Le portail a été actualisé le 21 mai...... Stop à la guerre contre la Syrie et le Yémen : Macron dehors !....... Retrait du plan Macron-Spinetta ou dehors Macron et mise hors la loi du CAC40 ! ....... Dehors l'occupant, le droit au retour des Palestiniens est légitime !


 



Documents d'actualité.


   CAUSERIE ET INFOS.

DOCUMENT. BlackRock est l’institution financière la plus puissante au monde,
     gérant plus de 6 000 milliards de dollars d’actifs. (08.05)

DOCUMENT. Les élections ne suffisent pas à la démocratie. (15.05)
DOCUMENT. Le « Coup de Maître » des États-Unis contre le Venezuela

DOCUMENT. Chroniques orwelliennes - Collège de France

DOCUMENT. En politique comme dans les entreprises, “les médiocres ont pris le pouvoir”.
DOCUMENT. Srda Popovic et autres « révolutionnaires étasuniens ».
DOCUMENT. L’État profond américain - La finance, le pétrole, et la guerre perpétuelle.
DOCUMENT. Le régime mortel des oligarques.

DOCUMENT. La mystification des « casques blancs » :
     Des agences de relations publiques US au service de la guerre de Syrie.

DOCUMENT. Les « rebelles modérés » de la Ghouta.
DOCUMENT. Syrie : comment la SAMS vend le changement de régime et la guerre aux USA
DOCUMENT. Le Royaume-Uni tente trois attaques chimiques sous faux drapeau dans la Ghouta.
DOCUMENT. Le fiasco du bombardement de la Syrie.
DOCUMENT. Le cycle du mensonge.

DOCUMENT. L’histoire du novichok est une autre escroquerie du calibre des ADM de l’Irak
DOCUMENT. Quatre jours pour déclarer une Guerre froide.
DOCUMENT. Affaire Skripal. Données et interview qui brisent net la propagande de guerre et xénophobe
     britannique et occidentale.

DOCUMENT. L’affaire Skripal : le mensonge de trop ?
DOCUMENT. Armes chimiques » en Syrie et OIAC : à propos d´une récente déclaration conjointe.

DOCUMENT. Rapport sur les inégalités dans le monde 2018 - Synthèse sur la France.
DOCUMENT. UE. Liste des 226 parlementaires européens alliés d'Open Society de Soros

DOCUMENT. POURQUOI LE SOCIALISME ? (A. Einstein -1949)

VIDÉO. L’AVENIR SINISTRE QUE NOUS PRÉPARE JACQUES ATTALI

AUDIO. GÉRARD PHILLIPE LIT MARX ET ENGELS


Documents disponibles dans cette page.


  Documents et vidéos  (29.03.2018)

  Les enseignements du marxisme.    (08.07.2017)

  Adresses utiles.  


  CAUSERIE ET INFOS

    Causerie et infos du 21 mai.

   2018

Mai du 1er au 19

Avril (213 pages)
Mars (93 pages)
Janvier (36 pages)

2017 (1509 pages)
2016 (1127 pages)
2015 (2184 pages)
2014 (2104 pages)
2013 (2806 pages)
2012 (2377 pages)
2011 (1728 pages)
2010 (1075 pages)
2009 (983 pages)
2008 (312 pages)


  DOCUMENTS ET VIDÉOS.

MACRON : 2017, LE COUP D'ETAT.

DOCUMENT. UN NOUVEL ORDRE POUR UN NOUVEAU MONDE.
DOCUMENT. LE NÉO-IMPÉRIALISME OU LA STRATÉGIE DE LA GUERRE ET DU CHAOS PERPÉTUEL.
DOCUMENT . LA « GRANDE OTAN ».

DOCUMENT. TOUT SAVOIR SUR GOOGLE.
DOCUMENT. FACEBOOK DEVIENDRA PLUS PUISSANT QUE LA NSA EN MOINS DE 10 ANS.
DOCUMENT. COMMENT UNE CELLULE SECRETE DE FACEBOOK MANIPULE LES OPINIONS...
DOCUMENT. COMMENT LES ENTREPRISES SURVEILLENT NOTRE QUOTIDIEN.
DOCUMENT. LA TERRE : UNE ARME, LA GÉO-INGÉNIORE : UNE GUERRE.

DOCUMENT. UNE BREVE HISTOIRE DE LA PROPAGANDE
DOCUMENT. LE MODELE DE LA RÉVOLUTION DE COULEUR : LE COEUR DU MÉCANISME

ONG. SOCIÉTÉ CIVILE CONTRE DÉMOCRATIE.
ONG. LES ONG HUMANITAIRES ET LA SYRIE : LES MASQUES SONT TOMBÉS !

HISTOIRE. HISTOIRE CACHÉE : LES ORIGINES DE LA PREMIERE GUERRE MONDIALE.
HISTOIRE. LA FALSIFICATION DE L'HISTOIRE : UN MOYEN DE MAINTENIR LE POUVOIR IMPÉRIAL.

HISTOIRE. LE SIONISME ET LE RÉGIME NAZI.
SIONISME. LE GRAND ISRAEL.


  LES ENSEIGNEMENTS DU MARXISME.

 - Droit de l'homme contre droit du citoyen. - (K. Marx - 1843)  - L’attitude de la bourgeoisie à l’égard du prolétariat. (F. Engels -1845)
 - Tendance historique de l’accumulation capitaliste. - (K. Marx - F. Engels -1867)
 - Les deux bases capitalistes sur lesquelles repose le socialisme scientifique. (F. Engels -1877)
 - Leur morale de classe et la nôtre. - (F. Engels -1878)
 - La dialectique ou la science des lois générales du mouvement et du développement
     de la nature, de la société humaine et de la pensée. (F. Engels - 1878)

 - Socialisme de juristes. (F. Engels et K. Kautsky -1886)
 - L'impérialisme et la scission du socialisme. (V. Lénine -1916)
 - Les guerres nationales bourgeoises renferme des leçons extraordinairement instructives. (Trotsky -1940)

   ADRESSES UTILES

Le Réseau Voltaire. (France et Moyen-Orient)
Les Crises. (France)
Le Centre de recherche sur la mondialisation. (Canada)
Investig’Action. (Belgique)
Anticons. (France)
Observatoire des multinationales. (France)



 
 
 
 
 
 
 
 
 



Causerie

Le 21 mai 2018

CAUSERIE ET INFOS

J'ai encore corrigé quelques erreurs de liens (adresses de fichiers), sorry !

Causerie au format pdf (8 pages)

Où va se nicher leur haine de la classe ouvrière.

- La France, dernier pays du trotskisme - LeParisien.fr 20 mai 2018

Lutte ouvrière organisait sa traditionnelle fête à Presles ce week-end. Une occasion de montrer que le trotskisme, un courant historique du communisme, vit encore. (Et quel serait l'autre "courant historique du communisme", le stalinisme, sa version maoïste, castriste ? - LVOG)

Que reste-t-il de Trotski, en France ? Une moustache, des lunettes et surtout une matrice politique marxiste qui, bientôt 80 ans après la mort de cet homme politique russe, continuent de marquer de son empreinte l’extrême gauche et la politique française. Une spécificité tout hexagonale, qui compte encore aujourd’hui trois formations politiques se revendiquant du trotskisme - Lutte ouvrière, le Nouveau parti anticapitaliste et le Parti ouvrier indépendant (POI). Et nombre d’hommes politiques encore en activité sont passés par ses rangs.

Le trotskisme vit aussi « hors les murs », nombre d’hommes politiques qui ont été formés dans ses écoles ont par la suite essaimé dans d’autres partis. Ce fut le cas de Lionel Jospin, de Jean-Christophe Cambadélis, l’ancien patron du PS, mais aussi des actuels députés Insoumis Éric Coquerel, Alexis Corbière et surtout Jean-Luc Mélenchon. LeParisien.fr 20 mai 2018

Moins ils en diront sur Trotsky, et mieux on se portera, je parle de la vermine qui officient dans les médias ainsi que les renégats qu'ils ont cités.

En réalité, seule Lutte ouvrière comme organisation se revendique du trotskysme, au NPA, au POI et au POID ce sont des courants. La particularité du trotskysme, c'est notamment d'avoir lié le combat pour le socialisme au combat contre le stalinisme et l'opportunisme en général qui sévit dans le mouvement ouvrier, d'où la haine qu'il inspire à tous ceux qui incarnent le régime en place.

Lutte ouvrière est une parodie grotesque ou ultra dogmatique du trotskysme. Le NPA l'a abandonné ainsi que le POI. Que le Parisien ait oublié le POID n'a rien d'étonnant, puisqu'il est le seul parti à encore l'incarner.

Personnellement, je préfère me réclamer du marxisme-léninisme sans avoir aucun rapport avec le maoïsme je tiens à préciser, puisque je considèrent que c'est une mouture du stalinisme. Pourquoi ? Parce que l'analyse que je fais de l'évolution du capitalisme et de la société, mais aussi la manière dont j'applique certains principes, sont davantage inspirés par celles de Marx, Engels et Lénine.

Cela importe peu, comme disait Marx, tout cela est désuet ou ne signifie rien, n'importe qui peut s'attribuer une étiquette, seuls les actes comptent, pas seulement en tant que militant, mais dans la vie quotidienne. Il y a des gens qui ont besoin de se situer quelque part pour avoir le sentiment d'exister tellement ils vivent mal les frustrations que la société leur impose. Il en va ainsi des gens bruyants, excentriques, qui ont besoin de se distinguer des autres pour qu'on les remarque, qui parlent à tort et à travers de tout et de rien comme s'ils possédaient la parole divine. Ils sont mentalement fragiles ou déséquilibrés ou n'ont jamais trouvé la force de se forger une personnalité, on n'a donc pas envie de les imiter ou de leur ressembler.

On est comme on est avec nos imperfections et nos qualités et cela nous suffit amplement. Et jusqu'à présent l'école de la vie ou nos propres expériences, pour peu qu'on en tire des enseignements, constituent le matériel idéal pour progresser. Quant aux connaissances livresques, elles ne sont utiles que si on est en mesure de pouvoir s'en servir à bon escient, ce qui est rarement le cas, car dans le cas contraire il y a belle lurette qu'on se serait débarrassé du capitalisme.

En général, on passe notre vie à nous leurrer nous-même sur tellement de choses que cela en est pitoyable, si vous voulez mon avis, et cela vaut pour moi également. Apprenons tout d'abord patiemment à observer, à écouter, à lire, cela aide à prendre conscience de l'ampleur de notre ignorance... Nous avons déjà évoqué tout cela dans des causeries.

Quelle généreuse tribune ! Sans arrière-pensée, qui serait assez naïf pour le croire ? Et ces crétins pour marcher dans la combine !

- Lutte ouvrière appelle à un nouveau Mai-68 et une "explosion sociale" - AFP 20 mai 2018

Lors de la fête de Lutte ouvrière, qui se tenait ce week-end à Presles (Val-d’Oise), l’ex-candidate à la présidentielle Nathalie Arthaud a annoncé dans une interview à Libération qu’elle participerait à la grande manifestation du 26 mai. Cependant, elle se refuse à signer l’appel commun lancé à l’occasion de cette «marée populaire» qui réunira (presque) toute la gauche. AFP 20 mai 2018

Il y a un truc qui a attiré mon attention en lisant deux articles de l'AFP espacés de quelques heures.

Cette officine avait indiqué que LO attendait 15.000 visiteurs, et ô miracle en fin de journée elle confirmait qu'ils avaient bien été 15.000, pas un de plus, pas un de moins, pas comme lors du comptage des manifestants. C'était un peu comme si l'AFP en tirait une certaine satisfaction pour le moins suspecte, qui ne pouvait être que malsaine ou animée de mauvaises intentions, comme par exemple agiter le spectre des frères jumeaux du stalinisme, le trotskysme et le communisme une semaine avant le 26 mai par exemple, tout du moins c'était sans doute l'effet recherché pour que plus d'un renonce à descendre dans la rue contre Macron ce jour-là et ne se voie pas reprocher d'avoir côtoyé ces dangereux agitateurs ou barbares.

Après la sortie la veille du clone de Kouchner et BHL réunis, Malek Boutih (PS), lors de l'émission "On n'est pas couché" sur France 2, où il s'était livré à un amalgame ordurier entre LFI et Daesh, il faut s'attendre à d'autres manoeuvres du même genre.

A bas le Front populaire, à bas le fascisme et la guerre !

Quel rapport ? Comment, vous ne le saisissez pas spontanément, peut-être que vous avez loupé un épisode, non ?

Il existe au moins deux manières d'appréhender la situation ou des évènements passés, en prenant ou non en compte l'enchaînement des faits, la logique qui les sous-tend ou qui les relie les uns aux autres, leur relation de cause à effet, sachant que certaines conditions doivent être remplies pour produire certains effets, autrement dit qu'il n'existe pas d'effets sans causes, et que chaque effet devient à son tour la cause d'autres effets et ainsi de suite.

Avec le Front populaire on ne risque pas de se tromper, puisque toutes les expériences de ce genre qui ont eu lieu dans le passé dans le monde, ont débouché sur le fascisme ou de terribles dictatures militaires, des régimes despotiques ou la guerre. Vous pouvez ajouter Macron si vous voulez, puisqu'il est le produit des Fronts populaires des années 80, puis de 2012 à 2017, le PCF avait participé au premier avant de le soutenir de l'extérieur, comme il le fera par la suite sous Hollande, avec la complicité des appareils pourris des syndicats qui devaient logiquement récidivé en appelant à voter Macron ou en refusant d'appeler au boycott du second tour de la présidentielle, puisque le programme de Macron s'inscrivait dans la continuité de celui de Hollande.

Le Front populaire, c'est avant tout l'alliance des représentants de la classe des capitalistes avec ceux de la classe ouvrière, la collaboration de classes au sommet de l'Etat, la négation ou l'antithèse de la mobilisation révolutionnaire des masses pour renverser le régime, du gouvernement ouvrier révolutionnaire, du socialisme. On aura compris que le Front populaire est foncièrement réactionnaire et ne peut pas être autre chose, sauf à vouloir transformer le plomb en or.

C'est la raison pour laquelle les initiateurs du 26 mai, les sociaux-libéraux de la Fondation Copernic ou le PS et les staliniens d'Attac, ont tenu à ce que cette journée de manifestation soit à la fois asyndicale et apolitique (Ni syndicale ni politique mais populaire ont-ils précisé dans le document qu'ils ont soumis aux éventuels participants.), ce qui signifie qu'elle ne doit déboucher sur aucune issue politique pour chasser Macron...

- Mélenchon veut "un Front populaire" de partis, syndicats et associations - AFP 20 mai 2018

"Je milite pour une forme d'unité populaire qui décloisonne le syndicalisme, la politique et le monde associatif", a affirmé M. Mélenchon lors du Grand Jury RTL/LCI/Le Figaro. AFP 20 mai 2018

Prenez un athlète, un obèse et un cul-de-jatte qui doivent participer à une course à pied, et imaginez qu'on vous demande lequel va rythmer la course sachant qu'ils ne doivent pas se séparer, la réponse vous viendra spontanément à l'esprit, celui qui va courir le moins vite.

Et bien ici c'est la même chose. Et si cette épreuve est un marathon, alors là vous risquez de n'en voir jamais le bout ! On pourrait appeler cette opération en marche, qu'en pensez-vous ?

Faites tomber les masques. Leur morale et la nôtre. Non, décidément Mélenchon n'est pas des nôtres.

- Jean-Luc Mélenchon vole au secours des dirigeants de Podemos épinglés pour leur villa chic - huffingtonpost.fr 20.05

Une maison de 270 m2, une piscine, 2300 m2 de terrain en banlieue de Madrid... Son prix? 600.000 euros. Voilà l'objet de la polémique dont font l'objet Pablo Iglesias et sa compagne Irene Montero, respectivement secrétaire général et porte-parole parlementaire du parti de gauche radicale Podemos, troisième force politique en Espagne et allié des Insoumis français.

Si l'acquisition (à crédit) de cette villa provoque un tollé de l'autre côté des Pyrénées, c'est en raison du caractère contradictoire de l'achat d'un bien si cossu avec la charte de Podemos, qui impose à ses signataires de "vivre comme les gens ordinaires" pour mieux "les représenter au sein des institutions", selon les termes de José Maria Gonzalez, maire de Cadix élu sous les couleurs de cette formation. "L'idée est ne pas ressembler à la caste (...) Le code d'éthique de Podemos n'est pas une formalité", a insisté ce ce dernier, particulièrement agacé par cette polémique.

De leur côté, Pablo Iglesias et Irene Montero ont expliqué qu'ils voulaient élever leurs enfants "avec un peu d'intimité" et ont reconnu que cet achat pouvait gêner le mouvement, annonçant la tenue prochaine d'une consultation auprès des militants: "s'ils nous ordonnent de démissionner, nous démissionnerons". À noter que cette consultation a été qualifiée "d'appareil à légitimation de leurs caprices" par Isidro López, député... Podemos.

Le sort de Pablo Iblesias et Irene Montero n'a pas laissé insensible Jean-Luc Mélenchon, qui a tenu à exprimer sa solidarité avec le couple en dénonçant une manœuvre de la presse. "Le parti médiatique espagnol frappe Iglesias et sa compagne Montero, deux dirigeants de Podemos ! En cause, le prix de leur maison achetée à credit ! Méthodes pourries déjà utilisées contre l'allemand Oskar Lafontaine", a tweeté le leader de la France insoumise.

Reste que le pire ennemi de Pablo Iglesias dans cette histoire pourrait s'avérer être lui-même. "Confierais-tu la politique économique du pays à quelqu'un qui dépense 600.000 euros dans un penthouse de luxe?", tweetait-il en 2012, à propos de l'acquisition de l'ex-ministre de l'économie espagnol. Autre déclaration qui se retourne aujourd'hui contre lui, celle où il revendiquait son choix de continuer à vivre dans le quartier populaire de Vallecas. "Ça me semble dangereux, ces politiques qui s'isolent, vivent dans des banlieues riches, dans des maisons, qui ne savent pas ce que c'est que de prendre les transports publics", avait-il expliqué en 2015 dans une émission de télévision, rappelle Le Monde. huffingtonpost.fr 20.05

Je comprends que certains s'insurgent quand on traite ces parasites de charlatans, quand on affirme qu'ils n'en ont rien à foutre des travailleurs, qu'on est en présence de mégalomanes, qu'ils ne pensent pas un mot de ce qu'ils disent, et pourtant ce sont eux qui s'emploient à l'illustrer.

La véritable nature des uns et des autres finit toujours par apparaître au grand jour. Gare à ceux qui par la suite n'en tiendront pas compte ou n'en tireront pas la signification politique qui s'impose lorsqu'il s'agit d'agent du régime, tôt ou tard ils seront également broyés ou rendus au même stade !

Plus riches et plus misérables.

- Quels sont les pays d’Afrique les plus riches? La Banque africaine dresse une liste - sputniknews.com 20.05

Les pays africains dotés de ressources naturelles sont considérés comme étant les plus riches, affirme la Banque africaine de développement (BAD) dans son rapport qui contient le classement des pays du continent africain selon leurs produits intérieurs bruts (PIB), écrit ObservAlgerie.

En tête du classement des pays les plus riches d’Afriques, vient le Nigeria avec un PIB de l’ordre de 405 milliards de dollars, suivi par l’Egypte et l’Afrique du Sud avec respectivement 333 et 295 milliards de dollars.

L’Algérie occupe la 4e place dans ce classement, avec un PIB équivalent à presque 160 milliards de dollars (le PIB par habitant est de l’ordre de 3917 Dollars ). Ce qui fait d’elle un des pays les plus riches d’Afrique. Le Maroc vient en 5e position avec 104 milliards de dollars ( 2832 dollars par habitant ), la Tunisie quant à elle est classée en 12e position avec un PIB égal à 42 milliards de dollars ( 3689 dollars par habitant). sputniknews.com 20.05

Les années fastes de la monarchie ont commencé.

- Avec Bernard Arnault et François Pinault, les milliardaires connaissent une année faste en France - RT 17 mai 2018

D'après les calculs de l'agence Bloomberg, les milliardaires français devraient connaître une très bonne année 2018, avec une augmentation de 23,4 milliards de dollars de leurs patrimoines.

La France est ainsi le pays où les milliardaires s'enrichissent le plus au premier semestre 2018, devant le Japon. A l'échelle de la planète, dans le même temps, les 500 individus les plus riches n'ont bénéficié que d'une augmentation de 1% de leur fortune. (Déclarée... - LVOG) RT 17 mai 2018

...pas pour tout le monde.

- Bourses, APL, APA : l'administration de Bercy étudie des pistes pour réduire les aides sociales - Franceinfo 20.05

Ces pistes sont détaillées dans un document révélé par "Le Monde". Le ministère des Comptes publics assure qu'elles n'émanent pas du gouvernement mais de l'administration. Franceinfo 20.05

Le gang mafieux et criminel de la communauté internationale n'en revient pas.

Haro sur le Venezuela !

- "Si ça continue Maduro va se retrouver tout seul dans son pays" : avant les élections, des milliers de Vénézuéliens fuient leur pays. - Franceinfo 20.05

- Au Chili, «on entend l’accent vénézuélien à chaque coin de rue» - Liberation.fr 19.05

- Maduro vise un nouveau mandat dans un Venezuela ruiné et isolé - AFP 19.05

- Election au Venezuela : Maduro et la pénurie démocratique - Liberation.fr 19.05

- Le Canada interdit aux Vénézuéliens vivant sur son sol d’élire leur président - Réseau Voltaire 19 mai 2018

Le Canada vient de notifier à l’ambassade du Venezuela l’interdiction d’organiser des bureaux de vote dans le cadre de l’élection présidentielle vénézuélienne.

Cette décision contrevient à la Convention de Vienne sur les relations consulaires.

Identiquement, la France et l’Allemagne avaient violé la même convention en interdisant aux ambassades syriennes d’organiser des bureaux de vote dans le cadre de l’élection présidentielle syrienne de juin 2014 [1].

Le Canada, la France et l’Allemagne prétendent défendre la démocratie en s’opposant à la tenue d’élections présidentielles. Le Pentagone a planifié de détruire successivement les États et les sociétés du « Moyen-Orient élargi », puis du bassin des Caraïbes, en commençant par le Venezuela [2]. Le Réseau Voltaire a publié le plan du SouthCom contre le Venezuela [3]. Réseau Voltaire 19 mai 2018

Notes.

[1] « La France coupable d’interdire l’élection présidentielle syrienne », par Damien Viguier, Réseau Voltaire, 18 mai 2014.

[2] « Interprétations divergentes au sein du camp anti-impérialiste », « Le projet militaire des États-Unis pour le monde », par Thierry Meyssan, Haïti Liberté (Haïti) , Réseau Voltaire, 15 et 22 août 2017.

[3] “Plan to overthrow the Venezuelan Dictatorship – “Masterstroke””, by Kurt W. Tidd, Voltaire Network, 23 February 2018. « Le "Coup de Maître" des États-Unis contre le Venezuela », par Stella Calloni, Traduction Maria Poumier, Réseau Voltaire, 11 mai 2018.

... et quand ils s'étranglent :

- Pour Maduro, "Macron est d'ultra-droite, c'est quelqu'un qui représente les intérêts des plus riches de France" - huffingtonpost.com 16.05

Le président vénézuélien s'est étranglé quand le journaliste a placé le gouvernement français "à gauche". huffingtonpost.com 16.05

- Venezuela: Nicolas Maduro remporte la présidentielle - AFP 20.05

Le chef de l'Etat sortant du Venezuela Nicolas Maduro a été déclaré dimanche vainqueur de la présidentielle par l'autorité électorale, avec près de 70% des suffrages, après le dépouillement de la quasi-totalité des bulletins de vote.

Le président socialiste sortant remporte 67,7% des voix contre 21,2% à son principal adversaire Henri Falcon, qui a rejeté le processus électoral, a annoncé la présidente du Conseil national électoral (CNE) Tibisay Lucena, faisant état d'une "tendance irréversible".

Peu avant, Henri Falcon, avait dénoncé le manque de "légitimité" de cette élection et exigé la tenue d'un nouveau scrutin avant la fin de l'année.

"Nous ne reconnaissons pas ce processus électoral, pour nous, il n'y a pas eu d'élection. Une nouvelle élection doit être organisée au Venezuela", a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse, accusant le gouvernement d'avoir fait pression sur les électeurs.

Outre l'opposition, les Etats-Unis, l'Union européenne et le groupe de Lima, une alliance de 14 pays d'Amérique et des Caraïbes, rejettent ce scrutin.

Quelque 20 millions d'électeurs étaient appelés à voter dimanche à la présidentielle anticipée dont Nicolas Maduro était le grand favori, bien que 75% des Vénézuéliens désapprouvent sa gestion, lassés par les pénuries de nourriture, de médicaments, ou d'électricité, conjuguées à la hausse de l'insécurité. AFP 20.05

... et l'Irak.

- Irak: Moqtada Sadr remporte les législatives, le prochain gouvernement encore loin d'être formé - AFP 19.05

Les résultats définitifs des législatives en Irak ont confirmé tôt samedi la percée des antisystèmes, le populiste Moqtada Sadr en tête, aux dépens du Premier ministre sortant soutenu par la communauté internationale. AFP 19.05

... et l'Iran.

- Le président iranien appelle les musulmans à rompre avec les USA - Reuters 19.05

- Erdogan compare le sort des Palestiniens à Gaza à celui des Juifs sous les nazis - LeParisien.fr 19.05

- Les nations musulmanes demandent une protection des Palestiniens - Reuters 18 mai 2018

Pendant ce temps-là les affaires continuent.

- Poutine et Merkel défendent leur projet de gazoduc face aux menaces américaines - AFP 19.05

Vladimir Poutine et Angela Merkel ont défendu vendredi leur projet de gazoduc sous-marin Nord Stream 2 menacé par les sanctions américaines, motif supplémentaire de rapprochement face à Washington en plus de la volonté de maintenir l'accord sur le nucléaire iranien. AFP 19.05

On a également appris par la voix de Pékin, que la guerre commerciale annoncée entre les Etats-Unis et la Chine n'aura pas lieu...

Ils osent tout.

- GB: des députés réclament des mesures contre l'argent russe "corrompu" - AFP 20 mai 2018

Une influente commission parlementaire britannique a appelé lundi le gouvernement de Theresa May à faire davantage pour lutter contre les flux d'argent russe "corrompu" circulant à Londres. AFP 20 mai 2018

- «Les délits financiers sont plus punis que les crimes sexuels» - Liberation.fr 20 mai 2018




INFOS EN BREF

POLITIQUE

Italie

LVOG - La peste brune étoilée...

- Italie: Les militants du M5S approuvent le contrat avec la Ligue - Reuters 19.05

Plus de 90% des militants du Mouvement 5 Etoiles (M5S) ont approuvé le contrat de gouvernement établi entre le parti antisystème et la Ligue, formation d'extrême-droite, dans un vote en ligne organisé vendredi. Reuters 19.05

Et dire qu' au début M5S fut classé à gauche par de nombreux commentateurs, puis au centre gauche... pour finir dans une coalition avec l'extrême droite.


ECONOMIE

Grèce

- Accord sur les réformes entre la Grèce et ses créanciers - Reuters 20 mai 2018

La Grèce et ses créanciers internationaux ont conclu un accord de principe sur l'avancement des réformes entreprises dans le cadre de son dernier plan de sauvetage, a annoncé samedi le ministre des Finances.

"Nous avons un accord sur toutes les questions", s'est félicité Euclide Tsakalotos, ajoutant qu'il serait ratifié lors du prochain conseil des ministres des Finances de la zone euro. La Commission européenne a confirmé qu'un accord avait été conclu.

La Grèce souhaite une clôture rapide de l'examen des réformes requises en échange de son troisième plan de sauvetage, lancé en août. Il porte sur plus de 80 mesures dans les secteurs de l'énergie, des retraite et du travail. Reuters 20 mai 2018


Le 20 mai 2018

CAUSERIE ET INFOS

Causerie au format pdf (3 pages)

La page d'accueil du portail a été nettoyée. Les documents proposés aux lecteurs ont été classés par catégorie ou par ordre chronologique. Ils permettent de se faire une idée assez précise de la situation et de son orientation.

Le portail se propose de rassembler un ensemble d'éléments déterminant disséminés ou dont une partie d'entre eux fait l'objet d'une censure de la part des médias institutionnels, ce qui permet ensuite à chacun d'observer les rapports qu'ils entretiennent et de faire librement sa propre analyse de la situation.

Quant aux causeries et infos traitant de l'actualité sociale et politique, elles s'emploient à mettre en relief ces rapports ou elles permettent d'observer quotidiennement ou presque de quelle manière ils se manifestent et ce qui les relient entre eux, de sorte qu'on ne puisse pas attribuer à l'auteur de ce portail une quelconque intention de manipuler les faits ou de vouloir orienter les lecteurs dans une direction donnée à leur insu, dès lors que chacun, y compris moi, disposons des mêmes matériaux, sans toutefois préjuger de l'interprétation qu'on en fera, sachant qu'elle dépendra d'un ensemble de facteurs dont on a plus ou moins conscience qui détermineront l'usage qu'on lui réservera.

Et pour ce qui est de l'orientation politique du portail, elle est très claire. Elle part du principe que dans une société hautement développée, la prise du pouvoir politique par les masses exploitées et le passage au socialisme ne pourront pas se réaliser sans un parti ouvrier révolutionnaire et sans que les travailleurs aient atteint un certain niveau de conscience du fonctionnement de la société.

Ces deux facteurs sont intimement liés, et on ne peut pas concevoir atteindre l'objectif politique de renverser l'ordre établi dans une société qui a développé une multitude d'instruments aussi divers que sophistiqués pour conditionner les masses, les détourner du mouvement ouvrier, du combat politique, qui plus est, quand le niveau de vie de la majorité à tendance à fonctionner comme un élément perturbateur ou corrupteur qui les conduit à adopter une attitude passive ou neutre envers le régime ou ce qui permet à Macron d'appliquer le programme de l'oligarchie, ce dont nous devons les aider à prendre conscience.

Il est prouvé que les discours strictement politiques seuls sont inefficaces pour avancer vers ces objectifs, il en va de même des discours basés exclusivement sur la dénonciation des moyens employés pour les conditionner, ce qui semble-t-il est logique, puisque leur condition et la manière dont ils la perçoivent sont liés, qu'on ne parvienne pas à l'admettre est stupéfiant.

On peut évidemment concevoir que certaines périodes d'intenses lutte des classes soient davantage propices aux discours politiques, mais lorsque un certain nombre d'obstacles viennent se dresser contre toute mobilisation de masse ou se traduisent par une confusion extrême, si on refuse de s'y attaquer, cette situation peut s'étendre sur une longue période et finir par pourrir sur place, c'était le danger qui nous menaçait et qu'on n'a pas vu venir apparemment.

Les masses interprètent la situation à partir de leur condition et l'interprétation qu'elles en font. Si elles estiment que leur condition est encore supportable ou si elles en tirent certaines satisfactions, soit elles seront portées à se désintéresser de la situation, soit elles en concluront qu'elle n'est pas si mauvaise que cela ou qu'elle pourrait être bien pire, par conséquent elles loueront Macron ou le laisseront gouverner tranquillement, elles ne comprendront pas quelle menace représente la situation, et lorsque leur condition se dégradera à son tour, elles ne seront pas préparées pour affronter la situation, qu'elles finiront par subir sans réagir ou elles ne trouveront pas la voie pour affronter le régime.

Il est donc indispensable de les aider à prendre conscience comment et pourquoi l'interprétation qu'elles font de leur condition et de la situation est faussée, en leur expliquant quels sont les facteurs qui contribuent à les induire en erreur et les rapports qui existent entre eux parce que tout est lié.

Les idéologues de la classe dominante ne s'emploient pas à les conditionner dans le seul but de les maintenir dans l'ignorance de ce qui se trame dans leur dos, de la même manière les mesures adoptées par Macron ne correspondent pas aux intentions ou aux objectifs qu'ils exposent.

Là où les choses se compliquent et où on peut facilement se fourvoyer, c'est lorsqu'on doit expliquer à quelle fin, dans quel but. Car il n'y a pas si longtemps encore, on pouvait s'en sortir en évoquant la crise du capitalisme qui expliquait tout, affirmions-nous naïvement, mais de nos jours, ce facteur ne fait plus recette ou prête à polémique, parce que cette crise semble être conçue pour durer indéfiniment, et de plus en plus de travailleurs croient plutôt que c'est un faux prétexte pour les rançonner ou les maltraiter. En réalité, ils ont à la fois raison et tort de le penser.

L'autre explication consiste à affirmer que les objectifs de l'oligarchie coïncident avec une stratégie politique qu'elle a élaborée de longue date, après avoir observé que le système économique capitaliste comportait des contradictions avec lesquelles il lui deviendrait impossible de s'accommoder, tant elles constitueraient une menace ou par crainte d'en perdre le contrôle lorsque ces contradictions seraient portées à leur terme, ce qui est le cas par exemple avec les besoins quotidiens exprimés par 7,4 milliards d'hommes et de femmes qui exigent qu'ils soient satisfaits, c'est incompatible avec la concentration des richesses produites entre les mains de moins d'1% de la population ou même davantage. Puisque le capitalisme moribond et ses institutions ne permettent pas ou plus d'affronter une situation aussi explosive, il était donc impératif de briser tous les rapports (atomisation, individualisme, etc.) qui avaient survécu à l'avènement du capitalisme ou ceux qu'il avait créés, afin de passer à un autre modèle de société, qui cette fois ne dépendrait pas de lois économiques, mais reposerait uniquement sur un rapport de dominant à dominé élevé par décret royal au rang de principe éternel ou d'idéal, de sorte qu'il serait impossible de le contester ou de s'y opposer une fois mise en place cette société totalitaire.

On pourrait dire provisoirement en guise de conclusion, toujours est-il que l'objectif des capitalistes et plus particulièrement de l'oligarchie, est de conserver son hégémonie de classe, de préserver les rapports qui existent entre dominants et dominés ou le règne de l'exploitation de l'homme par l'homme que le développement du capitalisme parvenu à son terme ne permet plus d'assurer.

Les masses ignorent évidemment totalement ou presque ce qui est en train de se tramer dans leurs dos, plus tôt elles en prendront conscience et nous pourrons envisager sérieusement le passage au socialisme, sinon, on n'ose même pas évoquer le monstrueux cauchemar qui nous attend.

Quelle que soit la manière dont on analyse l'évolution de la situation et du capitalisme, il est impératif de mener le combat sur tous les fronts à la fois, sinon notre cause est perdue d'avance. Il est urgent d'en prendre conscience.

Il y a bien d'autres facteurs dont on n'a pas pris conscience de l'évolution. Il m'en vient à l'esprit presque un par jour en ce moment, sur la base de ce que j'observe quotidiennement. Etant isolé cela ne me surprend pas, mais pour un parti ce serait pour le moins très surprenant et préoccupant.

Tenez, je vous en livre un auquel je n'ai pas encore réfléchi.

On doit admettre que le capitalisme s'en sort finalement assez bien alors qu'il est en faillite, on sait très bien comment. Paradoxalement, l'oligarchie dispose de suffisamment de moyens financiers (et de pouvoir politique) pour remédier ou contrôler toute crise qui éclaterait, on peut même ajouter au point qu'elle serait préméditée ou orchestrée. Du coup, en principe on devrait minimiser ce facteur. Mais dans ce cas-là il faudrait se demander au profit de quel autre facteur. Hormis la mise en place de leur régime totalitaire je n'en vois pas d'autres. Ce qui signifie d'une certaine manière qu'ils sautent par dessus une étape, la crise du capitalisme, du coup on est obligé de se demander de notre côté quelle étape on devrait sauter, celle du socialisme, celle d'une société où la monnaie continuerait d'exister, je n'ai pas de réponse à cette question à ce stade...

Si notre ennemi passe d'une société régie par des lois économiques propre à un mode de production à une société reposant uniquement sur le principe de dominants à dominés imposé par la volonté de l'oligarchie toute-puissante, on est en droit de se demander qu'est-ce qui peut incarner la volonté des exploités et des opprimés de s'émanciper du règne de la nécessité synonyme de tragédie et de barbarie sinon le communisme qui serait la négation de ce rapport de dominants à dominés puisque les classes disparaîtraient, peut-être plus brusquement que l'avaient prévu Marx et Engels.

Les dogmatiques s'empresseront de nous accuser de verser dans le gauchisme ou l'anarchisme, ce dont on a cure. Car ce sont ces gens bornés au dernier degré qui nous ont conduits où nous en sommes. On réfléchit, on a quand même encore le droit de réfléchir, non ?

Il existe un élément concret et vérifiable qui permet d'étayer notre théorie : L'état de putréfaction de la société américaine, son niveau d'endettement général colossale, le niveau monstrueux atteint par les inégalités sociales, l'absence de droits politiques ou de toute opposition politique organisée (hormis à la marge), l'emprise totale de l'oligarchie sur la société, le culte de la guerre, le régime despotique qui y sévit... A suivre.


Le 19 mai 2018

CAUSERIE ET INFOS

Cette causerie ne tient pas compte des infos de la veille.

Je précise que tous les thèmes abordés méritent d'être développés.

Causerie au format pdf (12 pages)

"Les élections ne suffisent pas à la démocratie", précisons que la démocratie n'a jamais été instaurée à l'issue d'élections, puisque aucun peuple dans le monde ne détient le pouvoir

Parole d'internaute.

- "74% des Français trouvent la politique de Macron injuste...alors pourquoi ces 74% ne viennent pas dans la rue pour le dire ?"

- "Parce que leur frigo est encore plein, et le réservoir de leur bagnole aussi !"

LVOG - En mai 68 aussi. Cela explique peut-être pourquoi nous en sommes là sans conscience politique.

Les militants du mouvement ouvrier sont une infime minorité, et parmi cette infime minorité, ils sont une infime minorité à combattre sur le plan politique ou à être organisés dans une formation politique, et parmi eux seuls une infime minorité lutte véritablement pour un changement de régime ou le socialisme.

Généralement, ils ont tendance à oublier que s'ils représentent l'ensemble des travailleurs ou s'expriment au nom de leurs intérêts, ils n'en demeurent pas moins marginaux. Ils ont aussi tendance à prêter aux travailleurs un niveau de conscience qu'ils n'ont pas développé ou atteint. Une telle confusion n'est pas sans conséquence, et comme elle leur échappe, ils en ignorent l'origine, du coup, leur discours et les rapports qu'ils entretiennent avec les travailleurs s'en trouveront affectés ou tomberont à côté de la plaque.

En revanche, l'immense majorité des travailleurs disposent de revenus leur permettant de supporter les conséquences de la crise du capitalisme ou effectivement de "remplir leur frigo" ou "le réservoir de leur bagnole", en conséquence, bien qu'ils doivent faire face à une multitude de difficultés, subir de nombreuses humiliations, consentir de plus en plus de sacrifices, résignés ou par atavisme ils se contentent de l'existence superficielle ou médiocre qui leur est imposée par le régime en place. Et leur réaction contribue à perpétuer indéfiniment cette situation qui n'est pas nouvelle loin de là, tandis que des millions de travailleurs et leurs familles sont réduits à la pauvreté, à l'indigence ou à la précarité extrême.

Quand on est jeune et qu'on atteint la puberté, on commence par se rebeller contre l'autorité parentale. Une fois atteint l'adolescence ou parfois avant, on se révolte contre la société qui nous paraît fort injuste et autoritaire, et lorsqu'on rejoint le monde du travail (de l'exploitation) on se retrouve accablé par tant d'obligations, on croule sous tant de responsabilités qu'on aura toutes les peines à assumer, qu'on n'aura plus rien d'autres en tête qu'essayer de survivre tant bien que mal. En proie à une cruelle désillusion, notre velléité révolutionnaire va s'émousser ou disparaître du jour au lendemain sans même qu'on s'en aperçoive, du fait qu'on se trouve prie dans un engrenage infernal qui va finir par nous abrutir et nous broyer, de sorte qu'inconsciemment on va reproduire le mode de vie des générations passées sans plus penser à en changer. Cette idée nous sera totalement sortie de l'esprit sans qu'on puisse expliquer ni comment ni pourquoi, et le pire, c'est qu'on aura désormais toutes les peines du monde à nous l'accaparer à nouveau, le plus souvent jamais, pour laisser la société guider notre destin.

Quand on est jeune, on n'a pas envie de ressembler à nos parents, on ne veut pas avoir la même vie qu'eux. On aspire à une vie meilleure et plus juste. On ne veut pas consacrer sa vie à travailler comme un esclave. On envisage notre existence tout autrement. On estime qu'ils n'en ont pas suffisamment profité tout en ignorant pourquoi, et parfois on les accuse injustement d'en être responsables. On n'imagine pas un seul instant que ce sera bientôt à notre tour de subir le carcan de l'exploitation et de l'oppression, et si cette idée angoissante nous effleure l'esprit, on fera tout pour l'en chasser quitte à jouer les aventuriers pour finalement rentrer dans le rang puisque personne ne peut y échapper.

Quand on est jeune, on rêve à tout autre chose que ce à quoi la société nous a réservé. On va exprimer une multitude de besoins et aspirations qu'on estimera légitimes de pouvoir satisfaire pour avoir une vie agréable. Cette insouciance ou cette illusion va rapidement se heurter à la dure réalité de la société qui est guidée par une toute autre considération, cruelle et cynique. Notre apprentissage de la vie se faisant largement inconsciemment, nous ne pourrons pas en tirer les enseignements qui nous permettraient de porter un jugement objectif ou impartial sur la société. Dans ces conditions, notre sort sera scellé.

Par dessus tout, ce qui se volatilise, c'est notre soif de liberté, de décider nous-même notre propre sort, ce qu'on estimait être notre droit de la revendiquer, on laisse le soin à d'autres d'en décider à notre place, on perd d'un coup l'essentiel ou le meilleur de ce que notre jeunesse avait éveillé en nous au contact de la société et qui pouvait donner un sens à notre existence, notre destin ne nous appartient plus et il va être très difficile de se le réapproprier, car la société est faite et fonctionne de telle sorte que cela demeure impossible.

Je pense que c'est ce genre de discours qu'il faudrait tenir à la jeunesse et aux travailleurs, pour l'aider à prendre conscience qu'il est possible d'inverser le cours de la situation s'ils décidaient de prendre en mains leur destin, de briser la fatalité qui semble s'être abattue sur la civilisation humaine et menace son existence, parce qu'elle est en grande partie le produit de leur passivité. A suivre.

Une autre réflexion

Je me suis demandé si au lieu de considérer que nous vivons dans une société développée (en occident), on ne ferait pas mieux de dire que nous vivons dans une société sophistiquée, car à bien des égards il y a trop de travailleurs qui adoptent un comportement qui se rapprochent plus de celui des peuples des pays sous-développés, dans lesquels il y a des couches plus développées que les autres qui peuvent appartenir aux différentes classes.

Tout dépend quels facteurs on privilégie ou la place qu'on leur accorde. Il faut surtout éviter de généraliser. On peut très bien vivre dans une société développée et avoir une conscience peu développée, demeurer intellectuellement sous-développé et faible psychologiquement. La manière inconscience et chaotique dont les hommes font leur histoire dénote plutôt de graves carences qu'on a tendance à oublier ou à faire passer au second plan. On oublie surtout qu'elle est le fait d'une infime minorité qui préside au destin de la société toute entière ou de l'humanité.

L'absence de démocratie symbolise à elle seule le sous-développement dans lequel se débat désespérément la civilisation humaine, dit autrement son incapacité à s'élever au niveau de la démocratie signifie qu'elle demeure sous-développée. L'homme a développé son activité dans une multitude de domaines et de directions afin de satisfaire ses besoins, mais il n'est jamais parvenu à comprendre le processus dialectique matérialiste qui en était à l'origine et qui donc en est toujours au stade inconscient, les lois qui président à la transformation ou au fonctionnement de la matière, des hommes, de la société, de la nature.

C'est parce que l'interprétation qu'il en fait est défectueuse qu'il demeure sous-développé, il témoigne ainsi qu'il n'est pas encore mûr pour la démocratie, parfois jusqu'à la caricature si on se réfère au contenu que les uns et les autres lui donnent. Quand une classe ne représentant qu'une infime minorité de la population détient le pouvoir et gouverne pour satisfaire ses propres besoins, lui attribuer pour tâche d'instaurer la démocratie est d'une absurdité confondante que réfute l'ensemble du processus historique.

Ce sont surtout les intellectuels, qui ont une influence déterminante et par conséquent une énorme responsabilité sur le cours de la société, qui manifestent leur sous-développement en continuant malgré tout de colporter cette contrevérité. Au lieu de se mettre au service de la majorité des exploités et des opprimés qui incarnent de fait la démocratie, ils préfèrent s'en remettre à la minorité des exploiteurs et des oppresseurs pour réaliser la démocratie. Ils demeurent fidèles au capitalisme qui est par nature incompatible avec la démocratie, ils n'arrivent même pas à s'élever au niveau de la logique la plus élémentaire.

Comment la minorité pourrait-elle supporter que la majorité, dont les intérêts sont opposés aux siens, réalisent la démocratie, quelle idée saugrenue, inconsistante, à l'heure ou se manifeste ouvertement son penchant pour la tyrannie ou le totalitarisme, on ne peut trouver mieux pour illustrer l'incompatibilité du capitalisme avec la démocratie.

Quant à la défaillance de la conscience de la classe dominante, elle se manifeste par le fait qu'elle a pu concevoir de se débarrasser du capitalisme pour instaurer un nouvel ordre mondial basé uniquement sur la guerre et le chaos, le despotisme, alors que le développement des forces productives a atteint un niveau qui permettrait de satisfaire les besoins ou les aspirations de la population mondiale, de réaliser la démocratie.

L'instauration de la démocratie coïnciderait avec le début du processus conduisant à l'extinction de la société divisée en classes, de l'Etat, du règne de l'exploitation de l'homme par l'homme sur lequel repose les rapports de dominants à dominés qui empoisonnent ou nuisent à l'existence de l'humanité toute entière, y compris les capitalistes eux-mêmes, ce dont évidemment ils n'ont pas conscience puisqu'ils entendent le perpétuer, ce qui montre à quoi point ils sont sous-développés puisqu'ils font leur propre malheur, car quelque part on ne peut pas faire le malheur de plus de 7 milliards d'hommes et de femmes et être heureux, c'est impossible tant on inspire le dégoût, la haine et davantage encore.

Seuls les travailleurs de la classe ouvrière et des classes moyennes qui ont rompu avec le capitalisme, après avoir pris conscience qu'il était incompatible avec la démocratie, sont susceptibles de la représenter, pour peu qu'ils s'appuient sur la majorité et qu'ils se rassemblent dans un parti ayant adopté cet objectif politique, même minoritaire au départ, ils serviront de guide à la majorité, qui en se dotant d'une nouvelle direction révolutionnaire parviendra à conquérir la démocratie en prenant conscience des tâches politiques que le processus dialectique matérialiste et historique l'avait chargées d'accomplir.

Personne d'autres que la majorité n'imposera la démocratie, aucune minorité, qu'il s'agisse de la classe des capitalistes, des classes moyennes ou les intellectuels, encore faut-il qu'elle renverse l'ordre établi ou s'empare du pouvoir politique.

La première étape de la démocratie consiste à construire ce parti. La seconde à conquérir la direction des masses exploitées, la troisième à prendre le pouvoir à l'issue de la mobilisation révolutionnaire des masses. La quatrième à les organiser pour qu'elles s'initient à la démocratie. La cinquième consacrerait sa suprématie sur tout autre organisation de la société, de telle sorte que l'extinction des classes se poursuivent jusqu'à son terme qui coïnciderait avec l'extinction de la démocratie elle-même, puisqu'elle était le produit de l'existence des classes qui ont disparu, dès lors l'administration des hommes cèdera la place à l'administration des choses, le règne de la nécessité aura cessé d'exister, la liberté cessera enfin d'être une utopie.

Aveu. La mobilisation du 26 mai sera "ni syndical, ni politique mais populaire", voilà ce qui effraie le PS, l'idée que le peuple se soulève.

LVOG - En fait l'appel à participer aux manifestations du 26 mai n'a pas un caractère populaire, mais bien populiste, mais c'est encore trop pour le PS qui hait le peuple.

- Le PS ne participera pas à la manifestation du 26 mai, tranche Faure - AFP 17/05/2018

Le PS ne participera pas à la manifestation du 26 mai, qui réunira notamment la CGT et la France insoumise à l'appel d'Attac, a affirmé le premier secrétaire du PS Olivier Faure jeudi sur France 2.

"Le 26 mai de quoi parle-t-on ? On parle d'une manifestation qui est organisée par un certain nombre de partis politiques, et qui a une autre vocation, mais n'y participeront pas tous les syndicats. Ni l'Unsa, ni la CFDT, ni FO, ni le PS, effectivement", a affirmé M. Faure.

M. Faure a en revanche une nouvelle fois assuré qu'il manifesterait le 22 mai aux côtés des fonctionnaires, invités à se mobiliser par l'ensemble des organisations syndicales "pour la première fois depuis dix ans".

L'ancien porte-parole du gouvernement Stéphane Le Foll avait lui aussi affirmé jeudi matin qu'il ne participerait pas à la manifestation. AFP 17/05/2018

Au lieu de sans cesse rappeler que le PS aurait une origine ouvrière lointaine, certains seraient plus avisés de le caractériser de parti anti-ouvrier, histoire de rétablir la vérité.

J'avais indiqué que cela ne coûtait rien d'avancer le mot d'ordre de rupture avec la Ve République et l'UE puisque seul un gouvernement ouvrier pourrait le concrétiser, en revanche rompre avec le PS et ses multiples officines était parfaitement réalisable tout de suite.

Maintenant au-delà du cadavre du PS aussi puant que celui du PCF, c'est l'idéologie qu'il véhiculait et qui a imprégné le mouvement ouvrier qu'il faut combattre.

On a eu plus de 70 ans pour construire un nouveau parti ouvrier révolutionnaire, de deux choses l'une, soit c'était possible, soit cela ne l'était pas, on a envie d'ajouter qu'on a disposé de plus de temps qu'il n'en fallait pour finalement un résultat nul.

Pendant ces 73 dernières années une seule stratégie a été mise en oeuvre pour construire le parti, le front unique en direction du PS et du PCF comme si nous en étions restés en 1920 lors de la scission de la SFIO, sans tenir compte de leur évolution et de celle de la société, du monde.

On est en droit de se demander pourquoi cette tactique a été élevée au rang de stratégie, question qu'on se refusera de poser par crainte qu'elle nous entraîne trop loin ou qu'on ne trouve pas de réponse cohérente ou par quoi la remplacer. C'est sans doute parce que les dirigeants qui s'y sont accrochés y avaient trouvé un bon moyen pour se poser en héritiers autoproclamés de Trotsky... Continuez ainsi et notre cause est perdue d'avance.

Il aurait fallu imaginer une autre tactique, qui soit tournée résolument vers les masses, et qui ne s'inscrive dans la perspective d'un gouvernement PS-PCF quel que soit le rôle que ces partis auraient pu jouer dans le futur, sachant qu'une partie des masses n'en attendaient rien et que celle qui en attendaient quelque chose finiraient un jour ou l'autre par ne plus rien en attendre, et que ces partis constituaient des obstacles au combat pour en finir avec le régime, notre objectif politique.

Cela nécessitait d'avoir bien compris que la prochaine crise du capitalisme ne ressemblerait pas aux précédentes et qu'elle clôturerait un cycle, et qu'au-delà se trouverait poser la question de son dépassement, au cours duquel l'oligarchie s'attaquerait au fondement même de la civilisation humaine pour imposer un modèle de société bureaucratique totalitaire, ce qui serait la seule issue possible pour échapper aux conséquences de la crise qui mine le capitalisme.

La concentration extrême du capital devait se combiner à la concentration du pouvoir politique entre les mains de l'oligarchie, le stade ultime de l'impérialisme devait se traduire par la soumission de l'ensemble de l'économie à l'industrie financière, qui seule pouvait incarner au sommet du capitalisme la continuité du règne de l'exploitation de l'homme par l'homme. Pour y parvenir, il fallait qu'elle dispose de relais politiques au sein des Etats des puissances impérialistes, ainsi que l'ensemble des institutions financières et politiques internationales ou supranationales, qui confisqueraient le pouvoir politique à son profit ou décrèteraient hors la loi toute expression démocratique.

Cet objectif politique ne pourrait être atteint tant que le mouvement ouvrier demeurerait homogène et offensif aussi corrompu soit-il, il leur fallait donc concevoir un dispositif reposant sur une multitude d'acteurs pour le disloquer ou le détourner de la lutte de classe. Cela commencera par la fondation d'associations ou d'ONG, et cela s'achèvera par la mise en place des réseaux dits sociaux, dont la principale fonction fut de discréditer le mouvement ouvrier et d'accompagner l'atomisation de la classe ouvrière pendant que ses droits collectifs disparaissaient.

Ce dispositif prendrait la forme d'une guerre idéologique et psychologique permanente que livreraient les porte-parole de l'oligarchie et leurs relais dans la société, le mouvement ouvrier contre toutes les classes, de manière à les déstabiliser et les diviser en instrumentalisant leurs préjugés, tout en brisant tous les rapports qui étaient le produit de l'évolution de la civilisation humaine ou du développement de la lutte des classes, de sorte qu'elles perdent tout repère, que toute connaissance fasse l'objet d'une remise en cause systématique ou inspire le doute, pour finalement imposer leur mode de pensée ou leur interprétation frauduleuse une fois écartés ou censurés leurs opposants, qui se substituerait à la réalité ou aurait valeur de vérité absolue ou éternelle...

On nous rétorquera qu'il est facile après coup de sortir une telle analyse, mais que ce n'était pas le cas il y a 70 ans.

Cet argument ne tient pas, il est fallacieux ou malhonnête, puisque certains acteurs politiques comme par exemple G. Orwell était parvenu au même pronostic en s'inspirant de la réalité des années 40 ou en prenant en compte les signes avant-coureurs de ce qui se tramait à l'insu des masses et contre elles. Désolé, il faudra trouver autre chose pour dédouaner les dirigeants que nous avons eu de l'incurie politique qui les caractérise jusqu'à nos jours.

Peu importe, on ne va pas en faire le procès, l'essentiel est de savoir où nous en sommes et vers quoi nous nous acheminons si nous ne rectifions pas notre copie, et c'est urgent. Personne ne pourra dire qu'il ne savait pas à quoi s'en tenir désormais, si nécessaire, personne ne pourra dire qu'il n'était pas concerné, qu'il n'était personnellement responsable de rien du tout.

Comme je l'explique dans un autre article, il s'agit de faire prendre conscience aux travailleurs et aux militants, que malgré eux ils ont été entraînés dans un engrenage infernal dès qu'ils devinrent adultes ou ils rejoignirent le monde du travail (de l'exploitation), de telle sorte qu'ils perdirent de vue les aspirations légitimes ou révolutionnaires qui les habitèrent lors de leur jeunesse, leur soif de justice sociale, d'émancipation ou de liberté, pour le pire plutôt que le meilleur comme le prouve la situation actuelle, et qu'ils doivent impérativement renouer avec elles sous peine d'être voués à connaître des jours encore plus sombres que le pire des cauchemars qu'ils ont pu vivre pendant leur sommeil.

Il existe d'autres facteurs que nous avons gravement négligés ou dont nous n'avons pas mesuré l'évolution à leurs justes proportions ou l'importance qu'ils allaient prendre, qu'il s'agisse de la démographie exponentielle à partir du début du XXe siècle, la vitesse à laquelle la société se transformait tandis que les générations se renouvelaient.

Il fut une époque où les nouveaux besoins servaient de locomotive à la machine capitaliste. Puis vint le moment où ils conçurent quand en rendant l'accès à une plus grande fraction de la population, ils engrangeraient davantage de profit ce qui leur permettrait de s'enrichir dans des proportions considérables. Mais pour cela il fallait rendre artificiellement solvable les futurs clients qui ne l'étaient pas, ce qu'ils réaliseront en recourant au crédit. Et depuis, la dette a pris le dessus sur les besoins, et une fois la financiarisation de l'économie pratiquement achevée, ils décrètent que la civilisation humaine doit cesser de progresser pour ne pas dire d'exister. Notre émancipation, la liberté, le socialisme sont envoyés au musée des utopies. Reste à savoir pendant combien de temps ils y resteront, cela dépend de nous tous.

En famille. "Notre objectif n'est certainement pas la démission d'Emmanuel Macron", on s'en serait douté !

L'Unsa, la CFDT et FO sont liés au capital depuis leur création, et la CGT a appelé à voter Macron, voilà qui donne une idée assez précise sur la nature et l'orientation du mouvement ouvrier en France.

Quant aux fonctionnaires, ils en ont fait un des piliers du régime, tout s'explique pour peu qu'on ne soit pas aveugle ou borné ou qu'on fasse preuve d'un minimum d'honnêteté intellectuelle, mais c'est beaucoup demandé apparemment.

J'ai déjà annoncé que cette journée de manifestation serait un baroud d'honneur, les organisateurs l'ont confirmé eux-mêmes.

Le HuffPost 17.05 - Programmée le 26 mai, la "marée populaire" espérée par les organisateurs fédérera pour la première fois les principales forces politiques de gauche antilibérales, de la France insoumise au NPA en passant par le PCF, Générations et EELV, de nombreux mouvements altermondialistes et/ou anticapitalistes (Attac, fondation Copernic...) ainsi que plusieurs syndicats, dont la puissante CGT.

"Toutes les organisations participantes ne sont pas liées par une bague au doigt mais par un fil de soie", a indiqué Willy Pelletier de la Fondation Copernic pour signifier que cette marche commune n'engage personne au-delà de la date du 26 mai.

Signe que le 26 mai ne se veut "ni syndical, ni politique mais populaire", il n'y aura pas de carré de tête dans le cortège de la manifestation parisienne, mais un char appelant à la solidarité avec les luttes. Les organisations syndicales et politiques seront quant à elle placées derrière le cortège "citoyen", spécialement réservé aux manifestants non-encartés.

Objectif de cette manifestation générale (à laquelle les deux grands autres syndicats, la CFDT et FO, refusent toujours de participer): d'une part "réaffirmer le soutien aux luttes" actuelles, dont celle à la SNCF ou dans la fonction publique; d'autre part "faire reculer Macron et son gouvernement" en "amplifiant le rapport de force".

Pour ce faire, les organisateurs ont opté pour une manifestation décentralisée, avec plusieurs cortèges dans différentes ville de France. A ce titre, la manifestation parisienne pourrait être plus dégarnie que lors du 5 mai dernier. Mais les mouvements misent sur cette forme de mobilisation pour maximiser le nombre global de manifestants à l'échelle du pays... tout en évitant les grèves qui ne facilitent pas les déplacements jusqu'à Paris.

Reste à savoir ce que le comité du 26 mai espère obtenir concrètement à l'issue du mouvement, compte tenu de l'hétérogénéité des troupes qui le composent. "Notre objectif n'est certainement pas la démission d'Emmanuel Macron", a indiqué Annick Coupé d'Attac en réponse à une question de la presse, manière d'écarter tout agenda politicien. Sur le fond, les organisateurs espèrent afficher une démonstration de force telle que le président de la République serait contraint à faire un geste significatif. (Un bras d'honneur ! - LVOG)

Faute de résultat immédiat, cette démarche unitaire inédite a-t-elle vocation à faire des petits ou s'annonce-t-elle sans lendemain? Personne ne prend le risque d'insulter l'avenir, même si la CGT a pris soin de répéter que sa participation était "exceptionnelle". Pour Willy Pelletier, "les ovnis sont par nature éphémères. Ils ont vocation à apparaître puis à disparaître. Avant de réapparaître". Le HuffPost 17.05

En complément

- Les commissaires aux comptes dans la rue, inquiets pour leur avenir - AFP 17/05/2018

"Une profession qui ne veut pas mourir": plusieurs milliers de commissaires aux comptes ont manifesté jeudi dans plusieurs villes de France contre la future loi Pacte, qui devrait les priver d'une grande partie de leur activité en relevant les seuils d'audit pour les entreprises. AFP 17/05/2018

Sionisme en famille à l'extrême droite ou la banalisation de la barbarie.

- François de Rugy, le président de l’Assemblée nationale, a accueilli son homologue israélien, Yuli-Yoel Edelstein, ce mercredi.

La présidente En Marche ! du groupe d’amitié France-Israël de l’Assemblée, Elise Fajgeles, a rejeté l'idée d'une enquête indépendante sur la mort de manifestants palestiniens. AFP 16.05

Souvenez-vous que dans un entretien le mentor de Macron, J. Attali, s'était lâché en exprimant le souhait que Jérusalem devienne la capitale du monde, et pour le justifier il avait affirmé qu'à cette fin le peuple juif méritait la caractérisation de peuple élu guidant les autres peuples vers je ne sais plus quoi, la démocratie ou la liberté dont le traitement cruel que les sionistes imposent aux Palestiniens est sans doute l'illustration achevée, ou un avant-goût de ce que Macron nous promet. J'avais mis cette vidéo en ligne.

- L'ambassadrice des Etats-Unis quitte la réunion d'urgence à l'ONU... au moment où la Palestine commence à parler - Franceinfo16 mai 2018

L'ambassadrice américaine à l'ONU, Nikki Haley, a défendu Israël devant le Conseil de sécurité réuni en urgence lundi 15 mai. "Aucun pays dans cette salle n'aurait agi avec autant de retenue que ne l'a fait Israël", a-t-elle dit. Franceinfo16 mai 2018

Mitraillé un peuple désarmé à travers un grillage, c'est faire preuve de "retenue", alors imaginez un instant de quoi ils seraient capables en l'absence de ce grillage : un génocide.

En complément.

- Washington instaure de nouvelles sanctions contre Nasrallah - Reuters 16 mai 2018

Les Etats-Unis et leurs alliés dans le Golfe ont dressé mercredi une liste de nouvelles sanctions visant Sayyed Hassan Nasrallah et Naim Kassem, respectivement numéro un et deux du mouvement chiite Hezbollah. Reuters 16 mai 2018

Leur humanisme est la politesse des salauds...

- A Paris, le plus gros campement de migrants "se dégrade de jour en jour" - AFP 17/05/2018

Une situation sanitaire alarmante et des tensions qui s'aggravent depuis deux semaines: le campement du Millénaire, à Paris, "se dégrade de jour en jour" et les appels se multiplient pour mettre à l'abri les 1.600 migrants entassés sous le périphérique. AFP 17/05/2018

- La Ligue arabe réclame une enquête internationale sur les "crimes" israéliens - AFP 17/05/2018

La Ligue arabe a réclamé jeudi une enquête internationale sur les "crimes" israéliens, après la mort de dizaines de Palestiniens sous les balles israéliennes lors de protestations à la frontière de la bande de Gaza. AFP 17/05/2018

Ils osent tout.

Incantation. Le vraisemblable est plus pratique qu'une fausse preuve, il n'est pas nécessaire de le fabriquer et personne ne peut le contester puisqu'il repose sur rien.

- Du chlore a été utilisé en Syrie lors d'une attaque en février - AFP16 mai 2018

L'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC) a confirmé mercredi que du chlore avait vraisemblablement été utilisé lors d'une attaque qui avait intoxiqué onze civils dans une ville syrienne en février.

Alors que le monde attend les résultats d'une autre enquête, celle sur l'attaque présumée de gaz toxiques à Douma, les enquêteurs de l'OIAC ont pu établir que du chlore avait "vraisemblablement été utilisé comme arme chimique" dans une ville du nord-ouest du pays.

"Du chlore a été libéré de cylindres par impact mécanique dans le quartier d'Al Talil, à Saraqeb", affirme un communiqué de l'OIAC.

La mission d'enquête a en effet trouvé deux cylindres qui ont contenu du chlore. Parallèlement, des saisies d'échantillons dans la région ont également "montré une présence inhabituelle de chlore dans l'environnement local", a précisé l'organisation basée à La Haye.

En conformité avec son mandat, l'OIAC n'a pas dit qui avait pu utiliser ce chlore, dans cette guerre civile complexe qui déchire la Syrie depuis sept ans.

En octobre, une mission conjointe de l'OIAC et de l'ONU a découvert que l'armée de l'air syrienne était à l'origine d'une attaque au gaz sarin qui avait fait des dizaines de morts à Khan Sheikhun en 2017.

Le régime syrien est également accusé d'avoir commis au moins trois autres attaques chimiques dans des villages en 2014 et en 2015. Reuters16 mai 2018

Pure propagande ou mensonge éhonté déjà réduit en poussière.

On retiendra l'aveu du général américain Mattis, qui a affirmé récemment que depuis 2011, Assad ou l'armée syrienne ne se sont livrés à aucune attaque chimique.

C'était un secret de polichinelle qui tourne à guignol !

- Berlin disposait de la formule du Novitchok depuis les années 1990, selon Die Zeit - sputniknews.com 16.05

Il y a plus de 20 ans, le service fédéral de renseignement allemand, le Bundesnachrichtendienst (BND), est parvenu à entrer en possession d'un échantillon de l'agent Novitchok, selon Die Zeit qui s'est appuyé sur une enquête menée par plusieurs médias allemands parmi les plus importants.

Selon le journal, l'échantillon a été transporté en Allemagne par un agent double. Les personnes qui ont pris part à cette opération ont confirmé cette information, affirme Die Zeit.

La substance a été ensuite acheminée dans un laboratoire en Suède pour analyse. Plus tard, toujours d'après le journal allemand, les services de renseignement n'ont récupéré que la formule de la substance, sans l'échantillon. L'endroit où il pourrait se trouver depuis lors est inconnu, souligne Die Zeit. Les autorités suédoises n'ont pas communiqué d'informations à ce sujet.

Le journal relate que l'Allemagne a ensuite transmis les données sur la substance à ses partenaires de l'Otan, certains d'entre eux ayant commencé à la fabriquer en petites quantités. sputniknews.com 16.05




ACTUALITE EN TITRES

La blanchisseuse du Palais à l'oeuvre.

- L'enquête pour "abus de faiblesse" visant Darmanin classée sans suite - AFP 16 mai 2018




INFOS EN BREF

POLITIQUE

Syrie

- Des dizaines de militaires français auraient été arrêtés en Syrie - Sputnik 17.05.2018

Quelque 70 militaires français auraient été arrêtés par l’armée syrienne à un poste de contrôle dans la province de Hassaké, en Syrie, relate l’agence turque Anadolu citant des sources syriennes.

Les troupes gouvernementales syriennes auraient interpellé environ 70 militaires français à un poste de contrôle dans la province de Hassaké, en Syrie, qui se trouveraient à bord d'un convoi composé de 20 véhicules, indique l'agence turque Anadolu se référant à des sources syriennes.

Selon le média, les militaires se seraient dirigés à Qamichli, dans la province de Hassaké, pour se rendre ensuite à Deir ez-Zor. Ils se seraient retrouvés au poste de contrôle syrien par erreur, précise l'agence. Les soldats y auraient été interpellés et interrogés.

Plus tard, les Kurdes syriens seraient arrivés au poste et auraient confirmé que les Français les soutenaient. Ensuite, le convoi aurait pu se diriger vers Qamichli.

Comme le signale la chaîne Telegram WarGonzo, il s'agirait de snipers. Lorsque les militaires syriens auraient examiné les véhicules, ils auraient découvert des fusils de précision ainsi que d'autres armements. Sputnik 17.05.2018


SOCIAL ET SOCIÉTÉ

France

- Statut des fonctionnaires : la piste explosive des «experts» - liberation.fr 16 mai 2018

Des profs avec un CDD de cinq ans, des policiers embauchés pour seulement dix ans, des agents territoriaux en contrat de deux ou trois ans renouvelables… Voici le nouveau monde des fonctionnaires, imaginé par les experts du Comité action publique 2022 (CAP22). Ce panel de 34 personnalités qualifiées, installé en octobre, a été chargé par le gouvernement de plancher sur la réforme de l’Etat, des collectivités et de la Sécurité sociale. Issus du privé, du public et du monde associatif, ses membres se sont vu donner «carte blanche» par Edouard Philippe.

Selon nos informations, ceux-ci proposeront ainsi, dans un prochain rapport, de généraliser la possibilité de recourir à des contractuels dans la fonction publique, alors que celle-ci est encore très encadrée. Entre autres différences avec leurs collègues sous statut, les contractuels ne bénéficient pas de l’emploi à vie. Si l’exécutif choisissait de reprendre la piste des experts du CAP22, ce serait un authentique casus belli pour des syndicats de fonctionnaires qui ne cessent d’alerter contre une potentielle remise en cause du statut de la fonction publique. Une source bien informée s’attend d’ailleurs à ce que le gouvernement écarte l’idée… pour mieux promouvoir une simple «extension» du recours au contrat, comme souhaité par l’exécutif.

Fin 2016, la fonction publique comptait déjà, selon l’Insee, 940 200 non-titulaires (en particulier dans le secteur scolaire ou de la santé) sur 5,7 millions d’agents publics, soit 16,5 % de contractuels. liberation.fr 16 mai 2018

Etats-Unis

- Etats-Unis : les Américains de plus en plus nombreux à dormir dans leur voiture - Franceinfo 16 mai 2018

Aux Etats-Unis, de plus en plus de travailleurs sont contraints de dormir à bord de leur véhicule, faute de pouvoir se payer un logement. En Californie, certaines villes ont même décidé de laisser à disposition des parkings gratuits.

Parmi ces sans domicile fixe, 30% ont plus de 50 ans. Franceinfo 16 mai 2018


ECONOMIE

Grande-Bretagne

- Le gouvernement britannique renationalise une ligne de chemin de fer - Reuters16 mai 2018

Le gouvernement britannique a entrepris de renationaliser la liaison ferroviaire entre Londres et Edimbourg dont l'exploitation avait été concédée en 2015 à l'opérateur privé Stagecoach qui a surestimé les profits qu'il pouvait tirer de cette ligne de chemin de fer.

C'est la troisième fois depuis 2007 que les autorités britanniques sont contraintes de reprendre l'exploitation de cette liaison de 632 km, confirmant les difficultés pour des opérateurs privés de gérer une concession ferroviaire.

Stagecoach a indiqué mercredi que le gouvernement avait annulé le contrat, trois mois après que le ministre des Transports Chris Grayling a dit envisager de mettre un terme à la concession concédée en 2015.

"Ce qui est allé de travers, c'est que la compagnie (Stagecoach) avait promis de payer au gouvernement plus qu'elle ne le pouvait en réalité", a précisé le ministre sur Sky News.

Le syndicat Unite des chemins de fer a réclamé la nationalisation de toutes les lignes ferroviaires du pays.

"Ce serait mieux pour l'économie, pour les finances et pour les usagers (...) si le gouvernement mettait fin à la privatisation du rail", a dit l'un des responsables du syndicat, Hugh Roberts.

Le processus de privatisation des chemins de fer britanniques a débuté dans les années 1990 par l'instauration de franchises permettant à des opérateurs de se porter candidats à des concessions pour un nombre préétabli d'années.

Les autorités britanniques ont été obligées de se substituer à certaines de ces sociétés privées lorsqu'elles n'étaient plus en mesure d'assurer un service devenu financièrement bénéficiaire.

La franchise pour la côte est ("East Coast line") de la Grande-Bretagne a été gérée entre 2009 et 2015 par une entité publique avant d'être cédée il y a trois ans à Stagecoach.

Chris Grayling a déclaré mercredi devant la Chambre des communes que la liaison ferroviaire serait désormais exploitée par une société d'économie mixte, le contrat de Stagecoach prenant fin le 24 juin avec cinq années d'avance sur le calendrier.

Stagecoach avait expliqué en février que ses prévisions de croissance étaient basées sur des améliorations des infrastructures que devaient mener la société à capitaux publics Network Rail. Ces aménagements ont été soit reportés, soit abandonnés. Reuters16 mai 2018

Iran

- L’Iran signe un accord d’envergure avec la Russie et ses voisins - Sputnik 17.05.2018

Lors du Forum économique d’Astana, les autorités iraniennes ont conclu un accord provisoire avec l’Union économique eurasiatique ayant pour but de constituer une zone de libre-échange.

Téhéran a signé un accord provisoire avec l'Union économique eurasiatique (UEEA) qui vise à la mise en œuvre d'une zone de libre-échange. Le document pourrait permettre d'augmenter considérablement le volume des échanges commerciaux.

«L'accord temporaire prévoit un mécanisme efficace pour régler les conflits, notamment d'arbitrage. Les parties choisissent des arbitres et conviennent du lieu d'arbitrage. En outre, un comité mixte est créé au niveau des hauts fonctionnaires des parties, la création d'un dialogue commercial est prévue», a indiqué Tigran Sarkissian, président de la Commission eurasiatique.

Dans trois ans, les parties pourront signer un accord intégral.

«Les participants aux négociations se voient immédiatement chargés de s'entendre pendant ses trois ans sur un accord intégral sur la zone de libre-échange», a souligné M.Sarkissian.

L'Union économique eurasiatique (UEEA) est une union fondée le29 mai 2014 par la Biélorussie, le Kazakhstan et la Russie. Sputnik 17.05.2018


Le 16 mai 2018

CAUSERIE ET INFOS

Solidarité inconditionnelle avec le peuple palestinien contre le colonisateur et fasciste sioniste !

La causerie du mois d'avril au format pdf est disponible, 213 pages.

Causerie au format pdf (5 pages)

Yahoo et ses semblables censurent littéralement les infos sur la grève des cheminots et la plupart des mouvements sociaux qu'ils font disparaître, vous les trouverez ailleurs sur Internet. Ils ont même carrément supprimé la rubrique économie, donc là aussi il faut aller s'informer autre part.

Je crois qu'en règle générale on ferait mieux d'attendre quelques jours ou semaines que des portails ou blogs relaient l'ensemble des évènements qui se passent dans le monde, de manière à être davantage informé sans perdre notre temps qui est si rare et si précieux. De mon côté je fais ce que je peux.

Encore une causerie de combat, qu'est-ce que vous voulez, quand on nous provoque, on nous trouve !

Quand on n'a rien à dire et on fait dire à d'autres ce qu'ils n'ont jamais dit, on ferait mieux de la fermer.

La médiocratie des intellectuels de gauche étalée dans toute sa splendeur, ou quand leur humanisme nous fait terriblement penser à la politesse des salauds de la réaction, à laquelle ils servent de caution démocratique.

- Si Karl Marx revenait parmi nous : il renierait « Le Capital » ! par Pr. Chems Eddine Chitour - Mondialisation.ca, 10 mai 2018

Article dégoulinant de suffisance et d'ignorance, de contrevérités à vous filer la nausée, retenez bien le nom de l'auteur très prolixe, dont les articles sont publiés régulièrement par plusieurs portails ou blogs qui se veulent de gauche ou indépendants, alors que ce sont des porte-parole du capitalisme. Au passage, il n'a rien à envier aux staliniens. Jugez vous-même et gardez votre calme !

- "Là ou Marx a fait tout faux c’est sa position concernant le colonialisme" (Pr. Chems Eddine Chitour - Ecole Polytechnique Alger)

Marx et Engels n'ont fait qu'observer et exposer comment le processus dialectique matérialiste et historique à l'origine du développement du capitalisme (et de la matière) déterminait inexorablement son expansion à l'échelle mondiale. Et ce crétin de professeur je sais tout leur attribue d'avoir conçu l'orientation colonialiste ou impérialiste du capitalisme avec toutes ses horreurs, pour ne pas dire qu'ils l'auraient souhaitée ardemment ou qu'ils en porteraient la responsabilité au regard de l'influence qu'a eu le Capital sur les économistes, rien de moins alors que Marx et Engels ne se livrèrent qu'à un simple constat d'un phénomène pour ainsi dire naturel qui était en train de se dérouler sous leurs yeux.

Vous voyez à quel point on peut défigurer le marxisme au point qu'il ne peut vous inspirer que du dégoût et vous conduire à le rejeter. Continuons.

- "nulle part dans le Capital nous trouvons des gardes fous pour humaniser le capital. Bref il n’y a pas laissé un Plan B pour sauver l’humanité." (id)

Comme si l'engagement politique de Marx et Engels aurait dû consister à sauver non pas l'humanité mais le capital, extraordinaire ! Quelle confusion ! Ils ont bien conçu "un Plan B", mais pour sauver l’humanité et non le capital, c'est ce qu'il regrette en serviteur zélé du capitalisme. En fait, il voudrait à la fois sauver l'humanité et le capital, ce serait au capital que reviendrait la mission de sauver l'humanité, quel délire !

C'est à se demander si ce crétin s'est relu ou s'il pense réellement ce qu'il a écrit. Cet intellectuel incarne l'état d'esprit du fonctionnaire petit bourgeois privilégié qui préfère s'accommoder du capitalisme (et ses institutions en Algérie) plutôt que l'affronter pour l'abattre.

Nous sommes en présence d'un "marxiste" antisocialiste, ne vous marrez pas, car ce petit monsieur se prend très au sérieux.

Il ose se prétendre marxiste et regrette que Marx et Engels n'aie pas volé au secours du capitalisme, à l'instar de leurs opposants au sein de la social-démocratie qui s'en chargeront avec leur théorie réformiste (révisionniste, liquidatrice) qui sera l'antithèse ou la négation du socialisme.

Voilà de quoi se réclame monsieur le professeur. Il faut bien que ces gens-là trouvent des boucs émissaires pour faire oublier leur propre incurie intellectuelle.

Quand les fossoyeurs du mouvement ouvrier se donnent bonne conscience. Vive le roi !

- Patrice Lumumba : à Bruxelles, une place contre l’oubli par Jérôme Duval et Robin Delobel, du CADTM - Le Grand Soir 15 mai 2018

Depuis plus de dix ans, des associations revendiquaient, dans la capitale belge, un espace public au nom de l’ancien Premier ministre du Congo assassiné. Le Grand Soir 15 mai 2018

Un exemple de régime totalitaire ou de fasciste : Israël.

- Israël, 200 armes nucléaires pointées sur l’Iran par Manlio Dinucci - Mondialisation.ca, 15 mai 2018

Extrait.

Il y a plus de cinquante ans qu’Israël produit des armes nucléaires dans le site de Dimona, construit avec l’aide surtout de la France et des Etats-Unis. Ce site n’est pas soumis à des inspections parce qu’Israël, la seule puissance nucléaire du Moyen-Orient, n’adhère pas au Traité de non-prolifération des armes nucléaires, que l’Iran par contre a signé il y a cinquante ans. Les preuves qu’Israël produit des armes nucléaires ont été apportées il y a plus de trente ans par Mordechai Vanunu, qui avait travaillé dans le site de Dimona : après avoir été passées au crible par les plus grands experts en armes nucléaires, elles furent publiées par le journal The Sunday Timesle 5 octobre 1986. Vanunu, enlevé à Rome par le Mossad et transporté en Israël, fut condamné à 18 années de prison en quartier disciplinaire et, relâché en 2004, soumis à de graves restrictions.

Israël possède aujourd’hui (bien que sans l’admettre) un arsenal estimé à 100-400 armes nucléaires, dont mini-nukes et bombes à neutrons de nouvelle génération ; il produit du plutonium et du tritium en quantité suffisante pour en construire des centaines d’autres. Les têtes nucléaires israéliennes sont prêtes au lancement sur des missiles balistiques, comme le Jericho 3, et sur des chasseurs-bombardiers F-15 et F-16 fournis par les USA, auxquels s’ajoutent maintenant les F-35.

Comme le confirment les nombreuses inspections de l’Aiea, l’Iran n’a pas d’armes nucléaires et s’engage à ne pas en produire en se soumettant, sur la base de l’accord, à unétroit contrôle international. Cependant –écrit l’ex secrétaire d’état Colin Powell le 3 mars 2015 dans un email qui a été dévoilé– “à Téhéran on sait bien qu’Israël a 200 armes nucléaires, toutes pointées sur Téhéran, et que nous en avons des milliers”.

Les alliés européens des USA, qui formellement continuent à soutenir l’accord avec l’Iran, sont substantiellement rangés aux côtés d’Israël. L’Allemagne lui a fourni quatre sous-marins Dolphin, modifiés pour pouvoir lancer des missiles de croisière à tête nucléaire. Allemagne, France, Italie, Grèce et Pologne ont participé, avec les USA, au plus grand exercice international de guerre aérienne de l’histoire d’Israël, le Blue Flag 2017.

L’Italie, liée à Israël par un accord de coopération militaire (Loi n° 94, 2005), y a participé avec des chasseurs Tornado du 6° Stormo de Ghedi (Brescia), affecté au transport des bombes nucléaires étasuniennes B-61 (qui sous peu seront remplacées par les B61-12). Les USA, avec des F-16 du 31stFighter Wing d’Aviano (Frioul), affectés à la même fonction.

Les forces nucléaires israéliennes sont intégrées dans le système électronique de l’Otan, dans le cadre du “Programme de coopération individuel” avec Israël, pays qui, bien que n’étant pas membre de l’Alliance, a une mission permanente au quartier général de l’Otan à Bruxelles.

Selon le plan testé dans l’exercice USA-Israël Juniper Cobra 2018, des forces étasuniennes et Otan arriveraient d’Europe (surtout des bases en Italie) pour soutenir Israël dans une guerre contre l’Iran. Celle-ci pourrait commencer par une attaque israélienne contre les sites nucléaires iraniens, comme celle effectuée en 1981 à Osiraq en Irak. En cas de représailles iraniennes, Israël pourrait employer une arme nucléaire mettant en marche une réaction en chaîne aux issues imprévisibles. Mondialisation.ca, 15 mai 2018

- Gaza : au moins 60 victimes palestiniennes à la suite des heurts de lundi - LeParisien.fr 15.05

Au moins 60 Palestiniens ont été tués dans les heurts de lundi à la frontière en Israël et Gaza. La majorité ont été victimes de tirs des snipers de l’armée israélienne. LeParisien.fr 15.05

- Parlementaire du Likoud: Tsahal «a assez de balles pour tout le monde» - Sputnik 15.05

Avi Dichter, député à la Knesset qui représente le parti au pouvoir, s'est déclaré tranquille en ce qui concernait les risques de violation de la frontière par les Palestinien puisque l'Armée de défense d'Israël avait «assez de balles pour tout le monde».

«[Les forces de l'ordre] ne permettront à personne de menacer ni les soldats ni évidemment les civils. L'Armée de défense d'Israël a assez de balles pour tout le monde. Je crois qu'en fin de compte les moyens de l'Armée de défense israélienne tant non létaux que létaux, si nécessaire et dans les cas où cela est justifié par les règles d'ouverture du feu, suffiront pour tout le monde», a-t-il déclaré lundi dans une interview sur Hadashot TV.

Plus tard, le député a réitéré ses propos sur sa page Facebook, en précisant que Tsahal avait «assez de balles pour tous les terroristes».

Selon le dernier bilan fourni par le représentant des services médicaux gazaouis, Ashraf al-Kidra, 59 Palestiniens ont été tués, et plus de 2.700 autres blessés par des soldats israéliens. L'armée israélienne affirme que trois victimes ont tenté de déposer des explosifs à la frontière. Il s'agit des affrontements les plus meurtriers entre les Palestiniens et l'armée israélienne depuis 2014 lorsque la guerre s'était déclenchée entre l'Israël et le Hamas. Sputnik 15.05

- Bain de sang à Gaza : Washington bloque à l’ONU une demande d’enquête indépendante - LeParisien.fr 15.05

Les Etats-Unis ont bloqué lundi l’adoption d’un communiqué du Conseil de sécurité de l’ONU appelant à une enquête indépendante sur les événements meurtriers de lundi dans la bande de Gaza, selon des sources diplomatiques. LeParisien.fr 15.05

Reuters - Depuis le début de la "Grande Marche du retour", entamée le 30 mars dans la bande de Gaza, 107 Palestiniens ont été tués et 11.100 blessés, dont environ 3.500 par balles, selon les autorités médicales palestiniennes.

Le mouvement devait culminer ce mardi 15 mai, jour que les Palestiniens appellent la "Nakba", la "Catastrophe", qui marque l'exode de centaines de milliers d'entre eux lors de la création de l'Etat d'Israël en 1948.

Nikky Haley, ambassadrice américaine aux Nations unies, a adressé un message de félicitations à l'armée israélienne, qui a selon elle fait preuve de "retenue".

La Turquie a demandé le rappel de l'ambassadeur israélien à Ankara et les autorités israéliennes ont expulsé le consul de Turquie à Jérusalem en représailles. Reuters15 mai 2018

- Morts à Gaza: Israël a "défendu sa frontière", selon Aliot (FN) - AFP 15.05

Le vrai visage hideux du FN.

- Ankara: USA et Israël partenaires d'un "crime contre l'humanité" - Reuters 15.05

- La Nakhba, une catastrophe en cours depuis 70 ans en Palestine par Emiliano Arpin-Simonetti - Mondialisation.ca, 15 mai 2018

Extrait.

...mardi 15 mai, date de commémoration des 70 ans de la Nakhba. Ce terme (« la catastrophe ») désigne l’exode de plus de 750 000 Palestiniens qui ont dû fuir ou qui ont été chassés de leurs terres (confisquées, puis annexées) pendant la guerre israélo-arabe ayant mené à la création d’Israël, en 1948. À Gaza, le souvenir de la Nakhba est d’autant plus prégnant que 70 % de la population est constituée de réfugiés. Si leur droit de retour est garanti notamment par la résolution 194 de l’ONU, Israël s’y oppose farouchement depuis sa fondation.

L’utilisation de balles réelles contre une foule non armée s’ajoute ainsi à la longue liste d’infractions qui témoignent du peu de respect dont fait preuve l’État israélien pour la vie des Palestiniens et envers le droit international. Parmi celles-ci, mentionnons le blocus de Gaza, l’occupation des territoires palestiniens, la construction du mur de séparation, la colonisation des territoires occupés, les expropriations forcées, sans oublier les emprisonnements arbitraires — y compris de centaines d’enfants — et les assassinats extrajudiciaires.

Toujours dans la rubrique totalitarisme ou fascisme.

- Le responsable de l'agence de presse russe RIA à Kiev arrêté - Reuters 15.05

Le directeur local de l'agence de presse russe RIA Novosti en Ukraine, Kirill Vichinski, a été arrêté mardi à Kiev, les autorités l'accusant d'être l'instrument d'une "guerre de l'information" entre la Russie et l'Ukraine. Reuters 15.05

Leur humanisme est la politesse des salauds...

- Un rapport de l'Agence internationale de l'énergie jette un froid sur les climatiseurs - Franceinfo 16.05

L'organisation dénonce la consommation énergivore de ces appareils, qui contribue au réchauffement de la planète. Franceinfo 16.05

- Nouvelle hausse des actes homophobes en France en 2017 - AFP 15.05

Pour la deuxième année consécutive, les actes homophobes ont augmenté en 2017 confirmant "l'ancrage" de l'homophobie dans la société française, selon le rapport annuel de SOS Homophobie dévoilé mardi. AFP 15.05

Ils osent tout

- La SNCF ne sera pas privatisée assure Edouard Philippe - L'Express.fr 15.05

- Cahuzac condamné à 2 ans ferme, devrait échapper à la prison - AFP 16.05

- "Réprimée" en Hongrie, la fondation Soros annonce quitter le pays - AFP 15.05

- Dans un hôpital vénézuélien pour enfants, le drame de la crise lit après lit - AFP 15.05

... et en France.


SOCIAL ET SOCIÉTÉ

- Hôpital: 600 manifestants à Paris pour la "marée blanche" de SUD - AFP 15.05

Une "marée blanche" à l'appel de SUD Santé-sociaux a réuni mardi à Paris 600 personnes qui ont dénoncé les conditions de travail et le manque de moyens dans les hôpitaux, certains bloquant brièvement la circulation sur les Champs-Elysées, ont constaté des journalistes de l'AFP. AFP 15.05


Le 15 mai 2018

CAUSERIE ET INFOS

Pondichéry 21h29.

J'ai rectifié l'adresse vers les Chroniques orwelliennes du Collège de France.

La causerie du jour ne tient pas compte des infos de la veille, il est 16h36 et je n'ai pas encore eu le temps de me connecter à Internet.

Causerie au format pdf (15 pages)

Une expérience personne et un enseignement.

J'ai dépensé 5 000 roupies de moins que prévu lors de l'achat d'un scooter, on m'a livré un scooter équipé d'un frein à tambour à l'avant au lieu d'un frein à disque ; j'ai appris avant-hier que ma facture d'électricité n'était que de 1 010 roupies pour les deux derniers mois, alors que je m'attendais au double ou au triple, c'est l'été et la climatisation fonctionne toutes les nuits, et je dois arroser le jardin tous les jours, donc utiliser le moteur pour remplir le réservoir ; j'ai reçu la facture de Vodafone (Internet), 471 roupies, alors que deux mois plus tôt j'avais payé 2.380 roupies, et 930 roupies le mois dernier, pour le même abonnement ; et pour finir, lundi je vais acheter 4 kilos de sucre et 10 oeufs, le commerçant me fait payer 110 roupies au lieu de 180, il avait mis 2 kilos de sucre dans deux sacs plastiques et au moment de faire la facture il a compté 1 kilo dans chaque sac, je m'en suis immédiatement aperçu et je n'ai rien dit, j'irai lui rendre ses 70 roupies, certes, lui et son épouse n'ont pas l'air très sympathique, mais ils travaillent 7j/7 et leur boutique est misérable, visiblement ils sont pauvres et ce sont des travailleurs comme les autres finalement, je n'ai pas à les juger, donc je ne vais tout de même pas les voler, ce serait contraire à mes idées, tu ne voleras pas, sauf les riches !

Tout cela pour dire qu'en quelques jours (du 9 au 13 mai) à quatre reprises la même expérience s'est reproduite ou j'ai moins dépensé d'argent que prévu, ce qui était quatre bonnes nouvelles parce que je ne suis pas bien riche non plus avec ma retraite de 350 euros et mes économies qui m'en rapportent 150. Bref, c'était plus que des coïncidences.

C'est comme si des faits sans rapport apparent les uns avec les autres étaient liés en réalité par quelque chose d'indéfinissable... On dit souvent que les emmerdements n'arrivent jamais seuls, qu'ils s'enchaînent, et on se demande toujours quand est-ce que cela va s'arrêter, et bien c'est aussi valable dans le sens inverse ou pour les bonnes nouvelles.

Ce qui est marrant, c'est que tout semble lié sans qu'on en ait conscience parce qu'on ne peut pas penser à tout, la vie quotidienne est faite de milliers de petits détails en apparence insignifiants, à côté desquels on passe et il ne peut en être autrement. Je crois en revanche que notre comportement va déterminer une suite d'évènements qui s'inscriront dans la même direction suivant une logique qui nous échappe, et que nous attribuons habituellement au hasard par ignorance.

Notre état d'esprit doit y être pour quelque chose, selon qu'on a un comportement conforme à nos idées ou au contraire qu'on est hypocrite ; l'hypocrite sera voué finalement à une vie misérable et ne sera jamais heureux quelle que soit par ailleurs sa condition, mais pas seulement. La vie nous réserve des épreuves inattendues pour tester nos convictions, qu'elles soient fondées ou non, selon que cette épreuve est agréable ou pénible, notre réaction déterminera une suite d'évènements qui généralement se dirigeront dans la même direction.

Mon attachement à l'argent, si je puis employer cette expression désagréable, se réduit à un instinct de survie, au-delà cela ne m'intéresse pas et je le distribue ou j'en fais profiter mon entourage, je pense que c'est pour cette raison que j'ai réussi à m'en sortir sur ce plan-là, j'ai même refusé de faire fortune, car cela m'aurait forcé à renier mes principes et je ne le regrette pas, bien au contraire, je crois même que c'est ce qui m'a porté chance.

J'irai encore plus loin, je suis convaincu que depuis mes 19 ans et ma découverte du marxisme, ce sont mes idées que j'ai parfois malmenées, qui ont guidé le cours de mon existence, tous les évènements que j'ai vécus. Par exemple, j'avais rencontré la femme qui devait devenir ma première épouse quand je militais à l'OCI, après la naissance de notre fille elle m'obligea littéralement à cesser de militer (en 1981), sans quoi elle me menaçait de divorcer immédiatement, j'ai cru sauver notre couple, en vain, puisque nous devions divorcer 7 ans plus tard, ce qui signifiait quelque part que contrairement à ce que nous avions imaginé, nous n'étions pas fait pour vivre ensemble ou tout du moins jusqu'à la fin de nos jours, c'est ce que nous allons vérifier maintenant.

Pour autant, je n'allais jamais renier mes idées, qui, si elles n'étaient plus représentées sur le plan politique, continueraient d'exister sous la forme de principes que je pourrais (ou non) mettre en pratique dans la vie quotidienne, ce serait donc les mêmes principes qui guideraient mon comportement, de telle sorte que le lien qui existait entre mes idées et mes principes ne serait jamais réellement rompu, pour finalement renouer avec le militantisme 20 ans plus tard, le 11 septembre 2001, le jour de mes 46 ans. Quant à l'attitude de ma compagne, elle fut logique, puisque ce qui avait présidé à notre rencontre (lors d'une diffusion un dimanche matin sur un marché) n'existait plus, nous avions tous les deux démissionnés de l'OCI, nous n'avions plus rien à faire ensemble. Et notre bébé, et bien il lui appartenait et lui seul existait dorénavant, moi je ne comptais plus du jour au lendemain et je devais disparaître, le premier prétexte trouvé ferait l'affaire ou bien elle l'inventerait, j'aurai d'ailleurs le droit à plusieurs versions, peu importe, elle ne m'avait pas aimé pour ce que j'étais, c'est ce que je retiendrai.

En dernière analyse, nos voies divergèrent parce que nous ne partagions ni les mêmes idées ni les mêmes principes ou nous n'y étions pas tant attachés. Elle me reprocha de l'avoir pris pour ce qu'elle n'était pas, de l'avoir idéalisée, mais c'était parce que j'étais porté par un idéal qu'elle estimera hors de sa portée, tandis que je pensais au contraire qu'on pouvait toujours essayer de s'en rapprocher en demeurant fidèle à un certain nombre de principes qu'on avait adoptés, et que rien ne pourrait les remettre en cause. Je m'étais trompé.

L'histoire de l'Inde où j'ai atterri et finirai mes jours, elle ne vient pas spécialement de moi, elle ne colle pas avec ce que j'étais avant de rencontrer cette femme, c'est un concours de circonstances toutes liées ou presque à elle qui m'ont conduit à prendre cette nouvelle direction, cette expérience indienne aux multiples rebondissement est une sorte de très longue parenthèse dans ma vie, puisqu'elle ira maintenant jusqu'à son terme. En même temps, elle me ramenait à la période que j'avais connue avant de militer, où un lien ténu me reliait à l'Inde, sans que je n'aie jamais envisagé de près ou de loin d'y aller m'y installer un jour, cette idée ne m'était jamais venue à l'esprit. J'étais très casanier, pantouflard, je n'avais jamais voyagé et cela ne me manquait pas. J'étais très timide et je ne me voyais pas me lancer seul à l'aventure à l'autre bout du monde, rien que cette idée m'aurait effrayé à l'époque. En fait, à part l'encens, le parfum et quelques bricoles exotiques, je n'étais pas plus que cela attiré par l'Inde, j'allais oublier le cannabis qu'on pouvait trouver aussi bien au Maroc ou ailleurs.

Mes lectures philosophiques m'avaient conduit au marxisme qui devait guider le restant de mes jours. Je n'avais donc aucune raison de dévier de cette voie ou de faire marche arrière, car j'étais animé par le principe qu'à défaut de progresser dans la vie, on serait voué à régresser, et n'y tenant pas du tout, toute autre attitude de ma part ne pouvait être que le produit d'une influence extérieure ou d'un concours de circonstance que je ne maîtriserai pas.

Si la mère de ma compagne n'avait pas travaillé chez une vieille femme qui était liée à l'Inde, et dont on allait récupérer à sa mort une partie de sa bibliothèque consacrée à l'hindouisme et au bouddhisme, aux explorateurs les plus célèbres et d'autres moins connus, si le comité d'entreprise de l'organisme où ma compagne travaillait n'avait pas organisé un voyage à Sri Lanka un an avant notre séparation, sans doute que jamais je n'aurais mis les pieds en Inde.

Lorsque j'y partis, sans savoir pourquoi j'emmenai notamment une centaine d'ouvrages des marxistes que je n'avais pas ouverts depuis près de dix ans, et qui allaient me servir à partir du 11 septembre 2001. L'idée de m'en séparer m'était insupportable, dans la mesure où ma bibliothèque constituait en quelque sorte ma mémoire, coïncidait avec mes expériences, c'était toute ma vie, qui finalement disparaîtra lors du tsunami de décembre 2004, un mauvais tour du sort, mais peut-être pas, car c'est à partir de ce moment-là que je résolus de penser par moi-même et non plus par l'intermédiaire des marxistes ou de qui que ce soit d'autres, c'était le meilleur moyen de rompre définitivement avec le dogmatisme auquel je m'étais raccroché en 2001 faute d'avoir atteint un niveau théorique suffisant. Dorénavant, coûte que coûte je devais améliorer ma maîtrise de la méthode du marxisme pour trouver les réponses à toutes les questions que je me poserai, au lieu de laisser le soin à d'autres de le faire à ma place, et je me tins à cet engagement.

C'est ce qui me permit d'acquérir une confiance en moi qui m'avait toujours fait défaut, je décidai enfin de me doter d'une personnalité, à 45 ans passé, comme quoi il ne faut jamais désespérer, moyennant beaucoup d'efforts et de sacrifices cela va de soi. Malheur à ceux qui sous prétexte que la société leur en impose pour finalement avoir une vie monotone, abrutissante ou médiocre, renâclent à produire le moindre effort pour s'élever au-dessus de leur condition. La société leur impose le pire et ils s'en accommodent, et quand ils ont l'occasion de goûter au meilleur ils passent à côté ou ils le rejettent avec dédain, le plus souvent parce que cela ne vient pas d'eux-mêmes, mes lecteurs adopteront peut-être le même réflexe en lisant ces lignes, je l'ignore, si c'était le cas, qu'ils sachent que cela ne leur portera pas chance, il faut en avoir conscience, car on traite ici des lois générales qui régissent toute chose, y compris leur propre existence, ma propre expérience servant ici uniquement de support à une démonstration, et puis il est normal que je parle de ce que je connais le mieux.

En conclusion, j'ai eu beau m'égarer pendant de longues années, en vivant en Inde j'allais être confronté quotidiennement à une situation sociale et à des drames effroyables, qui pour peu que je saisisse le fil ténu de mon passé de jeune militant révolutionnaire, devait me ramener sur la voie du combat politique pour le socialisme. Je pense que si pendant les brèves années où j'avais étudié le marxisme à la fin des années 70, je n'avais pas acquis (même en grande partie inconsciemment) les éléments de base de la dialectique, ce fil aurait sans doute été rompu définitivement.

Le rapport de cause à effet, qui concourt aux différentes étapes de la transformation quantitative et qualitative de la matière jusqu'à notre comportement ou les moindres détails du cours de notre existence, constitue l'élément primordial de la logique que nous devrions nous employer à repérer dans chaque représentation, fait ou expérience passée, présente ou à venir. Je crois que cela nous faciliterait la vie et nous aiderait à nous orienter, y compris ou surtout en politique.

C'est la condition indispensable pour développer sa conscience ou pour parvenir à penser aussi librement que possible, du reste, quels que soient le niveau de connaissance que nous avons acquis ou les expériences que nous avons vécues. Ces deux derniers facteurs n'étant pas une fin en soi, il suffit de saisir la logique qui les parcourt pour les interpréter correctement ou en prendre la juste mesure, ensuite cela nous sera fort utile pour affronter les aléas de l'existence que la société nous impose, et d'une certaine manière cela nous permettra de donner un sens à notre vie, ce qui manque cruellement à la plupart des hommes.

J'allais oublier de préciser que lorsque ce genre de coïncidences ont tendance à se renouveler, c'est plus que des coïncidences comme on vient de le voir, au-delà je me dis que cela signifie aussi que je suis là où je devais être ou que mon comportement est en adéquation avec un certain nombre de facteurs, bref, que tout est l'ordre des choses et qu'il ne faut surtout rien changer.

J'avais la tête ailleurs.

J'ai complètement oublié la manifestation nationale à Paris du 13 mai initiée par le POID.

Après le 1er mai, le 5 mai, l'annonce d'une autre manifestation le 26 mai, cela m'est complètement sorti de l'esprit, surtout qu'à côté quotidiennement je suis informé des nombreuses manifestations qui ont lieu un peu partout dans le monde. Vous m'en excuserez, j'avais appelé à y participer.

Je soupçonne LFI d'avoir multiplié les appels à des manifestations pour noyer celle du 13 mai. Il faut dire aussi qu'il ne fallait pas être très futé pour décider une manifestation au mois de mai, vous me direz qu'elle aurait eu lieu à un autre moment et le résultat aurait été le même...

A propos du dernier éditorial de la Tribune des travailleurs

Malgré les réserves ou les critiques que je formule, j'en partage le contenu pédagogique et l'orientation, en finir avec le capitalisme.

Je ne suis pas certain qu'il soit bien avisé de mettre en avant la formule de Marx « l’émancipation des travailleurs soit l’œuvre des travailleurs eux-mêmes », car dans le contexte actuel elle pourrait davantage être interprétée par chacun pour soi, plutôt qu'un appel à l'action collective ou à l'unité de notre classe.

Quant à "l’exigence du retour au monopole d’État", lequel, sous quel régime, elle va semble-t-il de paire avec "le retour à la démocratie" qui n'a jamais existé, elle semble tout aussi mal avisée en l'absence de toute alternative crédible au capitalisme à l'horizon, qu'on se mette dans la peau d'un travailleur ou d'un militant, puisqu'il ne s'agit pas de ce qu'ils ont ou pas dans la tête, mais de la réalité.

C'est apparemment toujours aussi difficile de manier la dialectique et de ne pas tomber dans le dogmatisme. On nous rétorquera qu'il s'agissait de pédagogie et non de démagogie, encore faudrait-il n'avoir pas franchi dans le passé une multitude de fois la frontière qui les sépare pour qu'on veuille bien le croire.

Dans certaines conditions une réforme sociale ou une mesure progressiste peut favoriser la prise de conscience de la classe ouvrière de sa condition et servir de levier pour envisager de changer la société, et dans d'autres conditions la même réforme ou la même mesure servira à mieux la diviser et à l'enchaîner à la société capitaliste ou constituera un handicap pratiquement insurmontable à tout changement de régime.

Quand on évoque les fonctionnaires, les services publics, les entreprises nationalisées, on oublie de préciser qu'ils s'inscrivent dans le cadre du capitalisme d'Etat, et que contrairement à ce qu'on nous raconte ils servent davantage les intérêts du capitalisme plutôt que ceux des travailleurs. On ne vous dit pas que l'Etat et son budget de fonctionnement, les organismes publics ainsi que les entreprises nationalisées sont tous lourdement endettés auprès du marché depuis 1973.

Ensuite on nous explique qu'ils auraient échappé à l'emprise du marché, pour ainsi dire du capitalisme, comme si les travailleurs avaient les moyens d'exercer sur eux un quelconque pouvoir de contrôle, ce qui n'est que pure baliverne ou illusion. Il serait plus juste de reconnaître qu'ils sont associés à leur gestion par le biais des syndicats corrompus, offrant ainsi aux actionnaires rentiers du marché une double garantie à côté de celle de l'Etat.

On nous dit encore que ce serait un bienfait que les travailleurs de ce secteur économique bénéficient d'un statut spécial, alors qu'en réalité il en a fait des privilégiés qui ont plus intérêt à louer les vertus du régime plutôt que le combattre pour le renverser, il en va de même de l'aristocratie ouvrière, des couches supérieures du prolétariat dont ils ont acheté la neutralité ou conduit à la passivité, tandis que généralement leurs mobilisations ont un caractère corporatiste.

Là où ils n'existent pas, les pays sont demeurés sous-développés ou présentent les stigmates de pays sous-développés, les Etats-Unis par exemple, où les infrastructures, les écoles, les hôpitaux sont en partie délabrés, dignes d'un pays comme l'Inde, parfois en pire. Autrement dit, leur développement a accompagné la marche en avant du capitalisme vers l'impérialisme, ils sont l'apanage des puissances occidentales qui dictent leur loi à la terre entière ou influencent l'évolution de la situation mondiale.

Qu'il faille défendre le statut des fonctionnaires, cela va de soi, c'est un devoir, mais ce n'est pas une raison pour raconter des histoires aux travailleurs et aux militants, et évidemment aux fonctionnaires qui ignorent pratiquement tout ce qu'on vient de rappeler très sommairement.

Le capitalisme d'Etat a toujours été au service des capitalistes et non des travailleurs, des assurés sociaux ou je ne sais quoi encore. Les capitalistes se sont suffisamment enrichis pour prendre la relève de l'Etat dans de nombreux secteurs économiques électricité, gaz, transport, télécommunication, qui sont devenus rentable du fait de l'augmentation de la population et de l'élévation de son niveau de vie.

Il est bon de signaler ici une autre imposture, qui consiste à prétendre que les agents de l'Etat ne seraient pas exploités, et que l'Etat qui les emploie n'exploiterait personne d'autres, une fois admis qu'il exploiterait ses propres travailleurs pour le compte des capitalistes ou du marché comme on l'a vu précédemment, autrement dit toutes les matières premières ou les produits finis qui proviennent du monde entier et qu'utilisent les services publics et les entreprises nationalisées, proviendraient de travailleurs (mineurs, etc.) qui ne seraient pas soumis au régime de l'exploitation capitaliste, le tout sous prétexte que les fonctionnaires fourniraient un service à la population qui n'aurait pas de prix.

Pour ainsi dire, il faudrait en conclure qu'on est en présence d'un Etat idéal, philanthropique, partant de là, comment voulez-vous que les fonctionnaires prennent conscience de leur condition, qu'ils comprennent que cet Etat n'est pas le leur et qu'ils doivent s'en débarrasser, tout semble fait au contraire pour qu'ils n'y parviennent jamais. D'ailleurs, entre nous, sincèrement, avez-vous déjà lu ce genre d'argumentation quelque part ?

Les oligarques ont amassé une telle fortune en quelques années qu'ils sont en mesure de tout acheter, même ce qui n'est pas rentable, depuis que leur statut de faux monnayeurs combiné à la dette des Etats, des entreprises, des particuliers leur permet de s'enrichir toujours plus, je n'invente rien, vous lirez plus loin comment Arcelor-Mittal "a cumulé plus de 7 milliards de pertes entre 2009 et 2016 (et) a versé 3,3 milliards de dividendes sur la même période." (Libération 13.05). Même ces gigantesques pertes sont devenues sujettes à spéculation et enrichissement !

Hier, les crises du capitalisme coïncidaient avec l'incapacité des capitalistes à faire fructifier leur capital accumulé dans des (nouveaux) placements rentables, dorénavant ils ont contourné cette contradiction du capitalisme, ce qu'on s'obstine à ne pas vouloir admettre et donne lieu par voie de conséquence à des analyses ou des positions erronées ou à s'enferrer dans un dogmatisme qui nous sera fatal, si on n'y met pas un terme très rapidement. A suivre.

Gangstérisme ou pillage à grande échelle.

- Au CAC 40, les gros porteurs raflent la mise - Liberation.fr 13.05

Grille de lecture

LVOG - Quelqu'un daignera-t-il se demander pourquoi, pourquoi tiennent-ils à concentrer le plus rapidement possible une telle fortune au détriment du reste de la population ? Et pourquoi en diffusant eux-mêmes cette information tiennent-ils tant que cela à ce que nous sachions à quoi nous en tenir, l'ONG Oxfam est financé par le milliardaire Georges Soros, notamment ?

J'ai déjà répondu à ces questions dans de précédentes causeries auxquelles je vous renvoie, je n'ai pas le temps de me répéter sans cesse, désolé.

Liberation - ...les bénéfices des grands groupes concernés (CAC40 - ndlr) ont bondi de 60 % entre 2009 et 2016, pour culminer à plus de 93 milliards d’euros en 2017. Des profits «records» obtenus en exerçant «une pression à la baisse» sur les effectifs, les salaires et les fournisseurs, mais aussi grâce à «l’évasion fiscale»...

Au total, sur les quelque 600 milliards de profits accumulés de 2009 à 2017, les entreprises du CAC 40 ont reversé 407 milliards d’euros de dividendes à leurs actionnaires. Sur la seule année 2017, ces derniers ont reçu 51 milliards d’euros, contre 31 milliards en 2009.

... sur la période 2009-2016, a calculé Oxfam, le taux de redistribution des profits en faveur des seuls actionnaires a été de 67 %. Sur 100 euros de bénéfices engrangés, les géants du CAC ont ainsi reversé en moyenne 67,4 euros de dividendes à leurs actionnaires, ne laissant que 27,3 euros pour le réinvestissement (dans l’outil industriel, l’innovation, la recherche…) et 5,3 euros pour les salariés… C’est simple, entre 2009 et 2016 «la rémunération des actionnaires a progressé plus de 4 fois plus vite que celle des salariés», selon Oxfam. Et loin du mythe du petit porteur, c’est une minorité fortunée qui en a surtout bénéficié : selon Euronext, le premier détenteur d’actions du CAC 40 n’est autre que le groupe familial du PDG de LVMH, Bernard Arnault (3,2 %), devant l’Etat français (3 %), la famille Bettencourt-Meyers qui contrôle L’Oréal (3 %), et des fonds anglo-saxons comme BlackRock et Vanguard.

Entre 2009 et 2016, les entreprises les plus généreuses avec leurs actionnaires ont été Total et Sanofi : en tout, elles leur ont respectivement reversé 43,5 et 37,9 milliards d’euros. Le géant pharmaceutique a consacré en moyenne 95 % de ses bénéfices pour servir ses actionnaires. En troisième position sur le podium, le cas d’Engie (27,6 milliards d’euros) interpelle : les dividendes versés par l’ex-GDF-Suez ont été en moyenne «trois fois supérieurs à ses bénéfices depuis 2009» ! Ce qui veut dire que l’entreprise s’endette pour mieux rémunérer ses actionnaires. Arcelor-Mittal va encore plus loin : alors que le sidérurgiste a cumulé plus de 7 milliards de pertes entre 2009 et 2016, il a versé 3,3 milliards de dividendes sur la même période.

Dans le même temps, les salariés n’ont reçu que des miettes, quand ils n’étaient pas victimes d’un plan social. Pourtant, leur fiche de paie aurait pu nettement progresser : si les entreprises du CAC s’étaient contentées de maintenir leur niveau de dividendes de 2009 jusqu’en 2016 et avaient décidé d’augmenter les salaires, «l’ensemble des travailleurs du CAC 40 auraient pu voir leurs revenus augmenter de 2 000 euros par an et par employé», calcule Oxfam.

La rémunération des patrons du CAC a ainsi bondi de 46 % depuis 2009, progressant plus de deux fois plus vite que la moyenne des salaires dans leurs entreprises et quatre fois plus vite que le smic. Le PDG de Renault, Carlos Ghosn, est devenu un symbole de la gloutonnerie des grands patrons français : entre 2009 et 2016, sa rémunération a explosé de 469 %, passant de 1,2 à 7 millions d’euros. Et c’est sans compter son salaire équivalent chez Nissan. Carrefour (9,7 millions en 2016), Sanofi (9,6 millions) et L’Oréal paient encore mieux leur boss. En moyenne, en 2016, les PDG du CAC 40 ont gagné 257 fois le smic et 119 fois le salaire moyen au sein de leur entreprise (contre 9 fois en 2009). Parmi les champions des écarts de salaires : Carrefour (306 fois), LVMH (270 fois) et Danone (227 fois). liberation.fr 13.05

Ils étaient ainsi depuis un siècle et on a fait comme si on ne le savait pas.

A ceux qui ont une mémoire sélective ou en manquent singulièrement, dont les dirigeants réécrivent l'histoire, y compris celle de la lutte de classes au fur et à mesure que les générations passent pour justifier les positions qu'ils avaient adoptées dans le passé vis-à-vis du PS et du PCF et dont ils sont fiers, qu'il nous soit permis d'en avoir honte quand on y a été mêlé.

La question coloniale n'était pas seulement une question politique, c'était surtout et avant tout une question économique, car jamais le capitalisme français n'aurait pu se développer et accéder au stade de l'impérialisme, devenir une puissance mondiale au XXe siècle sans le colonialisme, débouchant sur réserve d'esclaves et de matières premières à bas coût.

Donc en dernière analyse cette question est capitale pour comprendre comment et pourquoi le capitalisme français a trouvé un allié dans le mouvement ouvrier et l'aristocratie ouvrière, qu'il a pu corrompre au moyen des profits gigantesques tirés de ses colonies. Ce qu'Engels avait décrit à propos de la classe ouvrière britannique vaudra pour toutes les puissances occidentales.

La politique adoptée par le PS et le PCF entre les deux guerres mondiales, puis après la Seconde Guerre mondiale jusqu'au début des années 80, consista à réclamer des réformes sociales en échange en toile de fond de l'alliance de l'aristocratie financière et de l'aristocratie ouvrière (C'est l'oligarchie qui investira dans les colonies une partie du capital qu'elle avait accumulé et non le petit capitaliste.) . Cela se traduira par une répartition des richesses plus généreuses envers la classe ouvrière, tandis que l'aristocratie financière renforçait son pouvoir (au détriment de la classe ouvrière) en vue de l'étrangler le moment venu, pendant que le PS et le PCF l'abandonneront à son triste sort ou ils la laisseront se faire dépouiller de tous ses acquis sociaux quand ils n'y collaboreront pas directement.

Vous connaissez la suite, le PCF en sortira laminé, le PS explosera et sera réduit à une portion congrue, la classe ouvrière mais aussi les classes moyennes se retrouveront sans parti, sans direction, et le parti de l'oligarchie n'aura plus qu'à se baisser pour s'emparer du pouvoir en la personne de Sarkozy, puis Hollande et enfin Macron pour terminer le sale boulot et imposer sa politique ultra réactionnaire, cette fois sans contrepartie, pas même des miettes pour l'aristocratie ouvrière à laquelle il a décidé de s'attaquer, une fois le mouvement ouvrier détruit de l'intérieur.

L'impérialisme figurait dans les gènes du capitalisme dès son avènement. Il ne prit son essor et supplanta le système féodal, que dès lors qu'il guerroya et parcourut les océans pour ne plus jamais cessé jusqu'à nos jours. Ce sont les banquiers et les riches bourgeois qui avaient accumulé des fortunes, qui furent à l'origine du développement du capitalisme mondial ou du marché mondial, de l'impérialisme, une fois les forces productives libérées du mode de production féodal. Et l'industrialisation allait concourir à accroître leur puissance démesurément au point que l'oligarchie financière supplantera tous les secteurs économiques et finira par détrôner les industriels bourgeois. A l'étape suivante et finale de l'impérialisme, elle s'emparera du pouvoir politique, de tous les pouvoirs.

L'amélioration de la condition ouvrière au cours du XXe siècle est autant le produit de ce processus économique (ou du développement du capitalisme) que de la lutte de classe, et le colonialisme, les guerres de rapines en furent le pendant, sauf que tout fut entrepris pour le prolétariat ne puisse jamais en prendre conscience, abusé par des dirigeants corrompus qui ont flatté et instrumentalisé son aspiration légitime au bien-être en adoptant une politique réformiste, réactionnaire, de droite, au lieu d'adopter une politique socialiste, révolutionnaire, de gauche.

Une fois que la social-démocratie avait trahi (1914) et que le PC s'était stalinisé (1925), la nature de ces partis avait changé et leur origine ouvrière ou socialiste à laquelle on allait s'accrocher obstinément ou désespérément avait disparu ou pire, elle allait servir de couverture aux fossoyeurs du socialisme que ces partis étaient devenus, désormais leur seul raison d'être pour le compte du régime en place.

Partant de là, on comprend parfaitement pourquoi le PS (SFIO) et le PCF (PC) furent colonialistes, impérialistes et le demeurent encore de nos jours. En revanche, au regard de l'influence capitale de ce facteur sur l'évolution de la situation sociale et politique, de la société, on se demande comment nos dirigeants ont pu le sous-estimer ou ne pas comprendre qu'il constituait la trame de fond du développement de la situation mondiale présente et à venir, des rapports qui existaient entre les différents acteurs politiques et les institutions, l'Etat, à côté desquels l'influence de l'origine ouvrière ou socialiste lointaine de ces partis ne devait cesser de décroître jusqu'à pratiquement disparaître au cours des décennies suivantes, et qu'au lieu de la considérer comme un avantage, elle constituait un handicap, un boulet qui tirerait l'ensemble du mouvement ouvrier en arrière plutôt qu'en avant, et que plus tôt on s'en débarrasserait mieux cela vaudrait, au lieu de quoi nos dirigeants firent en sorte de les rendre indispensables au mouvement ouvrier, qu'ils finirent par pourrir littéralement de l'intérieur au point de le rendre méconnaissable, impuissant, de le neutraliser pour ne pas dire pire encore.

Il y en a qui sont nostalgiques des "jours heureux" de la "Libération", des "Trente glorieuses"...

- Les horreurs du colonialisme et ses suppôts PS et PCF - Article extrait de "Le cri des travailleurs" n° 21, janvier 2006

Extrait.

- Le 8 mai 1945, des milliers de manifestants nationalistes (protestant contre la déportation du dirigeant nationaliste Messali Hadj dans l’extrême Sud du pays, puis au Gabon), sont abattus par l’armée française à Sétif et à Guelma en Algérie : expéditions punitives, ratissages, répression atroce pendant plusieurs semaines. En outre, l’armée française enlève et abat systématiquement les bestiaux pour affamer les villageois réfugiés dans les montagnes. « Certains douars, après le retour de leurs habitants, resteront sans ravitaillement pendant une assez longue période. »

À la même date, une révolte (moins connue) est elle aussi violemment réprimée à Douala au Cameroun. En novembre 1946, le bombardement du port de Haiphong fait 6 000 morts vietnamiens. En mars 1947, plusieurs milliers de Malgaches insurgés - entre 11 000 et 80 000 selon les estimations - sont massacrés. « La riposte coloniale se déploie sur deux plans que l’on pourrait appeler l’atrocité policière en ville, d’une part, et l’atrocité militaire à la campagne, d’autre part. » L’armée française torture, brûle et pille des villages, exécute sans jugement, largue des prisonniers depuis des avions, pour terroriser les populations des villages sur lesquels ces corps sont jetés. C’est bel et bien là une « terreur d’État », pratiquée directement par les gouvernements de la République française.

... et de la IVe République qui s'inscrit dans la continuité du Front populaire impérialiste, colonialiste. (LVOG)

PS et PCF, suppôts du colonialisme français d’hier... et d’aujourd’hui

Mais au fait, qui siège à l’époque dans ces gouvernements ? Des dirigeants socialistes et communistes ! Jusqu’en mai 1947, les gouvernements sont « tripartites » : « socialistes », « communistes » et membres du MRP. Les massacres en Algérie, en Indochine, au Cameroun et à Madagascar qui viennent d’être évoqués ont tous lieu sous l’autorité de gouvernements où participent la SFIO (PS) et le PCF, sous la présidence du « socialiste » Vincent Auriol !

Le PS (SFIO) a toujours soutenu la colonisation et la politique coloniale de l’impérialisme français

Comment expliquer pareilles avanies de la part de partis qui se réclament de la classe ouvrière et du socialisme ? Pour le comprendre, il faut rappeler que la social-démocratie classique a toujours considéré que les « Lumières » pouvaient être apportées par les « civilisations supérieures » aux « inférieures ». C’est cette conviction qui fait dire à Jaurès lui-même, lors d’une conférence à l’Alliance française en 1884 : « Quand nous prenons possession d’un pays, nous devons amener avec nous la gloire de la France, et soyez sûrs qu’on lui fera bon accueil, car elle est pure autant que grande [...]. Là où la France est établie, on l’aime, là où elle ne fait que passer, on la regrette ; partout où sa lumière resplendit, elle est bienfaisante ; là où elle ne brille plus, elle a laissé derrière elle un long et doux crépuscule où les regards et les cœurs restent attachés. » Quatorze ans plus tard, Jaurès persiste et signe, en assurant encore : « Si quelques fous songeaient à dépouiller la France de son domaine colonial, toutes les énergies françaises et toutes les consciences droites dans le monde se révolteraient contre pareille tentative. » Léon Blum s’inscrit parfaitement dans cette continuité lorsqu’il affirme, dans une déclaration à la Chambre des députés en 1925 : « Nous admettons le droit et même le devoir des races supérieures d’attirer à elles celles qui ne sont pas parvenues au même degré de culture. »

Cela explique que les socialistes, une fois parvenus au pouvoir, assument complètement la politique coloniale française. En 1936, le Front populaire auquel participent la SFIO et le PCF propose tout au plus, dans son programme, une « commission d’enquête parlementaire sur la situation politique, économique et morale dans les territoires français d’outre-mer ». La seule avancée réalisée par le gouvernement du Front populaire est l’amnistie partielle de nationalistes croupissant dans les geôles françaises. Blum se risque aussi à un projet timoré et minimaliste à propos de l’Algérie, connu sous le nom de « projet Blum-Viollette » (Maurice Viollette est un député libéral) : il s’agit d’accorder la citoyenneté française à 25 000 Algériens, anciens gradés, soldats décorés, diplômés, fonctionnaires, élus et responsables syndicaux . En fait, devant la pression de la droite, Blum retire le projet. Plus tard, en 1947, le statut proposé pour l’Algérie par le « socialiste » Édouard Depreux (futur fondateur du PSU) et voté par les « socialistes » (sans susciter l’opposition des « communistes », qui se contentent de s’abstenir) entérine l’inégalité fondamentale entre colons et colonisés : deux collèges électoraux sont créés, le premier comprenant les « citoyens français de plein droit » et 58 000 « citoyens de statut local » parmi les « musulmans », le second réunissant 1 300 000 « musulmans » qui élisent une Assemblée algérienne. La voix d’un Européen vaut ainsi huit voix d’Algériens.

Et c’est toujours, officiellement, pour continuer à répandre les bienfaits de « civilisation » française en Algérie que le gouvernement du « socialiste » Guy Mollet se fait accorder tous pouvoirs (les fameux « pouvoirs spéciaux ») afin de prendre « toute mesure exceptionnelle en vue du rétablissement de l’ordre en Algérie ». Ce gouvernement envoie 400 000 jeunes du contingent et couvre les regroupements forcés de villageois et la torture pratiquée par l’armée française. Cette manière de mener la guerre en Algérie est parfaitement assumée par le président du Conseil « socialiste » : il rappelle à ses ministres, en novembre 1956, que « tout le monde est dans la même charrette. [Il n’y a] pas de politique Robert Lacoste [alors ministre résidant en Algérie]. Il s’agit d’une politique gouvernementale. » Mitterrand, s’il n’est pas encore membre du PS, est Garde des Sceaux de ce gouvernement Mollet, après avoir été ministre de l’Intérieur des précédents .

Le PCF stalinisé s’est vite rallié à la politique coloniale

Contre la politique de la SFIO, le parti communiste avait été fondé, en 1920, sur des bases révolutionnaires et anticolonialistes, dans le sillage de la révolution d’Octobre. La huitième des vingt et une conditions d’admission dans l’Internationale communiste, adoptées par le congrès de Tours en décembre 1920, est sans ambiguïtés : « Dans la question des colonies et des nationalités opprimées, les partis des pays dont la bourgeoisie possède des colonies ou oppriment des nations doivent avoir une ligne de conduite particulièrement claire et nette. Tout parti appartenant à la IIIe Internationale a pour devoir de dévoiler impitoyablement les prouesses de “ses” impérialistes aux colonies, de soutenir, non en paroles mais en fait, tout mouvement d’émancipation dans les colonies, d’exiger l’expulsion des colonies des impérialistes de la métropole, de nourrir au cœur des travailleurs du pays des sentiments véritablement fraternels vis-à-vis de la population laborieuse des colonies et des nationalités opprimées et d’entretenir parmi les troupes de la métropole une agitation continue contre toute oppression des peuples coloniaux. » Suivant cette orientation, le jeune parti communiste s’engage fortement, au début des années 1920, dans le combat contre les opérations coloniales françaises, en particulier contre la guerre du Rif, au Maroc, en 1923.

Mais la soumission du parti communiste aux intérêts de la bureaucratie soviétique en voie de constitution sous la direction de Staline conduit à son abandon de l’anticolonialisme, comme de toute orientation réellement révolutionnaire. C’est au moment de la constitution du Front populaire que ce retournement traître se révèle dans toute son horreur : comme en bien d’autres domaines, et sur ordre de Staline, la lutte de classe est abandonnée en faveur d’une alliance nationale. « La France » doit désormais être défendue en tant que telle et son Empire colonial doit être protégé. Dès 1935, les députés du PCF votent au Parlement les crédits militaires du gouvernement Laval - donc en particulier les crédits des opérations coloniales -, contrairement à ce qu’ils avaient toujours fait depuis 1920. Le parti communiste, appelé jusqu’à présent Section Française de l’Internationale Communiste (SFIC) devient Parti communiste français et même bien français. Il reprend le drapeau tricolore nationaliste comme emblème à côté du drapeau rouge, et La Marseillaise comme hymne ajouté à L’Internationale. En mai 1945, les dirigeants du PCF, pour justifier la répression des manifestations nationalistes de Sétif et Guelma par le gouvernement tripartite auquel ils participent, les présentent comme un complot fasciste . L’Humanité invente de toutes pièces, le 12 mai, un complot de fonctionnaires de Vichy comme cause du soulèvement. Un mois plus tard a lieu le Congrès du PCF. Le représentant du Parti communiste algérien, Caballero, y affirme : « Ceux qui réclament l’indépendance de l’Algérie sont des agents conscients ou inconscients d’un autre impérialisme. Nous ne voulons pas changer un cheval borgne pour un cheval aveugle. » Et les congressistes applaudissent. Maurice Thorez affirme alors que les populations d’Afrique du Nord « savent que leur intérêt est dans l’union avec le peuple de France » . À la fin des années 1940, le parti communiste condamne « la pseudo-indépendance qui ne pourrait que renforcer l’impérialisme américain » . Après les dizaines de milliers de victimes de Madagascar, en 1947, le dirigeant communiste Georges Cogniot, dans L’Humanité, continue de vouloir sauver l’Union française (nouveau nom de l’Empire colonial) . Pendant toute la durée du conflit algérien, le PCF réclame la « paix en Algérie » ou encore le « règlement pacifique de la question algérienne », passant sous le boisseau la revendication primordiale de l’indépendance. En fait, les députés communistes votent en 1956 les pouvoirs spéciaux au gouvernement de Mollet, Mendès-France et Mitterrand. La direction du PCF condamne les jeunes du contingent qui désertent et exclut ses propres membres déserteurs... (Source : http://mondialisme.org/spip.php?article612)

Epouvantable, n'est-ce pas ? Et dire que pendant un demi-siècle et pour certains jusqu'à nos jours, on va s'adresser à cette pourriture, la ménager, lui faire la courte échelle, s'accommoder de tous ses crimes, dirigeants du PS et du PCF d'hier et d'aujourd'hui, patati et patata, au nom de tous les peuples colonisés par l'impérialisme français, dont l'Inde, qu'ils crèvent !

Chronique orwellienne ou quand la fiction devient réalité. Effrayant.

En Suède, la puce à la main - AFP 13.05

Un implant électronique inséré sous la peau pour remplacer clés, cartes de visite et billets de train: en Suède, c'est une réalité pour quelques milliers de téméraires (3.000 sur 10 millions d'habitants - ndlr), avides de nouveautés et indifférents aux potentiels dangers d'une intrusion technologique de ce type dans le corps humain.

Ulrika Celsing, 28 ans, fait partie des 3.000 adeptes en Suède, un pays de 10 millions d'habitants. Pour elle, finie la sempiternelle quête de ses clés dans son sac à main: pour entrer au bureau, elle fait simplement glisser sa main sur un petit boitier, tape son code et la porte s'ouvre.

Depuis un an, elle est équipée d'une puce sous-cutanée qui remplace sa carte d'accès et lui permet aussi d'entrer dans son club de gym ou de prendre le train.

Sorte de porte-monnaie électronique, la puce peut aussi prendre en charge les billets de train de la société ferroviaire nationale SJ. Disponible depuis un an, ce service a convaincu quelque 130 utilisateurs: le voyageur réserve son billet en ligne et l'enregistre sur sa puce.

Quand son entreprise a organisé une manifestation où les employés pouvaient se faire implanter ce petit objet dans la main, Ulrika a "suivi le mouvement".

"C'était cool d'essayer quelque chose de nouveau. Et, dans le futur, voir comment on peut l'utiliser pour faciliter sa vie", dit-elle.

Hormis une vague douleur quand la seringue a inséré la puce dans sa main gauche, Ulrika n'a rien senti et utilise son implant presque quotidiennement, sans peur du piratage ou d'éventuelle surveillance.

"La technologie n'en est pas encore arrivée au point où on peut pirater ta puce", assure-t-elle. Mais "à l'avenir, peut-être faudra-t-il y réfléchir. Je peux toujours l'enlever..."

Pour Ben Libberton, microbiologiste, les dangers sont pourtant d'ores et déjà réels. L'implantation de la puce peut causer des "infections et (...) des réactions du système immunitaire", explique-t-il.

Et "le risque le plus important concerne les données: en ce moment, les données collectées et partagées par les implants sont peu nombreuses mais cela va probablement augmenter", assure le chercheur.

"Si un implant un jour peut détecter un problème médical chez son porteur, qui va être mis au courant et quand? Est-ce que les compagnies d'assurances vont obtenir des informations sur notre santé?", s'interroge-t-il.

Selon lui, "plus les données contenues dans un seul lieu - comme ça serait le cas avec un implant - sont nombreuses, plus le risque que ce soit utilisé contre nous est important".

Une crainte que Jowan Österlund, spécialiste de piercings et champion autoproclamé de l'implantation de puces, balaie. Au contraire, si on porte sur soi toutes ses données personnelles, cela nous permet de mieux contrôler leur utilisation, affirme-t-il, estimant qu'un usager est libre ou non d'utiliser sa puce.

Malgré les interrogations en suspens, l'expérience attire. "En Suède, les gens n'ont pas peur de la technologie et je dirais qu'il y a moins de résistance aux nouvelles technologies ici que dans la plupart des pays", affirme Ben Libberton, le microbiologiste.

Lors d'une "implant party" organisée par Jowan Österlund à Stockholm, Anders Brännfors, 59 ans et cheveux poivre et sel, détonne un peu parmi la majorité des curieux trentenaires tendance hipster.

Ravi d'être devenu une version 2.0 de lui-même, il n'a pourtant encore jamais utilisé sa puce plusieurs semaines après sa pose. AFP 13.05

No comment !

Quand l'AFP fait comme si...

Comme en France.

- Irak : abstention record pour les 1ères législatives post-EI - AFP 13 mai 2018

Les Irakiens ont infligé samedi un véritable désaveu à leur classe politique qu'ils jugent corrompue, en boudant les premières législatives organisées depuis la victoire sur le groupe Etat islamique (EI).

Pour ce scrutin qui doit permettre de décider si le Premier ministre Haider al-Abadi, parvenu en 2014 à son poste en vertu d'un accord tacite entre les Etats-Unis et l'Iran, restera aux manettes, seuls 44,52% des 25,5 millions d'inscrits se sont rendus aux urnes. AFP 13 mai 2018

Comme aux Etats-Unis

Les dictateurs sud-américains étaient les exécutants de Washington.

- Au Brésil, les dictateurs approuvaient personnellement les exécutions - AFP 13 mai 2018

L'exécution d'opposants à la dictature militaire au Brésil (1964-1985) émanait d'ordres venant directement du palais présidentiel et les Etats-Unis étaient au courant, révèle un rapport de la CIA qui a suscité de vives réactions dans un pays où les tortionnaires n'ont jamais été jugés... AFP 13 mai 2018

Et aux Etats-Unis ?

Instrumentalisation pour légitimer la barbarie sioniste.

- Eurovision : Israël l'emporte en surfant la vague #MeToo - 13 mai 2018

Israël a remporté pour la quatrième fois de son histoire le concours de l'Eurovision grâce à une chanson inspirée par l'esprit du mouvement d'émancipation des femmes #MeToo, plébiscitée par des millions de téléspectateurs à l'issue de la finale disputée samedi soir à Lisbonne.

- Israël ferme le point de passage de Kerem Shalom à la limite avec Gaza - Reuters 13 mai 2018

Les autorités israéliennes ont annoncé samedi la fermeture du point de passage de Kerem Shalom, à la frontière avec la bande de Gaza, endommagé la veille lors de manifestations palestiniennes. Reuters 13 mai 2018

Stratégie du chaos et de la guerre.

- Une personne tuée dans une attaque au couteau à Paris - euronews 13 mai 2018

L'agression a eu lieu dans le IIe arrondissement, près de l'Opéra, en plein cœur de la capitale, dans un quartier de bars, restaurants et théâtres très fréquenté le samedi soir. L'homme, qui a été abattu par des policiers, a agressé au couteau cinq personnes... euronews 13 mai 2018

- Une famille de kamikazes attaque des églises en Indonésie, 13 morts - Reuters 13 mai 2018

- Birmanie: au moins 19 morts dans des combats avec des rebelles (armée) - AFP 13 mai 2018

- Attaque contre la ville afghane de Jalalabad, 15 morts - Reuters 13 mai 2018

Ils osent tout

- Benoît Hamon «Nous sommes la gauche puisque tous les autres ne le sont pas» - Liberation.fr 13.05

- François Bayrou exhorte Emmanuel Macron à être un "président juste" - L'Express.fr 13.05

- La justice italienne réhabilite Silvio Berlusconi - Liberation.fr 13 mai 2018

L’ancien chef du gouvernement italien, condamné en août 2013 à une peine d’inéligibilité pour fraude fiscale, peut donc à nouveau se présenter à des élections. Liberation.fr 13 mai 2018




INFOS EN BREF

POLITIQUE

Italie

LVOG - Diplomatiquement correct.

- Gouvernement en Italie: accord des partis antisystème sur un programme et un 1er ministre - AFP 14 mai 2018

Luigi Di Maio et Matteo Salvini, chefs de file des partis antisystème, ont trouvé un accord sur un programme de gouvernement et un nom pour le poste de Premier ministre, ont annoncé dimanche soir les médias italiens en citant des sources des deux partis.

Luigi Di Maio, leader du Mouvement 5 Etoiles (M5S) "a passé un bref coup de téléphone au secrétaire général de la présidence (de la République italienne) pour annoncer qu'ils (lui et le chef de la Ligue Matteo Salvini, ndlr) sont prêts dès demain (lundi) à rendre compte de tout, y compris le nom du futur Premier ministre", a indiqué l'agence AGI.

Ce dernier devra être validé par le chef de l'Etat, qui pourrait annoncer sa nomination en début de la semaine.

Ce sera "un politique et non un technicien", a indiqué M. Di Maio à l'issue d'une deuxième journée de tractations, à Milan (nord), avec son homologue de la Ligue (extrême droite) Matteo Salvini et leurs principaux lieutenants.

Les deux hommes doivent se voir à nouveau lundi à Rome, avant d'être reçus au Quirinal, le palais présidentiel.

Un représentant du M5S, joint par l'AFP, a indiqué que Luigi Di Maio tenait à réserver la primeur des informations sur le programme avec la Ligue et le nom du chef du gouvernement au président Mattarella.

Selon les médias, le candidat pour diriger la troisième économie de la zone euro devrait être une "tierce personne" n'appartenant ni à la Ligue ni au M5S. Elle devra aussi faire autorité au plan international et être en mesure de rendre compatible avec Bruxelles la tonalité eurosceptique du futur exécutif. AFP 14 mai 2018

Irak:

- Elections en Irak: les anti-système en tête, le Premier ministre devancé - AFP 14 mai 2018

Les Irakiens ont marqué leur rejet de la classe politique en plaçant en tête des législatives deux listes anti-système, largement devant le Premier ministre Haider al-Abadi soutenu par la communauté internationale et qui était donné favori.

Ces deux mouvements, l'un emmené par le chef religieux populiste Moqtada Sadr et l'autre par le Hachd al-Chaabi, supplétif de l'armée proche de l'Iran, ont adopté dans le passé une rhétorique anti-américaine, même s'ils ont combattu aux côtés des forces de Washington contre le groupe Etat islamique (EI).

L'alliance inédite du leader chiite et des communistes sur un programme anti-corruption (La marche pour les réformes) arrive en tête dans six des 18 provinces, dont Bagdad, et en seconde position dans quatre autres.

L'Alliance de la Conquête, une liste d'anciens commandants et combattants du Hachd al-Chaabi prend la tête dans quatre provinces, dont la ville méridionale de Bassorah, et est en seconde position dans huit autres.

M. Abadi est devancé dans toutes les provinces à l'exception de celle de Ninive, dont le chef-lieu est Mossoul, l'ancienne "capitale" de l'EI où M. Abadi avait annoncé la "libération" en juillet 2017.

Pour ce premier scrutin après la victoire sur l'EI, 44,52% des inscrits ont voté selon la commission électorale, soit la participation la plus basse depuis la chute du régime de Saddam Hussein en 2003.

Dans un pays où les jeunes représentent 60% de la population, ils ont été les grands absents de ce scrutin. AFP14 mai 2018


ECONOMIE

Russie

- Les Russes se verraient proposer l’or à la place du dollar - Sputnik 13.05.2018

Le ministère russe des Finances élabore des propositions concernant l’annulation de la TVA sur l’or d’investissement et espère que cette mesure incitera la population à renoncer progressivement à l’achat de dollars, d’après Alexandre Akhpolov, chef d’un des départements du ministère des Finances.

Les autorités russes pourraient prochainement autoriser l’achat de lingots d’or pur à 999,9‰ sans TVA ce qui en ferait un concurrent puissant du dollar sur le marché de l’épargne, a annoncé Alexandre Akhpolov, chef du département du contrôle monétaire du ministère russe des Finances, cité par les médias russes.

«Nous cherchons à régler ce problème [de la faible demande de l’or d’investissement en Russie, ndlr] et nous avons déjà réfléchi à plusieurs solutions: créer un mécanisme spécial de vente de lingots d’or à la population ou bien annuler la TVA sur l’or d’investissement» dès 2018, a indiqué M.Akhpolov.

A l’heure actuelle, le taux de la TVA sur l’or d’investissement en Russie s’élève à 18%.

Selon le responsable, l’arrivée de l’or sans TVA sur le marché de l’épargne «contribuera à la baisse de la demande des devises étrangères parce que l’or constituera une alternative». Sputnik 13.05.2018

Défense du marxisme

Le socialisme.

Les deux bases capitalistes sur lesquelles repose le socialisme scientifique. - ( F. Engels -1877)

(Karl Marx par Friedrich Engels - Ecrit en juin 1877, paru dans le Volks-Kalender, Brunswick, 1878. Numérisé par l'encyclopédie de l'Agora.)

Extrait. Marx a inscrit son nom dans l'histoire de la science par de nombreuses et importantes découvertes, dont nous ne citerons ici que les principales.

La première est la révolution accomplie par lui dans la conception de l'histoire mondiale. On considérait auparavant que les raisons dernières de tous les changements historiques doivent être cherchées dans les idées changeantes des hommes et que, de tous les changements historiques, les plus importants, ceux qui dominent toute l'histoire, sont les changements politiques. Mais on ne se demandait pas d'où viennent les idées aux hommes et quelles sont les causes qui déterminent les changements politiques. Seule, la nouvelle école des historiens français et, en partie aussi des historiens anglais en était venue à la conviction que, depuis le Moyen âge au moins, la force motrice, dans l'histoire européenne, était la lutte qui se développait entre la bourgeoisie et la féodalité pour la domination sociale et politique. Mais c'est Marx qui démontra que, jusqu'à nos jours, toute l'histoire est une histoire de luttes de classe, qu'il ne s'agit dans toutes les luttes politiques, multiples et complexes, que de la domination sociale et politique de telle ou telle classe, que pour la classe ancienne il s'agit de maintenir cette domination et pour les classes qui s'élèvent de conquérir le pouvoir.

Mais comment naissent et se maintiennent ces classes. Elles naissent et se maintiennent toujours en vertu des conditions matérielles, tangibles, dans lesquelles une société donnée produit et échange ce qui est nécessaire à la vie. La domination féodale du moyen âge reposait sur l'économie de petites communautés paysannes qui produisaient ellesmêmes presque tous les produits de leur consommation, ignoraient à peu près l'échange et étaient protégées contre l'étranger par la noblesse belliqueuse qui leur conférait une cohésion nationale, ou du moins politique. Lorsque les villes grandirent et qu'il se forma une industrie artisane distincte, qui donna lieu à un commerce d'abord purement national, puis international, la bourgeoisie urbaine se développa et, dans sa lutte contre la noblesse, conquit sa place dans le régime féodal en tant que classe sociale jouissant de droits spéciaux. Mais la découverte de nouveaux pays, à partir du milieu du XVe siècle, fournit à la bourgeoisie un champ d'affaires plus vaste et, par suite, un nouveau stimulant à son industrie. Le métier fut supplanté dans les branches les plus importantes par la manufacture qui, elle-même, après l'invention de la machine à vapeur, au siècle dernier, fut refoulée par la grande industrie. Cette dernière, à son tour, réagit sur le commerce en supplantant dans les pays arriérés l'ancien travail à la main, en créant dans les pays plus développés les moyens actuels de communication, les machines à vapeur, les chemins de fer et le télégraphe électrique.

Ainsi la bourgeoisie concentrait de plus en plus entre ses mains les richesses et la puissance sociales, alors qu'elle resta longtemps encore écartée du pouvoir politique, qui se trouvait entre les mains de la noblesse et de la royauté appuyée sur la noblesse. Mais à un certain degré de développement — en France, par exemple, après la grande Révolution — la bourgeoisie conquit aussi le pouvoir et devint à son tour la classe gouvernante en face du prolétariat et des petits paysans.

De ce point de vue s'expliquent tous les phénomènes historiques — si l'on a une connaissance suffisante de la situation économique de la société, situation que négligent nos spécialistes de l'histoire. Les idées et les croyances de chaque époque s'expliquent également de la façon la plus simple par les conditions de vie économique de cette époque et par les rapportss sociaux et politiques qui en découlent. Ce n'est que grâce à cette conception que l'histoire a été posée pour la première fois sur son véritable terrain. Le fait évident que les hommes, avant tout, mangent, boivent, s'abritent et s'habillent et qu'ils doivent travailler avant de pouvoir lutter pour le pouvoir, s'occuper de politique, de religion et de philosophie, ce fait manifeste, jusqu'à présent complètement négligé, a enfin obtenu droit de cité dans l'histoire.

Pour l'idée socialiste, cette nouvelle conception de l'histoire était extrêmement importante. Il est maintenant démontré que toute l'histoire de l'humanité se meut dans les antagonismes et les luttes de classe, qu'il y a toujours eu des classes dominantes et dominées, exploiteuses et exploitées, et que la grande majorité des hommes a toujours été condamnée à un dur labeur et à une misérable existence. Pourquoi cela? Tout simplement parce qu'à toutes les étapes précédentes du développement de l'humanité la production était encore si faible que l'histoire ne pouvait avancer qu'avec l'existence de ces antagonismes; que seule une petite minorité privilégiée contribuait à la progression historique, tandis que la masse était condamnée à gagner par son travail ses maigres moyens de subsistance et à accroître sans cesse la richesse de la minorité privilégiée.

Mais cette conception de l'histoire, conception qui explique si naturellement et si simplement la domination de classe, expliquée jusque-là par la méchanceté des hommes, conduit aussi à la conviction que, vu le développement formidable atteint actuellement par les forces de production, il ne reste plus aucune raison, tout au moins dans les pays avancés, de diviser les hommes en dominateurs et en dominés, en exploiteurs et en exploités.

La grande bourgeoisie dominante a rempli sa mission historique; non seulement elle n'est plus capable de diriger la société, mais elle est devenue un obstacle au développement de la production, comme le démontrent les crises commerciales, principalement la dernière, et la dépression de l'industrie dans tous les pays. La direction historique est passée au prolétariat, classe qui peut s'affranchir uniquement parce que, en vertu de sa situation sociale, elle anéantit toute domination de classe, toute subordination et toute exploitation. Les forces productrices sociales, qui ont dépassé les capacités de la bourgeoisie, n'attendent que le moment de passer en la possession du prolétariat uni, qui établira un régime permettant à tous les membres de la société de participer non seulement à la production, mais aussi à la répartition et à la gestion des richesses sociales. Grâce à la régularisation rationnelle de toute la production, ce régime pourra élever les forces de production sociales et les produits créés par elles de façon à satisfaire de plus en plus les besoins raisonnables de chacun.

La deuxième découverte importante de Karl Marx est l'explication des rapports du capital et du travail, autrement dit, la démonstration de la façon dont s'accomplit l'exploitation des ouvriers par les capitalistes dans la société actuelle, avec le mode de production capitaliste existant. Depuis que l'économie politique avait établi que seul le travail est la source de toute richesse et de toute valeur, on devait fatalement se demander comment il se fait que le salarié ne reçoive pas toute la valeur produite par son travail et doive en abandonner une partie au capitaliste. C'est en vain que les économistes bourgeois et socialistes s'efforcèrent de donner une réponse strictement scientifique à cette question jusqu'au moment où Marx en apporta la solution. Le mode de production capitaliste actuel implique l'existence de deux classes sociales: d'un côté, les capitalistes, qui possèdent les instruments nécessaires à la production et à l'existence; de l'autre, les prolétaires, qui ne possèdent rien et sont obligés, pour vivre, de vendre leur seule marchandise: leur force de travail. Mais la valeur d'une marchandise quelconque est déterminée par la quantité de travail socialement nécessaire pour la production et le renouvellement de cette marchandise; par suite, la valeur de la force de travail d'un homme moyen pendant un jour, un mois, une année, est déterminée par la quantité de produits nécessaires à l'entretien de l'ouvrier pendant un jour, un mois, une année. Admettons que les produits nécessaires à un ouvrier pour un jour exigent six heures de travail, ou, ce qui revient au même, que le travail qui y est incorporé représente une durée de six heures. Dans ce cas, la valeur de la force de travail pour un jour s'exprimera par la somme d'argent nécessitant également six heures pour être produite. Admettons maintenant que le capitaliste qui occupe notre ouvrier lui paie cette somme, c'està- dire la valeur totale de sa force de travail. Si l'ouvrier travaillait actuellement six heures par jour pour le capitaliste, il rembourserait complètement au capitaliste la dépense effectuée par ce dernier: six heures de travail pour une somme valant six heures de travail. Mais alors il ne resterait rien dans la poche du capitaliste. Celui-ci, évidemment, raisonne tout autrement: j'ai acheté, dit-il, la force de travail de cet ouvrier non pas pour six heures, mais pour toute une journée. Par suite, il oblige l'ouvrier à travailler, suivant les circonstances, 8, 10, 12, 14 heures, et même davantage, de sorte que le produit des heures qui suivent la sixième heure de travail est le produit d'un travail impayé et s'en va dans la poche du capitaliste. Ainsi l'ouvrier au service du capitaliste non seulement rend à ce dernier la valeur qu'il en a reçue pour sa force de travail, mais produit encore une plus-value que le capitaliste commence par s'approprier et qui ensuite, en vertu de lois économiques déterminées, se répartit dans toute la classe capitaliste et forme la principale source d'où découlera la rente foncière, l'intérêt, l'accumulation capitaliste, en un mot toutes les richesses consommées et accumulées par les classes parasites.

Ainsi, il a été démontré que les richesses acquises par les capitalistes actuels proviennent de l'expropriation d'un travail d'autrui impayé, tout comme celles des propriétaires d'esclaves ou des seigneurs féodaux qui exploitaient le travail des serfs, et que toutes ces formes d'exploitation ne se distinguent que par la manière et les moyens employés pour s'approprier le travail d'autrui. Par suite, les classes possédantes ne peuvent plus arguer hypocritement que le Droit, la Justice, l'Egalité des droits et des devoirs, l'Harmonie générale des intérêts règnent dans l'ordre social actuel. La société bourgeoise d'aujourd'hui, comme les sociétés antérieures, est une forme gigantesque d'exploitation de l'immense majorité du peuple par une minorité infime, qui ne cesse en outre de diminuer.

C'est sur ces deux bases capitalistes que repose le socialisme scientifique contemporain.

Marx par Engels au format pdf

Défense du marxisme

L’attitude de la bourgeoisie à l’égard du prolétariat.

La situation de la classe ouvrière en Angleterre (F. Engels -1845)

Je n'ai jamais vu une classe si profondément immorale, si incurablement pourrie et intérieurement rongée d'égoïsme, si incapable du moindre progrès que la bourgeoisie anglaise, et j'entends par là surtout la bourgeoisie proprement dite, singulièrement la bourgeoisie libérale, qui veut abroger les lois sur les grains. Pour elle il n'existe rien au monde qui ne soit là pour l'argent, sans l'excepter elle-même, car elle ne vit que pour gagner de l'argent et pour rien d'autre, elle ne connaît pas d'autre félicité que de faire une rapide fortune, pas d'autre souffrance que de perdre de l'argent 477. Avec une telle rapacité et une telle cupidité il est impossible qu'il existe un sentiment, une idée humaine qui ne soient souillés. Certes, ces bourgeois anglais sont de bons époux et de bons pères de famille, ils ont aussi toutes sortes de « vertus privées » comme on dit, et, dans les rapports de la vie courante, ils semblent tout aussi respectables et corrects que tous les autres bourgeois; même dans les affaires, on peut mieux traiter avec eux qu'avec les Allemands; ils ne marchandent et n'ergotent pas tant que nos épiciers, mais qu'importe tout cela ? En dernier ressort, le seul facteur décisif reste l'intérêt particulier et spécialement la volonté de gagner de l'argent. Un jour je pénétrai dans Manchester avec un de ces bourgeois et discutai avec lui de la construction déplorable, malsaine, de l'état épouvantable des quartiers ouvriers et déclarai n'avoir jamais vu une ville aussi mal bâtie. L'homme m'écouta calmement et au coin de la rue où il me quitta, il déclara : « And yet, there is a great deal of money made here. » (Et malgré tout, on gagne ici énormément d'argent.) « Au revoir, Monsieur! » Le bourgeois se moque éperdument de savoir si ses ouvriers meurent de faim ou pas, pourvu que lui gagne de l'argent.

Toutes les conditions de vie sont évaluées au critère du bénéfice, et tout ce qui ne procure pas d'argent est idiot, irréalisable, utopique. C'est pourquoi l'économie politique, science qui étudie les moyens de gagner de l'argent, est la science préférée de ces juifs usuriers. Ils sont tous économistes. Le rapport de l'industriel à l'ouvrier n'est pas un rapport humain, mais une relation purement économique. L'industriel est le « capital », l'ouvrier est le « travail ». Si l'ouvrier ne veut pas se laisser enfermer dans cette abstraction, s'il affirme qu'il n'est pas le « travail » mais un homme qui, il est vrai, possède entre autres la faculté de travailler, s'il s'avise de croire qu'il ne devrait pas se laisser vendre et acheter en tant que « travail », en tant que marchandise, sur le marché, l'entendement du bourgeois est alors comme frappé de stupeur. Il ne peut comprendre qu'il puisse avoir avec les ouvriers d'autres rapports que ceux de l'achat et de la vente, et il ne voit pas en eux des hommes mais des « mains » (hands), puisque c'est ce nom qu'il leur jette constamment à la face; et, comme dit Carlyle, il ne reconnaît pas d'autre relation d'un homme à un autre homme, que celle du paiement comptant. Même les liens entre lui et sa femme ne sont - dans 99 % des cas - qu'un « paiement comptant ». L'esclavage misérable dans lequel l'argent tient le bourgeois marque même le langage, du fait de la domination de la bourgeoisie; l'argent fait la valeur de l'homme; cet homme vaut 10,000 livres (he is worth ten thousands pounds), c'est-à-dire il les a. Quiconque a de l'argent est « respectable », appartient à « la meilleure catégorie de gens » (the better sort of people), est « influent » (influential) et ce qu'il accomplit fait époque dans son milieu. Le sordide esprit mercantile imprègne la langue tout entière, tous les rapports humains sont traduits en formules commerciales expliquées sous forme de catégories économiques. Commande et fourniture, demande et offre, supply and demand, telles sont les formules à l'aide desquelles la logique de l'Anglais juge toute la vie humaine. Voilà qui explique la libre concurrence partout, voilà qui explique le régime du « laissezfaire » et du « laisser-aller » dans l'administration, dans la médecine, l'éducation et bientôt aussi dans la religion où la domination de l'Église d'État s'effondre de plus en plus. La libre concurrence ne veut pas de limites, pas de contrôle d'État; tout l'État lui pèse, son voeu le plus cher serait d'être dans un régime tout à fait dépourvu d'État, où chacun pourrait exploiter son prochain à coeur joie comme dans la « société » de notre ami Stirner, par exemple. Mais comme la bourgeoisie ne peut se passer de l'État, ne serait-ce que pour tenir en respect le prolétariat qui lui est tout aussi nécessaire, elle utilise le premier contre le second et cherche à tenir l'État le plus possible à distance en ce qui la concerne.

Il ne faudrait cependant pas croire que l'Anglais « cultivé » fait si ouvertement étalage de cet égoïsme. Au contraire il le dissimule avec la plus vile hypocrisie. - Comment ? Vous dites que les riches Anglais ne pensent pas aux pauvres, eux qui ont bâti des établissements de bienfaisance comme on n'en voit dans aucun autre pays ? Oui-da, des établissements de bienfaisance ! Comme si c'était rendre service au prolétaire que de commencer par l'exploiter jusqu'au sang pour pouvoir ensuite apaiser sur lui avec complaisance et pharisaïsme votre prurit de charité et pour vous présenter à la face du monde en grands bienfaiteurs de l'humanité, alors que vous rendez à ce malheureux que vous avez sucé jusqu'à la moelle, la centième partie de ce qui lui revient ! Bienfaisance qui dégrade plus encore celui qui la pratique que celui qui la reçoit; bienfaisance qui enfonce encore davantage dans la poussière le malheureux qu'on a foulé aux pieds, qui implique que le paria déshumanisé, exclu de la société, renonce d'abord à la dernière chose qui lui reste, à son aspiration à la qualité d'homme, et mendie d'abord sa grâce auprès de la bourgeoisie, avant qu'elle lui fasse la grâce de lui imprimer sur le front, en lui faisant l'aumône, le sceau de la déshumanisation ! Mais à quoi bon ces réflexions. Écoutons la bourgeoisie anglaise elle-même. Il n'y a pas même un an, j'ai lu dans le Manchester Guardian la lettre suivante, adressée au Rédacteur en chef, qui la publia sans autre commentaire, comme une chose toute naturelle et raisonnable :

Monsieur le Rédacteur en chef,

Depuis quelque temps on rencontre dans les grandes rues de notre ville une foule de mendiants qui, tantôt par leurs vêtements en haillons et leur aspect maladif, tantôt par l'étalage de blessures béantes et d'infirmités repoussantes, cherchent à éveiller la pitié des passants de façon souvent fort impudente et fort offensante.

J'incline à croire que lorsqu'on paye non seulement l'impôt pour les pauvres, mais qu'on apporte en outre une généreuse contribution à l'entretien d'établissements de bienfaisance, on en a fait assez pour avoir le droit d'être enfin à l'abri d'importunités aussi désagréables et cyniques; et à quoi donc sert l'impôt si lourd que nous payons pour l'entretien de la police municipale, si la protection qu'elle nous accorde ne nous permet même pas d'aller tranquillement en ville ou d'en revenir ? - J'espère que la publication de ces lignes dans votre journal qui jouit d'une grande diffusion, incitera les pouvoirs publics à faire disparaître cette calamité (nuisance) et je reste

Votre très dévouée,

Une Dame.

Et voilà! La bourgeoisie anglaise pratique la charité par intérêt, elle ne fait jamais cadeau de rien, elle considère ses dons comme un marché, elle traite avec les pauvres une affaire et dit :

« Si je consacre tant à des fins philanthropiques, j'achète ainsi le droit de ne pas être importuné davantage et vous vous engagez en échange à rester dans vos antres obscurs et à ne pas irriter mes nerfs sensibles par l'étalage public de votre misère ! Vous pouvez toujours désespérer, mais faites-le en silence, je le stipule dans le contrat, je m'achète ce droit en versant ma cotisation de 20 livres pour l'hôpital! » Oh! l'infâme philanthropie que voilà d'un bourgeois chrétien. Et c'est ce qu'écrit « une dame », oui, vous avez lu, une dame, elle fait bien de signer de ce nom, elle n'a heureusement plus le courage de prendre le nom de femme! Mais si les dames sont comme ça, que sera-ce des « Messieurs » ? On dira qu'il s'agit là d'un cas isolé. Mais pas du tout, la lettre ci-dessus exprime bien les sentiments de la grande majorité de la bourgeoisie anglaise, sinon le rédacteur ne l'aurait pas acceptée, sinon elle aurait été suivie d'une réponse quelconque que j'ai vainement cherchée dans les numéros suivants. Et quant à l'efficacité de cette bienfaisance, le chanoine Parkinson lui-même affirme que les pauvres sont aidés bien davantage par leurs semblables que par la bourgeoisie; et une aide de ce genre, émanant d'un brave prolétaire qui sait lui-même ce qu'est la faim, pour qui le partage de son maigre repas représente un sacrifice, mais qui le fait avec joie, une telle aide rend un tout autre son que l'aumône jetée au pauvre par le bourgeois gavé.

Mais même dans les autres domaines, la bourgeoisie simule un humanitarisme sans bornes - mais seulement lorsque l'exige son propre intérêt. Ainsi en va-t-il dans sa politique et dans son économie politique.

La situation de la classe ouvrière en Angleterre au format pdf

Défense du marxisme

Droit de l'homme contre droit du citoyen.

Extrait de « La Question juive » (K. Marx 1843)

On fait une distinction entre les « droits de l’homme » et les « droits du citoyen ». Quel est cet « homme » distinct du citoyen ? Personne d’autre que le membre de la société bourgeoise. Pourquoi le membre de la société bourgeoise est-il appelé « homme », homme tout court, et pourquoi ses droits sont-ils appelés droits de l’homme ? Qu’est-ce qui explique ce fait ? Par le rapport de l’État politique à la société bourgeoise, par l’essence de l’émancipation politique.

Constatons avant tout le fait que les « droits de l’homme », distincts des « droits du citoyen », ne sont rien d’autre que les droits du membre de la société bourgeoise, c’est-à-dire de l’homme égoïste, de l’homme séparé de l’homme et de la communauté. La Constitution la plus radicale, celle de 1793, a beau dire : Déclaration des droits de l’homme et du citoyen. « Art. 2. Ces droits (les droits naturels et imprescriptibles) sont : l’égalité, la liberté, la sûreté, la propriété. » En quoi consiste la « liberté » ? « Art. 6. La liberté est le pouvoir qui appartient à l’homme de faire tout ce qui ne nuit pas aux droits d’autrui. » Ou encore, d’après la Déclaration des droits de l’homme de 1791 : « La liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui. »

La liberté est donc le droit de faire tout ce qui ne nuit pas à autrui. Les limites dans lesquelles chacun peut se mouvoir sans nuire à autrui sont marquées par la loi, de même que la limite de deux champs est déterminée par un piquet. Il s’agit de la liberté de l’homme considéré comme monade isolée, repliée sur elle-même. (…) Mais le droit de l’homme, la liberté, ne repose pas sur les relations de l’homme avec l’homme, mais plutôt sur la séparation de l’homme d’avec l’homme. C’est le droit de cette séparation, le droit de l’individu limité à lui-même.

L’application pratique du droit de liberté, c’est le droit de propriété privée. Mais en quoi consiste ce dernier droit ?

« Le droit de propriété est celui qui appartient à tout citoyen de jouir et de disposer à son gré de ses biens, de ses revenus, du fruit de son travail et de son industrie. » (Constitution de 1793, art. 16.)

Le droit de propriété est donc le droit de jouir de sa fortune et d’en disposer « à son gré », sans se soucier des autres hommes, indépendamment de la société ; c’est le droit de l’égoïsme. C’est cette liberté individuelle, avec son application, qui forme la base de la société bourgeoise. Elle fait voir à chaque homme, dans un autre homme, non pas la réalisation, mais plutôt la limitation de sa liberté. Elle proclame avant tout le droit « de jouir et de disposer à son gré de ses biens, de ses revenus, du fruit de son travail et de son industrie ».

Restent les autres droits de l’homme, l’égalité et la sûreté.

Le mot « égalité » n’a pas ici de signification politique ; ce n’est que l’égalité de la liberté définie ci-dessus : tout homme est également considéré comme une telle monade basée sur elle-même. La Constitution de 1795 détermine le sens de cette égalité : « Art. 5. L’égalité consiste en ce que la loi est la même pour tous, soit qu’elle protège, soit qu’elle punisse. »

Et la sûreté ? La Constitution de 1793 dit : « Art. 8. La sûreté consiste dans la protection accordée par la société à chacun de ses membres pour la conservation de sa personne, de ses droits et de ses propriétés. » La sûreté est la notion sociale la plus haute de la société bourgeoise, la notion de la police : toute la société n’existe que pour garantir à chacun de ses membres la conservation de sa personne, de ses droits et de ses propriétés. C’est dans ce sens que Hegel appelle la société bourgeoise « l’État de la détresse et de l’entendement ».

La notion de sûreté ne suffit pas encore pour que la société bourgeoise s’élève au-dessus de son égoïsme. La sûreté est plutôt l’assurance de l’égoïsme. Aucun des prétendus droits de l’homme ne dépasse donc l’homme égoïste, l’homme en tant que membre de la société bourgeoise, c’est-à-dire un individu séparé de la communauté, replié sur lui-même, uniquement préoccupé de son intérêt personnel et obéissant à son arbitraire privé. L’homme est loin d’y être considéré comme un être générique ; tout au contraire, la vie générique elle-même, la société, apparaît comme un cadre extérieur à l’individu, comme une limitation de son indépendance originelle. Le seul lien qui les unisse, c’est la nécessité naturelle, le besoin et l’intérêt privé, la conservation de leurs propriétés et de leur personne égoïste.

La question juive au format pdf

En complément.

La proclamation universelle des droits de l'homme est tout juste bonne à justifier l'esclavagisme des temps modernes.

- "On a démontré comment la reconnaissance des droits de l'homme par l'État moderne ne signifie pas autre chose que la reconnaissance de l'esclavage par l'État antique. La base naturelle de l'État antique, c'était l'esclavage; celle de l'État moderne, c'est la société bourgeoise, l'homme de la société bourgeoise, c'est-à-dire l'homme indépendant, qui n'est rattaché à autrui que par le lien de l'intérêt privé et de la nécessité naturelle, dont il n'a pas conscience, l'esclavage du travail intéressé, de son propre besoin égoïste et du besoin égoïste d'autrui. L'État moderne, dont c'est là la base naturelle, l'a reconnue comme telle dans la proclamation universelle des droits de l'homme". (K. Marx – F. Engels : La sainte famille ou Critique de la critique critique)

Défense du marxisme

La dialectique ou la science des lois générales du mouvement et du développement de la nature, de la société humaine et de la pensée..

Chapitre XIII : Dialectique. Négation de la négation. Friedrich Engels : Anti-Duhring (1878).

Extraits.

C'est déjà un manque total d'intelligence de la nature de la dialectique, que de la tenir, comme fait M. Dühring, pour un instrument de pure démonstration, à la façon dont on peut se faire une idée bornée, disons de la logique formelle ou des mathématiques élémentaires. Même la logique formelle est avant tout une méthode pour trouver des résultats nouveaux, pour progresser du connu à l'inconnu, et cela est vrai, mais dans un sens bien plus élevé encore, de la dialectique qui, en outre, en brisant l'horizon étroit de la logique, contient le germe d'une vue plus vaste du monde.

(La négation de la négation) Une procédure très simple, qui s'accomplit en tous lieux et tous les jours, que tout enfant peut comprendre, dès qu'on élimine le fatras mystérieux sous lequel la vieille philosophie idéaliste la dissimulait et sous lequel des métaphysiciens incurables de la trempe de M. Dühring continuent à avoir intérêt à la cacher. Prenons un grain d'orge. Des milliards de grains d'orge semblables sont moulus, cuits et brassés, puis consommés. Mais si un grain d'orge de ce genre trouve les conditions qui lui sont normales, s'il tombe sur un terrain favorable, une transformation spécifique s'opère en lui sous l'influence de la chaleur et de l'humidité, il germe : le grain disparaît en tant que tel, il est nié, remplacé par la plante née de lui, négation du grain.

Mais quelle est la carrière normale de cette plante ? Elle croît, fleurit, se féconde et produit en fin de compte de nouveaux grains d'orge, et aussitôt que ceux-ci sont mûrs, la tige dépérit, elle est niée pour sa part. Comme résultat de cette négation de la négation, nous avons derechef le grain d'orge du début, non pas simple, mais en nombre dix, vingt, trente fois plus grand. (...)

Il n'en va pas autrement en histoire. Tous les peuples civilisés commencent par la propriété en commun du sol. Chez tous les peuples qui dépassent un certain stade primitif, cette propriété en commun devient, au cours de l'évolution de l'agriculture, une entrave pour la production. Elle est abolie, niée, transformée en propriété privée après des stades intermédiaires plus ou moins longs. Mais à un stade plus élevé du développement de l'agriculture atteint grâce à la propriété privée du sol elle-même, c'est inversement la propriété privée qui devient une entrave pour la production, - comme c'est aujourd'hui le cas aussi bien pour la petite que pour la grande propriété foncière. On voit surgir avec un caractère de nécessité la revendication qui tend à ce qu'elle soit niée également, à ce qu'elle soit retransformée en propriété commune. Mais cette revendication ne signifie pas la restauration de l'ancienne propriété en commun primitive, mais l'établissement d'une forme bien plus élevée et plus développée de propriété collective qui, bien loin de devenir une barrière pour la production sera, au contraire, la première à la libérer de ses entraves et à lui permettre la pleine utilisation des découvertes chimiques et des inventions mécaniques modernes.

Autre exemple encore. La philosophie antique était un matérialisme primitif naturel. En tant que tel, elle était inc apable de tirer au net le rapport de la pensée et de la matière. Mais la nécessité d'y voir clair conduisit à la doctrine d'une âme séparable du corps, puis à l'affirmation de l'immortalité de cette âme, enfin au monothéisme. Le matérialisme antique fut donc nié par l'idéalisme. Mais dans le développement ultérieur de la philosophie, l'idéalisme à son tour devint insoutenable et fut nié par le matérialisme moderne. Celui-ci, négation de la négation, n'est pas la simple réinstallation de l'ancien matérialisme, mais ajoute aux fondements persistants de celui-ci tout le contenu de pensée d'une évolution deux fois millénaire de la philosophie et des sciences de la nature, ainsi que de ces deux millénaires d'histoire eux-mêmes. Après tout ce n'est plus une philosophie, mais une simple vue du monde qui n'a pas à faire ses preuves et à se mettre en oeuvre dans une science des sciences à part, mais dans les sciences réelles. La philosophie est donc ici “ levée ”, c'est-à-dire à la fois “ surmontée et conservée”, surmontée dans sa forme, conservée dans son contenu réel.

Enfin, même la doctrine de l'égalité de Rousseau...

A l'état de nature et de sauvagerie, les hommes étaient égaux; et comme Rousseau tient déjà le langage pour une altération de l'état de nature, il a parfaitement raison d'appliquer l'égalité entre animaux d'une même espèce dans toute l'étendue de cette espèce à ces hommes -animaux récemment classifiés par hypothèse par Haeckel comme alales, privés de langage. Mais ces hommes -animaux égaux avaient sur le reste des animaux l'avantage d'une propriété : la perfectibilité, la possibilité d'évoluer ultérieurement 2; et ce fut la cause de l'inégalité.

Rousseau voit donc un progrès dans la naissance de l'inégalité. Mais ce progrès était antagoniste, c'était en même temps un recul.

“ Tous les progrès ultérieurs [au delà de l'état de nature] ont été en apparence autant de pas vers la perfection de l'individu, et en effet, vers la décrépitude de l'espèce ... La métallurgie et l'agriculture furent les deux arts dont l'invention produisit cette grande révolution. ” (La transformation de la forêt vierge en terre cultivée, mais aussi l'introduction de la misère et de la servitude au moyen de la propriété.)

“ Pour le poète, c'est l'or et l'argent, mais pour le philosophe ce sont le fer et le blé qui ont civilisé les hommes et perdu le genre humain. ”

Tout nouveau progrès de la civilisation est, en même temps, un nouveau progrès de l'inégalité. Toutes les institutions que se donne la société née avec la civilisation, tournent à l'encontre de leur but primitif.

“ Il est incontestable, et c'est la maxime fondamentale de tout le droit politique, que les peuples se sont donné des chefs pour défendre leur liberté et non les asservir.”

Et cependant, ces chefs deviennent nécessairement les oppresseurs des peuples et renforcent cette oppression Jusqu'au point où l'inégalité, poussée à son comble, se retransforme en son contraire, devient cause de l'égalité : devant le despote tous sont égaux, à savoir égaux à zéro.

“ C'est ici le dernier terme de l'inégalité et le point extrême qui ferme le cercle et touche au point d'où nous sommes partis : c'est ici que tous les particuliers redeviennent égaux, parce qu'ils ne sont rien et que les sujets n'ont plus d'autre loi que la volonté du maître.”

Mais le despote n'est maître que tant qu'il a la violence et c'est pourquoi “ sitôt qu'on peut l'expulser, il n'a point à réclamer contre la violence... La seule force le maintenait, la seule force le renverse. Toutes choses se passent ainsi selon l'ordre naturel. ”

Et ainsi, l'inégalité se change derechef en égalité, non toutefois en cette vieille égal ité naturelle de l'homme primitif privé de la parole, mais dans l'égalité supérieure du contrat social. Les oppresseurs subissent l'oppression. C'est la négation de la négation. (...)

Qu'est-ce donc que la négation de la négation ? Une loi de développement de la nature, de l'histoire et de la pensée extrêmement générale et, précisément pour cela, revêtue d'une portée et d'une signification extrêmes; loi qui, nous l'avons vu, est valable pour le règne animal et végétal, pour la géologie, les mathématiques, l'histoire, la philosophie, et à laquelle M. Dühring lui-même, bien qu'il se rebiffe et qu'il regimbe : est obligé à son insu d'obéir à sa manière. (...)

Si je dis de tous ces processus qu'ils sont négation de la négation, je les comprends tous ensemble sous cette unique loi du mouvement et, de ce fait, je ne tiens précisément pas compte des particularités de chaque processus spécial pris à part. En fait la dialectique n'est pas autre chose que la science des lois générales du mouvement et du développement de la nature, de la société humaine et de la pensée.

Eugen Dühring, un social-démocrate allemand tardif, universitaire vaniteux, ennemi de la dialectique et donc du socialisme scientifique développé par Marx et Engels, au profit de "vérités éternelles", un vulgaire fatras de "de stupidité(s) d'une part et de banalité(s) d'autre part, écrira le 28 mai 1876 Engels à Marx en lui communiquant son "plan" d'Anti-Dühring.

J'ai reproduit ces passages parce qu'ils sont à la portée de tous. Ne pas populariser la dialectique au sein de la population est inexcusable.

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Défense du marxisme

Socialisme contre sentimentalisme.

Socialisme de juristes. - (F. Engels et K. Kautsky -1886)

Au moyen âge la conception du monde était essentiellement théologique. L’unité du monde européen qui n’existait pas en fait à l’intérieur, fut réalisée à l’extérieur, contre l’ennemi commun, les Sarrazins, par le christianisme. C’est le catholicisme qui fut le creuset de l’unité du monde européen, groupe de peuples en rapports mutuels constants au cours de leur évolution. Ce rassemblement théologique ne se limita pas au domaine des idées. Il avait une existence réelle, non seulement dans la personne du pape qui était son centre monarchique, mais avant tout dans l’Eglise organisée féodalement et hiérarchiquement, et qui, en sa qualité de propriétaire d’environ un tiers du sol, détenait dans chaque pays une puissance politique énorme dans l’organisation féodale. L’Eglise, avec sa propriété foncière de type féodal, était le lien réel entre les divers pays ; l’organisation féodale de l’Eglise donnait sa consécration religieuse au féodalisme temporel de l’organisation politique. Le clergé était en outre la seule classe cultivée. Il allait donc de soi que le dogme de l’Eglise devait être le point de départ et la base de toute pensée. Droit, science de la nature, philosophie, l’étalon appliqué à toute connaissance était le suivant : son contenu concorde-t-il avec les enseignements de l’Eglise ou non ?

Mais au sein de la féodalité se développait la puissance de la bourgeoisie. Une classe nouvelle entrait en scène contre les grands propriétaire fonciers. Les bourgeois des villes étaient avant tout et exclusivement des producteurs de marchandises et vivaient du commerce des marchandises, alors que le mode de production féodal reposait essentiellement sur l’auto-consommation des produits fabriqués à l’intérieur d’un cercle restreint — ces consommateurs étant en partie les producteurs, en partie les féodaux qui levaient tribut. La conception catholique du monde, taillée à la mesure du féodalisme, ne pouvait plus suffire à cette classe nouvelle et à ses conditions de production et d’échange. Cependant elle resta prisonnière elle aussi un temps assez long de la toute-puissante théologie. Toutes les Réformes et les luttes qui s’y rattachent et furent menées du XIIIe au XVIIe siècle sous une raison sociale religieuse, ne sont, sous leur aspect théorique, que des tentatives répétées de la bourgeoisie des plébéiens des villes et de leurs alliés les paysans en rébellion, pour ajuster la vieille conception théologique du monde aux conditions économiques nouvelles et à la situation de la classe nouvelle. Mais cela n’allait pas. L’étendard religieux flotta pour la dernière fois en Angleterre au XVIIe siècle, et, cinquante ans plus tard à peine, la nouvelle conception classique de la bourgeoisie, la conception juridique entra en scène en France sans déguisement.

C’était une sécularisation de la conception théologique. Au dogme, au droit divin se substituait le droit humain, à l’Eglise l’Etat. Les rapports économiques et sociaux, que l’on s’était autrefois représentés comme créés par l’Eglise et le dogme, parce que l’Eglise leur donnait sa sanction, on se les représentait maintenant comme fondés sur le droit et créés par l’Etat. Parce que l’échange des marchandises à l’échelle de la société et dans son plein épanouissement, favorisé notamment par l’octroi d’avances et de crédit, engendrait de complexes relations contractuelles réciproques et exigeait de ce fait des règles de portée générale qui ne pouvaient être édictées que par la collectivité — normes juridiques fixées par l’Etat —, on se figura que ces normes juridiques n’avaient pas pour origine les faits économiques, mais que c’était leur codification formelle par l’Etat qui leur donnait naissance. Et parce que la concurrence, qui est la forme fondamentale des relations entre libres producteurs de marchandises, est la plus grande niveleuse qui soit, l’égalité devant la loi devint le grand cri de guerre de la bourgeoisie. La lutte de cette classe ascendante contre les seigneurs féodaux et la monarchie absolue qui les protégeait alors, devait nécessairement, comme toute lutte de classes, être une lutte politique, une lutte pour la possession de l’Etat, et c’était nécessairement une lutte pour la satisfaction de revendications juridiques : ce fait contribua à consolider la conception juridique du monde.

Mais la bourgeoisie engendra son double négatif, le prolétariat, et avec lui une nouvelle lutte de classes, qui éclaté avant même que la bourgeoisie eût entièrement conquis le pouvoir politique. De même que, naguère, la bourgeoisie dans as lutte contre la noblesse avait, par tradition, traîné la conception théologie du monde pendant un certain temps encore, de même au début le prolétariat a repris de son adversaire les conceptions juridiques et à cherché à y puiser des armes contre la bourgeoisie. Les premières formations politiques prolétariennes comme leurs théoriciens, demeurent absolument sur le « terrain juridique » à la seule différence que leur terrain juridique n’était pas le même que celui de la bourgeoisie. D’une part la revendication de l’égalité était étendue : l’égalité juridique devait être complétée par l’égalité sociale ; d’autre part, des propositions d’Adam Smith — selon qui, le travail est la source de toute richesse, mais le produit du travail est la source de toute richesse, mais le produit du travail doit être partagé par le travailleur avec le propriétaire foncier et le capitaliste —, on tirait la conclusion que ce partage était injuste et devait être soit aboli, soit au moins modifié au profit des travailleurs. Mais le sentiment qu’en laissant cette question sur le seul terrain « du droit » on ne pourrait nullement éliminer les méfaits engendrés par le mode de production du capitalisme bourgeois et surtout par la grande industrie moderne, conduisit déjà les plus importants esprits, chez les premiers socialistes — Saint-Simon, Fourier et Owen — à délaisser complètement le terrain juridico-politique et à déclarer que toute lutte politique était stérile.

Ni l’une, ni l’autre de ces conceptions ne suffisait à exprimer de façon satisfaisante ni à résumer totalement les aspirations de la classe ouvrière à l’émancipation qu’avaient engendrées la situation économique. La revendication de l’égalité, tout comme la revendication du produit total du travail, se perdaient dans d’inextricables contradictions dès qu’on cherchait à les formuler en détail sur le terrain juridique et ne touchaient pas ou peu au nœud du problème, la transformation du mode de production. Refusant la lutte politique, les grands utopistes refusaient du même coup la lutte de classes et par là refusaient du même coup la lutte de classes et par là refusaient le seul mode d’action possible pour la classe dont ils défendaient les intérêts. Ces deux conceptions faisaient abstraction de l’arrière-plan historique à qui elles étaient redevables de leur existence ; elles faisaient appel toutes les deux au sentiment ; l’une faisait appel au sentiment du droit, l’autre au sentiment d’humanité. Elles donnaient toutes les deux à leurs exigences la forme de vœux pieux dont il était impossible de dire pourquoi ils se seraient réalisés juste à ce moment et non mille ans plus tôt ou plus tard.

Pour la classe ouvrière dépouillée, par la transformation du mode de production féodal en mode de production capitaliste, de toute propriété sur les moyens de production, et constamment reproduite par le mécanisme du système de production capitaliste dans cet état héréditaire de prolétarisation, l’illusion juridique de la bourgeoisie ne peut suffire à exprimer totalement la situation où elle se trouve. Elle ne peut prendre elle-même une connaissance complète de cette situation que si elle regarde les choses dans leur réalité, sans lunettes teintées de couleurs juridiques. C’est à cela que l’aida Marx avec sa conception matérialiste de l’histoire, en démontrant que toutes les représentations juridiques, politiques, philosophiques, religieuses, etc. des hommes dérivent en dernière instance de leurs conditions de vie économiques, de leur manière de produire et d’échanger les produits. Il fournissait là au prolétariat la conception du monde correspondant à ses conditions de vie et de lutte ; à l’absence de propriété des travailleurs ne pouvait correspondre que l’absence d’illusions dans leur tête. Et cette conception prolétarienne du monde fait maintenant le tour du monde…

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Défense du marxisme

Socialisme contre opportunisme liquidateur.

L'impérialisme et la scission du socialisme . - (V. Lénine -1916)

L'impérialisme et la scission du socialisme - V. Lénine - Rédigé en octobre 1916 et publié en décembre 1916 dans le n° 2 du « Recueil du Social-Démocrate ».

Extraits. Le prolétariat est un produit du capitalisme, du capitalisme mondial et pas seulement européen, pas seulement impérialiste. A l'échelle mondiale, que ce soit cinquante ans plus tôt ou cinquante ans plus tard,- à cette échelle, c'est une question de détail,- il est bien évident que le « prolétariat » « sera » uni, et qu'en son sein la social-démocratie révolutionnaire vaincra « inéluctablement ». Il ne s'agit pas de cela, messieurs les kautskistes, il s'agit du fait que maintenant, dans les pays impérialistes d'Europe, vous rampez à plat ventre devant les opportunistes, qui sont étrangers au prolétariat en tant que classe, qui sont les serviteurs, les agents de la bourgeoisie, les véhicules de son influence; et s'il ne s'affranchit pas d'eux, le mouvement ouvrier restera un mouvement ouvrier bourgeois. (Et c'est ce qu'il est resté en renforçant cette tendance. - LVOG) Votre propagande en faveur de I' « unité » avec les opportunistes, avec les Legien et les David, les Plékhanov ou les Tchkhenkéli, les Potressov, etc., revient objectivement à favoriser l'asservissement des ouvriers par la bourgeoisie impérialiste, à l'aide de ses meilleurs agents au sein du mouvement ouvrier. (Quand on voit comment ils ont traité la question syrienne, on en arrive à cette conclusion là concernant nos dirigeants. - LVOG)

(...)

Dans sa lettre à Marx du 7 octobre 1858, Engels écrivait :

« En réalité, le prolétariat anglais s'embourgeoise de plus en plus, et il semble bien que cette nation bourgeoise entre toutes veuille en arriver à avoir, à côté de sa bourgeoise, une aristocratie bourgeoise et un prolétariat bourgeois. Évidemment, de la part d'une nation qui exploite le monde entier, c'est jusqu'à un certain point logique. »

Dans sa lettre à Sorge du 21 septembre 1872, Engels fait savoir que Hales a provoqué au Conseil fédéral de l'Internationale un grand esclandre et a fait voter un blâme à Marx pour avoir dit que « les chefs ouvriers anglais s'étaient vendus ». Marx écrit à Sorge le 4 août 1874 :

« En ce qui concerne les ouvriers des villes (en Angleterre), il y a lieu de regretter que toute la bande des chefs ne soit pas entrée au Parlement. C'eût été le plus sûr moyen de se débarrasser de cette racaille. »

Dans sa lettre à Marx du 11 août 1881, Engels parle des « pires trade-unions anglaises, qui se laissent diriger par des hommes que la bourgeoisie a achetés ou tout au moins payés ». Dans sa lettre à Kautsky du 12 septembre 1882, Engels écrivait :

« Vous me demandez ce que les ouvriers anglais pensent de la politique coloniale. Exactement ce qu'ils pensent de la politique en général. Ici, point de parti ouvrier, il n'y a que des conservateurs et des radicaux libéraux; quant aux ouvriers, ils jouissent en toute tranquillité avec eux du monopole colonial de l'Angleterre et de son monopole sur le marché mondial. »

Le 7 décembre 1889, Engels écrit à Sorge :

« ... Ce qu'il y a de plus répugnant ici (en Angleterre), c'est la « respectabilité » (respectability) bourgeoise, qui pénètre jusque dans la chair des ouvriers ... même Tom Mann, que je considère comme le meilleur de tous, confie très volontiers qu'il déjeunera avec le lord-maire. Lorsqu'on fait la comparaison avec les Français, on voit ce que c'est que la révolution.»

Dans une lettre du 19 avril 1890 :

« le mouvement (de la classe ouvrière en Angleterre) progresse sous la surface, il gagne des couches de plus en plus larges, et surtout parmi la masse inférieure (souligné par Engels) jusque-là immobile. Le jour n'est pas loin où cette masse se retrouvera elle-même, où elle aura compris que c'est elle, précisément, qui est cette masse colossale en mouvement».

Le 4 mars 1891 :

« l'échec de l'union des dockers qui s'est désagrégée; les « vieilles » trade-unions conservatrices, riches et partant poltronnes, restent seules sur le champ de bataille »...

Le 14 septembre 1891 : au congrès des trade-unions à Newcastle, ont été vaincus les vieux unionistes, adversaires de la journée de huit heures, « et les journaux bourgeois avouent la défaite du parti ouvrier bourgeois » (souligné partout par Engels)...

Que ces pensées d'Engels, reprises pendant des dizaines d'années, aient aussi été formulées par lui publiquement, dans la presse, c'est ce que prouve sa préface à la deuxième édition (1892) de La situation des classes laborieuses en Angleterre. Il y traite de « l'aristocratie de la classe ouvrière », de la « minorité privilégiée des ouvriers », qu'il oppose à la « grande masse des ouvriers ». « La petite minorité privilégiée et protégée » de la classe ouvrière bénéficiait seule des « avantages durables » de la situation privilégiée de l'Angleterre en 1848-1868; « la grande masse, en mettant les choses au mieux, ne bénéficiait que d'améliorations de courte durée »... « Avec l'effondrement du monopole industriel de l'Angleterre, la classe ouvrière anglaise perdra sa situation privilégiée ... »

Les membres des « nouvelles » unions, des syndicats d'ouvriers non spécialisés, « ont un avantage inappréciable : leur mentalité est un terrain encore vierge, parfaitement libre du legs des « respectables » préjugés bourgeois, qui désorientent les esprits des « vieux unionistes » mieux placés » ... Les « prétendus représentants ouvriers », en Angleterre, sont des gens « à qui on pardonne leur appartenance à la classe ouvrière, parce qu'ils sont eux-mêmes prêts à noyer cette qualité dans l'océan de leur libéralisme »...

C'est à dessein que nous avons reproduit des extraits assez abondants des déclarations on ne peut plus explicites de Marx et d’Engels, afin que les lecteurs puissent les étudier dans leur ensemble. Et il est indispensable de les étudier, il vaut la peine d'y réfléchir attentivement. Car là est le noeud de la tactique imposée au mouvement ouvrier par les conditions objectives de l'époque impérialiste.

(...)

La. bourgeoisie d'une « grande » puissance impérialiste peut, économiquement, soudoyer les couches supérieures de « ses » ouvriers en sacrifiant à cette fin quelque cent ou deux cent millions de francs par an, car son surprofit s'élève probablement à près d'un milliard. Et la question de savoir comment cette petite aumône est partagée entre ouvriers-ministres, « ouvriers-députés » (rappelez-vous l'excellente analyse donnée de cette notion par Engels), ouvriers-membres des comités des industries de guerre, ouvriers-fonctionnaires, ouvriers organisés en associations étroitement corporatives, employés, etc., etc., c'est là une question secondaire. (Nos détracteurs n'ont plus qu'à en conclure que Marx, Engels et Lénine étaient de farouches ennemis de la classe ouvrière, des employés et particulièrement des fonctionnaires. - LVOG)

(...) Le monopole du capital financier actuel est furieusement disputé; l'époque des guerres impérialistes a commencé. Autrefois l'on pouvait soudoyer, corrompre pour des dizaines d'années la classe ouvrière de tout un pays. Aujourd'hui, ce serait invraisemblable, voire impossible ; par contre, chaque « grande » puissance impérialiste peut soudoyer et soudoie des couches moins nombreuses (que dans l'Angleterre des années 1848 à 1868) de l'« aristocratie ouvrière ». Autrefois, un « parti ouvrier bourgeois », selon l'expression remarquablement profonde d'Engels, ne pouvait se constituer que dans un seul pays, attendu qu'il était seul à détenir le monopole, mais en revanche pour longtemps. Aujourd'hui, « le parti ouvrier bourgeois» est inévitable et typique pour tous les pays impérialistes; mais, étant donné leur lutte acharnée pour le partage du butin, il est improbable qu'un tel parti puisse triompher pour longtemps dans plusieurs pays. (Et pourtant ! - LVOG) Car les trusts, l'oligarchie financière, la vie chère, etc., en permettant de corrompre de petits groupes de l'aristocratie ouvrière, écrasent, oppriment, étouffent et martyrisent de plus en plus la masse du prolétariat et du semi-prolétariat.

D'une part, la tendance de la bourgeoisie et des opportunistes à transformer une poignée de très riches nations privilégiées en parasites « à perpétuité » vivant sur le corps du reste de l'humanité, à « s'endormir sur les lauriers » de l'exploitation des Noirs, des Indiens, etc., en les maintenant dans la soumission à l'aide du militarisme moderne pourvu d'un excellent matériel d'extermination. (Il s'est perfectionné depuis et les dirigeants syndicaux en sont fiers, Mélenchon et Laurent aussi ! - LVOG)

D'autre part, la tendance des masses, opprimées plus que par le passé et subissant toutes les affres des guerres impérialistes, à secouer ce joug, à jeter bas la bourgeoisie. C'est dans la lutte entre ces deux tendances que se déroulera désormais inéluctablement l'histoire du mouvement ouvrier. Car la première tendance n'est pas fortuite : elle est économiquement « fondée ».

La bourgeoisie a déjà engendré et formé à son service des « partis ouvriers bourgeois » de social-chauvins dans tous les pays. (A ceci près de nos jours qu'aucune tendance du mouvement ouvrier n'organise les éléments les plus déterminés des masses dans la perspective de "jeter bas la bourgeoisie", ils ont tous capitulé ou sont tous idéologiquement corrompus. - LVOG)

(...)

Sur la base économique indiquée, les institutions politiques du capitalisme moderne - la presse, le Parlement, les syndicats, les congrès, etc. - ont créé à l'intention des ouvriers et des employés réformistes et patriotes, respectueux et bien sages, des privilèges et des aumônes politiques correspondant aux privilèges et aux aumônes économiques. Les sinécures lucratives et de tout repos dans un ministère ou au comité des industries de guerre, au Parlement et dans diverses commissions, dans les rédactions de « solides » journaux légaux ou dans les directions de syndicats ouvriers non moins solides et « d'obédience bourgeoise »,- voilà ce dont use la bourgeoisie impérialiste pour attirer et récompenser les représentants et les partisans des « partis ouvriers bourgeois ». (Notez bien les "représentants" et les "partisans des « partis ouvriers bourgeois »" ou ceux qui ne peuvent pas s'en passer ce qui revient au même. - LVOG)

Le mécanisme de la démocratie politique joue dans le même sens. Il n'est pas question, au siècle où nous sommes, de se passer d'élections; on ne saurait se passer des masses; or, à l'époque de l'imprimerie et du parlementarisme, on ne peut entraîner les masses derrière soi sans un système largement ramifié, méthodiquement organisé et solidement outillé de flatteries, de mensonges, d'escroqueries, de jongleries avec des mots populaires à la mode, sans promettre à droite et à gauche toutes sortes de réformes et de bienfaits aux ouvriers, pourvu qu'ils renoncent à la lutte révolutionnaire pour la subversion de la bourgeoisie. (Ici le "or" avait valeur d'objection, il signifiait que la participation aux élections ou au parlementarisme n'était pas une obligation, et que soutenir la gauche c'était plutôt se compromettre qu'autre chose. Lénine rejetait l'argument falacieux selon lequel il fallait absolument participer aux élections pour ne pas "se passer des masses" ou les appeler à voter pour tel ou tel parti ou candidat... A partir du moment où les trotskystes considéraient que l'avènement de la Ve République correspondait à un "coup d'Etat permanent", pour être cohérent avec ce constat à aucun moment ils n'auraient dû participer à une élection ou soutenir un parti ou un candidat y participant. - LVOG)

(...)

Et y a-t-il une grande différence entre Lloyd George et les Scheidemann, les Legien, les Henderson et les Hyndman, les Plékhanov, les Renaudel et consorts ? Parmi ces derniers, nous objectera-t-on, il en est qui reviendront au socialisme révolutionnaire de Marx. C'est possible, mais c'est là une différence de degré insignifiante si l'on considère la question sur le plan politique, c'est-à-dire à une échelle de masse. (Eh oui, c'est à l'échelle des masses que l'on évalue les rapports que l'on doit avoir avec les partis et les institutions ! Et c'est vers les masses qu'il faut se tourner résolument et non vers les élus du PS ou du PCF, les républicains, les démocrates, les intellectuels, les cadres syndicaux, l'aristocratie ouvrière, ne parlons des francs-maçons !. - LVOG) Certains personnages parmi les chefs social-chauvins actuels peuvent revenir au prolétariat. Mais le courant social-chauvin ou (ce qui est la même chose) opportuniste ne peut ni disparaître, ni « revenir » au prolétariat révolutionnaire. Là où le marxisme est populaire parmi les ouvriers, ce courant politique, ce « parti ouvrier bourgeois », invoquera avec véhémence le nom de Marx. On ne peut le leur interdire, comme on ne peut interdire à une firme commerciale de faire usage de n'importe quelle étiquette, de n'importe quelle enseigne ou publicité. On a toujours vu, au cours de l'histoire, qu'après la mort de chefs révolutionnaires populaires parmi les classes opprimées, les ennemis de ces chefs tentaient d'exploiter leur nom pour duper ces classes. (Ajoutons et leurs militants. - LVOG)

C'est un fait que les « partis ouvriers bourgeois », en tant que phénomène politique, se sont déjà constitués dans tous les pays capitalistes avancés, et que sans une lutte décisive et implacable, sur toute la ligne, contre ces partis ou, ce qui revient au même, contre ces groupes, ces tendances, etc., il ne saurait être question ni de lutte contre l'impérialisme, ni de marxisme, ni de mouvement ouvrier socialiste. (Avez-vous régulièrement un tel discours dans les journaux du POI, du NPA ou de LO ? Vous connaissez tous la réponse. - LVOG)

(...)

Nous n'avons pas la moindre raison de croire que ces partis puissent disparaître avant la révolution sociale. Au contraire, plus cette révolution se rapprochera, plus puissamment elle s'embrasera, plus brusques et plus vigoureux seront les tournants et les bonds de son développement, et plus grand sera, dans le mouvement ouvrier, le rôle joué par la poussée du flot révolutionnaire de masse contre le flot opportuniste petit bourgeois. Le kautskisme ne représente aucun courant indépendant; il n'a de racines ni dans les masses, ni dans la couche privilégiée passée à la bourgeoisie. (On pourrait en dire de même du POI, du NPA et de LO, alors que leurs courants politiques existent depuis plus d'un demi-siècle. - LVOG) Mais le kautskisme est dangereux en ce sens qu'utilisànt l'idéologie du passé, il s'efforce de concilier le prolétariat avec le « parti ouvrier bourgeois », de sauvegarder l'unité du prolétariat avec ce parti et d'accroître ainsi le prestige de ce dernier. (C'est exactement ce à quoi se sont efforcés avec acharnement les trotskystes depuis 1940. - LVOG) Les masses ne suivent plus les social-chauvins déclarés; Lloyd George a été sifflé en Angleterre dans des réunions ouvrières; Hyndman a quitté le parti; les Renaudel et les Scheidemann, les Potressov et les Gvozdev sont protégés par la police. Rien n'est plus dangereux que la défense déguisée des social-chauvins par les kautskistes. (Sous le masque du trotskysme par exemple. - LVOG)

L'un des sophismes kautskistes les plus répandus consiste à se référer aux « masses ». Nous ne voulons pas, prétendent-ils, nous détacher des masses et des organisations de masse ! (Décidément, encore une troublante similitude avec les trotskystes. - LVOG) Mais réfléchissez à la façon dont Engels pose la question. Les « organisations de masse » des trade-unions anglaises étaient au XIX° siècle du côté du parti ouvrier bourgeois. Marx et Engels ne recherchaient pas pour autant une conciliation avec ce dernier, mais le dénonçaient. Ils n'oubliaient pas, premièrement, que les organisations des trade-unions englobent directement une minorité du prolétariat. Dans l'Angleterre d'alors comme dans l'Allemagne d'aujourd'hui, les organisations ne rassemblent pas plus de 1/5 du prolétariat. On ne saurait penser sérieusement qu'il soit possible, en régime capitaliste, de faire entrer dans les organisations la majorité des prolétaires.

Deuxièmement, et c'est là l'essentiel, il ne s'agit pas tellement du nombre des adhérents à l'organisation (Les trotskystes justifieront justement leurs rapports avec le PS et le PCF et le front unique en avançant cet argument rejeté par Marx, Engels et Lénine. - LVOG) que de la signification réelle, objective, de sa politique : cette politique représente-t-elle les masses, sert-elle les masses, c'est-à-dire vise-t-elle à les affranchir du capitalisme, ou bien représente-t-elle les intérêts de la minorité, sa conciliation avec le capitalisme ? C'est précisément cette dernière conclusion qui était vraie pour l'Angleterre du XIX° siècle, et qui est vraie maintenant pour l'Allemagne, etc.

Engels distingue entre le « parti ouvrier bourgeois » des vieilles trade-unions, la minorité privilégiée, et la « masse inférieure », la majorité véritable; il en appelle à cette majorité qui n'est pas contaminée par la « respectabilité bourgeoise ». Là est le fond de la tactique marxiste ! (Tactique à laquelle la totalité des trotskystes tourneront résolument le dos. - LVOG)

(...)

En montrant que les opportunistes et les social-chauvins trahissent en fait lés intérêts de la masse, défendant les privilèges momentanés d'une minorité d'ouvriers (Nos détracteurs en font partie, ceci explique sans doute cela. - LVOG), propagent les idées et l'influence bourgeoises et sont en fait les alliés et les agents de la bourgeoisie, nous apprenons aux masses à discerner leurs véritables intérêts politiques et à lutter pour le socialisme et la révolution à travers les longues et douloureuses péripéties des guerres impérialistes et des armistices impérialistes. (En tous temps on peut lutter pour le socialisme et la révolution, allez dire cela aux opportunistes qui parlent en notre nom. Non, tout compte fait c'est inutile et ce serait une perte de temps, ils sont incurables. - LVOG)

Expliquer aux masses que la scission avec l'opportunisme est inévitable et nécessaire, les éduquer pour la révolution par une lutte implacable contre ce dernier, mettre à profit l'expérience de la guerre pour dévoiler toutes les ignominies de la politique ouvrière nationale libérale au lieu de les camoufler : telle est la seule ligne marxiste dans le mouvement ouvrier mondial.

(Un siècle nous séparant de cet article, depuis l'opportunisme a emprunté une multitude de masques, aux partis politiques issus des IIe, IIIe et IVe Internationale, il faut ajouter les ONG et les associations en tous genres à but dit humanitaire ou social qui sont censées soulager la misère des masses et qui en réalité ne font qu'en prolonger les souffrances ou perpétuer l'agonie. Terminons sur une note optimiste, en espérant que la crise qui traverse tous les partis ouvriers et les scissions auxquelles elle donnera lieu, permettront de refonder l'avant-garde révolutionnaire sur la base du marxisme et du socialisme, espérons que de nouvelles générations de militants sauront se délivrer du poison mortel de l'opportunisme et renoueront avec la tradition révolutionnaire du prolétariat du début du XXe siècle. - LVOG)

L'intégralité de l'article de Lénine au format pdf

Défense du marxisme

Les guerres nationales bourgeoises renferme des leçons extraordinairement instructives.

Extraits de Défense du marxisme. (Léon Trotsky - Coyoacan - Le 24 janvier 1940)

- Rappelons une fois de plus l'alphabet. Dans la sociologie marxiste le point de départ initial de l'analyse est la définition de classe d'un phénomène donné: Etat, parti, tendance philosophique, école littéraire... etc. Dans la plupart des cas cependant la pure et simple définition de classes est insuffisante car une classe est composée de différentes couches, elle passe par différents stades de développement, elle est soumise à l'influence d'autres classes. Il est nécessaire pour une analyse complète de tenir compte de ces facteurs de deuxième ou de troisième ordre soit en partie soit en totalité, en fonction du but recherché. Mais pour un marxiste l'analyse est impossible sans une caractérisation de classe du phénomène considéré.

- Le petit-bourgeois tend inévitablement à détacher les événements politiques de leur fondement social car toute approche de classe à l'égard des faits est organiquement étrangère à la position et à l'éducation du petit-bourgeois.

- L'exemple des guerres nationales bourgeoises renferme, effectivement, des leçons extraordinairement instructives, mais Shachtman est passé à côté sans y réfléchir. Marx et Engels aspiraient à une Allemagne républicaine unifiée. Pendant la guerre de 1870-71 ils se rangèrent du côté des Allemands, bien que les parasites dynastiques exploitassent et déformassent ce combat. Shachtman insiste sur le fait que Marx et Engels se tournèrent sans délai contre la Prusse dès qu'elle annexa l'Alsace et la Lorraine. Mais ce changement d'attitude ne fait qu'illustrer notre pensée avec encore plus de clarté. Il est impossible d'oublier une seule minute qu'il s'agissait d'une guerre entre deux Etats bourgeois. Ainsi le dénominateur de classe était commun aux deux camps. On ne pouvait donc décider de quel côté se trouvait le "moindre mal" -dans la mesure où l'histoire laissait le choix- qu'en fonction de facteurs complémentaires. Du côté des Allemands il s'agissait de créer un Etat bourgeois national, comme arène de l'économie et de la culture. L'Etat national constituait alors un facteur historique progressiste. Dans cette mesure Marx et Engels se tenaient du côté des Allemands, malgré le Hohenzollern et ses junkers. L'annexion de l'Alsace et de la Lorraine brisait le principe de l'Etat national, tant vis-à-vis de la France que vis-à-vis de l'Allemagne et préparait la guerre de revanche. Il est naturel que Marx et Engels se soient alors brutalement retournés contre la Prusse. Ils ne risquaient pas en cela de rendre service à un système économique inférieur face à un système supérieur, les rapports bourgeois, je le rappelle, dominant dans les deux camps. Si la France, en 1870, avait été un Etat ouvrier, Marx et Engels se seraient trouvés de son côté dès le début du conflit puisque -on éprouve quelque malaise à le rappeler- le critère de classe dirigeait toute leur activité.

(...) Il est superflu d'ajouter que le rôle du Hohenzollern dans la guerre de 1870-71 ne justifiait nullement le rôle historique général de la dynastie, ni son existence même. Fin de l'extrait.

En 2011, 140 ans plus tard il ne restera plus rien de ces "leçons extraordinairement instructives" au sein du mouvement ouvrier français (notamment).

Que Kadhafi ait incarné l'unité et la souveraineté de la Lybie, le pays le plus développé du continent africain, qu'Assad ait incarné une république laïque et un des pays les plus développés du Proche-Orient, face à des régimes monarchiques, féodaux, archaïques, de terribles dictatures pratiquant la charia, alors que ces deux Etats indépendants et souverains résisteront à l'impérialisme américain prêt à les détruire, à les disloquer si nécessaire en recourant à une horde de barbares sanguinaires pour parvenir à ses fins, les dirigeants du mouvement ouvrier de tous les partis sans exception reproduiront le discours des représentants de la réaction en présentant leurs chefs d'Etat comme de terribles dictateurs à la tête de régimes tyranniques.

Les dirigeants de tous les partis sans exception du mouvement ouvrier ne tiendront pas compte non plus que Kadhafi et Assad bénéficiaient du soutien de l'immense majorité de leurs peuples. A aucun moment ils ne produiront une analyse sur la situation en Libye et en Syrie sur la base des rapports existant entre les classes dans ces pays en les reliant au développement du capitalisme mondial.

Pire, à l'instar des représentants des puissances occidentales et des médias ils pratiqueront l'autocensure en refusant d'utiliser les arguments ou les faits en leur possession qui leur auraient permis de démonter la propagande de guerre de Washington, Bruxelles et de l'OTAN.

Un grand nombre de commentateurs bourgeois se sont demandés pourquoi contrairement à autrefois quand des pays dominés étaient agressés par des pays dominants le mouvement ouvrier international se mobilisait au côté des pays dominés agressés par des impérialistes, ou lorsque que des pays luttaient pour conquérir leur indépendance ou leur souveraineté, de nos jours il les abandonnait à leur triste sort, sans pouvoir répondre à cette question, puisqu'il leur aurait fallu mettre en lumière que le mouvement ouvrier international était totalement corrompu à quelques exceptions près marginales, et qu'il était complice des impérialistes intervenant militairement en Libye et en Syrie.

En résumé, les dirigeants de tous les tous les partis sans exception du mouvement ouvrier se livreront au double langage habituel, consistant à dénoncer une agression impérialiste tout en reprenant à leur compte les arguments des représentants de l'impérialisme qui la justifiaient ainsi, de sorte que l'ensemble de ces arguments se neutralisaient réciproquement et laissait le champs libre au camp du plus puissant, au camp de la guerre, ce qui explique pourquoi ils se mirent dans une situation qui ne leur permettait pas de mobiliser les masses au côté des peuples libyen et syriens contre ces guerres néocolonialistes, pour peu qu'ils en aient eu l'intention un jour, ce dont on est en droit de douter fortement au regard de cette expérience.

Cette méthode du double langage et jeu était fort pratique ou présentait l'avantage de laisser à chaque militant ou travailleur l'opportunité d'interpréter la situation en fonction de ses intérêts individuels et non en se situant sur le terrain de la lutte des classes, ce qu'ils ignoreront évidemment. Comment, en s'appuyant sur l'un de ces arguments contradictoires de manière à diviser le mouvement ouvrier, à le paralyser, mieux, de sorte qu'aucune tendance ne s'en dégage, ce qui offrirait pas la suite l'opportunité à ses dirigeants de manoeuvrer ou d'instrumentaliser les conclusions de ces guerres à leur profit sans scrupule et pratiquement sans risque, puisque militants et travailleurs n'y ayant rien compris continueront de se faire manipuler. Il suffira d'invoquer la situation en France ou de reporter sur les travailleurs leur propre impuissance ou trahison et le tour sera joué.

Les dirigeants de tous les partis sans exception du mouvement ouvrier ont ainsi trahi le principe de l'internationalisme prolétarien, du droit des peuples à l'autodétermination, et démontré si nécessaire qu'ils avaient bien rompu avec le marxisme et le socialisme dont ils continuent de se réclamer.

Défense du marxisme

Tendance historique de l’accumulation capitaliste.

Extrait du Capital. (K. Marx - F. Engels 1867)

Chapitre XXXII : Tendance historique de l’accumulation capitaliste

Ainsi donc ce qui gît au fond de l'accumulation primitive du capital, au fond de sa genèse historique, c'est l'expropriation du producteur immédiat, c'est la dissolution de la propriété fondée sur le travail personnel de son possesseur.

La propriété privée, comme antithèse de la propriété collective, n’existe que là où les instruments et les autres conditions extérieures du travail appartiennent à des particuliers. Mais selon que ceux-ci sont les travailleurs ou les non-travailleurs, la propriété privée change de face. Les formes infiniment nuancées qu'elle affecte à première vue ne font que réfléchir les états intermédiaires entre ces deux extrêmes.

La propriété privée du travailleur sur les moyens de son activité productive est le corollaire de la petite industrie, agricole ou manufacturière, et celle-ci constitue la pépinière de la production sociale, l'école où s'élaborent l'habileté manuelle, l'adresse ingénieuse et la libre individualité du travailleur. Certes, ce mode de production se rencontre au milieu de l'esclavage, du servage et d'autres états de dépendance. Mais il ne prospère, il ne déploie toute son énergie, il ne revêt sa forme intégrale et classique que là où le travailleur est le propriétaire libre des conditions de travail qu'il met lui-même en oeuvre, le paysan, du sol qu'il cultive, l'artisan, de l'outillage qu'il manie, comme le virtuose, de son instrument.

Ce régime industriel de petits producteurs indépendants, travaillant à leur compte, présuppose le morcellement du sol et l'éparpillement des autres moyens de production. Comme il en exclut la concentration, il exclut aussi la coopération sur une grande échelle, la subdivision de la besogne dans l'atelier et aux champs, le machinisme, la domination savante de l'homme sur la nature, le libre développement des puissances sociales du travail, le concert et l'unité dans les fins, les moyens et les efforts de l'activité collective. Il n'est compatible qu'avec un état de la production et de la société étroitement borné. L'éterniser, ce serait, comme le dit pertinemment Pecqueur, « décréter la médiocrité en tout ». Mais, arrivé à un certain degré, il engendre de lui-même les agents matériels de sa dissolution. A partir de ce moment, des forces et des passions qu'il comprime, commencent à s'agiter au sein de la société. Il doit être, il est anéanti. Son mouvement d'élimination transformant les moyens de production individuels et épars en moyens de production socialement concentrés, faisant de la propriété naine du grand nombre la propriété colossale de quelquesuns, cette douloureuse, cette épouvantable expropriation du peuple travailleur, voilà les origines, voilà la genèse du capital. Elle embrasse toute une série de procédés violents, dont nous n'avons passé en revue que les plus marquants sous le titre de méthodes d'accumulation primitive.

L'expropriation des producteurs immédiats s'exécute avec un vandalisme impitoyable qu'aiguillonnent les mobiles les plus infâmes, les passions les plus sordides et les plus haïssables dans leur petitesse. La propriété privée, fondée sur le travail personnel, cette propriété qui soude pour ainsi dire le travailleur isolé et autonome aux conditions extérieures du travail, va être supplantée par la propriété privée capitaliste, fondée sur l'exploitation du travail d'autrui, sur le salariat (81).

Dès que ce procès de transformation a décomposé suffisamment et de fond en comble la vieille société, que les producteurs sont changés en prolétaires, et leurs conditions de travail, en capital, qu'enfin le régime capitaliste se soutient par la seule force économique des choses, alors la socialisation ultérieure du travail, ainsi que la métamorphose progressive du sol et des autres moyens de production en instruments socialement exploités, communs, en un mot, l'élimination ultérieure des propriétés privées, va revêtir une nouvelle forme. Ce qui est maintenant à exproprier, ce n'est plus le travailleur indépendant, mais le capitaliste, le chef d'une armée ou d'une escouade de salariés.

Cette expropriation s'accomplit par le jeu des lois immanentes de la production capitaliste, lesquelles aboutissent à la concentration des capitaux. Corrélativement à cette centralisation, à l'expropriation du grand nombre des capitalistes par le petit, se développent sur une échelle toujours croissante l'application de la science à la technique, l'exploitation de la terre avec méthode et ensemble, la transformation de l'outil en instruments puissants seulement par l'usage commun, partant l'économie des moyens de production, l'entrelacement de tous les peuples dans le réseau du marché universel, d'où le caractère international imprimé au régime capitaliste. A mesure que diminue le nombre des potentats du capital qui usurpent et monopolisent tous les avantages de cette période d'évolution sociale, s'accroissent la misère, l'oppression, l'esclavage, la dégradation, l'exploitation, mais aussi la résistance de la classe ouvrière sans cesse grossissante et de plus en plus disciplinée, unie et organisée par le mécanisme même de la production capitaliste. Le monopole du capital devient une entrave pour le mode de production qui a grandi et prospéré avec lui et sous ses auspices. La socialisation du travail et la centralisation de ses ressorts matériels arrivent à un point où elles ne peuvent plus tenir dans leur enveloppe capitaliste. Cette enveloppe se brise en éclats. L'heure de la propriété capitaliste a sonné. Les expropriateurs sont à leur tour expropriés (82).

L'appropriation capitaliste, conforme au mode de production capitaliste, constitue la première négation de cette propriété privée qui n'est que le corollaire du travail indépendant et individuel. Mais la production capitaliste engendre elle-même sa propre négation avec la fatalité qui préside aux métamorphoses de la nature. C'est la négation de la négation. Elle rétablit non la propriété privée du travailleur, mais sa propriété individuelle, fondée sur les acquêts de, l'ère capitaliste, sur la coopération et la possession commune de tous les moyens de production, y compris le sol.

Pour transformer la propriété privée et morcelée, objet du travail individuel, en propriété capitaliste, il a naturellement fallu plus de temps, d'efforts et de peines que n'en exigera la métamorphose en propriété sociale de la propriété capitaliste, qui de fait repose déjà sur un mode de production collectif. Là, il s'agissait de l'expropriation de la masse par quelques usurpateurs; ici, il s'agit de l'expropriation de quelques, usurpateurs par la masse. (K . Marx : Le Capital - Livre I – Section VIII)

(81) « Nous sommes... dans une condition tout à fait nouvelle de la société... nous tendons à séparer complètement toute espèce de propriété d'avec toute espèce de travail. » (Sismondi : Nouveaux principes de l’Econ. polit., t. Il, p. 434.)

(82) « Le progrès de l'industrie, dont la bourgeoisie est l'agent sans volonté propre et sans résistance, substitue à l'isolement des ouvriers, résultant de leur concurrence, leur union révolutionnaire par l'association. Ainsi, le développement de la grande industrie sape, sous les pieds de la bourgeoisie, le terrain même sur lequel elle a établi son système de production et d'appropriation. Avant tout, la bourgeoisie produit ses propres fossoyeurs. Sa chute et la victoire du prolétariat sont également inévitables. De toutes les classes qui, à l'heure présente, s'opposent à la bourgeoisie, le prolétariat seul est une classe vraiment révolutionnaire. Les autres classes périclitent et périssent avec la grande industrie; le prolétariat, au contraire, en est le produit le plus authentique. Les classes moyennes, petits fabricants, détaillants, artisans, paysans, tous combattent la bourgeoisie parce qu'elle est une menace pour leur existence en tant que classes moyennes. Elles ne sont donc pas révolutionnaires, mais conservatrices; bien plus elles sont réactionnaires. elles cherchent à faire tourner à l'envers la roue de l'histoire. » (Karl Marx et Friedrich Engels : Manifeste du Parti communiste, Lond., 1847 p. 9, 11.)

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Défense du marxisme

Leur morale de classe et la nôtre.

Friedrich Engels (1878) : Anti-Duhring

Chapitre IX :: La morale et le droit.. Vérités éternelles. Extrait.

... le bien et le mal. Cette opposition se meut exclusivement sur le terrain moral, donc dans un domaine qui appartient à l'histoire des hommes, et c'est ici que les vérités définitives en dernière analyse sont le plus clairsemées. De peuple à peuple, de période à période, les idées de bien et de mal ont tant changé que souvent elles se sont carrément contredites. - Mais, objectera-t-on, le bien n'est pourtant pas le mal, le mal pas le bien; si le bien et le mal sont mis dans le même sac, c'est la fin de toute moralité et chacun peut agir à sa guise. - Telle est aussi, dépouillée de toute solennité sibylline, l'opinion de M. Dühring. Mais la chose ne se règle tout de même pas si simplement. Si c'était aussi simple, on ne disputerait pas du bien et du mal, chacun saurait ce qui est bien et ce qui est mal. Mais qu'en est-il à présent ? Quelle morale nous prêche-t-on aujourd'hui ? C'est d'abord la morale féodale chrétienne, héritage de la foi des siècles passés, qui se divise essentiellement à son tour en une morale catholique et une morale protestante, ce qui n'empêche pas derechef des subdivisions allant de la morale catholico-jésuite et de la morale protestante orthodoxe jusqu'à la morale latitudinaire. A côté de cela figure la morale bourgeoise moderne, puis derechef à côté de celle-ci la morale de l'avenir, celle du prolétariat, de sorte que rien que dans les pays les plus avancés d'Europe, le passé, le présent et l'avenir fournissent trois grands groupes de théories morales qui sont valables simultanément et à côté l'une de l'autre. Quelle est donc la vraie ? Aucune, au sens d'un absolu définitif; mais la morale qui possède le plus d'éléments prometteurs de durée est sûrement celle qui, dans le présent, représente le bouleversement du présent, l'avenir, c'est donc la morale prolétarienne.

Dès lors que nous voyons les trois classes de la société moderne, l'aristocratie féodale, la bourgeoisie et le prolétariat, avoir chacune sa morale particulière, nous ne pouvons qu'en tirer la conclusion que, consciemment ou inconsciemment, les hommes puisent en dernière analyse leurs conceptions morales dans les rapports pratiques sur lesquels se fonde leur situation de classe, - dans les rapports économiques dans lesquels ils produisent et échangent.

Cependant, dans les trois théories morales citées ci-dessus, il y a maintes choses communes à toutes les trois : ne serait-ce pas là un fragment de la morale fixée une fois pour toutes ? Ces théories morales représentent trois stades différents de la même évolution historique, elles ont donc un arrière-plan historique commun et par suite, nécessairement, beaucoup d'éléments communs . Plus encore. A des stades de développement économique semblables, ou à peu près semblables, les théories morales doivent nécessairement concorder plus ou moins. Dès l'instant où la propriété privée des objets mobiliers s'était développée, il fallait bien que toutes les sociétés où cette propriété privée prévalait eussent en commun le commandement moral : tu ne voleras point. Est-ce que par là ce commandement devient un commandement moral éternel ? Nullement. Dans une société où les motifs de vol sont éliminés, où par conséquent, à la longue, les vols ne peuvent être commis que par des aliénés, comme on rirait du prédicateur de morale qui voudrait proclamer solennellement la vérité éternelle : Tu ne voleras point !

C'est pourquoi nous repoussons toute prétention de nous imposer quelque dogmatisme moral que ce soit comme loi éthique éternelle, définitive, désormais immuable, sous le prétexte que le monde moral a lui aussi ses principes permanents qui sont au-dessus de l'histoire et des différences nationales. Nous affirmons, au contraire, que toute théorie morale du passé est, en dernière analyse, le produit de la situation économique de la société de son temps. Et de même que la société a évolué jusqu'ici dans des oppositions de classes, la morale a été constamment une morale de classe; ou bien elle justifiait la domination et les intérêts de la classe dominante, ou bien elle représentait, dès que la classe opprimée devenait assez puissante, la révolte contre cette domination et les intérêts d'avenir des opprimés. Qu'avec cela, il se soit en gros effectué un progrès, pour la morale comme pour toutes les autres branches de la connaissance humaine, on n'en doute pas. Mais nous n'avons pas encore dépassé la morale de classe. Une morale réellement humaine, placée au-dessus des oppositions de classe et de leur souvenir, ne devient possible qu'à un niveau de la société où on a non seulement vaincu, mais oublié pour la pratique de la vie, l'opposition des classes. Que l'on mesure maintenant la présomption de M. Dühring qui, du sein de la vieille société de classes, prétend, à la veille d'une révolution sociale, imposer à la société sans classes de l'avenir une morale éternelle, indépendante du temps et des transformations du réel ! A supposer même, - ce que nous ignorons jusqu'à présent, - qu'il comprenne tout au moins dans ses lignes fondamentales la structure de cette société future.

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Pourquoi le socialisme ? par Albert Einstein (1949)

Est-il convenable qu’un homme qui n’est pas versé dans les questions économiques et sociales exprime des opinions au sujet du socialisme ? Pour de multiples raisons je crois que oui.

Considérons d’abord la question au point de vue de la connaissance scientifique. Il pourrait paraître qu’il n’y ait pas de différences méthodologiques essentielles entre l’astronomie, par exemple, et l’économie : les savants dans les deux domaines essaient de découvrir les lois généralement acceptables d’un groupe déterminé de phénomènes, afin de rendre intelligibles, d’une manière aussi claire que possible, les relations réciproques existant entre eux. Mais en réalité de telles différences existent. La découverte de lois générales en économie est rendue difficile par la circonstance que les phénomènes économiques observés sont souvent influencés par beaucoup de facteurs qu’il est très difficile d’évaluer séparément. En outre, l’expérience accumulée depuis le commencement de la période de l’histoire humaine soi-disant civilisée a été — comme on le sait bien — largement influencée et délimitée par des causes qui n’ont nullement un caractère exclusivement économique. Par exemple, la plupart des grands États dans l’histoire doivent leur existence aux conquêtes. Les peuples conquérants se sont établis, légalement et économiquement, comme classe privilégiée du pays conquis. Ils se sont attribués le monopole de la terre et ont créé un corps de prêtres choisis dans leur propre rang. Les prêtres, qui contrôlèrent l’éducation, érigèrent la division de la société en classes en une institution permanente et créèrent un système de valeurs par lequel le peuple fut dès lors, en grande partie inconsciemment, guidé dans son comportement social.

Mais la tradition historique date pour ainsi dire d’hier ; nulle part nous n’avons dépassé ce que Thorstein Veblen appelait « la phase de rapine » du développement humain. Les faits économiques qu’on peut observer appartiennent à cette phase et les lois que nous pouvons en déduire ne sont pas applicables à d’autres phases. Puisque le but réel du socialisme est de dépasser la phase de rapine du développement humain et d’aller en avant, la science économique dans son état actuel peut projeter peu de lumière sur la société socialiste de l’avenir.

En second lieu, le socialisme est orienté vers un but éthico-social. Mais la science ne peut pas créer des buts, encore moins peut-elle les faire pénétrer dans les êtres humains ; la science peut tout au plus fournir les moyens par lesquels certains buts peuvent être atteints. Mais les buts mêmes sont conçus par des personnalités animées d’un idéal moral élevé et — si ces buts ne sont pas mort-nés, mais vivants et vigoureux — sont adoptés et portés en avant par ces innombrables êtres humains qui, à demi inconscients, déterminent la lente évolution de la société.

Pour ces raisons nous devrions prendre garde de ne pas surestimer la science et les méthodes scientifiques quand il s’agit de problèmes humains ; et nous ne devrions pas admettre que les spécialistes soient les seuls qui aient le droit de s’exprimer sur des questions qui touchent à l’organisation de la société.

D’innombrables voix ont affirmé, il n’y a pas longtemps, que la société humaine traverse une crise, que sa stabilité a été gravement troublée. Il est caractéristique d’une telle situation que des individus manifestent de l’indifférence ou, même, prennent une attitude hostile à l’égard du groupe, petit ou grand, auquel ils appartiennent. Pour illustrer mon opinion je veux évoquer ici une expérience personnelle. J’ai récemment discuté avec un homme intelligent et d’un bon naturel sur la menace d’une autre guerre, qui, à mon avis, mettrait sérieusement en danger l’existence de l’humanité, et je faisais remarquer que seule une organisation supranationale offrirait une protection contre ce danger. Là-dessus mon visiteur me dit tranquillement et froidement : « Pourquoi êtes-vous si sérieusement opposé à la disparition de la race humaine ? »

Je suis sûr que, il y a un siècle, personne n’aurait si légèrement fait une affirmation de ce genre. C’est l’affirmation d’un homme qui a vainement fait des efforts pour établir un équilibre dans son intérieur et qui a plus ou moins perdu l’espoir de réussir. C’est l’expression d’une solitude et d’un isolement pénibles dont tant de gens souffrent de nos jours. Quelle en est la cause ? Y a-t-il un moyen d’en sortir ?

Il est facile de soulever des questions pareilles, mais il est difficile d’y répondre avec tant soit peu de certitude. Je vais néanmoins essayer de le faire dans la mesure de mes forces, bien que je me rende parfaitement compte que nos sentiments et nos tendances sont souvent contradictoires et obscurs et qu’ils ne peuvent pas être exprimés dans des formules aisées et simples.

L’homme est en même temps un être solitaire et un être social. Comme être solitaire il s’efforce de protéger sa propre existence et celle des êtres qui lui sont le plus proches, de satisfaire ses désirs personnels et de développer ses facultés innées. Comme être social il cherche à gagner l’approbation et l’affection de ses semblables, de partager leurs plaisirs, de les consoler dans leurs tristesses et d’améliorer leurs conditions de vie. C’est seulement l’existence de ces tendances variées, souvent contradictoires, qui explique le caractère particulier d’un homme, et leur combinaison spécifique détermine dans quelle mesure un individu peut établir son équilibre intérieur et contribuer au bien-être de la société. Il est fort possible que la force relative de ces deux tendances soit, dans son fond, fixée par l’hérédité. Mais la personnalité qui finalement apparaît est largement formée par le milieu où elle se trouve par hasard pendant son développement, par la structure de la société dans laquelle elle grandit, par la tradition de cette société et son appréciation de certains genres de comportement. Le concept abstrait de « société » signifie pour l’individu humain la somme totale de ses relations, directes et indirectes, avec ses contemporains et les générations passées. Il est capable de penser, de sentir, de lutter et de travailler par lui-même, mais il dépend tellement de la société — dans son existence physique, intellectuelle et émotionnelle — qu’il est impossible de penser à lui ou de le comprendre en dehors du cadre de la société. C’est la « société » qui fournit à l’homme la nourriture, les vêtements, l’habitation, les instruments de travail, le langage, les formes de la pensée et la plus grande partie du contenu de la pensée ; sa vie est rendue possible par le labeur et les talents de millions d’individus du passé et du présent, qui se cachent sous ce petit mot de « société ».

Il est, par conséquent, évident que la dépendance de l’individu à la société est un fait naturel qui ne peut pas être supprimé — exactement comme dans le cas des fourmis et des abeilles. Cependant, tandis que tout le processus de la vie des fourmis et des abeilles est fixé, jusque dans ses infimes détails, par des instincts héréditaires rigides, le modèle social et les relations réciproques entre les êtres humains sont très variables et susceptibles de changement. La mémoire, la capacité de faire de nouvelles combinaisons, le don de communication orale ont rendu possibles des développements parmi les êtres humains qui ne sont pas dictés par des nécessités biologiques. De tels développements se manifestent dans les traditions, dans les institutions, dans les organisations, dans la littérature, dans la science, dans les réalisations de l’ingénieur et dans les œuvres d’art. Ceci explique comment il arrive que l’homme peut, dans un certain sens, influencer sa vie par sa propre conduite et comment, dans ce processus, la pensée et le désir conscients peuvent jouer un rôle.

L’homme possède à sa naissance, par hérédité, une constitution biologique que nous devons considérer comme fixe et immuable, y compris les impulsions naturelles qui caractérisent l’espèce humaine. De plus, pendant sa vie il acquiert une constitution culturelle qu’il reçoit de la société par la communication et par beaucoup d’autres moyens d’influence. C’est cette constitution culturelle qui, dans le cours du temps, est sujette au changement et qui détermine, à un très haut degré, les rapports entre l’individu et la société. L’anthropologie moderne nous a appris, par l’investigation des soi-disant cultures primitives, que le comportement social des êtres humains peut présenter de grandes différences, étant donné qu’il dépend des modèles de culture dominants et des types d’organisation qui prédominent dans la société. C’est là-dessus que doivent fonder leurs espérances tous ceux qui s’efforcent d’améliorer le sort de l’homme : les êtres humains ne sont pas, par suite de leur constitution biologique, condamnés à se détruire mutuellement ou à être à la merci d’un sort cruel qu’ils s’infligent eux-mêmes.

Si nous nous demandons comment la structure de la société et l’attitude culturelle de l’homme devraient être changées pour rendre la vie humaine aussi satisfaisante que possible, nous devons constamment tenir compte du fait qu’il y a certaines conditions que nous ne sommes pas capables de modifier. Comme nous l’avons déjà mentionné plus haut, la nature biologique de l’homme n’est point, pour tous les buts pratiques, sujette au changement. De plus, les développements technologiques et démographiques de ces derniers siècles ont créé des conditions qui doivent continuer. Chez des populations relativement denses, qui possèdent les biens indispensables à leur existence, une extrême division du travail et une organisation de production très centralisée sont absolument nécessaires. Le temps, qui, vu de loin, paraît si idyllique, a pour toujours disparu où des individus ou des groupes relativement petits pouvaient se suffire complètement à eux-mêmes. On n’exagère pas beaucoup en disant que l’humanité constitue à présent une communauté planétaire de production et de consommation.

Je suis maintenant arrivé au point où je peux indiquer brièvement ce qui constitue pour moi l’essence de la crise de notre temps. Il s’agit du rapport entre l’individu et la société. L’individu est devenu plus conscient que jamais de sa dépendance à la société. Mais il n’éprouve pas cette dépendance comme un bien positif, comme une attache organique, comme une force protectrice, mais plutôt comme une menace pour ses droits naturels, ou même pour son existence économique. En outre, sa position sociale est telle que les tendances égoïstes de son être sont constamment mises en avant, tandis que ses tendances sociales qui, par nature, sont plus faibles, se dégradent progressivement. Tous les êtres humains, quelle que soit leur position sociale, souffrent de ce processus de dégradation. Prisonniers sans le savoir de leur propre égoïsme, ils se sentent en état d’insécurité, isolés et privés de la naïve, simple et pure joie de vivre. L’homme ne peut trouver de sens à la vie, qui est brève et périlleuse, qu’en se dévouant à la société.

L’anarchie économique de la société capitaliste, telle qu’elle existe aujourd’hui, est, à mon avis, la source réelle du mal. Nous voyons devant nous une immense société de producteurs dont les membres cherchent sans cesse à se priver mutuellement du fruit de leur travail collectif — non pas par la force, mais, en somme, conformément aux règles légalement établies. Sous ce rapport, il est important de se rendre compte que les moyens de la production — c’est-à-dire toute la capacité productive nécessaire pour produire les biens de consommation ainsi que, par surcroît, les biens en capital — pourraient légalement être, et sont même pour la plus grande part, la propriété privée de certains individus.

Pour des raisons de simplicité je veux, dans la discussion qui va suivre, appeler « ouvriers » tous ceux qui n’ont point part à la possession des moyens de production, bien que cela ne corresponde pas tout à fait à l’emploi ordinaire du terme. Le possesseur des moyens de production est en état d’acheter la capacité de travail de l’ouvrier. En se servant des moyens de production, l’ouvrier produit de nouveaux biens qui deviennent la propriété du capitaliste. Le point essentiel dans ce processus est le rapport entre ce que l’ouvrier produit et ce qu’il reçoit comme salaire, les deux choses étant évaluées en termes de valeur réelle. Dans la mesure où le contrat de travail est « libre », ce que l’ouvrier reçoit est déterminé, non pas par la valeur réelle des biens qu’il produit, mais par le minimum de ses besoins et par le rapport entre le nombre d’ouvriers dont le capitaliste a besoin et le nombre d’ouvriers qui sont à la recherche d’un emploi. Il faut comprendre que même en théorie le salaire de l’ouvrier n’est pas déterminé par la valeur de son produit.

Le capital privé tend à se concentrer en peu de mains, en partie à cause de la compétition entre les capitalistes, en partie parce que le développement technologique et la division croissante du travail encouragent la formation de plus grandes unités de production aux dépens des plus petites. Le résultat de ces développements est une oligarchie de capitalistes dont la formidable puissance ne peut effectivement être refrénée, pas même par une société qui a une organisation politique démocratique. Ceci est vrai, puisque les membres du corps législatif sont choisis par des partis politiques largement financés ou autrement influencés par les capitalistes privés qui, pour tous les buts pratiques, séparent le corps électoral de la législature. La conséquence en est que, dans le fait, les représentants du peuple ne protègent pas suffisamment les intérêts des moins privilégiés. De plus, dans les conditions actuelles, les capitalistes contrôlent inévitablement, d’une manière directe ou indirecte, les principales sources d’information (presse, radio, éducation). Il est ainsi extrêmement difficile pour le citoyen, et dans la plupart des cas tout à fait impossible, d’arriver à des conclusions objectives et de faire un usage intelligent de ses droits politiques.

La situation dominante dans une économie basée sur la propriété privée du capital est ainsi caractérisée par deux principes importants : premièrement, les moyens de production (le capital) sont en possession privée et les possesseurs en disposent comme ils le jugent convenable ; secondement, le contrat de travail est libre. Bien entendu, une société capitaliste pure dans ce sens n’existe pas. Il convient de noter en particulier que les ouvriers, après de longues et âpres luttes politiques, ont réussi à obtenir pour certaines catégories d’entre eux une meilleure forme de « contrat de travail libre ». Mais, prise dans son ensemble, l’économie d’aujourd’hui ne diffère pas beaucoup du capitalisme « pur ».

La production est faite en vue du profit et non pour l’utilité. Il n’y a pas moyen de prévoir que tous ceux qui sont capables et désireux de travailler pourront toujours trouver un emploi ; une « armée » de chômeurs existe déjà. L’ouvrier est constamment dans la crainte de perdre son emploi. Et puisque les chômeurs et les ouvriers mal payés sont de faibles consommateurs, la production des biens de consommation est restreinte et a pour conséquence de grands inconvénients. Le progrès technologique a souvent pour résultat un accroissement du nombre des chômeurs plutôt qu’un allégement du travail pénible pour tous. L’aiguillon du profit en conjonction avec la compétition entre les capitalistes est responsable de l’instabilité dans l’accumulation et l’utilisation du capital, qui amène des dépressions économiques de plus en plus graves. La compétition illimitée conduit à un gaspillage considérable de travail et à la mutilation de la conscience sociale des individus dont j’ai fait mention plus haut.

Je considère cette mutilation des individus comme le pire mal du capitalisme. Tout notre système d’éducation souffre de ce mal. Une attitude de compétition exagérée est inculquée à l’étudiant, qui est dressé à idolâtrer le succès de l’acquisition comme une préparation à sa carrière future.

Je suis convaincu qu’il n’y a qu’un seul moyen d’éliminer ces maux graves, à savoir, l’établissement d’une économie socialiste, accompagnée d’un système d’éducation orienté vers des buts sociaux. Dans une telle économie, les moyens de production appartiendraient à la société elle-même et seraient utilisés d’une façon planifiée. Une économie planifiée, qui adapte la production aux besoins de la société, distribuerait le travail à faire entre tous ceux qui sont capables de travailler et garantirait les moyens d’existence à chaque homme, à chaque femme, à chaque enfant. L’éducation de l’individu devrait favoriser le développement de ses facultés innées et lui inculquer le sens de la responsabilité envers ses semblables, au lieu de la glorification du pouvoir et du succès, comme cela se fait dans la société actuelle.

Il est cependant nécessaire de rappeler qu’une économie planifiée n’est pas encore le socialisme. Une telle économie pourrait être accompagnée d’un complet asservissement de l’individu. La réalisation du socialisme exige la solution de quelques problèmes socio-politiques extrêmement difficiles : comment serait-il possible, en face d’une centralisation extrême du pouvoir politique et économique, d’empêcher la bureaucratie de devenir toute-puissante et présomptueuse ? Comment pourrait-on protéger les droits de l’individu et assurer un contrepoids démocratique au pouvoir de la bureaucratie ?

La clarté au sujet des buts et des problèmes du socialisme est de la plus grande importance à notre époque de transition. Puisque, dans les circonstances actuelles, la discussion libre et sans entrave de ces problèmes a été soumise à un puissant tabou, je considère que la fondation de cette revue est un important service rendu au public. (http://www.monthlyreview.org/2009/05/01/why-socialism - LVOG)

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Réflexion.

Quand on lit ce document exceptionnel, on est agréablement surpris de constater que son auteur ait recouru à un type de discours, des mots, des figures de style ou des tournures d'esprit d'une telle simplicité, au point de le rendre accessible à la totalité de la population, sans pour autant atténuer sa pensée ou dénaturer, nuire à son objet.

A sa manière il a démontré qu'il était parfaitement possible de s'exprimer ou de défendre le socialisme, de s'adresser aux travailleurs autrement qu'en recourant à cette épouvantable terminologie politique dont font usage nos dirigeants. On doit préciser qu'en recourant exclusivement à la propagande - qui par ailleurs est indispensable, nos dirigeants et les militants passent pour des doctrinaires, des fanatiques auprès des travailleurs, ce qui a le don de les faire douter de leurs réelles intentions autant que leurs capacités à les réaliser. Les militants ne comprennent pas pourquoi très souvent les travailleurs manifestent leur accord avec eux, mais ne souhaitent pas s'engager à leur côté, un peu comme s'ils ne voulaient pas leur ressembler, sans d'ailleurs savoir précisément pourquoi, disons que leur inconscience leur dicte cette attitude de méfiance face à une menace qu'ils ne parviennent pas à discerner. On est en droit d'en conclure qu'ils recourent à la propagande parce qu'ils ne maîtrisent pas le matérialisme dialectique qui est finalement quelque chose de très simple, qui comme toutes les choses simples devrait s'énoncer simplement. La réalite ou la logique est bien cruelle, n'est-ce pas ? Et je n'y suis pour rien.

Einstein était tout simplement parti de constats ou de faits, en faisant ressortir la logique dont ils étaient le produit ou dans laquelle ils s'inscrivaient, pour en faire ressortir les contradictions et la manière dont elles pourraient être résolues, en somme une formidable démonstration du matérialisme dialectique.

Chacun aura apprécié l'idéal humaniste qui guida sa pensée ou sa vie. Enfin, ce n'est pas un hasard si Einstein a conclu ce texte en posant la question des problèmes que le socialisme aurait à résoudre, effleurant la dérive stalinienne qui allait s'avérer être pire qu'un "puissant tabou", la négation du socialisme.

On retiendra qu'un intellectuel, un scientifique était parvenu au milieu du XXe siècle à la compréhension du processus matérialiste dialectique, qui est à l'origine de l'évolution ou de la transformation de la matière, de la nature, des hommes, de la société que les marxistes avaient découvert et théorisé, et qu'il partagea leurs conclusions en prenant la défense du socialisme, à l'heure où ses pires fossoyeurs étaient tout puissants au sein du mouvement ouvrier international.