Portail actualisé le 22 septembre.......Une seule issue politique : Renouer avec le socialisme scientifique................ Le PS, un parti de droite, anti-ouvrier, antisocial, allié du FN, ultra sioniste, capitaliste, colonialiste, impérialiste, réactionnaire, un siècle de mystification, de mensonges, d'impostures, de guerres, de combat contre le socialisme. A bas le PS ! Rupture avec les appareils corrompus des syndicats !........


 



Documents disponibles dans cette page


VIDÉO : LE VRAI VISAGE DE MANUEL VALLS
VIDÉO : LA MONDIALISATION DE LA GUERRE - Mondialisation.ca
VIDÉO : SYRIE. QUAND LA VÉRITÉ COMMENCE A PERCER - France Inter.

HISTOIRE : LE SIONISME ET LE RÉGIME NAZI.
HISTOIRE : 14-18 : UNE VERSION CONFORME AU SOCIALISME

  Causerie. (22.09)

  Articles d'actualité.  (...)

  Les enseignements du marxisme.    (07.07.2016)


  CAUSERIE

   2016

Septembre du 1er au (...) au format html

Août
Juillet
Juin
Mai
Avril
Mars
Février
Janvier

2015 (2184 pages)
2014 (2104 pages)
2013 (2806 pages)
2012 (2317 pages)
2011 (1 728 pages)


   ARTICLES D'ACTUALITÉ
  LES ENSEIGNEMENTS DU MARXISME.

 - La dialectique ou la science des lois générales du mouvement et du développement
     de la nature, de la société humaine et de la pensée.. - (F. Engels - 1878)

 - Socialisme de juristes. - (F. Engels et K. Kautsky -1886)
 - L'impérialisme et la scission du socialisme . - (V. Lénine -1916)
 - Les deux bases capitalistes sur lesquelles repose le socialisme scientifique. - (F. Engels -1877)
 - Leur morale de classe et la nôtre. - (F. Engels -1878)
 - Tendance historique de l’accumulation capitaliste. - (K. Marx - F. Engels -1867)
 - Droit de l'homme contre droit du citoyen. - (K. Marx - 1843)

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 



Causerie

Le 22 septembre 2016

CAUSERIE

Remettre les pendules à l'heure prend du temps.

Cette causerie est aussi bordélique que celle du 9 septembre et je n'ai pas ni le courage ni le temps de la mettre en forme. Mettez-vous un instant à la place d'un homme au foyer, c'est déprimant parfois, mais jamais humiliant, vive les ménagères, quelles braves femmes, et au diable les féministes que j'enverrai bien trimer au fond d'une mine, égalité avec les hommes oblige ! Vous me connaissez, j'adore les femmes, propres seulement !

Depuis le 9 septembre j'ai cumulé les emmerdements : l'inverteur qui me fournit du courant par l'intermédiaire de deux batteries quand il y a une coupe d'électricité a brûlé lors d'un violent orage, tropical évidemment, c'est très exotique mais franchement je m'en passerais bien. J'ai attendu trois semaines la réparation, on me l'a enfin rapporté, mais quelques jours plus tard je me suis aperçu qu'il était brûlant parce que le ventilateur ne fonctionnaire, ils sont venus le reprendre il y a une semaine et depuis je téléphone chaque jour pour savoir où ils en sont, heureusement en attendant ils m'ont fourni un autre inverteur ; ensuite la machine à laver est tombée en panne pour la énième fois, j'ai réussi à la réparer ; après ce fut le tour du mixeur que j'ai réparé également ; j'ai pété mes lunettes de soleil, ici c'est indispensable puisque le soleil est au rendez-vous quotidiennement, sauf disons une trentaine de jours par an ; en me levant la nuit j'ai marché sur mon sac posé sur le sol et je les ai écrasées, quelle connerie vous avouerez, je deviens vieux ! des Ray Ban, un luxe ici, mais mes yeux n'ont pas de prix, donc je suis bon pour économiser pour m'en racheter une paire ; ma compagne Selvi est tombée malade, puis ce fut le tour de sa fille, son frère, bref, la galère car chaque fois Selvi se rend chez eux pendant plusieurs jours pour s'occuper de leurs gosses, faire le ménage, ils la prennent pour leur bonne, ce qui a le don de m'exaspérer, ils sont incapables de s'assumer, passons ; comme je le raconte plus loin je suis allé un nombre de fois incalculable à Pondichéry chez Reliance et Vodafone ; les trois avocats que j'avais contactés par courriel à Marseille et Aubagne pour s'occuper de l'affaire de mon épouse (dont je suis séparé) contre la Caf se sont désistés, j'en déduis que le monde judiciaire est bien pourri aussi, mais par chance la Caf ne lui réclame plus que 1.600 euros au lieu de 21.000, suite semble-t-il à tous les courriels que je leur avais adressés pour démontrer qu'elle n'était pas une fraudeuse et que la Caf était dans son tort, enfin, quand même une bonne nouvelle, un grand soulagement ; j'ai eu moins de succès dans l'affaire qui m'oppose au sale type qui m'avait volé 500.000 roupies, il a réussi à filer en douce en France il y a deux mois, parce mon abruti d'avocat n'a pas fait son boulot, depuis je l'ai recontacté par téléphone et SMS (texto) et j'attends toujours ses explications, une sérieuse prise de tête en perspective, il est aussi arriéré qu'un conducteur de rickshaw illettré ; et pour finir mes chèvres qui sont trois maintenant m'ont fait des misères, j'ai dû réhausser et consolider leur enclos fait de morceaux de bois et de ficelles qu'elles bouffent ! mais bon elles sont adorables et parfument agréablement l'atmosphère.

Et puis j'ai continué mes travaux et c'est encore loin d'être terminé, ce n'est franchement pas du luxe vous pouvez me croire, c'est juste pour ne pas avoir davantage d'emmerdements, je vous passe les détails. Quand on n'a pas de fric, le matériel et l'outillage adéquats, tout devient forcément très ou plus compliqué, mais bon cela force à faire preuve de patiente et d'imagination, ce qui ne veut pas dire que je le prenne toujours très bien pour être honnête.

1er sujet

Hollande vient à nouveau d'appeler à bombarder la Syrie à l'ONU, pendant que les Américains multiplient les provocations envers la Russie et affichent leur soutien aux barbares de Daesh en pilonnant une position de l'armée syrienne... Voilà qui rend urgent de s'organiser pour renverser cette dictature et instaurer la démocratie incompatible avec l'existence du capitalisme et l'intégralité de ses institutions.

L'heure de la République sociale universelle a sonné, elle doit devenir le cri de ralliement des exploités et des opprimés du monde entier. Prolétaires de tous les pays, vous êtes la majorité, vous êtes la démocratie, unissez-vous pour vaincre la dictature, en finir avec l'exploitation et la guerre.

2ème sujet

Epilogue à propos de l'opérateur Reliance.

Par curiosité, le 14 septembre je me suis rendu à l'agence où j'avais l'habitude d'aller, en réponse à mes questions une employée me répond que mon compte a été fermé, bonne nouvelle car cela signifie que je ne paierai pas leurs deux dernières factures. Ensuite elle me dit que Reliance ne propose plus de modem G4 au format USB et que si je veux m'en procurer un je dois aller dans un des magasins de téléphonie de Pondichéry. Je lui demande alors si la formule à 40 GB existe toujours, là elle me montre les nouveaux tarifs de Reliance, 1800 roupies pour 10 GB, alors que précédemment pour 40 GB je payais 1146 roupies taxes incluses, ce qui signifie que pour le même volume je devrais débourser 7200 roupies, 7200 roupies au lieu de 1146, c'est tellement dingue que j'ai éclaté de rire, c'était nerveux, je me suis dit quelle bande de gangsters, on est bien en oligarchie il n'y a pas de doute.

A défaut de faire payer l'accès à tous les services, ils augmentent les tarifs dans des proportions gigantesques ce qui revient au même.

Et depuis que je me suis abonné à Vodafone, ils ont coupé ma connexion 8 fois, soit 15 jours sur 29, et j'ai dû me rendre 7 fois à leur agence de Pondichéry. Tout cela parce que mon adresse ne comporte ni nom de rue ni de numéro, je leur ai montré le titre de propriété à mon nom mais cela ne leur a pas suffi, ils devaient envoyé un employé vérifier sur place que j'habitais bien à cet endroit-là, vous avouerez qu'on a vraiment à faire à des cinglés. En fait personne n'est venu et je viens de recevoir un message m'indiquant qu'ils statueraient sur mon cas le 26 septembre. Sinon je devrais verser une caution de 1.500 roupies, de mieux en mieux !

Hier on vivait bien sans Internet, et bien à partir de maintenant on réduira son usage au plus strict minimum, on s'en passera autant que faire se peut. Surtout ne faites pas la connerie de vous séparer de vos livres, disques, photos, etc. vous pourriez le regretter un jour.

Le téléphone et Internet entre autres avantages constituent une rente équivalente, garantie, gigantesque, inépuisable et plus sûre que le pétrole pour l'oligarchie, le jackpot du XXIe siècle en somme, à côté duquel le socialisme du XXIe siècle fait figure d'ectoplasme.

C'est aussi un extraordinaire moyen de surveillance ou de contrôle de la population, de divertissement ou d'abrutissement, de manipulation des masses et d'asservissement au règne de la nécessité, qui grignotte un peu plus chaque jour le peu de liberté qu'il nous restait encore avec le consentement de ses victimes inconscientes, et évidemment nous éloigne un peu plus davantage du règne de la liberté.

3ème sujet ou suite du précédent.

La civilisation humaine est entrée dans un état psychopathique profond, où elle poursuit inexorablement à vitesse accélérée sa désagrégation schizoïde (W. Reich) qui la conduit à sa désintégration finale, à défaut d'avoir eu la capacité de s'élever au-dessus de ses contradictions et de conquérir sa liberté. Ceux qui se revendiquent encore du socialisme feraient bien d'y réfléchir un jour, si ce n'est pas trop leur demander, à moins qu'ils considèrent qu'il est déjà trop tard, ce qu'on pourrait peut-être déduire du comportement de nos lecteurs, dans ce cas-là l'honnêteté commanderait qu'ils le déclarent.

A défaut de m'apportez votre soutien ou de partager mes convictions, ce que je ne vous demande même plus, vous aurez au moins constaté que les idées que je développe tranchent singulièrement tant sous l'angle sous lequel j'aborde certains sujets, que par l'imagination dont je fais preuve en puisant dans la réalité pour aller le plus loin possible dans mes analyses, afin d'éclaircir des questions qui nous concernent tous directement, avec la médiocrité des idées (ou discours) préformatées, prêtes-à-l'emploi, précuites, prédigérées, mille fois réchauffées, obsolètes, insipides ou indigestes que les partis ouvriers nous servent à longueur de temps, et qui traduisent un mode de pensée confus ou sclérosé, étranger au matérialisme dialectique, parce que leur intervention dans la lutte des classes leur est dictée uniquement par des intérêts ou objectifs immédiats, corporatistes ou institutionnels qui ne départent pas de l'orientation inconsciente du processus historique qui se déroule sous leurs yeux, et sur lequel dans ces conditions ils ne peuvent avoir aucune emprise, qu'ils accompagnent en acteurs impuissants, qui ne se traduit par aucune avancée vers le socialisme comme si le mouvement ouvrier et son avant-garde étaient condamnés à régresser indéfiniment, mille fois hélas !

La situation politique semble si inextricable au premier abord, qu'on conçoit très bien qu'il soit difficile de s'y retrouver ou qu'il soit facile de se méprendre sur la manière dont nous abordons certaines questions ou l'évolution de nos positions.

Là où certains auront la certitude d'avoir détecté des contradictions dans nos positions et s'empresseront de s'en délecter, je leur conseillerai amicalement de se hâter lentement sous peine de commettre une erreur de jugement, je vais en donner un exemple pour qu'on se comprenne bien.

Dans cette causerie je reviens à la charge sur la question de la démocratie qu'on a sans doute négligé, mais qu'à aucun moment on a traité en opportuniste. Il est exact que j'ai vivement vilipendé ceux qui la mettaient en avant, pourquoi, parce qu'ils le faisaient sans principe ou en ayant renié le marxisme pour uniquement gagner des adhérents de tous bords politiques, alors que contrairement à eux je conditionne la démocratie à la construction d'un nouveau parti communiste, à la révolution prolétarienne, au renversement du régime en place, à la prise du pouvoir par la classe ouvrière, ce qui figure nulle part dans le programme, les appels ou déclarations d'aucun parti.

Ce qui nous intéresse particulièrement dans la démocratie, c'est sa nature de classe. Voilà qui devrait rappeler quelques souvenirs aux trotskystes qui l'ont oublié depuis longtemps ou à tous ceux qui se réclament du marxisme, puisque c'est Marx qui en avait donné un contenu précis en la faisant coïncider avec la dictature du prolétariat honnie par les staliniens et bien entendu tous les représentants officiels ou non du capitalisme. Pour le vérifer, plus loin vous trouverez la citation extraite du Manifeste du parti communiste qu'avait repris Lénine dans l'Etat et la révolution.

Je préviens tout de suite les lecteurs que je n'ai pas la prétention d'avoir épuisé ce sujet dans cette causerie, d'ailleurs au fur et à mesure que je la relisais et que les jours passaient de nouveaux arguments n'ont cessé de me venir à l'esprit auxquels je n'ai pas encore eu le temps de réfléchir suffisamment pour les exposer ici. Disons que je vous propose une piste de réflexion.

J'ai bien conscience que mettre en avant ce mot d'ordre pose un certains nombres de questions ou difficultés d'ordre théorique, et plus nous nous poserons de questions mieux cela vaudra pour disposer d'une argumentation cohérente et sérieuse pour répondre à ceux qui tenteront de s'y opposer ou qui serait tentés de la récupérer pour la dénaturer ou la détourner de son objectif. L'idéal aurait été qu'un maximum de militants participent à cette discussion, mais hélas on sait par expérience qu'on ne peut compter sur personne, donc on avancera à notre rythme.

Tout le monde a employé dans le passé et emploie encore de nos jours la démocratie à toutes les sauces, pour parler de tout et de n'importe quoi, si nous nous comportions également de la sorte nous participerions à notre tour à sa dilution, alors que si on s'en tient à sa définition originelle à l'instar de Marx qui se l'était approprié pour définir la stratégie du mouvement ouvrier pour conquérir le pouvoir, on a besoin au contraire d'en donner une version concentrée, explosive pour le régime que l'on caractérisera simplement de dictature ou dictature du capital, des exploités comme vous voudrez, on peut adapter la formule en fonction de notre interlocuteur sans qu'elle soit dénaturée ou qu'elle perde en intensité.

Chacun comprendra qu'on ne puisse pas d'emblée avancer le mot d'ordre de la dictature du prolétariat. Les vieux travailleurs nous traiteraient de cinglés et les jeunes de dictateurs, en revanche ils adopteront volontiers la démocratie qui traduit les mêmes rapports entre les classes et sous-entend que le prolétariat serait devenu la classe dominante détenant tout le pouvoir, tandis que la classe des capitalistes occuperait la place correspondant à son rang, celle de la minorité une fois son pouvoir de nuisance sur la société neutralisée.

Conquérir la démocratie pose directement la question du pouvoir politique et de l'Etat, jusqu'à présent on se demandait comment on pouvait la poser sans tomber dans des formules qui consistaient à la plaquer plus ou moins maladroitement sur la situation, et bien voilà finalement c'était si facile qu'on était passé bêtement à côté.

Cela implique qu'attribuer une vertu démocratique à tel ou tel aspect du régime ou de la politique du gouvernement, du fonctionnement de telle ou telle institution relève de la démagogie ou de l'imposture politique et doit être absolument banni de nos discours, éradiqué de notre cerveau, ce qui ne sera pas facile pour les militants qui ne disposent pas forcément des arguments pour répondre à toutes les questions qu'une telle position engendrera forcément, d'où la nécessité d'y réfléchir encore et encore, à fond pour ne rien ne laisser au hasard, il en va de notre crédibilité.

Pour s'entraîner, les militants peuvent tailler en pièces les discours qui consistent à réclamer plus de démocratie, le respect de la démocratie, qui attribuent à tel ou tel acteur politique ou telle ou telle institution le rôle de gardien de la démocratie, l'ONU par exemple.

Comment expliquer très simplement en quelques mots que la démocratie n'a jamais existé et que prétendre le contraire est une erreur ou une escroquerie politique ne présente aucune difficulté en réalité.

Si par exemple on vous dit que le suffrage universelle est l'expression de la démocratie, après avoir rappelé la définition originelle de la démocratie, vous demanderez à votre interlocuteur lorsque la majorité des électeurs votent pour des candidats qui vont ensuite appliquer une politique allant contre les intérêts de la majorité du peuple, si ce n'est pas la preuve éclatante que la démocratie n'existe pas. Il sera bien obligé d'en convenir. Ensuite, si la majorité du peuple n'a pas voté pour les candidats qui incarnaient réellement les intérêts de la majorité du peuple, c'est que quelque chose les a empêché de voter pour eux, soit qu'il ne connaissaissait pas ces candidats, leurs programmes, soit qu'il ne disposait pas de la faculté de discernement suffisante pour distinguer en quelque sorte le vrai du faux ou les intérêts de quelle classe ils représentaient, ceux de la minorité guidée par le profit ou ceux de la majorité à laquelle appartiennent les travailleurs et qui se confondent avec ceux de la collectivité toute entière.

Dans tous les cas de figure il sera bien obligé de convenir sauf à être de mauvaise foi ou un crétin que la démocratie n'existe pas, parce que la majorité du peuple ou ses représentants n'ont jamais gouverné, ce qui présente l'avantage de renvoyer tous les partis qui ont gouverné jusqu'à présent dans le camp de la droite, de la réaction, de la minorité des exploiteurs, des capitalistes, là où on aurait dû les placer depuis des lustres, ce qu'on a eu la faiblesse de ne pas oser faire, erreur politique gravissime qui explique en grande partie pourquoi nous en sommes là aujourd'hui.

Si votre interlocuteur rejette cette argumentation, cela ne sert à rien de poursuivre la discussion avec lui, dites-lui tranquillement qu'il y réfléchisse à tête reposée et que vous êtes tout disposé à reprendre cette discussion avec lui le jour où il s'en tiendra strictement aux faits.

Si maintenant vous tombiez sur un interlocuteur qui vous objecterait que des mesures en faveur de la majorité ont été adoptées, vous pourrez toujours lui répondre qu'elles n'ont pas changé fondamentalement le sort des travailleurs qui continuent de subir injustement leur condition et mille difficultés de leur naissance jusqu'à leur mort. Toutes les mesures qu'ont adoptées les représentants de la classe dominante ont été, soit le produit de la lutte de classe du prolétariat, soit elles correspondaient aux besoins spécifiques du capitalisme pour se développer, ou encore elles ont servi à corriger des inégalités ou des injustices insupportables qui ternissaient l'image que le régime voulait donner de lui-même face à la menace du socialisme toujours en embuscade, la preuve, nous sommes toujours là pour le harceler et le renverser.

Il y a deux sortes d'interlocuteurs, ceux qui sont disposés à essayer de comprendre ce qui se passe et pourquoi nous en sommes arrivés là, avec eux il est possible de discuter, parce qu'ils veulent sincèrement progresser, et il y a ceux qui ne vous écouteront pas, qui ont réponse à tout, avec lesquels vous n'aurez qu'un monologue, parce que finalement ils s'accommodent très bien de leur condition et du régime, auquel ils vont s'employer à trouver un tas de vertus qui correspondent en réalité aux intérêts individuels qu'il leur accorde, ils souhaitent juste les conserver ou en obtenir d'autres et ils se foutent du reste, c'est perdre son temps que de discuter avec eux.

4ème sujet

- Pour imposer sa dictature la classe dominante dispose d'une batterie de moyens coercitifs de dissuasion ou de répression, plus sophistiqués, plus raffinés, plus sournois, plus étendus qu'autrefois, au point qu'on se demandera comment on a pu faire pour la reléguer au second plan ou pire l'édulcorer si longtemps, sinon pour avoir négligé les transformations de la société et s'être conformé à une caractérisation du régime de manière à ne pas choquer l'état d'esprit du petit-bourgeois qui sommeillait chez chaque travailleur ou militant embourgeoisé ou plus enclin au réformisme qu'au socialisme par ignorance, paresse ou lâcheté.

On entend généralement par dictature le comportement qui consiste à imposer à quelqu'un, un groupe d'individus, une couche de la population, une communauté, une classe, des mesures ou un mode de vie, un destin, une conception ou une orientation de la société qu'il n'a pas choisi tout en piétinant leurs droits, dont celui d'en décider librement autrement.

De nos jours, le comble du raffinement consiste à mettre les sciences et les technologies au service de la dictature du capital.

Celui qui ne possède pas ou ne maîtrise par l'ordinateur, Internet et le téléphone portable est pour ainsi exclu de la société ou ravalé au rang préhistorique du néandertalien, cela concerne plusieurs pans des masses exploitées, les travailleurs les plus âgés et les plus pauvres. Ces nouvelles contraintes conduisent malicieusement à enchaîner davantage les travailleurs dès le plus bas âge au capitalisme ou à un ordre, à une orientation de la société nuisible à leurs intérêts ou leur équilibre mental, mais parce qu'elles flattent leur individualisme et les distraient, elles acquièrent facilement leur consentement sans qu'il y ait besoin de recourir à la violence pour leur imposer.

En les harcelant de messages ou de publicités, d'offres commerciales, elles empiétent sur le peu de liberté qu'il leur restait, elles parviennent à pénétrer son intimité, ses idées, en exerçant un contrôle permanent sur les rapports qu'ils entretiennent avec le monde extérieur, de sorte qu'il devient un jeu d'enfants de les influencer, de formater leur conscience, de conditionner leur comportement à leur insu, de manière à ce qu'ils se fondent inconsciemment dans la société déshumanisée qu'on leur a réservée.

Voilà un des tours qu'a pris ou qu'a réalisé la dictature en resserrant toujours plus les mailles du filet qui étouffent les libertés individuelles, en vous rendant toujours plus dépendant du règne de la nécessité dont nous devons nous émanciper ou qui constitue l'objectif de notre combat politique.

5ème sujet

- L'existence du régime, donc la dictature, repose toujours sur l'ignorance ou l'arriération des masses qu'il lui faut entretenir en permanence pour qu'elles ne parviennent pas à prendre conscience de l'origine de leur condition. En soi ce constat pourrait suffire à affirmer qu'elles ne sont pas mûres pour la démocratie et encore moins pour le socialisme, en ce qui nous concerne c'est un fait d'une logique implacable, incontestable qui justifie nos tâches politiques et notre stratégie subordonnée à la construction du parti.

Vous constaterez qu'on ne se livre pas à une interprétation, on se contente d'un simple témoignage qu'on a quotidiennement sous les yeux, mais dont malheureusement on préfère généralement détourner le regard, car il a une portée qui vient heurter les convictions qu'on s'est forgé sans en tenir compte, parce que notre amour propre est mal placé ou on s'identifie aux idées qu'on a adoptées et auxquelles on s'accroche, même lorsqu'on a la preuve sous le nez qu'elles étaient erronées.

Au fur et à mesure du développement du capitalisme mondial, de la crise qui le mine inexorablement, la tension extrême de ses contradictions qui devait en découler ou qui en est l'expression devait laisser apparaître de plus en plus au grand jour, violemment et sans fioritures, sa véritable nature dictatoriale qu'on s'est employé à minimiser ou pire, avec laquelle on s'est finalement accommodé en abandonnant le socialisme au profit du réformisme bourgeois qui a forgé l'état d'esprit de la plupart des militants.

Il faut dire que caractériser le régime de dictature impliquait de modifier radicalement la plupart des rapports qu'on entretenait avec les différents acteurs ou partis politiques ainsi que les syndicats, l'Etat, les institutions, et que cette position aurait été beaucoup moins confortable que celle consistant à le parer de vertus démocratiques qui justifiait sans le reconnaître bien des compromissions honteuses, le révisonnisme du marxisme.

Quand les peuples colonisés se soulevèrent, c'est la violence ou la cruauté de leurs oppresseurs, l'aspect dictatorial des impérialistes qui les frappa le plus et qui contribua à leur radicalisation politique, et non les humiliations ou l'exploitation auxquelles ils étaient habitués ou dont ils faisaient déjà l'objet avant la colonisation, y compris l'esclavage à plus ou moins grande échelle.

Et bien même cet aspect dictatorial ignoble de l'impérialisme français qui dure depuis l'instauration de la Ier République jusqu'à nos jours, tous les partis du mouvement ouvrier ont trouvé le moyen de s'en accommoder puisqu'il n'a jamais cessé en réalité, ses expéditions militaires autrefois en Afrique du Nord et en Indochine, de nos jours au Mali, Centrafrique, Côte d'Ivoire, Afghanistan, Irak, Libye, Syrie, etc. le prouvent suffisamment, aucun n'a trouvé utile de rectifier sa caractérisation du régime qualifié de république démocratique bourgeoise, alors qu'on était en présence d'une dictature, y compris militaire, jusqu'à se donner pour président un général ou doter le pays d'une Constitution faisant du chef de l'Etat le chef des armées en lui accordant des droits exhorbitants que tous les dictateurs de la planète envient à la France!

Rien n'y fera, la Constitution de la Ve République sera caractérisée de bonapartiste et d'antidémocratique... pour finalement participer à ses institutions miraculeusement dotées de vertus démocratiques il faut croire. Une telle compromission devait un jour ou l'autre être fatale à tous ceux qui avaient adopté cette orientation politique, ce qui revenait à tourner le dos au combat pour la démocratie et le socialisme.

6ème sujet

La camisole de force.

Par curiosité hier je me suis connecté pour regarder les infos, toujours les mêmes sujets en boucle jusqu'à en avoir la nausée, primaires, élections présidentielles, journées d'action, déclarations, terrorisme, guerres, etc., on a mieux à faire dorénavant que de les commenter.

Si j'avais trouvé le temps j'aurais appelé à boycotter la journée d'action du 15 septembre. Après 13 journées d'action destinées à faire passer la loi Travail, aucun parti n'a trouvé bon de rompre avec les appareils pourris des syndicats, la dialectique (transformation de la quantité en qualité) n'est décidément pas leur truc, ils sont tous irrécupérables.

7ème sujet

Mise au point. A l'origine de l'opportunisme, le légalisme et le réformisme.

- En fait, ceux, qui ont supporté la loi du gouvernement accordant de nouveaux droits aux homosexuels, ont d'une part saisi une occasion supplémentaire pour apporter leur soutien à un président de la République et à un gouvernement de droite, les plus impopulaires depuis l'avènement de la Ve République et appliquant avec détermination et persévérance une ligne politique ultra réactionnaire depuis 2012, et d'autre part, cette loi et la campagne hystérique à laquelle elle a donné lieu pendant 6 mois ayant été essentiellement conçues et tournées contre les préjugés d'une partie des masses exploitées pour les diviser ou les monter les unes contre les autres, ils ne se sont pas seulement illustrés en se posant à l'instar du législateur en procureurs ou miliciens du mode de pensée des travailleurs, ils ont agi en commis du régime considérant qu'une loi pouvait suffire à changer les mentalités ou les comportements des plus arriérés d'entre eux, alors qu'en réalité seule l'inversion des rapports sociaux établis entre les classes mettant un terme à la domination de la minorité sur la majorité favoriserait la prise de conscience qu'aucune couche de la population laborieuse n'avait intérêt à en opprimer une autre, et que partant de là toutes leurs aspirations sans distinction de communauté étaient légitimes du moment qu'elles n'empiétaient pas sur la liberté des autres.

Ils n'ont pas tenu compte qu'une partie des idées auxquelles étaient attachés les travailleurs leur avaient été transmises ou inculquées par les représentants de la classe dominante au cours des décennies ou des siècles antérieurs, et que pour archaïques ou réactionnaires qu'elle puissent être par ailleurs, elles tendaient à reproduire inconsciemment les rapports d'exploitations sur lesquels reposaient le régime et qui définissent sa nature de classe, régime qui par conséquent portait l'entière responsabilité de cette instrumentalisation infâme à laquelle ces "progressistes" ou "humanistes" ont cru bon de collaborer.

Finalement ces légalistes (tous partis dits ouvriers confondus) ont démontré que leur conception de la lutte de classe était étrangère au marxisme ou au socialisme, c'est tout ce qu'on voulait préciser ici.

8ème sujet

Ils osent appeler cela la "gauche américaine".

- Le Washington Post se moque des théories conspirationnistes tout en en échafaudant une - Moon of Alabama - 13 septembre 2016

Vraiment, c’est triste de voir un journal comme le Washington Post, qui était autrefois sérieux, se noyer dans un marécage des ragots inventés et de journalisme de caniveau. (Publié par Arrêt sur Info)

On en a la larme à l'oeil, Graham, Donald E. Chairman et CEO du Washington Post a participé aux réunions du groupe Bilderberg en 2007 et 2008... En fait, tous les médias mainstreams états-uniens sont inféodés à l'oligarchie et pourris jusqu'à la moelle depuis au moins la fondation de la Fed en 1913, dixit Rockefeller...

Une preuve de plus toute fraîche.

Une première dans l’Histoire du journalisme : le Washington Post demande l’inculpation de sa propre source (Snowden) - après avoir accepté le prix Pulitzer (The Intercept) - legrandsoir.info 19.09

9ème sujet

Comment les opportunistes ont déformé la définition de la démocratie qu'en avaient donnée les marxistes.

- ...la première étape dans la révolution ouvrière est la constitution du prolétariat en classe dominante, la conquête de la démocratie. (K. Marx, F. Engels : le manifeste du parti communiste)

Si la démocratie est le produit de "la constitution du prolétariat en classe dominante" au cours de "la révolution ouvrière", cela signifie qu'elle n'existe pas avant ou en dehors de ces conditions, notre tâche doit consister à oeuvrer pour réunir (ou préparer) ces conditions, qui coïncident avec l'objectif de la prise du pouvoir politique par la classe ouvrière.

Le processus est donc simple à comprendre, sans révolution prolétarienne le prolétariat demeure incapable de s'élever au rang de classe dominante et par conséquent de faire vivre la démocratie. Ceux qui affirment que la révolution n'est pas leur tasse de thé ou qui rejettent ce processus sont des agents du régime, conscients ou qui s'ignorent, des ennemis de la démocratie et du socialisme.

- Lénine reproduira ce passage du Manifeste dans L’Etat et la révolution en apportant les précisions suivantes :

"Le prolétariat se servira de sa suprématie politique pour arracher petit à petit tout le capital à la bourgeoisie, pour centraliser tous les instruments de production entre les mains de l'Etat, c'est-à-dire du prolétariat organisé en classe dominante, et pour augmenter au plus vite la quantité des forces productives" (pp. 31, 37 de la 7e édition allemande de 1906).

L'on trouve formulée ici l'une des idées les plus remarquables et les plus importantes du marxisme au sujet de l'Etat, celle de la "dictature du prolétariat" (comme devaient s'exprimer Marx et Engels après la Commune de Paris); nous y trouvons ensuite une définition de l'Etat, intéressante au plus haut point, et qui est également au nombre des "paroles oubliées" du marxisme : "L'Etat, c'est-à-dire le prolétariat organisé en classe dominante."

Cette définition de l'Etat n'a jamais été commentée dans la littérature de propagande et d'agitation qui prédomine dans les partis social-démocrates officiels. Bien plus : elle a été très précisément oubliée parce qu'elle est absolument inconciliable avec le réformisme; elle heurte de front les préjugés opportunistes habituels et les illusions petites-bourgeoises quant à l'"évolution pacifique de la démocratie". Fin de l'extrait.

Nous avons là développée la stratégie politique posant la question de l'Etat et du pouvoir et y apportant une réponse incompatible avec la convocation d'une Assemblée constituante où pourrait s'épanouir les illusions petites-bourgeoises qui incarnent une "évolution pacifique de la démocratie", romanesque ou pastorale.

10ème sujet

La formule de la démocratie bourgeoise était un oxymore.

Le concept de démocratie bourgeoise employé pour qualifier la manière dont les capitalistes exerçaient leur pouvoir, présentait la faiblesse de concilier deux facteurs antinomiques, la démocratie qui en principe ou selon la définition la plus répandue correspond au pouvoir du peuple, donc de la majorité de la population, et la bourgeoisie qui représente une minorité de la population, qui dans une société divisée en classes aux intérêts opposés et irréconciliables gouvernera en fonction des besoins de sa propre classe minoritaire et non en fonction de ceux de la majorité, ne serait-ce que pour perpétuer sa domination de classe ou conserver le pouvoir.

L'emploi de ce concept se justifiait au XVIIIe et au XIXe siècle après que des régimes républicains remplaçèrent les régimes monarchiques ou féodaux, du fait que le peuple avait été associé à la lutte de classe de la bourgeoisie pour s'emparer du pouvoir ou renverser l'Ancien régime, mais plus tard lorsque la bourgeoisie devait s'en servir pour mieux asservir le peuple et lutter contre sa prétention à revendiquer à son tour le pouvoir, il aurait dû être abandonné car il n'avait plus qu'un contenu contre-révolutionnaire ou réactionnaire destiné à tromper le prolétariat sur la nature réelle du régime en place et ainsi empêcher qu'il se rassemble pour le combattre et le renverser.

Au lieu de cela il a été élevé au rang de dogme, tout comme le suffrage universel ou le parlementarisme qui de conquêtes politiques démocratiques firent rapidement la preuve une fois mis en pratique qu'ils n'étaient plus entre les mains de la réaction au pouvoir que des instruments pour maintenir le peuple dans la soumission ou assurer la stabilité politique du régime en place.

Maintenant les représentants de la bourgeoisie affirment que le régime et ses institutions qu'ils président serait démocratique, parce qu'il serait l'émanation de la volonté du peuple qui se serait exprimé librement lors d'élections au suffrage universel, ce qui n'est pas faux, si on perd de vue que l'immense majorité du peuple composé d'exploités n'a pas développé une conscience de classe lui permettant de répondre au critère déterminant de la démocratie qui implique qu'il ait acquis ou développé cette faculté, ce qui ne peut être le cas en étant soumis par le régime à un traitement (ou des rapports) aliénant destiné à le maintenir dans un état d'ignorance qui le rend impropre à remplir cette fonction.

En admettant qu'on ait vécu en démocratie, cela signifierait que le peuple a exercé ce pouvoir contre ses intérêts, qui plus est pour ensuite l'avoir perdu puisqu'on nous parle de "reconquête de la démocratie". Dans ce cas-là cela confirmerait que le peuple n'était pas et n'est toujours pas mûr pour la démocratie ou pour exercer le pouvoir, ce qui justifierait que le parti conscient des tâches historiques que le prolétariat a à accomplir gouverne et fournisse aux masses laborieuses les moyens de franchir ce pas décisif vers leur émancipation du règne de l'exploitation de l'homme par l'homme, en les associant le plus largement possible ou progressivement à l'exercice du pouvoir à travers les institutions politiques indépendantes qu'elles auraient forgées au cours de la révolution, dans la mesure où il leur reviendrait d'élaborer la politique qui serait appliquée en concertation avec le gouvernement qui leur en fournirait les moyens...

Cette stratégie pose un certain nombre de questions.

Si les masses ne sont pas prêtes à assumer la démocratie et qu'un parti prétend l'être en son nom, comment parvenir à ce que les masses lui fassent confiance ? Comment un parti ouvrier peut-il faire la démonstration qu'il serait prêt à remplir ce rôle, qu'il incarne la démocratie et non des intérêts particuliers ou ceux d'une autre classe que celle des exploités, comment peut-il le justifier de manière cohérente, crédible, sérieuse ?

Il dispose d'une multitude d'arguments pour se faire : sa référence au socialisme scientifique, au marxisme dont le développement du capitalisme mondial et le cours de la lutte des classes depuis la moitié du XIXe siècle à nos jours ont confirmé ou validé les conclusions ; la méthode du matérialisme dialectique qui permet d'interpréter le processus historique inconscient ou toute manifestation organique ou inorganique, de comprendre comment la civilisation humaine s'est développée, quelles furent les forces motrices à l'origine de son développement et qui déterminèrent son orientation ; son engagement constant au côté des exploités et des opprimés du monde entier ; son refus de toute collaboration ou compromission avec le régime, ses institutions ou ses représentants ; sa fidélité aux enseignements de le lutte de classe du passé dont sont issus les principes qu'il a adoptés et qui définissent sa nature, son fonctionnement, ses statuts, ses rapports aux différentes classes ou institutions, à l'ensemble des acteurs sociaux ou politiques qui interviennent dans la lutte des classes ; il considère que les droits, besoins ou aspirations de chaque travailleurs sont les seuls légitimes, que rien n'est situé au-dessus et que le seul fait de les formuler suffit à les justifier ; dans chacune de ses analyses, il réserve le même traitement aux évènements les plus insignifiants de la vie quotidienne qu'à ceux qui ont influencé le cours de l'histoire en partant uniquement des faits, en s'en remettant aux faits dans lesquels il faut inclure les idées qui ont pu contribuer à leur réalisation ; en ayant pour objectif la fin du règne de l'exploitation de l'homme par l'homme qui a pris de nos jours la forme du capitalisme, la fin de la société divisée en classes sociales, de l'Etat, ce parti a adopté l'idéal humaniste le plus élevé que l'homme a pu concevoir, la liberté, ce qui en soi pourrait suffire à légitimer son existence et son combat à partir du moment où à chaque instant il s'en montre digne.

11ème sujet

Où va se nicher la démocratie.

Quant à l'affirmation selon laquelle "maintenir un équilibre entre l’Exécutif, le Législatif et le Judiciaire est indispensable au bon fonctionnement et à la préservation de la démocratie", que signifie-t-elle ? S'agit-il vraiment de la démocratie ou bien d'autre chose ?

Si l'exécutif, le législatif et le judiciaire ne sont pas sous le contrôle du peuple ou ne sont pas une émanation consciente de son pouvoir, parler de démocratie est commettre un excès de langage ou une imposture.

L'exécutif, le législatif et le judiciaire en place sont compatibles avec le pouvoir détenu par une minorité quand ils n'en sont pas directement une émanation, constatant qu'une classe minoritaire gouverne pour conserver ou accroître son pouvoir, le pouvoir d'exploiter et opprimer la majorité, que ses besoins guident exclusivement en dernier ressort son exercice du pouvoir, un tel régime ne peut être qualifié de démocratique, c'est une dictature.

Une telle confusion ou forfaiture provient du fait que leurs auteurs sont servis par un tel régime, dès lors leurs prises de position ou tout simplement leurs idées ne serviront plus qu'à le justifier en le dotant de qualités ou de vertus qu'il n'a pas, bref, ils interprètent la démocratie à leur convenance.

La lutte de classe du prolétariat constitue le seul acte démocratique.

12ème sujet

Comment appelle-t-on le procédé qui consiste à demander à quelqu'un de se prononcer sur une question, alors que cette personne ne possède manifestement pas les connaissances ou les compétences requises pour y répondre ?

Procéder à un excès de pouvoir camoufler en généreuse intention... dans l'intention de conserver le pouvoir.

C'est une manière détournée pour imposer à cette personne une mesure à son insu et de pouvoir le justifier ou le légitimer de la sorte, et si elle le conteste après avoir pris connaissance de son erreur, on lui rétorquera qu'il était dorénavant trop tard pour s'en rendre compte ou faire machine arrière, et qu'elle n'avait qu'à savoir plus tôt ce qu'elle voulait en se demandant si elle le sait vraiment, mettant cette fois en doute sa faculté à le savoir elle-même un jour.

13ème sujet

Pour qu'une société soit vivable ou puisse se développer, il faut que la majorité de la population en partage l'orientation qui a été définie par la classe qui détient le pouvoir, il faut qu'elle y adhère, qu'elle y collabore, et le meilleur moyen d'y parvenir demeure encore de faire en sorte que des représentants élus des différentes classes y participent en donnant l'impression ou l'illusion qu'ils vont également défendre les intérêts respectifs de leur classe, alors qu'en réalité ils n'adopteront que des mesures compatibles avec les besoins du régime en place auquel ils sont soumis, tout en prétendant qu'elles relèveraient de l'intérêt général ou qu'elles concourraient au bien-être de la population.

Etant donné qu'une seule et unique classe peut détenir le pouvoir économique et partant de là le pouvoir politique, parce qu'il ne peut pas cohabiter sous le même régime deux modes de production reposant sur des rapports sociaux opposés, aussi longtemps qu'une classe d'exploiteurs, minoritaire, détiendra le pouvoir, la démocratie n'existera pas, et aucune société ne pourra se prévaloir d'être démocratique aussi longtemps que la droite la dirigera, droite qui de nos jours inclut la gauche qui n'est qu'une escroquerie politique.

Il faudrait qu'on nous explique comment une société gouvernée par une minorité pour une minorité pourrait être démocratique, sauf à confondre le particulier et le général, la forme et le fond, à prendre les apparences pour la réalité. Dans la mesure où les représentants élus du peuple représentent les intérêts de la classe minoritaire qui détient le pouvoir économique, qualifier ces institutions, leurs statuts et leur fonctionnement de démocratique relève du charlatanisme ou consiste à raconter n'importe quoi, où tout et son contraire serait finalement équivalent ou ne voudrait rien dire, et quand c'est effectivement le cas, il faut que la distinction qui avait été établie à l'origine entre la droite et la gauche qui incarnait des rapports de classes ait disparu ou ait été dissoute au profit de la classe dominante au pouvoir.

On a opposé à la dictature du capital la dictature du prolétariat, ce qui sur le plan théorique se justifiait, l'une et l'autre formule signifiant seulement quelle classe détenait tout le pouvoir et l'imposait à celle qui n'en avait aucun.

La classe dominante a octroyé généreusement ou parfois contrainte et forcée des droits aux exploités à condition qu'ils n'en fasses pas usage, voilà pour le contenu démocratique du régime en place.

Opposer ces deux formules se justifiait quand les peuples n'avaient pas encore fait l'expérience de ce qu'on allait leur servir sous l'étiquette de la démocratie, on a évoqué la dictature démocratique de la bourgeoisie à propos des régimes constitutionnels républicains parlementaires, alors qu'en réalité les exploités allaient davantage faire l'expérience d'une dictature plutôt que de la démocratie, puisque quel que soit leur vote ou le niveau de leur mobilisation jamais la société n'imprunterait une orientation conforme à la satisfaction de leurs besoins ou aspirations, jamais leurs aspirations légitimes ne seraient respectées.

En conclusion, fondamentalement ou en dernier ressort ils ont vécu sous une dictature recouverte d'un vernis démocratique destiné à les tromper et dans lequel ils placèrent leurs illusions, mais jamais ils ne vécurent en démocratie puisqu'elle est incompatible avec l'existence d'un régime conçu par une minorité et pour cette minorité.

Fort de cette expérience, à condition et à condition seulement à la fois de caractériser de la sorte le régime en place, une dictature de la minorite exploitant et opprimant la majorité, et de s'en tenir strictement à la signification originelle de la démocratie, le pouvoir du peuple par le peuple pour le peuple dont la majorité est composée d'exploités, on pourrait adopter la démocratie comme axe de notre combat politique, mais répétons-le encore une fois, seulement si on accepte ces définitions et ces conditions qui reposent sur des rapports entre les classes clairs, nets et précis.

La dictature incarne la violation du droit, un excès de pouvoir dans l'imagination collective, la démocratie, en pratique, la libre expression de la majorité et le respect de ses délibérations ou de ses choix qui sont conformes à l'idée et à l'orientation progressiste, au principe humaniste qu'on peut adopter ou se faire de la société ou qu'on peut lui souhaiter, cela revient à mettre en pratique la dictature du prolétariat sans recourir à cette terminologie, qui plus est cela évite toute référence ou confusion avec le stalinisme qui avait prétendu appliquer la dictature du prolétariat, alors qu'il s'agissait d'une dictature tout court, féroce ou imposé au prolétariat.

Il ne s'agit évidemment pas de retourner à un ordre des choses qui n'a jamais existé que sous-entend le mot d'ordre de la "reconquête de la démocratie", car si les régimes antérieurs avaient acquis une vertu ou s'étaient dotés d'un vernis démocratique, s'ils avaient pu s'en prévaloir auprès des masses exploitées aussi longtemps, c'était uniquement parce que l'orientation de la lutte de classe du mouvement ouvrier avait été opportuniste au point d'en faire son unique objectif ou de s'en accommoder, après avoir abandonné le combat pour renverser le régime ou pour le socialisme, après justement avoir abandonné la lutte pour la démocratie qui ne pourrait voir le jour qu'une fois le régime en place renversé, avant, seule la dictature du capital existerait, et en ne s'en tenant pas strictement à cette définition du régime, en lui accordant des vertus démocratiques, les conciliateurs se sont employés à en diluer l'aspect dictatorial qui était fondamental pour en saisir la nature, et lorsque de nos jours le régime s'est séparé des oripeaux de la démocratie devenus trop encombrants, qu'en reste-t-il sinon son aspect despotique, bureaucratique, antisocial, répressif, policier, militarisé, guerrier, impérial... qui en réalité ne l'avait jamais quitté.

Les partisans de la reconquête de la démocratie sont des réformistes, car ils ne pensent la lutte de classe qu'en terme de droits sociaux dans le cadre du régime en place, et non en terme de droits politiques incompatibles avec l'existence du régime..

Car, chacun peut observer qu'aucun de nos droits politiques existant il y a un demi-siècle ou plus n'a disparu, qu'il s'agisse des droits de vote, de s'organiser ou de s'exprimer, etc. et qu'on ne vienne pas nous opposer la violation du résultat du référendum de 2005 sur le TCE puisqu'il équivaut à ce que pratique systématiquement chaque candidat à une élection, qui une fois élu ne respecte pas ses engagements ou ses promesses électorales faites auprès des électeurs. En revanche nous avons perdu un grand nombre de droits sociaux collectifs qui avaient une valeur politique, donc démocratique. Donc quand on vous raconte qu'il faut reconquérir la démocratie pour reconquérir ces droits sociaux, on se moque littéralement de vous, cela ne veut absolument rien dire, ne correspond à rien, sinon que leurs auteurs sont nostalgiques de l'époque où les représentants du régime troquaient avec les dirigeants du mouvement ouvrier contrôlé par les staliniens et les sociaux-libéraux des réformes sociales ou de nouveaux droits pour les travailleurs en échange de la paix sociale et l'abandon du combat pour le socialisme.

On pourrait admettre en faisant preuve de beaucoup de bonne volonté, que cette formule de la reconquête de la démocratie serait plutôt malheureuse ou prêterait à confusion, si elle signifiait qu'il fallait conquérir la direction du mouvement ouvrier pour lui donner une autre orientation politique, et que pour y parvenir il fallait construire un nouveau parti ouvrier, mais ce n'est pas ce qu'expliquent les auteurs de cette formule.

Quand la lutte des classes était plus favorable à la classe ouvrière, entre le milieu des années 40 jusqu'à la fin des années 70, sa mobilisation se traduisait régulièrement par des avancées sociales, pour peu qu'on ait été peu exigeant ou non socialiste, on pouvait en déduire que la démocratie était respectée ou vivait au gré des rapports de force entre les classes en somme. En réalité ce n'était qu'une illusion qui allait s'avérer cruelle et dramatique à l'étape suivante de la lutte des classes.

Depuis, la disparition de l'URSS étant passée par là et le capitalisme étant entré dans un cycle de crises sans fin, les staliniens et les sociaux-libéraux qui contrôlaient et qui contrôlent toujours le mouvement ouvrier, après l'avoir soumis au réformisme ou totalement gangrené servent d'obstacles à la mobilisation de la classe ouvrière et s'emploient à empêcher la petite-bourgeoisie ou les classes moyennes de rejoindre le combat du prolétariat, à les diviser, de sorte que tous les mouvement sociaux importants échouent systématiquement depuis des décennies, retraite, sécu, code du travail, etc. tandis que la classe ouvrière demeure incapable de se doter d'une nouvelle direction, aucun parti ouvrier ne souhaitant rompre ses liens avec le PS, le PCF ainsi que les appareils corrompus des syndicats, ce qui s'est traduit par la dislocation de l'avant-garde pour ne pas dire sa disparition ou tout du moins sa marginalisation, ne laissant aucun espoir de pouvoir inverser le rapport de force favorable à la classe dominante, qui en profite pour poursuivre de plus belle son offensive antisociale tout azimut contre les travailleurs et leurs droits.

Bref, l'exercice de la démocratie ne tenait qu'à un fil ténu ou illusoire qui devait forcément rompre un jour ou l'autre, la crise du capitalisme se répercutant au sein du mouvement ouvrier. L'expression de la démocratie fut éphémère, car liée à des circonstances ou des rapports instables ou en perpétuelle évolution, ce qu'on savait pertinemment, mais dont on n'a pas voulu en tenir compte, car cela aurait impliqué de modifier les rapports à tous ces partis et aux directions syndicales, notre conception de la lutte de classe, ce à quoi nos dirigeants n'étaient pas préparés ou se refuseront obstinément jusqu'à nos jours.

La théorie de la reconquête de la démocratie s'adresse aux nostalgiques de la IVe République, aux nostalgiques des heures de gloire (quelle monstruosité!) du PS ou du PCF sur fond de guerres coloniales ou pendant que des millions de travailleurs croupissaient dans la misère, aux nostalgiques de la Ve République lorsqu'elle n'était pas attelée à l'UE, c'était le bon temps, il suffisait de voter non à un référendum pour que le président de la République (de Gaulle) dégage... et soit aussitôt remplacé par un autre (Pompidou) du même parti de droite et ainsi de suite.

Une question que les lecteurs attentifs ou sérieux ne manqueront pas de se poser ou de me poser.

Comment pourrait se combiner notre conception de la lutte de classe axée sur la construction d'un nouveau parti communiste destiné uniquement aux éléments les plus avancés des masses ayant la capacité de s'élever au niveau du socialisme, ainsi qu'une organisation regroupant les sympathisants du socialisme ou de la démocratie destinée à l'ensemble des travailleurs en rupture avec les institutions et le régime, avec l'axe de combat contre les institutions de la Ve République, le capitalisme et pour une République sociale et la démocratie ?

Notons d'emblée que l'ensemble de ces facteurs sont compatibles entre eux, complémentaires, ensuite ils correspondent à une stratégie cohérente et logique, et enfin la tactique est subordonnée à la stratégie de la lutte politique pour conquérir le pouvoir politique.

Le combat pour en finir avec la Ve République s'inscrit dans la perspective de la démocratie dès lors qu'on caractérise le régime d'antidémocratique ou de dictature du capital ou des exploiteurs.

La République sociale répond à la question de savoir pour quoi établir la démocratie, à quoi servirait-elle, puisque la République sociale reposerait sur les droits ou besoins sociaux légitimes des travailleurs.

Quand au lien entre le socialisme et la démocratie, il renvoie au parti et aux institutions que les masses créeraient au cours du processus révolutionnaire pour exercer le pouvoir politique et changer les rapports sociaux de production, donc se doter des instruments permettant de donner à la société une nouvelle orientation en s'attaquant aux fondements du capitalisme, ce à quoi travaillerait notamment l'organisation des sympathisants du socialisme ou de la démocratie.

14ème sujet

Un "clivage" imaginaire entretenu

Hollande dans un entretien réalisé par le philosophe Marcel Gauchet et l’historien Pierre Nora pour la revue Le Débat (septembre-octobre, n°191 -

- « Je continue de penser que le clivage gauche-droite reste fondateur de la démocratie ». Source : Le Monde 15.09

On aura compris pourquoi il y tient tant !

15ème sujet

Redondance et aventurisme.

- Il y a aussi les adeptes d'"une révolution communiste démocratique" portée par Philippe Poutou, candidat du NPA à l'élection présidentielle de 2017

Nous avons besoin de discuter aussi que le communisme ne pourra être que démocratique et révolutionnaire... (Démocratie révolutionnaire - Lettre n° 6 du 16 septembre 2016)

Sur le plan syntaxique ils ont encore des progrès à faire...

Avant d'en arriver au communisme il faudrait peut-être déjà être parvenu à l'étape préliminaire du socialisme et qu'elle ait épuisé son rôle historique. Ensuite, puisque le communisme devait selon les marxistes correspondre à la période marquée par l'extinction des classes et de l'Etat, donc des partis politiques et de la démocratie, la "révolution communiste démocratique" ne veut rien dire...

16ème sujet

Le 13 août à Strasbourg, Juppé a pété les plombs.

Juste après son discours, je cite Le Parisien, il quitte la scène du palais des congrès devant un mur de micros et de caméras. Une journaliste l'interroge avec insistance sur Nicolas Sarkozy. La question est visiblement celle de trop. Juppé la rembarre, file la mine sombre dans l'arrière-scène avec son épouse Isabelle, puis lâche devant quelques témoins médusés : « Ils me font tous ch... ! » (LeParisien.fr 16.09)

Au départ, après avoir participé à une réunion annuelle du groupe Bilderberg on pensait qu'ils avaient opté pour Fillon manifestement en perte de vitesse. Ensuite constatant que les médias s'employaient à faire monter Juppé, on s'était dit qu'ils s'étaient rabattus sur lui. Quant à Sarkozy, après lui avoir tapé dessus comme des forcenés pour affaiblir l'UMP au profit du PS qui soutenait Hollande, on pensait qu'il était cuit, mais tout compte fait, ils pourraient se rabattre sur lui à défaut de meilleur candidat de l'oligarchie.

A moins que ce soit un coup de poker si Hollande était le candidat du PS face à Sarkozy au premier tour en 2017 pour qu'il soit réélu face à Le Pen, car il faut reconnaître qu'il a fait un parcours sans faute depuis 2012, de l'adoption du TSCG à la loi Travail en passant par son appel (répété) à bombarder la Syrie il aura été le meilleur président dont pouvait rêver les oligarques, le plus à droite, le plus réactionnaire depuis 1958.

17ème sujet

En observant comment la condition ouvrière a évolué depuis le milieu du XIXe siècle jusqu'à nos jours, il est extraordinaire que notre conception de la lutte de classe n'ait pas évolué ou qu'elle n'en ait pas tenu compte, et c'est encore plus sidérant de rencontrer des militants qui trouvent cela normal ou que cela n'étonne pas, comment pourrait-il en être autrement puisque tous les partis s'en accommodent et sont par conséquent pareillement fossilisés.

18ème sujet

La plupart des gens se complaisent dans leur condition, font preuve d'insouciance et préfèrent ne pas se poser trop de questions.

On a abordé tant de sujets au cours des dernières années dans nos causeries, qu'on a l'impression d'avoir fait le tour de la question qui nous occupent et qu'il n'y a plus rien à ajouter. Et pourtant nous ne sommes parvenu à rien. Et pourtant ce n'est pas faute de l'avoir abordée sous tous les angles, en vain. Changer la société est incompatible avec le dilettantisme et le pessimisme réducteur à la fatalité.

Je suis venu au militantisme en ayant la conviction qu'il fallait changer la société quand j'avais 21 ou 22 ans, après avoir passé deux ans à tatonner, à chercher et à étudier, passant d'un système philosophique à l'autre pour aboutir à la conclusion qu'aucun ne permettrait de changer la société, quand je les eue épuisés, je découvris Marx et Engels.

J'était parvenu à la conclusion avant de me lancer dans cette aventure, que ma condition pourrait changer ou s'améliorer mais que je n'en serais pas plus heureux pour autant, car cette voie serait pavée de multiples complications, contrariétés, désillusions qui me pourrirait la vie et ne changerait rien au fait que je ne serais toujours pas maître de mon destin. Avoir un salaire avoisinant le smic ou avoir un revenu trois à six fois supérieur au smic ne changerait rien au fait que mon mode de vie me serait toujours imposé, métro, boulot, dodo... Je ne pouvais pas me résoudre à l'idée de cette perspective ou de reproduire le mode de vie de mes parents. J'en suis rapidement arrivé à la conclusion qu'il fallait changer la société au lieu de se contenter de vouloir l'améliorer, et c'est ainsi que je mis en quête d'un moyen pour y parvenir.

Ce processus se déroula en grande partie inconsciemment, surtout au commencement, et c'est seulement lorsque j'acquis des repères que je commençai à en tirer des enseignements et à progresser réellement, m'illusionnant plus d'une fois sur ce que je croyais avoir compris, et c'est uniquement lorsque je découvris le matérialisme dialectique que je parvins à lui donner un sens, qui devait sa traduction sur le plan pratique par mon engagement dans le militantisme.

Si s'engager dans le militantisme manifeste la volonté de prendre en mains notre destin, cela ne signifie nullement qu'on aurait pris conscience du processus matérialiste historique qui le détermine, loin de là, très loin de là même, autrement dit, c'est juste faire un petit pas dans une voie mais tout reste à faire pour ainsi dire, le plus dur avant de pouvoir plus ou moins le maîtriser car c'est l'oeuvre de toute une vie en réalité, et entre temps on aura eu mille occasions de lâcher le fil avant d'avoir atteint cet objectif.

Notre prise de conscience du monde dans lequel nous vivons doit se faire à deux niveaux, sur les plans personnel et collectif, sinon elle sera faussée, je veux dire par là que nous ne devons pas seulement lutter pour changer le monde pour vivre autrement ou satisfaire nos aspirations individuelles légitimes, mais pour faire en sorte que pas un seul homme ou une seule femme continue de vivre sous le règne de l'exploitation et de l'oppression dans le monde, tout simplement parce que nos destins sont dialectiquement ou historiquement liés.

Comme je l'ai expliqué, je ne suis pas parvenu au militantisme, puis au marxisme, par la voie de la lutte de classe ou après avoir baigné dans un milieu favorant cette prise de conscience, c'est le refus de ma condition et du sort qui m'était réservé qui m'y a conduit inconsciemment, car je ne pense pas que le militantisme devait forcément découler de lectures philosophiques ou que la philosophie inciterait à militer.

Au départ je n'avais aucune expérience du mouvement ouvrier, à vrai dire j'étais si arriéré que j'en ignorais jusqu'à l'existence. C'est en discutant avec des jeunes un peu plus âgés et mûrs que moi, que je découvris qu'il existait quelque chose au-delà du riche et du pauvre, et qu'il existait une explication à leur condition respective dont j'ignorais absolument tout.

Politiquement j'étais de droite comme mes parents, gaullistes, mais j'ignorais totalement ce que cela signifiait, j'étais vraiment le parfait abruti à 19 ans, pour faire bref. Ce qui m'a sauvé, c'est de m'en être rendu compte et surtout de l'avoir admis tout en étant profondément choqué, honteux, humilié, ce qui fut salutaire en quelque sorte puisque j'en vins à me promettre de progresser par tous les moyens pour mettre fin à cette situation insupportable. Ce n'était pas un voeu pieux, mais une décision irrévocable à laquelle j'allais me tenir durant le restant de mes jours. Car encore aujourd'hui j'ai à l'esprit d'être revenu de très très loin, et je n'ai nullement l'intention de régresser pour finir mes jours en baignant dans un océan d'inconscience comme cela sera le cas de la plupart de mes contemporains ou des gens que j'ai croisés un jour.

Un des moyens déterminant qui m'a permis de progresser, c'est d'avoir entrepris d'apprendre à me connaître moi-même, après avoir découvert que j'étais un sot de la dernière espèce, je me suis demandé comment j'avais pu en arriver là sans m'en apercevoir ou en étant convaincu du contraire. Pourquoi c'est si important, c'est simple, pour ne pas se leurrer soi-même, pour demeurer modeste, pour remettre sans cesse en cause nos connaissances acquises ou vérifier qu'elles sont toujours valables, les améliorer, etc. sinon à un moment donné cela bloque et on ne progresse plus, c'est le cas de la plupart des militants, on devient sectaire ou dogmatique, je suis passé par là aussi, on se croit autorisé à juger les autres et à leur donner des leçons, on est injuste et on se ridiculise, parce qu'en réalité on a un esprit étroit et borné, plutôt insignifiant ou sans profondeur, que l'on confond avec un niveau de conscience supérieur qu'on n'atteindra jamais dans ces conditions. C'est ainsi qu'avant d'étudier le marxisme, j'ai consacré la quasi totalement de mon temps jours et nuits pendant deux années entières à étudier la psychanalyse. Ce n'était pas programmé, cela m'est venu spontanément après avoir étudié la philosophie, ces deux domaines m'ont semblé immédiatement complémentaire et utiles à mes recherches. Pour comprendre comment fonctionnait la société, il pouvait être utile de comprendre comment les hommes qui la composaient fonctionnaient sur le plan psychologique, cela m'a toujours semblé logique par la suite. Quand vous faites un cours de français à des collégiens et que vous abordez un ouvrage, la première chose à faire avant de l'ouvrir, c'est de cerner son auteur, sa personnalité, son milieu social, l'époque à laquelle il vivait, etc. et vous faites la même chose avec l'ouvrage en question. Avec les hommes il faut faire la même chose en quelque sorte.

Tout cela pour dire que si rien ne me prédestinait à progresser, puisque j'étais programmé pour demeurer profondément arriéré toute ma vie à l'instar de mes parents et de mes deux soeurs qui le sont restés, j'en suis arrivé à la conclusion, sachant qu'en partant de très loin cela ne prenait pas forcément un temps infini, deux ou trois ans tout au plus pour se mettre sur les rails, un grand nombre de travailleurs en sont parfaitement capables, d'autant plus qu'ils pourraient profiter de notre expérience ou de notre aide pour y parvenir, encore faut-il que nous en ayons conscience et la volonté, que nous leur fassions confiance, ce qui n'est pas gagné d'avance hélas, car c'est le principal obstacle qui se dresse devant nous de nos jours, tous les partis étant sourds à cet argument.

Pour résumer, il y a 40 ans la démarche que j'avais adoptée avait consisté en premier lieu à refuser ma condition et l'avenir que me réservait la société, ensuite j'étais parvenu à la conclusion qu'il faudrait changer la société de fond en comble pour espérer un avenir meilleur, pour finalement m'engager dans le militantisme pour atteindre cet objectif. Mais à cette époque j'ai commis l'erreur de faire de cet objectif une question personnelle ou de privilégier cet aspect-là, je n'avais pas conscience que ce n'était pas sous cet angle qu'il fallait l'aborder et qu'il pourrait très bien ne pas être atteint de mon vivant, et qu'en réalité il correspondait davantage à une nécessité historique, ce qui pouvait suffire pour donner un sens à ma vie qu'à partir où j'en aurais conscience, ce qui ne fut pas le cas et expliquera pourquoi je cesserai de militer à peine trois ans plus tard.

L'amélioration de la condition ouvrière n'a pas fondamentalement modifié le mode de vie du prolétariat dans le sens où il lui est toujours imposé (on est bien en dictature), partant de là elle aurait dû servir de levier pour envisager d'atteindre cet objectif, ce qui impliquait un changement radical des bases sociales sur lesquelles la société reposait à condition de mener la lutte de classe dans cette direction-là jusqu'au bout au lieu de s'arrêter à mi-chemin, ce qui devait être le pire scénario.

L'amélioration de la condition ouvrière n'a pas fondamentalement modifié non plus son mode de pensée, elle a contribué à l'éloigner du socialisme au lieu de s'en rapprocher, au point de l'avoir abandonné sous l'influence ou l'emprise croissante de l'idéologue nihiliste de la classe dominante.

19ème sujet

Décryptage.

Ce ne sont pas les Etats-Unis qui sont «le dernier et meilleur espoir du monde», mais le système économique basé sur l'exploitation de l'homme par l'homme parvenu au stade suprême néolibéral du capitalisme, l'impérialisme, et les qualités "exceptionnels" ou "indispensables" que leur prêtent ses représentants ne servent pas à préserver le monde du "chaos", dans la mesure où il a été conçu uniquement pour protéger leur système de domination de classe en crise ou leur pouvoir de la seule menace qui pèse sur lui, le socialisme.

Si maintenant on fait abstration ou on sous-estime les contradictions du capitalisme ou de la crise qui le mine inexorablement, autrement dit, si arbitrairement on attribue au capitalisme une origine quasi divine ou une destinée éternelle, niant le fait qu'il ait épuisé son rôle historique qui correspondait à un stade du développement des forces productives, on se condamne à refuser de les aborder ou de les traiter dans le cadre de la lutte des classes et des perspectives historiques dans lesquelles elles se sont développées, et à nier le droit ou la capacité de la classe ouvrière à gérer la société, à assumer la responsabilité de l'avenir progressiste de l'humanité qui passe par l'établissement de nouveaux rapports sociaux de production et de distribution des richesses, ce qui revient à nier ou à falsifier le processus matérialiste dialectique à l'origine du développement de la civilisation humaine, parce qu'aveuglé par l'idéologie de la classe dominante on s'interdit d'envisager que le règne de l'exploitation de l'homme par l'homme pourrait prendre fin un jour ou mieux que ce serait une nécessité historique, dans ces conditions-là il ne reste plus qu'à s'en remettre au capitalisme et à ses représentants, à ses institutions, à se ranger au côté de la réaction ou à jouer le rôle d'agent ou de serviteur du régime en place. Précisons qu'il suffit d'omettre sciemment ou inconsciemment un seul de ces facteurs, d'en modifier le contenu ou le rôle historique pour endosser ce rôle au lieu de servir la cause pour laquelle on croyait combattre.

On a là en condensé l'interprétation marxiste ou socialiste qui permet de décrypter n'importe quelle déclaration ou fait ou de comprendre la situation, de caractériser n'importe quel acteur ou parti politique.

Tous ceux qui s'en remettent à une institution du capital, qui réclament le respect ou l'application d'un traité qu'elle aurait adopté un jour pour résoudre une question sociale ou politique, un conflit, une guerre, se placent eux-mêmes dans le camp de la réaction ou des ennemis du socialisme, cela inclut tous les partis du FN au PCF en passant par le PS et leurs satellites respectifs, tous les partis qui en sont issus sans exception, et évidemment les appareils de tous les syndicats.

Vouloir faire jouer encore un rôle progressiste au capitalisme sur le plan économique ou social trouve son pendant ou son prolongement politique chez les opportunistes et autres imposteurs du mouvement ouvrier, qui prétendent que les partis cités précédemment devraient ou pourraient encore remplir un rôle politique dans la lutte de classe du prolétariat, dévoilant au passage leur caractère réactionnaire en subordonnant leur stratégie à cette perspective politique où le sort de la classe ouvrière serait lié à celui du capitalisme au lieu de se situer sur le terrain de son indépendance de classe pour conquérir le pouvoir politique et s'émanciper du joug du capitalisme.

- Une nation «exceptionnelle et indispensable» : la politique américaine est fidèle à elle-même Par John Laughland - Arrêt sur Info 08.09

Les Etats-Unis sont toujours «le dernier et meilleur espoir du monde» ?

Pour Hillary Clinton, comme pour tous les théoriciens néo-conservateurs, qui sont tout aussi puissants au sein du Parti démocrate que chez les Républicains, les Etats-Unis ne sont pas seulement exceptionnels : ils sont aussi indispensables. Indispensables parce que, sans la super-puissance américaine, le monde sombrerait dans le chaos.

Quand les Etats-Unis ne dirigent pas, nous laissons un vide qui crée le chaos, ou alors d’autres pays et d’autres réseaux remplissent le vide. Par conséquent, aussi difficile que ce soit, aussi grand le défi, l’Amérique doit mener (le monde). La question est de savoir comment…

Cette vision du monde relève d’une philosophie hobbésienne. Quoi que le grand philosophe politique anglais du dix-septième siècle n’a pas abordé les relations internationales, son nom est associé avec la doctrine de «la guerre de tous contre tous» au sein de la société primitive. Afin d’éviter cette anarchie, les citoyens de dotent d’un souverain qui est garant de l’ordre. C’est très exactement la pensée néo-conservatrice, et donc clintonienne, que d’affirmer que sans la puissance américaine, le système international sombrerait dans l’anarchie.

A l’opposé de cette vision il existe pourtant une autre philosophie: celle de l’ordre naturel. Selon cette vision, il existe un certain nombre de données qui sont inscrites dans la nature. La liberté des nations de se disposer d’elles-mêmes était, pour le grand théoricien du droit international Emmerich de Vattel (1714 – 1767) un élément fondamental de l’ordre international, tout aussi inviolable que la liberté individuelle:

C’est une conséquence manifeste de la Liberté et de l’indépendance des Nations, que toutes sont en droit de se gouverner comme elles le jugent à propos, et qu’aucune n’a le moindre droit de se mêler du Gouvernement d’une autre. De tous les Droits qui peuvent appartenir à une Nation, la Souveraineté est sans doute le plus précieux, et celui que les autres doivent respecter le plus scrupuleusement, si elles ne veulent pas lui faire injure (Emmerich de Vattel, Le droit des gens, Tome 1, Livre 2, paragraphe 54). Arrêt sur Info 08.09

Ce que dit John Laughland est intéressant, mais à l'arrivée voilà encore un intellectuel qui a quelques siècles de retard et dont les conclusions ne nous serons d'aucune utilité.

20ème sujet

Méfiez-vous des médias dits alternatifs ou indépendants qui en réalité roulent pour le capitalisme.

Le titre du texte suivant publié par le portail Arrêt sur Info et qui a semble-t-il été adopté délibérément correspond à une orientation politique qui n'a rien d'anodine, puisqu'elle ne correspond pas à celle de l'auteur de ce texte, Georges Orwel, qui défendait le socialisme ou plaçait ses espoirs dans le socialisme bien que tout avait été fait pour l'en dissuader après avoir été en contact avec ses fossoyeurs sociaux-démocrates ou staliniens, et d'autre part, pire, elle s'attache à faire passer le socialisme pour incohérent afin d'en éloigner les lecteurs, alors qu'il est la seule alternative au capitalisme.

On a retenu que les passages qui le prouvent, pour montrer les réelles intentions de l'auteur de ce portail qu'ignorent généralement ceux qui s'y connectent et qui peuvent se laisser influencer ou berner par son orientation politique, elles consistent à maintenir les lecteurs dans le giron du capitalisme, la totalité des articles publiés par ce portail provenant d'auteurs s'employant à critiquer le capitalisme sans toutefois manifester l'intention de rompre avec lui.

Vous noterez que les critiques de Georges Orwell s'adressaient à ceux qui se prétendaient socialiste et non au socialisme.

- L’incohérence du socialisme: le mythe du progrès & le culte de la machine par Georges Orwell - Arrêt sur Info 08.08

- Et malheureusement, en raison du complexe associatif « socialisme-progrès-machinisme-Russie-tracteur-hygiène-machinisme-progrès » présent dans l’esprit de la quasi-totalité des gens, le même individu se trouve, en général, être également hostile au socialisme.

- En attendant, l’homme de réflexion, généralement de gauche par ses idées mais souvent de droite par tempérament, ne se décide pas à franchir le pas. Assurément, il se rend compte qu’il devrait être socialiste. Mais, constatant l’épaisseur d’esprit des socialistes pris individuellement, puis la mollesse flagrante des idéaux socialistes, il passe son chemin. Jusqu’à une date récente, il était naturel de se réfugier dans l’indifférentisme.

- Les socialistes ont assez perdu de temps à prêcher des convertis. Il s’agit pour eux, à présent, de fabriquer des socialistes, et vite.

- ... les socialistes ont, pour ainsi dire, présenté leur cause par le mauvais bout. Ils ne se sont jamais attachés à montrer de manière suffisamment nette que le socialisme a pour fins essentielles la justice et la liberté.

- L’heure est grave, très grave. A supposer qu’aucune plus grande catastrophe ne s’abatte sur nous, il y a la situation que j’ai décrite dans la première partie de ce livre, situation qui ne saurait s’améliorer dans le cadre du système économique actuel. Encore plus pressant est le danger d’une mainmise fasciste sur l’Europe. Et, à moins que la doctrine socialiste ne connaisse une diffusion très large et très rapide dans une formulation efficace, rien n’autorise à penser que le fascisme sera un jour vaincu. Car le socialisme est le seul véritable ennemi que le fascisme ait à affronter. Il ne faut pas compter sur les gouvernements impérialistes-capitalistes, même s’ils se sentent eux-mêmes sur le point d’être assaillis et plumés comme des volailles, pour lutter avec quelque conviction contre le fascisme en tant que tel. Nos dirigeants, du moins ceux qui comprennent les données du problème, préféreraient sans doute céder jusqu’au dernier pouce de l’empire britannique à l’Italie, à l’Allemagne et au Japon plutôt que de voir le socialisme triompher. Il était facile de rire du fascisme quand nous nous imaginions qu’il était fondé sur une hystérie nationaliste, parce qu’il paraissait alors évident que les États fascistes, se considérant chacun comme le peuple élu et l’incarnation du patriotisme contra mundum, allaient se déchirer les uns les autres. Mais rien de tel ne s’est produit. Le fascisme est aujourd’hui un mouvement international, ce qui veut dire non seulement que les nations fascistes peuvent s’associer dans des buts de pillage, mais aussi qu’elles tendent, d’une manière qui n’est peut-être pas encore absolument concertée, vers l’instauration d’une hégémonie mondiale. Car à l’idée d’un État totalitaire commence à se substituer sous nos yeux l’idée d’un monde totalitaire. Comme je l’ai déjà signalé, le progrès de la technique machiniste doit en fin de compte conduire à une forme de collectivisme, mais une forme qui ne sera pas nécessairement égalitaire. C’est-à-dire, qui ne serait pas forcément le socialisme. N’en déplaise aux économistes, il est très facile d’imaginer une société mondiale, placée économiquement sous le signe du collectivisme (c’est-à-dire ayant éliminé le principe de profit), mais où tout le pouvoir politique, militaire et pédagogique se trouverait concentré entre les mains d’une petite caste de dirigeants et d’hommes de main. Une telle société, ou quelque chose de très voisin, voilà l’objectif du fascisme. Et cette société, c’est bien sûr l’Etat esclavagiste, ou plutôt le monde esclavagiste. Ce serait vraisemblablement une société stable et, si l’on considère les immenses richesses que recèle un monde scientifiquement mis en valeur, on peut penser que les esclaves seraient convenablement nourris et entretenus, de manière à être satisfaits de leur sort. On a l’habitude d’assimiler l’ambition fasciste à la mise en place d’un État-ruche — ce qui est faire gravement injure aux abeilles. Il serait plus approprié de parler d’un monde de lapins gouverné par des furets. C’est contre cette sinistre éventualité que nous devons nous unir.

La seule chose au nom de laquelle nous pouvons combattre ensemble, c’est l’idéal tracé en filigrane dans le socialisme : justice et liberté. Mais ce filigrane est presque complètement effacé. Il a été enfoui sous des couches successives de chicaneries doctrinales, de querelles de parti et de « progressisme » mal assimilé, au point de ressembler à un diamant caché sous une montagne d’excréments. La tâche des socialistes est d’aller le chercher où il se trouve pour le mettre à jour. Justice et liberté ! Voilà les mots qui doivent résonner comme un clairon à travers le monde. Depuis déjà un bon bout de temps, et en tout cas au cours des dix dernières années, le diable s’est adjugé les meilleurs airs. Nous en sommes arrivés à un point où le mot de socialisme évoque, d’un côté, des avions, des tracteurs et d’immenses et resplendissantes usines à ossature de verre et de béton ; et de l’autre côté, des végétariens à la barbe flétrie, des commissaires bolcheviks (moitié gangster, moitié gramophone), des dames au port digne et aux pieds chaussés de sandales, des marxistes à la chevelure ébouriffée mâchouillant des polysyllabes, des Quakers en goguette, des fanatiques du contrôle des naissances et des magouilleurs inscrits au parti travailliste. Le socialisme, du moins dans cette île qui est la nôtre, ne sent plus la révolution et le renversement des tyrannies, mais l’excentricité incohérente, le culte de la machine et la stupide béatification de la Russie. Si l’on ne fait pas disparaître cette odeur, et vite, le fascisme peut gagner.

Un enregistrement audio proposé par le même portail.

Comment le nihilisme s'inscrustre profondément dans les cerveaux.

- Vincent Badré : «Le réel n’est ni de droite ni de gauche - Arrêt sur Info 04.09

Vincent Badré est professeur d’histoire et de géographie à Paris.

Qu'est-ce le réel sinon l'expression d'ensemble de facteurs et de rapports entre les classes qui sont bien concrets, matériels, objectifs ? Le nier, c'est ignorer la réalité ou les faits ou s'en détourner, dès lors toute interprétation de la situation relèvera de la spéculation ou de la propagande qui de préférence servira le gouvernement ou le régime en place.

L'article suivant provient également du même portail

Quand "la pensée libre" rime avec despotisme.

- Simone Weil : vérité, justice et bien public contre les partis politiques par Matthieu Giroux, 29 mai 2014 - Arrêt sur Info 07.09.2016

Extraits

- « Les partis sont des organismes publiquement, officiellement constitués de manière à tuer dans les âmes le sens de la vérité et de la justice », estime Simone Weil dans sa Note sur la suppression générale des partis politiques écrite en 1940. (...) Cette Note est un manifeste lumineux pour la pensée libre.

- Pour Simone Weil, la notion de parti implique nécessairement la possibilité de la dérive totalitaire.

- Des partis politiques ne peut découler aucun bien puisqu’ils sont fondamentalement mauvais.

- Un parti politique n’a pas pour but de dire la vérité, de rendre justice ou encore de se consacrer au bien public.

- L’adhésion à un parti implique le renoncement à la pensée libre. Nul ne peut penser par lui-même dès lors qu’il est lié à un parti. Le parti produit pour l’individu le contenu de sa pensée de manière exclusive.

- La conquête illimitée du pouvoir devient la fin même du parti.

- Le parti réclame la soumission absolu au dogme et menace d’anathème ceux qui font entendre une voix discordante.

- Cette maladie de la pensée, cette « lèpre » doit être combattue. La première étape de ce combat implique la suppression des partis politiques. Fin des extraits.

Vous avouerez que cet article était digne de figurer dans un portail néoconservateur ou d'extrême droite.

Parmi les milliers d'articles publiés par Arrêt sur Info, Le Grand Soir, Le centre pour la recherche sur la mondialisation, le Réseau Voltaire et bien d'autres encore, je n'en ai jamais lus un seul au cours des années précédentes dont j'aurais pu adopter l'orientation politique, pas un seul.

21ème sujet

- Les physiciens européens remettent en cause la version officielle du 11-septembre - voltairenet.org 19.09

Depuis quinze ans des experts stipendiés par le gouvernement fédéral états-unien assurent que l’effondrement des Tours jumelles et de la Tour 7 du World Trade Center, le 11 septembre 2001, sont imputables à la projection de deux avions de ligne sur les deux premières tours.

La très prestigieuse European Physical Society ne l’entend pas ainsi. Elle vient de publier, dans sa revue European Physics News, un article de Steven Jones, Robert Korol, Anthony Szamboti et Ted Walter, mettant en évidence qu’il s’agit d’un cas de démolition contrôlée. voltairenet.org 19.09

Reste-t-il des irréductibles pour croire encore la version officielle ?

Attention bourreaux de sorcières, à une autre époque vous auriez rejoint les rangs de l'inquisition ! Moi je ne sais pas, mais cela me ferait réfléchir. Si vous êtes un militant ouvrier et que vous croyez encore la version officielle du 11/9 après qu'une multitude de preuves et de témoignages eurent été rendus publics qui la contredisaient, c'est que vous êtes fâchés avec la dialectique, eh oui encore la transformation de la quantité en qualité, on n'y coupe pas que voulez-vous, observez bien elle rythme votre vie.

22ème sujet

Quelques infos en bref.

Syrie : un drone russe repère des djihadistes à proximité du convoi humanitaire incendié.

De nouvelles images permettent d'en savoir plus sur les circonstances dans lesquelles un convoi humanitaire a été en grande partie détruit ce mardi 20 septembre. Mais les images dévoilent aussi la présence de djiahdistes à proximité du convoi.

«L'aviation russe ou syrienne n'a mené aucune frappe aérienne sur un convoi humanitaire de l'ONU au sud-ouest d'Alep», a déclaré le général Igor Konachenkov, porte-parole du ministère dans un communiqué cité par les agences russes. «Nous avons étudié attentivement les images vidéo des soit-disant "activistes" présents sur place et nous n'avons pas trouvé de signes de frappes sur le convoi par des armes», a poursuivi le ministère russe de la Défense.

A l'appui de son analyse, le ministère a mis en ligne les images tournées par un drone russe. On peut constater sur la vidéo la présence d'un véhicule tractant une arme lourde qui remonte la colonne des poids lourds, ces derniers étant identifiés en rouge.

Le convoi humanitaire détruit dans les environs d'Alep était escorté de djihadistes équipés d'un mortier. La destruction du convoi, qui transportait une aide d'urgence à destination de quelque 78 000 civils, a causé la mort de 21 membres de l'organisation du Croissant-Rouge syrien. Selon les Nations unies, 18 véhicules parmi les 31 du convoi avaient été touchés.

Le ministère de la Défense russe avait d'emblée indiqué que le convoi n'avait pas pu être la cible de frappes, que ce soit d'origine russe ou syrienne. Moscou a fait valoir que l'examen attentif des lourds dommages constatés sur les véhicules ne pouvaient pas permettre de conclure à des frappes aériennes. La destruction des véhicules est plus vraisemblablement due à l'incendie même de la cargaison.

«Il n'y a pas de cratère, la structure des véhicules n'est pas endommagée et ils n'ont pas subi le souffle d'une frappe aérienne», a fait valoir le porte-parole russe qui ne constate là que «le résultat d'un incendie, qui s'est comme par hasard déclenché au moment d'une offensive d'ampleur des rebelles vers Alep».

Le ministère russe des Affaires étrangères a fait part de son «indignation et colère» et dénoncé «les tentatives de certains protecteurs des terroristes et des bandits» de mettre en cause les aviations russe et syrienne dans ces bombardements. Des «accusations hâtives, non étayées» qui semblent être «calculées pour détourner l'attention de l'étrange "erreur" des pilotes de la coalition». Moscou faisant ainsi allusion aux frappes aériennes de la coalition menée par les Etats-Unis qui ont fait au moins 90 morts dans les rangs de l'armée régulière syrienne. (Source : RT 20/09/16)

En dictature, ses représentants assassinent froidement des innocents en toute impunité.

- Etats-Unis : encore un Noir non armé abattu par la police - AFP

Terence Crutcher avait les mains en l'air lorsque Betty Shelby, une policière de l'Oklahoma, l'a abattu. AFP 20.09

Il s'agit donc d'un homicide volontaire ou d'un assassinat.

Plus loin dans cet article l'AFP requalifie les meurtres semblables d'Afro-Américains commis par des policiers au cours des mois ou des années précédentes de "brutalités policières" ou "d'abus des forces de l’ordre".

Pendant qu'ils ravagent le Moyen-Orient, la Libye, l'Afghanistan...

- Obama à l'ONU : "Nous devons ouvrir nos cœurs et faire davantage pour aider les réfugiés" - Franceinfo

- Obama annonce l'engagement de 50 pays sur l'accueil de 360.000 réfugiés - AFP

Il vaudrait mieux parler de populations déplacées par l'impérialisme américain et ses alliés...

Busherie.

- Hollande sur la Syrie: «Ça suffit» - 20minutes.fr

A la tribune des Nations Unis ce mardi, le président Français a appelé la communauté internationale à mettre fin au conflit syrien... 20minutes.fr 21.09

Ils n'ont jamais cessé de le faire...

- Ces électeurs de gauche qui veulent voter à droite - LeParisien.fr 20.09

Ils ont des idées à la hauteur de leurs ambitions

- Après "Hé oh la gauche", les Hollandais lancent "Notre idée de la France" - AFP

- Prisons : Jean-Jacques Urvoas annonce un plan ambitieux de construction de cellules - Public Sénat

Quand un système financier mafieux gouverne le monde.

- UBS France souhaite être partie civile dans l'enquête à Paris - Reuters

- Banque Wells Fargo : le patron s'excuse pour les comptes fantômes - La Tribune

Plus de 2 millions de comptes non autorisés ont été ouverts, permettant à la banque de prélever à ces clients des commissions et autres frais.

De l'ordre de 5.300 employés de la banque de San Francisco ont été licenciés pour avoir ouvert pendant cinq ans des comptes bancaires fictifs au nom de clients, à leur insu.

... les employés de la banque "falsifiaient des signatures, volaient des pièces d'identité, des numéros de Sécurité sociale et l'argent durement gagné de leurs clients pour conserver leurs emplois mal payés et faire gagner de l'argent aux dirigeants bien payés de Wells Fargo."

D'anciens salariés ont rapporté qu'ils subissaient de très vives pressions pour multiplier les comptes de chaque client.

Wells Fargo a accepté au début du mois de verser 190 millions de dollars (170 millions d'euros environ) d'amendes et d'indemnités pour avoir créé ces comptes à l'insu des clients concernés, une pratique qui permettait à certains de ses salariés d'atteindre leurs objectifs commerciaux.

Mais sur ces 190 millions, cinq seulement seront consacrés à l'indemnisation des clients alors que, selon les parlementaires, les "faux" comptes ont pu se traduire pour certains d'entre eux, au-delà des frais de tenue de compte, par des coûts indirects, lors d'emprunts par exemple.

Les pratiques frauduleuses ont été identifiées dès 2011 mais les dirigeants de la banque n'ont réalisé l'étendue du problème qu'au début de 2015, s'est défendu John Stumpf, le PDG de Wells Fargo.

Auditionné par la commission bancaire du Sénat américain, le patron de Wells Frago a fait acte de contrition ce mardi, deux semaines après l'éclatement de l'affaire des comptes "fantômes". Il a déclaré : "Je suis profondément désolé que nous ayons échoué à remplir nos obligations vis-à-vis de nos clients"

Hillary Clinton, qui a été accusée pendant les primaires de représenter les intérêts de Wall Street, a dit vouloir un terme à ce qu'elle appelle "la culture de la mauvaise gestion et de l'imprudence" dans le système bancaire. reuters et latribune.fr 21.09


Le 9 septembre 2016

CAUSERIE

Cette causerie est très longue car j'ai bossé depuis le 5 août. Elle est un peu bordélique ou comporte des répétitions. Je n'ai pas le temps d'y mettre de l'ordre car cela nécessiterait de réécrire de longs passages. Elle a été conçue pour faire réfléchir à nouveau à certaines questions déterminantes et non pour imposer quoi que ce soit à qui que ce soit. Son ton polémique ne vous surprendra pas, vous y êtes habitués, et puis entre nous, ceux qui ne polémiquent pas sont des démagogues sournois de la pire espèce.

Je n'ai pas le temps d'aborder les derniers textes publiés par différents courants politiques (GMI, DR du NPA) ou portails de médias dits alternatifs (Investig'Action) dont je mettrai certains en ligne parce que j'en partage en gros le contenu et l'orientation, et parce que je les ai trouvés encourageant à l'heure où tout est fait pour démoraliser les militants. En fait, j'ai retrouvé dans leurs orientations et leurs positions, celles que j'avais déjà adoptées depuis longtemps, je me sens un peu moins seul !

Le 16 août cela faisait 20 ans que j'avais quitté la France pour m'établir en Inde, et le 11 septembre je fêterai mon 61e anniversaire. Passons à la causerie.

1er sujet

A nos chers lecteurs. Nous ne vous avons pas abandonné, c'est vous qui nous traitez de la sorte.

- Le nombre d’animaux abandonnés pendant l’été a augmenté de près de 25 % - LeMonde.fr 30.08

Cette causerie et celles à venir auront forcément un caractère polémique plutôt incisif puisqu'elles seront consacrées en grande partie au combat contre toutes les formes d'impostures et d'opportunisme qui essaiment le mouvement ouvrier et au-delà qui nous ont conduits où nous en sommes.

On ne se laissera pas duper par des déclarations ou appels qui en apparence se veulent radicaux (POID), mais qui rappellent fâcheusement ceux auxquels les mêmes dirigeants nous avaient habitués depuis les années 70, tandis qu'en pratique ils devaient mener une toute autre politique, absolument rien n'a changé sur ce plan-là.

On évitera également soigneusement de se comporter comme ces militants ou cadres sans principe ou qui font preuve d'une étonnante amnésie, et qui sont particulièrement prompts à tirer un trait sur le passé au fur et à mesure qu'il se déroulait, pour finalement faire comme s'il n'avait jamais existé et s'en tenir à ce qui les arrange dans le moment présent, pour aboutir infailliblement au même résultat ou le néant politique en terme de progression vers nos objectifs politiques. Dans les partis passoires ou caméléon, leurs appareils ne changent pas, donc rien ne change en réalité sur le fond.

Illusionnistes, démagogues professionnels rivalisent sans grande imagination il faut bien le dire pour tenter de nous berner une nouvelle fois, si bien que les confondre en devient un exercice déconcertant, dont le seul intérêt consiste à rappeler leur véritable nature à ceux qui auraient tendance à l'oublier ou à en prendre connaissance pour ceux qui l'ignoraient, de manière à ce qu'ils sachent qu'ils sont en présence de manipulateurs ou pour éviter qu'ils soient victimes de manipulations, qui évidemment n'ont pas été conçues pour servir la cause pour laquelle ils combattent sincèrement.

L'honnêteté ou la loyauté envers une personne ou une cause est une et indivisible, non négociable, et tout comme la confiance une fois qu'elle a été trompée, de préférence délibérément et de manière répétée plus ou moins sournoisement ou habilement, elle ne mérite plus aucun intérêt car elle est morte une fois pour toute. Maintenant on peut toujours s'employer à ses risques et périls à faire vivre son cadavre pendant des décennies et s'illusionner ou se leurrer soi-même sur le profit qu'on serait en droit d'attendre de cette compagnie pour le moins nauséabonde, qui à l'arrivée finira par nous pourrir complètement l'existence.

La classe dominante recourt à une multitude de stratagèmes et instruments pour mener à bien sa lutte de classe et corrompre, aliéner, abrutir un peu plus les masses laborieuses, non sans un certain succès jusqu'à présent il faut bien l'avouer, faute de l'avoir combattue sur tous les plans pour avoir ignoré tout un pan de la nature humaine ou avoir décrété qu'elle se réduisait à son aspect social, gravissime erreur que les idéologues de l'oligarchie n'auront pas commise, mieux, dont ils se seront servis pour mieux les influencer et les asservir à leur idéologie qui aura fini par infester leurs cerveaux toujours aussi faibles ou maléables à merci.

Quand on observe la propagande idéologique hystérique du gouvernement et des médias, il ne faut guère chercher plus loin d'où leur vient cette audace et quel en est l'objet véritable.

Sur la fin de sa vie (1893) Engels avait perçu que cette question occupait une place déterminante au sein de la lutte des classes contrairement à ceux qui le nient de nos jours et font ainsi le jeu de la réaction, et il regrettera amèrement de ne l'avoir pas suffisamment traitée avec Marx, évoquant même une faute politique que nos dirigeants s'empresseront de reproduire évidemment..."à dessein".

Engels - "...il manque seulement un point qui, à vrai dire, n'a pas été assez mis en relief dans les écrits de Marx et les miens, ce qui fait que nous en portons tous la même responsabilité. A savoir, nous nous sommes d'abord attachés à déduire les représentations idéologiques — politiques, juridiques et autres — ainsi que les actions conditionnées par elles, des faits économiques qui sont à leur base, et nous avons eu raison. Mais en considérant le contenu, nous avons négligé la forme : la manière dont se constituent ces représentations, etc. "

Comment ces représentations idéologiques se constituent et à l'aide de quels instruments de propagande il faudrait ajouter, à l'aide de quelles mécanismes psychologiques vont se forger ces représentations idéologiques, alors qu'elles reflètent de manière déformée la réalité ou tous les rapports qui en sont à l'origine ou la compose, afin que l'idée qu'en auront les travailleurs pénétre profondément dans leur cerveau et influence leur comportement, de sorte qu'ils subiront leur condition.

Et Engels de préciser qui cela concerne, en fait l'ensemble de la population.

Engels - "C'est cette apparence d'histoire indépendante (...) des conceptions idéologiques dans chaque domaine particulier qui aveugle, avant tout, la plupart des gens."

Donc pour les aider à ne pas être aveuglés par l'idéologie de la classe dominante, il faut s'employer à la démonter pièce par pièce inlassablement dans tous les domaines, pour démontrer aux travailleurs qu'on les manipule et que l'interprétation qu'on leur sert de la situation n'a finalement que l'apparence d'une histoire indépendante qui ne sert que les intérêts de ceux qui l'ont fabriquée pour mieux les asservir ou leur interdire d'accéder au processus matérialiste dialectique et historique inconscient qui a façonné leur propre histoire, leurs propres chaînes qu'ils doivent briser.

Engels poursuivait et allait encore plus loin, considérant que l'idéologie et tout ce qui y rapportait remplissait également une fonction objective et pas seulement subjective, ou qu'elle jouait à part entière "un rôle dans l'histoire" capable d'influencer son cours, on pourrait même dire que c'est la règle ou une des lois du processus matérialiste historique inconscient qui a présidé au développement de la civilisation humaine.

Engels - "A cela se lie également cette idée stupide des idéologues : comme nous refusons aux diverses sphères idéologiques qui jouent un rôle dans l'histoire, un développement historique indépendant, nous leur refusons aussi toute efficacité historique. C'est partir d'une conception banale, non dialectique de la cause et de l'effet comme de pôles opposés l'un à l'autre de façon rigide, de l'ignorance absolue de l'action réciproque. Le fait qu'un facteur historique, dès qu'il est engendré finalement par d'autres faits économiques, réagit aussi à son tour et peut réagir sur son milieu et même sur ses propres causes, ces messieurs l'oublient souvent tout à fait à dessein. "

A l'heure où la réaction mène une violente offensive tout azimut quasi permanente sur le plan idéologique et psychologique pour façonner les consciences des peuples dans le moule du nihilisme et du néolibéralisme, il y a ceux qui désertent sciemment ce combat et lui laisse le champ libre, et il y a ceux dont nous faisons partie qui la combattent avec acharnement et sans relâche depuis des années en se situant sur le terrain du socialisme.

Maintenant on a bien conscience qu'en présence d'imposture de part et d'autre, du côté de la réaction et du côté de ceux qui prétendent la combattre en la soutenant en réalité, toute discussion sur cette question tend à exprimer des interprétations influencées ou plutôt pervertis par des facteurs subjectifs à l'insu ou non de leurs auteurs qui ne peuvent mener que dans une impasse. Aussi il existe un moyen pour éviter de perdre son temps en tombant dans ce piège. Il suffit de déterminer de quelle manière ces représentations idéologiques dont parlait Engels s'insèrent dans le processus matérialiste dialectique et historique inconscient pour en découvrir la nature, la fonction et l'objectif, sans quoi on tombera soi-même dans la spéculation idéologique ou l'existentialisme, on s'égarera en s'éloignant de la réalité matérielle ou objective pour sombrer dans l'idéalisme, qui a pour seule fonction d'interpréter le monde mais non de le changer, abandonnant de fait l'objectif de notre combat politique.

Mais encore faut-il admettre ou avoir compris (donc avoir étudié) que chaque expérience ainsi que le cours de l'histoire correspondait à la mise en oeuvre des lois de ce processus matérialiste dialectique inconscient, sans quoi on sera amené à recourir à d'autres instruments pour interpréter chaque expérience sur lesquelles nous serons amenés à nous prononcer, qui nous induirons en erreur à la manière d'un philosophe idéaliste évitant soigneusement de s'attaquer aux rapports sociaux établis qui sont à l'origine de l'impasse dramatique dans laquelle se trouve plongée l'humanité de nos jours et y qui demeurera à défaut de parvenir à la compréhension de la nécessité historique de les renverser.

Notre interprétation de la société ou du monde, de la nature ou de l'univers doit refléter le plus fidèlement possible ce processus matérialiste dialectique, c'est le seul moyen pour pouvoir agir consciemment ou efficacement sur lui ou se donner les moyens de modifier consciemment son orientation, et si nous n'y parvenons pas, nous nous condamnerons à subir notre sort indéfiniment.

Le matérialisme dialectique est à la fois un processus objectif qui participe à la transformation de chaque chose (ou être vivant) selon ses propres lois, et un instrument au départ subjectif, qui en ayant le pouvoir d'agir sur la matière qu'on se destine de traiter, possède la vertu de pouvoir la transformer ou d'agir sur son destin à la manière d'un facteur objectif.

On en revient toujours à la même question qu'on préfère souvent éviter de se poser, à savoir quelles est sincèrement la véritable nature de notre engagement politique, son objectif, ce qu'on veut vraiment, continuer de vivre sous le règne de l'exploitation de l'homme par l'homme, s'y adapter en tentant de s'en sortir individuellement le mieux possible, auquel cas on se contentera d'infléchir l'orientation du cours de l'histoire, de réformer le capitalisme, on se servira du matérialisme dialectique uniquement à cette fin, ou au contraire on en fera un puissant instrument pour élever le niveau de conscience et d'organisation des masses exploitées afin de parvenir à s'émanciper de ce carcan et conquérir le règne de la liberté.

Comme nous l'avions observé dans plusieurs causeries antérieures, les discussions sur la laïcité et les conséquences de la propagande idéologique de la classe dominante avaient pour vertu de nous écarter de l'essentiel, à savoir qu'il n'existe pas cinquante manières d'interpréter le monde, idéaliste ou matérialiste dialectique, toute autre méthode consistant à mêler une touche d'idéalisme au matérialisme étant destiné ou conduisant à dénaturer le matérialisme, pour qu'on ne parvienne pas à saisir de quelle manière s'opère la transformation de la matière ou de la société et qu'on ne remonte pas à l'origine des rapports qui en ont déterminé l'orientation parce qu'on ne se destine pas de les changer.

On aurait pu tout aussi bien dire que l'idéalisme est le mode de pensée de la réaction pour interpréter le monde, et que le matérialisme dialectique était destiné à ceux qui combattaient sincèrement pour le changer. On pourrait aussi assimiler l'idéalisme à l'inconscience ou à l'ignorance des lois qui président à la transformation de chaque chose ou être, à l'évolution des rapports qui déterminent le cours de leur existence.

Rejeter le matérialisme dialectique revient à décider de demeurer ignorant ou inconscient. Dans ce cas-là, tout d'abord il faut l'assumer, ensuite on ne voit pas très bien quelle discussion on pourrait avoir avec des gens ou des militants aussi bornés, qui refusent d'évoluer ou de progression, et pour finir on ne voit pas très bien en quoi ils pourraient être utiles à notre cause.

En fait cette question est fort simple à poser. C'est comme pour faire une addition, soit on admet que dans le système décimal 1 plus 1 font 2, 2 plus 1 font 3, etc. soit on s'y refuse et on ne saura jamais compter, c'est aussi simple que cela. C'est déconcertant, n'est-ce pas ? On se demandera comment on a pu passer à côté aussi longtemps, mais c'est ainsi.

2e sujet

Ma connexion Internet a été coupée sans préavis par l'opérateur indien Reliance le 9 août dernier pour m'obliger à acquérir son nouveau modem au protocole G4. Celui-ci n'étant pas disponible dans un premier temps, puis passant de 899 roupies à 1.500 roupies une semaine plus tard, puis à 2.700 roupies vers le 20 août, de plus n'étant disponible qu'en ligne sur Internet avec un délai de livraiment indéterminé, 10 jours, 15 jours, voire plus m'a-t-on dit, ce n'est que le 23 août que je suis parvenu à me doter d'un nouveau modem de l'opérateur Vodafone, dont l'abonnement est quatre fois plus cher, mais je n'avais pas le choix puisqu'aucun autre opérateur ne couvre le village où j'habite. Et entre le 24 août et le 9 septembre Vodafone a coupé trois fois ma connexion pendant 7 jours au total (sur 14).

Privé d'Internet pendant 13 jours jusqu'au 23 août, il ne m'aura pas fallu plus de temps pour me désintoxiquer de cette addiction et prendre de nouvelles résolutions ou tirer des enseignements de cette expérience.

Dorénavant, je n'actualiserai plus les infos en bref, on se contentera de causeries ou de chroniques.

Je ne me connecterai à Internet que 3 fois par semaine maximum pour m'informer et lire mon courrier. Quand je ne m'occuperai pas de mes affaires, je consacrerai mon temps libre à la lecture et à l'écriture.

Personne ne m'ayant contacté ou s'étant enquis de ce que je devenais depuis le 5 août, date à laquelle le portail avait cessé d'être actualisé, j'en ai conclu sans surprise que tout le monde s'en foutait et que je pouvais encore repousser son actualisation.

Le monde est bien moche et les gens sont logiquement à son image, ce dont ils n'ont pas conscience, tout comme ils ignorent sans être forcément être habités de mauvaises intentions le mal qu'ils peuvent causer autour d'eux, pour cette raison et pour rester fidèle à nos principes, nous nous passerons de les juger, la vie est assez injuste ou s'en charge à sa manière pour qu'on n'en rajoute pas.

Les causeries ne serviront plus désormais qu'un objectif uniquement personnel, qui consistera à fixer mes idées pour ne pas les perdre et pouvoir y réfléchir à nouveau ou les pousser plus loin, en vérifier leur valeur au fil du temps ou les modifier si nécessaire, si bien que personne n'est appelé à les partager, encore moins encouragé à les adopter, selon le principe que chacun doit assumer ses responsabilités, et tant pis pour ceux qui n'en sont pas capables.

On a passé beaucoup trop de temps à se justifier, dans un contexte de réaction sur toute la ligne où on avait conscience de lutter à contre-courant à l'intérieur d'un mouvement ouvrier toujours plus décomposé, dont l'orientation était dirigée dans une direction opposée à l'objectf (historique) politique de son combat, de sorte qu'il n'y a pas lieu de s'étonner du résultat quasi nul auquel nous sommes parvenus.

Cela dit, mes convictions politiques demeurent intactes, j'ai même l'impression de n'avoir jamais été aussi calme et lucide. Cependant il m'aura manqué certaines qualités ou plutôt capacités qu'il est trop tard pour acquérir, il serait inutile de le regretter.

Il y a encore un tas de choses à étudier, mais il y en a une qui me tient particulièrement à coeur de clarifier.

Quelle stratégie adoptée qui combinerait à la fois (ou simultanément) le combat pour l'amélioration de la condition ouvrière et le combat pour conquérir notre liberté, notre émancipation du règne du capitalisme, de l'exploitation de l'homme par l'homme, de la servitude humaine, le premier ne devant pas annihiler le second comme ce fut le cas jusqu'à présent malheureusement.

Comment concilier les deux combats en une prise de conscience unique, universelle. Comment profiter des avantages ou privilèges liés à notre statut personnel quand c'est le cas sous le régime capitaliste, tout en combattant pour être libre de choisir notre destin, en ayant conscience que cela demeurera toujours inaccessible dans une société divisée en classes.

Comment profiter de la vie, des moments de bonheur ou de plaisir qu'elle nous procure, ce qui est parfaitement légitime, sans jamais perdre de vue la nécessité d'agir pour qu'ils ne soient plus le pendant des nombreux sacrifices qui nous sont imposés par leur société ou qu'on s'impose soi-même, et que l'humanité toute entière y ait droit également.

Comment répartir notre temps libre qui est forcément compté ou réduit, de sorte qu'on en consacre une partie au combat pour notre idéal.

Comment faire prendre conscience aux différentes couches de travailleurs qu'ils doivent prendre en mains leur destin et que c'est parfaitement possible, dès lors qu'on ne leur demande pas de sacrifier leurs relations familiales, leurs passions quand ils en ont, leur activité culturelle, artistique, sportive, etc.

Jusqu'à présent nous avons été incapables d'y parvenir puisque toutes les conceptions de la lutte de classe qui ont été adoptées pour construire le parti se sont soldées par un échec.

En reliant cette réflexion aux idées que j'ai développées sur la démocratie, j'en suis arrivé à la conclusion qu'en aucun cas il ne faudrait construire un parti de masse et que ce fut la plus grave erreur des bolcheviks. Car à partir de ce moment-là, la démocratie qu'incarnait les travailleurs organisés les plus conscients devait se dilluer et se transformer en son contraire, dans le cas du parti bochevik cela déboucha sur le stalinisme et sa bureaucratie monstrueuse qui étouffera la démocratie et lui sera fatale, mais pas seulement ce qui est une autre histoire.

Cela ne signifie pas pour autant qu'il faudrait construire un parti réservé à une élite quelconque, de préférence des intellectuels ou des membres des couches supérieures du prolétariat qui auraient acquis un certain niveau de conscience politique, pas du tout puisqu'ils seraient condamnés à stagner puis à se scléroser pour terminer complètement décomposés comme on a pu l'observer, un peu à la manière des aristocrates qui sous l'Ancien régime se reproduisaient entre eux et étaient voués à la décadence ou à la débilité.

Le parti correspond à la fois à une nécessité historique disons sociale qui est liée au développement des forces productives et de la lutte des classes dans des conditions qui nous sont imposées et dont il faut parvenir à prendre conscience, et à une nécessité qui ressort de la nature (psychologique) imparfaite de l'homme, mais qui est susceptible d'évoluer ou de s'élever à un niveau de conscience couvrant l'ensemble du processus dialectique matérialiste qui parcourt la longue et douloureuse épopée de la civilisation humaine.

Le parti doit combiner ces deux nécessités pour réunir les conditions qui lui permettront de mener à bien sa tâche historique, dont celle d'incarner la démocratie puisque les masses ne disposent pas des qualités requises pour l'exprimer.

Tous les discours sur la conquête ou reconquête de la démocratie ne sont que pure démagogie, parce que la démocratie qui ne se décrète pas ou ne correspond en aucun cas à un acte de volonté, à une décision politique, elle n'est pas et ne sera jamais le produit spontané conscient qu'on a voulu nous faire croire. Pour exister à l'échelle des masses ou de la majorité du peuple, il faudrait qu'il soit placé dans des conditions sociales favorables, de sorte qu'il soit en mesure de capitaliser les enseignements des nombreuses expériences auxquels il aurait participé au cours d'une longue période, afin de venir définitivement à bout des idées (préjugés, superstitions, etc.) et des comportements (archaïques, rétrogrades, etc.) profondément ancrés dans son inconscience, qui lui furent inculqués par la classe des exploiteurs, autrement dit que la quantité se transforme en qualité à la longue pour donner naissance à un homme nouveau, libre, débarrassé des rapports issus de la société divisée en classe qui l'empêchait de faire consciemment sa propre histoire.

Le parti ne doit être composé que de militants conscients de l'ensemble du processus dialectique matérialiste et historique, les éléments les plus conscients de la classe ouvrière et au-delà de cette classe, qui s'engagent à acquérir un niveau de conscience toujours supérieur, à agir dans la vie quotidienne ou en toutes circonstances conformément à ce niveau de conscience, ce qui nécessite qu'ils soient en permanence en contact avec les masses d'où ils tireront matière à leur propre évolution, mais aussi pour vérifier qu'ils mettent bien en pratique la théorie dont ils se réclament ou qu'ils sont censés avoir acquis.

Le parti doit être ouvert à tous ceux qui sont prêts à s'engager sincèrement dans cette voie, et qui acceptent de suivre une formation (continue, pratiquement à vie) pour progresser sur les plans politique et individuel, en plus de participer à la lutte de classes ou aux différentes activités politiques du parti en fonction de leur disponibilité, facultés, sans remettre en cause leur vie de famille ou porter préjudice à leur activité professionnelle, partant du principe que chaque militant dispose de sa propre personnalité qu'il faut à tout prix respecter, sachant que chacun a connu au cours de son existence des expériences particulières dont il faut impérativement tenir compte, afin que ce processus de maturation ne soit pas vécu comme une contrainte ou prenne la forme d'un embrigadement auquel cas il conduirait infailliblement à un échec ou à une désertion, mais s'inscrive dans la vie comme une nécessité, un engagement conscient donnant un sens à leur vie, pour incarner l'idéal humaniste le plus élevé qui soit donné à l'homme de concevoir.

On a parfaitement conscience que cette définition du parti écarte d'emblée des millions de travailleurs, ce qui est inévitable, mais rien n'empêcherait de les organiser dans d'autres structures ou de les faire participer à nos activités politiques, c'est même une obligation. Car il s'agit là uniquement de redonner au parti sa place dans le processus révolutionnaire, et non de se substituer aux masses et aux institutions qu'elles créeraient au cours de la révolution, et si c'était au parti et aux courants ou tendances du mouvement ouvrier qui auraient participé à la prise du pouvoir que reviendrait de former le gouvernement, le renversement du régime ne pourrait être que le produit du soulèvement révolutionnaire du prolétariat, encore faudrait-il que le parti ait conquis au préalable la direction du mouvement ouvrier.

La situation politique actuelle prouve à sa façon, que rejeter les enseignements de la lutte de classe du passé ou tourner le dos au socialisme ne pouvait conduire qu'à la déchéance du mouvement ouvrier, ne pas en être convaincu, c'est n'avoir rien compris et annonce inévitablement des jours encore plus sombres et dramatiques. On se demande jusqu'où il faudra que le monde s'enfonce dans la barbarie pour que se produise un sursaut salutaire du mouvement ouvrier ou que son avant-garde rompe avec l'opportunisme qui la mine depuis plus d'un demi-siècle. Il faudra peut-être attendre que ses dirigeants aient trépassé pour qu'on veuille bien porter un regard objectif ou impartial sur leurs théories et analyses, et qu'on s'aperçoive du bien-fondé de nos critiques, ce qui paraîtra peut-être prétentieux mais est inévitable, car nous n'oserions pas formuler cette prétention si nous n'avions pas acquis la conviction que nos propres théories et analyses étaient fondées, cohérentes et sérieuses.

Sachez encore que j'en suis le premier choqué et que plus d'une fois, que dis-je, en permanence, jusqu'à l'obsession je n'ai cessé de me demander si je n'étais pas dans l'erreur, et si j'avais le droit de m'exprimer de la sorte pour ne l'avoir jamais envisagé ou souhaité ; en fait je ne m'étais jamais préparé à devoir affronter une telle situation, préférant rester confortablement dans l'ombre plutôt que me mettre ainsi en avant, sans être certain de pouvoir l'assumer. La seule chose qui m'a convaincu d'agir ainsi ou de poursuivre cette activité politique, reposait sur le fait que je n'avais jamais été guidé par de mauvaises intentions et d'avoir fait preuve d'une loyauté absolue, et en être arrivé à la conclusion que dans de telles conditions je ne pouvais pas nuire à notre cause, au socialisme.

3e sujet

- L’Inde déconseille aux touristes de porter des jupes ou des robes «trop courtes» - 20minutes.fr 30.08

Vivant en Inde depuis plus de 20 ans (22 au total), compte tenu de la profonde arriération de la majorité de la population, de la promiscuité régnante due à la surpopulation, de la frustration sexuelle dont souffre la plupart des Indiens des deux sexes due à des principes religieux ou une éducation archaïque, j'estime que cette recommandation relève du bon sens le plus élémentaire ou sert à protéger les femmes du harcèlement et du viol très répandus, et qu'il n'y a pas lieu de la condamner, contrairement aux abrutis de petits-bourgeois, gauchistes ou opportunistes du mouvement ouvrier qui crient au scandale et considèrent que ce conseil porterait atteinte aux droits des femmes ou aux libertés individuelles.

Comme très souvent et on peut l'observer dans tous les pays, les petits-bourgeois ont la fâcheuse tendance de se comporter en irresponsables ou inconscients impatients en prenant leurs désirs pour la réalité, et qui tels des réactionnaires encouragent les pires provocations gratuites qui feront par la suite éventuellement l'objet d'actes violents dont des innocents seront victimes, et qui serviront de prétexte au législateur pour adopter de nouvelles mesures répressives ou liberticides.

Non, quels que soient notre condition, notre statut social, notre degré de conscience, tout n'est pas possible dans une société divisée en classes soumise à des rapports de domination qui engendrent inégalités et injustices en tous genres. Et gare à celui qui n'en a pas conscience, qui pourrait facilement se tromper de combat et se retrouver au côté de la réaction, ce qui est de plus en plus le cas de nos jours.

L'évolution des mentalités ou le respect du principe selon lequel on ne peut empiéter sur la liberté individuelle de chacun pour faire valoir nos droits, ne peut concerner qu'une infime minorité de la population dans une société où l'immense majorité demeure exclue du progrès social, ou lorsque le progrès social n'a pas été le produit de la lutte de classe, mais a été importé avec les capitaux des puissances occidentales qui ont été à l'origine du développement économique et industriel.

4e sujet

L'éditorial n°51 de La Tribune des Travailleurs (POID) signé D. Gluckstein titrait : Le Brexit leur brûle les doigts. Vous le trouverez sur Facebook à l'adresse de La Tribune des Travailleurs en date du 17 aôut.

Voilà l'analyse et la conclusion auxquelles je suis parvenu à la lecture de ce savoureux éditorial. On y reviendra ensuite point par point pour étayer chacune de mes affirmations ou chacun de mes arguments, ainsi chacun pourra suivre ma démarche et vérifier

L'opération consistait ici à instrumentaliser le Brexit en falsifiant à la fois son origine, son contenu, son objectif ainsi que les conséquences que les différents protagonistes étaient en droit d'en attendre, de manière à justifier une ligne politique opportuniste axée sur la rupture avec l'Union européenne qui consiste à faire croire qu'elle contribuerait à modifier les rapports entre les classes en faveur de celle des exploités et à alimenter l'illusion que ce facteur serait déterminant pour rompre avec la politique mise en oeuvre par les représentant de la classe dominante, alors qu'en réalité il ne changerait absolument rien, puisque c'est la Constitution et les institutions nationales britanniques qui demeurent les garants des intérêts de la classe des capitalistes et des rapports établis entre les classes, ainsi qu'avec l'ensemble des institutions financières et politiques internationales, institutions nationales britanniques que les travailleurs britanniques doivent impérativement abattre pour pouvoir envisager sérieusement leur émancipation du capital, objectif que ne partage pas le POID pour se contenter de réformes démocratiques bourgeoises qui profiteraient à certaines couches privilégiées du prolétariat ou qui contribueraient à assurer la stabilité du régime dans la mesure où elles seraient compatibles avec son existence, conformément à sa nature sociale qui est étrangère au socialisme.

Il commençait par dresser une liste d'arguments avancés par les autorités britanniques figurant comme autant d'obstacles ou de prétextes pour retarder la rupture avec l'UE, donc laissant entendre qu'elles auraient été opposées au Brexit, alors qu'on se souvient que le Brexit l'emportait dans tous les sondages y compris avant même que ce référendum soit officialisé et qu'il a été conçu ou provoqué par l'oligarchie financière anglo-saxonne dans le cadre de sa stratégie pour mieux soumettre l'UE à son talon de fer en émancipant l'impérialisme britannique des contraintes économiques et politiques croissantes qu'elle allait imposer à l'UE, tout en lui permettant de conserver les avantages liés aux rapports ou traités signés antérieurement avec l'UE sans en subir les inconvénients, autrement dit créer une situation favorable à l'expansion de l'impérialisme britannique lié organiquement à l'impérialisme américain (depuis le XIXe siècle) au détriment de l'UE qui leur est soumise.

Il ira plus loin dans l'imposture, pour la couvrir en quelque sorte, en affirmant que la bourgeoisie britannique ne voulait pas s'engager dans la voie du Brexit, pardi, pourquoi ne pas lui demander d'avouer qu'elle en était à l'origine ou qu'elle l'avait provoqué, ce qui devait aboutir à rendre confuse au possible ou incompréhensible la situation aux militants ou aux travailleurs, qui de fait se retrouvaient face à une impasse politique, étant donné que rien n'était possible sans rompre avec l'UE et que manifestement cette rupture était impossible en observant ce qui se passait en Grande-Bretagne.

Vous croyez qu'à ce stade Gluckstein se serait dit, bon, d'accord, j'ai compris on s'est fourvoyé depuis 24 ans en axant notre politique contre l'UE, c'est contre les institutions nationales qu'il fallait concentrer notre combat, et bien pas du tout, la suite le confirmera.

Passons sur le lieu commun qui en guise de diversion consistait à rappeler que toutes les couches de la bourgeoisie britannique n'étaient pas alignées sur la même position, que certaines étaient favorables au Brexit, alors que d'autres y étaient farouchement opposées, puisque la Grande-Bretagne demeure l'une des places financières parmi les plus puissantes du monde, la seconde après les Etats-Unis, et que dans ces conditions la bourgeoisie britannique est totalement inféodée à l'oligarchie financière qui détient le pouvoir, ses états d'âmes témoignent uniquement de son impuissance face à la crise du capitalisme dont elle subit les conséquences qui se traduisent par des réajustements permanents ou des purgent parmi ses membres quand certains ne sont pas contraints à disparaître comme d'ailleurs dans tous les pays occidentaux. Que chacune de ses couches tienne à tirer le meilleur parti de ses rapports avec l'UE, cela fait partie de la règle du jeu et pas davantage.

Cet aspect de la situation ne nous concerne qu'à la marge, puisque l'objectif de notre combat politique ne consiste pas à se contenter de conditions d'existence plus ou moins supportables sous telle ou telle régime dirigée par telle ou telle couche de la bourgeoisie, mais à renverser la bourgeoisie au pouvoir. Que l'on exploite quand cela est possible les contradictions qui existent entre les différentes couches de la bourgeoisie est une chose, encore faut-il que cette tactique demeure subordonnée à notre objectif politique, la prise du pouvoir politique par la classe ouvrière.

Ensuite, le contenu du vote du 23 juin devait être sciemment et systématiquement occulté, car parmi les diverses raisons pour lesquelles des millions d'électeurs avaient voté oui à la sortie de l'UE, figurait un nationalisme exacerbé alimenté par la montée du racisme et de la xénophobie liée à l'immigration encouragée par l'UE (et les Etats-Unis via la Turquie) combinés à la crise sociale, qui ne pouvait pas constituer un argument pour se féliciter du Brexit ou lui donner un caractère social permettant de justifier la ligne politique du POID axée sur la rupture avec l'UE, il fallait donc nier les faits ou les tronquer, pour finalement falsifier les rapports existant entre les classes, ce qui une fois de plus devait contribuer à rendre incompréhensible la situation.

Une telle manipulation est d'une extrême gravité, car elle sert à camoufler sur quelle orientation politique se situent les partisans de la rupture de l'UE, qu'il s'agisse des travailleurs ou des militants en général, corporatiste, nationaliste, réactionnaire, donc très éloignée du contenu social que les opportunistes lui prêtent pour justifier leur ligne politique, qui du coup prend un tout autre éclairage ou permet de comprendre que l'objectif politique qu'ils affichent ne sert qu'à masquer leurs réelles intentions.

Pour mener à bien cette opération de camouflage, Gluckstein avait appelé en renfort le Financial Times qui avait déclaré que Brexit avait été "un vote de classe", on vient de voir de quoi il en retournait en réalité pour ne pas s'y attarder. Ce qui ne pouvait pas être le cas de Gluckstein, qui au contraire et sans se soucier de l'orientation politique du vote des électeurs en faveur du Brexit, y verra un levier dont la classe ouvrière britannique pourrait se servir dans son combat pour rompre avec l'UE ou imposer le Brexit et non pour mener le combat politique dans la perspective du renversement des institutions nationales britanniques et de la rupture avec le capitalisme qu'il faut préserver à tous prix.

Cette dernière affirmation pourrait laisser perplexe plus d'un lecteur et ce serait normal, faut-il encore l'étayer, c'est ce à quoi nous allons nous employer sur le champ et nous finirons par là.

L'axe du Brexit ou de la rupture avec l'UE demeure l'unique ligne politique de ce courant politique fossilisé, POID ou POI, leur référence à la rupture avec la Ve République n'étant pas suivie d'effets, elle leur sert uniquement de gage ou de couverture disons de gauche. Gluckstein devait le rappeler lui-même en affirmant à propos du Brexit que "la question sera au centre des congrès du Labour Party et des Trades Unions prévus au mois de septembre", comme si quelque chose de bon pour les travailleurs et les militants pouvait encore sortir des congrès de ces organisations totalement inféodées au capital, pourries jusqu'à la moelle depuis des lustres, on baigne là en plein délire ou négation de la réalité une fois de plus, mais il n'en a cure, témoignant que la culture des illusions dans les appareils contre-révolutionnaires coïncide avec ses véritables intentions politiques et que partant de là il ne peut pas définir une ligne politique indépendante du régime en place ou axée sur son renversement.

En France, il a réussi pendant plus de 25 ans à imposer cette impasse politique à ses troupes non sans quelques péripéties accessoires et il continue en écrivant "Le même problème n'est-il pas à l'ordre du jour en France" qu'en Grande-Bretagne, la rupture avec l'UE, mais bon, il aurait pu aller raconter cela aux Grecs, quoique ils n'ont toujours pas compris non plus qu'il leur faudrait au préalable renverser leurs institutions nationales pour se débarrasser ensuite du capitalisme et de l'UE, de la troïka.

Travailleurs, militants britanniques, votre destin est suspendu aux résolutions des congrès des organisations qui vous ont conduits là où vous en êtes, autant dire que si "le Brexit (...) brûle les doigts" de la bourgeoisie britannique, avec la ligne politique définie par Gluckstein si vous ne supportez plus de crever à petit feu vous pouvez tout de suite vous brûler la cervelle, les travailleurs et militants français sont invités à en faire autant en poussant un dernier cri de désespoir : vive le socialisme !

En épilogue (à développer).

Le stalinisme prit la place de la social-démocratie dégénérée, le trotskysme qui épaulait la social-démocratie dégénérée devait prendre celle du stalinisme devenu trop faible pour poursuivre son oeuvre destructrice...

Une histoire s'achève, soit le mouvement ouvrier tel qu'il s'était manifesté à l'heure de gloire du marxisme et de la révolution d'Octobre disparaîtra, soit il renaîtra des cendres purifiées des différents courants qui se sont consummés pour le meilleur et pour le pire lors de la lutte des classes au cours du XXe siècle et du début du XIXe siècle.

5e sujet

Apprenons à faire preuve de rigueur, bannissons autant que possible les généralités, les approximations, etc.

Critique du projet de programme social-démocrate de 1891 - F. Engels

F. Engels - Le nombre des prolétaires et leur misère s'accroissent de plus en plus. Cela, affirmé d'une façon aussi absolue, n'est pas exact. Il est possible que l'organisation des travailleurs, leur résistance toujours croissante opposent une certaine digue à l'accroissement de la misère. Mais ce qui grandit certainement, c'est l'incertitude de l'existence. Fin

Ce qui n'est pas rigoureusement exact induit en erreur, contribue à donner une idée fausse de la situation à partir de laquelle on déduira des conclusions erronées ou on définira des tâches inappropriées...

De nos jours les uns et les autres évoquent la pauvreté sans qu'on sache précisément qui elle concerne et à quel niveau elle se situe vraiment, bref, ils racontent et en déduisent n'importe quoi ou ce qui les arrange... Un travailleur vivant seul au smic est pauvre, deux travailleurs vivant ensemble et disposant de deux salaires au smic le seront déjà beaucoup moins, etc.

6e sujet

Que vaut l'info suivante dans un pays où 90% des travailleurs n'ont absolument aucun droit, la plupart du temps même pas de contrat de travail, pas de feuilles de paie, où ils n'existent pas pour ainsi dire ?

Facebook - La Tribune des travailleurs - 2 septembre 2016 – Grève générale en Inde : plus de 150 millions de travailleurs sont appelés à la grève en Inde pour demander le doublement du salaire minimum. Lors des négociations de ces derniers jours, le gouvernement central l’a augmenté à 5 euros par jour de travail. Les syndicats, revendiquent près de 10 euros par jour. Fin

On ne vit décidément pas dans le même monde ou alors il y a quelque chose qui m'a échappé.

5 euros quand le taux de change entre l'euro et la roupie se situe aux alentours de 75 roupies, cela donne un salaire journalier de 375 roupies brut ou net puisqu'il n'y a pas de retenues sur les salaires pour cause d'avantages sociaux inexistant, sachant que 90% des travailleurs indiens travaillent 6 jours sur 7 sans congés payés évidemment, cela donne en moyenne 24 à 27 jours de travail mensuel, multipliés par 375 roupies cela donne 9 à 10125 roupies, or autour de moi je ne connais pas d'Indiens qui perçoivent ce salaire, hormis les employés de Nilgiris une chaîne de supermarchés destinés aux classes moyennes et supérieures, des profs et quelques fonctionnaires.

En réalité le salaire minimum ne doit concerner que le salaire d'embauche des salariés de l'aristocratie ouvrière ou des grandes entreprises, des multinationales ou les fonctionnaires que représentent uniquement les syndicats.

Il faut savoir que lorsqu'une grève est annoncée en Inde, ce jour-là pour éviter les violences et les dégâts matériels l'immense majorité des patrons des grandes entreprises ou des multinationales indiennes ou étrangères ainsi que les commerçants prennent les devants, ils décident de laisser baissés leur rideau ou pratiquent le lock-out préventif, tous les transports en commun publics ou privés sont à l'arrêt systématiquement, toutes les administrations sont fermées, bref,c'est dimanche ou un jour férié supplémentaire pour leurs salariés si vous préférez. Tandis que l'immense majorité des travailleurs des PME et du secteur informel ou encore agricole trimeront normalement ce jour-là. Kumar, 36 ans, superviseur dans une exploitation agricole a travaillé le 2 septembre, Manikandan, 27 ans, qui est salarié dans un cabinet comptable a travaillé, Vidge, 20 ans, ouvrier au bobinage dans une société indo-germanique a travaillé, Murugan, 22 ans, chauffeur-livreur dans une PME a travaillé, Adilakshmi, 45 ans, ouvrière à l'emballage d'encens et savons dans une PME a travaillé, Selvi, 46 ans, femme de ménage a travaillé, etc.

Je ne connais pas tous leur salaire, celui de Vidje est de 6.000 roupies seulement, celui d'Adilakshmi 5.500 roupies, Manikandan et Murugan perçoivent le même salaire environ, Kumar, 6700 roupies pour un emploi de cadre, Jayanthi, 20 ans environ, pompiste, 4500 roupies, et je sais par Selvi que les femmes de ménage qui travaillent dans l'usine (de chaussures destinées à l'Italie) de sa patronne à Sanarapet qui emploie 200 ouvriers, perçoivent un salaire mensuel de 5000 roupies seulement pour 8 heures de travail journaliers 6j/7 hebdomadaire, les ouvriers 10.000 roupies pour des cadences de travail infernales et pas un seul jour de congé annuel, etc. Autant dire que la revendication salariale des syndicats ne les concerne pas et qu'ils s'en foutent éperdument.

Comment cela direz-vous, mais le salaire minimum c'est la loi, c'est inscrit dans le droit, les patrons doivent la respecter, non mais vous voulez rire ou quoi, l'Inde n'est pas un Etat de droit, ce n'est pas la France, puisque les travailleurs n'ont aucun moyen de faire respecter la loi, c'est comme si elle n'existait pas, c'est tout. Bien entendu si vous croyez les conneries qu'on vous raconte vous ne risquez pas de comprendre la situation sociale qui prévaut dans ce pays et bien d'autres dans le monde. On roule sans permis, sans assurance, sans casque, à 3, 4 ou 5 sur une petite moto ou un scooter, sans lumière, les pneus lisses, sans frein à l'avant, on s'arrête à un feu rouge devant un agent de police qui se tapera que vous ne respectiez pas la loi, la paix sociale n'a pas de prix, voilà tout.

Par contre il existe une autre revendication qui pourrait concerner des centaines de millions de travailleurs indiens que les syndicats ne s'aventurent pas avancer, celle des deux jours de repos hebdomadaires dont profite l'aristocratie ouvrière, généralement mais pas toujours, et les fonctionnaires, mais pas toujours non plus d'après ce que j'ai pu observer. Même sans contrat de travail, en dehors des travailleurs journaliers, la quasi totalité des salariés seraient concernés et il serait possible d'imposer ce droit aux patrons et aux travailleurs de le faire respecter, ce qui est le cas en grande partie du seul droit dont ils disposent, la journée de travail de 8 heures. Les patrons ne veulent pas en entendre parler évidemment, les syndicats corrompus non plus évidemment, tout est dans l'ordre des choses établies.

7e sujet

Populisme en oligarchie. Flagrant délit.

Mélenchon veut abolir «la monarchie présidentielle pour faire la VIe République» (LeParisien.fr 28.08), la preuve, il ne loupe pas une occasion pour faire allégeance à la Ve République quand il "félicite la décision du conseil d’Etat", la plus plus haute juridiction administrative de l'Etat, pour avoir suspendu vendredi l'arrêté pris le 5 août dernier par le maire Les Républicain, Villeneuve-Loubet, interdisant le burkini sur les plages de sa commune. Personne n'a précisé si l'apnée en surface était autorisée ou si les porteuses d'un burkini devraient plonger en eaux profondes au risque évidemment de se noyer pour échapper à ces milices de la pensée.

Notre charlatan a osé reprocher à "la droite et les autres" d'avoir l'intention de "mettre en place une police des mœurs", tandis qu'il n'a cessé dans le même registre de vilipender les préjugés des masses sur un tas de sujets traitant de l'égalité notamment en emboîtant le pas à la réaction néolibérale incarnée par Hollande et son gouvernement, le PS.

8e sujet

Les vives discussions que Trotsky eut avec des dirigeants américains sur la nature de l'URSS au milieu des années 30, se concentrèrent essentiellement sur le rôle de la bureaucratie stalinienne. (dans Défense du marxisme)

Trotsky estima que bien qu'elle soit au pouvoir et qu'elle incarnait la contre-révolution au sein de l'Etat ouvrier, la défense de l'URSS était la seule position conforme au marxisme qu'on pouvait adopter, dès lors il faut préciser qu'elle était combinée au combat pour une révolution politique ou le renversement de la caste bureaucratique au pouvoir. C'était une position de principe qui semble-t-il ne prenait pas en compte tous les aspects de la réalité liés à cette question ou ne tenait pas compte de la totalité de la dimension du rôle contre-révolutionnaire du stalinisme à l'échelle mondiale ou sur le plan historique.

Car il se trouve que l'existence de la bureaucratie stalinienne était subordonnée à celle de l'Etat ouvrier issu de la révolution d'Octobre ou coïncidait avec lui, et que sans l'Etat ouvrier de l'URSS l'existence du stalinisme était compromise ou le stalinisme n'avait tout simplement plus aucune raison d'exister ou ne se justifiait plus puisqu'il était né uniquement en réaction à la révolution socialiste et dirigé contre elle.

On a pu observer en guise de preuve à cette affirmation, qu'un demi-siècle plus tard lorsque l'URSS implosera ou disparaîtra, le stalinisme se disloquera à son tour, aucun parti ou aucune section du Komintern ne passa cette épreuve sans en sortir laminé, partout dans le monde, à des rythmes différents, ils furent laminés, marginalisés, quand ils ne se fondirent pas dans des partis de nature réformiste bourgeoise ou disparurent, en Italie par exemple, en France, en Espagne, au Portugal, etc. ils devinrent moribonds, en Inde ils perdirent le Kerala qu'il gouvernait depuis des décennies, ainsi que Calcutta, bastion ouvrier ou industriel du nord de l'Inde, ailleurs en Asie, en Afrique ainsi qu'en Amérique latine, nulle part ils ne purent résister à la force centrifuge qui devait les emporter au cours de cette épreuve.

La dislocation du stalinisme ne signifia pas forcément qu'il aurait perdu le contrôle du mouvement ouvrier, principalement dans les syndicats, bien que sa direction soit dorénavant remise en cause ou largement entamée après avoir adopté ouvertement le réformisme bourgeois ou renoncé au socialisme conformément à sa véritable nature contre-révolutionnaire, il devait cependant continuer de se réclamer de la lutte de classes et revendiquer son héritage, condition sans laquelle il aurait totalement disparu et aurait dû céder la place à un véritable courant socialiste ou révolutionnaire, d'où le soutien que lui apportera le régime capitaliste sous différentes formes ou sur différents plans, électoral et financier essentiellement.

La question que je me suis posé est la suivante. Dès le milieu des années 30 qui devait se solder par la liquidation du parti bolchevik et de l'Internationale Communiste par Staline et ses misérables larbins, sachant que l'existence du stalinisme était conditionnée à celle de l'URSS, au pouvoir bureaucratique et dictatorial qu'il avait acquis au sein de l'Etat, et que ce pouvoir lui permettait de saboter toutes les révolutions dans le monde, Allemagne, Chine, Espagne, France, etc. de soumettre le mouvement ouvrier international à l'impérialisme ou au capitalisme mondial, de pourrir littéralement le mouvement ouvrier dans tous les pays où il était implanté, de préparer partout ses futurs et tragiques (multiples) défaites afin d'assurer la pérennité du capitalisme pendant encore de longues décennies avec les conséquences dramatiques que l'on sait pour des centaines de millions de travailleurs et leurs familles dans le monde, en fait sacrifier l'existence de plusieurs générations d'ouvriers, le tout au nom du socialisme ou du communisme totalement défiguré qu'il allait faire haïr à autant de travailleurs ou qui s'en éloigneraient définitivement, je me suis demandé si la défense de l'URSS valait vraiment ce prix, comment dire, incommensurable, ce sacrifice qu'on n'ose même pas évalué tant il fut hors norme, déterminant l'orientation ou le destin de la civilisation humaine, et si tel était le cas, j'aurais voulu qu'on m'expliqua pourquoi, au nom de quoi au regard de l'oeuvre destructrice qu'il allait minutieusement acccomplir avec ses conséquences catastrophiques pour l'humanité tout entière, je voudrais comprendre comment on a pu concevoir une telle position et s'y tenir pendant encore plus d'un demi-siècle, qui consistait à soutenir la principale condition (l'existence de l'URSS et sa défense) qui déterminait l'existence de ce monstre, le stalinisme, et quel profit le prolétariat mondial et le mouvement ouvrier international, le socialisme, étaient censés être en droit d'en attendre, absolument aucun comme chacun a pu ou peut le constater de nos jours.

J'en suis arrivé à la conclusion (en réalité depuis des années déjà sans avoir trouvé le temps de revenir sur cette question déterminante), que Trotsky s'était focalisé sur la défense de l'URSS en privilégiant (en le déformant) l'aspect objectif ou social qu'elle incarnait, au détriment de l'aspect subjectif ou politique lié au stalinisme, alors que rien ne permettait de le justifier puisque l'URSS était vouée à terme à disparaître, l'embourgeoisement du prolétariat en occident et la soumission du mouvement ouvrier contrôlé par les staliniens au réformisme bourgeois ne devaient pas contribuer à l'avènement d'une nouvelle direction renouant avec le marxisme ou le socialisme, dans ces conditions aucune révolution socialiste ne pourrait se produire et encore moins triompher, de sorte que l'espoir d'une révolution politique en URSS s'appuyant sur le développement de la lutte de classe en occident était un voeu pieux ou une vue de l'esprit sans rapport avec la réalité, abattre le stalinisme ou faire en sorte qu'il cesse de nuire au mouvement ouvrier international le plus tôt possible, aurait pu être aussi une position de principe, quitte à sacrifier l'existence de l'URSS qui ne correspondait pas à l'idée qu'on pouvait se faire d'un Etat ouvrier, et qui de toutes manières était condamné à disparaître.

Entre la fonction que le stalinisme remplissait en Russie et celle qu'il assumait à l'échelle mondiale, malgré lui parfois mais dont il se servira pour tromper des millions d'ouvriers dans le monde qui le confondront avec le socialisme ou le communisme pour assurer la stabilité du régime capitaliste, on a envie d'ajouter puisqu'il en est issu lui-même ou son existence en dépendait, j'en suis arrivé à la conclusion que lui couper les vivres aurait été le meilleur moyen de se débarrasser de cette vermine le plus rapidement possible.

L'Etat ouvrier de l'URSS a fait l'objet d'un fétichisme pour ainsi dire par principe, sans trop se préoccuper de savoir à qui il profitait ou à quoi il devait servir, pire encore, en s'en tenant à sa nature sur la base des rapports de propriété dont le contrôle ou la gestion en était inséparable, correspondait davantage aux critères qui définissent le fascisme plutôt que le socialisme, sur le plan politique, toute opposition au régime étant férocement réprimée, pendant que sur le plan économique une bureaucratie monstrueuse gérait les moyens de production pour son propre compte et celui de l'impérialisme en attendant des jours meilleurs ou d'en reprendre directement le contrôle.

Quant à l'argument selon lequel la bureaucratie stalinienne aurait joué malgré elle un rôle progressiste en certaines circonstances, il tenait davantage de la démagogie ou du proverbe qui veut qu'à quelque chose malheur est bon sans se demander à qui le malheur devait échoir et qui devait en profiter. Quand la bureaucratie stalinienne fut amenée à défendre l'existence de l'Etat ouvrier ou à prendre position en faveur de mouvements de libération nationale, ce fut uniquement pour briser son isolement et préserver son fond de commerce, en outre simultanément dans tous les pays où elle était implantée, elle soutenait la totalité des régimes réactionnaires en place et sabotait tout espoir de révolution.

Un demi-siècle plus tard ou davantage encore, on ne peut même pas lui attribuer d'avoir joué un rôle progressiste comparable à celui de la bourgeoisie lors de la période ascendante du développement du capitalisme, au regard de l'état de sous-développement dans lequel ont été maintenus la plupart des pays décolonisés ou ayant conquis leur indépendance dans lesquels elle était intervenue. Et ne cherchons pas quels avantages les peuples auraient pu tirer de son intervention politique sur le plan moral, sachant que l'existence du stalinisme tout comme le fascisme était incompatible avec l'expression des valeurs de la République ou les principes les plus élémentaires même déformés ou étriqués de la démocratie.

Un tel dévoiement du marxisme a peut-être eu pour origine le fait d'avoir confondu la nature et la fonction de l'URSS et du stalinisme ou de leur avoir attribué par erreur des propriétés qui correspondaient plus à l'un qu'à l'autre, pour avoir manqué de discernement lors de l'appréciation de l'évolution de leurs rapports ou n'en avoir pas tenu suffisamment compte en leur attribuant un pouvoir subjectif qui relevait plus de l'autosuggestion ou de la prophétie, au lieu de s'en tenir aux différents facteurs qui composaient le processus dialectique qui déterminait quelle nature et quelle fonction dominaient et seraient amenées à dominer dans le futur dans l'URSS et le stalinisme, au point de les diluer dans un fatras théorique relevant du sophisme en leur prêtant une double nature et une double fonction en perdant de vue qu'une seule l'emportait et l'emporterait par la suite, ce que les faits démontrèrent amplement par la suite, l'URSS était vouée à disparaître et elle a disparu et le stalinisme dont l'existence en dépendait devait l'imiter.

Au lieu de partir de ce constat et de s'y tenir pour définir une stratégie politique afin de doter le mouvement ouvrier international d'une nouvelle direction, on s'évertuera à défendre l'instrument à travers lequel le stalinisme exerçait sa dictature sur le peuple russe ainsi que sur le mouvement ouvrier international et qui garantissait son existence au profit du capitalisme mondial en dernière analyse, dont il était un agent avant d'en devenir une composante à part entière une fois le capitalisme rétabli en URSS (et ses satellites).

Et comment s'y est-on pris ? En leur prêtant une double nature, dont l'une ou l'autre devait être avancée ou l'emporter en fonction des circonstances, de sorte qu'il serait possible de se réclamer de l'une ou de l'autre en fonction de critères arbitraires ou pour justifier une ligne politique correspondant uniquement à des intérêts d'appareil, au point que leur véritable nature et fonction deviendront incompréhensibles pour la plupart des travailleurs et des militants, indéfendables s'agissant de l'Etat ouvrier pour peu qu'on aurait adopté cette position ou impossible à combattre efficacement s'agissant du stalinisme.

Après cela on pouvait se prévaloir de la dialectique ou du matérialisme dialectique qu'on avait mutilé entre temps, ce qui ne manquerait pas d'impressionner les ignorants ou les naïfs. Car si la transformation de la quantité en qualité constitue effectivement le rapport déterminant de la dialectique pour comprendre l'évolution de la matière, il aurait fallu en déduire sur la base des faits ou d'une simple observation, que l'Etat ouvrier issu de la révolution russe de 1917 avait changé de nature une fois conquis par le stalinisme, que les rapports de propriété établi en faveur de la classe ouvrière avaient été renversés par une contre-révolution qu'incarnait une caste bureaucratique réactionnaire qui dorénavant l'administrait provisoirement avant d'en remettre les clés aux capitalistes qui seraient issus de cette même caste parasitaire.

Non, tout n'est pas possible dans n'importe quelle circonstance.

Un chien qui a la rage, c'est toujours un chien, mais ce n'est plus tout à fait le même chien, jamais il ne redeviendra le chien en bonne santé que vous avez connu, et faute de pouvoir le soigner il faudra bien se résoudre à abattre cette malheureuse bête qu'on aimait tant.

Cela nous ramène à tous ces beaux et généreux principes dont on nous rebat les oreilles à longueur de temps pour nous convaincre qu'ils existeraient, alors qu'en réalité ils n'existent que sur le papier ou leur existence n'a jamais dépassé le stade de l'incantation, de la spéculation ou de la démagogie.

Le stalinisme s'était tellement identifié à cet Etat ouvrier que nous nous sommes évertués à défendre, que plus de deux décennies plus tard, pas un peuple de l'ex-URSS ou de ses satellites de l'Europe de l'Est ne le regrette ou n'aurait l'idée d'avoir la tentation de vouloir renouer avec ce monstre, et pour l'avoir vécu au quotidien, j'estime qu'ils étaient suffisamment bien placés pour savoir de quoi il retournait et leur faire confiance.

Lénine, que citera Trotsky, affirmera qu'en fait d'Etat ouvrier, à bien des égards l'URSS présentait plutôt les caractéristiques d'un Etat bourgeois dont seule l'orientation était ouvrière ou socialiste, et que par conséquent sa bureaucratie présentait les mêmes défauts contre lesquels il fallait lutter pour qu'elle ne finisse pas par l'étouffer...

Lénine ne se faisait aucune illusion et analysait avec une lucidité implacable la situation critique de l'URSS et la bureaucratisation croissante de l'Etat qu'il combattait. C'était un héritage de l'ancien régime et non le produit du bolchevisme ou du socialisme, tout comme le stalinisme.

Il savait que le plus grand dirigeant, le penseur le plus génial de tous les temps, le parti le plus parfait, les intentions les plus généreuses, les discours les plus fameux, les institutions les plus démocratiques qui n'aient jamais existé ne suffiraient pas à eux seuls à venir à bout de plusieurs siècles d'obscurantisme, de superstition, d'ignorance, d'arriération, d'exploitation et d'oppression qui avait pénétré profondément le caractère des hommes, qui avaient façonné leur mode de pensée, qu'il faudrait des années ou des décennies avant que les hommes parviennent à penser autrement ou à intégrer les nouveaux rapports sociaux de production en tant qu'acteurs de leur propre destin sur un plan collectif, historique et conscient, et que pendant cette longue période il faudrait lutter sans relâche pour venir à bout définitivement des vieilles habitudes du passé...

Tout cela paraîtra peut-être à certains pour de la spéculation sans grand intérêt, sauf qu'on n'invente rien, qu'ils veuillent bien se remémorer les décennies pendant lesquelles la bourgeoisie lutta pour imposer son pouvoir face aux tentatives de restauration de l'Ancien régime juqu'au milieu du XIXe siècle.

On peut être pris de vertige ou de découragement face à la tâche colossale qui nous attend, sauf qu'on n'a pas le choix et on ne peut pas l'aborder en se berçant d'illusions qui seraient fatales à notre combat ou notre cause, en fait la question se réduit à savoir si on en a parfaitement conscience et si on accepte librement de s'engager dans cette voie ou si au contraire on baisse les bras ou on renonce à lutter pour notre émancipation.

En épilogue (à développer)

Dans d'autres textes ou entretiens de Trotsky de la fin des années 30, j'ai constaté qu'il avait bâti ses stratégies politiques sur des suppositions pour le moins hasardeuses ou des hypothèses, qui pires encore n'avaient absolument aucun lien avec la réalité et son évolution probable disons à 90% et auraient dû être éliminées juste après les avoir formulées, refusant d'admettre que le prolétariat ne prendrait le pouvoir nulle part dans le monde et qu'il n'y aurait jamais de révolution politique en URSS ou chez ses satellites, tout simplement parce qu'il n'existait pas la moindre trace d'un facteur subjectif permettant d'aboutir d'envisager sérieusement une autre conclusion, difficile à digérer, certes, mais conforme à la réalité à laquelle Trotsky avait tourné le dos.

Plus tard en France ses héritiers autoproclamés (lambertistes) s'en inspireront de toute évidence en sortant de leurs chapeaux la théorie foireuse de l'imminence de la révolution, ils tiendront ainsi en haleine pendant plusieurs décennies des dizaines de milliers de militants avant d'autodissoudre le parti (PCI) que ces militants sincères et courageux s'étaient acharnés à essayer de construire pour finalement en revenir... à un parti du type de la SFIO !

9e sujet

Défense inconditionnelle de la Syrie malgré Bachar al-Assad.

J'ai retrouvé le passage dont j'avais parlé un jour dans une causerie, où j'affirmais avoir adopté une position identique à celle de Marx, et l'avoir découvert par la suite et m'en être félicité. Extrait du recueil de textes Défense du marxisme.

Quand Marx et Engels défendirent l'Allemagne "malgré le Hohenzollern et ses junkers".

- L'exemple des guerres nationales bourgeoises renferme, effectivement, des leçons extraordinairement instructives, mais Shachtman est passé à côté sans y réfléchir. Marx et Engels aspiraient à une Allemagne républicaine unifiée. Pendant la guerre de 1870-71 ils se rangèrent du côté des Allemands, bien que les parasites dynastiques exploitassent et déformassent ce combat.

Shachtman insiste sur le fait que Marx et Engels se tournèrent sans délai contre la Prusse dès qu'elle annexa l'Alsace et la Lorraine. Mais ce changement d'attitude ne fait qu'illustrer notre pensée avec encore plus de clarté. Il est impossible d'oublier une seule minute qu'il s'agissait d'une guerre entre deux Etats bourgeois. Ainsi le dénominateur de classe était commun aux deux camps. On ne pouvait donc décider de quel côté se trouvait le "moindre mal" -dans la mesure où l'histoire laissait le choix- qu'en fonction de facteurs complémentaires. Du côté des Allemands il s'agissait de créer un Etat bourgeois national, comme arène de l'économie et de la culture. L'Etat national constituait alors un facteur historique progressiste. Dans cette mesure Marx et Engels se tenaient du côté des Allemands, malgré le Hohenzollern et ses junkers. L'annexion de l'Alsace et de la Lorraine brisait le principe de l'Etat national, tant vis-à-vis de la France que vis-à-vis de l'Allemagne et préparait la guerre de revanche. Il est naturel que Marx et Engels se soient alors brutalement retournés contre la Prusse. Ils ne risquaient pas en cela de rendre service à un système économique inférieur face à un système supérieur, les rapports bourgeois, je le rappelle, dominant dans les deux camps. Si la France, en 1870, avait été un Etat ouvrier, Marx et Engels se seraient trouvés de son côté dès le début du conflit puisque -on éprouve quelque malaise à le rappeler- le critère de classe dirigeait toute leur activité.

(...)

Lénine déduisait la politique du défaitisme du caractère impérialiste de la guerre; mais il ne s'arrêtait pas là. Il déduisait le caractère impérialiste de la guerre d'un stade spécifique du développement du régime capitaliste et de sa classe dirigeante. Et précisément parce que le caractère de la guerre est déterminé par le caractère de classe de la société et de l'Etat, Lénine nous recommandait de faire abstraction de circonstances "concrètes" telles que démocratie ou monarchie, agression ou défense nationale, pour définir notre politique vis-à-vis de la guerre impérialiste...

10e sujet

Après la bikinisation de la fin des années 60 qui annonçait l'émancipation pornographique des bonnes consciences de gauche qui rivalisera avec celle de la réaction, voilà le temps venu de la burkinisation des esprits placée sous le signe du populisme généralisé flirtant avec le communautarisme et le corporatisme en guise de camisole de force dans laquelle ils veulent enfermer ou étouffer la société, dont la décadence et le délitement préfigurent l'agonie des valeurs et principes que la civilisation humaine avait mis des millénaires à se forger.

Quand un militant a demandé naïvement sur la page Facebook de La tribune des travailleurs pourquoi le POID ne se prononçait pas sur cette question, il s'est vu répondre le 25 août : "notre boussole reste la lutte de classes...", ce qui signifiait qu'il n'entendait pas se mêler à la guerre idéologique et psychologique que menait la classe dominante pour briser la résistance des travailleurs à sa politique ultra réactionnaire, qui se traduira par la neutralisation de la lutte des classes au profit de la classe au pouvoir ou du régime en place, CQFD.

Vaut mieux s'attarder sur les conséquences plutôt que les causes pour que rien ne change. Les commentateurs de tous poils sont prolixes quand il s'agit de traiter les déclarations et les mesures prises suite à la prolifération du burkini, mais quand il s'agit d'en analyser les causes et de remonter à son origine pour le caractériser politiquement, il n'y a plus personne.

Les partis ouvriers refusant toujours de caractériser le PS, ses satellites et ses alliés, la nature du régime en place ou plus précisément son évolution, ils ne peuvent pas non plus caractériser l'orientation du mouvement ouvrier, ils en sont même arrivés à un degré de décomposition qui leur interdit de caractériser les miliciens de Daesh et autres fanatiques acquis à l'idéologie wahhabite, qui parce qu'ils s'attaquent à la classe ouvrière ont rejoint les rangs du lumpenprolétariat au côté de l'extrême droite. Quand une femme n'est plus vraiment une femme, qu'un homme n'est plus tout à fait un homme, alors il est permis de penser tout et son contraire, c'est pratique pour camoufler toute sorte d'impostures.

Les penseurs ou idéologues chargés de la propagande de la réaction doivent observer non sans une certaine satisfaction la lente et inexorable désagrégation de tous les courants du mouvement ouvrier tous corrompus par le régime. Un exemple.

J'ai lu sur Facebook que le POID avait publié l'info relative à la rencontre programmée entre les dirigeants de la CGT et de FO prochainement comme si cela présentait un intérêt supérieur et surtout sans y ajouter le moindre commentaire. Du coup, comme c'était à prévoir parce que les dirigeants de ce courant politique savent parfaitement ce qu'ils font ou pourquoi ils le font sans toutefois l'assumer, un militant a cru bon d'ajouter un commentaire laissant planer le doute sur ce qui pourrait ressortir de cette réunion, histoire d'alimenter les illusions dans les appareils pourris de ces syndicats que partagent les militants de ce parti notamment, tandis que ses dirigeants leur sont soumis, alors que la CGT a appelé à voter pour le candidat de l'extrême droite néolibérale en 2012, Hollande, et que Mailly à sa carte au PS qui soutient la politique ultra réactionnaire du gouvernement, et qu'ensemble ils ont organisé 13 journées d'action bidon pour faire passer la loi Travail.

Si la transformation de la quantité en qualité constitue le processus déterminant de la dialectique (selon Trotsky) et donc du marxisme, force est de constater que le POID l'ignore, puisque parvenu à un certain nombre de journées d'action sans lendemain (ou même avant !), 3,4, peut-être 5, il était devenu évident ou il fallait en conclure qu'elles avaient été conçues uniquement dans le but d'aider le gouvernement à faire passer cette loi et qu'il fallait cesser d'y participer, pire, d'y appeler, qu'il fallait les condamner en tant que telles de manière à briser les illusions que les militants et les travailleurs auraient pu placer dans les appareils vendus des syndicats, afin de les organiser sur une ligne politique indépendante de ces agents du capital, de façon à tisser des liens avec de nouveaux travailleurs et éventuellement en recruter, c'est en tout cas l'orientation politique qu'aurait adoptée un véritable parti ouvrier révolutionnaire.

Toujours dans la page Facebook du POID (La Tribune des travailleurs), j'ai constaté qu'il y avait eu un échange entre des militants et la direction du POID sur la question du burkini, et l'attitude du POID ayant été épinglée par un militant, quelques jours plus tard le commentaire qui avait été ajouté par la direction du POID avait disparu. En quoi cela aurait-il une importance ? Dans la mesure où cela démontre que les dirigeants du POID naviguent à vue, qu'ils n'ont en réalité aucune ligne politique, aucune stratégie pour construire le parti, ce sont de vulgaires manoeuvriers à l'instar de feu Lambert et rien de plus.

On conçoit très bien qu'on puisse adopter une position sur une question et qu'on soit amené à en changer à un moment donné, cela nous est tous arrivé un jour, encore faut-il le faire proprement, en ne camouflant pas ses erreurs ou errements ce qui est le pire des comportements, mieux en les reconnaissant, en les caractérisant politiquement de manière à en tirer des enseignements, sans quoi il sera impossible de corriger la manière hasardeuse ou approximative dont on appréhende les événements ou la situation.

11e sujet

Si j'ai continué à actualiser ce portail, c'est parce que je ne supportais pas qu'on laissa à des réactionnaires déguisés en progressistes le monopole de l'interprétation de la guerre idéologique et psychologique que menait la classe dominante contre tous les peuples, d'autant plus que leurs conclusions contribuaient à cautionner ou justifier, à pérenniser son hégémonie sur la société au lieu de la combattre pour y mettre un terme.

Ce qui caractèrise la situation, c'est l'impasse politique dans laquelle nous nous retrouvons, situation qui semble inextricable où l'extrême confusion règne, ce qui est dû au rôle que joue le PS et ses satellites et alliés, ce qui a été rendu possible par le fait que pendant 70 ans on s'est acharné à refuser de le caractériser tel qu'il était réellement, tout en le justifiant par des procédés malhonnêtes qu'on a été jusqu'à théoriser, ce qui rend le combat contre l'opportunisme difficile et incompréhensible à la plupart des militants.

Aucune expérience humaine n'a de sens, dès lors qu'on en ignore l'origine et l'effet qui en découlera selon les conditions historique dans lesquelles elle s'est réalisée. Cette ignorance est à l'origine du processus dialectique inconscient qui a déterminé ou accompagné le développement de la civilisation humaine jusqu'à nos jours. Les hommes s'employèrent à la combattre sans jamais parvenir à en prendre réellement conscience, hormis quelques rares penseurs géniaux en avance sur leur époque, qui parvinrent à découvrir les lois qui l'entretenaient pour le meilleur et pour le pire, et les moyens d'y mettre un terme afin que les hommes parviennent à faire leur propre histoire consciemment pour enfin vivre en paix.

Ces lois et ces moyens nous les connaissons à travers l'oeuvre que nous ont léguée les marxistes. Mais là encore ils ne devaient pas suffire, il fallut que les hommes les interprètent et les déforment chacun à leur manière en fonction de leurs propres expériences ou plus précisément de l'interprétation de leurs propres conditions au point de rendre cette théorie méconnaissaible ou inopérante, ce qui devait nous ramener au niveau de l'arriération politique qui prévalait plus de deux siècles en arrière.

Il était entendu que cette ignorance ne serait définitivement vaincue que lorsque les hommes seraient parvenus à s'émanciper du règne de la nécessité, et qu'avant d'y parvenir leur principale tâche devrait consister à la combattre sur tous les fronts, pour préparer les conditions qui permettraient enfin d'en finir avec le règne de l'exploitation de l'homme par l'homme, qui incarnait plus que tout cette ignorance du développement historique qui avait contribué à forger la civilisation humaine et à la faire progresser.

Au lieu de combiner le combat sur le plan social et politique et le combat contre la guerre idéologique et psychologique menée par la classe dominante, on jugea que la lutte des classes suffirait à atteindre cet objectif ou à faire progresser le niveau de conscience des masses exploitées, sans se soucier du cours qu'elle pourrait prendre ou de la manière dont elles interprétaient la lutte des classes, sachant que seule une infime minorité y participait pendant que l'immense majorité continuait de la subir. Du coup, au lieu de progresser, le mouvement ouvrier et l'ensemble de la société ne cessèrent de regresser, de se décomposer pour finalement être livrés à la pire barbarie et s'éloigner un peu plus du règne de la liberté, idéal qu'on n'ose même plus formuler ou espérer, pour ne pas dire qu'on s'est résigné à notre triste sort.

Les opportunistes, traîtres, renégats, charlatans, aventuriers, nous abreuvent de grands discours faisant l'apologie de la résistance du peuple opprimé, qu'ils n'auront eu aucun mal à produire pour être la copie conforme de ceux qu'ils tenaient un demi-siècle ou plus en arrière, et qui déjà à cette époque sous couvert qu'ils répondaient au mouvement spontané des masses exploitées étaient inadaptés, du fait qu'ils se situaient en dehors de toute perspective historique, en se gardant bien de caractériser son orientation qui faisait la part belle aux pires illusions (réformistes), longue expérience au cours de laquelle les travailleurs ne retiendraient aucun enseignement, tandis que les militants du mouvement ouvrier ne progresseraient pas non plus, bien au contraire.

Si de nos jours des réactionnaires en tous genres passent pour des résistants au régime et se font entendre bruyamment, tandis que les véritables opposants politiques sont marginalisés et inaudibles, c'est parce qu'ils n'ont pas réussi à tenir un discours aux masses qui corrrespondait à leur véritable condition, dans laquelle est incluse leur perception ou leur interprétation de la société autant que leur propre condition sociale, déterminant la manière dont s'exerce sur eux l'influence de l'idéologie de la classe dominante qui conditionne en grande partie leur comportement (et leurs idées), y compris envers la lutte des classes et le mouvement ouvrier à laquelle elles ne participent pas ou dans lequel elles refusent de s'engager.

On dit que les conditions objectives seraient amplement réunies depuis longtemps déjà pour passer du capitalisme au socialisme. On affirme que le niveau atteint par le développement des forces productives, des sciences et des techniques permettrait de satisfaire les besoins de l'humanité entière. On estime qu'au stade de l'impérialisme, le capitalisme en concentrant et en rationalisant au maximum la production, en la socialisant, a réalisé une des conditions favorisant le passage au socialisme, alors qu'on n'a pas cessé de s'en éloigner au cours des dernières décennies pour ne pas remonter plus loin, sans réellement se demander ou comprendre pourquoi dès lors que la réponse à cette question débordait du cadre étroit de notre conception figée et bornée, dogmatique de la lutte de classe, qui finalement ne concernait qu'une minorité de travailleurs engagés dans le mouvement ouvrier parmi les mieux nantis et abandonnant au passage l'immense majorité qui servirait à assurer la stabilité du régime et des institutions.

La classe dominante l'a fort bien compris, et c'est la raison pour laquelle elle a développé une multitude d'instruments (de propagande) pour mieux maintenir les travailleurs dans l'ignorance ou les abrutir, on pense immédiatement aux médias, à la publicité, aux instituts de sondages, auxquels il faut ajouter l'alcool, la drogue, la pornographie, le sport, les jeux vidéos, les jeux d'argent, internet, etc. en multipliant aussi les ONG ou les associations en tous genres, les partis, les syndicats, les think tanks, etc. qui tous véhiculent son idéologie, ce qui ne devait pas vraiment aider à la combattre (sic!), mais plutôt pour y être davantage soumis à leur dépend.

On peut toujours nier que tous ces instruments exerceraient une influence sur le mode de pensée ou le comportement des travailleurs ou faire comme s'ils n'existaient pas, c'est ce qu'on s'est appliqué à faire jusqu'à présent avec le résultat que l'on sait. Sachant que leur objectif est de neutraliser la lutte de classe du prolétariat, on peut dire que ces instruments s'inscrivent parfaitement dans cette perspective ou la servent sans que les travailleurs et la plupart des militants en aient conscience. Donc ne pas les aider à en prendre conscience revient à les laisser là où ils en sont, ou à permettre à ceux qui les manipulent ainsi ou formatent leur conscience de continuer leur sale besogne ou nuire à leurs intérêts.

12e sujet

L'espèce humaine a évolué et elle aspire au progrès social, sans pour autant être parvenue à se réapproprier sa propre nature, ce qui lui fait courir le risque de s'accommoder de la barbarie (ce qui a toujours été plus ou moins le cas soit dit en passant) ou de s'y identifier pour n'avoir pas été capable de franchir la dernière épreuve ou le stade du règne de la nécessité, ce qui la condamnerait à une dépendance pire que toutes celles qu'elle a connues dans le passé ou à une régression sans fin qui la ramènerait à l'époque de la sauvagerie.

13e sujet

Nous disions que la démocratie n'a jamais existé et que les conditions pour qu'elle se réalise un jour n'étaient pas prêts d'être réunies, sauf à se leurrer et prétendre que la majorité de la population pourrait parvenir à s'élever à un niveau de conscience supérieur, ce qui manifestement demeurera du domaine de l'utopie pendant encore de nombreuses décennies ou davantage encore.

Ainsi la démocratie ne peut exister qu'à travers les éléments les plus conscients de la société qui sont une minorité et le resteront encore fort longtemps et il ne peut pas en être autrement. Partant de ce constat, soit on admet que cette minorité peut gouverner pour le compte de la majorité qui demeurera encore en grande partie ignorante ou inconsciente, tout en s'appuyant sur celle-ci et en l'aidant à progresser, soit on le refuse et dans ce cas-là on se condamnera à ce que ce soit toujours une minorité qui gouverne pour le compte de la minorité des exploiteurs. Il n'existe pas de troisième voie ou de voie du milieu.

Autrement dit, on a le choix entre tenir compte des enseignements de la lutte de classes du passé et notamment de la Commune et de la révolution russe de 1917, ce qui implique de construire un parti qui rassemble ces éléments conscients et d'en former de nouveaux, soit on rejette ces enseignements et on se condamne à vivre sous le règne de l'exploitation de l'homme par l'homme qui ne peut plus prendre désormais qu'une tournure particulièrement violente ou barbare.

On a cru que les enseignements du marxisme n'étaient plus appropriés à notre époque et qu'il fallait les abandonner ou s'en détourner parce qu'ils constituaient un obstacle à toute issue politique à la crise du capitalisme, alors qu'en fait ils recelaient les moyens pour vaincre tous les obstacles qui se dressaient sur notre chemin pour renverser l'ordre établi.

On peut prêter aux hommes toutes sortes de qualités ou de défauts, toutes sortes d'illusions ou d'idées lumineuses, il n'en demeure pas moins que le constat que nous venons de dresser s'impose à nous qu'on le veuille ou non, et le fait que l'immense majorité le rejette prouve à sa manière le bien-fondé de nos conclusions ou leur légitimité.

Personne, pas un militant ne peut se réclamer du marxisme, du socialisme ou du communisme s'il rejette ces conclusions, s'il se détourne tout simplement de la réalité puisqu'il s'agit uniquement de cela ici, et non d'une interprétation, d'une théorie, d'une doctrine ou je ne sais quoi encore où se mêleraient inconsciemment les intentions (subjectives) de son auteur qui pourraient contribuer à déformer la réalité.

Même en Russie en 1917 ou de 1917 à 1924 la démocratie n'a jamais existé réellement ou alors seulement à travers une toute petite poignée de dirigeants du parti bolchevik qui impulsaient sa politique, et encore puisque lorsque l'occasion se présenta ils furent submergés par une horde d'éléments inconscients qui les renversa. La démocratie fut renversée dès que le majorité qui n'y était pas préparée ou ne remplissait pas les conditions pour l'incarner et la faire vivre s'émancipa du pouvoir qu'exerçaient sur elle ces dirigeants les plus conscients et ainsi vainquit la contre-révolution ennemi de la démocratie.

Si maintenant on confond la démocratie avec la libre expression de la majorité sans se soucier de son niveau de conscience ou qu'on attribue à la démocratie les mêmes qualités qu'à n'importe quelle assemblée qui réunirait la majorité du peuple, cette définition l'abaisserait au niveau d'un exercice ne présentant aucun intérêt puisque les délibérations qui en sortiraient ne pourraient pas correspondre aux besoins de la majorité dont le niveau de conscience n'aurait pas suffisamment évolué, et les représentants qui pourraient s'exprimer en son nom ne pourraient qu'appartenir également à des couches plus ou moins arriérées de la population.

La question n'est pas de savoir si on est pour ou contre la démocratie, puisque nous sommes tous censés y adhérer, mais de savoir comment ou dans quelle condition elle pourrait s'exprimer avant de pouvoir être réellement effective de manière à finir par s'imposer.

Il est évident que pour qu'une assemblée de représentants du peuple puisse fonctionner démocratiquement, il ne suffit pas qu'ils soient élus comme le veut l'idée reçue, il faut qu'ils soient en mesure de se prononcer librement sur des mesures qui appartiennent à des domaines très divers qu'ils n'ont pas forcément étudiés ou qu'ils ne maîtrisent pas ou encore qu'ils méconnaissent totalement, pour les éclairer des études ou des rapports ainsi que leurs conclusions peuvent être mis à leur disposition pour qu'ils y réfléchissent tranquillement, faut-il encore qu'ils disposent des capacités intellectuelles requises pour mener à bien ou à fond leurs travaux, investigations ou réflexions, les placer dans une perspective historique. Or ce sera rarement le cas ou seule une minorité en aura réellement les moyens, du coup ce sera la majorité qui décidera de l'orientation de la société, majorité qui ne sera pas apte à incarner la démocratie ou qui sera influencée par des facteurs étrangers à la démocratie, de telle sorte que les décisions qu'elle sera amenée à adopter ne correspondront pas à l'exercice de la démocratie ou ne pourront donc pas forcément exprimer la démocratie tout en se parant des apparences de la démocratie.

Jusqu'à présent on s'était contenté d'une définition de la démocratie approximative qu'il nous faut corriger, restrictive ou limitée à l'expression de la majorité en négligeant un facteur déterminant qui allait être à l'origine de bien des confusions et qu'il nous faut introduire dans notre définition pour la rendre cohérente, à savoir que l'exercice de la démocratie ne se réduit pas à donner la parole à la majorité ou à ses représentants sans se soucier de leurs intentions, de leurs expériences, de leur niveau de connaissance ou de conscience, faut-il encore qu'ils aient conscience que les mesures qu'ils adopteront s'inscriront dans un processus matérialiste, dialectique et historique (à l'échelle mondiale) et correspondront bien aux besoins de la majorité du peuple sans empiéter sur ceux des générations futures, sans oublier les ressources de notre planète qui ne sont pas illimitées.

On aura compris que la démocratie est une forme de gouvernance idéale, qui requiert des conditions qui ne peuvent pas être remplies sous un régime où la minorité exploite et opprime la majorité ou détient tous les pouvoirs. Dans le cadre du règne de la nécessité où l'homme en est encore à faire sa propre histoire inconsciemment, la République que l'on peut considérer comme la forme juridique la plus élevée ne peut être compatible avec l'exercice de la démocratie, hormis lorsque les intérêts de la minorité se confondent avec ceux de la majorité ou de l'ensemble de la société, dans tous les autres cas elle sera bannie de l'exercice du pouvoir. Elle est donc réduite ou soumise aux caprices ou à l'évolution des besoins du capitalisme, de la minorité qui détient le pouvoir, ainsi qu'aux aléas de la lutte des classes.

C'est d'ailleurs uniquement la lutte de classe du prolétariat qui permet de nos jours d'exprimer la démocratie, tandis que l'oligarchie financière y est farouchement opposée. Plus la couche de la classe dominante qui concentre le pouvoir économique est réduite, plus son pouvoir politique tendra à être despotique.

L'élection présidentielle est l'expression achevée de la négation de la démocratie, dans la mesure où un seul homme ou une seule femme se substitue à tout un peuple pour déterminer son destin, tel un monarque, un empereur ou un bonaparte.

Cette question n'est pas sans rapport avec celle de la tutelle d'une autorité supérieure sous laquelle la plupart des gens acceptent de se placer, ce qui revient à admettre qu'ils ne sont pas aptes à décider de leur propre sort. Quant à ceux qui prétendent s'en passer, leur statut n'est guère plus enviable, puisqu'en réalité ils subissent passivement le sort qui leur a été réservé ou s'en accommodent hypocritement parce qu'ils en tirent quelques satisfactions, quand ils ne se prennent pas pour cette autorité supérieure elle-même!

Dieu, l'Etat et l'uniforme en général en imposent à tous les crétins de la terre, autant que leur propre ignorance qui leur tient lieu de guide ou leur inspirent le respect, la crainte jusqu'à l'ivresse du fanatisme déguisée en anges gardiens de leur misérable destin qu'ils auront pour seul horizon tout au long de leur existence.

Pour l'ignorant la camisole de force de la servitude dans laquelle il évolue est rassurante, et il y demeurera attaché aussi longtemps qu'il n'aura pas fait personnellement l'expérience qu'il peut s'en passer et continuer de vivre normalement ou mieux de préférence.

On a pu observer qu'il ne suffisait pas de vivre une expérience, d'en prendre conscience, d'en tirer des enseignements pour la reproduire ou non dans l'avenir ou pour qu'elle se grave profondément dans notre cerveau et détermine un changement radical ou irréversible dans notre comportement ou notre manière d'appréhender la réalité. Comme on a pu observer que la modification ou plutôt l'amélioration de notre condition sociale d'existence, ne se traduirait pas forcément par une élévation de notre niveau de conscience, qui demeurera en grande partie surfaite car présentant inconsciemment de nombreuses lacunes, au point d'être remise en cause à la première occasion quand l'évolution de la situation nous sera défavorable. Et lorsqu'on ne tiendra pas compte de l'ensemble de ces rapports ou qu'on se leurrera sur leur nature et leur évolution, on sera amené à interpréter de façon erronée la signification de leurs manifestations ou leur orientation, allant jusqu'à adopter ou soutenir des mesures contraires à nos intérêts ou à notre cause, passant de la gauche à la droite, voire à l'exxtrême droite sans même s'en apercevoir.

Pour qu'il en soit autrement, une des deux conditions suivantes devraient être impérativement réunie, soit qu'on soit parvenu en régime capitaliste à saisir l'ensemble du processus dialectique historique inconscient dans lequel s'insère notre propre expérience, soit que les rapports sociaux aient été inversés au profit de la classe des exploités au pouvoir et qu'on participe consciemment à l'élaboration d'une société nouvelle sur cette base, de sorte que notre niveau de conscience se nourrisse de notre expérience et progresse sans cesse.

On a pu constater qu'il ne suffisait pas de participer à la lutte de classe pour élever son niveau de conscience politique, tout comme il ne suffisait pas d'avoir lu l'ensemble des oeuvres des marxistes pour maîtriser le matérialisme dialectique et l'appliquer à la lutte de classe, parce qu'on continue à des degrés divers de subir inconsciemment l'influence de la société divisée en classe dominante et dominée ou tous les rapports dans lesquelles s'exprime cet antagonisme qu'on tend à reproduire, c'est-à-dire, sans que notre expérience de la lutte de classe aussi riche et longue qu'elle ait pu être ou que nos lectures aussi savantes fussent-elle, n'aient contribué à modifier notre comportement dans la vie quotidienne ou nos rapports à l'ensemble de la société qui finalement l'emportent sur nos bonnes ou généreuses intentions, ainsi que notre engagement politique sur lequel on se leurrera volontiers.

Si on commet une grave erreur en pensant qu'il suffirait d'accumuler des connaissances et des expériences pour atteindre un niveau de conscience supérieure ou qui coïnciderait avec la prise de conscience du processus dialectique historique inconscient qui détermine le cours de l'humanité ou le développement de la civilisation humaine, on en commet une toute aussi grande en croyant qu'il suffirait d'avoir pris conscience de l'existence de la lutte des classes ou qu'il suffirait d'avoir développé une conscience politique pour véritablement progresser, puisque les faits ne cessent de démontrer le contraire au regard des rapports qu'on entretient quotidiennement, autrement dit, il ne suffit pas de tout ramener à la politique ou avoir acquis une conscience politique ne nous conduit pas la plupart du temps à utiliser le matérialisme dialectique pour interpréter nos expériences de la vie quotidienne de sorte que notre état de conscience ne progressera pas ou tendra en permanence à nous tirer en arrière, à nous faire régresser, y compris sur le plan politique.

Ce que je voulais dire par là, c'est que la conscience politique à elle seule ne suffit pas à faire un militant conscient incarnant le socialisme ou apte à revendiquer la direction du mouvement ouvrier ou de prendre la direction des masses à un moment donné.

On sait que pour que le passage au socialisme puisse être sérieusement envisagé, il faut impérativement que certaines conditions objectives et subjectives soient réunies. Mais ce qu'on a ignoré ou laissé de côté, c'est que ces conditions objectives pouvaient constituer un obstacle à la prise de conscience de la nécessité historique de se débarrasser du capitalisme ou au mûrissement des conditions subjectives en corrompant les couches du prolétariat qui par leur statut privilégié devaient en tirer profit en priorité et s'adapteraient au capitalisme au lieu de le combattre, tandis que les couches les moins favorisées et les plus arriérées continueraient de vivre comme si ces conditions objectives n'étaient toujours pas mûres pour être confrontées quotidiennement à une multitude de difficultés matérielles et connaître des conditions de travail ou d'existence plus largement insupportables qui accapareraient entièrement leurs cerveaux et donc les empêcheraient de penser à autres choses ou d'envisager la possibilité de changer la société, pour finalement se détourner de la politique ou laisser le soin à d'autres de décider de leur sort et ainsi ne jamais progresser.

Sans que cela corresponde forcément, ceux qui bénéficient de conditions matérielles privilégiées parmi les exploités ont généralement acquis un niveau intellectuel, de connaissance et de conscience supérieur par rapport aux couches les plus défavorisées ou arriérées du prolétariat, ce qui les désignent de préférence pour parvenir à élever leur niveau de conscience politique à celui du socialisme ou prendre conscience du processus matérialiste dialectique inconscient qui préside au cours de l'histoire, pour prendre la direction du prolétariat organisé, le mouvement ouvrier, afin d'entraîner au combat contre le régime capitaliste les couches les plus arriérées ou l'ensemble des exploités...

Or il s'avère que parmi les dirigeants de ces couches privilégiées, aucun n'a réellement été capable d'atteindre ce niveau de conscience et d'accomplir cette tâche pour n'avoir pas identifié la nature des nouveaux obstacles que le développement et l'orientation du capitalisme mondial allait contribuer à faire naître au cours de la seconde moitié du XXe siècle jusqu'à nos jours et qu'il fallait combattre résolument et inlassablement, lorsqu'ils ne s'en sont pas détournés volontairement pour ne pas avoir à affronter le régime et à avoir à justifier leur adaptation au capitalisme ou au réformisme après avoir renié ou trahi secrètement le socialisme.

Les auto-proclamations, les étiquettes gratuites, les légendes mêmes, les formules et autres citations apprises par coeur et répétées en boucle, les discours dithyrambiques, l'emploi de sophismes maquillés en syllogismes, le culte du secret et de la personnalité, la théorisation de leurs errements, de l'opportunisme en fait, le tout frappé du sceau du marxisme ou du socialisme (du trotskysme) allait contribuer à marquer si profondément les esprits des travailleurs de bonne foi ou plutôt naïfs qui allaient rejoindre leurs organisations, qu'ils ne se rendraient jamais compte qu'ils renonçaient à acquérir un esprit libre ou critique qui leur serait indispensable pour progresser et participer à l'orientation de leurs partis que finalement ils subiraient, jusqu'au jour pour l'immense majorité d'entre eux où ils ne le supporteraient plus, en seraient exclus ou en démissionneraient discrètement ou avec fracas sans véritablement comprendre ce qui leur était arrivé.

Ce sont ces couches privilégiées dont sont issus la quasi-totalité des dirigeants de l'avant-garde, qui ont failli à doter le mouvement ouvrier d'une nouvelle direction.

14e sujet

Encore un mot sur la démocratie.

Quand environ 80% du peuple continue de voter aux élections présidentielles pour un monarque, un empereur ou un bonaparte, on est en droit de déduire de cette simple observation, qu'il est toujours aussi ignorant et qu'il n'est pas prêt pour la démocratie, en fait c'est comme s'il n'avait pas évolué depuis l'Antiquité, ce que confirme le retour actuel à la pire des barbaries.

Combien, 90 à 95% de la population est exclu des institutions qui gèrent la société et décident de son orientation , et à peu près le même nombre ne participent pas aux organisations ou partis qui sont censées combattre pour l'influencer ou à la lutte de classes.

La démocratie représentative, du suffrage censitaire au suffrage universelle, n'a jamais incarné que les intérêts d'une minorité d'exploiteurs ou d'exploités, excluant de fait l'immense majorité des travailleurs spoliés du droit de faire valoir leurs besoins légitimes, ce qui est tout à fait logique ou inévitable et compréhensible, puisqu'ils entreraient forcément en contradiction avec ceux de la classe des exploiteurs qui détient le pouvoir.

La démocratie représentative en régime capitaliste ou le parlementarisme bourgeois devait servir l'illusion que le peuple opprimé pourrait utiliser cet instrument politique pour satisfaire ses besoins ou éventuellement conquérir le pouvoir politique à cette fin, or cela allait s'avérer impossible, pire, une fois cette expérience vécue une multitude de fois pendant de nombreuses décennies ou admis que théoriquement il ne parviendrait jamais ni au pouvoir ni à satisfaire ses besoins par cette voie, au lieu de la dénoncer et de cesser d'y participer on a persisté à la cautionner et à conduire ainsi le peuple dans une impasse politique dont il ne devait rien sortir évidemment, s'en étonner de nos jours révèle notre ignorance ou notre incapacité à faire preuve du moindre discernement.

Ce sont les mêmes qui revendiquent la démocratie et la liberté d'expression, sans se soucier de leur contenu ou à qui, à quelle classe elles profitent de préférence, à quelle fin ou pour quel usage dont devait inévitablement être exclue la majorité de la population laborieuse ou pire, en faire les frais en collaborant à cette escroquerie qui devait la précipiter dans la barbarie.

Quand on sait pertinemment que la règle d'un jeu est faussée, on a le choix d'y participer ou non, et si on décide malgré tout d'y participer, non seulement on va au-devant de déboires annoncées, on accepte par avance plus ou moins inconsciemment d'en partager la responsabilité ou qu'elle nous soit imputée, ainsi que les conséquences cruelles ou dramatiques qui l'accompagneront, autrement dit en acceptant de lier notre sort à ceux qui nous ont imposé cette règle, on a abdiqué notre indépendance sans laquelle il sera impossible de changer cette règle de sorte qu'elle nous soit favorable, du coup il ne nous restera plus qu'à subir notre condition.

Ce qui nous intéresse en priorité, c'est de découvrir ou de remonter à l'origine des difficultés que nous rencontrons pour avancer vers le socialisme, contrairement aux opportunistes, charlatans ou aventuriers qui s'en réclament et ne s'intéressent qu'aux conséquences de la survie du capitalisme.

J'ai bien été obligé de constater que ma démarche n'intéressait finalement personne, ce qui ne m'a étonné qu'à moitié à vrai dire. Chacun de mes lecteurs ou correspondants se sont focalisés sur tel ou tel aspect de ma démarche, prétexte qui devait finalement les conduire à la rejeter en bloc, sans jamais que je sache pourquoi, alors qu'elle consistait à intégrer dans notre analyse de la situation l'ensemble des facteurs qui la composaient, dont il faut préciser qu'une grande partie d'entre eux faisaient justement l'objet d'une censure ou d'un déni de la part des représentants de la classe dominante et des dirigeants du mouvement ouvrier sans que cette coïncidence ne les interroge ou ne les choque plus que cela, à croire qu'ils ne sont pas davantage mûrs pour la démocratie.

Ils sont comme tous ces gens qui ne supportent pas qu'on dise ce qu'on pense, sans se soucier de savoir s'ils sont particulièrement susceptibles ou trimballent derrière eux un tas de problèmes de tout ordre qui leur rendent l'évocation de la réalité douloureuse ou insupportable, au point de se sentir systématiquement visés ou jugés et de ne pas le tolérer, alors qu'en fait cette intention m'a toujours été étrangère, sauf envers moi-même. En réalité, ils se supportent pas eux-mêmes tels qu'ils sont mais ils ne peuvent pas l'admettre. Ils préfèrent semble-t-il la compagnie des menteurs, des flatteurs, des démagogues, des imposteurs, bref, tous ces gens pour lesquels la loyauté, la sincérité, l'honnêteté, la modestie, sont autant de qualités incompatibles avec leur ambition, leur statut ou l'exercice de leur fonction d'agents du régime.

Il faut dire aussi que tous ceux qui se sont connectés sur ce portail ou courant politique avaient connu auparavant des désillusions plus ou moins douloureuses qui ne les portaient pas à s'engager à nouveau ou qui allaient servir de repoussoir à tout nouvel engagement, ce contre quoi j'ai essayé de lutter en vain, sans avoir vraiment le choix des instruments pour mener ce combat puisque je ne disposais que d'Internet pour communiquer avec eux, rien ne remplaçant apparemment le contact physique.

Ce qui prédomine désormais chez les militants, c'est le scepticisme, la conviction que le combat pour le socialisme serait perdu d'avance, et que tout discours ou toute orientation politique axé sur le socialisme ne mérite plus aucun intérêt, alors que je me serai démené comme un forcené pour les convaincre du contraire.

Ce sont les éclopés de la lutte de classe qui ont atterri vers ce portail, les paumés, les déçus qui n'espéraient ou ne croyaient déjà plus en rien, ils n'étaient plus aptes à entendre un discours différent des autres, cherchant la moindre petite faille pour vous fausser compagnie à la première occasion ou disparaître sans la moindre explication, jamais je ne chercherai à les rattraper car je savais que ce serait inutile.

De mon côté, si j'avais trouvé un groupe de militants ou un parti qui partageait ma démarche, ma méthode, mes principes, mon analyse de la situation, qui cultivait les qualités auxquelles je suis attaché, j'y aurais adhéré immédiatement même si nous avions eu quelques désaccords politiques sur certaines questions. C'était peut-être trop demander à mon tour pourrait-on penser. Je ne le crois pas, si demain Marx ou Lénine revenait parmi nous et créait un parti, je suis certain que j'y retrouverais ma démarche, ma méthode, mes principes, mon analyse de la situation, ainsi que les qualités auxquelles je suis attaché, et si le compte n'y était pas ou presque, je me dirais que c'était sans doute de mon côté qu'il faudrait en chercher l'origine.

J'en suis arrivé à la conclusion qu'aucun courant du trotskysme n'était parvenu à assurer la continuité du marxisme et qu'on avait commis la terrible erreur de croire le contraire, pour n'avoir pas compris que ce qu'ils avaient retenu du trotskysme, c'était justement ce que Lénine n'avait jamais supporté chez Trotsky. Et ce n'est pas un hasard si le premier principe que les courants lambertiste et pabliste balancèrent était celui qui incarnait le léninisme, le parti de type communiste ou bolchevik, pour revenir à un type de parti social-démocrate qui est voué à connaître le même sort que celui de la IIe Internationale, il suffit d'observer le POI, le POID et le NPA pour ne même pas avoir à se poser la question. LO n'est qu'une caricature grotesque du parti bolchevik, populiste ou gauchiste, dogmatique selon les circonstances, crypto-stalinienne, qui sert de repoussoire à la construction du parti.

15e sujet

- Présidentielle : un sondage donne la gauche éliminée au premier tour dans tous les cas - LeMonde.fr 07.09

Et dire que les uns et les autres se précipitent pour participer à cette mauvaise farce. A rayer des partis de gauche (ou centriste), tous les partis qui participeront à cette élection présidentielle, tous ceux qui n'appelleront pas à son boycott.

Vous voulez faire table rase du passé et vous n'êtes pas foutus de faire le ménage au présent. Bordel, soyez cohérent, sérieux. Diable, un peu d'audace, un peu de courage !


Le 7 septembre 2016

CAUSERIE

Ma connexion Internet a été coupée le 9 août par Reliance. J'ai réussi à résoudre ce problème le 23 août. J'ai dû changer d'opérateur (Vodafone). Depuis, elle a été coupée à deux reprises pendant 6 jours.

Cela dit, j'ai décidé de supprimer les Infos en bref, on se contentera dorénavant de causeries ou de chroniques politiques mensuelles ou bi-mensuelles. La suite demain, en principe, rien ne presse, n'est-ce pas?

Dorénavant également, je ne me connecte plus à Internet que 2 ou 3 fois par semaine, et quand je sors je n'emmène pas mon téléphone. En à peine 2 semaines j'ai réussi à me désintoxiquer de cette épouvantable addiction qui vous abrutit plutôt qu'autre chose, il suffit de voir où en sont arrivés tous ceux qui y sont accrocs pour ne pas avoir envie de les imiter plus longtemps.

Il y a un siècle en arrière, on parvenait à penser ou à analyser la situation mondiale, à décider de tâches politiques tandis que les infos mettaient des jours, des semaines, voire plus d'un mois avant de parvenir aux dirigeants des partis politiques, et à ma connaissance ils n'ont pas écrit ou fait pour autant plus de conneries que nos dirigeants qui nous ont mené là où nous en sommes, non ? Réfléchissez-y. A demain... peut-être !

La causerie de septembre au format html
La causerie d'août au format pdf
La causerie de juillet au format pdf
La causerie de juin au format pdf

Défense du marxisme

Le socialisme.

Les deux bases capitalistes sur lesquelles repose le socialisme scientifique. - ( F. Engels -1877)

(Karl Marx par Friedrich Engels - Ecrit en juin 1877, paru dans le Volks-Kalender, Brunswick, 1878. Numérisé par l'encyclopédie de l'Agora.)

Extrait. Marx a inscrit son nom dans l'histoire de la science par de nombreuses et importantes découvertes, dont nous ne citerons ici que les principales.

La première est la révolution accomplie par lui dans la conception de l'histoire mondiale. On considérait auparavant que les raisons dernières de tous les changements historiques doivent être cherchées dans les idées changeantes des hommes et que, de tous les changements historiques, les plus importants, ceux qui dominent toute l'histoire, sont les changements politiques. Mais on ne se demandait pas d'où viennent les idées aux hommes et quelles sont les causes qui déterminent les changements politiques. Seule, la nouvelle école des historiens français et, en partie aussi des historiens anglais en était venue à la conviction que, depuis le Moyen âge au moins, la force motrice, dans l'histoire européenne, était la lutte qui se développait entre la bourgeoisie et la féodalité pour la domination sociale et politique. Mais c'est Marx qui démontra que, jusqu'à nos jours, toute l'histoire est une histoire de luttes de classe, qu'il ne s'agit dans toutes les luttes politiques, multiples et complexes, que de la domination sociale et politique de telle ou telle classe, que pour la classe ancienne il s'agit de maintenir cette domination et pour les classes qui s'élèvent de conquérir le pouvoir.

Mais comment naissent et se maintiennent ces classes. Elles naissent et se maintiennent toujours en vertu des conditions matérielles, tangibles, dans lesquelles une société donnée produit et échange ce qui est nécessaire à la vie. La domination féodale du moyen âge reposait sur l'économie de petites communautés paysannes qui produisaient ellesmêmes presque tous les produits de leur consommation, ignoraient à peu près l'échange et étaient protégées contre l'étranger par la noblesse belliqueuse qui leur conférait une cohésion nationale, ou du moins politique. Lorsque les villes grandirent et qu'il se forma une industrie artisane distincte, qui donna lieu à un commerce d'abord purement national, puis international, la bourgeoisie urbaine se développa et, dans sa lutte contre la noblesse, conquit sa place dans le régime féodal en tant que classe sociale jouissant de droits spéciaux. Mais la découverte de nouveaux pays, à partir du milieu du XVe siècle, fournit à la bourgeoisie un champ d'affaires plus vaste et, par suite, un nouveau stimulant à son industrie. Le métier fut supplanté dans les branches les plus importantes par la manufacture qui, elle-même, après l'invention de la machine à vapeur, au siècle dernier, fut refoulée par la grande industrie. Cette dernière, à son tour, réagit sur le commerce en supplantant dans les pays arriérés l'ancien travail à la main, en créant dans les pays plus développés les moyens actuels de communication, les machines à vapeur, les chemins de fer et le télégraphe électrique.

Ainsi la bourgeoisie concentrait de plus en plus entre ses mains les richesses et la puissance sociales, alors qu'elle resta longtemps encore écartée du pouvoir politique, qui se trouvait entre les mains de la noblesse et de la royauté appuyée sur la noblesse. Mais à un certain degré de développement — en France, par exemple, après la grande Révolution — la bourgeoisie conquit aussi le pouvoir et devint à son tour la classe gouvernante en face du prolétariat et des petits paysans.

De ce point de vue s'expliquent tous les phénomènes historiques — si l'on a une connaissance suffisante de la situation économique de la société, situation que négligent nos spécialistes de l'histoire. Les idées et les croyances de chaque époque s'expliquent également de la façon la plus simple par les conditions de vie économique de cette époque et par les rapportss sociaux et politiques qui en découlent. Ce n'est que grâce à cette conception que l'histoire a été posée pour la première fois sur son véritable terrain. Le fait évident que les hommes, avant tout, mangent, boivent, s'abritent et s'habillent et qu'ils doivent travailler avant de pouvoir lutter pour le pouvoir, s'occuper de politique, de religion et de philosophie, ce fait manifeste, jusqu'à présent complètement négligé, a enfin obtenu droit de cité dans l'histoire.

Pour l'idée socialiste, cette nouvelle conception de l'histoire était extrêmement importante. Il est maintenant démontré que toute l'histoire de l'humanité se meut dans les antagonismes et les luttes de classe, qu'il y a toujours eu des classes dominantes et dominées, exploiteuses et exploitées, et que la grande majorité des hommes a toujours été condamnée à un dur labeur et à une misérable existence. Pourquoi cela? Tout simplement parce qu'à toutes les étapes précédentes du développement de l'humanité la production était encore si faible que l'histoire ne pouvait avancer qu'avec l'existence de ces antagonismes; que seule une petite minorité privilégiée contribuait à la progression historique, tandis que la masse était condamnée à gagner par son travail ses maigres moyens de subsistance et à accroître sans cesse la richesse de la minorité privilégiée.

Mais cette conception de l'histoire, conception qui explique si naturellement et si simplement la domination de classe, expliquée jusque-là par la méchanceté des hommes, conduit aussi à la conviction que, vu le développement formidable atteint actuellement par les forces de production, il ne reste plus aucune raison, tout au moins dans les pays avancés, de diviser les hommes en dominateurs et en dominés, en exploiteurs et en exploités.

La grande bourgeoisie dominante a rempli sa mission historique; non seulement elle n'est plus capable de diriger la société, mais elle est devenue un obstacle au développement de la production, comme le démontrent les crises commerciales, principalement la dernière, et la dépression de l'industrie dans tous les pays. La direction historique est passée au prolétariat, classe qui peut s'affranchir uniquement parce que, en vertu de sa situation sociale, elle anéantit toute domination de classe, toute subordination et toute exploitation. Les forces productrices sociales, qui ont dépassé les capacités de la bourgeoisie, n'attendent que le moment de passer en la possession du prolétariat uni, qui établira un régime permettant à tous les membres de la société de participer non seulement à la production, mais aussi à la répartition et à la gestion des richesses sociales. Grâce à la régularisation rationnelle de toute la production, ce régime pourra élever les forces de production sociales et les produits créés par elles de façon à satisfaire de plus en plus les besoins raisonnables de chacun.

La deuxième découverte importante de Karl Marx est l'explication des rapports du capital et du travail, autrement dit, la démonstration de la façon dont s'accomplit l'exploitation des ouvriers par les capitalistes dans la société actuelle, avec le mode de production capitaliste existant. Depuis que l'économie politique avait établi que seul le travail est la source de toute richesse et de toute valeur, on devait fatalement se demander comment il se fait que le salarié ne reçoive pas toute la valeur produite par son travail et doive en abandonner une partie au capitaliste. C'est en vain que les économistes bourgeois et socialistes s'efforcèrent de donner une réponse strictement scientifique à cette question jusqu'au moment où Marx en apporta la solution. Le mode de production capitaliste actuel implique l'existence de deux classes sociales: d'un côté, les capitalistes, qui possèdent les instruments nécessaires à la production et à l'existence; de l'autre, les prolétaires, qui ne possèdent rien et sont obligés, pour vivre, de vendre leur seule marchandise: leur force de travail. Mais la valeur d'une marchandise quelconque est déterminée par la quantité de travail socialement nécessaire pour la production et le renouvellement de cette marchandise; par suite, la valeur de la force de travail d'un homme moyen pendant un jour, un mois, une année, est déterminée par la quantité de produits nécessaires à l'entretien de l'ouvrier pendant un jour, un mois, une année. Admettons que les produits nécessaires à un ouvrier pour un jour exigent six heures de travail, ou, ce qui revient au même, que le travail qui y est incorporé représente une durée de six heures. Dans ce cas, la valeur de la force de travail pour un jour s'exprimera par la somme d'argent nécessitant également six heures pour être produite. Admettons maintenant que le capitaliste qui occupe notre ouvrier lui paie cette somme, c'està- dire la valeur totale de sa force de travail. Si l'ouvrier travaillait actuellement six heures par jour pour le capitaliste, il rembourserait complètement au capitaliste la dépense effectuée par ce dernier: six heures de travail pour une somme valant six heures de travail. Mais alors il ne resterait rien dans la poche du capitaliste. Celui-ci, évidemment, raisonne tout autrement: j'ai acheté, dit-il, la force de travail de cet ouvrier non pas pour six heures, mais pour toute une journée. Par suite, il oblige l'ouvrier à travailler, suivant les circonstances, 8, 10, 12, 14 heures, et même davantage, de sorte que le produit des heures qui suivent la sixième heure de travail est le produit d'un travail impayé et s'en va dans la poche du capitaliste. Ainsi l'ouvrier au service du capitaliste non seulement rend à ce dernier la valeur qu'il en a reçue pour sa force de travail, mais produit encore une plus-value que le capitaliste commence par s'approprier et qui ensuite, en vertu de lois économiques déterminées, se répartit dans toute la classe capitaliste et forme la principale source d'où découlera la rente foncière, l'intérêt, l'accumulation capitaliste, en un mot toutes les richesses consommées et accumulées par les classes parasites.

Ainsi, il a été démontré que les richesses acquises par les capitalistes actuels proviennent de l'expropriation d'un travail d'autrui impayé, tout comme celles des propriétaires d'esclaves ou des seigneurs féodaux qui exploitaient le travail des serfs, et que toutes ces formes d'exploitation ne se distinguent que par la manière et les moyens employés pour s'approprier le travail d'autrui. Par suite, les classes possédantes ne peuvent plus arguer hypocritement que le Droit, la Justice, l'Egalité des droits et des devoirs, l'Harmonie générale des intérêts règnent dans l'ordre social actuel. La société bourgeoise d'aujourd'hui, comme les sociétés antérieures, est une forme gigantesque d'exploitation de l'immense majorité du peuple par une minorité infime, qui ne cesse en outre de diminuer.

C'est sur ces deux bases capitalistes que repose le socialisme scientifique contemporain.

Marx par Engels au format pdf

Défense du marxisme

Droit de l'homme contre droit du citoyen.

Extrait de « La Question juive » (K. Marx 1843)

On fait une distinction entre les « droits de l’homme » et les « droits du citoyen ». Quel est cet « homme » distinct du citoyen ? Personne d’autre que le membre de la société bourgeoise. Pourquoi le membre de la société bourgeoise est-il appelé « homme », homme tout court, et pourquoi ses droits sont-ils appelés droits de l’homme ? Qu’est-ce qui explique ce fait ? Par le rapport de l’État politique à la société bourgeoise, par l’essence de l’émancipation politique.

Constatons avant tout le fait que les « droits de l’homme », distincts des « droits du citoyen », ne sont rien d’autre que les droits du membre de la société bourgeoise, c’est-à-dire de l’homme égoïste, de l’homme séparé de l’homme et de la communauté. La Constitution la plus radicale, celle de 1793, a beau dire : Déclaration des droits de l’homme et du citoyen. « Art. 2. Ces droits (les droits naturels et imprescriptibles) sont : l’égalité, la liberté, la sûreté, la propriété. » En quoi consiste la « liberté » ? « Art. 6. La liberté est le pouvoir qui appartient à l’homme de faire tout ce qui ne nuit pas aux droits d’autrui. » Ou encore, d’après la Déclaration des droits de l’homme de 1791 : « La liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui. »

La liberté est donc le droit de faire tout ce qui ne nuit pas à autrui. Les limites dans lesquelles chacun peut se mouvoir sans nuire à autrui sont marquées par la loi, de même que la limite de deux champs est déterminée par un piquet. Il s’agit de la liberté de l’homme considéré comme monade isolée, repliée sur elle-même. (…) Mais le droit de l’homme, la liberté, ne repose pas sur les relations de l’homme avec l’homme, mais plutôt sur la séparation de l’homme d’avec l’homme. C’est le droit de cette séparation, le droit de l’individu limité à lui-même.

L’application pratique du droit de liberté, c’est le droit de propriété privée. Mais en quoi consiste ce dernier droit ?

« Le droit de propriété est celui qui appartient à tout citoyen de jouir et de disposer à son gré de ses biens, de ses revenus, du fruit de son travail et de son industrie. » (Constitution de 1793, art. 16.)

Le droit de propriété est donc le droit de jouir de sa fortune et d’en disposer « à son gré », sans se soucier des autres hommes, indépendamment de la société ; c’est le droit de l’égoïsme. C’est cette liberté individuelle, avec son application, qui forme la base de la société bourgeoise. Elle fait voir à chaque homme, dans un autre homme, non pas la réalisation, mais plutôt la limitation de sa liberté. Elle proclame avant tout le droit « de jouir et de disposer à son gré de ses biens, de ses revenus, du fruit de son travail et de son industrie ».

Restent les autres droits de l’homme, l’égalité et la sûreté.

Le mot « égalité » n’a pas ici de signification politique ; ce n’est que l’égalité de la liberté définie ci-dessus : tout homme est également considéré comme une telle monade basée sur elle-même. La Constitution de 1795 détermine le sens de cette égalité : « Art. 5. L’égalité consiste en ce que la loi est la même pour tous, soit qu’elle protège, soit qu’elle punisse. »

Et la sûreté ? La Constitution de 1793 dit : « Art. 8. La sûreté consiste dans la protection accordée par la société à chacun de ses membres pour la conservation de sa personne, de ses droits et de ses propriétés. » La sûreté est la notion sociale la plus haute de la société bourgeoise, la notion de la police : toute la société n’existe que pour garantir à chacun de ses membres la conservation de sa personne, de ses droits et de ses propriétés. C’est dans ce sens que Hegel appelle la société bourgeoise « l’État de la détresse et de l’entendement ».

La notion de sûreté ne suffit pas encore pour que la société bourgeoise s’élève au-dessus de son égoïsme. La sûreté est plutôt l’assurance de l’égoïsme. Aucun des prétendus droits de l’homme ne dépasse donc l’homme égoïste, l’homme en tant que membre de la société bourgeoise, c’est-à-dire un individu séparé de la communauté, replié sur lui-même, uniquement préoccupé de son intérêt personnel et obéissant à son arbitraire privé. L’homme est loin d’y être considéré comme un être générique ; tout au contraire, la vie générique elle-même, la société, apparaît comme un cadre extérieur à l’individu, comme une limitation de son indépendance originelle. Le seul lien qui les unisse, c’est la nécessité naturelle, le besoin et l’intérêt privé, la conservation de leurs propriétés et de leur personne égoïste.

La question juive au format pdf

Défense du marxisme

La dialectique ou la science des lois générales du mouvement et du développement de la nature, de la société humaine et de la pensée..

Chapitre XIII : Dialectique. Négation de la négation. Friedrich Engels : Anti-Duhring (1878).

Extraits.

C'est déjà un manque total d'intelligence de la nature de la dialectique, que de la tenir, comme fait M. Dühring, pour un instrument de pure démonstration, à la façon dont on peut se faire une idée bornée, disons de la logique formelle ou des mathématiques élémentaires. Même la logique formelle est avant tout une méthode pour trouver des résultats nouveaux, pour progresser du connu à l'inconnu, et cela est vrai, mais dans un sens bien plus élevé encore, de la dialectique qui, en outre, en brisant l'horizon étroit de la logique, contient le germe d'une vue plus vaste du monde.

(La négation de la négation) Une procédure très simple, qui s'accomplit en tous lieux et tous les jours, que tout enfant peut comprendre, dès qu'on élimine le fatras mystérieux sous lequel la vieille philosophie idéaliste la dissimulait et sous lequel des métaphysiciens incurables de la trempe de M. Dühring continuent à avoir intérêt à la cacher. Prenons un grain d'orge. Des milliards de grains d'orge semblables sont moulus, cuits et brassés, puis consommés. Mais si un grain d'orge de ce genre trouve les conditions qui lui sont normales, s'il tombe sur un terrain favorable, une transformation spécifique s'opère en lui sous l'influence de la chaleur et de l'humidité, il germe : le grain disparaît en tant que tel, il est nié, remplacé par la plante née de lui, négation du grain.

Mais quelle est la carrière normale de cette plante ? Elle croît, fleurit, se féconde et produit en fin de compte de nouveaux grains d'orge, et aussitôt que ceux-ci sont mûrs, la tige dépérit, elle est niée pour sa part. Comme résultat de cette négation de la négation, nous avons derechef le grain d'orge du début, non pas simple, mais en nombre dix, vingt, trente fois plus grand. (...)

Il n'en va pas autrement en histoire. Tous les peuples civilisés commencent par la propriété en commun du sol. Chez tous les peuples qui dépassent un certain stade primitif, cette propriété en commun devient, au cours de l'évolution de l'agriculture, une entrave pour la production. Elle est abolie, niée, transformée en propriété privée après des stades intermédiaires plus ou moins longs. Mais à un stade plus élevé du développement de l'agriculture atteint grâce à la propriété privée du sol elle-même, c'est inversement la propriété privée qui devient une entrave pour la production, - comme c'est aujourd'hui le cas aussi bien pour la petite que pour la grande propriété foncière. On voit surgir avec un caractère de nécessité la revendication qui tend à ce qu'elle soit niée également, à ce qu'elle soit retransformée en propriété commune. Mais cette revendication ne signifie pas la restauration de l'ancienne propriété en commun primitive, mais l'établissement d'une forme bien plus élevée et plus développée de propriété collective qui, bien loin de devenir une barrière pour la production sera, au contraire, la première à la libérer de ses entraves et à lui permettre la pleine utilisation des découvertes chimiques et des inventions mécaniques modernes.

Autre exemple encore. La philosophie antique était un matérialisme primitif naturel. En tant que tel, elle était inc apable de tirer au net le rapport de la pensée et de la matière. Mais la nécessité d'y voir clair conduisit à la doctrine d'une âme séparable du corps, puis à l'affirmation de l'immortalité de cette âme, enfin au monothéisme. Le matérialisme antique fut donc nié par l'idéalisme. Mais dans le développement ultérieur de la philosophie, l'idéalisme à son tour devint insoutenable et fut nié par le matérialisme moderne. Celui-ci, négation de la négation, n'est pas la simple réinstallation de l'ancien matérialisme, mais ajoute aux fondements persistants de celui-ci tout le contenu de pensée d'une évolution deux fois millénaire de la philosophie et des sciences de la nature, ainsi que de ces deux millénaires d'histoire eux-mêmes. Après tout ce n'est plus une philosophie, mais une simple vue du monde qui n'a pas à faire ses preuves et à se mettre en oeuvre dans une science des sciences à part, mais dans les sciences réelles. La philosophie est donc ici “ levée ”, c'est-à-dire à la fois “ surmontée et conservée”, surmontée dans sa forme, conservée dans son contenu réel.

Enfin, même la doctrine de l'égalité de Rousseau...

A l'état de nature et de sauvagerie, les hommes étaient égaux; et comme Rousseau tient déjà le langage pour une altération de l'état de nature, il a parfaitement raison d'appliquer l'égalité entre animaux d'une même espèce dans toute l'étendue de cette espèce à ces hommes -animaux récemment classifiés par hypothèse par Haeckel comme alales, privés de langage. Mais ces hommes -animaux égaux avaient sur le reste des animaux l'avantage d'une propriété : la perfectibilité, la possibilité d'évoluer ultérieurement 2; et ce fut la cause de l'inégalité.

Rousseau voit donc un progrès dans la naissance de l'inégalité. Mais ce progrès était antagoniste, c'était en même temps un recul.

“ Tous les progrès ultérieurs [au delà de l'état de nature] ont été en apparence autant de pas vers la perfection de l'individu, et en effet, vers la décrépitude de l'espèce ... La métallurgie et l'agriculture furent les deux arts dont l'invention produisit cette grande révolution. ” (La transformation de la forêt vierge en terre cultivée, mais aussi l'introduction de la misère et de la servitude au moyen de la propriété.)

“ Pour le poète, c'est l'or et l'argent, mais pour le philosophe ce sont le fer et le blé qui ont civilisé les hommes et perdu le genre humain. ”

Tout nouveau progrès de la civilisation est, en même temps, un nouveau progrès de l'inégalité. Toutes les institutions que se donne la société née avec la civilisation, tournent à l'encontre de leur but primitif.

“ Il est incontestable, et c'est la maxime fondamentale de tout le droit politique, que les peuples se sont donné des chefs pour défendre leur liberté et non les asservir.”

Et cependant, ces chefs deviennent nécessairement les oppresseurs des peuples et renforcent cette oppression Jusqu'au point où l'inégalité, poussée à son comble, se retransforme en son contraire, devient cause de l'égalité : devant le despote tous sont égaux, à savoir égaux à zéro.

“ C'est ici le dernier terme de l'inégalité et le point extrême qui ferme le cercle et touche au point d'où nous sommes partis : c'est ici que tous les particuliers redeviennent égaux, parce qu'ils ne sont rien et que les sujets n'ont plus d'autre loi que la volonté du maître.”

Mais le despote n'est maître que tant qu'il a la violence et c'est pourquoi “ sitôt qu'on peut l'expulser, il n'a point à réclamer contre la violence... La seule force le maintenait, la seule force le renverse. Toutes choses se passent ainsi selon l'ordre naturel. ”

Et ainsi, l'inégalité se change derechef en égalité, non toutefois en cette vieille égal ité naturelle de l'homme primitif privé de la parole, mais dans l'égalité supérieure du contrat social. Les oppresseurs subissent l'oppression. C'est la négation de la négation. (...)

Qu'est-ce donc que la négation de la négation ? Une loi de développement de la nature, de l'histoire et de la pensée extrêmement générale et, précisément pour cela, revêtue d'une portée et d'une signification extrêmes; loi qui, nous l'avons vu, est valable pour le règne animal et végétal, pour la géologie, les mathématiques, l'histoire, la philosophie, et à laquelle M. Dühring lui-même, bien qu'il se rebiffe et qu'il regimbe : est obligé à son insu d'obéir à sa manière. (...)

Si je dis de tous ces processus qu'ils sont négation de la négation, je les comprends tous ensemble sous cette unique loi du mouvement et, de ce fait, je ne tiens précisément pas compte des particularités de chaque processus spécial pris à part. En fait la dialectique n'est pas autre chose que la science des lois générales du mouvement et du développement de la nature, de la société humaine et de la pensée.

Eugen Dühring, un social-démocrate allemand tardif, universitaire vaniteux, ennemi de la dialectique et donc du socialisme scientifique développé par Marx et Engels, au profit de "vérités éternelles", un vulgaire fatras de "de stupidité(s) d'une part et de banalité(s) d'autre part, écrira le 28 mai 1876 Engels à Marx en lui communiquant son "plan" d'Anti-Dühring.

J'ai reproduit ces passages parce qu'ils sont à la portée de tous. Ne pas populariser la dialectique au sein de la population est inexcusable.

Anti-Dühring au format pdf

Défense du marxisme

Socialisme contre sentimentalisme.

Socialisme de juristes. - (F. Engels et K. Kautsky -1886)

Au moyen âge la conception du monde était essentiellement théologique. L’unité du monde européen qui n’existait pas en fait à l’intérieur, fut réalisée à l’extérieur, contre l’ennemi commun, les Sarrazins, par le christianisme. C’est le catholicisme qui fut le creuset de l’unité du monde européen, groupe de peuples en rapports mutuels constants au cours de leur évolution. Ce rassemblement théologique ne se limita pas au domaine des idées. Il avait une existence réelle, non seulement dans la personne du pape qui était son centre monarchique, mais avant tout dans l’Eglise organisée féodalement et hiérarchiquement, et qui, en sa qualité de propriétaire d’environ un tiers du sol, détenait dans chaque pays une puissance politique énorme dans l’organisation féodale. L’Eglise, avec sa propriété foncière de type féodal, était le lien réel entre les divers pays ; l’organisation féodale de l’Eglise donnait sa consécration religieuse au féodalisme temporel de l’organisation politique. Le clergé était en outre la seule classe cultivée. Il allait donc de soi que le dogme de l’Eglise devait être le point de départ et la base de toute pensée. Droit, science de la nature, philosophie, l’étalon appliqué à toute connaissance était le suivant : son contenu concorde-t-il avec les enseignements de l’Eglise ou non ?

Mais au sein de la féodalité se développait la puissance de la bourgeoisie. Une classe nouvelle entrait en scène contre les grands propriétaire fonciers. Les bourgeois des villes étaient avant tout et exclusivement des producteurs de marchandises et vivaient du commerce des marchandises, alors que le mode de production féodal reposait essentiellement sur l’auto-consommation des produits fabriqués à l’intérieur d’un cercle restreint — ces consommateurs étant en partie les producteurs, en partie les féodaux qui levaient tribut. La conception catholique du monde, taillée à la mesure du féodalisme, ne pouvait plus suffire à cette classe nouvelle et à ses conditions de production et d’échange. Cependant elle resta prisonnière elle aussi un temps assez long de la toute-puissante théologie. Toutes les Réformes et les luttes qui s’y rattachent et furent menées du XIIIe au XVIIe siècle sous une raison sociale religieuse, ne sont, sous leur aspect théorique, que des tentatives répétées de la bourgeoisie des plébéiens des villes et de leurs alliés les paysans en rébellion, pour ajuster la vieille conception théologique du monde aux conditions économiques nouvelles et à la situation de la classe nouvelle. Mais cela n’allait pas. L’étendard religieux flotta pour la dernière fois en Angleterre au XVIIe siècle, et, cinquante ans plus tard à peine, la nouvelle conception classique de la bourgeoisie, la conception juridique entra en scène en France sans déguisement.

C’était une sécularisation de la conception théologique. Au dogme, au droit divin se substituait le droit humain, à l’Eglise l’Etat. Les rapports économiques et sociaux, que l’on s’était autrefois représentés comme créés par l’Eglise et le dogme, parce que l’Eglise leur donnait sa sanction, on se les représentait maintenant comme fondés sur le droit et créés par l’Etat. Parce que l’échange des marchandises à l’échelle de la société et dans son plein épanouissement, favorisé notamment par l’octroi d’avances et de crédit, engendrait de complexes relations contractuelles réciproques et exigeait de ce fait des règles de portée générale qui ne pouvaient être édictées que par la collectivité — normes juridiques fixées par l’Etat —, on se figura que ces normes juridiques n’avaient pas pour origine les faits économiques, mais que c’était leur codification formelle par l’Etat qui leur donnait naissance. Et parce que la concurrence, qui est la forme fondamentale des relations entre libres producteurs de marchandises, est la plus grande niveleuse qui soit, l’égalité devant la loi devint le grand cri de guerre de la bourgeoisie. La lutte de cette classe ascendante contre les seigneurs féodaux et la monarchie absolue qui les protégeait alors, devait nécessairement, comme toute lutte de classes, être une lutte politique, une lutte pour la possession de l’Etat, et c’était nécessairement une lutte pour la satisfaction de revendications juridiques : ce fait contribua à consolider la conception juridique du monde.

Mais la bourgeoisie engendra son double négatif, le prolétariat, et avec lui une nouvelle lutte de classes, qui éclaté avant même que la bourgeoisie eût entièrement conquis le pouvoir politique. De même que, naguère, la bourgeoisie dans as lutte contre la noblesse avait, par tradition, traîné la conception théologie du monde pendant un certain temps encore, de même au début le prolétariat a repris de son adversaire les conceptions juridiques et à cherché à y puiser des armes contre la bourgeoisie. Les premières formations politiques prolétariennes comme leurs théoriciens, demeurent absolument sur le « terrain juridique » à la seule différence que leur terrain juridique n’était pas le même que celui de la bourgeoisie. D’une part la revendication de l’égalité était étendue : l’égalité juridique devait être complétée par l’égalité sociale ; d’autre part, des propositions d’Adam Smith — selon qui, le travail est la source de toute richesse, mais le produit du travail est la source de toute richesse, mais le produit du travail doit être partagé par le travailleur avec le propriétaire foncier et le capitaliste —, on tirait la conclusion que ce partage était injuste et devait être soit aboli, soit au moins modifié au profit des travailleurs. Mais le sentiment qu’en laissant cette question sur le seul terrain « du droit » on ne pourrait nullement éliminer les méfaits engendrés par le mode de production du capitalisme bourgeois et surtout par la grande industrie moderne, conduisit déjà les plus importants esprits, chez les premiers socialistes — Saint-Simon, Fourier et Owen — à délaisser complètement le terrain juridico-politique et à déclarer que toute lutte politique était stérile.

Ni l’une, ni l’autre de ces conceptions ne suffisait à exprimer de façon satisfaisante ni à résumer totalement les aspirations de la classe ouvrière à l’émancipation qu’avaient engendrées la situation économique. La revendication de l’égalité, tout comme la revendication du produit total du travail, se perdaient dans d’inextricables contradictions dès qu’on cherchait à les formuler en détail sur le terrain juridique et ne touchaient pas ou peu au nœud du problème, la transformation du mode de production. Refusant la lutte politique, les grands utopistes refusaient du même coup la lutte de classes et par là refusaient du même coup la lutte de classes et par là refusaient le seul mode d’action possible pour la classe dont ils défendaient les intérêts. Ces deux conceptions faisaient abstraction de l’arrière-plan historique à qui elles étaient redevables de leur existence ; elles faisaient appel toutes les deux au sentiment ; l’une faisait appel au sentiment du droit, l’autre au sentiment d’humanité. Elles donnaient toutes les deux à leurs exigences la forme de vœux pieux dont il était impossible de dire pourquoi ils se seraient réalisés juste à ce moment et non mille ans plus tôt ou plus tard.

Pour la classe ouvrière dépouillée, par la transformation du mode de production féodal en mode de production capitaliste, de toute propriété sur les moyens de production, et constamment reproduite par le mécanisme du système de production capitaliste dans cet état héréditaire de prolétarisation, l’illusion juridique de la bourgeoisie ne peut suffire à exprimer totalement la situation où elle se trouve. Elle ne peut prendre elle-même une connaissance complète de cette situation que si elle regarde les choses dans leur réalité, sans lunettes teintées de couleurs juridiques. C’est à cela que l’aida Marx avec sa conception matérialiste de l’histoire, en démontrant que toutes les représentations juridiques, politiques, philosophiques, religieuses, etc. des hommes dérivent en dernière instance de leurs conditions de vie économiques, de leur manière de produire et d’échanger les produits. Il fournissait là au prolétariat la conception du monde correspondant à ses conditions de vie et de lutte ; à l’absence de propriété des travailleurs ne pouvait correspondre que l’absence d’illusions dans leur tête. Et cette conception prolétarienne du monde fait maintenant le tour du monde…

Socialisme de juristes au format pdf

Défense du marxisme

Socialisme contre opportunisme liquidateur.

L'impérialisme et la scission du socialisme . - (V. Lénine -1916)

L'impérialisme et la scission du socialisme - V. Lénine - Rédigé en octobre 1916 et publié en décembre 1916 dans le n° 2 du « Recueil du Social-Démocrate ».

Extraits. Le prolétariat est un produit du capitalisme, du capitalisme mondial et pas seulement européen, pas seulement impérialiste. A l'échelle mondiale, que ce soit cinquante ans plus tôt ou cinquante ans plus tard,- à cette échelle, c'est une question de détail,- il est bien évident que le « prolétariat » « sera » uni, et qu'en son sein la social-démocratie révolutionnaire vaincra « inéluctablement ». Il ne s'agit pas de cela, messieurs les kautskistes, il s'agit du fait que maintenant, dans les pays impérialistes d'Europe, vous rampez à plat ventre devant les opportunistes, qui sont étrangers au prolétariat en tant que classe, qui sont les serviteurs, les agents de la bourgeoisie, les véhicules de son influence; et s'il ne s'affranchit pas d'eux, le mouvement ouvrier restera un mouvement ouvrier bourgeois. (Et c'est ce qu'il est resté en renforçant cette tendance. - LVOG) Votre propagande en faveur de I' « unité » avec les opportunistes, avec les Legien et les David, les Plékhanov ou les Tchkhenkéli, les Potressov, etc., revient objectivement à favoriser l'asservissement des ouvriers par la bourgeoisie impérialiste, à l'aide de ses meilleurs agents au sein du mouvement ouvrier. (Quand on voit comment ils ont traité la question syrienne, on en arrive à cette conclusion là concernant nos dirigeants. - LVOG)

(...)

Dans sa lettre à Marx du 7 octobre 1858, Engels écrivait :

« En réalité, le prolétariat anglais s'embourgeoise de plus en plus, et il semble bien que cette nation bourgeoise entre toutes veuille en arriver à avoir, à côté de sa bourgeoise, une aristocratie bourgeoise et un prolétariat bourgeois. Évidemment, de la part d'une nation qui exploite le monde entier, c'est jusqu'à un certain point logique. »

Dans sa lettre à Sorge du 21 septembre 1872, Engels fait savoir que Hales a provoqué au Conseil fédéral de l'Internationale un grand esclandre et a fait voter un blâme à Marx pour avoir dit que « les chefs ouvriers anglais s'étaient vendus ». Marx écrit à Sorge le 4 août 1874 :

« En ce qui concerne les ouvriers des villes (en Angleterre), il y a lieu de regretter que toute la bande des chefs ne soit pas entrée au Parlement. C'eût été le plus sûr moyen de se débarrasser de cette racaille. »

Dans sa lettre à Marx du 11 août 1881, Engels parle des « pires trade-unions anglaises, qui se laissent diriger par des hommes que la bourgeoisie a achetés ou tout au moins payés ». Dans sa lettre à Kautsky du 12 septembre 1882, Engels écrivait :

« Vous me demandez ce que les ouvriers anglais pensent de la politique coloniale. Exactement ce qu'ils pensent de la politique en général. Ici, point de parti ouvrier, il n'y a que des conservateurs et des radicaux libéraux; quant aux ouvriers, ils jouissent en toute tranquillité avec eux du monopole colonial de l'Angleterre et de son monopole sur le marché mondial. »

Le 7 décembre 1889, Engels écrit à Sorge :

« ... Ce qu'il y a de plus répugnant ici (en Angleterre), c'est la « respectabilité » (respectability) bourgeoise, qui pénètre jusque dans la chair des ouvriers ... même Tom Mann, que je considère comme le meilleur de tous, confie très volontiers qu'il déjeunera avec le lord-maire. Lorsqu'on fait la comparaison avec les Français, on voit ce que c'est que la révolution.»

Dans une lettre du 19 avril 1890 :

« le mouvement (de la classe ouvrière en Angleterre) progresse sous la surface, il gagne des couches de plus en plus larges, et surtout parmi la masse inférieure (souligné par Engels) jusque-là immobile. Le jour n'est pas loin où cette masse se retrouvera elle-même, où elle aura compris que c'est elle, précisément, qui est cette masse colossale en mouvement».

Le 4 mars 1891 :

« l'échec de l'union des dockers qui s'est désagrégée; les « vieilles » trade-unions conservatrices, riches et partant poltronnes, restent seules sur le champ de bataille »...

Le 14 septembre 1891 : au congrès des trade-unions à Newcastle, ont été vaincus les vieux unionistes, adversaires de la journée de huit heures, « et les journaux bourgeois avouent la défaite du parti ouvrier bourgeois » (souligné partout par Engels)...

Que ces pensées d'Engels, reprises pendant des dizaines d'années, aient aussi été formulées par lui publiquement, dans la presse, c'est ce que prouve sa préface à la deuxième édition (1892) de La situation des classes laborieuses en Angleterre. Il y traite de « l'aristocratie de la classe ouvrière », de la « minorité privilégiée des ouvriers », qu'il oppose à la « grande masse des ouvriers ». « La petite minorité privilégiée et protégée » de la classe ouvrière bénéficiait seule des « avantages durables » de la situation privilégiée de l'Angleterre en 1848-1868; « la grande masse, en mettant les choses au mieux, ne bénéficiait que d'améliorations de courte durée »... « Avec l'effondrement du monopole industriel de l'Angleterre, la classe ouvrière anglaise perdra sa situation privilégiée ... »

Les membres des « nouvelles » unions, des syndicats d'ouvriers non spécialisés, « ont un avantage inappréciable : leur mentalité est un terrain encore vierge, parfaitement libre du legs des « respectables » préjugés bourgeois, qui désorientent les esprits des « vieux unionistes » mieux placés » ... Les « prétendus représentants ouvriers », en Angleterre, sont des gens « à qui on pardonne leur appartenance à la classe ouvrière, parce qu'ils sont eux-mêmes prêts à noyer cette qualité dans l'océan de leur libéralisme »...

C'est à dessein que nous avons reproduit des extraits assez abondants des déclarations on ne peut plus explicites de Marx et d’Engels, afin que les lecteurs puissent les étudier dans leur ensemble. Et il est indispensable de les étudier, il vaut la peine d'y réfléchir attentivement. Car là est le noeud de la tactique imposée au mouvement ouvrier par les conditions objectives de l'époque impérialiste.

(...)

La. bourgeoisie d'une « grande » puissance impérialiste peut, économiquement, soudoyer les couches supérieures de « ses » ouvriers en sacrifiant à cette fin quelque cent ou deux cent millions de francs par an, car son surprofit s'élève probablement à près d'un milliard. Et la question de savoir comment cette petite aumône est partagée entre ouvriers-ministres, « ouvriers-députés » (rappelez-vous l'excellente analyse donnée de cette notion par Engels), ouvriers-membres des comités des industries de guerre, ouvriers-fonctionnaires, ouvriers organisés en associations étroitement corporatives, employés, etc., etc., c'est là une question secondaire. (Nos détracteurs n'ont plus qu'à en conclure que Marx, Engels et Lénine étaient de farouches ennemis de la classe ouvrière, des employés et particulièrement des fonctionnaires. - LVOG)

(...) Le monopole du capital financier actuel est furieusement disputé; l'époque des guerres impérialistes a commencé. Autrefois l'on pouvait soudoyer, corrompre pour des dizaines d'années la classe ouvrière de tout un pays. Aujourd'hui, ce serait invraisemblable, voire impossible ; par contre, chaque « grande » puissance impérialiste peut soudoyer et soudoie des couches moins nombreuses (que dans l'Angleterre des années 1848 à 1868) de l'« aristocratie ouvrière ». Autrefois, un « parti ouvrier bourgeois », selon l'expression remarquablement profonde d'Engels, ne pouvait se constituer que dans un seul pays, attendu qu'il était seul à détenir le monopole, mais en revanche pour longtemps. Aujourd'hui, « le parti ouvrier bourgeois» est inévitable et typique pour tous les pays impérialistes; mais, étant donné leur lutte acharnée pour le partage du butin, il est improbable qu'un tel parti puisse triompher pour longtemps dans plusieurs pays. (Et pourtant ! - LVOG) Car les trusts, l'oligarchie financière, la vie chère, etc., en permettant de corrompre de petits groupes de l'aristocratie ouvrière, écrasent, oppriment, étouffent et martyrisent de plus en plus la masse du prolétariat et du semi-prolétariat.

D'une part, la tendance de la bourgeoisie et des opportunistes à transformer une poignée de très riches nations privilégiées en parasites « à perpétuité » vivant sur le corps du reste de l'humanité, à « s'endormir sur les lauriers » de l'exploitation des Noirs, des Indiens, etc., en les maintenant dans la soumission à l'aide du militarisme moderne pourvu d'un excellent matériel d'extermination. (Il s'est perfectionné depuis et les dirigeants syndicaux en sont fiers, Mélenchon et Laurent aussi ! - LVOG)

D'autre part, la tendance des masses, opprimées plus que par le passé et subissant toutes les affres des guerres impérialistes, à secouer ce joug, à jeter bas la bourgeoisie. C'est dans la lutte entre ces deux tendances que se déroulera désormais inéluctablement l'histoire du mouvement ouvrier. Car la première tendance n'est pas fortuite : elle est économiquement « fondée ».

La bourgeoisie a déjà engendré et formé à son service des « partis ouvriers bourgeois » de social-chauvins dans tous les pays. (A ceci près de nos jours qu'aucune tendance du mouvement ouvrier n'organise les éléments les plus déterminés des masses dans la perspective de "jeter bas la bourgeoisie", ils ont tous capitulé ou sont tous idéologiquement corrompus. - LVOG)

(...)

Sur la base économique indiquée, les institutions politiques du capitalisme moderne - la presse, le Parlement, les syndicats, les congrès, etc. - ont créé à l'intention des ouvriers et des employés réformistes et patriotes, respectueux et bien sages, des privilèges et des aumônes politiques correspondant aux privilèges et aux aumônes économiques. Les sinécures lucratives et de tout repos dans un ministère ou au comité des industries de guerre, au Parlement et dans diverses commissions, dans les rédactions de « solides » journaux légaux ou dans les directions de syndicats ouvriers non moins solides et « d'obédience bourgeoise »,- voilà ce dont use la bourgeoisie impérialiste pour attirer et récompenser les représentants et les partisans des « partis ouvriers bourgeois ». (Notez bien les "représentants" et les "partisans des « partis ouvriers bourgeois »" ou ceux qui ne peuvent pas s'en passer ce qui revient au même. - LVOG)

Le mécanisme de la démocratie politique joue dans le même sens. Il n'est pas question, au siècle où nous sommes, de se passer d'élections; on ne saurait se passer des masses; or, à l'époque de l'imprimerie et du parlementarisme, on ne peut entraîner les masses derrière soi sans un système largement ramifié, méthodiquement organisé et solidement outillé de flatteries, de mensonges, d'escroqueries, de jongleries avec des mots populaires à la mode, sans promettre à droite et à gauche toutes sortes de réformes et de bienfaits aux ouvriers, pourvu qu'ils renoncent à la lutte révolutionnaire pour la subversion de la bourgeoisie. (Ici le "or" avait valeur d'objection, il signifiait que la participation aux élections ou au parlementarisme n'était pas une obligation, et que soutenir la gauche c'était plutôt se compromettre qu'autre chose. Lénine rejetait l'argument falacieux selon lequel il fallait absolument participer aux élections pour ne pas "se passer des masses" ou les appeler à voter pour tel ou tel parti ou candidat... A partir du moment où les trotskystes considéraient que l'avènement de la Ve République correspondait à un "coup d'Etat permanent", pour être cohérent avec ce constat à aucun moment ils n'auraient dû participer à une élection ou soutenir un parti ou un candidat y participant. - LVOG)

(...)

Et y a-t-il une grande différence entre Lloyd George et les Scheidemann, les Legien, les Henderson et les Hyndman, les Plékhanov, les Renaudel et consorts ? Parmi ces derniers, nous objectera-t-on, il en est qui reviendront au socialisme révolutionnaire de Marx. C'est possible, mais c'est là une différence de degré insignifiante si l'on considère la question sur le plan politique, c'est-à-dire à une échelle de masse. (Eh oui, c'est à l'échelle des masses que l'on évalue les rapports que l'on doit avoir avec les partis et les institutions ! Et c'est vers les masses qu'il faut se tourner résolument et non vers les élus du PS ou du PCF, les républicains, les démocrates, les intellectuels, les cadres syndicaux, l'aristocratie ouvrière, ne parlons des francs-maçons !. - LVOG) Certains personnages parmi les chefs social-chauvins actuels peuvent revenir au prolétariat. Mais le courant social-chauvin ou (ce qui est la même chose) opportuniste ne peut ni disparaître, ni « revenir » au prolétariat révolutionnaire. Là où le marxisme est populaire parmi les ouvriers, ce courant politique, ce « parti ouvrier bourgeois », invoquera avec véhémence le nom de Marx. On ne peut le leur interdire, comme on ne peut interdire à une firme commerciale de faire usage de n'importe quelle étiquette, de n'importe quelle enseigne ou publicité. On a toujours vu, au cours de l'histoire, qu'après la mort de chefs révolutionnaires populaires parmi les classes opprimées, les ennemis de ces chefs tentaient d'exploiter leur nom pour duper ces classes. (Ajoutons et leurs militants. - LVOG)

C'est un fait que les « partis ouvriers bourgeois », en tant que phénomène politique, se sont déjà constitués dans tous les pays capitalistes avancés, et que sans une lutte décisive et implacable, sur toute la ligne, contre ces partis ou, ce qui revient au même, contre ces groupes, ces tendances, etc., il ne saurait être question ni de lutte contre l'impérialisme, ni de marxisme, ni de mouvement ouvrier socialiste. (Avez-vous régulièrement un tel discours dans les journaux du POI, du NPA ou de LO ? Vous connaissez tous la réponse. - LVOG)

(...)

Nous n'avons pas la moindre raison de croire que ces partis puissent disparaître avant la révolution sociale. Au contraire, plus cette révolution se rapprochera, plus puissamment elle s'embrasera, plus brusques et plus vigoureux seront les tournants et les bonds de son développement, et plus grand sera, dans le mouvement ouvrier, le rôle joué par la poussée du flot révolutionnaire de masse contre le flot opportuniste petit bourgeois. Le kautskisme ne représente aucun courant indépendant; il n'a de racines ni dans les masses, ni dans la couche privilégiée passée à la bourgeoisie. (On pourrait en dire de même du POI, du NPA et de LO, alors que leurs courants politiques existent depuis plus d'un demi-siècle. - LVOG) Mais le kautskisme est dangereux en ce sens qu'utilisànt l'idéologie du passé, il s'efforce de concilier le prolétariat avec le « parti ouvrier bourgeois », de sauvegarder l'unité du prolétariat avec ce parti et d'accroître ainsi le prestige de ce dernier. (C'est exactement ce à quoi se sont efforcés avec acharnement les trotskystes depuis 1940. - LVOG) Les masses ne suivent plus les social-chauvins déclarés; Lloyd George a été sifflé en Angleterre dans des réunions ouvrières; Hyndman a quitté le parti; les Renaudel et les Scheidemann, les Potressov et les Gvozdev sont protégés par la police. Rien n'est plus dangereux que la défense déguisée des social-chauvins par les kautskistes. (Sous le masque du trotskysme par exemple. - LVOG)

L'un des sophismes kautskistes les plus répandus consiste à se référer aux « masses ». Nous ne voulons pas, prétendent-ils, nous détacher des masses et des organisations de masse ! (Décidément, encore une troublante similitude avec les trotskystes. - LVOG) Mais réfléchissez à la façon dont Engels pose la question. Les « organisations de masse » des trade-unions anglaises étaient au XIX° siècle du côté du parti ouvrier bourgeois. Marx et Engels ne recherchaient pas pour autant une conciliation avec ce dernier, mais le dénonçaient. Ils n'oubliaient pas, premièrement, que les organisations des trade-unions englobent directement une minorité du prolétariat. Dans l'Angleterre d'alors comme dans l'Allemagne d'aujourd'hui, les organisations ne rassemblent pas plus de 1/5 du prolétariat. On ne saurait penser sérieusement qu'il soit possible, en régime capitaliste, de faire entrer dans les organisations la majorité des prolétaires.

Deuxièmement, et c'est là l'essentiel, il ne s'agit pas tellement du nombre des adhérents à l'organisation (Les trotskystes justifieront justement leurs rapports avec le PS et le PCF et le front unique en avançant cet argument rejeté par Marx, Engels et Lénine. - LVOG) que de la signification réelle, objective, de sa politique : cette politique représente-t-elle les masses, sert-elle les masses, c'est-à-dire vise-t-elle à les affranchir du capitalisme, ou bien représente-t-elle les intérêts de la minorité, sa conciliation avec le capitalisme ? C'est précisément cette dernière conclusion qui était vraie pour l'Angleterre du XIX° siècle, et qui est vraie maintenant pour l'Allemagne, etc.

Engels distingue entre le « parti ouvrier bourgeois » des vieilles trade-unions, la minorité privilégiée, et la « masse inférieure », la majorité véritable; il en appelle à cette majorité qui n'est pas contaminée par la « respectabilité bourgeoise ». Là est le fond de la tactique marxiste ! (Tactique à laquelle la totalité des trotskystes tourneront résolument le dos. - LVOG)

(...)

En montrant que les opportunistes et les social-chauvins trahissent en fait lés intérêts de la masse, défendant les privilèges momentanés d'une minorité d'ouvriers (Nos détracteurs en font partie, ceci explique sans doute cela. - LVOG), propagent les idées et l'influence bourgeoises et sont en fait les alliés et les agents de la bourgeoisie, nous apprenons aux masses à discerner leurs véritables intérêts politiques et à lutter pour le socialisme et la révolution à travers les longues et douloureuses péripéties des guerres impérialistes et des armistices impérialistes. (En tous temps on peut lutter pour le socialisme et la révolution, allez dire cela aux opportunistes qui parlent en notre nom. Non, tout compte fait c'est inutile et ce serait une perte de temps, ils sont incurables. - LVOG)

Expliquer aux masses que la scission avec l'opportunisme est inévitable et nécessaire, les éduquer pour la révolution par une lutte implacable contre ce dernier, mettre à profit l'expérience de la guerre pour dévoiler toutes les ignominies de la politique ouvrière nationale libérale au lieu de les camoufler : telle est la seule ligne marxiste dans le mouvement ouvrier mondial.

(Un siècle nous séparant de cet article, depuis l'opportunisme a emprunté une multitude de masques, aux partis politiques issus des IIe, IIIe et IVe Internationale, il faut ajouter les ONG et les associations en tous genres à but dit humanitaire ou social qui sont censées soulager la misère des masses et qui en réalité ne font qu'en prolonger les souffrances ou perpétuer l'agonie. Terminons sur une note optimiste, en espérant que la crise qui traverse tous les partis ouvriers et les scissions auxquelles elle donnera lieu, permettront de refonder l'avant-garde révolutionnaire sur la base du marxisme et du socialisme, espérons que de nouvelles générations de militants sauront se délivrer du poison mortel de l'opportunisme et renoueront avec la tradition révolutionnaire du prolétariat du début du XXe siècle. - LVOG)

L'intégralité de l'article de Lénine au format pdf

Défense du marxisme

Tendance historique de l’accumulation capitaliste.

Extrait du Capital. (K. Marx - F. Engels 1867)

Chapitre XXXII : Tendance historique de l’accumulation capitaliste

Ainsi donc ce qui gît au fond de l'accumulation primitive du capital, au fond de sa genèse historique, c'est l'expropriation du producteur immédiat, c'est la dissolution de la propriété fondée sur le travail personnel de son possesseur.

La propriété privée, comme antithèse de la propriété collective, n’existe que là où les instruments et les autres conditions extérieures du travail appartiennent à des particuliers. Mais selon que ceux-ci sont les travailleurs ou les non-travailleurs, la propriété privée change de face. Les formes infiniment nuancées qu'elle affecte à première vue ne font que réfléchir les états intermédiaires entre ces deux extrêmes.

La propriété privée du travailleur sur les moyens de son activité productive est le corollaire de la petite industrie, agricole ou manufacturière, et celle-ci constitue la pépinière de la production sociale, l'école où s'élaborent l'habileté manuelle, l'adresse ingénieuse et la libre individualité du travailleur. Certes, ce mode de production se rencontre au milieu de l'esclavage, du servage et d'autres états de dépendance. Mais il ne prospère, il ne déploie toute son énergie, il ne revêt sa forme intégrale et classique que là où le travailleur est le propriétaire libre des conditions de travail qu'il met lui-même en oeuvre, le paysan, du sol qu'il cultive, l'artisan, de l'outillage qu'il manie, comme le virtuose, de son instrument.

Ce régime industriel de petits producteurs indépendants, travaillant à leur compte, présuppose le morcellement du sol et l'éparpillement des autres moyens de production. Comme il en exclut la concentration, il exclut aussi la coopération sur une grande échelle, la subdivision de la besogne dans l'atelier et aux champs, le machinisme, la domination savante de l'homme sur la nature, le libre développement des puissances sociales du travail, le concert et l'unité dans les fins, les moyens et les efforts de l'activité collective. Il n'est compatible qu'avec un état de la production et de la société étroitement borné. L'éterniser, ce serait, comme le dit pertinemment Pecqueur, « décréter la médiocrité en tout ». Mais, arrivé à un certain degré, il engendre de lui-même les agents matériels de sa dissolution. A partir de ce moment, des forces et des passions qu'il comprime, commencent à s'agiter au sein de la société. Il doit être, il est anéanti. Son mouvement d'élimination transformant les moyens de production individuels et épars en moyens de production socialement concentrés, faisant de la propriété naine du grand nombre la propriété colossale de quelquesuns, cette douloureuse, cette épouvantable expropriation du peuple travailleur, voilà les origines, voilà la genèse du capital. Elle embrasse toute une série de procédés violents, dont nous n'avons passé en revue que les plus marquants sous le titre de méthodes d'accumulation primitive.

L'expropriation des producteurs immédiats s'exécute avec un vandalisme impitoyable qu'aiguillonnent les mobiles les plus infâmes, les passions les plus sordides et les plus haïssables dans leur petitesse. La propriété privée, fondée sur le travail personnel, cette propriété qui soude pour ainsi dire le travailleur isolé et autonome aux conditions extérieures du travail, va être supplantée par la propriété privée capitaliste, fondée sur l'exploitation du travail d'autrui, sur le salariat (81).

Dès que ce procès de transformation a décomposé suffisamment et de fond en comble la vieille société, que les producteurs sont changés en prolétaires, et leurs conditions de travail, en capital, qu'enfin le régime capitaliste se soutient par la seule force économique des choses, alors la socialisation ultérieure du travail, ainsi que la métamorphose progressive du sol et des autres moyens de production en instruments socialement exploités, communs, en un mot, l'élimination ultérieure des propriétés privées, va revêtir une nouvelle forme. Ce qui est maintenant à exproprier, ce n'est plus le travailleur indépendant, mais le capitaliste, le chef d'une armée ou d'une escouade de salariés.

Cette expropriation s'accomplit par le jeu des lois immanentes de la production capitaliste, lesquelles aboutissent à la concentration des capitaux. Corrélativement à cette centralisation, à l'expropriation du grand nombre des capitalistes par le petit, se développent sur une échelle toujours croissante l'application de la science à la technique, l'exploitation de la terre avec méthode et ensemble, la transformation de l'outil en instruments puissants seulement par l'usage commun, partant l'économie des moyens de production, l'entrelacement de tous les peuples dans le réseau du marché universel, d'où le caractère international imprimé au régime capitaliste. A mesure que diminue le nombre des potentats du capital qui usurpent et monopolisent tous les avantages de cette période d'évolution sociale, s'accroissent la misère, l'oppression, l'esclavage, la dégradation, l'exploitation, mais aussi la résistance de la classe ouvrière sans cesse grossissante et de plus en plus disciplinée, unie et organisée par le mécanisme même de la production capitaliste. Le monopole du capital devient une entrave pour le mode de production qui a grandi et prospéré avec lui et sous ses auspices. La socialisation du travail et la centralisation de ses ressorts matériels arrivent à un point où elles ne peuvent plus tenir dans leur enveloppe capitaliste. Cette enveloppe se brise en éclats. L'heure de la propriété capitaliste a sonné. Les expropriateurs sont à leur tour expropriés (82).

L'appropriation capitaliste, conforme au mode de production capitaliste, constitue la première négation de cette propriété privée qui n'est que le corollaire du travail indépendant et individuel. Mais la production capitaliste engendre elle-même sa propre négation avec la fatalité qui préside aux métamorphoses de la nature. C'est la négation de la négation. Elle rétablit non la propriété privée du travailleur, mais sa propriété individuelle, fondée sur les acquêts de, l'ère capitaliste, sur la coopération et la possession commune de tous les moyens de production, y compris le sol.

Pour transformer la propriété privée et morcelée, objet du travail individuel, en propriété capitaliste, il a naturellement fallu plus de temps, d'efforts et de peines que n'en exigera la métamorphose en propriété sociale de la propriété capitaliste, qui de fait repose déjà sur un mode de production collectif. Là, il s'agissait de l'expropriation de la masse par quelques usurpateurs; ici, il s'agit de l'expropriation de quelques, usurpateurs par la masse. (K . Marx : Le Capital - Livre I – Section VIII)

(81) « Nous sommes... dans une condition tout à fait nouvelle de la société... nous tendons à séparer complètement toute espèce de propriété d'avec toute espèce de travail. » (Sismondi : Nouveaux principes de l’Econ. polit., t. Il, p. 434.)

(82) « Le progrès de l'industrie, dont la bourgeoisie est l'agent sans volonté propre et sans résistance, substitue à l'isolement des ouvriers, résultant de leur concurrence, leur union révolutionnaire par l'association. Ainsi, le développement de la grande industrie sape, sous les pieds de la bourgeoisie, le terrain même sur lequel elle a établi son système de production et d'appropriation. Avant tout, la bourgeoisie produit ses propres fossoyeurs. Sa chute et la victoire du prolétariat sont également inévitables. De toutes les classes qui, à l'heure présente, s'opposent à la bourgeoisie, le prolétariat seul est une classe vraiment révolutionnaire. Les autres classes périclitent et périssent avec la grande industrie; le prolétariat, au contraire, en est le produit le plus authentique. Les classes moyennes, petits fabricants, détaillants, artisans, paysans, tous combattent la bourgeoisie parce qu'elle est une menace pour leur existence en tant que classes moyennes. Elles ne sont donc pas révolutionnaires, mais conservatrices; bien plus elles sont réactionnaires. elles cherchent à faire tourner à l'envers la roue de l'histoire. » (Karl Marx et Friedrich Engels : Manifeste du Parti communiste, Lond., 1847 p. 9, 11.)

L'article au format pdf

Défense du marxisme

Leur morale de classe et la nôtre.

Friedrich Engels (1878) : Anti-Duhring

Chapitre IX :: La morale et le droit.. Vérités éternelles. Extrait.

... le bien et le mal. Cette opposition se meut exclusivement sur le terrain moral, donc dans un domaine qui appartient à l'histoire des hommes, et c'est ici que les vérités définitives en dernière analyse sont le plus clairsemées. De peuple à peuple, de période à période, les idées de bien et de mal ont tant changé que souvent elles se sont carrément contredites. - Mais, objectera-t-on, le bien n'est pourtant pas le mal, le mal pas le bien; si le bien et le mal sont mis dans le même sac, c'est la fin de toute moralité et chacun peut agir à sa guise. - Telle est aussi, dépouillée de toute solennité sibylline, l'opinion de M. Dühring. Mais la chose ne se règle tout de même pas si simplement. Si c'était aussi simple, on ne disputerait pas du bien et du mal, chacun saurait ce qui est bien et ce qui est mal. Mais qu'en est-il à présent ? Quelle morale nous prêche-t-on aujourd'hui ? C'est d'abord la morale féodale chrétienne, héritage de la foi des siècles passés, qui se divise essentiellement à son tour en une morale catholique et une morale protestante, ce qui n'empêche pas derechef des subdivisions allant de la morale catholico-jésuite et de la morale protestante orthodoxe jusqu'à la morale latitudinaire. A côté de cela figure la morale bourgeoise moderne, puis derechef à côté de celle-ci la morale de l'avenir, celle du prolétariat, de sorte que rien que dans les pays les plus avancés d'Europe, le passé, le présent et l'avenir fournissent trois grands groupes de théories morales qui sont valables simultanément et à côté l'une de l'autre. Quelle est donc la vraie ? Aucune, au sens d'un absolu définitif; mais la morale qui possède le plus d'éléments prometteurs de durée est sûrement celle qui, dans le présent, représente le bouleversement du présent, l'avenir, c'est donc la morale prolétarienne.

Dès lors que nous voyons les trois classes de la société moderne, l'aristocratie féodale, la bourgeoisie et le prolétariat, avoir chacune sa morale particulière, nous ne pouvons qu'en tirer la conclusion que, consciemment ou inconsciemment, les hommes puisent en dernière analyse leurs conceptions morales dans les rapports pratiques sur lesquels se fonde leur situation de classe, - dans les rapports économiques dans lesquels ils produisent et échangent.

Cependant, dans les trois théories morales citées ci-dessus, il y a maintes choses communes à toutes les trois : ne serait-ce pas là un fragment de la morale fixée une fois pour toutes ? Ces théories morales représentent trois stades différents de la même évolution historique, elles ont donc un arrière-plan historique commun et par suite, nécessairement, beaucoup d'éléments communs . Plus encore. A des stades de développement économique semblables, ou à peu près semblables, les théories morales doivent nécessairement concorder plus ou moins. Dès l'instant où la propriété privée des objets mobiliers s'était développée, il fallait bien que toutes les sociétés où cette propriété privée prévalait eussent en commun le commandement moral : tu ne voleras point. Est-ce que par là ce commandement devient un commandement moral éternel ? Nullement. Dans une société où les motifs de vol sont éliminés, où par conséquent, à la longue, les vols ne peuvent être commis que par des aliénés, comme on rirait du prédicateur de morale qui voudrait proclamer solennellement la vérité éternelle : Tu ne voleras point !

C'est pourquoi nous repoussons toute prétention de nous imposer quelque dogmatisme moral que ce soit comme loi éthique éternelle, définitive, désormais immuable, sous le prétexte que le monde moral a lui aussi ses principes permanents qui sont au-dessus de l'histoire et des différences nationales. Nous affirmons, au contraire, que toute théorie morale du passé est, en dernière analyse, le produit de la situation économique de la société de son temps. Et de même que la société a évolué jusqu'ici dans des oppositions de classes, la morale a été constamment une morale de classe; ou bien elle justifiait la domination et les intérêts de la classe dominante, ou bien elle représentait, dès que la classe opprimée devenait assez puissante, la révolte contre cette domination et les intérêts d'avenir des opprimés. Qu'avec cela, il se soit en gros effectué un progrès, pour la morale comme pour toutes les autres branches de la connaissance humaine, on n'en doute pas. Mais nous n'avons pas encore dépassé la morale de classe. Une morale réellement humaine, placée au-dessus des oppositions de classe et de leur souvenir, ne devient possible qu'à un niveau de la société où on a non seulement vaincu, mais oublié pour la pratique de la vie, l'opposition des classes. Que l'on mesure maintenant la présomption de M. Dühring qui, du sein de la vieille société de classes, prétend, à la veille d'une révolution sociale, imposer à la société sans classes de l'avenir une morale éternelle, indépendante du temps et des transformations du réel ! A supposer même, - ce que nous ignorons jusqu'à présent, - qu'il comprenne tout au moins dans ses lignes fondamentales la structure de cette société future.

Au format pdf