup de gens se demandent : si l’économie va si bien, pourquoi nos conditions de vie ne s’améliorent pas ? Pourquoi détruisent-ils les aides sociales, la santé et l’éducation ? Pourquoi les riches ne payent pas de taxes ? Et ces questions ne trouvent pas de réponses.

Les bourgeois sont de plus en plus alarmés par les conséquences politiques de la crise."

LVOG - Le premier paragraphe légitime d'attiser la haine des masses envers l'oligarchie, les riches, ce que j'avais avancé dans une précédente causerie.

Le second paragraphe, à part quelques exceptions, c'est une vue de l'esprit, car ils continuent de se goinfrer comme jamais auparavant tout en poursuivant au pas de charge leur offensive contre tous les acquis sociaux de la classe ouvrière.

La crise du capitalisme est parvenue au stade où les rapports entre les classes tournent systématiquement à l'affrontement, du coup la violence à tendance à se répandre à l'ensemble de la société sans épargner personne, il est donc normal que les bourgeois en soient effrayés et le fassent savoir.

Ce que les bourgeois n'ont semble-t-il pas encore assimilés, c'est que dorénavant ils devront vivre dans une société où la violence est omniprésente et peut frapper n'importe qui n'importe où à n'importe quel moment, c'est la rançon du succès en quelque sorte, le prix à payer pour assurer la survie du capitalisme ou du règne de l'exploitation de l'homme par l'homme, voilà pour l'aspect individuel.

Quant aux conséquences politiques de la crise, ils emploient les grands moyens pour qu'elles ne prennent pas une tournure incontrôlable, en contrôlant les médias (autocensure, désinformation), en utilisant les réseaux numériques pour disloquer les masses (délation, dénonciation, calomnie, fake news, etc.), en favorisant la percée de partis opportuniste ou populistes, en agitant le spectre de l'extrême droite, en recourant au terrorisme, etc.

- La bourgeoisie, empirique jusqu’à l’aveuglement, a été incapable de percevoir les ferments de colère et les forces souterraines qui grandissaient et se préparaient, en silence, à crever la surface. (Tu parles, c'est elle qui les a encadrées ! - LVOG) La bourgeoisie se félicitait de ne pas voir éclater de révolution. (Il n'y a que des abrutis pour avoir vu des révolutions là où il n'y en avait pas, quelle connerie ! - LVOG) Une fois remis du choc initial de 2008, les banquiers et les capitalistes ont repris leurs activités habituelles, comme si de rien n’était. (Tu parles, ce sont eux qui l'ont provoqué, mais quelle connerie ! - LVOG) Comme autant d’hommes ivres qui dansent au bord d’un précipice, ils se sont adonnés à leur transe jubilatoire de l’enrichissement, à un rythme plus endiablé encore, pendant qu’en face, la condition des masses allait de mal en pis.

Trotsky a analysé ce qu’il appelait « le processus moléculaire de la révolution ». Dans son Histoire de la révolution russe, il souligne que ce qui détermine la conscience des masses n’est pas seulement la crise économique, mais plutôt le processus d’accumulation du ressentiment qui se développe tout au long de la période précédente. Sous le calme apparent fermente la colère des masses, jusqu’à ce que le seuil critique soit atteint, où la quantité se transforme en qualité.

Aujourd’hui, le sentiment de soulagement qu’éprouvait la classe dirigeante a brusquement laissé place au pessimisme et aux mauvais pressentiments. Des convulsions politiques et sociales s’observent partout, accompagnées d’une extrême instabilité à l'échelle mondiale et de changements brutaux dans les relations internationales.

Même si l’économie redémarre, une telle amélioration ne viendra pas automatiquement infléchir l’évolution de la conscience des masses, qui a été façonnée par les souvenirs de dizaines d’années de stagnation ou de dégradation de leur niveau de vie. (Détrompez-vous, les expériences passées enseignent exactement le contraire ! - LVOG)

- La crise a les effets les plus durs et les plus directs sur les jeunes gens. Pour la première fois depuis des décennies, la nouvelle génération n’aura pas les mêmes conditions de vie que celle de ses parents. Cela a des conséquences politiques graves. Dans tous les pays, la pression intolérable sur la jeunesse trouve son expression dans une augmentation nette de la radicalisation politique. Sur toutes les questions, la jeunesse se trouve bien plus à gauche que le reste de la société. Elle est bien plus ouverte aux idées révolutionnaires que les autres couches de la société et elle forme par conséquent notre base naturelle.

LVOG - Patati et patata, nous voilà bien avancés !

Dossier sur la Syrie.

Mise au point.

Si des éléments étrangers au mouvement ouvrier et à la classe ouvrière liés à l'impérialisme américains ou à ses vassaux d'Europe ou du Golfe n'étaient pas intervenus pratiquement dès le début ou ne les avaient pas directement provoqués, jamais les mouvements de masse qui ont eu lieu en Afrique du Nord et au Moyen-Orient à partir de 2011 n'auraient connu de tels développements et n'auraient fait l'objet d'une telle couverture médiatique.

Voilà la vérité que les différents courants se réclamant du trotskysme notamment se sont employés à falsifier à des degrés divers. Notre intention ne consiste pas à nier ou à minimiser la portée de la mobilisation des masses dans cette région du monde, mais à la ramener à sa juste valeur, au lieu de colporter des illusions qui précèderont de cruelles désillusions chez les militants et les travailleurs les plus avancés.

Seule la chronologie rigoureuse des faits permettait (et permet en général) de comprendre leur enchaînement, et de déterminer avec précision le rôle des différents acteurs en présence, afin de définir dans quelle direction s'orienterait la situation et quelles tâches et quels objectifs le mouvement ouvrier et les masses devraient se fixer. Dès lors qu'on s'écarterait des faits, on serait voué au mieux à l'impuissance, au pire à faire le jeu de la réaction.

Le passage qui suit est extrait d'un document intitulé Perspectives mondiales 2018, publié au début de l'année par la Tendance Marxiste Internationale (TMI). Il est en quelque sorte une caricature de l'attitude adoptée par tous les courants du mouvement ouvrier, à ma connaissance sans exception. Ce document figure intégralement dans le blog de la Tendance Claire du NPA sur Internet (http://tendanceclaire.npa.free.fr).

TMI - Révolution au Moyen-Orient et en Afrique du Nord

La révolution qui a balayé la région en 2011-2013 a échoué parce qu’il lui manquait une direction révolutionnaire. Aujourd’hui, fatigué et confus, le mouvement général a reflué et a laissé une marge de manœuvre aux réactionnaires. La montée de la réaction et de la contre-révolution islamiste dans toute la région est liée au reflux du mouvement révolutionnaire.

Cependant, les événements de 2017 au Maroc montrent que la révolution n’est pas morte. Le soulèvement dans la région du Rif a été le mouvement le plus spectaculaire au Maroc depuis la révolution de 2011 au Moyen-Orient et en Afrique du Nord. L’incident immédiat qui a déclenché le soulèvement a été l’assassinat par la police d’un jeune poissonnier, jeté dans un camion poubelle. Une fois enclenché, ce mouvement s’est déroulé avec une vitesse et une intensité incroyables. Un mouvement national de solidarité de la classe ouvrière et des couches opprimées a vu le jour avec ses propres revendications, qui n’étaient ni nationalistes, ni sectaires.

Ce mouvement anticipe les développements dans le reste de la région, où il n’existe pas un seul régime stable. Tous les régimes de la région sont faibles et luttent pour leur survie. Ils ne peuvent résoudre aucun des problèmes des masses qui, à leur tour, subissent d’énormes pressions. Tôt ou tard, le mouvement renaîtra à un niveau encore plus élevé.

LVOG - Tout y est : Déformation et manipulation systématique des faits qui n'a rien à envier à la désinformation pratiquée par les médias, interprétation de la réalité qui relève de la propagande sur un registre purement dogmatique, lieux communs et platitudes en guise d'analyse et de perspective politique...

Autant dire que si vous vous en tenez à ce qui figure dans ce texte, vous ne pourrez pas vous faire votre propre idée sur la situation, car il vous manquera la plupart des faits qui ont déterminé son orientation. C'est assimilable à du bourrage de crâne tel que le pratique les médias. Et ce n'est pas anodin, car cela fournit des arguments à ceux qui affirment que les travailleurs qui rejoignent des partis ouvriers sont embrigadés ou manipulés, à juste titre il faut malheureusement le reconnaître quand ces partis adoptent cette pratique détestable.

Cela dénote aussi une certaine conception du parti que nous condamnons, qui consiste à maintenir les militants dans l'ignorance, de sorte qu'ils ne pourront pas s'opposer sérieusement ou de manière cohérente à la ligne politique de leurs dirigeants, puisqu'ils ne disposeront pas du matériel nécessaire pour soutenir leurs propres idées ou positions.

Quand nos dirigeants ne tordent pas la réalité pour qu'elle coïncide avec leur théorie, ils la font carrément disparaître. Et les militants ne s'aperçoivent pas que ce qu'on leur présente est une interprétation d'un aspect seulement de la situation, et non les faits eux-mêmes dont ils n'auront pas connaissance, ou alors il faudra qu'ils aillent les chercher ailleurs s'ils en ont le temps, ce qui n'est pas évident quand on passe déjà quotidiennement des heures devant différents écrans, n'est-ce pas ? Ils ne s'apercevront pas non plus que leurs interprétations ne coïncident pas avec celles que font de la situation ces travailleurs en Afrique du Nord ou ailleurs, ce qui est propice à générer les pires confusions. Le cas de la Syrie est un modèle du genre.

- De quoi la bataille de Deraa est-elle le symbole ? - Réseau Voltaire 10 juillet 2018

Thierry Meyssan n’accepte pas la narration du début des hostilités en Syrie, telle que la présente la presse occidentale et du Golfe depuis 7 ans. Il revient donc sur ces événements au regard des éléments connus depuis. Comme toutes les sciences, la science politique se rapproche de la vérité en remettant en question ses conclusions précédentes et en intégrant de nouvelles observations à son raisonnement.

Par Thierry Meyssan (Damas -Syrie)

Les Occidentaux font de la bataille de Deraa le symbole de l’échec du combat qu’ils soutiennent. C’est tout à fait exact, mais pas au sens où ils l’entendent. Revenons sur les événements qui déclenchèrent les hostilités.

À partir du 4 février 2011, un mystérieux compte Facebook « Syrian Révolution 2011 » (en anglais dans le texte) appelle à manifester chaque vendredi contre la République arabe syrienne. Utilisant exclusivement des symboles sunnites tout en prétendant parler au nom de tous les Syriens, il rythmera les événements durant plusieurs années.

Selon Al-Jazeera, le 16 février, 15 adolescents (puis 8 de leurs camarades) sont arrêtés à Deraa pour avoir tagué des slogans hostiles au président el-Assad. Ils auraient été torturés et le responsable local de la Sécurité aurait insulté leurs parents. À ce jour, s’il a bien été confirmé que des mineurs avaient été interpellés plusieurs heures par la police, les tortures et les insultes n’ont jamais été établies. Les vidéos et interviews diffusés par la presse anglo-saxonne sont terribles, mais ne correspondent ni aux reportages qataris originels, ni à ce qui a pu être vérifié sur place.

Le 22 février, John McCain, qui cumule son mandat de sénateur et sa fonction de président d’une des branches de la National Endowment for Democracy [1], un des services secrets des « Cinq yeux » (USA-UK-Australie-Canada-Nouvelle Zélande), est au Liban. Il confie le cheminement des armes en Syrie au député haririste Okab Sakr. Il se rend également à Ersal pour y établir une future base arrière des jihadistes.

Le 15 mars à Deraa, ville traditionnellement baasiste, une manifestation de fonctionnaires présente diverses revendications auxquelles le président et le gouvernement répondent, le 17 mars, par des mesures sociales d’envergure.

Toujours à Deraa, une manifestation d’islamistes se tient, le vendredi 18 mars, à la sortie de la mosquée Al-Omari. La foule scande « Allah, Syrie, liberté », étant entendu que « liberté » ne doit pas être pris au sens occidental et ne dénonce pas une dictature. Il faut comprendre ce terme au sens des Frères musulmans de « liberté d’appliquer la charia ». Durant cette manifestation, des coups de feu sont tirés à la fois contre des policiers et contre des protestataires, sans que l’on sache d’où ils proviennent. Il est probable que, comme on l’a vu au Venezuela [2], en Libye et dans d’autres pays, les tireurs étaient issus d’une troisième force chargée de créer une atmosphère de guerre civile et de préparer l’invasion étrangère. Les événements dégénèrent. Le Palais de Justice et ses archives sont brûlés, tandis qu’un groupe d’émeutiers quitte la ville pour attaquer, non loin de là, un centre des services de Renseignement militaire chargé de surveiller les troupes d’occupation israélienne sur le Golan.

Par la suite, le sénateur McCain a admis être en contact permanent avec les chefs jihadistes (y compris ceux de Daesh) et a comparé sa stratégie contre la Syrie à celle de la guerre contre le Viêt Nam : toutes les alliances sont bonnes pour vaincre l’ennemi [3]. Confronté à un enregistrement d’une de ses conversations téléphoniques, Okab Sakr a reconnu avoir supervisé les transferts d’armes vers la Syrie [4]. Le général saoudien Anwar Al-Eshki (le négociateur officiel de son pays avec Israël) s’est vanté de ce que Riyad avait préalablement acheminé des armes dans la mosquée Al-Omari [5]. Bien qu’ils aient été les seuls à en tirer profit, les Israéliens continuent à nier leur rôle dans l’attaque du centre du Renseignement militaire observant le Golan qu’ils occupent.

Quelle que soit la manière dont on interprète ces événements, force est de constater qu’ils n’ont rien de populaire, mais sont le fruit d’un complot impliquant, à ce moment-là, au moins les États-Unis, l’Arabie saoudite et Israël.

Selon la presse occidentale, la « chute » du « berceau de la révolution » marque la fin de tout espoir de « renverser Bachar el-Assad ». Certes, mais ne serait-il pas plus juste de dire que la République arabe syrienne, son armée, son peuple et son président viennent de « libérer » le « berceau de l’agression étrangère » ? Réseau Voltaire 10 juillet 2018

[1] « La NED, nébuleuse de l’ingérence “démocratique” » ; « La NED, vitrine légale de la CIA », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 22 janvier 2004 et 6 octobre 2010.

[2] Le 11 avril 2002, ont eu lieu à Caracas, la capitale du Venezuela, les « événements du pont Llaguno », où des partisans et des opposants du président Hugo Chávez, ainsi que des membres des forces de sécurité et de simples passants, sont tombés, tués par des tirs d’origine inconnue générant une confrontation dont le solde final était de 19 morts et 72 blessés des deux côtés. Pour une information détaillée et fiable sur cette affaire, voir le documentaire d’Ángel Palacios Puente Llaguno, les clés d’un massacre. Note du Réseau Voltaire.

[3] « John McCain a admis être en contact permanent avec l’Émirat islamique », Réseau Voltaire, 19 novembre 2014.

[4] « Un député libanais dirige le trafic d’armes vers la Syrie », Réseau Voltaire, 5 décembre 2012.

[5] “Saudi admits that Syrian Revolution was armed”, VoltairenetTV.

LVOG - Ce qui est épouvantable ici, c'est que pour avoir soutenu une interprétation de la situation en Syrie erronée et dictée par une conception purement dogmatique, le mouvement ouvrier français se prive et prive du même coup le prolétariat d'une formidable victoire remportée par le peuple syrien contre nos ennemis communs alors qu'il en a le plus besoin.

Voilà à quel niveau d'absurdité on en est arrivé, par pur opportunisme, c'est pitoyable au dernier degré. Volontairement je n'ai nommé aucun parti et aucun dirigeant. Les militants n'auront qu'à les soumettre à l'épreuve de cette critique pour déterminer ensuite ceux qui l'auront passée avec succès et ceux qui auront échoué.

Loin de moi l'idée de vous influencer dans un sens ou dans un autre, j'espère que les lecteurs l'auront compris. Mon intention n'est pas de démolir tel ou tel parti, mais de faire en sorte qu'on cesse de marcher sur la tête et de nous prendre pour des imbéciles, sinon nous ne progresserons jamais et l'avant-garde du mouvement ouvrier continuera de se disloquer, je ne crois pas que ce soit ce que souhaitent les militants. Là aussi l'unité est possible, mais pas à n'importe quelle condition ou sur n'importe quelle base.

Voici maintenant la version officielle et frauduleuse adoptée également par la quasi totalité du mouvement ouvrier.

- Le régime syrien hisse le drapeau national à Deraa, berceau de la révolte - AFP12 juillet 2018

Grille de lecture.

Vous allez vous apercevoir plus loin que l'AFP est la voix du Center for a New American Strategy, un puissant think tank lié aux faucons ou les pires va-t-en-guerre du Pentagone.

Non, mais attendez, il faut sortir de la cour de récréation dans laquelle veulent nous enfermer nos dirigeants. Prenez de la hauteur, les choses sérieuses se passent un cran au-dessus...

Pour falsifier la réalité ou la situation et orienter dans une direction précise les lecteurs, il n'est pas forcément indispensable d'en fournir une présentation ou une interprétation frauduleuse. Il suffit parfois de substituer un mot à un autre, de telle sorte que la sémantique employée sera suffisamment suggestive ou implicite pour induire en erreur les lecteurs ou les faire adhérer à une thèse, les conduire à partager la position adoptée par l'auteur d'un article à leur insu, car ils ignoraient ses véritables intentions ou la nature de l'escroquerie à laquelle il s'est livré.

L'AFP, comme toutes les agences de presse et l'ensemble des médias se livrent quotidiennement à cet exercice.

- Les rebelles (X4), les factions insurgées, les factions rebelles = Les barbares du Front Al-Nosra issu d'Al-Qaïda.

- Le secteur rebelle, les secteurs insurgés, localités rebelles = Le territoire contrôlé par ces barbares.

- Le berceau de la révolte, "berceau" des manifestations, un soulèvement, bastion de la révolution = Point de départ de la guerre entamée par Washington, Riad et Tel-Aviv contre la Syrie début 2011.

- Le régime (X5), le régime syrien = Le président de la République arabe syrienne élu au suffrage universel.

- OSDH = Basé à Londres ou le MI6, les agents recrutés par les services secrets britanniques.

AFP - L'armée syrienne a hissé jeudi le drapeau national dans le secteur rebelle de la ville de Deraa, berceau de la révolte contre Bachar al-Assad en 2011, un geste symbolique illustrant la nouvelle victoire engrangée par le régime et son allié russe.

Un correspondant de l'AFP à Deraa a pu voir un convoi de policiers militaires russes et d'officiers du régime syrien, accompagnés de journalistes, entrer dans le centre de Deraa, chef-lieu de la province du même nom, pour la cérémonie.

Une nouvelle fois, le président syrien a eu recours à une stratégie alliant bombardements meurtriers et négociations parrainées par Moscou, pour faire plier les rebelles dans cette province méridionale, un secteur sensible bordant la Jordanie et la ligne de démarcation avec Israël sur le plateau du Golan, en partie annexé par l'Etat hébreu.

Près de trois semaines après l'offensive lancée par le régime dans cette province, les factions insurgées ont été contraintes d'accepter le 6 juillet un accord dit de "réconciliation" négocié par la Russie, qui s'apparente en fait à une capitulation.

Cet accord impose aux rebelles l'abandon de leur artillerie lourde et moyenne. Il prévoit aussi le retour des institutions étatiques dans les secteurs insurgés et le départ des combattants refusant de rester sous contrôle du régime vers la province d'Idleb (nord-ouest) qui échappe encore en grande partie aux forces d'Assad.

"Des unités de l'armée syrienne (sont) entrées à Deraa al-Balad (centre-ville) et ont hissé le drapeau national sur la place publique", a indiqué jeudi l'agence de presse officielle Sana.

Mais le geste est pour l'instant "symbolique" a estimé l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), en précisant que les procédures prévues par l'accord n'ont pas encore été entamées.

"Les factions rebelles sont encore dans la ville de Deraa, celles qui veulent la réconciliation doivent encore abandonner leur artillerie, les procédures n'ont pas encore commencé", a déclaré le directeur de l'ONG, Rami Abdel Rahmane.

- Démoraliser les rebelles -

"Probablement dans les jours à venir, les combattants refusant la réconciliation seront évacués (...). Puis le régime entrera officiellement et procèdera à des vérifications", confie à l'AFP le militant Omar al-Hariri, dans la cité de Deraa.

"A ce moment là, on pourra dire que la ville est totalement sous son contrôle", ajoute-t-il.

Grâce au soutien militaire de ses alliés russe et iranien, Damas contrôle désormais plus de 60% du pays, ravagé depuis 2011 par une guerre qui a fait plus de 350.000 morts et des millions d'exilés.

Située à une centaine de kilomètres de la capitale, la perte de Deraa est d'autant plus symbolique que la ville est considérée comme le "berceau" des manifestations anti-Assad de 2011.

Le 6 mars 2011, une quinzaine d'adolescents séduits par les révolutions tunisienne et égyptienne, avaient ainsi gribouillé sur les murs de leur école des slogans hostiles au président, marquant le début d'un soulèvement plus vaste.

Après la répression sanglante du régime, le pays a été plongé dans une guerre qui a fait plus de 350.000 morts et des millions d'exilés.

Le pouvoir syrien a désormais repris plus de 80% de la province de Deraa. Des localités rebelles dans l'ouest attendent toujours une application de l'accord.

Pour l'analyste Nick Heras, en hissant le drapeau dans la ville de Deraa, le pouvoir cherche à démoraliser les rebelles qui s'opposent encore à une reprise de leurs secteurs dans la province.

"Deraa devait être un bastion de la révolution, résistant à Assad jusqu'au bout", mais maintenant le régime "peut diffuser des images pour montrer au monde que la ville ne peut plus combattre", a dit cet expert au Center for a New American Strategy. AFP 12 juillet 2018

Qu'est-ce que le Center for a New American Strategy qui sert de référence à l'AFP ?

Le Center for a New American Strategy est un think tank lié au Pentagone basé à Washington dont le directeur général n'est rien d'autre que la néoconservatrice Victoria Nuland.

Qui est Victoria Nuland ?

- Secrétaire d'État adjoint de la secrétaire d'État Madeleine Albright entre 1993 et 1996
- Représentante permanente des États-Unis auprès de l'OTAN du 13 juillet 2005 au2 mai 2008
- Conseillère pour la politique étrangère du vice-président républicain Dick Cheney de 2003 à 2005.
- Envoyée spéciale d'Hillary Clinton pour les Forces armées américaines basées en Europe de février à juin 2010
- Porte-parole du secrétaire d'État des États-Unis du 31 mai 2011 au 30 juillet 2013
- Secrétaire d'État assistant pour l'Europe et l'Eurasie du 18 septembre 2013 au 25 janvier 2017.
- Epouse de Robert Kagan, chef de file des néo-conservateurs et cofondateur avec William Kristol du think tank Project for the New American Century (PNAC). Il est expert au Carnegie Endowment for International Peace et au German Marshall Fund of the United States, membre du Council on Foreign Relations. (Source : Wikipédia)

En Complément. Ils osent tout.

- Syrie: Paris prédit la fin des opérations anti-Daech à l'automne - Reuters

Un bilan à mettre au compte des provocateurs à la solde du FMI, de l'impérialisme américain.

- Manifestations au Nicaragua: le bilan monte à 264 morts - AFP 11.07

Le bilan de la répression des manifestations antigouvernementales au Nicaragua est monté à 264 morts et plus de 1.800 blessés. AFP 11.07


Le 10 juillet 2018

CAUSERIE ET INFOS

Causerie au format pdf (15 pages)

Les documents de la page d'accueil du portail permettent de comprendre la situation. J'ai sélectionné les meilleurs parmi ceux parvenus à ma connaissance, il doit en exister bien d'autres. On est vraiment informé ou instruit, cela change la donne en notre faveur, si on sait exploiter cette opportunité, mais je crains malheureusement qu'on en soit incapable pour d'obscures prétextes de nature dogmatique ou par ignorance tout simplement.

Deux scoops.

1- IBM va "encore licencier 900 personnes à la fin de l'année pour ensuite embaucher des jeunes sur une filiale qui est gérée par la convention Syntec moins intéressante que la métallurgie, les jeunes sont payés 2000€", je tiens cela d'une ex-salariée d'IBM, dont je ne peux pas révéler l'identité.

2- J'ai reçu un courriel de Syrie.

- "Il y a eu un long débat, ici en Syrie, pour savoir comment agir avec les réfugiés.

Avant l’élection présidentielle du 3 juin 2014, la plupart des gens pensaient que les réfugiés étaient contre la République. Mais après, ils ont évidemment changé d’avis.

Au cours des derniers mois, les autorités syriennes, notamment le président du Conseil des ministres et le ministre des Affaires étrangères, ont multiplié les déclarations à la presse arabe appelant les réfugiés à revenir. Ces déclarations sont ignorées par la presse occidentale et du Golfe.

Je reviendrais sur cet aspect des choses dans un prochain article.

Cordialement"

Inutile de préciser l'identité de l'auteur de ce courriel, vous l'avez sans doute reconnu.

Ce qui est troublant, c'est qu'on peut avoir des échanges loyaux ou cordiaux avec des personnes qui ne partagent pas forcément nos idées, mais cela s'avère quasiment impossible avec des militants avec lesquels on est censé combattre pour la même cause, à leur place je me poserais de sérieuses questions.

Et puis, si vous croisez des Syriens, vous pourrez toujours leur suggérer de retourner en Syrie sans craindre de passer pour un raciste, à moins que vous préfériez qu'on vous accuse d'être les complices de ceux qui font tout pour faire monter le racisme, à vous de voir... Etes-vous ou non sous influence, telle est la question.

Le capitalisme a réussi à pourrir les conditions d'existence des classes moyennes qui n'en peuvent plus.

C'est bon signe, à condition toutefois de savoir l'exploiter, c'est toujours pareil.

On a évoqué ce facteur à plusieurs reprises dans des causeries. Sous un régime capitaliste agonisant personne n'est épargné, hormis peut-être la vermine, les prédateurs qui trônent au sommet de la société et qui sont condamnés à vivre comme des parias.

On est amené à subir, à partager les conséquences de la dégénérescence de la société quel que soit notre statut social.

Voyager en avion est devenu un cauchemar nous dit-on, rentabilité et crise du capitalisme oblige, où l'on s'aperçoit que sa conception de la démocratie coïncidait avec la généralisation de la médiocrité à tous les niveaux de la société au point de la rendre nauséabonde, détestable, insupportable.

La question à l'ordre du jour est donc de trouver les moyens pour en changer ou procéder à un changement de régime, ce qui passe par l'alliance politique des couches les plus évoluées de la classe ouvrière et des classes moyennes. C'est cette alliance qui fut à l'origine du développement du mouvement ouvrier, des révolutions à partir du milieu du XIXe siècle. Aujourd'hui, les membres des classes moyennes ont le choix entre adopter aveuglément la politique ultra libérale et réactionnaire de Macron ou rejoindre consciemment le combat du prolétariat révolutionnaire pour en finir avec le capitalisme et ses institutions, je dirais même mieux, en prendre la direction comme ce fut le cas au XIXe siècle et au début du XXe.

Nous ne devons pas assimiler les membres des classes moyennes à des nantis ou des privilégiés car ils paient très chers leur statut supérieur au reste de la société, seuls l'oligarchie, les banquiers, les milliardaires ou multi millionnaires, les rentiers doivent être qualifiés ainsi. Les membres des classes moyennes sont des travailleurs comme les autres, qui souvent travaillent encore plus que les ouvriers ou les employées ou doivent consentir de lourds sacrifices pour mériter les avantages qui leur sont accordés par les capitalistes.

Certes, ils bénéficient d'un niveau de vie supérieur qui se traduit par un confort relatif, mais c'est tout, pour tout le reste ils sont logés à la même enseigne que les autres travailleurs, quand ils se déplacent, quand ils font appel à un service, quand ils font leurs courses. Bref, dès qu'ils sortent de chez eux, ils subissent les mêmes pressions, les mêmes désagréments , ils connaissent les mêmes angoisses, ils doivent supporter les mêmes paroles ou gestes, comportements déplacés, vulgaires, violents que le reste de la population, en quelque sorte leur condition est pire que celle des ouvriers ou des employées dans la mesure où ils ne peuvent même pas profiter des avantages dus à leur statut sans que quelque chose ou quelqu'un vienne leur pourrir littéralement l'existence ou leur rappeler que la société est entrée dans une phase décadente ou de régression sociale dont les conséquences sont insupportables pour tous.

Vu sous cet angle, nous partageons le même sort abominable ou cauchemardesque que nous a réservé le capitalisme, Macron et son gouvernement. Pour bien faire, il faudrait rédiger un appel en leur direction qui partirait de cette trame. Vous comprendrez qu'il n'est pas en mon pouvoir de réaliser cette tâche, qui devrait revenir à un parti ouvrier.

Quand on vous dit que l'argent ne fait pas le bonheur mais y contribue, en lisant l'article ci-dessous on est en droit d'en douter fortement.

- Tahar Ben Jelloun - L'horreur du voyage - Le Point.fr 08.07

L'écrivain décrit l'enfer des voyages dans les transports en commun et dans les avions à l'heure où ils se sont démocratisés pour tous.

Par Tahar Ben Jelloun

Il est révolu le temps où voyager était un plaisir, une joie et une fête. On rêvait de voyage, on s'y préparait, on s'habillait comme si on se rendait à une invitation. Aujourd'hui, le voyage, ou plus précisément le transport, est devenu un cauchemar. Que ce soit avec des compagnies low cost ou régulières. Tout le monde prend l'avion. Ça s'est beaucoup démocratisé. Tant mieux. Les hommes sont en short, exhibant leurs biceps tatoués, sac au dos et téléphone coincé entre l'oreille et l'épaule, les femmes dans des jeans pleins de trous collant au corps, les yeux rivés sur leur iPhone.

Pourquoi les aéroports sont-ils devenus des centres de tension, de stress et de difficultés en tout genre ? Cela commence avec le taxi, le RER ou le train. Avec de la chance, on arrive à réserver un taxi. Il faut prévoir des embouteillages à cause des nombreux travaux lancés simultanément dans tout Paris par la maire qui veut nous faire croire qu'elle s'occupe de la capitale. Quand on veut utiliser les transports en commun, la galère est également au rendez-vous. Retard, grève, incident sur la voie, wagons pleins à craquer, arrêt au milieu d'un tunnel pour un problème technique, etc.

Une fois arrivé à l'aéroport commence le parcours du combattant. La queue pour enregistrer les bagages. Attention de ne pas dépasser les kilos autorisés. S'informer avant. Carte d'embarquement en main, en avant le circuit de la sécurité. On fait des zigzags comme des scouts. Ceux qui sont plus chanceux passent par la file privilège.

Rituel absurde

La sécurité est un rituel absurde et sans aucun effet. Depuis 2001, aucun agent de sécurité n'a arrêté un terroriste (en dehors du gars aux baskets compensés). Les terroristes frappent quand ils veulent et où ils veulent. Peut-être qu'ils ne prennent pas l'avion ; comme tout le monde sait, ils ont le mal de l'air. Tout enlever : ceinture, chaussures, montre, veste, chapeau, rien dans les poches ; se débarrasser de la bouteille d'eau ou la boire alors qu'on n'a pas soif ; rien dans les mains. Depuis quelque temps, les agents scrutent nos mains au cas où elles auraient été en contact avec des explosifs. On passe. On est fouillé, palpé. Avec ce rituel, on est là depuis une petite heure. Tout dépend de l'aéroport, de sa densité, de sa rationalité, de son organisation.

Ensuite, il faut passer la police des frontières. La queue est immense. Sur la douzaine de guichets, seuls quatre sont ouverts. C'est le moment de la pause déjeuner. Les agents de police ont bien le droit de s'absenter pour aller manger. C'est ce qu'on se dit. Ou bien c'est ainsi et il n'y a pas d'explication.

Chercher la porte d'embarquement. Surveiller l'écran au cas où le numéro de porte change. Cela arrive souvent. La voix de l'hôtesse qui annonce les départs est incompréhensible. Faire attention à ses affaires. Envie de pisser. Ah, les toilettes sont en bas. Il faut prendre l'ascenseur. Elles sont fermées. Bouchées. Il faut aller à l'autre bout du hall. Là, il faut faire la queue. Miracle, l'avion part à l'heure. Fausse joie. Il faut compter 40 minutes de retard. L'appareil vient juste d'arriver. Le temps de faire le ménage et d'embarquer les gens, il faut bien 40 minutes.

Triomphe

L'embarquement commence. L'hôtesse regarde votre bagage cabine. Il ne passe pas. Pourtant, à l'enregistrement, l'autre hôtesse a mis une bande sur le bagage : « Approved cabin bagage ». Non, il faut le laisser. Vous le récupérerez à l'arrivée. Mais mon ordinateur est dedans, je dois travailler… Vous résistez.

Dans l'avion, vous arrivez parmi les derniers. Il n'y a plus de place pour votre valise cabine. L'hôtesse vous engueule avec un air triomphant. Je vous l'avais bien dit ! Vous vous séparez de votre petite valise. Vous serrez autant que possible les fesses. Impossible d'ouvrir un journal. Vous êtes condamné à voyager comme une pauvre sardine écrasée de partout, la tête gagnée par un début de nausée.

Pas de turbulence durant le vol, mais deux familles avec des bébés qui n'ont pas cessé de pleurer durant toute la durée du voyage. Vous avez faim. Les sandwichs de la compagnie low cost sont infectes. Le vôtre est dans la petite valise, laquelle a été mise dans la soute malgré vos protestations. Comme dans le train d'avant, les passagers sortent leur repas et cassent la croûte en buvant de la bière. Le voisin rote. Vous vous bouchez le nez. On est bientôt arrivé ! Le Point.fr 08.07

Permettez-moi de vous dire monsieur Tahar Ben Jelloun, que nous nous sommes bouchés le nez en lisant votre dernier paragraphe ! Que vous ayez eu hâte de boucler votre article, on veut bien l'admettre, mais cela ne vous autorisait pas à témoigner votre mépris envers des membres des classes inférieures à la vôtre. Si leur présence vous incommode, vous n'avez qu'à voyager en 1er classe ou à voyager seul ou encore à vous installer sur une île déserte. La prochaine fois, faites-leur donc part de vos observations, je suis sûr qu'ils apprécieront...

Croire ou savoir ?

- Pourquoi fuient-ils? par William Blum - Mondialisation.ca 06 juillet 2018

L’exode massif actuel des populations d’Amérique centrale vers les États-Unis, avec les histoires quotidiennes à la une des journaux sur les nombreux enfants séparés de leurs parents, signifie qu’il est temps de rappeler à mes lecteurs une fois de plus l’une des principales causes de ces migrations de masse périodiques.

Ceux qui, aux États-Unis, sont généralement opposés à l’immigration se font un point d’honneur de déclarer ou d’insinuer que les États-Unis n’ont aucune obligation légale ou morale d’accueillir ces Latinos. Ce n’est pas vrai. Les États-Unis ont en effet l’obligation parce que beaucoup d’immigrants, en plus de fuir la violence liée à la drogue, fuient une situation économique dans leur pays d’origine directement rendue désespérée par la politique interventionniste des Etats-Unis.

Ce n’est pas que ces gens préfèrent vivre aux États-Unis. Ils préfèrent rester avec leur famille et leurs amis, pouvoir parler leur langue maternelle en tout temps et éviter les difficultés que leur imposent la police américaine et autres politiciens de droite. Mais chaque fois qu’un gouvernement progressiste arrive au pouvoir en Amérique latine ou menace de le faire, un gouvernement sincèrement engagé dans la lutte contre la pauvreté, les États-Unis aident à réprimer le mouvement et/ou soutiennent la droite et l’armée du pays dans la mise en place d’un coup d’État. Ce fut le cas au Guatemala, au Salvador, au Mexique, au Nicaragua et au Honduras.

L’exemple le plus récent est le coup d’État de juin 2009 (défendu par la secrétaire d’État américaine Hillary Clinton) qui a évincé le modérément progressiste Manuel Zelaya du Honduras. L’augmentation particulièrement importante de la migration hondurienne vers les États-Unis au cours des dernières années est le résultat direct du renversement de Zelaya, dont le crime était d’augmenter le salaire minimum, d’accorder des subventions aux petits agriculteurs et d’instituer la gratuité de l’éducation. C’est une histoire fréquente en Amérique latine : Les masses opprimées finissent par porter au pouvoir un dirigeant déterminé à renverser le statu quo et à deux siècles d’oppression…. et peu après, les militaires renversent le gouvernement démocratiquement élu, tandis que les Etats-Unis – sinon le cerveau du coup d’Etat – ne font rien pour l’empêcher ou pour punir le régime issu du coup d’Etat, comme seuls les Etats-Unis peuvent le faire ; pendant ce temps, les officiels de Washington prétendent être très contrariés par cet « affront à la démocratie » tout en apportant un soutien majeur au nouveau régime (1). Le retour à la pauvreté qui en résulte s’accompagne de violences de la part du gouvernement et de la droite contre ceux qui remettent en question le nouveau statu quo, ce qui incite davantage à fuir le pays.

Discours prononcé par William Blum au Left Forum à New York, le 2 juin 2018.

Extrait. Nous sommes tous d’accord, je pense, que la politique étrangère américaine doit être changée et que, pour y parvenir, il faut changer l’esprit – sans parler du cœur et de l’âme – du public américain. Mais quel est, selon vous, le principal obstacle à un tel changement ?

Chacun d’entre vous, j’en suis sûr, a rencontré de nombreuses personnes qui soutiennent la politique étrangère américaine, avec qui vous avez eu des discussions sans fin. Vous avez beau souligner une horreur après l’autre, du Vietnam à l’Irak en passant par la Libye, des bombardements et des invasions à la torture. Et rien n’y fait. Rien ne les émeut.

Pourquoi ? N’ont-ils pas de conscience sociale ? Sont-ils simplement stupides ? Je pense qu’une meilleure réponse est qu’ils ont certaines idées préconçues. Consciemment ou inconsciemment, ils ont certaines croyances au sujet des États-Unis et de leur politique étrangère, et si vous n’abordez pas ces croyances, c’est comme si vous parliez à un mur de pierre.

La plus fondamentale de ces croyances, je pense, est la conviction profonde que peu importe ce que les États-Unis font à l’étranger, peu importe à quel point cela peut paraître mauvais, peu importe l’horreur qui peut en résulter, le gouvernement des États-Unis agit avec de bonnes intentions. Les dirigeants américains peuvent faire des erreurs, ils peuvent se tromper, ils peuvent mentir, ils peuvent même, à de nombreuses occasions, causer plus de mal que de bien, mais leurs intentions sont louables. Leurs intentions sont toujours honorables, et même nobles. La grande majorité des Américains est certaine.

Frances Fitzgerald, dans sa célèbre étude des manuels scolaires américains, a résumé le message contenu dans ces livres : « Les États-Unis ont été une sorte d’Armée du Salut pour le reste du monde : tout au long de l’histoire, ils n’ont fait que dispenser des aides aux pays pauvres, ignorants et malades. Les États-Unis ont toujours agi de façon désintéressée, toujours pour les motifs les plus élevés ; ils ont donné, jamais pris. »

Et les Américains se demandent vraiment pourquoi le reste du monde ne peut pas voir à quel point l’Amérique a été bienveillante et dévouée. Même de nombreuses personnes qui prennent part au mouvement anti-guerre ont du mal à se débarrasser d’une partie de cet état d’esprit ; elles marchent pour stimuler l’Amérique – l’Amérique qu’elles aiment et adorent et en qui elles ont confiance – elles marchent pour remettre cette noble Amérique sur le chemin de la bonté.

Beaucoup de citoyens tombent sous le coup de la propagande du gouvernement américain qui justifie ses actions militaires aussi souvent et aussi naïvement qu’un Charlie Brown tombant pour le football de Lucy.

Le peuple américain ressemble beaucoup aux enfants d’un patron de la mafia qui ne savent pas ce que leur père fait dans la vie, et ne veulent pas savoir, mais ils se demandent pourquoi quelqu’un vient de lancer une bombe incendiaire à travers la fenêtre du salon.

Cette croyance fondamentale dans les bonnes intentions de l’Amérique est souvent liée à l’ »exceptionnalisme américain ». Voyons à quel point l’Amérique a été exceptionnelle. Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, les États-Unis ont :

Tenté de renverser plus de 50 gouvernements étrangers, dont la plupart avaient été élus démocratiquement.
Lâché des bombes sur la population de plus de 30 pays.
Tenté d’assassiner plus de 50 dirigeants étrangers.
Tenté de réprimer un mouvement populiste ou nationaliste dans 20 pays.
Se sont ingérés de manière flagrante dans les élections démocratiques d’au moins 30 pays.
Ont mené le monde sur le chemin de la torture ; non seulement celle pratiquée directement par les Américains sur les étrangers, mais aussi en fournissant des équipements de torture, des manuels de torture, des listes de personnes à torturer et en dispensant des conseils en torture délivrés par des enseignants américains, en particulier en Amérique latine.

C’est quelque chose de tout à fait exceptionnel. Aucun autre pays de toute l’histoire ne se rapproche d’un tel record. Il est certainement très difficile de croire que l’Amérique agit avec de bonnes intentions.

La prochaine fois que vous vous heurterez à un de ces murs de pierre…. demandez ce qu’il faudrait que les États-Unis fassent avec leur politique étrangère pour perdre leur soutien. Qu’est-ce qui constituerait pour cette personne la ligne à ne pas franchir, l’initiative de trop ? Il est fort probable que les États-Unis l’ont déjà prise.

Gardez à l’esprit que notre précieuse patrie cherche avant tout à dominer le monde. Pour des raisons économiques, nationalistes, idéologiques, chrétiennes, et pour d’autres raisons, l’hégémonie mondiale a longtemps été l’objectif final de l’Amérique. Et n’oublions pas non plus les puissants fonctionnaires du pouvoir exécutif dont les salaires, les promotions, les budgets – et leurs futurs emplois bien rémunérés dans le secteur privé – dépendent de la guerre sans fin. Ces dirigeants ne sont pas particulièrement préoccupés par les conséquences de leurs guerres pour le monde. Ils ne sont pas nécessairement mauvais, juste amoraux, à l’instar d’un sociopathe.

Prenons le Moyen-Orient et l’Asie du Sud. Les habitants de ces régions ont terriblement souffert à cause de l’intégrisme islamique. Ce dont ils ont désespérément besoin, ce sont des gouvernements laïques, qui respectent les différentes religions. De tels gouvernements ont été institués dans un passé récent. Mais quel a été leur sort ?

Eh bien, à la fin des années 1970 et pendant la majeure partie des années 1980, l’Afghanistan avait un gouvernement laïc qui était relativement progressiste, avec des droits complets pour les femmes, ce qui est difficile à croire, n’est-ce pas ? Mais même un rapport du Pentagone de l’époque témoignait de la réalité des droits des femmes en Afghanistan. Et qu’est-il arrivé à ce gouvernement ? Les États-Unis l’ont renversé, ce qui a permis aux talibans d’accéder au pouvoir. Alors, gardez cela à l’esprit la prochaine fois que vous entendrez un fonctionnaire américain dire que nous devons rester en Afghanistan pour le bien des femmes.

Après l’Afghanistan, il y a eu l’Irak, une autre société laïque, sous Saddam Hussein. Et les États-Unis ont également renversé ce gouvernement, et maintenant le pays a sa part de djihadistes et d’intégristes fous et sanglants ; et les femmes qui ne sont pas correctement couvertes courent parfois un risque sérieux.

Vint ensuite la Libye, un pays laïque, sous la direction de Mouammar Kadhafi, qui, comme Saddam Hussein, avait un côté tyrannique, mais qui pouvait, de manière importante, se montrer bienveillant et faire des choses merveilleuses. Kadhafi, par exemple, a fondé l’Union Africaine et a donné au peuple libyen le plus haut niveau de vie en Afrique. Donc, bien sûr, les États-Unis ont aussi renversé ce gouvernement. En 2011, avec l’aide de l’OTAN, nous avons bombardé le peuple libyen de manière presque quotidienne pendant plus de six mois.

Quelqu’un peut-il dire que dans toutes ces interventions, ou dans l’une d’entre elles, les États-Unis d’Amérique étaient animés de bonnes intentions ?

Quand nous attaquerons l’Iran, aurons-nous de bonnes intentions ? Aurons-nous à cœur le bien-être du peuple iranien ? Je vous suggère de garder de telles pensées à l’esprit la prochaine fois que vous aurez une discussion ou une dispute avec un Américain brandissant un drapeau... Mondialisation.ca 06 juillet 2018

L'auteur de cet article parle de " croyances" dans une Amérique vertueuse dont les dirigeants seraient animés de "bonnes intentions", il évoque "la propagande du gouvernement américain" pour justifier sous de faux prétexte l'intervention américaine partout dans le monde, mais il ne met pas suffisamment l'accent sur l'essentiel : L'ignorance et l'insouciance, la frivolité en générale des Américains, leur niveau de connaissances médiocre, le contrôle pratiquement absolu des médias par l'oligarchie, le tout formant un cocktail toxique à haute teneur schizophrénique destiné à les éloigner de la réalité et leur faire gober n'importe quoi.

Les Américains ignoraient absolument tout de la situation réelle en Afghanistan, en Irak, en Libye, en Syrie, etc. et cela s'applique en fait à tous les peuples, y compris celui qui écrit ces lignes, car personne ne peut pas savoir précisément ce qui se passe dans près de 200 pays dans le monde, leur histoire, etc.

Les représentants ou les porte-parole de l'oligarchie usent et abusent du pouvoir dont ils disposent pour déformer et tronquer systématiquement la réalité ou interpréter la situation qui prévaut dans un pays, de sorte que le peuple adhère à sa politique, partant du principe qu'en demeurant dans l'ignorance de ce qui s'y passe réellement, le peuple sera privé des moyens qui lui permettrait de se livrer à sa propre analyse, ainsi, il ne pourra pas saisir les intentions inavouables qui sont à l'origine de la politique du gouvernement ainsi que ses véritables objectifs, donc il sera quasiment réduit à l'impuissance pour s'y opposer de manière cohérente et efficace.

Ils pratiquent la rétention d'informations à grande échelle de manière à maintenir les peuples dans l'ignorance, afin de pouvoir les manipuler plus facilement.

Aujourd'hui ce que les travailleurs ont le plus besoin, ce n'est pas qu'on leur assène une propagande ou des principes qui par ailleurs peuvent s'avérer excellents ou fort à propos dans certaines circonstances, mais qu'on les informe réellement pour qu'ils puissent se faire leur propre idée sur la situation, le fonctionnement et l'orientation de la société. Pourquoi est-ce si important ? Parce que dans le cas contraire, ils ne peuvent pas saisir notre discours qui justement part de la réalité (des faits) qu'ils ignorent, par conséquent il va forcément leur sembler surréaliste ou farfelu, il va leur apparaître en total décalage ou contradiction avec l'idée qu'ils se font de la réalité, ils ne pourront pas comprendre pourquoi nous nous y opposons ou nous affirmons qu'elle est déformée, erronée.

Les principes, c'est comme la théorie, ils n'interviennent qu'à l'issue d'un processus, ils sont en quelque sorte la conclusion d'un certain nombre d'expériences, d'études ou de travaux... Mais quand on ignore ce processus, quand on ignore ces expériences, etc. qu'est-ce qu'on peut tirer de principes ou d'une théorie ? Rien, on peut les adopter, mais on n'en tirera rien, on sera incapable de les exploiter, de les partager. C'est ainsi que les meilleures idées du monde ne servent strictement à rien.

Je pense donc je suis. (R. Descartes)

Quelques éléments de réflexion relevés dans l'introduction de l'édition Maspero de 1969 de Réforme sociale ou révolution ? de Rosa Luxemburg.

Argument (Marx) - L’effondrement inévitable du capitalisme

L'adrénaline des capitalistes, c'est la confiance dans la capacité du système économique à se développer et à produire du profit indéfiniment, à assurer l'expansion du marché mondial. Que cette confiance fasse défaut pour une raison ou une autre, c'est le krach, c'est tout le système qui s'effondre.

Mais ils ont trouvé le moyen de remédier à cette éventualité.

De nos jours les banques centrales interviennent en cas de crise pour éviter la chute du système économique ou la dislocation du marché mondial, détenues par des banques privées ou l'oligarchie, elles en ont le pouvoir puisqu'elles détiennent la planche à billets, en fabriquant et en injectant des liquidités en quantité illimitée dans l'économie, dès lors on assiste uniquement à une sorte d'effondrement contrôlé.

Mieux encore, quand les contradictions du système capitaliste atteignent leur paroxysme, c'est l'oligarchie financière elle-même qui décide de déclencher cet effondrement limité (bien qu'il puisse prendre une tournure planétaire) pour en contrôler les conséquences, et à l'arrivée pour renforcer son pouvoir au détriment des institutions politiques que par ailleurs elle contrôle également.

Les boursicoteurs professionnels, les spéculateurs véreux et autres tondeurs de coupons peuvent être rassurés, car même si un jour ils faisaient partie du lot des sacrifiés, ils ne se retrouveraient pas sur la paille pour autant, pour avoir diversifié leurs placements, seuls quelques inconscients ou imprudents ou encore mal conseillés ayant mis tous leurs oeufs dans le même panier se retrouveraient ruinés, sans que le système économique n'en soit ébranlé.

Les capitalistes ou l'oligarchie financière a donc acquis le pouvoir de contourner, de s'émanciper de cette contradiction du capitalisme, en recourant à un système mafieux digne des faux monnayeurs, en toute légalité ou impunité, puisque le pouvoir politique leur est soumis, acquis ou mieux, ils le détiennent.

Il ne faut donc pas compter sur ce facteur pour entraîner une crise révolutionnaire.

Argument (Marx) - Concentration croissante du capital.

Argument (Bernstein) - Il affirme au contraire que les petites entreprises non seulement survivent mais encore s’accroissent en nombre.

En réalité, la concentration croissante du capital n'a jamais cessé puisque les 10 oligarques les plus riches possèdent une fortune équivalente aux 48 pays les plus pauvres, et parallèlement le nombre de petites entreprises n'a cessé de croître également, soit qu'elles figurent parmi les sous-traitants de grandes ou moyennes entreprises comme une sorte d'ateliers ou de bureaux où est décentralisée une partie de leurs activités, certains secteurs de leur production, soit qu'elles servent à satisfaire des besoins locaux ou à l'essor et à la rentabilité limitée.

Donc le facteur de la concentration croissante du capital demeure plus valable que jamais, parce qu'il s'inscrit dans le cadre du processus dialectique qui est à l'origine du développement et du fonctionnement du capitalisme, il en est à la fois le moyen pour parer à la baisse tendancielle du taux de profit et l'ultime étape, c'est lui qui en détermine l'évolution au point que la survie du capitalisme en dépend.

Ce qui ne va pas sans conséquences politique, car à la concentration croissante du capital, donc à la concentration du pouvoir économique entre quelques mains, correspond ou doit correspondre la concentration du pouvoir politique également entre quelques mains, les mêmes ou les représentants de l'oligarchie au sein des Etats, des institutions, ce qui signifie que le monde est destiné à s'orienter vers une dictature mondiale de l'oligarchie. Et toute leur stratégie est orientée dans cette unique direction.

Argument (Bernstein) - Le rôle du crédit, comme facteur d’adaptation du capitalisme.

On a vu plus haut que ce facteur était depuis dépassé par un facteur autrement plus puissant : le contrôle de la monnaie, de la planche à billet, de la quantité d'argent en circulation, qui octroie à l'oligarchie financière un pouvoir quasi illimité.

Depuis 2008, les banques centrales ont fabriqué plus de 30.000 milliards de dollars pour sauver leur système économique en faillite, et éviter ainsi que les conséquences sociales qui en auraient découlé se traduisent par des révolutions. Ces quelque 30.000 milliards de dollars ont servi à réaliser cet effondrement contrôlé du capitalisme et à concentrer encore davantage le capital, à renforcer leur pouvoir.

On mesurera à quel point le mot d'ordre d'égalité ou d'une meilleure répartition des richesse est obsolète, puéril, stérile, contre-productif, tellement il est en totale contradiction avec l'évolution économique et politique qui est orientée dans une direction diamétralement opposée, par nécessité il est important de préciser et de ne jamais oublier, et non pour satisfaire uniquement la volonté de l'oligarchie de s'enrichir toujours davantage, ce qui se traduit par un degré d'inégalités si monstrueux qu'on ne pourrait sérieusement l'entamer, sauf à se satisfaire des miettes distribuées à certaines couches de travailleurs au détriment de l'immense majorité, ce qui ne correspond pas à notre engagement politique en faveur de l'ensemble des travailleurs, d'où la nécessité d'avancer le mot d'ordre de l'expropriation de l'oligarchie, les chasser du pouvoir et briser leur capacité de nuisance.

Seconde partie.

J'avais affirmé dans un ou plusieurs causeries qu'il ne fallait pas se diriger vers une grève générale à partir de revendications sociales, car elle aurait forcément un contenu politique dès le départ. En observant à quel point le pouvoir économique et politique se confonde ou est détenu par les mêmes acteurs, je crois que les faits corroborent mon hypothèse.

Je crois même avoir écrit que je ne croyais plus possible une grève générale comme on en a connue autrefois du fait de l'atomisation croissante de la classe ouvrière... Soit elle prendrait immédiatement une tournure politique, soit elle serait insurrectionnelle dès le début, pour ne pas dire que ses mots d'ordre ou ses objectifs seraient politiques, viseraient directement l'Etat, les institutions, en ayant évidemment en toile de fond des revendications sociales.

Ce qui implique ou signifie que les masses ou plutôt certaines couches des masses parmi les plus avancées auraient fini par prendre conscience ou étaient parvenues à la conclusion que le régime en place était devenu incompatible avec la satisfaction de leurs besoins ou aspirations et qu'il fallait s'en débarrasser une fois pour toute, après avoir intégré l'expérience répétée une multitude de fois pendant de nombreuses décennies, que toutes les négociations n'avaient servi qu'à liquider leurs acquis sociaux, et qu'il s'était avéré inefficace de lutter pour faire reculer le gouvernement ou le patronat puisque toutes les mobilisations de masse s'étaient terminées par des échecs.

Cette hypothèse choquera sans doute les "marxistes" dogmatiques qui n'ont pas intégré les évolutions ou les transformations de la société et du capitalisme depuis un demi-siècle, et qui considèreront que c'est vouloir mettre la charrue avant les boeufs, on leur signalera au passage qu'ils ont été remplacés par des tracteurs depuis un certain temps déjà ou que la quantité s'est transformé en qualité ici comme ailleurs.

Un peu de la même manière que les travailleurs votent pour un parti, puis un autre, puis encore un autre, pour finir par se lasser et ne plus voter du tout, ce qui témoigne un début de maturité politique qui ne demande qu'à être confirmée ou orientée dans la bonne direction pour se concrétiser en terme d'action politique et d'organisation. Cela peut prendre un certain temps, plus long qu'on le souhaiterait, cela peut emprunter des chemins sinueux qu'on n'avait pas prévus, peu importe puisque l'on sait que tout retour en arrière est impossible, et que tout pas en avant dans la bonne direction les rapproche du moment où ils prendront conscience qu'il existe une issue politique à la crise du capitalisme et qu'ils en sont les principaux acteurs. Il faut donc être patient et les encourager à avancer dans cette voie, leur ouvrir le chemin qui mène à la prise du pouvoir.

On nous dira donc en substance, qu'on demande aux masses d'acquérir un niveau de conscience politique qu'en théorie elles n'atteignent qu'au cours d'une révolution, avant que les conditions soient réunies pour qu'une révolution puisse avoir lieu, c'est tout à fait cela, compte tenu qu'elles auront expérimenté ou épuisé tous les recours ou moyens d'action possibles et imaginables et qu'à l'évidence c'est le seul qui reste à leur disposition et qu'elles n'ont pas essayé.

Alors, c'est bien parce que cela ne va pas de soi malgré tout qu'il faut les aider à avancer dans cette voie. On ne peut guère raisonnablement se fixer d'autres tâches et objectifs politiques, sous peine de se raconter des histoires ou de croire que les scénarios d'autrefois devraient se répéter à l'identique ou indéfiniment.

Quelques éléments de réflexion relevés dans l'introduction de l'édition Maspero de 1969 de Réforme sociale ou révolution ? de Rosa Luxemburg.

- une grève générale anarchiste ou une grève de masse à caractère politique...

- une grève de masse offensive et révolutionnaire...

- des masses jusqu’alors inorganisées se joignent à un mouvement révolutionnaire et en assurent le succès... - ce n’est pas l’organisation qui a créé la révolution, mais la révolution qui a produit l’organisation en de nombreux endroits : en pleine bataille de rues se créaient des syndicats et tout un réseau d’organisations ouvrières.

- Le parti doit - si l’on ose employer ce terme - coller au mouvement de masse ; une fois la grève spontanément déclenchée il a pour tâche de lui donner un contenu politique et des mots d’ordre justes. S’il n’en a pas l’initiative, il en a la direction et l’orientation politique. C’est seulement ainsi qu’il empêchera l’action de se perdre ou de refluer dans le chaos.

- un lien vivant et dialectique entre la grève économique et la grève politique. Dans une période révolutionnaire, il est impossible de tracer une frontière rigide entre les grèves revendicatives et les grèves purement politiques : tantôt les grèves économiques prennent un certain moment une dimension politique, tantôt c’est une grève politique puissante qui se disperse en une infinité de mouvements revendicatifs partiels.

- la révolution, c’est précisément la synthèse vivante des luttes politiques et des luttes revendicatives.

- ce n’est pas la révolution qui crée la grève de masse, mais la grève de masse qui produit la révolution. Mieux : révolution et grève de masse sont identiques.

- le processus révolutionnaire est un mouvement continu caractérisé précisément par une série d’actions à la fois politiques et économiques.

- l’idée importante que c’est l’action révolutionnaire elle-même qui est la meilleure école du prolétariat. Ce n’est pas la théorie ni l’organisation classique qui forment et éduquent le milieu et la classe ouvrière, c’est la lutte. Dans la lutte seule le prolétariat prendra conscience de ses problèmes et de sa force. Fin.

Il ne faut conserver de ces enseignements généraux de la lutte de classe, que ceux qui correspondent à notre époque. A savoir que lorsque les luttes revendicatives font face à un mur politique, l'objectif politique qu'on doit se donner ou fixer aux masses, c'est d'abattre ce mur politique, chasser Macron et liquider les institutions de la Ve République. Il se trouve que ce mur semble immuable, en effet, parce qu'on s'acharne à vouloir le franchir avec des moyens désuets (La révolution "par les urnes", "citoyennes", etc.) au lieu de se donner les moyens de l'abattre, encore faut-il se donner cet objet et l'affronter au lieu de chercher à le contourner, ce qui revient à s'en accommoder.

Fraternité en famille ou quand un bouffon légitime la monarchie républicaine.

- "Principe de fraternité": Mélenchon "épaté" par le Conseil constitutionnel - AFP 8 juillet 2018

Le chef de La France insoumise (LFI) Jean-Luc Mélenchon s'est dit dimanche "épaté" par le Conseil constitutionnel, qui a consacré vendredi comme "principe constitutionnel" la fraternité afin que l'aide désintéressée au "séjour irrégulier" des étrangers ne puisse être passible de poursuite.

"Moi qui n'aime guère les conseils constitutionnels d'une manière générale, je suis épaté, c'est le rappel d'un fondamental de l'identité républicaine", s'est réjoui M. Mélenchon lors du Grand Rendez-vous Europe 1-CNews-Les Echos. "L'identité républicaine c'est Liberté, on connaît, Egalité, et puis Fraternité. Quand on arrive à Fraternité on pense qu'on est dans un domaine de la métaphysique, ou des sentiments", mais "il faut rappeler quels sont les principes". AFP 8 juillet 2018

Gageons que Bernard Arnault et ses semblables soient de farouches partisans de "l'identité républicaine".

- Les 500 fortunes de France : Mais que font-ils de leur argent ? - Challenges7 juillet 2018

Jamais la réussite de Bernard Arnault n’a été aussi impressionnante. En un an, le patrimoine de l’homme le plus riche de France s’est apprécié de 56 % et culmine à plus de 73 milliards d’euros ! Les familles Wertheimer ou Bettencourt-Meyers sont reléguées 33 milliards plus bas dans de France, quand l’an dernier le principal actionnaire de LVMH ne devançait son challenger que de 11 milliards…

Et pourtant, ces douze derniers mois n’ont pas valu que du bonheur à Bernard Arnault. Les Paradise Papers ont fait du patron fortuné leur tête de gondole : Le Monde du 9 novembre 2017 révélait ainsi que Nyn Park, une somptueuse propriété de 129 hectares trente kilomètres au nord de Londres et cachée par une société écran de Jersey, était en fait une de ses nombreuses propriétés (outre celles de Saint-Tropez, de Courchevel, d’une île aux Bahamas…).

Quelques mois plus tard, c’est Pièces à conviction de France 3 qui faisait grand cas du pavillon chypriote du yacht du PDG de LVMH et des montages fiscaux en Belgique de la multinationale… Pas de quoi redorer le blason des grandes fortunes, même au pays d’Emmanuel Macron. Challenges7 juillet 2018

En famille. Comment recouvrir les institutions de la Ve République d'un vernis démocratique à l'heure du totalitarisme.

- Macron devant le Congrès à Versailles : La France insoumise lance "une manifestation en ligne" - Franceinfo 8 juillet 2018

"On veut introduire en France la culture de la manif en ligne", explique Jean-Luc Mélenchon. Le chef de La France insoumise a annoncé dimanche 8 juillet, lors du "Grand Rendez-vous" Europe 1-Les Echos-CNews, que les députés de son groupe, qui boycotteront lundi le discours d'Emmanuel Macron devant le Parlement réuni en Congrès à Versailles, organiseront à cette occasion une "manifestation en ligne".

Alors que les parlementaires communistes ont décidé de faire référence à la Révolution française en prêtant "le serment de défendre une République démocratique" devant la salle du Jeu de paume avant d'assister lundi au discours présidentiel, Jean-Luc Mélenchon a révélé que les élus insoumis avaient une inspiration similaire. Franceinfo 8 juillet 2018

Antisocial. Quand l'AFP et France Info ou le SAV du monarque.

- Macron fixe son cap pour l'an II, avec une tonalité sociale - AFP 09.07

- Emmanuel Macron : "un nouveau contrat social" - franceinfo 09.07

L'agence de presse britannique Reuters a donné une interprétation de sa prestation diamétralement opposée.

- Loin d'un virage social, Macron annonce une amplification - Reuters 09.07

Ils osent tout.

- Stanislas Guerini (LREM): «Notre première année de mandat est fondamentalement sociale» - L'Opinion

En famille. Comment légitimer l'Union européenne.

L'essentiel c'est de participer aux élections européennes pour légitimer l'existence de l'Union européenne, tout le reste n'est que numéro d'illusionniste.

- « Les élections européennes doivent se faire sur une ligne très claire », déclare Coquerel - Publicsenat.fr 9 juillet 2018

La France Insoumise fera cavalier seul lors des prochaines élections européennes, sans le Parti communiste ou génération-s de Benoît Hamon.

Éric Coquerel, député de la France Insoumise de Seine-Saint-Denis, déclare qu’il sera « compliqué » pour son parti de faire des alliances lors des prochaines élections européennes.

« Je n’y peux rien s’il y a dispersion à gauche » réplique Éric Coquerel, député de la France Insoumise de Seine-Saint-Denis. « France Insoumise est l’opposition populaire, en tout cas du côté de notre espace progressiste, à Emmanuel Macron. Il y a d’autres forces qui veulent se présenter, mais pour l‘instant, ce que je vois dans les sondages, c’est qu’on ne pèse pas tout à fait le même poids » analyse-t-il. « Ces élections européennes doivent se faire sur une ligne très claire, et c’est pour ça que je pense que ce sera compliqué de faire des alliances ».

Le plan A - plan B de la FI, sera valable pour les élections européennes. Le député rappelle que le Plan A consiste à négocier les traités, et que « si ça ne marche pas, il y a un plan B, qui est le fait d’au moins assurer de manière unilatérale les mesures que vous voulez voir appliquer ».

« Il faut rompre avec les traités. C'est ça qui identifie les listes France insoumise » conclut-il. Publicsenat.fr9 juillet 2018

Leur vieux monde craque de partout.

- Roumanie: le gouvernement obtient le limogeage de la cheffe du parquet anticorruption - AFP

- Démission de la ministre tchèque de la Justice deux jours avant le vote de confiance au gouvernement - AFP

- GB: le gouvernement en crise après la démission du ministre du Brexit - AFP

- Désaccords sur le Brexit: Theresa May perd deux poids lourds de son gouvernement - AFP

- Afrique du Sud: Un fils de Jacob Zuma inculpé pour corruption - Reuters

Propagande et fabrique du consentement.

- Flambée de violence au Nicaragua: 14 morts dans des affrontements - AFP

- La "marche solidaire" en soutien aux migrants arrive à Calais - AFP

Plusieurs centaines de bénévoles et citoyens engagés, rejoints par quelques migrants, arrivent à Calais, arrivée symbolique d'une "marche solidaire" pour les migrants, partie deux mois plus tôt de Vintimille à la frontière franco-italienne.

- Journalistes de Reuters accusés en Birmanie: refus de non-lieu, indignation internationale - AFP

Deux reporters birmans de l'agence de presse Reuters accusés d'"atteinte au secret d'Etat" pour avoir enquêté sur un massacre de musulmans rohingyas par l'armée se sont vu refuser lundi un non-lieu, Amnesty International dénonçant "une journée noire" pour la liberté...

La liberté, c’est l’esclavage. (G. Orwell)

- Autriche : 60 heures de travail par semaine ? - franceinfo 10 juillet 2018

Des journées à rallonge, jusqu'à 12 heures, installés à un poste de travail : voilà ce qui attend les travailleurs autrichiens. Selon une nouvelle loi, la durée légale reste à 8 heures par jour, mais la durée maximale autorisée passe de 10 heures à 12 heures par jour, soit une semaine théorique de 60 heures.

Les Autrichiens font déjà partie des Européens qui travaillent le plus, avec des semaines de 44 heures en moyenne. franceinfo 10 juillet 2018

Dites-moi si je me trompe, mais je crois que la législation est similaire en France, non ?

Une fake news dévoilée par leurs auteurs.

- Le mystère d’Amesbury. le «novichok» utilisé contre les Skripal est «extrêmement tenace» par Craig Murray - Mondialisation.ca, 09 juillet 2018

Les médias grand public semblent disposer d’une suite ininterrompue d’experts prêts à valider n’importe quelle propriété miraculeuse du «novichok », du moment qu’elle concorde avec la dernière théorie anti-russe du gouvernement. Hier soir, Newsnight a tiré de son chapeau un expert en armes chimiques pour nous dire que le « novichok » est « extrêmement tenace » et que par conséquent, celui qui a été utilisé contre les Skripal [puis jeté dans la nature] peut avoir gardé toute sa puissance, quelque part sous un buisson d’un parc.

Et pourtant, il y a seulement trois mois, nous avions eu cet exemple parmi des dizaines d’autres articles des médias grand public avec tous le même message, qui représentait la ligne officielle du gouvernement à ce moment :

« Le professeur Robert Stockman, de l’université de Nottingham, a dit que les traces d’agents innervants ne subsistaient pas. Il a ajouté, ‘Ces agents réagissent au contact avec de l’eau en se dégradant, y compris avec la simple humidité de l’air, et donc au Royaume-Uni, ils auraient une durée de vie très limitée. C’est probablement la raison pour laquelle les rues de Salisbury ont été nettoyées au jet par précaution – cela aurait suffi à détruire l’agent. »

En fait, la dégradation du « novichok » sur la poignée de porte à cause de la pluie avait été donnée comme raison de la survie des Skripal. Mais comme aujourd’hui, les propriétés de l’agent doivent servir une nouvelle version, elles ont encore muté.

Ce n’est pas la première fois. Vous vous souvenez de l’époque où le Novichok était la plus meurtrière des substances, beaucoup plus puissante que le VX ou le sarin, et causait la mort en quelques secondes ? Mais, quand ces effets de l’agent ont dû changer pour s’adapter à la version gouvernementale de l’affaire Skripal, ils ont trouvé des scientifiques pour expliquer qu’en fait non, le « novichok » avait une action plutôt lente, n’était que graduellement absorbé par la peau, et n’était pas si létal que ça.

Les scientifiques sont intéressants à observer. Il semble qu’ils soient plus que prêts à se porter volontaires pour attribuer les propriétés qui servent le mieux les histoires les moins plausibles du gouvernement en échange d’un cachet pour leur intervention sur un média, 5 minutes de célébrité et l’espoir d’une subvention pour leurs recherches.

Selon le Daily Telegraph d’aujourdhui, le malheureux Charlie Rowley est un héroïnomane enregistré, et si c’est vrai, le rasoir d’Occam suggère que c’est une explication bien plus plausible de son état actuel qu’un contact avec un agent innervant militaire inexplicablement tenace.

S’il est malgré tout vrai que deux attaques au « novichok » séparées ont été conduites à quelques kilomètres de chaque côté du laboratoire militaire de Porton Down, où du « novichok » est synthétisé et stocké à « des fins de tests », qu’est-ce que nous suggère le rasoir d’Occam sur la source de l’agent innervant ? C’est une question qu’aucun média grand public ne s’est posée.

Je suis un peu surpris par le tableau que les médias tentent de présenter sur Charlie Rowley et Dawn Sturgess, censément deux toxicomanes sans emploi et sans abri. Le Guardian et Sky News rapportent tous deux qu’ils étaient sans emploi, et pourtant Charlie vivait dans une maison toute neuve sur Muggleton Road à Amesbury, une zone assez chère. Selon Zoopla, les maisons y dépassent les 430 000 livres et les moins chères sont à 270 000 livres. Elles sont toutes très récentes et situées dans un nouveau lotissement résidentiel encore en construction.

Charlie Rowley and Dawn Sturgess ont tous deux des pages Facebook actives, et l’un des « Likes » de Charlie est un courtier hypothécaire, ce qui est logique étant donnée sa maison flambant neuve. Ils n’accordent pas de prêts hypothécaires à des toxicomanes sans emploi, et peu d’entre ces derniers habitent des zones résidentielles neuves. Au vu de leurs pages Facebook, Charlie et Dawn semblent tous deux très sociables, en particulier Dawn, qui compte de nombreux amis dans l’enseignement. Même si elle a été sans abri à une étape de sa vie, elle est clairement bien intégrée dans sa communauté.

Naturellement, aucun des reportages ne fait mention de l’agent du MI6 Pablo Miller, qui reste l’objet d’une notification D [une injonction gouvernementale faite aux médias de se taire sur un sujet pour « raisons de sécurité nationale », NdT]. Je me demande si Miller connaît Rowley et Sturgess, qui vivent dans la même bourgade ? Souvenons-nous que Salisbury peut bien être une ville, mais sa population ne s’élève qu’à 45 000 habitants.

La chose la plus importante est bien sûr que Charlie et Dawn recouvrent la santé. Mais hier soir, même à cette étape précoce, comme pour toute la saga Skripal, le message que les services de sécurité tentent de délivrer ne tient pas debout. L’intervention du journaliste Mark Urban dans Newsnight était tout simplement écœurante ; il ne tentait même pas de cacher qu’il faisait de la propagande pour les services de sécurité, qui avaient dit à Urban (comme il l’a rapporté) que le téléphone de Ioulia Skripal « aurait pu » être sur écoute des Russes et qu’ils « auraient même pu » écouter ses conversations à travers le microphone de son téléphone. C’était une « nouvelle preuve » que les Russes étaient derrière tout ça.

En tant qu’ancien ambassadeur britannique, je peux vous affirmer avec certitude que, de fait, les Russes auraient pu mettre Ioulia sur écoute, mais que les services secrets britanniques l’ont assurément fait. Après tout, c’est leur travail, et des milliards de nos impôts sont affectés à ce type de surveillance. Si les mises sur écoute sont sérieusement présentées comme des preuves d’intentions meurtrières, le gouvernement britannique doit être très, très meurtrier.

Craig Murray est historien et activiste des droits de l’homme. Il a été ambassadeur du Royaume-Uni en Ouzbékistan. Mondialisation.ca, 09 juillet 2018

Défense du marxisme

Le socialisme.

Les deux bases capitalistes sur lesquelles repose le socialisme scientifique. - ( F. Engels -1877)

(Karl Marx par Friedrich Engels - Ecrit en juin 1877, paru dans le Volks-Kalender, Brunswick, 1878. Numérisé par l'encyclopédie de l'Agora.)

Extrait. Marx a inscrit son nom dans l'histoire de la science par de nombreuses et importantes découvertes, dont nous ne citerons ici que les principales.

La première est la révolution accomplie par lui dans la conception de l'histoire mondiale. On considérait auparavant que les raisons dernières de tous les changements historiques doivent être cherchées dans les idées changeantes des hommes et que, de tous les changements historiques, les plus importants, ceux qui dominent toute l'histoire, sont les changements politiques. Mais on ne se demandait pas d'où viennent les idées aux hommes et quelles sont les causes qui déterminent les changements politiques. Seule, la nouvelle école des historiens français et, en partie aussi des historiens anglais en était venue à la conviction que, depuis le Moyen âge au moins, la force motrice, dans l'histoire européenne, était la lutte qui se développait entre la bourgeoisie et la féodalité pour la domination sociale et politique. Mais c'est Marx qui démontra que, jusqu'à nos jours, toute l'histoire est une histoire de luttes de classe, qu'il ne s'agit dans toutes les luttes politiques, multiples et complexes, que de la domination sociale et politique de telle ou telle classe, que pour la classe ancienne il s'agit de maintenir cette domination et pour les classes qui s'élèvent de conquérir le pouvoir.

Mais comment naissent et se maintiennent ces classes. Elles naissent et se maintiennent toujours en vertu des conditions matérielles, tangibles, dans lesquelles une société donnée produit et échange ce qui est nécessaire à la vie. La domination féodale du moyen âge reposait sur l'économie de petites communautés paysannes qui produisaient ellesmêmes presque tous les produits de leur consommation, ignoraient à peu près l'échange et étaient protégées contre l'étranger par la noblesse belliqueuse qui leur conférait une cohésion nationale, ou du moins politique. Lorsque les villes grandirent et qu'il se forma une industrie artisane distincte, qui donna lieu à un commerce d'abord purement national, puis international, la bourgeoisie urbaine se développa et, dans sa lutte contre la noblesse, conquit sa place dans le régime féodal en tant que classe sociale jouissant de droits spéciaux. Mais la découverte de nouveaux pays, à partir du milieu du XVe siècle, fournit à la bourgeoisie un champ d'affaires plus vaste et, par suite, un nouveau stimulant à son industrie. Le métier fut supplanté dans les branches les plus importantes par la manufacture qui, elle-même, après l'invention de la machine à vapeur, au siècle dernier, fut refoulée par la grande industrie. Cette dernière, à son tour, réagit sur le commerce en supplantant dans les pays arriérés l'ancien travail à la main, en créant dans les pays plus développés les moyens actuels de communication, les machines à vapeur, les chemins de fer et le télégraphe électrique.

Ainsi la bourgeoisie concentrait de plus en plus entre ses mains les richesses et la puissance sociales, alors qu'elle resta longtemps encore écartée du pouvoir politique, qui se trouvait entre les mains de la noblesse et de la royauté appuyée sur la noblesse. Mais à un certain degré de développement — en France, par exemple, après la grande Révolution — la bourgeoisie conquit aussi le pouvoir et devint à son tour la classe gouvernante en face du prolétariat et des petits paysans.

De ce point de vue s'expliquent tous les phénomènes historiques — si l'on a une connaissance suffisante de la situation économique de la société, situation que négligent nos spécialistes de l'histoire. Les idées et les croyances de chaque époque s'expliquent également de la façon la plus simple par les conditions de vie économique de cette époque et par les rapportss sociaux et politiques qui en découlent. Ce n'est que grâce à cette conception que l'histoire a été posée pour la première fois sur son véritable terrain. Le fait évident que les hommes, avant tout, mangent, boivent, s'abritent et s'habillent et qu'ils doivent travailler avant de pouvoir lutter pour le pouvoir, s'occuper de politique, de religion et de philosophie, ce fait manifeste, jusqu'à présent complètement négligé, a enfin obtenu droit de cité dans l'histoire.

Pour l'idée socialiste, cette nouvelle conception de l'histoire était extrêmement importante. Il est maintenant démontré que toute l'histoire de l'humanité se meut dans les antagonismes et les luttes de classe, qu'il y a toujours eu des classes dominantes et dominées, exploiteuses et exploitées, et que la grande majorité des hommes a toujours été condamnée à un dur labeur et à une misérable existence. Pourquoi cela? Tout simplement parce qu'à toutes les étapes précédentes du développement de l'humanité la production était encore si faible que l'histoire ne pouvait avancer qu'avec l'existence de ces antagonismes; que seule une petite minorité privilégiée contribuait à la progression historique, tandis que la masse était condamnée à gagner par son travail ses maigres moyens de subsistance et à accroître sans cesse la richesse de la minorité privilégiée.

Mais cette conception de l'histoire, conception qui explique si naturellement et si simplement la domination de classe, expliquée jusque-là par la méchanceté des hommes, conduit aussi à la conviction que, vu le développement formidable atteint actuellement par les forces de production, il ne reste plus aucune raison, tout au moins dans les pays avancés, de diviser les hommes en dominateurs et en dominés, en exploiteurs et en exploités.

La grande bourgeoisie dominante a rempli sa mission historique; non seulement elle n'est plus capable de diriger la société, mais elle est devenue un obstacle au développement de la production, comme le démontrent les crises commerciales, principalement la dernière, et la dépression de l'industrie dans tous les pays. La direction historique est passée au prolétariat, classe qui peut s'affranchir uniquement parce que, en vertu de sa situation sociale, elle anéantit toute domination de classe, toute subordination et toute exploitation. Les forces productrices sociales, qui ont dépassé les capacités de la bourgeoisie, n'attendent que le moment de passer en la possession du prolétariat uni, qui établira un régime permettant à tous les membres de la société de participer non seulement à la production, mais aussi à la répartition et à la gestion des richesses sociales. Grâce à la régularisation rationnelle de toute la production, ce régime pourra élever les forces de production sociales et les produits créés par elles de façon à satisfaire de plus en plus les besoins raisonnables de chacun.

La deuxième découverte importante de Karl Marx est l'explication des rapports du capital et du travail, autrement dit, la démonstration de la façon dont s'accomplit l'exploitation des ouvriers par les capitalistes dans la société actuelle, avec le mode de production capitaliste existant. Depuis que l'économie politique avait établi que seul le travail est la source de toute richesse et de toute valeur, on devait fatalement se demander comment il se fait que le salarié ne reçoive pas toute la valeur produite par son travail et doive en abandonner une partie au capitaliste. C'est en vain que les économistes bourgeois et socialistes s'efforcèrent de donner une réponse strictement scientifique à cette question jusqu'au moment où Marx en apporta la solution. Le mode de production capitaliste actuel implique l'existence de deux classes sociales: d'un côté, les capitalistes, qui possèdent les instruments nécessaires à la production et à l'existence; de l'autre, les prolétaires, qui ne possèdent rien et sont obligés, pour vivre, de vendre leur seule marchandise: leur force de travail. Mais la valeur d'une marchandise quelconque est déterminée par la quantité de travail socialement nécessaire pour la production et le renouvellement de cette marchandise; par suite, la valeur de la force de travail d'un homme moyen pendant un jour, un mois, une année, est déterminée par la quantité de produits nécessaires à l'entretien de l'ouvrier pendant un jour, un mois, une année. Admettons que les produits nécessaires à un ouvrier pour un jour exigent six heures de travail, ou, ce qui revient au même, que le travail qui y est incorporé représente une durée de six heures. Dans ce cas, la valeur de la force de travail pour un jour s'exprimera par la somme d'argent nécessitant également six heures pour être produite. Admettons maintenant que le capitaliste qui occupe notre ouvrier lui paie cette somme, c'està- dire la valeur totale de sa force de travail. Si l'ouvrier travaillait actuellement six heures par jour pour le capitaliste, il rembourserait complètement au capitaliste la dépense effectuée par ce dernier: six heures de travail pour une somme valant six heures de travail. Mais alors il ne resterait rien dans la poche du capitaliste. Celui-ci, évidemment, raisonne tout autrement: j'ai acheté, dit-il, la force de travail de cet ouvrier non pas pour six heures, mais pour toute une journée. Par suite, il oblige l'ouvrier à travailler, suivant les circonstances, 8, 10, 12, 14 heures, et même davantage, de sorte que le produit des heures qui suivent la sixième heure de travail est le produit d'un travail impayé et s'en va dans la poche du capitaliste. Ainsi l'ouvrier au service du capitaliste non seulement rend à ce dernier la valeur qu'il en a reçue pour sa force de travail, mais produit encore une plus-value que le capitaliste commence par s'approprier et qui ensuite, en vertu de lois économiques déterminées, se répartit dans toute la classe capitaliste et forme la principale source d'où découlera la rente foncière, l'intérêt, l'accumulation capitaliste, en un mot toutes les richesses consommées et accumulées par les classes parasites.

Ainsi, il a été démontré que les richesses acquises par les capitalistes actuels proviennent de l'expropriation d'un travail d'autrui impayé, tout comme celles des propriétaires d'esclaves ou des seigneurs féodaux qui exploitaient le travail des serfs, et que toutes ces formes d'exploitation ne se distinguent que par la manière et les moyens employés pour s'approprier le travail d'autrui. Par suite, les classes possédantes ne peuvent plus arguer hypocritement que le Droit, la Justice, l'Egalité des droits et des devoirs, l'Harmonie générale des intérêts règnent dans l'ordre social actuel. La société bourgeoise d'aujourd'hui, comme les sociétés antérieures, est une forme gigantesque d'exploitation de l'immense majorité du peuple par une minorité infime, qui ne cesse en outre de diminuer.

C'est sur ces deux bases capitalistes que repose le socialisme scientifique contemporain.

Marx par Engels au format pdf

Défense du marxisme

L’attitude de la bourgeoisie à l’égard du prolétariat.

La situation de la classe ouvrière en Angleterre (F. Engels -1845)

Je n'ai jamais vu une classe si profondément immorale, si incurablement pourrie et intérieurement rongée d'égoïsme, si incapable du moindre progrès que la bourgeoisie anglaise, et j'entends par là surtout la bourgeoisie proprement dite, singulièrement la bourgeoisie libérale, qui veut abroger les lois sur les grains. Pour elle il n'existe rien au monde qui ne soit là pour l'argent, sans l'excepter elle-même, car elle ne vit que pour gagner de l'argent et pour rien d'autre, elle ne connaît pas d'autre félicité que de faire une rapide fortune, pas d'autre souffrance que de perdre de l'argent 477. Avec une telle rapacité et une telle cupidité il est impossible qu'il existe un sentiment, une idée humaine qui ne soient souillés. Certes, ces bourgeois anglais sont de bons époux et de bons pères de famille, ils ont aussi toutes sortes de « vertus privées » comme on dit, et, dans les rapports de la vie courante, ils semblent tout aussi respectables et corrects que tous les autres bourgeois; même dans les affaires, on peut mieux traiter avec eux qu'avec les Allemands; ils ne marchandent et n'ergotent pas tant que nos épiciers, mais qu'importe tout cela ? En dernier ressort, le seul facteur décisif reste l'intérêt particulier et spécialement la volonté de gagner de l'argent. Un jour je pénétrai dans Manchester avec un de ces bourgeois et discutai avec lui de la construction déplorable, malsaine, de l'état épouvantable des quartiers ouvriers et déclarai n'avoir jamais vu une ville aussi mal bâtie. L'homme m'écouta calmement et au coin de la rue où il me quitta, il déclara : « And yet, there is a great deal of money made here. » (Et malgré tout, on gagne ici énormément d'argent.) « Au revoir, Monsieur! » Le bourgeois se moque éperdument de savoir si ses ouvriers meurent de faim ou pas, pourvu que lui gagne de l'argent.

Toutes les conditions de vie sont évaluées au critère du bénéfice, et tout ce qui ne procure pas d'argent est idiot, irréalisable, utopique. C'est pourquoi l'économie politique, science qui étudie les moyens de gagner de l'argent, est la science préférée de ces juifs usuriers. Ils sont tous économistes. Le rapport de l'industriel à l'ouvrier n'est pas un rapport humain, mais une relation purement économique. L'industriel est le « capital », l'ouvrier est le « travail ». Si l'ouvrier ne veut pas se laisser enfermer dans cette abstraction, s'il affirme qu'il n'est pas le « travail » mais un homme qui, il est vrai, possède entre autres la faculté de travailler, s'il s'avise de croire qu'il ne devrait pas se laisser vendre et acheter en tant que « travail », en tant que marchandise, sur le marché, l'entendement du bourgeois est alors comme frappé de stupeur. Il ne peut comprendre qu'il puisse avoir avec les ouvriers d'autres rapports que ceux de l'achat et de la vente, et il ne voit pas en eux des hommes mais des « mains » (hands), puisque c'est ce nom qu'il leur jette constamment à la face; et, comme dit Carlyle, il ne reconnaît pas d'autre relation d'un homme à un autre homme, que celle du paiement comptant. Même les liens entre lui et sa femme ne sont - dans 99 % des cas - qu'un « paiement comptant ». L'esclavage misérable dans lequel l'argent tient le bourgeois marque même le langage, du fait de la domination de la bourgeoisie; l'argent fait la valeur de l'homme; cet homme vaut 10,000 livres (he is worth ten thousands pounds), c'est-à-dire il les a. Quiconque a de l'argent est « respectable », appartient à « la meilleure catégorie de gens » (the better sort of people), est « influent » (influential) et ce qu'il accomplit fait époque dans son milieu. Le sordide esprit mercantile imprègne la langue tout entière, tous les rapports humains sont traduits en formules commerciales expliquées sous forme de catégories économiques. Commande et fourniture, demande et offre, supply and demand, telles sont les formules à l'aide desquelles la logique de l'Anglais juge toute la vie humaine. Voilà qui explique la libre concurrence partout, voilà qui explique le régime du « laissezfaire » et du « laisser-aller » dans l'administration, dans la médecine, l'éducation et bientôt aussi dans la religion où la domination de l'Église d'État s'effondre de plus en plus. La libre concurrence ne veut pas de limites, pas de contrôle d'État; tout l'État lui pèse, son voeu le plus cher serait d'être dans un régime tout à fait dépourvu d'État, où chacun pourrait exploiter son prochain à coeur joie comme dans la « société » de notre ami Stirner, par exemple. Mais comme la bourgeoisie ne peut se passer de l'État, ne serait-ce que pour tenir en respect le prolétariat qui lui est tout aussi nécessaire, elle utilise le premier contre le second et cherche à tenir l'État le plus possible à distance en ce qui la concerne.

Il ne faudrait cependant pas croire que l'Anglais « cultivé » fait si ouvertement étalage de cet égoïsme. Au contraire il le dissimule avec la plus vile hypocrisie. - Comment ? Vous dites que les riches Anglais ne pensent pas aux pauvres, eux qui ont bâti des établissements de bienfaisance comme on n'en voit dans aucun autre pays ? Oui-da, des établissements de bienfaisance ! Comme si c'était rendre service au prolétaire que de commencer par l'exploiter jusqu'au sang pour pouvoir ensuite apaiser sur lui avec complaisance et pharisaïsme votre prurit de charité et pour vous présenter à la face du monde en grands bienfaiteurs de l'humanité, alors que vous rendez à ce malheureux que vous avez sucé jusqu'à la moelle, la centième partie de ce qui lui revient ! Bienfaisance qui dégrade plus encore celui qui la pratique que celui qui la reçoit; bienfaisance qui enfonce encore davantage dans la poussière le malheureux qu'on a foulé aux pieds, qui implique que le paria déshumanisé, exclu de la société, renonce d'abord à la dernière chose qui lui reste, à son aspiration à la qualité d'homme, et mendie d'abord sa grâce auprès de la bourgeoisie, avant qu'elle lui fasse la grâce de lui imprimer sur le front, en lui faisant l'aumône, le sceau de la déshumanisation ! Mais à quoi bon ces réflexions. Écoutons la bourgeoisie anglaise elle-même. Il n'y a pas même un an, j'ai lu dans le Manchester Guardian la lettre suivante, adressée au Rédacteur en chef, qui la publia sans autre commentaire, comme une chose toute naturelle et raisonnable :

Monsieur le Rédacteur en chef,

Depuis quelque temps on rencontre dans les grandes rues de notre ville une foule de mendiants qui, tantôt par leurs vêtements en haillons et leur aspect maladif, tantôt par l'étalage de blessures béantes et d'infirmités repoussantes, cherchent à éveiller la pitié des passants de façon souvent fort impudente et fort offensante.

J'incline à croire que lorsqu'on paye non seulement l'impôt pour les pauvres, mais qu'on apporte en outre une généreuse contribution à l'entretien d'établissements de bienfaisance, on en a fait assez pour avoir le droit d'être enfin à l'abri d'importunités aussi désagréables et cyniques; et à quoi donc sert l'impôt si lourd que nous payons pour l'entretien de la police municipale, si la protection qu'elle nous accorde ne nous permet même pas d'aller tranquillement en ville ou d'en revenir ? - J'espère que la publication de ces lignes dans votre journal qui jouit d'une grande diffusion, incitera les pouvoirs publics à faire disparaître cette calamité (nuisance) et je reste

Votre très dévouée,

Une Dame.

Et voilà! La bourgeoisie anglaise pratique la charité par intérêt, elle ne fait jamais cadeau de rien, elle considère ses dons comme un marché, elle traite avec les pauvres une affaire et dit :

« Si je consacre tant à des fins philanthropiques, j'achète ainsi le droit de ne pas être importuné davantage et vous vous engagez en échange à rester dans vos antres obscurs et à ne pas irriter mes nerfs sensibles par l'étalage public de votre misère ! Vous pouvez toujours désespérer, mais faites-le en silence, je le stipule dans le contrat, je m'achète ce droit en versant ma cotisation de 20 livres pour l'hôpital! » Oh! l'infâme philanthropie que voilà d'un bourgeois chrétien. Et c'est ce qu'écrit « une dame », oui, vous avez lu, une dame, elle fait bien de signer de ce nom, elle n'a heureusement plus le courage de prendre le nom de femme! Mais si les dames sont comme ça, que sera-ce des « Messieurs » ? On dira qu'il s'agit là d'un cas isolé. Mais pas du tout, la lettre ci-dessus exprime bien les sentiments de la grande majorité de la bourgeoisie anglaise, sinon le rédacteur ne l'aurait pas acceptée, sinon elle aurait été suivie d'une réponse quelconque que j'ai vainement cherchée dans les numéros suivants. Et quant à l'efficacité de cette bienfaisance, le chanoine Parkinson lui-même affirme que les pauvres sont aidés bien davantage par leurs semblables que par la bourgeoisie; et une aide de ce genre, émanant d'un brave prolétaire qui sait lui-même ce qu'est la faim, pour qui le partage de son maigre repas représente un sacrifice, mais qui le fait avec joie, une telle aide rend un tout autre son que l'aumône jetée au pauvre par le bourgeois gavé.

Mais même dans les autres domaines, la bourgeoisie simule un humanitarisme sans bornes - mais seulement lorsque l'exige son propre intérêt. Ainsi en va-t-il dans sa politique et dans son économie politique.

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Défense du marxisme

Droit de l'homme contre droit du citoyen.

Extrait de « La Question juive » (K. Marx 1843)

On fait une distinction entre les « droits de l’homme » et les « droits du citoyen ». Quel est cet « homme » distinct du citoyen ? Personne d’autre que le membre de la société bourgeoise. Pourquoi le membre de la société bourgeoise est-il appelé « homme », homme tout court, et pourquoi ses droits sont-ils appelés droits de l’homme ? Qu’est-ce qui explique ce fait ? Par le rapport de l’État politique à la société bourgeoise, par l’essence de l’émancipation politique.

Constatons avant tout le fait que les « droits de l’homme », distincts des « droits du citoyen », ne sont rien d’autre que les droits du membre de la société bourgeoise, c’est-à-dire de l’homme égoïste, de l’homme séparé de l’homme et de la communauté. La Constitution la plus radicale, celle de 1793, a beau dire : Déclaration des droits de l’homme et du citoyen. « Art. 2. Ces droits (les droits naturels et imprescriptibles) sont : l’égalité, la liberté, la sûreté, la propriété. » En quoi consiste la « liberté » ? « Art. 6. La liberté est le pouvoir qui appartient à l’homme de faire tout ce qui ne nuit pas aux droits d’autrui. » Ou encore, d’après la Déclaration des droits de l’homme de 1791 : « La liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui. »

La liberté est donc le droit de faire tout ce qui ne nuit pas à autrui. Les limites dans lesquelles chacun peut se mouvoir sans nuire à autrui sont marquées par la loi, de même que la limite de deux champs est déterminée par un piquet. Il s’agit de la liberté de l’homme considéré comme monade isolée, repliée sur elle-même. (…) Mais le droit de l’homme, la liberté, ne repose pas sur les relations de l’homme avec l’homme, mais plutôt sur la séparation de l’homme d’avec l’homme. C’est le droit de cette séparation, le droit de l’individu limité à lui-même.

L’application pratique du droit de liberté, c’est le droit de propriété privée. Mais en quoi consiste ce dernier droit ?

« Le droit de propriété est celui qui appartient à tout citoyen de jouir et de disposer à son gré de ses biens, de ses revenus, du fruit de son travail et de son industrie. » (Constitution de 1793, art. 16.)

Le droit de propriété est donc le droit de jouir de sa fortune et d’en disposer « à son gré », sans se soucier des autres hommes, indépendamment de la société ; c’est le droit de l’égoïsme. C’est cette liberté individuelle, avec son application, qui forme la base de la société bourgeoise. Elle fait voir à chaque homme, dans un autre homme, non pas la réalisation, mais plutôt la limitation de sa liberté. Elle proclame avant tout le droit « de jouir et de disposer à son gré de ses biens, de ses revenus, du fruit de son travail et de son industrie ».

Restent les autres droits de l’homme, l’égalité et la sûreté.

Le mot « égalité » n’a pas ici de signification politique ; ce n’est que l’égalité de la liberté définie ci-dessus : tout homme est également considéré comme une telle monade basée sur elle-même. La Constitution de 1795 détermine le sens de cette égalité : « Art. 5. L’égalité consiste en ce que la loi est la même pour tous, soit qu’elle protège, soit qu’elle punisse. »

Et la sûreté ? La Constitution de 1793 dit : « Art. 8. La sûreté consiste dans la protection accordée par la société à chacun de ses membres pour la conservation de sa personne, de ses droits et de ses propriétés. » La sûreté est la notion sociale la plus haute de la société bourgeoise, la notion de la police : toute la société n’existe que pour garantir à chacun de ses membres la conservation de sa personne, de ses droits et de ses propriétés. C’est dans ce sens que Hegel appelle la société bourgeoise « l’État de la détresse et de l’entendement ».

La notion de sûreté ne suffit pas encore pour que la société bourgeoise s’élève au-dessus de son égoïsme. La sûreté est plutôt l’assurance de l’égoïsme. Aucun des prétendus droits de l’homme ne dépasse donc l’homme égoïste, l’homme en tant que membre de la société bourgeoise, c’est-à-dire un individu séparé de la communauté, replié sur lui-même, uniquement préoccupé de son intérêt personnel et obéissant à son arbitraire privé. L’homme est loin d’y être considéré comme un être générique ; tout au contraire, la vie générique elle-même, la société, apparaît comme un cadre extérieur à l’individu, comme une limitation de son indépendance originelle. Le seul lien qui les unisse, c’est la nécessité naturelle, le besoin et l’intérêt privé, la conservation de leurs propriétés et de leur personne égoïste.

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En complément.

La proclamation universelle des droits de l'homme est tout juste bonne à justifier l'esclavagisme des temps modernes.

- "On a démontré comment la reconnaissance des droits de l'homme par l'État moderne ne signifie pas autre chose que la reconnaissance de l'esclavage par l'État antique. La base naturelle de l'État antique, c'était l'esclavage; celle de l'État moderne, c'est la société bourgeoise, l'homme de la société bourgeoise, c'est-à-dire l'homme indépendant, qui n'est rattaché à autrui que par le lien de l'intérêt privé et de la nécessité naturelle, dont il n'a pas conscience, l'esclavage du travail intéressé, de son propre besoin égoïste et du besoin égoïste d'autrui. L'État moderne, dont c'est là la base naturelle, l'a reconnue comme telle dans la proclamation universelle des droits de l'homme". (K. Marx – F. Engels : La sainte famille ou Critique de la critique critique)

Défense du marxisme

La dialectique ou la science des lois générales du mouvement et du développement de la nature, de la société humaine et de la pensée..

Chapitre XIII : Dialectique. Négation de la négation. Friedrich Engels : Anti-Duhring (1878).

Extraits.

C'est déjà un manque total d'intelligence de la nature de la dialectique, que de la tenir, comme fait M. Dühring, pour un instrument de pure démonstration, à la façon dont on peut se faire une idée bornée, disons de la logique formelle ou des mathématiques élémentaires. Même la logique formelle est avant tout une méthode pour trouver des résultats nouveaux, pour progresser du connu à l'inconnu, et cela est vrai, mais dans un sens bien plus élevé encore, de la dialectique qui, en outre, en brisant l'horizon étroit de la logique, contient le germe d'une vue plus vaste du monde.

(La négation de la négation) Une procédure très simple, qui s'accomplit en tous lieux et tous les jours, que tout enfant peut comprendre, dès qu'on élimine le fatras mystérieux sous lequel la vieille philosophie idéaliste la dissimulait et sous lequel des métaphysiciens incurables de la trempe de M. Dühring continuent à avoir intérêt à la cacher. Prenons un grain d'orge. Des milliards de grains d'orge semblables sont moulus, cuits et brassés, puis consommés. Mais si un grain d'orge de ce genre trouve les conditions qui lui sont normales, s'il tombe sur un terrain favorable, une transformation spécifique s'opère en lui sous l'influence de la chaleur et de l'humidité, il germe : le grain disparaît en tant que tel, il est nié, remplacé par la plante née de lui, négation du grain.

Mais quelle est la carrière normale de cette plante ? Elle croît, fleurit, se féconde et produit en fin de compte de nouveaux grains d'orge, et aussitôt que ceux-ci sont mûrs, la tige dépérit, elle est niée pour sa part. Comme résultat de cette négation de la négation, nous avons derechef le grain d'orge du début, non pas simple, mais en nombre dix, vingt, trente fois plus grand. (...)

Il n'en va pas autrement en histoire. Tous les peuples civilisés commencent par la propriété en commun du sol. Chez tous les peuples qui dépassent un certain stade primitif, cette propriété en commun devient, au cours de l'évolution de l'agriculture, une entrave pour la production. Elle est abolie, niée, transformée en propriété privée après des stades intermédiaires plus ou moins longs. Mais à un stade plus élevé du développement de l'agriculture atteint grâce à la propriété privée du sol elle-même, c'est inversement la propriété privée qui devient une entrave pour la production, - comme c'est aujourd'hui le cas aussi bien pour la petite que pour la grande propriété foncière. On voit surgir avec un caractère de nécessité la revendication qui tend à ce qu'elle soit niée également, à ce qu'elle soit retransformée en propriété commune. Mais cette revendication ne signifie pas la restauration de l'ancienne propriété en commun primitive, mais l'établissement d'une forme bien plus élevée et plus développée de propriété collective qui, bien loin de devenir une barrière pour la production sera, au contraire, la première à la libérer de ses entraves et à lui permettre la pleine utilisation des découvertes chimiques et des inventions mécaniques modernes.

Autre exemple encore. La philosophie antique était un matérialisme primitif naturel. En tant que tel, elle était inc apable de tirer au net le rapport de la pensée et de la matière. Mais la nécessité d'y voir clair conduisit à la doctrine d'une âme séparable du corps, puis à l'affirmation de l'immortalité de cette âme, enfin au monothéisme. Le matérialisme antique fut donc nié par l'idéalisme. Mais dans le développement ultérieur de la philosophie, l'idéalisme à son tour devint insoutenable et fut nié par le matérialisme moderne. Celui-ci, négation de la négation, n'est pas la simple réinstallation de l'ancien matérialisme, mais ajoute aux fondements persistants de celui-ci tout le contenu de pensée d'une évolution deux fois millénaire de la philosophie et des sciences de la nature, ainsi que de ces deux millénaires d'histoire eux-mêmes. Après tout ce n'est plus une philosophie, mais une simple vue du monde qui n'a pas à faire ses preuves et à se mettre en oeuvre dans une science des sciences à part, mais dans les sciences réelles. La philosophie est donc ici “ levée ”, c'est-à-dire à la fois “ surmontée et conservée”, surmontée dans sa forme, conservée dans son contenu réel.

Enfin, même la doctrine de l'égalité de Rousseau...

A l'état de nature et de sauvagerie, les hommes étaient égaux; et comme Rousseau tient déjà le langage pour une altération de l'état de nature, il a parfaitement raison d'appliquer l'égalité entre animaux d'une même espèce dans toute l'étendue de cette espèce à ces hommes -animaux récemment classifiés par hypothèse par Haeckel comme alales, privés de langage. Mais ces hommes -animaux égaux avaient sur le reste des animaux l'avantage d'une propriété : la perfectibilité, la possibilité d'évoluer ultérieurement 2; et ce fut la cause de l'inégalité.

Rousseau voit donc un progrès dans la naissance de l'inégalité. Mais ce progrès était antagoniste, c'était en même temps un recul.

“ Tous les progrès ultérieurs [au delà de l'état de nature] ont été en apparence autant de pas vers la perfection de l'individu, et en effet, vers la décrépitude de l'espèce ... La métallurgie et l'agriculture furent les deux arts dont l'invention produisit cette grande révolution. ” (La transformation de la forêt vierge en terre cultivée, mais aussi l'introduction de la misère et de la servitude au moyen de la propriété.)

“ Pour le poète, c'est l'or et l'argent, mais pour le philosophe ce sont le fer et le blé qui ont civilisé les hommes et perdu le genre humain. ”

Tout nouveau progrès de la civilisation est, en même temps, un nouveau progrès de l'inégalité. Toutes les institutions que se donne la société née avec la civilisation, tournent à l'encontre de leur but primitif.

“ Il est incontestable, et c'est la maxime fondamentale de tout le droit politique, que les peuples se sont donné des chefs pour défendre leur liberté et non les asservir.”

Et cependant, ces chefs deviennent nécessairement les oppresseurs des peuples et renforcent cette oppression Jusqu'au point où l'inégalité, poussée à son comble, se retransforme en son contraire, devient cause de l'égalité : devant le despote tous sont égaux, à savoir égaux à zéro.

“ C'est ici le dernier terme de l'inégalité et le point extrême qui ferme le cercle et touche au point d'où nous sommes partis : c'est ici que tous les particuliers redeviennent égaux, parce qu'ils ne sont rien et que les sujets n'ont plus d'autre loi que la volonté du maître.”

Mais le despote n'est maître que tant qu'il a la violence et c'est pourquoi “ sitôt qu'on peut l'expulser, il n'a point à réclamer contre la violence... La seule force le maintenait, la seule force le renverse. Toutes choses se passent ainsi selon l'ordre naturel. ”

Et ainsi, l'inégalité se change derechef en égalité, non toutefois en cette vieille égal ité naturelle de l'homme primitif privé de la parole, mais dans l'égalité supérieure du contrat social. Les oppresseurs subissent l'oppression. C'est la négation de la négation. (...)

Qu'est-ce donc que la négation de la négation ? Une loi de développement de la nature, de l'histoire et de la pensée extrêmement générale et, précisément pour cela, revêtue d'une portée et d'une signification extrêmes; loi qui, nous l'avons vu, est valable pour le règne animal et végétal, pour la géologie, les mathématiques, l'histoire, la philosophie, et à laquelle M. Dühring lui-même, bien qu'il se rebiffe et qu'il regimbe : est obligé à son insu d'obéir à sa manière. (...)

Si je dis de tous ces processus qu'ils sont négation de la négation, je les comprends tous ensemble sous cette unique loi du mouvement et, de ce fait, je ne tiens précisément pas compte des particularités de chaque processus spécial pris à part. En fait la dialectique n'est pas autre chose que la science des lois générales du mouvement et du développement de la nature, de la société humaine et de la pensée.

Eugen Dühring, un social-démocrate allemand tardif, universitaire vaniteux, ennemi de la dialectique et donc du socialisme scientifique développé par Marx et Engels, au profit de "vérités éternelles", un vulgaire fatras de "de stupidité(s) d'une part et de banalité(s) d'autre part, écrira le 28 mai 1876 Engels à Marx en lui communiquant son "plan" d'Anti-Dühring.

J'ai reproduit ces passages parce qu'ils sont à la portée de tous. Ne pas populariser la dialectique au sein de la population est inexcusable.

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Défense du marxisme

Socialisme contre sentimentalisme.

Socialisme de juristes. - (F. Engels et K. Kautsky -1886)

Au moyen âge la conception du monde était essentiellement théologique. L’unité du monde européen qui n’existait pas en fait à l’intérieur, fut réalisée à l’extérieur, contre l’ennemi commun, les Sarrazins, par le christianisme. C’est le catholicisme qui fut le creuset de l’unité du monde européen, groupe de peuples en rapports mutuels constants au cours de leur évolution. Ce rassemblement théologique ne se limita pas au domaine des idées. Il avait une existence réelle, non seulement dans la personne du pape qui était son centre monarchique, mais avant tout dans l’Eglise organisée féodalement et hiérarchiquement, et qui, en sa qualité de propriétaire d’environ un tiers du sol, détenait dans chaque pays une puissance politique énorme dans l’organisation féodale. L’Eglise, avec sa propriété foncière de type féodal, était le lien réel entre les divers pays ; l’organisation féodale de l’Eglise donnait sa consécration religieuse au féodalisme temporel de l’organisation politique. Le clergé était en outre la seule classe cultivée. Il allait donc de soi que le dogme de l’Eglise devait être le point de départ et la base de toute pensée. Droit, science de la nature, philosophie, l’étalon appliqué à toute connaissance était le suivant : son contenu concorde-t-il avec les enseignements de l’Eglise ou non ?

Mais au sein de la féodalité se développait la puissance de la bourgeoisie. Une classe nouvelle entrait en scène contre les grands propriétaire fonciers. Les bourgeois des villes étaient avant tout et exclusivement des producteurs de marchandises et vivaient du commerce des marchandises, alors que le mode de production féodal reposait essentiellement sur l’auto-consommation des produits fabriqués à l’intérieur d’un cercle restreint — ces consommateurs étant en partie les producteurs, en partie les féodaux qui levaient tribut. La conception catholique du monde, taillée à la mesure du féodalisme, ne pouvait plus suffire à cette classe nouvelle et à ses conditions de production et d’échange. Cependant elle resta prisonnière elle aussi un temps assez long de la toute-puissante théologie. Toutes les Réformes et les luttes qui s’y rattachent et furent menées du XIIIe au XVIIe siècle sous une raison sociale religieuse, ne sont, sous leur aspect théorique, que des tentatives répétées de la bourgeoisie des plébéiens des villes et de leurs alliés les paysans en rébellion, pour ajuster la vieille conception théologique du monde aux conditions économiques nouvelles et à la situation de la classe nouvelle. Mais cela n’allait pas. L’étendard religieux flotta pour la dernière fois en Angleterre au XVIIe siècle, et, cinquante ans plus tard à peine, la nouvelle conception classique de la bourgeoisie, la conception juridique entra en scène en France sans déguisement.

C’était une sécularisation de la conception théologique. Au dogme, au droit divin se substituait le droit humain, à l’Eglise l’Etat. Les rapports économiques et sociaux, que l’on s’était autrefois représentés comme créés par l’Eglise et le dogme, parce que l’Eglise leur donnait sa sanction, on se les représentait maintenant comme fondés sur le droit et créés par l’Etat. Parce que l’échange des marchandises à l’échelle de la société et dans son plein épanouissement, favorisé notamment par l’octroi d’avances et de crédit, engendrait de complexes relations contractuelles réciproques et exigeait de ce fait des règles de portée générale qui ne pouvaient être édictées que par la collectivité — normes juridiques fixées par l’Etat —, on se figura que ces normes juridiques n’avaient pas pour origine les faits économiques, mais que c’était leur codification formelle par l’Etat qui leur donnait naissance. Et parce que la concurrence, qui est la forme fondamentale des relations entre libres producteurs de marchandises, est la plus grande niveleuse qui soit, l’égalité devant la loi devint le grand cri de guerre de la bourgeoisie. La lutte de cette classe ascendante contre les seigneurs féodaux et la monarchie absolue qui les protégeait alors, devait nécessairement, comme toute lutte de classes, être une lutte politique, une lutte pour la possession de l’Etat, et c’était nécessairement une lutte pour la satisfaction de revendications juridiques : ce fait contribua à consolider la conception juridique du monde.

Mais la bourgeoisie engendra son double négatif, le prolétariat, et avec lui une nouvelle lutte de classes, qui éclaté avant même que la bourgeoisie eût entièrement conquis le pouvoir politique. De même que, naguère, la bourgeoisie dans as lutte contre la noblesse avait, par tradition, traîné la conception théologie du monde pendant un certain temps encore, de même au début le prolétariat a repris de son adversaire les conceptions juridiques et à cherché à y puiser des armes contre la bourgeoisie. Les premières formations politiques prolétariennes comme leurs théoriciens, demeurent absolument sur le « terrain juridique » à la seule différence que leur terrain juridique n’était pas le même que celui de la bourgeoisie. D’une part la revendication de l’égalité était étendue : l’égalité juridique devait être complétée par l’égalité sociale ; d’autre part, des propositions d’Adam Smith — selon qui, le travail est la source de toute richesse, mais le produit du travail est la source de toute richesse, mais le produit du travail doit être partagé par le travailleur avec le propriétaire foncier et le capitaliste —, on tirait la conclusion que ce partage était injuste et devait être soit aboli, soit au moins modifié au profit des travailleurs. Mais le sentiment qu’en laissant cette question sur le seul terrain « du droit » on ne pourrait nullement éliminer les méfaits engendrés par le mode de production du capitalisme bourgeois et surtout par la grande industrie moderne, conduisit déjà les plus importants esprits, chez les premiers socialistes — Saint-Simon, Fourier et Owen — à délaisser complètement le terrain juridico-politique et à déclarer que toute lutte politique était stérile.

Ni l’une, ni l’autre de ces conceptions ne suffisait à exprimer de façon satisfaisante ni à résumer totalement les aspirations de la classe ouvrière à l’émancipation qu’avaient engendrées la situation économique. La revendication de l’égalité, tout comme la revendication du produit total du travail, se perdaient dans d’inextricables contradictions dès qu’on cherchait à les formuler en détail sur le terrain juridique et ne touchaient pas ou peu au nœud du problème, la transformation du mode de production. Refusant la lutte politique, les grands utopistes refusaient du même coup la lutte de classes et par là refusaient du même coup la lutte de classes et par là refusaient le seul mode d’action possible pour la classe dont ils défendaient les intérêts. Ces deux conceptions faisaient abstraction de l’arrière-plan historique à qui elles étaient redevables de leur existence ; elles faisaient appel toutes les deux au sentiment ; l’une faisait appel au sentiment du droit, l’autre au sentiment d’humanité. Elles donnaient toutes les deux à leurs exigences la forme de vœux pieux dont il était impossible de dire pourquoi ils se seraient réalisés juste à ce moment et non mille ans plus tôt ou plus tard.

Pour la classe ouvrière dépouillée, par la transformation du mode de production féodal en mode de production capitaliste, de toute propriété sur les moyens de production, et constamment reproduite par le mécanisme du système de production capitaliste dans cet état héréditaire de prolétarisation, l’illusion juridique de la bourgeoisie ne peut suffire à exprimer totalement la situation où elle se trouve. Elle ne peut prendre elle-même une connaissance complète de cette situation que si elle regarde les choses dans leur réalité, sans lunettes teintées de couleurs juridiques. C’est à cela que l’aida Marx avec sa conception matérialiste de l’histoire, en démontrant que toutes les représentations juridiques, politiques, philosophiques, religieuses, etc. des hommes dérivent en dernière instance de leurs conditions de vie économiques, de leur manière de produire et d’échanger les produits. Il fournissait là au prolétariat la conception du monde correspondant à ses conditions de vie et de lutte ; à l’absence de propriété des travailleurs ne pouvait correspondre que l’absence d’illusions dans leur tête. Et cette conception prolétarienne du monde fait maintenant le tour du monde…

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Défense du marxisme

Socialisme contre opportunisme liquidateur.

L'impérialisme et la scission du socialisme . - (V. Lénine -1916)

L'impérialisme et la scission du socialisme - V. Lénine - Rédigé en octobre 1916 et publié en décembre 1916 dans le n° 2 du « Recueil du Social-Démocrate ».

Extraits. Le prolétariat est un produit du capitalisme, du capitalisme mondial et pas seulement européen, pas seulement impérialiste. A l'échelle mondiale, que ce soit cinquante ans plus tôt ou cinquante ans plus tard,- à cette échelle, c'est une question de détail,- il est bien évident que le « prolétariat » « sera » uni, et qu'en son sein la social-démocratie révolutionnaire vaincra « inéluctablement ». Il ne s'agit pas de cela, messieurs les kautskistes, il s'agit du fait que maintenant, dans les pays impérialistes d'Europe, vous rampez à plat ventre devant les opportunistes, qui sont étrangers au prolétariat en tant que classe, qui sont les serviteurs, les agents de la bourgeoisie, les véhicules de son influence; et s'il ne s'affranchit pas d'eux, le mouvement ouvrier restera un mouvement ouvrier bourgeois. (Et c'est ce qu'il est resté en renforçant cette tendance. - LVOG) Votre propagande en faveur de I' « unité » avec les opportunistes, avec les Legien et les David, les Plékhanov ou les Tchkhenkéli, les Potressov, etc., revient objectivement à favoriser l'asservissement des ouvriers par la bourgeoisie impérialiste, à l'aide de ses meilleurs agents au sein du mouvement ouvrier. (Quand on voit comment ils ont traité la question syrienne, on en arrive à cette conclusion là concernant nos dirigeants. - LVOG)

(...)

Dans sa lettre à Marx du 7 octobre 1858, Engels écrivait :

« En réalité, le prolétariat anglais s'embourgeoise de plus en plus, et il semble bien que cette nation bourgeoise entre toutes veuille en arriver à avoir, à côté de sa bourgeoise, une aristocratie bourgeoise et un prolétariat bourgeois. Évidemment, de la part d'une nation qui exploite le monde entier, c'est jusqu'à un certain point logique. »

Dans sa lettre à Sorge du 21 septembre 1872, Engels fait savoir que Hales a provoqué au Conseil fédéral de l'Internationale un grand esclandre et a fait voter un blâme à Marx pour avoir dit que « les chefs ouvriers anglais s'étaient vendus ». Marx écrit à Sorge le 4 août 1874 :

« En ce qui concerne les ouvriers des villes (en Angleterre), il y a lieu de regretter que toute la bande des chefs ne soit pas entrée au Parlement. C'eût été le plus sûr moyen de se débarrasser de cette racaille. »

Dans sa lettre à Marx du 11 août 1881, Engels parle des « pires trade-unions anglaises, qui se laissent diriger par des hommes que la bourgeoisie a achetés ou tout au moins payés ». Dans sa lettre à Kautsky du 12 septembre 1882, Engels écrivait :

« Vous me demandez ce que les ouvriers anglais pensent de la politique coloniale. Exactement ce qu'ils pensent de la politique en général. Ici, point de parti ouvrier, il n'y a que des conservateurs et des radicaux libéraux; quant aux ouvriers, ils jouissent en toute tranquillité avec eux du monopole colonial de l'Angleterre et de son monopole sur le marché mondial. »

Le 7 décembre 1889, Engels écrit à Sorge :

« ... Ce qu'il y a de plus répugnant ici (en Angleterre), c'est la « respectabilité » (respectability) bourgeoise, qui pénètre jusque dans la chair des ouvriers ... même Tom Mann, que je considère comme le meilleur de tous, confie très volontiers qu'il déjeunera avec le lord-maire. Lorsqu'on fait la comparaison avec les Français, on voit ce que c'est que la révolution.»

Dans une lettre du 19 avril 1890 :

« le mouvement (de la classe ouvrière en Angleterre) progresse sous la surface, il gagne des couches de plus en plus larges, et surtout parmi la masse inférieure (souligné par Engels) jusque-là immobile. Le jour n'est pas loin où cette masse se retrouvera elle-même, où elle aura compris que c'est elle, précisément, qui est cette masse colossale en mouvement».

Le 4 mars 1891 :

« l'échec de l'union des dockers qui s'est désagrégée; les « vieilles » trade-unions conservatrices, riches et partant poltronnes, restent seules sur le champ de bataille »...

Le 14 septembre 1891 : au congrès des trade-unions à Newcastle, ont été vaincus les vieux unionistes, adversaires de la journée de huit heures, « et les journaux bourgeois avouent la défaite du parti ouvrier bourgeois » (souligné partout par Engels)...

Que ces pensées d'Engels, reprises pendant des dizaines d'années, aient aussi été formulées par lui publiquement, dans la presse, c'est ce que prouve sa préface à la deuxième édition (1892) de La situation des classes laborieuses en Angleterre. Il y traite de « l'aristocratie de la classe ouvrière », de la « minorité privilégiée des ouvriers », qu'il oppose à la « grande masse des ouvriers ». « La petite minorité privilégiée et protégée » de la classe ouvrière bénéficiait seule des « avantages durables » de la situation privilégiée de l'Angleterre en 1848-1868; « la grande masse, en mettant les choses au mieux, ne bénéficiait que d'améliorations de courte durée »... « Avec l'effondrement du monopole industriel de l'Angleterre, la classe ouvrière anglaise perdra sa situation privilégiée ... »

Les membres des « nouvelles » unions, des syndicats d'ouvriers non spécialisés, « ont un avantage inappréciable : leur mentalité est un terrain encore vierge, parfaitement libre du legs des « respectables » préjugés bourgeois, qui désorientent les esprits des « vieux unionistes » mieux placés » ... Les « prétendus représentants ouvriers », en Angleterre, sont des gens « à qui on pardonne leur appartenance à la classe ouvrière, parce qu'ils sont eux-mêmes prêts à noyer cette qualité dans l'océan de leur libéralisme »...

C'est à dessein que nous avons reproduit des extraits assez abondants des déclarations on ne peut plus explicites de Marx et d’Engels, afin que les lecteurs puissent les étudier dans leur ensemble. Et il est indispensable de les étudier, il vaut la peine d'y réfléchir attentivement. Car là est le noeud de la tactique imposée au mouvement ouvrier par les conditions objectives de l'époque impérialiste.

(...)

La. bourgeoisie d'une « grande » puissance impérialiste peut, économiquement, soudoyer les couches supérieures de « ses » ouvriers en sacrifiant à cette fin quelque cent ou deux cent millions de francs par an, car son surprofit s'élève probablement à près d'un milliard. Et la question de savoir comment cette petite aumône est partagée entre ouvriers-ministres, « ouvriers-députés » (rappelez-vous l'excellente analyse donnée de cette notion par Engels), ouvriers-membres des comités des industries de guerre, ouvriers-fonctionnaires, ouvriers organisés en associations étroitement corporatives, employés, etc., etc., c'est là une question secondaire. (Nos détracteurs n'ont plus qu'à en conclure que Marx, Engels et Lénine étaient de farouches ennemis de la classe ouvrière, des employés et particulièrement des fonctionnaires. - LVOG)

(...) Le monopole du capital financier actuel est furieusement disputé; l'époque des guerres impérialistes a commencé. Autrefois l'on pouvait soudoyer, corrompre pour des dizaines d'années la classe ouvrière de tout un pays. Aujourd'hui, ce serait invraisemblable, voire impossible ; par contre, chaque « grande » puissance impérialiste peut soudoyer et soudoie des couches moins nombreuses (que dans l'Angleterre des années 1848 à 1868) de l'« aristocratie ouvrière ». Autrefois, un « parti ouvrier bourgeois », selon l'expression remarquablement profonde d'Engels, ne pouvait se constituer que dans un seul pays, attendu qu'il était seul à détenir le monopole, mais en revanche pour longtemps. Aujourd'hui, « le parti ouvrier bourgeois» est inévitable et typique pour tous les pays impérialistes; mais, étant donné leur lutte acharnée pour le partage du butin, il est improbable qu'un tel parti puisse triompher pour longtemps dans plusieurs pays. (Et pourtant ! - LVOG) Car les trusts, l'oligarchie financière, la vie chère, etc., en permettant de corrompre de petits groupes de l'aristocratie ouvrière, écrasent, oppriment, étouffent et martyrisent de plus en plus la masse du prolétariat et du semi-prolétariat.

D'une part, la tendance de la bourgeoisie et des opportunistes à transformer une poignée de très riches nations privilégiées en parasites « à perpétuité » vivant sur le corps du reste de l'humanité, à « s'endormir sur les lauriers » de l'exploitation des Noirs, des Indiens, etc., en les maintenant dans la soumission à l'aide du militarisme moderne pourvu d'un excellent matériel d'extermination. (Il s'est perfectionné depuis et les dirigeants syndicaux en sont fiers, Mélenchon et Laurent aussi ! - LVOG)

D'autre part, la tendance des masses, opprimées plus que par le passé et subissant toutes les affres des guerres impérialistes, à secouer ce joug, à jeter bas la bourgeoisie. C'est dans la lutte entre ces deux tendances que se déroulera désormais inéluctablement l'histoire du mouvement ouvrier. Car la première tendance n'est pas fortuite : elle est économiquement « fondée ».

La bourgeoisie a déjà engendré et formé à son service des « partis ouvriers bourgeois » de social-chauvins dans tous les pays. (A ceci près de nos jours qu'aucune tendance du mouvement ouvrier n'organise les éléments les plus déterminés des masses dans la perspective de "jeter bas la bourgeoisie", ils ont tous capitulé ou sont tous idéologiquement corrompus. - LVOG)

(...)

Sur la base économique indiquée, les institutions politiques du capitalisme moderne - la presse, le Parlement, les syndicats, les congrès, etc. - ont créé à l'intention des ouvriers et des employés réformistes et patriotes, respectueux et bien sages, des privilèges et des aumônes politiques correspondant aux privilèges et aux aumônes économiques. Les sinécures lucratives et de tout repos dans un ministère ou au comité des industries de guerre, au Parlement et dans diverses commissions, dans les rédactions de « solides » journaux légaux ou dans les directions de syndicats ouvriers non moins solides et « d'obédience bourgeoise »,- voilà ce dont use la bourgeoisie impérialiste pour attirer et récompenser les représentants et les partisans des « partis ouvriers bourgeois ». (Notez bien les "représentants" et les "partisans des « partis ouvriers bourgeois »" ou ceux qui ne peuvent pas s'en passer ce qui revient au même. - LVOG)

Le mécanisme de la démocratie politique joue dans le même sens. Il n'est pas question, au siècle où nous sommes, de se passer d'élections; on ne saurait se passer des masses; or, à l'époque de l'imprimerie et du parlementarisme, on ne peut entraîner les masses derrière soi sans un système largement ramifié, méthodiquement organisé et solidement outillé de flatteries, de mensonges, d'escroqueries, de jongleries avec des mots populaires à la mode, sans promettre à droite et à gauche toutes sortes de réformes et de bienfaits aux ouvriers, pourvu qu'ils renoncent à la lutte révolutionnaire pour la subversion de la bourgeoisie. (Ici le "or" avait valeur d'objection, il signifiait que la participation aux élections ou au parlementarisme n'était pas une obligation, et que soutenir la gauche c'était plutôt se compromettre qu'autre chose. Lénine rejetait l'argument falacieux selon lequel il fallait absolument participer aux élections pour ne pas "se passer des masses" ou les appeler à voter pour tel ou tel parti ou candidat... A partir du moment où les trotskystes considéraient que l'avènement de la Ve République correspondait à un "coup d'Etat permanent", pour être cohérent avec ce constat à aucun moment ils n'auraient dû participer à une élection ou soutenir un parti ou un candidat y participant. - LVOG)

(...)

Et y a-t-il une grande différence entre Lloyd George et les Scheidemann, les Legien, les Henderson et les Hyndman, les Plékhanov, les Renaudel et consorts ? Parmi ces derniers, nous objectera-t-on, il en est qui reviendront au socialisme révolutionnaire de Marx. C'est possible, mais c'est là une différence de degré insignifiante si l'on considère la question sur le plan politique, c'est-à-dire à une échelle de masse. (Eh oui, c'est à l'échelle des masses que l'on évalue les rapports que l'on doit avoir avec les partis et les institutions ! Et c'est vers les masses qu'il faut se tourner résolument et non vers les élus du PS ou du PCF, les républicains, les démocrates, les intellectuels, les cadres syndicaux, l'aristocratie ouvrière, ne parlons des francs-maçons !. - LVOG) Certains personnages parmi les chefs social-chauvins actuels peuvent revenir au prolétariat. Mais le courant social-chauvin ou (ce qui est la même chose) opportuniste ne peut ni disparaître, ni « revenir » au prolétariat révolutionnaire. Là où le marxisme est populaire parmi les ouvriers, ce courant politique, ce « parti ouvrier bourgeois », invoquera avec véhémence le nom de Marx. On ne peut le leur interdire, comme on ne peut interdire à une firme commerciale de faire usage de n'importe quelle étiquette, de n'importe quelle enseigne ou publicité. On a toujours vu, au cours de l'histoire, qu'après la mort de chefs révolutionnaires populaires parmi les classes opprimées, les ennemis de ces chefs tentaient d'exploiter leur nom pour duper ces classes. (Ajoutons et leurs militants. - LVOG)

C'est un fait que les « partis ouvriers bourgeois », en tant que phénomène politique, se sont déjà constitués dans tous les pays capitalistes avancés, et que sans une lutte décisive et implacable, sur toute la ligne, contre ces partis ou, ce qui revient au même, contre ces groupes, ces tendances, etc., il ne saurait être question ni de lutte contre l'impérialisme, ni de marxisme, ni de mouvement ouvrier socialiste. (Avez-vous régulièrement un tel discours dans les journaux du POI, du NPA ou de LO ? Vous connaissez tous la réponse. - LVOG)

(...)

Nous n'avons pas la moindre raison de croire que ces partis puissent disparaître avant la révolution sociale. Au contraire, plus cette révolution se rapprochera, plus puissamment elle s'embrasera, plus brusques et plus vigoureux seront les tournants et les bonds de son développement, et plus grand sera, dans le mouvement ouvrier, le rôle joué par la poussée du flot révolutionnaire de masse contre le flot opportuniste petit bourgeois. Le kautskisme ne représente aucun courant indépendant; il n'a de racines ni dans les masses, ni dans la couche privilégiée passée à la bourgeoisie. (On pourrait en dire de même du POI, du NPA et de LO, alors que leurs courants politiques existent depuis plus d'un demi-siècle. - LVOG) Mais le kautskisme est dangereux en ce sens qu'utilisànt l'idéologie du passé, il s'efforce de concilier le prolétariat avec le « parti ouvrier bourgeois », de sauvegarder l'unité du prolétariat avec ce parti et d'accroître ainsi le prestige de ce dernier. (C'est exactement ce à quoi se sont efforcés avec acharnement les trotskystes depuis 1940. - LVOG) Les masses ne suivent plus les social-chauvins déclarés; Lloyd George a été sifflé en Angleterre dans des réunions ouvrières; Hyndman a quitté le parti; les Renaudel et les Scheidemann, les Potressov et les Gvozdev sont protégés par la police. Rien n'est plus dangereux que la défense déguisée des social-chauvins par les kautskistes. (Sous le masque du trotskysme par exemple. - LVOG)

L'un des sophismes kautskistes les plus répandus consiste à se référer aux « masses ». Nous ne voulons pas, prétendent-ils, nous détacher des masses et des organisations de masse ! (Décidément, encore une troublante similitude avec les trotskystes. - LVOG) Mais réfléchissez à la façon dont Engels pose la question. Les « organisations de masse » des trade-unions anglaises étaient au XIX° siècle du côté du parti ouvrier bourgeois. Marx et Engels ne recherchaient pas pour autant une conciliation avec ce dernier, mais le dénonçaient. Ils n'oubliaient pas, premièrement, que les organisations des trade-unions englobent directement une minorité du prolétariat. Dans l'Angleterre d'alors comme dans l'Allemagne d'aujourd'hui, les organisations ne rassemblent pas plus de 1/5 du prolétariat. On ne saurait penser sérieusement qu'il soit possible, en régime capitaliste, de faire entrer dans les organisations la majorité des prolétaires.

Deuxièmement, et c'est là l'essentiel, il ne s'agit pas tellement du nombre des adhérents à l'organisation (Les trotskystes justifieront justement leurs rapports avec le PS et le PCF et le front unique en avançant cet argument rejeté par Marx, Engels et Lénine. - LVOG) que de la signification réelle, objective, de sa politique : cette politique représente-t-elle les masses, sert-elle les masses, c'est-à-dire vise-t-elle à les affranchir du capitalisme, ou bien représente-t-elle les intérêts de la minorité, sa conciliation avec le capitalisme ? C'est précisément cette dernière conclusion qui était vraie pour l'Angleterre du XIX° siècle, et qui est vraie maintenant pour l'Allemagne, etc.

Engels distingue entre le « parti ouvrier bourgeois » des vieilles trade-unions, la minorité privilégiée, et la « masse inférieure », la majorité véritable; il en appelle à cette majorité qui n'est pas contaminée par la « respectabilité bourgeoise ». Là est le fond de la tactique marxiste ! (Tactique à laquelle la totalité des trotskystes tourneront résolument le dos. - LVOG)

(...)

En montrant que les opportunistes et les social-chauvins trahissent en fait lés intérêts de la masse, défendant les privilèges momentanés d'une minorité d'ouvriers (Nos détracteurs en font partie, ceci explique sans doute cela. - LVOG), propagent les idées et l'influence bourgeoises et sont en fait les alliés et les agents de la bourgeoisie, nous apprenons aux masses à discerner leurs véritables intérêts politiques et à lutter pour le socialisme et la révolution à travers les longues et douloureuses péripéties des guerres impérialistes et des armistices impérialistes. (En tous temps on peut lutter pour le socialisme et la révolution, allez dire cela aux opportunistes qui parlent en notre nom. Non, tout compte fait c'est inutile et ce serait une perte de temps, ils sont incurables. - LVOG)

Expliquer aux masses que la scission avec l'opportunisme est inévitable et nécessaire, les éduquer pour la révolution par une lutte implacable contre ce dernier, mettre à profit l'expérience de la guerre pour dévoiler toutes les ignominies de la politique ouvrière nationale libérale au lieu de les camoufler : telle est la seule ligne marxiste dans le mouvement ouvrier mondial.

(Un siècle nous séparant de cet article, depuis l'opportunisme a emprunté une multitude de masques, aux partis politiques issus des IIe, IIIe et IVe Internationale, il faut ajouter les ONG et les associations en tous genres à but dit humanitaire ou social qui sont censées soulager la misère des masses et qui en réalité ne font qu'en prolonger les souffrances ou perpétuer l'agonie. Terminons sur une note optimiste, en espérant que la crise qui traverse tous les partis ouvriers et les scissions auxquelles elle donnera lieu, permettront de refonder l'avant-garde révolutionnaire sur la base du marxisme et du socialisme, espérons que de nouvelles générations de militants sauront se délivrer du poison mortel de l'opportunisme et renoueront avec la tradition révolutionnaire du prolétariat du début du XXe siècle. - LVOG)

L'intégralité de l'article de Lénine au format pdf

Défense du marxisme

Les guerres nationales bourgeoises renferme des leçons extraordinairement instructives.

Extraits de Défense du marxisme. (Léon Trotsky - Coyoacan - Le 24 janvier 1940)

- Rappelons une fois de plus l'alphabet. Dans la sociologie marxiste le point de départ initial de l'analyse est la définition de classe d'un phénomène donné: Etat, parti, tendance philosophique, école littéraire... etc. Dans la plupart des cas cependant la pure et simple définition de classes est insuffisante car une classe est composée de différentes couches, elle passe par différents stades de développement, elle est soumise à l'influence d'autres classes. Il est nécessaire pour une analyse complète de tenir compte de ces facteurs de deuxième ou de troisième ordre soit en partie soit en totalité, en fonction du but recherché. Mais pour un marxiste l'analyse est impossible sans une caractérisation de classe du phénomène considéré.

- Le petit-bourgeois tend inévitablement à détacher les événements politiques de leur fondement social car toute approche de classe à l'égard des faits est organiquement étrangère à la position et à l'éducation du petit-bourgeois.

- L'exemple des guerres nationales bourgeoises renferme, effectivement, des leçons extraordinairement instructives, mais Shachtman est passé à côté sans y réfléchir. Marx et Engels aspiraient à une Allemagne républicaine unifiée. Pendant la guerre de 1870-71 ils se rangèrent du côté des Allemands, bien que les parasites dynastiques exploitassent et déformassent ce combat. Shachtman insiste sur le fait que Marx et Engels se tournèrent sans délai contre la Prusse dès qu'elle annexa l'Alsace et la Lorraine. Mais ce changement d'attitude ne fait qu'illustrer notre pensée avec encore plus de clarté. Il est impossible d'oublier une seule minute qu'il s'agissait d'une guerre entre deux Etats bourgeois. Ainsi le dénominateur de classe était commun aux deux camps. On ne pouvait donc décider de quel côté se trouvait le "moindre mal" -dans la mesure où l'histoire laissait le choix- qu'en fonction de facteurs complémentaires. Du côté des Allemands il s'agissait de créer un Etat bourgeois national, comme arène de l'économie et de la culture. L'Etat national constituait alors un facteur historique progressiste. Dans cette mesure Marx et Engels se tenaient du côté des Allemands, malgré le Hohenzollern et ses junkers. L'annexion de l'Alsace et de la Lorraine brisait le principe de l'Etat national, tant vis-à-vis de la France que vis-à-vis de l'Allemagne et préparait la guerre de revanche. Il est naturel que Marx et Engels se soient alors brutalement retournés contre la Prusse. Ils ne risquaient pas en cela de rendre service à un système économique inférieur face à un système supérieur, les rapports bourgeois, je le rappelle, dominant dans les deux camps. Si la France, en 1870, avait été un Etat ouvrier, Marx et Engels se seraient trouvés de son côté dès le début du conflit puisque -on éprouve quelque malaise à le rappeler- le critère de classe dirigeait toute leur activité.

(...) Il est superflu d'ajouter que le rôle du Hohenzollern dans la guerre de 1870-71 ne justifiait nullement le rôle historique général de la dynastie, ni son existence même. Fin de l'extrait.

En 2011, 140 ans plus tard il ne restera plus rien de ces "leçons extraordinairement instructives" au sein du mouvement ouvrier français (notamment).

Que Kadhafi ait incarné l'unité et la souveraineté de la Lybie, le pays le plus développé du continent africain, qu'Assad ait incarné une république laïque et un des pays les plus développés du Proche-Orient, face à des régimes monarchiques, féodaux, archaïques, de terribles dictatures pratiquant la charia, alors que ces deux Etats indépendants et souverains résisteront à l'impérialisme américain prêt à les détruire, à les disloquer si nécessaire en recourant à une horde de barbares sanguinaires pour parvenir à ses fins, les dirigeants du mouvement ouvrier de tous les partis sans exception reproduiront le discours des représentants de la réaction en présentant leurs chefs d'Etat comme de terribles dictateurs à la tête de régimes tyranniques.

Les dirigeants de tous les partis sans exception du mouvement ouvrier ne tiendront pas compte non plus que Kadhafi et Assad bénéficiaient du soutien de l'immense majorité de leurs peuples. A aucun moment ils ne produiront une analyse sur la situation en Libye et en Syrie sur la base des rapports existant entre les classes dans ces pays en les reliant au développement du capitalisme mondial.

Pire, à l'instar des représentants des puissances occidentales et des médias ils pratiqueront l'autocensure en refusant d'utiliser les arguments ou les faits en leur possession qui leur auraient permis de démonter la propagande de guerre de Washington, Bruxelles et de l'OTAN.

Un grand nombre de commentateurs bourgeois se sont demandés pourquoi contrairement à autrefois quand des pays dominés étaient agressés par des pays dominants le mouvement ouvrier international se mobilisait au côté des pays dominés agressés par des impérialistes, ou lorsque que des pays luttaient pour conquérir leur indépendance ou leur souveraineté, de nos jours il les abandonnait à leur triste sort, sans pouvoir répondre à cette question, puisqu'il leur aurait fallu mettre en lumière que le mouvement ouvrier international était totalement corrompu à quelques exceptions près marginales, et qu'il était complice des impérialistes intervenant militairement en Libye et en Syrie.

En résumé, les dirigeants de tous les tous les partis sans exception du mouvement ouvrier se livreront au double langage habituel, consistant à dénoncer une agression impérialiste tout en reprenant à leur compte les arguments des représentants de l'impérialisme qui la justifiaient ainsi, de sorte que l'ensemble de ces arguments se neutralisaient réciproquement et laissait le champs libre au camp du plus puissant, au camp de la guerre, ce qui explique pourquoi ils se mirent dans une situation qui ne leur permettait pas de mobiliser les masses au côté des peuples libyen et syriens contre ces guerres néocolonialistes, pour peu qu'ils en aient eu l'intention un jour, ce dont on est en droit de douter fortement au regard de cette expérience.

Cette méthode du double langage et jeu était fort pratique ou présentait l'avantage de laisser à chaque militant ou travailleur l'opportunité d'interpréter la situation en fonction de ses intérêts individuels et non en se situant sur le terrain de la lutte des classes, ce qu'ils ignoreront évidemment. Comment, en s'appuyant sur l'un de ces arguments contradictoires de manière à diviser le mouvement ouvrier, à le paralyser, mieux, de sorte qu'aucune tendance ne s'en dégage, ce qui offrirait pas la suite l'opportunité à ses dirigeants de manoeuvrer ou d'instrumentaliser les conclusions de ces guerres à leur profit sans scrupule et pratiquement sans risque, puisque militants et travailleurs n'y ayant rien compris continueront de se faire manipuler. Il suffira d'invoquer la situation en France ou de reporter sur les travailleurs leur propre impuissance ou trahison et le tour sera joué.

Les dirigeants de tous les partis sans exception du mouvement ouvrier ont ainsi trahi le principe de l'internationalisme prolétarien, du droit des peuples à l'autodétermination, et démontré si nécessaire qu'ils avaient bien rompu avec le marxisme et le socialisme dont ils continuent de se réclamer.

Défense du marxisme

Tendance historique de l’accumulation capitaliste.

Extrait du Capital. (K. Marx - F. Engels 1867)

Chapitre XXXII : Tendance historique de l’accumulation capitaliste

Ainsi donc ce qui gît au fond de l'accumulation primitive du capital, au fond de sa genèse historique, c'est l'expropriation du producteur immédiat, c'est la dissolution de la propriété fondée sur le travail personnel de son possesseur.

La propriété privée, comme antithèse de la propriété collective, n’existe que là où les instruments et les autres conditions extérieures du travail appartiennent à des particuliers. Mais selon que ceux-ci sont les travailleurs ou les non-travailleurs, la propriété privée change de face. Les formes infiniment nuancées qu'elle affecte à première vue ne font que réfléchir les états intermédiaires entre ces deux extrêmes.

La propriété privée du travailleur sur les moyens de son activité productive est le corollaire de la petite industrie, agricole ou manufacturière, et celle-ci constitue la pépinière de la production sociale, l'école où s'élaborent l'habileté manuelle, l'adresse ingénieuse et la libre individualité du travailleur. Certes, ce mode de production se rencontre au milieu de l'esclavage, du servage et d'autres états de dépendance. Mais il ne prospère, il ne déploie toute son énergie, il ne revêt sa forme intégrale et classique que là où le travailleur est le propriétaire libre des conditions de travail qu'il met lui-même en oeuvre, le paysan, du sol qu'il cultive, l'artisan, de l'outillage qu'il manie, comme le virtuose, de son instrument.

Ce régime industriel de petits producteurs indépendants, travaillant à leur compte, présuppose le morcellement du sol et l'éparpillement des autres moyens de production. Comme il en exclut la concentration, il exclut aussi la coopération sur une grande échelle, la subdivision de la besogne dans l'atelier et aux champs, le machinisme, la domination savante de l'homme sur la nature, le libre développement des puissances sociales du travail, le concert et l'unité dans les fins, les moyens et les efforts de l'activité collective. Il n'est compatible qu'avec un état de la production et de la société étroitement borné. L'éterniser, ce serait, comme le dit pertinemment Pecqueur, « décréter la médiocrité en tout ». Mais, arrivé à un certain degré, il engendre de lui-même les agents matériels de sa dissolution. A partir de ce moment, des forces et des passions qu'il comprime, commencent à s'agiter au sein de la société. Il doit être, il est anéanti. Son mouvement d'élimination transformant les moyens de production individuels et épars en moyens de production socialement concentrés, faisant de la propriété naine du grand nombre la propriété colossale de quelquesuns, cette douloureuse, cette épouvantable expropriation du peuple travailleur, voilà les origines, voilà la genèse du capital. Elle embrasse toute une série de procédés violents, dont nous n'avons passé en revue que les plus marquants sous le titre de méthodes d'accumulation primitive.

L'expropriation des producteurs immédiats s'exécute avec un vandalisme impitoyable qu'aiguillonnent les mobiles les plus infâmes, les passions les plus sordides et les plus haïssables dans leur petitesse. La propriété privée, fondée sur le travail personnel, cette propriété qui soude pour ainsi dire le travailleur isolé et autonome aux conditions extérieures du travail, va être supplantée par la propriété privée capitaliste, fondée sur l'exploitation du travail d'autrui, sur le salariat (81).

Dès que ce procès de transformation a décomposé suffisamment et de fond en comble la vieille société, que les producteurs sont changés en prolétaires, et leurs conditions de travail, en capital, qu'enfin le régime capitaliste se soutient par la seule force économique des choses, alors la socialisation ultérieure du travail, ainsi que la métamorphose progressive du sol et des autres moyens de production en instruments socialement exploités, communs, en un mot, l'élimination ultérieure des propriétés privées, va revêtir une nouvelle forme. Ce qui est maintenant à exproprier, ce n'est plus le travailleur indépendant, mais le capitaliste, le chef d'une armée ou d'une escouade de salariés.

Cette expropriation s'accomplit par le jeu des lois immanentes de la production capitaliste, lesquelles aboutissent à la concentration des capitaux. Corrélativement à cette centralisation, à l'expropriation du grand nombre des capitalistes par le petit, se développent sur une échelle toujours croissante l'application de la science à la technique, l'exploitation de la terre avec méthode et ensemble, la transformation de l'outil en instruments puissants seulement par l'usage commun, partant l'économie des moyens de production, l'entrelacement de tous les peuples dans le réseau du marché universel, d'où le caractère international imprimé au régime capitaliste. A mesure que diminue le nombre des potentats du capital qui usurpent et monopolisent tous les avantages de cette période d'évolution sociale, s'accroissent la misère, l'oppression, l'esclavage, la dégradation, l'exploitation, mais aussi la résistance de la classe ouvrière sans cesse grossissante et de plus en plus disciplinée, unie et organisée par le mécanisme même de la production capitaliste. Le monopole du capital devient une entrave pour le mode de production qui a grandi et prospéré avec lui et sous ses auspices. La socialisation du travail et la centralisation de ses ressorts matériels arrivent à un point où elles ne peuvent plus tenir dans leur enveloppe capitaliste. Cette enveloppe se brise en éclats. L'heure de la propriété capitaliste a sonné. Les expropriateurs sont à leur tour expropriés (82).

L'appropriation capitaliste, conforme au mode de production capitaliste, constitue la première négation de cette propriété privée qui n'est que le corollaire du travail indépendant et individuel. Mais la production capitaliste engendre elle-même sa propre négation avec la fatalité qui préside aux métamorphoses de la nature. C'est la négation de la négation. Elle rétablit non la propriété privée du travailleur, mais sa propriété individuelle, fondée sur les acquêts de, l'ère capitaliste, sur la coopération et la possession commune de tous les moyens de production, y compris le sol.

Pour transformer la propriété privée et morcelée, objet du travail individuel, en propriété capitaliste, il a naturellement fallu plus de temps, d'efforts et de peines que n'en exigera la métamorphose en propriété sociale de la propriété capitaliste, qui de fait repose déjà sur un mode de production collectif. Là, il s'agissait de l'expropriation de la masse par quelques usurpateurs; ici, il s'agit de l'expropriation de quelques, usurpateurs par la masse. (K . Marx : Le Capital - Livre I – Section VIII)

(81) « Nous sommes... dans une condition tout à fait nouvelle de la société... nous tendons à séparer complètement toute espèce de propriété d'avec toute espèce de travail. » (Sismondi : Nouveaux principes de l’Econ. polit., t. Il, p. 434.)

(82) « Le progrès de l'industrie, dont la bourgeoisie est l'agent sans volonté propre et sans résistance, substitue à l'isolement des ouvriers, résultant de leur concurrence, leur union révolutionnaire par l'association. Ainsi, le développement de la grande industrie sape, sous les pieds de la bourgeoisie, le terrain même sur lequel elle a établi son système de production et d'appropriation. Avant tout, la bourgeoisie produit ses propres fossoyeurs. Sa chute et la victoire du prolétariat sont également inévitables. De toutes les classes qui, à l'heure présente, s'opposent à la bourgeoisie, le prolétariat seul est une classe vraiment révolutionnaire. Les autres classes périclitent et périssent avec la grande industrie; le prolétariat, au contraire, en est le produit le plus authentique. Les classes moyennes, petits fabricants, détaillants, artisans, paysans, tous combattent la bourgeoisie parce qu'elle est une menace pour leur existence en tant que classes moyennes. Elles ne sont donc pas révolutionnaires, mais conservatrices; bien plus elles sont réactionnaires. elles cherchent à faire tourner à l'envers la roue de l'histoire. » (Karl Marx et Friedrich Engels : Manifeste du Parti communiste, Lond., 1847 p. 9, 11.)

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Défense du marxisme

Leur morale de classe et la nôtre.

Friedrich Engels (1878) : Anti-Duhring

Chapitre IX :: La morale et le droit.. Vérités éternelles. Extrait.

... le bien et le mal. Cette opposition se meut exclusivement sur le terrain moral, donc dans un domaine qui appartient à l'histoire des hommes, et c'est ici que les vérités définitives en dernière analyse sont le plus clairsemées. De peuple à peuple, de période à période, les idées de bien et de mal ont tant changé que souvent elles se sont carrément contredites. - Mais, objectera-t-on, le bien n'est pourtant pas le mal, le mal pas le bien; si le bien et le mal sont mis dans le même sac, c'est la fin de toute moralité et chacun peut agir à sa guise. - Telle est aussi, dépouillée de toute solennité sibylline, l'opinion de M. Dühring. Mais la chose ne se règle tout de même pas si simplement. Si c'était aussi simple, on ne disputerait pas du bien et du mal, chacun saurait ce qui est bien et ce qui est mal. Mais qu'en est-il à présent ? Quelle morale nous prêche-t-on aujourd'hui ? C'est d'abord la morale féodale chrétienne, héritage de la foi des siècles passés, qui se divise essentiellement à son tour en une morale catholique et une morale protestante, ce qui n'empêche pas derechef des subdivisions allant de la morale catholico-jésuite et de la morale protestante orthodoxe jusqu'à la morale latitudinaire. A côté de cela figure la morale bourgeoise moderne, puis derechef à côté de celle-ci la morale de l'avenir, celle du prolétariat, de sorte que rien que dans les pays les plus avancés d'Europe, le passé, le présent et l'avenir fournissent trois grands groupes de théories morales qui sont valables simultanément et à côté l'une de l'autre. Quelle est donc la vraie ? Aucune, au sens d'un absolu définitif; mais la morale qui possède le plus d'éléments prometteurs de durée est sûrement celle qui, dans le présent, représente le bouleversement du présent, l'avenir, c'est donc la morale prolétarienne.

Dès lors que nous voyons les trois classes de la société moderne, l'aristocratie féodale, la bourgeoisie et le prolétariat, avoir chacune sa morale particulière, nous ne pouvons qu'en tirer la conclusion que, consciemment ou inconsciemment, les hommes puisent en dernière analyse leurs conceptions morales dans les rapports pratiques sur lesquels se fonde leur situation de classe, - dans les rapports économiques dans lesquels ils produisent et échangent.

Cependant, dans les trois théories morales citées ci-dessus, il y a maintes choses communes à toutes les trois : ne serait-ce pas là un fragment de la morale fixée une fois pour toutes ? Ces théories morales représentent trois stades différents de la même évolution historique, elles ont donc un arrière-plan historique commun et par suite, nécessairement, beaucoup d'éléments communs . Plus encore. A des stades de développement économique semblables, ou à peu près semblables, les théories morales doivent nécessairement concorder plus ou moins. Dès l'instant où la propriété privée des objets mobiliers s'était développée, il fallait bien que toutes les sociétés où cette propriété privée prévalait eussent en commun le commandement moral : tu ne voleras point. Est-ce que par là ce commandement devient un commandement moral éternel ? Nullement. Dans une société où les motifs de vol sont éliminés, où par conséquent, à la longue, les vols ne peuvent être commis que par des aliénés, comme on rirait du prédicateur de morale qui voudrait proclamer solennellement la vérité éternelle : Tu ne voleras point !

C'est pourquoi nous repoussons toute prétention de nous imposer quelque dogmatisme moral que ce soit comme loi éthique éternelle, définitive, désormais immuable, sous le prétexte que le monde moral a lui aussi ses principes permanents qui sont au-dessus de l'histoire et des différences nationales. Nous affirmons, au contraire, que toute théorie morale du passé est, en dernière analyse, le produit de la situation économique de la société de son temps. Et de même que la société a évolué jusqu'ici dans des oppositions de classes, la morale a été constamment une morale de classe; ou bien elle justifiait la domination et les intérêts de la classe dominante, ou bien elle représentait, dès que la classe opprimée devenait assez puissante, la révolte contre cette domination et les intérêts d'avenir des opprimés. Qu'avec cela, il se soit en gros effectué un progrès, pour la morale comme pour toutes les autres branches de la connaissance humaine, on n'en doute pas. Mais nous n'avons pas encore dépassé la morale de classe. Une morale réellement humaine, placée au-dessus des oppositions de classe et de leur souvenir, ne devient possible qu'à un niveau de la société où on a non seulement vaincu, mais oublié pour la pratique de la vie, l'opposition des classes. Que l'on mesure maintenant la présomption de M. Dühring qui, du sein de la vieille société de classes, prétend, à la veille d'une révolution sociale, imposer à la société sans classes de l'avenir une morale éternelle, indépendante du temps et des transformations du réel ! A supposer même, - ce que nous ignorons jusqu'à présent, - qu'il comprenne tout au moins dans ses lignes fondamentales la structure de cette société future.

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Défense du marxisme

Syndicalisme et communisme. (L. Trotsky - Oeuvres 1929)

La question syndicale est une des plus importantes pour le mouvement ouvrier, et donc pour l'Opposition aussi. Sans position claire sur cette question, l'Opposition sera incapable de gagner une influence véritable dans la classe ouvrière. C'est pourquoi je crois nécessaire de soumettre ici à la discussion quelques considérations sur la question syndicale.

1- Le Parti communiste est l'arme fondamentale de l'action révolutionnaire du prolétariat, l'organisation de combat de son avant-garde qui doit s’élever au rôle de guide de la classe ouvrière dans toutes les sphères de sa lutte, sans exception, par conséquent mouvement syndical inclus.

2- Ceux qui, par principe, opposent l’autonomie syndicale au leadership du parti communiste, opposent ainsi — qu’ils le veuillent ou non — la partie la plus rétrograde du prolétariat à l'avant-garde de la classe ouvrière, la lutte pour des revendications immédiates à la lutte pour la libération totale des travailleurs, le réformisme au communisme, l’opportunisme au marxisme révolutionnaire.

3- Le syndicalisme français d'avant-guerre, à ses débuts et pendant sa croissance, en combattant pour l'autonomie syndicale, combattit réellement pour son indépendance vis-à-vis du gouvernement bourgeois et de ses partis, parmi lesquels celui du socialisme réformiste et parlementaire. C'était une lutte contre l'opportunisme, par une voie révolutionnaire.
Le syndicalisme révolutionnaire n’a pas à cet égard fétichisé l'autonomie des organisations de masse. Bien au contraire, il a compris et a affirmé le rôle dirigeant de la minorité révolutionnaire dans les organisations de masse, organisations qui reflètent la classe ouvrière avec toutes ses contradictions, ses retards et ses faiblesses.

4- La théorie de la minorité active était essentiellement une théorie inachevée du parti prolétarien. Dans sa pratique, le syndicalisme révolutionnaire était l’embryon d'un parti révolutionnaire contre l'opportunisme, c'était une remarquable esquisse du communisme révolutionnaire.

5- La faiblesse de l'anarcho-syndicalisme, même dans sa période classique, était l'absence d'une base théorique correcte, et donc une mauvaise compréhension de la nature de l'Etat et de son rôle dans la lutte de classe ; une conception inachevée, incomplète et par conséquent erronée du rôle de la minorité révolutionnaire, c’est-à-dire du parti. De là les erreurs de tactique, comme le fétichisme de la grève générale, ignorant le lien entre le soulèvement et la prise du pouvoir, etc.

6- Après la guerre, le syndicalisme français a trouvé à la fois sa réfutation, son développement et son achèvement dans le communisme. Les tentatives pour rétablir le syndicalisme révolutionnaire tournent maintenant le dos à l'histoire. Pour le mouvement ouvrier, de telles tentatives ne peuvent avoir qu’une signification réactionnaire.

7- Les épigones du syndicalisme transforment (en paroles) l'indépendance de l'organisation syndicale vis-à-vis de la bourgeoisie et des socialistes réformistes en indépendance en général, en indépendance absolue vis-à-vis de tous les partis, parti communiste inclus.
Si, dans sa période d’expansion, le syndicalisme se considérait comme une avant-garde et combattait pour le rôle dirigeant de la minorité d’avant-garde au sein des masses, les épigones du syndicalisme luttent maintenant contre les mêmes souhaits de l’avant-garde communiste, essayant, quoique sans succès, de se baser sur le manque de développement et les préjugés des parties les plus rétrogrades de la classe ouvrière.

8- L'indépendance face à l’influence de la bourgeoisie ne peut pas être un état passif. Elle ne peut que s'exprimer par des actes politiques, c’est-à-dire par la lutte contre la bourgeoisie. Cette lutte doit être inspirée par un programme spécifique qui exige organisation et tactique pour son application. C'est l'union du programme, de l'organisation et de la tactique qui constitue le parti. C’est pourquoi la véritable indépendance du prolétariat vis-à-vis du gouvernement bourgeois ne peut être réalisée sans que le prolétariat mène sa lutte sous la conduite d'un parti révolutionnaire et non d’un parti opportuniste.

9- Les épigones du syndicalisme voudraient nous faire croire que les syndicats se suffisent à eux-mêmes. Théoriquement, ça ne veut rien dire, mais en pratique ça signifie la dissolution de l’avant-garde révolutionnaire dans les masses, dans les syndicats.
Plus la masse encadrée par les syndicats est grande, mieux ils peuvent accomplir leur mission. Un parti prolétarien, au contraire, ne mérite son nom que s’il est idéologiquement homogène, dans les limites de l'unité d’action et de l’organisation. Présenter les syndicats comme autosuffisants sous prétexte que le prolétariat aurait déjà atteint sa “majorité”, c’est flatter le prolétariat en le décrivant comme il ne peut pas être en régime capitaliste, qui maintient les masses ouvrières dans l'ignorance, laissant seulement à l’avant-garde prolétarienne la possibilité de traverser toutes les difficultés et d'arriver à une compréhension claire des tâches de sa classe dans leur ensemble. <10>La véritable autonomie, pratique et non métaphysique, de l'organisation syndicale n’est ni perturbée ni diminuée par la lutte d’influence du parti communiste. Chaque syndiqué a le droit de voter comme il le juge utile et d’élire celui qui lui semble le plus digne. Les communistes possèdent ce droit comme les autres.
La conquête de la majorité par les communistes dans les organes directeurs se fait dans le respect des principes de l'autonomie, à savoir la libre autogestion des syndicats. D'autre part, aucun statut de syndicat ne peut empêcher ou interdire le parti d'élire le secrétaire général de la Confédération du travail à son comité central, puisque ici nous sommes entièrement dans le registre de l'autonomie du parti.

11-Dans les syndicats, les communistes sont naturellement soumis à la discipline du parti, quelques soient les postes qu’ils occupent. Ceci n'exclut pas mais présuppose leur soumission à la discipline du syndicat. En d'autres termes, le parti ne leur impose aucune ligne de conduite qui contredirait l'état d'esprit ou les avis de la majorité des membres des syndicats. Dans des cas tout à fait exceptionnels, quand le parti considère impossible la soumission de ses membres à une décision réactionnaire du syndicat, il montre ouvertement à ses membres les conséquences qui en découlent, comme des retraits de responsabilités syndicales, des expulsions, et ainsi de suite.
Avec des formules juridiques sur ces questions — et l'autonomie est une formule purement juridique — on n’arrive à rien. La question doit être posée dans son contenu, c’est-à-dire sur le plan de la politique syndicale. Une politique correcte doit être opposée à une politique erronée.

12- Les caractéristiques du leadership du parti, ses formes et ses méthodes, peuvent différer profondément selon les conditions générales d'un pays donné ou selon sa période de développement.
Dans les pays capitalistes, où le Parti communiste ne possède aucun moyen coercitif, il est évident qu'il ne peut avoir le leadership qu’avec des communistes syndiqués, que ce soit à la base ou aux postes bureaucratiques. Le nombre de communistes aux principaux postes de direction des syndicats n’est qu’un des moyens de mesurer le rôle du parti dans les syndicats. La mesure la plus importante est le pourcentage de communistes syndiqués par rapport à l’ensemble de la masse syndiquée. Mais le critère principal est l'influence générale du parti sur la classe ouvrière, elle-même mesurable par la diffusion de la presse communiste, l’assistance lors des meetings du parti, le nombre de voix aux élections et, ce qui est tout particulièrement important, le nombre d'ouvriers et d’ouvrières qui répondent activement aux appels à la lutte du parti.

13- Il est clair que l'influence du Parti communiste de manière générale, y compris dans les syndicats, se développera au fur et à mesure que la situation deviendra plus révolutionnaire.

Ces conditions permettent une appréciation du degré et de la forme de la véritable autonomie des syndicats, l’autonomie réelle et non métaphysique. En période de “paix”, quand les formes les plus militantes d'action syndicale sont des grèves économiques isolées, le rôle direct du parti dans les syndicats reste au second plan. En règle générale, le parti n’intervient pas dans chaque grève isolée. Il aide le syndicat à décider si la grève est opportune, par son information politique et économique et par son conseil. Il sert la grève par son agitation, etc. Le premier rôle dans la grève revient naturellement au syndicat.
La situation change radicalement quand le mouvement s’élève au niveau de la grève générale et de la lutte directe pour le pouvoir. Dans ces conditions, le rôle dirigeant du parti devient immédiatement direct et ouvert. Les syndicats — naturellement pas ceux qui passent de l'autre côté des barricades — deviennent les appareils de l’organisation du parti qui prend le devant comme dirigeant la révolution, en portant la pleine responsabilité devant la classe ouvrière toute entière.
Dans ce domaine, pour tout ce qui se situe entre la grève économique locale et l'insurrection révolutionnaire de classe, on trouve toutes les formes possibles de relations réciproques entre le parti et les syndicats, les degrés variables de leadership direct et immédiat, etc. Mais en toutes circonstances, le parti cherche à gagner le leadership général en comptant sur la vraie autonomie des syndicats qui, en tant qu’organisations — cela va sans dire — ne sont pas “soumises” à lui.

14- Les faits démontrent que des syndicats politiquement “indépendants” n’existent nulle part. Il n'y en a jamais eu. L'expérience et la théorie indiquent qu'il n'y en aura jamais. Aux Etats-Unis, les syndicats sont directement liés par leur appareil au patronat industriel et aux partis bourgeois. En Angleterre, les syndicats, qui dans le passé ont principalement soutenu les libéraux, constituent maintenant la base du parti travailliste. En Allemagne, les syndicats marchent sous la bannière de la social-démocratie. En république soviétique, leur conduite appartient aux bolcheviques. En France, une des organisations syndicales suit les socialistes, l’autre les communistes. En Finlande, les syndicats ont été divisés il y a un peu de temps, l’un allant vers la social-démocratie, l'autre vers le communisme. C'est comme ça partout.
Les théoriciens de l’ »Indépendance » du mouvement syndical n'ont pas pris la peine jusqu'ici de penser à cela : pourquoi leur slogan non seulement est loin de se réaliser où que ce soit, mais, au contraire, pourquoi la dépendance des syndicats vis-à-vis du leadership d'un parti devient partout la règle, sans exception, et ce ouvertement ? Ceci correspond en fait aux caractéristiques de l'époque impérialiste, qui dévoile toutes les relations de classe et qui, même chez le prolétariat accentue les contradictions entre son aristocratie et ses couches les plus exploitées.

15- L'expression courante du syndicalisme d’autrefois est la prétendue Ligue syndicaliste. Par tous ses traits, elle apparaît comme une organisation politique qui cherche à subordonner le mouvement syndical à son influence. En fait la Ligue recrute ses membres non pas selon les principes syndicaux, mais selon ceux des groupements politiques ; elle a sa plateforme, faute de programme, et la défend dans ses publications ; elle a sa propre discipline interne dans le mouvement syndical. Dans les congrès des confédérations, ses partisans agissent en tant que fraction politique tout comme la fraction communiste. Pour faire court, la tendance de la Ligue syndicaliste se ramène à une lutte pour libérer les deux confédérations du leadership des socialistes et des communistes et pour les unir sous la direction du groupe de Monatte.
La Ligue n'agit pas ouvertement au nom du droit et de la nécessité pour la minorité avancée de combatte pour étendre son influence sur les masses ; elle se présente masquée par ce qu'elle appelle l’“Indépendance” syndicale. De ce point de vue, la Ligue s’approche du Parti socialiste qui réalise aussi son leadership sous couvert de l'expression “indépendance du mouvement syndical”. Le parti communiste, au contraire, dit ouvertement à la classe ouvrière : voici mon programme, ma tactique et ma politique, que je propose aux syndicats.
Le prolétariat ne doit jamais croire n'importe quoi aveuglément. Il doit juger par son travail. Mais les ouvriers devraient avoir une double et une triple méfiance vers ces prétendants au leadership qui agissent incognito, sous un masque qui ferait croire au prolétariat qu'il n'a besoin d’aucun leadership .

16- Le droit d'un parti politique d’agir pour gagner les syndicats à son influence ne doit pas être nié, mais cette question doit être posée : Au nom de quel programme et de quelle tactique cette organisation agit-elle ? De ce point de vue, la Ligue syndicaliste ne donne pas les garanties nécessaires. Son programme est extrêmement amorphe, de même que sa tactique. Dans ses positions politiques elle agit seulement au fil des événements. Reconnaissant la révolution prolétarienne et même la dictature du prolétariat elle ignore le parti et ses droits, est contre le leadership communiste, sans lequel la révolution prolétarienne risquerait de rester à jamais une expression vide.

17- L'idéologie de l'indépendance syndicale n'a rien de commun avec les idées et les sentiments du prolétariat en tant que classe. Si le parti, par sa direction, est capable d'assurer une politique correcte et clairvoyante dans les syndicats, pas un seul ouvrier n’aura l'idée de se rebeller contre le leadership du parti. L'expérience historique des bolcheviques l’a prouvé.
C’est aussi valable la France, où les communistes ont obtenu 1.200.000 voix aux élections tandis que la Confédération Générale du Travail Unitaire (la centrale syndicale rouge) a seulement un quart ou un tiers de ce nombre. Il est clair que le slogan abstrait de l'indépendance ne peut venir en aucun cas des masses. La bureaucratie syndicale est une tout autre chose. Elle voit non seulement une concurrence professionnelle dans la bureaucratie de parti, mais elle tend à se rendre indépendante du contrôle par l’avant-garde prolétarienne. Le slogan de l'indépendance est, par sa base même, un slogan bureaucratique et non un slogan de classe.

18- Après le fétichisme de l’“indépendance”, la Ligue syndicaliste transforme également la question de l'unité syndicale en fétiche.
Il va de soi que le maintien de l'unité des organisations syndicales a d'énormes avantages, tant du point de vue des tâches quotidiennes du prolétariat que de celui de la lutte du Parti communiste pour étendre son influence sur les masses. Mais les faits montrent que dès que l’aile révolutionnaire dans les syndicats remporte ses premiers succès, les opportunistes prennent la voie de la scission. Les relations paisibles avec la bourgeoisie leur sont plus chères que l'unité du prolétariat. C'est le constat incontestable des expériences de l'après-guerre.
Nous, communistes, avons toujours intérêt à démontrer aux ouvriers que la responsabilité du dédoublement des organisations syndicales incombe complètement à la social-démocratie. Mais il ne s’en suit pas que la formule creuse de l'unité nous serait plus importante que les tâches révolutionnaires de la classe ouvrière.

19- Huit ans se sont écoulés depuis la scission syndicale en France. Pendant ce temps, les deux organisations se sont certainement liées avec les deux partis politiques mortellement ennemis. Dans ces conditions, penser pouvoir unifier le mouvement syndical par la simple bonne parole de l'unité serait se bercer d’illusions. Déclarer que sans unification préalable des deux centrales syndicales non seulement la révolution prolétarienne mais même une lutte de classe sérieuse seraient impossible, revient à faire dépendre l’avenir de la révolution de la clique corrompue des réformistes syndicaux.
En fait l’avenir de la révolution dépend non pas de la fusion des deux appareils syndicaux, mais de l'unification de la majorité de la classe ouvrière derrière des slogans révolutionnaires et des méthodes révolutionnaires de lutte. Aujourd’hui l'unification de la classe ouvrière est seulement possible par la lutte contre les collaborateurs de classe qui se trouvent non seulement dans les partis politiques mais aussi dans les syndicats.

20- Le véritable chemin de l'unité révolutionnaire du prolétariat se situe dans le redressement, l’expansion et la consolidation de la C.G.T.U. révolutionnaire et dans l'affaiblissement de la C.G.T. réformiste.
Il n'est pas exclu, mais, bien au contraire très probable, qu'à l'heure de sa révolution, le prolétariat français écrira la lutte avec deux confédérations : derrière l’une se trouveront les masses et derrière l'autre l'aristocratie du travail et la bureaucratie.

21- La nouvelle opposition syndicale ne veut évidemment pas aller sur le chemin du syndicalisme. En même temps, elle se sépare du parti — non avec l’idée d’un certain leadership , mais avec le parti en général. Ce qui signifie tout simplement se désarmer idéologiquement et retomber dans le corporatisme.

22- L'opposition syndicale dans l'ensemble est très variée. Mais elle est caractérisée par quelques traits communs qui ne la rapprochent pas de l'opposition communiste de gauche mais, au contraire, s'opposent à elle.
L'opposition syndicale ne lutte pas contre les actes désinvoltes et les méthodes erronées du leadership communiste, mais contre l'influence du communisme sur la classe ouvrière.
L'opposition syndicale ne lutte pas contre une vision gauchiste de la situation et de ses perspectives mais agit, en fait, à l'opposé de toute perspective révolutionnaire.
L'opposition syndicale ne combat pas contre des méthodes caricaturales d'antimilitarisme mais propose une orientation pacifiste. En d'autres termes, l'opposition syndicale se développe manifestement dans un état d’esprit réformiste.

23- Il est complètement faux d’affirmer que ces dernières années — contrairement à ce qui s'est produit en Allemagne, en Tchécoslovaquie et dans d'autres pays — on n'a pas constitué en France une aile droite au sein du camp révolutionnaire. Le point principal est que, abandonnant la politique révolutionnaire du communisme, l’opposition de droite en France, conformément aux traditions du mouvement ouvrier français a pris un caractère syndical, cachant de cette façon sa physionomie politique. Au fond, la majorité de l'opposition syndicale représente l'aile droite, comme le groupe de Brandler en Allemagne, les syndicalistes tchèques qui après la scission ont pris une position clairement réformiste, etc.

24- On peut chercher à objecter que toutes les considérations précédentes ne seraient valables qu’à la condition que le parti communiste ait une politique correcte. Mais cette objection n’est pas fondée. La question des rapports entre le parti, qui représente le prolétariat comme il devrait être, et les syndicats, qui représentent le prolétariat tel qu’il est, est la question la plus fondamentale du marxisme révolutionnaire. Ce serait une erreur de rejeter la seule réponse possible à cette question seulement parce que le parti communiste, sous l'influence de raisons objectives et subjectives à propos desquelles nous avons parlé plus d’une fois, conduit maintenant une politique erronée envers les syndicats, comme dans d'autres domaines. Une politique correcte doit être opposée à une politique erronée. C’est dans ce but que l'opposition de gauche s’est constituée en fraction. Si l’on considère que le Parti communiste français dans sa totalité est dans un état complètement irrécupérable — ce que nous ne pensons pas — un autre parti doit lui être opposé. Mais la question de la relation du parti à la classe ne change pas d’un iota par ce fait.
L'opposition de gauche considère qu’il est impossible d’influencer le mouvement syndical, de l'aider à trouver une orientation correcte, de l'imprégner avec des slogans corrects, sans passer par le parti communiste (ou une fraction pour le moment) qui, à côté de ses autres attributs, est le laboratoire idéologique central de la classe ouvrière.

25- La tâche bien comprise du Parti communiste ne consiste pas seulement à gagner en influence sur les syndicats, tels qu'ils sont, mais à gagner, par le biais des syndicats, une influence sur la majorité de la classe ouvrière. Ce n'est possible que si les méthodes utilisées par le parti dans les syndicats correspondent à la nature et aux tâches de ces derniers. La lutte d’influence du parti dans les syndicats se vérifie objectivement dans le fait qu'ils prospèrent ou pas, qu’ils augmentent le nombre de leurs syndiqués et au-delà leurs relations avec les masses les plus larges. Si le parti paie le prix de son influence dans les syndicats par leur amoindrissement et par le dernier des fractionnismes — convertissant les syndicats en auxiliaires du parti pour des objectifs ponctuels et les empêchant de devenir des organisations de masse — les relations entre le parti et la classe sont erronées. Il n'est pas nécessaire d’épiloguer sur les causes d’une telle situation. Nous l'avons fait plus d'une fois et nous le faisons chaque jour. La nature changeante de la politique communiste officielle reflète sa tendance aventuriste à se vouloir maître de la classe ouvrière dans les plus brefs délais, par tous les moyens (mises en scène, inventions, agitation superficielle, etc).
On ne s’en sortira pourtant pas en opposant les syndicats au parti (ou à la fraction) mais dans la lutte sans compromis pour changer complètement la politique du parti comme celle des syndicats.

26- L'Opposition de gauche doit indissolublement lier les questions du mouvement syndical aux questions de la lutte politique du prolétariat. Elle doit donner une analyse concrète du stade actuel de développement du mouvement ouvrier français. Elle doit donner une évaluation, tant quantitative que qualitative, du mouvement actuel des grèves et de ses perspectives par rapport aux perspectives du développement économique de la France. Il est inutile de dire qu'elle rejette complètement la perspective de la stabilisation du capitalisme et de la paix pour les prochaines décennies. Elle procède à partir d'une évaluation de notre époque en tant que révolutionnaire. Elle émerge de la nécessité d'une préparation adéquate de l’avant-garde prolétarienne devant des retournements non seulement probables mais inévitables. Son action la plus ferme et la plus implacable est dirigée contre les rodomontades soi-disant révolutionnaires de la bureaucratie centriste, contre l'hystérie politique qui ne tient pas compte des conditions et qui confond aujourd'hui avec hier ou avec demain ; plus fermement et résolument encore doit-elle se positionner contre les éléments de la droite qui reprennent sa critique et s’y dissimulent afin d’introduire leurs tendances dans le marxisme révolutionnaire.

27- Une nouvelle délimitation ? De nouvelles polémiques ? De nouvelles scissions ? Ce seront les lamentations des âmes pures mais fatiguées, qui voudraient transformer l'Opposition en une retraite calme où l’on pourrait tranquillement prendre congé des grandes tâches, tout en préservant intact le nom de révolutionnaire « de gauche ». Non ! Nous leur disons, à ces âmes fatiguées : nous ne voyageons certainement pas sur la même route. La vérité n'a pourtant jamais été la somme de petites erreurs. Une organisation révolutionnaire n'a pourtant jamais été composée de petits groupes conservateurs, cherchant avant tout à se démarquer les uns des autres. Il y a des époques où la tendance révolutionnaire est réduite à une petite minorité dans le mouvement ouvrier. Mais ces époques n’exigent pas des arrangements entre les petits groupes pour se cacher mutuellement leurs péchés mais exigent au contraire une lutte doublement implacable pour une perspective correcte et une formation des cadres dans l'esprit du marxisme authentique. Ce n’est qu’ainsi que la victoire est possible.

28- Pour autant l’auteur de ces lignes est personnellement concerné et doit admettre que la notion qu'il a eue du groupe de Monatte quand il a été expulsé d’Union Soviétique s’est avérée être trop optimiste, donc fausse. Pendant plusieurs années, l'auteur n'a pas eu la possibilité de suivre l'activité de ce groupe. Il l'a jugée de par ses souvenirs. Les divergences se sont avérées plus profondes et plus aiguës qu’on pouvait le supposer. Les derniers événements ont montré au-delà du doute que sans démarcation idéologique claire et précise de la ligne du syndicalisme, l'Opposition communiste en France n'ira pas de l’avant. Les thèses ici proposées ne sont qu’une première étape dans l’élaboration de cette démarcation, prélude à la lutte réussie contre le baragouin révolutionnaire et la nature opportuniste de Cachin, Monmousseau et compagnie.

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Pourquoi le socialisme ? par Albert Einstein (1949)

Est-il convenable qu’un homme qui n’est pas versé dans les questions économiques et sociales exprime des opinions au sujet du socialisme ? Pour de multiples raisons je crois que oui.

Considérons d’abord la question au point de vue de la connaissance scientifique. Il pourrait paraître qu’il n’y ait pas de différences méthodologiques essentielles entre l’astronomie, par exemple, et l’économie : les savants dans les deux domaines essaient de découvrir les lois généralement acceptables d’un groupe déterminé de phénomènes, afin de rendre intelligibles, d’une manière aussi claire que possible, les relations réciproques existant entre eux. Mais en réalité de telles différences existent. La découverte de lois générales en économie est rendue difficile par la circonstance que les phénomènes économiques observés sont souvent influencés par beaucoup de facteurs qu’il est très difficile d’évaluer séparément. En outre, l’expérience accumulée depuis le commencement de la période de l’histoire humaine soi-disant civilisée a été — comme on le sait bien — largement influencée et délimitée par des causes qui n’ont nullement un caractère exclusivement économique. Par exemple, la plupart des grands États dans l’histoire doivent leur existence aux conquêtes. Les peuples conquérants se sont établis, légalement et économiquement, comme classe privilégiée du pays conquis. Ils se sont attribués le monopole de la terre et ont créé un corps de prêtres choisis dans leur propre rang. Les prêtres, qui contrôlèrent l’éducation, érigèrent la division de la société en classes en une institution permanente et créèrent un système de valeurs par lequel le peuple fut dès lors, en grande partie inconsciemment, guidé dans son comportement social.

Mais la tradition historique date pour ainsi dire d’hier ; nulle part nous n’avons dépassé ce que Thorstein Veblen appelait « la phase de rapine » du développement humain. Les faits économiques qu’on peut observer appartiennent à cette phase et les lois que nous pouvons en déduire ne sont pas applicables à d’autres phases. Puisque le but réel du socialisme est de dépasser la phase de rapine du développement humain et d’aller en avant, la science économique dans son état actuel peut projeter peu de lumière sur la société socialiste de l’avenir.

En second lieu, le socialisme est orienté vers un but éthico-social. Mais la science ne peut pas créer des buts, encore moins peut-elle les faire pénétrer dans les êtres humains ; la science peut tout au plus fournir les moyens par lesquels certains buts peuvent être atteints. Mais les buts mêmes sont conçus par des personnalités animées d’un idéal moral élevé et — si ces buts ne sont pas mort-nés, mais vivants et vigoureux — sont adoptés et portés en avant par ces innombrables êtres humains qui, à demi inconscients, déterminent la lente évolution de la société.

Pour ces raisons nous devrions prendre garde de ne pas surestimer la science et les méthodes scientifiques quand il s’agit de problèmes humains ; et nous ne devrions pas admettre que les spécialistes soient les seuls qui aient le droit de s’exprimer sur des questions qui touchent à l’organisation de la société.

D’innombrables voix ont affirmé, il n’y a pas longtemps, que la société humaine traverse une crise, que sa stabilité a été gravement troublée. Il est caractéristique d’une telle situation que des individus manifestent de l’indifférence ou, même, prennent une attitude hostile à l’égard du groupe, petit ou grand, auquel ils appartiennent. Pour illustrer mon opinion je veux évoquer ici une expérience personnelle. J’ai récemment discuté avec un homme intelligent et d’un bon naturel sur la menace d’une autre guerre, qui, à mon avis, mettrait sérieusement en danger l’existence de l’humanité, et je faisais remarquer que seule une organisation supranationale offrirait une protection contre ce danger. Là-dessus mon visiteur me dit tranquillement et froidement : « Pourquoi êtes-vous si sérieusement opposé à la disparition de la race humaine ? »

Je suis sûr que, il y a un siècle, personne n’aurait si légèrement fait une affirmation de ce genre. C’est l’affirmation d’un homme qui a vainement fait des efforts pour établir un équilibre dans son intérieur et qui a plus ou moins perdu l’espoir de réussir. C’est l’expression d’une solitude et d’un isolement pénibles dont tant de gens souffrent de nos jours. Quelle en est la cause ? Y a-t-il un moyen d’en sortir ?

Il est facile de soulever des questions pareilles, mais il est difficile d’y répondre avec tant soit peu de certitude. Je vais néanmoins essayer de le faire dans la mesure de mes forces, bien que je me rende parfaitement compte que nos sentiments et nos tendances sont souvent contradictoires et obscurs et qu’ils ne peuvent pas être exprimés dans des formules aisées et simples.

L’homme est en même temps un être solitaire et un être social. Comme être solitaire il s’efforce de protéger sa propre existence et celle des êtres qui lui sont le plus proches, de satisfaire ses désirs personnels et de développer ses facultés innées. Comme être social il cherche à gagner l’approbation et l’affection de ses semblables, de partager leurs plaisirs, de les consoler dans leurs tristesses et d’améliorer leurs conditions de vie. C’est seulement l’existence de ces tendances variées, souvent contradictoires, qui explique le caractère particulier d’un homme, et leur combinaison spécifique détermine dans quelle mesure un individu peut établir son équilibre intérieur et contribuer au bien-être de la société. Il est fort possible que la force relative de ces deux tendances soit, dans son fond, fixée par l’hérédité. Mais la personnalité qui finalement apparaît est largement formée par le milieu où elle se trouve par hasard pendant son développement, par la structure de la société dans laquelle elle grandit, par la tradition de cette société et son appréciation de certains genres de comportement. Le concept abstrait de « société » signifie pour l’individu humain la somme totale de ses relations, directes et indirectes, avec ses contemporains et les générations passées. Il est capable de penser, de sentir, de lutter et de travailler par lui-même, mais il dépend tellement de la société — dans son existence physique, intellectuelle et émotionnelle — qu’il est impossible de penser à lui ou de le comprendre en dehors du cadre de la société. C’est la « société » qui fournit à l’homme la nourriture, les vêtements, l’habitation, les instruments de travail, le langage, les formes de la pensée et la plus grande partie du contenu de la pensée ; sa vie est rendue possible par le labeur et les talents de millions d’individus du passé et du présent, qui se cachent sous ce petit mot de « société ».

Il est, par conséquent, évident que la dépendance de l’individu à la société est un fait naturel qui ne peut pas être supprimé — exactement comme dans le cas des fourmis et des abeilles. Cependant, tandis que tout le processus de la vie des fourmis et des abeilles est fixé, jusque dans ses infimes détails, par des instincts héréditaires rigides, le modèle social et les relations réciproques entre les êtres humains sont très variables et susceptibles de changement. La mémoire, la capacité de faire de nouvelles combinaisons, le don de communication orale ont rendu possibles des développements parmi les êtres humains qui ne sont pas dictés par des nécessités biologiques. De tels développements se manifestent dans les traditions, dans les institutions, dans les organisations, dans la littérature, dans la science, dans les réalisations de l’ingénieur et dans les œuvres d’art. Ceci explique comment il arrive que l’homme peut, dans un certain sens, influencer sa vie par sa propre conduite et comment, dans ce processus, la pensée et le désir conscients peuvent jouer un rôle.

L’homme possède à sa naissance, par hérédité, une constitution biologique que nous devons considérer comme fixe et immuable, y compris les impulsions naturelles qui caractérisent l’espèce humaine. De plus, pendant sa vie il acquiert une constitution culturelle qu’il reçoit de la société par la communication et par beaucoup d’autres moyens d’influence. C’est cette constitution culturelle qui, dans le cours du temps, est sujette au changement et qui détermine, à un très haut degré, les rapports entre l’individu et la société. L’anthropologie moderne nous a appris, par l’investigation des soi-disant cultures primitives, que le comportement social des êtres humains peut présenter de grandes différences, étant donné qu’il dépend des modèles de culture dominants et des types d’organisation qui prédominent dans la société. C’est là-dessus que doivent fonder leurs espérances tous ceux qui s’efforcent d’améliorer le sort de l’homme : les êtres humains ne sont pas, par suite de leur constitution biologique, condamnés à se détruire mutuellement ou à être à la merci d’un sort cruel qu’ils s’infligent eux-mêmes.

Si nous nous demandons comment la structure de la société et l’attitude culturelle de l’homme devraient être changées pour rendre la vie humaine aussi satisfaisante que possible, nous devons constamment tenir compte du fait qu’il y a certaines conditions que nous ne sommes pas capables de modifier. Comme nous l’avons déjà mentionné plus haut, la nature biologique de l’homme n’est point, pour tous les buts pratiques, sujette au changement. De plus, les développements technologiques et démographiques de ces derniers siècles ont créé des conditions qui doivent continuer. Chez des populations relativement denses, qui possèdent les biens indispensables à leur existence, une extrême division du travail et une organisation de production très centralisée sont absolument nécessaires. Le temps, qui, vu de loin, paraît si idyllique, a pour toujours disparu où des individus ou des groupes relativement petits pouvaient se suffire complètement à eux-mêmes. On n’exagère pas beaucoup en disant que l’humanité constitue à présent une communauté planétaire de production et de consommation.

Je suis maintenant arrivé au point où je peux indiquer brièvement ce qui constitue pour moi l’essence de la crise de notre temps. Il s’agit du rapport entre l’individu et la société. L’individu est devenu plus conscient que jamais de sa dépendance à la société. Mais il n’éprouve pas cette dépendance comme un bien positif, comme une attache organique, comme une force protectrice, mais plutôt comme une menace pour ses droits naturels, ou même pour son existence économique. En outre, sa position sociale est telle que les tendances égoïstes de son être sont constamment mises en avant, tandis que ses tendances sociales qui, par nature, sont plus faibles, se dégradent progressivement. Tous les êtres humains, quelle que soit leur position sociale, souffrent de ce processus de dégradation. Prisonniers sans le savoir de leur propre égoïsme, ils se sentent en état d’insécurité, isolés et privés de la naïve, simple et pure joie de vivre. L’homme ne peut trouver de sens à la vie, qui est brève et périlleuse, qu’en se dévouant à la société.

L’anarchie économique de la société capitaliste, telle qu’elle existe aujourd’hui, est, à mon avis, la source réelle du mal. Nous voyons devant nous une immense société de producteurs dont les membres cherchent sans cesse à se priver mutuellement du fruit de leur travail collectif — non pas par la force, mais, en somme, conformément aux règles légalement établies. Sous ce rapport, il est important de se rendre compte que les moyens de la production — c’est-à-dire toute la capacité productive nécessaire pour produire les biens de consommation ainsi que, par surcroît, les biens en capital — pourraient légalement être, et sont même pour la plus grande part, la propriété privée de certains individus.

Pour des raisons de simplicité je veux, dans la discussion qui va suivre, appeler « ouvriers » tous ceux qui n’ont point part à la possession des moyens de production, bien que cela ne corresponde pas tout à fait à l’emploi ordinaire du terme. Le possesseur des moyens de production est en état d’acheter la capacité de travail de l’ouvrier. En se servant des moyens de production, l’ouvrier produit de nouveaux biens qui deviennent la propriété du capitaliste. Le point essentiel dans ce processus est le rapport entre ce que l’ouvrier produit et ce qu’il reçoit comme salaire, les deux choses étant évaluées en termes de valeur réelle. Dans la mesure où le contrat de travail est « libre », ce que l’ouvrier reçoit est déterminé, non pas par la valeur réelle des biens qu’il produit, mais par le minimum de ses besoins et par le rapport entre le nombre d’ouvriers dont le capitaliste a besoin et le nombre d’ouvriers qui sont à la recherche d’un emploi. Il faut comprendre que même en théorie le salaire de l’ouvrier n’est pas déterminé par la valeur de son produit.

Le capital privé tend à se concentrer en peu de mains, en partie à cause de la compétition entre les capitalistes, en partie parce que le développement technologique et la division croissante du travail encouragent la formation de plus grandes unités de production aux dépens des plus petites. Le résultat de ces développements est une oligarchie de capitalistes dont la formidable puissance ne peut effectivement être refrénée, pas même par une société qui a une organisation politique démocratique. Ceci est vrai, puisque les membres du corps législatif sont choisis par des partis politiques largement financés ou autrement influencés par les capitalistes privés qui, pour tous les buts pratiques, séparent le corps électoral de la législature. La conséquence en est que, dans le fait, les représentants du peuple ne protègent pas suffisamment les intérêts des moins privilégiés. De plus, dans les conditions actuelles, les capitalistes contrôlent inévitablement, d’une manière directe ou indirecte, les principales sources d’information (presse, radio, éducation). Il est ainsi extrêmement difficile pour le citoyen, et dans la plupart des cas tout à fait impossible, d’arriver à des conclusions objectives et de faire un usage intelligent de ses droits politiques.

La situation dominante dans une économie basée sur la propriété privée du capital est ainsi caractérisée par deux principes importants : premièrement, les moyens de production (le capital) sont en possession privée et les possesseurs en disposent comme ils le jugent convenable ; secondement, le contrat de travail est libre. Bien entendu, une société capitaliste pure dans ce sens n’existe pas. Il convient de noter en particulier que les ouvriers, après de longues et âpres luttes politiques, ont réussi à obtenir pour certaines catégories d’entre eux une meilleure forme de « contrat de travail libre ». Mais, prise dans son ensemble, l’économie d’aujourd’hui ne diffère pas beaucoup du capitalisme « pur ».

La production est faite en vue du profit et non pour l’utilité. Il n’y a pas moyen de prévoir que tous ceux qui sont capables et désireux de travailler pourront toujours trouver un emploi ; une « armée » de chômeurs existe déjà. L’ouvrier est constamment dans la crainte de perdre son emploi. Et puisque les chômeurs et les ouvriers mal payés sont de faibles consommateurs, la production des biens de consommation est restreinte et a pour conséquence de grands inconvénients. Le progrès technologique a souvent pour résultat un accroissement du nombre des chômeurs plutôt qu’un allégement du travail pénible pour tous. L’aiguillon du profit en conjonction avec la compétition entre les capitalistes est responsable de l’instabilité dans l’accumulation et l’utilisation du capital, qui amène des dépressions économiques de plus en plus graves. La compétition illimitée conduit à un gaspillage considérable de travail et à la mutilation de la conscience sociale des individus dont j’ai fait mention plus haut.

Je considère cette mutilation des individus comme le pire mal du capitalisme. Tout notre système d’éducation souffre de ce mal. Une attitude de compétition exagérée est inculquée à l’étudiant, qui est dressé à idolâtrer le succès de l’acquisition comme une préparation à sa carrière future.

Je suis convaincu qu’il n’y a qu’un seul moyen d’éliminer ces maux graves, à savoir, l’établissement d’une économie socialiste, accompagnée d’un système d’éducation orienté vers des buts sociaux. Dans une telle économie, les moyens de production appartiendraient à la société elle-même et seraient utilisés d’une façon planifiée. Une économie planifiée, qui adapte la production aux besoins de la société, distribuerait le travail à faire entre tous ceux qui sont capables de travailler et garantirait les moyens d’existence à chaque homme, à chaque femme, à chaque enfant. L’éducation de l’individu devrait favoriser le développement de ses facultés innées et lui inculquer le sens de la responsabilité envers ses semblables, au lieu de la glorification du pouvoir et du succès, comme cela se fait dans la société actuelle.

Il est cependant nécessaire de rappeler qu’une économie planifiée n’est pas encore le socialisme. Une telle économie pourrait être accompagnée d’un complet asservissement de l’individu. La réalisation du socialisme exige la solution de quelques problèmes socio-politiques extrêmement difficiles : comment serait-il possible, en face d’une centralisation extrême du pouvoir politique et économique, d’empêcher la bureaucratie de devenir toute-puissante et présomptueuse ? Comment pourrait-on protéger les droits de l’individu et assurer un contrepoids démocratique au pouvoir de la bureaucratie ?

La clarté au sujet des buts et des problèmes du socialisme est de la plus grande importance à notre époque de transition. Puisque, dans les circonstances actuelles, la discussion libre et sans entrave de ces problèmes a été soumise à un puissant tabou, je considère que la fondation de cette revue est un important service rendu au public. (http://www.monthlyreview.org/2009/05/01/why-socialism - LVOG)

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Réflexion.

Quand on lit ce document exceptionnel, on est agréablement surpris de constater que son auteur ait recouru à un type de discours, des mots, des figures de style ou des tournures d'esprit d'une telle simplicité, au point de le rendre accessible à la totalité de la population, sans pour autant atténuer sa pensée ou dénaturer, nuire à son objet.

A sa manière il a démontré qu'il était parfaitement possible de s'exprimer ou de défendre le socialisme, de s'adresser aux travailleurs autrement qu'en recourant à cette épouvantable terminologie politique dont font usage nos dirigeants. On doit préciser qu'en recourant exclusivement à la propagande - qui par ailleurs est indispensable, nos dirigeants et les militants passent pour des doctrinaires, des fanatiques auprès des travailleurs, ce qui a le don de les faire douter de leurs réelles intentions autant que leurs capacités à les réaliser. Les militants ne comprennent pas pourquoi très souvent les travailleurs manifestent leur accord avec eux, mais ne souhaitent pas s'engager à leur côté, un peu comme s'ils ne voulaient pas leur ressembler, sans d'ailleurs savoir précisément pourquoi, disons que leur inconscience leur dicte cette attitude de méfiance face à une menace qu'ils ne parviennent pas à discerner. On est en droit d'en conclure qu'ils recourent à la propagande parce qu'ils ne maîtrisent pas le matérialisme dialectique qui est finalement quelque chose de très simple, qui comme toutes les choses simples devrait s'énoncer simplement. La réalite ou la logique est bien cruelle, n'est-ce pas ? Et je n'y suis pour rien.

Einstein était tout simplement parti de constats ou de faits, en faisant ressortir la logique dont ils étaient le produit ou dans laquelle ils s'inscrivaient, pour en faire ressortir les contradictions et la manière dont elles pourraient être résolues, en somme une formidable démonstration du matérialisme dialectique.

Chacun aura apprécié l'idéal humaniste qui guida sa pensée ou sa vie. Enfin, ce n'est pas un hasard si Einstein a conclu ce texte en posant la question des problèmes que le socialisme aurait à résoudre, effleurant la dérive stalinienne qui allait s'avérer être pire qu'un "puissant tabou", la négation du socialisme.

On retiendra qu'un intellectuel, un scientifique était parvenu au milieu du XXe siècle à la compréhension du processus matérialiste dialectique, qui est à l'origine de l'évolution ou de la transformation de la matière, de la nature, des hommes, de la société que les marxistes avaient découvert et théorisé, et qu'il partagea leurs conclusions en prenant la défense du socialisme, à l'heure où ses pires fossoyeurs étaient tout puissants au sein du mouvement ouvrier international.