Le portail a été actualisé le 14 octobre..... Alors, le capitalisme : Stop ou encore ? Répondez................. Aucune issue politique n'est envisageable sans se fixer pour objectif un changement de régime et le plus tôt sera le mieux..........


 



Documents disponibles dans la page d'accueil.


  Causerie et infos.

  Documents d'actualité. (14.10.2018)

  Comment fonctionne leur vieux monde  (29.03.2018)

  Les enseignements du marxisme.    (24.09.2018)

  Adresses utiles.  

  Musique.  


  CAUSERIE ET INFOS

  Causerie et infos du 14 octobre.

   2018

Octobre du 1er au 14

Septembre (146 pages)
Août (178 pages)
Juillet (134 pages)
Juin (111 pages)
Mai (111 pages)
Avril (213 pages)
Mars (93 pages)
Janvier (36 pages)

2017 (1509 pages)
2016 (1127 pages)
2015 (2184 pages)
2014 (2104 pages)
2013 (2806 pages)
2012 (2377 pages)
2011 (1728 pages)
2010 (1075 pages)
2009 (983 pages)
2008 (312 pages)


   DOCUMENTS D'ACTUALITÉ

DOCUMENT. Washington corrompt des parlementaires macédoniens pour obtenir l'adhésion
     à l'Otan et à l'UE. (09.10)

DOCUMENT. L’armée d’insectes du Pentagone (09.10)
DOCUMENT. Le Pentagone entend transformer des champs de céréales en OGM (07.10)
DOCUMENT. Les expériences du Pentagone en Géorgie provoquent une épidémie
     de peste porcine en Belgique (07.10)

DOCUMENT. La politique de la Troïka en Grèce : Voler le peuple grec et donner l’argent
     aux banques privées, à la BCE, au FMI et aux États dominant la zone euro (20.08)

DOCUMENT. Onu : naissance du monde post-occidental (02.10)
DOCUMENT. Etats-Unis. En route vers le servage. (29.08)

DOCUMENT. La ploutocracie c’est maintenant ! (29.09)
DOCUMENT. « L’Otan, indispensable rempart de paix et de sécurité » (27.09)
DOCUMENT. La Russie va appliquer une zone d’exclusion aérienne totale en Syrie (26.09)
DOCUMENT. Livraison ininterrompue de matériel de guerre électronique russe en Syrie (27.09)

DOCUMENT. Londres, Paris et Tel-Aviv seront-ils sanctionnés par Moscou et Washington ? (25.09)

DOCUMENT. #DisinfoGate : Synthèse générale. (17.09)

DOCUMENT. Idleb Les « Hurras al-Dine » ou le nouveau bras armé d’Al-Qaïda en Syrie. (13.09)

DOCUMENT. Manipulation et contrôle de l'information par l'OTAN et Bruxelles.
DOCUMENT. Comment l'administration de l'Onu organise la guerre. (03.09)
DOCUMENT. La Russie dénonce la dyarchie à l’Onu et aux États-Unis. (28.08)

DOCUMENT. La réunion 2018 du Groupe de Bilderberg (07.06)
DOCUMENT. Totalitarisme. Comment EU DisinfoLab, Twitter, le CNRS vous fichent.
     (Source : Les-Crises.fr 09 et 11.08)

DOCUMENT. Comment Poutine et Trump mettent fin à la guerre contre la Syrie. (07.08)

DOCUMENT. Un collège-lycée contraint illégalement des enfants à être traçables en permanence». (30.07)

DOCUMENT. Le crépuscule de la guerre. (31.07)

DOCUMENT. L'Élysée et le « Gladio B ». (27.07)
DOCUMENT. Trump et la bureaucratie de l'Otan (17.07)
DOCUMENT. L’establishment US derrière le Sommet d'Helsinki (17.07)

DOCUMENT. Les tireurs de ficelles de la crise migratoire. (02.05.2016)
DOCUMENT. Néocolonialisme et « crise des migrants ».

DOCUMENT. Jared Kushner et le « droit au bonheur » des Palestiniens.

DOCUMENT. Comment Washington et les ONG « Soft Power » ont manipulé le nombre de morts
     au Nicaragua pour entraîner un changement de régime et des sanctions.

DOCUMENT. Nicaragua : L’évolution du régime du président Daniel Ortega depuis 2007
DOCUMENT. Paul Oquist : « Il y a une tentative de coup d’État au Nicaragua » (04.07)
DOCUMENT. Le gouvernement US se vante de "jeter les bases de l’insurrection" au Nicaragua. (01.07)
DOCUMENT. Nicaragua: Rébellion ou contre-révolution made in USA?

DOCUMENT. BlackRock est l’institution financière la plus puissante au monde,
     gérant plus de 6 000 milliards de dollars d’actifs.

DOCUMENT. Les élections ne suffisent pas à la démocratie.

DOCUMENT. Le « Coup de Maître » des États-Unis contre le Venezuela

DOCUMENT. Chroniques orwelliennes - Collège de France

DOCUMENT. En politique comme dans les entreprises, “les médiocres ont pris le pouvoir”.
DOCUMENT. Srda Popovic et autres « révolutionnaires étasuniens ».
DOCUMENT. L’État profond américain - La finance, le pétrole, et la guerre perpétuelle.
DOCUMENT. Le régime mortel des oligarques.

DOCUMENT. Trump autorise les réfugiés syriens à rentrer sous la protection du président el-Assad.
DOCUMENT. Les Casques blancs en Syrie: propagande ou réalité?
DOCUMENT. L’Allemagne et la Syrie.
DOCUMENT. De quoi la bataille de Deraa est-elle le symbole ? (10.07)
DOCUMENT. Armes chimiques » en Syrie et OIAC : à propos d´une récente déclaration conjointe.
DOCUMENT. Le fiasco du bombardement de la Syrie.
DOCUMENT. Syrie : comment la SAMS vend le changement de régime et la guerre aux USA
DOCUMENT. Le Royaume-Uni tente trois attaques chimiques sous faux drapeau dans la Ghouta.
DOCUMENT. Les « rebelles modérés » de la Ghouta.
DOCUMENT. La mystification des « casques blancs » :
     Des agences de relations publiques US au service de la guerre de Syrie.

DOCUMENT. Le cycle du mensonge.

DOCUMENT. L’histoire du novichok est une autre escroquerie du calibre des ADM de l’Irak
DOCUMENT. Quatre jours pour déclarer une Guerre froide.
DOCUMENT. Affaire Skripal. Données et interview qui brisent net la propagande de guerre et xénophobe
     britannique et occidentale.

DOCUMENT. L’affaire Skripal : le mensonge de trop ?

DOCUMENT. Rapport sur les inégalités dans le monde 2018 - Synthèse sur la France.
DOCUMENT. UE. Liste des 226 parlementaires européens alliés d'Open Society de Soros

DOCUMENT. POURQUOI LE SOCIALISME ? (A. Einstein -1949)

VIDÉO. L’AVENIR SINISTRE QUE NOUS PRÉPARE JACQUES ATTALI

AUDIO. GÉRARD PHILLIPE LIT MARX ET ENGELS


  COMMENT FONCTIONNE LEUR VIEUX MONDE.

DOCUMENT. Manipulation et contrôle de l'information par l'OTAN et Bruxelles.

MACRON : 2017, LE COUP D'ETAT.

DOCUMENT. UN NOUVEL ORDRE POUR UN NOUVEAU MONDE.
DOCUMENT. LE NÉO-IMPÉRIALISME OU LA STRATÉGIE DE LA GUERRE ET DU CHAOS PERPÉTUEL.
DOCUMENT. LA « GRANDE OTAN ».

DOCUMENT. TOUT SAVOIR SUR GOOGLE.
DOCUMENT. FACEBOOK DEVIENDRA PLUS PUISSANT QUE LA NSA EN MOINS DE 10 ANS.
DOCUMENT. COMMENT UNE CELLULE SECRETE DE FACEBOOK MANIPULE LES OPINIONS...
DOCUMENT. COMMENT LES ENTREPRISES SURVEILLENT NOTRE QUOTIDIEN.
DOCUMENT. LA TERRE : UNE ARME, LA GÉO-INGÉNIORE : UNE GUERRE.

DOCUMENT. UNE BREVE HISTOIRE DE LA PROPAGANDE
DOCUMENT. LE MODELE DE LA RÉVOLUTION DE COULEUR : LE COEUR DU MÉCANISME

ONG. SOCIÉTÉ CIVILE CONTRE DÉMOCRATIE.
ONG. LES ONG HUMANITAIRES ET LA SYRIE : LES MASQUES SONT TOMBÉS !

HISTOIRE. HISTOIRE CACHÉE : LES ORIGINES DE LA PREMIERE GUERRE MONDIALE.
HISTOIRE. LA FALSIFICATION DE L'HISTOIRE : UN MOYEN DE MAINTENIR LE POUVOIR IMPÉRIAL.

HISTOIRE. LE SIONISME ET LE RÉGIME NAZI.
SIONISME. LE GRAND ISRAEL.


  LES ENSEIGNEMENTS DU MARXISME.

 - Droit de l'homme contre droit du citoyen. - (K. Marx - 1843)
 - L’attitude de la bourgeoisie à l’égard du prolétariat. (F. Engels -1845)
 - Tendance historique de l’accumulation capitaliste. - (K. Marx - F. Engels -1867)
 - Les deux bases capitalistes sur lesquelles repose le socialisme scientifique. (F. Engels -1877)
 - Leur morale de classe et la nôtre. - (F. Engels -1878)
 - La dialectique ou la science des lois générales du mouvement et du développement
     de la nature, de la société humaine et de la pensée. (F. Engels - 1878)

 - Socialisme de juristes. (F. Engels et K. Kautsky -1886)
 - L'impérialisme et la scission du socialisme. (1) (V. Lénine -1916)
 - L'impérialisme et la scission du socialisme. (2) (V. Lénine -1916)
 - Syndicalisme et communisme. (L. Trotsky -1929)
 - Les guerres nationales bourgeoises renferme des leçons extraordinairement instructives. (Trotsky -1940)


   ADRESSES UTILES

Le Réseau Voltaire. (France et Moyen-Orient)
Les Crises. (France)
Le Centre de recherche sur la mondialisation. (Canada)
Investig’Action. (Belgique)
Anticons. (France)
Observatoire des multinationales. (France)


   MUSIQUE (il s'agit d'un test du 26 août)

    Le 26 août.

2CELLOS - Bach. Double Violin Concerto in D minor - 2nd mov
2CELLOS - Wake Me UpWe Found Love [Live at Arena di Verona]
2CELLOS - Vivaldi Largo
2CELLOS - Steve Vai - Highway To Hell feat

    Le 28 août.

H. Hancock, W. Shorter, S. Clarke, O. Hakim - Cantelope Island



Causerie

Le 14 octobre 2018

CAUSERIE ET INFOS

Exceptionnellement j'ai ajouté 5 articles dans la rubrique des articles d'actualité tellement leurs contenus sont gravissimes et doivent être connus de tous et à faire circuler au plus grand nombre.

Si nous avions un parti, nous les imprimerions et nous les distribuerions à la population en appelant à une réunion pour en discuter, cela aurait assurément beaucoup plus d'impact que les discours que l'on nous ressasse à longueur de temps, pour finalement aucun résultat.

Causerie au format pdf (26 pages)

Quelques réflexions politiquement incorrectes.

1- Darwin fut à l'observation, ce que Freud fut à l'écoute, et Marx et Engels en réalisant la fusion de l'observation et de l'écoute découvrirent les lois générales du mouvement ou la dialectique. Entre nous, si je peux me permettre un conseil, on ferait bien de s'en inspirer. Et si Einstein parvint à s'élever au niveau du socialisme, c'est qu'il est à la portée de tous.

Mais, mais, nous sortirons nos contradicteurs, dont au passage on doutera des convictions ou de la confiance qu'ils peuvent avoir dans les masses, ce qui revient au même, tout le monde n'est pas Einstein, en effet, moi non plus ! Alors pourquoi pas vous ?

Ils n'ont jamais assimilé ce que voulait dire Marx lorsqu'il affirma qu'on ne pourrait plus s'emparer du pouvoir par un coup d'Etat orchestré par une minorité, une élite, alors on se demande ce qu'ils ont réellement compris depuis...

2- L'écosocialisme, c'est l'écocapitalisme, la version écologiste du capitalisme, et la gauche éprise ou non d'écologie n'a jamais été autre chose que la caution morale du capitalisme ou de la droite.

3- Chaque fois que le régime adopte des lois progressistes, hormis lorsqu'il y est contraint par la lutte de classe du prolétariat, c'est parce qu'il y trouve son intérêt temporairement ou parce qu'elles présentent plus d'avantages que d'inconvénients, il s'en servira comme caution morale pour imposer par ailleurs son programme antisocial, donc en aucun cas le régime et ses représentants ne peuvent se prévaloir d'être progressistes.

Ils instrumentalisent les discriminations ou préjugés dont font l'objet certaines minorités ou certaines couches de la population, alors qu'avec leur classe ils en sont à l'origine, afin de se présenter comme les champions de la démocratie, de la liberté d'expression, etc. de manière à présenter les Etats ou les peuples qu'ils agressent comme rétrogrades, antidémocratiques et ainsi légitimer leur politique impérialiste.

C'est ainsi par exemple que la loi légalisant l'avortement fut adoptée par la réaction pour redonner un vernis progressiste ou démocratique au régime, alors qu'au même moment les mouvements sociaux se multipliaient dans le pays et les universités étaient en effervescence, fragilisant Giscard par ailleurs en proie à plusieurs scandales et qui sera évincé du pouvoir quelques années plus tard.

Le seul clivage que nous reconnaissons : Pour ou contre un changement de régime, pour ou contre l'abolition du capitalisme.

4- Non, le clivage droite-gauche n’est pas mort ! - LeParisien.fr 11.10

5- Si jadis l'humanité avait adopté le mode de vie des vegans, l'homme ne serait jamais passé du paléolithique au néolithique, il n'aurait jamais utilisé le boeuf ou le cheval comme moyen de production pour développer l'agriculture, sans parler de l'élevage destiné à l'alimentation humaine, bref, on en serait resté au stade du primate et nous aurions connu le même sort que les autres branches des hominidés qui ont toutes disparues, l'homme moderne, l'homo sapiens, la civilisation humaine n'aurait jamais vu le jour.

On peut donc caractériser les vegans de primates en voie d'extinction, ils doivent appartenir à une sous-espèce de primates que l'on croyait éteinte, située entre l'australopithèque et l'homo sapiens à moins qu'elle soit antérieure de quelques millions d'années !

6- Si on peut changer la mentalité et le comportement de la population sans changer de régime, alors pourquoi devrait-on l'affronter pour en changer, autant le conserver. Autant dire qu'ils prétendent que le verbe précède l'action (Ils sont laïques et matérialistes !) , ce qui est contredit par l'évolution de l'espèce humaine ou toute l'histoire antérieure. Voilà comme ces faussaires cautionnent le régime.

Cette argumentation est maladroite ou manque de précision, l'avez-vous remarqué ? Pour qu'elle soit correcte et inattaquable, il ne faut jamais oublier de mentionner qu'ils veulent changer la mentalité et le comportement des gens sans pour autant vouloir changer de régime, puisque lorsqu'on leur pose la question, ils répondent que ce n'est pas leur objectif ou qu'ils y sont opposés, bref, ce sont des partisans du capitalisme et non du socialisme. Cela vaut pour Mélenchon et ses semblables.

7- Le rapport du GIEC sur le climat commandé par l'ONU, n'est rien d'autre qu'un rapport idéologique correspondant aux besoins de l'oligarchie. Que ce thème ait été à l'ordre du jour de la réunion du groupe Bilderberg donne une idée assez précise de son origine et de ceux qui sont destinés à tirer profit de cette propagande, de l'instrumentalisation du réchauffement climatique.

Et chaque jour ces fanatiques en rajoutent une couche.

- Climat: la carte des 60 marches contre le réchauffement de la planète - Le HuffPost 12.10

8- On néglige la portée de la propagande de nos ennemis. On ne comprend pas comment elle s'ordonne. Pire, on a tendance à confondre la propagande et la réalité, au point que lorsqu'on pense à ce qui figure dans les manuels scolaires, à la manière dont l'histoire passée fut interprétée jusqu'à nos jours, bref, à l'interprétation de l'histoire communément admise, on ne s'aperçoit pas qu'en guise de connaissance de la réalité, c'est leur propagande qui nous fut transmise, infusée goutte à goutte. On en parle au passé, alors qu'elle n'a jamais cessé.

On dit aussi que ce sont les hommes qui font l'histoire, sans préciser s'ils sont conscients ou non du processus dialectique auquel ils participent d'une part, et s'ils ont conscience de faire l'histoire ou d'avoir une influence sur l'orientation ou le destin de la société ou du monde d'autre part. Cela s'applique également à la propagande qui est un avatar ou une représentation de l'idéologie de la classe dominante destiné à façonner la conscience des hommes.

Pourquoi c'est important d'étudier ce facteur ? Parce qu'en substituant la propagande à la réalité, on ne peut qu'avoir une idée déformée de la réalité passée ou présente, de l'enchaînement des faits, des rapports qui existent dans la société et leur évolution, et dans ces conditions il sera difficile, voire impossible de s'orienter, de penser librement, bref, d'agir sur le cours des choses ou de changer la société.

La propagande de nos ennemis s'adresse à l'inconscience des hommes, non pas pour qu'ils progressent, mais pour qu'ils demeurent inconscients ou ignorants de ce qu'ils trament dans leurs dos. Pour en avoir une idée plus précise, on doit avoir à l'esprit ce qui caractérise fondamentalement nos ennemis, c'est-à-dire le capitalisme, qui est à la fois leur raison d'être ou leur idéal, ainsi que leur instrument et leur objectif. Figurant en tant qu'idéal, elle correspond à quelque chose qui s'inscrit dans la durée, il faut donc la traiter à cette échelle, en tenant compte de cette dimension, tout en sachant qu'elle est tributaire des contradictions ou de la crise du capitalisme ainsi que du développement de la lutte des classes qu'elle ne fait que traduire à sa manière.

La propagande de nos ennemis s'est substituée à la réalité.

Ce qu'on retiendra et ce qui nous apparaît effarant, c'est que l'histoire telle qu'elle nous parvient ou nous est enseignée, y compris dans les partis dits ouvriers, n'est finalement de nos jours que l'histoire de la propagande. Hier plus généralement on expliquait qu'elle se confondait avec l'interprétation inconsciente qu'en avaient les hommes, plus particulièrement ceux qui détenaient le pouvoir ou détenaient un statut qui leur permettait d'agir sur l'orientation de la société.

A partir de ce facteur, on peut aussi mesurer l'influence de l'idéologie de la classe dominante sur les partis ouvriers. On comprend donc pourquoi ils nient refusent de la traiter ou de la prendre au sérieux, les pires aveugles ou dogmatique allant jusqu'à prétendre que la propagande n'aurait aucune influence sur les masses, alors que les faits n'ont cessé de démontrer le contraire.

On peut tirer de son étude et de son évolution un autre enseignement révélateur de l'opportunisme de ces partis, dans la mesure où la propagande montre clairement la véritable nature de chacun des acteurs de la lutte des classes dès lors qu'on la considère dans son ensemble au lieu de traiter chacune de ses périodes comme autant d'abstractions sans liens entre elles.

L'histoire de la propagande met aussi en lumière la collusion d'intérêt qui a toujours existé entre la droite et la gauche, ce qui peut en choquer plus d'un et on comprend pourquoi.

Par exemple la propagande en faveur du colonialisme jusqu'aux premières années de la Ve République, montrait clairement que le PS et le PCF étaient des partis fondamentalement réactionnaires, impérialistes, autrement dit qu'ils n'avaient absolument rien à voir avec la gauche ou le socialisme, ce qu'au cours des dernière décennies jusqu'à nos jours ignoreront de nombreux militants ou travailleurs ou ce sur quoi passeront allègrement ceux qui le savaient pertinemment, parce que cela entrait en contradiction avec les rapports qu'ils avaient tissés avec ces partis, en réalité l'intégralité de leur stratégie qui reposait sur une interprétation erronée de la situation.

Et en observant ce qui se passe de nos jours, on peut mesurer les conséquences désastreuses qu'aura bien plus tard ce refus de caractériser ces partis tels qu'ils étaient réellement à partir de la politique et de la propagande qu'ils avaient adoptées, qui se traduira par l'incapacité de modifier leurs rapports avec ces partis, alors qu'ils incarneront ouvertement la pire réaction, de les caractériser de droite après l'avoir nié si longtemps, même aujourd'hui aucun parti dit ouvrier n'y parvient, à ce niveau compte tenu de l'orientation actuelle dramatique de la société, on est en droit d'en conclure qu'on est en présence d'une imposture délibérée.

La plupart des militants refusent de l'admettre, ce qui les condamne à s'enfoncer toujours plus dans l'opportunisme ou à devenir des instruments de la propagande de la réaction, je les invite à y réfléchir tranquillement.

C'est comme si on était en présence d'une sorte d'amnésie collective qui aurait frappé le mouvement ouvrier et dont il serait incapable de se remettre. Eh bien, il faut vous en remettre, réveillez-vous, vous verrez, on n'en meurt pas, j'irais même jusqu'à dire qu'on s'en porte beaucoup mieux ou qu'on s'en trouve soulagé !

9- De la même manière que les scientifiques accrédités par l'ONU en fonction de leur adhésion à la version de l'oligarchie des causes de certains aléas climatiques ayant des conséquences sociales et économiques, dans le domaine de la paléontologie ou de la préhistoire la plupart des scientifiques n'ont pas grand chose dans la tête ou s'en tiennent à des a priori qui relèvent du dogmatisme ou du déni, dans la mesure où ils étudient certains facteurs et en écartent d'autres lorsqu'ils tendent à infirmer ou réfuter leurs propres interprétations ou font ressortir leurs contradictions, bref en un mot ils se comportent comme mes lecteurs, je plaisante, à peine.

En gros cela fonctionne ainsi dans leur petit cerveau, ils étudient un des aspects de la réalité auquel correspond une branche de la connaissance ou des sciences, et ensuite ils se croient autorisés à interpréter la réalité en fonction des conclusions auxquelles ils sont parvenus, ils abusent ainsi de leur statut

C'est ainsi qu'ils refusent d'admettre que les modifications intervenues dans les conditions ou l'environnement dans lesquelles vivaient nos très lointains ancêtre en corrélation avec les brutales variations climatiques ou des modifications physio-chimiques liés à l'activité des planètes ou des phénomènes atmosphériques ont pu intervenir et être à l'origine de modifications de leur mode de vie ayant eu une incidence sur leur morphologie, y compris sur le plan génétique. S'ils expliquent que des modifications génétiques seraient à l'origine de certaines modifications morphologiques, ils sont incapables de nous dire quelles seraient les causes de ces modifications génétiques, dont ils se servent pour nier que ces modifications morphologiques auraient pu être le résultat de changements intervenus dans leur mode de vie ou leur comportement.

Or, il semblerait que ce soit d'importants changements intervenus dans le climat ou dans l'environnement où évoluait la terre qui auraient été à l'origine des modifications génétiques à la base de la création de nouvelles espèces, l'adaptation des espèces existantes à de nouvelles conditions climatiques n'ayant entraîné que des modifications d'ordre morphologique et non génétique, c'est en tout cas à l'heure actuelle l'explication qui semble la plus probante puisque si je ne dis pas de bêtise, une modification morphologique n'est pas de nature à entraîner une modification génétique, c'est plutôt l'inverse qui se produit. En rechange les modifications biochimiques dues à des changements dans le comportement alimentaire ou l'environnement dans lequel évoluaient nos lointains ancêtres peuvent se traduire par des modifications génétiques. Je ne sais pas si j'ai été assez clair.

Pour passionnant que soit ce sujet que j'ai parcouru ces derniers jours (et je continue), il ressort que les découvertes et les études ou recherches qui ont été effectuées au cours des siècles derniers posent davantage de questions qu'elles n'en ont résolues jusqu'à présent, bien que d'immenses découvertes aient été effectuées, autrement dit, dans ce domaine on n'est pas plus avancé que dans la plupart des sciences sociales !

Le principal problème ou obstacle réside dans l'absence de preuves matérielles qui ont été détruites au fil du temps, ou certains chaînons manquant qu'on ne parvient pas à reconstituer pour comprendre l'interaction qu'il a pu y avoir entre les différents facteurs à l'origine de la création et de l'évolution des espèces, ce qui a donné lieu à une multitude d'interprétations fantaisistes.

Si notre espèce est le produit d'une évolution qui remonte à quelque 400 millions d'années quand les premières molécules de protéines apparurent ou donnèrent naissance à des cellules vivantes, c'est l'interaction de phénomènes physico-chimique au niveau de la planète, du système solaire et de l'atmosphère environnante qui est à l'origine de toutes les espèces organiques ou vivantes qui verront le jour à partir de cette période, et dont l'évolution donnera toutes celles qui existent de nos jours, pour ne pas remonter à la formation du système solaire il y a entre 4,5 et 5 milliards d'années qui a donné naissance à la matière inorganique, à partir d'une masse gazeuse qui en s'éloignant du soleil se mit à tourner plus lentement et à se solidifier, créant au cours des quelques 500 millions d'années suivants les conditions favorables à la formation des océans et des grands fleuves et donc à l'apparition de la vie sous la forme de la faune et de la flore. Si la nature inspirera les poètes, c'est l'univers qui en sera la matrice.

10- On en est arrivé à la conclusion qu'en adoptant la conception de la lutte de classe et l'interprétation de la situation que nos dirigeants nous avaient proposés il y a 40 ans, nous avions été victimes d'une mystification qui dure jusqu'à nos jours, puisqu'à aucun moment malgré la faillite de leur théorie de "l'imminence de la révolution", ils ne daigneront en faire la critique ou les remettre en cause, pour croire encore que la crise du capitalisme menait fatalement à son effondrement mille fois annoncée et qui en réalité ne s'est jamais produite depuis le début du XXe siècle, et la survie du capitalisme a été rendue possible du fait notamment que la classe ouvrière et son avant-garde ont été incapables de se donner les moyens d'accomplir les tâches historiques qui leur étaient dévolues.

11- Rappel.

Médecin du Monde sert de caution morale aux guerres fomentées par l'oligarchie et planifiées depuis ses institutions dont le groupe Bilderberg auquel participera son fondateur, l'un des propagandistes de la théorie des guerres impérialistes dites préventives, Bernard Kouchner, prétexte qui servira par la suite à justifier toutes les agressions impérialistes contre les Etats et les peuples de l'ex-Yougoslavie à la Syrie.

Il faut noter que tous les pays où Médecin du Monde interviendra, correspondront à des Etats que l'impérialisme américain s'était employé à déstabiliser politiquement, à étrangler économiquement...

Médecin du Monde est donc fondamentalement le pendant d'une organisation criminelle à l'échelle mondiale.

Université de Gand (Belgique) - Master na Master Meertalige Bedrijfscommunicatie - Marlène Bragard - Année 2008-2009

En 1971, Bernard Kouchner crée le mouvement des "French Doctors" et avec plusieurs autres médecins, ils fondent « Médecins Sans Frontières ».

En 1979, à l'occasion de l'opération « Un bateau pour le Viêt-nam », Kouchner défend l’idée d’affréter un navire pour faire évacuer un groupe de Vietnamiens qui vivait sous le régime communiste. Le célèbre fondateur voulait ainsi témoigner de la violation des droits de l’homme. Il s'ensuivit une violente querelle avec la direction d’MSF qui s’y opposait. S’en suivra alors en 1980 la création par Kouchner et une dizaine d’autres de « Médecins du Monde ».

12- D'une fable à l'autre

La fable du libéralisme qui sauve le monde par Bruno Guigue - Réseau Voltaire 9 octobre 2018

Présentation par le Réseau Voltaire

Comparant l’état de la Chine populaire, de Cuba et de l’Inde, en s’appuyant sur les travaux de Jean Drèze et d’Amartya Sen, Bruno Guigue montre les progrès sociaux de régimes étatiques par rapport aux retards d’un régime « libéral » (au sens des Chicago Boys). Il n’évoque pas la question des investissements financiers et de l’alliance prônée par Deng Xiaoping entre le Parti communiste et les transnationales et préfère se concentre sur celle des Biens communs. Si certains régimes étatiques ont échoués, d’autres ont réussi. Et ils l’ont fait mieux que s’ils avaient suivi les recettes « libérales ». Réseau Voltaire 9 octobre 2018

On comprend que pour vanter les mérites de "certains régimes étatiques (qui) ont réussi", il faille passer sous silence "l’alliance prônée par Deng Xiaoping entre le Parti communiste et les transnationales" pour ne pas en donner la signification politique ou le refus d'avancer dans la voie du socialisme, pirouette à laquelle les staliniens nous ont habitué depuis longtemps.

La caste bureaucratique au pouvoir en Chine a tiré les enseignements des erreurs commises par la bureaucratie stalinienne du Kremlin pour se maintenir au pouvoir et continuer à tirer largement profit de l'économie planifiée. Elle s'appuie principalement sur l'importante classe moyenne qui s'est développée au cours des dernières décennies, aujourd'hui endettée jusqu'au cou et qui en retour voue un culte fanatique au régime. Tandis que la majorité des travailleurs chinois fait l'objet d'une surexploitation ou continuent de vivre dans la précarité ou la pauvreté, le tout encadré par un parti et un syndicat unique qui caractérise les pires dictatures, en faire l'apologie, il fallait oser, c'est fait.

Monsieur Guigue a oublié de mentionner les néolibéraux américains qui louent le régime chinois, et qui estiment que moyennant quelques concessions il pourrait servir de modèle à l'établissement du nouvel ordre mondial qu'ils appellent de leurs voeux, vous m'excuserez de ne pas fournir les références, j'ai lu cela dans plusieurs articles que je n'ai pas le temps de rechercher.

Bref, que la Chine soit l'un des pays les plus dégueulasses, les plus pollués, les plus corrompus, les plus oppressifs, les plus liberticides de la terre ne gêne pas monsieur Guigue, lui il vit dans un autre monde, c'est un idéologue et non un partisan du socialisme ou du communisme, mais cela tout le monde l'avait compris.

Quand il y a plus d'un siècle en arrière en Europe le capitalisme se développa en prenant une tournure particulièrement monstrueuse envers la classe ouvrière, des voix s'élevèrent pour le renverser et proposer un autre modèle de développement de la société, le socialisme, aujourd'hui ces voix se sont éteintes ou ont été remplacées par une rhétorique rendant hommage au pire esclavagisme qui serait de l'ordre de la fatalité, c'est ainsi que les staliniens se recyclent.

Quant à ce qu'il a écrit sur Inde, n'importe quel voyageur mettant le pied dans ce pays s'apercevrait au premier coup d'oeil qu'il est demeuré semi-féodal et profondément arriéré. Cela dit son constat est correct sur l'Inde, mais pas au point de publier son article dans notre portail.

Entre nous, est-il vraiment sûr que les Chinois sont plus heureux que les Indiens, pour vivre en Inde depuis plus de 20 ans et sachant comment vivent les Chinois, sachant comment les Indiens s'adaptent ou contournent en partie les conditions qui leur sont imposées, personnellement je préfèrerais encore être Indien plutôt que Chinois. Comment cela ? Oh c'est très simple à comprendre.

Un travailleur chinois est soumis à une surexploitation hystérique, à des conditions de travail abrutissante au-delà de tout ce qu'on peut imaginer en France et en Inde, il est soumis à des cadences de travail infernales, quasi militarisées. En revanche le travailleur indien qui travaille également 8 heures pas jour, travaille généralement à son rythme, c'est-à-dire pratiquement le plus lentement possible, alors que le travailleur chinois voue un culte à l'entreprise qui l'emploie, à la production, le travailleur indien s'en fout éperdument. Il s'arrête souvent pour un oui ou un non, il fait une pause pour boire un thé en milieu de matinée et dans l'après-midi, il s'absente aussi souvent que possible sous des prétextes divers. Il faut rappeler qu'il travaille 6 jours sur 7 et ne bénéficient pas de congés payés, mais il peut prendre des congés pour aller en pèlerinage, pour se rendre à une cérémonie familiale, quand on sait que chaque famille comporte souvent plusieurs centaines de membres, on a une petite idée de ce que cela peut donner, mais là les patrons mettent des holà. Sans oublier que souvent ils ont le droit de faire une petite sieste après déjeuner, c'est qu'il fait très chaud en Inde pratiquement toute l'année. Sinon, ils sont assez souvent malades, donc absents, notamment dès le début de la mousson. Bref, vous aurez compris que notre Indien ne manque pas une occasion de résister à l'exploitation dont il fait l'objet, ce qui est totalement inimaginable pour un Chinois. Certes, un Chinois est plus productif qu'un Indien, il a peut-être un niveau de vie plus élevé, mais à quel prix ! Je n'ai pas évoqué les Indiens qui travaillent pour des multinationales occidentales ou autres et qui sont soumis aux mêmes conditions de travail épouvantables que nos malheureux travailleurs chinois, ils sont une infime minorité, ce que doit regretter amèrement notre stalinien de service. Les Indiens font preuve d'une nonchalance, d'une insouciance que ne pourrait pas se permettre un Chinois, en cela il nous est plus sympathique.

Quant aux conditions d'existence, je ne pense pas que globalement les Chinois soient mieux lotis que les Indiens. Les Indiens bénéficient de davantage de liberté, ce qui pour nous est le bien le plus précieux, monsieur Guigue nous excusera de ne pas avoir les mêmes préoccupations que les exploiteurs qu'ils soient libéraux ou appartiennent au parti communiste chinois ou cubain.

Si à l'époque de la Commune de Paris il était impossible d'envisager la fin rapide du capitalisme, parce qu'il n'avait pas encore atteint son plein développement qui sera achevé aux alentours du passage au XXe siècle, plus d'un siècle plus tard, à notre époque envisager le développement des pays sous-développés ou émergents sur le modèle du capitalisme du XIXe siècle et estimer cela finalement normal, relève de la pire infamie. Voilà en substance ce qu'il ne faut jamais oublier sous peine de cautionner les pires régimes dictatoriaux, y compris ceux qui se réclament du communisme.

Voici l'adresse de l'article de monsieur Guigue : www.voltairenet.org/article203405.html

Ce qui détruit la planète, ça n’est pas l’« homme » : c’est le capitalisme.

- Appels sans suite par Frédéric Lordon - Les Crises 13 octobre 2018

Extraits. On se demande combien de temps encore il faudra pour que ces appels à sauver la planète deviennent capables d’autre chose que de paroles sans suite, de propos en l’air et de mots qui n’engagent à rien — pas même à articuler le nom de la cause : capitalisme. Il est vrai que, de l’instant même où ils l’articuleraient, ni Laurent Joffrin, ni Le Monde, ni L’Obs, ni aucun de ces lieux qui se sont fait une spécialité de se refaire le plumage à coups d’appels du moment que ce soit pour de rire n’hébergerait quoi que ce soit qui menacerait de dire quoi que ce soit — car depuis maintenant des décennies, tous ces gens et tous ces titres se sont tenus avec la dernière fermeté à une ligne dont aucune force au monde ne pourra les faire dévier : dire rien. Et surtout pas « capitalisme » — sinon pour dire qu’on est tout à fait capable de le dire, et bien sûr de n’en tirer jamais aucune conséquence. À cet égard la catégorie d’« anthropocène »s’est montrée d’une fameuse utilité. Car voilà : le changement climatique, c’est la faute de l’« homme ». L’« homme en général », qui ferait bien d’ailleurs de trier ses déchets et de fermer ses robinets. Il faudra encore un peu de temps pour que, selon le vœu d’Andreas Malme (3), on en finisse avec cette ineptie de l’anthropocène et qu’on nomme vraiment les choses : capitalocène. Ce qui détruit la planète, ça n’est pas l’« homme » : c’est le capitalisme.

On comprend que de partout, entre niaiserie humaniste des uns et refus catégorique des autres, on peine à se rendre à cette idée qui, si elle était prise au sérieux, serait, en effet, de quelque conséquence. Aussi tout est-il fait pour persévérer dans l’évitement, et faire perdurer quelques trafics mutuellement avantageux, les uns encaissant les profits de « grandes consciences » et les autres les profits de donner la parole à des « grandes consciences », le tout avec la certitude que rien de sensible ne sera modifié.

Avec ce supplément de naïveté qui fait parfois leur charme, les scientifiques des sciences dures, qui ont le plus souvent une conscience politique d’huître (il suffisait d’entendre Cédric Villani parler de politique pour être convaincu d’abandonner l’hypothèse folle d’une sorte de convertibilité automatique des formes d’intelligence entre elles), les scientifiques « durs », donc, se jettent dans la bataille avec pour tout viatique la pensée politique spontanée des savants, c’est-à-dire une sorte de maïzena à base de grands enjeux et d’humanité réconciliée. Au moment précis où les termes du conflit fondamental devraient être aiguisés comme jamais. (...)

On se demande combien de temps encore il faudra pour que ces appels à sauver la planète deviennent capables d’autre chose que de paroles sans suite, de propos en l’air et de mots qui n’engagent à rien — pas même à articuler le nom de la cause : capitalisme. Il est vrai que, de l’instant même où ils l’articuleraient, ni Laurent Joffrin, ni Le Monde, ni L’Obs, ni aucun de ces lieux qui se sont fait une spécialité de se refaire le plumage à coups d’appels du moment que ce soit pour de rire n’hébergerait quoi que ce soit qui menacerait de dire quoi que ce soit — car depuis maintenant des décennies, tous ces gens et tous ces titres se sont tenus avec la dernière fermeté à une ligne dont aucune force au monde ne pourra les faire dévier : dire rien. Et surtout pas « capitalisme » — sinon pour dire qu’on est tout à fait capable de le dire, et bien sûr de n’en tirer jamais aucune conséquence. À cet égard la catégorie d’« anthropocène »s’est montrée d’une fameuse utilité. Car voilà : le changement climatique, c’est la faute de l’« homme ». L’« homme en général », qui ferait bien d’ailleurs de trier ses déchets et de fermer ses robinets. Il faudra encore un peu de temps pour que, selon le vœu d’Andreas Malme (3), on en finisse avec cette ineptie de l’anthropocène et qu’on nomme vraiment les choses : capitalocène. Ce qui détruit la planète, ça n’est pas l’« homme » : c’est le capitalisme.

On comprend que de partout, entre niaiserie humaniste des uns et refus catégorique des autres, on peine à se rendre à cette idée qui, si elle était prise au sérieux, serait, en effet, de quelque conséquence. Aussi tout est-il fait pour persévérer dans l’évitement, et faire perdurer quelques trafics mutuellement avantageux, les uns encaissant les profits de « grandes consciences » et les autres les profits de donner la parole à des « grandes consciences », le tout avec la certitude que rien de sensible ne sera modifié.

Avec ce supplément de naïveté qui fait parfois leur charme, les scientifiques des sciences dures, qui ont le plus souvent une conscience politique d’huître (il suffisait d’entendre Cédric Villani parler de politique pour être convaincu d’abandonner l’hypothèse folle d’une sorte de convertibilité automatique des formes d’intelligence entre elles), les scientifiques « durs », donc, se jettent dans la bataille avec pour tout viatique la pensée politique spontanée des savants, c’est-à-dire une sorte de maïzena à base de grands enjeux et d’humanité réconciliée. Au moment précis où les termes du conflit fondamental devraient être aiguisés comme jamais.

Aussi tout est-il fait pour persévérer dans quelques trafics mutuellement avantageux, les uns encaissant les profits de « grandes consciences » et les autres les profits de donner la parole à des « grandes consciences », le tout avec la certitude que rien de sensible ne sera modifié

Ainsi, Aurélien Barrau, astrophysicien et vedette de la cause climatique, d’abord préempté par Le Monde pour une tribune à célébrités suscitée par la démission de Nicolas Hulot — misère sans fond… —, puis rattrapé par Libération qui lui fait livrer sa pensée politique, enfin justement non : tragiquement dénuée de politique, Aurélien Barrau explique qu’il ne faut surtout pas poser le problème dans les termes du capitalisme : trop conflictuel, trop d’inutiles divisions quand est d’abord requise la bonne volonté, la bonne volonté des hommes de bonne volonté, celle qui a le souci de réunir l’« homme », qui « transcende les divergences d’analyse économique » (4) (en effet, c’est tellement au-delà), et aspire à « un partage apaisé des richesses ». Mais bien sûr, apaisons le partage des richesses. D’ailleurs Bernard Arnault nous le disait pas plus tard qu’hier : il faudrait que s’apaise le partage des richesses. Et Jeff Bezos, si on lui posait la question, serait certainement d’accord lui aussi. Ou pas ? C’est qu’un travail de recherche récent prévoit que les industries de la communication pourraient consommer à elles seules 20 % de la production d’électricité mondiale d’ici 2025 et s’attribuer 3,5 % des émissions de carbone (5). Mais le magnat du cloud est un « homme », qui plus est de « bonne volonté », il devrait donc de lui-même, confronté à l’évidence, réorienter aussitôt Amazon dans une stratégie de décroissance responsable.

C’est d’ailleurs là le mot magique : pour ne pas avoir à dire « capitalisme », il suffit de dire « décroissance » ou, si la chose sent encore un peu trop le macramé, « post-croissance ». Avec « post-croissance » en tout cas, on fait aussi des appels dans Libération (6). On peut même tenir des conférences à Bruxelles — car l’appel est le fait d’un groupe d’universitaires « de toute l’Europe », certificat de la qualité de ses intentions. Et comme on est sur place, et même dans la place, à savoir le Parlement européen, lieu de toutes les insurrections mais avec drapeau étoilé, on va pouvoir faire des propositions à tout casser, comme celle de créer « une commission spéciale sur les avenirs post-croissance au niveau du Parlement européen », une riche idée, porteuse de bien des raisons d’espérer, comme d’ailleurs celle de « transformer le pacte de stabilité et de croissance en un pacte de stabilité et de bien-être » — au moins les historiens du futur qui retrouveront ça, s’il en reste d’ailleurs après la carbonisation générale, auront de quoi se tenir les côtes.

C’est qu’il y a de quoi rire longtemps en effet à l’idée que l’Union européenne, franchise régionale de la mondialisation néolibérale, c’est-à-dire, nous pouvons maintenant l’affirmer, de la formation sociale la plus toxique à l’échelle de l’humanité, pourrait d’elle-même se faire l’exact contraire de ce qu’elle est, pourrait déchirer ses traités, renoncer à sa dogmatique de la déréglementation, à sa vocation réelle qui est de pousser tous les feux du capitalisme, comme d’ailleurs, accordons-le lui, tous les dirigeants nationaux de ses États-membres, Macron en tête, fondé de pouvoir du capital, à qui l’idée de décroissance doit faire l’effet d’une énorme blague de fin de banquet arrosé, dont la réalité des intentions en matière de « faire la planète grande again » est maintenant assez bien documentée, au point que même le vendeur de gel douche qui lui a servi de ministre de l’écologie, normalement réputé parfaitement inoffensif, en a jeté l’éponge de dégoût. Heureusement, après un Hulot, il y a toujours un de Rugy — confirmation en personne de ce que « Vert », comme « Durable », sont les noms mêmes de l’escroquerie en matière d’écologie, la bouffonnerie de l’écologie ralliée au capitalisme, soit à peu près l’équivalent d’un presbytérien s’associant aux plans d’un hôtel-casino à Las Vegas sous couleur d’y aménager une chapelle au quatrième sous-sol (et qui ne dit pas non à l’idée d’occuper la suite king size à l’année).

Et plus le déchaînement du capitalisme explose, plus l’inanité appelliste prospère, plus il s’agit de parler haut pour ne rien dire, de titrer gros pour ne rien voir, d’avertir à la fin des temps pour exiger la fin des touillettes. Ou bien d’échapper au réel en se laissant plonger dans le monde enchanté, le monde des songes où l’on est dispensé de poser la question des causes, comme celles des conditions de possibilité de ce qu’on veut : le monde est bien près de finir, mais nous croyons à la fée Marjolaine. Convenablement disposée, il n’y a pas de raison qu’elle ne nous sauve pas. Même si l’accumulation sauvage est la raison d’être du capitalisme, on demandera au capitalisme de se faire apaisé et décroissant. Même si l’Union européenne est la forme continentale de l’hégémonie du capital, on comptera sur l’« Europe » pour arraisonner la dynamique du capital. Même si toutes les élites politiques nationales sont des hommes du capital en transit au sommet de l’État pour le service du capital, on les enjoindra d’enjoindre — les autres hommes du capital.

Et pendant ce temps, l’hypocrisie médiatique fait son beurre — son beurre symbolique, s’entend, parce que question tirages… Quand les médias soutiennent toutes les insurrections climatologiques en même temps qu’ils font élire un banquier d’affaire, interdisent de questionner le néolibéralisme essentiel de l’Union européenne, disent l’archaïsme des résistances sociales et la modernité des dérégulations, ou bien ils ne savent pas ce qu’ils font ou bien ils savent ce qu’ils font, et aucun des deux cas n’est à leur avantage. Gageons d’ailleurs que, dans les rédactions, les hypothèses concurrentes de la bêtise ou du cynisme doivent se départager différemment selon les étages, si bien qu’aucune ne devrait être écartée a priori. En tout cas le fait est là : il s’agit de travailler à laisser délié ce qui devrait impérativement être relié. Car, non, on ne peut pas éditorialiser simultanément sur le changement climatique et pour faire avaler les déréglementations de Macron ; on ne peut pas expliquer que la planète est en danger et que les magasins doivent ouvrir le dimanche ; alarmer maintenant tous les quinze jours sur le bord du gouffre et célébrer l’efficacité de la privatisation générale, c’est-à-dire la remise aux logiques de l’accumulation du capital de pans entiers d’activité qui lui échappaient. Et l’on ne peut pas non plus laisser benoîtement penser que la question climatique se règlera sitôt que « tous les gars du monde… ». La réalité c’est que pour agir avec l’urgence qui éviterait de tous griller, il va plutôt falloir passer sur le corps de certains gars. Eux ont voué leur argent, leur pouvoir et finalement le sens de leur existence entière à ce jeu même qui détruit la planète. Et comme ils ne lâcheront pas tout seuls l’affaire de leur vie, il va bien falloir la leur faire lâcher. (Source : Le Monde diplomatique, Frédéric Lordon, 12-10-2018)

Leur humanisme est la politesse des salauds... Dans la rubrique : La dictature du 1% dicte sa loi au 99% restant.

Voilà un aphorisme dont les applications sont infinies sous ce régime !

Les vegans, des "crétins"? Non, des mystificateurs qui partagent votre idéologie.

Grille de lecture

Rappelons que le rapport concocté par des scientifiques sélectionnés par l'ONU en fonction de leur adhésion à la théorie adoptée par cette institution du réchauffement climatique du à l'activité humaine, préconise la nécessité de réduire la consommation de viande (et de produits laitiers) à l'échelle mondiale, conclusion qui correspond ou légitime le véganisme dont personne jusque là n'avait entendu parler, ses adeptes représentant entre 0,1 ou moins de 1% de la population, mais qui soudainement depuis 2016 ou la COP21 a donné lieu à des provocation ou des actions violentes gracieusement relayées par les médias-oligarques.

- Antispécistes: Jadot (EELV) dénonce "des crétins" qui s'attaquent aux boucheries - AFP 12 octobre 2018

La tête de liste écologiste pour les européennes Yannick Jadot (EELV) a condamné vendredi "sans ambiguïté" les attaques de boucheries perpétrées par des activistes vegan qu'il a qualifiés de "crétins".

"Oui, je les condamne sans ambiguïté (les violences). Pour moi, ce sont aujourd'hui essentiellement des crétins qui sont en train de remettre en cause le combat ô au combien légitime et important contre la souffrance animale", a expliqué l'élu écologiste sur France Info.

Le député européen réagissait à la multiplication d'actes de vandalisme contre des boucheries et commerces de bouche tagués de revendications antispécistes par des activistes opposés à toute hiérarchie entre les espèces, et qui prônent une alimentation végétalienne.

"Moi, je veux une agriculture qui respecte les paysans, les animaux, l'environnement et notre alimentation. Et ce modèle-là, il existe et c'est celui que je veux mettre au coeur des politiques publiques", a expliqué l'élu après avoir dénoncé l'existence "d'élevages concentrationnaires qui nient la vie, la sensibilité des animaux".

Interrogé sur le slogan "la viande est un meurtre" tagué par des activistes sur la façade de boucheries, le militant écologiste a expliqué avoir personnellement "réduit sa consommation de viande parce que c'est meilleur pour la santé et pour le climat".

"Mais encore une fois, a-t-il insisté, je ne soutiens pas une seconde ces actions". AFP 12 octobre 2018

Parce qu'une "agriculture qui respecte les paysans, les animaux, l'environnement et notre alimentation" serait compatible avec l'existence du capitalisme, la Ve République ?

Il doit être le seul à croire qu'un régime qui ne respecte aucune couche d'hommes ou de femmes qui travaillent et qui méprise la jeunesse, les retraités, les handicapés, etc. pourraient respecter quelque chose ou quoi que ce soit en dehors de ce qui correspond aux besoins de sa survie ou des multinationales.

Totalitarisme. A quand des caméras de surveillance et un policier armé dans les cours des écoles maternelles ?

- Paris: des enfants de 4 ans accusés d'attouchements sur une camarade de classe - BFMTV 11 octobre 2018

Une affaire d'attouchements sur mineur a éclaté au grand jour après le dépôt d’une main courante, en début de semaine, au commissariat du XIIIe arrondissement de Paris. Mi-septembre, une fillette de 4 ans aurait été victime d'attouchements sexuels, révèle Le Parisien. Les faits auraient eu lieu dans la cour d’une école maternelle du même arrondissement où est scolarisée la petite fille.

Trois camarades du même âge l'aurait isolée sous une structure de jeu avant de lui retirer ses vêtements et de lui infliger une "pénétration digitale". L’année précédente, cette même fillette aurait déjà été victime de tels abus, commis par deux autres camarades de classe.

Concernant la responsabilité des auteurs des actes sexuels infligés à la fillette, "les parquets, dans la pratique, n’engagent bien évidemment pas de poursuites contre des enfants aussi petits", précise un policier spécialisé. BFMTV 11 octobre 2018

Comment, et ces "deux autres camarades de classe" sont toujours en liberté ? Quel laxisme de la part de la justice !

Totalitarisme. C'est bien la destruction de l'espèce humaine qu'ils visent, notamment.

Des chercheurs chinois ont réussi à donner naissance à des souriceaux en bonne santé à partir de souris de même sexe. Leurs travaux ont été publiés, jeudi 11 octobre, dans la revue spécialisée américaine Cell Stem Cell. Pour franchir la barrière qui empêche la reproduction entre parents du même sexe chez les mammifères, les chercheurs ont utilisé des cellules souches modifiées afin d'éliminer certains gènes.

Les souriceaux créés à partir de deux mâles n'ont survécu que 48 heures et les chercheurs prévoient une étude plus poussée des raisons pour lesquelles le processus n'a pas fonctionné. L'expérience a été nettement plus concluante pour les souriceaux nés de deux souris femelles : ils sont 29 à avoir été produits ainsi à partir de 210 embryons et ont ensuite vécu jusqu'à l'âge adulte en étant capable se reproduire normalement.

Un processus impensable pour des humains

Pour réussir à créer des souriceaux à partir d'animaux du même sexe, les chercheurs chinois ont utilisé des cellules souches embryonnaires haploïdes (ne contenant qu'un exemplaire de chaque chromosome, et non deux comme pour la reproduction sexuée classique). Ils ont ensuite modifié la composition génétique de ces cellules via un processus complexe, avant de les injecter dans un ovule de souris.

Théoriquement, cette méthode, qui pose de nombreuses questions éthiques, pourrait permettre une nouvelle approche pour le clonage des mammifères, voire permettre la conception pour les couples humains homosexuels. Ces perspectives restent toutefois lointaines puisqu'en plus des considérations éthiques, ces méthodes se heurtent à des obstacles techniques.

"Il est impensable de créer un bébé humain de cette manière-là", estime le docteur Christophe Galichet, un expert qui n'a pas participé à l'étude. "Si quelqu'un voulait tenter de créer un bébé de couples lesbiens ou gays de cette façon, le seul fait de générer les cellules souches modifiées prendrait un temps considérable, avec une très faible perspective de succès à la fin", analyse-t-il. franceinfo avec AFP 12/10/2018

Pendant qu'ils sont en train de chercher comment ils pourraient détruire la nature humaine, je me remets à l'étude de la préhistoire, à l'opposé puisque mon objectif est de la préserver, donc je ne dois pas changer d'orientation politique.

Le totalitarisme requiert une soumission absolue.

- Michel Onfray explique que c'est l'Élysée qui est derrière son éviction du service public - Le HuffPost 11 octobre 2018

Michel Onfray est aussi abjecte ou infréquentable que Éric Zemmour ou Alain Finkielkraut, dont Sylvain Fort -qui est la plume du président- avait fait savoir dans le Journal du Dimanche ou dans le Parisien, qu'un certain Éric Zemmour, qu'un certain Alain Finkielkraut et qu'un certain Michel Onfray défendaient des idées nauséabondes et que ça déplaisait en haut lieu à l'Élysée." (Source : Le HuffPost 11 octobre 2018)

- Une étudiante américaine refusée d'entrée en Israël devenue symbole de la droitisation de l'Etat hébreu - Liberation.fr 11.10

L'Américaine de 22 ans, bloquée à l'aéroport Ben-Gourion depuis une semaine malgré son visa, se voit reprocher son activisme propalestinien. Aux Etats-Unis comme en Israël, des voix s'élèvent contre une forme de «police de la pensée». Liberation.fr 10.10

Totalitarisme. Qui détient le pouvoir ? Qui sert le législateur ? Qui sert le régime ?

- «Pas de McDonald’s à Oléron», chronique d’une défaite annoncée - Liberation.fr 12 octobre 2018

Au bout d’un bras de fer de trois ans entre la mairie de Dolus et McDonald’s, la cour administrative d’appel de Bordeaux a obligé jeudi la municipalité à accorder un permis de construire au géant de la «malbouffe». La commune doit en plus payer 105 000 euros d’astreinte à la multinationale. Liberation.fr 12 octobre 2018

Même pas besoin d'un traité transatlantique et la mise en place d'un tribunal d'exception par les multinationales et à leur service, le ministère de la Justice en France les remplace.

Le totalitarisme a un prix : 2,5 millions de dollars.

- Washington corrompt des parlementaires macédoniens pour obtenir l’adhésion à l’Otan et à l’UE - Réseau Voltaire 9 octobre 2018

Les Macédoniens ont refusé l’adhésion à l’Otan et à l’UE que le gouvernement Zaev leur proposait par référendum, le 30 septembre 2018 [1]. Cependant, le soir même les secrétaires généraux de l’Alliance et de l’Union appelaient à contourner la colère populaire et à poursuivre le processus, cette fois par voie parlementaire [2].

Selon Milenko Nedelkovski, Washington a immédiatement débuté un programme d’achat des voix des députés, révèle le Mina Report [3].

Un responsable du département d’État US, « l’agent Tesla » (alias de Mitko Burceski) a ouvert un bureau dans un appartement de luxe appartenant à Sasho Mijalkov, un cousin de l’ancien Premier ministre macédonien Nikola Gruevski. Les députés s’y rendent un à un pour recevoir 2,5 millions de dollars chacun.

L’opération est pilotée par les ambassadeurs US à Skopje, Jess L. Baily (qui a supervisé l’entrée en guerre de la Turquie contre la Libye et la Syrie), et à Athènes, Geoffrey R. Pyatt (qui organisa le coup d’État de 2014 en Ukraine).

Ils sont parvenus à faire inscrire à l’ordre du jour du Parlement le changement de nom du pays ; condition sine qua non pour l’adhésion à l’Otan et à l’UE. Le vote a été fixé au 16 octobre, c’est-à-dire le jour même de la décision de Justice concernant une dizaine de députés nationalistes poursuivis pour avoir espionné le parti social-démocrate [4]. Le plan des ambassadeurs prévoit de faire lever l’immunité de ces députés de sorte qu’ils ne puissent pas voter. Compte-tenu du nombre de voix achetées, la majorité du Parlement basculera alors mécaniquement en faveur de la proposition du Premier ministre. Réseau Voltaire 9 octobre 2018

[1] « Les Macédoniens se prononcent contre l’adhésion à l’Otan et à l’UE », Réseau Voltaire, 1er octobre 2018.

[2] « Déclaration de l’Otan et de l’UE sur le référendum en Macédoine », Réseau Voltaire, 1er octobre 2018.

[3] “Mitko Burcevski coordinates Cash offers to MPs – $2.5m in duffel bags”, Marija Nikolovska, Mina Report, October 8, 2018.

[4] Des enregistrements illégaux de personnalités politiques ont été opérés entre 2011 et 2014. Personne ne sait par qui et les différents camps se renvoient la balle. Cependant le contenu de 33 enregistrements rendus publics fait apparaître les mœurs d’une classe dirigeante défaillante.

Leur humanisme est la politesse des salauds... Quand l'Arabie saoudite est à la tête du Conseil des droits de l'homme de l'ONU, c'est la barbarie qui est légitimée.

- ONU: élection controversée de Bahreïn, du Cameroun et des Philippines au Conseil des droits de l'homme - AFP 13 octobre 2018

Le Bahreïn, le Cameroun et les Philippines ont été élus vendredi au Conseil des droits de l'homme par l'Assemblée générale des Nations unies... AFP 13 octobre 2018

Une bonne nouvelle toutefois, c'est si rare !

Golan: réouverture lundi du point de passage de Qouneitra entre Israël et Syrie, annonce Washington - AFP 13 octobre 2018

ONU, Israël et Syrie ont conclu un accord pour rouvrir le point de passage de Qouneitra sur le plateau du Golan entre ces deux pays, ont annoncé vendredi les Etats-Unis en demandant aux Israéliens et aux Syriens de faciliter le travail de la mission onusienne de paix dans cette zone. AFP 13 octobre 2018

Totalitarisme. FrançAfrique. L’Organisation internationale de la francophonie atteinte de Francofolie.

- Rwanda Louise Mushikiwabo à la tête de la Francophonie - Liberation.fr 12 octobre 2018

Comme attendu, l’Organisation internationale de la francophonie (OIF) a nommé à sa tête vendredi la Rwandaise Louise Mushikiwabo au détriment de la sortante canadienne, Michaëlle Jean. Ministre rwandaise des Affaires étrangères, elle a été nommée secrétaire générale de l’OIF par consensus lors d’une réunion à huis clos au dernier jour du sommet à Erevan, malgré les nombreuses critiques qui pointent du doigt le peu de cas que le Rwanda ferait des droits fondamentaux et de la défense du français (lire Libération de vendredi). Sa candidature, soutenue par Emmanuel Macron, avait déclenché des levées de boucliers.

Dans une tribune publiée par le Monde fin août, l’écrivaine ivoirienne Véronique Tadjo regrettait cette nomination annoncée alors «qu’au Rwanda, le français a été remplacé par l’anglais comme langue d’enseignement». Certes, mais le français est toujours l’une des langues officielles du pays. Liberation.fr 12 octobre 2018

Certes, Libération cautionne cette nomination, normal elle a été décidée par Macron la marionnettes des oligarques, dont Drahi le propriétaire de ce torchon.

- La présidence française de la francophonie : un scandale français par Pierre Péant - Réseau Voltaire 8 octobre 2018

L’Union africaine et le président français, Emmanuel Macron, soutiennent la candidature de la ministre des Affaires étrangères rwandaise, Louise Mushikiwabo, à la tête de l’Organisation internationale de la francophonie. Pierre Péant revient sur cette démarche incompréhensible, condamnée par la presque totalité des anciens ministres des Affaires étrangères français.

En soutenant la candidature de Louise Mushikiwabo – la ministre des Affaires étrangères rwandaises – à la tête de la Francophonie, Emmanuel Macron élève le French Bashing au sommet de l’État. Il demande aux dirigeants francophones de donner plus de poids à une personne dont la célébrité s’est construite sur la haine de la France, qui ne manque jamais une occasion de taper sur les militaires et les politiques français accusés de complicité de génocide. Une dame qui n’a aucun état d’âme pour justifier enlèvements et assassinats d’opposants à l’étranger.

Au journaliste d’Al Jazeera, qui lui posait en juin 2016 une question sur l’étranglement du colonel Patrick Karegeya dans un hôtel sud-africain, elle répondit : « Pourquoi devrais-je être mécontent pour mes ennemis et les personnes qui nous menacent » (Why should I be unhappy about my enemies and people who threaten ?). Elle a aussi défendu fermement la décision de Kagamé de faire de l’anglais la langue d’enseignement et langue d’administration. Et du Rwanda, le 54ème membre du Commonwealth.

Le 11 septembre 2011, la candidate à la direction de la Francophonie ne déclarait-elle pas à Paris : « c’est un peu un signe des temps. L’anglais est une langue avec laquelle on va plus loin que le français. Sinon le français au Rwanda ne va nulle part ». Et, il y a quatre ans, Louise Mushikiwabo faisait détruire au bulldozer le centre culturel français ! Elle a craché à de nombreuses reprises sur la Justice française qui instruit sur l’attentat contre l’avion de Habyarimana. Le 11 novembre 2016, elle a ainsi menacé de publier « une nouvelle liste de hauts responsables politiques français accusés de complicité dans le génocide de 1994 contre les Tutsis ».

Mais surtout, cette dame est le haut-parleur d’un des pires dictateurs de la planète. Paul Kagamé est élu avec des taux soviétiques, enferme et tue ses opposants, crache sur la liberté de la presse… Les valeurs promues par l’Organisation internationale de la francophonie (OIF) ne sont-elles pas « la démocratie, les droits de l’homme, l’État de droit et la justice » ? Par ce soutien Emmanuel Macron condamne l’OIF et envoie un signal très fort aux dictateurs africains : « le mépris de vos peuples ne remettra pas en cause notre soutien… »

Ce soutien est incompréhensible. Sauf d’imaginer que ses dossiers sont mal faits ou influencés par les lobbies puissants de Kagamé qui ont gangrené les principaux médias français et une partie de l’administration. Il n’y a pourtant pas de grands efforts à fournir pour se procurer des enquêtes indépendantes sur la vraie nature du régime de Kigali. À commencer par le rapport Gersony, qui dès septembre 1994 constatait que l’Armée Patriotique Rwandaise (APR), sous les ordres de Kagamé, s’était livrée à des massacres de masse contre les Hutus. Les Américains aidèrent Kagamé à enterrer ce rapport de l’Onu au point qu’aujourd’hui, il est censé n’avoir jamais existé !

Il y a aussi le rapport Mapping, également rédigé par l’Onu en 2008 et 2009, faisant état de crimes de masse commis en République démocratique du Congo entre 1993 et 2003 par les soldats rwandais. Il n’exclut pas la possibilité d’un génocide. Il y a également la justification par le juge espagnol Merelles du lancement de 40 mandats d’arrêt contre les plus proches collaborateurs de Paul Kagamé (le 6 février 2008), dont je ne citerais que les premiers mots : « Une fois le pouvoir obtenu par la violence, ils ont mis sur pied avec les mêmes méthodes un régime de terreur et une structure criminelle parallèle à l’État de droit… »

Il n’est pas nécessaire de passer beaucoup de temps sur le dossier Rwanda pour comprendre que l’histoire du drame est complètement truquée. Que Paul Kagamé et ses soutiens anglo-saxons ont réussi à imposer que les enquêtes du TPIR soient limitées aux seuls crimes des « génocidaires hutus ». Quelques jours avant le vote d’Erevan pour élire la tête de la Francophonie, un document inédit transmis récemment à la Justice française montre à tous la vraie nature du régime soutenu par Emmanuel Macron. C’est un Rapport du TPIR, daté du 1er octobre 2003 (trente pages) sur les « crimes commis par l’APR ».

Il permet de mieux comprendre Carla del Ponte, ancienne procureure du Tribunal Pénal International pour le Rwanda (TPIR), qui, dans son livre La Traque, les criminels de guerre et moi [1], raconte que ses problèmes ont commencé quand elle décida de mener une enquête sur le Front patriotique rwandais, « parce que le président Kagamé et d’autres leaders tutsis ont basé une grande partie de leur prétention à la légitimité sur la victoire du FPR contre les génocidaires en 1994 […]. Ils ont présenté leur conquête du pays comme une lutte juste pour mettre fin à un génocide ». Et d’expliquer dans le détail que les autorités rwandaises tenaient sous contrôle chaque étape de ses enquêtes.

Au bout du compte, Carla del Ponte fut chassée de son poste par l’administration américaine. Furent ainsi abandonnées toutes les enquêtes sur l’APR. Le document résume le gros travail effectué par l’équipe des Investigations spéciales sur les crimes commis par l’APR pendant l’année 1994.

Ce document est effroyable. Il dégouline du sang des dizaines de milliers de victimes en très grande majorité hutues. Toute la mécanique de la prise de pouvoir par l’APR y est minutieusement décrite. Dix-huit sites de massacres sont recensés. Les techniques d’exécution sont précisément exposées. Sont également analysés le rôle de la DMI (Directorate of Military Intelligence) dans la désignation des victimes et celui des fameux « techniciens » qui dépendaient du Haut commandement de la DMI.

Des commandos qui opéraient habillés en civil, formés à empoisonner l’eau, à tuer avec une corde, avec un sac plastique, à injecter l’huile dans les oreilles, à utiliser l’agafuni, à faire sauter des mines dans des lieux publics… Certains étaient chargés d’infiltrer les interahamwe sur certaines barrières ; « leur rôle était de prendre part aux tueries et d’inciter les interahamwe à commettre davantage de massacres ».

Bref ce rapport met en pièces l’histoire officielle du drame rwandais, telle qu’elle est imposée par le régime de Kigali et ses nombreux soutiens associatifs et médiatiques : un affrontement entre le Bien et le Mal, entre les bons Tutsis et les Hutus génocidaires. Selon ce roman-là, Paul Kagamé aurait mené une guerre de libération nationale, mis un terme au génocide et pris in fine le pouvoir, le 12 juillet 1994, malgré l’aide apportée par les militaires français aux Hutus.

La réalité est évidemment toute autre : le drame rwandais est une guerre civile sauvage entre Tutsis et Hutus, déclenchée en octobre 1990 par une agression armée des Tutsis du FPR, diaspora installée en Ouganda, soutenue par l’armée ougandaise et relancée en 1994 par l’attentat contre l’avion d’Habyarimana… qui déclencha le génocide des Tutsis et des Hutus modérés. Réseau Voltaire 8 octobre 2018

[1] La Traque, les criminels de guerre et moi, Carla del Ponte avec la contribution de Chuck Sudetic, Héloïse d’Ormesson ed., 2009.

En famille. Bienvenue chez les affairistes.

- Emmanuel Maurel quitte le PS - LeParisien.fr12 octobre 2018

Il le confiait souvent : «Mon rêve, c’était d’être premier secrétaire du PS ».

Emmanuel Maurel devrait avec le club politique «Nos causes communes » qu’il a lancé, se rapprocher de La France insoumise de Jean-Luc Mélenchon et probablement obtenir une place sur leur liste pour les élections européennes. Maurel et Mélenchon se connaissent bien et sont très proches. Le premier a été l’attaché parlementaire du second, quand il siégeait au Sénat. LeParisien.fr12 octobre 2018

Ah ben s'il y a une "place"...

Quand les ennemis du socialisme... veulent faire "vivre la flamme du socialisme historique"...

- Marie-Noëlle Lienemann quitte le PS, devenu "un canard sans tête" - AFP 13 octobre 2018

La sénatrice Marie-Noëlle Lienemann quitte le Parti socialiste, devenu selon elle "un canard sans tête", pour un nouveau parti qui sera lancé en 2019, a-t-elle annoncé dans un entretien avec le JDD samedi.

L'ancienne députée européenne dit ne pas envisager que l'élection européenne de mai puisse faire rebondir le PS. "Olivier Faure n'en prend pas le chemin. Le PS est devenu un canard sans tête", estime-t-elle.

Figure de l'aile gauche du PS, Mme Lienemann, animait le courant L'Union et l'espoir avec le député européen Emmanuel Maurel, qui a également annoncé son départ du parti vendredi.

Les deux anciens socialistes vont "créer un nouveau parti qui fera vivre la flamme du socialisme historique plutôt que d'être le gardien des cendres", formation à laquelle ils travaillent avec le Mouvement républicain et citoyen (MRC).

Les deux élus comptent "participer à une dynamique de convergences avec la France insoumise, à un nouveau Front populaire", précise-t-elle. (Le Front populaire négation ou antithèse du socialisme qui partout fraya la voie à la dictature, au fascisme, à la guerre... - LVOG)

"Ce n'est pas un regroupement d'appareil mais une dynamique plus large; bien sûr, Yannick Jadot, Benoît Hamon y ont toute leur place", ajoute-t-elle. (Alors qu'ils tiennent un discours résolument pro-UE, réactionnaire... - LVOG)

"Jean-Luc Mélenchon a dit que la France insoumise était disponible pour rediscuter du programme. Faisons-le!", ajoute l'ancienne élue de l'Essonne, qui animait la Gauche socialiste avec Julien Dray et Jean-Luc Mélenchon au début des années 1990. (On ne se refait pas en effet. - LVOG)

Mme Lienemann affirme qu'Emmanuel Macron "mène une politique de droite" et que "l'extrême droite est à nos portes. Il faut construire une alternative à gauche". (Rien ne distingue le programme ou les objectifs de l'extrême droite et du néolibéralisme qu'incarne Macron, hormis les moyens pour le mettre en oeuvre ou pour les atteindre. Autrement dit l'extrême droite a déjà franchi les portes du pouvoir. Quant à "une alternative à gauche", elle sera forcément de droite puisqu'elle refusera d'affronter ou de rompre avec le régime et ses institutions, la suite vous la connaissez... - LVOG)

L'ancienne ministre du Logement rappelle qu'en 1972, le programme commun avec le PCF, "loin d'avoir fait disparaître le socialisme (...) a permis de conquérir ensemble le pouvoir en 1981." AFP 13 octobre 2018

Il leur a permis d'arriver aux affaires comme l'on dit, d'y rester dans l'opposition parlementaire et d'en vivre bien, quant à rompre avec le capitalisme, la Ve République ou changer de société, vous savez tous ce qu'il en est advenu, apparemment cela ne correspondait pas avec leurs intérêts. - LVOG)

Parole d'Internaute

1- "...notre économie est devenue une table de poker menteur où tous les joueurs trichent, mentent, changent les règles en cours de partie, et où ceux qui ont perdu continuent de jouer avec de fausses cartes pour « se refaire ». Allez donc deviner, dans ce contexte, quand s’arrêtera la partie…"

LVOG - Effectivement les devins, prophètes et charlatans en tous genres sont nombreux...

2- "Les grandes crises ont pour but de décrocher les pays dont on souhaite se séparer, dans le peloton de la croissance.

Qu’une grande crise se prepare (pas toute seule évidemment), est evident. Car avec le mur des ressources qui se rapproche, et un Baril de pétrole deja a 85, le peloton ne peut pas être très fourni. Il faut donc au fur et a mesure que la pente augmente, porter des attaques opportunes, afin que les derniers en course puissent continuer le plus longtemps possible a avancer.

Les crises permettent en autres de rendre au dollar sa valeur refuge, d’attaquer les monnaies émergentes, et d’augmenter la dette qui devient insupportable pour de nombreux pays sauf pour l’Amérique, puisque c’est le monde entier qui porte la sienne. Et de faire redescendre le prix du baril, en raison de la chute la demande. C’est à mon avis le but principal recherché. Cela permet d’empêcher un transfert des richesses des pays consommateurs (qui contrôlent la finance) vers les pays exportateurs de pétrole."

Dans quel monde vivons-nous ? La monstruosité du sionisme. Témoignage.

- Ce que j’ai appris au cours d’une journée passée avec Gideon Levy, le journaliste le plus controversé d’Israël. Par Robert Fisk - Les Crises 10.10

Gideon Levy, Israélien de 65 ans, journaliste à Haaretz.

Extraits.

- « En 1986, j’ai écrit un papier sur une bédouine palestinienne qui avait perdu son bébé après avoir accouché à un poste de contrôle. Elle avait essayé de traverser à trois points de contrôle (israéliens) différents, sans succès, et avait dû accoucher dans sa voiture. Les Israéliens ne l’avaient pas laissée amener le bébé à l’hôpital. Elle avait dû l’amener à pied (!) sur deux kilomètres jusqu’à l’hôpital Augusta Victoria de Jérusalem-Est. Le bébé en était mort. Quand j’ai publié cette histoire - je n’irai pas jusqu’à dire qu’Israël « a retenu son souffle », mais cela a causé un énorme scandale, le gouvernement en a discuté, et deux officiers ont été traduits en justice… »

Par la suite, Levy a révélé dix autres histoires de femmes qui avaient perdu leur bébé à des postes de contrôle israéliens. « Et aujourd’hui, tout le monde s’en moque. Je peux bien les publier, ces histoires n’intéressent plus personne, même ceux qui se donnent la peine de les lire. Cette situation est devenue totalement « normale », totalement justifiée. Maintenant nous trouvons une justification pour tout. La déshumanisation des Palestiniens a atteint un point tel que cela nous est devenu complètement égal. Sans aucune exagération, je peux te dire que si un chien israélien est tué par des Palestiniens, cela fera plus de bruit dans les médias israéliens que si 20 jeunes Palestiniens de Gaza sont abattus - sans raison - près de la clôture de séparation par des tireurs de Tsahal. La vie des Palestiniens a perdu toute valeur. Il existe tout un système de diabolisation, de déshumanisation, tout un système pour justifier que “nous” avons toujours raison et que nous ne pouvons jamais avoir tort. »

- ...les libéraux vous trouvent des tas d’arguments rien que pour avoir la conscience tranquille et ne pas se sentir gênés : “Tu ne peux pas savoir ce qui s’est passé là-bas, tu n’y étais pas, et tu sais, tu ne vois qu’un aspect de la question…” Et il est devenu très difficile de raconter ces histoires, c’est le plus frustrant. Ils voient des tireurs d’élite abattre un enfant qui agitait les bras. À la télé, ils montrent des soldats abattant une infirmière en uniforme d’infirmière, une jolie infirmière. Ils voient une enfant de 15 ans aller en prison pendant huit mois pour avoir giflé un soldat. Et ils justifient tout ! »

- « Le pire fléau que nous ayons à combattre est l’indifférence. L’apathie, qui est si répandue en Israël. Alors, si j’arrive à les secouer, même un peu, à leur faire peur, à les mettre en colère contre moi… tu sais, je pense souvent que si je les mets si en colère, ça montre qu’au fond de leur conscience, ils savent que la maison brûle, que quelque chose a mal tourné. Mais il arrive qu’on ait peur, surtout la veille de la publication d’un article. Je me dis toujours : “Oh, ne suis-je pas allé trop loin cette fois-ci ?” Et puis, quand je me relis, je me dis toujours : “J’aurais dû taper plus fort ! Je pense toujours que je ne suis pas allé assez loin.”

- « La seule chose qui me manque vraiment – c’est très personnel – j’avais ramené mes meilleures histoires de la bande de Gaza. Ça fait maintenant 11 ans qu’on m’empêche d’y aller – parce que, depuis 11 ans, Israël ne laisse plus les Israéliens entrer à Gaza, même s’ils ont la double nationalité. Même s’il était possible d’aller à Gaza, très, très peu d’Israéliens s’en donneraient la peine. Peut-être que le Hamas les empêcherait de passer. C’est une décision du gouvernement israélien contre laquelle les journalistes israéliens n’ont jamais protesté – sauf moi. Parce qu’ils s’en fichent – le porte-parole de l’armée [israélienne] leur dit tout ce qu’ils doivent savoir – pourquoi se donneraient-ils la peine d’aller à Gaza ?”

- « Écoute, on parle maintenant de 700 000 colons juifs. Il n’est pas réaliste de penser que quiconque va faire évacuer 700 000 colons. Et sans une évacuation totale, aucun État palestinien n’est viable. Tout le monde le sait et tout le monde répète la même rengaine parce que ça arrange tout le monde – l’Autorité palestinienne, l’UE, les USA – “deux États, deux États”, et comme ça on peut maintenir l’occupation encore pendant cent ans, à penser qu’il y aura un jour une solution à deux États. Ça n’arrivera plus jamais. Nous avons manqué ce train-là, et il ne repassera jamais. »

- « Regardons les choses en face – maintenant c’est dans les réseaux sociaux que ça se passe. Notre journalisme se meurt. Il suffit maintenant de savoir écrire un tweet très sophistiqué. Et pour ça, on n’a besoin de se déplacer – on peut rester assis dans son salon avec un verre de whisky, et on peut être très, très sophistiqué, avec un peu d’humour, et beaucoup, beaucoup de cynisme – parce que c’est ça, le problème principal. Je veux dire que les journalistes, sauf une toute petite poignée, ne s’intéressent qu’à une chose : se faire mousser. Je suppose qu’il y a des exceptions. Je n’en connais pas en Israël. Je n’en connais pas en Cisjordanie. Il y a des militants. Il y a beaucoup de jeunes militants, vraiment adorables. »

- « Israël est en train de devenir une des pays les plus ignorants de la planète, »

- « Quelqu’un a dit qu’il vaut mieux maintenir les gens dans l’ignorance… La jeune génération ne sait rien sur rien. Essaie de parler à des jeunes d’ici – ils sont ignares. Même les choses les plus élémentaires : demande-leur qui était Ben Gourion, demande leur qui était Moshe Dayan. Demande-leur ce qu’est la “Ligne Verte”. Demande-leur où est Jénine. Rien. Même avant qu’on leur lave le cerveau, l’ignorance crasse – une partie de ce qu’ils savent est totalement faux. »

- « Parle à un jeune Israélien moyen : un garçon de café européen parle mieux l’anglais que lui, » affirme-t-il. Ce que les jeunes Israéliens savent sur l’Holocauste et les voyages à l’étranger « consiste principalement en un voyage scolaire à Auschwitz, au cours duquel on leur a expliqué que la puissance est la seule chose qui compte – la puissance militaire, c’est la seule garantie, rien d’autre que la puissance militaire ; et qu’Israël a le droit de faire tout ce qu’il veut après l’Holocauste. C’est ce qu’on leur apprend. Mais ça n’a aucun rapport avec le savoir. »

- il y a « une frange étroite d’intellectuels brillants », mais une étude récente a montré que la moitié des jeunes Israéliens reçoivent une éducation digne du Tiers Monde. Nous – et ici je m’inclus dans la génération de Levy– sommes venus au monde après « des événements très dramatiques ». La Seconde Guerre mondiale. Dans ce cas précis, la fondation de l’État d’Israël. Ses parents, en fuyant l’Europe, « se sont sauvés à la dernière minute ».

« Nous avions le poids de l’histoire à porter, et il n’existait ni Twitter ni Facebook pour l’effacer. Aujourd’hui c’est plus vide, en fin de compte, en termes d’évènements historiques. Même dans cette région du monde. Que se passe-t-il ici ? Rien – ou toujours la même chose. Cinquante années d’occupation, mais rien d’essentiel n’a changé. Le cadre reste exactement le même… bien sûr, il y a plus de colonies, bien sûr, l’occupation est plus brutale, et bien sûr, on a moins le sentiment que ce n’est que provisoire. Il est désormais très clair que ce ne sera pas provisoire. Ça fait partie de la nature même d’Israël. »

- J’ai demandé à Levy si le système électoral représentatif n’était pas ce qui vaut à Israël ces coalitions gouvernementales consternantes. « Elles sont ce que nous sommes, » répond-il d’une voix lugubre. « Et Israël est très nationaliste, très à droite et très religieux – bien plus qu’on ne le pense – et le gouvernement israélien est un reflet très fidèle du peuple israélien. Et Netanyahou est la meilleure vitrine d’Israël. Il est bien trop éduqué pour Israël – mais à ses yeux, c’est ça, Israël. La puissance, la puissance, la puissance – préserver le statu quo pour l’éternité, ne jamais faire confiance aux Arabes. Ne croire en aucun accord possible avec les Arabes, jamais. Et vivre uniquement de l’épée, dans un état de guerre total. »

- Les rapports avec les USA sont simples. « Je ne sais pas si les gens se rendent compte à quel point Netanyahou dicte leur politique aux USA. Tout ce qu’ils décident aujourd’hui – l’UNRWA [l’Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine], toutes les coupes budgétaires – tout ça vient d’Israël. Trump s’en moque. Tu crois qu’il savait ce qu’était l’UNRWA avant cela ? Le racisme est devenu politiquement correct. » Alors, à quel moment est-ce que ça a dérapé ? « Tout d’abord, en 1967, ce fut la plus grande faute. C’est là que tout commence. Si tu veux, tu peux dire 1948 – parce que 1948 ne s’est pas arrêté en 1948, jamais. Nous aurions vraiment pu ouvrir un nouveau chapitre. » Les Crises 10.10

En complément.

- Gaza: sept Palestiniens tués, Israël ordonne l'arrêt des livraisons de fioul - AFP 13 octobre 2018

Israël a ordonné l'arrêt des livraisons de fioul à la bande de Gaza en réaction à une nouvelle journée de violences à la frontière entre l'Etat hébreu et cette enclave palestinienne où sept Palestiniens ont été tués vendredi. AFP 13 octobre 2018

Commentaires d'internautes

1- "“C’est la connaissance qui libère”.

A lire cet entretien, je me dis que, en Israël comme ailleurs dans le monde, ceux qui ont intérêt à maintenir l’espèce humaine en esclavage l’ont très bien compris."

2- "Dans l’Histoire, jamais un pays à la fois raciste, ségrégationniste et colonialiste n’a pu perdurer en l’état. Israel, pendant 60 ans a vécu sur la sympathie qu’il inspirait dans le monde occidental.

Aujourd”hui, le roi est nu, méprisé, détesté, haï.

Personne ne peut nourrir de sympathie pour un état qui utilise des canons, des chars et des bombes contre une population civile, surtout au nom de la race.

Personne ne peut nourrir de respect pour un état qui aligne des dizaines de snippers derrière une butte et donne l’ordre d’assassiner posément des enfants et des femmes, des ados qui ne représentent aucun danger par centaines.

Beuuurk.

Il ne tient que par la force.

Et la force ne dure pas.

Personnellement, j’ai adoré Israël. Aujourd”hui il me donne envie de vomir."

3- "La conception américaniste de l’Europe occupée a vidé les cerveaux, éviscéré la diversité culturelle et anesthésié les consciences.

Vive le popcorn, le porno, les bagnoles, les discos, les burgers OGM-hormonés, la connexion GSM “smartisée” aux réseaux vide-ordures narcissiques, les treks labellisés, la dope sous toutes ses formes, la rubriques des chiens écrasés qui ne devraient pas l’être : des hallucinés asexués, lobotomisés et pleurnichards embarqués dans un monde fictionnel.

On n’a jamais tant parlé de “valeurs” depuis qu’elles ont été évacuées par un système exclusivement centré sur le fric, les rapines, le viol des corps et des consciences scientifisé."

Auraient-ils jeté leur dévolu sur Philippe II ?

- Remaniement : pourquoi ça coince entre Emmanuel Macron et Edouard Philippe - LeParisien.fr 11.10

Mais que se passe-t-il donc entre Emmanuel Macron et Édouard Philippe ? Il y a encore trois jours, les macronistes misaient sur un calendrier réglé comme du papier à musique... LeParisien.fr 11.10

- Remaniement : la machine s'enraye - LeFigaro.fr 11.10

Emmanuel Macron et Édouard Philippe peinent à constituer la nouvelle l'équipe gouvernementale. LeFigaro.fr 11.10

La Ve République, bientôt un club d'échangistes ?

- Le président de l'Inserm Yves Lévy nommé conseiller d'État extraordinaire - AFP 11.10

Le médecin et scientifique Yves Lévy, à la tête de l'Inserm depuis 2014 et mari de la ministre de la Santé Agnès Buzyn, a été nommé mercredi conseiller d'Etat extraordinaire, à l'issue du conseil des ministres, sur proposition de la garde de sceaux. AFP 11.10

En famille ils osent tout. Quand les faussaires crient à "la manipulation de l'information", on est en présence d'une mystification ou d'une imposture.

Grille de lecture.

Quand on sait que quotidiennement les médias se livrent à un traitement de l'information qui relève en réalité de la désinformation, et que par ailleurs ils censurent ou écartent les voix discordantes ou tous ceux qui osent poser des questions qui suggèrent qu'elle serait faussée ou erronée en employant des méthodes scélérates et violentes, quand ils en arrivent à légiférer pour dicter de quelle manière l'information doit être traitée, ils se transforment en inquisiteurs ou en procurateurs digne d'un régime autoritaire ou totalitaire.

Tous ceux qui soutiendront ce processus en seront les complices.

Quand on entend dire par Françoise Nyssen que "le premier rempart contre la désinformation et la manipulation de l'information restent les médias et les journalistes", c'est tellement grotesque, qu'on en reste interdit. Du coup, on se demande comment cela est-ce possible qu'elle puisse s'exprimer de la sorte, comme si personne ne viendra la désavouer ou la contredire ou comme si elle ne le craignait pas, parce que les médias et pas seulement la protège, de telle sorte que son discours semblera légitime ou tout du moins correspondre à la réalité, la sienne, celle de son camp, de son clan, de sa bande, du gang mafieux qui détient le pouvoir au sommet du capitalisme.

Si c'est possible, ce n'est pas seulement parce que la voix de l'opposition de gauche serait bâillonnée ou censurée, c'est surtout parce qu'elle est trop faible ou l'opposition de gauche est désorganisée. Quand Internet et la télévision n'existaient pas, il était possible d'atteindre de larges couches des masses, et maintenant on n'y arrive plus, c'est donc qu'on a déserté les moyens qu'on employait autrefois pour les atteindre, et qu'on ne vienne pas nous dire qu'ils étaient archaïques, car aller à la rencontre des travailleurs pour discuter avec eux et leur proposer différentes formes d'actions, est aussi légitime que d'employer les médias pour faire connaître quelle politique on applique, les militants qui vont à leur rencontre leur proposent une autre politique, si cela est archaïque, autant arrêter de militer tout de suite.

Il faut donc remettre les choses à leurs places.

Si maintenant les travailleurs lisent moins ou sont moins intéressés par un support papier et préfèrent passer par un écran pour s'informer, et bien il faut leur proposer notre politique par le biais de ce support en allant bien au-delà, car on peut développer notre programme et exposer nos idées quasi quotidiennement pour que chacun puisse en vérifier la validité, la cohérence, le sérieux, on peut les confronter à l'actualité, aux faits, en faire l'expérience, ce qui ne peut que renforcer nos convictions et notre détermination, ce qu'on transmet aux lecteurs pour lesquels nous sommes uniquement animés de bonnes intentions, en l'invitant à en faire de même.

Les médias transmettent l'idéologie des exploiteurs et des oppresseurs, nous, nous transmettons l'idéologie des exploités et des opprimés, ensuite tout le reste est une question de représentations, l'ensemble des instruments ou des institutions qui vont relayer cette idéologie, dès lors on comprend pourquoi on doit s'organiser, on doit disposer d'un parti révolutionnaire, d'une méthode, d'une théorie et d'un programme qui incluent la perspective d'institutions, contrairement aux anarchistes qui prétendent qu'on pourrait s'en passer, alors qu'il a été prouvé que c'était impossible.

- La loi contre les "fake news" adoptée par l'Assemblée nationale - Le HuffPost 10 octobre 2018

Protectrice ou liberticide? L'Assemblée nationale a voté dans la nuit du mardi 9 au mercredi 10 octobre en nouvelle lecture les propositions de loi controversées contre "la manipulation de l'information" en période électorale. La proposition de loi ordinaire a été adoptée par 45 voix contre 20.

Mais, "le premier rempart contre la désinformation et la manipulation de l'information restent les médias et les journalistes", a souligné Françoise Nyssen en annonçant le lancement d'une mission en vue de la création d'un "conseil de déontologie de la presse", confiée à l'ex-PDG de l'AFP Emmanuel Hoog.

"Ce sujet n'existe pas. C'est une mauvaise plaisanterie", a tonné le leader des insoumis Jean-Luc Mélenchon pour qui la loi sur la presse répond déjà à la diffusion des fausses nouvelles. L'ancien candidat à la présidentielle s'est en revanche félicité de voir sa proposition de création d'un conseil de déontologie de la presse reprise tout en s'interrogeant sur les suites de la mission Hoog: "Est-elle faite pour enterrer le sujet ou pour le servir?" Le HuffPost 10 octobre 2018

- Mélenchon voulait un conseil de déontologie pour la presse, Nyssen y est favorable - Le HuffPost 10 octobre 2018

Quel opposant !

C'est pas moi, c'est l'autre. A qui profite le crime ?

- Pas-de-Calais : une «liste noire» de salariés sème le trouble chez Roquette - Liberation.fr 10 octobre 2018

Un document envoyé par mégarde à des employés du géant de l'amidon par un cabinet de consultant externe révèle un fichage des personnes travaillant sur le site de Lestrem.

Marie Battaglia, chargée de communication pour le groupe en France, se présente à l’entrée du site de Lestrem. «Il n’y a pas de liste noire chez Roquette», répète-t-elle. Elle tend un papier sans en-tête. On y lit : «Nous découvrons qu’un consultant a agi de manière inappropriée […] et a établi un document non demandé par Roquette.» La société a, depuis, déclenché une enquête interne.

Lors du comité social extraordinaire qui s’est tenu dans la matinée, les représentants du personnel voulaient en savoir plus sur la finalité d’un tel document. «S’agirait-il d’une première étape d’un plan de départ massif ?» s’interrogent-ils. Dans son compte rendu de réunion, la CFDT indique que l’entreprise exclut tout plan social. Ce qu’a confirmé un peu plus tard un communiqué de la direction. Liberation.fr 10 octobre 2018

Quand les chiens de garde du régime veillent... à l'ordre établi.

Quand les cadres de Force Ouvrière sont fichés en interne - Le HuffPost 10 octobre 2018

Plus d'une centaine de responsables FO ont été fichés dans un document interne, affublés de qualificatifs type "niais", "franc maçon" ou encore "trop intelligent pour entrer au bureau confédéral", selon Le Canard Enchaîné à paraître mercredi 10 octobre.

"Cet épais fichier a été constitué en octobre 2016 par des proches de Pascal Pavageau, le nouveau patron de FO, alors en lice pour remplacer Jean-Claude Mailly", écrit l'hebdomadaire, et concerne "126 responsables" du syndicat.

"Bête", "mauvais", "faux", "complètement dingue", "niais", "franc-maçon (...) mais aussi "apprécié par PP (Pascal Pavageau), "déteste JCM (Jean-Claude Mailly)", "trop intelligent pour le faire entrer au bureau confédéral"... ces commentaires étaient inscrits à côté des noms.

Interrogé par l'hebdomadaire, Pascal Pavageau, secrétaire général de FO a expliqué qu'il s'agissait d'une "belle connerie" et d'une "grave erreur". "Pour moi, c'était un mémo, de l'ordre de la prise de notes, mais je n'avais jamais vu ni avalisé le résultat, qui est truffé d'âneries, de raccourcis". Le HuffPost 10 octobre 2018

Ah ces syndicats indépendants !

Ouf, c'est possible !

- La réduction des inégalités, une question de volonté politique - Liberation.fr 10 octobre 2018

Le dernier rapport d'Oxfam publié ce mardi mesure l'effet des politiques publiques sur les écarts de richesse. Et invite les gouvernements à adopter une fiscalité progressive et un haut niveau de dépenses sociales. Liberation.fr 10 octobre 2018

A tous ceux qui vivent dans des cités ghettos, des HLM concentrationnaires, pas vraiment.

- Pamela Anderson en cage pour dénoncer les conditions d’élevage des animaux - sputniknews.com 10.10

Des personnalités politiques, des «people» comme Pamela Anderson et des membres d’associations ont décidé de s’enfermer derrière des barreaux, place de la République, afin de dénoncer l’élevage d’animaux en cage, une pratique régulièrement pointée du doigt pour sa cruauté par les associations de défense animale.

Selon les données de l'ONG CIWF, à l'origine de ce happening baptisé «Pour une nouvelle ère sans cage», 370 millions d'animaux, dont près de 90 millions en France, sont élevés dans des cages à travers l'Europe.

«Aucun animal ne mérite de vivre dans une cage ou être tenu en captivité pour notre divertissement, pour notre nourriture ou pour notre consommation. J'adore cette initiative, car personne ne peut tenir en cage plus de deux minutes, pourtant les animaux vivent toute leur vie dans une cage», explique Pamela Anderson.

Cette action symbolique, place de la République, était surtout l'occasion pour 130 ONG de lancer une initiative citoyenne européenne (ICE) pour mettre fin à cette pratique. sputniknews.com 10.10

Attention, la pourriture et la vermine se recyclent !

- Le SPD allemand veut financer la pornographie féministe - Slate.fr 10.10

- Les Verts, l'autre parti qui monte en Allemagne - AFP 10.10

Ils n'avaient jamais été aussi haut dans les sondages depuis 2011 et Fukushima... AFP 10.10

Aux laudateurs de la "grandeur", de "l'indépendance de la France".

- Essais nucléaires en Polynésie : plainte contre la France pour crimes contre l’humanité - LeParisien.fr 10 octobre 2018

Les indépendantistes polynésiens font valoir que les essais nucléaires menés pendant 30 ans sont à l’origine de très nombreux décès.

De 1966 à 1996, les atolls polynésiens de Mururoa et Fangataufa ont été le théâtre de 193 essais nucléaires français. Ils ont eu des effets sur la santé des populations et sur l’environnement, ce qui vaut aujourd’hui à la France d’être mise en accusation. Le 2 octobre, une plainte a été déposée devant la Cour pénale internationale pour crimes contre l’humanité.

« Nous le devons à toutes les personnes décédées des conséquences du colonialisme nucléaire », a expliqué l’indépendantiste Oscar Temaru, ex-président de la Polynésie, qui a annoncé ces poursuites lors d’une réunion à l’ONU. Déjà en 2016, une première plainte pour crime contre l’humanité avait été déposée par l’église protestante polynésienne.

En 2010, une loi a instauré un dispositif d’indemnisation pour les victimes dans cet archipel français du Pacifique qui compte 270 000 habitants. Mais le compte n’y est pas pour les associations de vétérans touchés par des maladies induites.

Selon Oscar Temaru, « cette poursuite en justice a pour objectif de demander des comptes à tous les présidents français vivants depuis le début des essais nucléaires contre notre pays. »

« Les essais nucléaires français ne sont que le résultat direct d’une colonisation, poursuit l’indépendantiste polynésien. Contrairement au discours français, nous n’avons pas accepté d’accueillir ces essais, ils nous ont été imposés avec la menace directe de l’établissement d’une gouvernance militaire si nous refusions. »

Le dirigeant indépendantiste précise qu’un « dialogue responsable » avait été recherché depuis 2013 avec « la puissance administrative » sous la supervision des Nations unies mais que la France les avait ignorés. LeParisien.fr 10 octobre 2018

La véritable nature de l'ONU bientôt dévoilée (sic!).

- Démission surprise de Nikki Haley, l'ambitieuse ambassadrice de Trump à l'ONU - AFP 10.10

L'ambitieuse ambassadrice des États-Unis aux Nations unies, Nikki Haley, femme la plus en vue du gouvernement de Donald Trump, a annoncé sa démission, à la surprise générale, la dernière d'une longue série parmi l'équipe stratégique du président.

M. Trump a précisé que la démission serait effective "à la fin de l'année" et qu'il dévoilerait le nom d'un successeur "d'ici deux ou trois semaines". AFP 10.10

- Trump songe à Dina Powell pour remplacer Nikki Haley à l'Onu - Reuters 10.10

Donald Trump a déclaré mardi soir qu'il songeait à l'ancienne dirigeante de Goldman Sachs et conseillère de la Maison blanche, Dina Powell, pour succéder à Nikki Haley comme ambassadrice des Etats-Unis à l'Onu. Reuters 10.10

Espionite aiguë et vassalité

- Etats-Unis : un espion chinois extradé depuis la Belgique - LeParisien.fr 10.10

Les Etats-Unis ont à nouveau marqué leur fermeté dans un contexte diplomatique tendu. Le pays a annoncé mercredi l’inculpation d’un espion chinois, arrêté en Belgique et extradé vers le territoire...LeParisien.fr 10.10

- Séoul ne lèvera pas ses sanctions contre Pyongyang sans aval US, dit Trump - Reuters 10.10

Donald Trump a déclaré mercredi que la Corée du Sud ne lèverait pas les sanctions imposées à la Corée du Nord sans l'accord des Etats-Unis, après que la ministre sud-coréenne des Affaires étrangères a dit envisager de réduire les sanctions contre Pyongyang... Reuters 10.10

Ils osent tout.

Leur humanisme est la politesse des salauds...

- Un italien qui vient en aide aux migrants remporte le Prix citoyen européen - euronews 10.10

- Prix Sakharov: le cinéaste Sentsov, le militant marocain Zefzafi et des ONG finalistes - AFP 10.10

Le cinéaste ukrainien emprisonné Oleg Sentsov, le militant marocain incarcéré Nasser Zefzafi et un groupe d'ONG qui portent secours aux migrants en Méditerranée sont les trois finalistes du prix Sakharov 2018, a annoncé mardi le Parlement européen. AFP 10.10

Dehors !

- Indonésie: les équipes de sauveteurs étrangers dénoncent des entraves à leur action - AFP 10.10

Plusieurs ONG ont dénoncé mardi les restrictions d'accès imposées par les autorités indonésiennes aux équipes étrangères de sauveteurs, interdites d'intervenir directement en soutien aux populations des Célèbes touchées par le séisme et le tsunami qui ont fait quelque 2.000 morts. AFP 10.10




INFOS EN BREF

POLITIQUE

Venezuela

- Caracas sous pression après la mort d'un opposant en prison - AFP 10.10

De l'ONU à l'Union européenne en passant par l'Organisation des États américains, les demandes d'enquête indépendante se multiplient après la mort de l'opposant vénézuélien emprisonné Fernando Alban, un suicide selon les autorités, un assassinat pour l'opposition.

Fernando Alban, 52 ans, était emprisonné depuis vendredi dans l'affaire de l'attaque présumée aux drones explosifs contre le président Nicolas Maduro. Lundi, il "a demandé à aller aux toilettes et une fois là-bas, il s'est jeté dans le vide depuis le dixième étage", a affirmé le procureur général Tarek William Saab, qui a annoncé une "enquête complète".

Le parti de Fernando Alban, Primero Justicia (La Justice d'abord), a dénoncé un "assassinat". "Nous tenons pour responsable Maduro et son régime tortionnaire", a-t-il indiqué dans un communiqué.

Le secrétaire général de l'Organisation des Etats Américains (OEA), Luis Almagro, a condamné le décès de l'opposant, incriminant sur Twitter "la responsabilité directe d'un régime tortionnaire et meurtrier".

L'ambassade des États-Unis à Caracas a qualifié de "suspect" le décès de l'opposant, qui constitue, selon elle, "une nouvelle violation des droits de l'Homme".

"Jusqu'à hier (dimanche), on savait qu'il était serein. Il avait même envoyé des directives à son équipe pour continuer à travailler en faveur des pauvres", a souligné l'archidiocèse de Caracas, très critique du gouvernement. Le conseiller municipal participait à des oeuvres sociales au côté de l'Église. AFP 10.10

Syrie

- Défense russe: des bonbonnes de chlore tombent entre les mains de Daech en Syrie (vidéo) - sputniknews.com 10.10.2018

Des terroristes de Daech* se sont emparés de deux bonbonnes de chlore en Syrie en raison des actions irresponsables des pays occidentaux, d'après le Centre russe pour la réconciliation des parties en conflit en Syrie. Le ministère russe de la Défense a publié une vidéo où l'on voit le moment du vol.

Deux bonbonnes de chlore sont tombées entre les mains des terroristes de Daech* en Syrie lors d'une attaque contre les radicaux du Front al-Nosra* à Latamna, a annoncé le Centre russe pour la réconciliation des parties en conflit en Syrie.

«Une bande pro-Daech* a mené une attaque mardi 9 octobre contre un poste de commandement du groupe terroriste Hayat Tahrir al-Cham. Quatre radicaux et deux membres des Casques blancs ont été tués. Deux bonbonnes de chlore ont été retirées du poste de commandement», a indiqué le centre dans un communiqué.

Les bonbonnes volées ont été transportées dans le sud du gouvernorat d'Alep et remis «aux terroristes du groupe Hurras ad-Din», d'après le communiqué.

Le ministère russe de la Défense a mis en ligne une vidéo où l'on voit un tracteur jaune retirer les bonbonnes d'une cave.

Selon Vladimir Savtchenko, chef du centre russe, les agents toxiques se sont retrouvés entre les mains des terroristes en raison des actions irresponsables des représentants des pays occidentaux.

«Les pays occidentaux, qui préparent des provocations contre les troupes gouvernementales syriennes avec le concours de bandes, ne tiennent pas compte de la complexité de la situation dans la zone de désescalade d'Idlib. Ces actions irresponsables ont permis aux terroristes de Daech* de se procurer des agents toxiques», a noté M.Savtchenko. sputniknews.com 10.10.2018


Le 9 octobre 2018

CAUSERIE ET INFOS

Causerie au format pdf (47 pages)

Le mot du jour : Quand une affirmation ou une simple accusation a valeur de preuve, c'est que l'extrême droite est déjà au pouvoir...

Première partie

A propos des photos de la page d'accueil qui illustrent l'actualité politique.

- L'image des Palestiniens, il va falloir que je la retire, il n'y a pas une seule femme pour se faire tirer de dessus, la parité n'est pas respectée, y compris celle des cadavres !

La salle de l'Assemblée générale de l'ONU fait penser à la coque d'un bateau retournée.

Vegan ou le nouveau totalitarisme.

- Samedi 6 octobre sur C8, dans "Les Terriens du samedi!", il devait y avoir un débat opposant "des vegans à des défenseurs de la consommation animale", sauf qu'il n'a pas pu avoir lieu, les deux représentantes du véganisme s'étant mises à beugler et à monopoliser la parole, forçant l'animateur Laurent Baffie à intervenir : "Si vous voulez vous faire entendre, il faut parler moins fort, parce que vous criez et on ne vous écoute plus". (Source : huffingtonpost.fr 06.10)

Il fallait être "naïf" pour être de gauche, un cruel et dramatique euphémisme ! Mais cela en arrangeait plus d'un.

1- Oui, et le Guardian (j’en fut un lecteur régulier) muté en ImMonde continue à défendre le criminel Tony Blair et cette défense hypocrite du CPI est d’abord une attaque exprimant le regret de l’échec de la totalement belliciste et corrompue Hillary Clinton. Ce qui n’empêche que Bolton est aussi répugnant, issu du même marécage Washingtonnesque.

2- Votre commentaire a remué un couteau dans une plaie: il fut un temps déjà lointain où écoeuré par Libération et déçu par Le Monde j’allais chercher de l’information de qualité (pensais-je) sur le Guardian…Quel naïf. Il bien fallu se rendre à l’évidence.

3- Moi aussi, Alfred, je lisais parfois le Guardian… Comme j’ai lu fidèlement Marianne à partir de la guerre du Kosovo, et avec un désappointement croissant jusqu’en 2011, où j’ai arrêté… Il est dur de se défaire d’une addiction.

LVOG - J'ignore quel torchon ils lisent désormais, de gauche évidemment, c'est à se demander si un jour ils comprendront qu'ils se sont totalement fourvoyés depuis le début.

Confirmation. Comme quoi la population n'en a strictement rien à foutre !

- Roumanie: le référendum contre le mariage gay boudé - L'Express.fr 07.10.2018

Le seuil de 30% doit être atteint pour valider le résultat. Au premier jour du scrutin, à peine 5% des électeurs ont voté. L'Express.fr 07.10.2018

Vous devriez imiter l'un des fondateurs d'Apple

- (Un internaute) Quand on voit que Steve Jobs interdisait à ses enfants l’usage des tablettes, on voit mieux le delta entre cette volonté “d’éduquer” les masses et la volonté de préserver ses propres enfants des risques de l’usage de ce type de technologie :

https://www.lepoint.fr/high-tech-internet/les-enfants-de-steve-jobs-prives-d-ipad-20-09-2014-1865015_47.php http://www.psychologies.com/Culture/Ma-vie-numerique/Articles-et-Dossiers/Trop-d-ecrans-l-alerte/Trop-d-ecrans-

les-risques-pour-les-enfants

Tout est fait pour que personne n'adopte le socialisme.

- Les intellectuels et les membres des classes moyennes en général, et au-delà tous ceux parmi eux qui se réclament de la gauche, estiment que leur destin est indissociable de celui du capitalisme, ils ont réussi à se persuader qu'il n'existait aucune alternative au capitalisme, parce qu'ils pensent que le socialisme aurait échoué.

Force est de constater que rien n'est fait pour tenter de les persuader du contraire ou qu'ils auraient été induits en erreur, comme si les arguments pour le démontrer faisaient défaut ou manquaient de cohérence pour être pris au sérieux et les amener à y réfléchir à nouveau, ce qui leur servira de prétexte pour y renoncer ou ne pourra que les conforter dans leur attitude. Cela vaut également pour la plupart des militants et des syndicalistes.

Je fais le pari que sur les quelques 10.000 militants de ce qu'on appelle l'avant-garde du mouvement ouvrier, il y en a peut-être quelques dizaines seulement et encore, qui sachent ou qui soient capables spontanément de vous expliquer en quelques mots sur quels facteurs repose le socialisme...

Un conseil.

- Quand on étude le capital, il faut veiller à ne pas confondre quantité et valeur...

Une méthode pour progresser rapidement.

- Sérieusement, je sens que cela va en choquer plus d'un que je continue d'étudier à mon âge, quel ignorant ce mec-là, et il ose nous faire la leçon par dessus le marché, on aura tout vu, remarque sans doute motivée par ceux qui en état de grâce ont accédé à la vérité révélée.

Au cours des 40 dernières années, j'ai eu l'occasion de lire ou plutôt de parcourir l'essentiel du Capital de Marx et Engels. Je n'ai jamais tout lu, j'ai laissé de côté une grande partie du tome II, en revanche j'ai lu et étudié les deux autres tomes. Cependant je ne m'étais pas doté d'une méthode pour l'aborder, par conséquent, autant avouer que je n'en ai pas retenu grand chose en dehors des grandes lignes, il faut bien dire aussi que je n'ai jamais trouvé quelqu'un que cela passionnait ou pour en discuter.

M'y étant remis une énième fois avant-hier à la suite de lecture d'un article de presse, comme très souvent au cours des 17 dernières années j'ai commencé à prendre des notes ou à copier/coller certains passages dans un bloc-notes à l'ordinateur, puis voyant qu'ils s'accumulaient, j'en déduisis que si je voulais progresser ou m'en servir plus tard, ce serait impossible tellement ces notes étaient désordonnées.

Et c'est là que me vint une idée lumineuse, je me suis dis que pour pouvoir aborder n'importe quelle section du capital sans m'embrouiller entre capital total, fixe, constant, circulant, variable, taux de plus-value et taux de profit, etc. bref pour fixer dans ma petite tête les éléments clés du capital, je devais rassembler les passages les plus significatifs et les plus brefs en les classant par catégorie, ce qui me permettrait si nécessaire en quelques secondes de me remémorer ce que j'aurai oublié, ma mémoire étant défaillante et devenant vieux.

J'y ai consacré une grande partie de mon après-midi et je n'ai pas terminé, ensuite je ferai un tri. Plus tard dans la soirée avant de regarder un film, en y repensant, je me suis dit que j'aurais dû y penser plus tôt, d'autant plus que dans le passé j'avais toujours procédé ainsi, mais c'était à l'aide d'un cahier et d'un stylo.

Mon souci, c'était dans l'avenir de ne pas commettre de contresens en employant ces facteurs aux multiples implications et d'en avoir en permanence à l'esprit la définition la plus juste possible, ce qui peut sembler simple au premier abord, mais trompeur, surtout quand Marx ou des auteurs qu'il cita employaient parfois capital fixe pour capital constant par exemple, parce qu'il faisait une distinction entre les bâtiments et les machines, ou parce que certains auteurs mélangeaient tout, ou quand il abordait la partie du capital variable présent dans le capital constant, bref. Et je me suis aperçus qu'en procédant de la sorte, tout soudain devenait beaucoup plus clair ou accessible, c'est là que je voulais en venir.

Il suffisait de savoir très précisément à quoi correspondait chaque élément contenu dans un ensemble pour en comprendre pratiquement spontanément le fonctionnement ou à quoi il était destiné. Si je décris les éléments constitutifs d'un objet et sa fonction, automatiquement on va savoir à quoi je fais référence, un ventilateur, un scooter ou une fusée par exemple, mieux, et comment cela fonctionne, pas forcément en détail mais c'est suffisant dans la plupart des cas pour comprendre son fonctionnement, ce qu'on a absolument besoin pour aborder le capitalisme sereinement, sans appréhension, pour ensuite développer notre argumentation politique.

J'ai donc testé cette méthode, et je peux dire qu'elle est très efficace. Le matérialisme dialectique est une méthode efficace et incontournable pour interpréter le monde dans lequel nous vivons, mais elle n'est pas l'unique méthode. Le matérialisme dialectique relève de la logique pure en quelque sorte, il traduit un processus qui existe à l'état naturel, alors que la méthode que je viens de décrire est un procédé logique qui correspond à quelque chose que les hommes ont conçu ou qui est uniquement sorti de leur tête, ce qui n'est pas la même chose, bien que ce qui sort de la tête des hommes correspond à un besoin, donc là encore il existe un rapport logique de cause à effet, à ceci près qu'ils n'en ont pas forcément conscience, contrairement à celui qui a conçu et assemblé les pièces qui allaient donner un ventilateur, il en connaissait les fonctions et ils savaient qu'en les assemblant l'objet ainsi créé serait apte à remplir une fonction déterminée.

Pourquoi s'attarder sur le capital ? Parce que tout le monde s'emploie à légitimer son existence, tandis que personne n'entend démontrer le contraire en partant de ce qu'il est réellement. Je ne parle pas de tous ceux qui abordent ce sujet sous un angle purement scolastique ou dogmatique qui ne sert finalement strictement à rien, ne prouve rien ou ne convainc personne, ou sert de repoussoir, car on a l'impression désagréable d'avoir affaire à des fanatiques qui se destinent à remplacer les fanatiques au pouvoir.

Macron et son gouvernement ainsi que leurs prédécesseurs ont justifié leur politique au nom de la fatalité, au nom du capitalisme, tous ont expliqué qu'ils étaient de bonne foi et qu'ils étaient tributaire du fonctionnement du capitalisme, c'est aussi le discours que tiennent les patrons quand ils vous licencient ou pour justifier le refus de vous accorder une augmentation de salaire, sans que personne ne sache vraiment pourquoi. Pire, l'argumentation employée pour contester leurs décisions ou mesures renferme des contractions que ceux qui la formulent sont incapables d'expliquer, parce que cela les amènerait à révéler la véritable nature du capitalisme et contester sa légitimité, à l'affronter, ce à quoi ils ne tiennent pas vraiment parce qu'ils l'ignorent eux-mêmes ou parce qu'ils sont corrompus, de sorte que Macron, le gouvernement ou le patronat ont le beau rôle en les renvoyant à leurs propres contradictions, ce qui contribue à renvoyer dos-à-dos les arguments des uns et des autres, alors que ceux des travailleurs devraient apparaître comme les seuls légitimes, ce qui n'est pas le cas, laissant place à une confusion ou domine un sentiment d'impuissance qui finalement profitera à Macron ou au patronat.

Passons à l'exercice pratique.

Comment le syndicalisme et le mouvement ouvrier a été dévoyé.

Quand les propriétaires ou actionnaires d'une usine décident de mettre la clé sous la porte et de jeter à la rue des centaines ou des milliers d'ouvriers, les syndicats et leurs acolytes des partis dits ouvriers se réjouissent quand se présente un repreneur, que cela se traduisent ou non par la suppression de centaines ou milliers d'emplois. Pour eux, et surtout pour les capitalistes il ne faut pas manquer de préciser, l'essentiel c'est que l'usine ne ferme pas. Puis quelque temps plus tard les nouveaux propriétaires annonceront sa fermeture, à moins qu'à leur tour ils trouvent un nouveau repreneur qui procédera comme eux jusqu'à la disparition définitive de cette usine.

Mais à aucun moment il ne sera expliqué aux ouvriers ce qui s'était réellement passé ou de quel jeu de dupes ils avaient été les victimes, et dont les capitalistes successifs étaient destinés à être les seuls bénéficiaires. Personne ne leur expliquera comment cela avait été rendu possible ou s'inscrivait dans le cadre des lois régissant le capitalisme, donc surtout pas que c'était écrit d'avance, non, au contraire ces syndicalistes et ces militants politiques ne cesseront de leur inculquer des illusions, autrement ces ouvriers ne tireront aucun enseignement de cette expérience dramatique.

Quand j'affirme que c'était écrit d'avance ou qu'il était possible d'expliquer aux ouvriers les tenants et les aboutissants de ce processus, je n'invente rien, la preuve :

K. Marx - Lorsque l’outillage, les bâtiments, en un mot le capital fixe sont arrivés à un degré de perfection tel qu’ils peuvent fonctionner pendant de longues années sans devoir subir une modification fondamentale, il intervient une autre dépréciation, due au perfectionnement des méthodes de reproduction du capital fixe. L’outillage voit alors diminuer sa valeur, non parce qu’il doit être rejeté ou qu’il est déprécié par suite de l’introduction de machines plus récentes et plus productives, mais parce qu’il peut être reproduit dorénavant à meilleur marché. Ceci explique comment il arrive fréquemment que de grands établissements ne prospèrent que lorsqu’ils sont remis en exploitation après que ceux qui les ont possédés en premier lieu ont fait faillite ; les capitalistes qui les reprennent les achètent à bas prix et commencent ainsi leurs entreprises avec des avances moindres de capital. (K. Marx : Le Capital - Livre III - Section I)

On doit ajouter qu'en guise de "bas prix", il arrive qu'ils les rachètent pour 1 euro symbolique en reprenant leurs dettes, à condition que la valeur du capital constant ou fixe , l’outillage, les bâtiments, etc., soit supérieure. C'est ce qui explique pourquoi lorsqu'elle est parvenue à 0 aucun repreneur ne se présentera, et pour cause : ils ne reprendraient que des dettes avec rien en échange !

Il faut aussi ajouter qu'en réduisant la masse salariale le repreneur réalise une énorme économie, mais cela tout le monde l'avait compris, encore que, il ne conservera que les machines et la force de travail les plus productifs.

Bref, on aura compris qu'il n'y avait vraiment pas de quoi accueillir les repreneurs les bras ouverts, bien au contraire.

Ce qu'il y a de plus consternant, c'est de constater que ceux qui affirment vouloir en finir avec le capitalisme, s'avèrent totalement inutile quand il s'agit d'aider les travailleurs à élever leur niveau de conscience, préférant qu'ils continuent d'entretenir des illusions dans le capitalisme en leur interdisant d'en comprendre le fonctionnement, c'est à se demander quelle est la véritable nature de leur engagement politique.

Quand j'affirme que le mouvement ouvrier doit être reconstruit de fond en comble, cet exemple pris parmi des milliers d'autres illustre que cette conviction est fondée ou correspond à une nécessité.

Le Capital de Marx et Engels devrait servir de base à la formation de tout syndicaliste, de tout militant luttant pour le socialisme.

D'ailleurs, pour revenir sur ce que j'ai écrit dans ma précédente causerie, je me demande si au lieu d'étudier la paléontologie, je ne devrais pas consacrer mon temps à montrer à partir des expériences que sont amenés à vivre les travailleurs, le plus souvent pénibles ou douloureuses, voire dramatiques pour eux et leurs familles, quelles enseignements ils pourraient en tirer à partir du Capital pour mener leur lutte de classe, et parvenir à la conclusion qu'ils n'ont rien à attendre du capitalisme ou que sa liquidation est une nécessité impérieuse et tout à fait à leur portée dès lors qu'ils s'organisent...

Quelques sujets de réflexions.

Mais où se cache le capitalisme ?

Extraits.

- Le vrai pouvoir dans nos sociétés découle de ce qui est fatalement difficile à voir – les structures, l’idéologie et les discours – au lieu des individus.

- L’actuelle élite néolibérale qui dirige effectivement la planète a atteint le pouvoir absolu, de plus près que n’importe quelle élite dans l’histoire humaine. Et parce qu’elle possède un pouvoir presque absolu, elle contrôle presque totalement les discours officiels sur nos sociétés et nos « ennemis », ceux qui font obstacle à sa domination mondiale.

- Les journalistes ont généralement une relation passive avec le pouvoir, en contradiction totale avec leur image de chiens de garde tenaces. Mais c’est l’idéologie qui oriente ces récits qui est plus fondamentale que le contrôle du récit. L’idéologie garantit que le système de pouvoir est invisible non seulement pour nous, qu’il abuse et exploite, mais aussi pour ceux qui en profitent.

C’est précisément parce que le pouvoir réside dans les structures et l’idéologie, plutôt que dans les individus, qu’il est si difficile à voir. Et les structures de pouvoir elles-mêmes sont rendues encore plus difficiles à identifier car les récits créés sur nos sociétés sont conçus pour dissimuler ces structures et cette idéologie – là où réside le véritable pouvoir – en se concentrant plutôt sur les individus.

C’est pour cette raison que les journaux et les émissions de télévision regorgent d’histoires de personnalités : célébrités, familles royales, criminels, politiciens. Ils sont rendus visibles afin que nous ne puissions pas détecter les structures idéologiques internes que nous vivons, qui sont supposées rester invisibles.

Les nouvelles et le divertissement sont les ondes qui se propagent à la surface du lac, non le lac lui-même. Mais ces ondes ne pourraient pas exister sans le lac qui les forme et les façonne.

Collés à l’écran

Cela peut ressembler à une hyperbole. Éloignons-nous de notre système idéologique spécifique – le néolibéralisme – et considérons les systèmes idéologiques antérieurs dans l’espoir qu’ils offrent quelque perspective. Pour le moment, nous ressemblons à une personne qui se tiendrait contre un écran IMAX, si près que nous ne pouvons pas voir qu’il y a un écran, ni même concevoir qu’il y a une image complète. Tout ce que nous voyons, ce sont des couleurs et des pixels en mouvement. Peut-être, Pourrions-nous deviner brièvement une bouche, la roue d’un véhicule, une arme à feu.

Avant le néolibéralisme, il y avait d’autres systèmes de domination. Il y avait par exemple, le système féodal où l’aristocratie s’appropriait exclusivement une ressource commune, la terre. Ce système a exploité les masses en les forçant à travailler péniblement la terre pour une bouchée de pain, afin de produire la richesse pour entretenir les châteaux, le clergé, les manoirs, les collections d’art et les armées. Durant de nombreux siècles, le pouvoir de cette petite élite est resté largement incontesté.

Mais ensuite, une classe d’entrepreneurs a émergé, défiant l’aristocratie terrienne avec de nouveaux moyens de production industrielle. Ils ont construit des usines et ont profité des économies d’échelle qui ont légèrement élargi le cercle des privilèges, en créant une classe moyenne. Cette élite et la classe moyenne qui profitaient des miettes tombées de la table du maître, vivaient de l’exploitation des enfants des « maisons de travail » et de la main-d’œuvre des nouveaux pauvres des zones urbaines dans les bidonvilles.

Ces époques étaient systématiquement corrompues, permettant aux élites de ces temps d’étendre et de pérenniser leur pouvoir. Chaque élite produisait des justifications pour calmer les masses exploitées, pour leur faire croire par un lavage du cerveau, que le système était inscrit dans l’ordre naturel des choses ou même qu’il existait pour leur bien. L’aristocratie s’appuyait sur la monarchie de droit divin, la classe capitaliste sur la main invisible du libre marché et les revendications fallacieuses d’égalité des chances.

Dans cent ans, si notre espèce continue d’exister, notre système ne sera pas moins corrompu – si ce n’est pire – que ses prédécesseurs.

Le néolibéralisme, le dernier stade du capitalisme, le système ploutocratique des entreprises – quel que soit le nom que vous souhaitez lui donner – a permis à une petite élite d’accumuler plus de richesses et de gagner plus de pouvoir, qu’aucun monarque féodal n’aurait pu en rêver. Et en raison de la portée mondiale de cette élite, sa corruption est plus endémique, plus totale, plus destructrice que ce que l’humanité ait jamais connu.

Une élite politique étrangère peut détruire le monde à plusieurs reprises avec des armes nucléaires. Une élite institutionnelle mondiale remplit les océans des déchets de notre consommation, et détruit les forêts, les poumons de notre planète pour des plantations d’huile de palme afin de satisfaire notre désir insatiable de biscuits et de gâteaux. Et nos médias ainsi que nos services de renseignement fabriquent conjointement un récit sur des pères fouettards et des méchants à la James Bond – à la fois dans les films hollywoodiens et dans nos journaux télévisés – pour nous rendre craintifs et malléables.

Présupposée fatalité

Nous abusons pour la plupart de notre petit pouvoir sans réfléchir, avec un hypocrite sens de la morale. Nous nous disons que nous avons donné aux enfants une « bonne fessée » parce qu’ils ont été vilains, plutôt que parce que nous avons établi, assez tôt avec eux, une relation de pouvoir qui génère de la confusion, puisque nous leur avons enseigné que l’usage de la force et de la contrainte allait de pair avec l’approbation parentale.

Ceux qui ont plus de pouvoir, depuis les larbins dans les médias aux dirigeants des grandes entreprises, ne sont pas différents. Ils sont tout aussi incapables de remettre en question l’idéologie et le récit – comment notre système néolibéral est-il incontournable et « juste » – que nous tous. Mais ils jouent un rôle essentiel dans le maintien et la perpétuation de ce système.

David Cromwell et David Edwards de Media Lens ont proposé deux analogies – dans le contexte des médias – qui aident à expliquer comment il est possible pour des individus et des groupes d’aider et de mettre en œuvre des systèmes de pouvoir sans avoir la moindre intention de le faire, et sans être conscients qu’ils contribuent à quelque chose de dangereux. Bref, sans être conscients qu’ils conspirent au sein du système.

Primo : Lorsqu’un banc de poissons change instantanément de direction, il nous semble que le mouvement est synchronisé par une main invisible. Les journalistes – tous formés et sélectionnés pour l’obéissance par les médias, cherchant tous à maximiser les profits au sein de la société capitaliste d’État – ont tendance à réagir aux événements de la même manière.

Secundo :

Placez un cadre carré en bois, sur une surface plane et versez-y des roulements à billes, des billes ou d’autres objets ronds. Certaines des boules peuvent rebondir, mais beaucoup vont former une couche dans la structure en bois ; d’autres trouveront alors une place au sommet de cette première couche. De cette manière, le flux de roulements à billes construit constamment de nouvelles couches qui produisent inévitablement une forme pyramidale. Cette expérience est utilisée pour démontrer à quel point des structures cristallines quasi-parfaites, telles que des flocons de neige, émergent dans la nature sans une conception délibérée.

Le système, qu’il s’agisse du féodalisme, du capitalisme ou du néolibéralisme, émerge des conditions de la vie réelle, de ceux qui recherchent le pouvoir de la façon la plus impitoyable. À une époque où la ressource principale était la terre, une classe a émergé légitimant son droit exclusif au contrôle de cette terre et de la main-d’œuvre nécessaire pour la rendre productive. Lorsque les procédés industriels se sont développés, une classe a émergé pour exiger des droits de propriété sur ces procédés et sur le travail nécessaire pour les rendre productifs

Notre place dans la pyramide

Dans ces conditions, nous devons puiser dans quelque chose comme le principe de l’évolution selon Darwin, de la « survie du plus fort ». Le petit nombre d’individus plus avides de pouvoir, ayant le moins d’empathie, grimpera jusqu’au sommet de la pyramide et se trouvera le mieux placé pour exploiter les personnes en dessous. Il justifiera cette exploitation par un droit divin, ou par l’évidence de capacités intrinsèquement supérieures, ou par la preuve de l’efficacité du marché.

En dessous d’eux, comme les couches des roulements à billes, se trouveront ceux qui peuvent les aider à maintenir et étendre leur pouvoir : ceux qui possèdent les compétences, l’éducation et la socialisation pour augmenter les profits et vendre les marques.

Tout cela devrait être évident, voire non controversé. Cela correspond à ce que nous expérimentons de petit pouvoir dans nos vies. Est-ce qu’un pouvoir plus grand fonctionne différemment ? Après tout, si ceux qui se trouvent au sommet de la pyramide n’étaient pas avides de pouvoir ou même des psychopathes dans leur recherche du pouvoir, s’ils étaient bienveillants et humains, s’ils étaient soucieux avant tout du bien-être de leur force de travail et de la planète, ils seraient des travailleurs sociaux et des militants pour la protection de l’environnement, non pas des PDG des empires médiatiques et des fabricants d’armes.

Cependant, fondez votre pensée politique sur ce que devraient être les truismes, articulez une vision du monde qui ne fait pas confiance à ceux qui détiennent le plus de pouvoir, car ils sont les plus capables – et déterminés – de l’utiliser à mauvais escient, et vous serez ridiculisé. Vous serez étiqueté en tant que théoricien du complot, chassé comme une victime d’illusions. Vous serez accusé d’être un fou à entonnoir, d’être de mauvaise foi, d’être anti-américain, d’être un guerrier social, un paranoïaque, un anti-israélien ou un antisémite, un pro-Poutine, un pro-Assad, un marxiste.

Rien de tout cela ne devrait nous surprendre non plus. Parce que le pouvoir – pas seulement les personnes dans le système, mais le système lui-même – utilisera tous les outils dont il a besoin pour se protéger. Il est plus facile de se moquer des critiques et de déstabiliser, en particulier lorsqu’on contrôle les médias, les politiciens et le système éducatif, que de fournir un contre-argument.

En fait, il est essentiel d’empêcher tout argument ou véritable débat. Parce que lorsque nous réfléchissons aux arguments, les pesons, utilisons nos capacités critiques, il existe un réel danger que les écailles nous tombent des yeux. Il existe une menace réelle que nous reculions de l’écran et que nous découvrions toute l’image.

Peut-on voir l’image complète de l’empoisonnement des Skripal à Salisbury ; ou l’élection étasunienne qui a conduit à déclarer Trump président ; ou la révolution en Ukraine ; ou les causes et le parcours des combats en Syrie et avant en Libye et en Irak ; ou la campagne pour discréditer Jeremy Corbyn en tant que chef du parti travailliste ; ou les véritables enjeux de la crise bancaire il y a dix ans ?

Le profit au lieu de l’éthique

Tout comme l’élite féodale n’était pas mue par l’éthique mais par la recherche du pouvoir et de la richesse, par le contrôle de la terre ; tout comme les premiers capitalistes n’étaient pas motivés par l’éthique mais par la recherche du pouvoir et de la richesse grâce au contrôle de la mécanisation ; ainsi, le néolibéralisme n’est pas dicté par l’éthique mais par la recherche du pouvoir et de la richesse par le contrôle de la planète.

La seule vérité que nous pouvons connaître est que l’élite occidentale au pouvoir est déterminée à achever la tâche de rendre son pouvoir pleinement mondial, en le transformant de quasi-absolu à absolu. Elle ne se soucie pas de vous ou de vos petits-enfants. C’est un système de calcul froid, ce n’est ni un ami ni un voisin. Il vit pour la satisfaction immédiate de l’accumulation de richesses, et non pour le destin de la planète, demain.

Et à cause de cela, il est structurellement tenu de miner ou de discréditer quiconque, tout groupe, tout État qui s’opposerait à la réalisation de sa domination absolue.

Si ce n’est pas cette idée que nous conservons à l’avant-plan de nos préoccupations lorsque nous écoutons un homme politique, lisons un journal, regardons un film ou une émission de télévision, absorbons une publicité ou nous nous livrons aux médias sociaux, alors nous marcherons tels des somnambules vers un avenir, que les plus puissants, les plus impitoyables, les moins empathiques ont conçu pour nous.

Reculez et regardez l’écran en entier. Et décidez si c’est vraiment cet avenir que vous souhaitez à vos petits-enfants. (C’est caché sous nos yeux: pourquoi nous ne pouvons pas voir le système nous détruire par Jonathan Cook (CounterPunch) - Mondialisation.ca 28 septembre 2018)

LVOG - Ce que ne comprennent pas ou ne veulent pas comprendre ce genre d'intellectuels qui ont raison d'affirmer que "le néolibéralisme n’est pas dicté par l’éthique", c'est que "la recherche du pouvoir et de la richesse par le contrôle de la planète" n'est pas une fin en soi ou ne correspond pas à un acte qui serait dicté par une volonté libre.

Bien au contraire, cette "recherche du pouvoir et de la richesse" exprime, coïncide ou est le produit des lois de fonctionnement du capitalisme, qui repose sur une contradiction, les inégalités sociales à l'origine du mode de production capitaliste qui impliquent un type particulier de répartition des richesses, ces deux facteurs étant intimement liés ou inséparables, sans quoi ce système économique ne pourrait pas se développer ou survivre.

Notons au passage qu'habituellement ceux qui critiquent le capitalisme traitent séparément ces deux facteurs ou ne remontent pas à leur origine commune, les inégalités sociales qui constituent le socle sur lequel repose l'ensemble du capitalisme, inégalités sociales entre ceux qui possèdent les moyens de production et accaparent l'essentiel des richesses produites, et ceux qui ne possèdent que leur force de travail pour survivre. Du coup, ils auront tendance à confondre cause et effet ou ils traiteront les conséquences sans s'attaquer aux causes des maux qui accablent les masses exploitées, autrement dit, comme ils ne remonteront pas à leur origine ou aux fondements du capitalisme leurs critiques s'avèreront inévitablement stériles ou cela les amènera à formuler l'exigence d'une meilleure répartition des richesses qui le sera tout autant, ce qu'on peut vérifier en observant que les inégalités sociales ont tendance à croître ou n'ont jamais atteint un tel sommet.

Le fonctionnement et le développement du capitalisme sont tributaires de ses fondements qui expriment des rapports sociaux, qui à leur tour se sont traduits par un ensemble de lois régies par un processus logique qui leur est imposé, et qui partant de là s'impose aussi bien aux exploiteurs qu'aux exploités, de sorte qu'il est impossible d'envisager de modifier radicalement ces rapports, d'enfreindre ces lois sous peine que ce système économique s'effondre, alors autant dire qu'imaginer une refonte de ses fondements signifierait tout bonnement son arrêt de mort puisqu'il impliquerait une inversion des rapports sociaux établis qui caractériserait un changement de régime ou le passage au socialisme, perspective inenvisageable pour les capitalistes et ceux qui en vivent bien.

Je n'ai pas le temps d'aller plus loin dans mon analyse, mais je ne pouvais pas conclure sans préciser que la satisfaction des besoins ou aspirations de l'ensemble de la population est incompatible avec l'existence ou le fonctionnement du capitalisme, et par conséquent il faut impérativement briser, se libérer de ce carcan.

Cette conclusion est forcément logique puisque nous sommes en présence d'un processus logique. Or le capitalisme ne peut connaître que deux fins possibles, dans la mesure où l'on conçoit que toute chose a un commencement et une fin, ce qui est inévitable, comme la vie et la mort qui est le destin de chaque homme, la comparaison s'arrêtera là puisqu'il n'y a pas d'autre alternative à la fin de la vie des hommes que la mort, soit les exploités parviendront à trouver les moyens en s'appuyant sur les bases du capitalisme de le dépasser en mettant un terme aux rapports sociaux sur lesquels il reposait, soit ils en seront incapables et le capitalisme sera condamné à s'autodétruire en entraînant la destruction de la civilisation humaine.

Ceux qui tiennent à tous prix à conserver le capitalisme, ignorent ce processus logique ou s'en détournent, ce qui inévitablement les conduira à des contradictions inextricables qu'ils ne pourront évidemment pas résoudre, qu'ils s'emploieront par la suite à entretenir et à justifier, en affirmant péremptoirement que les conditions ne sont pas réunies pour en venir à bout, ajoutant qu'ils n'y sont évidemment pour rien... Alors qu'en réalité, c'est seulement leur crasse ignorance ou leur mauvaise foi qui leur interdit de percevoir que c'est une nécessité historique d'en finir avec le capitalisme, et que cette nécessité n'avait cessé de se manifester tout au long de son développement depuis son avènement ou avant même qu'il voie le jour. A suivre.

En guise d'épilogue.

La concentration du capital et de la production est le produit des lois de fonctionnement du capitalisme soumises aux lois de la dialectique, et non le produit de la volonté ou de l'avidité des capitalistes qui n'en sont que les instruments et les destinataires en tant qu'exploiteurs ou sans lesquelles ils ne seraient pas des capitalistes !

K. Marx - Comme la production en grand n’a commencé à se développer que sous la forme capitaliste, où la poursuite du profit et la concurrence poussent à la plus grande réduction possible du coût de production, l’économie dans l’emploi de capital constant semble inhérente à la production capitaliste et parait y répondre à une fonction spéciale : la production capitaliste développe la productivité du travail social, qui, à son tour, provoque l’emploi économique du capital constant.

La production capitaliste ne se contente pas cependant de faire deux choses séparées, indépendantes l’une de l’autre, du travail vivant, l’ouvrier, et des objets de travail. Par une de ces contradictions qui lui sont propres, elle va jusqu’à compter, parmi les moyens d’économiser le capital constant et d’augmenter le taux du profit, le gaspillage de la vie et de la santé des travailleurs, la réduction de leurs moyens d’existence.

Comme l’ouvrier consacre au procès de production la majeure partie de sa vie, les conditions de la production s’identifient en grande partie avec les conditions de son existence. Toute économie réalisée sur ces dernières doit se traduire par une hausse du taux du profit, absolument comme le surmenage, la transformation du travailleur en bête de somme sont, ainsi que nous l’avons montré précédemment, une méthode d’activer la production de la plus-value. L’économie sur les conditions d’existence des ouvriers se réalise par : l’entassement d’un grand nombre d’hommes dans des salles étroites et malsaines, ce que dans la langue des capitalistes on appelle l’épargne des installations ; l’accumulation, dans ces mêmes salles, de machines dangereuses, sans appareils protecteurs contre les accidents; l’absence de mesures de précaution dans les industries malsaines et dangereuses, comme les mines par exemple. (Nous ne pensons naturellement pas aux installations qui auraient pour but de rendre le procès de production humain, agréable ou seulement supportable, et qui, aux yeux de tout bon capitaliste, constitueraient un gaspillage sans but et insensé). Malgré sa tendance à la lésinerie, la production capitaliste n’est pas regardante quand il s’agit de la vie des ouvriers, de même qu’elle est dépensière des moyens matériels de production, à cause de son système de distribution des produits par le commerce et de l’application de la méthode de la concurrence, qui aboutissent à faire perdre à la société ce qui est gagné et mis en poche par les individus.

Le capitaliste n’obéit pas seulement à la préoccupation de réduire au minimum strictement indispensable le travail vivant qu’il emploie directement et de raccourcir le plus possible, par l’exploitation de la productivité sociale, le travail indispensable pour l’obtention d’un produit, en un mot de faire le plus d’économie possible sur le travail vivant en lui-même ; il est aussi guidé par le désir d’appliquer, dans les conditions les plus favorables, Ie travail ainsi réduit, c’est-à-dire de ramener au minimum le capital constant. Lorsque la valeur des marchandises est déterminée, non par le temps de travail quel qu’il soit, mais par le temps de travail strictement indispensable qui y est incorporé, cette détermination est faite par le capital, qui s’efforce sans cesse à raccourcir le temps de travail socialement nécessaire pour la production. Le prix des marchandises est ainsi amené au minimum, puisque le travail pour les produire est réduit autant que possible.

Il convient enfin de faire la distinction suivante quant à l’économie dans l’emploi du capital constant. L’augmentation simultanée de la masse et de la valeur du capital engagé correspond à la concentration d’une plus grande quantité de capital dans une même main. C'est précisément cette masse plus grande réunie dans une seule main - à laquelle correspond le plus souvent un nombre absolu plus grand (bien que relativement plus petit) de travailleurs - qui permet l’économie du capital constant. Au point de vue du capitaliste, il y a augmentation de l’avance nécessaire de capital, surtout de capital fixe ; il y a diminution (diminution relative), au contraire, au point de vue des matières mises en oeuvre et du travail exploité. (Extrait du Capital)

Comment la population sous influence s'accommode de la guerre ou de la barbarie dès lors qu'elle vit en paix.

Extraits.

- L’Occident rit sous cape des victimes de son endoctrinement, tout en prenant gaillardement le chemin de la banque.

Les mensonges rapportent gros.

Aucune autre partie du monde n’a autant souffert de l’impérialisme occidental après la Seconde Guerre mondiale que l’Asie du Sud-Est, à deux exceptions près peut-être, celles de l’Afrique et du Moyen-Orient.

Dans ce qui avait été appelé l’Indochine, l’Occident a assassiné près de dix millions de personnes avec des campagnes de bombardements de masse et d’autres formes de terreur — au Vietnam, au Cambodge et au Laos.* Le coup d’État indonésien mentionné plus haut a coûté la vie à au moins un million de personnes. 30% de la population du Timor oriental a été exterminée par l’occupation indonésienne, qui a été pleinement soutenue par l’Occident. Le régime thaïlandais, pleinement asservi à l’Occident, a tué indistinctement ses gauchistes dans le nord et dans la capitale. Toute la région souffre d’un apport de religieux fondamentalistes parrainé par l’Occident et ses alliés du Golfe.

Mais l’Occident y est admiré avec une ferveur presque mystique.

Les agences de presse et les « centres culturels » américains, britanniques et français diffusent de la désinformation par l’intermédiaire de médias locaux appartenant à des « élites » soumises. L’éducation locale a été façonnée par des concepts didactiques occidentaux. Dans des pays comme la Malaisie, l’Indonésie et aussi la Thaïlande, la plus grande réussite est d’obtenir un diplôme universitaire dans l’un des pays qui colonisaient autrefois cette partie du monde.

Les pays victimes, au lieu de demander réparation devant les tribunaux, admirent et plagient l’Occident, tout en recherchant, voire en mendiant des fonds à leurs bourreaux passés et présents.

L’Asie du Sud-Est, aujourd’hui obéissante, soumise, flegmatique et dépouillée des anciennes idéologies révolutionnaires, est un endroit où l’endoctrinement et la propagande occidentale ont remporté une victoire incontestable.

- Rien qu’au cours des deux dernières décennies, des pays entiers ont été ciblés par l’Amérique du Nord et l’Europe, puis à moitié affamés par des embargos et des sanctions, avant d’être finalement attaqués et réduits en pièces : l’Afghanistan, l’Irak, la Libye pour n’en citer que quelques-uns. Les gouvernements de plusieurs nations socialistes ont été renversés soit de l’extérieur, soit par l’intermédiaire de leurs propres élites et médias locaux, dont le Brésil, le Honduras et le Paraguay.

D’innombrables entreprises occidentales et leurs alliés locaux se livrent à un pillage effréné des ressources naturelles dans des endroits tels que Bornéo/Kalimantan ou la République démocratique du Congo (RDC), ruinant totalement les forêts tropicales et assassinant des centaines d’espèces.

Sommes-nous, en tant que planète, vraiment interconnectés ? Que savent les gens les uns des autres, ou de ce qui arrive à leurs frères et sœurs sur d’autres continents ?

- L’empire occidental et ses mensonges ont réussi à fragmenter le monde à un point jamais atteint auparavant. Tout se fait « au grand jour », à la pleine vue du monde, qui est en quelque sorte incapable de voir et d’identifier les menaces les plus urgentes pour sa survie. Les organes de propagande des médias de masse servent de véhicules d’endoctrinement, tout comme les institutions culturelles et « éducatives » de l’Occident ou les institutions locales façonnées par les concepts occidentaux. Cela inclut des « outils » aussi divers que les universités, la manipulation du trafic sur Internet, les censeurs et l’autocensure, les réseaux sociaux, les agences de publicité et de communication et les « artistes » de la pop culture.

- La barbarie et les mensonges des anciens colonialistes et aujourd’hui, des néocolonialistes occidentaux suivent un schéma clair :

Le président indonésien Sukarno et son plus proche allié, le Parti communiste indonésien (PKI), essayaient de construire un pays progressiste et autonome. Il fallait donc les arrêter, renverser le gouvernement, massacrer les membres du parti, interdire le PKI lui-même et privatiser l’ensemble du pays, le vendre à des intérêts étrangers. La vaste majorité des Indonésiens ont subi un tel lavage de cerveau qu’ils blâment toujours les communistes pour le coup d’État de 1965, bien que les archives de la CIA elle-même disent le contraire.

En Iran, le premier ministre Mossadegh prenait le même chemin. Et il a fini comme Sukarno. Et le monde entier a ensuite charmé par le boucher mis au pouvoir par l’Occident — le Shah et sa somptueuse épouse.

Le Chili en 1973 où par la suite, la même tendance meurtrière s’est installée est une preuve supplémentaire de l’amour de la liberté et la démocratie de l’Occident .

Patrice Lumumba, au Congo, avait nationalisé les ressources naturelles et essayé de nourrir et d’éduquer sa grande nation. Le résultat ? Renversé, tué. Le prix : quelque 8 millions de personnes massacrées au cours des deux dernières décennies, ou peut-être beaucoup plus (voir mon film Rwanda Gambit). Personne ne sait, ou tout le monde refuse de savoir.

La Syrie ! Le plus grand « crime » de ce pays, du moins aux yeux de l’Occident, consistait à essayer d’offrir à ses citoyens une qualité de vie élevée tout en faisant la promotion du panarabisme. Les résultats que nous connaissons tous (ou les connaissons-nous vraiment ?): des centaines de milliers de personnes tuées par des extrémistes meurtriers parrainés par l’Occident, des millions d’exilés et des millions de personnes déplacées internes. Et l’Occident, naturellement, blâme le président syrien et est prêt à le « punir » s’il gagne la guerre.

Irrationnel ? Mais le fascisme mondial peut-il jamais être rationnel ?

Les mensonges répandus par l’Occident s’accumulent. Ils se chevauchent, se contredisent souvent. Mais le public mondial n’est plus formé à la recherche de la vérité. Inconsciemment, il sent qu’on lui ment, mais la vérité est si horrifiante que la grande majorité des gens préfèrent simplement prendre des selfies, s’interroger sur leur orientation sexuelle, mettre des écouteurs dans leurs oreilles et écouter de la musique industriellement produite, au lieu de lutter pour la survie de l’humanité. (De la Syrie à l’Asie du Sud-Est, les mensonges de l’Occident par Andre Vltchek - Mondialisation.ca 22 septembre 2018)

Barbarie. Stop ou encore ?

- Le directeur du Programme alimentaire mondial (PAM), David Beasley, a récemment déclaré que le Yémen serait confronté à une «grande famine» si la guerre dans la péninsule arabique n’était pas immédiatement interrompue. Aujourd’hui encore, sur les 18 millions d’habitants du Yémen, les deux tiers ne savent pas comment ils pourront obtenir leur prochain repas. (Le gouvernement allemand accepte de livrer des armes à l’Arabie saoudite en guerre au Yémen par Sven Heymann - Mondialisation.ca 29 septembre 2018)

Dans quel monde vivonsnous ? Les esclaves des temps modernes ou les salariés taillables et corvéables à merci réduits à l'état de Kleenex.

- Dans la peau d’un forçat d'Amazon - Libération 5 octobre 2018

Le géant du e-commerce est plus que jamais présent dans la vie des consommateurs. Comment le vivent les milliers de chauffeurs-livreurs sous-traitants qui doivent acheminer jusqu’à 200 colis par jour ? Entre indifférence des clients, complications d’accès aux foyers et précarité de l’emploi, «Libération» s’est glissé parmi eux.

Amazon : des sous-traitants livrés à eux-mêmes

Une matinée de juin, notre téléphone clignote. Amazon nous informe que notre colis est «livré en sécurité». Rentré chez nous, pressé comme à Noël de déchirer le carton, on monte les marches de notre escalier quatre à quatre. Pour tomber nez à nez avec notre colis, posé au sol devant la porte d’entrée. Un paquet en carton de près d’un mètre de long et d’une trentaine de centimètres de hauteur censé être «caché» sous notre paillasson moitié moins large. Absurde. Il est visible de tous ceux qui passent dans la cage d’escalier. Et à la portée de toute personne voulant s’en emparer.

Abonné Amazon Prime depuis un an, un service qui permet entre autres aux clients d’être livrés en un jour ouvré (voire le soir même dans certaines villes) en illimité, on sait que la rapidité est imposée par l’entreprise, entraînant une frénésie de livraisons. Après recherches, faute de numéro de téléphone, impossible de retrouver le chauffeur pour avoir des explications sur ce paquet laissé à la vue de tous.

On se rabat sur le service communication d’Amazon pour en savoir plus. Qui nous explique que la livraison dite du «dernier kilomètre» (comprenez du dépôt au client) n’est pas vraiment le cœur de métier de la multinationale. Une entité à part, Amazon Logistics, a bien été créée il y a six ans avec pour objectif d’améliorer «l’expérience client» dans ce domaine. Mais la livraison reste sous-traitée à des entreprises spécialisées, comme TNT ou Chronopost. Amazon assure aussi veiller à ce que les employés «exercent dans de bonnes conditions». Et qu’ils ne subissent pas de pression trop importante.

Début septembre, on a candidaté à une dizaine d’offres d’emploi pour un poste de chauffeur-livreur en CDI. Il a suffi d’une recherche sur la plateforme le Bon Coin pour en trouver. On a, bien entendu, sciemment oublié de mentionner notre activité de journaliste. Deux jours plus tard, le téléphone sonne. Au bout du fil, un homme nous tutoie d’emblée : «J’ai vu ton CV, t’es toujours intéressé ?» Nous acquiesçons.

«Un peu dans le même sac»

Il décline les conditions : «C’est pour un CDI, payé 1 300 euros net. Après, ça peut évoluer si tu livres beaucoup de colis, je ne suis pas fermé à ça.» Seule condition à l’embauche : réaliser une formation de trois jours avec des chauffeurs déjà en poste. Première surprise : elle est non rémunérée et aucun contrat n’est signé. Il faut en revanche transmettre par mail une carte d’identité et un permis valide. Si les deux parties s’entendent à la fin de la «formation», un premier CDD de trois mois sera signé. Puis un CDI.

L’homme au bout du fil, Christophe (1), se justifie de procéder ainsi : «Tu sais, je vais te dire honnêtement, on est un peu dans le même sac. Moi, je ne suis qu’un sous-traitant de sous-traitant. En gros, Amazon sous-traite son activité de livraison à des dizaines de grosses entreprises. Elles ont des filiales dédiées qui, elles aussi, sous-traitent à des centaines de petites entreprises, donc nous. Et c’est là qu’on t’embauche. Donc je préfère faire ça, parce que livreur Amazon, ce n’est pas aussi simple que ça en a l’air.»

Rendez-vous est pris quatre jours plus tard pour entamer notre formation. Le soleil vient tout juste de se lever sur la zone commerciale de Vélizy-Villacoublay (Yvelines), peu après 7 heures. Entre deux entreprises à l’architecture moderne, des dizaines de camions forment un étrange ballet. Certains chauffeurs en gilet jaune entrent sur un parking. Ils sont guidés par d’autres salariés en gilet orange qui beuglent des informations inintelligibles au mégaphone. Les chauffeurs ressortent quelques minutes plus tard, le coffre rempli de dizaines de colis Amazon pour faire la place à d’autres camionnettes. Garé quelques mètres plus loin en double file, Christophe nous invite à le rejoindre dans son véhicule. Sans badge, impossible pour nous d’entrer dans le dépôt.

Le briefing de notre formation illégale aura donc lieu dans sa voiture, entre dix coups de téléphone de «ses» livreurs. Il pointe du doigt les dizaines d’utilitaires au loin. «Si tu t’en sors bien, t’en auras un pour toi.» Une chose nous étonne néanmoins : elles ont toutes un immense logo Europcar ou Rent A Car accolé sur le flanc. Christophe, bas de jogging et baskets, précise : «Comme je t’ai dit, on est des sous-traitants au dernier échelon. Donc on n’a pas vraiment l’argent pour investir dans un parc d’utilitaires. On loue des véhicules à des entreprises de location, on a des forfaits moins chers.» On apprend dans la foulée que notre employeur a fondé sa société avec des amis. Ils travaillent à 100 % pour l’entreprise de livraison nationale Easy2Go, ou plutôt l’une de ses filiales, nommée Flash. Dont le plus gros client est Amazon, assure Christophe.

Pour nous mettre dans le bain, le jeune chef d’entreprise joue la carte de l’honnêteté : «Amazon nous met la pression. Si un chauffeur ne fait pas l’affaire, n’est pas efficace, ils nous appellent et ils nous disent : "Ton gars, là, il ne rentre plus chez nous." Et ils retirent son badge. Ce ne sont pas eux qui embauchent, donc ils s’en foutent, ils ne licencient pas. Mais nous, derrière, on n’a pas le choix… Donc si tu bosses bien, c’est donnant-donnant pour toi comme pour nous.» En attendant que ses chauffeurs sortent du dépôt, on se gare près d’une station-service et d’un parking Norauto. Un homme en chemise, pantalon de costard et ordinateur sous le bras, débarque à toute allure. Il scrute les camions de location, a l’air de prendre des notes sur son carnet. «Le patron de Norauto a appelé Amazon pour se plaindre que les chauffeurs stationnent là en attendant de récupérer leurs colis. Alors il a interdit de se garer là. Il est en train de prendre le nom de ceux qui le font quand même, pour les sanctionner», éclaire Christophe. Sur la sanction, il précise : «Il va leur retirer leur badge quoi, leur interdire d’entrer.» Comprenez, en langage de sous-traitant : les licencier.

«Comme de l’intérim»

Pour se défendre de créer une économie précaire, Amazon avance être à l’origine de milliers de CDI faciles d’accès. Ceux-là mêmes qui attendraient que l’on «traverse la rue». Rien que pour le dépôt de Vélizy-Villacoublay, ouvert depuis le 3 septembre dans d’anciens entrepôts Peugeot de 13 000 m2, près de 580 chauffeurs sont employés, indique Christophe. L’immense majorité en CDI. On a également pu lire dans les médias mi-septembre que «80 nouveaux» CDI seraient créés sur ce dépôt «d’ici 2020» afin de «dispatcher» les colis avec, pour finalité, d’irriguer le sud de la région Ile-de-France. Pour la multinationale, la dureté de la tâche serait donc compensée par l’assurance d’avoir un emploi stable. Sur ce point, notre employeur sous-traitant tient à ce que l’on ne se fasse pas d’illusions : «Oui, c’est un CDI. Mais le dépôt est ici en phase de test. Si ça ne fonctionne pas, en décembre ils le ferment.» Quid des CDI créés donc ? Silence gêné de notre interlocuteur. «Au mieux, ils les dispatchent sur d’autres dépôts. Au pire…»

Grégoire (1), chef de dépôt dans une grande ville française, confirme : «Ce métier, c’est comme de l’intérim. Car ta boîte peut fermer du jour au lendemain.» Lui en sait quelque chose, l’entreprise qui l’employait avec trois autres chauffeurs a mis la clé sous la porte. La société de transport donneuse d’ordre, Easy2Go (la même qui pourrait nous employer à Vélizy-Villacoublay), a perdu l’appel d’offres avec Amazon aux dépens d’une autre. Résultat, les myriades d’entreprises dans son giron dédiées à la livraison Amazon ont dû fermer en moins de dix jours. La société titulaire du nouveau marché en a bien repris quelques-unes, dont celle de Grégoire. Mais pas suffisamment pour éviter à des dizaines de livreurs en CDI de perdre leur emploi, plaide le chef de dépôt. Contacté, Easy2Go n’a pas souhaité répondre à nos questions et a transféré notre demande directement à Amazon.

«Le dimanche, un jour normal»

Le chauffeur responsable de notre formation est un grand homme longiligne d’une trentaine d’années originaire d’Afrique francophone. Moussa (1) est arrivé en France en 2013. Il est, selon Christophe, «le meilleur chauffeur» de son parc. Voilà un an qu’il travaille pour Amazon, ce qui en fait l’un des plus anciens aussi. Il touche aujourd’hui 1 500 euros net. Moussa nous attend sur un parking un peu plus loin du dépôt. Avec, dans le coffre de sa fourgonnette de location, 120 colis. «Ça fait normalement 82 points d’arrêt», précise-t-il. Avant qu’on monte, Christophe, notre futur employeur, ajoute une dernière chose : «Concernant les horaires, moi je te paye pour sept heures. Maintenant, si tu n’as pas terminé au bout de sept heures, c’est pour toi. Sauf si le retard vient d’Amazon, là je te paye en heures supplémentaires. Tu verras, il y a des jours où tu termineras à 14 heures. D’autres à 20 heures, surtout quand tu débutes. Je peux te demander de travailler le dimanche aussi, mais c’est payé comme un jour normal.» Moussa nous toise, amusé : «Bon, tu as bien compris que ce n’était pas les 35 heures.»

Son camion démarre à toute berzingue en direction de Boulogne-Billancourt, secteur de livraison de la journée. Au pare-brise, un téléphone fourni par Amazon sert de GPS et de terminal pour vérifier les colis. Ici, on ne se fie pas à la feuille de route, mais au sacro-saint terminal. Pour nous mettre dans l’ambiance, Moussa confie rapidement avoir été agressé en banlieue parisienne il y a quelques jours. Plusieurs jeunes l’ont repéré et frappé pour prendre sa cargaison. «C’est fréquent dans certaines zones. Ils repèrent les camions Europcar et les volent», explique notre formateur. Il s’en est tiré avec plusieurs jours d’ITT (incapacité totale de travail) mais a précipité son retour au travail. Amazon ne lui en a pas tenu rigueur, à condition qu’il porte plainte.

Au bout de quinze minutes de route, le fourgon s’arrête une première fois. Moussa en ouvre la porte latérale. Dans le coffre, la centaine de colis est répartie en plusieurs grands sacs en tissu. Les plus gros paquets sont mis à part, à l’arrière du camion. Le terminal indique dans quel sac il faut prélever les colis pour livrer à l’adresse indiquée. On quitte le camion avec douze paquets. En montant les escaliers de la résidence au trot, on croise des livreurs Chronopost. Pas pressés, ils nous interrogent : «Vous êtes d’où pour aller à cette allure ?» «Amazon», lui rétorque Moussa. «Ah ouais, mais vous êtes au-dessus là. Amazon, c’est le "turfu" [futur, ndlr]», plaisante l’un des deux jeunes hommes.

Une fois arrivé au pied de l’immeuble, notre formateur décline sa technique pour livrer rapidement : «Amazon ne veut pas qu’il y ait trop de retours. Il faut livrer le plus possible, et aller vite. Alors, quand il y a un gardien, tu lui donnes les colis. S’il n’y a pas de gardien, on a acheté au marché noir des clés universelles. Elles ouvrent toutes les boîtes aux lettres.» Dans son local, la porte ouverte, le concierge flaire l’entourloupe : «Il faut sonner, hein. Si tu n’arrives pas à livrer, après tu viens me voir.» Puis, agressif, se pose en victime collatérale du système Amazon : «Les résidents laissent les colis quinze jours ici, ils en ont rien à foutre. Moi, j’ai 400 personnes dans la résidence je ne suis pas payé pour ça. A chaque colis Amazon, ils disent : "Laissez chez le gardien." Et bah le gardien, il est pas là.» Avant de temporiser, comme pour s’excuser : «Ils en ont rien à foutre de vous, je sais. Mais de moi non plus, ils en ont rien à foutre.» On sonne à l’interphone plusieurs fois. Aucune réponse. A l’aide d’un badge permettant de déverrouiller les portes d’entrée, on pénètre dans le hall. Lors de son agression, Moussa s’est aussi fait voler son trousseau de clés universelles. Impossible aujourd’hui de livrer les gros colis dans les boîtes aux lettres, tout devra se faire en main propre. «Ça va être long, je le sens», prévient Moussa. Grâce à un voisin, nous pénétrons dans l’immeuble. Direction le deuxième étage, où un résident doit réceptionner deux colis volumineux. Nous frappons. Aucune réponse. «Dans ce cas-là, t’essayes de les donner à un voisin», explique notre formateur. A la porte d’à côté, un «c’est qui ?» résonne dans le hall. «C’est Amazon, on a un colis pour votre voisine mais elle n’est pas là», crie Moussa. Toujours à travers la porte, la voisine répond : «Ah non, mais je ne la connais pas, moi. Je ne lui parle jamais, désolée.» Et Moussa de s’étonner : «C’est comme ça, ils vivent à côté mais ont peur de se parler…» Il tente plusieurs fois d’appeler la cliente, qui ne répond pas. Nous repartons avec le colis, que nous livrerons plus tard.

Dans l’immeuble d’à côté, le gardien accepte volontiers de réceptionner les six paquets de ses résidents. «Bientôt, il n’y aura plus que des colis Amazon, il faut bien se mettre à la page», dit l’homme, l’air circonspect par le ballet quotidien de livreurs. Dans le bâtiment voisin, il faut livrer un gros carton. Le client répond à l’interphone. Nous montons au quatrième. La porte est déjà ouverte, il apparaît en slip et en peignoir, une clope à la main. Moussa rit : «Parfois, ils sont même quasiment nus, je préfère sonner, laisser le colis devant la porte et partir. J’ai peur d’avoir des problèmes, qu’on m’accuse de harcèlement alors que j’ai juste livré un colis».

On prend le Pouls de la France

Les cinq prochaines livraisons sont décrites comme «faciles» par Moussa. Elles sont adressées à des clients sur leur lieu de travail. Au mieux, le service accueil des bureaux les prend en charge. Au pire, il faut monter dans les étages. Mais il n’y a pas à mener d’enquête de voisinage pour livrer le paquet, comme dans les résidences privées. «Ça nous fait gagner beaucoup de temps», dit notre formateur. Au fil des livraisons, on s’en rend compte : lorsque l’on transporte des colis Amazon, on prend le pouls de la France. Avec plus de 100 millions de clients «Prime» dans le monde, la multinationale vampirise une grande partie du marché. Se faire livrer un disque, un livre, un ordinateur ou de l’antipuces pour chat pour le lendemain est simplissime. Résultat, de plus en plus de gens commandent chez Amazon. Celui qui passe sa journée en slip, celle qui vient d’accoucher, celle qui zieute par le judas, celui dont les pétards embaument la cage d’escalier, celle que l’on réveille de la sieste, celle qui a peur, celle qui propose le café, celui qui ne parle pas français, celle qui commande des colis tous les jours.

On pénètre des open spaces de start-up où les employés travaillent en chaussettes et se déplacent en skate. En pleine réunion, ils ne lèvent pas les yeux sur l’homme au gilet jaune qui vient les livrer. Des entreprises où des joueurs de jeux vidéo ont pour métier de s’affronter en compétition. On constate aussi, un peu amusé, qu’un autre concours que celui du CAC 40 se joue entre certaines grandes sociétés : celui des halls d’accueil. Certains ont des statues de chien en marbre blanc, dans un autre c’est un serpent fait de boules d’inox, ailleurs des murs entièrement recouverts d’aluminium sur 10 mètres de haut ou encore des plafonniers en inox en forme de mouettes géantes. Mais une constante : seuls les agents d’accueil, de ménage et de sécurité parlent aux livreurs. Comme nous, ils prennent le monte-charge sans miroir et les labyrinthiques coursives blanches aux néons blafards pour accéder aux bureaux. On laisse les ascenseurs panoramiques et les couloirs en moquette aux salariés en costard. Les agents s’intéressent, «c’est votre premier jour ?» ; questionnent, «ça fait combien de temps que vous livrez ?» ; s’inquiètent, «ils ne vous regardent pas, c’est dur, même nous ils ne nous regardent pas.» On a l’impression, sous nos yeux, d’assister à la frénésie de deux mondes qui se côtoient sans vraiment se parler. Celui des cadres qui consomment, et celui des personnes employées pour leur rendre service. Les premiers doivent en prendre plein la vue dès le hall d’immeuble. Les seconds doivent être invisibles, pour ne pas déranger. Du clic à la livraison, tout s’opère par magie.

Depuis le début de la journée, Moussa, notre formateur, est malade. Il a des sueurs froides, de la fièvre probablement. Alors que la journée avance, il marche de plus en plus lentement. «Je suis vraiment faible», nous dit-il. Il doit pourtant continuer : personne ne peut le remplacer et il ne veut pas prendre le risque de rapporter des colis au dépôt. Il est presque 17 heures quand la tournée a été réalisée. Pour autant, la journée n’est pas terminée, Moussa tient à retourner livrer chaque colis qu’il n’est pas parvenu à remettre aux clients.

«Ce n’est pas qu’on nous sanctionne si on ramène des paquets. Mais ils vont nous les ajouter à la tournée de demain, du coup j’aurai plus de colis. Donc autant les livrer tous aujourd’hui», explique-t-il. A cette heure ne restent que les livraisons problématiques. Celles où la personne est injoignable car elle a renseigné un mauvais numéro ou une mauvaise adresse. Certains aussi nous demandent d’attendre une demi-heure, le temps qu’ils rentrent du travail, pour ne pas avoir à patienter jusqu’au lendemain pour se faire livrer. La journée se termine finalement à 18 h 30, après onze heures de travail sans aucune pause, et sans même avoir mangé un sandwich sur le pouce. Moussa rentre au dépôt fier, sans colis sur les bras. Il repartira demain pour une nouvelle tournée. Sans nous.

«Fantôme»

Au cours de cette enquête, nous avons été en contact régulier avec six chauffeurs issus de dépôts différents. Sur une période de trois semaines, la moitié nous a affirmé au moins une fois vouloir démissionner. Seul un l’a fait. Jérôme, livreur à Paris, a tenu cinq mois avant de quitter l’entreprise. «Je ne pouvais plus continuer, j’étais épuisé. Le rythme est infernal, il faut toujours être au moins à 200 % et c’est toujours de notre faute, quoi qu’il se passe. Maintenant, je vais prendre quelques jours pour me reposer et ensuite on verra», confie-t-il. Ils disent livrer entre 80 et 180 colis selon les jours. «Parfois, ça peut dépasser les 200, 220», constate un chef de dépôt. Un autre livreur de l’est de la France décrit aussi les pressions subies : «Amazon met en place un système de ce qu’ils appellent des "concessions". Une plainte d’un client pour un colis non reçu ou un mauvais comportement nous vaut une "concession". Au bout de dix ou douze, on est licenciés.»

Le problème, c’est que la livraison prônée par Amazon pousse les livreurs à déposer les paquets dans les boîtes aux lettres ou chez les voisins plutôt que de les remettre en main propre. Résultat, certains disparaissent et c’est la faute des chauffeurs. Pour s’en rendre compte, il n’y a qu’à observer les milliers de plaintes quotidiennes à ce propos sur les réseaux sociaux. L’un des dirigeants d’une grande entreprise de transport sous contrat avec Amazon prophétise : «C’est une profession qui va disparaître à terme. Parce que c’est un travail de fantôme, ils ne sont pas reconnus. Les gens ne les regardent pas.» Certains ont tenté de lancer des débrayages dans leurs dépôts pour protester contre un nombre de paquets trop élevé, mais n’ont pas ou peu été entendus. De son côté, Amazon planche de plus en plus sur la robotisation de ses activités, la rumeur des livraisons par drones prenant corps ces dernières années.

Après de longues recherches, on a finalement trouvé le salarié responsable des livraisons dans notre quartier. Impossible de savoir s’il était bien à l’origine de la livraison de notre colis sous le paillasson. A le voir courir régulièrement, on a fini par sympathiser. Aussi parce qu’on sait désormais ce qu’il endure. Libération 5 octobre 2018


Deuxième partie.

En Marche vers le totalitarisme.

- Les militants En marche !, aisés et surdiplômés, selon une étude - Reuters 8 octobre 2018

Un homme surdiplômé actif au train de vie confortable résidant dans une grande ville : tel est le profil type du militant La République marche (LaRem) dressé au terme d'une grande enquête de l'organisation Terra Nova publiée lundi.

Les adhérents de LaRem, qui revendique 400.000 membres du total, sont avant tout des hommes (68%), plus jeunes et un peu plus urbains que la moyenne des Français avec un niveau de formation très élevé puisque 80% sont diplômés du supérieur, selon cette étude basée sur les réponses de 8.815 "marcheurs".

Les cadres et professions libérales y sont majoritaires (60%), de même que les actifs du secteur privé (71%). Leurs revenus les situent dans la moitié haute de la société.

"Il ne s'agit pas de bourgeoisie patrimoniale mais plutôt de gens dont la caractéristique est d'avoir un niveau d'étude et de compétence culturelle et professionnelle assez solide", a dit à Reuters l'un quatre auteurs du rapport, Bruno Cautrès, chercheur au Centre national de la recherche scientifique (CNRS) et au Centre de recherches politiques de Sciences Po (Cevipof).

En résumé, le "marcheur" type ressemble à Emmanuel Macron, fils de médecins d'Amiens (Somme) ayant fait des études dans les grandes écoles, dont l'Ecole nationale d'administration (Ena), ayant exercé comme banquier avant de briguer la présidence. (Marié à la fille d'un industriel et ex-épouse d'un banquier il faut préciser. - LVOG)

LIBÉRAUX ET PROGRESSISTES

(C'est un oxymore du genre : La guerre, c'est la paix ou la liberté, c'est l'esclavage ou encore l'ignorance, c'est la force (1984 - Orwell) Traduire : néolibéraux et rétrogrades. - LVOG)

Au chapitre des valeurs, les "marcheurs" sont en majorité favorables au libéralisme économique, avec des sentiments positifs vis-à-vis de l'Union européenne. La question la plus importante à leurs yeux est la construction européenne (15%), ex-aequo avec le chômage (15%) et l’éducation (14,5%), suivis des déficits publics (9%) et des inégalités (9%).

"Des thèmes comme l'insécurité, le terrorisme et l'immigration les préoccupent en revanche assez peu, ce qui les distingue d'autres formations, notamment à droite", notent les auteurs.

Le rapport divise les "marcheurs" en cinq sous-catégories.

Le groupe le plus important, "coeur du macronisme", est constitué de progressistes sur le plan des valeurs et libéraux sur le plan économique (31%).

Viennent ensuite les "progressistes-égalitaires" (23%), souvent d'ancien sympathisants socialistes ayant voté pour François Hollande en 2012. "Moins libéraux économiquement que la première catégorie, il se préoccupent avant tout de justice sociale", note Bruno Cautrès.

Un groupe de même taille (23%), les "conservateurs libéraux", proches du centre-droit, mêle adhérents anciens ou actuels des Républicains, anciens électeurs de Nicolas Sarkozy ou soutiens de François Fillon en 2017.

Viennent ensuite les "modérés-conservateurs" (19%) qui "cultivent un centrisme incliné culturellement au centre-droit, voire à droite, et économiquement au centre-gauche, voire à gauche", peut-on lire dans le rapport.

Enfin, 4% des sondés sont classés dans la catégorie des "euro-dubitatifs". "Ce ne sont pas des eurosceptiques comme on peut en trouver par exemple au Rassemblement national, mais ils expriment des doutes voire des craintes sur l'intégration européenne", explique Bruno Cautrès.

Quand on les interroge sur les qualités du chef de l'Etat, dont la cote d'opinion recule ces derniers mois, les "marcheurs" louent ses talents oratoires, sa capacité à incarner le rôle du leader et à prendre des risques pour ses idées.

"Les seules critiques qui émergent interrogent son peu de sensibilité aux demandes des Français et sa faible capacité à accepter la contradiction", ajoutent les auteurs de l'étude. Reuters 8 octobre 2018

On retrouve là les différentes couches sociales qui constituent le socle du fascisme.

- Delphine Gény-Stephann, ministre la plus riche - L'Express.fr 8 octobre 2018

Delphine Gény-Stephann secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Economie, Bruno Le Maire, est la plus riche des membres du gouvernement, rapporte l'Obs ce lundi.

Cette polytechnicienne, qui va avoir 50 ans, a un patrimoine qui s'élève à plus de 16 millions d'euros.

Selon sa déclaration, Delphine Gény-Stephann possède deux grands appartements à Paris de 240 et 117 mètres carrés ainsi que deux propriétés de 280 et 120 mètres carrés en Bretagne. De plus, elle possède également 7 millions d'instruments financiers et 68% de start-up Alcémon de son mari, Bertrand Stephann. Ce dernier point aurait d'ailleurs été omis dans sa déclaration à l'HATVP selon l'Obs. L'Express.fr 8 octobre 2018

- Le gouvernement teste l'idée d'une retraite à taux plein à 63 ans - Liberation.fr 08.10

Sans toucher à l'âge légal de départ à la retraite fixé à 62 ans, l'exécutif avance la piste d'un an de travail supplémentaire pour partir avec une pension sans décote. Objectif : inciter les Français à travailler plus longtemps. Liberation.fr 08.10

« Je ne souhaite pas construire des places de prison pour les remplir »déclare Nicole Belloubet - Publicsenat.fr 08.10

Invitée de l’émission « Audition publique » sur Public Sénat et LCP, la ministre de la Justice Nicole Belloubet confirme que 15000 places de prison seront construites... Publicsenat.fr 08.10

Surenchère.

- Dupont-Aignan propose de taxer les prisonniers - Reuters 08.10

Le président de Debout la France, Nicolas Dupont-Aignan, a annoncé lundi le dépot d'une proposition de loi visant à faire participer les prisonniers aux frais d'incarcération, si besoin en travaillant... Reuters 08.10

Appel à la délation.

- Nicole Belloubet confirme qu’une plateforme sera mise en place dès novembre pour signaler en ligne les violences conjugales - Publicsenat.fr 08.10

Invitée de l’émission « Audition publique » sur Public Sénat et LCP, la ministre de la Justice Nicole Belloubet a souhaité apporter des réponses concernant le traitement de la justice pour les violences faites aux femmes. Publicsenat.fr 08.10

Fabrique du consentement.

- «La PMA était une promesse de campagne, l’opinion y est favorable : l’issue est certaine» - Liberation.fr 08.10

Confirmation. On ne change pas le mode de pensée et le comportement de la population à coup de décrets ou de canons.

- «L’homophobie et la transphobie demeurent très ancrées.» - Liberation.fr 08.10

C'est là qu'on s'aperçoit que ces campagnes n'étaient pas destinées à bénéficier aux homosexuels ou aux transsexuels, bien au contraire, ce que j'ai toujours affirmé.

A défaut d'affronter le régime, affairisme ou la course aux places et à la gamelle.

- France: Les européennes aiguisent les divisions à gauche - Reuters 8 octobre 2018

Ils n'ont plus qu'une préoccupation : Désigner celui qui sera le gardien du cadavre nauséabond du stalinisme.

- Au PCF, Pierre Laurent vers la sortie - Liberation.fr 7 octobre 2018

Un choc. Une surprise. Un séisme. Un tourbillon. Les mots ne manquent pas après un résultat inédit : la direction (sortante) communiste a perdu un vote interne. A quelques semaines du congrès, qui se déroulera à Ivry-sur-Seine, les militants du PCF – plus de 30 000 votants – ont placé le texte d’orientation porté par André Chassaigne, président du groupe communiste à l’Assemblée nationale, et Fabien Roussel, patron de la fédération du Nord, devant celui de Pierre Laurent. Pourtant, il y a quelques semaines, le porte-parole du parti, Olivier Dartigolles nous confiait : «C’est serré mais si on fait les choses bien, si on mène une bonne campagne, ça devrait le faire.» Raté. La direction découvre la minorité.

«Un formidable signal d’espoir»

Samedi, a la tombée des résultats, Pierre Laurent a «pris acte» de la décision des militants. La défaite est rude. Le sénateur était en course pour un troisième mandat. Il espérait rassembler autour de lui toutes les générations pour écrire une nouvelle page du PCF et mettre de nouvelles têtes dans la direction afin de donner un nouveau souffle a un parti en difficulté. Sauf qu’il a perdu le fil ces derniers temps. L’année 2017 lui a été fatale. Les reproches sont nombreux, surtout l’absence d’un candidat communiste lors de la présidentielle. Après des mois d’hésitation, il a choisi de soutenir du bout des lèvres La France insoumise (LFI) de Mélenchon : la décision la «plus compliquée» de sa carrière. Il y pense «tous les jours» raconte un proche. Discret, voire mystérieux, Pierre Laurent n’a jamais laissé paraître ses émotions, il a assumé, estimant que c’était la meilleure décision pour sa famille politique.

Pas suffisant pour convaincre. En interne, plusieurs voix se sont élevées. Un de ses adversaires : «Il a couru derrière une alliance de la gauche impossible et Mélenchon nous a ridiculisés !» Un autre le décrit comme un «mou-du-genou qui a peur de prendre la moindre décision». Il prendra la parole lors du conseil national du PCF, samedi 13 novembre, afin d’indiquer ses intentions. Beaucoup parient sur une «démission rapide», très peu l’imaginent rester secrétaire national. Un connaisseur décrypte : «Le texte d’orientation n’est pas lié au poste de secrétaire national mais personne ne l’imagine rester, c’est impossible. Logiquement, il devrait laisser son poste à un signataire du texte vainqueur.»

Pendant ce temps, André Chassaigne a le sourire. Il savoure. Cette victoire a des airs de revanche. «C’est un formidable signal d’espoir», a-t-il déclaré samedi soir. Le député du Puy-de-Dôme, l’un des visages du PCF, court après depuis des années. Pas du tout fan de Jean-Luc Mélenchon, il aurait aimé être candidat lors des deux dernières présidentielles mais la direction a fait barrage. Il l’a mal vécu. Un manque de «respect» ou de «considération» selon son humeur. Un petit fossé s’est creusé entre Pierre Laurent et lui. Pour autant, André Chassaigne ne postule pas au poste de secrétaire national. Il a toujours dit «qu’il n’était pas intéressé» par le job.

La bande à Dédé

Le chef des députés communistes ouvre le champ à l’un de ses proches, Fabien Roussel. Une tête connue des communistes et inconnue du grand public. Un vendredi de septembre, on a croisé le député du Nord dans les travées de la Fête de l’Humanité. Un caractère trempé et un regard malin. L’ancien journaliste tourne à la bière, enchaîne les bises. Il laisse peu de place au silence. Des blagues, des questions, et une présentation : «73 kilos, 49 ans, 13 de tension, je suis en pleine forme.» Très loin du style Pierre Laurent.

Persuadé que la gauche a besoin d’un PCF «fort» pour se relever, il se montre offensif et se démarque de la direction actuelle : «Nous devons affirmer la volonté de présenter un candidat en 2022. Il ne faut pas avoir peur de dire les choses. Sinon, on va passer notre temps à tenter de construire des unions et à la fin on va se retrouver tout seul parce que personne ne voudra de nous.» Fabien Roussel ne cache pas son jeu : il fait comprendre que le poste de secrétaire national du PCF l’intéresse. Mais aucune déclaration officielle. Le malin préfère se replonger dans le passé. «Chez nous, c’est toujours le sortant qui désigne son successeur», dit-il confiant, persuadé que le texte qu’il présente avec ses copains arrivera en tête, et que la direction actuelle libérera le trône. Un mois plus tard, la moitié du chemin est faite.

Les débats s’ouvrent pour l’autre moitié. La bande à «Dédé» Chassaigne compte bien récupérer les clés de la maison, située place du Colonel-Fabien, mais sans les demander. Ils attendent que Pierre Laurent l’annonce. Sans brusquer. Ni provoquer. En septembre, Roussel était déjà dans le futur. Il se voyait déjà en haut de l’affiche, dans le rôle du rassembleur : «Chez nous, les communistes, on débat mais nous sommes tous des camarades, à la fin, comme toujours tous les membres respecteront la ligne décidée lors du congrès et notre famille sera unie.» Sauf que depuis le résultat de samedi, la logique n’existe plus au PCF. Liberation.fr 7 octobre 2018

Il ne vous aura pas échappé que les derniers soubresauts du PCF enthousiasme Libération en sous-titrant «Un formidable signal d’espoir»... donc Macron et LREM.

En famille. Quand les médias penchent pour l'extrême droite.

- Présidentielle au Brésil: les électeurs veulent "du changement" - AFP 08.10

Les Brésiliens votaient nombreux et dans le calme dimanche pour le premier tour de la présidentielle, exprimant l'espoir d'un "changement" dans ce scrutin où Jair Bolsonaro, le candidat d'extrême droite, apparaît en position de force. AFP 08.10

LVOG - Un coup de force ou un coup d'Etat législatif...

- De la plage à la favela, Rio vote en rêvant au changement - AFP 08.10

Dans un Brésil déchiré après une campagne électorale agressive, les habitants de Rio de Janeiro ont voté dimanche avec un crédo: le changement, aussi bien dans les quartiers chics comme Copacabana que dans les favelas comme Rocinha. AFP 08.10

LVOG - L'extrême droite fait rêver les habitants des "quartiers chics", c'est bien connu, on n'en doute pas...

- Un boulevard pour Bolsonaro - Liberation.fr 09.10

- Face à l’ex-militaire ultraconservateur, qui a failli l’emporter dès le premier tour, le Parti des travailleurs a peu de chances de rebondir. Liberation.fr 09.10

LVOG - Libération a exprimé ici un souhait...

- Brésil: la lame de fond Bolsonaro déferle sur le Parlement - AFP 09.10

Le minuscule parti de Jair Bolsonaro, qualifié très facilement pour le second tour de la présidentielle au Brésil, est devenu grand et la poussée du candidat d'extrême droite a totalement redessiné le Parlement. AFP 09.10

LVOG - Question : Comment un "minuscule parti", donc inconnu de la plupart des Brésiliens peut-il parvenir au pouvoir ? Demandez la recette à ceux qui ont porté Macron au pouvoir...

- Brésil : l'extrême droite en route vers la présidence - LeFigaro.fr 09.10

LVOG - Allez Le Figaro , souhaitez-lui bonne route !

- Brésil «Il faut empêcher le retour du PT» - Liberation.fr 09.10

LVOG - Libération ne peut s'empêcher de prendre position...

- Présidentielle au Brésil: duel incertain Bolsonaro/Haddad au 2e tour - AFP 08.10

Le candidat d'extrême droite Jair Bolsonaro s'est qualifié facilement dimanche pour le deuxième tour de la présidentielle au Brésil sur un gros score, mais il se retrouvera face à la gauche dans un duel à l'issue incertaine.

Avant que ne tombent les résultats le situant à 46,06% avec 99,99% des urnes dépouillées, loin devant Fernando Haddad, du Parti des travailleurs (PT) à 29,24%, Bolsonaro a évoqué des "problèmes avec les urnes électroniques".

"Je suis certain que si ça n'avait pas eu lieu, nous aurions eu dès ce soir le nom du président de la République", a lancé le candidat de 63 ans dans une vidéo sur Facebook.

"Nous ne pouvons pas rester sans rien dire. Nous allons réclamer au Tribunal supérieur électoral (TSE) des solutions", a-t-il ajouté.

Si ses partisans ont protesté devant le TSE à Brasilia aux cris de "fraude, fraude!", l'ex-capitaine de l'armée n'est pas allé jusque-là. "Nous devons rester mobilisés. Il reste trois semaines avant le second tour", a-t-il dit. AFP 08.10

- Jair Bolsonaro prétend que des "problèmes dans les urnes" l'ont empêché d'être élu au 1er tour - Le HuffPost 08.10

Jair Bolsonaro a-t-il été dépossédé d'une victoire au 1er tour des présidentielles au Brésil? Le HuffPost 08.10

LVOG - S'il le prétend, c'est sans doute parce qu'il existe de bonnes raisons à cela...

Leur humanisme est la politesse des salauds...

- Le prix Vaclav Havel du Conseil de l’Europe à Oïoub Titiev - Reuters 08.10

Le Russe Oïoub Titiev, président de l’antenne tchétchène de Mémorial, une Organisation non gouvernementale de défense des droits de l’homme, a été honoré lundi à Strasbourg par le prix Vaclav Havel de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe.

Agé de 61 ans, il a été arrêté en janvier dernier et accusé de détention de cannabis, une accusation qu’il accuse la police d’avoir monté de toutes pièces. Il encourt une peine de dix ans de prison.

Les Etats-Unis et l'Union européenne ont réclamé sa libération.

Le prix des droits de l'homme Václav Havel, qui consiste en une somme de 60.000 euros, est décerné chaque année à une personnalité de la société civile oeuvrant dans le domaine des droits de l’homme. Reuters 08.10

Assassinat ordinaire et un coupable pour des milliers de crimes impunis.

- Trois Palestiniens tués par des tirs israéliens (ministère à Gaza) - AFP 06.10

Trois Palestiniens, dont un adolescent de 14 ans, ont été tués vendredi par des tirs israéliens dans la bande de Gaza lors de manifestations et de heurts le long de la frontière, a indiqué le ministère gazaoui de la Santé. AFP 06.10

- Chicago: Un policier blanc déclaré coupable du meurtre d'un ado noir - Reuters 06.10

Un agent de police blanc de Chicago, Jason Van Dyke, a été reconnu coupable vendredi du meurtre en 2014 d'un adolescent noir, Laquan McDonald, affaire qui avait exposé au grand jour les tensions entre la communauté noire et les services de police dans la troisième ville des Etats-Unis. Reuters 06.10

LVOG - S'il avait été jugé un an plus tôt, il aurait été blanchi, vous devinez pourquoi, n'est-ce pas ?

Ils osent tout

- Au Venezuela, l'inflation atteint 488.865% sur un an, selon un opposant. - Reuters 09.10

"Cela nous donne une projection de 1.030.281% d'inflation à la fin de l'année", a ajouté le député.

Un chiffre qui correspond avec les prévisions du Fonds monétaire international, selon qui l'hyperinflation au Venezuela pourrait dépasser 1.000.000% d'ici la fin de l'année.

LVOG - Qui dit mieux ?

- Lettonie: La diplomatie et la défense cibles de cyberattaques russes - Reuters 09.10

- Oleg Sentsov se réalimente de peur d'être nourri de force - L'Express.fr

- Fracturation hydraulique: Reprise au Royaume-Uni après 7 ans d'arrêt - Reuters

- Christiane Taubira reçoit un prix européen de lutte contre l’homophobie - Franceinfo

- Nadia Murad, prix Nobel de la Paix, "est un étendard de la blessure yézidie" pour l'association des Yézidis de France - Franceinfo

- Espions, Novitchok et "fake news" : on vous explique ce qui se cache derrière les cyberattaques russes dénoncées par les Occidentaux - Franceinfo




INFOS EN BREF

POLITIQUE

Etats-Unis

- Le juge Kavanaugh entre à la Cour suprême, grande victoire pour Donald Trump - AFP 7 octobre 2018

Le juge Brett Kavanaugh a prêté serment samedi à la Cour suprême, quelques heures après la confirmation de sa nomination par le Sénat, qui constitue une grande victoire pour le président Donald Trump à un mois d'élections de mi-mandat cruciales. AFP 7 octobre 2018

Syrie

- Assad explique «l’hystérie occidentale» autour d’Idlib - sputniknews.com 07.10.2018

Qualifiant la bataille pour Idlib de moment clef pour la Syrie, Bachar el-Assad a estimé que le succès de l’armée gouvernementale dans cette province signera «l’échec» des projets mûris par les pays occidentaux.

Le Président syrien Bachar el-Assad a expliqué l'emballement politique autour de la province d'Idlib par la peur de l'Occident de voir ses projets ruinés.

«L'hystérie occidentale qui précède la bataille d'Idlib s'explique par le fait que c'est quelque chose de fatal pour eux parce que la victoire des Syriens dans ce conflit fera échouer leurs projets», a-t-il indiqué, cité par l'agence syrienne Sana.

Évoquant l'accord russo-turc sur Idlib, M. el-Assad a indiqué que la position de l'État syrien était «claire» et que ce gouvernorat, comme les autres territoires syriens sous le contrôle des terroristes, reviendrait dans le giron de l'État syrien. Il a également estimé que l'accord en question est une mesure provisoire qui a permis à l'État syrien d'éviter l'effusion de sang.sputniknews.com 07.10.2018

- Moscou révèle l’objectif final de la création de la zone de désescalade à Idlib - sputniknews.com 06.10.2018

Le ministère russe des Affaires étrangères a expliqué la raison de la création de la zone de désescalade à Idlib. Selon Mikhaïl Bogdanov, vice-ministre, «les accords sur Idlib sont temporaires» et leur objectif principal est «d'éliminer le centre terroriste en Syrie».

Moscou espère que tous les accords sur Idlib seront réalisés. Leur objectif principal est d'éliminer le centre terroriste, a déclaré à Sputnik Mikhaïl Bogdanov, vice-ministre russe des Affaires étrangères.

«Les accords sur Idlib sont temporaires» et leur objectif final est «d'éliminer le centre terroriste en Syrie en général et dans la région d'Idlib en particulier, ainsi que d'instaurer l'unité et la souveraineté, l'intégrité territoriale de l'État», a-t-il ainsi déclaré.

Selon Mikhaïl Bogdanov, les terroristes qui ne déposeront pas leurs armes seront éliminés.

«Bien sûr, les terroristes qui n'ont pas déposé leurs armes, qui continuent leurs sorties, doivent être arrêtés ou éliminés, comme l'ont clairement indiqué la partie russe et certains nos partenaires, y compris les dirigeants légitimes de Damas», a précisé le diplomate. sputniknews.com 06.10.2018

Bulgarie

- Bulgarie. Une journaliste assassinée Liberation.fr 7 octobre 2018

Viktoria Marinova, 30 ans, qui venait de diffuser dans son émission d’une chaîne de télé locale un reportage sur des suspicions de fraude aux fonds européens, a été retrouvée samedi étranglée dans un parc de la ville de Ruse, dans le nord de la Bulgarie.

Il s’agit de la troisième journaliste victime d’un homicide en un an en Europe, après le meurtre du reporter Jan Kuciak en Slovaquie en février, et celui de la journaliste maltaise Daphné Caruana Galizia en octobre 2017. Liberation.fr 7 octobre 2018

Lettonie

- Lettonie: Un parti pro-russe en tête des législatives, montrent les résultats partiels - Reuters 07.10.2018

La coalition au pouvoir en Lettonie a perdu sa majorité lors des élections législatives organisées samedi, montrent les résultats partiels après 80% des bulletins dépouillés, qui confirment l'installation du parti pro-russe Harmonie donné en tête du scrutin.

Harmonie, crédité de 20% des voix, devrait rester le parti le plus important du pays. Il pourrait ainsi jouer un rôle de pivot dans le prochain paysage politique letton et influencer la ligne du gouvernement à la fois à l'égard de l'Union européenne mais également de l'Otan dont le pays est membre.

Le mécontentement envers la classe politique, considérée comme corrompue et inefficace, a provoqué la désaffection des électeurs vis-à-vis de la coalition sortante, constituée de l'Union des Verts et des paysans, de l'Alliance nationale et du parti Unité.

Selon les résultats partiels, la coalition a perdu plus de la moitié de son électorat, au profit notamment de deux nouveaux venus sur la scène politique, le parti populiste KPV LV et les conservateurs de l'Alliance, qui obtiendraient tous deux environ 14% des suffrages.

La Lettonie, ancienne république soviétique, entretient 276 km de frontière avec la Russie et constitue un pays stratégique au moment où les relations entre Moscou et les Occidentaux sont très tendues.

L'Otan a déployé un millier d'hommes dans le pays.

Harmonie, qui veut maintenir le pays dans l'Union européenne et dans l'Otan, souhaite dans le même temps améliorer les relations économiques avec la Russie et n'a renoncé que l'an dernier à son accord de coopération avec Russie unie, le parti politique du président Vladimir Poutine. Reuters 07.10.2018


SOCIAL ET SOCIÉTÉ

France

Un peuple révolutionnaire, non, de propriétaires.

- 10 millions de logements de plus en trente ans - Liberation.fr 7 octobre 2018

Croissance démographique, déplacements de la population vers les zones côtières et les grandes métropoles régionales, divorces… Entre 1988 et 2018, le nombre de logements est passé de 25,6 millions à 35,4 millions en France métropolitaine, selon une nouvelle étude de l’Insee. Près de six ménages sur dix (58 %) sont propriétaires du logement qu’ils occupent. Liberation.fr 7 octobre 2018


Troisième partie.

Trafic d'esclaves. Comment justifier l'adhésion à une opération montée par l'oligarchie et l'OTAN ?

- Immigration : Clémentine Autain, au ban des Insoumis - Libération 05.10

La députée de Seine-Saint-Denis a vécu une réunion de groupe houleuse à l’Assemblée. Les autres parlementaires de son parti lui ont reproché d'avoir signé le manifeste rédigé par les rédactions de «Mediapart», «Politis» et «Regards» pour l’accueil des migrants. (Signé également par le PCF et Génération.s - LVOG)

Un désaccord sur le fond qui a laissé place à la polémique. Plusieurs têtes à gauche ont regardé de travers les élus LFI, estimant que Mélenchon «minimise le sujet pour ne pas perdre les classes populaires qui s’opposent à la venue des migrants». Une accusation qui passe mal chez les Insoumis. Libération 05.10

Le 30 septembre, sur Facebook, Autain avait publié un texte dans lequel elle tenta de justifier son engouement pour ce trafic moderne d'esclaves. Voici ma réponse.

Chacun sait ou devrait savoir que la soi-disant gauche et gauche de la gauche n'ont pas pour objectif de chasser Macron du pouvoir, l'abolition du capitalisme ou l'abrogation de la Constitution et des institutions de la Ve République.

Chacun a pu observer depuis des décennies et plus particulièrement depuis 2012, qu'elles ont participé à toutes les campagnes basées sur des thèmes communautaires initiées par l'oligarchie anglo-saxonne, les monarchies européennes, les institutions internationales telles que l'ONU et l'UE, l'ensemble des gouvernements des puissances occidentales, les think tanks néolibéraux ou néoconservateurs, bref, la pire réaction organisée à l'échelle mondiale qui mène un féroce combat de classe sans répit contre le prolétariat mondiale.

Chacun a également pu observer que ces campagnes n'auraient jamais pu être lancées et avoir la répercussion qu'elles ont eu si elles n'avaient pas bénéficié du concours des médias et des réseaux dit sociaux appartenant tous à des oligarques.

Un tel intérêt de la part de l'internationale oligarchique pour les droits ou le bien être de telle ou telle minorité, communauté ou catégorie de la population n'aurait-il pas dû éveiller des soupçons sur les réelles intentions qui recouvraient ces campagnes de la part de ceux qui prétendent représenter leurs intérêts ?

Apparemment non, c'était inutile parce qu'il est bien connu que les puissances coloniales occidentales et les institutions à leur service ou qu'ils contrôlent ont toujours été animés d'intentions généreuses ou philanthropiques envers tous les pays, alors qu'en réalité ils ont fomenté et mené ou soutenu toutes les guerres ou coups d'Etat sur tous les continents semant la terreur et le désespoir ou la désolation derrière eux, n'hésitant pas à recourir à la pire des barbaries pour parvenir à leurs fins.

Que des monstres tels que feu McCain ou Soros parrainent ou financent toutes ces campagnes ne les a pas davantage interpellé. Au contraire, pour soutenir le trafic d'esclaves déguisés en migrants qui se déversent sur l'Europe depuis plus d'un an, Autain va aller jusqu'à emprunter leur méthode en déclarant que "le flux migratoire est globalement stable en Europe depuis plusieurs décennies", affirmation grotesque démenti par les faits qui ont été confirmés par tous les gouvernements et portés à la connaissance de tous par les médias que l'on ne soupçonnera pas d'être opposés à cet ignoble trafic.

Il ne faut "pas céder une once de terrain aux adversaires sur cette question" dit-elle, entendez par "adversaires" nos ennemis, sémantique qui trahit la véritable nature de son engagement politique qu'elle nous révèlera plus loin, cette ignare et imposteur ne peut pas comprendre pas qu'elle fait le sale boulot à la place et pour le compte de nos ennemis, qui eux ne montent pas en première ligne, ne s'exposent pas dans les médias, ils restent tranquillement tapis dans l'ombre tandis qu'une armée de larbins s'exposent à leurs places.

On a souvent entend dire que Mélenchon et ses acolytes étaient les idiots utiles du régime. Autain l'a confirmé à sa manière en déclarant que "la façon dont le sujet émerge et s’impose dans le débat public" serait légitime, incontournable, car on ne pouvait pas "échapper au moment politique qui est le nôtre, si bouillant sur la question migratoire", sans jamais se demander qui en était à l'origine et à qui il devait profiter, puisqu'à aucun moment elle n'évoquera la complicité qui existait entre la mafia opérant sur la côte libyenne et l'Otan ainsi que certaines ONG, et la décision concertée prise entre Erdogan et l'Otan dont la Turquie est membre, d'ouvrir ses frontières afin qu'un flot continu de réfugiés syriens et d'autres nationalités dépassant le million s'engouffrent en Europe.

Elle le confirmera encore en poussant le crétinisme jusqu'à affirmer que "le récit que nous faisons, les thèmes que nous choisissons de porter en avant sur la question migratoire ne sont évidemment pas neutres", pardi, ils lui sont dictés par la pire réaction, ce dont elle ne peut s'apercevoir ou qu'elle ne peut que nier après avoir adopté l'attitude du déni ou de l'imposture permanente.

Madame Autain va encore plus loin dans l'imposture.

Elle reprend à son compte le procédé employé par les inquisiteurs du régime qui affirment être victimes d'une propagande déloyale ou de fausses nouvelles de la part de ceux critiquent ou s'opposent à sa politique ou à l'orientation actuelle de la société, alors qu'en réalité ce sont eux qui y recourent pour discréditer, museler, censurer toute voix discordante ou tout opposant au régime.

Cela l'a amenée à cibler ceux qui estiment selon elle qu'il ne faudrait pas "parler des migrants", mais pas de manière anodine anodins, en se disant victime d'une accusation de "diversion" qu'elle a récusée dans ces termes :

- "L’accusation de diversion me rappelle par ailleurs des querelles anciennes, quand on nous expliquait qu’il fallait mener la révolution prolétarienne et les droits des immigrés ou des femmes seraient réglés dans la foulée, quand on nous rabâchait la centralité de la lutte des classes, en ces temps où défendre les lesbiennes et les gays ou l’environnement était perçu comme une entreprise de diversion au regard du combat central. C’était avant Mai 68. Je me bats contre la dichotomie entre le social et le sociétal parce qu’en réalité, les sujets s’entremêlent. "

Comme les classes "s’entremêlent" ou la collaboration de classes, merci pour cet éclaircissement !

Surtout quand on sait qui collabore à cette sordide entreprise :

- "Mettre l’accent sur les causes des migrations ou bannir toute évocation de la liberté de circulation comme horizon, comme s’il s’agissait d’une ligne « no border » – à noter que le spectre des signataires de l’appel Regards, Politis, Mediapart est en l’occurrence si large qu’il me parait curieux d’y voir une mainmise « gauchiste » - ne me convainc pas."

Il est vrai qu'accuser toutes ces officines de droite de « gauchiste » et tous ceux qui individuellement et de droite s'y sont associés, ne nous viendrait pas un instant à l'esprit, merci d'avoir confimé notre appréciation précédente.

Finalement elle a lâché le morceau comme on dit, confirmant que "mener la révolution prolétarienne" ou "la centralité de la lutte des classes" étaient dépassés et devait être abandonnés au profit d'une association entre "le social et le sociétal", traduire, une association entre le travail et le capital dont Ensemble, la micro-organisation dont Autain est une ou la seule dirigeante, Regards, Politis, Mediapart sont l'expression.

Bref, tout est dans l'ordre des choses du côté de la réaction.

En complément. On ne peut pas dire que ce soit une question qui mobilise les masses.

- Près d’un millier de personnes se sont rassemblées à Paris pour témoigner leur soutien à l’Aquarius, le navire qui vient en aide aux migrants en mer, affrété par SOS Méditerranée et Médecins sans frontières. D’autres mobilisations ont également eu lieu en France et en Europe.

Des rassemblements se sont également tenus dans d'autres villes françaises, notamment à Marseille où près de 3.000 manifestants se mobilisés, et en Europe dans des villes comme Berlin, Bruxelles ou Madrid pour réclamer un «pavillon pour l'Aquarius». sputniknews.com 08.10

Du même tonneau. Appel à la délation.

- Nicole Belloubet confirme qu’une plateforme sera mise en place dès novembre pour signaler en ligne les violences conjugales - Publicsenat.fr 08.10

Invitée de l’émission « Audition publique » sur Public Sénat et LCP, la ministre de la Justice Nicole Belloubet a souhaité apporter des réponses concernant le traitement de la justice pour les violences faites aux femmes. Publicsenat.fr 08.10

Tenez, cela aussi est pour cette furieuse opportuniste ou affairiste.

- Roumanie: le référendum contre le mariage gay boudé - L'Express.fr 07.10.2018

Le seuil de 30% doit être atteint pour valider le résultat. Au premier jour du scrutin, à peine 5% des électeurs ont voté. L'Express.fr 07.10.2018

Comme quoi la population en a strictement rien à foutre ! Il n'y a que les écervelés dans votre genre pour nous pourrir l'existence ainsi que celle des gens que vous prétendez représenter et que finalement vous avez stigmatisés au sens ancien du terme en les montrant du doigt ou en les jetant en patûre à l'extrême droite et aux tenants des préjugés les plus archaïques et réactionnaire.

Vos maîtres à penser vous ont dicté madame Autain à la fois l'idéologie et le comportement que vous avez adoptée envers leurs opposants, permettez-nous de leur donner la parole.

Allocution de Monsieur Walid al-Mouallem, ministre syrien des Affaires étrangères et vice-Premier ministre, devant la 73ème Assemblée générale des Nations Unies.

Extrait - Maintenant que la situation est devenue plus sûre et plus stable, grâce à ce qui a été accompli contre le terrorisme, et alors que le gouvernement continue à travailler à la réhabilitation des zones dévastées par les terroristes et au retour d’une vie normale, le terrain est désormais prêt au retour volontaire des réfugiés syriens dans leur pays. Un pays qu’ils ont quitté à cause du terrorisme et des mesures économiques unilatérales ayant ciblé les bases fondamentales de leur vie. Et effectivement, nous avons commencé à assister au retour de milliers de Syriens qui s’étaient réfugiés à l’étranger.

Depuis cette tribune, je veux annoncer que le retour de chaque Syrien est une priorité pour l’État syrien, que les portes sont ouvertes à tous les Syriens présents à l’étranger pour un retour volontaire et sécurisé. De plus, j’affirme que ce qui vaut pour les Syriens présents sur le sol de la patrie vaut aussi pour ceux qui se trouvent à l’étranger, et tous sont sous l’autorité d’une même loi. Le gouvernement syrien, aidé par le gouvernement de la Fédération de la Russie, que nous remercions, ne ménagera aucun effort pour faciliter le retour de ces réfugiés et répondre à leurs besoins fondamentaux. C’est pourquoi, un comité spécial a été constitué pour les aider à rentrer chez eux et à retrouver une vie normale.

Mais, bien que nous ayons invité la communauté internationale et les organisations humanitaires à contribuer à la facilitation de ce retour, certains pays occidentaux, dans la droite ligne du sale rôle qu’ils ont joué depuis le début de la guerre sur la Syrie, continuent à lui faire obstacle, en semant la peur parmi les Syriens, en usant de faux prétextes et en politisant ce dossier strictement humanitaire, afin de s’en servir comme d’une carte qui leur permettrait la mise à exécution de leur propre agenda politique, en subordonnant le retour des réfugiés au processus politique [de règlement de la crise syrienne].

Et aujourd’hui, alors que nous écrivons le dernier chapitre de la crise en Syrie, les Syriens sont déterminés à unir leurs forces pour supprimer les effets de la guerre terroriste et reconstruire leur pays de leurs propres mains, avec l’expérience et les compétences de leurs propres cadres et spécialistes restés au pays ou contraints de partir à l’étranger, du fait des opérations terroristes.

Quant à nous, tout en nous félicitant des initiatives des États et organismes n’ayant pas participé à l’agression contre la Syrie ou ayant adopté une approche claire et explicite contre le terrorisme, nous réaffirmons que la priorité de la participation aux programmes de reconstruction du pays va aux pays amis qui nous ont soutenus dans notre guerre contre le terrorisme. Les États qui posent des conditions restrictives préalables à leur participation ou qui continuent à soutenir le terrorisme ne sont pas les bienvenus et sont indésirables. (Syrie / Il est temps pour certains de sortir de leur déni de la réalité par Walid al-Mouallem - Mondialisation.ca 01 octobre 2018)

Cet après-midi, ma petite voisine d'environ 5 ans m'a interpellé, alors que j'étais en train de nettoyer mon jardin : vellai kara, vellaiki, vellaikai, vellai kara, ce qui signifie homme blanc, étranger blanc. J'en déduis donc que, bien que je vive en Inde depuis plus de deux décennies, que je sois marié et que je vive avec une indienne d'origine tamoul ou dravidienne, je ne serai jamais intégré dans ce pays, nulle part ailleurs qu'en France. Il ne me viendrait évidemment pas à l'esprit de prêter à cette petite fille le moindre a priori ou la moindre mauvaise pensée à mon égard, je pense que tous les lecteurs l'admettrons sans sourciller.

Elle m'a bien fait rire et on a dialogué un moment. Ah ben oui, quand une personne vous interpelle ou vous adresse la parole, vous répondez ! C'est me semble-t-il la moindre des politesses, quand vous respectez tout le monde en général, c'est naturel.

Pourquoi, quelque chose aurait-il dû me choquer ? C'est ce qu'aurait insinué nos chiens de garde de la pensée unique et du régime, si on suivait leur raisonnement, qui par bonheur ne sera jamais le nôtre, comme disait Trotsky : il ne faut pas confondre leur morale et la nôtre.

Et puis c'est comme cela, vous n'y pouvez rien et moi non plus. Cela ne me choque pas de demeurer un Vellai kara dans la mesure où nous sommes différents, c'est justifié et je l'assume. Tous ces gens qui se présentent comme les champions de la tolérance, sont en réalité les pires despotes qui soient pour ne pas respecter nos différences, celles qui existent entre nous tous. S'ils rechignent à défendre ce qu'ils sont, ce qu'on peut comprendre, ils ne sont pas dignes de défendre les droits ou les intérêts de qui que ce soit parmi les exploités ou les opprimés.


Quatrième partie.

Mystification ou les aléas climatiques et leur manipulation. Une ode au capitalisme dont l'ONU est l'instrument.

Il ne s'agit ici que d'un brouillon, de notes et de quelques réflexions, je n'ai pas le temps pour vous proposer mieux, désolé.

- Voilà comment les scientifiques de l’ONU se préparent à la fin du capitalisme par Nafeez Ahmed pour The Independent 12.09 (publié par Les Crises le 30.09)

Cela commence bien, ce ne sont pas "les scientifiques de l'ONU", puisqu'on nous dit plus loin qu'il s'agit d'un "groupe de scientifiques nommés par le secrétaire général de l’ONU", et jusqu'à preuve du contraire l'ONU a vocation à assurer la pérennité du capitalisme plutôt que de se préparer à sa fin, c'est d'ailleurs ce que confirme ce rapport qui n'a pas été du tout conçu dans cette perspective.

Extraits commentés.

Quand, je cite, "la pensée capitaliste" se penche sur le sort de l'humanité, le pire est à craindre, mais on veut nous faire croire que le meilleur pourrait en sortir, ce qui ne colle pas vraiment avec sa fin annoncée. Pourquoi ? Mais pour qu'on partage l'illusion de cette "pensée capitaliste" parce qu'il ne peut pas exister d'autre "pensée", ce n'est pas dit ouvertement, juste sous-entendu.

Toute leur démonstration repose sur le postulat frauduleux que le capitalisme et la société qu'il a façonnée, seraient responsable des perturbations ou des changements climatiques réels ou inventés. Quoi qu'il en soit, ce ne sera évidemment pas au capitalisme d'en supporter les conséquences, mais bien à la société, hormis les capitalismes, cela tout le monde l'aurait deviné.

Ils partent donc d'un constat qu'ils appellent la population à partager. Mieux, à les entendre ils seraient les porte-parole d'un constat que la population aurait dressé elle-même. Or si elle a pu constater des perturbations apparemment anormales du climat, elle n'est certainement pas en mesure d'en découvrir ou d'en connaître les origines. Ce sont des scientifiques à la demande de gouvernements ou d'institutions qui leur ont fourni une version unique de leur origine, à savoir l'activité humaine, qui ensuite a fait l'objet d'une propagande permanente ou hystérique de la part des mêmes gouvernements relayée par les médias aux ordres et les réseaux numériques, évacuant toute critique ou refusant de répondre aux questions qu'elle soulevait, rejetant toute autre version reposant sur d'autres hypothèses ou constatations qui contredisaient la leur, telle l'activité solaire, de sorte que la population s'est retrouvée en présence d'une unique version qu'elle a été sommée d'adopter, ce qu'elle fit largement, ce qui leur permit d'affirmer que la population la cautionnait et qu'elle leur accordait la légitimité nécessaire pour traiter cette question en son nom et la boucle de cette manipulation était bouclée.

Qui est à l'origine de ce constat ?

Un groupe indépendant de scientifiques (IGS) (On verra plus loin de quoi il retourne vraiment - LVOG)

Qui l'a désigné ?

Il a été nommé par le Secrétaire général de l’ONU

En quoi consiste ce constat ?

L’ère de l’énergie bon marché touche à sa fin,

Le Rapport mondial sur le développement durable est basé sur des documents de travail commandés à des experts.

Quelles sont les intentions officielles et inavouables de ceux qui l'ont dressé ?

Quels moyens utilisent-ils pour justifier leurs conclusions ou plutôt nous les imposer ?

Comment ou de quelle manière s'y prennent-ils ?

Quels sont leurs réels objectifs ?

Qui visent-ils et à qui devrait-il profiter ?

Il doit servir à imposer une modification du mode de pensée et de comportement de l'ensemble de la population, à la préparer psychologiquement à vivre plus mal dans l'avenir.

Quelles conséquences faudrait-il en attendre ?

Justifier le nivellement vers le bas du mode de vie de la majorité de la population.

- Alors que l’ère de l’énergie bon marché touche à sa fin, la pensée capitaliste lutte pour résoudre les énormes problèmes auxquels l’humanité est confrontée.

LVOG - C'est à "la pensée capitaliste" qu'il est demandé de trouver une issue à la faillite du capitalisme, quelle blague, autant demandé à un capitaliste de cesser de l'être ! Les idéologues au service de l'oligarchie veilleraient au bien-être de l'humanité, il fallait oser le dire !

- Le capitalisme tel que nous le connaissons est terminé. C’est ce que suggère un nouveau rapport publié par un groupe de scientifiques nommés par le secrétaire général de l’ONU.

LVOG - Mais pour autant il n'est pas question de l'abolir, bien au contraire.

Et qu'est-ce qui devrait justifier cette mutation du capitalisme ?

- La transition brutale vers une économie mondiale radicalement différente, en raison de l’exploitation de moins en moins durable des ressources naturelles de la planète et du passage à des sources d’énergie moins efficaces.

Ce ne serait pas plutôt le taux de profit dégagé par la production pétrolière et gazière qui serait "de moins en moins durable" ou qui aurait tendance à diminuer ? Quant aux "sources d’énergie moins efficaces", il ne lui viendra pas à l'esprit que l'oligarchie qui contrôle le marché de l'énergie n'a pas intérêt à ce que l'exploitation des énergies concurrentes du pétrole soit plus efficace ou rentable, alors qu'elles existent à l'état naturel en quantité illimitée et sont facilement accessibles à tous ou presque et gratuites, seuls leur exploitation ou leur stockage ayant un coût. Quand on sait qu'ils ont mis au point des matériaux quasi inusables et inaltérables dans le temps (alliage, caoutchouc, verre, etc.), et qu'ils ne les emploient pas dans la production, leur préférant des matériaux fragiles ou périssables qui entraîneront régulièrement le rachat de biens d'équipement ou tout autre objet dans la composition desquels ils entrent, on a de quoi douter fortement des intentions de ceux qui nous tiennent ce genre de discours...

- Le changement climatique et l’extinction d’espèces s’accélèrent alors même que les sociétés connaissent une augmentation des inégalités et du chômage, une faible croissance économique, des niveaux d’endettement croissants et des gouvernements impuissants. Contrairement à la façon dont les décideurs réfléchissent généralement à ces problèmes, ce ne sont pas du tout des crises distinctes.

LVOG - Au passage ils réalisent un amalgame frauduleux entre des perturbations ou changements climatiques d'origine solaire et qu'ils attribuent au capitalisme et à la société, et les conséquences sociales de la survie du capitalisme en crise.

Une nouvelle fois, les inégalités sociales croissantes et le chômage servent de leitmotiv pour cautionner les bonnes intentions attribuées à l'ONU, qui par ailleurs depuis sa création a soutenu toutes guerres impérialistes, maquillé les guerres civiles, les coups d'Etats, les famines et autres monstruosités causées par les mêmes puissances ou leurs multinationales...

- Ces crises font partie de la même transition fondamentale.

En fait de "transition fondamentale, elle ne concernera pas les rapports sociaux qui caractérisent le mode de production ou les inégalités sociales qui en sont à l'origine.

Toute leur argumentation repose sur le postulat que l'activité humaine est responsable du changement climatique, alors que c'est nullement prouvé.

Chacun sait ou devrait savoir que dans le passé qui ne se réduit pas à l'échelle minuscule de l'histoire des hommes, mais concerne des périodes beaucoup plus considérables ou se mesure en dizaines, centaines ou millions d'années, la terre a connu des périodes plus chaudes ou plus froides qu'aujourd'hui. Ils nient ou occultent systématiquement cet argument qui contredit leur théorie. On est donc en présence d'une imposture.

A quelle conclusion parviennent-ils ? "Les sociétés doivent abandonner les combustibles fossiles en raison de leur impact sur le climat ".

"la production de pétrole a atteint un sommet", alors qu'ils en ont encore découvert récemment, sans parler des millions de kilomètres carrés qu'ils n'ont jamais réellement sondé.

Ils nous avaient sorti le même argument lors de la crise pétrolière de 1973, à les entendre les réserves de pétrole devaient commencer à diminuer à partir de l'an 2000, pour finalement augmenter !

Qu'est-ce qui motive ce rapport, tout du moins officiellement ?

- La croissance économique constante à laquelle nous nous sommes habitués est désormais menacée. Ce qui, à son tour, exerce une pression considérable sur notre politique.

En fait, ce qui est menacé, c'est l'existence du capitalisme du fait que ses contradictions sont exacerbées à la limite de la rupture ou de l'insoutenable, et se traduisent par le rejet de la part de tous les peuples. Rappelons que ce qu'ils appellent "croissance économique" correspond vulgairement à la masse de marchandises (biens et services) produites qui se traduit par une augmentation du volume du capital accumulé par les capitalistes, et non la valeur ou taux de profit qui tend à diminuer, du fait que plus la productivité et le capital total entrant dans la production augmente moins les marchandises produites ne renferment de force de travail qui est l'unique source du profit.

Ils crachent le morceau. Ils réalisent moins de profit ou la crise du capitalisme.

- Le concept de « taux de retour énergétique » (TRE) comme un indicateur clé du passage à une nouvelle ère d’énergie peu accessible. Le TRE est un ratio simple qui mesure la quantité d’énergie nécessaire pour extraire davantage d’énergie.

- Il y a des décennies, les combustibles fossiles avaient des valeurs de TRE très élevées – un petite quantité d’énergie nous permettait d’extraire de grandes quantités de pétrole, de gaz et de charbon....... et ce n'est plus le cas...

- Aujourd’hui, nous utilisons de plus en plus d’énergie pour extraire de moins en moins de combustibles fossiles. Ce qui signifie des coûts plus élevés pour produire ce dont nous avons besoin pour faire tourner l’économie. La ressource est toujours présente dans le sous-sol – des milliards de barils d’une valeur certaine, largement assez pour faire griller plusieurs fois le climat.

-« Le coût de remplacement du cuivre, du phosphate, du pétrole et du sol – et ainsi de suite – que nous utilisons n’est même pas pris en compte. Si c’était le cas, il est probable que ces 10 ou 20 dernières années (pour les pays développés, en tout cas) il n’y a eu aucun profit réel, aucune augmentation de revenus, ça aurait été une baisse. »

Du coup on se demande comment ExxonMobil a pu être propulsé au sommet de Wall Street ou comment les oligarques des principales compagnies pétrolières ont pu s'enrichir comme jamais durant cette période...

- Il est plus difficile et plus cher de l’en extraire.

- Le grand bouleversement dans lequel nous nous trouvons actuellement : la transition vers un avenir à faible TRE dans lequel nous ne pouvons tout simplement pas extraire les mêmes niveaux de surplus en énergie et matériaux qu’il y a quelques décennies.

Qui avance ces arguments ?

Réponse : L’investisseur milliardaire Jeremy Grantham.

Conséquence de leurs conclusions.

- Le renchérissement de l'énergie (rare et chère)

- L’ère de l’énergie bon marché touche à sa fin

Ils font une fixation sur les déchets.

- Plus notre consommation d’énergie et de matériaux est importante, plus nous produisons de déchets, et donc plus les coûts environnementaux sont élevés

La sauvegarde du capitalisme synonyme du "bien commun", il fallait oser le dire.

- Selon Grantham, « nous sommes confrontés à une forme de capitalisme de plus en plus obsédé par la maximisation du profit à court terme et, semble-t-il, peu ou pas intéressée au bien commun ».

D'un aveuglement à l'autre.

- A l’aveuglement de Grantham répond celui du journaliste économique britannique Paul Mason dans son livre Postcapitalism : A Guide to Our Future, qui théorise que les technologies de l’information ouvrent la voie à l’émancipation du travail en réduisant à zéro les coûts de la production du savoir – et potentiellement d’autres types de production qui seront transformés par l’intelligence artificielle, la chaîne de distribution, etc. Ainsi, dit-il, émergera un âge utopique « post-capitaliste » d’abondance absolue, qui dépassera le système de prix et les règles du capitalisme.

- La transition vers le post-capitalisme représente la fin de l’ère qui a rendu possible initialement le capitalisme de croissance sans fin : l’époque de l’énergie abondante et bon marché.

Qu'est-ce qui les affole ?

- Quand la croissance économique a ralenti, les banques centrales ont eu recours à des taux d’intérêt négatifs et à l’achat d’énormes quantités de dette publique pour continuer à faire tourner nos économies. Mais que se passera-t-il une fois ces mesures épuisées ? Les gouvernements et les banquiers sont à court d’options.

On aime bien quand ils confondent dette privée et dette publique ou la socialisation de leurs dettes et la privatisation des profits...

Donc le rachat des dettes (privées) des banques, etc. qui sont devenues des dettes publiques, sauf qu'il arrive un moment où la masse de la population ne peut plus supporter un tel fardeau ou il est impossible d'en rajouter sans prendre le risque que tout l'édifice s'écoule

Quelle solution ? Aucune.

- "Les marchés capitalistes ne seront pas capables d’accompagner les changements nécessaires – les gouvernements devront intervenir et les institutions devront façonner activement les marchés pour répondre aux objectifs de survie de l’humanité.

Surtout quand les gouvernements et les institutions sont à la solde des marchés ! - « Une énergie plus chère n’entraîne pas nécessairement l’effondrement de l’économie », affirme l’auteur principal Paavo Järvensivu. « Bien sûr, les gens n’auront pas la même offre de consommation, il n’y a pas assez d’énergie bon marché disponible pour cela, mais ils ne sont pas non plus automatiquement condamnés au chômage et à la misère. »"

Il n'y en aura pas pour tout le monde.

"Pas automatiquement", quel cynisme, un sur deux ou sur trois seulement, vous êtes trop bon monseigneur! En fait "de survie de l’humanité", on les soupçonne plutôt de vouloir assurer la survie de la classe des capitalistes qui ne seront pas concernés ou affectés dans leur mode de vie par l'absence "d’énergie bon marché disponible".

En revanche sur le plan strictement économique, cela devrait entraîner une réduction des besoins des masses, donc se traduire par une diminution de la production, ce qui ne serait pas forcément un problème pour le capitalisme, puisque la réduction des besoins des masses coïnciderait avec la diminution de la valeur de la force de travail ce qui se traduirait par la stagnation ou la baisse des salaires, leur appauvrissement.

Sachant que la population mondiale devrait atteindre 10, 12, 15 milliards d'habitants et qu'ils prévoient qu'il sera "extrêmement difficile, voire impossible, de maintenir le niveau de consommation énergétique actuel", cela signifie qu'en conséquence le mode de vie de tous les peuples sera amené à se dégrader indéfiniment, voilà l'avenir qu'ils nous promettent.

- Dans ce futur à faible taux de rendement énergétique, nous devons simplement accepter le fait que nous ne serons pas en mesure de maintenir les niveaux actuels de croissance économique. « Avec des solutions bas carbone, il sera extrêmement difficile, voire impossible, de maintenir le niveau de consommation énergétique actuel dans les décennies à venir » conclut le document. La transition économique doit s’accompagner d’efforts « pour réduire la consommation totale d’énergie ».

Que préconisent-ils ? Le vélo et la marche à pied !

- La promotion du vélo et de la marche constitue un moyen de réduire la consommation d’énergie (Getty)

Les secteurs clés pour y parvenir comprennent le transport, l’alimentation et la construction. L’urbanisme doit s’adapter à l’avènement de la marche à pied et du vélo, à l’évolution vers les transports publics, ainsi qu’à l’électrification des transports. Les foyers et les lieux de travail seront de plus en plus connectés et proches. Dans le même temps, le transport international de marchandises et l’aviation ne peuvent pas continuer à croître au rythme actuel.

Jusqu'à faire la promotion du véganisme, une forme d'eugénisme déguisé qui vient compléter les OGM.

- Le système alimentaire mondial devra être revu.

- Finalement, les produits laitiers et la viande devraient céder la place à des régimes à base essentiellement végétale.

Nous y voilà !

Ils n'y croient pas eux-mêmes.

- Mais les marchés capitalistes ne seront pas capables d’accompagner les changements nécessaires – les gouvernements devront intervenir et les institutions devront résolument remodeler les marchés en fonction des objectifs de survie de l’humanité. Pour l’instant, les perspectives de réussite paraissent minces.

Là l'auteur de cet article se fout de nous ou ne comprend rien, car on ne voit pas pourquoi les capitalistes ne seraient pas capables d’accomplir ces "changements nécessaires" puisque ce sont eux qui les réclament et les gouvernement ou les institutions sont acquis à leur cause! Il faut donc en déduire que la résistance viendrait d'ailleurs sans la nommée, de l'ensemble de la population qui s'opposerait aux mesures qu'ils voudraient lui imposer parce qu'elles se traduiraient par une dégradation ou une régression et non une amélioration de leur mode de vie, d'où cette campagne pour la convaincre du contraire ou de partager la théorie de ces imposteurs.

Quant à la question de savoir ce qu'il faudra faire du capitalisme, elle ne se pose pas, c'est juste une "question sémantique", inutile, on le garde voyons !

- La question de savoir si ce système comprendra toujours une forme de capitalisme est en fin de compte une question sémantique. Cela dépend de la manière dont on définit le capitalisme.

« Le capitalisme, dans cette situation, ne ressemble pas à celui d’aujourd’hui », écrit Järvensivu. « L’activité économique est davantage motivée par le sens – conserver nos chances de mener une vie agréable tout en réduisant considérablement les émissions – plutôt que par le profit, et le sens se construit politiquement et collectivement. Eh bien, je pense que c’est la meilleure situation concevable en termes d’institutions modernes de l’État et du marché. Cela ne peut toutefois se faire sans un recadrage considérable de la pensée politico-économique. »

L’État et le marché oeuvreraient pour "conserver nos chances de mener une vie agréable", plutôt que d'être guidés "par le profit", ce qui devrait vous inciter à les soutenir ou à collaborer avec eux, on avait déjà compris où ils voulaient en venir, mais c'est bien qu'ils le formulent eux-mêmes.

Qui serait concerné par cette "transition économique" ou qui en subirait les conséquences ? Devinez.

- Celui qui se déplace en jet privé ou celui qui prend le bus ou le métro pour aller gratter ?

- Celui qui se déplace en 4x4 ou en berline de luxe ou le pauvre type qui va au boulot dans sa vieille bagnole ?

- Celui qui se goinfre de barbaque dans un hyppopotamus ou celui qui se contente d'un steak haché surgelé ?

- Celui qui tous les midis se restaure dans une brasserie ou une auberge ou celui qui se tape un casse-dalle au bureau ou sa gamelle au chantier ?

- Celui qui organise des surprises parties dans sa villa, son manoir ou son château ou celui qui vit à 5 dans 50m² ?

- Celui qui part en vacances en avion à l'autre bout du monde plusieurs fois par an ou celui qui part en train ou en car pour passer ses vacances en camping ?

- Celui qui tous les week-ends part à sa résidence secondaire dans sa grosse bagnole ou celui qui le passera dans son HLM délabrée ?

- Celui qui regarde la télé dans son salon sur un écran géant de 4m² ou celui qui ne la regarde plus parce qu'il n'a pas réglé la redevance ?

- Celui qui a une garde-robe digne d'un théâtre ou celui qui porte des vêtements usés jusqu'à la corde ?

- Celui qui chaque soir commande des plats préparés chez un traiteur ou celui qui doit se contenter d'un plat de lentilles ?

- Celui qui utilise un climatiseur pour se rafraîchir en été ou celui qui se contente d'un ventilateur parce qu'il n'arrive déjà pas à régler sa note d'électricité ?

- Etc. etc. etc.

Que vient faire ici le changement climatique ?

- Une production inefficace de combustibles fossiles et par l’escalade des coûts dus au changement climatique.

Et nous, pauvres idiots que nous sommes, nous pensions que c'était les lois de fonctionnement du capitalisme qui s'appliquaient également à la production des "combustibles fossiles" !

- Notre soif d’énergie est à l’origine de ce que le texte appelle les « coûts cachés » [ou externalités, NdT]. Plus nous consommons d’énergie et de matériaux, plus nous produisons de déchets, et donc plus le coût environnemental est élevé.

Ce ne serait pas plutôt que la prise en compte des déchets pèseraient sur leurs profits ou participerait à la baisse du taux de profit ?

Et le plus grand « coût caché », c’est, bien sûr, le changement climatique : « Les coûts cachés augmentent également ; les économies ont épuisé la capacité des écosystèmes planétaires à absorber les déchets générés par l’utilisation de l’énergie et des matériaux. Le changement climatique est le coût caché le plus évident. »

Commentaire que j'ai envoyé et qui a été publié par le blog Les Crises :

- “Voilà comment les scientifiques de l’ONU se préparent à la fin du capitalisme”

En réalité quand on lit attentivement cet article, on s’aperçoit que du début à la fin il est destiné uniquement à cautionner sa survie, à aucun moment il n’est remis en cause.

Fabrique du consentement et matraquage quotidien.

- Réchauffement du climat de plus de 1,5°C, et la planète "s'autodétruit" - euronews 08.10 Si l'espèce humaine ne prend pas d'urgence la mesure de l'accélération du réchauffement climatique sur notre bonne vieille Terre, elle sera cuite et recuite. euronews 08.10

- Le rapport glaçant du Giec - Liberation.fr 07.10

Le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat rend publique ce lundi sa première étude sur les effets d’un réchauffement de 1,5 °C des températures mondiales. Cette limite que 197 Etats s’étaient engagés à respecter fin 2015, lors de la COP 21, aura tout de même de graves conséquences. Liberation.fr 07.10

- Lutter pour le climat, c'est lutter pour la survie de notre espèce - Le HuffPost 08.10

LVOG - Pas la vôtre au moins ?

En Famille.

- Des députés de tous bords unissent leurs forces pour le climat - AFP 09.10

Des députés de six groupes politiques ont décidé d'unir leurs forces sur la transition écologique et solidaire, en créant un collectif inédit "pour organiser à l'Assemblée le travail transpartisan" sur ces sujets et l'"accélérer", a annoncé lundi à l'AFP Matthieu Orphelin (LREM).

Parmi les premiers signataires, outre l'élu du Maine-et-Loire, figurent Cédric Villani (LREM), le MoDem Erwan Balanant, Eric Diard (LR), Sophie Auconie (UDI-Agir), Guillaume Garot (PS), ou encore le communiste Jean-Paul Dufrègne, les Insoumis qui composent le septième groupe à l'Assemblée n'ayant pas paraphé le texte à ce stade.

Les experts du Giec soulignent dans leur dernier rapport que le monde devra engager des transformations "rapides" et "sans précédent" s'il veut limiter le réchauffement climatique à 1,5°C, et mettent en garde contre des risques accrus au-delà de ce seuil.

Le collectif entend se réunir deux fois par mois et notamment unir ses analyses et votes "sur des points clefs et des avancées décisives", "y compris en déposant des amendements à l'identique", ainsi qu'initier ou soutenir "des coalitions de projets novatrices". Ses membres comptent être force de proposition dès les discussions sur le projet de loi de finances 2019, sur des sujets comme la mobilité durable, la biodiversité ou par exemple la lutte contre le gaspillage alimentaire. AFP 09.10

Quelle heureuse coïncidence !

- Le 50e prix Nobel d'économie à deux Américains précurseurs de la croissance verte - AFP 09.10

- Le Giec appelle à des transformations «sans précédent» pour limiter le réchauffement - lefigaro.fr 08.10

Le «résumé pour décideurs», qui doit guider les actions des gouvernements du monde entier, a été rédigé par environ 90 chercheurs internationaux, dont un quart on fait le déplacement en Corée. Le texte final a été peaufiné à l'aide des représentants des gouvernements et des représentants de l'Union européenne. lefigaro.fr 08.10

Arguments pour démonter leur propagande.

Un test qui vaut davantage que de longs discours.

Cet article du Figaro était très long, je l'ai parcouru en diagonal. J'ai tapé le mot "soleil" pour voir s'il y était présent, et bien non, pas une seule fois, à part cela on n'est pas en présence d'une formidable opération de manipulation des consciences.

Je rappelle que je ne nie pas le réchauffement climatique, je soutiens que c'est l'activité du soleil qui en est principalement à l'origine et non l'activité humaine.

Et puis on a tendance à oublier que 75% de la surface de la terre est recouverte par des océans où ne s'exerce aucune activité humaine ou si peu, et qu'une grande partie du reste de la terre est inhabité ou inexploité ou il n'y figure aucune activité industrielle. Donc on voudrait nous faire croire que la population produite sur une surface représentant 10 ou 15% de la superficie de la terre suffirait à modifier le climat qui y règne, qu'il nous soit permis d'en douter fortement.

A les entendre, on croirait que notre planète évoluerait dans un vase clos ou une bulle délimitée par la troposphère, la partie de l'atmosphère comprise entre le sol et la stratosphère, et que tout ce qui se passerait au-delà, c'est-à-dire dans la mésosphère n'aurait aucune influence sur le climat.

- Réflexions hétérodoxes sur le réchauffement climatique - contrepoints.org 16 novembre 2014

Par Jacques de Guenin

Ingénieur de formation, ancien élève de l'École des Mines de Paris et titulaire d'un Master of Sciences de l'université de Berkeley (Californie). Il a fait à partir de 1958 sa carrière professionnelle au sein d'ExxonMobil puis de PSA, dont il était un des dirigeants avant sa retraite en 1993. Il a été candidat libéral aux élections législatives en 1993, puis en 1998. Élève de deux prix Nobel d'Économie (Maurice Allais et Robert Solow), il a publié lui-même divers travaux dans cette discipline.

Extraits.

L’entité qui affirme inlassablement la venue d’un réchauffement climatique est une émanation des Nations Unies qui s’appelle en anglais IPPC (intergovernmental panel on climate change), et en français le GIEC (groupe intergouvernemental des experts du climat). Cette traduction est une supercherie, car l’ajout du mot expert laisse croire qu’il s’agit d’une organisation scientifique, alors qu’il s’agit simplement d’un organisme intergouvernemental chargé de représenter les positions politiques des 195 gouvernements qui la composent. Dans son livre Écologie, la fin, Christian Gérondeau, donne des détails sur la composition du bureau du GIEC, où l’on découvre avec surprise que ce bureau ne contient aucun expert du climat. Désignés par le ministre de l’écologie de leur pays, les membres du GIEC sont en majorité des croyants et non des scientifiques et lorsque ce sont des scientifiques, leur spécialité n’est pas nécessairement la climatologie. Comme la plupart des politiques qui composent les gouvernements n’ont aucune culture scientifique, beaucoup de membres du GIEC sont nommés sur la recommandation des ONG écologistes comme Greenpeace, WWF, ou les Amis de la Terre. Il y a certes des dissidents dans le GIEC, qui sont de véritables experts en climatologie, mais leurs rapports techniques ne sont pas diffusés, car c’est le bureau du GIEC qui publie le document destiné au public : le résumé à l’intention des décideurs.

A contrario, dans le monde scientifique, nombreux sont les savants qui doutent du réchauffement climatique et a fortiori que si ce réchauffement existe, il soit dû aux activités humaines. Ils constatent que les températures de la terre ont beaucoup varié au cours des siècles, à une époque où les activités humaines dégageaient une quantité de CO2 négligeable, et surtout que la température n’a pas augmenté au cours des 10 dernières années alors même que la teneur en CO2 de l’atmosphère s’est considérablement accrue. On trouvera une liste d’une soixantaine de tels savants à cette adressel. En cliquant sur le nom de tel ou tel, on trouve son curriculum et son opinion sur le réchauffement climatique. Parmi eux, on notera le prix Nobel de physique français Pierre-Gilles de Gennes.

Le lecteur qui voudrait en savoir plus sur le sujet en général pourra parcourir le site pensee-unique.fr, qui contient de nombreuses autres rubriques exposées de façon particulièrement pédagogique et sans passion. Ce site est le violon d’Ingres de Jacques Duran, docteur en physique de l’université Pierre et Marie Curie et ancien directeur des études de l’École supérieure de physique et de chimie industrielles de la ville de Paris (de 1996 à 2003) au côté de Pierre-Gilles de Gennes.

Si le réchauffement climatique devait reprendre, il aurait plus d’avantages que d’inconvénients.

D’abord, il y a hélas beaucoup de gens sur cette terre qui meurent de froid et beaucoup qui couchent dehors la nuit, même dans les pays développés. Il ne fait pas de doute que tout réchauffement de l’atmosphère serait pour eux bienvenue.

Ensuite, nous aurions besoin de moins de combustible (fuel, charbon, bois) pour nous chauffer ce qui contribuerait à la diminution de l’émission de CO2, phénomène bienvenu pour ceux qui pensent que ce dernier est le coupable du réchauffement.

Enfin, de nouveaux territoires s’ouvriraient à l’agriculture et des territoires déjà cultivés verraient pour la plupart leur fertilité augmenter. Certes, d’autres pourraient être affectés par la sècheresse, encore que personne n’a encore démontré que le réchauffement climatique engendrerait moins de pluie, mais de toutes façons on pourrait compenser cela par l’irrigation.

Comme inconvénient du réchauffement, il ne reste donc que la montée du niveau des océans. Mais dissipons tout de suite une erreur communément répandue : la fusion de la banquise n’entraînerait aucune augmentation du niveau des océans, car si le haut de la banquise dépasse le niveau de la mer, c’est parce que la glace a une densité un peu inférieure à l’eau liquide. Faire fondre la glace n’entraîne donc aucun accroissement du niveau de l’eau. Pour les sceptiques qui n’auraient pas retenu les leçons de leur cours de physique dans le secondaire, nous leur suggérons de prendre un verre gradué, d’y mettre de l’eau, des glaçons, et de noter le niveau de l’eau. Ils s’apercevront que ce niveau ne change pas lorsque les glaçons ont fondu.

Or l’Arctique, le continent du pôle Nord, est formé exclusivement par la banquise. Donc la fusion de cette banquise n’entraînerait pas d’augmentation du niveau des mers. En revanche, elle permettrait des itinéraires nouveaux et plus économiques pour les bateaux. Le véritable problème est donc l’Antarctique. Celui-ci est un continent de 12,5 millions de km2 entouré de quelque 1,5 million de km2 de banquise. Sur le continent lui-même la couche de glace est d’environ 31 millions de km3, soit 2,2% du volume total des océans qui est de 1400 millions de km3, pour une profondeur moyenne de 3 800m. Il est estimé que la fusion totale de la couche de glace arctique entraînerait une hausse d’une soixantaine de mètres du niveau de la mer. Après, ce serait fini de l’élévation des eaux de la mer. Mais il faut bien voir que même avec les hypothèses les plus hardies de réchauffement climatique, il faudrait plusieurs siècles pour atteindre ce niveau et les investissements pour se protéger de cette hausse sur la vie d’un homme seraient bien moindres que ceux auxquels voudrait nous entraîner le GIEC pour diminuer la production de CO2.

En une vingtaine d’années, le niveau de la mer s’est élevé de 3,2 mm/an. Mais entre 1990 et 2000, les valeurs étaient de 3,5 mm/an. À partir du début des années 2000, elles sont tombées à 2,5 mm/an. Un ralentissement qui pourrait être corrélé avec la pause enregistrée dans la hausse de la température terrestre. Mais ce qui montre bien la fragilité des explications dans ce domaine, c’est que d’autres travaux attribuent cette diminution aux variations des courants marins El Niño et La Niña, le premier entraînant plus de précipitations sur mer que sur terre, alors que c’est l’inverse pour le second.

Avec le GIEC, nous assistons probablement à un phénomène d’intoxication collective que nous avons déjà connu dans les années 70 avec le Club de Rome et qui a fini par disparaître avec le temps.

En conclusion :

Les affirmations du GIEC sur le réchauffement climatique dû aux activités humaines sont fortement contestées dans le monde scientifique.

Cela tient à ce que le GIEC est en réalité un simple panel intergouvernemental où chaque gouvernement envoie des représentants qui ne sont pas nécessairement des « experts ».

Si réchauffement climatique il y a, il aurait plus d’avantages que d’inconvénients.

Le seul inconvénient sérieux serait la montée des océans, phénomène qui mériterait plus d’études que la montée du CO2.

- Climat : 22 vérités qui dérangent… - contrepoints.org 3 juin 2014

Voici 22 raisons de douter des thèses du GIEC.

Par Jean-Pierre Bardinet

Ingénieur ENSEM Nancy (École Nationale Supérieure d’Électricité et de Mécanique).

Selon le discours officiel du GIEC, « la science a parlé », et tout opposant sceptique est passible d’être ostracisé. Car il faut faire vite, et cela fait plus de 20 ans que l’on nous rabâche qu’il y a extrême urgence et que la Planète ne pourra plus être sauvée d’ici trois à cinq ans (et même 500 jours selon Laurent Fabius !…) , sinon la Planète risque de devenir une « poêle à frire » (sur le feu, bien sûr) si nous ne réduisons pas drastiquement nos émissions de CO2, à n’importe quel prix, même au prix de la décroissance, de la misère et de la ruine de nos économies.

Or, toute personne ayant une assez bonne culture scientifique, et qui se donne la peine de travailler la question, en arrive très vite à la conclusion que les thèses du GIEC sont fausses, pour nombre de raisons, dont voici une liste non exhaustive.

1. La TMAG (température moyenne annuelle globale) est stable depuis 1997, malgré une augmentation continue du taux de CO2 : .comment alors soutenir un rapport de causalité entre croissance de concentration du gaz carbonique et température ?

2. Les émissions humaines de CO2 depuis 1997 représentent 40% de ce que l’homme a envoyé dans l’atmosphère depuis le début de la Révolution industrielle. Or, on vient de le voir, pendant cette période, la température s’est stabilisée. Comment alors soutenir un rapport de causalité entre émissions anthropiques de CO2 et augmentation de la TMAG1 ?

3. D’autant que la part anthropique du CO2 atmosphérique n’est que d’environ 5% (analyse isotopique) au lieu de 25-30% pour le GIEC…

4. Et que la durée de vie du CO2 dans l’atmosphère est en moyenne de 5 ans au lieu de 100 ans pour le GIEC.

5. Les variations de la TMAG se font de manière sinusoïdale, avec une période de 60 ans qui correspond aux mouvements du soleil par rapport au centre de gravité du système solaire. Nous sommes au sommet de la sinusoïde, et donc les prochaines années devraient se refroidir, comme ce fut le cas après 1950.

6. Il y a un phénomène de saturation du CO2 sur une épaisseur optique de dix mètres environ. Si vous prenez une source d’IR à large spectre (corps chauffé à 1000°C, par exemple), et que vous mesurez avec un spectromètre le spectre restant après la traversée de quelques mètres d’atmosphère, vous verrez que les bandes du CO2 (4,3 et 15 microns) ont été entièrement absorbées. Donc l’atmosphère au-dessus de quelques dizaines de mètres ne voit plus les bandes d’absorption du CO2, et donc, le rajout de CO2 ne change plus rien, si ce n’est que l’épaisseur optique diminue. C’est cela le processus de saturation du CO2 atmosphérique, confirmée par les satellites, qui ne « voient » quasiment plus les bandes du CO2.

7. Dans le passé (Carbonifère), le taux de CO2 a été 25 fois supérieur au taux de CO2 actuel, et il n’y a pas eu d’emballement des températures, grâce au processus de saturation. Pourquoi nos misérables émissions de CO2 auraient-elles à présent un impact cataclysmique, alors que les lois de la Nature sont invariantes dans le temps et l’espace ?

8. Les niveaux océaniques montent de 1,7 mm/an (d’après les mesures au marégraphe de Brest), de moins 1,6 mm/an à Marseille depuis la fin du dix-neuvième siècle et aucune accélération n’a été mesurée ces dernières années.

9. Le hot spot (« point chaud ») prévu en zone tropicale, qui devait être LA preuve indubitable du rôle du CO2 sur la TMAG, n’a pas été détecté, donc il n’existe pas.

10. Le taux de vapeur d’eau atmosphérique diminue (alors que le GIEC avait prévu l’inverse – rétroaction positive – quand le CO2 augmente). La rétroaction réelle est donc négative.

11. La banquise australe atteint des records de superficie.

12. La somme des surfaces des deux banquises, dont les variations sont en opposition de phase, est à peu près constante, donc l’albedo de la cryosphère aussi.

13. Les mesures des 3000 sondes océaniques ARGO montrent, depuis leur mise en service en 2003, un très léger refroidissement des océans, entre la surface et 700 à 1000 m de profondeur (au mieux aucun gain de chaleur).

14. Le flux IR (infrarouge) quittant la haute atmosphère est supérieur aux prévisions des modèles (Il n’y a pas d’effet couverture par les GES de la troposphère).

15. La loi de Stefan-Boltzmann n’est pas applicable aux gaz, qui ne sont pas des corps noirs, ni des corps gris, alors que le GIEC l’applique aux gaz.

16. Les gaz émissifs, plus froids que la surface terrestre, ne peuvent en aucun cas la réchauffer (second principe de la thermodynamique, qui interdit le réchauffement d’un corps chaud par un corps plus froid).

17. Ce sont les températures qui ont toujours piloté les variations du CO2, jamais l’inverse. À notre époque, le retard du CO2 sur la température est de quelques mois.

18. Le projet CLOUD du CERN teste la théorie de Svensmark-Shaviv (rôle des rayons cosmiques, dont le flux est modulé par l’activité solaire, sur la formation des nuages) et les premiers résultats, assez positifs, ont été publiés dans Nature.

19. Les modèles ne savent pas modéliser la cryosphère, ni l’ennuagement, dont les variations ont un impact important sur la TMAG. Le projet Earthshine, qui mesure les variations de la réflectance de la Terre, vue de la lune quand elle n’est éclairée que par notre planète, montre que cette réflectance varie essentiellement en fonction de l’ennuagement. Elle a décru de 1984 à 1998 et augmenté par la suite jusqu’en 2004, ce qui suit assez bien les variations de la TMAG.

20. Les projections des modèles numériques divergent de plus en plus des observations. Un modèle numérique n’est pas une preuve scientifique, et, quand il est réfuté par l’observation, c’est qu’il est faux et doit être mis à la poubelle, ou, au mieux revu en détail. On attend toujours la mise à la poubelle ou la révision des modèles numériques du GIEC, mis en avant par le GIEC et financés par les contribuables…

21. De toute manière, il est impossible que des modèles numériques puissent prévoir les évolutions du climat, car il s’agit d’un système chaotique couplé et non linéaire, comme le précisait le GIEC dans son rapport de 2001, et comme le montrent les instabilités du climat passé et actuel. Pourquoi cela aurait-il changé actuellement ? Sûrement pas pour des raisons scientifiques…

22. Enfin le GIEC n’est ni un organisme scientifique, ni un organisme indépendant : le résumé pour les décideurs (SPM), qui seul est lu par les instances internationales, les politiques et les médias, est rédigé sous le contrôle étroit des représentants des États et la surveillance des ONG. La composition de ses instances dirigeantes montre une minorité de scientifiques très majoritairement engagés dans l’idéologie environnementale, et une majorité ONG + États.

Depuis 1880, la seule période de covariation entre la TMAG et la teneur en CO2 fut 1978-1997. De 1910 à 1940 la TMAG a progressé au même rythme que 1978-1997 alors que les émissions étaient insignifiantes. De 1950 à 1978, alors que les émissions de CO2 s’envolaient, la TMAG a baissé. L’analyse des carottes de Vostock montre que c’est la hausse de la température qui fait augmenter le CO2 dans l’atmosphère (par dégazage) et non l’inverse. Ce processus est toujours valable de nos jours, même pour de petites variations de température (le retard du CO2 étant alors de quelques mois).

- Le changement climatique. - climatechallenge.be

Le climat n'a jamais été stable. La Terre est âgée d'environ 4,6 milliards d'années et au cours de son histoire, elle a connu un nombre incalculable de changements climatiques naturels. Ainsi, il y a eu plusieurs périodes où la Terre était presque entièrement recouverte de neige et de glace :Terre boule de neige. La dernière fois, c'était il y a 650 millions d'années. Il y a aussi eu des périodes où la Terre était beaucoup plus chaude qu'aujourd'hui : par exemple, à l'époque des dinosaures (de 150 à 65 millions d'années), l'Antarctique était entièrement dépourvu de glace.

Voici quelque 2,7 millions d'années, a commencé une ère de passages cycliques de périodes glaciaires (plus froides) à des périodes interglaciaires (plus chaudes) qui duraient environ 100 000 ans. Au cours de la dernière période glaciaire, d'énormes calottes glaciaires recouvraient le nord de l'Europe. En Belgique, des températures moyennes de -20°C en hiver étaient habituelles. Cela a duré jusqu'il y a environ 15 000 ans. C'est alors que la température a augmenté brusquement. Actuellement, nous nous situons dans une période interglaciaire. Les scientifiques l'ont baptisée « Holocène ».

- Quand on sait que la Terre a déjà environ 4,6 milliards d'années, et que l'homme (Homo Sapiens) n'y vit que depuis seulement 200 000 ans, il est clair que les précédents changements climatiques sont survenus de manière naturelle. climatechallenge.be

Les modèles numériques climatiques utilisés par le GIEC ne peuvent pas prédire le climat du 21ème-siècle - co2thetruth.e-monsite.com

- Les modèles numériques climatiques utilisés par le GIEC ne peuvent pas prédire le climat du 21ème siècle.

Il faut se rappeler que toutes les "prévisions" climatiques du GIEC pour le 21ème siècle sont basées essentiellement sur les résultats issus des modèles numériques.

Pour utilement modéliser mathématiquement le climat il faut d'abord connaître quasi PARFAITEMENT les innombrables paramètres qui le gouvernent, leurs sens d'action, leurs intensités et leurs interactions.

De nombreux climatologues ont constaté que le climat est proche d'un système chaotique et il est donc impossible à modéliser de façon fiable.

Il existe en fait deux écoles de climatologues:

Ceux qui étudient le climat en privilégiant les observations de terrain, beaucoup de ceux-ci sont des "climatosceptiques".

Ceux qui étudient le climat en privilégiant les résultats des modèles numériques, beaucoup de ceux-ci sont des "réchauffistes" appelés aussi "carbocentristes" .

Il y a donc ceux qui se fient au réel et ceux qui se laissent convaincre par leur ordinateur ...dont les résultats sont uniquement fonction de ce qu'ils y ont mis...Ils sont généralement certains de n'avoir rien oublié ! (...)

Pourquoi les analyses par les modèles retenus par le GIEC commencent-elles toutes en 2000 ? Il aurait été facile de les faire débuter en 1900 !

Mais certainement nous aurions vu, dès aujourd'hui, des divergences ...inquiétantes...pour la crédibilité de ces modèles qui sont le pivot des annonces alarmistes du GIEC!

Mais vous verrez ci-après que ces modèles ont été testés (par d'autres chercheurs) sur le siècle dernier :

Résultats ? Ils sont faux !

(...)

Les modélisateurs du GIEC ont retenu dans leurs équations que c'est la variation de température sur Terre qui cause la variation de la couverture nuageuse. Ils n'ont pas prévu l'inverse dans leurs modèles, car ils ne considèrent pas que les variations du Soleil puissent être la cause de changements climatiques. co2thetruth.e-monsite.com

LVOG - S'ils savent de quoi se composent les nuages, ils ne sont pas foutus de savoir si le soleil joue un rôle sur leur formation.

Les devins, charlatans, prophètes du GIEC nous feraient presque marrer, quand on voit que les météorologues disposant d'ordinateurs hyper puissants ou derniers cris digne de la NASA ne sont pas foutu de prévoir le temps qu'il fera dans 48 heures.

J'ai reçu un courriel du consulat de France à Pondichéry le 5 octobre m'informant que de fortes précipitations auraient lieu à partir du 7 et cela pendant 4 jours, sur Pondichéry, le Tamil Nadu et le Kerala.

Quand j'ai reçu ce courriel, cela faisait déjà plusieurs jours qu'ils pleuvaient sans interruption et il a cessé de pleuvoir le lendemain, le 6, nous sommes le 9 et depuis à part quelques ondées, nous avons un soleil radieux !

- Variabilité de l’activité solaire et impacts climatiques - encyclopedie-environnement.org 23-03-2018

Extrait.

Impacts possibles sur la formation des nuages

L’activité solaire module non seulement le rayonnement du soleil mais également le flux de particules énergétiques qui pénètrent l’atmosphère terrestre. Il s’agit d’une part du rayonnement cosmique galactique, qui est dévié par le champ magnétique solaire (qui dépend lui-même de l’activité du soleil), d’autre part des particules émises par le soleil lui-même notamment lors d’éruptions. Ces particules énergétiques interagissent avec les molécules de l’atmosphère pour former des ions. L’hypothèse que cette ionisation ait un impact climatique date de plus de 50 ans, mais reste très discutée, tant sur le plan théorique que sur celui des observations. Le mécanisme le plus souvent avancé est que ces ions favoriseraient la formation de noyaux de condensation nécessaires à la formation des nuages.

Le rôle des nuages sur les échanges de chaleur dans le système climatique est fondamental, via les flux radiatifs, dans les longueurs d’onde visibles et infra-rouge, mais aussi les flux de chaleur latente. La modulation solaire du flux de particules énergétiques a un impact climatique direct très faible, mais une amplification très forte pourrait exister via ce contrôle sur les nuages. Les différentes corrélations proposées entre les flux de particules énergétiques et la couverture nuageuse restent toutefois très débattues.

- Changement climatique ? Finalement c’est bien le Soleil… - contrepoints.org 22 août 2014

Par Jacques Henry.

Ancien chercheur en biologie au CNRS, dont il a démissionné avec fracas il y a plus de 15 ans, Jacques Henry profite de sa retraite pour porter un regard critique sur certains aspects de la biologie et de la médecine. Ayant travaillé pendant quelques années comme consultant auprès d’EDF dans le domaine nucléaire, il s'intéresse également aux problématiques énergétiques, en particulier l’électricité. Extraits.

- Voilà enfin avancée une preuve irréfutable que c’est bien le Soleil qui commande les fluctuations climatiques que connait la Terre, et non l’activité humaine. Il était temps que des universitaires démontent le mythe du réchauffement climatique anthropogénique inspiré par les pseudo-scientifiques irresponsables du GIEC, cette émanation des Nations-Unies, organisation dont on peut de plus en plus douter de l’utilité.

- Bref, toute cette entrée en matière pour dire que cet article paru dans Nature risque de faire grand bruit parce qu’il remet en cause les théories extravagantes clamées à grands coups de prix Nobel (Al Gore et le GIEC) et de déclarations tonitruantes des ONG du genre Greenpeace et autres WWF ou Sierra Club pour répandre la peur planétaire d’un hypothétique réchauffement climatique.

Je m’explique : quand le soleil fait une petite sieste, comme par exemple entre deux cycles d’activité, celle-ci dure environ 11 ans. Le flux des particules émises par le soleil en direction de la Terre diminue d’intensité et donc le champ magnétique terrestre protège moins bien l’atmosphère des rayons cosmiques galactiques. Tout cela à cause des hautes couches de l’atmosphère alors moins ionisées. C’est un peu vite dit, mais c’est à peu près comme ça que les choses se passent. Les rayons cosmiques pénètrent alors mieux dans les profondeurs de l’atmosphère et vont bombarder des atomes d’oxygène ou d’azote pour former un isotope du béryllium, le Be-10, qui se désintègre en bore avec une période de demi-vie de 1,38 million d’années. C’est ultra-pratique pour reconstituer l’activité solaire passée, puisque plus il y a de Be-10, moins le Soleil était actif. On peut dès lors reconstituer les variations d’activité du Soleil sur de longues périodes passées. Même chose pour le carbone-14, radioactif aussi, qui se forme également dans l’atmosphère naturellement par bombardement des atomes d’azote par les rayons cosmiques. Ce carbone se retrouve dans les arbres et les carbonates comme ceux des stalagmites.

Il y a enfin un autre « proxy » pour étudier les variations de l’activité solaire qui dépend cette fois de la température : c’est l’abondance relative de l’isotope naturel 18 de l’oxygène, non radioactif, qui est 12,5% plus lourd que l’isotope du même oxygène le plus abondant, l’oxygène-16. Quand l’eau des océans s’évapore sous l’action du Soleil, celle constituée d’oxygène-18 s’évapore moins vite parce que plus lourde et la différence de teneur entre ces deux isotopes dans les stalagmites, par exemple, permet de reconstituer l’activité solaire passée.

L’activité solaire de ces vingt mille années passées

C’est ce qu’a fait avec des précautions extrêmes une équipe de géophysiciens de l’Université de Lund en Suède en rapprochant les trois observations, béryllium-10, carbone-14 et oxygène-18. Ils ont ainsi reconstitué l’activité solaire au cours des vingt mille années passées, analysé les données obtenues avec le carottage de la glace du Groenland, et rapproché ces dernières des analyses de concrétions calcaires provenant d’une grotte chinoise. Les résultats ont permis d’établir une parfaite corrélation entre l’activité solaire et les subtiles variations climatiques observées et révélées par l’analyse fine des carottes glaciaires permettant de remonter aux variations climatiques se matérialisant par les précipitations neigeuses et leur abondance.

Durant la période glaciaire dite du Würm, s’étalant entre 26000 et 13000 ans avant notre ère, le climat ne fut pas toujours très très froid. Il y eut des épisodes relativement plus chauds, et l’activité solaire y est directement pour quelque chose. L’étude dirigée par le Professeur Raimund Muscheler a permis de préciser ce qui pouvait se passer au niveau atmosphérique pour expliquer l’abondance des chutes de neige au Groenland durant cette période. Au Groenland, mais pas seulement. Toute la région euro-américaine de l’hémisphère nord sous l’influence de l’océan Atlantique également, lui-même, on peut le comprendre aisément, sous l’influence de l’activité solaire et de ses variations cycliques, en particulier le cycle dit de « de Vries » d’une durée moyenne de 207 ans.

Il a été ainsi possible d’aboutir à une modélisation de ce qui a pu se passer au niveau de l’Océan Atlantique pour influer sur l’intensité des chutes de neige au Groenland avec la persistance d’un anticyclone situé au-dessus du pays : un régime de vents d’ouest dominants pénétrant l’Afrique et apportant de l’humidité depuis l’océan, (le Sahara à l’époque était une vaste prairie), et un vent froid arrivant sur l’Europe du Nord favorisant le maintien de véritables calottes glaciaires en Scandinavie atteignant le nord de l’Allemagne. L’Écosse était recouverte d’un immense glacier.

L’épisode glaciaire du Würm vit le niveau des océans baisser de plus de 130 mètres, ce qui facilita les migrations humaines d’Asie vers l’Amérique du Nord. Cet événement s’explique parfaitement par les variations de l’activité solaire dont on ignore toujours les raisons sur le long terme mise à part l’hypothèse d’un effet de marée de Jupiter et de Saturne sur l’activité solaire interne.

En effet, une année jupitérienne dure 11 ans. Tous les 200 ans environ, Jupiter et Saturne se trouvent alignés par rapport au Soleil, curieuse coïncidence avec la durée du cycle de De Vries, peut-être bien pas si fortuite que ça. Cette direction d’investigation ne fait pas partie de cet article paru dans Nature – et aimablement communiqué par le principal auteur de l’étude – mais elle peut constituer matière à de plus amples investigations de la part des géophysiciens et des spécialistes de la dynamique interne du Soleil.

Tout cela est naturellement très complexe mais à n’en pas douter, un jour ou l’autre, peut-être très prochainement, on comprendra qu’en définitive c’est le Soleil avec ses planètes massives qui commande le climat de la Terre et non la ridicule activité humaine en regard de l’immense énergie qui nous parvient depuis cette étoile paradoxalement vivante et parfois capricieuse…

Sources : Nature, article aimablement communiqué par le Docteur Raimund Muscheler que je tiens à remercier ici.


Défense du marxisme

Le socialisme.

Les deux bases capitalistes sur lesquelles repose le socialisme scientifique. - ( F. Engels -1877)

(Karl Marx par Friedrich Engels - Ecrit en juin 1877, paru dans le Volks-Kalender, Brunswick, 1878. Numérisé par l'encyclopédie de l'Agora.)

Extrait. Marx a inscrit son nom dans l'histoire de la science par de nombreuses et importantes découvertes, dont nous ne citerons ici que les principales.

La première est la révolution accomplie par lui dans la conception de l'histoire mondiale. On considérait auparavant que les raisons dernières de tous les changements historiques doivent être cherchées dans les idées changeantes des hommes et que, de tous les changements historiques, les plus importants, ceux qui dominent toute l'histoire, sont les changements politiques. Mais on ne se demandait pas d'où viennent les idées aux hommes et quelles sont les causes qui déterminent les changements politiques. Seule, la nouvelle école des historiens français et, en partie aussi des historiens anglais en était venue à la conviction que, depuis le Moyen âge au moins, la force motrice, dans l'histoire européenne, était la lutte qui se développait entre la bourgeoisie et la féodalité pour la domination sociale et politique. Mais c'est Marx qui démontra que, jusqu'à nos jours, toute l'histoire est une histoire de luttes de classe, qu'il ne s'agit dans toutes les luttes politiques, multiples et complexes, que de la domination sociale et politique de telle ou telle classe, que pour la classe ancienne il s'agit de maintenir cette domination et pour les classes qui s'élèvent de conquérir le pouvoir.

Mais comment naissent et se maintiennent ces classes. Elles naissent et se maintiennent toujours en vertu des conditions matérielles, tangibles, dans lesquelles une société donnée produit et échange ce qui est nécessaire à la vie. La domination féodale du moyen âge reposait sur l'économie de petites communautés paysannes qui produisaient ellesmêmes presque tous les produits de leur consommation, ignoraient à peu près l'échange et étaient protégées contre l'étranger par la noblesse belliqueuse qui leur conférait une cohésion nationale, ou du moins politique. Lorsque les villes grandirent et qu'il se forma une industrie artisane distincte, qui donna lieu à un commerce d'abord purement national, puis international, la bourgeoisie urbaine se développa et, dans sa lutte contre la noblesse, conquit sa place dans le régime féodal en tant que classe sociale jouissant de droits spéciaux. Mais la découverte de nouveaux pays, à partir du milieu du XVe siècle, fournit à la bourgeoisie un champ d'affaires plus vaste et, par suite, un nouveau stimulant à son industrie. Le métier fut supplanté dans les branches les plus importantes par la manufacture qui, elle-même, après l'invention de la machine à vapeur, au siècle dernier, fut refoulée par la grande industrie. Cette dernière, à son tour, réagit sur le commerce en supplantant dans les pays arriérés l'ancien travail à la main, en créant dans les pays plus développés les moyens actuels de communication, les machines à vapeur, les chemins de fer et le télégraphe électrique.

Ainsi la bourgeoisie concentrait de plus en plus entre ses mains les richesses et la puissance sociales, alors qu'elle resta longtemps encore écartée du pouvoir politique, qui se trouvait entre les mains de la noblesse et de la royauté appuyée sur la noblesse. Mais à un certain degré de développement — en France, par exemple, après la grande Révolution — la bourgeoisie conquit aussi le pouvoir et devint à son tour la classe gouvernante en face du prolétariat et des petits paysans.

De ce point de vue s'expliquent tous les phénomènes historiques — si l'on a une connaissance suffisante de la situation économique de la société, situation que négligent nos spécialistes de l'histoire. Les idées et les croyances de chaque époque s'expliquent également de la façon la plus simple par les conditions de vie économique de cette époque et par les rapportss sociaux et politiques qui en découlent. Ce n'est que grâce à cette conception que l'histoire a été posée pour la première fois sur son véritable terrain. Le fait évident que les hommes, avant tout, mangent, boivent, s'abritent et s'habillent et qu'ils doivent travailler avant de pouvoir lutter pour le pouvoir, s'occuper de politique, de religion et de philosophie, ce fait manifeste, jusqu'à présent complètement négligé, a enfin obtenu droit de cité dans l'histoire.

Pour l'idée socialiste, cette nouvelle conception de l'histoire était extrêmement importante. Il est maintenant démontré que toute l'histoire de l'humanité se meut dans les antagonismes et les luttes de classe, qu'il y a toujours eu des classes dominantes et dominées, exploiteuses et exploitées, et que la grande majorité des hommes a toujours été condamnée à un dur labeur et à une misérable existence. Pourquoi cela? Tout simplement parce qu'à toutes les étapes précédentes du développement de l'humanité la production était encore si faible que l'histoire ne pouvait avancer qu'avec l'existence de ces antagonismes; que seule une petite minorité privilégiée contribuait à la progression historique, tandis que la masse était condamnée à gagner par son travail ses maigres moyens de subsistance et à accroître sans cesse la richesse de la minorité privilégiée.

Mais cette conception de l'histoire, conception qui explique si naturellement et si simplement la domination de classe, expliquée jusque-là par la méchanceté des hommes, conduit aussi à la conviction que, vu le développement formidable atteint actuellement par les forces de production, il ne reste plus aucune raison, tout au moins dans les pays avancés, de diviser les hommes en dominateurs et en dominés, en exploiteurs et en exploités.

La grande bourgeoisie dominante a rempli sa mission historique; non seulement elle n'est plus capable de diriger la société, mais elle est devenue un obstacle au développement de la production, comme le démontrent les crises commerciales, principalement la dernière, et la dépression de l'industrie dans tous les pays. La direction historique est passée au prolétariat, classe qui peut s'affranchir uniquement parce que, en vertu de sa situation sociale, elle anéantit toute domination de classe, toute subordination et toute exploitation. Les forces productrices sociales, qui ont dépassé les capacités de la bourgeoisie, n'attendent que le moment de passer en la possession du prolétariat uni, qui établira un régime permettant à tous les membres de la société de participer non seulement à la production, mais aussi à la répartition et à la gestion des richesses sociales. Grâce à la régularisation rationnelle de toute la production, ce régime pourra élever les forces de production sociales et les produits créés par elles de façon à satisfaire de plus en plus les besoins raisonnables de chacun.

La deuxième découverte importante de Karl Marx est l'explication des rapports du capital et du travail, autrement dit, la démonstration de la façon dont s'accomplit l'exploitation des ouvriers par les capitalistes dans la société actuelle, avec le mode de production capitaliste existant. Depuis que l'économie politique avait établi que seul le travail est la source de toute richesse et de toute valeur, on devait fatalement se demander comment il se fait que le salarié ne reçoive pas toute la valeur produite par son travail et doive en abandonner une partie au capitaliste. C'est en vain que les économistes bourgeois et socialistes s'efforcèrent de donner une réponse strictement scientifique à cette question jusqu'au moment où Marx en apporta la solution. Le mode de production capitaliste actuel implique l'existence de deux classes sociales: d'un côté, les capitalistes, qui possèdent les instruments nécessaires à la production et à l'existence; de l'autre, les prolétaires, qui ne possèdent rien et sont obligés, pour vivre, de vendre leur seule marchandise: leur force de travail. Mais la valeur d'une marchandise quelconque est déterminée par la quantité de travail socialement nécessaire pour la production et le renouvellement de cette marchandise; par suite, la valeur de la force de travail d'un homme moyen pendant un jour, un mois, une année, est déterminée par la quantité de produits nécessaires à l'entretien de l'ouvrier pendant un jour, un mois, une année. Admettons que les produits nécessaires à un ouvrier pour un jour exigent six heures de travail, ou, ce qui revient au même, que le travail qui y est incorporé représente une durée de six heures. Dans ce cas, la valeur de la force de travail pour un jour s'exprimera par la somme d'argent nécessitant également six heures pour être produite. Admettons maintenant que le capitaliste qui occupe notre ouvrier lui paie cette somme, c'està- dire la valeur totale de sa force de travail. Si l'ouvrier travaillait actuellement six heures par jour pour le capitaliste, il rembourserait complètement au capitaliste la dépense effectuée par ce dernier: six heures de travail pour une somme valant six heures de travail. Mais alors il ne resterait rien dans la poche du capitaliste. Celui-ci, évidemment, raisonne tout autrement: j'ai acheté, dit-il, la force de travail de cet ouvrier non pas pour six heures, mais pour toute une journée. Par suite, il oblige l'ouvrier à travailler, suivant les circonstances, 8, 10, 12, 14 heures, et même davantage, de sorte que le produit des heures qui suivent la sixième heure de travail est le produit d'un travail impayé et s'en va dans la poche du capitaliste. Ainsi l'ouvrier au service du capitaliste non seulement rend à ce dernier la valeur qu'il en a reçue pour sa force de travail, mais produit encore une plus-value que le capitaliste commence par s'approprier et qui ensuite, en vertu de lois économiques déterminées, se répartit dans toute la classe capitaliste et forme la principale source d'où découlera la rente foncière, l'intérêt, l'accumulation capitaliste, en un mot toutes les richesses consommées et accumulées par les classes parasites.

Ainsi, il a été démontré que les richesses acquises par les capitalistes actuels proviennent de l'expropriation d'un travail d'autrui impayé, tout comme celles des propriétaires d'esclaves ou des seigneurs féodaux qui exploitaient le travail des serfs, et que toutes ces formes d'exploitation ne se distinguent que par la manière et les moyens employés pour s'approprier le travail d'autrui. Par suite, les classes possédantes ne peuvent plus arguer hypocritement que le Droit, la Justice, l'Egalité des droits et des devoirs, l'Harmonie générale des intérêts règnent dans l'ordre social actuel. La société bourgeoise d'aujourd'hui, comme les sociétés antérieures, est une forme gigantesque d'exploitation de l'immense majorité du peuple par une minorité infime, qui ne cesse en outre de diminuer.

C'est sur ces deux bases capitalistes que repose le socialisme scientifique contemporain.

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Défense du marxisme

L’attitude de la bourgeoisie à l’égard du prolétariat.

La situation de la classe ouvrière en Angleterre (F. Engels -1845)

Je n'ai jamais vu une classe si profondément immorale, si incurablement pourrie et intérieurement rongée d'égoïsme, si incapable du moindre progrès que la bourgeoisie anglaise, et j'entends par là surtout la bourgeoisie proprement dite, singulièrement la bourgeoisie libérale, qui veut abroger les lois sur les grains. Pour elle il n'existe rien au monde qui ne soit là pour l'argent, sans l'excepter elle-même, car elle ne vit que pour gagner de l'argent et pour rien d'autre, elle ne connaît pas d'autre félicité que de faire une rapide fortune, pas d'autre souffrance que de perdre de l'argent 477. Avec une telle rapacité et une telle cupidité il est impossible qu'il existe un sentiment, une idée humaine qui ne soient souillés. Certes, ces bourgeois anglais sont de bons époux et de bons pères de famille, ils ont aussi toutes sortes de « vertus privées » comme on dit, et, dans les rapports de la vie courante, ils semblent tout aussi respectables et corrects que tous les autres bourgeois; même dans les affaires, on peut mieux traiter avec eux qu'avec les Allemands; ils ne marchandent et n'ergotent pas tant que nos épiciers, mais qu'importe tout cela ? En dernier ressort, le seul facteur décisif reste l'intérêt particulier et spécialement la volonté de gagner de l'argent. Un jour je pénétrai dans Manchester avec un de ces bourgeois et discutai avec lui de la construction déplorable, malsaine, de l'état épouvantable des quartiers ouvriers et déclarai n'avoir jamais vu une ville aussi mal bâtie. L'homme m'écouta calmement et au coin de la rue où il me quitta, il déclara : « And yet, there is a great deal of money made here. » (Et malgré tout, on gagne ici énormément d'argent.) « Au revoir, Monsieur! » Le bourgeois se moque éperdument de savoir si ses ouvriers meurent de faim ou pas, pourvu que lui gagne de l'argent.

Toutes les conditions de vie sont évaluées au critère du bénéfice, et tout ce qui ne procure pas d'argent est idiot, irréalisable, utopique. C'est pourquoi l'économie politique, science qui étudie les moyens de gagner de l'argent, est la science préférée de ces juifs usuriers. Ils sont tous économistes. Le rapport de l'industriel à l'ouvrier n'est pas un rapport humain, mais une relation purement économique. L'industriel est le « capital », l'ouvrier est le « travail ». Si l'ouvrier ne veut pas se laisser enfermer dans cette abstraction, s'il affirme qu'il n'est pas le « travail » mais un homme qui, il est vrai, possède entre autres la faculté de travailler, s'il s'avise de croire qu'il ne devrait pas se laisser vendre et acheter en tant que « travail », en tant que marchandise, sur le marché, l'entendement du bourgeois est alors comme frappé de stupeur. Il ne peut comprendre qu'il puisse avoir avec les ouvriers d'autres rapports que ceux de l'achat et de la vente, et il ne voit pas en eux des hommes mais des « mains » (hands), puisque c'est ce nom qu'il leur jette constamment à la face; et, comme dit Carlyle, il ne reconnaît pas d'autre relation d'un homme à un autre homme, que celle du paiement comptant. Même les liens entre lui et sa femme ne sont - dans 99 % des cas - qu'un « paiement comptant ». L'esclavage misérable dans lequel l'argent tient le bourgeois marque même le langage, du fait de la domination de la bourgeoisie; l'argent fait la valeur de l'homme; cet homme vaut 10,000 livres (he is worth ten thousands pounds), c'est-à-dire il les a. Quiconque a de l'argent est « respectable », appartient à « la meilleure catégorie de gens » (the better sort of people), est « influent » (influential) et ce qu'il accomplit fait époque dans son milieu. Le sordide esprit mercantile imprègne la langue tout entière, tous les rapports humains sont traduits en formules commerciales expliquées sous forme de catégories économiques. Commande et fourniture, demande et offre, supply and demand, telles sont les formules à l'aide desquelles la logique de l'Anglais juge toute la vie humaine. Voilà qui explique la libre concurrence partout, voilà qui explique le régime du « laissezfaire » et du « laisser-aller » dans l'administration, dans la médecine, l'éducation et bientôt aussi dans la religion où la domination de l'Église d'État s'effondre de plus en plus. La libre concurrence ne veut pas de limites, pas de contrôle d'État; tout l'État lui pèse, son voeu le plus cher serait d'être dans un régime tout à fait dépourvu d'État, où chacun pourrait exploiter son prochain à coeur joie comme dans la « société » de notre ami Stirner, par exemple. Mais comme la bourgeoisie ne peut se passer de l'État, ne serait-ce que pour tenir en respect le prolétariat qui lui est tout aussi nécessaire, elle utilise le premier contre le second et cherche à tenir l'État le plus possible à distance en ce qui la concerne.

Il ne faudrait cependant pas croire que l'Anglais « cultivé » fait si ouvertement étalage de cet égoïsme. Au contraire il le dissimule avec la plus vile hypocrisie. - Comment ? Vous dites que les riches Anglais ne pensent pas aux pauvres, eux qui ont bâti des établissements de bienfaisance comme on n'en voit dans aucun autre pays ? Oui-da, des établissements de bienfaisance ! Comme si c'était rendre service au prolétaire que de commencer par l'exploiter jusqu'au sang pour pouvoir ensuite apaiser sur lui avec complaisance et pharisaïsme votre prurit de charité et pour vous présenter à la face du monde en grands bienfaiteurs de l'humanité, alors que vous rendez à ce malheureux que vous avez sucé jusqu'à la moelle, la centième partie de ce qui lui revient ! Bienfaisance qui dégrade plus encore celui qui la pratique que celui qui la reçoit; bienfaisance qui enfonce encore davantage dans la poussière le malheureux qu'on a foulé aux pieds, qui implique que le paria déshumanisé, exclu de la société, renonce d'abord à la dernière chose qui lui reste, à son aspiration à la qualité d'homme, et mendie d'abord sa grâce auprès de la bourgeoisie, avant qu'elle lui fasse la grâce de lui imprimer sur le front, en lui faisant l'aumône, le sceau de la déshumanisation ! Mais à quoi bon ces réflexions. Écoutons la bourgeoisie anglaise elle-même. Il n'y a pas même un an, j'ai lu dans le Manchester Guardian la lettre suivante, adressée au Rédacteur en chef, qui la publia sans autre commentaire, comme une chose toute naturelle et raisonnable :

Monsieur le Rédacteur en chef,

Depuis quelque temps on rencontre dans les grandes rues de notre ville une foule de mendiants qui, tantôt par leurs vêtements en haillons et leur aspect maladif, tantôt par l'étalage de blessures béantes et d'infirmités repoussantes, cherchent à éveiller la pitié des passants de façon souvent fort impudente et fort offensante.

J'incline à croire que lorsqu'on paye non seulement l'impôt pour les pauvres, mais qu'on apporte en outre une généreuse contribution à l'entretien d'établissements de bienfaisance, on en a fait assez pour avoir le droit d'être enfin à l'abri d'importunités aussi désagréables et cyniques; et à quoi donc sert l'impôt si lourd que nous payons pour l'entretien de la police municipale, si la protection qu'elle nous accorde ne nous permet même pas d'aller tranquillement en ville ou d'en revenir ? - J'espère que la publication de ces lignes dans votre journal qui jouit d'une grande diffusion, incitera les pouvoirs publics à faire disparaître cette calamité (nuisance) et je reste

Votre très dévouée,

Une Dame.

Et voilà! La bourgeoisie anglaise pratique la charité par intérêt, elle ne fait jamais cadeau de rien, elle considère ses dons comme un marché, elle traite avec les pauvres une affaire et dit :

« Si je consacre tant à des fins philanthropiques, j'achète ainsi le droit de ne pas être importuné davantage et vous vous engagez en échange à rester dans vos antres obscurs et à ne pas irriter mes nerfs sensibles par l'étalage public de votre misère ! Vous pouvez toujours désespérer, mais faites-le en silence, je le stipule dans le contrat, je m'achète ce droit en versant ma cotisation de 20 livres pour l'hôpital! » Oh! l'infâme philanthropie que voilà d'un bourgeois chrétien. Et c'est ce qu'écrit « une dame », oui, vous avez lu, une dame, elle fait bien de signer de ce nom, elle n'a heureusement plus le courage de prendre le nom de femme! Mais si les dames sont comme ça, que sera-ce des « Messieurs » ? On dira qu'il s'agit là d'un cas isolé. Mais pas du tout, la lettre ci-dessus exprime bien les sentiments de la grande majorité de la bourgeoisie anglaise, sinon le rédacteur ne l'aurait pas acceptée, sinon elle aurait été suivie d'une réponse quelconque que j'ai vainement cherchée dans les numéros suivants. Et quant à l'efficacité de cette bienfaisance, le chanoine Parkinson lui-même affirme que les pauvres sont aidés bien davantage par leurs semblables que par la bourgeoisie; et une aide de ce genre, émanant d'un brave prolétaire qui sait lui-même ce qu'est la faim, pour qui le partage de son maigre repas représente un sacrifice, mais qui le fait avec joie, une telle aide rend un tout autre son que l'aumône jetée au pauvre par le bourgeois gavé.

Mais même dans les autres domaines, la bourgeoisie simule un humanitarisme sans bornes - mais seulement lorsque l'exige son propre intérêt. Ainsi en va-t-il dans sa politique et dans son économie politique.

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Défense du marxisme

Droit de l'homme contre droit du citoyen.

Extrait de « La Question juive » (K. Marx 1843)

On fait une distinction entre les « droits de l’homme » et les « droits du citoyen ». Quel est cet « homme » distinct du citoyen ? Personne d’autre que le membre de la société bourgeoise. Pourquoi le membre de la société bourgeoise est-il appelé « homme », homme tout court, et pourquoi ses droits sont-ils appelés droits de l’homme ? Qu’est-ce qui explique ce fait ? Par le rapport de l’État politique à la société bourgeoise, par l’essence de l’émancipation politique.

Constatons avant tout le fait que les « droits de l’homme », distincts des « droits du citoyen », ne sont rien d’autre que les droits du membre de la société bourgeoise, c’est-à-dire de l’homme égoïste, de l’homme séparé de l’homme et de la communauté. La Constitution la plus radicale, celle de 1793, a beau dire : Déclaration des droits de l’homme et du citoyen. « Art. 2. Ces droits (les droits naturels et imprescriptibles) sont : l’égalité, la liberté, la sûreté, la propriété. » En quoi consiste la « liberté » ? « Art. 6. La liberté est le pouvoir qui appartient à l’homme de faire tout ce qui ne nuit pas aux droits d’autrui. » Ou encore, d’après la Déclaration des droits de l’homme de 1791 : « La liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui. »

La liberté est donc le droit de faire tout ce qui ne nuit pas à autrui. Les limites dans lesquelles chacun peut se mouvoir sans nuire à autrui sont marquées par la loi, de même que la limite de deux champs est déterminée par un piquet. Il s’agit de la liberté de l’homme considéré comme monade isolée, repliée sur elle-même. (…) Mais le droit de l’homme, la liberté, ne repose pas sur les relations de l’homme avec l’homme, mais plutôt sur la séparation de l’homme d’avec l’homme. C’est le droit de cette séparation, le droit de l’individu limité à lui-même.

L’application pratique du droit de liberté, c’est le droit de propriété privée. Mais en quoi consiste ce dernier droit ?

« Le droit de propriété est celui qui appartient à tout citoyen de jouir et de disposer à son gré de ses biens, de ses revenus, du fruit de son travail et de son industrie. » (Constitution de 1793, art. 16.)

Le droit de propriété est donc le droit de jouir de sa fortune et d’en disposer « à son gré », sans se soucier des autres hommes, indépendamment de la société ; c’est le droit de l’égoïsme. C’est cette liberté individuelle, avec son application, qui forme la base de la société bourgeoise. Elle fait voir à chaque homme, dans un autre homme, non pas la réalisation, mais plutôt la limitation de sa liberté. Elle proclame avant tout le droit « de jouir et de disposer à son gré de ses biens, de ses revenus, du fruit de son travail et de son industrie ».

Restent les autres droits de l’homme, l’égalité et la sûreté.

Le mot « égalité » n’a pas ici de signification politique ; ce n’est que l’égalité de la liberté définie ci-dessus : tout homme est également considéré comme une telle monade basée sur elle-même. La Constitution de 1795 détermine le sens de cette égalité : « Art. 5. L’égalité consiste en ce que la loi est la même pour tous, soit qu’elle protège, soit qu’elle punisse. »

Et la sûreté ? La Constitution de 1793 dit : « Art. 8. La sûreté consiste dans la protection accordée par la société à chacun de ses membres pour la conservation de sa personne, de ses droits et de ses propriétés. » La sûreté est la notion sociale la plus haute de la société bourgeoise, la notion de la police : toute la société n’existe que pour garantir à chacun de ses membres la conservation de sa personne, de ses droits et de ses propriétés. C’est dans ce sens que Hegel appelle la société bourgeoise « l’État de la détresse et de l’entendement ».

La notion de sûreté ne suffit pas encore pour que la société bourgeoise s’élève au-dessus de son égoïsme. La sûreté est plutôt l’assurance de l’égoïsme. Aucun des prétendus droits de l’homme ne dépasse donc l’homme égoïste, l’homme en tant que membre de la société bourgeoise, c’est-à-dire un individu séparé de la communauté, replié sur lui-même, uniquement préoccupé de son intérêt personnel et obéissant à son arbitraire privé. L’homme est loin d’y être considéré comme un être générique ; tout au contraire, la vie générique elle-même, la société, apparaît comme un cadre extérieur à l’individu, comme une limitation de son indépendance originelle. Le seul lien qui les unisse, c’est la nécessité naturelle, le besoin et l’intérêt privé, la conservation de leurs propriétés et de leur personne égoïste.

La question juive au format pdf

En complément.

La proclamation universelle des droits de l'homme est tout juste bonne à justifier l'esclavagisme des temps modernes.

- "On a démontré comment la reconnaissance des droits de l'homme par l'État moderne ne signifie pas autre chose que la reconnaissance de l'esclavage par l'État antique. La base naturelle de l'État antique, c'était l'esclavage; celle de l'État moderne, c'est la société bourgeoise, l'homme de la société bourgeoise, c'est-à-dire l'homme indépendant, qui n'est rattaché à autrui que par le lien de l'intérêt privé et de la nécessité naturelle, dont il n'a pas conscience, l'esclavage du travail intéressé, de son propre besoin égoïste et du besoin égoïste d'autrui. L'État moderne, dont c'est là la base naturelle, l'a reconnue comme telle dans la proclamation universelle des droits de l'homme". (K. Marx – F. Engels : La sainte famille ou Critique de la critique critique)

Défense du marxisme

La dialectique ou la science des lois générales du mouvement et du développement de la nature, de la société humaine et de la pensée..

Chapitre XIII : Dialectique. Négation de la négation. Friedrich Engels : Anti-Duhring (1878).

Extraits.

C'est déjà un manque total d'intelligence de la nature de la dialectique, que de la tenir, comme fait M. Dühring, pour un instrument de pure démonstration, à la façon dont on peut se faire une idée bornée, disons de la logique formelle ou des mathématiques élémentaires. Même la logique formelle est avant tout une méthode pour trouver des résultats nouveaux, pour progresser du connu à l'inconnu, et cela est vrai, mais dans un sens bien plus élevé encore, de la dialectique qui, en outre, en brisant l'horizon étroit de la logique, contient le germe d'une vue plus vaste du monde.

(La négation de la négation) Une procédure très simple, qui s'accomplit en tous lieux et tous les jours, que tout enfant peut comprendre, dès qu'on élimine le fatras mystérieux sous lequel la vieille philosophie idéaliste la dissimulait et sous lequel des métaphysiciens incurables de la trempe de M. Dühring continuent à avoir intérêt à la cacher. Prenons un grain d'orge. Des milliards de grains d'orge semblables sont moulus, cuits et brassés, puis consommés. Mais si un grain d'orge de ce genre trouve les conditions qui lui sont normales, s'il tombe sur un terrain favorable, une transformation spécifique s'opère en lui sous l'influence de la chaleur et de l'humidité, il germe : le grain disparaît en tant que tel, il est nié, remplacé par la plante née de lui, négation du grain.

Mais quelle est la carrière normale de cette plante ? Elle croît, fleurit, se féconde et produit en fin de compte de nouveaux grains d'orge, et aussitôt que ceux-ci sont mûrs, la tige dépérit, elle est niée pour sa part. Comme résultat de cette négation de la négation, nous avons derechef le grain d'orge du début, non pas simple, mais en nombre dix, vingt, trente fois plus grand. (...)

Il n'en va pas autrement en histoire. Tous les peuples civilisés commencent par la propriété en commun du sol. Chez tous les peuples qui dépassent un certain stade primitif, cette propriété en commun devient, au cours de l'évolution de l'agriculture, une entrave pour la production. Elle est abolie, niée, transformée en propriété privée après des stades intermédiaires plus ou moins longs. Mais à un stade plus élevé du développement de l'agriculture atteint grâce à la propriété privée du sol elle-même, c'est inversement la propriété privée qui devient une entrave pour la production, - comme c'est aujourd'hui le cas aussi bien pour la petite que pour la grande propriété foncière. On voit surgir avec un caractère de nécessité la revendication qui tend à ce qu'elle soit niée également, à ce qu'elle soit retransformée en propriété commune. Mais cette revendication ne signifie pas la restauration de l'ancienne propriété en commun primitive, mais l'établissement d'une forme bien plus élevée et plus développée de propriété collective qui, bien loin de devenir une barrière pour la production sera, au contraire, la première à la libérer de ses entraves et à lui permettre la pleine utilisation des découvertes chimiques et des inventions mécaniques modernes.

Autre exemple encore. La philosophie antique était un matérialisme primitif naturel. En tant que tel, elle était inc apable de tirer au net le rapport de la pensée et de la matière. Mais la nécessité d'y voir clair conduisit à la doctrine d'une âme séparable du corps, puis à l'affirmation de l'immortalité de cette âme, enfin au monothéisme. Le matérialisme antique fut donc nié par l'idéalisme. Mais dans le développement ultérieur de la philosophie, l'idéalisme à son tour devint insoutenable et fut nié par le matérialisme moderne. Celui-ci, négation de la négation, n'est pas la simple réinstallation de l'ancien matérialisme, mais ajoute aux fondements persistants de celui-ci tout le contenu de pensée d'une évolution deux fois millénaire de la philosophie et des sciences de la nature, ainsi que de ces deux millénaires d'histoire eux-mêmes. Après tout ce n'est plus une philosophie, mais une simple vue du monde qui n'a pas à faire ses preuves et à se mettre en oeuvre dans une science des sciences à part, mais dans les sciences réelles. La philosophie est donc ici “ levée ”, c'est-à-dire à la fois “ surmontée et conservée”, surmontée dans sa forme, conservée dans son contenu réel.

Enfin, même la doctrine de l'égalité de Rousseau...

A l'état de nature et de sauvagerie, les hommes étaient égaux; et comme Rousseau tient déjà le langage pour une altération de l'état de nature, il a parfaitement raison d'appliquer l'égalité entre animaux d'une même espèce dans toute l'étendue de cette espèce à ces hommes -animaux récemment classifiés par hypothèse par Haeckel comme alales, privés de langage. Mais ces hommes -animaux égaux avaient sur le reste des animaux l'avantage d'une propriété : la perfectibilité, la possibilité d'évoluer ultérieurement 2; et ce fut la cause de l'inégalité.

Rousseau voit donc un progrès dans la naissance de l'inégalité. Mais ce progrès était antagoniste, c'était en même temps un recul.

“ Tous les progrès ultérieurs [au delà de l'état de nature] ont été en apparence autant de pas vers la perfection de l'individu, et en effet, vers la décrépitude de l'espèce ... La métallurgie et l'agriculture furent les deux arts dont l'invention produisit cette grande révolution. ” (La transformation de la forêt vierge en terre cultivée, mais aussi l'introduction de la misère et de la servitude au moyen de la propriété.)

“ Pour le poète, c'est l'or et l'argent, mais pour le philosophe ce sont le fer et le blé qui ont civilisé les hommes et perdu le genre humain. ”

Tout nouveau progrès de la civilisation est, en même temps, un nouveau progrès de l'inégalité. Toutes les institutions que se donne la société née avec la civilisation, tournent à l'encontre de leur but primitif.

“ Il est incontestable, et c'est la maxime fondamentale de tout le droit politique, que les peuples se sont donné des chefs pour défendre leur liberté et non les asservir.”

Et cependant, ces chefs deviennent nécessairement les oppresseurs des peuples et renforcent cette oppression Jusqu'au point où l'inégalité, poussée à son comble, se retransforme en son contraire, devient cause de l'égalité : devant le despote tous sont égaux, à savoir égaux à zéro.

“ C'est ici le dernier terme de l'inégalité et le point extrême qui ferme le cercle et touche au point d'où nous sommes partis : c'est ici que tous les particuliers redeviennent égaux, parce qu'ils ne sont rien et que les sujets n'ont plus d'autre loi que la volonté du maître.”

Mais le despote n'est maître que tant qu'il a la violence et c'est pourquoi “ sitôt qu'on peut l'expulser, il n'a point à réclamer contre la violence... La seule force le maintenait, la seule force le renverse. Toutes choses se passent ainsi selon l'ordre naturel. ”

Et ainsi, l'inégalité se change derechef en égalité, non toutefois en cette vieille égal ité naturelle de l'homme primitif privé de la parole, mais dans l'égalité supérieure du contrat social. Les oppresseurs subissent l'oppression. C'est la négation de la négation. (...)

Qu'est-ce donc que la négation de la négation ? Une loi de développement de la nature, de l'histoire et de la pensée extrêmement générale et, précisément pour cela, revêtue d'une portée et d'une signification extrêmes; loi qui, nous l'avons vu, est valable pour le règne animal et végétal, pour la géologie, les mathématiques, l'histoire, la philosophie, et à laquelle M. Dühring lui-même, bien qu'il se rebiffe et qu'il regimbe : est obligé à son insu d'obéir à sa manière. (...)

Si je dis de tous ces processus qu'ils sont négation de la négation, je les comprends tous ensemble sous cette unique loi du mouvement et, de ce fait, je ne tiens précisément pas compte des particularités de chaque processus spécial pris à part. En fait la dialectique n'est pas autre chose que la science des lois générales du mouvement et du développement de la nature, de la société humaine et de la pensée.

Eugen Dühring, un social-démocrate allemand tardif, universitaire vaniteux, ennemi de la dialectique et donc du socialisme scientifique développé par Marx et Engels, au profit de "vérités éternelles", un vulgaire fatras de "de stupidité(s) d'une part et de banalité(s) d'autre part, écrira le 28 mai 1876 Engels à Marx en lui communiquant son "plan" d'Anti-Dühring.

J'ai reproduit ces passages parce qu'ils sont à la portée de tous. Ne pas populariser la dialectique au sein de la population est inexcusable.

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Défense du marxisme

Socialisme contre sentimentalisme.

Socialisme de juristes. - (F. Engels et K. Kautsky -1886)

Au moyen âge la conception du monde était essentiellement théologique. L’unité du monde européen qui n’existait pas en fait à l’intérieur, fut réalisée à l’extérieur, contre l’ennemi commun, les Sarrazins, par le christianisme. C’est le catholicisme qui fut le creuset de l’unité du monde européen, groupe de peuples en rapports mutuels constants au cours de leur évolution. Ce rassemblement théologique ne se limita pas au domaine des idées. Il avait une existence réelle, non seulement dans la personne du pape qui était son centre monarchique, mais avant tout dans l’Eglise organisée féodalement et hiérarchiquement, et qui, en sa qualité de propriétaire d’environ un tiers du sol, détenait dans chaque pays une puissance politique énorme dans l’organisation féodale. L’Eglise, avec sa propriété foncière de type féodal, était le lien réel entre les divers pays ; l’organisation féodale de l’Eglise donnait sa consécration religieuse au féodalisme temporel de l’organisation politique. Le clergé était en outre la seule classe cultivée. Il allait donc de soi que le dogme de l’Eglise devait être le point de départ et la base de toute pensée. Droit, science de la nature, philosophie, l’étalon appliqué à toute connaissance était le suivant : son contenu concorde-t-il avec les enseignements de l’Eglise ou non ?

Mais au sein de la féodalité se développait la puissance de la bourgeoisie. Une classe nouvelle entrait en scène contre les grands propriétaire fonciers. Les bourgeois des villes étaient avant tout et exclusivement des producteurs de marchandises et vivaient du commerce des marchandises, alors que le mode de production féodal reposait essentiellement sur l’auto-consommation des produits fabriqués à l’intérieur d’un cercle restreint — ces consommateurs étant en partie les producteurs, en partie les féodaux qui levaient tribut. La conception catholique du monde, taillée à la mesure du féodalisme, ne pouvait plus suffire à cette classe nouvelle et à ses conditions de production et d’échange. Cependant elle resta prisonnière elle aussi un temps assez long de la toute-puissante théologie. Toutes les Réformes et les luttes qui s’y rattachent et furent menées du XIIIe au XVIIe siècle sous une raison sociale religieuse, ne sont, sous leur aspect théorique, que des tentatives répétées de la bourgeoisie des plébéiens des villes et de leurs alliés les paysans en rébellion, pour ajuster la vieille conception théologique du monde aux conditions économiques nouvelles et à la situation de la classe nouvelle. Mais cela n’allait pas. L’étendard religieux flotta pour la dernière fois en Angleterre au XVIIe siècle, et, cinquante ans plus tard à peine, la nouvelle conception classique de la bourgeoisie, la conception juridique entra en scène en France sans déguisement.

C’était une sécularisation de la conception théologique. Au dogme, au droit divin se substituait le droit humain, à l’Eglise l’Etat. Les rapports économiques et sociaux, que l’on s’était autrefois représentés comme créés par l’Eglise et le dogme, parce que l’Eglise leur donnait sa sanction, on se les représentait maintenant comme fondés sur le droit et créés par l’Etat. Parce que l’échange des marchandises à l’échelle de la société et dans son plein épanouissement, favorisé notamment par l’octroi d’avances et de crédit, engendrait de complexes relations contractuelles réciproques et exigeait de ce fait des règles de portée générale qui ne pouvaient être édictées que par la collectivité — normes juridiques fixées par l’Etat —, on se figura que ces normes juridiques n’avaient pas pour origine les faits économiques, mais que c’était leur codification formelle par l’Etat qui leur donnait naissance. Et parce que la concurrence, qui est la forme fondamentale des relations entre libres producteurs de marchandises, est la plus grande niveleuse qui soit, l’égalité devant la loi devint le grand cri de guerre de la bourgeoisie. La lutte de cette classe ascendante contre les seigneurs féodaux et la monarchie absolue qui les protégeait alors, devait nécessairement, comme toute lutte de classes, être une lutte politique, une lutte pour la possession de l’Etat, et c’était nécessairement une lutte pour la satisfaction de revendications juridiques : ce fait contribua à consolider la conception juridique du monde.

Mais la bourgeoisie engendra son double négatif, le prolétariat, et avec lui une nouvelle lutte de classes, qui éclaté avant même que la bourgeoisie eût entièrement conquis le pouvoir politique. De même que, naguère, la bourgeoisie dans as lutte contre la noblesse avait, par tradition, traîné la conception théologie du monde pendant un certain temps encore, de même au début le prolétariat a repris de son adversaire les conceptions juridiques et à cherché à y puiser des armes contre la bourgeoisie. Les premières formations politiques prolétariennes comme leurs théoriciens, demeurent absolument sur le « terrain juridique » à la seule différence que leur terrain juridique n’était pas le même que celui de la bourgeoisie. D’une part la revendication de l’égalité était étendue : l’égalité juridique devait être complétée par l’égalité sociale ; d’autre part, des propositions d’Adam Smith — selon qui, le travail est la source de toute richesse, mais le produit du travail est la source de toute richesse, mais le produit du travail doit être partagé par le travailleur avec le propriétaire foncier et le capitaliste —, on tirait la conclusion que ce partage était injuste et devait être soit aboli, soit au moins modifié au profit des travailleurs. Mais le sentiment qu’en laissant cette question sur le seul terrain « du droit » on ne pourrait nullement éliminer les méfaits engendrés par le mode de production du capitalisme bourgeois et surtout par la grande industrie moderne, conduisit déjà les plus importants esprits, chez les premiers socialistes — Saint-Simon, Fourier et Owen — à délaisser complètement le terrain juridico-politique et à déclarer que toute lutte politique était stérile.

Ni l’une, ni l’autre de ces conceptions ne suffisait à exprimer de façon satisfaisante ni à résumer totalement les aspirations de la classe ouvrière à l’émancipation qu’avaient engendrées la situation économique. La revendication de l’égalité, tout comme la revendication du produit total du travail, se perdaient dans d’inextricables contradictions dès qu’on cherchait à les formuler en détail sur le terrain juridique et ne touchaient pas ou peu au nœud du problème, la transformation du mode de production. Refusant la lutte politique, les grands utopistes refusaient du même coup la lutte de classes et par là refusaient du même coup la lutte de classes et par là refusaient le seul mode d’action possible pour la classe dont ils défendaient les intérêts. Ces deux conceptions faisaient abstraction de l’arrière-plan historique à qui elles étaient redevables de leur existence ; elles faisaient appel toutes les deux au sentiment ; l’une faisait appel au sentiment du droit, l’autre au sentiment d’humanité. Elles donnaient toutes les deux à leurs exigences la forme de vœux pieux dont il était impossible de dire pourquoi ils se seraient réalisés juste à ce moment et non mille ans plus tôt ou plus tard.

Pour la classe ouvrière dépouillée, par la transformation du mode de production féodal en mode de production capitaliste, de toute propriété sur les moyens de production, et constamment reproduite par le mécanisme du système de production capitaliste dans cet état héréditaire de prolétarisation, l’illusion juridique de la bourgeoisie ne peut suffire à exprimer totalement la situation où elle se trouve. Elle ne peut prendre elle-même une connaissance complète de cette situation que si elle regarde les choses dans leur réalité, sans lunettes teintées de couleurs juridiques. C’est à cela que l’aida Marx avec sa conception matérialiste de l’histoire, en démontrant que toutes les représentations juridiques, politiques, philosophiques, religieuses, etc. des hommes dérivent en dernière instance de leurs conditions de vie économiques, de leur manière de produire et d’échanger les produits. Il fournissait là au prolétariat la conception du monde correspondant à ses conditions de vie et de lutte ; à l’absence de propriété des travailleurs ne pouvait correspondre que l’absence d’illusions dans leur tête. Et cette conception prolétarienne du monde fait maintenant le tour du monde…

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Défense du marxisme

Socialisme contre opportunisme liquidateur.

L'impérialisme et la scission du socialisme. (2) (V. Lénine -1916)

L'impérialisme et la scission du socialisme - V. Lénine - Rédigé en octobre 1916 et publié en décembre 1916 dans le n° 2 du « Recueil du Social-Démocrate ».

Extraits. Le prolétariat est un produit du capitalisme, du capitalisme mondial et pas seulement européen, pas seulement impérialiste. A l'échelle mondiale, que ce soit cinquante ans plus tôt ou cinquante ans plus tard,- à cette échelle, c'est une question de détail,- il est bien évident que le « prolétariat » « sera » uni, et qu'en son sein la social-démocratie révolutionnaire vaincra « inéluctablement ». Il ne s'agit pas de cela, messieurs les kautskistes, il s'agit du fait que maintenant, dans les pays impérialistes d'Europe, vous rampez à plat ventre devant les opportunistes, qui sont étrangers au prolétariat en tant que classe, qui sont les serviteurs, les agents de la bourgeoisie, les véhicules de son influence; et s'il ne s'affranchit pas d'eux, le mouvement ouvrier restera un mouvement ouvrier bourgeois. (Et c'est ce qu'il est resté en renforçant cette tendance. - LVOG) Votre propagande en faveur de I' « unité » avec les opportunistes, avec les Legien et les David, les Plékhanov ou les Tchkhenkéli, les Potressov, etc., revient objectivement à favoriser l'asservissement des ouvriers par la bourgeoisie impérialiste, à l'aide de ses meilleurs agents au sein du mouvement ouvrier. (Quand on voit comment ils ont traité la question syrienne, on en arrive à cette conclusion là concernant nos dirigeants. - LVOG)

(...)

Dans sa lettre à Marx du 7 octobre 1858, Engels écrivait :

« En réalité, le prolétariat anglais s'embourgeoise de plus en plus, et il semble bien que cette nation bourgeoise entre toutes veuille en arriver à avoir, à côté de sa bourgeoise, une aristocratie bourgeoise et un prolétariat bourgeois. Évidemment, de la part d'une nation qui exploite le monde entier, c'est jusqu'à un certain point logique. »

Dans sa lettre à Sorge du 21 septembre 1872, Engels fait savoir que Hales a provoqué au Conseil fédéral de l'Internationale un grand esclandre et a fait voter un blâme à Marx pour avoir dit que « les chefs ouvriers anglais s'étaient vendus ». Marx écrit à Sorge le 4 août 1874 :

« En ce qui concerne les ouvriers des villes (en Angleterre), il y a lieu de regretter que toute la bande des chefs ne soit pas entrée au Parlement. C'eût été le plus sûr moyen de se débarrasser de cette racaille. »

Dans sa lettre à Marx du 11 août 1881, Engels parle des « pires trade-unions anglaises, qui se laissent diriger par des hommes que la bourgeoisie a achetés ou tout au moins payés ». Dans sa lettre à Kautsky du 12 septembre 1882, Engels écrivait :

« Vous me demandez ce que les ouvriers anglais pensent de la politique coloniale. Exactement ce qu'ils pensent de la politique en général. Ici, point de parti ouvrier, il n'y a que des conservateurs et des radicaux libéraux; quant aux ouvriers, ils jouissent en toute tranquillité avec eux du monopole colonial de l'Angleterre et de son monopole sur le marché mondial. »

Le 7 décembre 1889, Engels écrit à Sorge :

« ... Ce qu'il y a de plus répugnant ici (en Angleterre), c'est la « respectabilité » (respectability) bourgeoise, qui pénètre jusque dans la chair des ouvriers ... même Tom Mann, que je considère comme le meilleur de tous, confie très volontiers qu'il déjeunera avec le lord-maire. Lorsqu'on fait la comparaison avec les Français, on voit ce que c'est que la révolution.»

Dans une lettre du 19 avril 1890 :

« le mouvement (de la classe ouvrière en Angleterre) progresse sous la surface, il gagne des couches de plus en plus larges, et surtout parmi la masse inférieure (souligné par Engels) jusque-là immobile. Le jour n'est pas loin où cette masse se retrouvera elle-même, où elle aura compris que c'est elle, précisément, qui est cette masse colossale en mouvement».

Le 4 mars 1891 :

« l'échec de l'union des dockers qui s'est désagrégée; les « vieilles » trade-unions conservatrices, riches et partant poltronnes, restent seules sur le champ de bataille »...

Le 14 septembre 1891 : au congrès des trade-unions à Newcastle, ont été vaincus les vieux unionistes, adversaires de la journée de huit heures, « et les journaux bourgeois avouent la défaite du parti ouvrier bourgeois » (souligné partout par Engels)...

Que ces pensées d'Engels, reprises pendant des dizaines d'années, aient aussi été formulées par lui publiquement, dans la presse, c'est ce que prouve sa préface à la deuxième édition (1892) de La situation des classes laborieuses en Angleterre. Il y traite de « l'aristocratie de la classe ouvrière », de la « minorité privilégiée des ouvriers », qu'il oppose à la « grande masse des ouvriers ». « La petite minorité privilégiée et protégée » de la classe ouvrière bénéficiait seule des « avantages durables » de la situation privilégiée de l'Angleterre en 1848-1868; « la grande masse, en mettant les choses au mieux, ne bénéficiait que d'améliorations de courte durée »... « Avec l'effondrement du monopole industriel de l'Angleterre, la classe ouvrière anglaise perdra sa situation privilégiée ... »

Les membres des « nouvelles » unions, des syndicats d'ouvriers non spécialisés, « ont un avantage inappréciable : leur mentalité est un terrain encore vierge, parfaitement libre du legs des « respectables » préjugés bourgeois, qui désorientent les esprits des « vieux unionistes » mieux placés » ... Les « prétendus représentants ouvriers », en Angleterre, sont des gens « à qui on pardonne leur appartenance à la classe ouvrière, parce qu'ils sont eux-mêmes prêts à noyer cette qualité dans l'océan de leur libéralisme »...

C'est à dessein que nous avons reproduit des extraits assez abondants des déclarations on ne peut plus explicites de Marx et d’Engels, afin que les lecteurs puissent les étudier dans leur ensemble. Et il est indispensable de les étudier, il vaut la peine d'y réfléchir attentivement. Car là est le noeud de la tactique imposée au mouvement ouvrier par les conditions objectives de l'époque impérialiste.

(...)

La. bourgeoisie d'une « grande » puissance impérialiste peut, économiquement, soudoyer les couches supérieures de « ses » ouvriers en sacrifiant à cette fin quelque cent ou deux cent millions de francs par an, car son surprofit s'élève probablement à près d'un milliard. Et la question de savoir comment cette petite aumône est partagée entre ouvriers-ministres, « ouvriers-députés » (rappelez-vous l'excellente analyse donnée de cette notion par Engels), ouvriers-membres des comités des industries de guerre, ouvriers-fonctionnaires, ouvriers organisés en associations étroitement corporatives, employés, etc., etc., c'est là une question secondaire. (Nos détracteurs n'ont plus qu'à en conclure que Marx, Engels et Lénine étaient de farouches ennemis de la classe ouvrière, des employés et particulièrement des fonctionnaires. - LVOG)

(...) Le monopole du capital financier actuel est furieusement disputé; l'époque des guerres impérialistes a commencé. Autrefois l'on pouvait soudoyer, corrompre pour des dizaines d'années la classe ouvrière de tout un pays. Aujourd'hui, ce serait invraisemblable, voire impossible ; par contre, chaque « grande » puissance impérialiste peut soudoyer et soudoie des couches moins nombreuses (que dans l'Angleterre des années 1848 à 1868) de l'« aristocratie ouvrière ». Autrefois, un « parti ouvrier bourgeois », selon l'expression remarquablement profonde d'Engels, ne pouvait se constituer que dans un seul pays, attendu qu'il était seul à détenir le monopole, mais en revanche pour longtemps. Aujourd'hui, « le parti ouvrier bourgeois» est inévitable et typique pour tous les pays impérialistes; mais, étant donné leur lutte acharnée pour le partage du butin, il est improbable qu'un tel parti puisse triompher pour longtemps dans plusieurs pays. (Et pourtant ! - LVOG) Car les trusts, l'oligarchie financière, la vie chère, etc., en permettant de corrompre de petits groupes de l'aristocratie ouvrière, écrasent, oppriment, étouffent et martyrisent de plus en plus la masse du prolétariat et du semi-prolétariat.

D'une part, la tendance de la bourgeoisie et des opportunistes à transformer une poignée de très riches nations privilégiées en parasites « à perpétuité » vivant sur le corps du reste de l'humanité, à « s'endormir sur les lauriers » de l'exploitation des Noirs, des Indiens, etc., en les maintenant dans la soumission à l'aide du militarisme moderne pourvu d'un excellent matériel d'extermination. (Il s'est perfectionné depuis et les dirigeants syndicaux en sont fiers, Mélenchon et Laurent aussi ! - LVOG)

D'autre part, la tendance des masses, opprimées plus que par le passé et subissant toutes les affres des guerres impérialistes, à secouer ce joug, à jeter bas la bourgeoisie. C'est dans la lutte entre ces deux tendances que se déroulera désormais inéluctablement l'histoire du mouvement ouvrier. Car la première tendance n'est pas fortuite : elle est économiquement « fondée ».

La bourgeoisie a déjà engendré et formé à son service des « partis ouvriers bourgeois » de social-chauvins dans tous les pays. (A ceci près de nos jours qu'aucune tendance du mouvement ouvrier n'organise les éléments les plus déterminés des masses dans la perspective de "jeter bas la bourgeoisie", ils ont tous capitulé ou sont tous idéologiquement corrompus. - LVOG)

(...)

Sur la base économique indiquée, les institutions politiques du capitalisme moderne - la presse, le Parlement, les syndicats, les congrès, etc. - ont créé à l'intention des ouvriers et des employés réformistes et patriotes, respectueux et bien sages, des privilèges et des aumônes politiques correspondant aux privilèges et aux aumônes économiques. Les sinécures lucratives et de tout repos dans un ministère ou au comité des industries de guerre, au Parlement et dans diverses commissions, dans les rédactions de « solides » journaux légaux ou dans les directions de syndicats ouvriers non moins solides et « d'obédience bourgeoise »,- voilà ce dont use la bourgeoisie impérialiste pour attirer et récompenser les représentants et les partisans des « partis ouvriers bourgeois ». (Notez bien les "représentants" et les "partisans des « partis ouvriers bourgeois »" ou ceux qui ne peuvent pas s'en passer ce qui revient au même. - LVOG)

Le mécanisme de la démocratie politique joue dans le même sens. Il n'est pas question, au siècle où nous sommes, de se passer d'élections; on ne saurait se passer des masses; or, à l'époque de l'imprimerie et du parlementarisme, on ne peut entraîner les masses derrière soi sans un système largement ramifié, méthodiquement organisé et solidement outillé de flatteries, de mensonges, d'escroqueries, de jongleries avec des mots populaires à la mode, sans promettre à droite et à gauche toutes sortes de réformes et de bienfaits aux ouvriers, pourvu qu'ils renoncent à la lutte révolutionnaire pour la subversion de la bourgeoisie. (Ici le "or" avait valeur d'objection, il signifiait que la participation aux élections ou au parlementarisme n'était pas une obligation, et que soutenir la gauche c'était plutôt se compromettre qu'autre chose. Lénine rejetait l'argument falacieux selon lequel il fallait absolument participer aux élections pour ne pas "se passer des masses" ou les appeler à voter pour tel ou tel parti ou candidat... A partir du moment où les trotskystes considéraient que l'avènement de la Ve République correspondait à un "coup d'Etat permanent", pour être cohérent avec ce constat à aucun moment ils n'auraient dû participer à une élection ou soutenir un parti ou un candidat y participant. - LVOG)

(...)

Et y a-t-il une grande différence entre Lloyd George et les Scheidemann, les Legien, les Henderson et les Hyndman, les Plékhanov, les Renaudel et consorts ? Parmi ces derniers, nous objectera-t-on, il en est qui reviendront au socialisme révolutionnaire de Marx. C'est possible, mais c'est là une différence de degré insignifiante si l'on considère la question sur le plan politique, c'est-à-dire à une échelle de masse. (Eh oui, c'est à l'échelle des masses que l'on évalue les rapports que l'on doit avoir avec les partis et les institutions ! Et c'est vers les masses qu'il faut se tourner résolument et non vers les élus du PS ou du PCF, les républicains, les démocrates, les intellectuels, les cadres syndicaux, l'aristocratie ouvrière, ne parlons des francs-maçons !. - LVOG) Certains personnages parmi les chefs social-chauvins actuels peuvent revenir au prolétariat. Mais le courant social-chauvin ou (ce qui est la même chose) opportuniste ne peut ni disparaître, ni « revenir » au prolétariat révolutionnaire. Là où le marxisme est populaire parmi les ouvriers, ce courant politique, ce « parti ouvrier bourgeois », invoquera avec véhémence le nom de Marx. On ne peut le leur interdire, comme on ne peut interdire à une firme commerciale de faire usage de n'importe quelle étiquette, de n'importe quelle enseigne ou publicité. On a toujours vu, au cours de l'histoire, qu'après la mort de chefs révolutionnaires populaires parmi les classes opprimées, les ennemis de ces chefs tentaient d'exploiter leur nom pour duper ces classes. (Ajoutons et leurs militants. - LVOG)

C'est un fait que les « partis ouvriers bourgeois », en tant que phénomène politique, se sont déjà constitués dans tous les pays capitalistes avancés, et que sans une lutte décisive et implacable, sur toute la ligne, contre ces partis ou, ce qui revient au même, contre ces groupes, ces tendances, etc., il ne saurait être question ni de lutte contre l'impérialisme, ni de marxisme, ni de mouvement ouvrier socialiste. (Avez-vous régulièrement un tel discours dans les journaux du POI, du NPA ou de LO ? Vous connaissez tous la réponse. - LVOG)

(...)

Nous n'avons pas la moindre raison de croire que ces partis puissent disparaître avant la révolution sociale. Au contraire, plus cette révolution se rapprochera, plus puissamment elle s'embrasera, plus brusques et plus vigoureux seront les tournants et les bonds de son développement, et plus grand sera, dans le mouvement ouvrier, le rôle joué par la poussée du flot révolutionnaire de masse contre le flot opportuniste petit bourgeois. Le kautskisme ne représente aucun courant indépendant; il n'a de racines ni dans les masses, ni dans la couche privilégiée passée à la bourgeoisie. (On pourrait en dire de même du POI, du NPA et de LO, alors que leurs courants politiques existent depuis plus d'un demi-siècle. - LVOG) Mais le kautskisme est dangereux en ce sens qu'utilisànt l'idéologie du passé, il s'efforce de concilier le prolétariat avec le « parti ouvrier bourgeois », de sauvegarder l'unité du prolétariat avec ce parti et d'accroître ainsi le prestige de ce dernier. (C'est exactement ce à quoi se sont efforcés avec acharnement les trotskystes depuis 1940. - LVOG) Les masses ne suivent plus les social-chauvins déclarés; Lloyd George a été sifflé en Angleterre dans des réunions ouvrières; Hyndman a quitté le parti; les Renaudel et les Scheidemann, les Potressov et les Gvozdev sont protégés par la police. Rien n'est plus dangereux que la défense déguisée des social-chauvins par les kautskistes. (Sous le masque du trotskysme par exemple. - LVOG)

L'un des sophismes kautskistes les plus répandus consiste à se référer aux « masses ». Nous ne voulons pas, prétendent-ils, nous détacher des masses et des organisations de masse ! (Décidément, encore une troublante similitude avec les trotskystes. - LVOG) Mais réfléchissez à la façon dont Engels pose la question. Les « organisations de masse » des trade-unions anglaises étaient au XIX° siècle du côté du parti ouvrier bourgeois. Marx et Engels ne recherchaient pas pour autant une conciliation avec ce dernier, mais le dénonçaient. Ils n'oubliaient pas, premièrement, que les organisations des trade-unions englobent directement une minorité du prolétariat. Dans l'Angleterre d'alors comme dans l'Allemagne d'aujourd'hui, les organisations ne rassemblent pas plus de 1/5 du prolétariat. On ne saurait penser sérieusement qu'il soit possible, en régime capitaliste, de faire entrer dans les organisations la majorité des prolétaires.

Deuxièmement, et c'est là l'essentiel, il ne s'agit pas tellement du nombre des adhérents à l'organisation (Les trotskystes justifieront justement leurs rapports avec le PS et le PCF et le front unique en avançant cet argument rejeté par Marx, Engels et Lénine. - LVOG) que de la signification réelle, objective, de sa politique : cette politique représente-t-elle les masses, sert-elle les masses, c'est-à-dire vise-t-elle à les affranchir du capitalisme, ou bien représente-t-elle les intérêts de la minorité, sa conciliation avec le capitalisme ? C'est précisément cette dernière conclusion qui était vraie pour l'Angleterre du XIX° siècle, et qui est vraie maintenant pour l'Allemagne, etc.

Engels distingue entre le « parti ouvrier bourgeois » des vieilles trade-unions, la minorité privilégiée, et la « masse inférieure », la majorité véritable; il en appelle à cette majorité qui n'est pas contaminée par la « respectabilité bourgeoise ». Là est le fond de la tactique marxiste ! (Tactique à laquelle la totalité des trotskystes tourneront résolument le dos. - LVOG)

(...)

En montrant que les opportunistes et les social-chauvins trahissent en fait lés intérêts de la masse, défendant les privilèges momentanés d'une minorité d'ouvriers (Nos détracteurs en font partie, ceci explique sans doute cela. - LVOG), propagent les idées et l'influence bourgeoises et sont en fait les alliés et les agents de la bourgeoisie, nous apprenons aux masses à discerner leurs véritables intérêts politiques et à lutter pour le socialisme et la révolution à travers les longues et douloureuses péripéties des guerres impérialistes et des armistices impérialistes. (En tous temps on peut lutter pour le socialisme et la révolution, allez dire cela aux opportunistes qui parlent en notre nom. Non, tout compte fait c'est inutile et ce serait une perte de temps, ils sont incurables. - LVOG)

Expliquer aux masses que la scission avec l'opportunisme est inévitable et nécessaire, les éduquer pour la révolution par une lutte implacable contre ce dernier, mettre à profit l'expérience de la guerre pour dévoiler toutes les ignominies de la politique ouvrière nationale libérale au lieu de les camoufler : telle est la seule ligne marxiste dans le mouvement ouvrier mondial.

(Un siècle nous séparant de cet article, depuis l'opportunisme a emprunté une multitude de masques, aux partis politiques issus des IIe, IIIe et IVe Internationale, il faut ajouter les ONG et les associations en tous genres à but dit humanitaire ou social qui sont censées soulager la misère des masses et qui en réalité ne font qu'en prolonger les souffrances ou perpétuer l'agonie. Terminons sur une note optimiste, en espérant que la crise qui traverse tous les partis ouvriers et les scissions auxquelles elle donnera lieu, permettront de refonder l'avant-garde révolutionnaire sur la base du marxisme et du socialisme, espérons que de nouvelles générations de militants sauront se délivrer du poison mortel de l'opportunisme et renoueront avec la tradition révolutionnaire du prolétariat du début du XXe siècle. - LVOG)

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Défense du marxisme

Socialisme contre opportunisme liquidateur.

L'impérialisme et la scission du socialisme. (1) (V. Lénine -1916)

L'impérialisme et la scission du socialisme - V. Lénine - Rédigé en octobre 1916 et publié en décembre 1916 dans le n° 2 du « Recueil du Social-Démocrate ».

Existe-t-il un lien entre l'impérialisme et la victoire ignoble, monstrueuse, que l'opportunisme (sous les espèces du social-chauvinisme) a remportée sur le mouvement ouvrier européen ?

Telle est la question fondamentale du socialisme contemporain. Et maintenant que nous avons parfaitement établi dans notre littérature du parti :

1. le caractère impérialiste de notre époque et de la guerre actuelle ;

2. l'indissoluble liaison historique entre le social-chauvinisme et l'opportunisme, ainsi que l'identité de leur contenu politique et idéologique, nous pouvons et nous devons passer à l'examen de cette question fondamentale.

Il nous faut commencer par donner la définition la plus précise et la plus complète possible de l'impérialisme. L'impérialisme est un stade historique particulier du capitalisme. Cette particularité est de trois ordres : l’impérialisme est

(1) le capitalisme monopoliste ;

(2) le capitalisme parasitaire ou pourrissant ;

(3) le capitalisme agonisant.

La substitution du monopole à la libre concurrence est le trait économique capital, l'essence de l'impérialisme. Le monopolisme se manifeste sous cinq formes principales :

1. les cartels, les syndicats patronaux, et les trusts ; la concentration de la production a atteint un degré tel qu'elle a engendré ces groupements monopolistes de capitalistes ;

2. la situation de monopole des grosses banques : trois a cinq banques gigantesques régentent toute la vie économique de l'Amérique, de la France, de l'Allemagne ;

3. l'accaparement des sources de matières premières par les trusts et l'oligarchie financière (le capital financier est le capital industriel monopolisé, fusionné avec le capital bancaire) ;

4. le partage (économique) du monde par les cartels internationaux a commencé. Ces cartels internationaux, détenteurs du marché mondial tout entier qu'ils se partagent « à l'amiable » — tant que la guerre ne l'a pas repartagé — on en compte déjà plus de cent ! L'exportation des capitaux, phénomène particulièrement caractéristique, à la différence de l'exportation des marchandises à l'époque du capitalisme non monopoliste, est en relation étroite avec le partage économique et politico-territorial du monde ;

5. le partage territorial du monde (colonies) est terminé.

L'impérialisme, stade suprême du capitalisme d'Amérique et d'Europe, et ensuite d'Asie, a fini de se constituer vers 1898-1914.

Les guerres hispano-américaine (1898), anglo-boer (1899-1902), russo-japonaise (1904-1905) et la crise économique de 1900 en Europe, tels sont les principaux jalons historiques de la nouvelle époque de l'histoire mondiale.

Que l'impérialisme soit un capitalisme parasitaire ou pourrissant, c'est ce qui apparaît avant tout dans la tendance à la putréfaction qui distingue tout monopole sous le régime de la propriété privée des moyens de production. La différence entre la bourgeoisie impérialiste démocratique républicaine, d'une part, et réactionnaire monarchiste, d'autre part, s'efface précisément du fait que l'une et l'autre pourrissent sur pied (ce qui n'exclut pas du tout le développement étonnamment rapide du capitalisme dans différentes branches d'industrie, dans différents pays, en différentes périodes). En second lieu, la putréfaction du capitalisme se manifeste par la formation d'une vaste couche de rentiers, de capitalistes vivant de la « tonte des coupons ». Dans quatre pays impérialistes avancés : l'Angleterre, l'Amérique du Nord, la France et l'Allemagne, le capital en titres est de 100 à 150 milliards de francs, ce qui représente un revenu annuel d'au moins 5 à 8 milliards par pays. En troisième lieu, l'exportation des capitaux est du parasitisme au carré. En quatrième lieu, « le capital financier vise à l'hégémonie, et non à la liberté ». La réaction politique sur toute la ligne est le propre de l'impérialisme. Vénalité, corruption dans des proportions gigantesques, panamas de tous genres. En cinquième lieu, l'exploitation des nations opprimées, indissolublement liée aux annexions, et surtout l'exploitation des colonies par une poignée de « grandes » puissances, transforme de plus en plus le monde « civilisé » en un parasite sur le corps des peuples non civilisés, qui comptent des centaines de millions d'hommes. Le prolétaire de Rome vivait aux dépens de la société. La société actuelle vit aux dépens du prolétaire contemporain. Marx a particulièrement souligné cette profonde remarque de Sismondi.

L'impérialisme change un peu les choses. Une couche privilégiée du prolétariat des puissances impérialistes vit en partie aux dépens des centaines de millions d'hommes des peuples non civilisés.

(...)

Notons que dans sa « conception » de l'impérialisme, qui revient à farder ce dernier, Kautsky marque un recul non seulement par rapport au Capital financier de Hilferding (quel que soit le zèle que mette aujourd'hui Hilferding lui-même à défendre Kautsky et l' « unité » avec les social-chauvins !), mais aussi par rapport au social-libéral J. A. Hobson. Cet économiste anglais, qui n'a pas la moindre prétention au titre de marxiste, définit avec beaucoup plus de profondeur l'impérialisme et en dévoile les contradictions dans son ouvrage de 19023. Voici ce que disait cet auteur (chez qui l'on retrouve presque toutes les platitudes pacifistes et « conciliatrices » de Kautsky) sur la question particulièrement importante du caractère parasitaire de l'impérialisme :

Des circonstances de deux ordres affaiblissaient, selon Hobson, la puissance des anciens Empires :

1. le « parasitisme économique » et

2. le recrutement d'une armée parmi les peuples dépendants.

« La première circonstance est la coutume du parasitisme économique, en vertu de laquelle l'Etat dominant utilise ses provinces, ses colonies et les pays dépendants pour enrichir sa classe gouvernante et corrompre ses classes inférieures, afin qu'elles se tiennent tranquilles. » En ce qui concerne la seconde circonstance, Hobson écrit :

« L'un des symptômes les plus singuliers de la cécité de l'impérialisme »

(dans la bouche du social-libéral Hobson, ce refrain sur la « cécité » des impérialistes est moins déplacé que chez le « marxiste » Kautsky),

« c'est l'insouciance avec laquelle la Grande-Bretagne, la France et les autres nations impérialistes s'engagent dans cette voie. La Grande-Bretagne est allée plus loin que toutes les autres. La plupart des batailles par lesquelles nous avons conquis notre Empire des Indes ont été livrées par nos troupes indigènes : dans l'Inde, comme plus récemment aussi en Egypte, de grandes armées permanentes sont placées sous le commandement des Britanniques ; presque toutes nos guerres de conquête en Afrique, sa partie Sud exceptée, ont été faites pour notre compte par les indigènes.»

La perspective du partage de la Chine provoque chez Hobson l'appréciation économique que voici :

« Une grande partie de l'Europe occidentale pourrait alors prendre l'apparence et le caractère qu'ont maintenant certaines parties des pays qui la composent — le Sud de l'Angleterre, la Riviera, les régions d'Italie et de Suisse les plus fréquentées des touristes et peuplées de gens riches — à savoir : de petits groupes de riches aristocrates recevant des dividendes et des pensions du lointain Orient, avec un groupe un peu plus nombreux d'employés professionnels et de commerçants et un nombre plus important de domestiques et d'ouvriers occupés dans les transports et dans l'industrie travaillant à la finition des produits manufacturés. Quant aux principales branches d'industrie, elles disparaîtraient, et la grande masse des produits alimentaires et semi-ouvrés affluerait d'Asie et d'Afrique comme un tribut.»

« Telles sont les possibilités que nous offre une plus large alliance des Etats d'Occident, une fédération européenne des grandes puissances : loin de faire avancer la civilisation universelle, elle pourrait signifier un immense danger de parasitisme occidental aboutissant à constituer un groupe à part de nations industrielles avancées, dont les classes supérieures recevraient un énorme tribut de l'Asie et de l'Afrique et entretiendraient, à l'aide de ce tribut, de grandes masses domestiquées d'employés et de serviteurs, non plus occupés à produire en grandes quantités des produits agricoles et industriels, mais rendant des services privés ou accomplissant, sous le contrôle de la nouvelle aristocratie financière, des travaux industriels de second ordre. Que ceux qui sont prêts à tourner le dos à cette théorie »

(il aurait fallu dire : à cette perspective)

« comme ne méritant pas d'être examinée, méditent sur les conditions économiques et sociales des régions de l'Angleterre méridionale actuelle, qui en sont déjà arrivées à cette situation. Qu'ils réfléchissent à l'extension considérable que pourrait prendre ce système si la Chine était soumise au contrôle économique de semblables groupes de financiers, de « placeurs de capitaux » (les rentiers), de leurs fonctionnaires politiques et de leurs employés de commerce et d'industrie, qui drainent les profits du plus grand réservoir potentiel que le monde ait jamais connu afin de les consommer en Europe. Certes, la situation est trop complexe et le jeu des forces mondiales trop difficile à escompter pour qu'une prévision — celle-ci ou toute autre — de l'avenir dans une seule direction puisse être considérée comme la plus probable. Mais les influences qui régissent à l'heure actuelle l'impérialisme de l'Europe occidentale s'orientent dans cette direction, et si elles ne rencontrent pas de résistance, si elles ne sont pas détournées d'un autre côté, c'est dans ce sens qu'elles orienteront l'achèvement de ce processus. »

Le social-libéral Hobson ne voit pas que cette « résistance » ne peut être opposée que par le prolétariat révolutionnaire, et seulement sous la forme d'une révolution sociale. Il n'est pas social-libéral pour rien ! Mais il a fort bien abordé, dès 1902, la question du rôle et de la portée des « Etats-Unis d'Europe » (avis au kautskiste Trotski !), comme aussi de tout ce que cherchent à voiler les kautskistes hypocrites des différents pays, à savoir le fait que les opportunistes (les social-chauvins) font cause commune avec la bourgeoisie impérialiste justement dans le sens de la création d'une Europe impérialiste sur le dos de l'Asie et de l'Afrique ; le fait que les opportunistes apparaissent objectivement comme une partie de la petite bourgeoisie et de certaines couches de la classe ouvrière, soudoyée avec les fonds du surprofit des impérialistes et convertie en chiens de garde du capitalisme, en corrupteurs du mouvement ouvrier.

Nous avons maintes fois signalé, non seulement dans des articles, mais aussi dans des résolutions de notre Parti, cette liaison économique extrêmement profonde de la bourgeoisie impérialiste, très précisément, avec l'opportunisme qui a triomphé aujourd'hui (est-ce pour longtemps ?) du mouvement ouvrier.

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Défense du marxisme

Les guerres nationales bourgeoises renferme des leçons extraordinairement instructives.

Extraits de Défense du marxisme. (Léon Trotsky - Coyoacan - Le 24 janvier 1940)

- Rappelons une fois de plus l'alphabet. Dans la sociologie marxiste le point de départ initial de l'analyse est la définition de classe d'un phénomène donné: Etat, parti, tendance philosophique, école littéraire... etc. Dans la plupart des cas cependant la pure et simple définition de classes est insuffisante car une classe est composée de différentes couches, elle passe par différents stades de développement, elle est soumise à l'influence d'autres classes. Il est nécessaire pour une analyse complète de tenir compte de ces facteurs de deuxième ou de troisième ordre soit en partie soit en totalité, en fonction du but recherché. Mais pour un marxiste l'analyse est impossible sans une caractérisation de classe du phénomène considéré.

- Le petit-bourgeois tend inévitablement à détacher les événements politiques de leur fondement social car toute approche de classe à l'égard des faits est organiquement étrangère à la position et à l'éducation du petit-bourgeois.

- L'exemple des guerres nationales bourgeoises renferme, effectivement, des leçons extraordinairement instructives, mais Shachtman est passé à côté sans y réfléchir. Marx et Engels aspiraient à une Allemagne républicaine unifiée. Pendant la guerre de 1870-71 ils se rangèrent du côté des Allemands, bien que les parasites dynastiques exploitassent et déformassent ce combat. Shachtman insiste sur le fait que Marx et Engels se tournèrent sans délai contre la Prusse dès qu'elle annexa l'Alsace et la Lorraine. Mais ce changement d'attitude ne fait qu'illustrer notre pensée avec encore plus de clarté. Il est impossible d'oublier une seule minute qu'il s'agissait d'une guerre entre deux Etats bourgeois. Ainsi le dénominateur de classe était commun aux deux camps. On ne pouvait donc décider de quel côté se trouvait le "moindre mal" -dans la mesure où l'histoire laissait le choix- qu'en fonction de facteurs complémentaires. Du côté des Allemands il s'agissait de créer un Etat bourgeois national, comme arène de l'économie et de la culture. L'Etat national constituait alors un facteur historique progressiste. Dans cette mesure Marx et Engels se tenaient du côté des Allemands, malgré le Hohenzollern et ses junkers. L'annexion de l'Alsace et de la Lorraine brisait le principe de l'Etat national, tant vis-à-vis de la France que vis-à-vis de l'Allemagne et préparait la guerre de revanche. Il est naturel que Marx et Engels se soient alors brutalement retournés contre la Prusse. Ils ne risquaient pas en cela de rendre service à un système économique inférieur face à un système supérieur, les rapports bourgeois, je le rappelle, dominant dans les deux camps. Si la France, en 1870, avait été un Etat ouvrier, Marx et Engels se seraient trouvés de son côté dès le début du conflit puisque -on éprouve quelque malaise à le rappeler- le critère de classe dirigeait toute leur activité.

(...) Il est superflu d'ajouter que le rôle du Hohenzollern dans la guerre de 1870-71 ne justifiait nullement le rôle historique général de la dynastie, ni son existence même. Fin de l'extrait.

En 2011, 140 ans plus tard il ne restera plus rien de ces "leçons extraordinairement instructives" au sein du mouvement ouvrier français (notamment).

Que Kadhafi ait incarné l'unité et la souveraineté de la Lybie, le pays le plus développé du continent africain, qu'Assad ait incarné une république laïque et un des pays les plus développés du Proche-Orient, face à des régimes monarchiques, féodaux, archaïques, de terribles dictatures pratiquant la charia, alors que ces deux Etats indépendants et souverains résisteront à l'impérialisme américain prêt à les détruire, à les disloquer si nécessaire en recourant à une horde de barbares sanguinaires pour parvenir à ses fins, les dirigeants du mouvement ouvrier de tous les partis sans exception reproduiront le discours des représentants de la réaction en présentant leurs chefs d'Etat comme de terribles dictateurs à la tête de régimes tyranniques.

Les dirigeants de tous les partis sans exception du mouvement ouvrier ne tiendront pas compte non plus que Kadhafi et Assad bénéficiaient du soutien de l'immense majorité de leurs peuples. A aucun moment ils ne produiront une analyse sur la situation en Libye et en Syrie sur la base des rapports existant entre les classes dans ces pays en les reliant au développement du capitalisme mondial.

Pire, à l'instar des représentants des puissances occidentales et des médias ils pratiqueront l'autocensure en refusant d'utiliser les arguments ou les faits en leur possession qui leur auraient permis de démonter la propagande de guerre de Washington, Bruxelles et de l'OTAN.

Un grand nombre de commentateurs bourgeois se sont demandés pourquoi contrairement à autrefois quand des pays dominés étaient agressés par des pays dominants le mouvement ouvrier international se mobilisait au côté des pays dominés agressés par des impérialistes, ou lorsque que des pays luttaient pour conquérir leur indépendance ou leur souveraineté, de nos jours il les abandonnait à leur triste sort, sans pouvoir répondre à cette question, puisqu'il leur aurait fallu mettre en lumière que le mouvement ouvrier international était totalement corrompu à quelques exceptions près marginales, et qu'il était complice des impérialistes intervenant militairement en Libye et en Syrie.

En résumé, les dirigeants de tous les tous les partis sans exception du mouvement ouvrier se livreront au double langage habituel, consistant à dénoncer une agression impérialiste tout en reprenant à leur compte les arguments des représentants de l'impérialisme qui la justifiaient ainsi, de sorte que l'ensemble de ces arguments se neutralisaient réciproquement et laissait le champs libre au camp du plus puissant, au camp de la guerre, ce qui explique pourquoi ils se mirent dans une situation qui ne leur permettait pas de mobiliser les masses au côté des peuples libyen et syriens contre ces guerres néocolonialistes, pour peu qu'ils en aient eu l'intention un jour, ce dont on est en droit de douter fortement au regard de cette expérience.

Cette méthode du double langage et jeu était fort pratique ou présentait l'avantage de laisser à chaque militant ou travailleur l'opportunité d'interpréter la situation en fonction de ses intérêts individuels et non en se situant sur le terrain de la lutte des classes, ce qu'ils ignoreront évidemment. Comment, en s'appuyant sur l'un de ces arguments contradictoires de manière à diviser le mouvement ouvrier, à le paralyser, mieux, de sorte qu'aucune tendance ne s'en dégage, ce qui offrirait pas la suite l'opportunité à ses dirigeants de manoeuvrer ou d'instrumentaliser les conclusions de ces guerres à leur profit sans scrupule et pratiquement sans risque, puisque militants et travailleurs n'y ayant rien compris continueront de se faire manipuler. Il suffira d'invoquer la situation en France ou de reporter sur les travailleurs leur propre impuissance ou trahison et le tour sera joué.

Les dirigeants de tous les partis sans exception du mouvement ouvrier ont ainsi trahi le principe de l'internationalisme prolétarien, du droit des peuples à l'autodétermination, et démontré si nécessaire qu'ils avaient bien rompu avec le marxisme et le socialisme dont ils continuent de se réclamer.

Défense du marxisme

Tendance historique de l’accumulation capitaliste.

Extrait du Capital. (K. Marx - F. Engels 1867)

Chapitre XXXII : Tendance historique de l’accumulation capitaliste

Ainsi donc ce qui gît au fond de l'accumulation primitive du capital, au fond de sa genèse historique, c'est l'expropriation du producteur immédiat, c'est la dissolution de la propriété fondée sur le travail personnel de son possesseur.

La propriété privée, comme antithèse de la propriété collective, n’existe que là où les instruments et les autres conditions extérieures du travail appartiennent à des particuliers. Mais selon que ceux-ci sont les travailleurs ou les non-travailleurs, la propriété privée change de face. Les formes infiniment nuancées qu'elle affecte à première vue ne font que réfléchir les états intermédiaires entre ces deux extrêmes.

La propriété privée du travailleur sur les moyens de son activité productive est le corollaire de la petite industrie, agricole ou manufacturière, et celle-ci constitue la pépinière de la production sociale, l'école où s'élaborent l'habileté manuelle, l'adresse ingénieuse et la libre individualité du travailleur. Certes, ce mode de production se rencontre au milieu de l'esclavage, du servage et d'autres états de dépendance. Mais il ne prospère, il ne déploie toute son énergie, il ne revêt sa forme intégrale et classique que là où le travailleur est le propriétaire libre des conditions de travail qu'il met lui-même en oeuvre, le paysan, du sol qu'il cultive, l'artisan, de l'outillage qu'il manie, comme le virtuose, de son instrument.

Ce régime industriel de petits producteurs indépendants, travaillant à leur compte, présuppose le morcellement du sol et l'éparpillement des autres moyens de production. Comme il en exclut la concentration, il exclut aussi la coopération sur une grande échelle, la subdivision de la besogne dans l'atelier et aux champs, le machinisme, la domination savante de l'homme sur la nature, le libre développement des puissances sociales du travail, le concert et l'unité dans les fins, les moyens et les efforts de l'activité collective. Il n'est compatible qu'avec un état de la production et de la société étroitement borné. L'éterniser, ce serait, comme le dit pertinemment Pecqueur, « décréter la médiocrité en tout ». Mais, arrivé à un certain degré, il engendre de lui-même les agents matériels de sa dissolution. A partir de ce moment, des forces et des passions qu'il comprime, commencent à s'agiter au sein de la société. Il doit être, il est anéanti. Son mouvement d'élimination transformant les moyens de production individuels et épars en moyens de production socialement concentrés, faisant de la propriété naine du grand nombre la propriété colossale de quelquesuns, cette douloureuse, cette épouvantable expropriation du peuple travailleur, voilà les origines, voilà la genèse du capital. Elle embrasse toute une série de procédés violents, dont nous n'avons passé en revue que les plus marquants sous le titre de méthodes d'accumulation primitive.

L'expropriation des producteurs immédiats s'exécute avec un vandalisme impitoyable qu'aiguillonnent les mobiles les plus infâmes, les passions les plus sordides et les plus haïssables dans leur petitesse. La propriété privée, fondée sur le travail personnel, cette propriété qui soude pour ainsi dire le travailleur isolé et autonome aux conditions extérieures du travail, va être supplantée par la propriété privée capitaliste, fondée sur l'exploitation du travail d'autrui, sur le salariat (81).

Dès que ce procès de transformation a décomposé suffisamment et de fond en comble la vieille société, que les producteurs sont changés en prolétaires, et leurs conditions de travail, en capital, qu'enfin le régime capitaliste se soutient par la seule force économique des choses, alors la socialisation ultérieure du travail, ainsi que la métamorphose progressive du sol et des autres moyens de production en instruments socialement exploités, communs, en un mot, l'élimination ultérieure des propriétés privées, va revêtir une nouvelle forme. Ce qui est maintenant à exproprier, ce n'est plus le travailleur indépendant, mais le capitaliste, le chef d'une armée ou d'une escouade de salariés.

Cette expropriation s'accomplit par le jeu des lois immanentes de la production capitaliste, lesquelles aboutissent à la concentration des capitaux. Corrélativement à cette centralisation, à l'expropriation du grand nombre des capitalistes par le petit, se développent sur une échelle toujours croissante l'application de la science à la technique, l'exploitation de la terre avec méthode et ensemble, la transformation de l'outil en instruments puissants seulement par l'usage commun, partant l'économie des moyens de production, l'entrelacement de tous les peuples dans le réseau du marché universel, d'où le caractère international imprimé au régime capitaliste. A mesure que diminue le nombre des potentats du capital qui usurpent et monopolisent tous les avantages de cette période d'évolution sociale, s'accroissent la misère, l'oppression, l'esclavage, la dégradation, l'exploitation, mais aussi la résistance de la classe ouvrière sans cesse grossissante et de plus en plus disciplinée, unie et organisée par le mécanisme même de la production capitaliste. Le monopole du capital devient une entrave pour le mode de production qui a grandi et prospéré avec lui et sous ses auspices. La socialisation du travail et la centralisation de ses ressorts matériels arrivent à un point où elles ne peuvent plus tenir dans leur enveloppe capitaliste. Cette enveloppe se brise en éclats. L'heure de la propriété capitaliste a sonné. Les expropriateurs sont à leur tour expropriés (82).

L'appropriation capitaliste, conforme au mode de production capitaliste, constitue la première négation de cette propriété privée qui n'est que le corollaire du travail indépendant et individuel. Mais la production capitaliste engendre elle-même sa propre négation avec la fatalité qui préside aux métamorphoses de la nature. C'est la négation de la négation. Elle rétablit non la propriété privée du travailleur, mais sa propriété individuelle, fondée sur les acquêts de, l'ère capitaliste, sur la coopération et la possession commune de tous les moyens de production, y compris le sol.

Pour transformer la propriété privée et morcelée, objet du travail individuel, en propriété capitaliste, il a naturellement fallu plus de temps, d'efforts et de peines que n'en exigera la métamorphose en propriété sociale de la propriété capitaliste, qui de fait repose déjà sur un mode de production collectif. Là, il s'agissait de l'expropriation de la masse par quelques usurpateurs; ici, il s'agit de l'expropriation de quelques, usurpateurs par la masse. (K . Marx : Le Capital - Livre I – Section VIII)

(81) « Nous sommes... dans une condition tout à fait nouvelle de la société... nous tendons à séparer complètement toute espèce de propriété d'avec toute espèce de travail. » (Sismondi : Nouveaux principes de l’Econ. polit., t. Il, p. 434.)

(82) « Le progrès de l'industrie, dont la bourgeoisie est l'agent sans volonté propre et sans résistance, substitue à l'isolement des ouvriers, résultant de leur concurrence, leur union révolutionnaire par l'association. Ainsi, le développement de la grande industrie sape, sous les pieds de la bourgeoisie, le terrain même sur lequel elle a établi son système de production et d'appropriation. Avant tout, la bourgeoisie produit ses propres fossoyeurs. Sa chute et la victoire du prolétariat sont également inévitables. De toutes les classes qui, à l'heure présente, s'opposent à la bourgeoisie, le prolétariat seul est une classe vraiment révolutionnaire. Les autres classes périclitent et périssent avec la grande industrie; le prolétariat, au contraire, en est le produit le plus authentique. Les classes moyennes, petits fabricants, détaillants, artisans, paysans, tous combattent la bourgeoisie parce qu'elle est une menace pour leur existence en tant que classes moyennes. Elles ne sont donc pas révolutionnaires, mais conservatrices; bien plus elles sont réactionnaires. elles cherchent à faire tourner à l'envers la roue de l'histoire. » (Karl Marx et Friedrich Engels : Manifeste du Parti communiste, Lond., 1847 p. 9, 11.)

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Défense du marxisme

Leur morale de classe et la nôtre.

Friedrich Engels (1878) : Anti-Duhring

Chapitre IX :: La morale et le droit.. Vérités éternelles. Extrait.

... le bien et le mal. Cette opposition se meut exclusivement sur le terrain moral, donc dans un domaine qui appartient à l'histoire des hommes, et c'est ici que les vérités définitives en dernière analyse sont le plus clairsemées. De peuple à peuple, de période à période, les idées de bien et de mal ont tant changé que souvent elles se sont carrément contredites. - Mais, objectera-t-on, le bien n'est pourtant pas le mal, le mal pas le bien; si le bien et le mal sont mis dans le même sac, c'est la fin de toute moralité et chacun peut agir à sa guise. - Telle est aussi, dépouillée de toute solennité sibylline, l'opinion de M. Dühring. Mais la chose ne se règle tout de même pas si simplement. Si c'était aussi simple, on ne disputerait pas du bien et du mal, chacun saurait ce qui est bien et ce qui est mal. Mais qu'en est-il à présent ? Quelle morale nous prêche-t-on aujourd'hui ? C'est d'abord la morale féodale chrétienne, héritage de la foi des siècles passés, qui se divise essentiellement à son tour en une morale catholique et une morale protestante, ce qui n'empêche pas derechef des subdivisions allant de la morale catholico-jésuite et de la morale protestante orthodoxe jusqu'à la morale latitudinaire. A côté de cela figure la morale bourgeoise moderne, puis derechef à côté de celle-ci la morale de l'avenir, celle du prolétariat, de sorte que rien que dans les pays les plus avancés d'Europe, le passé, le présent et l'avenir fournissent trois grands groupes de théories morales qui sont valables simultanément et à côté l'une de l'autre. Quelle est donc la vraie ? Aucune, au sens d'un absolu définitif; mais la morale qui possède le plus d'éléments prometteurs de durée est sûrement celle qui, dans le présent, représente le bouleversement du présent, l'avenir, c'est donc la morale prolétarienne.

Dès lors que nous voyons les trois classes de la société moderne, l'aristocratie féodale, la bourgeoisie et le prolétariat, avoir chacune sa morale particulière, nous ne pouvons qu'en tirer la conclusion que, consciemment ou inconsciemment, les hommes puisent en dernière analyse leurs conceptions morales dans les rapports pratiques sur lesquels se fonde leur situation de classe, - dans les rapports économiques dans lesquels ils produisent et échangent.

Cependant, dans les trois théories morales citées ci-dessus, il y a maintes choses communes à toutes les trois : ne serait-ce pas là un fragment de la morale fixée une fois pour toutes ? Ces théories morales représentent trois stades différents de la même évolution historique, elles ont donc un arrière-plan historique commun et par suite, nécessairement, beaucoup d'éléments communs . Plus encore. A des stades de développement économique semblables, ou à peu près semblables, les théories morales doivent nécessairement concorder plus ou moins. Dès l'instant où la propriété privée des objets mobiliers s'était développée, il fallait bien que toutes les sociétés où cette propriété privée prévalait eussent en commun le commandement moral : tu ne voleras point. Est-ce que par là ce commandement devient un commandement moral éternel ? Nullement. Dans une société où les motifs de vol sont éliminés, où par conséquent, à la longue, les vols ne peuvent être commis que par des aliénés, comme on rirait du prédicateur de morale qui voudrait proclamer solennellement la vérité éternelle : Tu ne voleras point !

C'est pourquoi nous repoussons toute prétention de nous imposer quelque dogmatisme moral que ce soit comme loi éthique éternelle, définitive, désormais immuable, sous le prétexte que le monde moral a lui aussi ses principes permanents qui sont au-dessus de l'histoire et des différences nationales. Nous affirmons, au contraire, que toute théorie morale du passé est, en dernière analyse, le produit de la situation économique de la société de son temps. Et de même que la société a évolué jusqu'ici dans des oppositions de classes, la morale a été constamment une morale de classe; ou bien elle justifiait la domination et les intérêts de la classe dominante, ou bien elle représentait, dès que la classe opprimée devenait assez puissante, la révolte contre cette domination et les intérêts d'avenir des opprimés. Qu'avec cela, il se soit en gros effectué un progrès, pour la morale comme pour toutes les autres branches de la connaissance humaine, on n'en doute pas. Mais nous n'avons pas encore dépassé la morale de classe. Une morale réellement humaine, placée au-dessus des oppositions de classe et de leur souvenir, ne devient possible qu'à un niveau de la société où on a non seulement vaincu, mais oublié pour la pratique de la vie, l'opposition des classes. Que l'on mesure maintenant la présomption de M. Dühring qui, du sein de la vieille société de classes, prétend, à la veille d'une révolution sociale, imposer à la société sans classes de l'avenir une morale éternelle, indépendante du temps et des transformations du réel ! A supposer même, - ce que nous ignorons jusqu'à présent, - qu'il comprenne tout au moins dans ses lignes fondamentales la structure de cette société future.

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Défense du marxisme

Syndicalisme et communisme. (L. Trotsky - Oeuvres 1929)

La question syndicale est une des plus importantes pour le mouvement ouvrier, et donc pour l'Opposition aussi. Sans position claire sur cette question, l'Opposition sera incapable de gagner une influence véritable dans la classe ouvrière. C'est pourquoi je crois nécessaire de soumettre ici à la discussion quelques considérations sur la question syndicale.

1- Le Parti communiste est l'arme fondamentale de l'action révolutionnaire du prolétariat, l'organisation de combat de son avant-garde qui doit s’élever au rôle de guide de la classe ouvrière dans toutes les sphères de sa lutte, sans exception, par conséquent mouvement syndical inclus.

2- Ceux qui, par principe, opposent l’autonomie syndicale au leadership du parti communiste, opposent ainsi — qu’ils le veuillent ou non — la partie la plus rétrograde du prolétariat à l'avant-garde de la classe ouvrière, la lutte pour des revendications immédiates à la lutte pour la libération totale des travailleurs, le réformisme au communisme, l’opportunisme au marxisme révolutionnaire.

3- Le syndicalisme français d'avant-guerre, à ses débuts et pendant sa croissance, en combattant pour l'autonomie syndicale, combattit réellement pour son indépendance vis-à-vis du gouvernement bourgeois et de ses partis, parmi lesquels celui du socialisme réformiste et parlementaire. C'était une lutte contre l'opportunisme, par une voie révolutionnaire.
Le syndicalisme révolutionnaire n’a pas à cet égard fétichisé l'autonomie des organisations de masse. Bien au contraire, il a compris et a affirmé le rôle dirigeant de la minorité révolutionnaire dans les organisations de masse, organisations qui reflètent la classe ouvrière avec toutes ses contradictions, ses retards et ses faiblesses.

4- La théorie de la minorité active était essentiellement une théorie inachevée du parti prolétarien. Dans sa pratique, le syndicalisme révolutionnaire était l’embryon d'un parti révolutionnaire contre l'opportunisme, c'était une remarquable esquisse du communisme révolutionnaire.

5- La faiblesse de l'anarcho-syndicalisme, même dans sa période classique, était l'absence d'une base théorique correcte, et donc une mauvaise compréhension de la nature de l'Etat et de son rôle dans la lutte de classe ; une conception inachevée, incomplète et par conséquent erronée du rôle de la minorité révolutionnaire, c’est-à-dire du parti. De là les erreurs de tactique, comme le fétichisme de la grève générale, ignorant le lien entre le soulèvement et la prise du pouvoir, etc.

6- Après la guerre, le syndicalisme français a trouvé à la fois sa réfutation, son développement et son achèvement dans le communisme. Les tentatives pour rétablir le syndicalisme révolutionnaire tournent maintenant le dos à l'histoire. Pour le mouvement ouvrier, de telles tentatives ne peuvent avoir qu’une signification réactionnaire.

7- Les épigones du syndicalisme transforment (en paroles) l'indépendance de l'organisation syndicale vis-à-vis de la bourgeoisie et des socialistes réformistes en indépendance en général, en indépendance absolue vis-à-vis de tous les partis, parti communiste inclus.
Si, dans sa période d’expansion, le syndicalisme se considérait comme une avant-garde et combattait pour le rôle dirigeant de la minorité d’avant-garde au sein des masses, les épigones du syndicalisme luttent maintenant contre les mêmes souhaits de l’avant-garde communiste, essayant, quoique sans succès, de se baser sur le manque de développement et les préjugés des parties les plus rétrogrades de la classe ouvrière.

8- L'indépendance face à l’influence de la bourgeoisie ne peut pas être un état passif. Elle ne peut que s'exprimer par des actes politiques, c’est-à-dire par la lutte contre la bourgeoisie. Cette lutte doit être inspirée par un programme spécifique qui exige organisation et tactique pour son application. C'est l'union du programme, de l'organisation et de la tactique qui constitue le parti. C’est pourquoi la véritable indépendance du prolétariat vis-à-vis du gouvernement bourgeois ne peut être réalisée sans que le prolétariat mène sa lutte sous la conduite d'un parti révolutionnaire et non d’un parti opportuniste.

9- Les épigones du syndicalisme voudraient nous faire croire que les syndicats se suffisent à eux-mêmes. Théoriquement, ça ne veut rien dire, mais en pratique ça signifie la dissolution de l’avant-garde révolutionnaire dans les masses, dans les syndicats.
Plus la masse encadrée par les syndicats est grande, mieux ils peuvent accomplir leur mission. Un parti prolétarien, au contraire, ne mérite son nom que s’il est idéologiquement homogène, dans les limites de l'unité d’action et de l’organisation. Présenter les syndicats comme autosuffisants sous prétexte que le prolétariat aurait déjà atteint sa “majorité”, c’est flatter le prolétariat en le décrivant comme il ne peut pas être en régime capitaliste, qui maintient les masses ouvrières dans l'ignorance, laissant seulement à l’avant-garde prolétarienne la possibilité de traverser toutes les difficultés et d'arriver à une compréhension claire des tâches de sa classe dans leur ensemble. <10>La véritable autonomie, pratique et non métaphysique, de l'organisation syndicale n’est ni perturbée ni diminuée par la lutte d’influence du parti communiste. Chaque syndiqué a le droit de voter comme il le juge utile et d’élire celui qui lui semble le plus digne. Les communistes possèdent ce droit comme les autres.
La conquête de la majorité par les communistes dans les organes directeurs se fait dans le respect des principes de l'autonomie, à savoir la libre autogestion des syndicats. D'autre part, aucun statut de syndicat ne peut empêcher ou interdire le parti d'élire le secrétaire général de la Confédération du travail à son comité central, puisque ici nous sommes entièrement dans le registre de l'autonomie du parti.

11-Dans les syndicats, les communistes sont naturellement soumis à la discipline du parti, quelques soient les postes qu’ils occupent. Ceci n'exclut pas mais présuppose leur soumission à la discipline du syndicat. En d'autres termes, le parti ne leur impose aucune ligne de conduite qui contredirait l'état d'esprit ou les avis de la majorité des membres des syndicats. Dans des cas tout à fait exceptionnels, quand le parti considère impossible la soumission de ses membres à une décision réactionnaire du syndicat, il montre ouvertement à ses membres les conséquences qui en découlent, comme des retraits de responsabilités syndicales, des expulsions, et ainsi de suite.
Avec des formules juridiques sur ces questions — et l'autonomie est une formule purement juridique — on n’arrive à rien. La question doit être posée dans son contenu, c’est-à-dire sur le plan de la politique syndicale. Une politique correcte doit être opposée à une politique erronée.

12- Les caractéristiques du leadership du parti, ses formes et ses méthodes, peuvent différer profondément selon les conditions générales d'un pays donné ou selon sa période de développement.
Dans les pays capitalistes, où le Parti communiste ne possède aucun moyen coercitif, il est évident qu'il ne peut avoir le leadership qu’avec des communistes syndiqués, que ce soit à la base ou aux postes bureaucratiques. Le nombre de communistes aux principaux postes de direction des syndicats n’est qu’un des moyens de mesurer le rôle du parti dans les syndicats. La mesure la plus importante est le pourcentage de communistes syndiqués par rapport à l’ensemble de la masse syndiquée. Mais le critère principal est l'influence générale du parti sur la classe ouvrière, elle-même mesurable par la diffusion de la presse communiste, l’assistance lors des meetings du parti, le nombre de voix aux élections et, ce qui est tout particulièrement important, le nombre d'ouvriers et d’ouvrières qui répondent activement aux appels à la lutte du parti.

13- Il est clair que l'influence du Parti communiste de manière générale, y compris dans les syndicats, se développera au fur et à mesure que la situation deviendra plus révolutionnaire.

Ces conditions permettent une appréciation du degré et de la forme de la véritable autonomie des syndicats, l’autonomie réelle et non métaphysique. En période de “paix”, quand les formes les plus militantes d'action syndicale sont des grèves économiques isolées, le rôle direct du parti dans les syndicats reste au second plan. En règle générale, le parti n’intervient pas dans chaque grève isolée. Il aide le syndicat à décider si la grève est opportune, par son information politique et économique et par son conseil. Il sert la grève par son agitation, etc. Le premier rôle dans la grève revient naturellement au syndicat.
La situation change radicalement quand le mouvement s’élève au niveau de la grève générale et de la lutte directe pour le pouvoir. Dans ces conditions, le rôle dirigeant du parti devient immédiatement direct et ouvert. Les syndicats — naturellement pas ceux qui passent de l'autre côté des barricades — deviennent les appareils de l’organisation du parti qui prend le devant comme dirigeant la révolution, en portant la pleine responsabilité devant la classe ouvrière toute entière.
Dans ce domaine, pour tout ce qui se situe entre la grève économique locale et l'insurrection révolutionnaire de classe, on trouve toutes les formes possibles de relations réciproques entre le parti et les syndicats, les degrés variables de leadership direct et immédiat, etc. Mais en toutes circonstances, le parti cherche à gagner le leadership général en comptant sur la vraie autonomie des syndicats qui, en tant qu’organisations — cela va sans dire — ne sont pas “soumises” à lui.

14- Les faits démontrent que des syndicats politiquement “indépendants” n’existent nulle part. Il n'y en a jamais eu. L'expérience et la théorie indiquent qu'il n'y en aura jamais. Aux Etats-Unis, les syndicats sont directement liés par leur appareil au patronat industriel et aux partis bourgeois. En Angleterre, les syndicats, qui dans le passé ont principalement soutenu les libéraux, constituent maintenant la base du parti travailliste. En Allemagne, les syndicats marchent sous la bannière de la social-démocratie. En république soviétique, leur conduite appartient aux bolcheviques. En France, une des organisations syndicales suit les socialistes, l’autre les communistes. En Finlande, les syndicats ont été divisés il y a un peu de temps, l’un allant vers la social-démocratie, l'autre vers le communisme. C'est comme ça partout.
Les théoriciens de l’ »Indépendance » du mouvement syndical n'ont pas pris la peine jusqu'ici de penser à cela : pourquoi leur slogan non seulement est loin de se réaliser où que ce soit, mais, au contraire, pourquoi la dépendance des syndicats vis-à-vis du leadership d'un parti devient partout la règle, sans exception, et ce ouvertement ? Ceci correspond en fait aux caractéristiques de l'époque impérialiste, qui dévoile toutes les relations de classe et qui, même chez le prolétariat accentue les contradictions entre son aristocratie et ses couches les plus exploitées.

15- L'expression courante du syndicalisme d’autrefois est la prétendue Ligue syndicaliste. Par tous ses traits, elle apparaît comme une organisation politique qui cherche à subordonner le mouvement syndical à son influence. En fait la Ligue recrute ses membres non pas selon les principes syndicaux, mais selon ceux des groupements politiques ; elle a sa plateforme, faute de programme, et la défend dans ses publications ; elle a sa propre discipline interne dans le mouvement syndical. Dans les congrès des confédérations, ses partisans agissent en tant que fraction politique tout comme la fraction communiste. Pour faire court, la tendance de la Ligue syndicaliste se ramène à une lutte pour libérer les deux confédérations du leadership des socialistes et des communistes et pour les unir sous la direction du groupe de Monatte.
La Ligue n'agit pas ouvertement au nom du droit et de la nécessité pour la minorité avancée de combatte pour étendre son influence sur les masses ; elle se présente masquée par ce qu'elle appelle l’“Indépendance” syndicale. De ce point de vue, la Ligue s’approche du Parti socialiste qui réalise aussi son leadership sous couvert de l'expression “indépendance du mouvement syndical”. Le parti communiste, au contraire, dit ouvertement à la classe ouvrière : voici mon programme, ma tactique et ma politique, que je propose aux syndicats.
Le prolétariat ne doit jamais croire n'importe quoi aveuglément. Il doit juger par son travail. Mais les ouvriers devraient avoir une double et une triple méfiance vers ces prétendants au leadership qui agissent incognito, sous un masque qui ferait croire au prolétariat qu'il n'a besoin d’aucun leadership .

16- Le droit d'un parti politique d’agir pour gagner les syndicats à son influence ne doit pas être nié, mais cette question doit être posée : Au nom de quel programme et de quelle tactique cette organisation agit-elle ? De ce point de vue, la Ligue syndicaliste ne donne pas les garanties nécessaires. Son programme est extrêmement amorphe, de même que sa tactique. Dans ses positions politiques elle agit seulement au fil des événements. Reconnaissant la révolution prolétarienne et même la dictature du prolétariat elle ignore le parti et ses droits, est contre le leadership communiste, sans lequel la révolution prolétarienne risquerait de rester à jamais une expression vide.

17- L'idéologie de l'indépendance syndicale n'a rien de commun avec les idées et les sentiments du prolétariat en tant que classe. Si le parti, par sa direction, est capable d'assurer une politique correcte et clairvoyante dans les syndicats, pas un seul ouvrier n’aura l'idée de se rebeller contre le leadership du parti. L'expérience historique des bolcheviques l’a prouvé.
C’est aussi valable la France, où les communistes ont obtenu 1.200.000 voix aux élections tandis que la Confédération Générale du Travail Unitaire (la centrale syndicale rouge) a seulement un quart ou un tiers de ce nombre. Il est clair que le slogan abstrait de l'indépendance ne peut venir en aucun cas des masses. La bureaucratie syndicale est une tout autre chose. Elle voit non seulement une concurrence professionnelle dans la bureaucratie de parti, mais elle tend à se rendre indépendante du contrôle par l’avant-garde prolétarienne. Le slogan de l'indépendance est, par sa base même, un slogan bureaucratique et non un slogan de classe.

18- Après le fétichisme de l’“indépendance”, la Ligue syndicaliste transforme également la question de l'unité syndicale en fétiche.
Il va de soi que le maintien de l'unité des organisations syndicales a d'énormes avantages, tant du point de vue des tâches quotidiennes du prolétariat que de celui de la lutte du Parti communiste pour étendre son influence sur les masses. Mais les faits montrent que dès que l’aile révolutionnaire dans les syndicats remporte ses premiers succès, les opportunistes prennent la voie de la scission. Les relations paisibles avec la bourgeoisie leur sont plus chères que l'unité du prolétariat. C'est le constat incontestable des expériences de l'après-guerre.
Nous, communistes, avons toujours intérêt à démontrer aux ouvriers que la responsabilité du dédoublement des organisations syndicales incombe complètement à la social-démocratie. Mais il ne s’en suit pas que la formule creuse de l'unité nous serait plus importante que les tâches révolutionnaires de la classe ouvrière.

19- Huit ans se sont écoulés depuis la scission syndicale en France. Pendant ce temps, les deux organisations se sont certainement liées avec les deux partis politiques mortellement ennemis. Dans ces conditions, penser pouvoir unifier le mouvement syndical par la simple bonne parole de l'unité serait se bercer d’illusions. Déclarer que sans unification préalable des deux centrales syndicales non seulement la révolution prolétarienne mais même une lutte de classe sérieuse seraient impossible, revient à faire dépendre l’avenir de la révolution de la clique corrompue des réformistes syndicaux.
En fait l’avenir de la révolution dépend non pas de la fusion des deux appareils syndicaux, mais de l'unification de la majorité de la classe ouvrière derrière des slogans révolutionnaires et des méthodes révolutionnaires de lutte. Aujourd’hui l'unification de la classe ouvrière est seulement possible par la lutte contre les collaborateurs de classe qui se trouvent non seulement dans les partis politiques mais aussi dans les syndicats.

20- Le véritable chemin de l'unité révolutionnaire du prolétariat se situe dans le redressement, l’expansion et la consolidation de la C.G.T.U. révolutionnaire et dans l'affaiblissement de la C.G.T. réformiste.
Il n'est pas exclu, mais, bien au contraire très probable, qu'à l'heure de sa révolution, le prolétariat français écrira la lutte avec deux confédérations : derrière l’une se trouveront les masses et derrière l'autre l'aristocratie du travail et la bureaucratie.

21- La nouvelle opposition syndicale ne veut évidemment pas aller sur le chemin du syndicalisme. En même temps, elle se sépare du parti — non avec l’idée d’un certain leadership , mais avec le parti en général. Ce qui signifie tout simplement se désarmer idéologiquement et retomber dans le corporatisme.

22- L'opposition syndicale dans l'ensemble est très variée. Mais elle est caractérisée par quelques traits communs qui ne la rapprochent pas de l'opposition communiste de gauche mais, au contraire, s'opposent à elle.
L'opposition syndicale ne lutte pas contre les actes désinvoltes et les méthodes erronées du leadership communiste, mais contre l'influence du communisme sur la classe ouvrière.
L'opposition syndicale ne lutte pas contre une vision gauchiste de la situation et de ses perspectives mais agit, en fait, à l'opposé de toute perspective révolutionnaire.
L'opposition syndicale ne combat pas contre des méthodes caricaturales d'antimilitarisme mais propose une orientation pacifiste. En d'autres termes, l'opposition syndicale se développe manifestement dans un état d’esprit réformiste.

23- Il est complètement faux d’affirmer que ces dernières années — contrairement à ce qui s'est produit en Allemagne, en Tchécoslovaquie et dans d'autres pays — on n'a pas constitué en France une aile droite au sein du camp révolutionnaire. Le point principal est que, abandonnant la politique révolutionnaire du communisme, l’opposition de droite en France, conformément aux traditions du mouvement ouvrier français a pris un caractère syndical, cachant de cette façon sa physionomie politique. Au fond, la majorité de l'opposition syndicale représente l'aile droite, comme le groupe de Brandler en Allemagne, les syndicalistes tchèques qui après la scission ont pris une position clairement réformiste, etc.

24- On peut chercher à objecter que toutes les considérations précédentes ne seraient valables qu’à la condition que le parti communiste ait une politique correcte. Mais cette objection n’est pas fondée. La question des rapports entre le parti, qui représente le prolétariat comme il devrait être, et les syndicats, qui représentent le prolétariat tel qu’il est, est la question la plus fondamentale du marxisme révolutionnaire. Ce serait une erreur de rejeter la seule réponse possible à cette question seulement parce que le parti communiste, sous l'influence de raisons objectives et subjectives à propos desquelles nous avons parlé plus d’une fois, conduit maintenant une politique erronée envers les syndicats, comme dans d'autres domaines. Une politique correcte doit être opposée à une politique erronée. C’est dans ce but que l'opposition de gauche s’est constituée en fraction. Si l’on considère que le Parti communiste français dans sa totalité est dans un état complètement irrécupérable — ce que nous ne pensons pas — un autre parti doit lui être opposé. Mais la question de la relation du parti à la classe ne change pas d’un iota par ce fait.
L'opposition de gauche considère qu’il est impossible d’influencer le mouvement syndical, de l'aider à trouver une orientation correcte, de l'imprégner avec des slogans corrects, sans passer par le parti communiste (ou une fraction pour le moment) qui, à côté de ses autres attributs, est le laboratoire idéologique central de la classe ouvrière.

25- La tâche bien comprise du Parti communiste ne consiste pas seulement à gagner en influence sur les syndicats, tels qu'ils sont, mais à gagner, par le biais des syndicats, une influence sur la majorité de la classe ouvrière. Ce n'est possible que si les méthodes utilisées par le parti dans les syndicats correspondent à la nature et aux tâches de ces derniers. La lutte d’influence du parti dans les syndicats se vérifie objectivement dans le fait qu'ils prospèrent ou pas, qu’ils augmentent le nombre de leurs syndiqués et au-delà leurs relations avec les masses les plus larges. Si le parti paie le prix de son influence dans les syndicats par leur amoindrissement et par le dernier des fractionnismes — convertissant les syndicats en auxiliaires du parti pour des objectifs ponctuels et les empêchant de devenir des organisations de masse — les relations entre le parti et la classe sont erronées. Il n'est pas nécessaire d’épiloguer sur les causes d’une telle situation. Nous l'avons fait plus d'une fois et nous le faisons chaque jour. La nature changeante de la politique communiste officielle reflète sa tendance aventuriste à se vouloir maître de la classe ouvrière dans les plus brefs délais, par tous les moyens (mises en scène, inventions, agitation superficielle, etc).
On ne s’en sortira pourtant pas en opposant les syndicats au parti (ou à la fraction) mais dans la lutte sans compromis pour changer complètement la politique du parti comme celle des syndicats.

26- L'Opposition de gauche doit indissolublement lier les questions du mouvement syndical aux questions de la lutte politique du prolétariat. Elle doit donner une analyse concrète du stade actuel de développement du mouvement ouvrier français. Elle doit donner une évaluation, tant quantitative que qualitative, du mouvement actuel des grèves et de ses perspectives par rapport aux perspectives du développement économique de la France. Il est inutile de dire qu'elle rejette complètement la perspective de la stabilisation du capitalisme et de la paix pour les prochaines décennies. Elle procède à partir d'une évaluation de notre époque en tant que révolutionnaire. Elle émerge de la nécessité d'une préparation adéquate de l’avant-garde prolétarienne devant des retournements non seulement probables mais inévitables. Son action la plus ferme et la plus implacable est dirigée contre les rodomontades soi-disant révolutionnaires de la bureaucratie centriste, contre l'hystérie politique qui ne tient pas compte des conditions et qui confond aujourd'hui avec hier ou avec demain ; plus fermement et résolument encore doit-elle se positionner contre les éléments de la droite qui reprennent sa critique et s’y dissimulent afin d’introduire leurs tendances dans le marxisme révolutionnaire.

27- Une nouvelle délimitation ? De nouvelles polémiques ? De nouvelles scissions ? Ce seront les lamentations des âmes pures mais fatiguées, qui voudraient transformer l'Opposition en une retraite calme où l’on pourrait tranquillement prendre congé des grandes tâches, tout en préservant intact le nom de révolutionnaire « de gauche ». Non ! Nous leur disons, à ces âmes fatiguées : nous ne voyageons certainement pas sur la même route. La vérité n'a pourtant jamais été la somme de petites erreurs. Une organisation révolutionnaire n'a pourtant jamais été composée de petits groupes conservateurs, cherchant avant tout à se démarquer les uns des autres. Il y a des époques où la tendance révolutionnaire est réduite à une petite minorité dans le mouvement ouvrier. Mais ces époques n’exigent pas des arrangements entre les petits groupes pour se cacher mutuellement leurs péchés mais exigent au contraire une lutte doublement implacable pour une perspective correcte et une formation des cadres dans l'esprit du marxisme authentique. Ce n’est qu’ainsi que la victoire est possible.

28- Pour autant l’auteur de ces lignes est personnellement concerné et doit admettre que la notion qu'il a eue du groupe de Monatte quand il a été expulsé d’Union Soviétique s’est avérée être trop optimiste, donc fausse. Pendant plusieurs années, l'auteur n'a pas eu la possibilité de suivre l'activité de ce groupe. Il l'a jugée de par ses souvenirs. Les divergences se sont avérées plus profondes et plus aiguës qu’on pouvait le supposer. Les derniers événements ont montré au-delà du doute que sans démarcation idéologique claire et précise de la ligne du syndicalisme, l'Opposition communiste en France n'ira pas de l’avant. Les thèses ici proposées ne sont qu’une première étape dans l’élaboration de cette démarcation, prélude à la lutte réussie contre le baragouin révolutionnaire et la nature opportuniste de Cachin, Monmousseau et compagnie.

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Pourquoi le socialisme ? par Albert Einstein (1949)

Est-il convenable qu’un homme qui n’est pas versé dans les questions économiques et sociales exprime des opinions au sujet du socialisme ? Pour de multiples raisons je crois que oui.

Considérons d’abord la question au point de vue de la connaissance scientifique. Il pourrait paraître qu’il n’y ait pas de différences méthodologiques essentielles entre l’astronomie, par exemple, et l’économie : les savants dans les deux domaines essaient de découvrir les lois généralement acceptables d’un groupe déterminé de phénomènes, afin de rendre intelligibles, d’une manière aussi claire que possible, les relations réciproques existant entre eux. Mais en réalité de telles différences existent. La découverte de lois générales en économie est rendue difficile par la circonstance que les phénomènes économiques observés sont souvent influencés par beaucoup de facteurs qu’il est très difficile d’évaluer séparément. En outre, l’expérience accumulée depuis le commencement de la période de l’histoire humaine soi-disant civilisée a été — comme on le sait bien — largement influencée et délimitée par des causes qui n’ont nullement un caractère exclusivement économique. Par exemple, la plupart des grands États dans l’histoire doivent leur existence aux conquêtes. Les peuples conquérants se sont établis, légalement et économiquement, comme classe privilégiée du pays conquis. Ils se sont attribués le monopole de la terre et ont créé un corps de prêtres choisis dans leur propre rang. Les prêtres, qui contrôlèrent l’éducation, érigèrent la division de la société en classes en une institution permanente et créèrent un système de valeurs par lequel le peuple fut dès lors, en grande partie inconsciemment, guidé dans son comportement social.

Mais la tradition historique date pour ainsi dire d’hier ; nulle part nous n’avons dépassé ce que Thorstein Veblen appelait « la phase de rapine » du développement humain. Les faits économiques qu’on peut observer appartiennent à cette phase et les lois que nous pouvons en déduire ne sont pas applicables à d’autres phases. Puisque le but réel du socialisme est de dépasser la phase de rapine du développement humain et d’aller en avant, la science économique dans son état actuel peut projeter peu de lumière sur la société socialiste de l’avenir.

En second lieu, le socialisme est orienté vers un but éthico-social. Mais la science ne peut pas créer des buts, encore moins peut-elle les faire pénétrer dans les êtres humains ; la science peut tout au plus fournir les moyens par lesquels certains buts peuvent être atteints. Mais les buts mêmes sont conçus par des personnalités animées d’un idéal moral élevé et — si ces buts ne sont pas mort-nés, mais vivants et vigoureux — sont adoptés et portés en avant par ces innombrables êtres humains qui, à demi inconscients, déterminent la lente évolution de la société.

Pour ces raisons nous devrions prendre garde de ne pas surestimer la science et les méthodes scientifiques quand il s’agit de problèmes humains ; et nous ne devrions pas admettre que les spécialistes soient les seuls qui aient le droit de s’exprimer sur des questions qui touchent à l’organisation de la société.

D’innombrables voix ont affirmé, il n’y a pas longtemps, que la société humaine traverse une crise, que sa stabilité a été gravement troublée. Il est caractéristique d’une telle situation que des individus manifestent de l’indifférence ou, même, prennent une attitude hostile à l’égard du groupe, petit ou grand, auquel ils appartiennent. Pour illustrer mon opinion je veux évoquer ici une expérience personnelle. J’ai récemment discuté avec un homme intelligent et d’un bon naturel sur la menace d’une autre guerre, qui, à mon avis, mettrait sérieusement en danger l’existence de l’humanité, et je faisais remarquer que seule une organisation supranationale offrirait une protection contre ce danger. Là-dessus mon visiteur me dit tranquillement et froidement : « Pourquoi êtes-vous si sérieusement opposé à la disparition de la race humaine ? »

Je suis sûr que, il y a un siècle, personne n’aurait si légèrement fait une affirmation de ce genre. C’est l’affirmation d’un homme qui a vainement fait des efforts pour établir un équilibre dans son intérieur et qui a plus ou moins perdu l’espoir de réussir. C’est l’expression d’une solitude et d’un isolement pénibles dont tant de gens souffrent de nos jours. Quelle en est la cause ? Y a-t-il un moyen d’en sortir ?

Il est facile de soulever des questions pareilles, mais il est difficile d’y répondre avec tant soit peu de certitude. Je vais néanmoins essayer de le faire dans la mesure de mes forces, bien que je me rende parfaitement compte que nos sentiments et nos tendances sont souvent contradictoires et obscurs et qu’ils ne peuvent pas être exprimés dans des formules aisées et simples.

L’homme est en même temps un être solitaire et un être social. Comme être solitaire il s’efforce de protéger sa propre existence et celle des êtres qui lui sont le plus proches, de satisfaire ses désirs personnels et de développer ses facultés innées. Comme être social il cherche à gagner l’approbation et l’affection de ses semblables, de partager leurs plaisirs, de les consoler dans leurs tristesses et d’améliorer leurs conditions de vie. C’est seulement l’existence de ces tendances variées, souvent contradictoires, qui explique le caractère particulier d’un homme, et leur combinaison spécifique détermine dans quelle mesure un individu peut établir son équilibre intérieur et contribuer au bien-être de la société. Il est fort possible que la force relative de ces deux tendances soit, dans son fond, fixée par l’hérédité. Mais la personnalité qui finalement apparaît est largement formée par le milieu où elle se trouve par hasard pendant son développement, par la structure de la société dans laquelle elle grandit, par la tradition de cette société et son appréciation de certains genres de comportement. Le concept abstrait de « société » signifie pour l’individu humain la somme totale de ses relations, directes et indirectes, avec ses contemporains et les générations passées. Il est capable de penser, de sentir, de lutter et de travailler par lui-même, mais il dépend tellement de la société — dans son existence physique, intellectuelle et émotionnelle — qu’il est impossible de penser à lui ou de le comprendre en dehors du cadre de la société. C’est la « société » qui fournit à l’homme la nourriture, les vêtements, l’habitation, les instruments de travail, le langage, les formes de la pensée et la plus grande partie du contenu de la pensée ; sa vie est rendue possible par le labeur et les talents de millions d’individus du passé et du présent, qui se cachent sous ce petit mot de « société ».

Il est, par conséquent, évident que la dépendance de l’individu à la société est un fait naturel qui ne peut pas être supprimé — exactement comme dans le cas des fourmis et des abeilles. Cependant, tandis que tout le processus de la vie des fourmis et des abeilles est fixé, jusque dans ses infimes détails, par des instincts héréditaires rigides, le modèle social et les relations réciproques entre les êtres humains sont très variables et susceptibles de changement. La mémoire, la capacité de faire de nouvelles combinaisons, le don de communication orale ont rendu possibles des développements parmi les êtres humains qui ne sont pas dictés par des nécessités biologiques. De tels développements se manifestent dans les traditions, dans les institutions, dans les organisations, dans la littérature, dans la science, dans les réalisations de l’ingénieur et dans les œuvres d’art. Ceci explique comment il arrive que l’homme peut, dans un certain sens, influencer sa vie par sa propre conduite et comment, dans ce processus, la pensée et le désir conscients peuvent jouer un rôle.

L’homme possède à sa naissance, par hérédité, une constitution biologique que nous devons considérer comme fixe et immuable, y compris les impulsions naturelles qui caractérisent l’espèce humaine. De plus, pendant sa vie il acquiert une constitution culturelle qu’il reçoit de la société par la communication et par beaucoup d’autres moyens d’influence. C’est cette constitution culturelle qui, dans le cours du temps, est sujette au changement et qui détermine, à un très haut degré, les rapports entre l’individu et la société. L’anthropologie moderne nous a appris, par l’investigation des soi-disant cultures primitives, que le comportement social des êtres humains peut présenter de grandes différences, étant donné qu’il dépend des modèles de culture dominants et des types d’organisation qui prédominent dans la société. C’est là-dessus que doivent fonder leurs espérances tous ceux qui s’efforcent d’améliorer le sort de l’homme : les êtres humains ne sont pas, par suite de leur constitution biologique, condamnés à se détruire mutuellement ou à être à la merci d’un sort cruel qu’ils s’infligent eux-mêmes.

Si nous nous demandons comment la structure de la société et l’attitude culturelle de l’homme devraient être changées pour rendre la vie humaine aussi satisfaisante que possible, nous devons constamment tenir compte du fait qu’il y a certaines conditions que nous ne sommes pas capables de modifier. Comme nous l’avons déjà mentionné plus haut, la nature biologique de l’homme n’est point, pour tous les buts pratiques, sujette au changement. De plus, les développements technologiques et démographiques de ces derniers siècles ont créé des conditions qui doivent continuer. Chez des populations relativement denses, qui possèdent les biens indispensables à leur existence, une extrême division du travail et une organisation de production très centralisée sont absolument nécessaires. Le temps, qui, vu de loin, paraît si idyllique, a pour toujours disparu où des individus ou des groupes relativement petits pouvaient se suffire complètement à eux-mêmes. On n’exagère pas beaucoup en disant que l’humanité constitue à présent une communauté planétaire de production et de consommation.

Je suis maintenant arrivé au point où je peux indiquer brièvement ce qui constitue pour moi l’essence de la crise de notre temps. Il s’agit du rapport entre l’individu et la société. L’individu est devenu plus conscient que jamais de sa dépendance à la société. Mais il n’éprouve pas cette dépendance comme un bien positif, comme une attache organique, comme une force protectrice, mais plutôt comme une menace pour ses droits naturels, ou même pour son existence économique. En outre, sa position sociale est telle que les tendances égoïstes de son être sont constamment mises en avant, tandis que ses tendances sociales qui, par nature, sont plus faibles, se dégradent progressivement. Tous les êtres humains, quelle que soit leur position sociale, souffrent de ce processus de dégradation. Prisonniers sans le savoir de leur propre égoïsme, ils se sentent en état d’insécurité, isolés et privés de la naïve, simple et pure joie de vivre. L’homme ne peut trouver de sens à la vie, qui est brève et périlleuse, qu’en se dévouant à la société.

L’anarchie économique de la société capitaliste, telle qu’elle existe aujourd’hui, est, à mon avis, la source réelle du mal. Nous voyons devant nous une immense société de producteurs dont les membres cherchent sans cesse à se priver mutuellement du fruit de leur travail collectif — non pas par la force, mais, en somme, conformément aux règles légalement établies. Sous ce rapport, il est important de se rendre compte que les moyens de la production — c’est-à-dire toute la capacité productive nécessaire pour produire les biens de consommation ainsi que, par surcroît, les biens en capital — pourraient légalement être, et sont même pour la plus grande part, la propriété privée de certains individus.

Pour des raisons de simplicité je veux, dans la discussion qui va suivre, appeler « ouvriers » tous ceux qui n’ont point part à la possession des moyens de production, bien que cela ne corresponde pas tout à fait à l’emploi ordinaire du terme. Le possesseur des moyens de production est en état d’acheter la capacité de travail de l’ouvrier. En se servant des moyens de production, l’ouvrier produit de nouveaux biens qui deviennent la propriété du capitaliste. Le point essentiel dans ce processus est le rapport entre ce que l’ouvrier produit et ce qu’il reçoit comme salaire, les deux choses étant évaluées en termes de valeur réelle. Dans la mesure où le contrat de travail est « libre », ce que l’ouvrier reçoit est déterminé, non pas par la valeur réelle des biens qu’il produit, mais par le minimum de ses besoins et par le rapport entre le nombre d’ouvriers dont le capitaliste a besoin et le nombre d’ouvriers qui sont à la recherche d’un emploi. Il faut comprendre que même en théorie le salaire de l’ouvrier n’est pas déterminé par la valeur de son produit.

Le capital privé tend à se concentrer en peu de mains, en partie à cause de la compétition entre les capitalistes, en partie parce que le développement technologique et la division croissante du travail encouragent la formation de plus grandes unités de production aux dépens des plus petites. Le résultat de ces développements est une oligarchie de capitalistes dont la formidable puissance ne peut effectivement être refrénée, pas même par une société qui a une organisation politique démocratique. Ceci est vrai, puisque les membres du corps législatif sont choisis par des partis politiques largement financés ou autrement influencés par les capitalistes privés qui, pour tous les buts pratiques, séparent le corps électoral de la législature. La conséquence en est que, dans le fait, les représentants du peuple ne protègent pas suffisamment les intérêts des moins privilégiés. De plus, dans les conditions actuelles, les capitalistes contrôlent inévitablement, d’une manière directe ou indirecte, les principales sources d’information (presse, radio, éducation). Il est ainsi extrêmement difficile pour le citoyen, et dans la plupart des cas tout à fait impossible, d’arriver à des conclusions objectives et de faire un usage intelligent de ses droits politiques.

La situation dominante dans une économie basée sur la propriété privée du capital est ainsi caractérisée par deux principes importants : premièrement, les moyens de production (le capital) sont en possession privée et les possesseurs en disposent comme ils le jugent convenable ; secondement, le contrat de travail est libre. Bien entendu, une société capitaliste pure dans ce sens n’existe pas. Il convient de noter en particulier que les ouvriers, après de longues et âpres luttes politiques, ont réussi à obtenir pour certaines catégories d’entre eux une meilleure forme de « contrat de travail libre ». Mais, prise dans son ensemble, l’économie d’aujourd’hui ne diffère pas beaucoup du capitalisme « pur ».

La production est faite en vue du profit et non pour l’utilité. Il n’y a pas moyen de prévoir que tous ceux qui sont capables et désireux de travailler pourront toujours trouver un emploi ; une « armée » de chômeurs existe déjà. L’ouvrier est constamment dans la crainte de perdre son emploi. Et puisque les chômeurs et les ouvriers mal payés sont de faibles consommateurs, la production des biens de consommation est restreinte et a pour conséquence de grands inconvénients. Le progrès technologique a souvent pour résultat un accroissement du nombre des chômeurs plutôt qu’un allégement du travail pénible pour tous. L’aiguillon du profit en conjonction avec la compétition entre les capitalistes est responsable de l’instabilité dans l’accumulation et l’utilisation du capital, qui amène des dépressions économiques de plus en plus graves. La compétition illimitée conduit à un gaspillage considérable de travail et à la mutilation de la conscience sociale des individus dont j’ai fait mention plus haut.

Je considère cette mutilation des individus comme le pire mal du capitalisme. Tout notre système d’éducation souffre de ce mal. Une attitude de compétition exagérée est inculquée à l’étudiant, qui est dressé à idolâtrer le succès de l’acquisition comme une préparation à sa carrière future.

Je suis convaincu qu’il n’y a qu’un seul moyen d’éliminer ces maux graves, à savoir, l’établissement d’une économie socialiste, accompagnée d’un système d’éducation orienté vers des buts sociaux. Dans une telle économie, les moyens de production appartiendraient à la société elle-même et seraient utilisés d’une façon planifiée. Une économie planifiée, qui adapte la production aux besoins de la société, distribuerait le travail à faire entre tous ceux qui sont capables de travailler et garantirait les moyens d’existence à chaque homme, à chaque femme, à chaque enfant. L’éducation de l’individu devrait favoriser le développement de ses facultés innées et lui inculquer le sens de la responsabilité envers ses semblables, au lieu de la glorification du pouvoir et du succès, comme cela se fait dans la société actuelle.

Il est cependant nécessaire de rappeler qu’une économie planifiée n’est pas encore le socialisme. Une telle économie pourrait être accompagnée d’un complet asservissement de l’individu. La réalisation du socialisme exige la solution de quelques problèmes socio-politiques extrêmement difficiles : comment serait-il possible, en face d’une centralisation extrême du pouvoir politique et économique, d’empêcher la bureaucratie de devenir toute-puissante et présomptueuse ? Comment pourrait-on protéger les droits de l’individu et assurer un contrepoids démocratique au pouvoir de la bureaucratie ?

La clarté au sujet des buts et des problèmes du socialisme est de la plus grande importance à notre époque de transition. Puisque, dans les circonstances actuelles, la discussion libre et sans entrave de ces problèmes a été soumise à un puissant tabou, je considère que la fondation de cette revue est un important service rendu au public. (http://www.monthlyreview.org/2009/05/01/why-socialism - LVOG)

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Réflexion.

Quand on lit ce document exceptionnel, on est agréablement surpris de constater que son auteur ait recouru à un type de discours, des mots, des figures de style ou des tournures d'esprit d'une telle simplicité, au point de le rendre accessible à la totalité de la population, sans pour autant atténuer sa pensée ou dénaturer, nuire à son objet.

A sa manière il a démontré qu'il était parfaitement possible de s'exprimer ou de défendre le socialisme, de s'adresser aux travailleurs autrement qu'en recourant à cette épouvantable terminologie politique dont font usage nos dirigeants. On doit préciser qu'en recourant exclusivement à la propagande - qui par ailleurs est indispensable, nos dirigeants et les militants passent pour des doctrinaires, des fanatiques auprès des travailleurs, ce qui a le don de les faire douter de leurs réelles intentions autant que leurs capacités à les réaliser. Les militants ne comprennent pas pourquoi très souvent les travailleurs manifestent leur accord avec eux, mais ne souhaitent pas s'engager à leur côté, un peu comme s'ils ne voulaient pas leur ressembler, sans d'ailleurs savoir précisément pourquoi, disons que leur inconscience leur dicte cette attitude de méfiance face à une menace qu'ils ne parviennent pas à discerner. On est en droit d'en conclure qu'ils recourent à la propagande parce qu'ils ne maîtrisent pas le matérialisme dialectique qui est finalement quelque chose de très simple, qui comme toutes les choses simples devrait s'énoncer simplement. La réalite ou la logique est bien cruelle, n'est-ce pas ? Et je n'y suis pour rien.

Einstein était tout simplement parti de constats ou de faits, en faisant ressortir la logique dont ils étaient le produit ou dans laquelle ils s'inscrivaient, pour en faire ressortir les contradictions et la manière dont elles pourraient être résolues, en somme une formidable démonstration du matérialisme dialectique.

Chacun aura apprécié l'idéal humaniste qui guida sa pensée ou sa vie. Enfin, ce n'est pas un hasard si Einstein a conclu ce texte en posant la question des problèmes que le socialisme aurait à résoudre, effleurant la dérive stalinienne qui allait s'avérer être pire qu'un "puissant tabou", la négation du socialisme.

On retiendra qu'un intellectuel, un scientifique était parvenu au milieu du XXe siècle à la compréhension du processus matérialiste dialectique, qui est à l'origine de l'évolution ou de la transformation de la matière, de la nature, des hommes, de la société que les marxistes avaient découvert et théorisé, et qu'il partagea leurs conclusions en prenant la défense du socialisme, à l'heure où ses pires fossoyeurs étaient tout puissants au sein du mouvement ouvrier international.