Le portail a été actualisé le 20 juin...... Macron, l'oligarchie et leurs médias, les institutions de la Ve République : Chassons-les ! ....... Dehors l'occupant, le droit au retour des Palestiniens est légitime !


 



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HISTOIRE. LA FALSIFICATION DE L'HISTOIRE : UN MOYEN DE MAINTENIR LE POUVOIR IMPÉRIAL.

HISTOIRE. LE SIONISME ET LE RÉGIME NAZI.
SIONISME. LE GRAND ISRAEL.


  LES ENSEIGNEMENTS DU MARXISME.

 - Droit de l'homme contre droit du citoyen. - (K. Marx - 1843)
 - L’attitude de la bourgeoisie à l’égard du prolétariat. (F. Engels -1845)
 - Tendance historique de l’accumulation capitaliste. - (K. Marx - F. Engels -1867)
 - Les deux bases capitalistes sur lesquelles repose le socialisme scientifique. (F. Engels -1877)
 - Leur morale de classe et la nôtre. - (F. Engels -1878)
 - La dialectique ou la science des lois générales du mouvement et du développement
     de la nature, de la société humaine et de la pensée. (F. Engels - 1878)

 - Socialisme de juristes. (F. Engels et K. Kautsky -1886)
 - L'impérialisme et la scission du socialisme. (V. Lénine -1916)
 - Les guerres nationales bourgeoises renferme des leçons extraordinairement instructives. (Trotsky -1940)


   ADRESSES UTILES

Le Réseau Voltaire. (France et Moyen-Orient)
Les Crises. (France)
Le Centre de recherche sur la mondialisation. (Canada)
Investig’Action. (Belgique)
Anticons. (France)
Observatoire des multinationales. (France)



 
 
 
 
 
 
 
 
 



Causerie

Le 20 juin 2018

CAUSERIE ET INFOS

Causerie au format pdf (22 pages)

J'avais trouvé pour ce passage le titre suivant : N'avons-nous pas été victime d'une formidable mystification, et au dernier moment je l'ai retiré en me disant à quoi bon puisqu'apparemment tout le monde s'en fout.

Je vais mettre un terme à cette activité politique après avoir sacrifié ces 14 ans dernières de ma vie à un combat qui est visiblement perdu d'avance, afin de profiter des quelques années qu'il me reste encore à vivre, ce qui me semble tout à fait légitime.

Tout indique désormais très clairement que la civilisation humaine était vouée à disparaître pour ne pas avoir réussi à s'élever au niveau des tâches historiques qui devaient la libérer du règne de la nécessité auquel elle est dorénavant plus enchaînée que jamais. Ceux, qui devaient l'aider à franchir cette étape décisive au XXe siècle pour entrevoir le règne de la liberté, n'ont pas saisi que lorsque les limites du règne de la nécessité seraient atteintes au lieu de signifier que les conditions allaient être réunies pour s'en débarrasser, elles pourraient signifier au contraire qu'il deviendrait impossible dans l'avenir d'en venir à bout tout simplement, parce que les acteurs principaux de cette tragédie n'en avaient pas pris conscience ou n'avaient pas pris conscience qu'un tel processus pouvait avoir deux issues diamétralement opposées, dont l'une conduirait au totalitarisme au lieu de conduire à leur émancipation du règne de la nécessité.

Tragique méprise, s'il en fut, qui se déroule jour après jour sous nos yeux hagards sans qu'elle entraîne la moindre réaction salutaire d'un seul acteur du mouvement ouvrier. N'ayant ni la force ni les moyens d'y changer quoi que ce soit, je préfère donc m'effacer en conservant toutefois l'espoir que je me trompe.

A mon avis, nous avons commis l'erreur fatale de nier la contradiction qui consista à refuser de prendre en compte que, plus les conditions étaient réunies pour envisager la fin du règne de la nécessité, plus les masses allaient y être solidement enchaînées, de sorte qu'elles prêteraient à leurs chaînes les vertus de la liberté et ne pourraient jamais les briser. Il aurait fallu admettre que pour accomplir cette tâche titanesque, cela nécessiterait qu'elles acquièrent un niveau de conscience beaucoup plus élevée que par le passé, mais hélas tout le monde refusa d'inclure ce facteur dans la conception de la lutte de classe des masses exploitées.

Et pourtant ils figurèrent à une autre époque parmi les éléments qui retinrent l'attention de Trotsky, notamment.

- "Les gens, en vérité, sont souvent inconséquents. Cependant, la conscience humaine présente une certaine unité. La philosophie et la logique doivent s'appuyer sur cette unité de la conscience humaine et non sur ce qui manque à cette unité, c'est-à-dire sur l'inconséquence." (L'opposition petite-bourgeoise das le Socialist workers party. - L. Trotsky)

LVOG - Quelle horreur, "les gens" ! Pire, il leur trouva des défauts ou des faiblesses, vite cachons-les ! Quoi, la "conscience humaine, la "philosophie", la "logique", en voilà encore des expressions incongrues digne d'un petit bourgeois ! C'est bien pour cela que tes "héritiers" ont décrété qu'ils ne devraient figurer dans aucun de leurs discours, qu'il fallait les bannir définitivement. La plupart des militants sont fâchés avec la philosophie, la logique, la psychologie, l'anthropologie, etc. toutes les sciences sociales en fait hormis une, la politique.

- "Nous appelons notre dialectique matérialiste, parce que ses racines ne sont ni dans les cieux (ni dans les profondeurs de notre "libre esprit"), mais dans la réalité-objective, dans la nature. La conscience est née de l'inconscient, la psychologie de la physiologie, le monde organique de l'inorganique, le système solaire de la nébuleuse. A tous les degrés de cette échelle du développement, les changements quantitatifs sont devenus qualitatifs. Notre pensée, y compris dialectique, n'est qu'une des manifestations de la matière changeante. Il n'y a place, dans cette mécanique ni pour Dieu, ni pour le diable, ni pour l'âme immortelle, ni pour les normes éternelles du droit et de la morale. La dialectique de la pensée, procédant de la dialectique de la nature, a par conséquence un caractère entièrement matérialiste." (id)

LVOG - Mais alors, il serait permis de l'étudier et de la diffuser sans passer pour un affreux contre-révolutionnaire, si la pensée aurait une origine matérielle ou en serait le prolongement ? Et comment, c'est même fortement recommandé.

Penser pour penser ou penser pour agir, c'est toujours penser, sauf que dans le premier cas on se livrera à un exercice stérile, et dans le second à un acte productif.

- "Naturellement, les intérêts psychologiques et sociaux (y compris, bien évidemment, les intérêts de classe) des hommes peuvent constituer des obstacles, et même d'insurmontables obstacles à leur prise de conscience et à leur découverte de ces vérités; mais les vérités elles-mêmes sont seulement basées sur des preuves qui sont valables pour tous les hommes." (Réponse de Léon Trotsky à James Burham - Fin des années 30.)

LVOG - Tiens donc, "les intérêts psychologiques et sociaux" peuvent constituer "d'insurmontables obstacles" à la "prise de conscience" des masses exploitées. Non, qui l'aurait cru, pas nos dirigeants qui n'ont eu de cesse de le nier ! Dites, on pourrait peut-être combattre ces obstacles ? Surtout pas malheureux s'écrient-ils en choeur !

- "Dans les révolutions bourgeoises, la conscience, la préparation, la méthode ont joué un rôle beaucoup moins grand que celui qu'elles sont appelées à jouer et jouent déjà dans les révolutions du prolétariat. (...) L'époque de la révolution sociale en Europe, comme l'ont montré les premières expériences, sera une époque de batailles non seulement implacables, mais raisonnées, beaucoup plus raisonnées que chez nous en 1917." (Léon Trotsky - Les leçons d'Octobre - 1924)

LVOG - Là franchement mon cher Léon, tu avais perdu la raison ou quoi ? Comment, tu prétendais que "la conscience" (la philosophie et la logique), "la préparation" (les idées du socialisme), "la méthode" (le matérialisme dialectique), qui incluent de nos jours la lutte contre les instruments de conditionnement des masses ou le combat contre la lutte idéologique et psychologique menée la classe dominante, joueraient un rôle beaucoup plus important dans la lutte de classe du prolétariat pour parvenir à renverser le régime en place ? Et bien imagine qu'à ce jour, je n'ai pas rencontré un seul dirigeant ou militant, trouvé un blog ou un portail, un courant politique, qui tienne compte de ton enseignement ou qui me prenne au sérieux quand j'évoque ces facteurs, c'est très préoccupant, n'est-ce pas ? Ah il y a de quoi te retourner dans ta tombe ! Et figure-toi que cela me pose un réel cas de conscience, car moi aussi je me demande si je ne suis pas aussi en train de perdre la raison, d'où ma décision de m'éclipser.

Voilà qui pourrait peut-être s'appliquer à Macron et à LREM :

- "Si la social-démocratie sauva la bourgeoisie de la révolution prolétarienne, le tour est venu pour le fascisme de libérer la bourgeoisie de la social-démocratie. Le coup d'Etat d'Hitler n'est que le maillon final dans la chaîne des poussées contre-révolutionnaires." (L. Trotsky - Qu'est-ce que le national-socialisme ? - 10 juin 1933)

LVOG - Pourvu qu'elle soit suivie d'une poussée révolutionnaire, ce sera la seule note optimiste de cette causerie, bien que je n'y crois pas trop, car en cas de débâche, là pour le coup ce serait le fascisme intégral qui nous attendrait. Je le dis quand même, des fois que cela fasse réfléchir.

Une minute et vingt trois secondes.

J'ai passé environ 50 heures ou plus à réfléchir aux différentes questions que posaient les sujets abordés dans la précédente causerie de 41 pages. Je ne parle pas du temps qu'il m'a fallu pour télécharger et lire les articles, formater la causerie, etc.

Je me suis demandé combien de temps les lecteurs y avaient consacré, aucun, 2 minutes, 5 minutes ? Visiblement, nous n'avons pas la même notion du temps qui passe et nous ne l'occupons pas de la même manière. Il semble défiler tellement rapidement qu'on a l'impression que le présent n'existe plus, donc il serait impossible de le saisir, aussi vaudrait mieux s'en tenir à des schémas de pensée préfabriqués ou des théories, plutôt que chercher à comprendre de quoi est fait le présent, de sorte que l'interprétation qu'on en fait ne peut pas correspondre pas à la réalité. C'est logique.

Tout est fait pour que les gens ne prennent plus le temps d'observer ce qui se passe et de se concentrer pour y réfléchir, de sorte qu'ils adopteront l'interprétation qu'on leur fournit, matraquée du matin au soir pendant des jours ou des semaines par la totalité des médias et tous ceux qui y ont intérêt, sans toutefois qu'ils aient obligatoirement les mêmes intérêts, tout du moins en apparence, car ce procédé étant employé pour conditionner les masses, on peut raisonnablement estimer que ceux qui y trouvent leurs intérêts ont forcément quelque chose à leur cacher ou sont malhonnêtes quelque part.

Pour acquérir un minimum de logique, il faut qu'on soit en mesure d'activer la faculté mentale de la concentration, dans le cas contraire on en restera à une observation superficielle et sans intérêt, dont on ne tirera aucun enseignement. C'est ce qui se passe en général chez la plupart des gens qui demeurent ainsi sous-évolués. Et pour que cette faculté puisse être mise à contribution, il faut, soit être capable d'observer ce qui se passe ou soit s'être doté au préalable des éléments de connaissance adéquats (scolarisation ou instruction). Et c'est seulement la combinaison de ce deux facteurs qui est susceptible de fournir les meilleurs résultats ou d'aboutir à une concentration maximum, dont pourra jaillir des enseignements d'une valeur supérieure à la connaissance scolastique ou livresque et plus durables, parfois quelques éclairs foudroyant de lucidité, car ils seront le produit de notre propre expérience, ce qui est irremplaçable et nécessaire pour progresser réellement, aussi librement que possible.

La plupart des idées que les gens ont adoptées ne sont pas le produit d'un tel processus mental ou intellectuel développé, c'est même extrêmement rare que ce soit le cas. Ceux qui s'escriment à s'attaquer à ces idées parce qu'elles desserviraient leurs intérêts, c'est-à-dire la quasi totalité de ceux qui se sont engagés pour une cause, perdent leur temps, puisqu'ils ne s'attaquent pas au mécanisme qui en est à l'origine, de telle sorte que ces gens continueront de les reproduire. On a été injuste en les traitant de piètres pédagogues, puisqu'il n'y avait absolument rien de pédagogique dans leur démarche, vous aurez reconnu nos dirigeants.

Qu'on se comprenne bien, on ne cherche pas à dicter un mode de pensée particulier, bien au contraire. On décrit simplement le fonctionnement d'un mode de pensée en démontant son mécanisme, en montrant à quel point il peut être nuisible, ensuit chacun est libre de modifier ou non son mode de pensée, sans qu'à aucun moment on essaie d'imposer le nôtre, puisque l'on sait par avance que ce serait contre-productif.

La tentation est grande de vouloir donner des leçons aux autres, il vaut mieux partager nos expériences et s'en tenir strictement là. Quant au style et à la forme à employer pour les transmettre, ils varieront en fonction des personnes rencontrées ou auxquelles on s'adresse, des thèmes abordés, du contexte politique, etc. mais aussi de notre propre personnalité. Là aussi la plupart de ceux qui se livrent à cet exercice en manque singulièrement, dans la mesure où sans en avoir conscience ils sont dans la même situation que les personnes auxquelles ils s'adressent. Je veux dire par là que leurs discours ne viennent pas d'eux-mêmes, ils sont la reproduction de ce qu'ils ont lu ou entendu ailleurs. C'est ainsi que généralement la voix des militants est celle de leurs dirigeants et non la leur. Ils vous rétorqueront peut-être que c'est normal parce qu'ils partagent leurs idées... On n'en doute pas un seul instant, et c'est bien là le problème, car ces idées n'ont jamais fait l'objet d'une étude sérieuse de leur part. Autrement dit, ils croient plus qu'ils ne savent, et partant de là ils peuvent tout aussi bien croire n'importe quoi, je crois savoir que cela nous est tous arrivé un jour, n'est-ce pas ? sans qu'on remette en cause leur sincérité.

Ce qui nous intéresse ici, c'est davantage comment ces idées ont été acquises au cours ou au terme de quel processus, pour pouvoir dans les meilleures conditions les transmettre ou les partager avec le plus grand nombre ; idées qui au demeurant ne sont pas forcément erronées, mais ne serviront à rien si elles sont le produit d'une sorte de mimétisme inconscient qui nous fait davantage ressembler à des anthropoïdes plus évolués que les autres, plutôt qu'à des hommes développés aspirant à leur émancipation.

Autrefois, les classes dominantes qui étaient les seules instruites ou qui étaient entourées de penseurs, de philosophes, etc. pouvaient facilement exercer leur hégémonie sur un peuple inculte et set recourir si nécessaire à la force pour le maintenir en servitude. Leur pouvoir était illimité et incontesté. Elles pouvaient l'exercer sans partage dans une société où les forces productives étaient encore peu développées dans le cadre du mode de production esclavagiste, puis féodal. Il n'en fut plus de même dès qu'émergea le mode de production capitaliste qui engendra le développement fulgurant des forces productives jusqu'à nos jours. Mais pour que ces forces productives puissent être mises en mouvement où qu'elles produisent quelque chose, il fallut élever le niveau intellectuel et de conscience du peuple exploité et opprimé, et au fur et à mesure que les contradictions du capitalisme allaient menacer son existence, il lui fallu inventer sans cesse de nouveaux besoins ou permettre au plus nombre d'accéder à ces besoins pour produire de nouvelles marchandises ou services, en somme pour alimenter la machine capitaliste ou tirer profit du procès de production, la seule raison d'être du capitalisme, des capitalistes, des besoins ou services qui allaient être de plus en plus sophistiqués, de sorte que pour les adopter il fallait également que la plèbe ait atteint un certain niveau de développement intellectuel ou de conscience, les capitalistes allaient donc faire en sorte de réunir cette condition, pour que leur mode de production puisse produire toute sorte de marchandises et qu'elles parviennent à ceux auxquels elles étaient destinées de manière à ce que le capitalisme ait encore de beaux jours devant lui.

Ce processus allait entraîner une réaction en chaîne que les capitalistes n'avaient pas forcément prévu et qu'ils allaient s'employer à essayer de contrôler parce qu'à terme elle constituait une menace pour leur régime. Il donna naissance à une puissante classe moyenne qui prendra immédiatement conscience du profit qu'elle pourrait en tirer pour en exiger toujours davantage. La classe ouvrière l'imita. Mais rapidement elles durent rabaisser leurs prétentions qui avaient prises des proportions telles que le régime capitaliste s'en trouvait dorénavant menacé. Dans l'impossibilité de retourner en arrière, Il fallait absolument trouver le moyen de limiter les prétentions de la classe ouvrière qui était la plus nombreuse, et le meilleur moyen fut encore de corrompre le mouvement ouvrier et de la privée de tout droit politique. Ces objectifs ayant été atteints relativement facilement, il ne restait plus qu'à faire en sorte que son niveau de conscience ne puisse plus progresser et qu'elle abandonne l'espoir de pouvoir un jour changer la société ou de vivre tout simplement autrement. C'est ainsi que tous les moyens de communication que la classe dominante allait mettre au service des classes dominées serviraient exclusivement cet objectif, maintenir le peuple laborieux dans un état d'ignorance, de dénuement politique, de faiblesse tel qu'il se résigne à sa condition, à s'accommoder du capitalisme au point que le socialisme lui soit totalement étranger.

Conditionner les masses, les mystifier à l'aide de procédés démagogiques toujours plus sophistiqués, les briser, les fragiliser psychologiquement pour briser leur résistance, orienter leur comportement de manière à ce qu'elles en perdent le contrôle, pourrir leur existence au quotidien en les rabaissant, en les complexant, en les humiliant, les terroriser si nécessaire au moyen d'attentats, les abrutir avec des divertissements débiles conçus spécialement à cette fin, vouer un culte à la médiocrité, à la servilité jusqu'à l'ignominie, élever le nihilisme au rang de philosophie d'Etat, oeuvre négationniste destinée à douter de tout, à déconstruire ou nier toutes les connaissances acquises de manière à ne plus avoir le moindre repère pour s'orienter, à se substituer à la réalité, flatter les pires faiblesses des hommes, les abreuver de promesses ou de bonnes intentions, les inonder d'informations toutes tournées dans la même direction à leur insu, les soumettre à une désinformation permanente de l'ordre de la propagande, censurer et criminaliser les opposants au régime, etc.

Bref, on a du mal à imaginer qu'une aussi vaste entreprise soit destinée à autre chose que brider la conscience du peuple pour qu'elle régresse au lieu de progresser. La classe dominante se donnerait-elle autant de mal si la conscience des masses ne représentait pas une réelle menace pour le régime, sans parler des sommes gigantesques qu'elle y consacre.

C'est ce que certains parmi nous osent affirmer, en dehors des conditions objectives, dont ils ne tiennent pas compte d'ailleurs, pour eux seul le discours politique aurait une influence sur les masses, tout le reste serait inutile ou du baratin de "curés" !

Ces gens-là vivent assurément dans un autre monde que le nôtre. Ils sont totalement sclérosés. Ce sont d'incurables dogmatiques au cerveau étroit, borné, fossilisé. Ils refusent de prendre en compte les transformations de la société, et d'admettre qu'au côté des conditions objectives qui ne nous sont pas favorables pour le moment, l'évolution potentiellement révolutionnaire du niveau de conscience des masses est la principale menace qui pèse sur le régime, d'où l'acharnement de ses représentants à tout faire pour la contenir ou la faire régresser.

Compte tenu que nous devons faire avec les conditions objectives qui nous sont imposées, c'est le seul facteur sur lequel on puisse agir, pour à un moment donné orienter la lutte de classe dans une autre direction que celle qu'elle a adoptée et qui est sans issue politique ou qui présente de fort relents corporatistes.

On a le choix entre adopter ou rejeter cette orientation politique.

Si on la rejette, on va être conduit à s'adapter au mouvement ouvrier tel qu'il est, au mieux en tenant un discours stérile, au pire en apportant de l'eau au moulin du capitalisme.

Et si on l'adopte, on ne pourra pas nous accuser d'oeuvrer à la division du mouvement ouvrier ou du prolétariat et ainsi de prêter main forte à Macron, puisqu'il est entendu que plus aucune réforme sociale (Collective ou politique) ne verra le jour tant que le régime n'aura pas été abattu, donc on a l'esprit tranquille de ce côté-là, au pire si on s'y prend mal, notre discours sera inaudible ou ne servira à rien, au mieux, il permettra aux travailleurs auxquels il sera parvenu d'élever leur niveau de conscience politique, donc cela vaut le coup de l'essayer, non ?

Vous noterez que je n'ai jamais prétendu (ici ou ailleurs) qu'il fallait élever un à un le niveau de conscience de chaque travailleur ou que cela serait suffisant pour envisager de renverser le régime, non c'est l'action collective et révolutionnaire des masses qui seule y parviendra, mais elles n'y parviendront jamais si elles n'atteignent pas un certain niveau de conscience pour se débarrasser de tous les obstacles qui les empêchent d'avancer dans cette voie. Donc je reste fidèle au marxisme et au socialisme.

Qui ne perçoit pas que ce matin en ouvrant les yeux ces deux facteurs vont composer l'essentiel de ce que nous allons vivre au cours de cette nouvelle journée et les suivantes et ainsi de suite ? Vous allez subir les conditions objectives qui constituent votre quotidien. Vous allez allumer votre poste de radio ou votre journal, vous connecter à Internet ou regarder la télévision, puis tard vous serez témoin de conversations ou vous y participerez, et cette expérience participera à votre conditionnement quotidien jusqu'à ce que vous alliez vous coucher le soir. Entre temps, vous aurez bossé, là encore vous subirez le sort qu'on vous avait réservé sans pouvoir y changer quoi que ce soit, fatalité qui sera renforcé du fait du conditionnement dont vous aurez fait l'objet durant toute la journée. C'est que vit chaque travailleur quotidiennement. Quel cauchemar !

Il est certain que si l'on ne brise pas ce cycle infernal, il n'y a aucune chance qu'on s'en sorte un jour.

Quand un prétexte en cache un autre.

Titre de l'éditorial de Daniel Gluckstein de la Tribune des travailleurs du 13 juin : L’économie a bon dos.

L’économie vue par le petit bout de la lorgnette. Essayons de l'aborder sous un angle plus large.

Dans sa lettre à Marx du 7 octobre 1858, Engels écrivait :

- « En réalité, le prolétariat anglais s'embourgeoise de plus en plus, et il semble bien que cette nation bourgeoise entre toutes veuille en arriver à avoir, à côté de sa bourgeoise, une aristocratie bourgeoise et un prolétariat bourgeois. Évidemment, de la part d'une nation qui exploite le monde entier, c'est jusqu'à un certain point logique. »

Que constaterait Marx 160 ans plus tard ?

Que les faits lui ont donné raison, et que cette tendance qu'il avait décrite minutieusement n'a cessé de s'approfondir et qu'elle s'est étendue à d'autres couches de travailleurs, ainsi qu'à l'ensemble des pays économiquement les plus développés et même au-delà.

Lénine poursuivait :

- « C'est à dessein que nous avons reproduit des extraits assez abondants des déclarations on ne peut plus explicites de Marx et d’Engels, afin que les lecteurs puissent les étudier dans leur ensemble. Et il est indispensable de les étudier, il vaut la peine d'y réfléchir attentivement. Car là est le noeud de la tactique imposée au mouvement ouvrier par les conditions objectives de l'époque impérialiste. »

- « Engels distingue entre le « parti ouvrier bourgeois » des vieilles trade-unions, la minorité privilégiée, et la « masse inférieure », la majorité véritable; il en appelle à cette majorité qui n'est pas contaminée par la « respectabilité bourgeoise ». Là est le fond de la tactique marxiste ! »

LVOG - J'avais ajouté le bref commentaire suivant qui figurait à la suite de ce passage de L'impérialisme et la scission du socialisme de Lénine : "Tactique à laquelle la totalité des trotskystes tourneront résolument le dos." J'entendais par là qu'ils s'étaient détournés de la « masse inférieure » au profit de des couches supérieures contaminées par la « respectabilité bourgeoise » par le biais du réformisme à la sauce social-démocrate ou stalinienne.

Je pense qu'il faut préciser que depuis c'était la majorité qui était devenue privilégiée, ce qui signifiait que la tactique consistant à s'adresser aux couches supérieures de la classe ouvrière sous l'influence des partis ouvriers bourgeois et aux dirigeants des syndicats qu'ils contrôlaient, ne pouvait que se solder par un échec. Refuser de s'adresser à la « masse inférieure », c'était pour ainsi dire s'interdire de se donner les moyens de construire le parti. Trotsky tiendra à peu près le même discours aux dirigeants américains 22 ou 23 ans plus tard. Et c'était normal, puisque ces couches privilégiées ne parviendraient jamais à se mobiliser au-delà des objectifs du trade-unionisme ou n'envisageraient jamais de s'attaquer au régime tant qu'elles demeureraient organisées par ces partis ou sous leur influence, tant qu'elles auraient les moyens matériels de s'accommoder du régime, tout au plus elles se mobiliseraient pour améliorer leur condition ou défendre leur statut, leurs acquis s'ils étaient attaqués, puis elles reprendraient le travail et la vie continuerait comme avant.

Et le plus remarquable, c'est que nos adversaires, qui ne sont pas à une contradiction près, accusent les appareils du PS et du PCF d'en porter l'unique responsabilité, alors que par ailleurs ils affirment à juste titre ou dans une certaine mesure seulement, que les conditions objectives l'emportent sur les conditions subjectives, dont les appareils, sans manifestement en comprendre la signification ou par mauvaise foi, quand ils refusent d'admettre que les conditions objectives peuvent aussi jouer à un moment donné un rôle de repoussoir lorsqu'elles ne sont pas strictement favorables à la radicalisation politique des masses, elles peuvent très bien jouer le rôle de catalyseur en certaines circonstances, mais de manière limitée uniquement, passées ces circonstances elles peuvent se transformer en leur contraire, ce qu'on peut perdre facilement de vue quand on ne s'interroge pas sur la manière dont elles se présentent, ou quand on se contente de leur donner une définition générique ou approximative, un nouveau cycle d'expansion du capitalisme, une crise ou une guerre ayant la même valeur pour eux et pouvant donc se traduire par les mêmes conséquences, or ce n'est pas du tout le cas.

Le rôle du PS et du PCF a toujours été de canaliser le mouvement des masses dans le cadre du régime pour le briser ou pour qu'il se termine dans une impasse.

Marx et Engels adoptèrent et modifièrent leur tactique en fonction du développement du capitalisme et du prolétariat dans chaque pays. Ils tinrent compte des profondes modifications intervenues dans la composition de chaque classe ainsi que leurs rapports. Ils assistèrent à la naissance du prolétariat de masse, du mouvement ouvrier, de l'aristocratie ouvrière, au développement des classes moyennes, ils observèrent comment allait s'opérer la fusion de l'industrie et la finance, l'évolution du capitalisme vers l'impérialisme, etc.

Ils observèrent comment l'amélioration de la condition ouvrière influençait le comportement des ouvriers et contribuait à modifier leurs rapports au capitalisme. Ils en tinrent compte pour élaborer leurs tactiques contrairement à nos dirigeants qui ont adopté une tactique une fois pour toute. Lorsque seulement une minorité des masses bénéficient du progrès social, tandis que la majorité continue de subir des conditions épouvantables ou extrêmement précaires, quand ce rapport va s'inverser, les rapports entre les classes vont s'en trouver modifiés au profit de la classe des capitalistes, parce que la majorité de la classe ouvrière va se retrouver plus solidement enchaînée au capitalisme.

Quand le mouvement ouvrier allait s'unifier, puis quand il allait scissionner, un nouveau changement de tactique s'imposerait. Tout dépendrait de savoir qui était à l'origine de cette scission et quelle en était la signification politique, quel rapport de force il existerait entre ses différentes composantes, qui serait majoritaire ou minoritaire. Et enfin, il resterait à établir sur la base de quelle orientation politique reposaient ces différentes tendances. C'est la combinaison de ces différents facteurs et rapports liés à l'évolution de la situation économique et politique qui permet de définir une tactique.

On constatera qu'une fois que la majorité des masses avaient obtenu des conditions de travail et d'existence meilleures, la tactique ne consistait plus à s'adresser à la majorité mais à la minorité, mais qu'une fois actée la scission du mouvement ouvrier il fallait s'adresser à l'ensemble des masses en privilégiant la minorité, de manière à ce que l'orientation du mouvement ouvrier soit basée sur les rapports entre la minorité et le capitalisme, plutôt que sur ceux entre la majorité et le capitalisme sachant qu'ils étaient viciés, ainsi seulement il était possible de ne pas dévier de l'objectif du combat du mouvement ouvrier, abattre le capitalisme, s'emparer du pouvoir politique. Vous constaterez qu'on est loin des calculs d'appareils de nos dirigeants.

Telle aurait dû être l'orientation de la tactique du front unique ouvrier, tactique qui aurait dû être mise en avant de manière circonscrite et limitée au lieu d'y recourir systématiquement, et dont les conséquences desserviront notre cause, puisque ce seront les couches privilégiées qui font partie de la majorité évoquée précédemment qui en tireront profit, les bataillons sur lesquelles s'appuie l'opportunisme pour combattre l'ensemble de la classe ouvrière ou plus généralement le régime pour assurer sa stabilité politique.

Cette tactique, telle qu'elle a été mise en oeuvre par nos dirigeants, n'a servi finalement qu'à renforcer le camp de la réaction au sein du mouvement ouvrier. Elle devait soi-disant permettre de construire le parti, un parti ouvrier bourgeois peut-être, mais certainement pas un parti ouvrier révolutionnaire. Et comme finalement ils n'auront rien construit du tout, on n'en saura rien !

Ils osent tout. Novlangue.

Après avoir monté une cabale contre le socialiste George Orwell, c'est au tour d'Albert Einstein.

Tous les explorateurs ou anthropologues, ethnologues, écrivains, qui au cours du dernier millénaire ont parcouru tous les continents ont décrit minutieusement le comportement des peuples inconnus ou peu connus qu'ils avaient rencontrés.

Les uns sans une pointe de mépris quand ils se croyaient investis d'une mission messianique, sans parler des missionnaires proprement dits qui avaient adopté la posture du colon blanc de race supérieure.

Les autres se livrant à un simple constat en observant et en décrivant les us et coutumes de ces peuples sans complaisance, c'est-à-dire à partir des critères en vigueur dans leur société et qui correspondaient à leur niveau de développement, en portant ou non des appréciations subjectives sur leurs observations en fonction de leur personnalité ou de l'objet de leurs voyages, qui pouvaient être d'ordre personnel ou professionnel.

J. London ou F. Engels quand il s'immergea dans le prolétariat britannique, A. D. Nell lors de ses nombreux voyages en Inde, à Sri Lanka et en Chine, au Tibet, tout comme A. Einstein lors de son séjour en Chine, rendirent compte fidèlement des expériences qu'ils avaient vécues dans ces pays-là. Leurs observations purent choquer les puritains et les hypocrites habitués à enrober ou à fuir la misère qui s'étalait quotidiennement dans leur propre pays, et avec laquelle ils s'accommodaient du moment qu'on ne leur imposait pas de la côtoyer ou qu'elle demeurait discrète, tant elle dénotait avec leur bien-être.

Leurs voyages les ayant conduits dans des pays sous-développés, par conséquent il était naturel que les peuples qu'ils allaient rencontrer le soient également à tous les niveaux ou presque. Donc forcément, les rapports qu'ils allaient décrire ne seraient pas à l'avantage de ces peuples ultra arriérés et superstitieux, sans porter de jugement sur eux, ce qu'on leur prête et reproche injustement aujourd'hui.

Quand j'avais effectué mon premier voyage en terres éloignées (Avec le Comité d'entreprise de ma première épouse), à Sri Lanka (Ceylan), en avril 1987, nous avions eu un après-midi de libre à Kandy. Notre guide nous avait déconseillé de nous rendre en ville, non pas par crainte de mauvaises rencontres, mais d'être confronté à une autre réalité que les hôtels cinq étoiles où nous étions descendus, par contraste avec la crasse et les immondices qui s'étalaient dans chaque rue ou de nous faire agresser par les énormes rats qui pullulaient. Il voulait nous éviter ce spectacle pour qu'on garde un souvenir iddylique de Sri Lanka, somme toute déformé Nous ne l'avons pas écouté, ce qui ne nous a pas empêché de garder un souvenir magnifique de ce voyage. Je dois préciser qu'à l'époque je ne militais plus depuis longtemps, et j'avais adopté l'état d'esprit du tiers-mondiste qui s'émerveille devant une bouse de vache ! Oui, j'étais tombé à un tel point de crétinisme ! Et c'est ce crétinisme qui me conduira en Inde deux ans plus tard...

Ces sociétés étant encore au stade féodal ou à peine sorties de la féodalité, majoritairement agricole, elles étaient plus proche dans leurs rapports du stade antérieur de la sauvagerie, que de celui du monde moderne ou capitaliste dans lequel ces voyageurs ou explorateurs vivaient. Monde capitaliste qui avait adopté ou développé des principes et des valeurs de nature humaniste uniquement par la force des choses ou par intérêt, les tenants des classes dominantes (passées et présentes) les présentant comme civilisateurs, alors qu'elles ne les respecteront jamais envers leurs propres sujets ou esclaves. En réalité, le capitalisme les devra à la lutte de classe des exploités et des opprimés et au processus matérialiste dialectique dont il fut le produit, et il fera tout pour maintenir le peuple dans des conditions d'existence plus ou moins misérables ou précaires et dans l'ignorance.

Le progrès économique ou social ne s'accompagne pas forcément ou toujours d'une élévation des consciences, loin s'en faut, du fait qu'il s'impose par en haut aux peuples d'en bas qui n'en ont pas réellement conscience. A chaque étape du développement de la civilisation humaine, il n'y eut qu'une élite qui représentait une infime minorité de la population dont le niveau de conscience dépassa celui de leurs contemporains. Le raffinement fut le privilège des puissants et leur cour, pendant que le peuple croupissait dans la fange, son statut n'ayant rien à envier à une bête sauvage, sa vie ne valait guère plus ou même moins, parce qu'elle n'était pas comestible.

Jusqu'à la fin du moyen-âge et durant la phase ascendante du capitalisme, le développement des forces productives demeura insuffisant pour que les peuples en profitent ou que leur condition d'existence progresse. Car le mode de production capitaliste était avant tout destiné à satisfaire les besoins des bourgeois plutôt que ceux du prolétariat.

Il y eut en France au milieu des années 30 une école de pensée consacrée à la "renaissance de la spiritualité" qui privilégiait le vrai, le beau, le bien comme forme d'idéal, sans qu'ils soient accessibles aux masses laborieuses qui peinaient à survivre, alors comment auraient-elles pu les représenter ou les adopter ?

Un jour je suis allé chez ma voisine, j'étais invité pour le premier anniversaire de sa fille, et une fois dans sa petite maison je me suis aperçu qu'elle était mal entretenue, au-dessus d'une porte pendait une immense toile d'araignée remplit d'insectes et de poussières. Elle se tenait devant moi, je ne lui ai rien dit, car j'ai estimé que l'état des lieux était conforme à son niveau de développement et qu'il ne pouvait pas en être autrement. Lorsqu'elle me tendit une petite assiette dans laquelle reposait une part de gâteau, je remarquai qu'il était accompagné d'un petit papillon desséché qui avait dû tomber de cette toile d'araignée car je me tenais juste en dessous de la porte, je le retirai délicatement de l'assiette en souriant, elle me sourit également en s'excusant, je lui répondis que ce n'était rien.

Sa maison n'a que deux ans et les murs sont déjà carrément crasseux, la porte d'entrée est à moitié détruite, il n'y a que le carrelage du sol qui soit entretenu. Tout autour de son petit terrain qui était propre avant qu'elle ne vienne habiter là, c'est devenu une décharge, sauf les deux côtés situés en face ou à portée de vue du mien, car c'est moi qui les nettoient chaque jour ou chaque semaine.

Et toute l'Inde, chaque maison est ainsi. L'Inde est une véritable poubelle. Le village où j'habite est immonde, une immense poubelle à laquelle viennent se mêler des excréments. Ma maison est située en retrait du village, et le gouvernement vient de livrer à chaque propriétaire le matériel nécessaire pour installer des toilettes, ce qui va nous soulager des odeurs pestilentielles qui envahissaient l'air dès qu'il pleuvait et qu'il y avait un peu de vent.

Quant aux rapports que les Indiens ont entre eux, ils sont du même niveau, je les ai suffisamment évoqués dans des causeries précédentes, et encore, je ne vous ai pas tout raconté par crainte que vous vous mépreniez sur le regard que je porte sur eux ou que vous puissiez penser que je les jugeais, ce qui n'était pas le cas évidemment.

Dans tout rapport avec des gens ici ou ailleurs, il y a le pire et le meilleur, et si le meilleur n'y existait qu'à l'état de trace ou embryonnaire à défaut d'avoir bénéficié de conditions favorables pour se développer, c'est à lui que nous devons nous adresser dans l'espoir qu'il progresse un jour, sans pour autant idéaliser la réalité qui est somme toute peu reluisante.

Ce qu'on a du mal à comprendre ou ce qui peut être la cause d'une méprise, c'est qu'on ne s'exprime pas de la même manière ou on n'a pas le même comportement quand on est confronté direction à une situation et lorsqu'on l'évoque de loin. Lorsque l'on sort les choses de leur contexte, on peut facilement leur faire dire n'importe quoi, et bien là c'est exactement la même chose.

- Des «commentaires racistes et xénophobes» d’Einstein rendus publics - sputniknews.com 15.06

Les carnets de voyage qu’Albert Einstein a rédigés entre octobre 1922 et mars 1923 sont empreints de préjugés envers des personnes rencontrées lors de son séjour de cinq mois et demi en Chine, à Singapour, Hong Kong et au Japon.

(Il ne s'agissait pas de préjugés, mais de constats. Hier on employait des expressions explicites qui suffisaient à rendre compte d'une certaine réalité, depuis lors bannie ou décrétés hors la loi, par exemple clochard qui désignait un déchet de leur société pourrie. Dorénavant il faut employer l'acronyme déshumanisé de SDF qui recouvre des situations diverses et dont les personnes concernées font l'objet d'un traitement de la part de la société, de sorte qu'on ne puisse pas l'accuser d'être indifférente à leur sort, alors que la condition du clochard ou du SDF est la même, juste pour la rendre plus présentable, plus acceptable, si merveilleuse! - LVOG)

En mai dernier, la Princeton University Press a publié des carnets de voyage du physicien Albert Einstein dans lesquels il fait le récit de son séjour dans plusieurs pays d'Asie au début des années 1920. Le contenu de ces carnets a révélé les attitudes racistes du scientifique envers des personnes qu'il a rencontrées à cette occasion, en particulier des Chinois, comme le rapporte The Guardian.

(The Guardian, la gauche social-libérale encore plus réactionnaire que la droite, quelle référence ! D'ailleurs je le classe à droite et non à gauche, tout comme l'ensemble de la gauche institutionnelle. Bien que fervent partisan d'Israël, apparemment ils n'ont jamais digéré ses critiques acerbes du régime et son refus poli d'en devenir le Président ou le Premier ministre, j'ai oublié.

«Les Chinois sont des personnes industrieuses, sales et obtuses. Ils ne s'assoient pas sur les bancs pour manger, ils s'accroupissent comme les Européens qui se soulagent dans les bois. Tout ça se passe dans le silence et la pudeur. Même les enfants sont sans âmes et obtus», écrit le scientifique.

(Je pourrais en dire de même des Indiens. La marche forcée ou la fulgurante accélération du développement de la civilisation humaine depuis l'avènement du capitalisme, ce sont des peuples vivant encore hier pratiquement à l'état sauvage qui sont en train de la réaliser, aussi conservent-ils bien des aspects de leur mode de vie ancestral profondément arriéré par rapport au nôtre. Les mentalités ou les comportements des peuples n'évoluent pas au même rythme que les forces productives ou le développement économique.

Quand j'observe quotidiennement à quel point ma compagne ultra arriérée a des difficultés pour arriver à penser à quelque chose d'enfantin que je lui soumets, je me dis que visiblement ce n'est pas le genre d'exercice auquel elle est entraînée, il faut donc être très patient avec elle et ne surtout pas lui reprocher, ce serait injuste et stupide. - LVOG)

Mutabilité du passé et négation de la réalité objective.

Je pense qu'Einstein était dans la même disposition d'esprit, et que ce qu'on lui reproche près d'un siècle plus tard relève du procédé scélérat ou totalitaire décrit par Orwell, qui consiste à réécrire sans cesse le passé de manière à ce que l'interprétation qu'on en fournit corresponde à l'évolution des besoins de la classe dominante tels qu'ils existent de nos jours ou tels qu'on nous les impose, de sorte qu'ils n'aient jamais existé d'autres interprétations ou d'autres manières d'agir ou de penser que celle qu'on nous impose de nos jours. Ainsi le passé est dématérialisé, détruit, il n'a jamais existé autrement que dans notre tête tel qu'on nous le présente, et il en va de même du présent et de l'avenir qu'on nous réserve, de façon à ce que se tarisse ou qu'on abandonne l'idée que la société pourrait être différente une fois toute trace du processus matérialiste dialectique ayant accompagné le développement de la civilisation humaine effacée.

Toute allusion au passé, à des idées ou des comportements différents de celles qu'ont adoptés les idéologues de l'oligarchie doit faire l'objet d'une condamnation et leurs auteurs cloués au pilori, quel que soit les qualités qu'ils avaient pu développer par ailleurs, l'ignoble monsieur Onfray est un des spécialistes en la matière

«Il serait dommage que ces Chinois supplantent toutes les autres races. Pour les gens comme nous, cette seule pensée est indiciblement triste», poursuit-il. (Insupportable monsieur Einstein ! - LVOG)

Le scientifique est également connu avoir dit en 1946 que «le racisme est une maladie de l'homme Blanc». (Comme quoi il ne l'était pas, mais ces abominables manipulateurs n'en tiendront pas compte. - LVOG)

(Ces deux citations suffisent à démontrer qu'on est bien en présence d'un procès d'intention attenté à Einstein par le ministère de la vérité.

La Chine était réputée il y a peu de temps encore, j'ignore si c'est encore le cas, mais le contraire serait surprenant, pour être le pays le plus dégueulasse de la planète, peut-être a-t-il été dépassé par l'Inde ou par l'Egypte car la concurrence est rude, quand j'avais appris que Le Caire en Egypte qui comprenait avec ses faubourgs quelque 15 ou 20 millions d'habitants, n'avait pas de service de ramassage des ordures.

Il est vrai qu'on n'a pas du tout envie que ces pays servent de modèle à l'humanité. Il en va de même de leur modèle social, de leur régime politique. En quoi une telle affirmation serait-elle raciste ou xénophobe ? Les Etats-Unis et Israël sont sans doute les pays les plus racistes et détestables de la terre. En quoi cela serait-il de l'anti-américanisme primaire ou de l'antisémitisme de l'affirmer? Faut-il rappeler que les Africains tout comme les Asiatiques avaient adopté l'esclavagisme, toutes sortes de coutumes cruelles ou barbares, de tortures et le canibalisme bien avant que les Européens colonisent leurs continents ? Personnellement, je me suis toujours refusé à critiquer ou juger ces coutumes, encore moins à exiger qu'ils les abandonnent, estimant que c'était leur affaire et non la mienne en tant qu'occidental, et que j'avais parfaitement le droit de ne pas les adopter tout en exigeant qu'ils aient la même attitude à mon égard, car le respect doit être réciproque.

Quand un Indien me demande si j'aime l'Inde et les Indiens, leurs coutumes, leur mode de vie, etc. je lui réponds pas plus que vous, ce qui signifie non, et généralement il sourit ou acquiesce. Personne n'a envie de vivre dans un pays pareil à moins d'être fou ou un riche rentier. Ils auraient même préféré que ce soit des Français ou des Britanniques qui gouvernent l'Inde au lieu d'Indiens. Quand je travaillais comme prof de français à l'Alliance française, je m'étais livré avec mes élèves (Agés de 12 à 60 ans et de tous les milieux sociaux) à différentes expériences comme je les aime, qui avaient consisté l'air de rien ou de façon informelle à les questionner sur un tas de sujet pour mieux les connaître, et je n'ai pas été déçu. - LVOG)

Ze'ev Rosenkranz, rédacteur en chef et directeur adjoint du projet Einstein Papers à l'Institut technologique de Californie, a déclaré qu'il «pense que beaucoup de commentaires nous semblent assez désagréables, en particulier, ce qu'il dit des Chinois». (Ze'ev Rosenkran doit être un sioniste fanatique, ce que n'a jamais été Einstein, il estimait même que les religieux juifs étaient archaïques, moyenâgeux. - LVOG)

«Les commentaires racistes et xénophobes dans ses récits sont à l'opposé de son image d'icône humaniste. C'est un choc de lire ses pensées et de les comparer à ses déclarations publiques. Il ne s'attendait pas à ce qu'on les publie ». sputniknews.com 15.06

(Pure allégation pour justifier une vulgaire machination. Einstein se doutait bien qu'un jour ou l'autre ses notes personnelles seraient publiées, faire croire le contraire c'est le prendre pour un idiot, c'est grotesque.

J'ignore quelles sont les intentions réelles qui figuraient derrière cette atteinte à l'intégrité d'Einstein. Peut-être devrions-nous dors et déjà procédé de même avec Israël et détruire la multitude de preuves matériels et les innombrables témoignages du sort cruel que les sionistes réservent aux Palestiniens depuis 70 ans, et raconter la magnifique épopée du peuple juif et de sa terre maternelle, Israël... - LVOG)

Parole d'internaute

(A propos du traitement médiatique de la visite de Netanyahou à Paris)

- "Pour un journaliste de la presse mainstream, une faute professionnelle consiste à ne pas savoir se censurer à temps.

On notera au passage qu’il s’agit du service public, ce qui relativise les explications tendant à voir dans la concentration des médias dans la main de quelques milliardaires la seule explication du délitement de la profession."

LVOG - Cela signifie que le "service public" est passé sous le contrôle de l'oligarchie. Elle fabrique et impose les Présidents de la République, les ministres, les hauts fonctionnaires qui seront aux postes clés de l'Etat, des institutions, alors les directeurs de l'information des chaînes publiques leur sont forcément acquis, dans le cas contraire ils seront poussés vers la sortie et remplacés par leurs candidats.

En complément.

1984 - George Orwell -1948

Extrait. Les principes sacrés de l’Angsoc. Novlangue, double-pensée, mutabilité du passé.

La mutabilité du passé est le principe de base de l’Angsoc. Les événements passés, prétend-on, n’ont pas d’existence objective et ne survivent que par les documents et la mémoire des hommes. Mais comme le Parti a le contrôle complet de tous les documents et de l’esprit de ses membres, il s’ensuit que le passé est ce que le Parti veut qu’il soit. Il s’ensuit aussi que le passé, bien que plastique, n’a jamais, en aucune circonstance particulière, été changé. Car lorsqu’il a été recréé dans la forme exigée par le moment, cette nouvelle version, quelle qu’elle soit, est alors le passé et aucun passé différent ne peut avoir jamais existé. Cela est encore vrai même lorsque, comme il arrive souvent, un événement devient méconnaissable pour avoir été modifié plusieurs fois au cours d’une année. Le Parti est, à tous les instants, en possession de la vérité absolue, et l’absolu ne peut avoir jamais été différent de ce qu’il est.

Le contrôle du passé dépend surtout de la discipline de la mémoire. S’assurer que tous les documents s’accordent avec l’orthodoxie du moment n’est qu’un acte mécanique. Il est aussi nécessaire de se rappeler que les événements se sont déroulés de la manière désirée. Et s’il faut rajuster ses souvenirs ou altérer des documents, il est alors nécessaire d’oublier que l’on a agi ainsi. La manière de s’y prendre peut être apprise comme toute autre technique mentale. Elle est en effet étudiée par la majorité des membres du Parti et, certainement, par tous ceux qui sont intelligents aussi bien qu’orthodoxes. En novlangue, cela s’appelle doublepensée, mais la doublepensée comprend aussi beaucoup de significations.

La doublepensée est le pouvoir de garder à l’esprit simultanément deux croyances contradictoires, et de les accepter toutes deux. Un intellectuel du Parti sait dans quel sens ses souvenirs doivent être modifiés. Il sait, par conséquent, qu’il joue avec la réalité, mais, par l’exercice de la doublepensée, il se persuade que la réalité n’est pas violée. Le processus doit être conscient, autrement il ne pourrait être réalisé avec une précision suffisante, mais il doit aussi être inconscient. Sinon, il apporterait avec lui une impression de falsification et, partant, de culpabilité.

La doublepensée se place au coeur même de l’Angsoc, puisque l’acte essentiel du Parti est d’employer la duperie consciente, tout en retenant la fermeté d’intention qui va de pair avec l’honnêteté véritable. Dire des mensonges délibérés tout en y croyant sincèrement, oublier tous les faits devenus gênants puis, lorsque c’est nécessaire, les tirer de l’oubli pour seulement le laps de temps utile, nier l’existence d’une réalité objective alors qu’on tient compte de la réalité qu’on nie, tout cela est d’une indispensable nécessité.

Pour se servir même du mot doublepensée, il est nécessaire d’user de la dualité de la pensée, car employer le mot, c’est admettre que l’on modifie la réalité. Par un nouvel acte de doublepensée, on efface cette connaissance, et ainsi de suite indéfiniment, avec le mensonge toujours en avance d’un bond sur la vérité. Enfin, c’est par le moyen de la doublepensée que le Parti a pu et, pour autant que nous le sachions, pourra, pendant des milliers d’années, arrêter le cours de l’Histoire.

Fabrique du consentement.

- Huit Français sur dix considèrent Donald Trump comme "agressif", "raciste" et "dangereux" - franceinfo 14.06

Les Français continuent de détester Donald Trump. D'après un sondage Odoxa-Dentsu Consulting pour franceinfo et le Figaro, 71% disent avoir globalement une mauvaise opinion de lui. Les qualificatifs qui reviennent le plus sont "agressif" (86%), "raciste" (81%) et "dangereux" (81%).

Plus précisément, concernant les mesures de protectionnisme économique prises par Donald Trump, 84% des Français pensent qu'elles seront négatives pour l'économie mondiale en général et pour l'Europe en particulier (85%). (Alors qu'ils sont nuls en économie ! LVOG)

Ils sont autant à en passer pas moins de Macron, chut !

Totalitarisme. Big Brother vous surveille.

Novlangue. Quand il s'agit de la Chine, c'est normal puisque c'est un régime dictatorial, mais quand il s'agit de la France ou d'un autre pays occidental, c'est normal parce que le régime serait démocratique.

- Surveillance : le réseau français "intelligent" d'identification par caméras arrive - information.tv5monde.com 09 juin 2018

"La reconnaissance faciale "intelligente" est annoncée comme une nécessité pour le ministère de l'Intérieur. Le modèle chinois de contrôle et surveillance de la population par des caméras et des algorithmes d'identification des personnes semble inspirer le gouvernement et l'administration française qui lance des expérimentations et des partenariats."

L'identification en temps réel des personnes par des réseaux de caméras de rue n'est plus un fantasme de film d'anticipation : la Chine a massivement déployé ces sytèmes et s'en vante. Le "réseau céleste" — ainsi nommé par le gouvernement central — de 20 millions de caméras, est un œil géant piloté par des intelligences artificielles qui travaillent jour et nuit à analyser les millions de visages des passants des grandes villes chinoises. Un journal de Hong Kong — cité dans le Courrier international — l'Apple Daily, résume les capacités surhumaines du "réseau céleste" avec délectation :

Le système peut identifier en temps réel avec exactitude le type de voiture, l’habillement, le sexe et même l’âge d’un passant… Ces informations sur les passants s’affichent automatiquement à l’écran. Quand il s’agit d’un criminel recherché, l’alarme du système se déclenche en montrant les données le concernant sur l’écran. Extrait du Courrier International : "Surveillance. Le “réseau céleste”, version chinoise de Big Brother", le 28/09/2017

La France est l'un des pays champion des technologies numériques de surveillance. Pionnier dans le domaine du "Deep packet inspection" (DPI, inspection profonde de paquets) grâce à sa recherche universitaire et des montages d'entreprises spécialisées dans l'exportation de ces systèmes à des dictatures, le pays de Victor Hugo a légiféré en cascade depuis plusieurs années pour autoriser les services de police et de renseignement à surveiller et capter les échanges numériques des citoyens de façon administrative, sans contrôle d'un juge d'instruction.

"Boites noires" chez les fournisseurs d'accès internet, sondes sur les câbles sous-marins, systèmes d'interception des communications "silencieux", logiciels de morpho-analyse intelligents : la plupart des technologies numériques de surveillance, d'identification et d'analyses prédictives sont en place dans les services de renseignement et de police français. Ne manque — visiblement — aujourd'hui qu'à déployer de façon massive les derniers outils de reconnaissance faciale, pilotés par intelligence artificielle, et les généraliser. Ce qui semble être en cours de discussion dans les ministères, les centres de recherche et les services d'Etat.

Des déclarations sur l'utilisation de technologies à base d'IA comme aide à la décision pour les forces de police avaient déjà été effectuées alors par Gérard Collomb : "Les service de l'Etat vont analyser les données avec de l'intelligence artificielle pour être encore plus efficaces, avec une expérimentation déjà lancée dans onze départements." La question de la concomitance de ces annonces avec les nouvelles disposition de surveillance technologique policières — prises par le gouvernement chinois — se posait déjà en février 2018 :

Aujourd'hui, le ministre de l'Intérieur annonce clairement ses intentions au sujet de la surveillance et l'identification par reconnaissance faciale dans son bilan "d'un an de maintien de l'ordre" (article La Croix) :

(…) en matière d’exploitation des images et d’identification des personnes, on a encore une grande marge de progression. L’intelligence artificielle doit permettre, par exemple, de repérer dans la foule des individus au comportement bizarre.

Sur la problématique des manifestants violents, le ministère veut explorer des voies technologiques prédictives, et ne s'en cache pas : "Les services ont identifié certains meneurs, il y a aussi sûrement de petits groupes assez structurés derrière eux, et il faudrait pouvoir agir en prévention." Arrêter des futurs manifestants avant que les actes violents ne soient commis à l'aide de caméras intelligentes repérant les individus aux comportements suspects ? Les défenseurs des libertés et les avocats sont logiquement déjà alarmés par cette possibilité. Comment accepter, dans une démocratie, l'arrestation de personnes sans qu'elles n'aient commis de délit, mais seulement parce que des machines les ont repérés, identifiés et analysés de façon prédictive comme étant de futurs fauteurs de troubles ?

Le CNRS confirme

L'annonce récente par le CNRS de la signature d'une convention avec la Direction du renseignement militaire (DRM) confirme l'intérêt des services de l'Etat pour le développement d'intelligences artificielles de reconnaissance d'image, comme Fabrice Boudjaaba, le directeur adjoint scientifique de l’Institut des sciences humaines et sociales du CNRS l'explique : "Les questions liées à l’Intelligence artificielle sont évidemment centrales. Les recherches sur la reconnaissance automatique d’image intéressent particulièrement le renseignement militaire. En effet, leur principal problème du renseignement aujourd’hui n’est pas le manque d’information, mais bien le trop plein d’information qui peut submerger et finalement paralyser l’outil de renseignement."

Si les technologies innovantes d'analyses d'image par intelligence artificielle pour la DRM sont avant tout liées à des théatres d'opérations à l'étranger, il n'est pas interdit de penser que ces recherches publiques seront utilisées aussi pour du renseignement intérieur ou de l'investigation policière.

Les questions dans le cadre de la surveillance de la population et l'identification des personnes par apprentissage automatique restent donc toujours sans réponse de la part des autorités, et celles-ci sont pourtant très simples : peut-on ficher une population et laisser des agents numériques traiter les données biométriques qui s'y affèrent ? La surveillance d'Etat par reconnaissance et identification faciale est-elle compatible avec le respect des libertés publiques et des droits fondamentaux à la vie privée ? Quelles garanties la population a-t-elle que les données biométriques propres à chacun ne serviront pas à des fins de prévention ou de répression d'expression politique ou de contestation sociale ?

La Chine, quant à elle ne s'est pas posée ces questions et applique sans états d'âme la surveillance électronique permanente des citoyens : la France, bien plus discrètement, et sans publicité s'apprête visiblement à faire de même. Jusqu'à copier aussi à terme le système de crédit social chinois ?

Reste que l'on ne sait pas si la population française est prête à accepter de vivre dans une société sous contrôle de machines autonomes où chacun de ses faits et gestes sera enregistré, analysé et poteniellement… noté ? information.tv5monde.com 09 juin 2018

Quel est le sens de la réforme des institutions annoncée par Macron ? Instaurer ad vitam æternam le totalitarisme...dans "l'intérêt des générations futures".

- Les Cours suprêmes, au service des générations suivantes - par Jacques Attali - lexpress.fr 13.06

Il est donc nécessaire de trouver une solution à la question si difficile, et si essentielle, pour l'avenir : comment faire en sorte que les démocraties de marché se préoccupent de l'intérêt des générations futures ?

Bien des solutions en théorie sont possibles : on peut compter sur un effort d'éducation de tous, ou sur la création d'une nouvelle chambre parlementaire ad hoc. Tout cela mérite d'être tenté. Et l'a été.

Mais, rien ne vaut le fait d'avoir, dans le système institutionnel déjà existant, quelqu'un en charge d'incarner le long terme ; qui peut imposer à tous une décision au nom des intérêts des générations suivantes. C'est le rôle qu'a joué récemment le président de la République italienne, en imposant à un gouvernement de passage le respect des engagements italiens dans l'Union européenne, qui engage l'avenir à long terme du pays. Mais on ne peut compter sur un tel rempart dans tous les cas de figure.

Une solution, plus pratique que les autres, n'a pas encore été essayée : confier à l'instance judiciaire suprême la responsabilité de parler au nom des générations futures. Mieux qu'aucune autre, si elles acceptaient d'en avoir le mandat, ces institutions pourraient peu à peu conduire les tribunaux, puis les législateurs, à tenir compte dans leurs décisions de l'intérêt des générations suivantes.

En France, par exemple, il faudrait que le Conseil constitutionnel (et les deux autres instances suprêmes que sont le Conseil d'Etat et la Cour de cassation) en fasse un élément clef de leur jurisprudence.

Le Conseil constitutionnel est encore loin de le faire. Et pourtant, il en aurait les moyens, s'il le voulait, sans novation juridique quelconque, en s'appuyant sur la seule Constitution, et ses annexes, qu'il a la charge de faire respecter.

Tout est donc dit. Et si les Cours suprêmes des démocraties se donnaient le mandat de faire respecter ces exigences par les lois et décrets, nos sociétés finiraient par agir dans l'intérêt de l'avenir. Il est encore temps. Et s'il le faut, en France, une réforme de la Constitution serait bienvenue et laisserait une vraie trace dans l'Histoire. lexpress.fr 13.06

Vous aurez retenu qu'une institution non élue détiendrait ainsi le pouvoir d'engage "l'avenir à long terme du pays" ou de décider du sort des générations futures en s'appuyant sur la Constitution de la Ve République. Attali étant l'un des mentor de Macron, cette déclaration mériterait d'être reprise accompagnée d'un appel à l'abolition de la Constitution de la Ve République, ce serait autre chose que les éditoriaux misérables qu'on nous soumet.

La question qui tue.

- On a demandé aux retraités pourquoi la mobilisation sociale est plus difficile aujourd'hui - Le HuffPost 14 juin 2018

... nous avons donc demandé à ces expérimentés des pavés et des piquets de grève leur regard sur une mobilisation sociale qui peine à faire reculer le pouvoir en place. En somme, pourquoi la lutte sociale semble plus difficile que dans leur jeunesse?

Un peuple paupérisé, c'est un peuple qui se bat moins. (Pur sophisme. Parce qu'un peuple qui se serait enrichi se battrait davantage, il ne semble pas que ce soit le cas du peuple américain, non ? - LVOG) Et aujourd'hui, c'est un peu ce qui se passe. Un retraité des travaux publics

Précarité des salariés, violences dans les manifestations, divisions syndicales... Chacun à sa petite analyse sur ce printemps social en demi-teinte. "Quand il y a dix étudiantes assises devant les marches de l'université et que devant elles, on a l'impression de tourner un film de Robocop, on a plus envie de sortir", explique Jean-Claude, enseignant retraité de 81 ans, au sujet des déploiement impressionnants de policiers dans les manifestations. D'autres s'inquiètent pour les jeunes générations. "On leur a appris à regarder la télé et l'ordinateur", se désole au micro du HuffPost Michelle, 73 ans, avant d'ajouter: "Ils viendront quand ça ira trop mal. Mais ce n'est pas à souhaiter." Le HuffPost 14 juin 2018

Et après, il y en a qui vont nous expliquer que ceux qui se mobilisent auraient un niveau de conscience de classe supérieure, à voir leurs arguments on est en droit d'en douter fortement.

Leur humanisme est la politesse des salauds...

- Yémen: violents combats près de Hodeida, l'ONU inquiète pour l'approvisionnement des civils AFP 14.06

- "Envoyé spécial" : "Les enfants perdus du califat" primé au 6e Prix Média ? Enfance Majuscule franceinfo - 14.06

- En Argentine, vote historique en faveur du droit à l'avortement AFP - 14.06

- USA: le débat politique enfle autour des séparations d'enfants de migrants AFP 15.06

- San Francisco élit pour la première fois une femme noire comme maire AFP 14.06 Un an après l'incendie de la Tour Grenfell, Londres se recueille AFP - 14.06




ACTUALITE EN TITRES

Médiocratie. Electrochoc ou convulsion du régime.

- Fête de la musique 2018: Busy P. et Kavinsky mixeront lors du premier concert électro à l'Élysée - Le HuffPost




ACTUALITÉ DU JOUR

Young Leader, Bilderberger, banquier, roitelet, il ne lui manquait plus que chamoine de Latran...

- Macron sera reçu par le pape François le 26 juin lors d'une visite officielle - AFP 18 juin 2018

Au cours de cette visite, Emmanuel Macron sera également "accueilli à Saint-Jean du Latran lors d'une cérémonie marquant son titre de premier et unique chanoine d'honneur de cette basilique", a indiqué l'Elysée.

Le pape François avait félicité M. Macron pour son élection, voici un an, en évoquant la "tradition chrétienne" de la France qui est appelée à défendre "une société plus juste". AFP 18 juin 2018

Heureusement qu'il y a toujours des pauvres et que les pauvres sont toujours les mêmes.

- Aides sociales : les Français sondés d’accord a minima avec Macron - Libération 14 juin 2018

Ils osent tout en famille. Ils taxent les aumônes.

- Une ville de Suède instaure un permis de mendier - franceinfo 14 juin 2018

Payer 150 couronnes, soit 15 euros, pour obtenir un permis de mendier : c'est la mesure adoptée, jeudi 14 juin, par le conseil municipal d'Eskilstuna en Suède.

"Une autorisation des autorités policières pour la collecte passive d'argent est obligatoire dans certaines zones géographiques" stipule l'arrêté. Les personnes qui mendieront sans ce permis s'exposeront à une amende. Le texte a été adopté avec les voix des sociaux-démocrates, conservateurs, centristes et extrême droite. franceinfo 14 juin 2018

On se passera de permis pour exterminer ces ordures ! Et puis quel modèle social la Suède ! Ils haïssent les pauvres et ne s'en cachent pas, nous ou plutôt nos dirigeants sont décidément trop cons pour ne pas les imiter. Vous comprenez ce que j'entendais par mystification, combattre soi-disant le régime , la social-démocratie, le stalinisme, tout en les ménageant pour ne pas effrayer les âmes sensibles, résultat, on se fait piétiner, bravo!

Braderie.

- Privatisations pour 15 milliards de plus - Liberation.fr 14.06

En vue d’alimenter son fonds pour l’innovation mais aussi de soulager la dette, l’Etat va céder tout ou partie de ses parts d’ADP, d’Engie et de la Française des jeux. Liberation.fr 14.06

Défoncez-vous et résignez-vous !

- Canada: les députés votent la légalisation du cannabis - AFP 18.06

Le Canada est en passe de devenir le premier pays du G7 à légaliser le cannabis après l'adoption lundi par ses députés d'un projet de loi permettant la libre consommation et production de cette drogue douce dès septembre. AFP 18.06

Je vais proposer à Modi, le Premier ministre indien, de leur en livrer quelques centaines de tonnes en échange d'une commission pour avoir eu cette idée géniale, je déconne.

Les autres suivront...




INFOS EN BREF

POLITIQUE

1- Colombie

- Colombie : vieille droite et jeune président - Libération 18 juin 2018

C’est donc le jeune Iván Duque, bientôt 42 ans, représentant la vieille droite extrémiste colombienne, qui a été élu dimanche avec 53,9% des voix. Son opposant, l’ex-guérillero et ancien maire de Bogotá Gustavo Petro, a obtenu 41,8% avec son mouvement Colombie humaine, ce qui représente un score jamais vu pour la gauche en Colombie. La participation de 52%, un peu moins élevée qu’au premier tour du 27 mai, reste un record pour une élection présidentielle colombienne. Libération 18 juin 2018

2- Palestine occupée

2.1- Violences à Gaza: l'ONU adopte un texte condamnant Israël - AFP 14 juin 2018

L'Assemblée générale de l'ONU a adopté mercredi un projet de résolution, auquel les Etats-Unis étaient opposés, condamnant Israël pour la récente flambée de violences meurtrières à Gaza, tout en rejetant un amendement américain mettant en cause le Hamas dans ces mêmes violences.

Le projet de résolution, soutenu par pays arabes, a été adopté par 120 voix sur 193, avec huit votes contre et 45 abstentions.

La France fait partie des 12 pays européens qui ont donné leur voix à ce texte, rejoints notamment par la Russie et l'Espagne.

L'amendement introduit par Washington pour condamner les islamistes du Hamas n'a pour sa part pas recueilli les deux-tiers des voix nécessaires pour être adopté (62 votes pour, 58 contre, 42 abstentions).

Les pays arabes se sont tournés vers l'Assemblée générale après que Washington a utilisé son veto au Conseil de sécurité pour bloquer cette résolution décrite par son ambassadrice, Nikki Haley, comme étant "grossièrement biaisée" contre Israël.

Le texte appelle à l'adoption de mesures pour protéger les civils palestiniens, après qu'au moins 129 Palestiniens ont été tués dans la bande de Gaza par des tirs israéliens depuis fin mars, le début de manifestations le long de la clôture frontalière. Aucun Israélien n'a été tué.

Les Etats-Unis et Israël ont vivement critiqué le texte, présenté par l'Algérie et la Turquie au nom de la Ligue arabe et de l'Organisation de la coopération islamique (OCI), au motif qu'il ne mentionne pas les islamistes du Hamas, qui contrôlent Gaza.

"Le sport politique favori de certains est d'attaquer Israël. C'est pour cela que nous sommes ici aujourd'hui", a déclaré mercredi Nikki Haley.

L'ambassadeur israélien à l'ONU Danny Danon a pour sa part dénoncé "une volonté de nous retirer notre droit élémentaire à nous protéger".

La résolution déplore un usage "excessif, disproportionné et indiscriminé de la force par les forces israéliennes contre les civils palestiniens" mais critique aussi "le tir de roquettes de la bande de Gaza contre des zones civiles israéliennes".

Elle charge le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres de préparer des propositions en vue d'"un mécanisme de protection international" pour les Palestiniens à Gaza et en Cisjordanie occupée.

Ces propositions pourraient aller de la mise en place d'une mission d'observation à une véritable force de maintien de la paix, mais chacune de ces options devrait nécessairement être approuvée par le Conseil de sécurité, où Washington a un droit de veto. AFP14 juin 2018

2.2- Finalisation du plan de paix US pour le Proche-Orient - Réseau Voltaire 17 juin 2018

Jared Kushner et Jason Greenblatt débutent un voyage au Proche-Orient qui les mènera en Israël, en Jordanie, en Égypte, en Arabie saoudite et au Qatar, mais ni dans les Territoires palestiniens, ni en Syrie.

Jared Kushner et Jason Greenblatt sont deux collaborateurs de longue date de Donald Trump. Ils sont tous deux juifs orthodoxes. N’ayant pas d’expérience diplomatique, ils sont désormais chargés d’élaborer le plan de paix au Proche-Orient sans en référer au département d’État. Durant leur voyage, David Friedman, l’ambassadeur des États-Unis en Israël sera à Washington dans le cadre de consultations routinières. Également juif orthodoxe, il est connu pour ses positions outrancières.

Le plan US devrait être basé sur la « solution à deux États » ; l’État palestinien étant la Jordanie élargie à la Cisjordanie avec notamment un quartier de Jérusalem comme capitale (Abou Dis et éventuellement Jabel Mukaber, Issawiya et Shuafat).

Ce plan vise à améliorer la situation des Palestiniens, pas à répondre à toutes leurs attentes. Il est d’ores et déjà combattu par Mahmoud Abbas, mais pas par la plupart des factions palestiniennes (y compris par une aile du Fatah et le Hamas qui le soutiennent). La France, la Suède et le Royaume-Uni tentent dès à présent de le saboter. Il devrait être intégralement rendu public fin juillet. Réseau Voltaire 17 juin 2018

Yémen

- L’Arabie saoudite, les Emirats et la France contre les Houthis au Yémen - Réseau Voltaire 16 juin 2018

L’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis ont attaqué les forces houthis au Yémen dans la région de Hodeïda. Selon Le Figaro, elles sont soutenues par les Forces spéciales françaises.

Le quotidien précise que la France sera également en charge du déminage des ports à l’issue de la bataille ; une aide que les États-Unis ont refusé de fournir.

L’Arabie saoudite tente de réunifier le Yémen, tandis que son allié émirati mise sur une nouvelle partition du pays. On ignore comment la France envisage l’avenir du pays.

La France a déployé secrètement des Forces spéciales en Syrie, en Irak et au Yémen. Une soixantaine de soldats français ont été faits prisonniers en Syrie au cours des dernières semaine. Réseau Voltaire 16 juin 2018


SOCIAL ET SOCIÉTÉ

Russie

- La Russie brise le tabou de l'âge de la retraites, héritage soviétique - AFP 15.06

Au moment où la Russie s'apprêtait à lancer un mois de fête du football, le gouvernement russe a brisé jeudi un tabou soigneusement évité jusqu'alors par Vladimir Poutine en proposant un relèvement progressif de l'âge de la retraite, inchangé depuis près de 90 ans.

Fixé en 1932 et jamais touché depuis, l'âge de départ à la retraite en Russie - un acquis social de l'époque soviétique - est parmi les plus bas du monde: 55 ans pour les femmes et 60 ans pour les hommes.

Jusqu'à 30% des Russes peuvent même partir plus tôt que l'âge officiel grâce aux régimes spéciaux dont bénéficient de nombreuses catégories. Mais dans la réalité, de nombreux Russes continuent de travailler bien longtemps après être devenus officiellement "retraités", les très maigres pensions servant de complément de revenus.

Après d'hésitations et d'avertissements sur le poids croissant d'un système souvent jugé intenable, le gouvernement est passé à l'action en annonçant une vaste réforme jeudi, jetant un froid à quelques heures du coup d'envoi du Mondial-2018 de foot.

Il propose "de commencer en 2019 pour atteindre étape par étape l'âge de la retraite de 65 ans pour les hommes en 2028 et 63 ans pour les femmes en 2034", a déclaré le Premier ministre Dmitri Medvedev lors d'un conseil des ministres.

Elle s'accompagne d'une autre mesure potentiellement douloureuse pour le pouvoir d'achat: une hausse du taux de TVA de 18% à 20%, exception faite de la nourriture, des produits pour enfants et du matériel médical.

A peine un mois après avoir son investiture, Vladimir Poutine entame donc son quatrième mandat sur des mesures potentiellement impopulaires, lui qui assurait en 2005: "Tant que je serai président", il n'y aura pas d'âge de relèvement de l'âge de la retraite.

Selon un sondage réalisé fin mai par l'institut FOM, 82% des Russes sont contre l'augmentation de l'âge de la retraite.

"C'est une mesure impopulaire. Sa nécessité et la détermination du gouvernement de l'appliquer étaient évidentes, mais la situation politique ne le permettait pas", a expliqué à l'AFP le politique Nikolaï Petrov, de la Haute Ecole d'Economie de Moscou.

"Maintenant que les élections sont passées, il existe une courte période pendant laquelle le pouvoir n'a pas peur de la réaction négative des citoyens", a-t-il ajouté.

Selon les dernières données de la Banque mondiale (2016), l'espérance de vie des Russes est de 66,5 ans pour les hommes et d'un peu moins de 70 ans pour les femmes. Elle est en progression constante depuis le début des années 2000, après avoir chuté dans les années suivant la chute de l'URSS en 1991. AFP15.06

On retiendra : "Maintenant que les élections sont passées, il existe une courte période pendant laquelle le pouvoir n'a pas peur de la réaction négative des citoyens", c'est également valable pour la France, à ceci près que les mauvais coups étaient annoncés avant et non après les élections, témoignant de la décomposition politique en France, du mouvement ouvrier, qui non seulement sera incapable de s'y opposer, mais qui ne constitue même plus une menace pour le régime.


ECONOMIE

Inde

- «Guerre commerciale»: l’Inde imposera des taxes sur des produits américains - sputniknews.com 16.06

En réponse à la taxation par Washington des importations d’aluminium et d’acier, l’Inde, pays touché par cette mesure, a dressé sa liste de produits «Made in USA» sur lesquels les droits de douane seront augmentés.

L’Inde imposera des droits de douane supplémentaires sur 30 produits américains, informe The Indian Express, précisant que la mesure en question constitue une réponse à la décision de Washington d’introduire des taxes sur les importations d’aluminium et d’acier.

L’augmentation des taxes sur certains produits, dont des objets en métal, des produits agricoles et des motocycles, pourra atteindre 50%, rapporte la source, précisant que la liste des produits en question a déjà été transmise à l’Organisation mondiale du commerce (OMC). sputniknews.com 16.06


Le 14 juin 2018

CAUSERIE ET INFOS

A chaque fois que je voulais actualiser le portail ces derniers jours une nouvelle idée jaillissait, du coup j'ai passé beaucoup de temps à réfléchir, et le plus difficile ce fut de mettre cela au propre. Je n'actualiserai pas le portail aussi régulièrement, j'ai encore trop de choses à faire chez moi et personne ne peut les faire à ma place. Je crois qu'il y a matière à tenir pas mal de temps avec cette volumineuse causerie.

Causerie au format pdf (41 pages)

Quelques réactions politiques.

1- Quelques réactions après avoir fait un tour d'horizon de l'actualité hier soir.

Le printemps est passé comme une lettre à la poste. Le président néonazi du parlement ukrainien parade à Paris, quoi de plus naturel. Il y a de quoi sabrer le champagne !

Macron ne loupe pas une occasion de faire savoir qu'il hait les pauvres... qui lui rendent bien. L'orgie des nantis peut continuer. La médiocrité s'invite ou s'infiltre partout à vous en donner la nausée. Ils s'en vantent et il y en a qui les flattent pour faire partie de la cour. Ne les ignorons pas, méprisons-les, piétinons-les, après tout ils doivent être là pour cela.

Visiblement, nous ne vivons pas dans le même monde, donc tenons-nous en à notre cause, il y a de quoi faire et ne jamais s'emmerder pour qui veut se rendre utile pour combattre le régime. C'est un appel à l'engagement politique, parce que cela fait aussi partie de la vie, de la société. Il y en a qui peuvent dire stop spontanément, et il y en a d'autres pour lesquels il faut plus de temps et ce sont les plus nombreux. Quand on a des principes ou des valeurs humanistes, on ne peut pas vivre dans leur monde, on ne peut souhaiter que qu'il disparaisse le plus tôt possible...

- Le nouveau service de vaisselle de l'Élysée aurait coûté... 500.000 euros - M6info

2- Quasiment toutes les formations politiques se réclamant de la classe ouvrière, la plupart des syndicats, des dizaines d'associations liées au mouvement ouvrier appelle les travailleurs et jeunes à descendre dans la rue le 26 mai pour manifester leur rejet de la politique de Macron, soit entre 30 et 40 millions de personnes, et moins de 250.000 répondent présent, qui plus est un samedi, soit moins de 1%.

Que faut-il en déduire, qu'est-ce que cela signifie sur le plan politique ? Vous savez ce que m'a répondu un militant, je vous le donne en mille, que les conditions objectives étaient mûres pour une révolution, je ne plaisante pas. Et bien moi, je pense exactement le contraire. Selon vous, qui de nous deux doit être proche de la réalité, celui qui part des faits ou celui qui fait dans le déni permanent ou qui refuse de les prendre en compte ?

Un truc qui n'était pas tombé dans l'oreille d'un sourd.

Lors de l'oraison funèbre prononcée par D. Gluckstein après le décès de P. Lambert, D. Gluckstein déclarera que « les conditions objectives de la révolution mûrissent ». (http://www.luttedeclasse.org/brefpt07.htm - 22 janvier 2008) j'avais ajouté le commentaire suivant : Tiens c'est étrange, je croyais qu'elles étaient mûres et qu'elles avaient commencé à pourrir, le capitalisme agonisant, cela vous dit sans doute quelque chose camarades.

Pendant des décennies, ils nous avaient tenus en haleine avec leur théorie foireuse de "l'imminence de la révolution" sur fond de crise des institutions de la Ve République qui devait rendre l'âme dans les semaines à venir (Stéphane Just), on était au milieu des années 70, il y a un demi-siècle. L'arrivée au pouvoir de Mitterrand en mai 81, ainsi que sa majorité PS-PCF devait sonner le glas du régime. Tout le reste devait être à l'avenant jusqu'à nos jours. Je n'invente rien, ce sont les faits.

S'il y a 10 ans les conditions objectives n'étaient pas mûres, 10 ans plus tard on a comme l'impression qu'elles ont commencé à pourrir, et l'élection de Macron en est l'illustration.

Quelles sont les conditions objectives qui doivent être réunies pour qu'une situation devienne révolutionnaire? Et quelles sont les conditions subjectives qui doivent être réunies pour qu'elle se transforme en révolution prolétarienne ?

Les conditions objectives.

- L'effondrement brutal du capitalisme jetant des millions de travailleurs à la rue... (En 2008, les oligarques nous ont fait le coup de la démolition contrôlée en fabriquant plus de 20.000 milliards de dollars... pour s'enrichir encore plus!)

- La guerre et ses conséquences insupportables. (Tandis que de nos jours la population vit en paix et n'imagine pas un instant ce que signifie la guerre, mieux ou pire, elle baigne dans une insouciance dopée par les guerres. Quand la guerre ravage un pays, elle n'épargne personne, et la classe ouvrière en est la principale victime.)

- La concentration du prolétariat industriel. (Depuis dispersé, disloqué, atomisé, délocalisé... Ce qu'il en reste compose l'aristocratie ouvrière ou bénéficie de privilèges que n'ont pas les autres travailleurs du secteur privé.)

- Les conditions de travail effroyables des masses. (Et des enfants, cadences infernales, journées de travail harrassantes. Ce qui a pratiquement disparu de nos jours ou n'a rien de comparable avec autrefois.)

- Les conditions d'existence épouvantables des masses, notamment d'habitation. (De nos jours cela concerne seulement environ 5% des travailleurs et leurs familles les plus pauvres. Mieux encore, un grand nombre de travailleurs qui ont un revenu modeste vont hériter de leurs parents un bien immobilier qui se chiffre au bas mot à plusieurs centaines de milliers d'euros s'il était situé en ville, moins évidemment s'il était situé à la campagne ou dans une petite commune de province ; une somme d'argent en espèce ou placée plus ou moins importante ; d'autres biens. Au passage, ce ne sera pas mon cas, sinon je m'empresserais de distribuer cet argent. Même mon terrain et ma maison ne sont pas à mon nom.)

- Etc.

Les conditions subjectives.

- Il faut que la classe dominante ne puisse plus gouverner comme avant. (Ce n'est pas le cas en France, Macron incarne par excellence la Ve République ! En revanche la situation fut prérévolutionnaire en Grèce, en Tunisie, peut-être en Egypte. Ce n'est plus le cas dans ces pays.)

- Il faut que les masses ne puissent plus vivre comme avant ou qu'elles ne supportent plus de nouveaux sacrifices. (Ce n'est pas le cas des deux tiers ou plus des masses. Encore faut-il tenir compte de tous les revenus et de la composition des ménages ou contribuables comme l'on dit.)

- Sous l'effet de l'effondrement du capitalisme ou de la guerre, les masses se radicalisent et cherchent une issue politique conforme à leurs intérêts. (Comme ni l'un ni l'autre ne s'est produit, il est à craindre que leur radicalisation ne soit pas orientée dans la bonne direction. Surtout chez les couches des classes moyennes les plus durement frappées qui peuvent se tourner vers l'extrême droite, les autres se sont tournées principalement vers Macron pour le moment.

Ce qu'il faut bien comprendre, c'est que l'effondrement du capitalisme ou la guerre va frapper violemment l'ensemble des masses, et que parmi les masses une minorité va se radicaliser aussitôt ou rapidement, mais contrairement à une période normale ou de paix, le reste des masses au lieu de faire preuve de neutralité envers le gouvernement et de le laisser s'attaquer si nécessaire à cette minorité ou de l'ignorer, elle va faire preuve de neutralité envers la mobilisation révolutionnaire de cette minorité avant éventuellement de la rejoindre plus tard, ce qui va permettre au processus révolutionnaire de se développer et de laisser entrevoir l'espoir qu'il soit mené à son terme ou que le régime soit renversé.

Donc, dans tous les cas de figure on part de la mobilisation révolutionnaire d'une minorité, qui selon les circonstances peut entraîner l'ensemble des masses au combat contre le régime ou au contraire, par leur passivité lui accorder un nouveau répit. Donc le fait d'être une minorité organisée n'est pas un problème en soi, car ce n'est même pas le facteur déterminant au début d'un soulèvement révolutionnaire, c'est l'état d'esprit des masses qui est l'un des facteurs déterminants, l'autre étant l'état du régime, des forces qui le soutiennent encore. Donc personne ne peut se substituer aux masses, pas même le parti, tout repose sur son niveau de conscience qui va déterminer son degré d'organisation à venir, qui va bénéficier à la construction du parti pour s'emparer du pouvoir pour les masses, car seule une force organisée peut venir à bout du régime, le renverser, les masses seules ne peuvent pas concevoir et atteindre cet objectif politique, dans le cas contraire cela se saurait et le régime aurait disparu depuis longtemps. Si on ne saisit pas le processus dialectique de la lutte de classes, on ne peut pas concevoir une stratégie de prise du pouvoir, or c'est notre seul objectif.

On peut reprendre une partie de ces éléments en les présentant autrement. On peut imaginer qu'une minorité prenne les armes et descende dans la rue. Si la majorité des masses n'est pas prête à les imiter, elle va se faire massacrer pendant que les masses ne bougeront pas. Mais imaginons maintenant qu'elle bénéficie de la neutralité bienveillante de la majorité des masses. Le gouvernement hésitera à mitrailler cette minorité armée, car il saura qu'aussitôt elle sera rejoint par des bataillons entiers de la classe ouvrière. Maintenant il peut ne pas avoir le choix et opter pour cette solution, auquel cas il va perdre le contrôle de la situation et il sera renversé. Prenons Macron par exemple, sur quelle force pourrait-il compter pour faire face à un soulèvement révolutionnaire armé, sur les CSP+ qui roulent en Mercedes, BMW ou Audi, combien seraient-ils à risquer leur vie ou de tout perdre inutilement face à 3 ou 5 millions de travailleurs déterminés à en finir avec le régime, même sur l'armée et les force de police il ne pourrait compter entièrement.

Tout cela pour dire qu'une révolution prolétarienne est parfaitement possible et peut vaincre pourvu que les conditions soient réunies, et que notre unique tâche est de préparer les conditions pour qu'elle se réalise, sachant que parmi ces conditions il en manquera une, l'effondrement du capitalisme ou la guerre, et qu'il faut par conséquent combler cet handicap en élevant le niveau de conscience des masses à un niveau encore plus supérieur à ce qui serait nécessaire si toutes les conditions objectives étaient réunies.

Donc ce que je propose ici, c'est l'inverse de la passivité en attendant une guerre ou une crise dévastatrice du capitalisme qui permettrait enfin aux conditions objectives d'être mûres, et ce n'est pas non plus un appel gauchiste à l'insurrection sans tenir compte de la situation sociale et politique. J'ai évoqué un handicap en parlant des conditions objectives qui ne sont pas mûres, en précisant qu'il n'était pas insurmontable, pourquoi ? Parce que même si les conditions des masses s'est énormément améliorées par rapport à autrefois, il n'en demeure pas moins qu'absolument personne ne peut décidément librement de son destin dans cette société tendant au totalitarisme. Le mode de vie qui est imposé à chacun des travailleurs est un élément objectif de la situation sur lequel on peut ou plutôt on doit s'appuyer si l'on veut vraiment venir à bout du régime et avancer vers le socialisme.

Je sais que c'est difficile d'aborder la situation sous cet angle-là, parce qu'on n'en a pas l'habitude, mais on n'a pas le choix. Je sais surtout que cela bouscule notre conception de la lutte de classe. Et bien, il va falloir l'expliquer encore et encore aux militants, qui rapidement se rendront compte que cet argument ou cette démarche, loin d'être révisionniste était plutôt révolutionnaire, parce qu'il est adapté à la situation tout bonnement.)

- De préférence un haut niveau d'organisation syndical et politique. (Ce qui n'est pas le cas en France. Le mouvement ouvrier est profondément divisé et pourri par le réformisme, le communautarisme, le corporatisme, sans oublier l'impérialisme.)

- Si l'existence d'un parti ouvrier révolutionnaire n'est pas obligatoire, en revanche il est indispensable pour renverser le régime (ce qui n'était pas forcément le cas autrefois, par exemple en février 1917 en Russie, quoique...) ou assurer la victoire de la révolution... (Il est inexistant, donc il y a tout lieu de s'inquiéter sérieusement pour la suite, c'est un euphémisme !)

En guise d'épilogue.

Au cours des jours précédents, à différents moments de la journée, j'ai enregistré quelques réflexions sur mon téléphone portable que je n'ai plus le temps d'insérer dans les articles que j'ai rédigés, je vous les soumets pêle-mêle.

- Nos contradicteurs, qu'ont-ils retenu de la crise de 2008 ? Rien. Quel enseignement ont-ils tiré de la Grèce, des "révolutions" de couleur, des fleurs, etc. Aucun. Qu'ont-ils appris du 11 septembre 2001 et ses conséquences au Maghreb, au Moyen et au Proche-Orient, en Afrique, etc. Rien. Quelle leçon ont-ils tiré des conditions dans lesquelles Macron est parvenu au pouvoir ? Aucune. Qu'ils nous traitent par la suite de ce qu'ils voudront nous laisse totalement indifférent. A près de 40 ans d'intervalle, ils nous avaient averti que l'arrivée au pouvoir de Mitterrand serait incompatible avec la survie de la Ve République, et voilà qu'ils viennent de nous refaire le coup avec Macron. Cela se passe de tout commentaire.

- Dans nos rangs, l'évolution de la situation rend certains neurasthéniques ou dépressifs, tandis que d'autres deviennent carrément hystériques ! Qu'ils ne nous en veuillent pas d'affronter la situation calmement, sereinement, lucidement. En vivant en Inde et en partageant la vie des ouvriers parmi les plus pauvres, cela vaut mieux.

- Pour être bref, on est passé d'un système économique où le capitalisme produisait des marchandises correspondant à des besoins, à un système économique où l'argent sert à faire de l'argent, et dans ces conditions tous les besoins sans exception doivent être livrés au marché et à la spéculation, au casino de la finance. On a donc basculé dans un autre modèle de société, plus inhumaine encore, plus avide, mercantile, rapace, brutale, violente, vénal, sordide, cruelle. Et on a continué d'entendre les mêmes discours.

On est passé de la domination de l'industrie à la fusion de l'industrie et la finance, puis à l'hégémonie de la finance, et pour finir, par son emprise totale sur l'économie. Et on est en train de passer de l'impérialisme, qui date de la fusion de l'industrie et la finance au tournant du XXe siècle, au totalitarisme au tournant du XXIe siècle une fois achevée l'emprise de la finance sur l'ensemble de l'économie. De l'impérialisme stade suprême du capitalisme, qui se caractérisait par des périodes de guerre et de paix, de crise ou de dépression et d'expansion, on est passé au totalitarisme stade suprême de l'impérialisme qui rime avec le chaos, la guerre et la barbarie permanente. Et le plus grave, c'est qu'il sape à terme les bases du capitalisme, donc du socialisme, ce qui nécessite de notre part de modifier notre stratégie.

3- Nos ennemis ne sont pas les seuls à avoir de la suite dans les idées.

En réalité, nous aurions dû modifier notre stratégie depuis un an, depuis l'élection de Macron, peut-être depuis bien plus longtemps, je n'ai pas eu le temps de réfléchir à cette question. Laissons cela de côté provisoirement et concentrons-nous sur la situation actuelle.

Depuis que Macron est le nouveau locataire du Palais, les rapports entre les classes, les partis et les institutions ont été modifiés, on devrait plutôt dire que son élection fut le produit de ces modifications qui ont pris forme sous le mandat de Hollande. Et comme Macron a été porté au pouvoir par une poignée d'oligarques, c'est à la fois contre Macron et l'oligarchie que l'on doit axer notre politique sans négliger les institutions de la Ve République.

En ciblant Macron, on vise à la fois l'oligarchie qu'il incarne et le sommet des institutions, et en ciblant l'oligarchie, l'industrie financière, on vise Macron et on s'attaque au capitalisme puisqu'il est passé entièrement sous sa tutelle. Mieux encore, on fait d'une pierre, non pas deux coups, mais trois, car en s'attaquant à l'oligarchie on s'attaque également aux médias qu'elle possède ou contrôle.

On doit exiger son expropriation sans indemnité, la suppression des subventions que l'Etat verse à tous les médias dont ceux qu'elle contrôle et qui constituent les instruments les plus puissants dont elle dispose après l'argent pour mener son offensive contre la classe ouvrière ou tenter de conserver le pouvoir... Au-delà, décréter hors la loi les gangsters ou prédateurs du CAC40, la Bourse, réaliser la socialisation de toutes les banques et institutions financières privées, rompre avec l'euro, la BCE, l'UE, etc.

Cette orientation politique présente l'avantage de s'attaquer à la capacité de nuisance de l'oligarchie sur les plans économique et médiatique ou de la communication. Chasser Macron s'impose dès lors naturellement, ainsi que l'abolition des institutions antidémocratiques de la Ve République qui servent uniquement à légitimer le modèle de société totalitaire qu'ils veulent nous imposer.

Il faut voir comment peut s'articuler le combat contre Macron, l'oligarchie, les médias et les institutions de la Ve République. Si le lien qui existe entre ces quatre facteurs apparaît clairement, en revanche reste à expliquer pourquoi, pour mettre en lumière leur stratégie commune qui correspond à des intentions ou objectifs inavouables ou que la majorité ignore, en dernière analyse leur idéologie, dont ces quatre facteurs sont des représentations politiques.

Macron ment, les oligarques mentent, les médias mentent, les parlementaires mentent, ce qui signifie qu'ils ont quelque chose à cacher, et ils mentent encore quand ils nient les liens qui existent entre eux. Pourquoi ? Pour que les travailleurs ignorent ce qui se trament dans leur dos de manière à ce qu'ils ne puissent pas s'y opposer, car on ne peut pas combattre efficacement un ennemi quand on ignore ses réelles intentions.

Notre objectif est de saper les bases du régime, cela peut paraître modeste, mais personne aujourd'hui n'a les moyens de se fixer un objectif plus élevé. Cette démarche consiste à s'adresser aux travailleurs afin de les amener à rompre avec le régime, à les aider à lever les obstacles qui les en empêchent, à faire en sorte que dans le cadre de la lutte des classes ils puissent surmonter les handicaps qui jusqu'à présent les retiennent de passer à l'action ou de s'organiser, ce qui ne signifie pas qu'ils descendront demain dans la rue, mais on peut se dire raisonnablement que le jour où ils décideront d'agir, plus rien ne les retiendra pour se lancer à l'assaut du régime.

A ce stade, nous n'avons rien d'autre à proposer aux travailleurs qui vont partager nos idées, que les prendre en charge eux-mêmes en s'associant à notre combat, de manière à ce que le plus grand nombre les partage en attendant des jours meilleurs, qui viendront forcément si on s'en tient rigoureusement à cette démarche. Plus nombreux seront les travailleurs qui seront convaincus que l'on peut changer de société ou procéder à un changement de régime, plus nous aurons de chance d'y parvenir, c'est élémentaire en somme, ce qui ne l'est pas, c'est déjà d'en arriver là.

Cela nécessite évidemment un long et patient travail d'explication qui rebute bien des militants habitués à balancer des mots d'ordre en croyant que les travailleurs vont s'y rallier spontanément, mais cela ne peut pas fonctionner compte tenu des obstacles que nous avons évoqués précédemment ou dont nous parlons ailleurs. Contrairement aux apparences, notre ennemi avance toujours masqué, alors si on se contente d'en rester aux apparences ou d'enfoncer des portes ouvertes, on n'arrivera jamais à rien.

4- La naissance du totalitarisme.

L'oligarchie financière s'est emparée du pouvoir au début du XXe siècle, et il lui aura fallu attendre près d'un siècle supplémentaire pour l'exercer pleinement. Elle eut l'occasion de le tester à diverses reprises à l'échelle mondiale : en 1914, en 1929, en 1939, en 1971, en 2001, en 2008. Ne pouvant pas se soustraire au capitalisme, elle accompagnera et contrôla toutes ses crises intermédiaires. Elle créera une multitude d'institutions, dont les unes seront destinées à s'assurer la subordination des Etats, tandis que les autres seront destinées à coordonner son action dans toute la société pour asseoir sa domination, de manière à ce qu'elle devienne incontestée, sans rival pour la menacer, sa toute puissance étant alors totale, l'illusion de la démocratie cédant la place au totalitarisme.

C'est cette illusion qui fut mortelle pour nous, aussi devrions peut-être enfin essayer de comprendre ce qui s'est réellement passé, pour ne pas périr sous les coups de ce nouveau régime encore plus impitoyable que le précédent.

Le capitalisme n'a jamais été compatible avec la démocratie, il en a toujours été le pire ennemi. Il se trouve que pendant sa période ascendante, il ne put se développer sans se passer du peuple, eh oui le peuple sans lequel rien n'est possible, aucun changement de régime ne peut être envisagé ou se réaliser ! C'est cela qui donna l'illusion d'un régime démocratique que l'on qualifia de bourgeois, de républicain, de laïc, d'indépendant, parce qu'il avait besoin de la participation du peuple et que le peuple progresse, s'instruise, soit en meilleure santé, etc.

Il n'y avait rien de philanthropique dans son attitude, ce qui n'a pas empêché de lui prêter des vertus innombrables, de manière à camoufler ses réelles intentions sordides ou inavouables. Le capitalisme eut recours à la guerre et maintenant au terrorisme. Il a franchi un cran de plus dans la barbarie en la mettant en scène, de sorte que tout le monde puisse en profiter, en partager les conséquences à des degrés divers pour marquer profondément les esprits, et les orienter dans une direction bien précise. A suivre.

5- Ils ont de la suite dans les idées....

- Nous aurons un gouvernement mondial, que cela plaise au non. La seule question est de savoir s’il sera créé par conquête ou par consentement. (Paul Warburg, banquier, le 17 février 1950 devant le Sénat américain.)

LVOG - Les deux. Ceci dit, s'ils avancent dans cette voie, rien ne dit qu'ils y parviendront, le soulèvement des peuples pourrait conduire au contraire à une République sociale universelle, mais il faut admettre que de nos jours plus personne n'y croit tellement nous en sommes éloignés. Pour autant cela demeure notre objectif politique...

- ”Nous sommes reconnaissants au Washington Post, au New York Times, au magazine Time, et aux autres grandes publications dont les directeurs ont assisté à nos réunions et respecté leurs promesses de discrétion depuis presque quarante ans. Il aurait été pour nous impossible de développer notre projet pour le monde si nous avions été exposés aux lumières de la publicité durant ces années. Mais le monde est aujourd’hui plus sophistiqué et préparé à l’entrée dans un gouvernement mondial. La souveraineté supranationale d’une élite intellectuelle et de banquiers mondiaux est assurément préférable à l’autodétermination nationale des siècles passés.”

David Rockefeller, Commission Trilatérale, 1991.

LVOG - Comme les grands esprits se rencontrent, je plaisante. Dans une précédente causerie j'avais indiqué qu'au lieu de parler de société développée à propos de la société occidentale on ferait peut-être mieux de parler de société sophistiquée, puisque finalement les hommes ne sont manifestement pas aussi développés qu'on voudrait nous le faire croire, en réalité ils demeurent profondément inconscient ou ignorant de la société ou le monde dans lequel ils vivent, toutes classes confondues...

- Quelque chose doit remplacer les gouvernements, et l'industrie privée me semble l'entité adéquate pour le faire. David Rockefeller

LVOG - L'industrie privée... financière, cela allait de soi pour un banquier...

- « La négation de l’idée industrielle est la spéculation. » Henry Ford

LVOG - Il ne croyait pas si bien dire. Complétons, la dictature de la finance devait même être à terme la négation du capitalisme...

- Les banquiers américains ont prêté des sommes considérables à Hitler qui les a remboursé en pillant l’Europe. Ces mêmes banquiers ont continué à s’enrichir en accordant des emprunts pour la reconstruction l’Europe dévastée d’après guerre. (Un juriste américain)

LVOG - Cela ne figure dans aucun manuel scolaire ou universitaire évidemment. Ils ont financé les différents belligérants qui se sont affrontés au cours des guerres mondiales de manière à réaliser des profits des deux côtés. Ils étaient à l'origine de ces deux guerres qui leur ont permis d'accroître considérablement leur fortune et leur pouvoir au détriment des Etats qui étaient leurs débiteurs... et le sont restés depuis.

- La fortune des 3 individus les plus riches de la planète est supérieure au PIB des 48 pays les plus pauvres (600 millions de personnes).

LVOG - On ne peut pas s'empêcher de se dire que c'était leur objectif et qu'on est passé totalement à côté...

- « Une poignée d’hommes parvient à s’enrichir simplement en prêtant attention aux détails que la plupart des gens négligent. » (Henry Ford)

LVOG - Effectivement, nous avons fait preuve d'une négligence inexcusable que nous refuserons d'admettre, et qui tourne de nos jours au crétinisme le plus pitoyable qui soit...

Dans le même registre ou quand l'écologie affâme les peuples !

- Un plein de 50 litres de bioéthanol correspond à 250 kg de maïs, de quoi nourrir une personne pendant une année. (lu dans un blog dont j'ai perdu l'adresse)

LVOG - La recherche du profit à tout prix dans le domaine du commerce des denrées alimentaires conduit à faire voyager des marchandises fragiles et périssables d'un bout à l'autre d'un pays, d'un continent, de la planète avant d'atterrir dans notre assiette, de sorte que celles qui pourrissent entre temps sont supérieures en volume aux besoins alimentaires de l'humanité toute entière. On pourrait peut-être parler d'obsolescence alimentaire programmée...

Parole d'internaute et exercice de ventriloques.

LVOG - Quelle originalité de nous expliquer qu'il faut faire avec ce qu'on a finalement, par manque de courage, de volonté, de conviction, d'idéal.

Ils tiennent en permanence un double langage en affirmant par exemple, qu'ils ne peuvent pas rompre avec l'UE sous peine de prendre le risque de se mettre à dos ceux qui parmi leurs partisans y demeurent attachés, et ils ne peuvent pas soutenir ouvertement l'UE sous peine de prendre le risque de se mettre à dos ceux qui parmi leurs partisans ont décidé de rompre avec cette institution.

Voilà pourquoi leur position consiste à rompre sans rompre avec l'UE, à vouloir conserver l'UE mais à condition de la réformer, ce qui ne leur coûte rien puisqu'ils ne sont pas près de parvenir au pouvoir, jamais peut-on prédire sans prendre le moindre risque. Et c'est là dessus qu'ils jouent pour se faire passer pour des opposants et tromper ceux qui sont sensibles à leurs discours populistes. Et pendant ce temps l'UE va continuer d'exister.

Et alors direz-vous, vous voilà bien avancé après ce constat. Ce que vous venez de nous raconter, nous le savions déjà ou cela ne sert à rien. Détrompez-vous, on avance. Comment cela, soyez plus clair. Patience, on y vient. On est bien d'accord que l'UE va continuer d'exister, n'est-ce pas ? C'est bien le cas ce lundi 11 juin 2018 à 11h42 et ainsi de suite.

On a vu que les discours de ces beaux parleurs et ces philistins eux-mêmes ne servaient finalement strictement à rien, sinon accompagner l'application des directives de l'UE. Ils ne veulent pas rompre avec l'UE, chacun l'a bien compris, donc ils légitiment l'existence de l'UE. Cela vaut pour les institutions de la Ve République, évidemment ou encore le capitalisme.

On aura compris qu'ils ménageaient selon eux l'UE et la Ve République, le régime, pour ménager leurs troupes, leurs lecteurs, pour continuer d'être invités sur les plateaux de télévision, de passer à la radio ou de bénéficier généreusement de tribunes dans les médias des oligarques, sans lesquels on n'entendrait pas parler d'eux ou ils n'existeraient pas.

Maintenant, imaginons un instant qu'ils adoptent une position inverse ou opposée, qu'ils rompent résolument avec l'UE et la Ve République, le régime, cela changerait quoi ? Rien, hormis que du jour au lendemain ils seraient bannis de la télévision, de la radio et de la presse écrite, et ils perdraient une partie de leurs partisans, ceux solidement enchaînés à l'UE, à la Ve République et au régime, mais ils gagneraient de nouveaux partisans parmi ceux qui ont décidé de rompre avec l'UE et la Ve République, le régime, ce qu'ils perdraient en éclairage médiatique, ils le gagneraient en crédibilité au sein du peuple travailleur, et c'est là qu'on s'aperçoit que cela ne les intéresse pas du tout, que cela n'a jamais été leurs objectifs de rompre avec le capital et ses institutions et de se donner les moyens de réaliser cette rupture en se tournant vers les masses révolutionnaires.

Autrement dit ou en guise de conclusion, ils se sont fondus dans les institutions du capital d'où les masses sont exclues et pour cause, puisqu'elles ont été fondées par et pour servir les besoins des capitalistes ou l'oligarchie, et il leur est impossible d'envisager de les affronter frontalement, de rompre avec elles pour refonder la société sur d'autres bases. Leur politique et la perspective qu'ils nous proposent, consiste à perpétrer l'ordre établi en l'aménageant pour que la classe dominante demeure au pouvoir, tout en faisant en sorte qu'il soit plus supportable pour les classes dominées, excluant tout changement de régime, tout changement radical de société.

Ces gens-là sont des filous, des intellectuels fort malhonnêtes, des scélérats selon moi parce qu'ils trompent sciemment militants ou travailleurs, parce qu'ils savent pertinemment tout ce que vous venez de lire. Ils jouent sur les intentions que les militants ou les travailleurs leur prêtent. Ils tiennent un double langage de sorte que chacun croie y trouver ou entendre ce qui lui convient, c'est de la démagogie pure, c'est du domaine de la manipulation des esprits.

Maintenant ils sont confrontés à un problème incontournable qui à l'arrivée va les broyer, comme il a broyé le PS et le PCF. Leurs semblables sont parvenus au pouvoir en Grèce, et vous avez observé ce que cela a donné. En France, ils n'en sont pas encore là et rien ne dit qu'ils y parviendront un jour, mais ils sont confrontés à la même contradiction, à la même menace, et plus leur audience augmente, plus cette contradiction devient explosive, plus cette menace se précise, d'où leurs incessants tournants à droite ou à gauche, histoire d'en conserver le contrôle.

En permanence, au lieu de représenter clairement une politique, ils cherchent à incarner deux politiques fondamentalement irréconciliables ou s'excluant mutuellement, ce qui a pour unique effet d'alimenter la confusion ambiante et de renforcer l'idée que la situation serait inextricable ou sans issue politique, ce qui ne peut que profiter au régime.

Et la meilleure, c'est qu'ils en ont parfaitement conscience, ils le disent eux-mêmes

Pour se justifier, ils sont assez tordus pour expliquer que s'ils tenaient un discours radical, ils ne pourraient plus jouer leur rôle de pédagogue auprès de la plèbe qu'ils estiment bénéfiques, ils seraient marginalisés ou ils disparaîtraient de la scène politique, illustrant à leur manière ce que j'ai affirmé précédemment. Ils partent du constat qu'étant donné le niveau de conscience politique très bas des travailleurs, ils ne seraient pas en mesure de comprendre un discours résolument radical tourné contre le régime. Il faudrait donc les aider à progresser étape par étape et ainsi de suite, sans qu'on sache combien d'années, de décennies ou de siècles cela pourrait prendre avant qu'ils soient fins prêts à saisir leur prêche radical.

Pendant ce temps-là les capitalistes vaqueraient tranquillement à leurs affaires et la vie continuerait comme avant, les génération passant, il faudrait chaque fois reprendre à zéro ce travail pédagogique, bref, autant abandonner tout de suite l'idée de changer un jour la société ou le socialisme.

Nous rejetons catégoriquement cette stratégie, en revanche nous conservons sa méthode.

On a bien compris que ces affairistes ne pouvaient vivre autrement que sous la lumière (bannière) médiatique, et qu'être réduits à une infime minorité qui ne représentait rien d'autre qu'elle-même leur était insupportable. Donc il leur fallait sans cesse s'ouvrir à des idées qu'ils prétendaient ne pas partager ou carrément opposées aux leurs, idées et personnes avec lesquelles ils pouvaient cohabiter, histoire de donner l'illusion d'augmenter leur surface ou influence politique, ne reculant devant aucun procédé pour y parvenir, par exemple en acceptant de participer à des émissions de BFMTV dont chacun sait les téléspectateurs sont résolument à droite, voire d'extrême droite (ultra libérale ou néolibérale), dernièrement le torchon de Drahi, Libération, a accordé gracieusement 6 pages à Mélenchon pour racoler ses lecteurs qui ne sont pas vraiment de farouches opposants au régime, auquel cas ce papier hygiénique disparaîtrait, bref, ils brassent très large et pas vraiment en direction des masses.

L'audience que leur accorde les médias consiste à faire croire ou à renforcer l'idée trompeuse auprès de la plèbe, qu'ils représenteraient l'opposition à Macron et à sa politique, de sorte que les travailleurs et les militants adhèrent à leur politique ou se tournent vers eux, au lieu que leur attention se porte vers d'autres partis susceptibles éventuellement de leur proposer une autre politique. Laissons de côté les intentions par ailleurs malfaisantes des médias envers ces opposants officiels ou institutionnels.

Il ne nous viendrait pas à l'idée de les imiter, d'essayer de convaincre de quoi que ce soit un accroc de BFMTV par exemple. Et pour cause, nous expliquerions aux travailleurs et aux militants comment les tenants du régime s'emploient à les manipuler, à les conditionner pour qu'ils ne puissent pas se rebeller contre leur condition ou la politique ultra réactionnaire de Macron, pour qu'ils adoptent une attitude neutre ou passive après s'être convaincus qu'il n'existait pas d'alternative à la politique du gouvernement, au capitalisme et ses institutions. Nous profiterions de chaque aspect de la lutte de classes à laquelle nous participerions, pour leur expliquer comment ils s'y prennent pour qu'on subisse notre sort indéfiniment ou qu'on abandonne l'idée qu'il est parfaitement possible de changer de société, de changer de régime, et que la minorité qui s'adresse à eux, qui en a pris conscience est le meilleur garant qui soit que c'est réalisable, parce qu'elle a commencé à s'organiser sur cette base-là et aucune autre...

A la différence de ces Ruffin, Mélenchon, Lordon, Sapir, Lancelin, Chouard, Friot, Deneault, Pinçon-Charlot, etc. nous assumerions être une minorité absentes des plateaux de télévisions ou de radios, de la presse oligarchique, nous assumerions ne compter que sur nos propres forces, nous assumerions de nous adresser uniquement à l'ensemble des travailleurs, au lieu de nous tourner vers les représentants du régime et d'attendre que ses porte-parole médiatiques nous témoignent une quelconque attention.

Pendant tout le XXe siècle deux conceptions de la lutte de classes se sont affrontées. L'une se situant sur le terrain de la classe ouvrière du marxisme ou du socialisme, l'autre sur celui du réformisme ou de la collaboration de classes. La première permit au prolétariat de parvenir momentanément au pouvoir en Russie entre 1917 et 1923-24, la seconde ne permit jamais à la classe ouvrière de conquérir le pouvoir politique ou de procéder à un changement de régime nulle part dans le monde.

Au cours de la seconde moitié du XXe siècle, c'est la conception réformiste ou de la collaboration de classes qui fut adoptée par la totalité du mouvement ouvrier. Là aussi sous de multiples prétextes fallacieux il fut question de s'adresser au PS et au PCF, puis à des acteurs ouvertement étrangers au mouvement ouvrier, afin de rompre l'isolement de l'avant-garde, il fallait s'ouvrir, s'ouvrir encore et encore, vous connaissez la suite ou vous avez le résultat sous les yeux quotidiennement, un effroyable désastre politique.

Les véritables opposants au régime sont une minorité, une minorité éclatée, disloquées, en grand partie inorganisée, elle déborde la classe ouvrière et concerne également les classes moyennes. En réalité, elle est beaucoup plus nombreuse que ce que l'on croit habituellement, mais elle est réduite à la division et à l'impuissance pour avoir obstinément refusé jusqu'à ce jour de faire l'inventaire minutieux de la lutte de classe depuis les années 40 ou même depuis la période de l'entre deux guerres mondiales.

Et le temps passant, cela ne s'arrange pas vraiment, parmi les militants, de la confusion théorique on est passé au niveau théorique proche de zéro. Chacun veut avoir raison malgré tout, chacun a son bouc émissaire pour expliquer pourquoi nous en sommes rendus là. Pour les uns, ce serait la faute des appareils (du PS et du PCF, des syndicats), pour les autres, ce serait celle des travailleurs eux-mêmes, pour d'autres encore, ce serait celle du capitalisme qui recèlerait des vertus ou des capacités cachées et pratiquement inépuisables, sans compter ceux qui mélangent les différentes versions, ce qui donne un nombre de chapelles innombrables qui passent leur temps à polémiquer à l'infini pendant que la situation pourrit littéralement sur place.

Nous exclurons d'emblée les travailleurs. Pourquoi ? Parce qu'ils ne sont pas responsables des conditions qui leur ont été imposées dès leur naissance, sachant que par la suite tout sera fait pour qu'ils ne parviennent pas à en prendre conscience. Ajoutons que ces conditions évoluent ou ne sont pas exactement les mêmes selon les générations qui se succèdent, par exemple la société n'est plus tout à fait la même en 2018 qu'en 1975 ou en 1945.

Il reste les appareils pourris et le capitalisme.

Maintenant reste à savoir ce qu'on entend par les appareils et qu'est-ce qu'ils recouvrent, qui ou qu'est-ce qu'ils représentent. Quelles couches des masses organisent-ils ? Quel est leur degré d'implantation dans les masses ? Lesquelles sont-elles sensibles à leurs discours ? A quel niveau se situent les illusions des masses dans les appareils ? Comment ont-elles évolué ? Quels sont leurs rapports avec les institutions ? Quelle classe représentent-ils ? Quelle idéologie véhiculent-ils ? Quels intérêts servent-ils ? Bref, quelle est leur véritable nature sociale ? Ils représentent les besoins de la classe dominante, ils sont fondamentalement réactionnaires, contre-révolutionnaires, anti-ouvriers, antisocialistes.

Quant au capitalisme, on ne peut pas l'aborder sans évoquer l'état de crise permanent qui le caractérise, et dans lequel il est entré au lendemain de la Seconde Guerre mondiale ou l'avènement de l'ère atomique, sans y adjoindre le système financier mafieux qui tend pour cette raison à le supplanter afin de perpétuer le règne de l'exploitation de l'homme par l'homme.

Si la structure de la société demeure identique avec ses classes dominantes et ses classes dominées, son mode de production basé sur les inégalités entre les classes, les rapports entre les classes sont dorénavant faussés du fait que les capitalistes et particulièrement l'oligarchie ne s'enrichissent plus seulement à l'issue du procès de production, depuis qu'ils se sont octroyés le pouvoir exorbitant d'augmenter leur fortune en se distribuant les sommes colossales d'argent qu'ils créent à partir de rien ou sans contrepartie, de sorte qu'ils se jouent des contradictions (et des crises) du capitalisme ou les contournent, tandis que leur puissance devient pour ainsi dire illimitée ou permet de tout acheter, en premier lieu le pouvoir politique, qu'ils n'ont eu aucun mal à conquérir compte tenu du degré de dégénérescence ou de corruption du mouvement ouvrier international réduit à l'impuissance ou inexistant même à ce niveau.

Nous arrêterons là pour aujourd'hui, faute de temps comme toujours.

Il y a là largement matière à réfléchir à la situation présente et passée, pour qui veut bien s'en donner la peine. N'espérez pas que ces "très grandes voix de notre époque" (Mélenchon, Lordon, Sapir, Lancelin, Chouard, Friot, Deneault, Pinçon-Charlot , etc.) vous viennent en aide, et pas davantage nos dirigeants qui rejettent l'analyse qui vient de vous être proposée, c'est à vous et à vous seul de la pousser plus loin et d'en tirer les conclusions théoriques et pratiques qui s'imposent.

Ce qu'à mon avis il faut retenir ou d'où il faut partir, c'est que nous n'avons pas pris la mesure des transformations qu'a subi la société, de quelle manière elles se sont réalisées et dans quelle direction elles étaient orientées, quels en furent les principaux acteurs et de surcroît les bénéficiaires, sans oublier personne de préférence, car dans le cas contraire on ne comprendrait rien à rien, comment le mouvement ouvrier accompagna ce processus plus qu'il ne le combattit au point d'abandonner son objectif : l'émancipation du capital ou son abolition, son éradication de la surface de la planète.

La caractérisation et l'analyse du rôle des appareils du PS et du PCF furent erronées. On trouva le moyen de leur attribuer des vertus qui ne correspondaient pas davantage à celles que le capitalisme pouvait revendiquer.

Quant aux travailleurs, on leur attribua un niveau de conscience qui ne correspondit jamais ou presque à la réalité. On refusa de prendre en compte l'influence ou les conséquences qu'aurait sur eux l'amélioration de leur condition, on s'emploiera à le nier systématiquement, autrement dit on ignorera toujours ce qu'ils pensaient vraiment.

Certains en arriveront une multitude de fois à vouloir nous faire croire que la situation était mûre pour une révolution, qui finalement ne se produira jamais ni de près ni de loin, tout simplement parce qu'aucune condition objective et subjective n'était réunie. Et ce sont les mêmes, qui pendant des décennies nous ont fourni ou imposé leurs théories foireuses, qui récidivent aujourd'hui et voudraient en plus nous donner des leçons ou nous traitent d'ignare. Vous comprendrez pourquoi nous n'en tiendrons pas compte.

Il nous arrive tous de nous tromper, de ne pas avoir de réponse à une question, et cela arrivera encore et encore, le pire comportement consiste à refuser de l'admettre. Et bien, nos dirigeants sont ainsi faits, et ils ont fait de leurs disciples des fanatiques répugnants, irrécupérables, il y a tout lieu de penser.

Pour vous montrer que je ne raconte pas n'importe quoi, il y a quelques jours, un d'entre eux a été jusqu'à m'écrire que, ce qui figurait dans mon analyse (identique à ce que vous venez de lire) signifiait que j'accusais les travailleurs d'être responsables de la situation et que je ménageais les appareils, incroyable, n'est-ce pas ? On ne peut imaginer pire déni, pire mensonge. Alors quand ces mêmes militants prétendent que la situation serait révolutionnaire, patati patata, vous avez le droit d'en douter fortement.

En complément. Les brebis seront bien gardées...

- Congrès CFDT : Berger garde la main et cherche un second souffle - Liberation.fr 7 juin 2018

A Rennes, au quatrième jour de leur congrès, les cédétistes ont consacré Laurent Berger. Seul candidat à sa succession, le syndicaliste a été réélu au bureau national du syndicat, jeudi, avec 94,42% de voix favorables. Avant d’être conforté à son poste, à l’unanimité et sous les applaudissements, pour un troisième mandat de secrétaire général. La veille, son rapport d’activité avait aussi été adopté par une large majorité. Soit, un score de 83,36%, à peine moins qu’en 2014 (85,88%). «Cela aura été un congrès pacifique», se réjouit une militante du secteur des services. Liberation.fr 7 juin 2018

Comment le citoyen s'est métamorphosé en consommateur tout au long du XXe siècle.

- Nous aurons un gouvernement mondial, que cela plaise au non. La seule question est de savoir s’il sera créé par conquête ou par consentement. (Paul Warburg, banquier, le 17 février 1950 devant le Sénat américain.)

- Propaganda – La fabrique du consentement, par Arte - Les-Crises.fr 9 juin 2018

Source : Arte, Jimmy Leipold, 29-05-2018

Si les techniques de persuasion des masses apparaissent en Europe à la fin du XIXe siècle pour lutter contre les révoltes ouvrières, elles sont développées aux États-Unis pour convaincre les Américains de s’engager dans la Première Guerre mondiale. Peu connu du grand public, neveu de Sigmund Freud, l’auteur du livre de référence Propaganda et l’un des inventeurs du marketing, Edward Bernays (1891-1995) en fut l’un des principaux théoriciens. Inspirées des codes de la publicité et du divertissement, ces méthodes de “fabrique du consentement” des foules s’adressent aux désirs inconscients de celles-ci. Les industriels s’en emparent pour lutter contre les grèves avec l’objectif de faire adhérer la classe ouvrière au capitalisme et transformer ainsi le citoyen en consommateur. En 2001, le magazine Life classait Edward Bernays parmi les cent personnalités américaines les plus influentes du XXe siècle. Ce documentaire riche en archives retrace, à la lumière d’une analyse critique – dont celle du célèbre linguiste Noam Chomsky –, le parcours de celui qui, entre autres, fit fumer les femmes, inspira le régime nazi, accompagna le New Deal et fut l’artisan du renversement du gouvernement du Guatemala en 1954. Les-Crises.fr 9 juin 2018

Commentaires d'internautes.

1- “nos démocraties occidentales”

Je vous en prie, il n’y a plus de démocratie en Europe de l’ouest et même peut être dans tout l’occident ! Un peuple désarmé intellectuellement par des décennies de propagande, des médias qui ne sont plus QUE des organes de propagande et de terrorisme intellectuel, nos enfants “pris en main” dès l’école, des modes de scrutin sans cesse modifiés, les lois liberticides, etc.…..

En France, c’est Sarkozy et Fillon qui ont donné le coup de grâce à une démocratie déjà moribonde, en faisant adopter par les parlements réunis en congrès le projet de constitution européenne que les français venaient de rejeter par référendum Double TRAHISON, celle du chef de l’ état et celle des parlementaires censés représenter le peuple

Nota : l’immense majorité du peuple s’abreuve aux sources empoisonnées des médias du Système, ne comptons donc pas sur une prise de conscience du dit peuple L’ignorance est bien l’ennemi du peuple mais……..le peuple ne le sait pas !…….

2- S’ils manipulent et mentent autant en nous faisant croire qu’il n’y aurait pas d’autre alternative, c’est que c’est leur seule façon de dominer; et donc : dés que le peuple cessera d’y croire, leur pouvoir cessera aussitôt.

LVOG- Pour quelle raison cesserait-il d'y croire ?

3- ... en 1914 il n’y a pas de peuple américain à proprement parler, mais des millions de migrants sans aucun lien entre eux. L’American way of life avec le lien entre capitalisme, consommation et produits états uniens inventé par le charlatan finit par devenir leur identité commune. Les limites de la propagande tiennent à cela: un peuple qui a une culture et des traditions fortes peut résister. Cela est valable aussi aujourd’hui.

LVOG- En France, en Europe, vous avez vu jouer cela où ? En Syrie, d'accord, mais il semblerait que les masses ne soient pas soumises aux mêmes conditions. Ceci explique peut-être cela, non ?

Réflexion que cela m'a inspirée

Elle n'est pas belle la vie ! Question tabou. Mais d'où vient l'insouciance quasi générale à l'orientation de la société ? On nous rétorquera peut-être que c'est abusé de dire cela. En effet, les masses grognent, cela fait 40 ans qu'on entend dire que cela va péter, une simple réaction intestinale qu'on aura confondu avec une réelle prise de conscience.

Voilà ce qu'on peut dire pour situer à peu près le niveau de conscience politique de la plupart des militants que cela concerne également. Même que rien n'a changé sur ce plan-là, puisque j'en fis partie il y a un peu plus de 40 ans en arrière, lorsque j'abandonnai du jour au lendemain le militantisme alors que j'étais un activiste acharné, d'où la conclusion à laquelle je suis parvenu bien plus tard, que je n'avais pas cessé de me leurrer sur mes réelles convictions. D'autres ont continué à militer, mais en abandonnant les aspirations révolutionnaires légitimes de leur jeunesse, ils ont été récupérés par le mouvement ouvrier qui avait déjà adopté depuis de longues années une orientation réactionnaire, et leurs aspirations révolutionnaires ne devaient plus figurer que sous la forme creuse de dogmes.

Quand on est jeune, on peut être amené à se rebeller contre le mode de vie que la société veut nous imposer. Ce mode de vie est détestable, on l'avait déjà pressenti tout petit lorsque déjà elle nous imposait de multiples contraintes que l'on estimait inhumaines, comme se lever à l'aube pour aller à l'école alors qu'on avait encore envie de dormir. Plus tard, à l'adolescence ou devenu un jeune adulte, on allait arriver à la conclusion qu'il fallait foutre en l'air cette société qui ne correspondait pas du tout à celle dans laquelle nous aurions voulu vivre. Puis, une fois qu'on eut rejoint le monde du travail, on allait être entraîné à reproduire à notre tour ce mode de vie épouvantable, pour finalement nous y adapter, pire, nous en accommoder. L'idée qu'on devrait travailler beaucoup moins, peut-être 25 heures maximum par semaine, quatre mois par an par exemple, nous sortira totalement de l'esprit, on s'estimera heureux d'avoir des horaires flexibles ou de travailler une heure en moins par semaine... en passant plus de temps dans les transports ! Et tout le reste sera à l'avenant.

On sera heureux de partir à la retraite à 60 ans au lieu de 65, alors qu'à 60 ans on est déjà usé depuis longtemps, j'ai 62 ans. En fait, c'est dès 45 ou 50 ans maximum qu'on devrait cesser de travailler, tout du moins en régime capitaliste, car sous un régime socialisme on s'arrangerait autrement, personne ne serait voué à des travaux de forçat pendant des décennies qui vous usent prématurément ou vous handicapent à vie, je pense aux ouvriers qui travaillent en usine ou sur les chantiers, à tous ceux qui doivent se dépenser physiquement du matin au soir et qui sont épuisés à la fin de leur journée de travail ou même avant généralement.

Le capitalisme nous impose un mode de vie inhumain pratiquement dès notre naissance, je n'exagère rien, par exemple lorsque le bébé doit être séparé prématurément de sa mère qui doit reprendre son travail, il en sera marqué à vie. Et je ne parle pas des drames familiaux dont il est responsable, qui brisent des millions de vie ou pourrissent la vie de ceux qui ne peuvent plus se sentir mais qui malgré tout ne se séparent pas, quel cauchemar au quotidien !

Dans ce domaine comme dans tous les autres on va continuer à vivre hypocritement, au point que les idées révolutionnaires qui avaient jailli dans notre tête au cours de notre jeunesse nous apparaîtront extravagantes, d'autant plus qu'on s'en est éloigné.

On s'est si bien fondu dans cette société ou on en a tellement adopté les codes ou les normes, qu'ils nous paraissent naturels, normaux, et ce qui ne l'est pas dorénavant c'est justement de vouloir les changer, les bazarder, parce qu'ils nous servent de repères, on n'a jamais connu rien d'autres, on se sent en sécurité dans cette camisole de force qui nous étouffe littéralement.

Les personnes concernées se reconnaîtront aisément.

J'ajouterai un petit mot personnel.

J'ai constaté que dans la vie on ne pouvait parvenir à rien sans prendre des initiatives et des risques. Or, c'est ce qui rebute la plupart des gens, donc il n'est pas étonnant qu'ils ou qu'on n'arrive à rien.

Parole d'internaute qui illustre ce qui vient d'être évoqué.

- "Opposer les pro et anti-Bruxelles est étrange dans la perspective d’élections européennes. Mettre F. Ruffin, auteur de “Faut-il faire sauter Bruxelles ?”, dans le panier des “pro”, est franchement incompréhensible. Il ne remet pas en cause la légitimité du flic de Bruxelles, la financiarisation ?! A ce compte, vous ne trouverez pas beaucoup de compagnons de route pour accomplir vos objectifs politiques… Je vous rappelle que, même en Italie, ni Lega ni M5S ne sont disposés à sortir de l’eurozone… Je vous conseille plutôt de rester parmi nous, et de comprendre que nous pouvons rester solidaires sur les fins tout en divergeant sur les moyens. La sortie sèche de l’UE est l’unique moyen dans l’esprit formaliste du juriste, sans doute, mais les problèmes ne trouvent pas toujours leurs solutions par le droit."

- "«L’esprit formaliste du juriste»: peut-être, mais voilà précisément ce qui caractérise l’État de droit. Et l’Union européenne est d’abord une construction juridique. Le droit est un bouclier, comme j’ai pu m’en rendre compte lors de la crise traversée par une association dont j’étais membre, au règlement général hyper tatillon, qui s’est avéré indispensable pour régler ladite crise. Le droit s’oppose à la loi de la jungle. Le droit, certes, est aussi une arme de domination, quand il est instrumentalisé par une minorité soucieuse d’asseoir son pouvoir. L’Union européenne est une construction juridique fondamentalement antidémocratique au service de l’oligarchie financière, soigneusement verrouillée pour n’être pas réformable (article 48 du traité sur l’Union européenne).

Si vous croyez que l’on rester dans ce cadre pour refonder la construction européenne, c’est, je le crains, que vous n’avez pas lu les traités ni compris de quel bois étaient faits nos « partenaires européens », à commencer par la République fédérale d’Allemagne, où le droit régit tout."

LVOG - Il ne faut surtout pas rompre avec la Ve République, avec l'UE, avec le capitalisme, l'Otan, etc. par crainte de leurs réactions violentes...

Ces gens-là ne veulent pas les affronter, cela vaut pour tous ceux qui sont sur la même ligne.

En famille. Délateur.

- Pavageau (FO) met en garde contre une dérive vers la "radicalité" - AFP 10 juin 2018

Le secrétaire général de FO, Pascal Pavageau, a mis en garde dimanche le gouvernement contre une dérive vers la "radicalité" des salariés et des mouvements sociaux, faute de négociations, estimant qu'il prenait là une "responsabilité historique".

Evoquant dans l'émission "Questions politiques" sur France Inter/franceinfo/France2 les grévistes de la faim de l'hôpital psychiatrique de Rouen, qui ont mis fin vendredi à leur mouvement entamé le 21 mai après avoir obtenu la création de 30 postes, M. Pavageau s'est indigné qu'il faille "en arriver à cette radicalité de faire une grève de la faim pour obtenir 30 postes, ce qui ne répond même pas aux besoins".

"Nous avons un problème de méthode", avec des passages "en force sans écouter", a dénoncé le numéro un de FO.

Dans ce contexte, "il faut qu'on fasse très attention à ce qu'on ne pousse pas les personnels, les salariés, à une forme de radicalité en leur refusant la négociation et la discussion".

Autrement, le résultat, selon lui, c'est que "la prochaine fois", ce ne sera "pas une mobilisation traditionnelle puisqu'on refuse la négociation". "La prochaine fois, ce sera insurrectionnel", a-t-il averti.

"Le gouvernement est en train de prendre une responsabilité historique que de ne pas entendre les contre-poids et de refuser de négocier" avec les organisations syndicales, a souligné M. Pavageau, selon qui le gouvernement "pousse" aussi le patronat à ne pas négocier".

"Ca, démocratiquement ça va se payer. C'est extrêmement dangereux", a-t-il ajouté. AFP 10 juin 2018

LVOG - Une menace plane sur le régime et il le regrette, au moins on sait dans quel camp il combat...

Sur le plateau de Questions politiques franceinfo/FranceInter/France2.

Pour lui, le plan pauvreté doit être "cohérent avec d'autres mesures". Il a notamment cité la "juste répartition de la richesse produite". "Il faut qu'on sorte de la logique aujourd'hui, dans nos entreprises du CAC 40, où lorsque vous avez 100 euros de profit, 67 vont sur les dividendes et seulement 6 sur les salariés". AFP 10 juin 2018

Il a raison, ce sont vos entreprises...

Heil ! Totalitarisme en famille. La banalisation du fascisme en France.

- Scandaleux : le fondateur du parti fasciste ukrainien Svoboda reçu à l’Assemblée et au Sénat ! - Les-Crises.fr 9 juin 2018

Nous avons plusieurs fois parlé sur ce site d’Andrei Parouby, le cofondateur en 1991 du parti fascisto/néo-nazi ukrainien, au nom édifiant de “Parti Social-Nationaliste d’Ukraine” (devenu “Svoboda” en 2004).

En 2016, la majorité des députés ukrainiens a trouvé que ce Parouby présentait un excellent profil, et l’a élu Président du Parlement (ce qui en dit long sur la classe politique actuelle de ce pays) (wikipédia)

Seulement voilà, on apprend que Parouby va être reçu apparemment ce dimanche et ce lundi à l’Assemblée Nationale par François de Rugy, puis au Sénat par Gérard Larcher. Les-Crises.fr 9 juin 2018

Question : Comment peut-on siéger dans de telles institutions, la Ve République ?

Commentaires d'internautes.

1- Après la visite triomphante à l’Elysée d’un chef d’état colonial qui vient de faire assassiner plus de 50 civils et blessé grievement plus de 1500 par des snippers après la légion d’honneur remise à un prince moyen-âgeux génocidaire plus rien ne m’étonne de la part de ces centro-fascistes euroïnomanes.

2- Personne ne se mettra à dos Israël sans être traité d’antisémite, donc tous les états atlantistes cirent les pompes du gouvernement israélien quelle que soit son action. Quand à l‘Arabie saoudite, il s’agit d’un allié stratégique au moyen-orient, pétrole, dollars, armes

L’humanisme, la paix dans le monde, les droits de l’homme, c’est juste pour la TV. Ça n’a jamais guidé la géopolitique, sauf pour justifier la nécessité d’une guerre…

3- Pour les citoyens informés et conscients, cette visite sera une bonne nouvelle, car éclairante: le discours occidental (et notamment français) sur la démocratie, les droits de l’homme, la xénophobie, le “plus jamais ça”, c’est décidément du pipeau. Certains ont été convaincus de voter Macron pour “faire barrage” au fascisme qu’aurait représenté MLP, et nous avons la preuve qu’il s’agissait d’une piètre (mais victorieuse) manœuvre électorale. Reconnaissons que M. Parouby ne représente aucun danger pour le pouvoir des oligarchies mondiales et l’empire atlantique, ni à fortiori pour leurs si peu recommandables alliés du Golfe. Disons qu’il fait partie de la famille. On ne choisit certes pas sa famille, mais les “grands médias” l’ont fait pour nous en propulsant M. Macron. Pas de doute, on est bien gouverné!

4- Il n’y a pas lieu de s’étonner. Fidèle à lui-même année après année, l’Empire refuse tout simplement de condamner le nazisme. Reprenons donc contact avec la réalité: la progéniture la plus chère du capitalisme impérialiste a encore et toujours pour nom «fascisme » et « nazisme ».

- Le Congrès à Washington: opposez-vous au négationnisme de Kiev et de Varsovie - Les-Crises.fr 11.06

Source : The Times of Israël et Jewish Telegraph Agency, le 25 avril 2018.

Plus de 50 membres du Congrès américain ont signé une lettre bipartisane appelant le Département d’État à prendre position contre la négation de l’Holocauste et l’antisémitisme soutenu par l’État en Ukraine et en Pologne.

La lettre, datée de lundi et adressée à John Sullivan, le secrétaire d’Etat adjoint, a été rendue publique mercredi. Les représentants démocrates Ro Khanna de Californie et David Cicilline de Rhode Island ont co-rédigé la lettre.

Les membres du Congrès notent que les évolutions en Pologne et en Ukraine font suite à « une augmentation de la glorification des responsables de l’ère de l’Holocauste à travers l’Europe, y compris la Hongrie, la Slovaquie, la Roumanie et les Etats baltes. C’est une tendance troublante qui doit susciter une forte réaction de notre gouvernement. » Les-Crises.fr 11.06

- Ukraine : Éloge d’Hitler et salut nazi avec ses élèves - Les-Crises.fr 11.06

Source : Times of Israël, le 24 avril 2018.

Une enseignante d’une école publique en Ukraine aurait posté des voeux d’anniversaire à Adolf Hitler sur Facebook et aurait appris à ses élèves le salut nazi.

Marjana Batjuk, qui enseigne dans une école de Lviv et qui fait également partie du conseil municipal de la ville a publié ces voeux d’anniversaire le 20 avril, date de naissance du leader nazi, a expliqué à JTA Eduard Dolinsky, directeur du comité juif ukrainien, qui a qualifié cet incident de « scandale ».

Batjuk a également fait rencontrer à certains de ses élèves des militants d’extrême-droite qui, durant le week-end, ont défilé le long des rues de la ville en arborant l’uniforme de la 14ème division des Grenadiers Waffen SS, une unité nazie d’élite qui comprenait également de nombreux ukrainiens ethniques combattant au sein du 1er Galicien.

Montrer des images nazies en Ukraine est illégal mais Dolinsky a déclaré que les autorités chargées de l’application de la loi avaient autorisé les militants à parader dans les principales artères de la municipalité.

Batjuk, 28 ans, membre du parti d’extrême-droite Svoboda, avait qualifié Hitler de « grand homme » et cité une phrase de son livre « Mein Kampf » dans son post publié sur Facebook, a dit Dolinsky. Elle a plus tard affirmé que son compte Facebook avait été piraté et elle a supprimé la publication mais le site d’information Strana a établi que ce n’était pas la première fois qu’elle postait des imageries nazies sur les réseaux sociaux.

Elle a également publié des photos qui, selon elle, présentaient ses élèves faisant le salut nazi à ses côtés.

Dolinsky a qualifié la vénération de ces soldats SS qui, selon certains historiens, ont participé aux atrocités commises contre les Juifs et contre les Polonais de « profanation scandaleuse de la mémoire des victimes ».

A Odessa, un gros graffiti disant « les Juifs à la mer » a été écrit sur le mur d’entrée d’un hôtel.

« Le facteur commun entre tous ces incidents est l’inaction du gouvernement, ce qui garantit qu’ils continueront à avoir lieu », a commenté Dolinsky. Les-Crises.fr 11.06

Un néonazi "homologue" du président de l'Assemblée nationale française.

Ils se ressemblent tant que cela ? C'est Rugy qui l'a dit.

- De Rugy critiqué pour la réception d'un député ukrainien nationaliste - L'Express.fr

A l'ordre du jour pour François de Rugy ce lundi 11 juin est en effet inscrit un entretien à 10h avec Andriy Parubiy, président de la Rada (parlement ukrainien) depuis 2016. Il a fondé au début des années 1990 le parti social-nationaliste d'Ukraine, appelé par la suite "Liberté" ("Svoboda" en langue originale), réputé d'extrême droite. Ses partisans arborent notamment des symboles wolfsangel, utilisés pendant la Seconde Guerre Mondiale par des unités nazies.

Le député LFI Alexis Corbière a souligné sur twitter le fait que le parti d'extrême-droite Svoboda, créé par Andriy Parubiy, avait été "dénoncé par le Jérusalem Post ou le Centre Simon Wiesenthal". Il s'agit d'un journal israélien et d'une ONG luttant contre le racisme et l'antisémitisme qui ont caractérisé d'"antisémite" le parti ukrainien.

Andriy Parubiy a été élu à partir de 2012 sur les listes plus modérées de l'union panukrainienne "Patrie", un agglomérat de partis faisant bloc pour les élections. Sa principale leader est encore Ioulia Tymochenko. Le groupe politique est considéré de centre-droit à tendance conservatrice.

Invectivé sur les réseaux sociaux suite aux messages des élus de La France Insoumise, François de Rugy a répondu, affirmant qu'il était "normal" de recevoir son homologue "élu à l'issue d'élections libres".

Rugy reçoit le président du Parlement ukrainien, des Insoumis critiquent - AFP 11 juin 2018

Le président de l'Assemblée nationale, François de Rugy, a reçu lundi le président du Parlement ukrainien, Andriï Paroubiï, que le chef de file des députés Insoumis, Jean-Luc Mélenchon, a qualifié de "néonazi antisémite", a-t-on appris de source parlementaire.

"Voilà où mène l'atlantisme forcené", avait aussi tweeté dimanche M. Mélenchon, tandis que sur le même réseau social le député LFI de Seine-Saint-Denis Alexis Corbière demandait au titulaire du "perchoir" d'"annuler ce rendez-vous" car "la République française n'a pas à honorer ce violent xénophobe".

En conflit régulier avec ces députés d'extrême gauche, M. de Rugy (LREM) a répondu sur Twitter qu'"il est normal qu'(il) reçoive un homologue, élu à l'issue d?élections libres".

"La diplomatie parlementaire, c?est parler à tous les acteurs d'une crise: je vais ainsi reprendre les contacts avec la Douma de Russie interrompus depuis plusieurs années", a ajouté le locataire de l'Hôtel de Lassay.

A l'issue de la rencontre, la présidence de l'Assemblée a précisé que "les échanges ont notamment porté sur les textes (loi d'amnistie et statut spécial pour le Donbass) que le Parlement ukrainien doit adopter dans le cadre d?une résolution du conflit dans l'est de l'Ukraine".

"Les relations entre l'Ukraine et l'Union européenne ont également été évoquées ainsi que l'accord économique signé avec la France à la fin du mois de mai dernier", a poursuivi la présidence.

En fin de journée, le président du Sénat Gérard Larcher (LR) devait également recevoir M. Paroubiï, qui a co-fondé le parti nationaliste ukrainien devenu Svoboda. Observant que "c'est un parlementaire démocratiquement élu d'abord comme parlementaire, ensuite comme président du Parlement par ses pairs", l'entourage de M. Larcher a affirmé que le président de la Rada (Parlement) était "un interlocuteur naturel".

- Un anti-sémitisme violent sévit en Ukraine – et le gouvernement reste les bras croisés, par Lev Golinki - Les-Crises.fr 12 juin 2018

Une vague d’antisémitisme a déferlé sur l’Ukraine. Rien que dans les trois dernières semaines, un leader d’extrême-droite a appelé publiquement à nettoyer l’Ukraine des « zhidi » (insulte équivalente à youpin), un mémorial de l’Holocauste a été incendié à Ternopil, des centaines de personnes ont défilé à travers Lviv en l’honneur d’une unité SS en faisant des saluts nazis, des graffitis « Mort aux youpins » ont été peints dans deux villes, la tombe d’un rabbin célèbre a été vandalisée, un camp de Roms a été attaqué et brûlé à Kiev par des militants d’extrême-droite, et des centaines d’autres ont participé à un concert néo-nazi, exhibant des svastikas et faisant le salut nazi.

Ce déferlement de haine a attiré l’attention du Congrès Juif Mondial, qui a publié une courte vidéo condamnant la montée de l’antisémitisme.

Peu après, le président ukrainien Petro Poroshenko a publié un communiqué de presse affirmant sa détermination à combattre l’antisémitisme. En retour, Ronald Lauder, président du CJM (Congrès Juif Mondial), a remercié Poroshenko pour sa déclaration et s’est déclaré « satisfait ».

Mais nous ne devrions pas pousser tout de suite un soupir de soulagement. Malheureusement, l’enthousiasme du CJM à accepter les paroles de Poroshenko est prématuré. Durant les quatre dernières années de gouvernement de Poroshenko, l’Ukraine a connu une hausse constante de l’antisémitisme, notamment l’apologie des collaborateurs du régime nazi, le vandalisme de sites juifs et les menaces publiques envers les Juifs – et la fréquence des incidents antisémites semble s’accélérer.

D’ailleurs, le lendemain de la publication de sa promesse vide par Poroshenko, si chaleureusement accueillie par Lauder, le ministre des affaires étrangères ukrainien a catégoriquement nié la montée de l’antisémitisme en Ukraine. Comment Poroshenko pourrait-il combattre l’antisémitisme quand son propre Ministère des affaires étrangères (sur lequel il a théoriquement autorité) refuse de reconnaître le problème ?

Après que le WJC a salué l’engagement de Poroshenko à combattre l’antisémitisme et d’autres formes de haine, un maire ukrainien a été pris en train de prononcer un discours au vitriol sur les Juifs cherchant à tuer les Gentils ; le consul ukrainien à Hambourg a été suspendu suite à des accusations pour avoir écrit des messages antisémites sur Facebook, y compris imputant aux Juifs la Seconde Guerre mondiale ; la tombe de la fille d’un rabbin vénéré a été profanée pour la cinquième fois en deux ans ; des voyous d’extrême droite ont pris d’assaut la maison d’un copropriétaire d’une chaîne de télévision ; le gang néonazi C14 a réalisé un autre pogrom contre les Roms, incendiant un campement à Lviv ; et des ultranationalistes affiliés au bataillon néonazi Azov ont mis fin à un événement LGBT parrainé par Amnesty International et Human Rights Watch à Kiev tandis que que les autorités refusaient d’agir.

Porochenko est devenu président à la suite du soulèvement sanglant de Maidan de 2013-2014, au cours duquel des Ukrainiens ordinaires sont morts pour le droit de vivre dans une nation occidentale démocratique. Mais au mieux, le gouvernement de Poroshenko a ignoré le problème de l’antisémitisme en son sein ; au pire, il l’a activement encouragé.

Célébrer les massacres de Juifs

La marche du 28 avril à Lviv, au cours de laquelle un millier de personnes ont honoré le SS Galichina, une division ukrainienne de la Waffen-SS d’Hitler, n’était pas un événement isolé planifié par un groupe marginal. La marche était le point culminant d’une célébration d’une semaine de la SS Galichina promue par le conseil municipal de Lviv. Assez bizarrement, cela comprenait un concours incitant les adolescents à soumettre des dessins de fans sur les SS.

Comment une ville européenne en vient-elle à glorifier une unité SS dont les membres ont prêté un serment personnel de loyauté à Hitler ? Il est alors utile d’avoir une bonne dose de révisionnisme historique. L’année dernière, le directeur de l’Institut ukrainien de la mémoire nationale – un département officiel du gouvernement de Kiev – a déclaré que les combattants SS Galichina étaient en fait des « victimes de guerre ». Ceci, bien sûr, soulève la question : si les SS étaient des victimes, qu’ont fait les Juifs et d’autres ethnies pour avoir été massacrés ?

La SS Galichina est loin d’être le seul groupe paramilitaire issu de la Seconde Guerre mondiale approuvé par les autorités ukrainiennes modernes. En 2015, le Parlement ukrainien a adopté des lois proclamant l’Organisation des nationalistes ukrainiens, qui a collaboré avec les nazis et a été responsable de la liquidation de milliers de Juifs, et l’Armée insurrectionnelle ukrainienne, qui a procédé au nettoyage ethnique de 70 000 à 100 000 Polonais, ainsi que d’autres ethnies de son propre chef, comme héros de l’Ukraine.

Grâce aux lois de Kiev, ainsi qu’aux campagnes publiques menées par l’Institut de la mémoire nationale (dont le budget en 2018 est d’environ deux millions de dollars), ces bouchers sont aujourd’hui célébrés dans tout le pays.

Il n’est pas surprenant que cette glorification des antisémites par l’Etat s’accompagne souvent de manifestations antisémites. Le 1er janvier 2017, des milliers de personnes ont défilé à Kiev en l’honneur du leader de l’OUN, Stepan Bandera. Des slogans « Jews Out ! » ont résonné dans la foule, mais le lendemain, la police a nié avoir entendu quoi que ce soit d’antisémite. En juin dernier, Lviv a organisé un festival de trois jours en l’honneur du chef de l’UPA Roman Shukhevych, et une synagogue a été incendiée pendant les festivités. En novembre, Radio Free Europe a rapporté avoir vu des saluts nazis alors que 20 000 hommes brandissant des flambeaux défilaient en l’honneur de l’UPA , vandalisant les monuments commémoratifs de l’Holocauste et les sites religieux

Vandaliser les monuments commémoratifs de l’Holocauste et les sites religieux

Les vandales antisémites en Ukraine ne se soucient guère d’originalité. Le mémorial de l’Holocauste récemment incendié à Ternopil a été profané à quatre reprises au cours de l’année écoulée. Mais ce n’est qu’un seul mémorial : d’autres sites de l’Holocauste, centres juifs, cimetières, tombes et lieux de culte sont régulièrement vandalisés avec des croix gammées, des runes SS et des insultes.

Le vandalisme généralisé a atteint un point tel que le ministère israélien des Affaires étrangères a pris la mesure inhabituelle d’exiger publiquement que les autorités ukrainiennes commencent à enquêter sur ces agressions. Un appel similaire a été lancé par le directeur du Comité juif ukrainien dans un éditorial du New York Times, qui soulignait l’apathie du gouvernement concernant la protection des sites religieux et des sites de l’Holocauste.

Menacer publiquement les Juifs

L’incident du 2 mai à Odessa, lorsque Tetiana Soikina, responsable régionale de l’organisation ultranationaliste le Secteur Droit, a promis de se débarrasser des « youpins », survient au milieu d’une série d’appels similaires à la violence de la part de personnalités publiques. En mars 2017, la députée Nadiya Savchenko, autrefois célébrée par les médias occidentaux sous le nom de « Ukrainian Nelson Mandela », a explosé dans une tirade antisémite en direct à la télévision. « Pourquoi personne ne parle de ce que les gens disent… youpins d’aujourd’hui ? » a demandé un interlocuteur. « Bonne question », a répondu Savchenko. « Oui, notre gouvernement a du sang non ukrainien, pour ainsi dire. Que faut-il faire à ce sujet ? Nous devons penser et agir ».

À peine deux mois plus tard, un général des services de sécurité ukrainiens a publié des menaces manifestes, promettant d’exterminer les « zhidi », ce qui a incité la Ligue Anti-Diffamation (ADL) à exiger son éviction par Poroshenko (aucune mesure n’a été prise). Quelques mois plus tard, le responsable régional du parti d’extrême droite Svoboda s’est déchaîné dans un discours antisémite, après que des juifs locaux ont protesté contre le fait qu’une statue de Symon Petliura, un autre « héros » ukrainien responsable des pogroms de masse, ait été érigée. « Habituez-vous à nos règles ou soyez punis », a dit le chef Svoboda, encourageant ses compatriotes ukrainiens à « remettre les minorités à leur place ».

Malheureusement, les fonctionnaires et les dirigeants des partis qui ont fait de telles déclarations l’ont fait en toute impunité. Et, bien que Poroshenko ait promis une réaction « immédiate » des forces de l’ordre aux menaces publiques de Soikina, un porte-parole du ministère ukrainien de l’Intérieur a déclaré que l’appel de Soikina à nettoyer le pays des Juifs n’était pas « intrinsèquement discriminatoire ni un appel à la violence ». Il est fort probable que Soikina, comme les autres, ne subira aucune conséquence pour ses actes.

Persécution des Roms

L’histoire nous apprend que qui s’attaque aux Roms finit, tôt ou tard, pas s’attaquer aux Juifs.

Une courte vidéo des récents pogroms anti-Roms est glaçante : des voyous cagoulés pourchassent des femmes et des enfants terrifiés au milieu d’une capitale européenne, alors que la fumée noire du tabor (campement) rom en flammes remplit l’arrière-plan. Les femmes appellent une l’aide qui ne vient pas. En fait, lorsque la police, honteuse, a fini par ouvrir une enquête, elle a qualifiée l’affaire de « hooliganisme », ce qui montre l’indifférence choquante avec laquelle les Roms sont considérés.

Mais l’aspect le plus inquiétant ici est qu’il s’agit au moins du quatrième pogrom anti-Roms en Ukraine au cours des deux dernières années.

En septembre 2016, deux douzaines de Roms ont été contraints de fuir un village d’Odessa après que les habitants ont incendié leurs maisons. Le gouverneur d’alors d’Odessa a réagi en louant les actions des villageois, déclarant que le village avait été pendant longtemps un repaire « d’asociaux » et qu’il partageait pleinement les préoccupations de la foule. La seule chose que la police a faite, c’est de garantir un « couloir sûr » pour que les Roms puissent évacuer. En mai 2017, un Rom a été tué lors d’une attaque à Kharkov ; selon des témoins, les autorités locales ont été impliquées dans la fusillade. Le même mois, un groupe d’hommes a attaqué des familles roms dans une gare de Kiev.

Les récents pogroms anti-roms de Kiev se distinguent cependant par le fait qu’elles ont été revendiquées avec fierté par C14, un gang néo-nazi qui a gagné en influence au cours de l’année écoulée. Les actions de C14 ont conduit Amnesty International à publier une déclaration urgente avertissant que les radicaux « se sentent intouchables… les autorités, le plus souvent, n’agissent pas », et n’importe qui, y compris les Juifs, pourraient être les prochains sur la liste.

Les exemples ci-dessus ne représentent qu’une petite partie du caractère profondément inquiétant de l’antisémitisme et de l’incapacité ainsi que du refus de Poroshenko d’affirmer la primauté du droit. Ils n’incluent pas les attaques généralisées contre les communautés LGBT, ni la façon dont les groupes d’extrême droite perturbent les tribunaux au mépris des forces de l’ordre. Mais ils devraient être suffisants pour démontrer qu’il faudrait être d’une naïveté consternante pour accorder le moindre crédit aux promesses creuses de Poroshenko.

Les Juifs américains devraient absolument se réjouir du caractère démocrate de Poroshenko, mais seulement après que les organisations chargées de surveiller l’antisémitisme mondial auront confirmé que la situation en Ukraine s’améliore, et non le contraire. D’ici là, « la satisfaction » est la dernière chose que ceux qui s’intéressent à l’antisémitisme devraient ressentir à propos de l’Ukraine.

Lev Golinkin est l’auteur de A Backpack, a Bear, and Eight Crates of Vodka [Un sac à dos, un ours et huit caisses de vodka, NdT].

Source : Forward, Lev Golinki, le 20 mai 2018.

- Symboles et saluts nazis durant une marche des nationalistes ukrainiens, par Cnaan Liphshiz - Les-Crises.fr 12 juin 2018

La glorification des combattants qui se sont alliés avec les Nazis contre la domination russe a considérablement augmenté après 2013. En 2015, le Parlement ukrainien a voté une loi qui criminalise la négation « de l’héroïsme » de certains de ces alliés de l’Allemagne nazie, qui ont supervisé l’extermination quasi-totale des Juifs de la région.

Source : Jewish Telegraphic Agency, Cnaan Liphshiz, 29-04-2018

En complément. Toujours dans le registre totalitarisme.

- Des «opérations anti-Israël» ont-elles lieu dans les supermarchés ? - Liberation.fr 6 juin 2018

Selon plusieurs médias, une campagne de boycott des produits israéliens serait menée dans certains supermarchés.

A en croire le Figaro, «d’inquiétantes opérations anti-Israël» auraient lieu dans nos supermarchés. L’article, ainsi titré et publié le 4 juin, a été depuis largement repris par la presse, tendance plutôt pro-israélienne mais pas seulement.

«Des Yvelines aux Pyrénées-Atlantiques, des extrémistes veulent imposer à des magasins le retrait de produits israéliens», peut-on lire. Sont cités les cas d’un Carrefour à Chambourcy, dans les Yvelines, un Grand Frais, à Décines, près de Lyon, un Intermarché à Itxassou, dans les Pyrénées-Atlantiques et un Lidl à Drancy.

Le Bureau national de vigilance contre l’antisémitisme (BNVCA), de son côté, affirmait dans un communiqué publié le 3 juin recevoir «depuis près de 5 jours, un nombre considérable de protestations émanant d’internautes et clients des magasins Carrefour». L’association, qui parle d’«action discriminatoire», a annoncé le dépôt de plaintes, «non seulement contre les auteurs de ce délit, mais contre tous ceux qui par leur silence et leur soumission se sont pliés au diktat de cette police islamique». Soutenue par le CRIF, elle expliquait s’inquiéter d’une «campagne de boycott».

«C’est pas un problème de juif»

Pourtant, les cas relevés n’en ont pas vraiment l’envergure. A Chambourcy, en effet, une action filmée a été menée et relayée le 1er juin. «Nous mettre des dattes israéliennes sur le stand ramadan, c’est un affront fait aux consommateurs de confession musulmane», affirme l’homme qui filme, et réclame leur retrait. «Hors de question alors qu’ils sont en train de fusiller des Palestiniens à Gaza», poursuit-il, avant d’obtenir gain de cause. A une personne qui lui dit quelque chose qu’on ne distingue pas, il répond : «non mais on s’en fout, c’est pas un problème de juif, c’est un problème d’occupation israélienne».

Le lendemain, le 2 juin, une vidéo tournée au Grand Frais de Décines a également été publiée. On y entend un homme demander le retrait de dattes, toujours, leur origine n’étant pas indiquée. C’est illégal depuis 2015, la Commission européenne ayant demandé aux 28 Etats membres d’indiquer la provenance des produits originaires des colonies israéliennes dans les territoires palestiniens occupés depuis 1967. «Faut faire ça maintenant parce qu’on doit passer à Lidl après, demande l’homme qui filme à un membre du personnel. Demain on repassera, si on doit repasser à chaque fois, on repassera», poursuit-il.

A Itxassou, ce sont des militants d’Aitzana, un mouvement politique «de gauche du Pays basque nord», qui ont enlevé des mandarines d’origines israéliennes. Au Lidl de Drancy, il s’agissait, selon le Figaro, de militants de la France insoumise, «qui font retirer des grenades, des pamplemousses et des avocats». Sauf que la seule opération dont Libération a retrouvé la trace date de janvier 2018 et bien que les militants arborent des étiquettes LFI, le responsable du groupe de Drancy assure que sa section n’a «jamais fait ça».

«Exiger leur retrait dans tous les magasins»

Si le mouvement n’a rien de très organisé, les cas cités relevant d’initiatives plutôt individuelles, deux d’entre eux ont été relayés par le site Europalestine qui félicite par exemple les «militants lyonnais qui sont intervenus à Grand Frais» et encourage : «Ouvrez l’œil… et la bouche aussi pour exiger leur retrait de tous les magasins!»

L’association, qui assure avoir pour but de «dénoncer sans relâche l’occupation des territoires palestiniens qui perdure depuis des décennies et qui menace gravement la paix dans le monde», est décrite comme «antisioniste radicale», par le site Conspiracy Watch, qui traque tweets antisémites, théories négationnistes et complotistes sur internet. Libération, dans un article publié en 2014, la recensait d’ailleurs dans un article sur le nouvel antisémitisme, dans la catégorie «propalestiniens radicaux». On y apprenait en outre que les services de renseignements la caractérisaient comme «particulièrement excitée».

«Par éthique, et puisque ce n’est pas un argument, Olivia Zemor et Nicolas Shahshahani, les deux locomotives d’Europalestine, n’utilisent jamais les morts de leurs familles comme bouclier inhumain. Pourtant, de famille ils n’ont plus, ou presque. Car disparue dans les camps d’extermination nazie», écrivait alors l’association dans un communiqué en guise de contre-attaque.

Il faut également rappeler qu’Europalestine a présenté une liste aux européennes de 2004 avec un certain Dieudonné. L’association a par ailleurs pour habitude de déployer des banderoles appelant «à la séparation du CRIF et de l’Etat», slogan cher à l’extrême droite, comme le rappelait Conspiracy Watch et se laisse tenter, parfois, par des fake news.

Traquer les étiquettes

Si le squelette idéologique de l’association et de certains de ses membres pose question, difficile pour autant de parler de l’orchestration d’une campagne antisémite. «En faisant nos courses, on regarde, on vérifie que la réglementation est appliquée, explique Olivia Zémor, en référence à la loi sur l’étiquetage. Les gens mènent les actions individuellement mais si un commerçant n’en a rien à faire de la réglementation, il se peut qu’on décide de faire venir un groupe de 3, 5 ou 20 personnes.»

L’association ne se contente pas de traquer les étiquettes, elle applique également les principes du mouvement BDS - pour Boycott, désinvestissement, sanctions - qui, depuis 2005, milite pour le rejet de produits israéliens pour dénoncer la colonisation israélienne. C’est précisément ce que critiquent le CRIF et le BNVCA, qui plaident pour sanctionner le boycott, assimilé à une forme de discrimination. «Ces incidents, qui se multiplient alors que commence la Saison France Israël 2018, sont assimilables à des actes antisémites : à travers Israël, ce sont les Juifs que l’on vise. On a vu que certains, d’ailleurs, ne font pas la différence entre les produits israéliens et kasher…», regrettait ainsi Francis Kalifat. Le mouvement BDS assure de son côté qu’il «ne vise pas des personnes ou des groupes en raison de leur origine ou de leur religion juive, ni leurs entreprises ou leurs produits», ni même «la société israélienne ni les individus qui la composent, en tant que tels» mais bien la politique coloniale d’occupation israélienne et ses partisans. En 2015, la Cour de cassation avait confirmé la condamnation d’une douzaine de militants de la campagne BDS pour «provocation à la discrimination nationale, raciale et religieuse». Cette décision avait alors été acclamée par un membre directeur du CRIF comme la preuve du caractère «illégal» d’un tel boycott, quand de nombreuses voix avaient au contraire dénoncé «une atteinte à la liberté d’expression».

Au-delà du débat éthique et juridique, que chacun investira comme il le souhaite, un constat peut être dressé : les opérations anti-Israéliennes n’ont pas pris une ampleur inédite, jusqu’ici en tout cas. «Pendant le ramadan, les dattes des colonies envahissent le marché européen, explique Olivia Zemor. A chaque fois, il y a un mouvement de protestation.» Liberation.fr 6 juin 2018

Comment conserver le pouvoir par tous les moyens.

Pendant qu'ils nous soûlent avec leurs fake news, on en oublierait presque qu'en la matière, la palme revient à ceux qui nous gouvernent et prétendent représenter "l'intérêt général", les intérêts du "peuple", de la "nation", de la "France" et je ne sais quoi encore, alors qu'en réalité ils représentent ceux de l'oligarchie ou les ennemis de la plèbe.

- L’obsession des «fake news» comme prérogative des États par Jean-Yves Jézéquel - Mondialisation.ca, 24 mai 2018

Extraits. « Depuis la Seconde Guerre Mondiale, plus de 20 millions de personnes ont été tuées par des attaques américaines », dit le Dr. Mausfeld, Professeur de psychologie allemand. Pourquoi de telles violations extrêmes des droits de l’homme ne provoquent-elles pas un cri d’indignation dans la population? Voici la réponse de Mausfeld : « C’est en raison d’un large éventail de techniques de manipulations et de propagande raffinées, surtout psychologiques ».

Des faits réels sont présentés faussement comme étant des opinions. C’est une stratégie devenue courante aujourd’hui, une sorte de détournement, l’aspect que prend une pratique des « fake news » parfaitement écoeurante !

C’est la propagande dominante qui fomente et mène aux guerres, et non pas les quelques voix d’opposition. Pourtant ce sont ces quelques voix qui sont accusées et humiliées alors qu’elles s’opposent justement au mal et au malheur que la perversion des Pouvoirs cherche à imposer au monde réel désireux de paix et de bonne entente entre les peuples…

Il est évident qu’aucune censure ne s’appliquera jamais aux médias dominants et qu’au contraire, ce seront certains médias alternatifs, permettant de remettre en question la propagande de guerre, qui seront réprimés ou persécutés, combattus, censurés sous toutes les formes. C’est un comble, mais c’est la triste réalité : un inversement de la vérité a été opéré. Le mensonge est devenu la vérité et « la vérité est devenue le mensonge » à éradiquer. Le principe du nazi Goebbels triomphe: « Un mensonge répété suffisamment souvent devient la vérité ». On occident, ce sont les nazis qui ont gagné et l’idéologie fasciste qu’ils nous ont imposée, c’est l’ultra libéralisme qui à façonné l’Union Européenne avec l’aide d’une armée d’occupation qui la menace en permanence et l’entraîne dans ses guerres illégales: celle du quatrième Reich, l’OTAN.

Toute parole dissidente qui ose critiquer cette position pathologique de l’État mafieux, converti corps et âme à la loi du profit pour le profit, en fait sa priorité absolue, au point que tout opposant est aussitôt conduit aux galères, discrédité, persécuté, anéanti, interdit de tout et bâillonné de manière efficace pour qu’il ne puisse plus faire entendre sa voix discordante d’opposant à la dictature du néo colonialisme ultra libéral faisant régner sa loi de domination intolérante et dégénérée pour le seul bonheur des profiteurs d’en haut! La cause des États occidentaux n’est pas celle de leurs peuples, mais celle des banques…

A la tête de cet empire dégénéré qui avance vers sa chute prochaine, à l’image des deux tours jumelles qui se sont effondrées sur elles-mêmes, se trouvent les États-Unis qui ont été en guerre 93% du temps de leur existence depuis leur création en 1776, c’est à dire : 222 des 239 années de leur existence : c’est du délire psychopathologique. La chute de l’empire sera fracassante, comme la chute du World Trade Center a été fracassante, puisque ce sont les USA qui mènent le monde vers sa ruine.

Depuis 2012, et le début de la guerre en Syrie, il est impossible au pays de Voltaire, de rassembler dans une salle ouverte au public des hommes et des femmes s’exprimant sur cette guerre. Dès l’annonce d’un tel colloque, les menaces tombent et les organisateurs apeurés, honteux, annulent les rendez-vous. Dans une salle de l’Assemblée Nationale il a été impossible de trouver un auditorium pour exposer la situation syrienne et la politique étrangère de la France. Au nom de quoi ? L’interdiction de ces débats-là vaut aussi pour ceux qui concernent l’Ukraine et mieux encore pour la Palestine. Évoquer ce pays martyrisé, c’est additionner les salles de réunion refusées, les intervenants décommandés. S’il le faut, les censeurs se cachent derrière la menace de « troubles de l’ordre public ». Sur les plateaux de télévision ou sur les antennes radio c’est la même censure acharnée qui fait rage! L’occident est gravement malade!

Chacun sait déjà parfaitement que dix milliardaires ont pris le contrôle d’une grande partie des médias français. Ces oligarques, venus du BTP, de l’armement, du luxe ou de la téléphonie, ont accaparé les grands quotidiens nationaux, les chaînes de télévision et les radios, pour asseoir leur influence. Avec à la clé, conflits d’intérêts, censures, pressions, licenciements, ingérence malsaine… Cette concentration des moyens de production de l’information entre les mains de quelques uns a mis en péril l’indépendance de la presse dans notre pays, portant ainsi directement atteinte au fonctionnement de notre démocratie, même si elle n’est qu’embryonnaire.

L’organisation de la lutte contre les « fake news » consistait au départ à contrer les analyses critiques accusant l’État profond US d’avoir lui-même organisé les attentats du 11-Septembre, puis celles accusant les Anglo-Saxons d’avoir planifié les « printemps arabes » et la guerre contre la Syrie. Ces analyses critiques, fortement documentées étaient qualifiées de « conspirationnistes ». Cependant, rapidement les choses évoluèrent au point qu’il n’était plus possible de nier ces analyses. L’organisation de la lutte contre les « fake news » se retourna donc exclusivement contre la Russie qui fut accusée de poursuivre l’ancienne propagande de l’Union soviétique, et que, par conséquent le mal étant dehors et ailleurs, l’OTAN, plus que jamais utile, devait être renforcée avec de nouveaux moyens démultipliés et une plus grande participation financière de l’UE !

En définitive, en avril 2015, l’Union européenne se dota d’un « Groupe de travail pour les communications stratégiques vers l’Est » (East Strat Com Task Force). Il adresse chaque semaine à des milliers de journalistes un relevé de la « propagande russe ». À l’évidence, il est difficile pour les spécialistes du ESCTF de trouver des exemples significatifs de l’ingérence russe. En août de la même année, l’OTAN a inauguré son « Centre de communication stratégique » à Riga (Lettonie). L’année suivante, le Département d’État US s’est doté, quant à lui, du «Centre d’engagement global» (Global Engagement Center) qui poursuit les mêmes buts fantasmatiques, brûlant des millions de dollars des contribuables étasuniens pour des fadaises ! Voilà encore un symptôme de plus de la grave maladie de l’Occident sur le déclin.

Tous les systèmes de manipulation de l’information sont éphémères. Le retour de bâton risque d’être toujours violent pour les aventuriers de ces politiques fictions.

Précisons que Macron veut légiférer sur les réseaux sociaux uniquement pour les périodes électorales, car lui-même a été élu grâce au désordre créé par un hebdomadaire et Facebook qui se sont ligués contre son principal rival : François Fillon!

Il est évident que Macron voit venir le prochain tour et que cette fois, les réseaux sociaux seront utilisés contre lui. Il emboîte donc le pas à l’OTAN et veut ainsi montrer la continuité URSS-Russie en matière de propagande au moment des élections, afin de discréditer toute réelle opposition à l’intérieur même de la France.

Le mensonge a tellement envahi la vie publique qu’il préside même en permanence la parole officielle des États de l’Occident déchu. Ce monde est gravement malade et c’est pourquoi sa chute est annoncée pour bientôt. D’ailleurs la « Coalition atlantiste » qui bombarde allègrement les pays non soumis à la dictature de son délire intolérant, cherche et veut coûte que coûte une troisième guerre mondiale qu’elle prépare activement avec l’énergie d’un désespoir qu’elle a bien du mal à cacher car elle est malade de son mal intime et crève de sa pathologie : son fascisme ultra libéral. Mondialisation.ca, 24 mai 2018

Totalitarisme. Otan militaire, politique, économique (UE)... et médiatique.

- Une loi Fake News, c’est efficace ? - LeParisien.fr 07 juin 2018

Fake News ? « Toute allégation ou imputation d’un fait dépourvue d’éléments vérifiables de nature à la rendre vraisemblable ». Cette définition a été retenue par les députés en commission.

Comment le juge des référés pourra décider en 48 heures ce qui relève ou non d’une fausse information ? Comment le Conseil supérieur de l’audiovisuel jugera qu’une chaîne de télévision est sous l’influence d’un Etat étranger et porte atteinte aux intérêts de la Nation ? LeParisien.fr 07 juin 2018

Contre les fake news, Facebook allié à un think tank financé par l’Otan ? - Liberation.fr 7 juin 2018

Le 17 mai, Facebook a annoncé s’être allié à l’Atlantic Council pour lutter contre la désinformation.

L’Atlantic Council est un think tank qui «promeut un leadership et un engagement constructifs en se basant sur le rôle central de la communauté atlantique dans la réponse à apporter aux défis mondiaux». Il a été fondé en 1961 par d’anciens secrétaires d’Etat américains, qui ont décidé de rassembler plusieurs groupes citoyens américains soutenant l’alliance atlantique, donc l’Otan.

Est-il financé par l’Otan et les Etats-Unis ?

L’Atlantic Council se présente comme une «organisation non partisane qui génère des idées et encourage les débats sur les problèmes auxquels est confrontée la communauté atlantique».

Dans la liste des grands donateurs en 2016, on retrouve des entreprises (Engie, Airbus ou HSBC) mais aussi des Etats (les Emirats arabes unis font partie des trois premiers donateurs, qui ont versé plus d’un million de dollars), notamment des pays membres de l’Otan (la Norvège, le Royaume-Uni ou encore les Etats-Unis…)

Plusieurs institutions américaines font partie des contributeurs. Le bureau de représentation des Etats-Unis a ainsi donné entre 100 000 et 250 000 dollars, tout comme le secrétariat d’Etat. La Chambre de commerce américaine, l’armée de l’air, l’armée de terre et le corps des marines des Etats-Unis ont chacun donné entre 25 000 et 50 000 dollars.

Vous vous interrogez sur les liens entre l’Atlantic Council et l’Otan. L’Organisation fait en effet partie des principaux donateurs ayant versé entre 250 000 et un million de dollars au think tank. Liberation.fr 7 juin 2018

La médiocratie ne fait pas dans la dentelle.

- “L’origine nazie du nom de l’Iran” : une nouvelle Fake News de BHL - Les-Crises.fr

- Après les Skripal, Arkady Babchenko revient du royaume des morts. - Moon of Alabama 1er juin 2018

Un éminent journaliste russe qui critiquait le Kremlin a été abattu à Kiev - CNBC

Il y a eu des centaines de titres de ce genre depuis hier, tous accusant directement ou indirectement la Russie, le Kremlin ou Poutine.

Malgré l’absence de preuves de l’implication de la Russie, un syndicat allemand de journalistes, le DJV, a demandé que l’UE boycotte le championnat du monde de football en Russie.

Cela ne se terminera pas bien pour Babchenko, ni pour l’Ukraine. Le Premier ministre ukrainien a officiellement accusé la Russie d’avoir tué ce journaliste. Et on découvre que l’État ukrainien a simulé le meurtre ! Babchenko revient d’entre les morts, prouvant que les accusations contre la Russie étaient fausses. Au moment où les mensonges des services de sécurité ukrainien sur la mort du journaliste sont démentis par les faits, ils prétendent que la Russie a ordonné l’assassinat raté ? Pourquoi croirait-on maintenant un mot de ce qu’ils disent ?

La Russie devrait être satisfaite. Les deux affaires montées contre elle, la mise en scène Skripal et la mise en scène Babchenko, se sont révélées être de la propagande sans aucun fondement contre la Russie.

Le syndicat allemand des « journalistes » a supprimé de son site web son tweet et un éditorial (photo) demandant des sanctions contre la Russie. Demain, il s’attaquera de nouveau à ceux qui disent que leur « journalisme » n’est rien d’autre que de la fausse information et de la propagande.

De plus en plus de gens vont prendre conscience de ces manipulations manifestes. Ils poseront des questions. Les accusateurs habituels devront faire preuve d’une plus grande prudence dans leur propagande. Leurs « assassinats » de propagande finiront par tuer leur propagande. Moon of Alabama 1er juin 2018

Faites sauter les banquiers.

Au paradis des paradis fiscaux, ce ne sera pas demain la veille.

- Les Suisses votent contre une réforme radicale de la finance - Reuters 11.06

Un plan radical visant à ôter aux banques suisses le droit de création monétaire a été rejeté par les électeurs, a annoncé le Conseil fédéral dimanche.

Les électeurs ont été 75,7% à se prononcer contre l'initiative dite "Monnaie pleine", qui n'a atteint la majorité dans aucun des 26 cantons, a précisé le pouvoir.

En plus d'une majorité simple des électeurs, la proposition devait aussi réunir une majorité des cantons.

Les inquiétudes sur les conséquences pour l'économie de l'introduction d'un système de "monnaie réelle" ("vollgeld") semblent avoir convaincu les Suisses de rejeter l'initiative officiellement intitulée "Pour une monnaie à l’abri des crises : émission monétaire uniquement par la Banque nationale !"

"Mettre en oeuvre un tel système, qui aurait soulevé tant de questions, aurait été difficilement possible sans provoquer des années d'ennuis", a déclaré le ministre des Finances Ueri Maurer lors d'une conférence de presse.

"Le peuple suisse en général n'aime pas la prise de risque (...) et il n'a vu aucun avantage dans ces propositions. Notre système bancaire fonctionne, les suspicions contre les banques ont été largement éliminées."

La proposition, soumise à votation après avoir obtenu plus de 100.000 signatures, visait à donner à la Banque nationale suisse (BNS), la banque centrale helvétique, le monopole de la création monétaire dans le pays.

Contrairement à une idée reçue, la plupart de l'argent produit électroniquement l'est non par les banques centrales mais par les banques privées afin de pouvoir prêter davantage que les dépôts qu'elles ont dans leurs coffres.

Si l'initiative avait été approuvée, la Suisse, célèbre pour son industrie bancaire, aurait été le premier pays au monde à interdire la création monétaire aux établissements privés, ce qui selon les opposants du plan aurait constitué une dangereuse expérimentation.

Les partisans de la réforme faisaient valoir que le projet rendrait le système financier plus résistant et ferait du franc suisse la monnaie la plus sûre du monde.

La BNS, le Conseil fédéral (gouvernement) et les organisations patronales se sont mobilisés pour le "non".

"Nos arguments contre l'initiative, selon lesquels cela reviendrait à bouleverser tout le système monétaire, ont convaincu le public", a déclaré Herbert Scheidt, président de l'Association suisse des banquiers (ASB).

"Nous sommes contents car cela aurait été une initiative extrêmement dommageable", s'est réjoui de son côté Heinz Karrer, président de l'organisation professionnelle Economiesuisse.

La banque centrale, qui avait mis en garde contre un "cocktail dangereux" pour l'économie suisse, a aussi salué le résultat.

"La BNS peut donc poursuivre aux mêmes conditions que jusqu’ici sa politique monétaire axée sur la stabilité des prix. Maintenir la stabilité des prix contribue largement à la prospérité de notre pays", a-t-elle déclaré dans un communiqué. Les partisans de la réforme ont annoncé leur intention de poursuivre le combat.

"Le débat ne fait que commencer", a déclaré Raffael Wüthrich, porte-parole de la campagne. "Notre objectif est que la monnaie soit au service du peuple et pas le contraire, et on continuera de travailler pour y parvenir." Reuters 11.06

Ni chez Big Brother.

- Le Congrès américain assouplit la régulation bancaire - lemonde.fr 23.05

"Adopté par 258 voix contre 159, le texte, qui réduit de 38 à 12 le nombre de banques américaines soumises aux règles les plus dures, doit désormais être signé par le président américain." lemonde.fr 23.05

Ni en France.

- Le CAC40 en 2017 : plus de 16 000 filiales, dont 15% dans des paradis fiscaux - multinationales.org 30 mai 2018

Une multinationale, ce n’est pas seulement un nom, une capitalisation boursière et une direction centralisée. C’est aussi un réseau complexe de centaines de filiales, localisées aux quatre coins dans la planète, liées entre elles par des relations financières, juridiques et actionnariales souvent opaques, ouvrant la porte à tous les abus. En 2017, selon les chiffres très partiels publiés par les entreprises elles-mêmes, le CAC40 avait 16 240 filiales dans le monde entier. Soit 247 filiales déclarées en moyenne. Près de 2500 d’entre elles sont localisées dans des pays ou des territoires considérés comme des paradis fiscaux et judiciaires. Nouvel extrait de notre « véritable bilan annuel » des grandes entreprises françaises.

Selon les informations publiées par les entreprises elles-mêmes dans leurs documents de référence ou sur leur site, le CAC40 avait en 2017 au moins 16 240 filiales dans le monde entier. Cela représente une moyenne de 427 filiales par groupe (deux d’entre eux, TechnipFMC et Airbus, n’ayant publié aucune information à ce sujet). À l’évidence, ce chiffre doit être pris comme un minimum, puisque plusieurs entreprises ne déclarent qu’un nombre restreint de filiales (seulement les « principales »). Seules quelques unes publient une liste pléthorique (2348 filiales pour Engie et 2753 pour Vinci, par exemple), et il n’est pas sûre qu’elle soit toujours complète pour autant, comme nous l’avions constaté à propos de Total il y a trois ans.

Sur ces plus de 16 000 filiales, 2469 sont localisées dans des pays ou des territoires identifiés comme des « paradis fiscaux et judiciaires », soit 15,2%. Les firmes qui semblent avoir le plus grosse prédilection pour ces localisations attractives sont Axa, LVMH, Kering, ST et Danone, avec entre 35 et 22% de filiales concernées. À l’autre bout du classement, on trouve Saint-Gobain, Valeo, Veolia, Vinci et Vivendi, entre 3,5 et 7,7%.

En nombre absolu de filiales dans les paradis fiscaux, le classement est le suivant : Engie (327), LVMH (295), Vinci (212), BNP Paribas (198) et Total (160). Mais ce sont aussi les entreprises qui listent le plus grand nombre de filiales en général.

Que disent vraiment ces chiffres ?

Ces chiffres indicatifs doivent cependant être pris avec beaucoup de précautions. Tout d’abord précisément parce que les listes de filiales publiées sont de taille extrêmement variables selon les entreprises du CAC40, allant de quelques dizaines à plusieurs milliers. Les groupes qui publient des listes plus courtes peuvent en profiter pour « cacher » des filiales aux localisations controversées.

Ensuite en raison de la difficulté même à définir ce qu’est un « paradis fiscal et judiciaire ». Les listes de paradis fiscaux publiées par les gouvernements ou les organisations internationales sont souvent limitées. Nous utilisons ici une liste plus large produite par le Tax Justice Network, un réseau d’ONG dédié à la justice fiscale, qui inclut certes des îles paradisiaques comme les Bermudes ou les Caïmans, mais aussi des pays européens comme le Luxembourg, l’Irlande, la Suisse, la Belgique ou les Pays-Bas. Autant de pays où les firmes du CAC40 peuvent aussi avoir de vraies activités industrielles, mais qui n’en sont pas moins sur-représentés dans la localisation de leurs filiales.

À l’inverse, certains territoires à l’intérieur d’États plus grands, comme le Delaware aux États-Unis, Dubaï aux Émirats arabes unis ou divers territoires britanniques, peuvent aussi être considérés comme des paradis fiscaux, mais les filiales concernées sont difficiles à identifier comme telles lorsque les entreprises ne donnent qu’une localisation générique.

Enfin, dans le cas des géants du luxe LVMH et Kering, il faut rappeler que leur présence dans les paradis fiscaux tient aussi pour partie à la localisation de leur clientèle...

Informations financières insuffisantes

Bien entendu, le seul nombre de filiales dans les paradis fiscaux, en l’absence de données plus précises sur leurs finances, sur ne se traduit pas automatiquement par un taux d’imposition sur les bénéfices moindres que pour d’autres sociétés. Sur les cinq groupes du CAC40 qui déclarent le plus de filiales dans ces territoires, un seul (Axa) figure aussi parmi les cinq groupes qui affichent le taux d’imposition effectif le plus bas en 2017 (14,6% en l’occurrence). Les données relatives au taux d’imposition effectif sont d’ailleurs très variables d’une année sur l’autre et intègrent tant de paramètres qu’il est difficile d’en tirer des conclusions.

Seules les banques sont aujourd’hui soumises à des obligations de transparence suffisantes pour se faire une idée précise de la place des paradis fiscaux dans leur dispositif financier. La dernière étude précise sur ce point a été réalisée par un groupe d’ONG françaises dans le cadre de la Plateforme Paradis fiscaux et judiciaires (lire notre article). Elle concluait que les grandes banques françaises réalisent plus d’un tiers de leurs bénéfices dans des paradis fiscaux, alors que ces derniers ne représentent qu’un quart de leurs chiffre d’affaires, un cinquième de leurs impôts, et seulement un sixième de leurs employés.

Les paradis fiscaux préférés des multinationales françaises sont en Europe

Le terme même de « paradis fiscal » évoque spontanément l’image d’îles tropicales isolées, comme les Bahamas ou les Bermudes, ou parfois un peu plus proches comme Jersey. Mais la mécanique de l’évitement fiscal créée par les multinationales passe aussi et surtout par des pôles financiers (la City de Londres, Singapour, Hong Kong) et par des pays offrant des conditions fiscales avantageuses sur tel ou tel aspect particulier de leur comptabilité : les dividendes ou les redevances liées à la propriété intellectuelle, par exemple. Voire la France pour ce qui concerne la R&D... C’est pourquoi au final les principaux paradis fiscaux utilisés par les multinationales françaises sont européens (lire notre entretien à ce sujet avec Eric Walravens).

Dans un rapport récent, le Basic et Oxfam ont réalisé un décompte détaillé des filiales déclarées par le CAC40 en 2016. Ils ont trouvé 19 filiales aux Bahamas, 12 aux Bermudes et aux Caïmans, 10 au Panama et 22 à Monaco et à Jersey, mais surtout 319 aux Pays-Bas, 232 en Belgique, 167 au Luxembourg, et 137 en Suisse. Cas d’école : la galaxie Engie et les paradis fiscaux

Engie se distingue parmi ses pairs du CAC40 une liste de plus de 2300 filiales, parmi lesquelles on en trouve au moins 327 relevant de paradis fiscaux. Principalement, certes, aux Pays-Bas (133 filiales) et en Belgique (74), deux pays où le groupe est historiquement très présent. Comme pour Total et de nombreux groupes pétroliers, les Pays-Bas sont aussi la localisation de choix pour tous les actifs du groupe en matière d’exploitation d’hydrocarbures (en cours de revente).

Le troisième pays de la liste est le Luxembourg avec 28 filiales. Celles-ci valent aujourd’hui à Engie une « enquête approfondie » de la Commission européenne. La teneur du dossier a été rendue publique début 2017, et suggère qu’Engie pourrait avoir économisé environ 300 millions d’euros d’impôts grâce à deux « rescrits » (ou rulings en anglais), des accords fiscaux particuliers, conclus entre l’entreprise et l’administration fiscale luxembourgeoise. Des conclusions qu’Engie conteste. Selon des révélations du site Les Jours, Engie aurait abrité pas moins de 27 milliards d’euros dans ses filiales du Grand-Duché (lire notre article).

De manière plus exotique, Engie compte également 9 filiales aux îles Caïmans, 7 à Monaco, 6 à Guernesey, 3 au Panama et à Jersey, ou encore 2 à Vanuatu.

Comment expliquer ce nombre extrêmement élevé ? D’abord, apparemment, par l’habitude de créer des dizaines de filiales portant plus ou moins le même nom pour ses projets énergétiques en France et au Brésil, particulièrement dans le domaine de l’éolien et du solaire. Ensuite par l’histoire même du groupe Engie, à l’origine une holding financière, Suez, qui s’est progressivement agrégée des participations dans divers secteurs économiques, jusqu’à se reconstituer en groupe énergétique à travers sa fusion avec Gaz de France.

Aujourd’hui, en plus de ses activités dans l’énergie, le groupe s’occupe également de gestion de prisons et de centres de détention, de stations de sport d’hiver, de textile, de caméras de surveillance, d’espionnage, de services urbains, ou encore dernièrement de gérer l’« Uber du dépannage à domicile ». L’acquisition d’International Power en 2011 a fait hériter le groupe, comme souvent avec le rachat de firmes anglo-saxonnes, de nombreuses filiales dans les paradis fiscaux. multinationales.org 30 mai 2018

S'ils le disent eux-mêmes. Quelques citations à apprendre par coeur.

- « Les banques créent du crédit. C’est une erreur de croire que le crédit des banques est créé dans toute mesure par le versement d’argent aux banques. Un prêt créé par la banque constitue un ajout significatif au volume d’argent de la communauté. »

Encyclopædia Britannica, 14ème Edition.

- « S’il n’y avait pas de dette dans le système, il n’y aurait aucun argent. »

Marriner S. Eccles, gouverneur et président du CA de la Fed.

- “Permettez-moi d’émettre et de contrôler les ressources monétaires d’un pays et je me moque de celui qui écrit ses lois.”

M.A. Rothschild (1744-1812).

- “Lorsqu’un gouvernement est dépendant des banquiers pour l’argent, ce sont ces derniers, et non les dirigeants du gouvernement qui contrôlent la situation, puisque la main qui donne est au-dessus de la main qui reçoit. [...] L’argent n’a pas de patrie ; les financiers n’ont pas de patriotisme et n’ont pas de décence ; leur unique objectif est le gain.”

Napoléon Bonaparte, Empereur Français (1769-1821).

- “Je pense que les institutions bancaires sont plus dangereuses pour nos libertés que des armées entières prêtes au combat. Si le peuple américain permet un jour que des banques privées contrôlent leur monnaie, les banques et toutes les institutions qui fleuriront autour des banques priveront les gens de toute possession, d’abord par l’inflation, ensuite par la récession, jusqu’au jour où leurs enfants se réveilleront, sans maison et sans toit, sur la terre que leurs parents ont conquise.”

Thomas Jefferson (1743-1826).

- Donnez moi le contrôle sur la monnaie d'une nation,et je n'aurai pas à me soucier de ceux qui font ses lois.

Mayer Amshel Rothschild (1743-1812)

- “Le gouvernement devrait créer, émettre, et faire circuler toutes les devises et tous les crédits nécessaires pour satisfaire les dépenses du gouvernement et le pouvoir d’achat des consommateurs. En adoptant ces principes, les contribuables économiseraient d’immenses sommes d’argent en intérêts. Le privilège de créer et d’émettre de la monnaie n’est pas seulement la prérogative suprême du gouvernement, mais c’est aussi sa plus grande opportunité.”

Abraham Lincoln, Président des États-Unis, assassiné (1809-1865).

- “Celui qui contrôle le volume de la monnaie dans notre pays est maître absolu de toute l’industrie et tout le commerce... et quand vous réalisez que le système entier est très facilement contrôlé, d’une manière ou d’une autre, par une très petite élite de puissants, vous n’aurez pas besoin qu’on vous explique comment les périodes d’inflation et de déflation apparaissent.”

James A. Garfield, Président des États-Unis, assassiné (1831-1881).

- “Jusqu’à ce que le contrôle de l’émission de devises et de crédit soit restauré au gouvernement et reconnue comme sa responsabilité la plus flagrante et la plus sacrée, tout discours sur la souveraineté du Parlement et la démocratie est vain et futile... Une fois qu’une nation abandonne le contrôle de ses crédits, il n’importe plus qui fait ses lois... L’usure, une fois aux commandes, coule n’importe quelle nation.”

William Lyon Mackenzie King, Ex-premier ministre du Canada (1874-1950).

- “Les banquiers détiennent la Terre. Si vous souhaitez rester leurs esclaves et payer le coût de votre propre esclavagisme, alors laissez les continuer à créer de l’argent.”

Sir Josiah Stamp, Directeur de la Banque d’Angleterre (1880-1941).

- “Il est appréciable que le peuple de cette nation ne comprenne rien au système bancaire et monétaire, car si tel était le cas, je pense que nous serions confrontés à une révolution avant demain matin.”

Henry Ford (1863-1947).

- “Le système bancaire moderne fabrique de l’argent à partir de rien. Ce processus est peut-être le tour de dextérité le plus étonnant qui fut jamais inventé. La banque fut conçue dans l’iniquité et est née dans le pêché. Les banquiers possèdent la Terre. Prenez la leur, mais laissez-leur le pouvoir de créer l’argent et en un tour de mains ils créeront assez d’argent pour la racheter. Otez-leur ce pouvoir, et toutes les grandes fortunes comme la mienne disparaîtront et ce serait bénéfique car nous aurions alors un monde meilleur et plus heureux. Mais si vous voulez continuer à être les esclaves des banques et à payer le prix de votre propre esclavage laissez donc les banquiers continuer à créer l’argent et à contrôler les crédits.”

Sir Josiah Stamp, Directeur de la Banque d’Angleterre (1880-1941) (Réputé 2e fortune d’Angleterre à cette époque 1920).

- « Je suis un homme des plus malheureux. J’ai inconsciemment ruiné mon pays. Une grande nation industrielle est contrôlée par son système de crédit. Notre système de crédit est concentré dans le privé. La croissance de notre nation, en conséquence, ainsi que toutes nos activités, sont entre les mains de quelques hommes. Nous en sommes venus à être un des gouvernements les plus mal dirigés du monde civilisé un des plus contrôlés et dominés non pas par la conviction et le vote de la majorité mais par l’opinion et la force d’un petit groupe d’hommes dominants. »

Woodrow Wilson, président des Etats-Unis, 1913-1921.

- “Les quelques personnes qui comprennent le système (argent et crédits) seront soit tellement intéressés par les profits qu’il engendre, soit tellement dépendantes des faveurs qu’il conçoit, qu’il n’y aura aucune opposition au sein de cette classe. D’un autre côté, les personnes incapables d’appréhender l’immense avantage retiré du système par le capital porteront leur fardeau sans se plaindre et peut-être sans même remarquer que le système ne sert aucunement leurs intérêts.”

Rothschild Brothers of London.

- “Le système financier est devenu la Banque centrale américaine (Federal Reserve Board). Cette banque centrale gère un système financier au moyen d’un groupe de purs profiteurs. Ce système est privé et son seul objectif consiste à réaliser les profits les plus énormes possibles en utilisant l’argent des autres. Cette loi (de la Réserve fédérale) démontre la plus grande preuve de confiance au monde. Lorsque le président signe cet acte, il légalise le gouvernement invisible par le pouvoir monétaire. Les personnes ne s’en rendent peut-être pas compte pour le moment mais le jour du jugement n’est plus qu’à quelques années, le jour du jugement de cet Acte qui représente le pire crime de tous les temps commis au nom de la loi par l’intermédiaire d’un projet de loi.”

Charles A. Lindbergh (1902-1974).

- “Chaque fois qu’une banque accorde un prêt, un nouveau crédit bancaire est créé. Ce sont de nouveaux dépôts, de l’argent entièrement nouveau.”

Graham F. Towers, Directeur de la banque du Canada de 1934 à 1955.

- « Il n’existe pas de moyen plus efficace pour prendre le contrôle d’une nation que de diriger son système de crédit (monétaire). »

M. Phillip A. Benson, Président de l’association American Bankers’ Association, 8 juin 1939.

- “Je n’ai jamais vu personne ayant pu, avec logique et rationalité, justifier que le gouvernement fédéral emprunte pour utiliser son propre argent... Je pense que le temps viendra où les gens demanderont que cela soit changé. Je pense que le temps viendra dans ce pays où ils viendront nous accuser, vous, moi, et toute personne liée au Congrès, d’être resté assis sans rien faire et d’avoir permis à un système aussi stupide d’être perpétué.”

Wright Patman, Membre démocrate du Congrès US, de 1928 à 1976, Président du comité de la Banque et de la Monnaie de 1963 à 1975.

- “Par essence, la création monétaire ex nihilo que pratiquent les banques est semblable, je n’hésite pas à le dire pour que les gens comprennent bien ce qui est en jeu ici, à la fabrication de monnaie par des faux-monnayeurs, si justement réprimée par la loi. Concrètement elle aboutit aux mêmes résultats. La seule différence est que ceux qui en profitent sont différents.”

Maurice Allais, Prix Nobel de Sciences Économiques en 1988.

Ils osent tout.

- Hollande défend son bilan, exprimant sa "fierté" d'avoir présidé "humainement". - Le HuffPost 7 juin 2018

Leur humanisme est la politesse des salauds...

- Les hôpitaux de proximité finalement bons pour la santé - Liberation.fr 7 juin 2018

- La psychiatrie publique proche du délabrement - Liberation.fr 7 juin 2018

- Et bientôt la réforme de la formation des profs ? - Liberation.fr 7 juin 2018

- L'OCDE se penche sur la formation des profs - Liberation.fr

- Et si les stations du métro parisien se féminisaient ? - Liberation.fr

- Comment les députés ont complètement mis de côté la sensibilité animale dans leur projet de loi - Le HuffPost




ACTUALITE EN TITRES

Médiacrasse. Comment tenter de faire oublier comment Macron avait été ridiculisé par Trump à Washington ?

- Emmanuel Macron broie la main de Donald Trump au G7 (et ça se voit) - Franceinfo

Un instant de lucidité inoubliable...parmi d'autres!

- Macron: "Les choses avancent dans ce G7"- AFP 09.06

... et quelques heures plus tard :

- Trump saborde le G7, et menace ses alliés de nouvelles taxes - AFP 10.06

Qu'est-ce qu'ils sont cons ces pauvres !

- Mon amie chômeuse est devenue auto-entrepreneuse et c'est encore pire qu'avant - Le HuffPost

- Quand Emmanuel Macron met en scène sa philosophie sociale: "On met un pognon dingue et les pauvres restent pauvres" - Le HuffPost

Totalitarisme.

Casernement.

- "Normalement on doit interdire tout ce qui peut nuire à l'ordre public", a déclaré Mme Calmels sur Sud Radio. - AFP 11 juin 2018

(A propos du concert du rappeur Médine prévu au Bataclan. Depuis Collomb envisage son interdiction.)

Appel à la délation.

- "Signale Un Rat": À Paris, un élu LR lance une campagne contre les rongeurs - Le HuffPost 11 juin 2018

Crise, crispation, tension, tangage...

- Olivier Faure et ses proches tentent de resserrer les rangs - LeFigaro.fr

- PS : « Je regrette que nous soyons insuffisamment audibles et combatifs » déclare Maurel - Publicsenat.fr

- Européennes: le PS se lance... et se déchire déjà sur l'hypothèse Moscovici - AFP 10.06

- Européennes 2019: les écologistes se disputent encore avant leur mariage avec Benoît Hamon - Le HuffPost 10.06

- "Printemps des Républicains" : les trois épines dans le pied de Laurent Wauquiez pendant ce week-end de "mobilisation" des militants LR - Franceinfo 10.06

- Au sein de LREM, l’unité n’est plus de rigueur - Liberation.fr

- Washington accuse le Canada de "trahison" après le fiasco du G7 - AFP

Les Etats-Unis ont accusé dimanche le Canada de "trahison" au cours du sommet du G7 qui s'est terminé sur un fiasco après la volte-face du président américain Donald Trump qui a menacé ses alliés de droits de douane alourdis. AFP

- Merkel reste opposée aux idées de Macron sur la zone euro - Le HuffPost

- Italie : le ministre de l'Intérieur interdit à un bateau humanitaire de débarquer des migrants dans le pays - Franceinfo

- Malte refuse de recevoir à la demande de l'Italie un navire avec plus de 600 migrants - AFP

- Aquarius: Rome annule une rencontre à Paris et veut des excuses de la France - AFP




INFOS EN BREF

POLITIQUE

Sommet du G7

- Trump saborde le G7, et menace ses alliés de nouvelles taxes - AFP 10.06

Le président américain Donald Trump a fait volte-face ce week-end contre ses alliés d'Europe et du Canada, qu'il a menacés de droits de douanes alourdis, après un sommet du G7 qui s'est fini en fiasco.

Le président américain Donald Trump a fait volte-face ce week-end contre ses alliés d'Europe et du Canada, qu'il a menacés de droits de douanes alourdis, après un sommet du G7 qui s'est fini en fiasco.

Des tensions qui tranchent avec "l'unité" affichée lors d'un sommet en Chine réunissant notamment les chefs d'Etat chinois, russe et iranien sur fond de tensions commerciales et diplomatiques avec les Etats-Unis.

Samedi, Donald Trump a brusquement retiré samedi son soutien au communiqué final du sommet de deux jours à La Malbaie (Québec, est du Canada), malgré le compromis qui avait été forgé de haute lutte sur les questions commerciales.

Sa délégation et lui-même avaient pourtant donné leur aval à ce document en 28 points péniblement négocié par le "Groupe des sept" (Etats-Unis, Canada, Royaume-Uni, France, Allemagne, Italie, Japon).

Donald Trump a justifié ce camouflet infligé aux vieux alliés des Etats-Unis par des propos de Justin Trudeau, l'hôte du sommet, lors de sa conférence de presse de clôture.

Le Premier ministre du Canada, pays frappé comme l'Europe et le reste du monde de nouveaux droits de douanes américains sur l'acier et l'aluminium, a redit à cette occasion que ces taxes étaient "insultantes", au regard de l'histoire entre les deux pays. Comme l'Union européenne, il a confirmé des représailles pour juillet.

"Les Canadiens sont polis et raisonnables, mais nous ne nous laisserons pas bousculer", a déclaré le Premier ministre, qui avait auparavant loué le consensus trouvé par les sept sur une série de sujets. Un texte qui ne résolvait pas le conflit en cours, mais qui était salué par tous comme un pas vers la désescalade et le dialogue.

Quelques heures plus tard, piqué au vif par ces paroles, le milliardaire a tweeté, depuis Air Force One, qu'il avait ordonné à ses représentants de retirer le sceau américain du communiqué final.

Il a aussi traité Justin Trudeau de personne "malhonnête et faible"... alors qu'il avait dit la veille que la relation bilatérale n'avait jamais été aussi bonne dans l'histoire des deux pays.

Surtout, Donald Trump a renouvelé sa menace de tarifs sur les voitures européennes et étrangères importées aux Etats-Unis. Un secteur qui pèse bien plus les deux métaux jusqu'à présent frappés.

Les Etats-Unis sont le premier marché étranger pour les marques européennes de voitures.

L'Allemagne est particulièrement inquiète: les automobiles représentent en valeur le quart de ce que le pays exporte vers les Etats-Unis. La part de marché des marques allemandes pour le segment des voitures haut de gamme dépasse 40%, selon la fédération automobile allemande (VDA).

Les droits de douanes actuels sont effectivement différents entre l'UE et les Etats-Unis. L'Europe taxe les importations de voitures hors-UE, donc américaines, de 10%.

Aux Etats-Unis, les Audi, Volkswagen et autres voitures étrangères sont frappées d'une taxe de 2,5%.

"Pas étonnant que l'Allemagne nous vende trois fois plus de voitures que nous en exportons vers elle", a écrit le conseiller pour les questions commerciales de Donald Trump, Peter Navarro, dans une tribune récente dans le New York Times.

Donald Trump s'est souvent plaint, en privé, de voir trop de Mercedes à New York... mais pas assez de voitures américaines dans les rues européennes.

Pour évaluer l'équité des échanges commerciaux avec ses partenaires, le milliardaire se concentre sur une seule question: tel pays a-t-il un excédent ou un déficit commercial avec les Etats-Unis?

Dans le cas de l'Allemagne, il s'agit d'un excédent.

Les dirigeants du G7 avaient quitté La Malbaie lorsque Donald Trump a décidé de déchirer l'accord final du sommet. Dans un premier temps, aucun n'a fait de commentaire.

Parmi les autres sujet de discorde, le G7 a rejeté la proposition de Donald Trump de réintégrer dans le club la Russie, exclue en 2014 en raison de l'annexion de la Crimée, appelant Moscou à cesser de "saper les systèmes démocratiques". AFP 10.06

En complément.

- L'Otan affiche son unité malgré les divergences dues aux décisions de Trump - Reuters 7 juin 2018

Le plan adopté jeudi a pour but de réagir au développement des capacités navales russes, d'accroître la mobilité des troupes en Europe et d'augmenter les effectifs et les moyens opérationnels.

"Il existe des divergences liées à des questions telles que le commerce, l'accord nucléaire iranien et le changement climatique (...), mais nous sommes solidaires au sein de l'Otan quand il s'agit de nous protéger les uns les autres", a souligné Jens Stoltenberg, secrétaire général de l'organisation.

Sans nier l'existence de "questions controversées", Ursula von der Leyen, ministre allemande de la Défense, a quant à elle jugé l'atmosphère "pleine de confiance".

Son homologue américain, Jim Mattis, s'est montré détendu et souriant, mais n'a pas pris la parole à l'occasion de cette première réunion dans les nouveaux locaux de l'Otan.

D'après les estimations annoncées jeudi par Jens Stoltenberg, les dépenses des Etats européens, de la Turquie et du Canada devraient augmenter de 3,82% en 2018, ce qui porterait la hausse des investissements à 87,3 milliards de dollars depuis 2015. Reuters 7 juin 2018

Sommet de l'Organisation de coopération de Shanghai (OCS)

- Sommet Chine-Iran-Russie: Xi Jinping prône "l'unité" face aux tensions avec les Etats-Unis - AFP 9 Juin 2018

Le président chinois Xi Jinping a inauguré samedi sous le signe de "l'unité" un sommet réunissant en Chine les chefs d'Etat russe et iranien, sur fond de tensions commerciales et diplomatiques avec les Etats-Unis et au moment où le G7 affiche les profondes divisions entre Washington et ses alliés.

L'Organisation de coopération de Shanghai (OCS), qui outre la Chine et la Russie réunit l'Inde, le Pakistan et plusieurs pays d'Asie centrale, a entamé samedi soir son sommet annuel dans la ville côtière de Qingdao (est de la Chine).

Si Téhéran n'a qu'un statut d'observateur au sein de l'OCS, le président iranien Hassan Rohani est présent au sommet de Qingdao: une façon de jauger l'appui russe et chinois à l'accord de 2015.

L'OCS compte actuellement quatre ex-républiques soviétiques d'Asie centrale (Ouzbékistan, Kazakhstan, Tadjikistan, Kirghizstan) et deux nouveaux-venus: l'Inde et le Pakistan.

L'OCS ne fait plus profil bas, a déclaré Vladimir Poutine à la télévision chinoise CGTN: "Nous avons pris conscience que nous pouvions faire de grandes choses". AFP 9 Juin 2018

Espagne

- Espagne: Pedro Sanchez annonce un gouvernement pro-européen et majoritairement féminin - AFP 6 juin 2018

Sanchez, 46 ans et sans expérience du pouvoir, a ainsi nommé l'ancien président du parlement européen Josep Borrell aux Affaires Etrangères et la directrice du budget de l'UE Nadia Calviño à l'Economie.

Le socialiste a surtout choisi deux femmes pour diriger son équipe économique qui, selon sa promesse de la semaine dernière, "devra avoir pour priorité principale de respecter les engagements européens" en matière de déficit public.

Au nom de "la stabilité", Sanchez s'est engagé à conserver le budget de l'Etat 2018 élaboré par les conservateurs, en passe d'être examiné par le Sénat. AFP 6 juin 2018

Syrie

- Moscou: les armes US en Syrie sont majoritairement entre les mains des terroristes International - sputniknews.com 09.06.2018

La majorité des armes livrées par les États-Unis en Syrie sont tombées entre les mains du Front al-Nosra* et de Daech*, qui cherchaient à renverser Bachar el-Assad, a indiqué le ministère russe de la Défense.

L'expansion de Daech* en Syrie est devenue possible en raison de l'inaction criminelle des États-Unis et de l'autoproclamée «coalition internationale», a déclaré le représentant du ministère russe de la Défense, Igor Konachenkov.

En outre, selon lui, la majorité des armes livrées par les États-Unis en Syrie sont tombées entre les mains du Front al-Nosra* et de Daech*, qui cherchaient à renverser Bachar el-Assad.

«Pendant tout ce temps, Washington était concentré sur le financement et les livraisons directes d'armes coûtant des centaines de millions de dollars à une fictive "opposition syrienne". Cependant, la grande majorité des armes et des munitions fournies par les États-Unis sont tombées entre les mains des terroristes du Front al-Nosra*, branche syrienne d'Al-Qaïda*, et de Daech*, dont les objectifs, par coïncidence avec la politique de Washington, étaient de renverser le gouvernement légitime syrien», a déclaré Igor Konachenkov.

Le représentant du ministère russe de la Défense a rappelé que «l'apparition et la formation de l'organisation terroriste Daech* en Irak était une conséquence directe et incontestable de l'invasion du pays par les troupes américaines» au prétexte que ce pays, alors dirigé par Saddam Hussein, possédait des armes chimiques ce qui s'est avéré faux.

«L'expansion ultérieure de Daech en Syrie est devenue possible grâce à l'inaction criminelle des États-Unis et de l'autoproclamée "coalition internationale". Avec comme résultat que les terroristes de Daech ont rapidement pris le contrôle sur les principales régions pétrolifères de l'est de la Syrie et sur les flux de capitaux provenant de la vente illégale de produits pétroliers», a précisé le ministère russe. sputniknews.com 09.06.2018

Jordanie

- La Jordanie va retirer un projet de loi fiscale après une semaine de protestations - AFP 07.06

Soumises à la pression de la rue, les autorités jordaniennes ont annoncé jeudi le retrait d'un projet de loi fiscale controversé, décision saluée par les syndicats après une semaine de manifestations dans un pays traversé par un profond malaise social. AFP 07.06


SOCIAL ET SOCIÉTÉ

France

- Grève à Vélib': les premières lettres de licenciement sont arrivées - AFP 11 juin 2018

Plusieurs salariés grévistes de Vélib' ont reçu leur lettre de licenciement de l'opérateur Smovengo, ont annoncé dimanche les syndicats CGT et Sud qui dénoncent une faillite "sociale" en plus d'une "faillite industrielle" du dispositif de vélo en libre-partage à Paris.

Smovengo "vient de franchir une nouvelle étape dans la politique du pire", lit-on dans un communiqué commun qui annonce que plusieurs salariés ont reçu samedi leur "lettre de licenciement pour fait de grève". AFP 11 juin 2018

- D'une courte tête et avec un PS divisé, Paris "condamne les blocages" des universités - AFP 7 juin 2018

Le Conseil de Paris a voté mercredi d'une courte tête, et avec un groupe socialiste très divisé, la condamnation des blocages des universités proposée par des élus macronistes, suscitant la colère notamment des communistes.

La maire de Paris Anne Hidalgo "condamne les blocages des universités et des centres d'examen", indique le voeu déposé par le groupe macroniste ex-PS dirigé par le sénateur La République en Marche Julien Bargeton, ancien adjoint PS aux Finances. AFP 7 juin 2018

Grèce

- Nouvelle série de réformes présentées au Parlement grec - Reuters 9 juin 2018

Le gouvernement grec a présenté vendredi au Parlement de nouveaux projets de réformes du secteur de l'énergie, des retraites et du code du travail, dont dépend le déblocage de l'ultime tranche du plan international de sauvetage financier.

Les projets présentés vendredi visent notamment à accélérer les privatisations dans le secteur de l'énergie, à réduire le coût des retraites et à réformer le code du travail notamment en matière d'arbitrage des litiges entre employeurs et salariés. Ils devraient être voté dans le courant de la semaine prochaine. Reuters 9 juin 2018

Etats-Unis

- L’espérance de vie continue de diminuer aux Etats-Unis - ladepeche.fr 08.02.2018

C’est un phénomène pour le moins alarmant que pointent du doigt des chercheurs américains. Pour la troisième année consécutive, l’espérance de vie aux Etats-Unis recule. La consommation de drogues (notamment des opiacées), d’alcool et les suicides contribuent à cette baisse inquiétante.

Du jamais vu. L’espérance de vie aux États-Unis continue de baisser. En 1960, les Américains avaient une espérance de vie plus élevée (de plus de 2 ans) que la moyenne des pays de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). Dans les années 80, ils ont commencé à perdre du terrain passant sous la moyenne. Aujourd’hui, cette espérance de vie est inférieure d’un an et demi ! Ainsi au classement mondial, les Etats-Unis pointent à la 35e place. A titre de comparaison, un enfant qui y naîtrait aujourd’hui pourrait espérer vivre 79 ans, contre 82 ans en France.

Un récent rapport des Centers for Disease Control and Prevention (principale agence gouvernementale américaine en matière de protection de la santé publique) montre que le pays de l’Oncle Sam accumule les retards en matière de soins (grossesses adolescentes, VIH/SIDA, obésité, diabète, maladies cardiovasculaires…).

C’est l’une des explications de cette perte de vitesse. Mais ce n’est pas tout. Des chercheurs de l’Université de Virginie, dans le British Medical Journal (BMJ) avancent d’autres arguments. « Les Américains continuent d’adopter des comportements à risque (obésité, toxicomanie et possession d’armes à feu), vivent dans des villes conçues pour les voitures plutôt que pour les piétons ou les cyclistes, connaissent peu de soutien social et manquent d’une couverture universelle. »

Les auteurs délivrent ainsi des statistiques préoccupantes : entre 2000 et 2014, le taux de surdoses mortelles de drogue a augmenté de 137%. Et rien qu’en 2015, plus de 64 000 Américains sont morts d’une overdose (deux décès sur trois impliquaient des opiacés).

Entre 1999 et 2014, le taux de suicide a augmenté de 24%, touchant de manière « disproportionnée » les Américains blancs âgés de 25 à 59 ans, ceux ayant un niveau d’éducation limité et les femmes. En cause, la perte de vitesse de l’économie locale, l’isolement social…

Pour les chercheurs, « les États-Unis sont un pays riche mais cette richesse n’est pas inclusive. Ceux qui en auraient besoin ont un accès limité aux services sociaux, à la santé, à la prévention… » Et de conclure, « les récentes lois intensifient le fardeau économique sur la classe moyenne et affaiblissent l’accès aux programmes de soins ». ladepeche.fr 08.02.2018


ECONOMIE

Mode de production

- Voilà le classement des pays les plus robotisés au monde. - Atlantico.fr 9 juin 2018

Les pays les plus robotisés sont également ceux où le taux de chômage est au plus bas (Corée du Sud, Allemagne, Singapour...). La robotisation ne serait-elle pas si destructrice d'emplois qu'on ne le craint ?

La Corée du Sud est le pays le plus robotisé au monde, avec 631 robots industriels pour 10 000 employés Viennent ensuite dans l'ordre :

2-Singapour
3-Allemagne
4-Japon
5-Suède
6-Danemark
7-USA
8-Italie
9-Belgique
10-Taiwan. Atlantico.fr 9 juin 2018

Argentine

- L'Argentine obtient l'aide du FMI en échange d'une cure d'austérité - AFP 07.06

Pour consolider son économie fragile, l'Argentine s'est tournée vers le Fonds monétaire international (FMI) qui lui a accordé un prêt de 50 milliards de dollars, en échange d'un engagement à de profondes réformes pour limiter les dépenses de l'Etat. AFP 6 juin 2018


Le 6 juin 2018

CAUSERIE ET INFOS

Sans blague, enfin il pleut, même la journée, quel bonheur ! On attendait, que dis-je, on espérait qu'il pleuve depuis novembre dernier, entre temps on avait eu un jour une heure de pluie, il y a 2 ou 3 mois. Bon, ils ont coupé le courant comme d'habitude, mais cela va revenir.

Causerie au format pdf (17 pages)

Quand les barbares contre-attaquent.

- Avec «Made in viande», la barbaque contre-attaque - Liberation.fr 5 juin 2018

Amis viandards et autres amateurs de tartares, réjouissez-vous : depuis le 31 mai et jusqu’au 6 juin, les rencontres «Made in viande» mobilisent, partout en France, 1 200 professionnels (éleveurs, bouchers, acteurs de marchés aux bestiaux, d’ateliers de transformation et d’abattoirs), tous prêts à ouvrir leurs portes, partager leur passion et leur savoir-faire. Liberation.fr 5 juin 2018

Quelque part l'homme est plus que le plus grand prédateur de toutes les espèces vivantes et de tous les temps, il est inutilement cruel ou barbare. Quel besoin a-t-il de se gaver de barbaques, de cadavres ? Certainement pas biologique. Qui plus est des animaux élevés et supprimés dans des conditions atroces. On peut comprendre ceux qui en arrivent à la conclusion que l'homme est haïssable en tant que tel, même si ce n'est pas mon cas, je préfère préciser à l'attention de ceux qui sont animés de bonnes intentions à mon égard...

Je n'en mange pratiquement plus, moins de 50g par jour et je m'en porte mieux. J'en suis arrivé au point où à force de manger la cuisine indienne, hormis la cuisine gastronomique française qui est hors de portée, entendez dont les ingrédients (Vin, fromage, champignon, etc.) sont hors de prix en Inde, la cuisine française ne me procure plus aucun plaisir ou pire me dégoûte, genre assiette de charcuterie et steak frites ou oeufs au plat, dont je raffolais il y a peu encore. Je préfère encore une assiette de riz agrémentée d'un simple morceau de beurre avec une grosse pincée de poivre ou un mélange d'épices (Garam massala). C'est assez curieux.

Du riz, des galettes de blé (chapati) ou d'autres céréales ou légumineuses, agrémenté de divers currys de légumes, de lentilles, de crudités, font très bien l'affaire, c'est parfumé, délicieux, et à condition de se contenter d'une portion réduite de riz, on sort de table rassasié et léger. On peut varier à l'infini les currys et en plus c'est très économique quand on privilégie les légumes de saison.

Eh oui, comment s'alimenter est un truc auquel il faut aussi réfléchir !

Le sionisme a son vice-consul.

- Philippe célèbre la "vitalité" de la communauté juive "malgré les difficultés" - AFP 5 juin 2018

Le Premier ministre Edouard Philippe a célébré lundi soir à Paris le 210e anniversaire du Consistoire, faisant l'éloge de la "vitalité" et de la "détermination" de la première communauté juive d'Europe "malgré les difficultés" liées à l'antisémitisme.

Invité au gala de l'instance de représentation du culte juif, créée en 1808 par Napoléon, le chef du gouvernement a salué ses projets immobiliers, "qui témoignent de la vitalité, de la détermination aussi, de la communauté juive de France".

"Malgré les difficultés, malgré les évolutions de la démographie de la communauté juive, le Consistoire a fait le choix de ne pas fermer de lieux de culte. Et il fait mieux que cela: il les entretient, il les rénove, il les sécurise", a poursuivi Edouard Philippe lors d'un discours dans les salons de l'hôtel de ville de Paris.

L'Agence juive a estimé à 45.000 - un dixième de la communauté - le nombre de juifs de France ayant fait leur "aliyah", l'émigration vers Israël, en une décennie, même si un recul a été constaté ces deux dernières années. Ces chiffres ne prennent pas en compte les départs vers d'autres pays, comme le Canada ou les Etats-Unis.

Il a affirmé que l'Etat continuerait à "faciliter la réalisation" de l'ambitieux Centre européen du judaïsme (CEJ) que le Consistoire prévoit d'inaugurer fin 2018, après des travaux d'un montant d'environ 12 millions d'euros, dans un XVIIe arrondissement où la vie juive est en croissance. AFP 5 juin 2018

Cela représente qui ou quoi "la communauté juive de France", les personnes se réclamant du judaïsme ou les personnes prétendument d'origine sémite ? Elle ne peut pas représenter les personnes d'origine sémite, puisque la plupart ont une autre origine, elle représente donc les personnes auxquelles on a transmis autoritairement à la naissance la même religion, de manière à perpétuer artificiellement l'existence de cette communauté élevé au rang de peuple élu pour l'opposer à tous les autres peuples.

On feindra de s'étonner qu'on entende quotidiennement parler des droits décrétés légitimes de "la communauté juive de France" qui ne représente que 0,7% de la population, à laquelle il n'est attribué que des qualités, alors que les droits du reste de la population sont considérés illégitimes, tout en se voyant attribuée toutes les tares qu'on peut imaginer. Il voudrait alimenter l'antisémitisme qu'ils ne s'y prendraient pas autrement.

C'est à croire que ce serait le seul moyen d'assurer leur existence comme communauté, de manière à imposer leurs exigences ou qu'on leur accorde des privilèges, bien qu'elle ne représente qu'une infime minorité de la population. C'est d'ailleurs la seule communauté en occident qui bénéficie d'un tel traitement de faveur, au point qu'elle est omniprésente (ou surreprésentée) dans tous les rouages de l'Etat, de la politique, des médias et de l'économie, jusqu'à dicter le cours de l'évolution de la situation mondiale.

Le judaïsme, de par l'usage qui en est fait, fonctionne à l'instar du wahhabisme davantage comme une idéologique prédatrice ou barbare qui instrumentalise une religion à des fins politiques, donc économiques.

Quant à ceux qui décident d'émigrer en Israël, il n'y a pas lieu de s'en émouvoir outre mesure. Ils n'ont pas plus de conscience pour aller s'installer dans un pays en guerre depuis 70 ans et régi par l'apartheid ou un régime raciste, qu'ils soient acquis ou non au sionisme. C'est sans doute une des communautés qui a été le plus instrumentalisée et martyrisée au cours de l'histoire, donc il ne faut pas trop exiger de ses membres. Ce sont ses dirigeants ou ses représentants (la diaspora, les banquiers, etc.) qui ont toujours été ses pires ennemis, voyez par exemple les liens qui existent aujourd'hui entre le FN et des membres du directoire du Crif, pour ne pas remonter plus loin, leur compromission avec le régime nazi de Hitler... On constatera une fois de plus que le Premier ministre et les représentants sionistes du Consistoire prennent en otage tous les juifs en les assimilant à leur opération de propagande, alors qu'un certain nombre d'entre eux ne se reconnaissent ni dans le Crif ou dans ce Consistoire ni dans Israël.

Ce sont eux qui font des juifs des citoyens différents des autres et les désignent comme des boucs émissaires à ceux qui cherchent à se venger aveuglément des injustices qu'ils subissent, alors qu'avant tout, selon leur statut social ils appartiennent tous à différentes classes, le seul critère qui devrait être retenu pour déterminer comment se manifestent les besoins de chaque membre de la société, et essayer de comprendre leur comportement en fonction de l'interprétation qu'ils font de leur condition.

Cette tendance maladive, quasi-obsessionnelle, hystérique, fanatique même, à attirer l'attention du peuple sur les juifs est tout bonnement criminelle. C'est la même logique qui consiste à mettre en avant les discriminations dont sont victimes certaines minorités ou communautés, afin de les alimenter tout en prétendant les combattre. Cela paraîtra si invraisemblable que la plupart des gens manquant de discernement tomberont dans le panneau, soit en s'apitoyant sur leur sort en louant le gouvernement français et israélien, soit exaspérés ils tomberont dans le travers inverse et deviendront racistes, homophobes, etc.

Sans conscience de classe, on peut perdre facilement la boussole...

En famille pour légitimer un régime colonial d'apartheid.

- Iran : Netanyahu et Macron campent sur leurs positions. - AFP 6 juin 2018

"La plus grand menace pour le monde aujourd'hui, ce sont les armes nucléaires aux mains d'un régime islamiste radical comme l'Iran", affirme le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, à l'issue d'un entretien à l'Elysée avec Emmanuel Macron mardi 5 juin.

Plusieurs centaines de personnes ont défilé Paris, Marseille, Lille et Lyon pour dénoncer la visite en France de Benjamin Netanyahu, à l'appel d'associations propalestiniennes qui le voient comme un "criminel de guerre".

"Israël assassin, Macron complice", "Droit au retour de tous les réfugiés", scandaient les manifestants. "Gaza se meurt", "Halte au massacre en Palestine", "Levée du blocus criminel de Gaza", pouvait-on lire sur les banderoles.

Mais les deux dirigeants ont aussi voulu mettre à profit la Saison culturelle croisée France-Israël qu'ils ont lancée mardi soir, à l'occasion des 70 ans de l'Etat d'Israël, pour montrer ce qui rassemble les deux pays, que M. Netanyahu qualifie "d'alliés naturels".

Cette saison va proposer 400 manifestations artistiques et scientifiques dans les deux pays jusqu'en novembre, dans une cinquantaine ville en France et une vingtaine en Israël. "Ce sera la rencontre entre la startup nation et la frenchtech", a déclaré M. Macron dans un discours à l'occasion de ce lancement au Grand Palais, tout proche du palais présidentiel de l'Elysée. AFP 6 juin 2018

Faites tomber les masques. L'extrême droite : le bras armé (intérieur) de l'Otan.

Qui a dit ?

- " Nous entendons souligner avant tout l'appartenance convaincue de notre pays à l'Alliance atlantique, avec les Etats-Unis comme partenaire privilégié."

Réponse : Le président du Conseil italien Giuseppe Conte, mardi 5 juin, devant le Sénat. Atlantico.fr 5 juin 2018

En complément

- Derrière l’anniversaire de la République italienne par Manlio Dinucci - Réseau Voltaire 5 juin 2018

Les dirigeants de la République italienne n’ont pas organisé de grand défilé militaire pour célébrer le 72ème anniversaire du régime. Ce n’était pas souhaitable, puisque l’Italie —en violation de sa Constitution— est discrètement engagée sur 20 théâtres d’opération dans le monde et ne cesse d’étendre ses missions au profit de l’Otan, c’est-à-dire des États-Unis. Réseau Voltaire 5 juin 2018

La ligue des justes-au-boutistes.

- La politique de Macron "juste" pour trois Français sur dix seulement (sondage) - AFP 6 juin 2018

Trois Français sur dix seulement considèrent que la politique menée par Emmanuel Macron et son gouvernement est "juste" et une majorité juge qu'ils ne font pas suffisamment pour les plus démunis, selon un sondage BVA diffusé mercredi. AFP 6 juin 2018

Compte tenu de l'abstention massive aux élections, il dispose donc d'une solide assise dans la population des privilégiés.

30% c'est près du double de son score électoral à la présidentielle, la différence s'explique sans doute parce qu'un grand nombre qui craignaient que leur situation allait se détériorer rapidement, constatent un an plus tard qu'elle est demeurée pratiquement inchangée, pour un peu ils seraient prêts à voter Macron la prochaine fois.

Je vais me répéter une fois encore. Voyez donc comment ont évolué les différents facteurs aux Etats-Unis au cours du XXe siècle, et vous comprendrez qu'il ne suffit pas qu'une masse importante de la population soit pauvre, que des pans entiers des classes moyennes s'appauvrissent pour que le régime soit menacé. Il suffit qu'ils se détournent de la politique, et qu'un quart ou un tiers soutiennent à chaque élection les partis de droite qui alternent au pouvoir, et le tour est joué, ils peuvent rester ainsi au pouvoir indéfiniment.

Certains parmi nous nient ce constat, ne les écoutez pas, ce sont des charlatans.

Salauds de pauvres ! Fabrication du consentement par les instituts de sondages au service de l'oligarchie.

- Sondage : les aides sociales n’incitent pas à la recherche d’emploi pour 55% des Français - Publicsenat.fr 4 juin 2018

Alors que le gouvernement entretient le flou sur ses intentions sur les aides sociales, une majorité de Français estime que ces dernières n’encouragent pas un retour des chômeurs à l’emploi, selon une enquête réalisée par OpinionWay pour Public Sénat, Les Échos et Radio Classique. Publicsenat.fr 4 juin 2018

Sinon il existe plusieurs solutions : les camps de travaux forcés, le bagne, le STO... à défaut de la guerre pour les exterminer en nombre suffisant, un vrai dilemme...

Les pauvres d'esprit ne sont pas forcément les plus pauvres. La preuve.

- Handicap, la déception Macron - Liberation.fr 6 juin 2018

Ce devait être un des sujets majeurs du quinquennat. Mais un an après et malgré les promesses, les associations déplorent des renoncements. Liberation.fr 6 juin 2018

A droite, mais un peu moins, non, un peu plus...

- Philippe trop à droite pour les Marcheurs de la première heure - LeParisien.fr 6 juin 2018

« C’était un peu cataclysmique, ça commence à gueuler », s’emporte un député LREM, en quittant, mardi matin, le sous-sol de l’Assemblée nationale où se tient chaque mardi, salle Victor-Hugo, la traditionnelle réunion de groupe.

« Il ne nous écoute pas, j’ai le sentiment qu’il est juste venu nous faire la leçon », embraye un autre. Il ? Édouard Philippe, le Premier ministre, qui a tenté de resserrer les rangs dans sa majorité. Surtout après les dissonances internes sur le glyphosate, dont l’interdiction d’ici 2021 n’a finalement pas été inscrite dans la future loi agriculture et alimentation.

Mais aussi ces interrogations croissantes, entendues chez certains Marcheurs, sur la politique gouvernementale qui serait « trop marquée à droite » et « pas assez dans le récit progressiste et macroniste ».

C’est qu’après le rejet du plan banlieue de Borloo, la polémique sur la baisse envisagée des aides sociales pour réduire les déficits, ou encore le boulet des 80 km/h, beaucoup craignent une coupure de plus en plus marquée avec les Français des classes moyennes et populaires.

« Macron a gagné sur une politique de centre gauche, et là on va de plus en plus vers la droite. Il faut un rééquilibrage », réclame un député marcheur, inquiet des « postures parfois dogmatiques » du Premier ministre.

Un début de rébellion ? Pas encore, même si, en coulisses, l’attitude d’Édouard Philippe commence à en agacer plus d’un. « Le paradoxe, c’est qu’on se retrouve avec une équipe, les juppéistes, qui a été battue à la primaire de la droite, mais qui tient les rênes de Matignon, et qui pratique le pouvoir comme si elle avait gagné l’élection. Ce n’est pas tout à fait le cas… », remarque un cadre LREM.

« L’autre jour, il est venu à une réunion du bureau exécutif d’En marche en disant avec nonchalance qu’il avait trouvé « vachement bien » un dépliant qu’il avait découvert récemment sur sa commode. Ce dépliant, c’était… le programme de Macron à la présidentielle. On en a conclu qu’il ne l’avait donc jamais lu avant », reproche un membre du bureau, qui rappelle au passage qu’il n’a jamais voulu prendre sa carte au parti.

Autant de griefs que rejette en bloc l’entourage du Premier ministre. « Parler de politique de droite ou de politique de gauche, c’est voir le monde avec des vieilles lunettes. Le gouvernement défend une politique équilibrée, il n’y a pas les tenants du libéré d’un côté, et les tenants du protégé de l’autre. C’est absurde », s’agace-t-on.

Il faudra en tout cas plus qu’une réunion de recadrage à l’Assemblée pour remettre tout le monde d’accord.

Qu'on les pende !

- Super-riches : l’Insee à l’assaut des «premiers de cordée» - Liberation.fr 6 juin 2018

Dans un rapport publié mardi, l’Institut livre un focus inédit sur le 1 % des Français aux revenus les plus élevés. Portrait-robot de cette population choyée par Macron.

Qui sont les «premiers de cordée», si chers à Emmanuel Macron ? Combien gagnent-ils, où vivent-ils, combien paient-ils d’impôts ? Dans une étude rendue publique mardi soir, l’Insee dresse le portrait-robot des Français les plus aisés, ces 1 % de foyers qui disposent des revenus les plus élevés. Un cercle fermé, âgé et urbain, au sein duquel existent de grandes disparités de richesse, détaille l’Institut national de la statistique et des études économiques, qui se base sur les déclarations fiscales récoltées par l’administration dans l’Hexagone, ainsi qu’en Martinique et à la Réunion. Ces contribuables aisés se distinguent du commun des mortels par la diversité de leurs ressources : revenus d’activités, mais aussi revenus du patrimoine, revenus issus d’activités libérales rémunératrices (médecins, avocats…), ou encore «revenus exceptionnels», comme les plus-values mobilières. Un petit 1 % de la population qui devrait faire partie des grands gagnants de la loi de finances 2018, qui prévoit une baisse de la fiscalité sur le capital via une flat tax.

En plus de s’intéresser à cette frange la plus aisée des contribuables, l’Insee rappelle, dans son étude, que les inégalités de niveau de vie sont restées stables en France depuis 2008, alors qu’elles ont augmenté dans de nombreux pays voisins : 14,2 % de la population française vivait en 2015 sous le seuil de pauvreté (un seuil fixé à 1 015 euros par mois), un des plus bas taux de pauvreté d’Europe. Les différences d’une catégorie professionnelle à l’autre restent cependant très fortes : on comptait en 2015 seulement 3 % de cadres pauvres, contre près de 25 % d’agriculteurs, la profession la plus touchée. Autre point marquant, le cas des familles monoparentales, de plus en plus frappées par la pauvreté : depuis 1996, le nombre de personnes pauvres vivant dans une famille avec une mère ou un père seul «a augmenté d’un million», selon l’Institut.

L’Insee souligne enfin l’augmentation des inégalités de patrimoine entre 1998 et 2015, des disparités qui ont toutefois commencé à reculer ces dernières années. Sur la période, le patrimoine immobilier et financier a doublé en moyenne pour l’ensemble des Français, mais a baissé pour les 20 % des moins dotés, relève le document. Le critère déterminant, selon l’Insee ? La détention d’une résidence principale : le patrimoine brut médian des ménages propriétaires était 20 fois plus élevé en 2015 que celui des ménages locataires. Nos «premiers de cordées», eux, battent tous les records : ils étaient à 89 % propriétaires de leur résidence principale en 2015. Radiographie en cinq chiffres de ces super-riches et de leur portefeuille.

89 % des ménages les plus aisés ont déclaré des revenus du patrimoine en 2015, selon l’Insee.

89% déclarent des revenus du patrimoine, contre 50% pour l’ensemble de la population. Si les placements financiers sont détenus par un grand nombre de ménages français (livret A, PEL…), ils sont généralement peu rémunérateurs. Les plus riches, eux, peuvent compter sur des revenus fonciers via la location d’un ou plusieurs biens immobiliers dont ils sont propriétaires, ou encore sur des dividendes quand ils ont un patrimoine financier conséquent. Au total, les 1% les plus aisés déclarent des revenus du ­patrimoine 35 fois plus élevés que les 90% les plus modestes (63 530 ­contre 1 790 euros en 2015).

8 850 euros

C’est le montant minimum qu’une personne seule devait toucher par mois en 2015 pour faire partie des 1 % de «très hauts revenus» tels que définis par l’Insee. Un seuil fixé à environ 18 600 euros mensuels (avant impôts) pour un couple avec un enfant. En 2015, ce petit 1 % de la population gagnait en moyenne sept fois plus que l’ensemble des ménages. A noter que les 1 % les plus aisés connaissent de fortes inégalités entre eux, puisque l’éventail de leurs revenus varie de 106 210 euros par an par unité de consommation à près de 200 fois plus. Si les 1 % les plus aisés ont gagné en moyenne 177 000 euros en 2015, le centième d’entre eux (soit 0,01 % de la population) a engrangé environ 1,3 million d’euros. Les moins riches des plus riches (0,9 % de la population) ont, eux, dû se «contenter» d’environ 146 000 euros annuels.

59 ans

C’est l’âge moyen des personnes qui ont déclaré les revenus au sein des ménages les plus aisés en 2015 (contre 54 ans pour toute la population). Dans près de la moitié des cas, le déclarant avait plus de 60 ans, était le plus souvent en couple et sans enfant à charge. Côté catégorie socioprofessionnelle, les salariés vivant dans les ménages à très hauts revenus étaient cadres dans près de 60 % des cas et chefs d’entreprise dans près d’un cas sur 10. Les plus aisés sont surreprésentés dans les secteurs de la finance, de l’assurance et parmi les métiers juridiques. Ils sont aussi en grande majorité propriétaires de leur résidence principale (à 86 %) et habitent le plus souvent en Ile-de-France. La région parisienne héberge à elle seule deux tiers des 0,01 % les plus aisés. Et un peu moins de la moitié des plus riches vit à Paris.

30 %

C’est la part des revenus du patrimoine en France captés par les 1 % de ménages à plus hauts revenus. Car pour ceux qui gagnent le plus, la richesse ne se limite pas seulement à la feuille de paie : en plus de salaires élevés, «les ménages à très hauts revenus doivent leur situation à des revenus du patrimoine à la fois plus fréquents et plus importants» que le reste de la population, souligne le rapport de l’Institut, qui insiste sur l’existence d’une «forte corrélation entre le fait d’avoir un haut niveau de revenus et un patrimoine élevé». Ces revenus du patrimoine, qui prennent notamment la forme de revenus fonciers ou de revenus de placements financiers, représentent un quart des gains des plus fortunés. Cette part augmente à mesure que les revenus sont élevés (et grimpe à plus de 30 % pour les 0,1 % les plus aisés).

25 %

C’est la part de l’impôt sur le revenu acquittée par les 1 % des ménages les plus aisés. Grâce au barème progressif, les très hauts revenus contribuent en effet davantage que les autres aux prélèvements directs. En 2015, ceux qui touchaient le plus ont consacré en moyenne un cinquième de leurs ressources à l’impôt sur le revenu (contre à peine 6 % pour l’ensemble des contribuables). Là encore, derrière cette moyenne, les écarts sont très importants : pour 15 % des plus aisés, l’impôt payé est inférieur à 10 % de leur revenu, tandis qu’il est supérieur à 30 % pour 5 % des super riches. En raison de l’effet redistributif de l’impôt sur le revenu et des autres transferts fiscaux et sociaux, les très hauts revenus détiennent une part moins importante des revenus après prélèvements, note l’Insee : 5,3 % contre 6,8 % avant d’être taxés.

Et dire que certains voulaient nous faire croire que la France croulait sous la pauvreté. Des faussaires.

- Patrimoine : un ménage sur deux a plus de 158.000 euros - Boursier.com 5 juin 2018

158.000 euros. C'est la limite qui sépare les Français en deux groupes en matière de patrimoine brut. Autrement dit, selon la publication de l'Insee parue ce mardi (sur la base de chiffres de 2015), un ménage sur deux a plus de 158.000 euros de patrimoine hors dettes.

Des disparités évidentes

Dans le détail, il apparaît que la moitié la population la plus aisée (donc au-dessus de 158.000 euros de patrimoine) concentre 92% de la masse totale de patrimoine.

Les 10% de foyers les plus riches possèdent quant à eux 47% du patrimoine cumulé. L'insee précise que pour intégrer cette catégorie des ménages les mieux dotés, il faut avoir au minimum pour 595.700 euros d'actifs bruts.

Quant au centile de ménages du haut du panier (autrement dit les 1% les plus aisés), ils contrôlent 16% du patrimoine global des ménages.

A l'inverse, les 10% de foyers les plus pauvres ont au maximum 4.300 euros de patrimoine et concentrent moins de 0,1% de la richesse totale.

Des inégalités plus marquées depuis près de 20 ans

D'une manière générale, le patrimoine moyen a doublé depuis 1998. Mais la progression n'a pas été le même dans toutes les catégories. Pour les 10% de ménages les plus aisés, la progression a été de 113%. En revanche, les 10% de ménages les plus pauvres ont vu leur patrimoine moyen fondre de 31% sur la période.

L'insee note toutefois que la situation s'est légèrement améliorée depuis 2010. A cette date, le patrimoine moyen des 10% les plus riches était 38 fois plus élevé que le patrimoine moyen des 10% de foyers les plus pauvres. En 2015, ce coefficient est redescendu à 33.

L'immobilier en pointe

Depuis 1998, la valeur du patrimoine immobilier des Français a augmenté de 133%, essentiellement jusqu'en 2010. Ceci explique en grande partie le creusement des inégalités. De fait, l'immobilier est très présent dans le patrimoine des classes moyennes et des foyers aisés (entre deux tiers et trois quarts du total) alors que les 30% de foyers les plus pauvres n'ont quasiment pas d'immobilier.

Le patrimoine financier a quant à lui progressé de 75% depuis 1998. Si sa valeur a baissé chez les plus pauvres, elle a revanche augmenté de moitié autour de la médiane et doublé pour les 10% de foyers les mieux dotés.

Compte tenu de ces éléments, on peut enfin estimer que la part de l'immobilier dans les patrimoines est passée d'environ 52% à 60% entre 1998 et 2015. Boursier.com 5 juin 2018

CAP 22 : Comité action privée ou un ballon à faire exploser.

- Plan d'économies : un ballon d'essai à 30 milliards d'euros ? Liberation.fr 5 juin 2018

Dans le dur. Selon les Echos, le gouvernement va se voir proposer le 11 juin (date non confirmée par Matignon) un plan d’économies de 30 milliards d’euros. Ce chiffre devrait figurer dans le rapport du «Comité action publique 2022» (CAP 22). Ce groupe d’une trentaine d’experts du monde politique, économique et social a été mandaté par l’exécutif pour plancher notamment sur la réforme de l’Etat. Et le Premier ministre, Edouard Philippe, lui a donné «carte blanche» pour faire des propositions «sans totem ni tabou».

Plus précisément, Macron s’est donné l'objectif de baisser de quatre points la part de la dépense publique dans le PIB pour la ramener à 51% en 2022. Avec une croissance supérieure aux prévisions – et donc un PIB plus important – le montant des économies sur le quinquennat s’élèverait en fait à 100 milliards d’euros, chiffre calculé par le rapporteur général du budget à l’Assemblée, le député LREM des Hautes-Alpes Joël Giraud.

Tous ces objectifs de réduction mis en avant par les candidats à la présidentielle étaient exprimés en «tendanciel» : autrement dit, il ne s’agit pas d’une diminution nette des dépenses, mais d’une moindre augmentation par rapport à leur trajectoire «naturelle», à politiques constantes. Or, les 30 milliards d’euros d’économies que proposerait CAP 22 dans son rapport constitueraient «une baisse nette du montant total de la dépense publique», selon Les Echos. Présage d’un régime encore plus drastique pour les finances publiques.

Pour l’instant, Matignon se refuse à confirmer cette information. «Le moment où on annonce les chiffrages, c’est le projet de loi de finances», temporise ainsi la cheffe de file des députés LREM à la commission des Finances, Amélie de Montchalin. Le mantra est le même depuis le début du quinquennat : «pas de rabot» mais «des réformes pour dégager naturellement des économies» : telles étaient déjà les explications fournies l’an dernier par l’exécutif et sa majorité à l’Assemblée dans la préparation du budget 2018. Quinze milliards d’euros d’économies ont finalement été inscrits dans la loi de finances, dont sept pour le seul budget de l’Etat. Ministères les plus touchés : le Logement et le Travail. Les deux ont effectivement connu, depuis, leurs «réformes». Liberation.fr 5 juin 2018

Si ce sont les actionnaires qui l'exigent... c'est qu'ils ont forcément de bonnes raisons.

- Carrefour ferme 243 magasins - Business Insider FR5 juin 2018

Carrefour n'a pas trouvé de repreneur pour 243 magasins qui fermeront leurs portes dans les prochaines semaines.

Le nouveau PDG du groupe de distribution, Alexandre Bompard, arrivé en juillet 2017, avait annoncé ces fermetures fin janvier 2018 en présentant un plan de transformation du groupe qui prévoit une réduction de coûts de 2 milliards d'euros dès 2020.

Dans ce cadre, Carrefour avait annoncé qu'il allait supprimer 2400 emplois, passer cinq hypermarchés en location-gérance, réduire la surface de ses magasins et céder ou fermer 273 magasins Dia passés sous l'enseigne Carrefour. Les emplois de 2100 personnes sont concernés par ce changement de périmètre.

Carrefour avait racheté 800 magasins de l'enseigne Dia en France en 2014. Mais en raison notamment de problèmes de localisation la sauce n'a pas pris et les ex-magasins Dia ont perdu 150 millions d'euros en 2017.

Le quotidien régional Midi Libre s'était procuré un premier document confidentiel détaillant les emplacements de 269 magasins susceptibles de disparaître. Il vient de publier la liste des 243 magasins — communiquée lundi 4 juin aux syndicats lors d'un comité central d'entreprise — qui n'ont pas trouvé de repreneur. Business Insider FR5 juin 2018

Commentaires d'internautes.

1- "Lamentable !

A Fontenay, il ne restera que Monoprix : Hors de prix !"

2- "En regard de la population de la région où encore du taux de chômage de celle-ci, c'est bien la région des Hauts-de France (Nord-Pas-de-Calais et Picardie) qui est la plus touchée, et non Paris ou Marseille !"

3- "Je suis bien d'accord avec vous, j'avais remarqué, lamentable."

Après la disparition du petit commerce, la suppression des enseignes bons marchés que fréquentaient les plus pauvres ou ceux qui résistaient pour ne pas les rejoindre...

Ici en Inde, c'est différent. Les prix de 90% des marchandises sont fixes, identiques, quel que soit l'endroit où vous les achetez. En revanche, toutes les marchandises ne sont pas disponibles partout, certains commerces ne proposent que celles qui sont les plus chers, d'autres que celles de mauvaises qualités et parmi les moins chères. Il n'y a que la vente en vrac ou sans emballage, les produits frais principalement où les prix fluctuent d'un jour à l'autre, d'un commerce à l'autre, il faut donc comparer les prix et la qualité avant d'acheter ses légumes par exemple.

L'unique supermarché de Pondichéry est clairement destiné aux classes moyennes. Je n'y vais que pour acheter des produits où les prix sont fixes et où on peut bénéficier d'une réduction. Quand je vais à Pondichéry cela me coûte aller-retour un demi-litre d'essence, soit 40 roupies environ, un demi-euro, donc je dois rentabiliser mon déplacement, j'achète tout par multiple d'un, et comme tous les produits proposés par multiple d'un sont accompagnés d'une réduction, cela me paie l'essence et j'arrive même à économiser plusieurs centaines de roupies sur un mois, surtout avec les cigarettes, 20% moins chères.

Médiocratie de la recherche. Non sans blague, ils ont fait une découverte !

- Manger moins pour vivre plus... longtemps - Le Point 06 juin 2018

Le Point - Selon deux nouvelles études, un régime alimentaire moins calorique augmente l'espérance de vie... dans des proportions spectaculaires.

LVOG - En voilà une mauvaise nouvelle pour les plus pauvres, eux au moins ils n'ont pas attendu qu'on leur dise pour le savoir ! Je parle des plus pauvres, les autres se goinfrent de saloperies hypercalorifiques qui les rendent obèses en regardant TF1...

Le Point - Manger moins pour vivre plus vieux et en meilleure santé ? Il s'agit seulement, pour l'instant, d'une piste de recherche, et non d'un précepte que chacun pourrait appliquer dans la vie de tous les jours. Mais deux nouvelles études rendent cette piste de plus en plus solide.

LVOG - Ah pour du solide, c'est du solide, à vous rendre constiper ! Là encore cela ne concerne pas les pauvres, puisqu'ils ont rien ou si peu à évacuer ! Et on se doute bien que ceux qui se goinfrent ne vont pas se mettre au régime (forcé) des pauvres. Ils ne manquent décidément pas de perspicacité ces chercheurs !

Le Point - La restriction calorique chronique consiste, dans son principe, à manger une ration alimentaire réduite mais équilibrée à partir de l'âge adulte et tout au long de son existence.

LVOG - Là encore, les pauvres ne seront pas concernés, parce que les aliments les plus équilibrés sur le plan nutritionnel sont généralement les plus chers. Et puis cette restriction alimentaire ne peut pas s'appliquer aux travailleurs manuels puisqu'elle leur coûterait une fortune. Ils se retrouveraient en état de sous-alimentation chronique, état qui concerne apparemment davantage le cerveau que l'estomac chez ces chercheurs.

Le Point - Deux études publiées au début de cette année abordent cette question. La première a été menée sur des primates par notre équipe du Muséum national d'histoire naturelle (MNHN) et du CNRS et publiée dans la revue Communications Biology. L'autre a été réalisée sur des humains par une équipe américaine dirigée par la biologiste Leanne Redman et publiée dans la revue Cell Metabolism. Ces travaux mettent en avant les effets bénéfiques de la restriction calorique sur la longévité et la santé.

Par :

Fabien Pifferi est chargé de recherche en nutrition et neurosciences, Muséum national d'histoire naturelle (MNHN) – Sorbonne Universités.

Fabienne Aujard est biologiste, directrice de recherche spécialisée dans le vieillissement, Muséum national d'histoire naturelle (MNHN) – Sorbonne Universités.

Jeremy Terrien est enseignant-chercheur en physiologie animale, Muséum national d'histoire naturelle (MNHN) – Sorbonne Universités.

LVOG - Le dernier paragraphe de cet article n'était pas à piquer des vers, cela se mange et c'est bourré de protéines, je le dis au passage pour les plus pauvres, pas d'esprit voyons, vous m'avez compris.

Le Point - Comme l'application d'une restriction calorique chez l'humain semble difficile à concevoir de manière généralisée dans nos sociétés modernes, des études sont en cours pour identifier des molécules qui pourraient mimer certains bienfaits de la restriction calorique, sans avoir à modifier nos pratiques alimentaires.

LVOG - Il est vrai qu'une société aussi débile ou pourrie est forcément incompatible avec une telle prise de conscience, rendez-vous compte les hommes vivraient mieux, et puis imaginez un instant s'ils bouffaient moins, que deviendraient les trusts de l'agro-alimentaire et le lobby ogmiste pour lesquels ces chercheurs travaillent, car c'est bien ce qui est précisé ici, n'est-ce pas ? Non, en régime capitaliste la recherche n'a jamais eu pour mission de concourir à l'amélioration des conditions de vie de la plèbe.




ACTUALITE EN TITRES

D'une extrême droite à l'autre.

- Hollande défendra son bilan jeudi devant la Fondation Jean-Jaurès - AFP 6 juin 2018

Mimétisme.

- Municipales : LREM s’ouvre aux LR et PS... sous conditions - Publicsenat.fr 4 juin 2018

- Le PCF envisage une "large" liste de gauche aux européennes - Reuters 4 juin 2018

- Renouvellement, communication… Le PCF à la recherche d'un nouveau style - Liberation.fr 4 juin 2018

...où quand l'oligarchie impose son style costard cravate et gueule de premier de la classe, les cheveux courts, bien dégarnis derrière les oreilles, l'air de préférence abruti qui en impose aux plus niais, aux plus serviles qui ont enfin trouvé un maître...

Leur humanisme est la politesse des salauds...

- Mamoudou Gassama reçoit la plus haute distinction de la Ville de Paris - AFP 4 juin 2018

Ils osent tout

- La famille impériale se voit sur le trône, pour régler le "chaos" au Brésil - AFP 4 juin 2018

Pour Bertand d'Orléans-Bragance, descendant direct du dernier empereur du Brésil, le "chaos" qui secoue son pays n'a qu'une solution: le retour de sa famille au pouvoir. AFP 4 juin 2018




ACTUALITÉ DU JOUR

Quand la crise générale du capitalisme se transforme en crise politique mondiale...

- En Jordanie, la contestation sociale fait tomber le Premier ministre - AFP 5 juin 2018

Le Premier ministre jordanien Hani Mulqi a été contraint à la démission lundi, après plusieurs jours d'une contestation populaire inédite depuis des années dans le royaume contre un projet de réforme fiscale et la hausse des prix. AFP 5 juin 2018

Ce n'est pas en France qu'un truc pareil arriverait. C'est étrange. Devinez pourquoi.

- Nouveau Premier ministre à Madagascar pour sortir de la crise - Reuters 4 juin 2018

Le président malgache a annoncé lundi qu'il avait choisi comme nouveau Premier ministre Christian Ntsay, qui était jusqu'ici représentant à Madagascar de l'Organisation internationale du travail (OIT). Reuters 4 juin 2018




INFOS EN BREF

POLITIQUE

Venezuela

- L'OEA adopte une résolution visant à en exclure le Venezuela - Reuters 6 juin 2018

L'Organisation des Etats américains (OEA), composée de 34 membres, a adopté mardi une résolution pour débuter le processus d'exclusion du Venezuela de l'organisation, après la réélection contestée le mois dernier de Nicolas Maduro à la présidence vénézuélienne.

Au cours d'une assemblée générale organisée à Washington, où est basée l'OEA, 19 membres ont voté en faveur de la tenue d'une assemblée extraordinaire pour suspendre le Venezuela de l'organisation. Quatre membres ont voté contre et 11 se sont abstenus.

Les Etats-Unis et plusieurs pays sud-américains ne reconnaissent pas la réélection le 20 mai de Nicolas Maduro à la tête du Venezuela, considérant le scrutin comme une imposture visant à favoriser une dictature qui a dévasté une économie autrefois prospère.

"Je suis heureux que nous reconnaissions que la démocratie compte. Nous ne reconnaîtrons pas les gouvernements illégitimes", a déclaré à l'assemblée après le vote le représentant américain auprès de l'OEA.

"C'est un grand jour pour l'OEA (...) Notre espoir est que cela apporte la paix au peuple vénézuélien", a ajouté Carlos Trujillo.

Le Venezuela rejette la décision de l'assemblée et empêchera les Etats-Unis de poursuivre leur "guerre économique" contre le gouvernement socialiste de Maduro, a déclaré le ministre des Affaires étrangères, Jorge Arreaza.

"Ceux qui ont soutenu (cette résolution) soutiennent la possibilité d'une intervention militaire au Venezuela. Vous aurez cela sur la conscience", a-t-il ajouté.

Nicolas Maduro a décrit l'OEA comme le pantin de la politique étrangère des Etats-Unis. Le gouvernement vénézuélien a annoncé l'année dernière qu'il débutait un processus de deux ans pour se retirer de l'organisation.

Les Etats-Unis souhaitent l'exclusion du Venezuela de l'OEA et une intensification des sanctions économiques contre le gouvernement de Maduro. Reuters6 juin 2018

Libye

- La Libye selon l’Onu et la dure réalité par Thierry Meyssan - Réseau Voltaire 5 juin 2018

Malgré la bonne volonté de certains participants, la conférence de Paris pour la Libye n’a pas eu sur place les effets imaginés. Pour Thierry Meyssan, cela s’explique par le double langage de l’Otan et de l’Onu qui prétendent vouloir stabiliser le pays alors que leurs actions poursuivent le plan Cebrowski de destruction des structures étatiques. La mise en scène de Paris était imprégnée d’une profonde méconnaissance des particularités de la société libyenne.

Depuis l’anéantissement par l’Otan de la Jamahiriya arabe libyenne, en 2011, la situation en Libye s’est profondément détériorée : le PIB a été divisé par deux et des pans entiers de la population vivent dans la misère ; il est impossible de circuler dans le pays ; l’insécurité est générale. Au cours des dernières années, les deux tiers de la population se sont enfuis à l’étranger, au moins provisoirement.

Passant par pertes et profits l’illégalité de l’intervention de l’Otan, les Nations Unies tentent de re-stabiliser le pays.

Les tentatives de pacification

L’Onu est présente via la MANUL (Mission d’appui des Nations unies en Libye), qui est un organe exclusivement politique. Le véritable caractère de cette instance est apparu dès sa création. Son premier directeur, Ian Martin (ancien directeur d’Amnesty International), organisa le transfert de 1 500 jihadistes d’Al-Qaïda en qualité de « réfugiés » (sic) de la Libye vers la Turquie pour former la soi-disant « Armée syrienne libre ». Certes, aujourd’hui la MANUL est dirigée par Ghassan Salamé [1], mais elle dépend directement du directeur des Affaires politiques de l’Onu qui n’est autre que Jeffrey Feltman. Or, cet ancien assistant d’Hillary Clinton au département d’État US est un des maîtres d’œuvre du plan Cebrowski-Barnett pour la destruction des États et des sociétés du « Moyen-Orient élargi » [2]. C’est précisément lui qui supervisa d’un point de vue diplomatique les agressions contre la Libye et la Syrie [3].

L’Onu part de l’idée que le désordre actuel est la conséquence de la « guerre civile » de 2011 qui dressa le régime de Mouammar Kadhafi contre son opposition. Or, lors de l’intervention de l’Otan, cette opposition se limitait aux jihadistes d’al-Qaïda et à la tribu des Misrata. En tant qu’ancien membre du dernier gouvernement de la Jamahiriya arabe libyenne, je peux témoigner que l’initiative de l’Alliance atlantique ne répondait pas à un conflit libyen, mais à une stratégie régionale de longue haleine pour l’ensemble du Moyen-Orient élargi.

Lors des élections législatives de 2014, les islamistes qui avaient mené les combats au sol pour le compte de l’Otan, n’obtinrent que de faibles résultats. Ils décidèrent alors de ne pas reconnaitre la « Chambre des représentants » (basée à Tobrouk) et de constituer leur propre assemblée (basée à Tripoli) qu’ils appellent désormais « Haut Conseil d’État ». Considérant que ces deux assemblées rivales pouvaient former un système bicaméral, Feltman plaça à égalité les deux groupes. Des contacts entre eux eurent lieu aux Pays-Bas, puis les accords de Skhirat (Maroc) furent signés, mais sans l’assentiment des deux assemblées. Ces « accords » instituèrent un « gouvernement d’union nationale » (d’abord basé en Tunisie) désigné par l’Onu.

Pour préparer l’élaboration d’une nouvelle Constitution et d’élections présidentielle et législatives, la France, se substituant aux efforts des Pays-Bas et de l’Égypte, a organisé fin mai un sommet avec ceux que l’Onu présente comme les quatre principaux leaders du pays, en présence de représentants des principaux États impliqués sur le terrain. Cette initiative a été vivement critiquée en Italie [4]. Publiquement on a parlé politique, tandis que discrètement, on a dessiné les contours d’une Banque centrale libyenne unique qui effacera le vol des Fonds souverains libyens par l’Otan [5] et centralisera l’argent du pétrole. Quoi qu’il en soit, après la signature d’une déclaration commune [6] et les embrassades d’usage, la situation a brusquement empiré sur le terrain.

Le président français, Emmanuel Macron, agit en fonction de son expérience de banquier d’affaires : il a réunit les principaux leaders libyens choisis par l’Onu ; a examiné avec eux comment protéger leurs intérêts respectifs en vue de créer un gouvernement reconnu par tous ; a vérifié que les puissances étrangères ne saboteraient pas ce processus ; et a pensé que les Libyens applaudiraient cette solution. Or, il n’en est rien car la Libye est totalement différente des sociétés occidentales.

Il est évident que la France, qui avait été avec le Royaume-Uni le fer de lance de l’Otan contre la Libye, tente de récupérer les dividendes de son intervention militaire, dont elle a été privée par ses alliés anglo-saxons.

Pour comprendre ce qui se passe, il faut revenir en arrière et analyser la manière dont vivent les Libyens en fonction de leur expérience personnelle.

L’Histoire de la Libye

La Libye n’existe que depuis 67 ans. À la chute du fascisme et la fin de la Seconde Guerre mondiale, cette colonie italienne fut occupée par les Britanniques (dans la Tripolitaine et la Cyrénaïque) et par les Français (dans le Fezzan qu’ils divisèrent et rattachèrent administrativement à leurs colonies d’Algérie et de Tunisie).

Londres favorisa l’émergence d’une monarchie contrôlée depuis l’Arabie saoudite, la dynastie des Senussis, qui régna sur le pays à partir de « l’indépendance », en 1951. De religion wahhabite, elle maintint le nouvel État dans un obscurantisme total, tout en favorisant les intérêts économiques et militaires anglo-saxons.

Elle fut renversée, en 1969, par un groupe d’officiers qui proclama la véritable indépendance et mit à la porte les Forces étrangères. Au plan politique intérieur, Mouammar Kadhafi rédigea, en 1975, un programme, le Livre vert, dans lequel il garantit à la population du désert de satisfaire ses principaux rêves. Par exemple, alors que chaque bédouin ambitionnait d’avoir sa propre tente et son chameau, il promit à chaque famille un appartement gratuit et une voiture. La Jamahiriya arabe libyenne offrit également l’eau [7], l’éducation et la santé gratuites [8]. Progressivement, la population nomade du désert se sédentarisa sur la côte, mais les liens de chaque famille avec sa tribu d’origine restèrent plus importants que les relations de voisinage. Des institutions nationales furent mises en place, inspirées des expériences des phalanstères des socialistes utopiques du XIXème siècle. Elles instaurèrent une démocratie directe tout en co-existant avec les anciennes structures tribales. Ainsi, les décisions importantes étaient d’abord présentées à l’Assemblée consultative des tribus avant d’être délibérées par le Congrès général du Peuple (Assemblée nationale). Au plan international, Kadhafi se voua à résoudre le conflit séculaire entre les Africains, arabes et noirs. Il mit fin à l’esclavage et utilisa une grande partie de l’argent du pétrole pour aider au développement des pays sub-sahariens, notamment du Mali. Son activité réveilla les Occidentaux qui commencèrent alors des politiques d’aide au développement du continent.

Cependant, malgré les progrès accomplis, trente ans de Jamahiriya ne suffirent pas à transformer cette Arabie saoudite africaine en une société laïque moderne.

Le problème actuel

En écrasant ce régime et en faisant flotter à nouveau le drapeau des Sénussis, l’Otan a renvoyé le pays à ce qu’il était avant 1969 : un ensemble de tribus, vivant dans le désert, coupées du monde. En l’absence d’État, la population s’est repliée sur des structures tribales sans chef suprême. La Charia, le racisme et l’esclavage ont refait leur apparition. Dans ces conditions, il est inefficace de chercher à rétablir l’ordre par le haut. Il est au contraire indispensable de pacifier d’abord les relations entre tribus. Ce n’est qu’une fois cette opération achevée qu’il sera possible d’envisager des institutions démocratiques. Jusque-là la sécurité de chacun ne sera garantie que par son appartenance tribale. Pour survivre, les Libyens s’interdiront donc de penser de manière autonome et s’en référeront toujours à la position de leur groupe.

Le cas de la répression exercée par les habitants de Misrata contre ceux de Tawarga est exemplaire. Les Misratas sont les descendants des soldats turcs de l’armée ottomane, ceux de Tawarga descendent d’anciens esclaves noirs. En lien avec la Turquie, les Misratas ont participé au renversement de la Jamahiriya. Dès que le drapeau des Sénussis a été imposé, ils se sont déchainés avec une fureur raciste contre les noirs. Ils les ont accusés de toutes sortes de crimes et ont contraint 30 000 d’entre eux à fuir.

Il sera évidemment très difficile de faire émerger une personnalité, comparable à Mouammar Kadhafi, qui soit d’abord reconnue par les tribus, puis par le Peuple. Mais en réalité, ce n’est pas ce que cherche Jeffrey Feltman. Contrairement aux déclarations officielles sur une solution « inclusive », c’est-à-dire intégrant toutes les composantes de la société libyenne, Feltman a imposé, via les islamistes avec qui il avait collaboré au département d’État contre Kadhafi, une loi interdisant toute fonction publique aux personnes ayant servi le Guide. La Chambre des représentants a refusé d’appliquer ce texte, toujours en vigueur à Tripoli. Ce dispositif est comparable à celui de la débaasification que le même Feltman imposa à l’Iraq, lorsqu’il était un des dirigeants de l’« Autorité provisoire de la Coalition ». Dans les deux cas, ces lois privent ces pays de la majorité de leurs élites et poussent celles-ci à la violence ou à l’exil. On le voit bien, Feltman poursuit toujours les objectifs du plan Cebrowski tout en prétendant travailler pour la paix.

Contrairement aux apparences, le problème de la Libye n’est pas la rivalité entre des leaders, mais l’absence de pacification entre tribus et l’exclusion des Kadhafistes. La solution ne peut être négociée entre les quatre leaders réunis à Paris, mais uniquement au sein et autour de la Chambre des représentants de Tobrouk dont l’autorité couvre désormais 80 % du territoire. Réseau Voltaire 5 juin 2018

Notes.

[1] Ghassan Salamé est un homme politique libanais et universitaire français. Il est le père de la journaliste française Léa Salamé et de la directrice de la Fondation Boghossian de Belgique, Louma Salamé. Il a travaillé avec Jeffrey Feltman en Irak, mais pas au Liban.

[2] « Le projet militaire des États-Unis pour le monde », par Thierry Meyssan, Haïti Liberté (Haïti) , Réseau Voltaire, 22 août 2017.

[3] « L’Allemagne et l’Onu contre la Syrie », par Thierry Meyssan, Al-Watan (Syrie) , Réseau Voltaire, 28 janvier 2016.

[4] En 2011, le président du Conseil Silvio Berlusconi s’insurgea contre l’intervention de l’Otan. Il fut rappelé à l’ordre atlantiste par son propre Parlement.

[5] « La rapine du siècle : l’assaut des volontaires sur les fonds souverains libyens », par Manlio Dinucci, Traduction Marie-Ange Patrizio, Il Manifesto (Italie) , Réseau Voltaire, 22 avril 2011.

[6] « Déclaration politique sur la Libye », Réseau Voltaire, 29 mai 2018.

[7] À partir de 1991, la Libye construit la « Grande rivière artificielle ». Il s’agit d’un vaste réseau d’exploitation des nappes aquifères du Bassin de Nubie, situées à grande profondeur. Ce gigantesque système est sans équivalent dans le monde.

[8] En l’absence d’hôpitaux assez nombreux, les opérations étaient souvent effectuées à l’étranger aux frais de l’État.


SOCIAL ET SOCIÉTÉ

Maroc

- Au Maroc, un boycott de l’eau contre l’oligarchie et la vie chère - liberation.fr 5 juin 2018

Depuis fin avril, l’eau Sidi ali, le lait Centrale Danone et les stations-service Afriquia sont boudés par près de 42 % des Marocains pour leurs prix excessifs. Une mobilisation inédite qui a pris de court les élites.

Selon une enquête réalisée le 22 mai pour le quotidien marocain l’Economiste, 42 % de la population applique ce boycott, principalement les jeunes, les femmes et la classe moyenne.

«Cette mobilisation anonyme n’a ni stratégie ni revendication précises, mis à part la volonté de s’opposer aux prix chers. Si on ne sait pas qui en est l’initiateur, on connaît ses deux principales cibles : des personnalités de l’establishment, proches du palais royal», analyse le sociologue Abderrahmane Rachik, spécialiste des mouvements de protestation au Maroc. D’abord, Aziz Akhannouch, propriétaire de la société de distribution de carburant Afriquia, est aussi ministre de l’Agriculture, milliardaire et proche du roi. Ensuite, Miriem Bensalah-Chaqroun, à la tête des Eaux minérales d’Oulmès, distributeur de Sidi ali, est l’ancienne présidente de la Confédération générale des entreprises du Maroc, l’équivalent du Medef en France. «La campagne de boycott est l’expression d’un ras-le-bol généralisé qui s’inscrit dans la suite des protestations du Rif, de Zagora et de Jerada [trois régions qui ont connu des mouvements sociaux ces derniers mois, ndlr]», estime le député du Parti socialiste unifié Omar Balafrej, qui soutient le boycott.

«Des professionnels de la protestation, anonymes, ont lancé cette mobilisation qui a été suivie d’abord par des sympathisants puis par des jeunes mécontents», explique Abderrahmane Rachik. Au Maroc, le taux d’emploi est de 42 %, et un tiers des jeunes n’ont ni travail ni formation, selon le Haut Commissariat au plan, organisme de statistiques officielles. «Boycotter et se mobiliser sur les réseaux sociaux ne demande ni autorisation, ni argent, ni compétences. Depuis 2013, protester dans la rue est devenu risqué, face à un gouvernement qui empêche toute manifestation sans autorisation préalable», continue le sociologue.

Centrale Danone, la marque la plus affectée par le boycott, s’attend à un «repli de 20 % de son chiffre d’affaires» et une perte de 13,5 millions d’euros au premier semestre. Sa collecte de lait dans le réseau marocain a déjà été réduite de 30 %.

Face à cette campagne difficile à cerner, les élites politiques et économiques du royaume sont désarmées. Cinq jours après le début du boycott, Mohamed Boussaïd, ministre de l’Economie, a qualifié les boycotteurs d’«étourdis». Au même moment, le directeur achats chez Centrale Danone, Adil Benkirane, les désignait comme des «traîtres à la nation». Des propos qui ont galvanisé les protestataires. «Les politiques ont cru que le boycott serait éphémère mais il a pris beaucoup d’ampleur», observe Abderrahmane Rachik. Le chef du gouvernement, Saâdeddine el-Othmani, lui, a demandé à tourner la page du boycott.

L’ampleur inattendue de l’opération fait craindre aux autorités la réaction des investisseurs étrangers. «Le gouvernement est déterminé à entreprendre des initiatives visant à améliorer le pouvoir d’achat des citoyens et à agir avec fermeté en matière de contrôle du marché», a annoncé le gouvernement dans un communiqué publié le 1er juin. Une commission sera créée pour examiner l’évolution des prix et proposer des solutions allégeant la pression sur le pouvoir d’achat des ménages. Une réponse insuffisante pour Omar Balafrej, membre de l’opposition qui demande à remettre sur pied le Conseil de la concurrence, une institution au point mort.

«Le boycott est en train de se retourner contre le gouvernement El-Othmani, dont le prédécesseur avait appliqué la libéralisation des prix et la fin de la caisse de compensation pour les produits de nécessité», avertit Abderrahmane Rachik. En conséquence, les opérateurs des hydrocarbures, dont Afriquia, ont doublé leurs marges, selon un rapport parlementaire présenté le 15 mai. «Maintenant, nous attendons un mea culpa des sociétés et qu’elles remboursent les 17 milliards de dirhams [1,5 milliard d’euros] gagnés de façon abusive», revendique Omar Balafrej, qui espère que le succès du boycott redonne «confiance aux citoyens». En attendant, les épiciers affichent fièrement des marques concurrentes dans leurs rayons. liberation.fr 5 juin 2018

Portugal

- Importante grève ferroviaire au Portugal - euronews 4 juin 2018

Très forte mobilisation pour le mouvement de grève dans les transports ferroviaires qui a eu lieu ce lundi au Portugal. Selon le syndicat des employés du secteur, 90% des trains de fret et de passagers n'ont pas circulé. A Lisbonne, aucun train n'a quitté le quai de toute la journée.

Les agents ferroviaires protestent contre un projet national de n'avoir qu'un opérateur supplémentaire par train, contre deux minimum actuellement. Ces derniers mois, ce sont les cheminots qui se sont mobilisés, pour des revendications salariales. euronews 4 juin 2018

Brésil

- Brésil: plus d'un demi-million d'homicides en dix ans - AFP 5 juin 2018

Plus d'un demi-million de personne sont mortes par homicide entre 2006 à 2016 au Brésil, soit six tués par heure, des chiffres qui font du plus grand pays d'Amérique latine l'un des plus violents au monde, selon un rapport publié mardi. AFP 5 juin 2018


Le 4 juin 2018

CAUSERIE ET INFOS

Causerie au format pdf (11 pages)

What do you want ? I want rock'n roll. (Def Leppard, pour se rajeunir.)

Vidéo. 2CELLOS - Steve Vai - Highway To Hell feat - 4'21" - YouTube.

https://www.youtube.com/watch?v=qfGggAGITwg

On se détend un peu en musique. Oreilles sensibles s'abstenir. Un exercice de virtuoses quand même, qui tranche avec la médiocrité de notre époque et nous transporte au-delà. La musique est bien le seul art qui tend encore vers un idéal, quant aux paroles (ou titres), vaut mieux les oublier ou ne pas y prêter attention quand il y en a.

Nous sommes mardi matin, et avant de mettre cette causerie en ligne, je me suis fait la réflexion que, le développement de la société était plus rapide que le développement des facultés intellectuelles des hommes ou qu'il existait un énorme fossé entre les deux, et plus la transformation de la société s'accélère, moins les hommes sont aptes à saisir son fonctionnement, moins ils auront la capacité d'agir sur la société, pire elle deviendra.

La transformation de la société correspond à de nouveaux besoins que les esclavagistes inventent sans cesse pour mieux nous asservir, à nous de les adopter ou de nous en passer ou quand c'est possible, de les détourner de leurs objectifs à notre profit. La plupart du temps, pour ne pas dire toujours, ils nous sont imposés et le peuple les adopte les yeux fermés sans réfléchir à leurs significations. Il avait déjà du mal à comprendre dans quelle société il vivait pour ne pas dire jamais, du coup sa tâche va encore se compliquer pour parvenir à s'en émanciper, à se libérer du règne de la nécessité auquel il est enchaîné.

Singulièrement et sans qu'il en ait conscience le moins du monde, son attention va être attirée par cette multitude de besoins qui sont sensés faire son bonheur, allant jusqu'à oublier totalement que la société ne lui permet pas de satisfaire ses aspirations les plus élémentaires pour finalement en perdre la trace, à commencer par décider librement de son propre sort ou destin ou encore de l'orientation de la société. Voilà ce qu'il doit s'approprier d'urgence pour progresser, sinon la civilisation humaine est vouée à régresser sans fin.

Un autre courriel reçu du même militant et ma réponse.

J'ai montré il y a trois jours, comment à partir de données fausses on pouvait arriver à une conclusion erronée ou à la conclusion qu'on s'était fixée à l'avance de parvenir, disons l'air de rien.

Puis, une fois que la manipulation de son auteur a été révélée, il va être amené à modifier son argumentation sans toutefois changer de conclusions, témoignant ainsi que dès le départ il était animé d'intentions nuisibles ou inavouables, et qu'il n'y avait pas renoncé pour autant, ou que l'idée qu'il aurait pu se tromper lui était insupportable, alors que cela arrive à tout le monde, sauf à lui !

Dès lors, il va franchir un degré de plus dans l'imposture en employant un procédé encore plus pernicieux, qui consistera à admettre en partie ou à demi-mot son erreur, sans pour autant modifier la conclusion à laquelle il était parvenu précédemment, ce qui témoigne si nécessaire que son unique objectif n'était pas de partager ses connaissances ou ses expériences pour faire avancer notre cause, mais bien de nuire à un militant qui ne partageait pas ses idées.

Or, il se trouve qu'en admettant du bout des lèvres l'argument que j'avais avancé, c'est toute sa démonstration ou son interprétation qui va s'écrouler. Il ne lui restera plus qu'à l'assumer ou à s'enfoncer dans le déni au-delà du ridicule, et comme pour lui la réalité des faits a moins d'importance que son besoin irrésistible d'avoir toujours raison, il va persister dans son oeuvre de faussaire, et devenu littéralement hystérique, il va opter pour la calomnie en désespoir de cause.

Apparemment, et cela ne concerne pas que lui, il n'a jamais réussi à saisir la distinction entre les conditions d'existence des masses et l'interprétation qu'elles en faisaient, comment elles les vivaient. Apparemment encore, il ignore totalement ce que signifient la guerre et ses conséquences effroyables sur l'ensemble de la population, dont la classe ouvrière qui en est la principale victime et chair à canon, surtout quand elle dure de longues années.

Je l'avais pressenti d'une certaine manière en mettant une multitude d'articles en ligne sur la guerre en Syrie, pour que les lecteurs la vivent comme s'ils y étaient, en vain apparemment. Mais il est vrai que nous ne vivons pas tout à fait dans le même monde, le nôtre est beaucoup plus violent et cruel que le vôtre. En Inde, il ne nous manque plus que la guerre pour que notre cauchemar soit total, donc notre regard à tendance à se porter sur ceux qui vivent encore plus mal que nous ou qui souffrent davantage encore, notre fibre humaniste à fleur de peau nous conduit à être plus sensibles à leur sort.

Ce vieux militant pratique la novlangue décrite par Orwell qu'affectionnent tous ceux qui réécrivent l'histoire au fur et à mesure qu'elle se déroule. Un jour viendra où on nous racontera que les années de guerre furent fastes pour le peuple envoyé à l'abattoir, en novlangue : la guerre, c'est la paix. C'est d'ailleurs ce que s'est déjà employé à faire largement le cinématographe, Hollywood, etc. Plus tard, d'autres (Staliniens et néostaliniens) pousseront l'ignominie jusqu'à appelé les années d'après-guerre (Seconde Guerre mondiale) "les jours heureux", en France, alors que les tickets de rationnement existeront jusqu'en 1949 et la misère noire était omniprésente, des villes entières comme Le Havre avaient été rasées, le problème du logement prendra une tournure particulièrement drastique pour des millions de travailleurs et leurs familles, mes parents partageront la loge de concierge de ma grand-mère maternelle, avant ils avaient trouvé refuge chez ma grand-mère paternelle à Nanterre.

Encore quelques mots.

Quand ce militant affirme que "le prolétariat allemand restait le plus développé, ce qui ne l'a pas empêché de se lancer à l'assaut du vieux monde", il fait un contresens, car il ne réalise pas que c'est justement parce que la guerre avait mis à mal sa condition supérieure ou l'avait réduite à néant, qu'il se radicalisa et trouvera la voie de la révolution prolétarienne... Aussi, parce qu'à cette époque comme en Russie et dans les pays les plus industrialisés, la classe ouvrière était très concentrée dans d'immenses centres industriels employant des dizaines de milliers d'ouvriers, ou des villes industrielles qui avec leurs faubourgs en comptaient des centaines de milliers, ce qui facilitait leur organisation, favorisait la prise de conscience de leur force, condition du passage à l'action...

Un témoignage.

- Berlin pendant la guerre 1914-1918 - cairn.info

Arnulf Scriba est historien et collaborateur scientifique au Deutsches historisches Museum de Berlin.

Extrait - En février 1915, des cartes de pain sont distribuées dans toute l’Allemagne. La ration fixée par le magistrat de la capitale s’élève dans un premier temps à 2 kilos de pain par semaine ou 225 grammes de farine par jour et par personne. Mais rapidement, la ration de farine est réduite à 200 grammes par jour. 10

Avant la guerre, la consommation moyenne par personne en est de 380 grammes. Jusqu’à la fin de l’année 1915, la plupart des produits alimentaires sont strictement rationnés dans la ville. Malgré cela, les cartes d’alimentation ne permettent pas d’acheter des quantités suffisantes pour couvrir les besoins en calories. Par ailleurs, elles sont souvent attribuées pour des denrées qui ne sont même pas ou plus disponibles. Elles ne sont donc pas la garantie d’obtenir la quantité de pain, de viande, de pommes de terre ou de lait indiquée, mais elles indiquent simplement qu’il est impossible de recevoir, en quelque circonstance que ce soit, plus que la quantité mentionnée. Avec l’introduction des cartes d’alimentation commence le temps des « Polonaises ». C’est ainsi que les Berlinois appellent les files de plus en plus longues devant les magasins et les marchés couverts. Étant donné que tout un chacun peut voir ses files chaque jour, les autorités n’essayent même pas d’émettre des avis publics pour empêcher que les femmes ne se présentent dès minuit pour obtenir quelque chose à manger le matin. Elles attendent de longues heures, assises par terre, sur des paillasses ou de petits escabeaux. « Les autres se tiennent là, apathiques, beaucoup dorment debout, et la lumière de la lune fait paraître les visages pâles encore plus blêmes. Des policiers apparaissent et font les cent pas, excédés. Le matin commence à poindre. De nouveaux groupes arrivent. (…) Enfin la vente commence. Et le résultat : chacun une misérable demi-livre ou, lorsqu’on est particulièrement chanceux, une livre entière de viande, de saindoux ou de beurre pour la moitié des acheteurs, alors que l’autre moitié repart les mains vides » [14].

10- Daniel U., Arbeiterfrauen in der Kriegsgesellschaft…, op. cit., p. 234.

14- Berliner Tageblatt, 19 mai 1916.

LVOG - Le prolétariat allemand disposait peut-être de conditions de vie supérieures à celles des autres prolétariats en Europe, pour autant, ils pouvaient avoir le porte-monnaie bien garni, quand il n'y avait pas de pain, ils étaient logés à la même enseigne que les autres Allemands, et c'était pour tout ainsi...

Le dernier courriel reçu et mes commentaires.

- Eh oui, la guerre a touché l'ensemble des prolétariats européens ("Touché", une paille, plus de 18 millions de morts et 3 ou 4 fois plus de blessés. - LVOG) et, comparativement, le prolétariat allemand restait le plus développé (On vient de voir ce qu'il en était réellement. - LVOG), ce qui ne l'a pas empêché de se lancer à l'assaut du vieux monde à deux reprises et ce qui met à mal tout l'argumentation petite-bourgeoise de Tardieu (Une pure vue de l'esprit comme je viens de le démontrer. - LVOG) (crtiquer LO ou le NPA n'empêche pas de reprendre à son compte leurs pires travers !!) (Affirmation gratuite, calomnie. Lesquels, à quelles occasions ? - LVOG) Eh oui , comme pour toi, les masse sont responsables de ne pas bien de battre, une bonne partie s'est embourgeoisée ( merci au capitalisme pourrissant !!) (Il est vrai que pour vous et vos amis l'aristocratie ouvrière n'existe pas. Vous n'avez pas seulement rompu avec la sémantique de Marx et Engels, mais avec leur méthode pour interpréter la société... - LVOG), ce qui dédouane bien entendu les appareils qui, par leurs journées d'action bidon, sont finalement au diapason de ces masses !! (Je n'ai jamais cessé de dénoncer et de combattre ces journées d'action, de traiter ces appareils de corrompus, vendus, d'agents du capital et j'en passe, vous n'êtes qu'un vulgaire menteur, un faussaire. Qui pendant plus de 50 ans a publié des communiqués de ces appareils pourris sans émettre la moindre réserve, ajouter le moindre commentaire, histoire de faire naître des illusions envers ces salopards dans la tête des militants ou travailleurs, sinon Informations ouvrières dont D. Gluckstein vient de déclarer qu'il assurait la continuité politique. Personnellement j'ai rompu publiquement avec ce courant politique. - LVOG)

Ouh là là, et lui qui se pensait comme le nouveau Lénine !!! (Cela ne risque pas d'arriver à vos dirigeants ! Et puis, ne vous excitez pas comme cela sur votre clavier, et ne parlez pas de quelqu'un que vous ne connaissez pas. - LVOG) Son terrain d'analyse reste sa propre famille, ce qui simplifie effectivement l'analyse !! (L'école de la vie, celle de Lénine, la meilleure, ce n'est pas de moi, mais de Trotsky. Décidément vous ne connaissez rien à rien. Vous êtes-vous un jour poser la question de savoir comment des populations avaient pu s'intégrer dans la société sans avoir jamais reçu la moindre éducation ou instruction ? Savez-vous comment ils ont procédé, je vous en parle en connaissance de cause parce que je les observe quotidiennement depuis plus de 20 ans ? Ils ont observé ce qui se passait autour d'eux, notamment la nature, ils ont écouté ce qui se disait, ils ont fait des expériences, et parfois, par déduction ou recoupement ils ont acquis de quoi pouvoir survivre tant bien que mal. Croyez-vous qu'on pourrait leur reprocher quoi que ce soit ? Ce serait fort injuste ou il faudrait être con au dernier degré, ce à quoi vous voulez me faire passer, n'est-ce pas ? Entre nous je vous le dis, vous perdez votre temps. Moi, je ne perds jamais le mien dans ce genre d'exercice, car dans le cas contraire je ferais perdre celui des lecteurs et je m'en voudrais. - LVOG)

LVOG - De nos jours, en France ou en Europe, aucune des conditions objectives qui prévalaient autrefois pour qu'une révolution prolétarienne se produise n'existe, elles ont quasiment disparu. Donc la question qu'on devrait commencer par se poser, devrait être de savoir par quoi elles ont été remplacées, pour ensuite se demander comment se présente la situation pour tenter d'agir dessus, sans forcément pouvoir l'influencer dans un premier temps ni pendant une période assez longue, ne nous berçons pas d'illusions dévastatrices à l'arrivée, essayons d'être lucide, ce serait déjà un réel progrès d'y parvenir.

Dans le passé, on a été amené à commettre de graves erreurs d'appréciation sur cette question déterminante et bien d'autres d'ailleurs. Le portail économique xerficanal-economie.com a publié un article comparatif sur la pauvreté en Allemagne et en France, et finalement en prenant en compte tous les facteurs économiques et sociaux qui entraient en ligne de compte pour déterminer les revenus des travailleurs dans ces deux pays, il apparaît qu'il y a deux fois moins de travailleurs ou de ménages pauvres en Allemagne qu'en France, malgré Hartz IV, ainsi que de chômage. Or jusqu'à présent on était plutôt à penser le contraire s'agissant de la pauvreté.

Xerficanal-economie.com - Les écarts demeurent mais sont bien moins spectaculaires, lorsque l’on opère ces calculs sur la base du revenu disponible, après impôts et transferts sociaux donc et en incluant tous les types de revenus. (...)

Cet indicateur tient compte du fait qu’il existe un certain nombre d’aides sociales accompagnant les mini-jobs, et que ces emplois sont souvent exercés en cumul d’autres emplois.

Plus récemment un troisième indicateur, produit par l’OCDE, a défrayé la chronique. Il concerne lui aussi la proportion de travailleurs pauvres. Il en ressort que le taux serait de 7,1% en France, tandis qu’il ne serait que de 3,7% en Allemagne. Il a bousculé le discours selon lequel l’Allemagne payerait son faible taux de chômage par une importante précarisation. Mais nuance, l’indicateur parle de pauvreté au niveau du ménage, après redistribution, une fois que l’on intègre l’ensemble des revenus perçus au niveau d’un foyer dans lequel au moins une personne travaille. Cela montre que si la proportion de personnes travaillant à bas salaire est incontestablement plus forte en Allemagne, le risque est mutualisé au niveau du foyer. 1/Il existe une répartition des rôles au niveau du foyer, entre celui qui produit le revenu principal, est celui (le plus souvent celle), qui fournit le revenu d’appoint, souvent à temps partiel). 2/ Il existe des transferts sociaux correcteurs, notamment pour les familles monoparentales, comme au Royaume-Uni notamment 3/ Le taux d’emploi, beaucoup plus élevé, permet de limiter le risque de pauvreté au niveau du foyer.

LVOG - Mais il y a un mais...

...en définitive, cette politique a aussi des effets collatéraux sur les retraités. Beaucoup de petits jobs, c’est beaucoup de petites retraites en perspective et une montée de la pauvreté dans la population toute entière. C’est encore ce que racontent les statistiques sur l’incidence de la pauvreté au niveau de la population totale jusqu’à dernière nouvelle du moins. Xerficanal-economie.com 15.05.2018

Maintenant, si on fait une analyse de la situation sociale de ces deux pays et qu'on la base sur un seul indicateur, notre analyse sera forcément faussée, on en tirera des conclusions erronées, et la stratégie politique qu'on développera ou le discours qu'on adoptera seront inaudibles, parce qu'ils ne correspondront pas à la réalité.

Au passage, vous constaterez que contrairement aux âneries qu'a débitées plus haut ce militant, mon "terrain d'analyse" ne se limite pas à ma "propre famille", j'aborde quotidiennement la situation mondiale ou je l'ai à l'esprit en permanence, passons.

Il S'agit là d'un exemple parmi des centaines d'autres. Les militants ont tendance à se raconter des histoires et à les croire ensuite, après ils s'étonnent qu'ils soient les seuls à y croire ou que les travailleurs ne soient pas au rendez-vous, j'ai envie d'ajouter, heureusement encore. Vous feriez bien de prendre exemple sur eux au moins sur ce point, partir de la réalité.

A mon avis, c'est un des éléments de réponse déterminant au problème que nous avons à résoudre. A l'heure actuelle, nous ne sommes même pas foutus de produire une analyse qui corresponde exactement à la réalité, c'est ce que j'essaie de faire avec mes faibles moyens de mon côté, et chaque fois on me rit au nez parce que mon analyse tranche singulièrement avec celle communément admise, c'est désespérant.

On se contente de généralisations, de lieux communs, d'approximations, ou à l'inverse, on décrète que l'exception ferait figure de règle, on procède par abstraction et on évacue tout un pan de la réalité, parce qu'on ne sait pas quoi en faire, on rejette tout qu'on ignore, ce qui ne figure pas dans les statistiques officielles ou au contraire on balance tout ce qui y figure parce que ce serait suspect, bref, c'est du grand n'importe quoi à tous les niveaux, c'est lamentable.

Comme je l'ai expliqué dans une précédente causerie, je parle pour la France et non pour l'Inde, jamais on ne part de nos véritables aspirations, jamais elles ne sont prises en compte, jamais elles ne figurent parmi nos revendications, qui dans tous les cas de figure consistent à améliorer notre condition pour mieux supporter notre statut d'exploité et d'opprimer, sans jamais remettre en cause le modèle de société dans lequel nous vivons ou qu'on nous impose. Du coup, qui pourrait imaginer qu'il pourrait en exister un autre, il faudrait être fou, vaut mieux carrément abandonner cette perspective et s'accommoder tant bien que mal du capitalisme.

Tout est à rebâtir, quand on y réfléchit un instant on s'aperçoit que c'est une vie de dingue qu'on nous réserve de notre naissance jusqu'à notre mort. Cette société maltraite les nouveaux-nés, les enfants, les adolescents, puis les jeunes adultes, les adultes, les vieillards, personne n'est épargné. Le rythme de vie et les contraintes qui nous sont imposées sont inhumains, cruels. Quand ils s'accompagnent tout au long de la vie d'innombrables frustrations, privations, sacrifices, humiliations, injustices, angoisses, souffrances, peines, drames, le tout ponctué de menaces, de violences, bref, cela devient cauchemardesque. De quoi décide-t-on réellement ? De rien, absolument rien. De quelle liberté disposons-nous ? Aucune, absolument aucune, sinon celle d'observer les règles qu'on nous impose. Même imaginer un monde meilleur est insensé, on va vous traiter de cinglé, parce qu'il reposerait sur d'autres règles ou principes, d'autres valeurs. Pourquoi ? Parce que seul ce qui existe à le droit de citer, tout le reste ne peut pas se réaliser, il faut s'enfoncer cela profondément dans le crâne et cesser définitivement de penser.

Voilà l'ennemi numéro 1 de nos ennemis, que les exploités puissent penser librement, apprendre pour comprendre et ensuite agir pour changer de société. Qu'ils se rassurent, comme on est barré on n'est pas près d'y parvenir, le peuple tout entier a abandonné cet objectif, quand renouera-t-il avec, nulle ne le sait. En attendant, on ne cesse de s'en éloigner un peu plus chaque jour. C'est décourageant, démoralisant, mais qui cela empêche-t-il de continuer de vivre comme avant, personne apparemment, si j'en juge par les réactions à ces causeries. Vous me direz que je ramène tout à moi, disons que j'estime soulever des questions légitimes que tout le monde devrait se poser, mais dont tout le monde se fout, simple constat. Quelle tristesse !

Moi, j'ai considérablement modifié mon mode de pensée et mon mode de vie en conséquence à défaut de pouvoir faire davantage dans ma situation. Je m'en porte mieux et j'en suis le premier surpris. Je n'ai jamais aussi bien vécu, je n'ai jamais été aussi épanoui. Donc je me suis dit que cela valait peut-être le coup de partager mon expérience, c'est la seule chose qui me motive encore. C'est tout ce que je vous souhaite.

Quelques réflexions politiques.

1- Après la parution du dernier numéro de la Tribune des travailleurs, je conseillerai au POID de faire figurer l'éditorial en dernière page, la page que de nombreux lecteurs de journaux ne lisent jamais, si vous avez du temps à perdre lisez-le...

2- Le PS et le PCF s'employèrent minutieusement et sans relâche à pourrir de l'intérieur le mouvement ouvrier. Mais ils n'allaient pas en venir à bout d'un coup, cela prendrait des décennies pour qu'il ne constitue plus une menace pour le régime en place. Il fallait encore le vider de sa substance petit bout par petit bout tout en ayant l'air de voler à son secours, c'est ainsi qu'ils créèrent ou encouragèrent la création d'une multitude d'associations ou ONG qui seraient chargées de terminer la sale besogne en y associant les travailleurs qui n'étaient pas insensibles aux ravages causés par la survie du capitalisme. Ils allaient leur proposer en fonction de leur sensibilité, de combattre un des aspects des conséquences de la survie du capitalisme en évitant soigneusement de s'attaquer à leurs origines.

C'est ainsi qu'ils les détournèrent à leur insu de la lutte de classe. Mais pas seulement, cela a été beaucoup plus loin que cela. Car en réalité, ils ne se contentèrent pas de les détourner des objectifs de la lutte de classe du mouvement ouvrier, ils les amenèrent à collaborer avec les capitalistes. Il devait en être ainsi dès lors que le capitalisme n'était plus leur ennemi mais leur allié. Oui, leur allié, aussi incroyable que cela puisse paraître, ce sont les rapports qu'ils ont noués. Et il fallait singulièrement manquer de logique pour ne pas s'en apercevoir.

Puisque le capitalisme était à l'origine des maux qu'ils dénonçaient ou qu'ils ne supportaient plus, tandis qu'ils avaient renoncé au combat pour l'abolir, cela signifiait que le capitalisme était destiné à demeurer en place indéfiniment, et par conséquent c'était à lui de rectifier son comportement, de mettre un terme à ses excès, autrement dit, leur objectif serait dorénavant de faire pression sur le capitalisme pour lui donner un visage plus humain, ou afin de maintenir l'illusion qu'il pourrait encore jouer un rôle progressiste dans la préhistoire de la civilisation humaine, bref leur mission allait être de le légitimer, en lui attribuant des qualités qu'en réalité il n'avait jamais eu ou qui lui échurent malgré lui au cours de son développement.

A ce stade, ces travailleurs sincèrement épris de justice sociale, allaient être entraînés inconsciemment dans cette machination infernale sans savoir jusqu'où cela allait les conduire, car il y avait pire encore.

Une fois qu'ils seraient transformés en autant d'agents du capitalisme, ils n'auraient plus de cesse de le justifier, chacun a sa bonne conscience, n'est-ce pas? Placés insidieusement de plus en plus sous l'influence du capitalisme ils en adopteront l'idéologie, ce qui les amènera à légitimer les pires crimes qu'il commettra, qu'ils imputeront à la fatalité ou au reste de la population qu'ils accuseront de passivité ou d'indifférence au sort des centaines et centaines de millions de travailleurs et leurs familles, qui sous leurs yeux ou à travers le monde continueront de crouler sous des conditions sordides ou de subir la guerre. On comprend dès lors pourquoi le législateur leur accorda des droits, tandis que les capitalistes ou leur Etat leur procurèrent généreusement des fonds.

Parvenu à ce degré de conditionnement, ils en viendront à assumer leur engagement et à en tirer satisfaction, après en êtres arrivés à se convaincre qu'il ne pouvait pas exister d'alternative au capitalisme, alors qu'en réalité leur engagement consistait uniquement à lui prêter main-forte justement pour interdire qu'elle voie le jour et se réalise. Cela signifie, qu'ils sont parvenus au stade final du processus qui devait les enchaîner plus que jamais au capitalisme ou les conduire à renier leurs idéaux progressistes ou humanistes au profit d'une cause par nature antisociale.

A ce stade, ils sont perdus pour le mouvement ouvrier orienté vers le socialisme ou combattant pour un changement de régime.

Entre les mains de notre ennemi, ils servent désormais d'instruments pour combattre le socialisme, donc il sera vain d'essayer de les convaincre que le socialisme est une alternative au capitalisme, la seule. Et les millions qui manifestent quotidiennement leur ignorance sur les réseaux numériques asociaux ou par l'intermédiaire de blogs, sont autant de petits soldats que le capitalisme manipule, de sorte que la voix des militants ou des travailleurs qui sont engagés dans le combat pour en finir avec le capitalisme, se retrouve noyée ou apparaisse insignifiante face à cette majorité écrasante.

A partir du moment où une idée ou un acte, un comportement, nous procure satisfaction, on aura tendance à le reproduire ou à la conserver, et il sera extrêmement difficile d'en changer ou de l'abandonner, sauf si on parvient à se convaincre que finalement ils sont nocifs ou qu'une autre idée ou un autre comportement nous apportera une satisfaction plus grande. C'est ce que j'ai retenu des milliers d'heures que j'avais consacrés à la psychanalyse il y a de cela un peu plus de 40 ans, ainsi que mon expérience personnelle et mes observations.

Sur le plan politique, on peut tirer l'enseignement que, tant que les rapports d'exploitation et d'oppression telles qu'ils existent sous le capitalisme depuis ses origines se perpétuent, la justice sociale est un leurre, toute notion d'égalité, de solidarité, de fraternité, de liberté, de respect de l'environnement également. C'est une imposture cynique de faire croire le contraire.

C'est la combinaison de la crise du mouvement ouvrier et du capitalisme qui est à l'origine des ONG.

Les ONG et les réseaux numériques asociaux sont uniquement destinés à détourner les travailleurs de la lutte de classe, du mouvement ouvrier, au profit du capitalisme, pour légitimer son existence.

Ce sont des instruments de collaboration de classes qui ont germé sur le réformisme une fois qu'il allait atteindre le stade de la putréfaction, c'est-à-dire, dès lors que toute réforme sociale et toute expression de la démocratie allaient devenir irrémédiablement incompatibles avec la survie du capitalisme. Ils sont la négation des enseignements de la lutte de classe du passé sans lesquels il demeurera impossible de trouver une issue à la crise du capitalisme ou de renouer avec le socialisme. Pourquoi ? Parce que la lutte de classe est le produit d'un processus dialectique, dont il faut prendre conscience pour pouvoir l'orienter dans la direction qui correspond aux objectifs politiques qu'on s'est fixé, dans le cas contraire il sera forcément orienté dans une direction opposée à notre cause, et les bonnes intentions ou les intentions les plus généreuses ne suffisent pas ou peuvent facilement être instrumentalisées ou se transformer en leur contraire comme on vient de le voir.

En guise de complément.

- Réforme des retraites: le gouvernement lance une "large consultation citoyenne" - AFP 31 Mai 2018

En gros voici comment ils vont manoeuvrer.

1- Le système actuel de retraite est inégal et injuste... Par conséquent si vous êtes sensible aux notions d'égalité et de justice, vous ne pouvez que souhaitez sa disparition.

C'est bien joué, d'autant plus que cet argument n'est pas complètement faux, par exemple rien ne permet de justifier qu'un métallo, un sidérurgiste, un ouvrier du bâtiment parte à la retraite plus tard qu'un agent de la SNCF.

Dans mon cas, en comprenant les périodes de chômage, j'ai cotisé pendant une vingtaine d'années, mais au lieu de toucher une retraite correspondant à peu près à la moitié des annuités requises par la loi, je perçois une retraite qui représente moins du quart de la rémunération que j'ai perçue au cours des 25 dernières années, parce que n'ayant plus travaillé et cotisé depuis 20 ans, ils ont pris en compte les 25 années qui ont précédé mon arrêt de travail définitif, or dans les années 70 mon salaire était très nettement inférieur, bref, au lieu d'avoir une retraite générale autour de 800 ou 1.000 euros, je me retrouve à 250 euros, une misère quoi. Le même calcul a prévalu pour ma retraite complémentaire où il m'a été alloué généreusement 120 euros environ.

2- Le système actuel de retraite est en permanence au bord de la faillite, donc rien ne dit qu'il sera encore solvable quand vous prendrez votre retraite. Etes-vous prêt à prendre un tel risque ?

En voilà une question préoccupante dites-donc. N'existerait-il pas un moyen de la régler ? Un peu de patience, on y vient

3- Ne vaudrait-il pas le remplacer par un système plus équitable, et qui plus est vous garantirait de toucher votre retraite jusqu'à la fin de votre vie ?

Quelle question, bien sûr que j'y suis favorable.

A ce stade la liquidation du système actuel de retraite est actée ou adoptée.

4- Maintenant, on va vous proposer différents systèmes de retraite, indiquez celui qui vous conviendrait le mieux.

Fin de la partie ou de cette mascarade, le système de retraite est privatisé ou confié à des organismes privés tous liés au système financier ou au marché, qui pourront se servir de cette manne colossale pour spéculer fiévreusement et à l'occasion se déclarer en faillite et cesser de vous verser votre retraite...

Il faut appeler au boycott de cette "large consultation citoyenne" en dénonçant et combattant les intentions inavouables de leurs auteurs.

Oh ! Finie la récréation, le copinage, le libertinage entre classes, la lutte de classe, c'est sérieux.

- «Les Guignols», ainsi fondent, fondent, fondent, les petites marionnettes Liberation.fr 31.05

Après des mois d’une entreprise de démolition méthodique du programme trentenaire de Canal + par Vincent Bolloré, le groupe audiovisuel a annoncé jeudi son arrêt définitif. Liberation.fr 31.05

Bombe puante. Aux invalides de l'esprit : Gloire à la guerre ! (Raffale d'applaudissements!)

- Aux Invalides, l'émouvant hommage à Serge Dassault - LeFigaro.fr 31.05

- Honneurs militaires à Serge Dassault: Philippe salue un "visionnaire" et un "patriote" - AFP 1 juin 2018

Médiocratie. On achève bien les intellectuels ratés...

- Dans "On n'est pas couché", Michel Onfray s'en prend au couple Garrido-Corbière et à leur portrait de Lénine - Le HuffPost 3 juin 2018

Michel Onfray justifie son indignation en affirmant que Lénine et le communisme en URSS ont fait environ "100 millions de morts". "Comment peut-on accepter qu'on ait le portrait de Lénine, qui a créé les goulags, les camps de déportation dès la fin de l'année 1917 et qui est un dictateur terrible?" Pour lui, certains le tolèrent car comme il l'explique ironiquement: "c'est un dictateur, mais un dictateur communiste donc c'est un bon dictateur..."

Et d'insister avec une analogie pour s'en prendre au traitement médiatique de l'affaire: "Imaginez que Fillon ait le portrait de Franco chez lui, que Sarkozy ait le portrait de Mussolini ou que Marine Le Pen ait le portrait de Pétain... Je ne suis pas sûr que la presse trouverait ça normal alors que cette information-là est donnée par Paris Match qui explique qu'il y a deux ou trois photos de Mélenchon, mais aussi une peinture qui représente Lénine." Le HuffPost 3 juin 2018

Dans sa fureur Onfray a oublié quelqu'un dans la galerie des horreurs, un trou de mémoire ou est-ce révélateur ?

En voilà un qui est acquis au national-socialisme version Macron-Attali...

Gangstérisme.

- Parlement : les lobbies font-ils la loi ? - Franceinfo 3 juin 2018

Quand la voix de Macron l'enchanteur ne porte plus.

- À Sète, les Marcheurs de la première heure sont désenchantés - LeParisien.fr 3 juin 2018

- Plan banlieues: à Villiers-le-Bel, les habitants désenchantés - AFP 3 juin 2018

En famille. Passage de témoins.

- En Espagne, Pedro Sanchez entend gouverner sans Podemos - Le Monde.fr 03.06.2018

Interrogée pour savoir si Pedro Sanchez, porté au pouvoir par une alliance hétéroclite, envisageait d’inclure des personnalités du parti de gauche Podemos dans son cabinet, la porte-parole du dirigeant Margarita Robles a répondu : « Non, non, la position de Pedro Sanchez est claire. Ce sera un gouvernement du Parti socialiste, un gouvernement de minorité », fait savoir l’agence Reuters.

Jose Luis Abalos, autre proche conseiller de Pedro Sanchez, a déclaré à la chaîne de télévision La Sexta que le gouvernement devrait être connu en milieu de semaine prochaine et qu’il pourrait comporter des personnalités indépendantes.

Avec seulement 84 députés sur 350, le Parti socialiste espagnol (PSOE) se trouve en position minoritaire et des incertitudes planent sur la capacité de Pedro Sanchez à conserver son poste jusqu’à la mi-2020, date des prochaines élections législatives.

Podemos, qui a soutenu la motion de défiance déposée par le PSOE contre Mariano Rajoy, souhaite participer au gouvernement afin de faire entendre sa voix en faveur d’une politique sociale plus généreuse et d’un renforcement de la réglementation et de la fiscalité des banques. Le Monde.fr 03.06.2018

Bref, il ne manque plus que Valls et Mélenchon au gouvernement !

Fake news ou si le ridicule pouvait les tuer...

- L'Estonie s'apprête à rendre les transports en commun gratuits dans tout le pays - Le HuffPost 31.05

Alléchant, n'est-ce pas ? Attendez de lire la suite, c'est carrément délirant.

Le HuffPost - La décision de passer à la gratuité des transports publics s'appuie sur un programme ambitieux déjà en place dans la capitale, Tallinn, où les habitants peuvent se déplacer gratuitement grâce aux bus, aux trams, aux trolleybus et aux trains de la ville depuis 2013. Cette année, le gouvernement met en place le transport gratuit en bus dans tout le pays.

Il y a certaines limites. Tous les Estoniens pourront bénéficier de trajets gratuits dans les bus départementaux, mais pas en train (une augmentation des subventions permettra cependant de diminuer le prix des billets sur le réseau ferroviaire public). Dans les autres villes, les passagers continueront à payer pour utiliser les différents modes de transport en commun, y compris les bus locaux. Le HuffPost 31.05

En fait, si j'ai bien compris, cela ne concerne que les habitants de la capitale, Tallinn, où la gratuité des transports publics existait depuis 2013, limitée à cette ville, est étendue à tout le pays. Les habitants du reste de l'Estonie peuvent toujours se rendre à Tallinn pour prendre le bus à destination d'une autre ville du pays, on leur conseille toutefois de prendre un billet aller retour gratuit...

L'avenir que nous réserve le capitalisme. Leur humanisme est la politesse des salauds...

- Plus d'un enfant sur deux menacé par la guerre, la pauvreté ou les discriminations - AFP 30.05

Plus de 1,2 milliard d'enfants dans le monde, soit plus d'un sur deux, sont menacés par la guerre, la grande pauvreté ou les discriminations de genre, déplore l'ONG britannique Save the Children dans un rapport publié mercredi. AFP 30.05

Quand deux stratégies se superposent, se concurrencent, se télescopent...

- G7: Tensions entre les membres après la réunion ministérielle - Reuters 3 juin 2018

- L'Armée américaine inaugure un exercice multinational sur le flanc oriental de l'Otan - AFP 3 juin 2018

A lire : Guerre économique ou « guerre absolue » ? », par Jean-Claude Paye, Réseau Voltaire, 31 mai 2018

www.voltairenet.org/article201348.html

No news. Un aveu qui vaut bien un silence...

- Washington suspend son aide financière aux Casques blancs - afrique-asie.fr

"Le 4 mai, le Département d’État a annoncé la suspension de son aide financière aux Casques blancs ou « Défense civile syrienne », alors qu’il avait reçu leurs représentants, à peine deux mois auparavant. Cette aide représentait un tiers du budget de la soi-disant organisation humanitaire « neutre ». Quel media national ou international, quelle agence de presse internationale, l’AFP entre autres, n’a pas publié d’articles élogieux sur les Casques blancs et repris les « informations de terrain » de ces secouristes syriens qui sauvaient les populations dans les zones tenues par les armées terroristes ? Aucun." afrique-asie.fr

Effectivement, aucun article ailleurs, les agences de presse et les médias-oligarques ont censuré cette info. Devinez quelle stratégie américaine ils défendent.

Ils osent tout.

- L'Unesco et l'OSCE publient un guide sur la lutte contre l'antisémitisme à travers l'éducation - AFP 3 juin 2018

L'Unesco et l'OSCE publient lundi un guide sur la lutte contre l'antisémitisme à travers l'éducation, à l'adresse des enseignants, de ceux qui forment les enseignants, qui rédigent les programmes et manuels scolaires, des législateurs... AFP 3 juin 2018

- Crucifix obligatoires, loi controversée sur la police : la Bavière plonge dans la «révolution conservatrice» - Liberation.fr 3 juin 2018

Tous les bâtiments publics de la Bavière doivent désormais accrocher une croix dans leur hall d'entrée. Liberation.fr 3 juin 2018

- Vers une commercialisation de la GPA au Canada : quand la dérive sociétale s’accélère - Atlantico.fr

Cette semaine au Québec, un député fédéral libéral a présenté un projet de loi qui décriminaliserait le paiement pour la maternité de substitution, ainsi que pour les dons d'ovule et de spermatozoïdes. Atlantico.fr

Le 2 juin 2018

CAUSERIE ET INFOS

J'ai 62 ans et 8 mois. 15 ans d'éducation et d'études, 23 ans de travail et de chômage, 23 ans et 4 mois à profiter de la vie (en Inde), à la retraite depuis 8 mois officiellement, elle n'est pas belle la vie sous le capitalisme !

Il y en a qui sont spécialisés dans les théories foireuses et qui en sont fiers, moi il a fallu que j'en élabore une originale pour tout juste survivre, et apparemment je n'ai pas trop à m'en plaindre.

Causerie au format pdf (11 pages)

Ils osent tout. Un courriel reçu d'un sympathisant du POID.

Quand on veut toujours avoir raison et qu'on est à court d'argument ou acculé, au besoin on en vient à falsifier les faits, la réalité. Autant vous dire qu'il s'agit du militant qui me harcèle depuis des années...

- "Toute l'argumentation repose sur un principe complètement faux: en 1918 puis en 1923, le prolétariat allemand était le plus développé et avait le niveau de vie le plus élevé !!! Cela ne l'a pas empêché de se lancer à l'assaut du vieux monde lors de deux révolutions successives..."

Apparemment, cela ne lui a pas réussi dites-donc, puisqu'elles ont échoué ! En réalité, son niveau de vie s'était effondré pendant la guerre, et il n'aura pas le temps de se relever, qu'une période d'hyperinflation ravagera l'Allemagne à partir de 1923 et portera Hitler au pouvoir quelques années plus tard.

Je ne tiens pas à polémiquer sur la question du développement de la conscience politique du prolétariat allemand à cette époque, parce que cela nous entraînerait trop loin et je n'ai pas le temps, disons qu'au regard du résultat, je me permettrai simplement d'émettre des réserves, sachant qu'il a été élevé au biberon de la social-démocratie acquise au réformisme ou au révisionnisme du socialisme et qui fit faillite en août 1914. Je pense plutôt qu'il s'est en partie et en partie seulement radicalisé en s'inspirant de la révolution russe pratiquement dans des conditions identiques, en ayant à subir une guerre qui allait fait chuter brutalement son niveau de vie, d'où l'élévation de son niveau de conscience et son passage à l'action, la formation de soviets ou comités, etc.

Donc tout porte à croire que les conditions n'étaient pas réunies pour que ces révolutions aillent à leur terme, et la seule question qui vaut la peine de se poser, est de savoir lesquelles et pourquoi, question que vous esquivez en déformant mes propos honteusement ou en me prêtant un discours que je n'ai jamais tenu, pire en déformant la réalité.

Ensuite, j'ignorai que les guerres étaient propices à l'amélioration de la condition ouvrière, que le niveau de vie du prolétariat en général progressait pendant la guerre et les années suivantes, j'avais plutôt cru comprendre qu'en dehors de l'aristocratie ouvrière corrompue, c'était les banquiers qui s'en sortaient le mieux en devenant encore plus riches à l'issue des guerres.

- "Ce simple constat en une phrase met à mal des dizaines de développement sur ce thème "finalement les salariés français ne sont pas assez malheureux pour vouloir changer les choses", Trotsky dénonçait violemment ce raisonnement typiquement petit-bourgeois, "ce sont les masses qui sont responsables, pas les dirigeants qui se réclament du mouvement ouvrier"!!! Refrain repris par LO, le NPA....."

Passons sur le fait que je ne cesse de pilonner ces dirigeants, LO et le NPA.

Ne dit-on pas qu'on ne fera pas boire un âne qui n'a pas soif ?

Ne dit-on pas que c'est lorsqu'on rencontre des difficultés dans la vie, qu'on a une chance de progresser parce que cela va nous inciter à nous poser des questions et à y chercher des réponses ?

C'est le b.a.-ba de la logique la plus élémentaire, qui lorsqu'elle échappe à un esprit aussi éclairé que celui de mon contradicteur - c'est tout du moins ce qu'il pense de lui-même, le ravale au rang d'ignorant ou d'idiot.

Effectivement, il faut pour qu'une révolution prolétarienne se produise : soit que la condition des masses ait régressé ou qu'elles se soient appauvries au point qu'elles ne puissent plus vivre comme avant, soit qu'en ayant encore des conditions d'existence décentes, elles aient élevé leur niveau de conscience politique pour exiger de vivre dans une société plus juste ou meilleure, et précisons que la seconde condition est indispensable pour que la première permette d'envisager sérieusement un changement de régime. Ce sont les enseignements que l'on peut tirer de la lutte de classe du passé, cependant en précisant qu'à ce jour jamais une révolution n'a eu lieu ou n'a réuni de près comme de loin les conditions qui lui auraient permis d'espérer vaincre ses ennemis dans aucun pays capitaliste ayant développé une puissante aristocratie ouvrière et une importante classe moyenne.

Quant au mouvement ouvrier en général et ses dirigeants en particulier, ils sont le reflet du niveau de conscience général des masses dont ils sont issus. Et le niveau de conscience général des masses est l'expression concentrée de l'interprétation qu'elles font de leurs conditions. On a la fâcheuse tendance à idéaliser le niveau de conscience des travailleurs, de la surestimer. En fait, lorsqu'ils s'estiment satisfaits de leurs conditions, ils sont solidement enchaînés au capitalisme. Certes, ils peuvent être conduits à exiger quelques miettes de plus des capitalistes, et s'ils leur refusent, ils s'en accommodent. Leur niveau de conscience ne va pas plus loin ou cesse de se développer, il va stagner ou pire, régresser, et le jour où les capitalistes décideront que l'heure a sonné de leur reprendre les avantages qu'ils avaient dû leur concéder auparavant, ils seront désarmés pour les affronter.

Il semblerait qu'on n'ait pas encore saisi qu'une expérience était pratiquement sans valeur et pourrait se reproduire indéfiniment sans que rien ne change, dès lors qu'on n'en avait pas tiré des enseignements, justement pour qu'elle ne se reproduise pas à l'identique ou pour que ses conclusions soient différentes ou bénéfiques par la suite.

C'est ainsi que la plupart des gens passent à côté de leur existence, puisque finalement elle n'aura pas changé du début à la fin. A ce titre, il faut noter que ce sont les fonctionnaires et ceux qui travaillent dans les grandes entreprises qui forment les bataillons de l'aristocratie ouvrière qui y sont le plus prédisposés. De par leurs statuts, ils sont peut-être portés à composer l'essentiel du mouvement ouvrier, mais comme leurs conditions les prédisposent à être les plus enchaînés au capitalisme, il n'y a pas lieu de leur prêter des dispositions aptes à en faire des révolutionnaires ou à élever leur niveau de conscience au point de remettre en cause l'ordre établi, ce serait plutôt l'inverse qui prévaudrait. Maintenant, qu'il y en ait quelques-uns ou une minorité qui sortent du lot, il n'en demeure pas moins que l'immense majorité demeure accrocher au char du capitalisme. Or pour qu'une révolution vainque, il faut que la minorité et ses dirigeants soit suffisamment déterminée pour entraîner la majorité.

Une nouvelle fois vous avez recouru au procédé ignoble qui consistait à faire croire que j'accuserais les masses d'être responsables de la situation, histoire de ne pas analyser minutieusement leur comportement afin de ne pas en rechercher l'origine, sachant que les conclusions auxquelles vous parviendriez contrediraient votre propre analyse ou plutôt votre absence d'analyse, puisque vous vous contentez d'ânonner des principes, c'est à croire que la masturbation intellectuelle à laquelle s'adonnent les dogmatiques rend aveugle et impuissant !

Ce militant et bien d'autres j'imagine, n'admettent pas qu'on affirme que les masses et le mouvement ouvrier se sont embourgeoisées, ils le nient farouchement, ce qui ironiquement n'est pas sans signification politique, mais cela ne leur effleurera pas l'esprit bien entendu ou pour cause. Pourquoi ? Parce que cela signifie que la conception de la lutte de classe à laquelle ils s'accrochent est obsolète, et ils sont incapables de la modifier ou d'en concevoir une autre qui soit davantage en rapport avec la situation réelle, plutôt que refléter leur théorie élevée au rang de dogme putréfié.

L'ouvriérisme tout comme le tiers-mondisme peuvent aboutir aux pires confusions, qui dans certains cas peuvent s'avérer fatales. La réalité aussi désagréable soit-elle, doit être prise dans sa totalité, il faut la regarder en face, et sous aucun prétexte on devrait ensuite manquer de mesure en l'analysant, car sinon on prendrait le risque de passer à côté de la solution qui correspond à la question qui nous avons à résoudre.

Non mais imaginez un instant, ce militant voudrait me faire passer pour un monstre d'inhumanité qu'il ne s'y prendrait pas autrement.

Je vis en Inde entouré de misère, pas forcément matérielle d'ailleurs, je baigne quotidiennement dans un océan de souffrances et de violence, chaque jour dans mon entourage direct je suis témoins de drames épouvantables, et plus le temps passe pire c'est, et vous voulez savoir pourquoi, je vais vous le dire en tentant de contenir ma colère, parce qu'on a fait croire aux masses que le développement était à leur portée ou qu'elles allaient profiter du développement économique de l'Inde, et comme en réalité tous n'y auront pas accès ou il n'y en aura pas pour tout le monde, elles se déchirent, s'entre-dévorent pour faire partie des heureux élus, c'est terrible.

Cela tombe à pic, voilà ce qui est en train de se dérouler en ce moment même sous mon toit, il est 12h35 ce vendredi 1er juin 2018.

Au moment où j'écris ces lignes, Selvi ma compagne est en pleurs, Srida, la fille de sa soeur Adilakshmi est en pleurs, le frère cadet de son époux est un petit voyou qui leur pourrit la vie. Son époux et ses parents ainsi qu'un avocat sont partis ce matin à Chennai pour porter plainte contre lui, ils vont débourser 25.000 roupies dans cette affaire, dont le salaire de l'époux de Srida. Srida n'a plus une roupie pour inscrire ses deux enfants à l'école, or c'est le dernier jour pour les inscriptions. Elle a besoin impérativement aujourd'hui de 20.000 roupies. Elle n'a pas mangé depuis trois jours. Il fait plus de 42°C à l'ombre. Du coup Selvi est en train de lui préparer à manger et je lui donne un chèque de 20.000 roupies, ils me rembourseront par la suite, si c'est possible... Bien entendu, ils se sont battus quotidiennement ces derniers jours, le père, la mère, son époux, son frère, sa soeur, Srida, etc. Tout le monde en a pris plein la gueule, ils se haïssent et ils doivent continuer de vivre ensemble, quel cauchemar !

Maintenant, vous imaginez cet enfer, et après un militant qui a perdu la tête voudrait faire croire que c'est ce que je souhaiterais aux masses, bref que je serais un sale type ignoble au possible, indifférent au sort de mes semblables. C'est un procédé vraiment dégueulasse, indigne d'un militant qui se réclame du trotskysme, honte à vous ! C'est comme si vous me prêtiez de souhaiter la guerre en Europe pour que tous les travailleurs se massacrent, cela leur servirait de leçon ! Vous avez dépassé les bornes de l'infamie juste pour avoir toujours raison, parce que vos dirigeants faillis ont toujours raison, parce que les marxistes qui ont commis une multitude d'erreurs qu'ils ont reconnues quand ils en ont eu le temps auraient toujours eu raison.

Tenez, voilà le genre d'inepties que ce genre de militants continuent de prendre pour argent comptant un siècle plus tard, bien que les faits les aient contredites :

- "Lorsque nous voyons combien rapidement l'idée des Soviets se répand en Allemagne et même en Angleterre, nous pouvons bien nous dire que c'est là une preuve essentielle que la Révolution prolétarienne vaincra. On ne saurait arrêter son cours que pour peu de temps. (Ie congrès de l’Internationale Communiste, 1919)

Un siècle, c'est plus "que pour peu de temps", semble-t-il.

Les rédacteurs de ces lignes a dû prendre leurs désirs pour la réalité ou firent preuve d'une grande confusion, d'un optimisme démesuré pour le moins, Lénine et Trotsky notamment, personne n'est parfait, pardon, sauf ce militant et ses dirigeants.

En aparté, en parcourant à nouveau très rapidement les résolutions des quatre premiers congrès de l'Internationale communiste, je me suis aperçu que les conditions de vie de la classe ouvrière n'y figuraient pas ou qu'elles n'avaient pas fait l'objet d'une profonde et méticuleuse analyse, alors que c'était un des principaux facteurs qui devait déterminer l'évolution de la situation...

Je n'ai pas le temps ici de m'étendre sur ce sujet d'une importance capitale, constatons que c'est devenu la règle chez tous nos dirigeants et du coup pratiquement chez tous les militants, d'ignorer ce qui est à la base de l'état d'esprit des travailleurs, après vous ne vous étonnerez pas qu'ils soient incapables de savoir ce qu'ils pensent ou quels sont les véritables rapports entre les classes, et qu'ensuite ils extrapolent ou partent dans des spéculations hasardeuses sur le développement de la situation ou de la lutte de classes.

Militer sur de telles bases ne sert strictement à rien, de là à se faire faussaire pour se convaincre du contraire est vraiment malhonnête et pitoyable. C'est un simple constat, je ne juge personne qu'on se comprenne bien.

Il y avait autre chose dans le bref courriel que m'avait adressé ce militant qui méritait notre attention. En gros, il nous a démontré à quel point on pouvait se contredire sans s'en apercevoir.

Récapitulons, il a voulu nous faire croire que le niveau de conscience politique des masses pourrait se développer, alors que leurs conditions de vie seraient élevées, au point de se lancer dans une révolution prolétarienne... Or, nous savons que cela n'a jamais été le cas nulle part dans le monde jusqu'à présent, mais là n'est pas l'essentiel. Non, ce qu'il y a d'extraordinaire, c'est que lorsque je propose une théorie équivalente ou qui conduit aux mêmes conclusions pratiques, il m'accuse de fabuler et de bien des choses encore peu flatteuses...

Cela fait des années que j'explique qu'à défaut de conditions similaires ou aussi effroyables que celles engendrées par une guerre, un effondrement brutal du capitalisme, pour espérer que les masses se dressent contre le régime pour le renverser, il fallait impérativement élever leur niveau de conscience et les organiser, que cela devait être notre tâche prioritaire ou que toute notre activité devait être subordonnée sur cet objectif. Je n'ai jamais tenu un autre discours, vous en êtes témoins, les causeries depuis août 2008 vous le confirmeront.

Si vous ignoriez que le prolétariat allemand avait été une des principales victimes de la Première Guerre mondiale, j'ai trouvé quelques textes qui le prouvent.

- ...le blocus de la faim, condamnant les peuples de l'Allemagne et de l'Autriche à l'extermination. (Ie congrès de l’Internationale Communiste, 1919)

- Maintenant ce n'est pas seulement la paupérisation sociale, mais un appauvrissement physiologique, biologique, qui se présente à nous dans toute sa réalité hideuse. La catastrophe de la guerre impérialiste a balayé de fond en comble toutes les conquêtes des batailles syndicalistes et parlementaires. (id)

- La science industrielle allemande et le taux de production très élevé de la main-d'oeuvre allemande, ces deux facteurs d'une extrême importance pour la renaissance de la vie économique européenne, sont paralysés par les clauses de la paix de Versailles encore plus qu'ils ne l'avaient été par la guerre. L'Entente se trouve devant un dilemme : pour pouvoir exiger le payement il faut donner le moyen de travailler, pour laisser travailler il faut laisser vivre. Et donner à l'Allemagne ruinée, dépecée, exsangue, le moyen de se refaire une vie, c'est lui rendre possible un sursaut de protestation. (IIe congrès de l’Internationale Communiste, 1920)

- C'est en Allemagne que les conséquences en sont les plus terribles. La défaite de l'impérialisme allemand a été en même temps celle du système d'économie capitaliste. En dehors du prolétariat il n'y avait aucune classe qui pût prétendre au pouvoir d'Etat. Le perfectionnement de la technique, le nombre et le niveau intellectuel de la classe ouvrière allemande étaient un sur garant du succès de la révolution sociale. Malheureusement la social-démocratie allemande s'est mise en travers de la voie. Grâce à des manoeuvres compliquées dans lesquelles la ruse se mêle à la bêtise, elle a paralysé l'énergie du prolétariat pour le détourner de la conquête du pouvoir qui était son but naturel et nécessaire.

La social-démocratie s'était évertuée pendant des dizaines d'années à conquérir la confiance des ouvriers, pour, ensuite, au moment décisif, quand le sort de la société bourgeoise était en jeu, mettre toute son autorité au service des exploiteurs.

La trahison du libéralisme et la faillite de la démocratie bourgeoise sont des épisodes insignifiants en comparaison de la trahison monstrueuse des partis socialistes. Le rôle de l'Eglise elle-même, cette station électrique centrale du conservatisme, comme l'a définie Lloyd George, pâlit devant le rôle anti-socialiste de la IIe Internationale. (id)

- Le caractère illusoire de la période de prospérité est surtout évident en Allemagne ; dans un laps de temps pendant lequel les prix se sont élevés en une année et demie au sextuple, la production du pays a continué de baisser très rapidement. La participation, triomphante en apparence, de l'Allemagne au trafic commercial international d'avant-guerre est payée d'un double prix : gaspillage du capital fondamental de la nation (par la destruction de l'appareil de production, de transport et de crédit) et abaissement successif du niveau d'existence de la classe ouvrière. (IIIe congrès de l’Internationale Communiste, 1921)

- Pour restaurer l'économie européenne, en remplacement de l'appareil de production détruit pendant la guerre, une forte création nouvelle de capital serait nécessaire. Cela ne serait possible que si le prolétariat était prêt a travailler davantage dans des conditions d'existence très inférieures. C'est ce que les capitalistes demandent ; c'est ce que lui conseillent les chefs traîtres des Internationale jaunes : d'abord aider à la restauration du capitalisme, ensuite lutter pour l'amélioration de la situation des ouvriers. Mais le prolétariat d'Europe n'est pas prêt à se sacrifice, il réclame une amélioration de ses conditions d'existence, ce qui actuellement est en contradiction absolue avec les possibilités objectives du capitalisme. D'où les grèves et les insurrections sans fin et l'impossibilité de restaurer l'économie européenne. (id)

- L'attaque du gouvernement prussien sous la direction du social-démocrate Severing contre les mineurs de l'Allemagne centrale forme l'introduction à l'offensive générale de la bourgeoisie allemande en vue de la réduction des salaires du prolétariat allemand. (id)

- Tandis que les conférences des Etats de l'Entente se succèdent, la ruine économique de l'Allemagne se poursuit toujours et menace l'existence du capitalisme dans toute l'Europe Centrale.

L'aggravation catastrophique de la situation économique de l'Allemagne contraindra... (IVe congrès de l’Internationale Communiste, 1922)

- Mais la plus forte exploitation du prolétariat allemand, la transformation de l'ouvrier allemand en coolie européen, la misère effrayante où il est plongé par suite du traité de Versailles... (id)

Souvenez-vous de ce que ce militant a écrit : "en 1918 puis en 1923, le prolétariat allemand (...) avait le niveau de vie le plus élevé", incroyable, n'est-ce pas ? C'est dingue ! Au fait, c'est une expression que ma compagne Selvi et sa soeur Adi connaissent par coeur parce que je n'arrête pas de la répéter, c'est fou, c'est dingue, c'est complètement dingue, quel monde de dingues ! Elles sont hyper arriérées, mais je ne les ai jamais traitées de dingues, je ne suis pas con à ce point-là, heureusement !

On va enfoncer le clou. On assume totalement les idées que nous défendons.

L'orientation du mouvement ouvrier est détestable. C'est un lieu commun penseront certains. Si on sait comment cela se caractérise, on ne cherchera pas à en évaluer les conséquences sur l'état d'esprit des travailleurs ou à en comprendre la portée ou la signification politique.

Son orientation est bourgeoise ou plus largement réactionnaire, trade-unioniste ou réformiste tendant au corporatisme, ce que chacun peut constater. Cela n'a aucune importance ou si peu nous disait-on, car cela ne serait que temporaire, sauf que le temporaire a plutôt tendance à durer et à s'incruster dans les esprits apparemment, et tout est fait pour qu'il en soit ainsi.

Par exemple, on vous parle de la retraite ou on vous explique qu'il faudrait y penser sérieusement vers l'adolescence ou dès que vous commencez à travailler... Qu'est-ce que cela signifie, sinon que vous êtes promis à subir l'exploitation ou le capitalisme jusqu'à la fin de vos jours. Et alors ? Vous n'en saisissez pas la portée, vous ne comprenez pas qu'ils y préparent très tôt les travailleurs ou qu'ils façonnent ainsi leur cerveau à s'accommoder du capitalisme, de sorte qu'ils intègreront sa survie dans leur conscience ou que sa survie leur paraîtra tout ce qu'il y a de plus normal, comme si c'était gravé dans le marbre. Partant de là, comment l'idée pourrait-elle germer dans leurs têtes qu'ils devraient s'en débarrasser pour conquérir leur émancipation, puisqu'ils l'ont évacué de leur avenir. C'est aussi une des fonctions des réseaux numériques, les conditionner dès le plus jeune âge pour en faire des esclaves dociles.

Vous pouvez prendre absolument toutes les revendications avancées par le mouvement ouvrier, telles qu'elles sont avancées, elles s'inscrivent toutes dans cette perspective, le capitalisme est éternel.

Il y a pire encore, quand vous affirmez le contraire ou vous combattez cette orientation réactionnaire, on vous traite de gauchiste, d'extrémiste. En fait, la principale fonction du mouvement ouvrier est de préparer les travailleurs a demeuré éternellement sous le joug du capitalisme ou du règne de l'exploitation de l'homme par l'homme qui coïnciderait finalement avec son destin.

Partant de là, tout besoin ou tout droit, tout acquis ou toute conquête sociale, bref, toute revendication sociale incompatible avec la survie du capitalisme doit être écartée ou décrétée hors la loi. On en arrive à se dire que les choses sont comme elles sont et qu'on y peut rien, que ce qui se passe est normal, c'est la banalisation de l'exploitation et de l'oppression, c'est dans cette perspective que s'inscrit le mouvement ouvrier, qui refuse obstinément de lier les revendications sociales à la nécessité d'en finir avec le capitalisme.

Même sur le terrain psychologique, le mouvement ouvrier se situe au côté des capitalistes contre les travailleurs. Voilà ce que cela signifie, parce qu'il l'est également sur le plan idéologique, le mouvement ouvrier est essentiellement contre-révolutionnaire, antisocialiste, c'est sa manière d'être apolitique... c'est ce qui l'a amené à appeler à voter pour Macron !

Avec un fondement aussi pourri, on ne voit pas trop ce qu'il y aurait lieu sérieusement d'en espérer tant que cette orientation s'imposera.

On se plaint que la situation serait inextricable, mais je me demande si parfois cela n'arrangerait pas certains, ceux précisément qui refusent d'y réfléchir. Nous ne faisons le procès de personne, on essaie seulement de comprendre pour aller de l'avant, vers le socialisme.

Parole d'internaute

1- "C’est un effet du conditionnement collectif qui fait qu’une info ” officielle” du système dominant est à priori vraie alors qu’une info non officielle qui la contredit est à priori suspecte.

Une info critique non officielle n’est prise en compte que par une petite minorité de l’opinion sensibilisée à l’esprit critique exacerbé en quête d’informations.

La très grande majorité de l’opinion reçoit l’information passivement comme un bruit de fond qui l’interpelle à l’occasion, étant essentiellement préoccupée par les questions professionnelles, familiales, privées. Il faut avoir une curiosité pour la chose politique, y être sensibilisé pour entreprendre une démarche active à la recherche de l’information et ce n’est que dans cet état d’esprit qu’il y a tentation à ” vouloir en savoir plus ” et donc entreprendre la recherche d’infos supplémentaires à la marge.

La force de tous les systèmes en place est de s’abriter derrière ce fond d’indifférence collective particulièrement efficace lorsqu’ils contrôlent l’essentiel des médias chargés d’entretenir ce bruit de fond conformiste qui baigne l’opinion."

LVOG - Vous avez raison, leur guerre idéologique et psychologique par médias interposés s'avère particulièrement pernicieuse et efficace, mais elle ne le demeurera pas indéfiniment... Mais ce serait commettre une erreur fatale de croire que seule la régression des conditions objectives suffira pour vaincre notre ennemi, elles peuvent être la condition de l'engagement du combat classe contre classe, mais elle ne détermine en rien son issue si simultanément la classe ouvrière ne parvient pas à élever son niveau de conscience à celui des tâches qu'elle a à accomplir, et donc à s'organiser...

2- "Le moteur des guerres en général et notamment celles menées par les USA ont pour origine un petit groupe d’individus associées pour leurs profits et agissant derrière le pouvoir politique : l’État profond. (nous avons le même dispositif mafieux en France)

Par ailleurs ces personnages n’ont aucune considération pour la race humaine et toute vie hormis leur propre personne.

Partant de ce constat aucune autre considération, que ce soit l’intérêt général ou une éthique n’entre en compte. Nous devons considérer que toutes action extrême impensable pour un citoyen, toute tromperie, assassinats, tueries…sont dans l’arsenal normal du système."

LVOG - En effet notre ennemi est déterminé et cynique, c'est ce qui fait sa force, et notre faiblesse vient du fait que sous l'influence de la morale bourgeoise qui a été spécialement conçue pour nous maintenir en servitude éternellement, on est incapable de l'imiter...




ACTUALITÉ DU JOUR

L'UE : C'est le national-socialisme.

Qui a dit ?

- " Les marchés vont apprendre aux Italiens à bien voter ".

Réponse : Propos du commissaire européen au Budget et aux Ressources humaines, Günther Oettinge, dans le cadre d'une interview réalisée à Strasbourg, diffusée mardi soir sur la chaîne allemande DW. atlantico.fr 29.05

Palestine occupée.

LVOG - Tsahal, le Mossad et le gouvernement israélien n'ont rien à envier en effet aux SS en exécutant des hommes, femmes et enfants désarmés à Gaza.

Franceinfo - Manifestation anti-Macron : une organisation juive porte plainte après l'exhibition d'une pancarte représentant le président en SS avec un brassard israélien - franceinfo 29.05

"Les (…) porteurs de cette pancarte instillent un antisémitisme patent par cet odieux amalgame", indique l'avocat du BNVCA, Charles Baccouche, dans sa plainte. franceinfo 29.05

- Washington mettra son veto sur la protection des Palestiniens - L'Express.fr1 juin 2018

Les États-Unis vont poser un "veto certain" au texte réclamant la protection des Palestiniens à Gaza et en Cisjordanie. Le projet de résolution, présenté par le Koweït devant le Conseil de sécurité des Nations Unies, devait être voté jeudi mais celui-ci a été repoussé à vendredi, à 19 heures GMT.

L'ambassadrice américaine à l'ONU, Nikki Haley, a décrit le texte du Koweït, qui représente les pays arabes au Conseil de sécurité, comme une "approche largement unilatérale qui est moralement décadente et ne servirait qu'à saper les efforts de paix en cours entre les Israéliens et les Palestiniens". L'Express.fr1 juin 2018

Ils ont du mal à contenir leur haine des pauvres, des exploités...

Il y a trop de travailleurs qui dépendent des aides sociales pour survivre : Dehors Macron et Darmanin !

- Aides sociales «Il y en a trop», selon Gérald Darmanin - Liberation.fr

Ils en parlent comme si c'était déjà acquis.

- Par points ou «à la suédoise» : à quoi ressemblera notre prochain système de retraite ? Liberation.fr 31 mai 2018

Lancé ce jeudi, la réforme des retraites promise par Macron devrait bouleverser notre système actuel. Liberation.fr 31 mai 2018

En famille. Quand les monarchies sont Gafa.

- UE: Les pays nordiques opposés à la taxation des Gafa - Reuters1 juin 2018

Les ministres des Finances des trois pays nordiques de l'Union européenne ont exprimé vendredi leur opposition au projet de taxation des géants du numérique présenté par la Commission européenne, estimant qu'il risquait de nuire à l'économie européenne.

Leur position pourrait affaiblir encore le plan présenté en mars, qui a déjà été critiqué par de petits Etats membres de l'UE et n'a reçu qu'un accueil mitigé à Berlin.

"Une taxe sur les services numériques s'écarterait des principes fondamentaux de l'impôt en ne s'appliquant qu'au chiffre d'affaires, sans prendre en compte le fait de savoir si le contribuable réalise un bénéfice ou non", écrivent la ministre suédoise des Finances Magdalena Andersson et ses collègues du Danemark et de la Finlande, Kristian Jensen et Petteri Orpo, dans un communiqué commun.

L'exécutif européen a proposé le 21 mars d'instaurer une taxe transitoire de 3% sur le chiffre d'affaires des groupes emblématiques du numérique, en premier lieu les "Gafa" (Google, Apple, Facebook et Amazon), accusés de profiter des disparités d'un système fiscal inadapté qui leur permet de transférer leurs profits vers des Etats membres à la fiscalité avantageuse comme le Luxembourg ou l'Irlande.

Pour les pays nordiques, la taxe proposée jouerait contre les intérêts de l'Europe en compliquant la coopération internationale en matière de fiscalité et en risquant de déclencher des mesures de représailles des partenaires de l'UE.

Ils se prononcent en faveur d'une réforme de la taxation des grands groupes numériques mais demandent qu'elle soit débattue au niveau de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), forum traditionnel pour les discussions internationales sur la fiscalité.

La Commission européenne est favorable à une action au niveau international mais, notant que la réflexion est toujours très longue sur ces sujets, propose une taxe transitoire. Reuters1 juin 2018

MH17. C'était une fake news !

- No convincing proof of Russia's role in MH17 tragedy obtained so far — Malaysian minister - tass.com June 01

There is no conclusive proof of Russia’s responsibility for the crash of flight MH17 in eastern Ukraine in July 2014, Channel News Asia said on Thursday quoting Malaysian Transport Minister Anthony Loke.

"There is no conclusive evidence to point at Russia under the JIT [Joint Investigative Team] evidence," he said when a reporter asked him about the JIT findings. "But who's responsible - you can't just pinpoint at Russia." tass.com June 01

Traduction : Il n'existe pas de preuves suffisantes pour affirmer que la Russie serait responsable du crash du vol MH17 en Ukraine en juillet 2014 a affirmé à News Asia, mardi, le ministre des Transport malaysien, Anthony Loke.




INFOS EN BREF

POLITIQUE

Italie.

- Les populistes s'installent au pouvoir en Italie - AFP 1 juin 2018

Le premier gouvernement d'alliance entre un jeune mouvement populiste et un parti d'extrême droite doit prêter serment vendredi après-midi à Rome, sous la direction de Giuseppe Conte, un juriste complètement novice en politique qui a promis une politique anti-austérité et sécuritaire.

Après près de trois mois de tractations et de rebondissements inédits même pour un pays rompu aux crises politiques, le Mouvement 5 étoiles (M5S, antisystème) et la Ligue (extrême droite) ont trouvé un compromis avec le président Sergio Mattarella qui exigeait des garanties sur le maintien de l'Italie dans la zone euro.

Le président avait opposé un veto spectaculaire à une première liste dimanche soir. Mais jeudi soir, il a signé avec un soulagement visible une liste amendée de ministres qui doivent prêter serment à 16h00 (14h00 GMT) et demander la confiance du Parlement en début de semaine prochaine.

C'est donc M. Conte, un professeur de droit et avocat de 53 ans totalement inconnu quand il a été choisi il y a 15 jours par le M5S et la Ligue, qui sera assis à côté de M. Mattarella samedi pour la parade militaire de la fête nationale.

Et lui qui assurait encore son cours à l'université de Florence jeudi matin représentera l'Italie la semaine prochaine au sommet du G7 au Canada.

Luigi Di Maio, chef de file du M5S, et Matteo Salvini, patron de la Ligue, sont désormais vice-Premiers ministres, le premier chargé du Développement économique et du Travail, et le second de l'Intérieur.

Le très sensible ministère de l'Economie et des Finances revient à Giovanni Tria, un professeur d'économie politique proche des idées de la Ligue en matière fiscale mais favorable au maintien de l'Italie dans l'euro.

Au départ pressenti pour ce poste, Paolo Savona, l'économiste de 81 ans qui considère l'euro comme "une prison allemande", devient ministre des Affaires européennes.

Il sera flanqué du très européen Enzo Moavero Milanesi, qui a travaillé pendant 20 ans à Bruxelles et a été ministre des Affaires européennes de Mario Monti et d'Enrico Letta (2011-2014), qui devient ministre des Affaires étrangères.

Au final, une équipe resserrée de 18 ministres, dont seulement cinq femmes, qui place quasiment à égalité les deux alliés, même si la Ligue n'a obtenu que 17% des voix aux élections législatives du 4 mars, contre plus de 32% pour le M5S.

Très fébriles ces dernières semaines, les marchés financiers ont salué la fin de l'incertitude vendredi matin: la Bourse de Milan a ouvert en hausse de plus de 2% et le "spread", l'écart entre les taux d'emprunt allemand et italien à 10 ans qui s'était envolé au-dessus des 300 points en début de semaine, baissait encore pour passer sous les 225 points.

Les investisseurs jugent le programme des deux alliés dangereux pour les comptes publics italiens, mais beaucoup redoutaient encore plus un éventuel retour aux urnes dans les prochains mois.

Nous allons travailler avec intensité pour réaliser les objectifs politiques que nous avons annoncés dans le contrat de gouvernement. Nous travaillerons avec détermination, pour améliorer la qualité de vie de tous les Italiens", a promis M. Conte jeudi soir après avoir présenté son équipe.

Ce "contrat de gouvernement", négocié pendant 10 jours et dévoilé il y a deux semaines, tourne résolument le dos à l'austérité et aux "diktats" de Bruxelles, pariant sur une politique de croissance économique pour réduire la colossale dette publique italienne.

Il promet un abaissement de l'âge de la retraite, des baisses d'impôts draconiennes -- cheval de bataille de la Ligue -- et l'instauration d'un "revenu de citoyenneté" de 780 euros par mois -- promesse phare du M5S.

Synthèse de deux philosophies politiques, il présente aussi bien la rhétorique du M5S sur l'environnement, les nouvelles technologies ou la moralisation de la vie publique que le tour de vis sécuritaire, anti-immigrés et anti-islam de la Ligue, alliée en Europe du Front national (FN) français. AFP1 juin 2018

Pour qui va gouverner cette coalition d'extrême droite : Pour le compte de l'oligarchie, de l'impérialisme américain ou l'UE.

Nicaragua

- Nicaragua: la population terrifiée par la violence de la répression - AFP 1 juin 2018

"On n'entendait plus que les tirs, c'était la panique, on se serait cru en guerre", raconte, encore terrifiée, Julieth Hernandez, une habitante de Managua qui a vécu cette semaine un des affrontements de rue les plus sanglants depuis le début des manifestations contre le président sandiniste... AFP 1 juin 2018


Le 29 mai 2018

CAUSERIE ET INFOS

45°C à l'ombre à 15 heures à Trichitrumbalum, à 10 kilomètres de Pondichéry, Inde du Sud, un record ! J'ai du mérite d'actualiser le site, sans climatisation, n'est-ce pas ? Et le ciel est désespérément bleu azur et dégagé, quelle horreur, quelle vie quand même, et dire qu'on se plaint encore, c'est une honte !

Je déconne, car en réalité je ne suis pas fier, car je sais qu'on risque de se taper un gros orage et des pluies torrentielles d'ici peu, un truc genre cyclone tropical, avec comme toujours quelques dégâts matériels et d'autres désagréments, genre coupure de courant, donc il faut penser à tout en prévision, remplir le réservoir d'eau, faire des courses, etc. Mais on peut aussi être épargné comme les quatre dernières années, cela dit je n'irai pas jusqu'à avoir une confiance aveugle dans la justice de la nature, pas plus que dans celle des hommes d'ailleurs, vous en êtes témoins, n'est-ce pas ?

Peu importe, j'ai eu des nouvelles de ma fille et de ma petite-fille, je suis un père, un grand-père comblé !

Comment, vous me preniez pour quelqu'un d'aigri, belliqueux, triste, mais je suis exactement le contraire, voyons. Sans déconner, j'ai vraiment tout ce qui me faut pour finir mes jours heureux, dans tous les domaines je suis comblé.

Vous me direz qu'il me manque tout de même le terrain pour militer. Certes, cet inconvénient pourrait être comblé en partie si j'entretenais une correspondance sérieuse ou suivi avec quelques militants ou dirigeants, mais ils n'y tiennent pas, apparemment ils ont mieux à faire,, alors qu'il en soit ainsi, je ne vais pas me morfondre pour autant. Et puis, je crois que je ne me débrouille pas si mal pour faire les questions et les réponses, n'est-ce pas ?

Cela me force à réfléchir davantage, c'est épuisant à la longue quand on a une petite tête, aussi je vais ralentir la cadence pour me consacrer à autres choses, j'ai encore des travaux à faire chez moi par exemple...

Et puis, souvenez-vous de ce je vous avait dit, à savoir qu'on en avait pour au moins un demi-siècle de réaction sur toute la ligne comme on était barré, très mal barré, donc ce n'est pas moi qui vais y changer quoi que ce soit, non, je ne suis pas non plus un mégalomane, cessez de vous méprendre sur les gens, vous vous en porterez mieux et votre entourage également, si je peux me permettre une remarque personnelle.

Causerie au format pdf (16 pages)

En cale sèche ou à marée basse, en marche vers le totalitarisme.

Polémique pitoyable. Ce qui est en cause : leur analyse foireuse des rapports entre les classes.

60 partis, syndicats et associations pour quelques dizaines de milliers de manifestants un samedi à Paris, c'est misérable. Mélenchon a accusé le "parti médiatique" de faire dans "la désinformation" en minimisant le nombre de manifestants, alors qu'il s'est livré au même exercice en tirant un bilan "fécond" de la mobilisation de samedi. (Source : AFP 27.05)

Cela montre aussi que les organisateurs n'étaient même pas foutus de mobiliser leurs propres troupes, ce dont ils se foutent bien, à vrai dire ils en sont même soulagés.

On n'arrête pas de nous raconter des histoires depuis des décennies et des décennies et on baigne en pleine imposture, maintenant l'heure est d'en subir les conséquences et de régler nos comptes. C'est à se demander si un de ces partis ou syndicats mérite encore d'exister puisqu'aucun n'a de légitimité selon les travailleurs.

On nous avait dit que le problème résidait dans l'unité, la preuve est faite que non. Maintenant ils vont nous sortir que c'était dû à l'orientation et aux mots d'ordre qui n'étaient pas corrects ou adaptés à la situation... Foutaise, ils l'auraient été et le nombre de participants à ces manifestations aurait été encore inférieur. Comment puis-je être aussi affirmatif ? Mais parce que dans le cas contraire, cela signifierait que les conditions seraient remplies pour qu'un puissant parti ouvrier existe, or chacun sait qu'il n'existe pas.

Quel enseignement politique en tirer ? Aucun comme d'habitude du côté de nos dirigeants puisqu'ils en sont responsables. En fait, cela confirme l'analyse politique que j'ai proposée et que tous rejettent, à savoir qu'une condition déterminante au moins n'est pas remplie : Les masses ignorent que leur interprétation de leur condition est erronée, par conséquent leur mode de vie relativement confortable par rapport à ce qu'il fut autrefois ou il est ailleurs dans le monde, constitue le principal obstacle qui les empêche d'acquérir un niveau de conscience politique supérieur. Au lieu de servir de point d'appui pour mener à son terme leur lutte de classe et s'emparer du pouvoir, il a agi au contraire comme un puissant facteur qui les a solidement enchaînés au capitalisme, du coup ils ne sont pas en mesure de trouver la voie qui leur permettrait de l'affronter ou de prendre conscience qu'il existe une issue politique à la crise du capitalisme.

Et le pire reste à venir, car c'est sur ce puissant facteur de corruption des esprits que s'appuie l'oligarchie pour mener toutes ses guerres, liquider tous nos acquis sociaux et politiques, disloquer le mouvement ouvrier, briser toute résistance, appliquer sa stratégie pour instaurer un nouvel ordre mondial.

L'état d'esprit des travailleurs doit être à peu près celui-là : On arrive tout de même encore à s'en sortir, et on se moque bien de savoir de quelle manière, même si ce n'est pas toujours très propre ou certains n'ont pas cette chance, on y est pour rien, donc il n'y a pas de quoi s'en faire outre mesure, d'où leur passivité. Dit autrement, à quel prix ou comment ils s'en sortent, ils s'en foutent, comme ils se foutent des conséquences qui en découlent. Ils sont engagés dans un processus d'aliénation totale dont ils sont les principaux acteurs ou les principales victimes, qui est en train de les transformer en mutants avant de devenir des zombis, ils y participent comme on part à la guerre la fleur au fusil, courant ainsi à leur perte ou s'éloignant un peu plus chaque jour de l'opportunité qui leur était offerte de conquérir leur émancipation.

Quand on en a conscience, il y a quoi être effrayé en observant que cette terrifiante perspective est en train de se réaliser, car cette orientation condamne la civilisation humaine à la barbarie ou à disparaître, ce qui revient au même.

Vous vivez en France, sortez-en, oxygénez-vous un peu le cerveau, voyez ce qui se passe dans tous les grands pays ou les plus puissants, vous observerez qu'à bien des égards la situation des travailleurs et tous les rapports sont mille fois pire qu'en France, la société est encore plus pourrie, pire encore, sans que se dessine à l'horizon le moindre espoir de changement ou de jours meilleurs, s'il existe, c'est à l'état de trace infime, au-delà règne une confusion inextricable, dont on ne voit ni comment ni quand elle pourrait disparaître, parce que les travailleurs ont abandonné l'idée de vivre un jour dans un monde meilleur. Cette idée ne leur effleure même pas l'esprit ou avant même qu'elle ne commence à éclore, elle s'évanouit sous le poids des contraintes ou des difficultés qui les écrasent et découragent les plus déterminés, avant de les corrompre à leur tour.

C'est un peu comme s'il n'existait qu'une seule interprétation possible du monde dans lequel nous vivons, celle que nous sert l'oligarchie et ses représentants, et que tous l'avaient adoptée.

Tout semble indiquer qu'on se dirige vers un monde qui pourrait ressembler à celui qu'a décrit Thierry Meyssan récemment ou George Orwell, où les superpuissances se partageraient le monde, leurs peuples étant soumis à des régimes totalitaires ou réduits à l'état de zombie, tandis que le reste du monde qui leur servirait à s'approvisionner en matières premières, serait livré au chaos et à un état de guerre perpétuelle.

Pendant qu'on y est, on va tordre le cou à une autre idée obsolète de nos jours. Autrefois les conditions n'étaient pas remplies pour que les différents impérialistes constituent une sorte d'hyper impérialisme. De nos jours non plus, à ceci près que depuis qu'ils possèdent tous des armes nucléaires, ils ne peuvent plus envisager une confrontation armée directe qui les anéantirait réciproquement, donc ils ont dû se résoudre à se faire la guerre d'une autre manière (guerre hybride, de basse intensité, etc.) ou sur d'autres terrains, sans que l'un ou l'autre ne puisse l'emporter. Par conséquent, ils ont été contraints de s'entendre au moins sur ce plan-là.

Si cette entente informelle se substitue à cet hyper impérialisme sans pour autant constituer une unité organique ou sans en épouser la forme, en revanche elle assume les mêmes fonctions pour maintenir indéfiniment en servitude tous les peuples, en justifiant un état de guerre permanent avec toutes les implications que cela comporte en matière de lois liberticides, surveillance ou contrôle de la population, suppression des libertés individuelles et collectives, et restriction de l'accès à certains biens ou services dans le cadre de régimes totalitaires.

Francetvinfo - Plus d'une soixantaine d'associations, de partis politiques et de syndicats appelaient à manifester samedi 25 mai, partout en France. Les organisateurs de cette "Marée populaire" évoquent 250 000 participants, alors que le ministère de l'Intérieur avance le nombre de 93 000 manifestants. Dans le Journal du dimanche, le Premier ministre Edouard Philippe ironise et parle d'une mobilisation avec "un petit coefficient de marée".

A l'arrivée du cortège, place de la Bastille, les militants voulaient savoir. Les chiffres de la police et des médias les font tiquer, mais ils le reconnaissent : même ceux des organisateurs sont décevants. "Les gens sont tous pris par leurs problèmes, on les effraie facilement avec une soi-disant violence", affirme l'un d'eux. "80 000 ou 100 000, je n'irais pas discuter. Mais ce qui est certain, c'est qu'aujourd'hui, il y a des gens qui sont descendus dans la rue et qui sont de plus en plus déterminés", affirme un autre. francetvinfo.fr 27.05

Je suis désolé d'avoir eu raison une fois de plus. J'avais annoncé que cela allait être un bardoud d'honneur...

AFP - Jean-Luc Mélenchon, qui n'avait de cesse depuis des mois de mettre à distance la "vieille gauche" en "décomposition", appelle désormais au "dialogue" au sein de la "mouvance progressiste". AFP 26.05

Et Mélenchon en profite pour virer encore plus à droite, c'était prévisible chez cet affairiste. Vous contestez cette caractérisation ? Voilà sur quoi elle repose notamment.

AFP - Sur le fond, le député des Bouches-du-Rhône et ancien eurodéputé s'efforce de polir son discours européen. "Nous allons envoyer le signal dynamisant d'une alternative européenne crédible", affirme-t-il, en rappelant que la France insoumise est "partie prenante et fondatrice d'une coalition européenne qui s'appelle +Maintenant, le peuple+" avec les Espagnols de Podemos et le Bloco portugais. AFP 26.05

Ou encore.

AFP - Défendant comme Jean-Luc Mélenchon l'idée d'un "Front populaire", le député de la Somme (Ruffin -ndlr)) souligne qu'il ne pourra advenir que s'il est acté que "le centre de gravité de la gauche a basculé (du Parti socialiste) vers la France insoumise". Les élections européennes seront, selon lui, un "marqueur" de ce basculement. AFP 26.05

Non , vous ne rêvez pas, les élections européennes enregistrent des taux d'abstention records et il persiste à légitimer l'UE, il appelle les masses à un raz de marée populaire auquel elles ne répondent pas, pour se rabattre sur le Front populaire, l'antichambre du fascisme ou de la guerre.

Méthode Coué ou autosatisfaction.

- 26 mai: "la marée fera des petits", estime Mélenchon, qui dénonce la "désinformation" - AFP 27 mai 2018

La députée LFI Clémentine Autain a salué sur BFMTV "une mobilisation qui passe un cap formidable", évoquant un rassemblement au "caractère inédit", "des colères qui ont convergé", "des passerelles jetées entre le mouvement social, les forces politiques, le mouvement associatif, le soutien d'intellectuels et d'artistes". AFP 27 mai 2018

Le travailleur le plus privilégié, qu'il appartienne à la classe ouvrière ou aux classes moyennes, a de bonnes raisons de honnir Macron et son gouvernement, le monde dans lequel nous vivons, mais cela n'en fait pas pour autant un opposant résolu à rompre avec le régime ou la Ve République.

Ces gens-là pratiquent l'entre-soi, ils s'écoutent parler, ils ont les yeux rivés sur l'agenda électoral, et le reste du temps les médias leur servent gracieusement de porte-voix de manière à ce que leurs discours parviennent à ceux qu'ils ne peuvent pas atteindre... et tombent dans les oubliettes. Ils n'ont jamais convaincu qui que ce soit de quoi que ce soit qui ne l'était pas déjà auparavant, peu importe, l'illusion d'un instant leur suffit.

Après le coup d'Etat de Macron qui entend mener à son terme la transformation de la société selon les principes adoptés par le néolibéralisme, il est devenu clair pour tout le monde que toute réforme sociale ou progressiste, toute expression de la démocratie est incompatible avec le maintien en place du régime capitaliste et ses institutions, dès lors elles doivent être liées à la nécessité de les abolir et de chasser Macron du pouvoir.

C'est la question du pouvoir, de l'Etat, du type de régime qui est dorénavant posée. Dans quel discours des dirigeants de LFI cela figure-t-il sans ambiguïté ? Nulle part, puisque finalement ils s'emploient à légitimer l'ordre établi.

Extraits de l'entretien que Mélenchon a donné à Libération. (liberation.fr 25.05)

Mélenchon - "La réalité globale, c’est que la France est en ébullition."

LVOG - Mais apparemment il y a une soupape de sécurité qui empêche la cocotte-minute d'exploser...

Dans une multitude de pays dans le monde c'est le cas, en Grèce, en Grande-Bretagne, en Italie, en Espagne, en Turquie ou encore aux Etats-Unis, sans parler de la quasi totalité des pays en Afrique, au Moyen et Proche-Orient, dans de nombreux pays en Asie, au Bangladesh, au Pakistan, etc.

Mélenchon - "ce monde est pourri. Et (...) ses valeurs ne valent pas la peine d’être vécues."

LVOG - Ni d'être défendues... Le discours en apparence radical de cet illusionniste ne sert qu'à masquer ses contradictions, son refus d'affronter le régime.

Mélenchon - "la violence n’a aucune efficacité dans l’action révolutionnaire. Nulle part dans le monde, la violence n’a donné un résultat pour nous."

LVOG - Pas même en 1871 ou en 1917... En certaines circonstances, face à la violence, celui qui ne se résout pas à y recourir est voué à la subir ou capitule honteusement. C'est le cas de Mélenchon qui annonce la couleur avant même tout affrontement direct entre les classes. Quand le régime est menacé, la classe dominante recourt à la violence pour le défendre les armes à la main, donc pour la chasser du pouvoir et s'emparer du pouvoir, il n'existe pas d'autre alternative que l'imiter en prenant les armes.

Mélenchon - Notre stratégie révolutionnaire, c’est la révolution citoyenne par la Constituante. La seule voie vers le pouvoir, c’est l’élection ?

Je n’en vois pas d’autres : je suis fondamentalement républicain.

LVOG - Un républicain bourgeois adepte du parlementarisme, merci on avait compris ! Jamais dans aucun pays du monde dans le passé les travailleurs ne se sont emparés du pouvoir politique par les urnes, jamais il ne s'est produit un changement de régime après des élections, ce qui signifie que ce n'est pas son objectif.

Mélenchon - "Nous allons envoyer le signal dynamisant d’une alternative européenne crédible. La France insoumise est partie prenante et fondatrice d’une coalition européenne qui s’appelle «Maintenant, le peuple». Les Espagnols de Podemos et le Bloco portugais, des partis à plus de 10 %, sont les premiers participants. Nous comptons sur l’arrivée de formations scandinaves et la discussion est en cours avec Die Linke du Luxembourg, les Irlandais du Sinn Féin et des Hollandais.

LVOG - Que des partis bourgeois ou pro capitalistes, pro-UE, pro-ONU, pro-Otan, pro-FMI, pro-Banque mondiale, etc. qui parfois ont gouverné ou gouvernent encore localement avec la social-démocratie dégénérée, Die Linke par exemple, ce qui signifie que Mélenchon ferait la même politique.

Mélenchon - Le changement des institutions. C’est le cœur de notre stratégie révolutionnaire. Pour défendre la démocratie parlementaire contre la monarchie présidentielle, une convergence extrêmement large est possible. Une nouvelle fois, le front populaire des partis, syndicats et associations sera nécessaire.

LVOG - En guise de "changement des institutions", il s'agirait plutôt d'un ravalement de façade. Il entend "défendre la démocratie parlementaire", autrement dit le parlementarisme bourgeois qu'incarne les institutions de la Ve République. Il estime donc que le régime est démocratique, ce que ne peut pas être non plus le front populaire puisque c'est une coalition comprenant un ou des partis bourgeois. Vous voyez des partis bourgeois remettre en cause le régime, le menacer, bien sûr que non, c'est de la pure démagogie.

Libération - Cinquante ans après Mai 68, qu’en reste-t-il au lycéen que vous étiez ?

Mélenchon - Au début de ma vie politique, dans le Jura, j’ai 16 ans et je monte sur des tables pour haranguer mes camarades. J’ai été trotskiste [militant à l’OCI de 1972 à 1975] mais j’ai été radié. Ils me reprochaient de tout mélanger : le parti, le mouvement et les syndicats. Ils avaient raison ! Pour moi, ce sont des états différents de la température de conscience et non pas des cases étanches, comme ils les aiment toujours. Eux croient à l’avant-garde révolutionnaire, pas moi ! Ils ne croient pas à l’auto-organisation du mouvement populaire, moi si ! Et cela, je l’ai appris en Mai 68. J’y suis fidèle.

LVOG - Mai 68, quelle horreur, c'était demeurer "fidèle" au régime, ce que confirmera avec éclat les élections de 1969 ! Il y a du vrai dans sa critique, mais il confond tout, "l’auto-organisation du mouvement populaire" pas plus que le front populaire ou la "révolution citoyenne" n'a jamais permis aux travailleurs d'un pays de prendre le pouvoir, pas même en 1905 en Russie. En revanche, une "avant-garde révolutionnaire" profondément enracinée dans les masses était parvenue à prendre le pouvoir par une révolution dans la rue et non dans les urnes en 1917 en Russie jusqu'en 1923-24, en s'appuyant sur "l’auto-organisation du mouvement populaire", les soviets ou comités.

Quand le tsar fut chassé du pouvoir en février 1917, c'est un front populaire qui prit le relais. Jusqu'à sa chute, il refusera obstinément d'exproprier les propriétaires fonciers et les capitalistes, et estimant que les masses n'étaient pas prêtes pour la démocratie, il décida que c'était au tour de la bourgeoisie de gouverner. Le parti de l'avant-garde, le parti bolchevik de Lénine et Trotsky s'y opposa et n'y participa pas. Il convainquit et conquit les masses ou la majorité des soviets, ce qui permit de mener à son terme la révolution prolétarienne, tout en liquidant ce qui restait des institutions bourgeoises ou de l'Ancien Régime, dont l'Assemblée constituante qui servait de repère à la réaction et à ses complices pour mener la guérilla contre le gouvernement ouvrier révolutionnaire, le nouvel Etat ouvrier, socialiste.

C'est cette avant-garde organisée qui nous fait si cruellement défaut aujourd'hui et dont Mélenchon ne veut pas entendre parler, ce qui se comprend très bien, puisqu'il ne partage pas ses objectifs politiques, dont l'abolition du capitalisme et ses institutions.

Mélenchon oppose l'avant-garde consciente du processus historique inconscient à "l’auto-organisation du mouvement populaire", alors que nous considérons qu'ils sont complémentaires, et contrairement à lui, nous avons retenu la leçon que si l'avant-garde ne pouvait pas se substituer à l'organisation indépendante des masses, cette dernière ne pouvait pas non plus se substituer au parti ouvrier révolutionnaire. Mieux, l'organisation indépendante des masses était vouée à l'échec si l'avant-garde n'avait pas conquis la confiance et la direction des masses pour orienter leur combat, parce que seules les masses ne peuvent pas atteindre le niveau de conscience politique requis pour prendre le pouvoir et le conserver ni aucun autre acteur, sinon cela se saurait et nous n'en serions pas là aujourd'hui

Le discours (et le programme) de Mélenchon est un tissu de confusions et de contradictions, de mensonges et de vérités ou en permanence il tient un double langage, l'oeuvre d'un faussaire ou d'un aventurier qui cherche à tout prix à se concilier les tenants du régime en place, qui de leur côté ont parfaitement compris qu'il ne constituerait pas une réelle menace pour le régime.

Pour en revenir à la situation sociale et politique, deux choses font défaut à l'heure actuelle pour envisager une issue politique favorable aux travailleurs ou avancer dans cette voie.

L'avant-garde qui est disloquée ou demeure trop faible, pour n'avoir pas su encore tirer toutes les leçons de la lutte de classes depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, rectifier la multitude d'erreurs qu'elle a commises, elle en est encore à refuser de l'admettre, ce qui signifie que cette question est loin d'être réglée, hélas !

Et l'élévation du niveau de la conscience des masses pour qu'elles modifient leur orientation politique ou envisagent la rupture avec le capitalisme et ses institutions ou qu'il existe une alternative au capitalisme, de sorte que l'attention qu'elles porteraient au discours de l'avant-garde s'en trouverait modifiée, ainsi que leurs rapports qui favoriseraient la construction d'un parti ouvrier révolutionnaire, qui de ce fait pourrait enfin assumer son rôle au sein du mouvement ouvrier et de tous les organismes politiques indépendants que les masses créeraient au cours de la lutte de classe et du processus révolutionnaire, pour en conquérir la direction et les porter au pouvoir à l'issue d'un soulèvement révolutionnaire.

L'alliance de l'avant-garde consciente, socialiste, révolutionnaire, avec les masses, c'est la combinaison gagnante, toute autre combinaison s'est toujours avérée perdante, il n'existe aucune exception.

Dès lors la question qui est posée à chaque militant ou travailleur est simple : Souhaitez-vous faire partie indéfiniment des perdants avec Mélenchon et consorts, ou préférez-vous vous tourner vers l'avant garde qui malgré ses faiblesses incarnent le camp des gagnants ?

Si vous décidez de vous tourner vers l'avant-garde, vous pouvez prendre contact ou rejoindre le POID qui est le parti qui l'incarne le mieux à l'heure actuelle ou le Mouvement pour la rupture avec la Ve République et l'UE dont il est à l'initiative.

Ne vous hâtez pas de rejeter cette proposition, ne commettez pas cette erreur, faites preuve de mesure ou de discernement, car vous devez savoir que s'il disparaissait, il n'existerait plus aucun parti en France pour incarner l'avant-garde, dans ce cas-là puisque la jonction entre un mouvement populaire et l'avant-garde deviendrait impossible, cela signifierait que la société (et le reste du monde, oui, rien de moins il faut en avoir conscience) s'enfoncerait inexorablement dans la barbarie, à l'instar des Etats-Unis, est-ce ce que vous souhaitez pour vous, vos enfants ou petits-enfants, réfléchissez bien avant de prendre votre décision.

N'allez pas imaginer que je vous raconterais des histoires ou que je chercherais à vous influencer, est-ce dans mes habitudes, franchement. Non, je joue cartes sur table avec vous. En Italie aussi il a existé de puissants partis ouvriers, un puissant parti socialiste, un puissant parti communiste, ils ont trahi, il a également existé une puissante avant-garde au sein du mouvement ouvrier qui hélas s'est fourvoyée, depuis ils ont tous disparu, et vous avez observé ce qu'ils ont récolté. Vous pouvez faire le même constat ailleurs. Ne perdez pas de vue non plus qu'aucun gouvernement en Europe ou dans le monde n'a rompu avec le régime néonazi en place en Ukraine ou d'extrême droite en Israël, aux Etats-Unis...

Macron n'est qu'un avant-goût de ce qui vous attend si vous ne réagissez pas maintenant, car plus tard il sera trop tard.

Tous les mouvements ou coalitions qui se sont constitués sur les cendres des PS et PC n'ont eu pour fonction qu'empêcher la jonction de la classe ouvrière avec les classes moyennes, qu'empêcher que leurs éléments les plus avancer se rassemblent dans un parti révolutionnaire.

Ces mouvements ou coalitions n'ont été que les avatars populistes de ces partis, au point de frayer la voie à l'extrême droite qui incarne le populisme par excellence, dépouillée de ces complexes. Et qu'ont-ils fait croire ces mouvements ou coalitions de partis, sinon que le capitalisme était réformable, alors qu'il ne l'est pas. Quel discours sur le fond tient l'extrême droite ? Le même. Et Macron ne dit pas autre chose.

Il y a quelque chose qui caractérise tous ces dirigeants ou partis : l'imposture permanent et un cynisme sans fond, qui unit engendrent des monstres d'inhumanité, ce qu'ils s'emploient à démontrer quand on les observe attentivement ou qu'on a un peu de mémoire.

Leurs discours sont faits pour flatter les ignorants afin de les tromper, malheur à ceux qui ont la faiblesse de ne pas en tenir compte ou qui leur trouvent des qualités !

Allez, Mélenchon en a rajouté une grosse couche.

- Mélenchon joue la carte de l'unité et veut dialoguer avec la gauche, divisée - AFP 26.05

Tournant stratégique et prélude à une convergence des gauches ? Jean-Luc Mélenchon, qui n'avait de cesse depuis des mois de mettre à distance la "vieille gauche" en "décomposition", appelle désormais au "dialogue" au sein de la "mouvance progressiste". AFP 26.05

Entendez par "progressiste", les cloportes qui ont fait toute leur carrière au PS, qui y sont encore ou qui l'ont quitté quand il coulait sans modifier quoi que ce soit à leur idéologie.

En famille. LREM et PS au chevet de l'UE, avec les compliments du FMI. (lire plus loin)

- Macron rend hommage au président italien Mattarella - Reuters 29.05

- Italie: le PS soutient la décision d'écarter un ministre eurosceptique, une "folie antidémocratique" pour LFI - AFP 29.05

Le porte-parole du Parti socialiste Boris Vallaud a soutenu, lundi sur Europe 1, la décision du président italien de s'opposer à la nomination d'un ministre eurosceptique. AFP 29.05

Macron toujours bien avisé !

C'était avant la nomination de Carlo Cottarelli...

- Emmanuel Macron veut "tendre la main" au nouveau gouvernement italien anti-européen - Le HuffPost 26.05

Ils osent tout. Qui a dit ?

- «Si on veut garder demain le droit de manifester, qui est une liberté fondamentale, il faut que les personnes qui veulent exprimer leur opinion puissent s’opposer aux casseurs et ne pas, par leur passivité, être complices de ce qui se passe.» (liberation.fr 27.05)

Réponse : Le ministre de l’Intérieur, Gérard Collomb.

Deux jours plus tard, une autre raclure lui emboîte le pas.

- Julien Denormandie, secrétaire d’État chargé de la Cohésion des territoires, a appelé les manifestants à faire preuve de « vigilance » afin d’éviter l’irruption de casseurs dans les cortèges... (Invité de L’Épreuve de vérité, diffusée sur Public Sénat en partenariat avec Radio Classique, Les Échos et l’AFP - Publicsenat.fr 28.05)

Collomb n'a rien trouvé de mieux que transférer ses responsabilités sur les manifestants pour finalement les assimiler à des casseurs.

C'est le comble de l'infamie, lorsque l'on sait que ces "casseurs" s'intercalent volontairement entre les CRS et les manifestants pour que ces derniers soient arrosés de bombes lacrymogènes ou soient également tabassés par les forces de l'ordre.

Ils ont pour fonction de briser ces manifestations et donner une image détestable du mouvement ouvrier.

La question serait plutôt de savoir pourquoi les CRS les laissent se regrouper ou ne les arrêtent pas, avant qu'ils se livrent à des actes violents ou cassent n'importe quoi en toute impunité.

La concurrence est rude...

- Affiches d’Erdogan retirées : «Parfaitement inacceptable», estime Macron - Le Parisien 28 mai 2018

En cause, une affiche de l’hebdomadaire Le Point-BHL présentant le président turc Recep Tayyip Erdogan comme un dictateur, arrachée ou recouverte dans différents kiosques apparemment par des partisans d'Erdogan. Macron et la couche d'oligarques qu'il représente, ne digèrent décidément pas qu'Erdogan s'oppose à leur plan en Syrie et se soit rapproché de la Russie...

Et les zélés apprentis dictateurs ne manquent pas.

- SNCF: "Les syndicats ont intérêt à arrêter la grève", selon le rapporteur (LR) au Sénat - AFP 29.05

Comment le légitimer ? En bidouillant un faux sondage.

- SNCF: la grève n'est pas justifiée pour la majorité des personnes interrogées - AFP 27.05

La grève à la SNCF, qui dure depuis le 3 avril, n'est pas justifiée pour 58% des personnes interrogées pour un sondage Ifop dans Le Journal du Dimanche. AFP 27.05

Ils osent tout ou leur humanisme est la politesse des salauds...

- Emmanuel Macron reconnaît le caractère antisémite d'un meurtre commis en 2003 - Le HuffPost 28.05

Le président Emmanuel Macron a reconnu, dans un courrier adressé au député Meyer Habib, le caractère antisémite du meurtre en 2003 de Sébastien Selam, le comparant à l'assassinat de Mireille Knoll, indique la lettre rendue publique dimanche... Le HuffPost 28.05

Le gouvernement se bat pour "les droits de l'homme pauvre", affirme Griveaux - AFP 28.05

Le gouvernement se bat pour "les droits de l'homme pauvre", qui, "sans doute, n'a pas voté aux dernières élections" a affirmé le porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux. AFP 28.05

Fabrication du consentement en totalitarisme.

- Jour J pour la protection des données en Europe, déjà des plaintes - AFP 25.05

Un arsenal de nouvelles règles est entré en application vendredi dans l'UE pour mieux protéger les données personnelles à l'ère numérique, suscitant sans tarder de premières plaintes contre des géants comme Facebook et Google déjà accusés de les enfreindre.

Le "Règlement général sur la protection des données" (RGPD) prévoit des droits renforcés pour les internautes et des sanctions inédites en cas d'abus, dans un contexte marqué par le scandale planétaire qui a impliqué le réseau social américain dirigé par Mark Zuckerberg.

Cette législation impose à toute entreprise, sur internet ou non, de demander un "consentement explicite et positif" pour utiliser des données personnelles collectées ou traitées dans l'UE. Elle donne aussi aux citoyens le "droit de savoir" quand leurs données sont piratées, comme lors de la fuite massive subie par la société Uber en 2016.

"Vous avez probablement vu ces fenêtres contextuelles qui s'affichent partout, disant: +vous devez accepter, sinon vous ne pourrez pas utiliser ce service+. Or le RGPD interdit explicitement cela", a dit à l'AFP le juriste autrichien Max Schrems, déplorant un "consentement forcé" à ces nouvelles règles d'utilisation, justement modifiées pour respecter la loi européenne. AFP 25.05

C'est plus que chiant, c'est du harcèlement, plus d'un va cliquer sur OK directement et va se retrouver envahi de pubs. J'ai eu la patience d'ouvrir toutes les fenêtres sur Yahoo et de tout virer. A vrai dire, je ne me démerde pas mal, je n'ai jamais une fenêtre qui s'ouvre à mon insu ou une pub qui vient envahir l'écran, cela ne m'arrive jamais.

Le seul truc qui m'est arrivé dernièrement, c'est l'impossibilité d'accéder à YouTube, écran blanc ou vide! Pourquoi, je n'en sais rien, je ne suis pas parvenu à résoudre le problème, je pense qu'ils ont dû actualiser leur fichier et supprimer les lignes correspondant aux anciens système d'exploitation comme XP que j'utilise toujours parce que je le trouve plus pratique ou rationnel, car en revanche avec le portable qui fonctionne sous le système 7 de microsolft je n'ai pas ce problème. Cela doit fait exprès pour qu'on soit obligé d'adopter un système d'exploitation plus récent.

Quant à Outlook qui me sert pour le courrier, c'est devenu l'horreur, l'écran saute, est tronqué... Je vais peut-être à nouveau retourner sur Yahoo en créant une nouvelle adresse. Ils nous pourrissent vraiment la vie ces cinglés !




ACTUALITE EN TITRES

La question est de savoir pourquoi après l'avoir combattu férocement, la classe dominante en fait la promotion.

- Les Irlandais disent oui à la libéralisation de l'avortement - AFP 26.05

Quand le monarque "veut" ou se prend pour le maître du monde.

Quand on sait qu'on a affaire à un pantin, c'est dingue !

- Emmanuel Macron veut "tendre la main" au nouveau gouvernement italien anti-européen - Le HuffPost 26.05

- Macron veut ancrer la Russie de Poutine en Europe - AFP 25.05

- France-Russie : Macron rassure les milieux d'affaires - euronews 26.05

- Dégeler Poutine, pas une mince affaire pour Macron - LeParisien.fr 25.05

Chut, ils complotent !

- Proposition de loi "secret des affaires": accord entre députés et sénateurs - AFP 25.05

Médiacrasse.

- Orlando Sierra, de l'AFP, photographe de l'année au Honduras - AFP 25.05

- L'agence de presse publique russe Ria Novosti interdite en Ukraine - AFP 24.05

Mafia des affaires.

Ils épongent les dettes, et ensuite, une fois devenu plus présentable, ils privatiseront.

- SNCF: l'Etat reprendra 35 milliards d'euros de dette, dont 25 milliards en 2020, selon l'Unsa. - AFP 25.05

Le gang des banquiers à l'oeuvre.

- Onze milliards d'euros blanchis en Estonie entre 2012 et 2016 - Reuters 26.05

Plus de 11 milliards d'euros ont été blanchis en Estonie entre 2012 et 2016 par le biais des banques du pays, a rapporté vendredi la cellule du renseignement financier de la police estonienne (FIU). Reuters 26.05




ACTUALITÉ DU JOUR

- Conflit social Annulation d’un spectacle à la Comédie-Française - Liberation.fr 29.05

La Comédie-Française tentait lundi de trouver une issue pour mettre fin à une grève «illimitée» d’une partie des techniciens, qui a provoqué samedi l’annulation de la première de la Locandiera de Carlo Goldoni (sur une mise en scène d’Alain Françon), a indiqué la direction. Entamé le 22 mai, le mouvement de grève porte «sur plusieurs revendications dont l’une uniquement liée au service machinerie», a précisé un communiqué du théâtre public.Liberation.fr 29.05




INFOS EN BREF

POLITIQUE

1- Espagne

- Espagne Le Parti populaire condamné pour corruption, Rajoy menacé - Liberation.fr 26 mai 2018

Le chef du gouvernement espagnol, Mariano Rajoy, s’est retrouvé isolé vendredi, menacé par une motion de censure de l’opposition socialiste et lâché par ses alliés centristes de Ciudadanos, après la condamnation de son parti conservateur dans un méga procès pour corruption.

Le Parti socialiste (PSOE) a déposé cette motion de censure dans la matinée à la Chambre des députés pour renverser Rajoy et former un gouvernement à sa place. Pour réussir, elle devra être votée par 176 députés, une majorité absolue que le PSOE ne pourrait rassembler qu’en s’alliant à la gauche radicale de Podemos et aux petits partis nationalistes - dont les séparatistes catalans, contre lesquels le numéro 1 des socialistes, Pedro Sánchez, a pris position ces derniers mois.

Le parti libéral Ciudadanos, devenu le principal rival de Rajoy dans les sondages, a, lui, immédiatement annoncé qu’il s’opposerait à cette motion de censure mais a exigé en revanche des élections anticipées. «La condamnation du gouvernement pour corruption a mis un terme à la législature, a lancé le chef de Ciudadanos, Albert Rivera, dans un tweet. Nous avons besoin d’un gouvernement propre et fort qui affronte le défi séparatiste. Ou Rajoy convoque des élections, ou le Congrès le fera.» Liberation.fr 26 mai 2018

2- Italie.

Nouveau coup d'Etat de l'oligarchie en Italie .

2.1- Un nouveau Premier ministre à la manoeuvre en Italie - euronews 29 mai 2018

En Italie, le nouveau Premier ministre par interim Carlo Cottarelli est donc à la manoeuvre. Et il doit rapidement proposer un nouveau gouvernement, lequel devrait cependant avoir peu de chance d'obtenir la confiance du parlement dominé par les partis de la Ligue et du Mouvement 5 étoiles.

Le principal objectif de Carlo Cottarelli, ancien haut responsable du FMI, surnommé Monsieur Ciseaux pour son rôle dans la réduction des dépenses publiques en 2013-2014, sera de préparer de nouvelles élections, et en attendant de faire passer le vote du budget et de tenter de rassurer les marchés après deux mois et demi de crise.

Des législatives anticipées pourraient avoir lieu après le mois d'août si son gouvernement n'obtient pas la confiance du parlement et qu'il doit simplement gérer les affaires courantes. euronews 29 mai 2018

La veille.

2.2- Nouvelle impasse en Italie après le retrait de Giuseppe Conte - Reuters 28 mai 2018

Giuseppe Conte, choisi par le Mouvement 5 Etoiles (M5S, populiste) et la Ligue (extrême-droite) pour occuper la fonction de président du Conseil, a renoncé dimanche à former un gouvernement, après que le président italien a refusé d'accepter l'économiste Paolo Savona comme ministre des Finances en raison de son hostilité pour l'euro et les institutions européennes.

Cette décision pourrait déclencher une crise constitutionnelle et semble rendre inévitable la tenue de nouvelles élections législatives cette année.

Le président de la République, Sergio Mattarella, a été accusé par les dirigeants du M5S et de la Ligue d'avoir trahi la constitution et de répondre aux ordres des puissances européennes.

Luigi Di Maio, chef de file du M5S, qui a remporté le plus grand nombre de sièges au Parlement lors des élections du 4 mars mais n'a pas obtenu de majorité, a demandé la destitution de Mattarella.

"J'ai accepté toutes les nominations, sauf celle de ministre de l'Economie", a déclaré le chef de l'Etat lors d'une allocution télévisée au ton grave.

"Pour ce ministère, j'ai demandé aux partis de la coalition une personnalité politique autoritaire n'étant pas considérée comme partisane d'une ligne qui pourrait provoquer la sortie de l'Italie de la zone euro", a ajouté Mattarella.

Quelques instants après cette allocution, un ancien haut responsable du Fonds monétaire international (FMI), Carlo Cottarelli, a été convoqué par le chef de l'Etat pour une réunion lundi matin.

Ce rendez-vous pourrait signifier que Mattarella compte demander à Cottarelli de former un gouvernement de transition composé de techniciens et chargé d'élaborer avant la fin décembre le budget 2019, notamment pour éviter une hausse automatique de la TVA en cas de creusement du déficit.

Les marchés, inquiétés par la constitution d'un gouvernement eurosceptique dont la politique menacerait les fragiles finances publiques italiennes, pourraient être rassurés par l'éventuelle nomination de Cottarelli.

Si le gouvernement venait à ne pas obtenir le soutien du Parlement, il resterait en place pour expédier les affaires courantes et de nouvelles élections seraient organisées en septembre ou en octobre.

D'après les derniers sondages, de nouvelles élections pourraient profiter à la Ligue, qui a remporté 17% des voix en mars, mais ne permettraient pas de sortir de l'impasse.

Le dirigeant de la Ligue, Matteo Salvini, a réagi avec colère à la décision de Sergio Mattarella de ne pas accepter que Paolo Savona prenne le portefeuille de l'Economie.

"Si Berlin, Paris ou Bruxelles ne donne pas son accord, un gouvernement ne peut pas être formé en Italie. C'est une absurdité, et je demande au peuple italien de nous soutenir parce que je veux ramener la démocratie dans ce pays", a-t-il dit à des journalistes.

Luigi Di Maio a demandé que le Parlement vote la destitution de Sergio Mattarella.

"Ce soir, il est vraiment difficile de croire en nos institutions et aux lois de l'Etat", a dit le dirigeant du M5S.

Il faut que le président soit destitué pour haute-trahison parce qu'il a agi sous la pression étrangère, a déclaré le dirigeant du parti nationaliste Frères d'Italie, qui avait noué pour les élections une alliance avec la Ligue et Forza Italia.

"C'est un conflit institutionnel sans précédent", a déclaré Matteo Salvini dans une vidéo diffusée en direct sur Facebook.

Avant même la fin de la réunion entre Mattarella et Conte dimanche, le dirigeant de la Ligue avait annoncé, sans confirmer le veto présidentiel, que la seule solution désormais était la tenue de nouvelles élections législatives.

"Dans une démocratie, si nous sommes toujours en démocratie, il n'y a qu'une seule chose à faire, laisser les Italiens avoir leur mot à dire", a dit Salvini devant des partisans rassemblés dans le centre de l'Italie.

Avant l'annonce du retrait de Giuseppe Conte, Paolo Savona avait tenté de répondre aux inquiétudes liées à ses positions.

"Je veux une Europe différente, plus forte, mais plus équitable", a déclaré dimanche l'économiste de 81 ans dans ses premiers commentaires publics.

Moody's Investors Service a annoncé vendredi avoir placé la note à long terme Baa2 de l'Italie sous surveillance avec implication négative. L'agence de notation craint les retombées sur les finances publiques des projets budgétaires de la nouvelle coalition au pouvoir. Reuters 28 mai 2018

2.3- Italie : qui est Carlo Cottarelli, alias «monsieur ciseaux», convoqué par le président ? - lefigaro.fr 28.05

Âgé de 64 ans, Carlo Cottarelli est diplômé en économie à l'université de Sienne (Toscane) et à la London School of Economics. Après six ans passés dans la division chargée du secteur financier et monétaire à la Banque d'Italie, il a été un haut responsable au Fonds monétaire international (FMI) et s'est vu attribuer le surnom de «Monsieur Ciseaux» quand il a été chargé de la révision des dépenses publiques par le gouvernement d'Enrico Letta (centre gauche) en 2013. Le successeur de M. Letta, Matteo Renzi, l'a ensuite nommé au FMI où il a assumé les fonctions de directeur exécutif pour l'Italie, la Grèce, et Malte, entre autres pays, avant de quitter ses fonctions en octobre 2017. Il est depuis cette date le directeur de l'Observatoire des comptes publics, multipliant à ce titre les mises en garde sur le coût économique du programme de gouvernement signé par le Mouvement cinq Etoiles (M5S, antisystème) et la Ligue (extrême droite). Interviewé par Les Échos en milieu de semaine, il évaluait son coût entre 110 et 150 milliards d'euros.

«Un Monsieur Personne qui représente la finance internationale», a dit de lui dimanche soir Matteo Salvini, le patron de la Ligue, dans une vidéo sur Facebook. «Il est un de ces experts donneurs de leçons qui nous ont accablés en taillant dans la santé, l'éducation, l'agriculture», a lancé de son côté Luigi Di Maio, chef de file du M5S devant ses partisans réunis à Fiumicino, près de Rome.

Spécialiste de finances publiques, M. Cottarelli avait multiplié les interviews mettant en garde contre les dérives financières potentielles contenues dans le «contrat de gouvernement» adopté par la Ligue et le M5S. lefigaro.fr 28.05

3- Slovaquie

- Des preuves détruites dans le meurtre d'un journaliste slovaque - Reuters 26.05

La police slovaque pourrait avoir détruit, par inadvertance ou par négligence, des preuves sur les lieux du meurtre du journaliste d'investigation Jan Kuciak, a annoncé vendredi l'avocat de la famille, Daniel Lipsic.Reuters 26.05

4- Venezuela

- Venezuela: l'UE va imposer de nouvelles sanctions "ciblées et réversibles" - AFP 28.05

L'Union européenne a décidé lundi d'imposer de nouvelles sanctions "restrictives, ciblées et réversibles" contre le régime au pouvoir au Venezuela afin de sanctionner les nombreuses irrégularités constatées lors de l'élection présidentielle remportée par Nicolas Maduro.AFP 28.05

5- Inde

- L'Inde fait fi des sanctions américaines contre l'Iran et le Venezuela - AFP 28.05

L'Inde continuera à commercer avec l'Iran et le Venezuela malgré les menaces que font peser sur ses entreprises les sanctions américaines contre ces deux pays, a déclaré lundi la ministre des Affaires étrangères Sushma Swaraj. AFP 28.05

6- Nicaragua

- Nicaragua : 86 morts et plus de 860 blessés - euronews 29.05

42e jour de crise au Nicaragua et ce bilan, 86 morts et plus de 860 blessés dans les manifestations antigouvernementales. L'opposition et le président Daniel Ortega seraient cependant tombés d'accord hier pour reprendre le dialogue... euronews 29.05


SOCIAL ET SOCIÉTÉ

1- France

- Nouveau record de détenus dans les prisons françaises, avec 70.633 personnes incarcérées - AFP 25.05

Le nombre de détenus a atteint un nouveau record au 1er mai, avec 70.633 personnes incarcérées dans les prisons françaises, qui souffrent d'une surpopulation chronique, selon des chiffres officiels publiés vendredi. AFP 25.05

2- Sénégal

- Les Sénégalais réclament justice pour un étudiant tué - euronews 26.05

Des milliers d'étudiants défilent en colère, dans plusieurs villes du Sénégal. Ils exigent une amélioration de leurs conditions de vie, et réclament "justice" pour la mort d'un des leurs, tué par les gendarmes lors de manifestations il y a 10 jours.

3- Brésil

3.1- L'armée mobilisée au Brésil pour lever les barrages routiers - AFP 26 mai 2018

Le gouvernementbrésilien a haussé le ton vendredi face à la grève des routiers qui paralyse tout le pays depuis le début de la semaine, en mobilisant l'armée pour lever les centaines de barrages dans le pays.

Le président Michel Temer a annoncé en début d'après-midi dans une allocution télévisée au ton solennel "avoir mobilisé les forces de sécurité" pour dégager les routes du pays.

Le ministre de la défense, Joaquim Silva e Luna, est allé plus loin en affirmant deux heures plus tard que l'armée agirait de façon rapide, coordonnée et énergique (...) pour libérer la circulation dans des zones critiques" comme les raffineries et les aéroports.

Dans un communiqué conjoint, les leaders des principaux syndicats du pays ont affirmé que "la décision du gouvernement de mobiliser l'armée comme instrument de répression" revenait à "tenter d'éteindre l'incendie avec de l'essence".

Peu avant, la mairie de Sao Paulo, capitale économique du pays, a décrété l'état d'urgence, une mesure extrême permettant notamment de réquisitionner du combustible.

3.2- Grève des routiers au Brésil: Temer cède pour éviter le chaos - AFP 28.05

Le président brésilien Michel Temer a cédé dimanche aux revendications des routiers grévistes, qui paralysent depuis une semaine le pays sortant à peine d'une récession historique.

3.3- Grève des routiers au Brésil: le pays toujours paralysé malgré les concessions du président - AFP 29.05

Le Brésil restait quasiment paralysé mardi, au neuvième jour de grève des routiers, malgré "l'absolue conviction" affichée par le président Michel Temer que le mouvement touchait à sa fin.

4- Franc-maçonnerie

- Sayyid Qutb était franc-maçon - Réseau Voltaire 28 mai 2018

L’historien égyptien Helmi Nimnim vient de publier une nouvelle biographie du théoricien du jihad au sein des Frères musulmans, Sayyid Qutb (1906-66). Le livre reproduit un article du maître intitulé « Pourquoi je suis devenu franc-maçon », paru dans la revue al-Taj al-Masri (la « Couronne d’Égypte »), le 23 avril 1943.

L’article a été publié avant son voyage aux États-Unis et son adhésion aux Frères musulmans.

Par le passé, de nombreux auteurs ont mis en évidence les ressemblances entre les cérémonies d’initiation des deux confréries (les Frères musulmans et la Franc-maçonnerie), mais c’est la première fois que la preuve de l’appartenance maçonnique de Sayyid Qutb est apportée.

À cette époque, les loges égyptiennes étaient directement contrôlées par les services secrets britanniques. Le roi Farouk en était membre.

La question de la possible appartenance de Qutb à la CIA reste, quant à elle, ouverte. Réseau Voltaire 28 mai 2018

Comme quoi Trotsky avait eu raison de dire qu'il fallait les brûler !


Le 25 mai 2018

CAUSERIE ET INFOS

Causerie au format pdf (9 pages)

Il y a une grève générale de 24 heures au Tamil Nadu où j'habite, suite à la mobilisation de la population de Thoothukudi dénonçant la pollution de l'air et de la nappe phréatique par une fonderie de cuivre filiale du géant minier britannique Vedanta, qui s'est déjà soldée par 11 morts par balles, la police s'est livrée à un véritable massacre. Le 22 mai coïncidait avec le 100e jour de cette mobilisation pour exiger la fermeture de cette fonderie.

Selon tous les témoignages que j'ai lus et qui semblent concorder, la police aurait tiré sans sommation et utilisée des armes de guerres que même la police anti-émeute n'utilise pas au Kashmir. Elle a visé la tête ou le haut du corps de certains manifestants dans l'intention manifeste de les tuer. La suite plus tard. En attendant en anglais, avec une traduction sommaire. Au passage, depuis des années je n'utilise plus le français que pour actualiser le portail.

- Thoothukudi under siege after another death in Sterlite protest. (Etat de siège décrété par les autorités - LVOG)

On May 22, when the protest against the polluting Sterlite industry entered into its 100th day, the protestors decided to mark it by taking out a rally towards the District Collectorate, demanding that the industry be closed. The tens of thousands of protestors were defying a ban issued the previous day by Collector N Venkatesh (who was subsequently transferred) in doing so. Braving the police attempts to thwart the rally, including opening tear gas and lathi charge, the rally marched towards the District Collectorate, where the police flouted all norms to open fire and kill at least 11 protestors. nationalheraldindia.com 24.05 (Des dizaines de milliers de manifestants se dirigeaient vers la préfecture pour exiger la fermeture de la fonderie, manifestation qui avait été interdite, quand la police apparemment débordée a paniqué et mitraillé la foule faisant 11 morts. - LVOG)

- The Tamil Nadu Pollution Control Board (TNPCB) has ordered the closure of Sterlite Copper Smelter plant in Thoothukudi with immediate effect and disconnected electricity supply to the unit early on Thursday. thehindu.com 25.05 (Les autorités ont ordonné la fermeture de la fonderie et lui ont coupé l'électricité. - LVOG)

- Tamil Nadu: Internet suspended in three districts after fresh anti-Sterlite protests in Thoothukudi (Internet a été coupé. - LVOG)

One local resident said that the protestors never intended to get violent. “Everyone went to the protest with the intention of staying till the night,” said one resident. They were hoping that the protest would force the administration to lock the plant down. “If we had intended to get violent, why would we have taken our children along with us?” - scroll.in 25.05 (Un manifestant explique que la marche se voulait non violente, et que c'est pour cette raison que certains manifestants étaient venus avec leurs enfants. - LVOG)

- The Madurai bench of the Madras high court also ordered Vedanta to stop construction of a second unit of the plant hindustantimes.com 25.05 (La Cour suprême de Madras avait ordonné l'arrêt de la construction d'une seconde fonderie sur le même site. - LVOG)

Les faits, rien que les faits.

Je n'ai pas rendu compte de la journée d'action des fonctionnaires le 22 mai. Bien que les syndicats y aient appelé dans l'unité la participation a été de 2%.

En revanche, au cours d'un référendum près de 95% des cheminots se sont prononcés contre la réforme (privatisation) de la SNCF, alors que les syndicats étaient désunis, la participation a été de 61% (lire plus loin).

Dans le dernier numéro de la Tribune des travailleurs, D. Gluckstein a à nouveau axé son éditorial sur l'unité. Selon lui, l'absence d'unité serait le principal obstacle à la mobilisation des travailleurs, on vient de voir que non ou que le problème se situait manifestement ailleurs. Qui est contre l'unité hormis ceux qui entendent laisser Macron gouverner tranquillement, on est au moins d'accord là dessus.

Mais est-ce réellement le problème prioritaire auquel il faudrait s'atteler ? N'y aurait-il pas plutôt un problème en amont qui serait à l'origine de la division ou qui permettrait d'y recourir à tout moment ? Chacun sait que lorsque les conditions sont mûres, les travailleurs parviennent à imposer l'unité aux appareils qui y sont farouchement opposés.

Que les travailleurs aspirent à l'unité pour affronter Macron est une chose, mais ils divergent ou se divisent sur son contenu et ses objectifs, et c'est là dessus que s'appuient les appareils pour empêcher qu'elle se réalise ou la disloquer rapidement, avant qu'elle ne se cristallise et constitue une menace pour le régime.

En l'absence de toute direction, chacun lui donne un contenu et des objectifs en fonction de sa condition ou de son statut qu'il entend défendre ou voir améliorer. Donc le facteur de dislocation est aussi présent, et il s'explique d'autant plus qu'en l'absence de toute direction qui incarnerait consciemment les intérêts de l'ensemble des masses exploitées et opprimées, c'est comme si elles n'existaient pas en tant que classe ou qu'elle demeuraient atomisées ou chaque travailleur ou militant se contentait de défendre uniquement ses intérêts individuels. Dans ces conditions, l'hétérogénéité des masses favorise ou conduit à une juxtaposition d'intérêts individuels qui ont tendance à virer au corporatisme. C'est donc l'absence de toute conscience de classe ou collective ou la faiblesse de celle-ci qui favorise la division.

Je ne sais plus qui de Lénine ou Trotsky expliquait en substance, que le niveau de conscience de la classe ouvrière au départ de toute action ou mobilisation déterminait son sort ou les objectifs qu'elle pourrait se fixer raisonnablement d'atteindre.

Bref, on en revient toujours à la même discussion que les uns et les autres s'obstinent à refuser d'engager, ce qui nous condamne à la défaite irrémédiablement. Pourquoi voulez-vous en faire l'économie, que craignez-vous ? De perdre du temps ? Votre dogmatisme nous a déjà fait perdre inutilement 70 ans et vous nous proposez de continuer sur la même voie, ce n'est pas très sérieux.

Osez tenir un autre discours en direction des travailleurs, cessez de leur attribuer un niveau de conscience qu'ils n'ont pas, ce qui vaut évidemment pour la plupart des militants. Soyez modeste, admettez que votre niveau de conscience présente de graves lacunes, et qu'il vous faut revoir l'ensemble des rapports que vous attribuez aux travailleurs car ils sont erronés ou ne correspondent pas à la réalité, cessez de la tordre pour qu'elle coïncide avec vos théories, de lui substituer vos formules apprises par coeur qui sonnent creuses.

Ils osent tout. Quand le gang mafieux de Bilderbeg (ou des GAFA) gouverne la France.

LVOG - C'était la seconde fois que le petit roitelet organisait ce genre d'opération. Après cela plus personne ne se demandera qui l'a porté au pouvoir et pour qui il gouverne. On imagine guignol à genoux face à ses marionnettistes : Mes seigneurs, vos désirs sont des ordres.

- Macron se félicite des engagements des géants de la high tech - AFP 23 Mai 2018

Emmanuel Macron s'est félicité mercredi d'avoir obtenu de plusieurs géants mondiaux du numérique des engagements pour le "bien commun", de la protection sociale à l'éducation, après avoir réuni à l'Elysée une soixantaine de dirigeants dont le PDG de Facebook, Mark Zuckerberg.

Répondant à l'appel du président français, plusieurs groupes ont annoncé mercredi des mesures sociales et éducatives ou des investissements, dont Uber et Deliveroo qui offriront à leurs chauffeurs et coursiers en Europe une protection sociale privée, IBM qui va embaucher 1.400 personnes en France, et Microsoft qui va recruter une centaine d'experts en intelligence artificielle (IA). Facebook va renforcer ses investissements en France consacrés à l'intelligence artificielle.

Le chef de l'Etat avait invité pour un déjeuner à huis clos le gratin de la high-tech mondiale: outre Mark Zuckerberg, Satya Nadella (Microsoft), Dara Khosrowshahi (Uber), Ginni Rometty (IBM), Bill McDermott (SAP), Alex Karp (Palantir) ainsi que des patrons français (Free, Orange, Les Echos, RATP, SNCF, Sanofi, BNP Paribas, Thales, OpenClassrooms...) aux côtés du président rwandais Paul Kagame. Il a aussi reçu en tête-à-tête Mark Zuckerberg et les dirigeants d'Uber, Microsoft et IBM.

Ce sommet organisé par l'Elysée a lieu en pleine montée des critiques contre les géants d'internet sur le pillage de données, les fausses nouvelles, les comportements prédateurs ou l'évasion fiscale.

Favorable aux entrepreneurs, le président français a multiplié les appels aux chefs d'entreprise depuis son élection pour leur demander d'investir en France ou défendre l'environnement. Mardi encore, il les a appelés à embaucher des jeunes de banlieues.

Dans l'après-midi, les dirigeants se sont retrouvés à Matignon pour des ateliers consacrés à l'avenir du travail, la diversité et l'éducation, en présence de plusieurs ministres.

Rendant compte de ces travaux, Dara Khosrowshahi (Uber), Ginni Rometty (IBM), Bill McDermott (SAP), ont lancé des appels à des efforts d'éducation associant le privé et le public, pour éviter que la révolution numérique ne laisse à la traîne une partie de la population. AFP 23 Mai 2018

Ces monstres aux intentions inavouables et qui pourrissent tout ce qu'ils touchent, sont présentés comme des bienfaiteurs, des philanthropes oeuvrant au "bien commun", face à un peuple démunie, divisé ou impuissant pour les affronter.

Présenter Uber comme un chantre de la protection sociale, c'est recourir à la novlangue décrite par Orwell, qui consiste à nier quelque chose et oublier qu'on l'a nié, ou oublier quelque chose et nier qu'on l'a oublié, oublié dans le sens où on rejette les faits qui nous embarrassent, on les occulte, on les fait passer à la trappe jusqu'à se persuader qu'ils n'ont jamais eu lieu, ce qui permet de réécrire en permanence l'histoire passé et de fabriquer la présente pour orienter la société dans une direction précise, pour atteindre un objectif déterminé ou imposer en l'occurrence ici un modèle de société totalitaire.

C'est aussi faire l'apologie du corporatisme qu'incarne Uber notamment.

Je crois que nous n'avons pas suffisamment observé et étudié ce qui s'était passé aux Etats-Unis depuis la fin du XIXe siècle. Cela aurait pu nous fournir des renseignements précieux sur la manière dont la société risquait d'évoluer si le prolétariat ne prenait pas le pouvoir. On aurait dû savoir ce qui allait nous arriver partant de là, et en tirer des conclusions pour éviter de vivre ce cauchemar, car vivre dans un monde promis à une régression sociale sans fin signifiait forcément la disparition de nos droits politiques, de toute expression politique indépendante et l'émergence d'un régime totalitaire.

Si on prend la mesure de ce qui est en train de se passer, il n'y a pas à tergiverser, à mégoter, le capitalisme doit disparaître, l'éradiquer à l'échelle de la planète doit être l'objectif que nous devons tous partager et qui doit nous rassembler. Il faut neutraliser l'oligarchie pour lui interdire de nuire plus longtemps à tous les peuples, dépouillé de toute stratégie le capitalisme n'y survivrait pas. Vous lirez ci-dessous et plus loin comment certains s'y accrochent désespérément.

En complément. Il a quelque chose d'effrayant

- Macron à Vivatech: "il ne faut pas avoir peur du robot" - AFP 25.05

Vous vous demandiez peut-être comment fonctionnent en général le cerveau des intellectuels, en voici une illustration.

- Un chèque en blanc à Trump pour faire la guerre - Consortium News 22.04.2018

Marjorie Cohn est professeure émérite à la Thomas Jefferson School of Law, ancienne présidente de la National Lawyers Guild, secrétaire générale adjointe de l’International Association of Democratic Lawyers et membre du comité consultatif de Veterans for Peace.

- La nouvelle AUMF (Autorisation pour recourir à l'usage des forces armées -ndlr) permettrait au président (Des Etats-Unis - ndlr) d’attaquer ou d’envahir un autre pays sans exiger que l’attaque ou l’invasion soit menée en état de légitime défense ou avec la permission du conseil (Le Congrès américain - ndlr). Cela constituerait donc une violation de la Charte (Des Nations Unis - ndlr).

LVOG - Non, sans blague, comme si cela n'aurait jamais été le cas auparavant penserez-vous. Attendez, vous n'y êtes pas du tout, Marjorie Cohn le sait pertinemment :

- Malgré son pouvoir constitutionnel exclusif, le Congrès n’a pas déclaré la guerre depuis 1942. Après cette période, en commençant par le président Truman, une série de présidents américains ont engagé des troupes américaines dans des hostilités dans le monde entier sans attendre que le Congrès agisse.

- Le nouveau projet de loi, s’il est adopté, rendrait effectivement complet le transfert du pouvoir de déclarer la guerre du Congrès au président.

Alors à quoi cela rime-t-il de dénoncer une menace à venir qui a déjà été mise à exécution dans le passé et le présent, puisque les Etats-Unis n'ont jamais cessé d'être en guerre depuis 1942 ?

C'est de la simple masturbation intellectuelle de juriste, de légaliste et rien de plus. Ces nantis en perdent la tête littéralement en étalant à longueur de temps leur misérable inconsistance. Ce sont des fanatiques de la Constitution américaine, qui a légitimé toutes les guerres engagées par l'impérialisme américain depuis 1787, qui a permis à une ploutocratie de s'emparer du pouvoir et d'instaurer un régime mafieux, raciste, tyrannique.

On se demandera comment des intellectuels se prétendant progressistes, humanistes, démocrates peuvent en arriver à un tel aveuglement. Parce que le capitalisme demeure leur horizon borné, on en revient à l'article précédent. Ils en appellent à la Constitution américaine qui sert à légitimer juridiquement le régime et ses excès, donc ils ne peuvent pas développer en même temps la volonté de l'affronter pour l'abattre. Soit on le conserve, soit on s'en sépare, il n'existe pas d'autres alternatives.

On va peut-être nous rétorquer que c'est radical. En effet, mais n'est-il pas radical de le conserver ? Pensons un instant à toutes ses guerres, ne signifient-elles pas que la lutte de classes est un combat à mort ? C'est indigne d'un militant d'en douter. Ceux qui ne l'ont pas en permanence à l'esprit ont un sérieux problème politique à régler.

Dans le même registre.

Charlatanisme. Comment ils légitiment la Ve République et au passage la survie du capitalisme.

- Institutions: Ruffin (LFI) appelle à "couper le cordon ombilical" entre le chef de l'Etat et l'Assemblée - AFP 24 mai 2018

A quoi cela rime-t-il d'appeler à renforcer les pouvoirs d'une institution qui est corps et âme dévoué au capitalisme, à l'oligarchie ? Au moins vous êtes fixé sur les réelles intentions de ces gens-là. Avions-nous tort d'affirmer que la gauche institutionnelle était foncièrement réactionnaire et qu'elle ne sera jamais autre chose ? Les faits le démontrent.

Fake news ou comment le gouvernement sioniste manipule les consciences.

- Meurtre de Mireille Knoll. Confusion sur le mobile antisémite. - Liberation.fr 24 mai 2018

Deux suspects ont été mis en examen. Les deux hommes s’accusent mutuellement du meurtre, qui auraient fait connaissance en prison, faisant valoir les intentions crapuleuses de l’un et de l’autre. Mais au cours de sa dernière audition, Alex C., l’un des deux suspects du meurtre, a affirmé qu’il ne pensait pas que Yassine M. qu’il accuse du crime, ait agi par antisémitisme, contrairement à ce qu’il avait laissé entendre lors de sa garde à vue.

Pour Me Laouafi, qui défend Alex C. avec son confrère Me Murgulia, son client n’a pas fait de volte-face devant la juge d’instruction. «Ça aurait été un revirement s’il avait clairement dit en garde à vue que le mobile était antisémite, estime-t-il. Or le 26 mars, il a affirmé que le mobile était tout autre.» A l’inverse, pour l’avocat de la famille de Mireille Knoll, la modification des déclarations d’Alex C. est un véritable revirement. Mais, estime Me Goldnadel, cela ne fragilise pas la qualification antisémite. «Si Yacine M. a dit "Allah akbar", je pense que c’est un motif antisémite qui fait bon ménage avec le crime crapuleux», déclare l’avocat de la famille, qui juge «ridicule» la rétractation d’Alex C. sur les propos qu’aurait tenus Yacine M. concernant la situation financière des juifs. Liberation.fr 24 mai 2018

Désormais tout musulman dans le monde qui prononcera "Allah akbar" sera qualifié d'antisémite, autant dire qu'ils le sont tous selon le Crif dont fait partie Me Goldnadel.

Parole d'internaute

- "Il est tout de même effarant que Londres puisse tenter de faire avaler au monde entier, que la Russie a perpétré une tentative d'empoisonnement sur son propre sol, sans fournir la moindre preuve de ses accusations ?

C'est à dire que le Royaume-Uni admet son incapacité à protéger des gens à qui elle accorde le statut de réfugié politique, dont elle se sert pour tenter de discréditer la Russie. Peut-on être aussi cynique ?

Rappelons que les derniers états de service du Colonel Skripal ont été accomplis pour le compte du Royaume-Uni!

Mais un jour viendra où ce citoyen russe qui a souhaité rentrer dans son pays dira la vérité.

C'est justement un mobile possible pour que la CIA et les services anglais tentent de l'empoisonner à Salisbury. Car il aurait probablement renseigné son pays sur les pratiques des anglais et des américains.

Mais quand on met en parallèle cette affaire et les accusations d'utilisation d'armes chimiques imputées à la Syrie, on s'aperçoit que les scénarios sont très proches.

La rhétorique de manipulation de substances chimiques depuis la fameuse fiole brandie par Colin Powell à l'ONU en 2003, a la dent dure.

Bizarrement, c'est toujours en Angleterre qu'on empoisonne les ex-espions et oligarques russes, qui un temps, ont participé aux tentatives de démantèlement de l'économie russe après la chute de l'Union Soviétique.

Trop grossier pour être crédible.

De qui se moque-t-on ?"

Fake news. Quel était le mobil du crime, à qui devait-il profiter ?

- Vol MH17: le missile provenait d'une unité militaire russe - AFP 25.05

Le missile BUK-TELAR qui a abattu le vol MH17 en Ukraine en 2014 provenait d’une brigade russe, annonce la mission d’enquête internationale menée par les Pays-Bas. AFP 25.05

Cette "enquête internationale" a été menée de la même manière que celle sur la dernière prétendue attaque chimique en Syrie et celle dont aurait été victime les Skripal en Grande-Bretagne. Il était donc normal que leurs conclusions convergent et coïncident avec les coupables qu'ils avaient désignés avant même que ces simulacres d'enquêtes aient lieu.

- Le vol MH-17 a été abattu par l'armée russe, selon les enquêteurs - Reuters 25.05

On a publié des dizaines d'articles sur ce sujet qui démontraient que l'Ukraine ou un de ses alliés était à l'origine de cette opération et qu'ils en étaient les seuls bénéficiaires.

En complément. Même pas peur ! Etonnant, cela ne colle pas avec la version officielle.

- Ioulia Skripal, la fille de l'ex-espion empoisonné, espère retourner un jour en Russie - Le figaro.fr 23/05/2018

Ils osent tout

- La lutte n’est jamais propre - Liberation.fr 25.05

- Glyphosate: l'Assemblée enquête, sans succès, sur une fuite en faveur d'un lobby - AFP 25.05

- Virginité : à quand l’hymen coté en Bourse ? - Liberation.fr 25.05

- Le parti au pouvoir en Guinée exclut une enquête sur Bolloré - Reuters 23.05

- Dès le 31 mai, Hambourg sera partiellement interdit à certains véhicules roulant au diesel. - Liberation.fr 23.05

- Chine : l’ambassade américaine dénonce une «attaque acoustique» - LeParisien.fr 23.05

- Avalanche de femmes et minorités, le parti démocrate américain change de visage - AFP 23.05

- Les USA pourraient reconnaître que le Golan est israélien - Reuters 23.05

- Israël va approuver la construction de milliers de logements de colons - AFP 25.05




INFOS EN BREF

SOCIAL ET SOCIÉTÉ

France

- Les premiers résultats de Parcoursup ne laissent la place qu'à l'inquiétude et à l'opacité - Le HuffPost 23.05

Depuis ce mardi soir, ce sont 400.000 lycéens environ sur 810.000 qui se retrouvent "en attente" ou "refusés" sur l'ensemble de leurs vœux d'orientation déposés sur la plateforme d'orientation Parcoursup, soit 50% des inscrits. Environ 29 000 élèves n'ont reçu que des réponses négatives à leurs vœux sur la plateforme Parcoursup. Libération et Le HuffPost 23.05

- Consultation SNCF : 94,97% des votants se disent contre la réforme - M6info 23 mai 2018

C’est un raz-de-marée. Près de 95% des cheminots ayant participé à la consultation “vot’action” organisée par les syndicats de la SNCF, se sont prononcés contre la réforme ferroviaire, a annoncé Laurent Brun, secrétaire général de la CGT Cheminots. La participation à cette consultation interne, sans valeur légale et lancée le 14 mai par l’intersyndicale, a atteint 61,15%. M6info 23 mai 2018

Brésil

- Le Brésil au bord de la paralysie avec une grève des routiers - AFP 23 mai 2018

Le Brésil était au bord de la paralysie jeudi au quatrième jour d'une grève nationale des camionneurs avec des barrages routiers dans quasiment tous les États qui perturbaient les approvisionnements, alimentaires et de carburant notamment. AFP 23 mai 2018

Inde

- Le sud de l'Inde en proie à un virus mortel - euronews 23 mai 2018

Le sud de l’Inde en proie à un virus très dangereux : au moins 11 personnes sont mortes, infectées par « Nipah », en l’espace de deux semaines et une centaine d’autres sont en quarantaine.

Les autorités sanitaires sont en alerte : le virus est mortel dans 70% des cas et il peut être transmis d’homme à homme. La maladie se contracte en consommant des aliments infectés par des chauves-souris, porteuses du virus.

Pour l’instant, « Nipah » se cantonne à deux États du Sud de l’Inde, le Kerala et le Karnataka, très prisés par les touristes. euronews 23 mai 2018

- Inde: nouveau mort dans des manifestations contre une compagnie minière - AFP 23.05

Un nouveau manifestant a été tué mercredi par la police dans le sud de l'Inde, un jour après que les forces de l'ordre ont abattu dix opposants à l'usine d'une compagnie minière, ont annoncé des responsables locaux.

La police de la ville portuaire de Tuticorin (aussi appelée Thoothukudi) dans l'État du Tamil Nadu a de nouveau affronté des contestataires réclamant la fermeture d'une fonderie de cuivre de la société Sterlite Copper, filiale du géant minier britannique Vedanta, qu'ils accusent de polluer l'environnement.

Des heurts la veille avaient déjà coûté la vie à dix émeutiers, le bilan de douze morts ayant été revu à la baisse. 18 policiers avaient également été blessés.

Mercredi, "nous avons tiré en l'air à balles réelles pour disperser les protestataires. Mais les émeutiers ont continué à lancer des bombes et des engins incendiaires. Ils brûlaient des véhicules", a déclaré un responsable policier à l'AFP.

"Nous avons été forcés de tirer des balles en caoutchouc qui ont malheureusement touché un homme à la colonne vertébrale et il est mort", a ajouté cette source. Un officier de police sur place a également confirmé la mort d'un jeune homme de 22 ans.

Des témoins ont rapporté que les manifestants ont incendié mercredi un bus de la police et saccagé un magasin d'alcool. Des images de la télévision montraient les forces de sécurité en équipement antiémeutes patrouillant des rues parsemées de pierres et de pneus brûlés.

La tuerie de mercredi, qui selon les pouvoirs publics était inévitable pour reprendre le contrôle de la situation, a provoqué des réactions scandalisées dans les rangs de l'opposition. Rahul Gandhi, président du parti du Congrès (opposition), a ainsi dénoncé "un exemple brutal de terrorisme d'État".

Amnesty International a estimé que la police du Tamil Nadu aurait "à répondre à beaucoup de questions" et appelé à traduire les responsables en justice.

La fonderie de cuivre de Tuticorin fait l'objet d'une résistance de longue date. Le mouvement s'est intensifié ces derniers mois alors que Sterlite cherche à obtenir la licence pour en doubler les capacités, qui sont actuellement de 400.000 tonnes par an.

L'usine avait été brièvement fermée par les autorités locales en 2013 à la suite d'une fuite de gaz présumée, avant que la justice ne l'autorise à reprendre son activité. Elle est actuellement en maintenance. AFP 23.05


ECONOMIE

Inde

- L'Inde lance une procédure contre les USA devant l'OMC - Reuters 23 mai 2018

L'Inde a entamé une procédure contre les Etats-Unis devant l'Organisation mondiale du Commerce pour contester la décision du président Donald Trump d'imposer des droits de douane sur l'acier et l'aluminium importés aux Etats-Unis, montre mercredi un document de l'OMC.

L'Inde estime que les droits de douane américains sur ses exportations d'aluminium lui coûteront 31 millions de dollars, et les taxes sur ses exportations d'acier 134 millions. New Delhi menace de répliquer en imposant des droits sur différents produits exportés en Inde par les Américains comme l'huile de soja ou les noix de cajou. Reuters 23 mai 2018

Défense du marxisme

Le socialisme.

Les deux bases capitalistes sur lesquelles repose le socialisme scientifique. - ( F. Engels -1877)

(Karl Marx par Friedrich Engels - Ecrit en juin 1877, paru dans le Volks-Kalender, Brunswick, 1878. Numérisé par l'encyclopédie de l'Agora.)

Extrait. Marx a inscrit son nom dans l'histoire de la science par de nombreuses et importantes découvertes, dont nous ne citerons ici que les principales.

La première est la révolution accomplie par lui dans la conception de l'histoire mondiale. On considérait auparavant que les raisons dernières de tous les changements historiques doivent être cherchées dans les idées changeantes des hommes et que, de tous les changements historiques, les plus importants, ceux qui dominent toute l'histoire, sont les changements politiques. Mais on ne se demandait pas d'où viennent les idées aux hommes et quelles sont les causes qui déterminent les changements politiques. Seule, la nouvelle école des historiens français et, en partie aussi des historiens anglais en était venue à la conviction que, depuis le Moyen âge au moins, la force motrice, dans l'histoire européenne, était la lutte qui se développait entre la bourgeoisie et la féodalité pour la domination sociale et politique. Mais c'est Marx qui démontra que, jusqu'à nos jours, toute l'histoire est une histoire de luttes de classe, qu'il ne s'agit dans toutes les luttes politiques, multiples et complexes, que de la domination sociale et politique de telle ou telle classe, que pour la classe ancienne il s'agit de maintenir cette domination et pour les classes qui s'élèvent de conquérir le pouvoir.

Mais comment naissent et se maintiennent ces classes. Elles naissent et se maintiennent toujours en vertu des conditions matérielles, tangibles, dans lesquelles une société donnée produit et échange ce qui est nécessaire à la vie. La domination féodale du moyen âge reposait sur l'économie de petites communautés paysannes qui produisaient ellesmêmes presque tous les produits de leur consommation, ignoraient à peu près l'échange et étaient protégées contre l'étranger par la noblesse belliqueuse qui leur conférait une cohésion nationale, ou du moins politique. Lorsque les villes grandirent et qu'il se forma une industrie artisane distincte, qui donna lieu à un commerce d'abord purement national, puis international, la bourgeoisie urbaine se développa et, dans sa lutte contre la noblesse, conquit sa place dans le régime féodal en tant que classe sociale jouissant de droits spéciaux. Mais la découverte de nouveaux pays, à partir du milieu du XVe siècle, fournit à la bourgeoisie un champ d'affaires plus vaste et, par suite, un nouveau stimulant à son industrie. Le métier fut supplanté dans les branches les plus importantes par la manufacture qui, elle-même, après l'invention de la machine à vapeur, au siècle dernier, fut refoulée par la grande industrie. Cette dernière, à son tour, réagit sur le commerce en supplantant dans les pays arriérés l'ancien travail à la main, en créant dans les pays plus développés les moyens actuels de communication, les machines à vapeur, les chemins de fer et le télégraphe électrique.

Ainsi la bourgeoisie concentrait de plus en plus entre ses mains les richesses et la puissance sociales, alors qu'elle resta longtemps encore écartée du pouvoir politique, qui se trouvait entre les mains de la noblesse et de la royauté appuyée sur la noblesse. Mais à un certain degré de développement — en France, par exemple, après la grande Révolution — la bourgeoisie conquit aussi le pouvoir et devint à son tour la classe gouvernante en face du prolétariat et des petits paysans.

De ce point de vue s'expliquent tous les phénomènes historiques — si l'on a une connaissance suffisante de la situation économique de la société, situation que négligent nos spécialistes de l'histoire. Les idées et les croyances de chaque époque s'expliquent également de la façon la plus simple par les conditions de vie économique de cette époque et par les rapportss sociaux et politiques qui en découlent. Ce n'est que grâce à cette conception que l'histoire a été posée pour la première fois sur son véritable terrain. Le fait évident que les hommes, avant tout, mangent, boivent, s'abritent et s'habillent et qu'ils doivent travailler avant de pouvoir lutter pour le pouvoir, s'occuper de politique, de religion et de philosophie, ce fait manifeste, jusqu'à présent complètement négligé, a enfin obtenu droit de cité dans l'histoire.

Pour l'idée socialiste, cette nouvelle conception de l'histoire était extrêmement importante. Il est maintenant démontré que toute l'histoire de l'humanité se meut dans les antagonismes et les luttes de classe, qu'il y a toujours eu des classes dominantes et dominées, exploiteuses et exploitées, et que la grande majorité des hommes a toujours été condamnée à un dur labeur et à une misérable existence. Pourquoi cela? Tout simplement parce qu'à toutes les étapes précédentes du développement de l'humanité la production était encore si faible que l'histoire ne pouvait avancer qu'avec l'existence de ces antagonismes; que seule une petite minorité privilégiée contribuait à la progression historique, tandis que la masse était condamnée à gagner par son travail ses maigres moyens de subsistance et à accroître sans cesse la richesse de la minorité privilégiée.

Mais cette conception de l'histoire, conception qui explique si naturellement et si simplement la domination de classe, expliquée jusque-là par la méchanceté des hommes, conduit aussi à la conviction que, vu le développement formidable atteint actuellement par les forces de production, il ne reste plus aucune raison, tout au moins dans les pays avancés, de diviser les hommes en dominateurs et en dominés, en exploiteurs et en exploités.

La grande bourgeoisie dominante a rempli sa mission historique; non seulement elle n'est plus capable de diriger la société, mais elle est devenue un obstacle au développement de la production, comme le démontrent les crises commerciales, principalement la dernière, et la dépression de l'industrie dans tous les pays. La direction historique est passée au prolétariat, classe qui peut s'affranchir uniquement parce que, en vertu de sa situation sociale, elle anéantit toute domination de classe, toute subordination et toute exploitation. Les forces productrices sociales, qui ont dépassé les capacités de la bourgeoisie, n'attendent que le moment de passer en la possession du prolétariat uni, qui établira un régime permettant à tous les membres de la société de participer non seulement à la production, mais aussi à la répartition et à la gestion des richesses sociales. Grâce à la régularisation rationnelle de toute la production, ce régime pourra élever les forces de production sociales et les produits créés par elles de façon à satisfaire de plus en plus les besoins raisonnables de chacun.

La deuxième découverte importante de Karl Marx est l'explication des rapports du capital et du travail, autrement dit, la démonstration de la façon dont s'accomplit l'exploitation des ouvriers par les capitalistes dans la société actuelle, avec le mode de production capitaliste existant. Depuis que l'économie politique avait établi que seul le travail est la source de toute richesse et de toute valeur, on devait fatalement se demander comment il se fait que le salarié ne reçoive pas toute la valeur produite par son travail et doive en abandonner une partie au capitaliste. C'est en vain que les économistes bourgeois et socialistes s'efforcèrent de donner une réponse strictement scientifique à cette question jusqu'au moment où Marx en apporta la solution. Le mode de production capitaliste actuel implique l'existence de deux classes sociales: d'un côté, les capitalistes, qui possèdent les instruments nécessaires à la production et à l'existence; de l'autre, les prolétaires, qui ne possèdent rien et sont obligés, pour vivre, de vendre leur seule marchandise: leur force de travail. Mais la valeur d'une marchandise quelconque est déterminée par la quantité de travail socialement nécessaire pour la production et le renouvellement de cette marchandise; par suite, la valeur de la force de travail d'un homme moyen pendant un jour, un mois, une année, est déterminée par la quantité de produits nécessaires à l'entretien de l'ouvrier pendant un jour, un mois, une année. Admettons que les produits nécessaires à un ouvrier pour un jour exigent six heures de travail, ou, ce qui revient au même, que le travail qui y est incorporé représente une durée de six heures. Dans ce cas, la valeur de la force de travail pour un jour s'exprimera par la somme d'argent nécessitant également six heures pour être produite. Admettons maintenant que le capitaliste qui occupe notre ouvrier lui paie cette somme, c'està- dire la valeur totale de sa force de travail. Si l'ouvrier travaillait actuellement six heures par jour pour le capitaliste, il rembourserait complètement au capitaliste la dépense effectuée par ce dernier: six heures de travail pour une somme valant six heures de travail. Mais alors il ne resterait rien dans la poche du capitaliste. Celui-ci, évidemment, raisonne tout autrement: j'ai acheté, dit-il, la force de travail de cet ouvrier non pas pour six heures, mais pour toute une journée. Par suite, il oblige l'ouvrier à travailler, suivant les circonstances, 8, 10, 12, 14 heures, et même davantage, de sorte que le produit des heures qui suivent la sixième heure de travail est le produit d'un travail impayé et s'en va dans la poche du capitaliste. Ainsi l'ouvrier au service du capitaliste non seulement rend à ce dernier la valeur qu'il en a reçue pour sa force de travail, mais produit encore une plus-value que le capitaliste commence par s'approprier et qui ensuite, en vertu de lois économiques déterminées, se répartit dans toute la classe capitaliste et forme la principale source d'où découlera la rente foncière, l'intérêt, l'accumulation capitaliste, en un mot toutes les richesses consommées et accumulées par les classes parasites.

Ainsi, il a été démontré que les richesses acquises par les capitalistes actuels proviennent de l'expropriation d'un travail d'autrui impayé, tout comme celles des propriétaires d'esclaves ou des seigneurs féodaux qui exploitaient le travail des serfs, et que toutes ces formes d'exploitation ne se distinguent que par la manière et les moyens employés pour s'approprier le travail d'autrui. Par suite, les classes possédantes ne peuvent plus arguer hypocritement que le Droit, la Justice, l'Egalité des droits et des devoirs, l'Harmonie générale des intérêts règnent dans l'ordre social actuel. La société bourgeoise d'aujourd'hui, comme les sociétés antérieures, est une forme gigantesque d'exploitation de l'immense majorité du peuple par une minorité infime, qui ne cesse en outre de diminuer.

C'est sur ces deux bases capitalistes que repose le socialisme scientifique contemporain.

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Défense du marxisme

L’attitude de la bourgeoisie à l’égard du prolétariat.

La situation de la classe ouvrière en Angleterre (F. Engels -1845)

Je n'ai jamais vu une classe si profondément immorale, si incurablement pourrie et intérieurement rongée d'égoïsme, si incapable du moindre progrès que la bourgeoisie anglaise, et j'entends par là surtout la bourgeoisie proprement dite, singulièrement la bourgeoisie libérale, qui veut abroger les lois sur les grains. Pour elle il n'existe rien au monde qui ne soit là pour l'argent, sans l'excepter elle-même, car elle ne vit que pour gagner de l'argent et pour rien d'autre, elle ne connaît pas d'autre félicité que de faire une rapide fortune, pas d'autre souffrance que de perdre de l'argent 477. Avec une telle rapacité et une telle cupidité il est impossible qu'il existe un sentiment, une idée humaine qui ne soient souillés. Certes, ces bourgeois anglais sont de bons époux et de bons pères de famille, ils ont aussi toutes sortes de « vertus privées » comme on dit, et, dans les rapports de la vie courante, ils semblent tout aussi respectables et corrects que tous les autres bourgeois; même dans les affaires, on peut mieux traiter avec eux qu'avec les Allemands; ils ne marchandent et n'ergotent pas tant que nos épiciers, mais qu'importe tout cela ? En dernier ressort, le seul facteur décisif reste l'intérêt particulier et spécialement la volonté de gagner de l'argent. Un jour je pénétrai dans Manchester avec un de ces bourgeois et discutai avec lui de la construction déplorable, malsaine, de l'état épouvantable des quartiers ouvriers et déclarai n'avoir jamais vu une ville aussi mal bâtie. L'homme m'écouta calmement et au coin de la rue où il me quitta, il déclara : « And yet, there is a great deal of money made here. » (Et malgré tout, on gagne ici énormément d'argent.) « Au revoir, Monsieur! » Le bourgeois se moque éperdument de savoir si ses ouvriers meurent de faim ou pas, pourvu que lui gagne de l'argent.

Toutes les conditions de vie sont évaluées au critère du bénéfice, et tout ce qui ne procure pas d'argent est idiot, irréalisable, utopique. C'est pourquoi l'économie politique, science qui étudie les moyens de gagner de l'argent, est la science préférée de ces juifs usuriers. Ils sont tous économistes. Le rapport de l'industriel à l'ouvrier n'est pas un rapport humain, mais une relation purement économique. L'industriel est le « capital », l'ouvrier est le « travail ». Si l'ouvrier ne veut pas se laisser enfermer dans cette abstraction, s'il affirme qu'il n'est pas le « travail » mais un homme qui, il est vrai, possède entre autres la faculté de travailler, s'il s'avise de croire qu'il ne devrait pas se laisser vendre et acheter en tant que « travail », en tant que marchandise, sur le marché, l'entendement du bourgeois est alors comme frappé de stupeur. Il ne peut comprendre qu'il puisse avoir avec les ouvriers d'autres rapports que ceux de l'achat et de la vente, et il ne voit pas en eux des hommes mais des « mains » (hands), puisque c'est ce nom qu'il leur jette constamment à la face; et, comme dit Carlyle, il ne reconnaît pas d'autre relation d'un homme à un autre homme, que celle du paiement comptant. Même les liens entre lui et sa femme ne sont - dans 99 % des cas - qu'un « paiement comptant ». L'esclavage misérable dans lequel l'argent tient le bourgeois marque même le langage, du fait de la domination de la bourgeoisie; l'argent fait la valeur de l'homme; cet homme vaut 10,000 livres (he is worth ten thousands pounds), c'est-à-dire il les a. Quiconque a de l'argent est « respectable », appartient à « la meilleure catégorie de gens » (the better sort of people), est « influent » (influential) et ce qu'il accomplit fait époque dans son milieu. Le sordide esprit mercantile imprègne la langue tout entière, tous les rapports humains sont traduits en formules commerciales expliquées sous forme de catégories économiques. Commande et fourniture, demande et offre, supply and demand, telles sont les formules à l'aide desquelles la logique de l'Anglais juge toute la vie humaine. Voilà qui explique la libre concurrence partout, voilà qui explique le régime du « laissezfaire » et du « laisser-aller » dans l'administration, dans la médecine, l'éducation et bientôt aussi dans la religion où la domination de l'Église d'État s'effondre de plus en plus. La libre concurrence ne veut pas de limites, pas de contrôle d'État; tout l'État lui pèse, son voeu le plus cher serait d'être dans un régime tout à fait dépourvu d'État, où chacun pourrait exploiter son prochain à coeur joie comme dans la « société » de notre ami Stirner, par exemple. Mais comme la bourgeoisie ne peut se passer de l'État, ne serait-ce que pour tenir en respect le prolétariat qui lui est tout aussi nécessaire, elle utilise le premier contre le second et cherche à tenir l'État le plus possible à distance en ce qui la concerne.

Il ne faudrait cependant pas croire que l'Anglais « cultivé » fait si ouvertement étalage de cet égoïsme. Au contraire il le dissimule avec la plus vile hypocrisie. - Comment ? Vous dites que les riches Anglais ne pensent pas aux pauvres, eux qui ont bâti des établissements de bienfaisance comme on n'en voit dans aucun autre pays ? Oui-da, des établissements de bienfaisance ! Comme si c'était rendre service au prolétaire que de commencer par l'exploiter jusqu'au sang pour pouvoir ensuite apaiser sur lui avec complaisance et pharisaïsme votre prurit de charité et pour vous présenter à la face du monde en grands bienfaiteurs de l'humanité, alors que vous rendez à ce malheureux que vous avez sucé jusqu'à la moelle, la centième partie de ce qui lui revient ! Bienfaisance qui dégrade plus encore celui qui la pratique que celui qui la reçoit; bienfaisance qui enfonce encore davantage dans la poussière le malheureux qu'on a foulé aux pieds, qui implique que le paria déshumanisé, exclu de la société, renonce d'abord à la dernière chose qui lui reste, à son aspiration à la qualité d'homme, et mendie d'abord sa grâce auprès de la bourgeoisie, avant qu'elle lui fasse la grâce de lui imprimer sur le front, en lui faisant l'aumône, le sceau de la déshumanisation ! Mais à quoi bon ces réflexions. Écoutons la bourgeoisie anglaise elle-même. Il n'y a pas même un an, j'ai lu dans le Manchester Guardian la lettre suivante, adressée au Rédacteur en chef, qui la publia sans autre commentaire, comme une chose toute naturelle et raisonnable :

Monsieur le Rédacteur en chef,

Depuis quelque temps on rencontre dans les grandes rues de notre ville une foule de mendiants qui, tantôt par leurs vêtements en haillons et leur aspect maladif, tantôt par l'étalage de blessures béantes et d'infirmités repoussantes, cherchent à éveiller la pitié des passants de façon souvent fort impudente et fort offensante.

J'incline à croire que lorsqu'on paye non seulement l'impôt pour les pauvres, mais qu'on apporte en outre une généreuse contribution à l'entretien d'établissements de bienfaisance, on en a fait assez pour avoir le droit d'être enfin à l'abri d'importunités aussi désagréables et cyniques; et à quoi donc sert l'impôt si lourd que nous payons pour l'entretien de la police municipale, si la protection qu'elle nous accorde ne nous permet même pas d'aller tranquillement en ville ou d'en revenir ? - J'espère que la publication de ces lignes dans votre journal qui jouit d'une grande diffusion, incitera les pouvoirs publics à faire disparaître cette calamité (nuisance) et je reste

Votre très dévouée,

Une Dame.

Et voilà! La bourgeoisie anglaise pratique la charité par intérêt, elle ne fait jamais cadeau de rien, elle considère ses dons comme un marché, elle traite avec les pauvres une affaire et dit :

« Si je consacre tant à des fins philanthropiques, j'achète ainsi le droit de ne pas être importuné davantage et vous vous engagez en échange à rester dans vos antres obscurs et à ne pas irriter mes nerfs sensibles par l'étalage public de votre misère ! Vous pouvez toujours désespérer, mais faites-le en silence, je le stipule dans le contrat, je m'achète ce droit en versant ma cotisation de 20 livres pour l'hôpital! » Oh! l'infâme philanthropie que voilà d'un bourgeois chrétien. Et c'est ce qu'écrit « une dame », oui, vous avez lu, une dame, elle fait bien de signer de ce nom, elle n'a heureusement plus le courage de prendre le nom de femme! Mais si les dames sont comme ça, que sera-ce des « Messieurs » ? On dira qu'il s'agit là d'un cas isolé. Mais pas du tout, la lettre ci-dessus exprime bien les sentiments de la grande majorité de la bourgeoisie anglaise, sinon le rédacteur ne l'aurait pas acceptée, sinon elle aurait été suivie d'une réponse quelconque que j'ai vainement cherchée dans les numéros suivants. Et quant à l'efficacité de cette bienfaisance, le chanoine Parkinson lui-même affirme que les pauvres sont aidés bien davantage par leurs semblables que par la bourgeoisie; et une aide de ce genre, émanant d'un brave prolétaire qui sait lui-même ce qu'est la faim, pour qui le partage de son maigre repas représente un sacrifice, mais qui le fait avec joie, une telle aide rend un tout autre son que l'aumône jetée au pauvre par le bourgeois gavé.

Mais même dans les autres domaines, la bourgeoisie simule un humanitarisme sans bornes - mais seulement lorsque l'exige son propre intérêt. Ainsi en va-t-il dans sa politique et dans son économie politique.

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Défense du marxisme

Droit de l'homme contre droit du citoyen.

Extrait de « La Question juive » (K. Marx 1843)

On fait une distinction entre les « droits de l’homme » et les « droits du citoyen ». Quel est cet « homme » distinct du citoyen ? Personne d’autre que le membre de la société bourgeoise. Pourquoi le membre de la société bourgeoise est-il appelé « homme », homme tout court, et pourquoi ses droits sont-ils appelés droits de l’homme ? Qu’est-ce qui explique ce fait ? Par le rapport de l’État politique à la société bourgeoise, par l’essence de l’émancipation politique.

Constatons avant tout le fait que les « droits de l’homme », distincts des « droits du citoyen », ne sont rien d’autre que les droits du membre de la société bourgeoise, c’est-à-dire de l’homme égoïste, de l’homme séparé de l’homme et de la communauté. La Constitution la plus radicale, celle de 1793, a beau dire : Déclaration des droits de l’homme et du citoyen. « Art. 2. Ces droits (les droits naturels et imprescriptibles) sont : l’égalité, la liberté, la sûreté, la propriété. » En quoi consiste la « liberté » ? « Art. 6. La liberté est le pouvoir qui appartient à l’homme de faire tout ce qui ne nuit pas aux droits d’autrui. » Ou encore, d’après la Déclaration des droits de l’homme de 1791 : « La liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui. »

La liberté est donc le droit de faire tout ce qui ne nuit pas à autrui. Les limites dans lesquelles chacun peut se mouvoir sans nuire à autrui sont marquées par la loi, de même que la limite de deux champs est déterminée par un piquet. Il s’agit de la liberté de l’homme considéré comme monade isolée, repliée sur elle-même. (…) Mais le droit de l’homme, la liberté, ne repose pas sur les relations de l’homme avec l’homme, mais plutôt sur la séparation de l’homme d’avec l’homme. C’est le droit de cette séparation, le droit de l’individu limité à lui-même.

L’application pratique du droit de liberté, c’est le droit de propriété privée. Mais en quoi consiste ce dernier droit ?

« Le droit de propriété est celui qui appartient à tout citoyen de jouir et de disposer à son gré de ses biens, de ses revenus, du fruit de son travail et de son industrie. » (Constitution de 1793, art. 16.)

Le droit de propriété est donc le droit de jouir de sa fortune et d’en disposer « à son gré », sans se soucier des autres hommes, indépendamment de la société ; c’est le droit de l’égoïsme. C’est cette liberté individuelle, avec son application, qui forme la base de la société bourgeoise. Elle fait voir à chaque homme, dans un autre homme, non pas la réalisation, mais plutôt la limitation de sa liberté. Elle proclame avant tout le droit « de jouir et de disposer à son gré de ses biens, de ses revenus, du fruit de son travail et de son industrie ».

Restent les autres droits de l’homme, l’égalité et la sûreté.

Le mot « égalité » n’a pas ici de signification politique ; ce n’est que l’égalité de la liberté définie ci-dessus : tout homme est également considéré comme une telle monade basée sur elle-même. La Constitution de 1795 détermine le sens de cette égalité : « Art. 5. L’égalité consiste en ce que la loi est la même pour tous, soit qu’elle protège, soit qu’elle punisse. »

Et la sûreté ? La Constitution de 1793 dit : « Art. 8. La sûreté consiste dans la protection accordée par la société à chacun de ses membres pour la conservation de sa personne, de ses droits et de ses propriétés. » La sûreté est la notion sociale la plus haute de la société bourgeoise, la notion de la police : toute la société n’existe que pour garantir à chacun de ses membres la conservation de sa personne, de ses droits et de ses propriétés. C’est dans ce sens que Hegel appelle la société bourgeoise « l’État de la détresse et de l’entendement ».

La notion de sûreté ne suffit pas encore pour que la société bourgeoise s’élève au-dessus de son égoïsme. La sûreté est plutôt l’assurance de l’égoïsme. Aucun des prétendus droits de l’homme ne dépasse donc l’homme égoïste, l’homme en tant que membre de la société bourgeoise, c’est-à-dire un individu séparé de la communauté, replié sur lui-même, uniquement préoccupé de son intérêt personnel et obéissant à son arbitraire privé. L’homme est loin d’y être considéré comme un être générique ; tout au contraire, la vie générique elle-même, la société, apparaît comme un cadre extérieur à l’individu, comme une limitation de son indépendance originelle. Le seul lien qui les unisse, c’est la nécessité naturelle, le besoin et l’intérêt privé, la conservation de leurs propriétés et de leur personne égoïste.

La question juive au format pdf

En complément.

La proclamation universelle des droits de l'homme est tout juste bonne à justifier l'esclavagisme des temps modernes.

- "On a démontré comment la reconnaissance des droits de l'homme par l'État moderne ne signifie pas autre chose que la reconnaissance de l'esclavage par l'État antique. La base naturelle de l'État antique, c'était l'esclavage; celle de l'État moderne, c'est la société bourgeoise, l'homme de la société bourgeoise, c'est-à-dire l'homme indépendant, qui n'est rattaché à autrui que par le lien de l'intérêt privé et de la nécessité naturelle, dont il n'a pas conscience, l'esclavage du travail intéressé, de son propre besoin égoïste et du besoin égoïste d'autrui. L'État moderne, dont c'est là la base naturelle, l'a reconnue comme telle dans la proclamation universelle des droits de l'homme". (K. Marx – F. Engels : La sainte famille ou Critique de la critique critique)

Défense du marxisme

La dialectique ou la science des lois générales du mouvement et du développement de la nature, de la société humaine et de la pensée..

Chapitre XIII : Dialectique. Négation de la négation. Friedrich Engels : Anti-Duhring (1878).

Extraits.

C'est déjà un manque total d'intelligence de la nature de la dialectique, que de la tenir, comme fait M. Dühring, pour un instrument de pure démonstration, à la façon dont on peut se faire une idée bornée, disons de la logique formelle ou des mathématiques élémentaires. Même la logique formelle est avant tout une méthode pour trouver des résultats nouveaux, pour progresser du connu à l'inconnu, et cela est vrai, mais dans un sens bien plus élevé encore, de la dialectique qui, en outre, en brisant l'horizon étroit de la logique, contient le germe d'une vue plus vaste du monde.

(La négation de la négation) Une procédure très simple, qui s'accomplit en tous lieux et tous les jours, que tout enfant peut comprendre, dès qu'on élimine le fatras mystérieux sous lequel la vieille philosophie idéaliste la dissimulait et sous lequel des métaphysiciens incurables de la trempe de M. Dühring continuent à avoir intérêt à la cacher. Prenons un grain d'orge. Des milliards de grains d'orge semblables sont moulus, cuits et brassés, puis consommés. Mais si un grain d'orge de ce genre trouve les conditions qui lui sont normales, s'il tombe sur un terrain favorable, une transformation spécifique s'opère en lui sous l'influence de la chaleur et de l'humidité, il germe : le grain disparaît en tant que tel, il est nié, remplacé par la plante née de lui, négation du grain.

Mais quelle est la carrière normale de cette plante ? Elle croît, fleurit, se féconde et produit en fin de compte de nouveaux grains d'orge, et aussitôt que ceux-ci sont mûrs, la tige dépérit, elle est niée pour sa part. Comme résultat de cette négation de la négation, nous avons derechef le grain d'orge du début, non pas simple, mais en nombre dix, vingt, trente fois plus grand. (...)

Il n'en va pas autrement en histoire. Tous les peuples civilisés commencent par la propriété en commun du sol. Chez tous les peuples qui dépassent un certain stade primitif, cette propriété en commun devient, au cours de l'évolution de l'agriculture, une entrave pour la production. Elle est abolie, niée, transformée en propriété privée après des stades intermédiaires plus ou moins longs. Mais à un stade plus élevé du développement de l'agriculture atteint grâce à la propriété privée du sol elle-même, c'est inversement la propriété privée qui devient une entrave pour la production, - comme c'est aujourd'hui le cas aussi bien pour la petite que pour la grande propriété foncière. On voit surgir avec un caractère de nécessité la revendication qui tend à ce qu'elle soit niée également, à ce qu'elle soit retransformée en propriété commune. Mais cette revendication ne signifie pas la restauration de l'ancienne propriété en commun primitive, mais l'établissement d'une forme bien plus élevée et plus développée de propriété collective qui, bien loin de devenir une barrière pour la production sera, au contraire, la première à la libérer de ses entraves et à lui permettre la pleine utilisation des découvertes chimiques et des inventions mécaniques modernes.

Autre exemple encore. La philosophie antique était un matérialisme primitif naturel. En tant que tel, elle était inc apable de tirer au net le rapport de la pensée et de la matière. Mais la nécessité d'y voir clair conduisit à la doctrine d'une âme séparable du corps, puis à l'affirmation de l'immortalité de cette âme, enfin au monothéisme. Le matérialisme antique fut donc nié par l'idéalisme. Mais dans le développement ultérieur de la philosophie, l'idéalisme à son tour devint insoutenable et fut nié par le matérialisme moderne. Celui-ci, négation de la négation, n'est pas la simple réinstallation de l'ancien matérialisme, mais ajoute aux fondements persistants de celui-ci tout le contenu de pensée d'une évolution deux fois millénaire de la philosophie et des sciences de la nature, ainsi que de ces deux millénaires d'histoire eux-mêmes. Après tout ce n'est plus une philosophie, mais une simple vue du monde qui n'a pas à faire ses preuves et à se mettre en oeuvre dans une science des sciences à part, mais dans les sciences réelles. La philosophie est donc ici “ levée ”, c'est-à-dire à la fois “ surmontée et conservée”, surmontée dans sa forme, conservée dans son contenu réel.

Enfin, même la doctrine de l'égalité de Rousseau...

A l'état de nature et de sauvagerie, les hommes étaient égaux; et comme Rousseau tient déjà le langage pour une altération de l'état de nature, il a parfaitement raison d'appliquer l'égalité entre animaux d'une même espèce dans toute l'étendue de cette espèce à ces hommes -animaux récemment classifiés par hypothèse par Haeckel comme alales, privés de langage. Mais ces hommes -animaux égaux avaient sur le reste des animaux l'avantage d'une propriété : la perfectibilité, la possibilité d'évoluer ultérieurement 2; et ce fut la cause de l'inégalité.

Rousseau voit donc un progrès dans la naissance de l'inégalité. Mais ce progrès était antagoniste, c'était en même temps un recul.

“ Tous les progrès ultérieurs [au delà de l'état de nature] ont été en apparence autant de pas vers la perfection de l'individu, et en effet, vers la décrépitude de l'espèce ... La métallurgie et l'agriculture furent les deux arts dont l'invention produisit cette grande révolution. ” (La transformation de la forêt vierge en terre cultivée, mais aussi l'introduction de la misère et de la servitude au moyen de la propriété.)

“ Pour le poète, c'est l'or et l'argent, mais pour le philosophe ce sont le fer et le blé qui ont civilisé les hommes et perdu le genre humain. ”

Tout nouveau progrès de la civilisation est, en même temps, un nouveau progrès de l'inégalité. Toutes les institutions que se donne la société née avec la civilisation, tournent à l'encontre de leur but primitif.

“ Il est incontestable, et c'est la maxime fondamentale de tout le droit politique, que les peuples se sont donné des chefs pour défendre leur liberté et non les asservir.”

Et cependant, ces chefs deviennent nécessairement les oppresseurs des peuples et renforcent cette oppression Jusqu'au point où l'inégalité, poussée à son comble, se retransforme en son contraire, devient cause de l'égalité : devant le despote tous sont égaux, à savoir égaux à zéro.

“ C'est ici le dernier terme de l'inégalité et le point extrême qui ferme le cercle et touche au point d'où nous sommes partis : c'est ici que tous les particuliers redeviennent égaux, parce qu'ils ne sont rien et que les sujets n'ont plus d'autre loi que la volonté du maître.”

Mais le despote n'est maître que tant qu'il a la violence et c'est pourquoi “ sitôt qu'on peut l'expulser, il n'a point à réclamer contre la violence... La seule force le maintenait, la seule force le renverse. Toutes choses se passent ainsi selon l'ordre naturel. ”

Et ainsi, l'inégalité se change derechef en égalité, non toutefois en cette vieille égal ité naturelle de l'homme primitif privé de la parole, mais dans l'égalité supérieure du contrat social. Les oppresseurs subissent l'oppression. C'est la négation de la négation. (...)

Qu'est-ce donc que la négation de la négation ? Une loi de développement de la nature, de l'histoire et de la pensée extrêmement générale et, précisément pour cela, revêtue d'une portée et d'une signification extrêmes; loi qui, nous l'avons vu, est valable pour le règne animal et végétal, pour la géologie, les mathématiques, l'histoire, la philosophie, et à laquelle M. Dühring lui-même, bien qu'il se rebiffe et qu'il regimbe : est obligé à son insu d'obéir à sa manière. (...)

Si je dis de tous ces processus qu'ils sont négation de la négation, je les comprends tous ensemble sous cette unique loi du mouvement et, de ce fait, je ne tiens précisément pas compte des particularités de chaque processus spécial pris à part. En fait la dialectique n'est pas autre chose que la science des lois générales du mouvement et du développement de la nature, de la société humaine et de la pensée.

Eugen Dühring, un social-démocrate allemand tardif, universitaire vaniteux, ennemi de la dialectique et donc du socialisme scientifique développé par Marx et Engels, au profit de "vérités éternelles", un vulgaire fatras de "de stupidité(s) d'une part et de banalité(s) d'autre part, écrira le 28 mai 1876 Engels à Marx en lui communiquant son "plan" d'Anti-Dühring.

J'ai reproduit ces passages parce qu'ils sont à la portée de tous. Ne pas populariser la dialectique au sein de la population est inexcusable.

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Défense du marxisme

Socialisme contre sentimentalisme.

Socialisme de juristes. - (F. Engels et K. Kautsky -1886)

Au moyen âge la conception du monde était essentiellement théologique. L’unité du monde européen qui n’existait pas en fait à l’intérieur, fut réalisée à l’extérieur, contre l’ennemi commun, les Sarrazins, par le christianisme. C’est le catholicisme qui fut le creuset de l’unité du monde européen, groupe de peuples en rapports mutuels constants au cours de leur évolution. Ce rassemblement théologique ne se limita pas au domaine des idées. Il avait une existence réelle, non seulement dans la personne du pape qui était son centre monarchique, mais avant tout dans l’Eglise organisée féodalement et hiérarchiquement, et qui, en sa qualité de propriétaire d’environ un tiers du sol, détenait dans chaque pays une puissance politique énorme dans l’organisation féodale. L’Eglise, avec sa propriété foncière de type féodal, était le lien réel entre les divers pays ; l’organisation féodale de l’Eglise donnait sa consécration religieuse au féodalisme temporel de l’organisation politique. Le clergé était en outre la seule classe cultivée. Il allait donc de soi que le dogme de l’Eglise devait être le point de départ et la base de toute pensée. Droit, science de la nature, philosophie, l’étalon appliqué à toute connaissance était le suivant : son contenu concorde-t-il avec les enseignements de l’Eglise ou non ?

Mais au sein de la féodalité se développait la puissance de la bourgeoisie. Une classe nouvelle entrait en scène contre les grands propriétaire fonciers. Les bourgeois des villes étaient avant tout et exclusivement des producteurs de marchandises et vivaient du commerce des marchandises, alors que le mode de production féodal reposait essentiellement sur l’auto-consommation des produits fabriqués à l’intérieur d’un cercle restreint — ces consommateurs étant en partie les producteurs, en partie les féodaux qui levaient tribut. La conception catholique du monde, taillée à la mesure du féodalisme, ne pouvait plus suffire à cette classe nouvelle et à ses conditions de production et d’échange. Cependant elle resta prisonnière elle aussi un temps assez long de la toute-puissante théologie. Toutes les Réformes et les luttes qui s’y rattachent et furent menées du XIIIe au XVIIe siècle sous une raison sociale religieuse, ne sont, sous leur aspect théorique, que des tentatives répétées de la bourgeoisie des plébéiens des villes et de leurs alliés les paysans en rébellion, pour ajuster la vieille conception théologique du monde aux conditions économiques nouvelles et à la situation de la classe nouvelle. Mais cela n’allait pas. L’étendard religieux flotta pour la dernière fois en Angleterre au XVIIe siècle, et, cinquante ans plus tard à peine, la nouvelle conception classique de la bourgeoisie, la conception juridique entra en scène en France sans déguisement.

C’était une sécularisation de la conception théologique. Au dogme, au droit divin se substituait le droit humain, à l’Eglise l’Etat. Les rapports économiques et sociaux, que l’on s’était autrefois représentés comme créés par l’Eglise et le dogme, parce que l’Eglise leur donnait sa sanction, on se les représentait maintenant comme fondés sur le droit et créés par l’Etat. Parce que l’échange des marchandises à l’échelle de la société et dans son plein épanouissement, favorisé notamment par l’octroi d’avances et de crédit, engendrait de complexes relations contractuelles réciproques et exigeait de ce fait des règles de portée générale qui ne pouvaient être édictées que par la collectivité — normes juridiques fixées par l’Etat —, on se figura que ces normes juridiques n’avaient pas pour origine les faits économiques, mais que c’était leur codification formelle par l’Etat qui leur donnait naissance. Et parce que la concurrence, qui est la forme fondamentale des relations entre libres producteurs de marchandises, est la plus grande niveleuse qui soit, l’égalité devant la loi devint le grand cri de guerre de la bourgeoisie. La lutte de cette classe ascendante contre les seigneurs féodaux et la monarchie absolue qui les protégeait alors, devait nécessairement, comme toute lutte de classes, être une lutte politique, une lutte pour la possession de l’Etat, et c’était nécessairement une lutte pour la satisfaction de revendications juridiques : ce fait contribua à consolider la conception juridique du monde.

Mais la bourgeoisie engendra son double négatif, le prolétariat, et avec lui une nouvelle lutte de classes, qui éclaté avant même que la bourgeoisie eût entièrement conquis le pouvoir politique. De même que, naguère, la bourgeoisie dans as lutte contre la noblesse avait, par tradition, traîné la conception théologie du monde pendant un certain temps encore, de même au début le prolétariat a repris de son adversaire les conceptions juridiques et à cherché à y puiser des armes contre la bourgeoisie. Les premières formations politiques prolétariennes comme leurs théoriciens, demeurent absolument sur le « terrain juridique » à la seule différence que leur terrain juridique n’était pas le même que celui de la bourgeoisie. D’une part la revendication de l’égalité était étendue : l’égalité juridique devait être complétée par l’égalité sociale ; d’autre part, des propositions d’Adam Smith — selon qui, le travail est la source de toute richesse, mais le produit du travail est la source de toute richesse, mais le produit du travail doit être partagé par le travailleur avec le propriétaire foncier et le capitaliste —, on tirait la conclusion que ce partage était injuste et devait être soit aboli, soit au moins modifié au profit des travailleurs. Mais le sentiment qu’en laissant cette question sur le seul terrain « du droit » on ne pourrait nullement éliminer les méfaits engendrés par le mode de production du capitalisme bourgeois et surtout par la grande industrie moderne, conduisit déjà les plus importants esprits, chez les premiers socialistes — Saint-Simon, Fourier et Owen — à délaisser complètement le terrain juridico-politique et à déclarer que toute lutte politique était stérile.

Ni l’une, ni l’autre de ces conceptions ne suffisait à exprimer de façon satisfaisante ni à résumer totalement les aspirations de la classe ouvrière à l’émancipation qu’avaient engendrées la situation économique. La revendication de l’égalité, tout comme la revendication du produit total du travail, se perdaient dans d’inextricables contradictions dès qu’on cherchait à les formuler en détail sur le terrain juridique et ne touchaient pas ou peu au nœud du problème, la transformation du mode de production. Refusant la lutte politique, les grands utopistes refusaient du même coup la lutte de classes et par là refusaient du même coup la lutte de classes et par là refusaient le seul mode d’action possible pour la classe dont ils défendaient les intérêts. Ces deux conceptions faisaient abstraction de l’arrière-plan historique à qui elles étaient redevables de leur existence ; elles faisaient appel toutes les deux au sentiment ; l’une faisait appel au sentiment du droit, l’autre au sentiment d’humanité. Elles donnaient toutes les deux à leurs exigences la forme de vœux pieux dont il était impossible de dire pourquoi ils se seraient réalisés juste à ce moment et non mille ans plus tôt ou plus tard.

Pour la classe ouvrière dépouillée, par la transformation du mode de production féodal en mode de production capitaliste, de toute propriété sur les moyens de production, et constamment reproduite par le mécanisme du système de production capitaliste dans cet état héréditaire de prolétarisation, l’illusion juridique de la bourgeoisie ne peut suffire à exprimer totalement la situation où elle se trouve. Elle ne peut prendre elle-même une connaissance complète de cette situation que si elle regarde les choses dans leur réalité, sans lunettes teintées de couleurs juridiques. C’est à cela que l’aida Marx avec sa conception matérialiste de l’histoire, en démontrant que toutes les représentations juridiques, politiques, philosophiques, religieuses, etc. des hommes dérivent en dernière instance de leurs conditions de vie économiques, de leur manière de produire et d’échanger les produits. Il fournissait là au prolétariat la conception du monde correspondant à ses conditions de vie et de lutte ; à l’absence de propriété des travailleurs ne pouvait correspondre que l’absence d’illusions dans leur tête. Et cette conception prolétarienne du monde fait maintenant le tour du monde…

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Défense du marxisme

Socialisme contre opportunisme liquidateur.

L'impérialisme et la scission du socialisme . - (V. Lénine -1916)

L'impérialisme et la scission du socialisme - V. Lénine - Rédigé en octobre 1916 et publié en décembre 1916 dans le n° 2 du « Recueil du Social-Démocrate ».

Extraits. Le prolétariat est un produit du capitalisme, du capitalisme mondial et pas seulement européen, pas seulement impérialiste. A l'échelle mondiale, que ce soit cinquante ans plus tôt ou cinquante ans plus tard,- à cette échelle, c'est une question de détail,- il est bien évident que le « prolétariat » « sera » uni, et qu'en son sein la social-démocratie révolutionnaire vaincra « inéluctablement ». Il ne s'agit pas de cela, messieurs les kautskistes, il s'agit du fait que maintenant, dans les pays impérialistes d'Europe, vous rampez à plat ventre devant les opportunistes, qui sont étrangers au prolétariat en tant que classe, qui sont les serviteurs, les agents de la bourgeoisie, les véhicules de son influence; et s'il ne s'affranchit pas d'eux, le mouvement ouvrier restera un mouvement ouvrier bourgeois. (Et c'est ce qu'il est resté en renforçant cette tendance. - LVOG) Votre propagande en faveur de I' « unité » avec les opportunistes, avec les Legien et les David, les Plékhanov ou les Tchkhenkéli, les Potressov, etc., revient objectivement à favoriser l'asservissement des ouvriers par la bourgeoisie impérialiste, à l'aide de ses meilleurs agents au sein du mouvement ouvrier. (Quand on voit comment ils ont traité la question syrienne, on en arrive à cette conclusion là concernant nos dirigeants. - LVOG)

(...)

Dans sa lettre à Marx du 7 octobre 1858, Engels écrivait :

« En réalité, le prolétariat anglais s'embourgeoise de plus en plus, et il semble bien que cette nation bourgeoise entre toutes veuille en arriver à avoir, à côté de sa bourgeoise, une aristocratie bourgeoise et un prolétariat bourgeois. Évidemment, de la part d'une nation qui exploite le monde entier, c'est jusqu'à un certain point logique. »

Dans sa lettre à Sorge du 21 septembre 1872, Engels fait savoir que Hales a provoqué au Conseil fédéral de l'Internationale un grand esclandre et a fait voter un blâme à Marx pour avoir dit que « les chefs ouvriers anglais s'étaient vendus ». Marx écrit à Sorge le 4 août 1874 :

« En ce qui concerne les ouvriers des villes (en Angleterre), il y a lieu de regretter que toute la bande des chefs ne soit pas entrée au Parlement. C'eût été le plus sûr moyen de se débarrasser de cette racaille. »

Dans sa lettre à Marx du 11 août 1881, Engels parle des « pires trade-unions anglaises, qui se laissent diriger par des hommes que la bourgeoisie a achetés ou tout au moins payés ». Dans sa lettre à Kautsky du 12 septembre 1882, Engels écrivait :

« Vous me demandez ce que les ouvriers anglais pensent de la politique coloniale. Exactement ce qu'ils pensent de la politique en général. Ici, point de parti ouvrier, il n'y a que des conservateurs et des radicaux libéraux; quant aux ouvriers, ils jouissent en toute tranquillité avec eux du monopole colonial de l'Angleterre et de son monopole sur le marché mondial. »

Le 7 décembre 1889, Engels écrit à Sorge :

« ... Ce qu'il y a de plus répugnant ici (en Angleterre), c'est la « respectabilité » (respectability) bourgeoise, qui pénètre jusque dans la chair des ouvriers ... même Tom Mann, que je considère comme le meilleur de tous, confie très volontiers qu'il déjeunera avec le lord-maire. Lorsqu'on fait la comparaison avec les Français, on voit ce que c'est que la révolution.»

Dans une lettre du 19 avril 1890 :

« le mouvement (de la classe ouvrière en Angleterre) progresse sous la surface, il gagne des couches de plus en plus larges, et surtout parmi la masse inférieure (souligné par Engels) jusque-là immobile. Le jour n'est pas loin où cette masse se retrouvera elle-même, où elle aura compris que c'est elle, précisément, qui est cette masse colossale en mouvement».

Le 4 mars 1891 :

« l'échec de l'union des dockers qui s'est désagrégée; les « vieilles » trade-unions conservatrices, riches et partant poltronnes, restent seules sur le champ de bataille »...

Le 14 septembre 1891 : au congrès des trade-unions à Newcastle, ont été vaincus les vieux unionistes, adversaires de la journée de huit heures, « et les journaux bourgeois avouent la défaite du parti ouvrier bourgeois » (souligné partout par Engels)...

Que ces pensées d'Engels, reprises pendant des dizaines d'années, aient aussi été formulées par lui publiquement, dans la presse, c'est ce que prouve sa préface à la deuxième édition (1892) de La situation des classes laborieuses en Angleterre. Il y traite de « l'aristocratie de la classe ouvrière », de la « minorité privilégiée des ouvriers », qu'il oppose à la « grande masse des ouvriers ». « La petite minorité privilégiée et protégée » de la classe ouvrière bénéficiait seule des « avantages durables » de la situation privilégiée de l'Angleterre en 1848-1868; « la grande masse, en mettant les choses au mieux, ne bénéficiait que d'améliorations de courte durée »... « Avec l'effondrement du monopole industriel de l'Angleterre, la classe ouvrière anglaise perdra sa situation privilégiée ... »

Les membres des « nouvelles » unions, des syndicats d'ouvriers non spécialisés, « ont un avantage inappréciable : leur mentalité est un terrain encore vierge, parfaitement libre du legs des « respectables » préjugés bourgeois, qui désorientent les esprits des « vieux unionistes » mieux placés » ... Les « prétendus représentants ouvriers », en Angleterre, sont des gens « à qui on pardonne leur appartenance à la classe ouvrière, parce qu'ils sont eux-mêmes prêts à noyer cette qualité dans l'océan de leur libéralisme »...

C'est à dessein que nous avons reproduit des extraits assez abondants des déclarations on ne peut plus explicites de Marx et d’Engels, afin que les lecteurs puissent les étudier dans leur ensemble. Et il est indispensable de les étudier, il vaut la peine d'y réfléchir attentivement. Car là est le noeud de la tactique imposée au mouvement ouvrier par les conditions objectives de l'époque impérialiste.

(...)

La. bourgeoisie d'une « grande » puissance impérialiste peut, économiquement, soudoyer les couches supérieures de « ses » ouvriers en sacrifiant à cette fin quelque cent ou deux cent millions de francs par an, car son surprofit s'élève probablement à près d'un milliard. Et la question de savoir comment cette petite aumône est partagée entre ouvriers-ministres, « ouvriers-députés » (rappelez-vous l'excellente analyse donnée de cette notion par Engels), ouvriers-membres des comités des industries de guerre, ouvriers-fonctionnaires, ouvriers organisés en associations étroitement corporatives, employés, etc., etc., c'est là une question secondaire. (Nos détracteurs n'ont plus qu'à en conclure que Marx, Engels et Lénine étaient de farouches ennemis de la classe ouvrière, des employés et particulièrement des fonctionnaires. - LVOG)

(...) Le monopole du capital financier actuel est furieusement disputé; l'époque des guerres impérialistes a commencé. Autrefois l'on pouvait soudoyer, corrompre pour des dizaines d'années la classe ouvrière de tout un pays. Aujourd'hui, ce serait invraisemblable, voire impossible ; par contre, chaque « grande » puissance impérialiste peut soudoyer et soudoie des couches moins nombreuses (que dans l'Angleterre des années 1848 à 1868) de l'« aristocratie ouvrière ». Autrefois, un « parti ouvrier bourgeois », selon l'expression remarquablement profonde d'Engels, ne pouvait se constituer que dans un seul pays, attendu qu'il était seul à détenir le monopole, mais en revanche pour longtemps. Aujourd'hui, « le parti ouvrier bourgeois» est inévitable et typique pour tous les pays impérialistes; mais, étant donné leur lutte acharnée pour le partage du butin, il est improbable qu'un tel parti puisse triompher pour longtemps dans plusieurs pays. (Et pourtant ! - LVOG) Car les trusts, l'oligarchie financière, la vie chère, etc., en permettant de corrompre de petits groupes de l'aristocratie ouvrière, écrasent, oppriment, étouffent et martyrisent de plus en plus la masse du prolétariat et du semi-prolétariat.

D'une part, la tendance de la bourgeoisie et des opportunistes à transformer une poignée de très riches nations privilégiées en parasites « à perpétuité » vivant sur le corps du reste de l'humanité, à « s'endormir sur les lauriers » de l'exploitation des Noirs, des Indiens, etc., en les maintenant dans la soumission à l'aide du militarisme moderne pourvu d'un excellent matériel d'extermination. (Il s'est perfectionné depuis et les dirigeants syndicaux en sont fiers, Mélenchon et Laurent aussi ! - LVOG)

D'autre part, la tendance des masses, opprimées plus que par le passé et subissant toutes les affres des guerres impérialistes, à secouer ce joug, à jeter bas la bourgeoisie. C'est dans la lutte entre ces deux tendances que se déroulera désormais inéluctablement l'histoire du mouvement ouvrier. Car la première tendance n'est pas fortuite : elle est économiquement « fondée ».

La bourgeoisie a déjà engendré et formé à son service des « partis ouvriers bourgeois » de social-chauvins dans tous les pays. (A ceci près de nos jours qu'aucune tendance du mouvement ouvrier n'organise les éléments les plus déterminés des masses dans la perspective de "jeter bas la bourgeoisie", ils ont tous capitulé ou sont tous idéologiquement corrompus. - LVOG)

(...)

Sur la base économique indiquée, les institutions politiques du capitalisme moderne - la presse, le Parlement, les syndicats, les congrès, etc. - ont créé à l'intention des ouvriers et des employés réformistes et patriotes, respectueux et bien sages, des privilèges et des aumônes politiques correspondant aux privilèges et aux aumônes économiques. Les sinécures lucratives et de tout repos dans un ministère ou au comité des industries de guerre, au Parlement et dans diverses commissions, dans les rédactions de « solides » journaux légaux ou dans les directions de syndicats ouvriers non moins solides et « d'obédience bourgeoise »,- voilà ce dont use la bourgeoisie impérialiste pour attirer et récompenser les représentants et les partisans des « partis ouvriers bourgeois ». (Notez bien les "représentants" et les "partisans des « partis ouvriers bourgeois »" ou ceux qui ne peuvent pas s'en passer ce qui revient au même. - LVOG)

Le mécanisme de la démocratie politique joue dans le même sens. Il n'est pas question, au siècle où nous sommes, de se passer d'élections; on ne saurait se passer des masses; or, à l'époque de l'imprimerie et du parlementarisme, on ne peut entraîner les masses derrière soi sans un système largement ramifié, méthodiquement organisé et solidement outillé de flatteries, de mensonges, d'escroqueries, de jongleries avec des mots populaires à la mode, sans promettre à droite et à gauche toutes sortes de réformes et de bienfaits aux ouvriers, pourvu qu'ils renoncent à la lutte révolutionnaire pour la subversion de la bourgeoisie. (Ici le "or" avait valeur d'objection, il signifiait que la participation aux élections ou au parlementarisme n'était pas une obligation, et que soutenir la gauche c'était plutôt se compromettre qu'autre chose. Lénine rejetait l'argument falacieux selon lequel il fallait absolument participer aux élections pour ne pas "se passer des masses" ou les appeler à voter pour tel ou tel parti ou candidat... A partir du moment où les trotskystes considéraient que l'avènement de la Ve République correspondait à un "coup d'Etat permanent", pour être cohérent avec ce constat à aucun moment ils n'auraient dû participer à une élection ou soutenir un parti ou un candidat y participant. - LVOG)

(...)

Et y a-t-il une grande différence entre Lloyd George et les Scheidemann, les Legien, les Henderson et les Hyndman, les Plékhanov, les Renaudel et consorts ? Parmi ces derniers, nous objectera-t-on, il en est qui reviendront au socialisme révolutionnaire de Marx. C'est possible, mais c'est là une différence de degré insignifiante si l'on considère la question sur le plan politique, c'est-à-dire à une échelle de masse. (Eh oui, c'est à l'échelle des masses que l'on évalue les rapports que l'on doit avoir avec les partis et les institutions ! Et c'est vers les masses qu'il faut se tourner résolument et non vers les élus du PS ou du PCF, les républicains, les démocrates, les intellectuels, les cadres syndicaux, l'aristocratie ouvrière, ne parlons des francs-maçons !. - LVOG) Certains personnages parmi les chefs social-chauvins actuels peuvent revenir au prolétariat. Mais le courant social-chauvin ou (ce qui est la même chose) opportuniste ne peut ni disparaître, ni « revenir » au prolétariat révolutionnaire. Là où le marxisme est populaire parmi les ouvriers, ce courant politique, ce « parti ouvrier bourgeois », invoquera avec véhémence le nom de Marx. On ne peut le leur interdire, comme on ne peut interdire à une firme commerciale de faire usage de n'importe quelle étiquette, de n'importe quelle enseigne ou publicité. On a toujours vu, au cours de l'histoire, qu'après la mort de chefs révolutionnaires populaires parmi les classes opprimées, les ennemis de ces chefs tentaient d'exploiter leur nom pour duper ces classes. (Ajoutons et leurs militants. - LVOG)

C'est un fait que les « partis ouvriers bourgeois », en tant que phénomène politique, se sont déjà constitués dans tous les pays capitalistes avancés, et que sans une lutte décisive et implacable, sur toute la ligne, contre ces partis ou, ce qui revient au même, contre ces groupes, ces tendances, etc., il ne saurait être question ni de lutte contre l'impérialisme, ni de marxisme, ni de mouvement ouvrier socialiste. (Avez-vous régulièrement un tel discours dans les journaux du POI, du NPA ou de LO ? Vous connaissez tous la réponse. - LVOG)

(...)

Nous n'avons pas la moindre raison de croire que ces partis puissent disparaître avant la révolution sociale. Au contraire, plus cette révolution se rapprochera, plus puissamment elle s'embrasera, plus brusques et plus vigoureux seront les tournants et les bonds de son développement, et plus grand sera, dans le mouvement ouvrier, le rôle joué par la poussée du flot révolutionnaire de masse contre le flot opportuniste petit bourgeois. Le kautskisme ne représente aucun courant indépendant; il n'a de racines ni dans les masses, ni dans la couche privilégiée passée à la bourgeoisie. (On pourrait en dire de même du POI, du NPA et de LO, alors que leurs courants politiques existent depuis plus d'un demi-siècle. - LVOG) Mais le kautskisme est dangereux en ce sens qu'utilisànt l'idéologie du passé, il s'efforce de concilier le prolétariat avec le « parti ouvrier bourgeois », de sauvegarder l'unité du prolétariat avec ce parti et d'accroître ainsi le prestige de ce dernier. (C'est exactement ce à quoi se sont efforcés avec acharnement les trotskystes depuis 1940. - LVOG) Les masses ne suivent plus les social-chauvins déclarés; Lloyd George a été sifflé en Angleterre dans des réunions ouvrières; Hyndman a quitté le parti; les Renaudel et les Scheidemann, les Potressov et les Gvozdev sont protégés par la police. Rien n'est plus dangereux que la défense déguisée des social-chauvins par les kautskistes. (Sous le masque du trotskysme par exemple. - LVOG)

L'un des sophismes kautskistes les plus répandus consiste à se référer aux « masses ». Nous ne voulons pas, prétendent-ils, nous détacher des masses et des organisations de masse ! (Décidément, encore une troublante similitude avec les trotskystes. - LVOG) Mais réfléchissez à la façon dont Engels pose la question. Les « organisations de masse » des trade-unions anglaises étaient au XIX° siècle du côté du parti ouvrier bourgeois. Marx et Engels ne recherchaient pas pour autant une conciliation avec ce dernier, mais le dénonçaient. Ils n'oubliaient pas, premièrement, que les organisations des trade-unions englobent directement une minorité du prolétariat. Dans l'Angleterre d'alors comme dans l'Allemagne d'aujourd'hui, les organisations ne rassemblent pas plus de 1/5 du prolétariat. On ne saurait penser sérieusement qu'il soit possible, en régime capitaliste, de faire entrer dans les organisations la majorité des prolétaires.

Deuxièmement, et c'est là l'essentiel, il ne s'agit pas tellement du nombre des adhérents à l'organisation (Les trotskystes justifieront justement leurs rapports avec le PS et le PCF et le front unique en avançant cet argument rejeté par Marx, Engels et Lénine. - LVOG) que de la signification réelle, objective, de sa politique : cette politique représente-t-elle les masses, sert-elle les masses, c'est-à-dire vise-t-elle à les affranchir du capitalisme, ou bien représente-t-elle les intérêts de la minorité, sa conciliation avec le capitalisme ? C'est précisément cette dernière conclusion qui était vraie pour l'Angleterre du XIX° siècle, et qui est vraie maintenant pour l'Allemagne, etc.

Engels distingue entre le « parti ouvrier bourgeois » des vieilles trade-unions, la minorité privilégiée, et la « masse inférieure », la majorité véritable; il en appelle à cette majorité qui n'est pas contaminée par la « respectabilité bourgeoise ». Là est le fond de la tactique marxiste ! (Tactique à laquelle la totalité des trotskystes tourneront résolument le dos. - LVOG)

(...)

En montrant que les opportunistes et les social-chauvins trahissent en fait lés intérêts de la masse, défendant les privilèges momentanés d'une minorité d'ouvriers (Nos détracteurs en font partie, ceci explique sans doute cela. - LVOG), propagent les idées et l'influence bourgeoises et sont en fait les alliés et les agents de la bourgeoisie, nous apprenons aux masses à discerner leurs véritables intérêts politiques et à lutter pour le socialisme et la révolution à travers les longues et douloureuses péripéties des guerres impérialistes et des armistices impérialistes. (En tous temps on peut lutter pour le socialisme et la révolution, allez dire cela aux opportunistes qui parlent en notre nom. Non, tout compte fait c'est inutile et ce serait une perte de temps, ils sont incurables. - LVOG)

Expliquer aux masses que la scission avec l'opportunisme est inévitable et nécessaire, les éduquer pour la révolution par une lutte implacable contre ce dernier, mettre à profit l'expérience de la guerre pour dévoiler toutes les ignominies de la politique ouvrière nationale libérale au lieu de les camoufler : telle est la seule ligne marxiste dans le mouvement ouvrier mondial.

(Un siècle nous séparant de cet article, depuis l'opportunisme a emprunté une multitude de masques, aux partis politiques issus des IIe, IIIe et IVe Internationale, il faut ajouter les ONG et les associations en tous genres à but dit humanitaire ou social qui sont censées soulager la misère des masses et qui en réalité ne font qu'en prolonger les souffrances ou perpétuer l'agonie. Terminons sur une note optimiste, en espérant que la crise qui traverse tous les partis ouvriers et les scissions auxquelles elle donnera lieu, permettront de refonder l'avant-garde révolutionnaire sur la base du marxisme et du socialisme, espérons que de nouvelles générations de militants sauront se délivrer du poison mortel de l'opportunisme et renoueront avec la tradition révolutionnaire du prolétariat du début du XXe siècle. - LVOG)

L'intégralité de l'article de Lénine au format pdf

Défense du marxisme

Les guerres nationales bourgeoises renferme des leçons extraordinairement instructives.

Extraits de Défense du marxisme. (Léon Trotsky - Coyoacan - Le 24 janvier 1940)

- Rappelons une fois de plus l'alphabet. Dans la sociologie marxiste le point de départ initial de l'analyse est la définition de classe d'un phénomène donné: Etat, parti, tendance philosophique, école littéraire... etc. Dans la plupart des cas cependant la pure et simple définition de classes est insuffisante car une classe est composée de différentes couches, elle passe par différents stades de développement, elle est soumise à l'influence d'autres classes. Il est nécessaire pour une analyse complète de tenir compte de ces facteurs de deuxième ou de troisième ordre soit en partie soit en totalité, en fonction du but recherché. Mais pour un marxiste l'analyse est impossible sans une caractérisation de classe du phénomène considéré.

- Le petit-bourgeois tend inévitablement à détacher les événements politiques de leur fondement social car toute approche de classe à l'égard des faits est organiquement étrangère à la position et à l'éducation du petit-bourgeois.

- L'exemple des guerres nationales bourgeoises renferme, effectivement, des leçons extraordinairement instructives, mais Shachtman est passé à côté sans y réfléchir. Marx et Engels aspiraient à une Allemagne républicaine unifiée. Pendant la guerre de 1870-71 ils se rangèrent du côté des Allemands, bien que les parasites dynastiques exploitassent et déformassent ce combat. Shachtman insiste sur le fait que Marx et Engels se tournèrent sans délai contre la Prusse dès qu'elle annexa l'Alsace et la Lorraine. Mais ce changement d'attitude ne fait qu'illustrer notre pensée avec encore plus de clarté. Il est impossible d'oublier une seule minute qu'il s'agissait d'une guerre entre deux Etats bourgeois. Ainsi le dénominateur de classe était commun aux deux camps. On ne pouvait donc décider de quel côté se trouvait le "moindre mal" -dans la mesure où l'histoire laissait le choix- qu'en fonction de facteurs complémentaires. Du côté des Allemands il s'agissait de créer un Etat bourgeois national, comme arène de l'économie et de la culture. L'Etat national constituait alors un facteur historique progressiste. Dans cette mesure Marx et Engels se tenaient du côté des Allemands, malgré le Hohenzollern et ses junkers. L'annexion de l'Alsace et de la Lorraine brisait le principe de l'Etat national, tant vis-à-vis de la France que vis-à-vis de l'Allemagne et préparait la guerre de revanche. Il est naturel que Marx et Engels se soient alors brutalement retournés contre la Prusse. Ils ne risquaient pas en cela de rendre service à un système économique inférieur face à un système supérieur, les rapports bourgeois, je le rappelle, dominant dans les deux camps. Si la France, en 1870, avait été un Etat ouvrier, Marx et Engels se seraient trouvés de son côté dès le début du conflit puisque -on éprouve quelque malaise à le rappeler- le critère de classe dirigeait toute leur activité.

(...) Il est superflu d'ajouter que le rôle du Hohenzollern dans la guerre de 1870-71 ne justifiait nullement le rôle historique général de la dynastie, ni son existence même. Fin de l'extrait.

En 2011, 140 ans plus tard il ne restera plus rien de ces "leçons extraordinairement instructives" au sein du mouvement ouvrier français (notamment).

Que Kadhafi ait incarné l'unité et la souveraineté de la Lybie, le pays le plus développé du continent africain, qu'Assad ait incarné une république laïque et un des pays les plus développés du Proche-Orient, face à des régimes monarchiques, féodaux, archaïques, de terribles dictatures pratiquant la charia, alors que ces deux Etats indépendants et souverains résisteront à l'impérialisme américain prêt à les détruire, à les disloquer si nécessaire en recourant à une horde de barbares sanguinaires pour parvenir à ses fins, les dirigeants du mouvement ouvrier de tous les partis sans exception reproduiront le discours des représentants de la réaction en présentant leurs chefs d'Etat comme de terribles dictateurs à la tête de régimes tyranniques.

Les dirigeants de tous les partis sans exception du mouvement ouvrier ne tiendront pas compte non plus que Kadhafi et Assad bénéficiaient du soutien de l'immense majorité de leurs peuples. A aucun moment ils ne produiront une analyse sur la situation en Libye et en Syrie sur la base des rapports existant entre les classes dans ces pays en les reliant au développement du capitalisme mondial.

Pire, à l'instar des représentants des puissances occidentales et des médias ils pratiqueront l'autocensure en refusant d'utiliser les arguments ou les faits en leur possession qui leur auraient permis de démonter la propagande de guerre de Washington, Bruxelles et de l'OTAN.

Un grand nombre de commentateurs bourgeois se sont demandés pourquoi contrairement à autrefois quand des pays dominés étaient agressés par des pays dominants le mouvement ouvrier international se mobilisait au côté des pays dominés agressés par des impérialistes, ou lorsque que des pays luttaient pour conquérir leur indépendance ou leur souveraineté, de nos jours il les abandonnait à leur triste sort, sans pouvoir répondre à cette question, puisqu'il leur aurait fallu mettre en lumière que le mouvement ouvrier international était totalement corrompu à quelques exceptions près marginales, et qu'il était complice des impérialistes intervenant militairement en Libye et en Syrie.

En résumé, les dirigeants de tous les tous les partis sans exception du mouvement ouvrier se livreront au double langage habituel, consistant à dénoncer une agression impérialiste tout en reprenant à leur compte les arguments des représentants de l'impérialisme qui la justifiaient ainsi, de sorte que l'ensemble de ces arguments se neutralisaient réciproquement et laissait le champs libre au camp du plus puissant, au camp de la guerre, ce qui explique pourquoi ils se mirent dans une situation qui ne leur permettait pas de mobiliser les masses au côté des peuples libyen et syriens contre ces guerres néocolonialistes, pour peu qu'ils en aient eu l'intention un jour, ce dont on est en droit de douter fortement au regard de cette expérience.

Cette méthode du double langage et jeu était fort pratique ou présentait l'avantage de laisser à chaque militant ou travailleur l'opportunité d'interpréter la situation en fonction de ses intérêts individuels et non en se situant sur le terrain de la lutte des classes, ce qu'ils ignoreront évidemment. Comment, en s'appuyant sur l'un de ces arguments contradictoires de manière à diviser le mouvement ouvrier, à le paralyser, mieux, de sorte qu'aucune tendance ne s'en dégage, ce qui offrirait pas la suite l'opportunité à ses dirigeants de manoeuvrer ou d'instrumentaliser les conclusions de ces guerres à leur profit sans scrupule et pratiquement sans risque, puisque militants et travailleurs n'y ayant rien compris continueront de se faire manipuler. Il suffira d'invoquer la situation en France ou de reporter sur les travailleurs leur propre impuissance ou trahison et le tour sera joué.

Les dirigeants de tous les partis sans exception du mouvement ouvrier ont ainsi trahi le principe de l'internationalisme prolétarien, du droit des peuples à l'autodétermination, et démontré si nécessaire qu'ils avaient bien rompu avec le marxisme et le socialisme dont ils continuent de se réclamer.

Défense du marxisme

Tendance historique de l’accumulation capitaliste.

Extrait du Capital. (K. Marx - F. Engels 1867)

Chapitre XXXII : Tendance historique de l’accumulation capitaliste

Ainsi donc ce qui gît au fond de l'accumulation primitive du capital, au fond de sa genèse historique, c'est l'expropriation du producteur immédiat, c'est la dissolution de la propriété fondée sur le travail personnel de son possesseur.

La propriété privée, comme antithèse de la propriété collective, n’existe que là où les instruments et les autres conditions extérieures du travail appartiennent à des particuliers. Mais selon que ceux-ci sont les travailleurs ou les non-travailleurs, la propriété privée change de face. Les formes infiniment nuancées qu'elle affecte à première vue ne font que réfléchir les états intermédiaires entre ces deux extrêmes.

La propriété privée du travailleur sur les moyens de son activité productive est le corollaire de la petite industrie, agricole ou manufacturière, et celle-ci constitue la pépinière de la production sociale, l'école où s'élaborent l'habileté manuelle, l'adresse ingénieuse et la libre individualité du travailleur. Certes, ce mode de production se rencontre au milieu de l'esclavage, du servage et d'autres états de dépendance. Mais il ne prospère, il ne déploie toute son énergie, il ne revêt sa forme intégrale et classique que là où le travailleur est le propriétaire libre des conditions de travail qu'il met lui-même en oeuvre, le paysan, du sol qu'il cultive, l'artisan, de l'outillage qu'il manie, comme le virtuose, de son instrument.

Ce régime industriel de petits producteurs indépendants, travaillant à leur compte, présuppose le morcellement du sol et l'éparpillement des autres moyens de production. Comme il en exclut la concentration, il exclut aussi la coopération sur une grande échelle, la subdivision de la besogne dans l'atelier et aux champs, le machinisme, la domination savante de l'homme sur la nature, le libre développement des puissances sociales du travail, le concert et l'unité dans les fins, les moyens et les efforts de l'activité collective. Il n'est compatible qu'avec un état de la production et de la société étroitement borné. L'éterniser, ce serait, comme le dit pertinemment Pecqueur, « décréter la médiocrité en tout ». Mais, arrivé à un certain degré, il engendre de lui-même les agents matériels de sa dissolution. A partir de ce moment, des forces et des passions qu'il comprime, commencent à s'agiter au sein de la société. Il doit être, il est anéanti. Son mouvement d'élimination transformant les moyens de production individuels et épars en moyens de production socialement concentrés, faisant de la propriété naine du grand nombre la propriété colossale de quelquesuns, cette douloureuse, cette épouvantable expropriation du peuple travailleur, voilà les origines, voilà la genèse du capital. Elle embrasse toute une série de procédés violents, dont nous n'avons passé en revue que les plus marquants sous le titre de méthodes d'accumulation primitive.

L'expropriation des producteurs immédiats s'exécute avec un vandalisme impitoyable qu'aiguillonnent les mobiles les plus infâmes, les passions les plus sordides et les plus haïssables dans leur petitesse. La propriété privée, fondée sur le travail personnel, cette propriété qui soude pour ainsi dire le travailleur isolé et autonome aux conditions extérieures du travail, va être supplantée par la propriété privée capitaliste, fondée sur l'exploitation du travail d'autrui, sur le salariat (81).

Dès que ce procès de transformation a décomposé suffisamment et de fond en comble la vieille société, que les producteurs sont changés en prolétaires, et leurs conditions de travail, en capital, qu'enfin le régime capitaliste se soutient par la seule force économique des choses, alors la socialisation ultérieure du travail, ainsi que la métamorphose progressive du sol et des autres moyens de production en instruments socialement exploités, communs, en un mot, l'élimination ultérieure des propriétés privées, va revêtir une nouvelle forme. Ce qui est maintenant à exproprier, ce n'est plus le travailleur indépendant, mais le capitaliste, le chef d'une armée ou d'une escouade de salariés.

Cette expropriation s'accomplit par le jeu des lois immanentes de la production capitaliste, lesquelles aboutissent à la concentration des capitaux. Corrélativement à cette centralisation, à l'expropriation du grand nombre des capitalistes par le petit, se développent sur une échelle toujours croissante l'application de la science à la technique, l'exploitation de la terre avec méthode et ensemble, la transformation de l'outil en instruments puissants seulement par l'usage commun, partant l'économie des moyens de production, l'entrelacement de tous les peuples dans le réseau du marché universel, d'où le caractère international imprimé au régime capitaliste. A mesure que diminue le nombre des potentats du capital qui usurpent et monopolisent tous les avantages de cette période d'évolution sociale, s'accroissent la misère, l'oppression, l'esclavage, la dégradation, l'exploitation, mais aussi la résistance de la classe ouvrière sans cesse grossissante et de plus en plus disciplinée, unie et organisée par le mécanisme même de la production capitaliste. Le monopole du capital devient une entrave pour le mode de production qui a grandi et prospéré avec lui et sous ses auspices. La socialisation du travail et la centralisation de ses ressorts matériels arrivent à un point où elles ne peuvent plus tenir dans leur enveloppe capitaliste. Cette enveloppe se brise en éclats. L'heure de la propriété capitaliste a sonné. Les expropriateurs sont à leur tour expropriés (82).

L'appropriation capitaliste, conforme au mode de production capitaliste, constitue la première négation de cette propriété privée qui n'est que le corollaire du travail indépendant et individuel. Mais la production capitaliste engendre elle-même sa propre négation avec la fatalité qui préside aux métamorphoses de la nature. C'est la négation de la négation. Elle rétablit non la propriété privée du travailleur, mais sa propriété individuelle, fondée sur les acquêts de, l'ère capitaliste, sur la coopération et la possession commune de tous les moyens de production, y compris le sol.

Pour transformer la propriété privée et morcelée, objet du travail individuel, en propriété capitaliste, il a naturellement fallu plus de temps, d'efforts et de peines que n'en exigera la métamorphose en propriété sociale de la propriété capitaliste, qui de fait repose déjà sur un mode de production collectif. Là, il s'agissait de l'expropriation de la masse par quelques usurpateurs; ici, il s'agit de l'expropriation de quelques, usurpateurs par la masse. (K . Marx : Le Capital - Livre I – Section VIII)

(81) « Nous sommes... dans une condition tout à fait nouvelle de la société... nous tendons à séparer complètement toute espèce de propriété d'avec toute espèce de travail. » (Sismondi : Nouveaux principes de l’Econ. polit., t. Il, p. 434.)

(82) « Le progrès de l'industrie, dont la bourgeoisie est l'agent sans volonté propre et sans résistance, substitue à l'isolement des ouvriers, résultant de leur concurrence, leur union révolutionnaire par l'association. Ainsi, le développement de la grande industrie sape, sous les pieds de la bourgeoisie, le terrain même sur lequel elle a établi son système de production et d'appropriation. Avant tout, la bourgeoisie produit ses propres fossoyeurs. Sa chute et la victoire du prolétariat sont également inévitables. De toutes les classes qui, à l'heure présente, s'opposent à la bourgeoisie, le prolétariat seul est une classe vraiment révolutionnaire. Les autres classes périclitent et périssent avec la grande industrie; le prolétariat, au contraire, en est le produit le plus authentique. Les classes moyennes, petits fabricants, détaillants, artisans, paysans, tous combattent la bourgeoisie parce qu'elle est une menace pour leur existence en tant que classes moyennes. Elles ne sont donc pas révolutionnaires, mais conservatrices; bien plus elles sont réactionnaires. elles cherchent à faire tourner à l'envers la roue de l'histoire. » (Karl Marx et Friedrich Engels : Manifeste du Parti communiste, Lond., 1847 p. 9, 11.)

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Défense du marxisme

Leur morale de classe et la nôtre.

Friedrich Engels (1878) : Anti-Duhring

Chapitre IX :: La morale et le droit.. Vérités éternelles. Extrait.

... le bien et le mal. Cette opposition se meut exclusivement sur le terrain moral, donc dans un domaine qui appartient à l'histoire des hommes, et c'est ici que les vérités définitives en dernière analyse sont le plus clairsemées. De peuple à peuple, de période à période, les idées de bien et de mal ont tant changé que souvent elles se sont carrément contredites. - Mais, objectera-t-on, le bien n'est pourtant pas le mal, le mal pas le bien; si le bien et le mal sont mis dans le même sac, c'est la fin de toute moralité et chacun peut agir à sa guise. - Telle est aussi, dépouillée de toute solennité sibylline, l'opinion de M. Dühring. Mais la chose ne se règle tout de même pas si simplement. Si c'était aussi simple, on ne disputerait pas du bien et du mal, chacun saurait ce qui est bien et ce qui est mal. Mais qu'en est-il à présent ? Quelle morale nous prêche-t-on aujourd'hui ? C'est d'abord la morale féodale chrétienne, héritage de la foi des siècles passés, qui se divise essentiellement à son tour en une morale catholique et une morale protestante, ce qui n'empêche pas derechef des subdivisions allant de la morale catholico-jésuite et de la morale protestante orthodoxe jusqu'à la morale latitudinaire. A côté de cela figure la morale bourgeoise moderne, puis derechef à côté de celle-ci la morale de l'avenir, celle du prolétariat, de sorte que rien que dans les pays les plus avancés d'Europe, le passé, le présent et l'avenir fournissent trois grands groupes de théories morales qui sont valables simultanément et à côté l'une de l'autre. Quelle est donc la vraie ? Aucune, au sens d'un absolu définitif; mais la morale qui possède le plus d'éléments prometteurs de durée est sûrement celle qui, dans le présent, représente le bouleversement du présent, l'avenir, c'est donc la morale prolétarienne.

Dès lors que nous voyons les trois classes de la société moderne, l'aristocratie féodale, la bourgeoisie et le prolétariat, avoir chacune sa morale particulière, nous ne pouvons qu'en tirer la conclusion que, consciemment ou inconsciemment, les hommes puisent en dernière analyse leurs conceptions morales dans les rapports pratiques sur lesquels se fonde leur situation de classe, - dans les rapports économiques dans lesquels ils produisent et échangent.

Cependant, dans les trois théories morales citées ci-dessus, il y a maintes choses communes à toutes les trois : ne serait-ce pas là un fragment de la morale fixée une fois pour toutes ? Ces théories morales représentent trois stades différents de la même évolution historique, elles ont donc un arrière-plan historique commun et par suite, nécessairement, beaucoup d'éléments communs . Plus encore. A des stades de développement économique semblables, ou à peu près semblables, les théories morales doivent nécessairement concorder plus ou moins. Dès l'instant où la propriété privée des objets mobiliers s'était développée, il fallait bien que toutes les sociétés où cette propriété privée prévalait eussent en commun le commandement moral : tu ne voleras point. Est-ce que par là ce commandement devient un commandement moral éternel ? Nullement. Dans une société où les motifs de vol sont éliminés, où par conséquent, à la longue, les vols ne peuvent être commis que par des aliénés, comme on rirait du prédicateur de morale qui voudrait proclamer solennellement la vérité éternelle : Tu ne voleras point !

C'est pourquoi nous repoussons toute prétention de nous imposer quelque dogmatisme moral que ce soit comme loi éthique éternelle, définitive, désormais immuable, sous le prétexte que le monde moral a lui aussi ses principes permanents qui sont au-dessus de l'histoire et des différences nationales. Nous affirmons, au contraire, que toute théorie morale du passé est, en dernière analyse, le produit de la situation économique de la société de son temps. Et de même que la société a évolué jusqu'ici dans des oppositions de classes, la morale a été constamment une morale de classe; ou bien elle justifiait la domination et les intérêts de la classe dominante, ou bien elle représentait, dès que la classe opprimée devenait assez puissante, la révolte contre cette domination et les intérêts d'avenir des opprimés. Qu'avec cela, il se soit en gros effectué un progrès, pour la morale comme pour toutes les autres branches de la connaissance humaine, on n'en doute pas. Mais nous n'avons pas encore dépassé la morale de classe. Une morale réellement humaine, placée au-dessus des oppositions de classe et de leur souvenir, ne devient possible qu'à un niveau de la société où on a non seulement vaincu, mais oublié pour la pratique de la vie, l'opposition des classes. Que l'on mesure maintenant la présomption de M. Dühring qui, du sein de la vieille société de classes, prétend, à la veille d'une révolution sociale, imposer à la société sans classes de l'avenir une morale éternelle, indépendante du temps et des transformations du réel ! A supposer même, - ce que nous ignorons jusqu'à présent, - qu'il comprenne tout au moins dans ses lignes fondamentales la structure de cette société future.

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Pourquoi le socialisme ? par Albert Einstein (1949)

Est-il convenable qu’un homme qui n’est pas versé dans les questions économiques et sociales exprime des opinions au sujet du socialisme ? Pour de multiples raisons je crois que oui.

Considérons d’abord la question au point de vue de la connaissance scientifique. Il pourrait paraître qu’il n’y ait pas de différences méthodologiques essentielles entre l’astronomie, par exemple, et l’économie : les savants dans les deux domaines essaient de découvrir les lois généralement acceptables d’un groupe déterminé de phénomènes, afin de rendre intelligibles, d’une manière aussi claire que possible, les relations réciproques existant entre eux. Mais en réalité de telles différences existent. La découverte de lois générales en économie est rendue difficile par la circonstance que les phénomènes économiques observés sont souvent influencés par beaucoup de facteurs qu’il est très difficile d’évaluer séparément. En outre, l’expérience accumulée depuis le commencement de la période de l’histoire humaine soi-disant civilisée a été — comme on le sait bien — largement influencée et délimitée par des causes qui n’ont nullement un caractère exclusivement économique. Par exemple, la plupart des grands États dans l’histoire doivent leur existence aux conquêtes. Les peuples conquérants se sont établis, légalement et économiquement, comme classe privilégiée du pays conquis. Ils se sont attribués le monopole de la terre et ont créé un corps de prêtres choisis dans leur propre rang. Les prêtres, qui contrôlèrent l’éducation, érigèrent la division de la société en classes en une institution permanente et créèrent un système de valeurs par lequel le peuple fut dès lors, en grande partie inconsciemment, guidé dans son comportement social.

Mais la tradition historique date pour ainsi dire d’hier ; nulle part nous n’avons dépassé ce que Thorstein Veblen appelait « la phase de rapine » du développement humain. Les faits économiques qu’on peut observer appartiennent à cette phase et les lois que nous pouvons en déduire ne sont pas applicables à d’autres phases. Puisque le but réel du socialisme est de dépasser la phase de rapine du développement humain et d’aller en avant, la science économique dans son état actuel peut projeter peu de lumière sur la société socialiste de l’avenir.

En second lieu, le socialisme est orienté vers un but éthico-social. Mais la science ne peut pas créer des buts, encore moins peut-elle les faire pénétrer dans les êtres humains ; la science peut tout au plus fournir les moyens par lesquels certains buts peuvent être atteints. Mais les buts mêmes sont conçus par des personnalités animées d’un idéal moral élevé et — si ces buts ne sont pas mort-nés, mais vivants et vigoureux — sont adoptés et portés en avant par ces innombrables êtres humains qui, à demi inconscients, déterminent la lente évolution de la société.

Pour ces raisons nous devrions prendre garde de ne pas surestimer la science et les méthodes scientifiques quand il s’agit de problèmes humains ; et nous ne devrions pas admettre que les spécialistes soient les seuls qui aient le droit de s’exprimer sur des questions qui touchent à l’organisation de la société.

D’innombrables voix ont affirmé, il n’y a pas longtemps, que la société humaine traverse une crise, que sa stabilité a été gravement troublée. Il est caractéristique d’une telle situation que des individus manifestent de l’indifférence ou, même, prennent une attitude hostile à l’égard du groupe, petit ou grand, auquel ils appartiennent. Pour illustrer mon opinion je veux évoquer ici une expérience personnelle. J’ai récemment discuté avec un homme intelligent et d’un bon naturel sur la menace d’une autre guerre, qui, à mon avis, mettrait sérieusement en danger l’existence de l’humanité, et je faisais remarquer que seule une organisation supranationale offrirait une protection contre ce danger. Là-dessus mon visiteur me dit tranquillement et froidement : « Pourquoi êtes-vous si sérieusement opposé à la disparition de la race humaine ? »

Je suis sûr que, il y a un siècle, personne n’aurait si légèrement fait une affirmation de ce genre. C’est l’affirmation d’un homme qui a vainement fait des efforts pour établir un équilibre dans son intérieur et qui a plus ou moins perdu l’espoir de réussir. C’est l’expression d’une solitude et d’un isolement pénibles dont tant de gens souffrent de nos jours. Quelle en est la cause ? Y a-t-il un moyen d’en sortir ?

Il est facile de soulever des questions pareilles, mais il est difficile d’y répondre avec tant soit peu de certitude. Je vais néanmoins essayer de le faire dans la mesure de mes forces, bien que je me rende parfaitement compte que nos sentiments et nos tendances sont souvent contradictoires et obscurs et qu’ils ne peuvent pas être exprimés dans des formules aisées et simples.

L’homme est en même temps un être solitaire et un être social. Comme être solitaire il s’efforce de protéger sa propre existence et celle des êtres qui lui sont le plus proches, de satisfaire ses désirs personnels et de développer ses facultés innées. Comme être social il cherche à gagner l’approbation et l’affection de ses semblables, de partager leurs plaisirs, de les consoler dans leurs tristesses et d’améliorer leurs conditions de vie. C’est seulement l’existence de ces tendances variées, souvent contradictoires, qui explique le caractère particulier d’un homme, et leur combinaison spécifique détermine dans quelle mesure un individu peut établir son équilibre intérieur et contribuer au bien-être de la société. Il est fort possible que la force relative de ces deux tendances soit, dans son fond, fixée par l’hérédité. Mais la personnalité qui finalement apparaît est largement formée par le milieu où elle se trouve par hasard pendant son développement, par la structure de la société dans laquelle elle grandit, par la tradition de cette société et son appréciation de certains genres de comportement. Le concept abstrait de « société » signifie pour l’individu humain la somme totale de ses relations, directes et indirectes, avec ses contemporains et les générations passées. Il est capable de penser, de sentir, de lutter et de travailler par lui-même, mais il dépend tellement de la société — dans son existence physique, intellectuelle et émotionnelle — qu’il est impossible de penser à lui ou de le comprendre en dehors du cadre de la société. C’est la « société » qui fournit à l’homme la nourriture, les vêtements, l’habitation, les instruments de travail, le langage, les formes de la pensée et la plus grande partie du contenu de la pensée ; sa vie est rendue possible par le labeur et les talents de millions d’individus du passé et du présent, qui se cachent sous ce petit mot de « société ».

Il est, par conséquent, évident que la dépendance de l’individu à la société est un fait naturel qui ne peut pas être supprimé — exactement comme dans le cas des fourmis et des abeilles. Cependant, tandis que tout le processus de la vie des fourmis et des abeilles est fixé, jusque dans ses infimes détails, par des instincts héréditaires rigides, le modèle social et les relations réciproques entre les êtres humains sont très variables et susceptibles de changement. La mémoire, la capacité de faire de nouvelles combinaisons, le don de communication orale ont rendu possibles des développements parmi les êtres humains qui ne sont pas dictés par des nécessités biologiques. De tels développements se manifestent dans les traditions, dans les institutions, dans les organisations, dans la littérature, dans la science, dans les réalisations de l’ingénieur et dans les œuvres d’art. Ceci explique comment il arrive que l’homme peut, dans un certain sens, influencer sa vie par sa propre conduite et comment, dans ce processus, la pensée et le désir conscients peuvent jouer un rôle.

L’homme possède à sa naissance, par hérédité, une constitution biologique que nous devons considérer comme fixe et immuable, y compris les impulsions naturelles qui caractérisent l’espèce humaine. De plus, pendant sa vie il acquiert une constitution culturelle qu’il reçoit de la société par la communication et par beaucoup d’autres moyens d’influence. C’est cette constitution culturelle qui, dans le cours du temps, est sujette au changement et qui détermine, à un très haut degré, les rapports entre l’individu et la société. L’anthropologie moderne nous a appris, par l’investigation des soi-disant cultures primitives, que le comportement social des êtres humains peut présenter de grandes différences, étant donné qu’il dépend des modèles de culture dominants et des types d’organisation qui prédominent dans la société. C’est là-dessus que doivent fonder leurs espérances tous ceux qui s’efforcent d’améliorer le sort de l’homme : les êtres humains ne sont pas, par suite de leur constitution biologique, condamnés à se détruire mutuellement ou à être à la merci d’un sort cruel qu’ils s’infligent eux-mêmes.

Si nous nous demandons comment la structure de la société et l’attitude culturelle de l’homme devraient être changées pour rendre la vie humaine aussi satisfaisante que possible, nous devons constamment tenir compte du fait qu’il y a certaines conditions que nous ne sommes pas capables de modifier. Comme nous l’avons déjà mentionné plus haut, la nature biologique de l’homme n’est point, pour tous les buts pratiques, sujette au changement. De plus, les développements technologiques et démographiques de ces derniers siècles ont créé des conditions qui doivent continuer. Chez des populations relativement denses, qui possèdent les biens indispensables à leur existence, une extrême division du travail et une organisation de production très centralisée sont absolument nécessaires. Le temps, qui, vu de loin, paraît si idyllique, a pour toujours disparu où des individus ou des groupes relativement petits pouvaient se suffire complètement à eux-mêmes. On n’exagère pas beaucoup en disant que l’humanité constitue à présent une communauté planétaire de production et de consommation.

Je suis maintenant arrivé au point où je peux indiquer brièvement ce qui constitue pour moi l’essence de la crise de notre temps. Il s’agit du rapport entre l’individu et la société. L’individu est devenu plus conscient que jamais de sa dépendance à la société. Mais il n’éprouve pas cette dépendance comme un bien positif, comme une attache organique, comme une force protectrice, mais plutôt comme une menace pour ses droits naturels, ou même pour son existence économique. En outre, sa position sociale est telle que les tendances égoïstes de son être sont constamment mises en avant, tandis que ses tendances sociales qui, par nature, sont plus faibles, se dégradent progressivement. Tous les êtres humains, quelle que soit leur position sociale, souffrent de ce processus de dégradation. Prisonniers sans le savoir de leur propre égoïsme, ils se sentent en état d’insécurité, isolés et privés de la naïve, simple et pure joie de vivre. L’homme ne peut trouver de sens à la vie, qui est brève et périlleuse, qu’en se dévouant à la société.

L’anarchie économique de la société capitaliste, telle qu’elle existe aujourd’hui, est, à mon avis, la source réelle du mal. Nous voyons devant nous une immense société de producteurs dont les membres cherchent sans cesse à se priver mutuellement du fruit de leur travail collectif — non pas par la force, mais, en somme, conformément aux règles légalement établies. Sous ce rapport, il est important de se rendre compte que les moyens de la production — c’est-à-dire toute la capacité productive nécessaire pour produire les biens de consommation ainsi que, par surcroît, les biens en capital — pourraient légalement être, et sont même pour la plus grande part, la propriété privée de certains individus.

Pour des raisons de simplicité je veux, dans la discussion qui va suivre, appeler « ouvriers » tous ceux qui n’ont point part à la possession des moyens de production, bien que cela ne corresponde pas tout à fait à l’emploi ordinaire du terme. Le possesseur des moyens de production est en état d’acheter la capacité de travail de l’ouvrier. En se servant des moyens de production, l’ouvrier produit de nouveaux biens qui deviennent la propriété du capitaliste. Le point essentiel dans ce processus est le rapport entre ce que l’ouvrier produit et ce qu’il reçoit comme salaire, les deux choses étant évaluées en termes de valeur réelle. Dans la mesure où le contrat de travail est « libre », ce que l’ouvrier reçoit est déterminé, non pas par la valeur réelle des biens qu’il produit, mais par le minimum de ses besoins et par le rapport entre le nombre d’ouvriers dont le capitaliste a besoin et le nombre d’ouvriers qui sont à la recherche d’un emploi. Il faut comprendre que même en théorie le salaire de l’ouvrier n’est pas déterminé par la valeur de son produit.

Le capital privé tend à se concentrer en peu de mains, en partie à cause de la compétition entre les capitalistes, en partie parce que le développement technologique et la division croissante du travail encouragent la formation de plus grandes unités de production aux dépens des plus petites. Le résultat de ces développements est une oligarchie de capitalistes dont la formidable puissance ne peut effectivement être refrénée, pas même par une société qui a une organisation politique démocratique. Ceci est vrai, puisque les membres du corps législatif sont choisis par des partis politiques largement financés ou autrement influencés par les capitalistes privés qui, pour tous les buts pratiques, séparent le corps électoral de la législature. La conséquence en est que, dans le fait, les représentants du peuple ne protègent pas suffisamment les intérêts des moins privilégiés. De plus, dans les conditions actuelles, les capitalistes contrôlent inévitablement, d’une manière directe ou indirecte, les principales sources d’information (presse, radio, éducation). Il est ainsi extrêmement difficile pour le citoyen, et dans la plupart des cas tout à fait impossible, d’arriver à des conclusions objectives et de faire un usage intelligent de ses droits politiques.

La situation dominante dans une économie basée sur la propriété privée du capital est ainsi caractérisée par deux principes importants : premièrement, les moyens de production (le capital) sont en possession privée et les possesseurs en disposent comme ils le jugent convenable ; secondement, le contrat de travail est libre. Bien entendu, une société capitaliste pure dans ce sens n’existe pas. Il convient de noter en particulier que les ouvriers, après de longues et âpres luttes politiques, ont réussi à obtenir pour certaines catégories d’entre eux une meilleure forme de « contrat de travail libre ». Mais, prise dans son ensemble, l’économie d’aujourd’hui ne diffère pas beaucoup du capitalisme « pur ».

La production est faite en vue du profit et non pour l’utilité. Il n’y a pas moyen de prévoir que tous ceux qui sont capables et désireux de travailler pourront toujours trouver un emploi ; une « armée » de chômeurs existe déjà. L’ouvrier est constamment dans la crainte de perdre son emploi. Et puisque les chômeurs et les ouvriers mal payés sont de faibles consommateurs, la production des biens de consommation est restreinte et a pour conséquence de grands inconvénients. Le progrès technologique a souvent pour résultat un accroissement du nombre des chômeurs plutôt qu’un allégement du travail pénible pour tous. L’aiguillon du profit en conjonction avec la compétition entre les capitalistes est responsable de l’instabilité dans l’accumulation et l’utilisation du capital, qui amène des dépressions économiques de plus en plus graves. La compétition illimitée conduit à un gaspillage considérable de travail et à la mutilation de la conscience sociale des individus dont j’ai fait mention plus haut.

Je considère cette mutilation des individus comme le pire mal du capitalisme. Tout notre système d’éducation souffre de ce mal. Une attitude de compétition exagérée est inculquée à l’étudiant, qui est dressé à idolâtrer le succès de l’acquisition comme une préparation à sa carrière future.

Je suis convaincu qu’il n’y a qu’un seul moyen d’éliminer ces maux graves, à savoir, l’établissement d’une économie socialiste, accompagnée d’un système d’éducation orienté vers des buts sociaux. Dans une telle économie, les moyens de production appartiendraient à la société elle-même et seraient utilisés d’une façon planifiée. Une économie planifiée, qui adapte la production aux besoins de la société, distribuerait le travail à faire entre tous ceux qui sont capables de travailler et garantirait les moyens d’existence à chaque homme, à chaque femme, à chaque enfant. L’éducation de l’individu devrait favoriser le développement de ses facultés innées et lui inculquer le sens de la responsabilité envers ses semblables, au lieu de la glorification du pouvoir et du succès, comme cela se fait dans la société actuelle.

Il est cependant nécessaire de rappeler qu’une économie planifiée n’est pas encore le socialisme. Une telle économie pourrait être accompagnée d’un complet asservissement de l’individu. La réalisation du socialisme exige la solution de quelques problèmes socio-politiques extrêmement difficiles : comment serait-il possible, en face d’une centralisation extrême du pouvoir politique et économique, d’empêcher la bureaucratie de devenir toute-puissante et présomptueuse ? Comment pourrait-on protéger les droits de l’individu et assurer un contrepoids démocratique au pouvoir de la bureaucratie ?

La clarté au sujet des buts et des problèmes du socialisme est de la plus grande importance à notre époque de transition. Puisque, dans les circonstances actuelles, la discussion libre et sans entrave de ces problèmes a été soumise à un puissant tabou, je considère que la fondation de cette revue est un important service rendu au public. (http://www.monthlyreview.org/2009/05/01/why-socialism - LVOG)

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Réflexion.

Quand on lit ce document exceptionnel, on est agréablement surpris de constater que son auteur ait recouru à un type de discours, des mots, des figures de style ou des tournures d'esprit d'une telle simplicité, au point de le rendre accessible à la totalité de la population, sans pour autant atténuer sa pensée ou dénaturer, nuire à son objet.

A sa manière il a démontré qu'il était parfaitement possible de s'exprimer ou de défendre le socialisme, de s'adresser aux travailleurs autrement qu'en recourant à cette épouvantable terminologie politique dont font usage nos dirigeants. On doit préciser qu'en recourant exclusivement à la propagande - qui par ailleurs est indispensable, nos dirigeants et les militants passent pour des doctrinaires, des fanatiques auprès des travailleurs, ce qui a le don de les faire douter de leurs réelles intentions autant que leurs capacités à les réaliser. Les militants ne comprennent pas pourquoi très souvent les travailleurs manifestent leur accord avec eux, mais ne souhaitent pas s'engager à leur côté, un peu comme s'ils ne voulaient pas leur ressembler, sans d'ailleurs savoir précisément pourquoi, disons que leur inconscience leur dicte cette attitude de méfiance face à une menace qu'ils ne parviennent pas à discerner. On est en droit d'en conclure qu'ils recourent à la propagande parce qu'ils ne maîtrisent pas le matérialisme dialectique qui est finalement quelque chose de très simple, qui comme toutes les choses simples devrait s'énoncer simplement. La réalite ou la logique est bien cruelle, n'est-ce pas ? Et je n'y suis pour rien.

Einstein était tout simplement parti de constats ou de faits, en faisant ressortir la logique dont ils étaient le produit ou dans laquelle ils s'inscrivaient, pour en faire ressortir les contradictions et la manière dont elles pourraient être résolues, en somme une formidable démonstration du matérialisme dialectique.

Chacun aura apprécié l'idéal humaniste qui guida sa pensée ou sa vie. Enfin, ce n'est pas un hasard si Einstein a conclu ce texte en posant la question des problèmes que le socialisme aurait à résoudre, effleurant la dérive stalinienne qui allait s'avérer être pire qu'un "puissant tabou", la négation du socialisme.

On retiendra qu'un intellectuel, un scientifique était parvenu au milieu du XXe siècle à la compréhension du processus matérialiste dialectique, qui est à l'origine de l'évolution ou de la transformation de la matière, de la nature, des hommes, de la société que les marxistes avaient découvert et théorisé, et qu'il partagea leurs conclusions en prenant la défense du socialisme, à l'heure où ses pires fossoyeurs étaient tout puissants au sein du mouvement ouvrier international.