Portail actualisé le 16 janvier...... Boycott des élections de 2017 ! ............ Une seule issue politique : Renouer avec le socialisme scientifique................ Le PS, un parti de droite, anti-ouvrier, lié au FN, sioniste d'extrême droite, bourgeois, capitaliste, colonialiste, impérialiste, réactionnaire, un siècle de mystification, de mensonges, d'impostures, de guerres, de combat contre le socialisme. A bas le PS ! Rupture avec les appareils corrompus des syndicats !........


 



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VIDÉO : LE VRAI VISAGE DE MANUEL VALLS

HISTOIRE : LE SIONISME ET LE RÉGIME NAZI.
SIONISME : LE GRAND ISRAEL.

HISTOIRE : 14-18 : UNE VERSION CONFORME AU SOCIALISME

Ce que je sais de ce que fut l’Organisation Communiste Internationaliste par Pierre Salvaing.

EN IMAGES : 2016

  Causerie. (16.01)

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  Les enseignements du marxisme.    (22.12.2016)


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   ARTICLES D'ACTUALITÉ

 - Le retournement de la Turquie (03.01)
 - Politique migratoire européenne: Le CESE prépare un « kit de communication ». (03.01)
 - En Occident, pas de pleureuses pour les enfants yéménites, par Bruno Guigue . (03.01)
 - L’OTAN débarque en Colombie. (03.01)
 - L’héritage du « démocrate ». (03.01)
 - «Le point de vue américain est imposé au monde». (31.12)
 - Guerre en Syrie : peut-on faire taire les armes ? (30.12)
 - L’ancien directeur du Mossad avoue qu’Israël s’est mis dans le même lit qu’al-Nosra. (30.12)
 - Lettre ouverte aux «défenseurs des droits de l’homme» à propos d’Alep. (30.12)
 - « Fausses nouvelles » aux US : faites maison et pas si nouvelles que ça. (30.12)

    Articles de janvier 2017 à télécharger.

Le retournement de la Turquie (03.01)
En Occident, pas de pleureuses pour les enfants yéménites, par Bruno Guigue . (03.01)
Politique migratoire européenne: Le CESE prépare un « kit de communication ». (03.01)
L’OTAN débarque en Colombie. (03.01)
L’héritage du « démocrate ». (03.01)

    Articles de décembre 2016 à télécharger.

«Le point de vue américain est imposé au monde». (31.12)
« Fausses nouvelles » aux US : faites maison et pas si nouvelles que ça. (30.12)
Guerre en Syrie : peut-on faire taire les armes ? (30.12)
Qui combat vraiment en Syrie : la liste noire de la honte de l’Occident (30.12)
L’ancien directeur du Mossad avoue qu’Israël s’est mis dans le même lit qu’al-Nosra. (30.12)
Lettre ouverte aux «défenseurs des droits de l’homme» à propos d’Alep. (30.12)
Contre l’apologie et la pratique du deux poids, deux mesures (29.12)
SyriaGate : Des armes et du personnel de l’OTAN à Alep-Est. (30.12)
Les horreurs des « rebelles » dévoilées à Alep-Est : des charniers, des mines, un arsenal énorme (27.12)
Occident : la réécriture du passé (27.12)
Libérer Idleb après Alep-Est. (27.12)
Quelle « drôle de gauche », cette fausse gauche sociale-démocrate! (23.12)
Après la victoire, Alep se relèvera de ses ruines, pas les médias occidentaux. (23.12)
Le Financial Times confirme l’intox de Libération et ARTE (23.12)
Comment les militaires ont exclu la Maison Blanche des négociations internationales sur la Syrie. (22.12)
Syrie – L’assassinat de journalistes a permis aux "militants médiatiques" de dominer l’information
     – Un effet du hasard ? (21.12)

«Atrocités» de l’armée syrienne: les sources des médias mainstream exposées (16.12)
Syrie : quand les médias font l’apologie du terrorisme. (15.12)
Alep : Où est la vérité ?(14.12)
La sale guerre contre la Syrie. (08.12)
Alep-Est & Mossoul. (06.12)


  LES ENSEIGNEMENTS DU MARXISME.

 - Les guerres nationales bourgeoises renferme des leçons extraordinairement instructives. -
     (L. Trotsky -1940)

 - La dialectique ou la science des lois générales du mouvement et du développement
     de la nature, de la société humaine et de la pensée.. - (F. Engels - 1878)

 - Socialisme de juristes. - (F. Engels et K. Kautsky -1886)
 - L'impérialisme et la scission du socialisme . - (V. Lénine -1916)
 - Les deux bases capitalistes sur lesquelles repose le socialisme scientifique. - (F. Engels -1877)
 - Leur morale de classe et la nôtre. - (F. Engels -1878)
 - Tendance historique de l’accumulation capitaliste. - (K. Marx - F. Engels -1867)
 - Droit de l'homme contre droit du citoyen. - (K. Marx - 1843)



Causerie

Le 16 janvier 2017

CAUSERIE

Trois jours de fête nationale, c'est Pungal au Tamil Nadu (sud de l'Inde). Mais malheureusement ma compagne qui a un statut social misérable a travaillé samedi et lundi, chez une riche italienne qui l'emploie comme servante ou esclave quoi.

La rubrique Articles d'actualité sera actualisée ce soir ou demain matin avec 10 articles.

A propos du néolibéralisme.

C'est le processus dialectique matérialiste qui préside au fonctionnement du système économique capitaliste qui conduit à l'accumulation du capital et qui se traduit par la concentration du capilal entre les mains d'une poignée d'oligarques. Autrement dit et contrairement en partie à ce que nous avions affirmé jusqu'à présent, le néolibéralisme est à la fois une idéologie et le produit de ce processus historique.

Le néolibéralisme est une idéologie dans la mesure où leurs représentants et bénéficiaires ne tiennent pas à ce que les peuples sachent ce que cache leur stratégie ou quels en sont les tenants et les aboutissants, leurs véritables intentions ou objectifs politiques. C'est une idéologie parce qu'il repose sur une mystification, sur une interprétation fabriquée ou falsifiée du développement de la civilisation humaine et de ses origines jusqu'à nos jours, qui ne sert qu'à justifier ou légitimer le pouvoir économique et politique dont dispose la classe dominante sans partage afin qu'elle le conserve ou que personne lui conteste, ou le règne de l'exploitation de l'homme par l'homme qu'incarne le capitalisme au stade de l'impérialisme pourrissant, afin d'en assurer la pérennité.

Et le néolibéralisme s'inscrit dans la continuité du processus matérialiste amorcé il y a des milliers et milliers d'années lorsque l'homme entreprit le développement des forces productives en se dotant des premiers instruments pour modifier son environnement afin de satisfaire ses besoins, recourant ensuite successivement à différents modes de production pour permettre à ces forces productives d'atteindre un niveau supérieur au cours d'un processus dialectique inconscient, dont les contradictions devaient mener à la concentration des moyens de production et des richesses entre les mains de quelques oligarques, pendant que l'immense majorité de la population mondiale vouée à vendre sa force de travail serait condamné à survivre péniblement ou peinement à satisfaire ses besoins élémentaires.

Au stade où en est rendue la concentration du capital, parler d'inégalité ou de répartition des richesses est pour le moins inapproprié et particulièrement choquant, grotesque, et ce qui suit l'illustre parfaitement, nous y reviendrons plus loin.

- 8 hommes détiennent autant de richesses que les 3,6 milliards de personnes qui représentent la moitié la plus pauvre de l’humanité.

- 21 milliardaires possédaient autant que les 40% les plus pauvres de la population française en 2016.

- Le patrimoine cumulé des 1% les plus riches du monde a dépassé en 2015 celui des 99% restants

- Les plus fortunés accumulent les richesses à un tel rythme que le premier "super-milliardaire" du monde pourrait voir son patrimoine dépasser 1000 milliards de dollars dans 25 ans à peine. oxfam.org

Oxfam est une coalition d'ONG ayant pour fonction de colporter l'illusion dénoncée plus haut, elle est donc au service du capitalisme et non celui des peuples exploités et opprimés auxquels elle prétend venir en aide, elle est partie prenante de cette mystification destinée à tromper les peuples pour qu'ils ne puissent pas trouver la voie de leur émancipation du capitalisme.

Voilà notamment ce qu'on trouve dans sa présentation, dans son portail.

- Une économie centrée sur l’humain, au service du plus grand nombre

Ensemble, nous devons créer un nouveau sens commun et concevoir une économie qui profite à tous, et non à quelques privilégiés. Une économie centrée sur l’humain serait synonyme de sociétés meilleures et plus justes, dans lesquelles les travailleuses et travailleurs gagneraient un salaire décent, les femmes et les hommes seraient traités sur un pied d’égalité, les enfants auraient des perspectives d’avenir et personne ne vivrait dans la crainte des dépenses engendrées par la maladie.

Rejoignez l’appel pour une économie qui profite à tous, et non à quelques privilégiés

Demandez aux milliardaires de contribuer à la construction d’une économie qui profite à tous, et non à quelques privilégiés. Signez la lettre

Nous devons agir maintenant. Les gouvernements doivent ouvrir la voie, mais chacun doit se charger de lutter contre les inégalités. Les milliardaires doivent veiller à mettre fin aux pratiques d’évasion fiscale. Vous aussi, veillez à ce qu’ils paient leur juste part d’impôt, versent des salaires décents et font bon usage de leur fortune, au lieu de l’utiliser pour biaiser davantage le système en leur faveur. oxfam.org

Cette ONG s'adresse à la bienveillance des gouvernements et des milliardaires, les premiers appliquant la politique dictée par les seconds pour assurer la pérennité de leur domination sur les masses exploitées et opprimées du monde entier. A l'entendre, il suffirait que les oligarques fassent preuve de bonne volonté pour que la condition des peuples s'améliorent. Or la question n'est pas celle-ci.

Les oligarques n'accroissent pas indéfiniment leur fortune pour le plaisir d'être plus riches ou plus puissants encore, mais parce que ce sont les contradictions inhérentes aux fondements du capitaliste reposant sur les inégalités entre les classes et ses lois de fonctionnement qui leur imposent d'accumuler toujours plus de richesses, cela figure dans Le Capital de Marx et Engels et s'est vérifié tout au long des XIXe et XXe siècle jusqu'à nos jours

Et le problème auquel nous sommes confrontés consiste en ceci, que la quasi-totalité des opposants déclarés aux excès ou méfaits du capitalisme, qu'ils interviennent dans ou en dehors du mouvement ouvrier, ne comprennent pas que le néolibéralisme n'est pas uniquement une idéologie, mais incarne la continuité du capitalisme au stade de développement auquel il est parvenu au XXIe siècle, selon les lois qui le régissent depuis son avènement et qui sont demeurés inchangées, il n'existe pas d'autres sources de plus-value que la force de travail consommée par les exploités au cours du procès de production.

Puisqu'à l'aube du capitalisme les inégalités entre les classes étaient un de ses facteurs déterminants, à son crépuscule il est normal qu'elles atteignent un tel sommet ou niveau insupportable.

Partant de là, il est facile de comprendre ou de constater que toute tentative destinée à réduire le pouvoir de l'oligarchie est infaillement vouée à l'échec, puisqu'il y va de la survie de son système économique et de son statut de classe dominante.

Donc la question ne peut pas être de remodeler ou de réformer le capitalisme, mais bien de l'abolir, de l'éradiquer définitivement de la surface de la planète, au profit d'un mode de production qui ne soit plus basé sur les inégalités entre les classes, mais sur l'égalité entre tous les producteurs de richesses, ce qui nécessite qu'ils s'organisent et s'emparent du pouvoir politique en renversant par une révolution le régime en place.

Il n'existe pas d'autres alternatives politiques.

La survie du capitalisme ne fait qu'exacerber ses contradictions.

- Plus de 55 milliards d'euros de dividendes en 2016 sur le Cac 40 - Boursier.com

En 2016, l’indice Cac 40 a été moins en vue qu’en 2015. Sa progression n’a en effet pas dépassé les 5% (4,9% exactement), alors qu’elle avait été de 8,6% un an auparavant. Mais il ne faut pas oublier que la rentabilité d’un investissement en Bourse ne dépend pas que de la hausse des cours. La distribution entre aussi en ligne de compte. Or, sur ce plan, 2016 aura été une bonne année pour les actionnaires.

La lettre Vernimmen de janvier estime que le taux de distribution moyen de l’indice (soit son rendement) s’est élevé à 4,6%. Un chiffre bien supérieur aux 3,4% obtenus en 2015 et même aux 3,8% de 2014.

Plus de 40 milliards d’euros en cash.

En valeur, le bond en avant de la distribution a de fait été spectaculaire. Les entreprises du Cac ont versé à leurs actionnaires 55,7 milliards d’euros, contre 42,7 milliards d’euros en 2015 (+30%). Le Cac 40 est ainsi revenu sur des niveaux proches de ceux de 2007 et 2008, alors que ces dernières années les distributions oscillaient plutôt entre 40 et 45 milliards d’euros.

Dans le détail, 9,5 milliards d’euros ont été payés sous forme de rachats d’actions. 5,5 milliards d’euros ont été accordés sous forme de dividendes en actions. Enfin, sans surprise, la majeure partie des versements provient de dividendes ordinaires en cash, pour pratiquement 37 milliards d’euros. En ajoutant, le dividende exceptionnel de Vivendi (Swiss: VIV.SW - actualité) (3,7 milliards d’euros), la barre des 40 milliards d’euros de dividendes en cash a même été dépassée (après 34,8 milliards en 2015). Boursier.com 11.01

Qui a dit ?

- « En temps de guerre, la vérité est si précieuse qu’elle devrait toujours être protégée d’un glacis de mensonges. »

Réponse : Winston Churchill (The Second World War, vol. 5, 1951)

Seul défaut : la glace finit par fondre !

Lu dans un article.

- Faut-il rappeler une énième fois qu’à notre ère de la société de l’information, les médias dominants sont plus que jamais utilisés comme dispositifs d’influence géopolitique, servant à modeler et préparer les opinions publiques selon les objectifs stratégiques des grandes puissances ?

Avec le traitement médiatique du conflit syrien et sa couverture schizophrène, amnésique, orwellienne et hypocrite, nous avons atteint de nouveaux sommets dans l’art de la désinformation, la manipulation et la propagande. Difficile de trouver d’autres mots tant les faits sont accablants.

Mis à part quelques notables exceptions (comme l’émission de France 2 Un œil sur la Planète - Syrie : le grand aveuglement , les médias dominants n’ont eu de cesse d’alimenter la propagande anti-Bachar, renforçant la ligne politique du gouvernement français.

Tout point de vue divergent du discours politico-médiatique officiel a été taxé soit de conspirationniste, soit de « pro-Poutine » , surtout suite au début de l’intervention militaire russe (octobre 2015). Le paroxysme du manichéisme et de la désinformation a été atteint durant les dernières semaines de la bataille d’Alep (qui a pris fin le 22 décembre 2016).

Ce passage m'a inspiré l'article suivant.

Pourquoi des sites d'informations "indépendants" ont-ils une telle audience auprès de couches de travailleurs et de jeunes de plus en plus larges, alors que les partis ouvriers n'attirent qu'une minuscule partie de travailleurs et de jeunes ? Et encore, il faut préciser que lorsqu'on soustrait de ces partis leurs militants les plus âgés et les membres plus jeunes de leurs familles qui y ont également adhéré, pour mesurer leur audience il faut employer un zéro suivi d'une virgule. Et si parmi leurs adhérents on soustrait ceux qui participent pratiquement à aucuneactivité politique, là on tombe à un niveau pratiquement indétectable. Autant dire que leur influence est confidentielle ou insignifiante. Mais le plus forte, c'est qu'il réussissent malgré tout à se convaincre du contraire. Si on les prenait au mot, on leur rétorquerait qu'au regard du résultat, ce n'est pas très emballant ou ils n'y a pas de quoi s'en vanter.

On pourrait dresser un constat à peine meilleur concernant les syndicats qui pourtant comptent des centaines de milliers d'adhérents, parce que parmi eux une infime minorité seulement peuvent être qualifiés de militants, et cela ne date pas d'hier. Quand dans les années 70 je travaillais au GAN, sur quelque mille employés regroupés dans une seule tour à la Défense (Puteaux 92) il y avait plus de cent adhérents à la CGT, mais je n'ai jamais vu plus de trois militants réellement au cours des six mois où j'allais travailler là.

On était devenu potes très rapidement, bien que j'ai refusé de me syndiquer, j'avais été formé à l'école de l'anticommunisme par mes parents gaullistes. J'avais 19 ans et je commençais seulement à m'éveiller intellectuellement en abordant la philosophie dont j'ignorais tout, alors la politique, je m'en tapais d'autant plus que je détestais la condition que la société m'avait réservée préférant les paradis artificiels de Baudelaire. A l'époque avec ma dégaîne décontractée de hippy j'étais le chouchou de ces dames toutes générations confondues, sur la cinquantaine d'employés qui travaillaient au même étage que moi, il ne devait y avoir que trois ou quatre hommes, j'étais le plus jeune.

J'étais très affables et je parlais avec toutes ces femmes qui auraient pu être mes soeurs ou mes mères. Certaines étaient syndiquées à la CGT, et je ne me souviens pas qu'elles m'aient parlé une fois de syndicalisme. Leur activité syndicale se bornait à payer leurs timbres, et participer de temps en temps aux réunions syndicales et aux actions que leur syndicat avait décidées, en dehors de cela elles n'avaient aucune activité syndicale, autant dire aucune et n'en parlaient pas. On leur avait dit qu'elles devaient se syndiquer pour donner plus de poids au syndicat lors des négociations avec la direction pour obtenir des augmentations de salaire et de meilleures conditions de travail, c'est sur cette base qu'elles avaient adhéré à la CGT, je m'en souviens parfaitement puisque ce fut le même discours que me tint Chantal, la déléguée syndicale qui avait son bureau à quelques mètres du mien.

Je me souviens également que certaines employées avaient adhéré au syndicat pour faire comme la copine ou pour faire plaisir à Chantal. Et quand il y avait une grève ou un débrayage, les délégués syndicaux passaient à tous les étages et demandaient au personnel de sortir, et il s'exécutait comme si l'ordre leur avait été donné par la direction, l'étage où je travaillais se vidait en cinq minutes, j'ai eu l'occasion d'obserser cette scène à trois ou quatre reprises, et évidemment je ne me faisais pas prier pour suivre le mouvement puisque c'était une occasion de plus de ne pas travailler, de prendre l'air ou de rentrer chez moi. La mise en scène était parfaitement réglée et aucun agent de maîtrise ou chef de service ne cherchait à retenir les employés qu'ils soient syndiqués ou non. Pour un peu elle aurait pu être incluse dans le contrat de travail! Au coup de sifflet tout le personnel sortait, et au coup de sifflet suivant il rentrait bien sagement, car parfois il s'agissait d'un débrayage de quelques heures. Je me souviens que je m'étais fait la réflexion suivante en me marrant : et bien si c'est cela le syndicalisme, à quoi bon se syndiquer, je suis le troupeau et tout le monde est content...

Je déduis de cette expérience que sur les 600 ou 700 000 adhérents que compte la CGT ou la CGT-FO, chacun de ces syndicats doivent reposer sur à peine plus de 10 ou 20 000 militants à proprement parler.

Quand je fus délégué syndical FO pendant trois ans au début des années 80 chez U-Bix (Konica), je ne mis les pieds au syndicat qu'une fois par an pour renouveler ma carte et payer mes timbres, et pas une seule fois je n'aurai la visite du bureaucrate de la fédération. J'étais l'unique syndiqué. Mieux encore, on ne me demanda pas de diffuser la littérature du syndicat, j'ignorais tout de ce que fabriquait FO au niveau de la fédération ou au niveau national, cela ne m'intéressait pas. Je n'ai jamais eu l'intention de construire ce syndicat. Je n'ai jamais eu de discussion avec un responsable du syndicat. J'avais adhéré à un syndicat uniquement pour me couvrir ou obtenir le statut de salarié protégé, afin de pouvoir militer dans l'entreprise où je travaillais pour diffuser mes idées politiques, je n'avais pas l'intention de servir ce syndicat ou de grimper dans ses instances, cette idée me répugnait au plus haut point en tant que trotskyste. Et je n'ai jamais changé, mais j'ignorais alors que mes dirigeants ne partageaient pas vraiment mon point de vue sur cette question.

De mon expérience de militant à l'OCI, je conserve un mauvais souvenir dans la mesure où je n'ai été qu'une machine à diffuser de la propagande ( tout comme les syndicats), et j'estime ainsi avoir été manipulé à des fins inavouables que j'ignorais, que je condamne évidemment. En fait, depuis j'ai observé que toutes les formations politiques se comportaient exactement de la même manière.

Leur objectif n'est pas d'aider les travailleurs à comprendre la situation pour prendre leur destin en mains et changer la société, il n'est pas de parvenir à réunir les conditions pour renverser les rapports sociaux existant, il consiste uniquement à combattre les excès du régime pour le rendre plus supportable aux travailleurs.

Quand dans leur propagande ils font référence à certains faits, ils n'en recherchent pas l'origine, ils ne vont pas jusqu'à décrire les rapports de classe qui les sous-tendent, ils ne vont pas non plus les mettre en perspective puisqu'ils nient que la classe dominante agirait selon une stratégie politique déterminée, ils en fournissent seulement ou au mieux une interprétation ou une signification politique qui est plaquée sur la situation et apparaîtra comme telle, le régime, le capitalisme, les institutions sont en crise, etc. qu'on se le dise, discours répété des centaines de milliers de fois ou que les travailleurs ont entendu pendant des décennies sans effet et sans convaincre qui que ce soit, sans que leur niveau de conscience ne progresse, il a même plutôt fortement régressé depuis 40 ans, sans qu'ils se demandent pourquoi, cela ne les intéresse pas, si les choses sont ainsi, c'est qu'il devait en être ainsi, c'est la fatalité et il faut faire avec. Mais comme il leur faut avoir réponse à tout ou pour sauver la mise, les apparences, leur appareil, leurs statuts, leurs dirigeants l'expliqueront en recourant au même registre qui produira le même effet, c'est-à-dire sans convaincre personne, hormis ceux parmi leurs militants, qui, trop fainéants ou intéressés pour penser par eux-mêmes et affronter leurs dirigeants, se satisfairont de syllogismes à valeur de sophismes répétés en boucle pendant 20,30, voire 40 ans qui finiront pas s'incrustrer si profondément dans leurs cerveaux qu'ils seront hermétiques à tout autre explication ou interprétation.

Leur propagande repose généralement sur des lieux communs du genre, c'est de la faute à qui ou à quoi, mais voyons, c'est de la faute à untel ou à ceci ou cela. Ah ben oui, c'est tellement évident, qu'est-ce qu'on est bête franchement de ne pas y avoir pensé plutôt ou nous-même. Et après ? Après quoi ? Rien. Ils passeront à côté de la question déterminante qu'il fallait se poser, sérieusement j'entends, honnêtement : Mais pourquoi, comment a-t-on pu en arriver là. Mieux encore, la question qu'on doit se poser, c'est pourquoi ils ne la posent pas, pourquoi elle ne leur vient pas à l'esprit, à moins qu'ils connaissent la réponse et préfèrent ne pas la poser car elle serait trop compromettante.

Quand on voit qu'ils ont banni de leur discours des expressions comme l'aristocratie ouvrière, le lumpenprolétariat, l'embourgeoisement de couches entières de la classe ouvrière, etc. se contentant de généralités qui servent à camoufler certains aspects de la réalité, à la déformer, comment voulez-vous que leur discours soit crédible tellement il est coupé de la réalité, personne ne les prend au sérieux, ils n'ont aucune légitimité sur ce plan-là.

A l'instar des tenants de la propagande officielle, ils pratiquent donc le déni de la réalité pour fabriquer la leur à partir d'éléments théoriques qu'ils vont mêler à des faits qu'ils ont soigneusement sélectionnés, les uns servant à justifier les autres, et cela va donner une soupe idéologique indigeste, qui lorsque les travailleurs la reniflent leur donne la nausée et c'est bien naturel.

Les militants deviennent rapidement des machines à colporter de la propagande de bas étage et rien d'autres. S'ils tirent profit de leur statut parce qu'ils ont des mandats, pire s'ils deviennent permanents, ils vont s'y accrocher et ils ne progresseront plus jamais. L'immense majorité des travailleurs qui rejoignent une formation politique laissent au vestiaire en entrant leur esprit critique quand ils avaient commencé à en acquérir un précédemment. Ils vont se fondre dans le moule du parti qui va les formater pour diffuser sa propagande et servir des intérêts qu'ils ignorent. Ils sont naïfs, dociles ou très disciplinés généralement, ils vont adopter des principes que leurs dirigeants ne respecteront pas, et s'il leur arrive par la suite de le découvrir, ils ne pourront rien y faire sous peine d'être exclus ou poussés à la démission après une campagne de calomnies ou d'intimidation ou de menaces physiques.

Au départ, les travailleurs sont crédules, sincères et honnêtes, ils ignorent tout du monde dans lequel ils vont mettre les pieds en adhérant à une formation politique (un syndicat, une association, etc.), un monde qui fonctionne selon ses propres règles dont certaines ne sont écrites nulle part, cela ils l'apprendront un jour, plus tard à leur dépens, sans pouvoir y changer quoi que ce soit, d'autant plus que leur mode de pensée aura été formaté par leur organisation, ils seront donc mal placés pour en faire la critique et le corriger, ils auront toutes les peines du monde à s'en séparer même des décennies après avoir quitté leur organisation.

Quand on rejoint une organisation, on est forcément bourré d'illusion sur cette organisation, mais pas seulement, sur soi-même, et si par la suite cette organisation fera tout que vous conserviez les illusions que vous aviez en elle, elle ne fera rien pour vous aider à vous débarrasser des illusions que vous avez sur vous-même, de sorte que le jour où vous en sortirez, que ce soit rapidement ou au bout de plusieurs décennies, sur le plan personnel vous n'aurez pas évolué, on en veut pour preuve, que soit vous replongerez en faisant confiance aveuglément à une autre organisation, soit vous vous direz qu'on ne vous y reprendra plus et vous cesserez de militer, même s'il existait une organisation honnête.

On a parlé ici que d'organisations existant de nos jours, qui fonctionnent selon le principe, fait ce que je te dis mais ne fais pas ce que je fais. Il a existé heureusement des organisations qui ne fonctionnaient pas selon ce principe, par exemple le parti bolchevik jusqu'en 1922 ou 23, quand Lénine cessa de le diriger lorsque les séquelles d'un des attentats dont il avait été victime devinrent insupportables au point de l'emporter l'année suivante.

Il existe aussi des organisations ou associations dont les dirigeants sont honnêtes, mais dont les activités et l'orientation politique ne correspondent pas aux nôtres ou sont mêmes opposés aux nôtres, dont font partie certains journalistes ou intellectuels qui se prétendent indépendants et qui ne cachent pas leurs intentions ou leur orientation politique sans forcément être fermés aux militants qui ne partagent pas toutes leurs idées, je pense en particulier à Michel Collon pour lequel j'ai beaucoup d'estime et d'admiration pour le courage et la détermination dont il fait preuve en affrontant à la fois l'oligarchie, le sionisme et les médias tout en défendant publiquement le marxisme, c'est si rare de nos jours.

Il existe d'autres journalistes ou intellectuels isolés et honnêtes qui publient des articles dans différents portails francophones, sans qu'on partage les orientations politiques qu'ils affichent. Certains vont beaucoup trop loin à mon avis en donnant la parole à des personnes réputées d'extrême droite au nom de la liberté d'expression, car c'est nier par ailleurs leur rôle infâme d'instrument de la classe dominante contre la classe ouvrière, légèreté ou compromission embarrassante qui nous oblige à garder nos distances avec elles, ce qui est dommage car je ne dois pas être le seul dans ce cas-là, ce qui n'enlève rien à leurs qualités personnelles incontestables ainsi qu'à l'honnêteté de leur engagement politique, mais raisonnablement nous ne pouvons pas les soutenir parce que cela serait incompréhensible pour la plupart des militants, précaution que je n'ai pas toujours prise dans le passé pensant à tort que les militants seraient capables de faire la part des choses, ce qui n'était hélas pas le cas la plupart du temps.

Cela dit, les sites d'informations "indépendants" dans lesquels les uns et les autres publient des articles révélant les faits que les médias censurent ou ne tiennent pas à porter à la connaissance de la population par crainte qu'elle comprenne trop bien que les gouvernements et les institutions en général leur mentent effrontément sur la situation ou les manipulent, font l'objet à juste titre de la confiance de millions de travailleurs à travers le monde, et deviennent incontournables dès lors qu'ils interviennent également sur You Tube, Facebook ou Twitter dont les jeunes raffolent.

Il y a de plus en plus de travailleurs et jeunes qui prennent conscience que ceux qui les gouvernent et les médias ne les informent pas mais diffusent leur propagande, l'idéologie de l'oligarchie à laquelle ils sont soumis ou qui en est les propriétaires et le bénéficiaire. Ils savent que s'ils veulent être correctement informés pour se forger librement leur propre idée sur la situation, ils doivent aller voir ailleurs.

Aucun parti ouvrier ne l'a compris et ce n'est pas un hasard. Ce n'est pas un hasard s'ils continuent de reprendre à leur compte la propagande de guerre de l'OTAN sur la Syrie par exemple, en proclamant que la libération d'Alep fut une tragédie pour le peuple syrien. Ils se mettent à dos l'ensemble des travailleurs et jeunes. Cela démontre qu'ils sont complètement coupés de la réalité, et qu'ils poursuivent d'autres intérêts que ceux qu'ils affichent.

En reprenant notamment la version officielle sur Alep, ils se rangent au côté des Obama, Hollande, OTAN, Pentagone, etc. et méritent d'être traités comme tels par les travailleurs et jeunes qui s'en détournent à juste titre. Ils indiquent par là dans quel camp (de la guerre) ils se situent réellement. Je ne sais pas si vous mesurez jusqu'où cela va, c'est très grave, car cela signifie qu'il n'existe pas un seul parti ouvrier digne de confiance, et après ce sont ces mêmes partis qui prétendront combattre l'extrême droite qui peut attirer des couches de travailleurs et jeunes, alors qu'ils en sont directement responsables.

Cette situation nous désole.

Nous en sommes réduits à lutter pour le droit à la vérité, pour le respect, la survie de la vérité, pour qu'elle puisse s'exprimer face à une imposture généralisée ou ce qu'il faut bien appeler un complot qui rassemble tous les acteurs qui interviennent à des degrès divers ou par différents canaux sur la scène politique.

Nous appelons les militants à demander des comptes à leurs dirigeants, à exiger qu'ils cessent leur double langage ou jeu, qu'ils s'en tiennent strictement aux faits en Syrie et ailleurs, qu'ils cessent de déformer la réalité et de soutenir le gouvernement et l'OTAN.

Gageons que de nombreux lecteurs qui jusque là n'étaient pas convaincus du bien-fondé des positions que nous tenions sur la Syrie sauront faire preuve de lucidité, de discernement, de mesure, de logique, on ne sait plus quels mots il faut employer pour se faire comprendre, alors que la situation nous paraît tellement claire, évidente.

On a l'impression que les militants et les travailleurs ne retiennent absolument rien des expériences passées auxquelles ils ont été confrontés. On a pu observer à de nombreuses reprises à peine quelques mois après la dernière opération qu'ils étaient frappés d'amnésie dès que la machine infernale de la propagande officielle reprenait du service pour couvrir un nouvel évènement, ils se faisaient à nouveau manipuler.

En terme de conscience politique ils n'ont pas progressé, parce qu'ils ont été incapables d'en tirer des enseignements par eux-mêmes ou ces leçons ne sont jamais parvenues jusqu'à eux, d'où l'importance capitale de parvenir à leur transmettre, par n'importe quel canal, que ce soit par l'intermédiaire d'un parti ou de journalistes qui font honnêtement leur travail en rendant public tous les faits ou toutes les informations qui leur sont parvenus ou qu'ils ont découverts, et sans lesquels il est impossible de comprendre un évènement ou la situation et partant de là de se forger des convictions qui leur serviront pour la suite, qui serviront de base à leur réflexion au lieu chaque fois de repartir de zéro comme s'ils étaient totalement ignorants de ce qui se passait.

On nous rétorquera qu'à la longue ils y parviennent quand même, en effet cela arrive, mais toujours de manière confuse et teintée d'immenses illusions, et qui plus est sur le plan individuel, ce qui à ce niveau-là ne présente aucun danger immédiat pour le régime, puisqu'ils demeurent incapables de le traduire en terme d'enseignements à valeur collective ou de tâches politiques sur le terrain de la lutte de classes. D'où la nécessité d'interpréter sans cesse les évènements qui se produisent, pour empêcher qu'ils régressent à nouveau ou retombent dans l'amnésie que nous avons évoquée.

A défaut de convictions, les militants et les travailleurs acquièrent davantage des certitudes qui vont s'avérer fragiles le temps passant en l'absence d'une conscience de classe bien aiguisée ou profondément ancrée en eux. Le plus souvent, leurs réactions spontanées, quand elles sont critiques par rapport aux versions officielles qu'on leur sert, ne dépasseront pas le stade de l'impression qu'un rien pourra faire basculer dans une direction opposée, pour peu qu'un beau parleur leur délivre le discours qu'ils voulaient entendre sur un tout autre sujet par exemple.

Le mode de pensée de chaque génération va être formaté par son époque ou dans un contexte social et politique différent en France et dans le monde. Il subira l'influence de l'idéologie dominante qui reflètera le niveau atteint par les contradictions du capitalisme et de la lutte des classes, qui détermineront à leur tour l'orientation de la société qui connaîtra de profondes transformations, autant de facteurs et bien d'autres dont il sera d'autant difficile d'interpréter la signification qu'ils feront l'objet d'importantes modifications au fils du temps. Certains modes de pensée demeureront figés, d'autres évolueront lentement, tandis que d'autres apparaîtront tout en présentant les mêmes lacunes ou d'autres sans que le fil conducteur qui les relie entre eux n'apparaisse clairement, ce qui ne facilitera pas non plus la compréhension de la situation et compliquera encore les rapports entre les différentes générations, qui seront confrontées à des difficultés différentes ou ne les aborderont pas de la même manière... Tout cela pour dire que le déroulement de l'existence ou les expériences qu'on a été amenées à faire tout au long de notre vie ne conduisent pas forcément à élever notre niveau de conscience du monde dans lequel on vit, et croire le contraire comme le font souvent les plus âgés est un leurre, tandis que les plus jeunes sont bourrés d'illusions, un autre leurre.

Pendant plus d'un demi-siècle, depuis beaucoup plus longtemps en réalité, on leur a présenté la situation (et les différents acteurs politiques) de manière contradictoire, sans qu'ils puissent en comprendre la finalité pour avoir cédé à la tentation de recourir à la propagande qui privilégiait un des aspects de la situation, alors qu'il aurait fallu les traiter ensemble pour éviter qu'ils ne se fassent des illusions sur leur condition ou l'évolution à venir de la société, si la classe ouvrière ne parvenait pas à s'emparer du pouvoir politique. Dit autrement, on a favorisé un des aspect de la réalité en le présentant sous un angle progressiste au détriment d'un autre franchement détestable ou réactionnaire, en estimant que c'était le meilleur moyen d'avancer vers notre objectif politique, ce qui encouragera militants et travailleurs à oublier ou à ne pas prendre conscience de la véritable nature de la société ou du régime ainsi que celle de certains acteurs qui intervenaient à leur côté, nature qui n'était pas franchement à leur avantage pour être animée fondamentalement de mauvaises intentions à leur égard ou guidée par des intérêts opposés aux leurs.

En adoptant cette stratégie, l'avant-garde du mouvement ouvrier n'a fait qu'inciter militants et travailleurs à adopter la théorie selon laquelle le progrès social qui avait accompagné le développement du capitalisme devait être infini, ajoutons, et pour peu que la classe ouvrière se mobilise avec ses organisations la condition des exploités devrait s'améliorer sans cesse jusqu'à réaliser le socialisme, les uns le déclaraient ouvertement, les autres s'en défendaient tout en sachant que c'était ce que sous-entendait cette stratégie, ou ils savaient pertinemment que la plupart des travailleurs et des militants l'interpréteraient de cette manière-là, parce que cela semblait plus à leur portée et pour tout tout dire préférable car moins aléatoire, dangereux ou violent qu'une révolution.

C'était ignorer que cette situation ne durerait pas indéfiniment ou faire l'impasse que le moment venu les différents acteurs sur lesquels comptaient la classe ouvrière pour se mobiliser répondraient aux abonnés absents et qu'ils demeureraient seuls, sans direction face à l'offensive engagée par le capital pour broyer tous leurs acquis sociaux et politiques. Ces acteurs vous les connaissez très bien, le PS et le PCF, des ennemis de la classe ouvrière qu'on nous a vendus comme ses alliés ou ses représentants pendant un siècle.

Le PS nous a été présenté sous un angle particulièrement avantageux, alors qu'il était foncièrement anticommuniste, anti-social, anti-ouvrier, ce que chacun est bien obligé d'admettre en 2017, mais il l'était déjà il y a plus d'un siècle en arrière. Quant au PCF, tout aussi anticommuniste, il nous fut présenté successivement sous un aspect monstrueux, puis sous un jour plus fréquentable au point de revendiquer sa présence dans un gouvernement au côté du PS, au nom de la classe ouvrière qui était invitée à formuler au plus haut niveau des illusions dans ces partis, ce dont elle s'abstiendra sans qu'on se demande pourquoi.

Jusqu'à présent je m'en étais tenu à l'explication consistant à dire qu'elle n'avait plus d'illusions sur la volonté de ces partis de changer la société, mais cette explication était incomplète, il fallait ajouter qu'elle n'avait pas ou plus l'intention de changer la société parce qu'elle avait été corrompue par le capitalisme et qu'elle s'était éloignée du socialisme au point de ne plus savoir ce que cela signifiait vraiment. Cette explication qui est conforme à la réalité quand on observe le mode de vie et de pensée de la classe ouvrière, vous ne la trouverez dans aucune des publications des différents courants de l'avant-garde du mouvement ouvrier depuis la mort de Trotsky en 1940, bien que je ne les aie pas toutes lues, je ne prends aucun risque en l'affirmant. Or, c'est un des facteurs déterminants qui permet de comprendre la situation, comment et pourquoi le mouvement ouvrier s'est décomposé au point de soutenir la propagande de l'OTAN en Syrie par exemple, un véritable cauchemar pour un militant ouvrier.

Terminons pour aujourd'hui en revenant à notre sujet.

Tous les partis ouvriers sans exception se sont alignés sur les versions officielles que les représentants de la classe dominante et ses médias ont adoptées des principaux évenements qui se sont produits dans le monde depuis 2001 pour ne pas remonter plus loin. Tous ont versé à des degrés divers dans la désinformation, la manipulation ou la falsification des faits, de la réalité. Tous ont ainsi oeuvré délibérément à empêcher les travailleurs et les militants à compendre la situation, à élever leur niveau de conscience. On a dit qu'ils s'étaient employés à minimiser, à placer au second plan ou à faire passer à la trappe les mauvaises intentions du PS et du PCF vis-à-vis des travailleurs, en fait, ils n'ont rien fait d'autres qu'imiter ces partis qui n'ont fait que servir d'alibi ou de cache-misère à leurs basses manoeuvres et à leurs intentions inavouables. J'allais écrire qu'ils en récoltaient les fruits aujourd'hui mais cela aurait été une erreur, car en fait ils ont atteint leur but en empêchant qu'un véritable parti ouvrier ne se construise sur les bases du socialisme.

Momentanément de nombreux travailleurs et militants se tournent vers d'autres sources pour obtenir les informations que les médias et les partis politiques censurent, afin de se faire leur propre idée sur la situation et décider quel type d'actions ils vont soutenir en attendant des jours meilleurs, où une nouvelle génération de militants renouera avec le socialisme, le plus tôt serait le mieux car il y a urgence.

Apprentis sorciers ou monstruosité. Vive le nucléaire !

La Tribune des Travailleurs (https://www.facebook.com/La-Tribune-des-Travailleurs)

10 janvier 2017 – Le comité d’entreprise d’EDF a rendu un avis négatif sur la fermeture de la centrale de Fessenheim. Ce vote attendu des syndicats n’est que consultatif. Il symbolise l’opposition à ce projet très politique, dont les chances d’aboutir se réduisent au fur et à mesure que la fin du quinquennat Hollande approche.

A l'époque de la catastrophe d'AZF ma fille et sa mère habitaient à Toulouse, cette dernière m'avait raconté qu'elle avait été stupéfaite d'entendre les militants locaux du PT exiger que cette usine de produits chimiques soit reconstruite au même endroit.

Depuis elles sont parties vivre à la Réunion, et bonne anniversaire à ma fille au passage si elle me lit.

D'illusions en désillusions sans être capable d'en tirer tous les enseignements.

Vidéo. Barack Obama, le marketing, & l'Empire (par John Pilger)
https://www.youtube.com/watch?v=bZHJRe9Amns

Barack Obama, durant sa dernière année au pouvoir, a largué plus de 26 000 bombes sur 7 pays différents, et pourtant les médias « progressistes » et la gauche bien-pensante dans son ensemble pleurent douloureusement son départ, pour la seule raison qu’il avait l’air cool et classe en le faisant. Cela témoigne de l’emprise et de l’influence du marketing sur l’opinion publique, puisqu’en 2008, Barack Obama, en tant que marque / produit, recevait le « prix marketing de l’année » pour sa campagne présidentielle, devançant Apple et Nike.

Le monde est plus que jamais dirigé par une aristocratie de corporations et de superpuissances, dont la propagande publicitaire, omniprésente, joue sur les sentiments pour altérer la perception de la réalité. Ce type est un meurtrier. Comme la plupart des présidents. Même s’il sourit et qu’il est noir. arretsurinfo.ch 15.01

John Pilger est un journaliste, qui comme la plupart des intellectuels et les dirigeants corrompus du mouvement ouvrier avait émis des illusions dans Obama parce qu'il était incapable de se situer sur le terrain de classe du prolétariat ; dire qu'ils avaient eu des illusions dans Obama revenait à manifester leurs illusions dans le capitalisme et un de ses représentants, puisque c'était les oligarques et Wall Street qui avait financé sa campagne électorale. C'est là qu'on mesure à quel point ils sont inconsistants.

Soumis à l'influence de l'idéologie dominante, il avait suffit que le nouveau président soit noir ou d'origine africaine pour éclipser la lutte des classes de leurs analyses, rendant incompréhensible la période qui allait suivre ou participant à la confusion générale qui allait profiter à l'oligarchie.

Il semblerait que l'enthousiasme plus ou moins accentué dont ils avaient fait preuve à l'annonce de l'élection de Trump soit rapidement retombé, après qu'il eut annoncé la liste des membres de son gouvernement, qui présage la continuité de la politique menée par son prédécesseur à la Maison Blanche, en pire puisqu'encore une fois il ne peut pas en être autrement. A suivre

Tenez, un élément tout frais qui le confirme.

- Dimanche dans les quotidiens britannique Times et allemand Bild. - Francetv info

M. Trump a jugé que Berlin, plutôt que d'accueillir des réfugiés, aurait mieux fait de militer pour des zones d'exclusion aérienne en Syrie pour protéger la population des bombardements. "Les pays du Golfe auraient dû payer pour ça, après tout ils ont plus d'argent que quiconque", a-t-il dit. AFP 16.01

On sait depuis l'expérience de la Libye ce que signifie l'imposition à un Etat indépendant en guerre contre les USA/OTAN de "zones d'exclusion aérienne", l'impossibilité pour l'armée de cet Etat de bombarder les positions de l'armée supplétif de l'OTAN composée de barbares armés par elle et ne reculant devant aucune cruauté pour réduire son ennemi et aboutir à la chute du régime en place.

C'est cela que Trump vient de revendiquer dimanche, à en faire regretter Hollande de l'avoir diabolisé...

Il est dit que criminel de guerre Hollande poursuivra sa sale besogne jusqu'au dernier jour de sa législature

Bachar Al-Assad ne peut pas "être la solution du problème" syrien, lance Hollande - Francetv info 15.01

Commentaire d'un internaute.

- "Demandez aux chrétiens de Syrie qui ils veulent au pouvoir, Bachar a été le seul à les protéger. Et que dire des Saoudiens qui massacrent le Yémen sans qu'on dise quoi que ce soit.... Il faut dire que la France lui vend les armes...".

Le Council on Foreign Relations a tenu les comptes.

- Les Etats-Unis ont largué l’équivalent de trois bombes par heure dans le monde en 2016 - Arrêt sur Info

Un rapport du Council on Foreign Relations (CFR) a montré que Washington a bombardé la Syrie, le Pakistan, l’Afghanistan, la Libye, le Yémen ainsi que la Somalie en 2016. Pas moins de 26 171 bombes ont été larguées. 72 par jour. Trois par heure.

Les frappes militaires américaines ont été nombreuses en 2016. Très nombreuses. Alors que Barack Obama s’apprête à laisser sa place à Donald Trump dans le fauteuil du Bureau Ovale, le Council on Foreign Relations (CFR) a publié une étude sur les bombardements des forces étasuniennes l’année dernière.

Le toujours président des Etats-Unis avait fait du désengagement militaire de son pays une promesse de campagne, pourtant, le think-tank basé à New-York nous apprend que Washington a bombardé au moins sept nations en 2016 : la Syrie, l’Irak, le Pakistan, l’Afghanistan, la Libye, le Yémen et la Somalie.

Les chiffres publiés par le CFR sont impressionnants : 26 171 bombes larguées. Cela représente 72 bombes par jour et trois… toutes les heures. Pourtant, l’organisme de la Grande Pomme assure que ces estimations sont «indiscutablement sous-estimées, considérant que les données fiables pour les frappes aériennes ne sont disponibles que pour le Pakistan, le Yémen, la Somalie et la Libye». De plus, selon le CFR, «une seule « frappe » peut en réalité faire référence à plusieurs bombes et munitions d’après la définition du Pentagone».

Sans surprise la très grande majorité des bombardements américains ont concerné la Syrie et l’Irak. 24 287 bombes y ont été larguées selon les comptes du CFR. Toujours d’après les chiffres du think-tank, en 2015, les Etats-Unis avaient largué 22 110 bombes sur les deux nations arabes.

En juillet 2016, Barack Obama enterrait sa promesse de désengager ses troupes d’Afghanistan en annonçant que 8 400 soldats resteraient déployés dans le pays jusqu’à début 2017. De son côté, l’aviation américaine a augmenté la cadence. D’après le CFR, 1 337 bombes ont frappé l’Afghanistan en 2016 contre 947 en 2015. Arrêt sur Info 11.01 (Source:https://francais.rt.com)

Voilà qui va les rendre encore plus hystérique... à moins que ?

- Moscou et Ankara ont signé un mémorandum garantissant la sécurité des vols en Syrie - sputniknews.com

Le ministère russe de la Défense et l’état-major des forces armées de la Turquie ont signé un mémorandum sur la prévention des incidents et la garantie du maintien de la sécurité des vols aériens au cours des opérations en Syrie, selon le département de l’information et des communications de masse du ministère russe de la Défense.

Comme indiqué, le mémorandum a été signé jeudi au ministère russe de la Défense au cours des consultations des forces armées de la Russie et de la Turquie sur les questions de la coopération russo-turque dans la lutte contre le groupe terroriste EI (Daech) en Syrie. « Le document définit les mécanismes de la coordination et de la coopération de l'aviation des forces aériennes russes et turques lors des frappes sur les installations des terroristes, ainsi que l'ordre des actions des parties en matière de prévention des incidents lorsque les avions et les drones se trouvent dans l'espace aérien syrien », lit-on dans le message. sputniknews.com 12.01

Trumperitudes, grandes manoeuvres et mystification.

- Donald Trump s'en prend à une icône des droits civiques - AFP

Voilà comment ils alimentent le communautarisme et le racisme.

John Lewis, 76 ans, pilier démocrate du Congrès depuis trois décennies, une référence assurément, un Noir, intouchable à ce niveau-là, un saint homme. Qui plus est, je cite l'AFP, il avait participé aux marches de protestation de Selma à Montgomery, menées dans l'Etat de l'Alabama (sud) en 1965 au nom du droit de vote des Noirs, qui ont marqué la lutte des droits civiques aux Etats-Unis, j'ajoute, peu importe comment il a évolué par la suite, une icône de la vertu qui dans la foulée a répondu à Trump dimanche sur par la chaîne NBC : "Je ne considère pas ce président élu comme un président légitime" et d'enchaîner : "Les Russes ont contribué à l'élection de cet homme. Et ils ont pris part à la destruction de la candidature de (la démocrate) Hillary Clinton" la va-t-en-guerre corrompue et pourrie jusqu'à l'os, bref une pourritude...

- Rapport compromettant sur Trump, «un faux complet» - sputniknews.com

Le renseignement US a reconnu le récent rapport compromettant pour Donald Trump comme étant un «faux», a annoncé via son compte Twitter le président américain élu lui-même.

À l'approche de son investiture au poste présidentiel, Donald Trump a déclaré que « des sources » au sein des services de renseignement estimaient que le « dossier Trump » était « un faux complet », sans plus de détails. sputniknews.com 14.01

- Le Sénat américain va enquêter sur l'espionnage russe - Le Huffington Post

- Trump n'exclut pas de lever les sanctions imposées à la Russie - Reuters

Donald Trump laisse entendre dans un entretien accordé au Wall Street Journal qu'il pourrait lever les sanctions imposées fin décembre à la Russie et ne pas se tenir au principe d'une seule Chine qui fonde les relations entre Pékin et Washington. Reuters

- Début à Washington d'une semaine de manifestations anti-Trump - Reuters

Une semaine de manifestations avant l'investiture de Donald Trump a débuté samedi par une marche à Washington pour protester contre les commentaires du futur président des Etats-Unis sur les musulmans, Mexicains et autres minorités. Reuters

En complément

- Otan: les soldats américains accueillis en héros en Pologne - AFP

Trump, la marionnette des chefs de guerre du Pentagone

- Pour le futur chef du Pentagone, il faudra faire face à la Russie - Reuters

L'ex-général James Mattis, choisi par Donald Trump pour diriger le Pentagone dans la prochaine administration, a déclaré jeudi au Congrès qu'il fallait prendre conscience que Vladimir Poutine tentait de briser l'Alliance atlantique dans le cadre d'une offensive plus large menée par différents acteurs contre la stabilité mondiale.

L'ordre mondial, a-t-il dit, "est soumis à la plus grande attaque depuis la Deuxième Guerre mondiale, et elle est menée par la Russie, par les groupes terroristes et par ce que la Chine fait en mer de Chine méridionale".

Il a par la suite ajouté l'"influence maligne" de l'Iran à la liste des défis qui l'attendent, qualifiant Téhéran de "principale force déstabilisatrice au Proche-Orient".

"Je suis entièrement acquis au dialogue mais nous devons aussi voir la réalité ce que représente la Russie", a-t-il dit, ajoutant un peu plus tard lors de son audition que les menaces principales contre les intérêts vitaux des Etats-Unis "commençaient en Russie".

Dans son propos liminaire, il avait indiqué: "Nous avons noué un dialogue avec la Russie même aux heures les plus sombres de la Guerre froide, et je soutiens le désir du président élu de nouer un dialogue avec la Russie à présent.

"Dans le même temps, lorsque nous identifierons d'autres domaines où nous ne pouvons pas coopérer, nous devrons affronter le comportement de la Russie et nous défendre si la Russie choisit d'agir à l'encontre de nos intérêts."

Mattis a précisé devant les sénateurs que les domaines où la coopération était possible était en "nombre décroissant".

Mattis a évoqué l'implication russe dans les cyberintrusions de même que dans la "guerre de l'information". Il a aussi énuméré des violations de traités, des opérations de déstabilisation de pays tiers et les "messages alarmants émanant de Moscou concernant l'utilisation d'armes nucléaires".

"Nous savons qu'il (Poutine) essaie de briser l'Alliance atlantique", a-t-il insisté, qualifiant l'Otan d'élément central de la défense des Etats-Unis.

Le sénateur John McCain, président républicain de la commission des Forces armées, a dit pour sa part que rien ne pouvait le rendre "plus heureux" que la nomination de Mattis à la tête du Pentagone.

"Poutine veut être notre ennemi. Il a besoin de nous en tant qu'ennemi. Il ne sera jamais notre partenaire", a-t-il dit en ouvrant la séance. "Il pense que pour renforcer la Russie, il faut affaiblir l'Amérique. Nous devons procéder de manière réaliste sur cette base-là."

En attendant la confirmation de sa nomination, l'ex-général Mattis, 66 ans, a franchi une première étape en obtenant jeudi une dérogation au Sénat: il n'a en effet quitté les rangs de l'armée qu'en 2013, quand la loi rend techniquement inéligible à la tête du Pentagone les ex-militaires n'ayant pas été rendus à la vie civile depuis au moins sept ans. Les sénateurs lui ont accordé cette dérogation par 81 voix contre 17.

James Mattis a obtenu dans la foulée l'accord de la commission des Forces armées de la Chambre des représentants par 34 voix contre 28.

"Je reconnais que mon potentiel rôle civil diffère en essence et en substance de mon ancien rôle sous l'uniforme", a indiqué Mattis dans son propos liminaire dont le texte a été diffusé à l'avance. Reuters 13.01

Commentaires d'internautes

1- Quand les USA parlent de menace contre leurs intérêts vitaux, il faut comprendre menace contre leur domination du monde.

2- Au cas où quelqu'un aurait été assez naïf pour croire qu'il y aurait un réel changement avec Trump, et douterait encore que la politique des U.S.A, comme celle de bien d'autres pays d'ailleurs, est dictée par la haute finance et le lobby militaro-industriel....

3- Encore un ton de guerre froide de la part des Américains qui en réalité déstabilisent le monde avec leurs guerres et poussent sans cesse leurs pions pour affaiblir la Russie. Les Américains ont toujours besoin d'un ennemi pour justifier leur expansionnisme en se servant notamment de l'Otan dont le chapelet de bases encercle la Russie.

En complément et en signe de "paix".

- Les USA testent une nouvelle bombe thermonucléaire - sputniknews.com

Le Pentagone a l'intention de lancer dès mars 2017 les essais de qualification d'une nouvelle bombe thermonucléaire B61-12.

A leur issue, la liste des avions à même d'embarquer cette munition sera élargie. Une production en série réduite de la nouvelle arme devrait être lancée en 2018. sputniknews.com 12.01

Sans attendre que le nouveau gouvernement s'emmêle.

- Plainte des Etats-Unis contre la Chine sur l'aluminium - Reuters

Le gouvernement des Etats-Unis a déposé jeudi une plainte auprès de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) contre les subventions chinoises à l'aluminium, accusant la Chine de gonfler "artificiellement" sa part de marché par le biais de prêts bon marché et de subventions.

Cette plainte, qui prévoit toutefois des consultations avec Pékin, devrait intensifier un peu plus les tensions commerciales entre les deux superpuissances économiques. Le président élu Donald Trump, dont l'entrée en fonctions aura lieu la semaine prochaine, a fait de la réduction du déficit commercial avec la Chine une priorité absolue.

La plainte, déposée par le Bureau du délégué américain au commerce, affirme que les décisions de la Chine dans le secteur de l'aluminium enfreignent les règles de l'OMC qui interdisent toute subvention susceptible de causer un "grave préjudice" à un ou plusieurs de ses membres.

Elle évoque des prêts publics jugés trop avantageux et des prix "artificiellement bas" pour certaines composantes de la production d'aluminium (électricité, charbon, alumine) qui sapent les prix mondiaux et gonflent de façon non naturelle la part de marché de la Chine.

"La Chine donne à son industrie de l'aluminium un avantage indû par le biais de prêts sous-évalués et d'autres formes de subventions publiques illicites", dit le président sortant Barack Obama dans un communiqué accompagnant la plainte.

"Ce type de politique a nui aux producteurs américains et a contribué à une saturation mondiale de l'acier, de l'aluminium et d'autres secteurs", poursuit Obama. "Nous agissons pour protéger les salariés, chez nous et de par le monde, affectés en permanence par ces politiques. C'est ce que nous avons toujours fait".

Cette plainte fait suite à une demande de saisine de l'OMC formulée en octobre par six sénateurs américains, dont deux de l'Ohio, un Etat qui abrite plusieurs producteurs d'aluminium, à la suite des quelque 15.000 emplois perdus par le secteur ces dernières années.

"Quand la Chine fait baisser les prix de l'aluminium en trichant, les travailleurs et les producteurs de l'Ohio en paient le prix", constate le sénateur démocrate de l'Ohio Sherrod Brown, dans un communiqué publié mercredi.

Selon les services du délégué américain au Commerce, les capacités de production d'aluminium de la Chine ont plus que quadruplé de 2007 à 2015, alors que les prix mondiaux ont chuté de 46% environ. La Chine produit actuellement plus de la moitié de l'aluminium mondial.

Dans le même temps, la production américaine a chuté de 37% et neuf des 14 fonderies d'aluminium ont cessé toute production depuis 2011, une seule opérant au maximum de ses capacités.

Cette plainte est la 16e déposée contre la Chine auprès de l'OMC au cours des huit années des deux mandats de Barack Obama. Reuters 12.01

Incroyable, le New York Times vous informe... ou presque !

Si c'est le New York Times qui le rend public, alors que cela va à l'encontre de la propagande de l'oligarchie qu'il diffuse depuis 2011, exceptionnement on va le croire.

- Preuve audio : John Kerry confirme en privé soutenir et armer Daesh - voltairenet.org

Le New York Times a publié le 30 septembre 2016 des extraits de l’enregistrement audio d’une conversation entre le secrétaire d’État, John Kerry, et des membres de « l’opposition » syrienne. La conversation a eu lieu le 22 septembre 2016, en marge de l’Assemblée générale des Nations unies. On l’y entend déplorer que le Congrès US refuse d’envoyer des hommes renverser la République arabe syrienne et conseiller aux opposants de se trouver une autre puissance militaire pour faire le travail à leur place et les porter au pouvoir.

Les extraits choisis par le New York Times laissaient comprendre que le département d’État ne pouvait plus soutenir la Coalition nationale de l’opposition et lui demandait de se tourner vers d’autres sponsors.

L’enregistrement complet de 36 minutes a été publié, le 1er janvier 2017, par The Last Refuge [1]. Il modifie totalement le sens de la conversation et atteste par conséquent que le choix des extraits initialement publiés par le New York Times visait en réalité non pas à accuser l’administration Obama, mais à la protéger.

Dans l’enregistrement complet, on entend le secrétaire d’État.

- confirmer que le but stratégique de la guerre menée depuis 2011 par l’administration Obama contre la République arabe syrienne est de renverser le régime.

- confirmer que l’administration Obama espérait que Daesh serait en mesure de renverser à sa place la République arabe syrienne.

- confirmer que l’administration Obama a approvisionné Daesh en armes pour qu’il renverse la République arabe syrienne.

Cet enregistrement met fin au mythe de la prétendue révolution syrienne aussi bien qu’à celui de la lutte de l’Occident contre Daesh. Il permet de mieux comprendre les tensions au sein de l’administration Obama et la démission du général Michael Flynn. En droit international, le soutien à Daesh viole plusieurs résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies et constitue un crime contre l’Humanité.

[1] “Absolutely Stunning – Leaked Audio of Secretary Kerry Reveals President Obama Intentionally Allowed Rise of ISIS…”, The Last Refuge (The Conservative Tree House), January 1, 2017. voltairenet.org 12.01

France. Décomposition politique et mystification

Ce sera peut-être le score du candidat du PS au soir du 1er tour de la présidentielle en mai prochain ?

- Mauvaise audience pour le débat de la primaire de la gauche beaucoup moins suivi que celui de la droite - Le HuffPost

Moins de 4 millions de personnes (3,8 millions - ndlr) étaient devant TF1, presque 2 millions de moins (1,8 million - ndlr) qu'en octobre dernier.

L'autre comparaison délicate pour la primaire du PS version 2017 est celle avec le premier débat de la primaire de 2011. Les échanges entre François Hollande, Martine Aubry, Ségolène Royal avaient rassemblé 4,9 millions de téléspectateurs.

Alors que 4 millions de Français ont voté à la primaire de la droite et que 2,6 millions l'avaient fait pour la gauche en 2011, le PS espère toujours atteindre la barre des deux millions. Le HuffPost 13.01

En famille. Ils partagent tous le bilan de Hollande le honni.

- Le bilan de Hollande jugé contrasté lors du débat de la primaire - Reuters

Débat de la primaire de la gauche: le bilan de Hollande en un mot? (Presque) aucun candidat n'y est arrivé Le Huffington Post

Invités à donner leur sentiment sur le quinquennat qui s'achève, la plupart des sept interlocuteurs ont visiblement eu du mal à accabler le président de la République tout en cherchant à démontrer l'utilité de leur candidature.

Résumer le bilan de François Hollande en un mot, telle était la mission impossible fixée aux candidats de la primaire de la gauche lors du premier débat télévisé qui les a opposés ce jeudi 12 janvier.

Invités à donner leur sentiment sur le quinquennat qui s'achève, la plupart des sept interlocuteurs ont visiblement eu du mal à accabler le président de la République tout en cherchant à démontrer l'utilité de leur candidature.

Pourtant farouchement hostiles à François Hollande, Arnaud Montebourg a tenu à énumérer les succès du quinquennat tout en critiquant un bilan "difficile à défendre". Dans le même esprit, Benoît Hamon a regretté les arbitrages du président en critiquant des réformes "au milieu du guet". Pourtant un soutien indéfectible du chef de l'Etat, le démocrate écolo Jean-Luc Bennahmias a hésité avant d'attribuer un "peut mieux faire" tandis que François de Rugy se contentait d'un "bilan contrasté et en demi-teinte". Même Vincent Peillon, qui se pose en candidat du "rassemblement" a décrit le bilan du chef de l'Etat comme celui d'une "profonde incompréhension".

Au final, comme on peut le voir dans la vidéo ci-dessus, Manuel Valls a été le premier à se conformer à la règle du jeu. Et avec un certain panache puisqu'il a résumé le bilan du président de la République avec le mot "fierté". "Fierté d'avoir servi les Français dans une période difficile. Face aux crises. Face au terrorisme", a assumé l'ancien ministre de l'Intérieur et ex-premier ministre, revendiquant l'héritage de la dimension régalienne du bilan.

Dans la foulée, la candidate du PRG Sylvia Pinel a elle aussi trouvé son mot: "responsabilité" d'avoir gouverné et de défendre un bilan "à porter" même s'il est au final très contesté par les Français. Le Huffington Post 13.01

Comment l'oligarchie fabrique à l'américaine son élu à la primaire bis de la droite : Valls.

- L'intérêt pour la primaire initiée par le PS progresse légèrement, à huit jours du premier tour, selon un sondage Elabe pour BFM TV publié samedi.

43% des sondés ("1 en trois jours) se disent "intéressés par cette élection: 31% s'y intéressent "assez" et 12% "beaucoup". 56% (-2) ne s'y intéressent pas (31% "pas vraiment" et 25% "pas du tout").

Parmi les sympathisants de gauche, ils sont 68% ("2) à s'intéresser à la primaire (24% "beaucoup" et 44% "assez"). 32% (-2) ne s'y intéressent pas (8% "pas du tout" et 24% "pas vraiment").

31% des personnes interrogées souhaitent la victoire le 29 janvier de Manuel Valls (stable), devant Benoît Hamon (25%, +1), Arnaud Montebourg (24%, stable) et Vincent Peillon (8%, -1). La victoire de Sylvia Pinel est souhaitée par 5% des sondés, celle de François de Rugy par 3% et celle de Jean-Luc Bennahmias par 1%. 3% sont "sans opinion".

Chez les sympathisants de gauche, M. Valls recueille 31% de souhaits de victoires (43% chez les sympathisants PS, 15% chez les sympathisants de la gauche non socialiste). Benoît Hamon enregistre lui 25% de souhaits de victoires (19% des sympathisants PS, 34% de ceux de la gauche non PS), juste devant Arnaud Montebourg, avec 24% (21% des sympathisants PS, 26% des sympathisants de la gauche non socialiste). AFP 14.01

Les affairistes et la gamelle.

- Guerre froide entre Jean-Luc Mélenchon et les communistes en vue des élections législatives 2017 - Le Huffington Post

Plus encore que le scrutin d'avril et mai, celui de juin représente un enjeu majeur pour le Parti communiste puisque ce sont les voix engrangées aux législatives qui déterminent les subventions que toucheront les formations politiques durant les cinq prochaines années.

Le dialogue étant rompu avec le Parti socialiste et les écologistes, la partie s'annonce toutefois douloureuse dans les 10 circonscriptions où le PCF avait obtenu des élus Front de gauche en 2012. Autant dire que les parlementaires communistes ont très mal digéré d'apprendre que la France insoumise, le mouvement initié par Jean-Luc Mélenchon, envisageait d'investir 577 candidats, y compris dans les circonscriptions tenues par le PC.

Mezzo voce, les communistes mettent en cause les exigences de Jean-Luc Mélenchon qui interdisent tout accord. La charte de la France insoumise prévoit des conditions non négociables aux candidats investis, dont celle de faire campagne sous l'étiquette "France insoumise" et de se rattacher à son association de financement. Concrètement, cela signifie que la comptabilisation des voix engrangées, critère retenu pour l'octroi des subventions, ira à la seule France insoumise qui en reversera une partie aux appareils partenaires. De fait, le PCF se retrouverait affilié économiquement au mouvement mélenchoniste.

"Nous avons prévu un mécanisme de reversement contractuel", rétorque le coordinateur politique du Parti de gauche de Jean-Luc Mélenchon, Eric Coquerel, qui dément toute volonté de tordre le bras aux communistes. S'agissant de l'étiquette France insoumise, il sera autorisé aux partis d'accoler le logo de leur propre parti à côté. "Jean-Luc Mélenchon veut dépasser les partis, il ne les nie pas", assure Eric Coquerel.

Dans ce climat de guerre froide, les dirigeants du PCF n'ont toutefois que peu de marges de manœuvre. Le parti dirigé par Pierre Laurent est en effet contraint par le vote de ses adhérents qui, contre l'avis de la direction, ont voté le soutien à la candidature de Jean-Luc Mélenchon. Le secrétaire général communiste en est donc réduit aux admonestations verbales.

Le Parti communiste est d'autant plus embarrassé qu'il lui est très difficile de négocier une révision de la charte des Insoumis alors qu'il en boudé la rédaction. En son absence, les mélenchonistes ont également imposé la règle des adhésions directes à la France insoumise, principe auquel le PCF s'était frontalement opposé pour le Front de gauche, le condamnant à demeurer un cartel de partis. Le Huffington Post 14.01

- Le PCF investit ses 253 premiers candidats aux législatives - AFP

Le Conseil national du Parti communiste a investi samedi ses 253 premiers candidats aux législatives, en pleine polémique avec le mouvement de Jean-Luc Mélenchon, la France Insoumise, qui prévoit aussi de présenter des candidats partout.

La liste des 253 candidats, qui comprend une grosse vingtaine de personnes non encartées au parti, "a été adoptée à 91% par le Conseil national", le parlement du PCF, a précisé le Parti communiste dans un communiqué.

Cette première salve d'investitures, qui sera suivie par d'autres, intervient alors que les militants du parti ont décidé fin novembre de soutenir la candidature de Jean-Luc Mélenchon à la présidentielle. Mais au fil d'une campagne "autonome" et sur leur propre programme, "la France en commun".

Des dents commencent néanmoins à grincer sur la question des législatives entre les deux organisations, celle de M. Mélenchon souhaitant un "label" France insoumise commun et la signature d'une "charte" qui prévoit notamment l'obligation de la discipline de vote à l'intérieur du futur groupe parlementaire.

De telles conditions ont déjà été repoussées par la direction nationale du PCF. Mardi, le chef de file des députés Front de gauche, André Chassaigne, a protesté contre la présence d'un candidat FI contre lui dans sa circonscription.

"André Chassaigne a raison de pousser un coup de gueule", a réagi mardi le secrétaire national du PCF, Pierre Laurent. "Face à des députés communistes sortant qui appellent à voter Jean-Luc Mélenchon, on ne voit pas pourquoi il y aurait un candidat de la France insoumise", a-t-il estimé. "Ou alors, il faut accepter tous ensemble de se tirer une balle dans le pied !" AFP 14.01

Mélenchon termine le boulot engagé par Mitterrand pour en finir avec le PCF. Paradoxalement on en tire aucune satisfaction puisqu'on a aucun profit à en attendre, au contraire, il fait le jeu du bipartisme à l'américaine qui se met en place en France et qui en principe devrait profiter au PS, bien qu'il soit mal engagé aujourd'hui pour en profiter, quoique si c'était Hamon ou Montebourg le candidat du PS, Mélenchon n'aurait aucune chance de le devancer. A suivre.

Les temps sont durs...

- Présidentielle: pour Fillon, dur, dur de rassembler - LeParisien.fr

- Ces militants qui désertent le Parti socialiste - LeFigaro.fr

Depuis 2012, plus de 40 000 militants ont quitté le PS, souvent par rejet de la politique menée sous le quinquennat de François Hollande par les gouvernements de Jean-Marc Ayrault et de Manuel Valls. Pour la plupart membres de l'aile gauche du PS, et proches des frondeurs, ils se sont opposés au CICE et au pacte de responsabilité, «des cadeaux faits aux entreprises sans aucune contrepartie d'embauches», selon eux. Ils ont dénoncé la loi travail et le pacte budgétaire européen, «placé sous le signe de l'austérité», et combattu avec succès l'inscription dans la Constitution de la déchéance de nationalité pour sanctionner les auteurs d'actes terroristes.

Devenus orphelins, certains vont voter pour Arnaud Montebourg ou Benoît Hamon, candidats dans le cadre de la primaire de la gauche, d'autres ont rejoint la France insoumise de Jean-Luc Mélenchon. De plus en plus d'élus ont rallié le mouvement En Marche! d'Emmanuel Macron, ce qui ne manque pas d'inquiéter les dirigeants du PS. Certains ont même pris fait et cause pour Marine Le Pen. Un ancien militant L'un d'eux affirme même que le Front national «est le seul parti à défendre les sans dents»! LeFigaro.fr 16.01

- Dans la vallée de la Fensch, la présidentielle, ça ne parle pas - AFP

Dans la vallée de la Fensch, d'Algrange à Florange, on n'y croit plus. Trop loin, trop déconnectés, les candidats à la présidentielle ne donnent plus envie et la politique semble incapable de régler les problèmes. AFP 12.01

Ils osent tout !

Cela vous fait penser à une répartie cinématographique célèbre, bravo !

- L'hommage appuyé du Mali à François Hollande - LeFigaro.fr

Il ne manque plus que celui d'Obama...

- Briois (FN) fustige le "mépris de classe" de Macron - AFP

Vous aurez deviné à quoi on les reconnaît...

- Pour Valls, Fillon est "prisonnier" de son projet - AFP

Alors que Valls est "prisonnier" de son bilan comme Premier ministre de Hollande...

- A Lille, Macron se réclame de l'histoire d'une terre de "combat social" - AFP

Parole d'un millionnaire ex-banquier et ex-ministre de Hollande...

- « La culture du respect ferait du bien à la France » - LeParisien.fr

Alors que les promesses électorales n'engagent que ceux qui y croient...

- Hirsch plaide pour la création d'une "assurance-maladie universelle" - AFP

Alors qu'il fut ministre de Fillon sous Sarkozy...

Demandez le programme de la réaction

- Artus - À faire des réformes impopulaires, autant qu'elles soient ambitieuses - LePoint.fr

Artus - Il va être nécessaire en France de mettre en place des réformes impopulaires : sur le marché du travail, la réduction des dépenses publiques et la fiscalité

Face à la nécessité de mettre en œuvre des réformes impopulaires, autant qu'elles soient radicales et non marginales, plaide l'économiste de Natixis.

Il va être nécessaire en France de mettre en place des réformes impopulaires : décentraliser dans les entreprises les négociations du marché du travail, la définition de certaines règles du marché du travail ; réduire les dépenses publiques pour financer la baisse des impôts défavorables à la croissance ; réformer la fiscalité pour qu'elle soit plus favorable à l'emploi, à l'investissement des entreprises. Mais ces réformes peuvent être mises en place de manière minimaliste ou bien de manière ambitieuse. Ces réformes étant impopulaires, autant qu'elles soient ambitieuses, radicales et non marginales. ArtusLa première réforme impopulaire mais nécessaire en France est la décentralisation des marchés du travail. Les salaires en France réagissent très peu à la hausse du chômage, à la perte de compétitivité des entreprises, à la dégradation du commerce extérieur, au déficit de compétitivité-coût par rapport à d'autres pays de la zone euro, comme l'Espagne, au ralentissement de la productivité. Les salaires des peu qualifiés, liés au salaire minimum, ne réagissent pas du tout au chômage des peu qualifiés, ce qui reflète l'absence de lien entre la fixation du salaire minimum et le niveau de productivité des peu qualifiés. ArtusL'idée de la décentralisation des négociations du marché du travail est que, si ces négociations sont faites au niveau des entreprises, elles prendront mieux en compte la compétitivité, la productivité, la situation des entreprises, leurs coûts relativement à ceux des concurrents étrangers...

Sous influence. Le sionisme vaut bien l'union nationale.

"C’est bien la violence de l’occupation qui génère celle de la résistance, et cette résistance est légitime."

- Après l’attentat de Jérusalem, Droite, PS et FN à l’unisson ! - Par Bruno Guigue - Arrêt sur Info

Le 8 janvier 2017, une opération de la résistance palestinienne a coûté la vie à quatre soldats de l’armée d’occupation israélienne, dont trois jeunes femmes. Quatre morts de trop dans ce terrible conflit, bien sûr. Mais cette action n’est pas la première que mènent des Palestiniens réduits à se battre contre l’occupant avec leurs faibles moyens. Utilisant un camion-bélier, cette opération meurtrière, à la différence des actions précédentes, n’a frappé que des militaires. Et elle s’est déroulée sur la « promenade de Talpiot », un nouveau quartier juif de Jérusalem érigé sur des terres arrachées aux Palestiniens durant la guerre de juin 1967.

Ni le mode d’action, ni le lieu choisi n’étaient donc indifférents. A Jérusalem-Est annexée, plus qu’ailleurs, le peuple palestinien est soumis, sur son propre sol, à une occupation et à une colonisation condamnée par le droit international. Dans l’indifférence générale, il subit les humiliations infligées par un occupant surarmé qui bénéficie de la complicité des puissances occidentales et de la passivité des régimes arabes. L’opération du 8 janvier, par conséquent, est le fruit amer de cette cruelle dépossession du peuple palestinien, de la négation de ses droits les plus élémentaires. C’est bien la violence de l’occupation qui génère celle de la résistance, et cette résistance est légitime.

Les forces politiques françaises ont-elles pris la mesure d’un tel événement et de ce qu’il signifie ? Après cet attentat, considéré par de nombreux observateurs comme le plus grave depuis le déclenchement de « l’Intifada des couteaux », ont-elles médité la phrase célèbre du général de Gaulle accusant Israël, le 27 novembre 1967, d’organiser « sur les territoires qu’il a pris une occupation qui ne peut aller sans oppression, répression et expulsions » et prophétisant la naissance d’une « résistance qu’Israël, à son tour, qualifiera de terrorisme » ?

Loin de là. Au lieu de susciter une analyse objective, l’événement a provoqué une épidémie de mauvaise foi. Championne hors catégorie du soutien à Tel Aviv, Anne Hidalgo a organisé un rassemblement silencieux et illuminé l’Hôtel de Ville de Paris aux couleurs d’Israël. « Ce soir nous sommes face à l’Hôtel de Ville de Paris illuminé en mémoire des victimes de l’attentat de Jérusalem #TousUnisContreLeTerrorisme », a tweeté de son côté le Conseil représentatif des institutions juives de France. Chef de la diplomatie française, Jean-Marc Ayrault ne pouvait demeurer en reste. Il a dénoncé un « acte ignoble » et exprimé la « solidarité de la France avec Israël ».

A cette belle harmonie entre le PS et le CRIF, la droite n’a pas manqué d’apporter sa contribution. Son chef de file, François Fillon, a immédiatement réagi : « Solidarité avec le peuple israélien après l’attentat de Jérusalem. Soyons unis contre le terrorisme ». Visiblement frappé d’amnésie gaulliste, le candidat des Républicains à l’élection présidentielle a perdu de vue la distinction entre le terrorisme et la résistance à une occupation illégale. Celui que l’on créditait un peu vite d’un certain courage sur les questions internationales vient aussi de déclarer, sur Bfm/Tv, que « Bachar Al-Assad est un dictateur et un manipulateur ». Pour peu, on aurait presque oublié qu’il fut le premier ministre de Nicolas Sarkozy, passé à la postérité comme le fossoyeur de l’héritage gaulliste.

Au Front national, enfin, même son de cloche. « Soutien au peuple israélien après le terrible attentat islamiste de Jérusalem », a twitté le 9 janvier la présidente du Front national. Une fois de plus, l’opération du 8 janvier est qualifiée dans des termes qui en interdisent toute intelligibilité. L’islamisme supposé de cette action armée agit comme un mot-écran, qui dispense de toute analyse politique sur l’oppression coloniale en Palestine. Il est vrai que la famille Le Pen n’a jamais été très ardente dans la lutte contre le colonialisme. Et si l’on est, en principe, pour l’indépendance de la France, on sait aussi faire des exceptions. Tous ceux qui s’imaginent que la présidente du FN s’affranchit de tous les communautarismes, et pas seulement de celui qu’elle prête aux musulmans, en seront pour leurs frais. Arrêt sur Info 11.01




ACTUALITE EN TITRES

La lessiveuse de l'aristocratie

- Surprise dans l'affaire Wildenstein: les héritiers sont relaxés - LeFigaro.fr

Racket

- Le prix du PV de stationnement de base grimpera jusqu'à 50 euros à Paris - Boursier.com

La ville de Paris va profiter de la réforme des PV de stationnement, initialement programmée pour 2016 et reportée à 2018 pour fortement relever le prix de l'amende de base.

Elle va passer de 17 euros actuellement à 50 euros, dans le centre de Paris et à 35 euros dans les arrondissements périphériques, a annoncé la mairie...

Si la contravention est réglée dans les 72 heures, l'amende sera minorée à 35 euros dans le centre et à 24,50 euros en périphérie.

Pour ceux qui estimeraient ce montant trop élevé, Christophe Najdovski, adjoint en charge des transports, rappelle que nos voisins européens sont beaucoup plus sévères en la matière: elle est de 96 euros à Londres, 90 euros à Barcelone ou encore 55,50 euros à Amsterdam. Boursier.com

Ouf, ici en Inde c'est gratuit ! Je n'ai pas de bagnole et je n'en aurai jamais plus, le scooter me suffit.




INFOS EN BREF

POLITIQUE

Tunisie

- Tunisie: 6e anniversaire la révolution sur fond de contestation sociale - AFP

La Tunisie a marqué samedi le sixième anniversaire de la chute du dictateur Zine el Abidine Ben Ali sur fond de contestation sociale qui s'étend, le Premier ministre déplorant l'échec des gouvernements successifs à réaliser les objectifs économiques et sociaux de la révolution.

Dans la capitale, la foule s'est rassemblée sur l'avenue Habib-Bourguiba, l'une des principales artères de Tunis en présence de membres de partis politiques et d'ONG, et sous un dispositif de sécurité renforcé en raison des craintes d'attentat.

Selon les médias locaux, aucune festivité n'a eu lieu ailleurs dans le pays.

La révolution avait été déclenchée à la suite de l'immolation par le feu le 17 décembre 2010 du vendeur ambulant Mohamed Bouazizi à Sidi Bouzid, dans le centre-ouest défavorisé de la Tunisie, qui a donné lieu à un mouvement de protestation contre le chômage et la vie chère.

Les manifestations, marquées par des émeutes sanglantes, s'étaient ensuite étendues à tout le pays. Sous la pression populaire, Ben Ali a pris la fuite pour l'Arabie saoudite le 14 janvier 2011.

Six ans après, Sidi Bouzid connaît de nouveaux troubles sociaux ainsi que la région de Ben Guerdane (sud-est) et la contestation semble s'étendre.

Samedi encore, des dizaines de chômeurs ont manifesté à Sidi Bouzid, en scandant "Le travail est un droit, bande de voleurs" ou encore "Travail, liberté, dignité, patrie", deux slogans phares de la révolution, selon un correspondant de l'AFP.

Par ailleurs, quelque 150 chômeurs ont brûlé des pneus pour bloquer la route principale de Menzel Bouzaiane, à une cinquantaine de kilomètres au sud de Sidi Bouzid, en chantant les mêmes slogans, d'après la même source.

Des protestations similaires ont eu lieu à Meknassi, près de Sidi Bouzid, où une grève générale a été observée jeudi pour réclamer des emplois et le développement de la région.

A Ben Guerdane, ville proche de la frontière libyenne, la police a fait usage de gaz lacrymogènes pour répondre aux jets de pierres de manifestants, selon des témoins et des médias locaux. Les manifestants ont utilisé des pneus et des poubelles pour bloquer les routes. Ils réclament l'ouverture du poste-frontière de Ras Jédir et le libre passage des marchandises.

"Si nous voulons que cette démocratie devienne solide, nous devons atteindre les objectifs économiques et sociaux de la révolution, à savoir l'emploi et la dignité. Aujourd'hui, nous n'y parvenons pas car le chômage et les inégalités sociales ont augmenté et les régions marginalisées le sont encore", a déclaré vendredi soir le Premier ministre Youssef Chahed à la télévision nationale.

Samedi, le président Beji Caïd Essebsi a annoncé de nouveaux projets lors d'un déplacement dans le gouvernorat de Gafsa (centre).

Selon la télévision privée "Nessma", des heurts ont éclaté lors du passage du convoi présidentiel, les forces de l'ordre répondant avec des tirs de grenades lacrymogènes aux jets de pierres de certains manifestants. AFP 15.01


SOCIAL ET SOCIÉTÉ

Grande-Bretagne

- Le système de santé publique anglais "au bord de la rupture" - AFP

La Croix-Rouge décrit une "crise humanitaire", les médecins déplorent des conditions dignes du "tiers monde": le système de santé public NHS, fierté britannique depuis 1948, traverse une crise inédite cet hiver qui commence à rattraper la Première ministre Theresa May.

La photo a fait le tour des réseaux sociaux et la Une du quotidien Daily Mirror. Elle montre le petit Jack, 22 mois, seulement vêtu d'une couche. Faute de lit, il dort sur une couverture posée sur deux chaises en plastique rouge. Malgré une suspicion de méningite, Jack a attendu cinq heures aux urgences avant de voir un médecin.

Comme tous les hivers, le National Health Service est "au bord de la rupture" selon les médecins et organisations hospitalières. Système de soins gratuit, le cinquième employeur mondial (1,5 million de salariés) est une institution sacrée. "Notre religion nationale", disait l'ex-ministre Nigel Lawson.

Le NHS représente un enjeu politique crucial qui décide des élections. Les partisans du Brexit en avaient fait l'un de leurs principaux thèmes de campagne, promettant, chiffres racoleurs et tronqués à l'appui, de renflouer les caisses du NHS avec l'argent qu'il n'y aurait plus à envoyer à Bruxelles.

Mais le NHS est aussi un modèle en crise, confronté au vieillissement de la population, à la croissance démographique et aux politiques d'austérité.

Alors, il suffit de la moindre alerte, comme l'épidémie de grippe cette année, pour enrayer le système. Depuis l'automne, le temps d'attente aux urgences explose: 23% des patients ont attendu plus de quatre heures avant de voir un médecin la semaine dernière. Deux patients sont morts sur un brancard dans un couloir du Worcestershire Royal Hospital cette semaine. Partout, il manque des lits, des ambulances, des médecins.

Le docteur Richard Kerr, membre du Collège royal des chirurgiens, dit n'avoir jamais vu une telle détérioration en 26 ans de carrière.

La situation est si alarmante que la Croix-Rouge a été appelée à la rescousse. "Nous sommes face à une crise humanitaire", a souligné son directeur général Mike Adamson.

La Première ministre conservatrice Theresa May a dénoncé ces propos qualifiés d'"irresponsables et exagérés".

Afin de désengorger les urgences des hôpitaux, elle a appelé samedi les cabinets de médecins généralistes à ouvrir 7 jours sur 7 et de 8h à 20H, sans quoi ils pourraient perdre des aides gouvernementales.

Mais pour beaucoup, le mal est bien plus profond. "Ce n'est pas une crise hivernale, c'est un blizzard dans l'hiver éternel du NHS. On demande au personnel d'offrir un service de première qualité avec des effectifs et un nombre de lits dignes du tiers monde", accuse le docteur Mark Holland, spécialisé en médecine aiguë.

Selon les chiffres de l'OCDE, le Royaume-Uni a consacré 7,7% de son PIB aux dépenses publiques de santé en 2015, contre 8,6% pour la France et 9,4% pour l'Allemagne.

Concédant qu'une "énorme pression pèse sur le NHS", Theresa May assure que "jamais" le gouvernement n'avait autant investi dans le système en injectant 10 milliards de livres supplémentaires sur six ans jusqu'à 2020.

"Faux", a répondu le directeur de NHS England, Simon Stevens affirmant que "le financement du NHS en termes réels (sans tenir compte de l'inflation) va diminuer en 2018/19". AFP 14.01

Situation similaire en France, au point que mon épouse n'éprouve plus aucune raison de rester un jour de plus en France et va rentrer en Inde, puisque pour se faire soigner ou suivre quand on est lourdement handicapé la situation pose de sérieux problèmes en France.

Nigeria

- Nigeria: catastrophe humanitaire dans le nord-est du pays - euronews.com

“C’est de pire en pire”. Ce sont les mots des Nations-Unies au sujet de la situation dans le nord-est du Nigeria. Selon les derniers chiffres, dans la région du lac Tchad, près de 11 millions de personnes ont besoin d’aide de manière urgente. 2,4 millions de d’hommes et de femmes ont déjà fui la région. La plupart se rendent dans la zone de Maiduguri, la grande ville du secteur côté nigérian, en espérant trouver une place dans un camp humanitaire. euronews.com 14.01


Le 12 janvier 2017

CAUSERIE

J'ai téléchargé quelques articles dont certains seront mis en ligne demain.

Parole d'internaute

- "Nous vivons encore dans un monde où chacun grâce aux nouvelles technologies peut se forger une opinion, sa propre opinion. Internet est une aubaine, une mine d'infos. Et paradoxalement nous vivons aussi une période de fainéantise intellectuelle sans bornes. Alors que tous les moyens sont aujourd'hui à notre portée, beaucoup préfère s'abreuver de programmes télé poubelle, de s'abrutir toujours tant et plus. Il y a 30 ans quand j'étais ado, j'aurais donné très cher pour avoir accès à toute cette info d'un simple clic."

Un simple clic, par exemple pour savoir quelle est réellement la situation en Syrie. Faut-il encore en avoir la force ou la volonté, ce qui fait le plus défaut au NPA, par exemple.

Faites tomber les masques ou en famille. Quand le NPA monte au créneau pour soutenir la guerre contre la Syrie déclenché par les Etats-Unis-OTAN.

NPA - Syrie : Les peuples sacrifiés sur l’autel des grandes puissances (10.01)

- La chute d’Alep-Est est un tournant majeur du soulèvement populaire syrien, permettant au régime d’Assad de réaffermir son pouvoir, et aux puissances mondiales et régionales d’imposer leurs intérêts politiques propres.

LVOG - Traduction : Il aurait été préférable que les barbares de Daesh et du Front al-Nosra s'emparent du pouvoir en Syrie, et qu'ainsi les "intérêts politiques propres" à l'impérialisme américain soient satisfaits.

Après cela, nous refusons d'accorder la moindre légitimité au NPA pour s'exprimer en notre nom ou au nom des travailleurs.

LVOG - Le NPA exprime à sa manière le regret que le "changement de régime à Damas" ne soit pas la priorité des Syriens.

- Les ministres des Affaires étrangères et de la Défense de l’Iran, de la Turquie et de la Russie se sont rencontrés le 20 décembre pour discuter du futur de la Syrie. À l’issue de cette conférence, les trois puissances ont adopté une déclaration commune visant à mettre fin au conflit, par laquelle ils s’engagent à œuvrer à la mise en place d’un cessez-le-feu dans l’ensemble du pays, la préoccupation commune devant être de « lutter contre le terrorisme » et non d’aller vers un changement de régime à Damas. Une déclaration qui a reçu après coup le soutien des pays occidentaux.

LVOG - Le NPA exprime le regret que la priorité du gouvernement syrien soit de rétablir l'accès à l'eau potable pour les 5 millions d'habitants de la capitale Damas et sa région qui en sont privés depuis plus de trois semaines.

- Un cessez-le-feu national (qui exclut les forces djihadistes Daech et Jabhat Fateh al-Sham) a ainsi été proclamé le 30 décembre, parrainé par la Russie, la Turquie et l'Iran. Mais le régime Assad a continué le bombardement de certaines régions d’opposition, tandis que ses forces armées et le Hezbollah ont poursuivi leur offensive militaire au nord-ouest de Damas dans la vallée de Wadi Barada. Cette zone est stratégique car s’y trouvent les principales sources en eau potable pour les plus de cinq millions d'habitants de la région de Damas. C’est aussi une voie d'approvisionnement majeure utilisée par le Hezbollah entre le Liban et Damas.

LVOG - Le NPA rend compte de "manifestations populaires massives" ayant eu lieu récemment dans "les territoires libérés" par celui qu'il appelle par ailleurs "le dictateur Assad" sans préciser que ce fut des manifestations... en soutien à Assad.

- ...des manifestations populaires massives avec des slogans démocratiques et non confessionnels ont eu lieu ces deux derniers vendredi (31 décembre et 6 janvier) dans les territoires libérés, profitant de l’accalmie.

LVOG - Le NPA, qui n'a cessé de relayer la propagande USA-OTAN depuis 2011, considère que l'avenir des Syriens "s’obscurcit toujours plus", alors que l'espoir que cette guerre se termine rapidement et la paix revienne en Syrie sont sérieusement envisagés après la libération d'Alep.

- L’avenir pour les populations en lutte en Syrie, (arabes, kurdes ou autres), s’obscurcit toujours plus, malgré des résistances populaires et démocratiques locales qui continuent, à la fois contre le régime et contre les mouvements islamistes fondamentalistes.

LVOG - Le NPA se fait gauchiste à la fin de cet article. Vous constaterez une fois de plus que le gauchisme rejoint ou sert les intérêts de la réaction.

- Et le cas de la Syrie a démontré de nouveau la futilité de ceux qui cherchent des accords stratégiques avec des puissances impérialistes et régionales, ou mettent leur confiance en elles pour réaliser l’émancipation des classes populaires. Fin

LVOG - Jusqu'au bout à la manière d'Obama ou des généraux du Pentagone-OTAN, le NPA aura regretté que la Russie et l'Iran soient intervenus militairement au côté de la Syrie contre les Etats-Unis et leurs alliés flanqués de leurs barbares.

Jusqu'au bout le NPA (et LO, ainsi que bien d'autres soi-disant trotskystes ou révolutionnaires) aura fait oeuvre de faussaire ou de désinformateur au côté du gouvernement français et des médias-oligarques diffusant en boucle pendant près de 6 ans la propagande du Pentagone-OTAN.

Nous, nous avons assumé nos responsabilités envers le peuple syrien : Compte tenu de la situation politique en Syrie (et dans la région) ; compte tenu du soutien de l'immense majorité des Syriens au président (élu) et au gouvernement de la République arabe syrienne ; compte tenu que la Syrie avait fait l'objet d'une agression armée commise par plus de 100.000 (certaines sources évoquent plus de 200.000) mercenaires particulièrement cruels et sanguinaires en provenance de plus de 83 pays différents, sous les ordres de Washington, Riad, Doha, Tel-Aviv, Londres et Paris notamment ; compte tenu de la configuration des forces en présence et de la nature des différents belligérants sur le terrain, nous avons soutenu le camp qui combattaient pour l'unité et la souveraineté de la Syrie, pour l'autodétermination du peuple syrien.

Nous avons considéré que neutraliser cette cohorte de barbares encadrés par des experts militaires occidentaux, sionistes et de différents pays du Golfe qui détruisaient la Syrie et massacraient son peuple, ainsi que le rétablissement de la paix dans ce pays, était la priorité pour le peuple syrien, et déterminait notre position politique qui se limite strictement au règlement de ce conflit il faut préciser, et que toute autre interprétation se situant au-delà relèverait du procès d'intention provenant de personnes malintentionnées ou aux intentions inavouables ou encore favorables au camp des ennemis de la Syrie et du peuple syrien, qui tenteraient par ce moyen de nous discréditer (ainsi que tous ceux avec lesquels nous partageons cette position) en nous présentant comme des suppôts de l'impérialisme russe ou de la République islamique d'Iran ou de manière générale comme des agents de la bourgeoisie syrienne, avec laquelle les masses exploitées syriennes partageaient exceptionnellement et temporairement les mêmes intérêts pour ne pas être promises à un sort pire que tout ce qu'elles avaient connu jusqu'à présent.

Chut ! Allez donc raconter cela à ces dégénérés du NPA, ils vont vous traiter de ... gauchiste (ou de complotiste) !

- ... la CIA, la plus experte en matière d’infiltrations et coups d’État. Il suffit de rappeler ses opérations pour provoquer et conduire les guerres contre le Vietnam, le Cambodge, le Liban, la Somalie, l’Irak, la Yougoslavie, l’Afghanistan, la Libye et la Syrie ; ses coups d’État en Indonésie, au Salvador, au Brésil, au Chili, en Argentine et en Grèce. Des millions de personnes emprisonnées, torturées et tuées ; des millions déracinées de leurs terres, transformées en réfugiés objet d’une véritable traite des esclaves. (Source : Réseau Voltaire)

Quelle horreur, bientôt la fin des décapitations et des crucifixions en places publiques en Syrie !

- Syrie: Assad veut "libérer chaque centimètre carré" du territoire - AFP

Le président syrien Bachar al-Assad se dit déterminé à libérer "chaque centimètre carré" de son pays, en se targuant d'avoir "légitimité" et "soutien populaire" pour mener à bien cet objectif, dans un entretien diffusé lundi par des médias français.

"Nous avons la légitimité pour libérer n'importe quelle zone contrôlée par les terroristes, quel que soit le nom qu'ils se donnent. Qu'ils s'appellent État islamique, qu'ils s'appellent Al-Nosra, qu'ils se disent modérés ou bien Casques blancs, nous n'avons rien à faire des noms", a asséné le président syrien sur la radio privée RTL.

Dans son entretien à RTL, à la radio et chaîne de télévision publiques France Info et LCP, le président syrien affirme que son régime est "sur le chemin de la victoire", après la reconquête d'Alep, la deuxième ville syrienne, reprise par le régime fin décembre, après des mois de siège et de bombardements aériens.

"Nous avons pour mission constitutionnelle de libérer chaque centimètre carré du territoire syrien, ça n'est même pas discutable", ajoute M. Assad.

Interrogé sur les crimes de guerre dont est accusé le régime de Damas (tortures de prisonniers, largages de barils explosifs sur les populations civiles, bombardements d'hôpitaux...), le président syrien répond: "Si on avait fait des choses pareilles, nous n'aurions pas eu de soutien, je ne serais plus président, le gouvernement ne serait plus là".

"Nous avons pu résister durant toute la guerre parce que nous avons le soutien populaire. Et vous ne pouvez pas avoir le soutien populaire, si vous tuez vos propres citoyens. Donc toute cette histoire ne tient pas debout", soutient-il.

Interrogé sur les lourds bombardements qui ont ravagé la ville et fait de très nombreuses victimes, y compris civiles, M. Assad a estimé que c'était "le prix à payer parfois".

"Bien entendu c'est très douloureux pour nous, Syriens, de voir une partie de notre pays détruite, et de voir un bain de sang" mais "je n'ai jamais entendu parler, dans l'histoire, d'une bonne guerre (?) Toutes les guerres sont mauvaises", a souligné le chef de l'Etat syrien.

"La question c'est comment libérer les civils des terroristes", a-t-il poursuivi. Le régime qualifie de terroristes tous les groupes de l'opposition qui combattent son régime.

"Est-ce que c'est mieux de les laisser sous leur pouvoir, avec les décapitations, les exécutions ?(?) Non, il faut les libérer(?) et c'est le prix à payer parfois", a conclu Bachar al-Assad.

Une trêve, globalement respectée, a été décrétée le 30 décembre en Syrie. Des négociations de paix sont prévues fin janvier à Astana au Kazakhstan, parrainées par la Russie, alliée du régime, et la Turquie, soutien de la rébellion.

"On ne sait pas qui représentera l'autre partie", a déclaré le président syrien aux médias français, en soulignant vouloir parler à la "vraie" opposition syrienne. "Quand je dis "vraie", je veux dire qui a ses racines en Syrie, pas la saoudienne ou la française ou la britannique? ça doit être une opposition syrienne pour discuter des problèmes syriens, le succès de cette conférence dépendra de ce point", a-t-il dit. AFP 09.01

La coqueluche du NPA (et accessoirement du POI) était en réalité un fieffé réactionnaire, cela vous surpend ?

La lettre ouverte de Michael Moore à Ivanka Trump pour faire interner son père - francetvinfo.fr

Pierre Monégier a rencontré dans un bar de New York le réalisateur de documentaires engagés à l'éternelle casquette. Michael Moore, prêt à tout pour destituer Trump, lui explique comment, en dernier recours, il s'est adressé à sa fille Ivanka dans une lettre ouverte.

"Il est malade, c'est psychiatrique. Il a besoin d'aide, sérieusement. Donc j'ai écrit une lettre à sa fille pour qu'elle fasse quelque chose, qu'elle le fasse interner. Qu'elle le prenne à part et qu'elle lui dise : 'Papa, il y a quelque chose qui ne va pas chez toi. Tu as besoin d'aide.'" Sa fille "semble raisonnable, elle est démocrate"

"Pourquoi le ferait-elle ?" objecte le journaliste. "Parce qu'elle aime son père." Michael Moore la connaît-il ? "Non, mais elle me semble plutôt raisonnable. Elle est démocrate, elle a l'air d'être intelligente. D'être quelqu'un de bien", juge-t-il. Pourquoi cette jeune femme réputée brillante, pondérée et proche de l'élite démocrate du pays s'est-elle engagée dans un soutien sans faille au candidat de tous les excès ? Peut-être en raison de la relation fusionnelle qu'entretiennent père et fille… francetvinfo.fr 11.01

A tous les Charlie, charlots, charlatans.

- Charlie Hebdo, toujours pro-OTAN et pro-USA - Vladimir MARCIAC - legrandsoir.info 09.01

Depuis des décennies déjà, Charlie hebdo s’est positionné discrètement dans le camp impérialiste, soutenant toutes les guerres de l’OTAN, fustigeant les Arabes sous couvert d’une religion, dénonçant, fut-ce à coups de mensonges, les pays d’Amérique latine qui se libèrent de l’emprise des EU... (Source : Le Grand Soir)

Parole d'internaute

- "Il y a un bail que je ne me situe plus "à gauche", mais plutôt comme "communiste et révolutionnaire". Ce que j’ai toujours été.

Rien que de savoir qu’ils s’auto-proclament "de gauche" ça m’empêche même de songer pouvoir y être situé un jour."

Au passage, vous devriez vous demander comment vous avez fait pour vous les situer à gauche dans le passé et figurer à leur côté. Aussi longtemps que le mouvement ouvrier n'aura pas apporté une réponse cohérente et satisfaisante à cette question, on ne s'en sortira pas, alors à mon avis cela vaut le coût de tenter d'y répondre sérieusement...

Pourquoi ont-ils inventé les mal nommés réseaux sociaux ?

Nous avons des opinions sur tout, mais nous n'avons la science de rien. Or les opinions sont incohérentes, contradictoires et instables ; elles sont comme des colombes qui volètent sans cesse autour du colombier. Surtoute elles opposent les hommes, car chaque homme à ses opinions personnelles. Enfin l'opinion se fonde sur les données de nos sens, qui ne nous font connaître que des apparences et des objets particuliers (et non des rapports - LVOG). Or la vérité doit être objet de science, et non d'opinion ; de science, c'est-à-dire de connaissances rationnelles, autrement dit logique, ordonnée, constante et générale.

(Extrait d'une brochure de 1944 intituée de Socrate à Platon ou de la raison à l'idéal et signée Charles Hertrich, un illustre inconnu pour moi. Cette brochure me fut donnée avec quatre autres sur la philosophie à la fin novembre de 1974 par mon agent de maîtrise Françoise Déduyer quand j'étais employé administratif au GAN à la Défense, rescapées fortuites du tsunami de 2014 pour leur avoir gardé un attachement sentimental du fait qu'elles avaient contribué à l'éveil de ma conscience, plus que pour avoir eu un relation amoureuse platonique avec Françoise plus âgée que moi.)

C'est par hasard que je suis tombé hier soir sur ce passage qui pourrait servir d'introduction à notre causerie du jour.

De nos jours, c'est l'opinion qui non seulement fait office d'étude ou d'analyse, et dont les éructations verbeuses tiennent lieu de connaissances ou de vérité et servent de référence pour interpréter la réalité ou la situation, autrement dit, l'arbitraire le plus vulgaire et totalitaire fait office de discernement ou de logique dans un monde voué à l'obscurantisme et livré à l'ignorance des sots, élevés au rang de parangons de la morale.

Pour comprendre sur quoi repose la vulnérabilité de l'opinion, il ne suffit pas de se livrer au constat qu'elle ne fait que traduire la réaction de nos sens qui ne traitent que "des apparences et des objets particuliers", il faut aller plus loin et se demander ce qu'ils ne peuvent pas saisir ou ce qui se situent au-delà des sensations, ce que l'on ne pourra appréhender qu'en faisant fonctionner notre cerveau, pour découvrir de quels rapports la réalité ou la situation est le produit (historique) en fonction de la nature et de l'évolution de chacun des éléments qui la composent, éléments qui incluent notre cerveau.

Sachant que nos besoins et leur satisfaction sont inséparables de l'existence et de la survie de l'espèce humaine (pas seulement), et que leur expression à l'état élémentaire est représentée par leurs sens qui en sont pour ainsi dire les garants, les hommes auront tendance à les privilégier au détriment de leurs facultés intellectuelles qui ne serviront qu'à justifier leurs penchants plus ou moins enviables en les mettant au service de leurs sens, au lieu de servir la collectivité dans son ensemble dont ils se moquent du sort, du moment qu'ils peuvent jouir des plaisirs de la vie.

Les sens relèvent de l'instinct, dans un rapport d'immédiateté avec la réalité, tandis que l'intellect a la faculté de pouvoir se projetter dans le futur. Ainsi, privilégier ses sens revient à se laisser vivre ou à se contenter des conditions existantes sans se préoccuper de son avenir. Et comme une fois développé l'intellect présente des qualités (et des défauts) ou adopte un comportement comparable à nos sens, cela explique pourquoi la plupart des intellectuels ne sont pas portés à se préoccuper davantage du sort de la société, surtout si cela devait remettre en cause leur petit confort matériel ou leurs privilèges.

L'atavisme dans le sens ou réapparaît le caractère primitif, primaire ou sauvage des hommes après un nombre indéterminé de générations, prouve qu'ils ne maîtrisent toujours pas ou qu'ils n'ont pas encore pris conscience des rapports qui existent entre leurs besoins, leurs sens, leur intellect, leur condition, et qu'ils ne sont pas à l'abri d'une régression sociale qui les ramènerait des siècles en arrrière ou pire encore.

On n'a fait qu'effleurer ici un sujet sur lequel il y aurait encore des milliers de choses à dire.

Manipulation des consciences et fabrication du consentement.

La guerre contre les «fake news» ou nouvelles fausses, truquées ou falsifiées, fait partie d'un dispositif destinée à interdire aux peuples à accéder à la vérité, afin qu'ils ne prennent pas conscience de leur condition et ne comprennent pas dans quelle monde ils vivent, pour qu'ils ne trouvent pas les moyens efficaces pour le combattre et la voie politique pour le renverser et le remplacer par un monde meilleur ou plus juste, dans la perspective de s'émanciper du règne de l'exploitation de l'homme par l'homme qu'incarne de nos jours le capitalisme.

La guerre contre les «fake news» ou nouvelles fausses, truquées ou falsifiées s'attaque directement à la liberté d’expression qui est un droit politique. Ses auteurs ont en commun de se faire les porte-parole de la propagande officielle ou des versions officielles des événements survenant dans le monde délivrées par les gouvernements et les médias principalement en occident mais pas seulement, subordonnés à l'impérialiste américain.

Ce n'est donc pas un hasard si en première ligne de cette guerre idéologique on trouve les médias (presse, radio, télévision) qui appartiennent tous à des milliardaires ou oligarques, aux Etats-Unis, en France ou ailleurs. Depuis le 11 septembre 2001, ils versent dans une magistrale imposture ou se livrent à une désinformation systématique pour justifier auprès des peuples toutes les guerres engagées depuis par l'impérialisme américain ou l'OTAN, qui fabriquent en continu de fausses informations, de fausse vidéos, de faux témoignages qu'ils sont chargés de relayer quotidiennement.

Mais ils ne sont pas les seuls. Il existe une cohorte de charlatans, de parasites ou d'agents agissant au sein d'officines très diverses, organisations, associations, ONG, think tanks, etc. qui se chargent de diffuser leur propagande, sans oublier les syndicats et la presque totalité des partis politiques, les institutions internationales.

Parmi cette vermine, on compte donc de nombreux acteurs prétendument progressites, de gauche ou d'extrême gauche. Ils interviennent via Internet dans des blogs ou portails qui prétendent combattre le fascisme ou l'extrême droite pour mettre dans un premier temps en confiance les internautes potentiels pour mieux les berner par la suite.

Comment s'y prennent-ils ? C'est très simple, tous de la même manière, en empruntant une méthode similaire ou identique à celles des think tanks néoconservateurs ou néolibéraux qui procèdent par amalgames en mêlant vérités et contrevérités selon un dosage minutieusement pesé, analyses sérieuses et théories ayant germé dans la tête d'illuminés ou fabriquées pour l'occasion, en associant ou identifiant extrême droite et extrême gauche, de sorte que les lecteurs soient en proie à un affreux doute ou ne soient pas capables de démêler le vrai du faux, d'acquérir des certitudes sans lesquelles leur esprits critiques ne leur sera d'aucune utilité ou sera neutralisé, ils ne pourront pas interpréter librement la situation et seront donc portés à adopter l'interprétation qu'on leur sugggère qui correspond à la version officielle ou à soutenir la politique du gouvernement.

Comment se présentent-ils ? Comme des antifascistes ou des combattants de l'extrême droite à laquelle partant de là on n'osera pas les assimiler, ce sont des imposteurs qui agissent comme tels consciemment ou non, peu importe puisqu'ils sont aussi nuisibles à notre cause. Leur mise en scène est astucieuse et bien rodée, et elle fera d'autant moins l'objet de critiques ou leur imposture sera d'autant moins repérable que personne ne caractérise les néoconservateurs ou les néolibéraux d'extrême droite, ce qu'ils sont pourtant, tant par les méthodes malhonnêtes qu'ils emploient pour parvenir à leurs fins en substituant à la réalité celle qu'ils ont fabriquée, que par leurs objectifs qui consistent à imposer à la société et plus particulièrement au prolétariat leur politique antisociale, ultra réactionnaire et impérialiste, leur dictature.

Leur but est de détourner les masses exploitées des acteurs qui rendent compte réellement des faits afin de les rendre infréquentables. lls sont systématiquement assimilés à des complotistes ou des déséquilibrés mentaux, voire pire encore, de sorte que seuls les médias-oligarques et leurs agences de presse paraissent respectables aux yeux de la population. Au passage, une mise au point. Il faut remarquer que, pour que tous les médias institutionnels reprennent en boucle ces «fake news», cela signifie qu'ils ne prennent pas la peine de vérifier l'origine ou la source des informations qui leur parviennent avant de les publier. Du coup on est en droit de penser qu'ils agissent ainsi intentionnellement, ils sont donc complices du phénomène qu'ils dénoncent par ailleurs et qu'ils prétendent combattre, cela permet de cerner avec certitude leurs réelles misérables intentions.

Ce procédé sert à discréditer les journalistes ou toute personne honnête relayant dans leurs blogs ou portails des faits que les médias-oligarques censurent, et qui ne doivent surtout pas parvenir à la population, sous peine qu'elle comprenne qu'elle est en présence d'une vaste imposture, un complot destiné à la conditionner pour mieux pouvoir s'attaquer à ses droits sociaux ou politiques.

L'existence de ces officines agissant par le biais d'Internet pose la question de leur légitimité sous un angle difficile à saisir, dans la mesure où leurs auteurs se présentent comme de simples citoyens bénéficiant du même droit de s'exprimer que n'importe quelle personne, ce que a priori on ne peut pas leur reprocher, du coup leur dénier ce droit pourrait être ressenti ou présenté comme une atteinte à la liberté d'expression de la part de personnes particulièrement intolérantes ou qui n'entendent pas partager ce droit, de sorte qu'il sera facile de les assimiler à des dictateurs en herbe ou à l'extrême droite.

Ceux qui ne l'avaient pas encore compris saisiront pourquoi ils ont mis ce moyen de communication à la disposition de la population, pour noyer ou dissoudre la légitimité des organisations du mouvement ouvrier qui reposait sur leur combat au côté des exploités et des opprimés, et qui jusque là était indiscutable ou était communément admise, y compris par leurs ennemis, ce qui n'est plus le cas de nos jours en étant concurrencée par n'importe quel individu qui pourra s'attribuer une légitimité pour ainsi dire sans principe, ce qui pose une autre question, plusieurs en fait.

Comment a-t-on pu en arriver-là ? La légitimité des organisations du mouvement ouvrier peut d'autant plus être contestée qu'elles ont renié leur idéal. En trahissant la cause qu'elles prétendaient défendre, elles ont perdu leur légitimité. Si elles avaient réellement servi cette cause, elles auraient été à l'écoute des besoins ou aspirations des travailleurs, ainsi en incarnant la voie de chaque travailleur leur légitimité et celle de chaque travailleur auraient été représentées, et la question de le contester ne se serait pas posée avec autant de virulence qu'aujourd'hui, car on doit admettre que de tout temps il se trouvera des travailleurs qui ne se reconnaîtront pas dans les organisations du mouvement ouvrier, y compris lorsqu'elles seront loyales à leur idéal.

Les organisations du mouvement ouvrier ont facilité la naissance et l'expansion des associations ou ONG en tous genres qui prolifèrent de nos jours et qui détournent les travailleurs de la lutte des classes, après les avoir détournés elles-mêmes du combat pour conquérir leur émancipation du capital, elles se sont privées des moyens permettant de mobiliser la classe ouvrière pour défendre ses droits, en abandonnant l'objectif de renverser le régime pour changer la société, ce qui devait aboutir à la fragmentation de leur combat et à leur sclérose ou dislocation.

Ce processus n'aurait pas eu lieu ou il aurait eu une portée extrêmement limitée, si l'avant-garde de la classe ouvrière avait été à la hauteur de l'héritage qu'elle revendiquait et qui lui valait une légitimité incontestable, ce qui n'est plus le cas de nos jours puisqu'elle est également jugée sur ses résultats ou son implantation dans la société (en terme d'organisation) qui sont proche du néant ou pour le moins demeurent marginaux, insignifiants.

Sans refuser à quiconque parmi les travailleurs de faire valoir leur droit à s'exprimer librement, le droit que les militants expérimentés pouvaient revendiquer de s'exprimer au nom de la classe ouvrière leur est dorénavant contesté, et comme ce n'est pas encore suffisant, il leur est ordonné de se taire ou de disparaître.

Ce droit des militants du mouvement ouvrier reposait sur le niveau de conscience politique qu'ils étaient censés avoir acquis et qui incarnait des valeurs, des principes, un idéal qu'ils devaient aider les travailleurs à adopter à leur tour pour changer la société, en tant que tel cela suffisait à le rendre légitime et à le rendre pour ainsi dire unique ; Acquérir ce droit leur conférait une sorte de statut ou d'identité sans pareille, cela pouvait suffire à rendre leur légitimité incontestable ou tout du moins ils pouvaient la justifier ainsi.

La notion de droit (et non du droit) est à l'origine de nos valeurs, de nos principes ou de notre idéal qui en sont l'expression concrète, mais dans un contexte précis, de sorte que son contenu sera influencé par l'orientation de la société et par la lutte des classes, et lorsque la lutte de classe du prolétariat se solde par des échecs et des reculades pendant des décennies, c'est que la société n'est pas orientée dans une direction favorisant la reconnaissance de ce droit sans qu'elle puisse le remettre définitivement en cause, auquel cas je n'écrirais pas ces lignes !

On aura compris que cette notion de droit est la traduction de nos besoins ou aspirations légitimes qui nous renvoient au début de cet exposé. Dès lors qu'on n'est pas capable de le faire valoir, qu'on abdique ce droit ou qu'on s'en désintéresse, on n'est plus en mesure de trouver les moyens de le satisfaire, au petit bonheur la chance on est prêt à remettre notre sort entre les mains du premier charlatan venu qui aura tenu le discours qu'on voulait entendre. A suivre.

Quand ceux qui prétendent combattre les "fake news" les fabriquent ou les colportent. Et ils ne manquent pas de complices.

J'ai observé hier matin qu'il existait deux liens dans la page Facebook du POID (La Tribune des travailleurs) vers ce genre d'officines.

- Acrimed - Action-Critique-Médias - Site web d’actualités / Média

- Debunkers des rumeurs/hoax d'extrême droite - Organisation à but non lucratif

Après avoir mis en ligne dans la causerie du 9 janvier de larges extraits du document En réponse à la lettre de Julien Salingue à un « camarade » qui s’obstine à justifier l’injustifiable, signé Philippe Huysmans (?) et publié notamment par Arrêt sur Info et daté du 27 décembre 2016, on n'a plus aucun doute sur la nature d'Acrimed

Philippe Huysmans - Pour moi, quand un « camarade » se met à justifier les guerres coloniales d’agression de ce qu’il faut désormais appeler l’Empire, et qu’il présente la propagande de guerre comme de l’information, il y a lieu de s’interroger sérieusement sur ses convictions.

Pour rappel, il m'était arrivé d'interpeler Acrimed lors de l'affaire du "Mur des cons" qui avait mis en cause le syndicat de la magistrature. En lisant des articles sur le Net accessibles à tous les internautes, j'avais facilement découvert que le portail de l'extrême droite néolibérale et sioniste Atlantico.fr était à l'origine de cette affaire, et j'avais demandé par courriel à Acrimed pourquoi ils ne l'avaient pas traitée, alors qu'elle avait fait l'objet d'un scandale pendant des semaines, donc personne ne pouvait l'ignorer. Ils m'avaient répondu qu'ils n'avaient pas eu le temps sans s'y atteler par la suite.

http://www.debunkersdehoax.org

Présentation (dans leur blog)

- "Nous recherchons et démontons la propagande d'extrême droite dans les médias et particulièrement sur l'internet."

- "notre combat est "antifasciste""

Comment reconnaître un hoax ?

Quelles sont leurs références ?

- "des articles récents sérieux de Fox et CBS" qui avec CNN rivalisent dans la désinformation hystérique en continu !

- http://www.liberation.fr/desintox,99721, Drahi le néolibéral ultra sioniste faisant dans la "désintoxication", bravo, il fallait y penser !

Et parmi leurs trouvailles, je vous le donne en mille :

- Les impostures du Réseau Voltaire et des "théories du complot"... relatives au 11 septembre 2001, sans commentaire.

Mieux encore, comment, en caricaturant ceux qui dénoncent la propagande de l'impérialisme américain qui tient lieu d'information. Depuis le 11/9, les armes de destruction massive de S. Hussein, l'affaire des couveuses, les fausses informations sur Bengazi ou la Libye, la Syrie, etc. ces porte-parole de l'OTAN resservent le couvert sous la forme éculée d'amalgames.

Leur page Facebook du 15 décembre 2016

- Il est malheureux qu'après cinq années de travail nous avons toujours des gens qui pensent que "propagande=américains", et que" russes= bien absolu". Et bah non.

"La propagande est toujours la propagande. Quand elle est utilisée par les amerloques, elle l'est (Bush/Irak), quand elle tend à faire ignorer les massacres au Yémen ou la guerre au Congo depuis 20 ans, elle est de la propagande (mensonge par "omission"), quand elle est aujourd'hui lancée par les régimes baasistes syriens ou le régime de poutine (et relancée avec vigueur par la fachosphère en France), c'est toujours de la propagande. C'est toujours un mensonge, quels que soient les belligérants, les intérêts opposés. Et elle doit être dénoncée avec vigueur d'où qu'elle vienne !

Une journaliste "indépendante" payée par Moscou pour servir le bortsch poutinien quotidiennement, ce n'est pas une "journaliste" et elle n'est pas "indépendante".

Source : http://lesinrocks.com (Matthieu Pigasse, associé de X.Niel-Huffington Post et P. Bergé - Le Monde)

Si c'est le torchon de Matthieu Pigasse qui déclare que ce n'est pas une "journaliste" et qu'elle n'est pas "indépendante", c'est forcément vrai...

http://www.hoaxbuster.com

Qu'on se le dise :

- 11 septembre 2001 : "La thèse officielle est en concordance avec la réalité."

"La conclusion est donc sans appel : la théorie de la démolition contrôlée ne tient pas plus la route que les thèses de Meyssan sur le Pentagone. On peut vraiment se demander pourquoi ceux qui y adhèrent sont aussi nombreux sur le Net..."

Dites-nous qui vous soutient et on vous dira qui vous êtes :

(dans leur blog) rubrique "Ils en parlent" :

- Le 20h de TF1 - Septembre 2014
- Le Plus - NouvelObs - Janvier 2014
- C dans l'air - Octobre 2013
- Médiapol - Septembre 2013
- Rue89 - Juillet 2013
- Slate.fr - Novembre 2011
- Le Monde - Septembre 2011
- Télé Poche - Septembre 2009
- Télé Star - Septembre 2009
- Culture Pub - Mai 2009

Parrainé par TFI, Le Monde et Slate.fr, cela inspire forcément le respect ! Ce qu'il y a de bien avec ces gens-là, c'est qu'ils sont assez cons pour se vendre eux-mêmes, c'est comme lorsque Obama en appelle à la CIA, une officine au-dessus de tout soupçon dans laquelle les Américains ont forcément confiance...

http://www.hoaxkiller.fr

Syrie : Aucun résultat !

Il faut noter que ce qu'ils appellent hoax s'étend bien au-delà de l'information fabriquée ou truquée, ils appliquent ce principe ou cette notion à des informations publiées sous forme d'articles, photos ou vidéos en fonction de la rhétorique que leurs auteurs ont employée et qui suffit à les caractériser d'extrême droite ou à les assimiler à l'extrême droite en fonction d'une liste qu'ils ont établie, ce qui leur permet de dénoncer comme tel des informations ou leurs auteurs.

En voici quelques exemples tirés du blog debunkersdehoax.org :

- Des termes qui renforcent le message « scandaleux », « atroce », « incroyable », etc…(Expressions employées quotidiennement par toutes les agences de presse, AFP, Reuters, AP, Euronews, etc. - LVOG)

- Eléments de langage classique de l’extrême droite (rhétorique habituelle juifs/immigrés/musulmans/francs maçons etc…), mots « valises » (comme « islamonazis ») (Le GMI (trotskyste) emploie l'expression islamofasciste, les voilà amalgamés à l'extrême droite ! - LVOG)

- Eléments du message : « système politico médiatique »/généralisation abusive (Evoquer la collusion qui exsite entre les partis de l'ordre ou les institutions avec les médias fait de vous un complotiste, donc nous le sommes tous, hormis ceux qui le nient, mais qui sont-ils, ceux qui en tirent profit et les crétins sous leur influence. - LVOG)

- Eléments du message informant que celui-ci est confidentiel, ignoré des médias (Sachant qu'ils pratiquent l'autocensure, cela signifie que tous les blogs ou portails qui citent des faits que les médias-oligarques censurent sont assimilables à des complotistes. - LVOG)

Gageons qu'ils ne seront jamais inquiétés par les renseignements généraux pour les services qu'ils leur rendent...

Un autre blog cité parmi ces chiens de garde du régime... à éviter également.

http://www.cerisesenligne.fr

Du coup j'ai été voir sur leur blog pour en savoir plus ou qui ils sont, et je n'ai pas été déçu : la cerise sur le gâteau renfermant du cyanure !

- Cerises est une publication de l’Association des communistes unitaires (ACU). cerisesenligne.fr est édité par l’ACU.

Le noyau de Cerises est composé de : Gilles Alfonsi, Gilles Boitte, Michèle Kiintz, Roger Martelli, Philippe Stierlin, Catherine Tricot.

L’ACU vise à mutualiser les efforts de ceux pour qui un engagement communiste refondé peut être utile à la transformation de la société. Elle est ouverte à toutes celles et à tous ceux qui se vivent communistes, indépendamment de leurs éventuelles appartenances (passées ou présentes).

L’ACU est une des composantes de la Fédération pour une alternative sociale et écologique (FASE).

- Pour Alep, larmes et cris... - 16 décembre 2016

À Alep, pour Bachar al-Assad, Poutine et le régime iranien, c'est l'heure de la victoire militaire.

Après des mois de bombardements incessants, la population n'a plus d'autre issue que la fuite et l'exil. Pour les rebelles, c'est le choix entre l'héroïsme d'une ultime résistance et la reddition, au risque de l'exécution sommaire... (...)

Nul ne pourra dire qu'on ne savait pas, ni qu'on ignorait ce qu'il en serait si on laissait les mains libres au régime et à ses alliés.

Et on a laissé faire ! Les bombardements, les barils de dynamite, les missiles explosant les abris souterrains, l'organisation de la famine, l'offensive des troupes du Hezbollah, des régiments d'élite iraniens, des milices afghanes, irakiennes...

Et de commenter que la guerre, c'est cela, sans rien de propre... Occultant que cette guerre-là a ceci de particulier que c'est la guerre menée par un dictateur contre son peuple, au prix de la destruction de son pays. C'est à cette entreprise-là que les régimes russe et iranien ont fourni tous les moyens dont disposent de modernes armées professionnelles... Pour écraser et éradiquer une révolution populaire ! cerisesenligne.fr

De A à Z la propagande officielle depuis 2011, stalinien for ever !

Après cela comment croire ce que ces gens-là racontent ? Tenez, après toutes les fausses informations qu'ils ont diffusées, ils ne seront pas catalogués comme complotistes, étonnant, non ? Non, normal.

Le Net regorge de blogs ou portails aussi pourris ou réactionnaires.

En complément. 83% des Américains estiment qu'ils sont victimes d'un complot d'Etat.

- USA. Qui croit encore la CIA? Par Slobodan Despot - arretsurinfo.ch

Dans le cadre de l’imbroglio lié aux manipulations de l’élection américaine, les «agences» U. S. ont affirmé que Wikileaks avait bénéficié d’un «coup de pouce» des hackers russes. John Harwood, le journaliste vedette du New York Times et de CNBC, a demandé au public (via son compte twitter) à qui, entre Wikileaks et les renseignements, il accordait sa confiance. La réponse est dévastatrice : 83% en faveur de Wikileaks sur 84115 votants! arretsurinfo.ch 10.01

Et ce n'est pas un "fake news".

- Le rapport du Renseignement concernant l’influence russe sur les élections est un flop - Par Moon of Alabama arretsurinfo.ch 07..01

John Harwood couvre « l’économie et la politique nationale pour CNBC et le New York Times. » Plus de 100 000 personnes le suivent sur Twitter. Il est connu comme un supporter d’Hillary Clinton et c’est un copain de John Podesta qui a dirigé la campagne électorale de Clinton.

Harwood a fait un petit sondage. Il n’est pas représentatif statistiquement mais il donne un aperçu du sentiment général.

Qui crois-tu, Amérique ? 83% Wikileaks et 17% les officiels du renseignement étasunien.

Ce résultat montre bien les limites de pouvoir de la soi-disant Communauté du Renseignement. Mais il y a pire : les allégations de « hacking russe » d’hier n’ont même pas réussi à convaincre ses partisans anti-russes les plus ardents.

The Daily Beast : Le rapport américain sur l’espionnage accuse Poutine de piratage, mais ne fournit aucune preuve.

Kevin Rothrock (Moscow Times):

Je n‘en crois pas mes yeux. Est-ce là le dossier du Renseignement du gouvernement américain sur cette affaire?

Il faut bien le dire : le rapport déclassifié du gouvernement des USA intitulé « Évaluation des activités et intentions russes lors des dernières élections aux Etats-Unis » embarrasse tout le monde.

Susan Hennessey (Lawfare, Brookings):

Le rapport non classifié est pour le moins décevant. Il n’y a pas de nouvelles informations pour ceux qui ont suivi l’affaire.

Bill Neely (NBCNews):

Beaucoup de jugements de valeur, mais peu de faits et aucune preuve tangible dans le rapport du renseignement étasunien sur le prétendu piratage russe.

Stephen Hayes (Weekly Standard):

Le rapport des Renseignements sur la Russie n’est guère plus qu’une suite d’allégtions. Je comprends qu’on protège les sources/procédures, mais le rapport est faible.

Julia Ioffe (The Atlantic):

Il est difficile de dire si la minceur du rapport sur le #hacking vient de ce que la preuve est classifiée ou qu’elle n’existe pas.

@JeffreyGoldberg Je dois dire, cependant, que beaucoup d’observateurs russes que je connais sont très sceptiques à propos du rapport. Aucun d’eux n’aime Poutine/Trump.

Quelque chose est cassée, cela ne prend plus et c'est cela qui les rend hystérique.

- En Russie, le rapport américain sur l'ingérence ne convainc personne - Liberation.fr

Censé démontré l'influence qu'a eu Moscou dans l'élection présidentielle américaine, les écrits qui ont fuité vendredi ont été accueillis avec scepticisme voire amusement, y compris par les opposants à Vladimir Poutine.

Le rapport sur l’ingérence russe dans l’élection présidentielle américaine publié vendredi par les services secrets américains a suscité en Russie déception, hilarité ou dédain. Même les pourfendeurs du Kremlin qui pouvaient attendre des révélations crédibles n’ont eu à se mettre sous la dent qu’un document «faible», «peu consistant», «naïf», «caduc».

La rédactrice en chef de la chaîne RT, que les renseignements américains placent au cœur du dispositif de propagande russe, Margarita Simonyan, a, elle, qualifié le rapport de «fou rire de l’année» et de «travail d’écolier». Et Vladimir Poutine, qui est accusé nommément d’avoir «ordonné une campagne d’influence en 2016 visant l’élection présidentielle américaine», a fait dire par son porte-parole, Dmitri Peskov, qu’il était «fatigué» des «accusations absolument infondées, d’un niveau amateur». «Nous continuons à démentir catégoriquement toute implication de Moscou dans les attaques informatiques contre les Etats-Unis, a-t-il ajouté. Nous ne savons toujours pas quelles sont les données utilisées par ceux qui lancent de telles accusations infondées.»

Et de fait, le rapport expurgé de ses informations classifiées n’apporte pas d’éléments nouveaux ni de preuves tangibles sur l’implication de la Russie dans la campagne et la présidentielle aux Etats-Unis. «Le rapport est décevant parce que si les services de renseignement ont des billes, ce qui est sûrement le cas, ils ne peuvent absolument pas citer ni leurs sources ni leurs méthodes», explique le professeur Mark Galeotti, spécialiste des services de sécurité à l’Institut des relations internationales de Prague. Qu’il y a eu ingérence russe commence néanmoins à faire l’unanimité, puisque même Donald Trump a fini par l’admettre. Liberation.fr 9.01

On en rajoute une dernière couche.

- Présidentielle américaine: Assange juge le rapport de la CIA "politisé" - AFP

Le rapport de la CIA sur l'intervention de la Russie dans l'élection américaine est un "communiqué de presse" avec un objectif "politique" et n'apportant aucune preuve, a affirmé lundi Julian Assange lors d'une conférence de presse en ligne. AFP 10.01

Deux vidéos pour briser les idées reçues.

Je n'ai pas eu le temps de les visionner.

Patrick MBEKO - 42 ans de lutte de l'Occident contre Kadhafi
https://www.youtube.com/watch?v=tAQKer2_RQw

Un internaute : "J'ajouterais que Kadhafi était avec Gbagbo l'instigateur d'une politique visant a démanteler le franc CFA dans le cadre du Panafricanisme... chose qui a également contribué à ce que l'occident veuille l'écarter."

Je l'ignorais pour Gbagbo.

"A visage découvert" Documentaire Arte sur Bachar Al Assad jamais rediffusé
https://www.youtube.com/watch?v=Zn-riejD6NY

USA. Trumpitudes et malheur à ceux qui y croient.

- À son tour, Fiat Chrysler relocalise aux États-Unis - BFM Business

Après Ford la semaine dernière, c'est au tour de Fiat Chrysler de relocaliser sa production aux États-Unis. Le groupe italien a annoncé dimanche 8 janvier la création de 2.000 emplois et le rapatriement de la production d'un gros pickup aux États-Unis, au moment où les constructeurs automobiles sont sommés par le président élu américain Donald Trump de freiner leurs délocalisations vers le Mexique.

Le constructeur investira un milliard de dollars d'ici à 2020 dans deux de ses usines dans le Michigan et l'Ohio, où seront créés ces nouveaux emplois, pour assembler notamment sa nouvelle Jeep de luxe Wagoneer ainsi qu'un pickup, précise son communiqué publié à la veille de l'ouverture du salon automobile de Detroit.

Il va également produire dans son usine de Warren dans le Michigan une grosse camionnette à plateau (pickup) de marque Ram, actuellement fabriquée au Mexique.

Donald Trump pourra en tout cas revendiquer un nouveau succès politique, après avoir déjà obtenu en décembre, moyennant un cadeau fiscal de 7 millions de dollars, du fabricant de climatiseurs Carrier qu'il renonce à créer une usine au Mexique pour investir aux Etats-Unis et y créer 1.000 emplois. BFM Business 09.01

- Washington sanctionne encore Moscou, dix jours avant la présidence Trump - AFP

L'administration sortante du président américain Barack Obama a pris lundi de nouvelles sanctions contre des responsables russes, dont un proche du président Vladimir Poutine, dix jours avant l'entrée à la Maison Blanche de Donald Trump, qui veut se rapprocher de Moscou.

Le Trésor américain vise également le procureur Alexander Bastrykin, un proche du président Poutine et patron selon la presse du Comité fédéral d'investigation, l'équivalent russe du FBI américain, qui aurait conduit nombre d'enquêtes contre des opposants au chef du Kremlin.

Le Trésor et le département d'Etat ont en fait rendu publique l'actualisation d'une liste dite "Magnitski", du nom d'une loi américaine de décembre 2012 qui permet de geler les éventuels biens et intérêts américains de responsables russes interdits de séjour aux Etats-Unis car accusés de graves violations des droits de l'homme. Cette liste est renouvelée et présentée chaque année devant le Congrès et est une source de grandes tensions entre les deux anciens adversaires de la Guerre froide aux relations de nouveau glaciales depuis quatre ou cinq ans.

La liste Magnitski comprend dorénavant "44 noms" et "les personnes (qui y figurent) sont inéligibles pour obtenir un visa et pour être admises aux Etats-Unis". Certains jouent "un rôle dans la machine répressive des systèmes (judiciaires et policiers) russes et d'autres sont mêlés à des affaires de violations des droits de l'homme", a accusé la diplomatie américaine. AFP 09.01

Commentaire d'un internaute

- "Surtout que ces "fuites" sont venues d'un employ" du Parti démocrate...

Mais quand on sait que 90% des média appartiennent à six corporations multinationales, il est facile de comprendre que le "Faux News" est dans toute la "Grande Presse", et pour savoir le revers, il faut se renseigner ailleurs..."

- Trump dénonce de "fausses informations" le liant à Moscou - AFP

Donald Trump s'en est pris mercredi aux services de renseignement et à la presse pour dénoncer de "fausses informations" sur d'éventuels liens secrets avec Moscou, devenues un des sujets des auditions au Congrès de ses futurs ministres qui se poursuivront jeudi.

"Ce sont des fausses informations. C'est bidon. Ces choses ne se sont jamais passées", a lancé Donald Trump lors de sa première conférence de presse depuis juillet, dans le hall bondé de la Trump Tower à New York, après la publication, par le site Buzzfeed, de 35 pages de notes alléguant de liens de longue date entre son entourage et le Kremlin.

Le site Buzzfeed, selon ces documents, à l'authenticité incertaine, les services russes d'espionnage disposent également d'informations compromettantes ("kompromat") compilées au fil des années, notamment sur des rencontres avec des prostituées à Moscou.

Le futur commandant en chef s'en est aussi pris aux services américains, se demandant s'ils n'étaient pas la source de ces fuites.

"C'est scandaleux, scandaleux, que les agences de renseignements aient permis (la publication) d'une information qui s'est révélée être erronée et fausse", a-t-il dit. "C'est le genre de choses que l'Allemagne nazie faisait".

Une attaque qui lui a valu une réponse cinglante de l'administration sortante. Ces critiques sont "très malavisées", a lâché le porte-parole de la Maison Blanche, Josh Earnest.

Le Kremlin a nié l'existence d'un tel dossier. AFP 11.01

- Trump ignore CNN et qualifie le site d’info BuzzFeed de «tas d’ordures» - Sputnik

Lors de sa première conférence de presse, commentant l’article publié sur le site BuzzFeed selon lequel les services secrets russes auraient des dossiers sur lui, Donald Trump a qualifié le site de «tas d'ordures». Il a également refusé de répondre à la question de CNN.

Le président élu américain Donald Trump a déclaré que le site BuzzFeed répondrait de la publication d'un document anonyme comportant des « dossiers » sur lui.

« Ils doivent être prêts à en subir les conséquences, ils se préparent déjà », a exhorté M. Trump lors d'une conférence de presse à New York qui a été diffusée par les chaînes de télévision américaines.

Il a également qualifié les collaborateurs du site de «tas d'ordures» et de «personnes très malhonnêtes». Il a souligné avoir déjà été témoin de personnes « détruites » par ce genre de publications dans les médias.

« Tout ce que je veux c'est que les journalistes soient honnêtes » a souligné le président élu.

Un peu plus tard, Donald Trump a interrompu un journaliste de CNN qui essayait de lui poser une question.

« Non, pas vous, vous êtes une organisation horrible et vous publiez de fausses informations », a-t-il attaqué, ajoutant qu'il ne communiquerait qu'avec des « journalistes honnêtes ». Sputnik 11.01

Commentaire d'un internaute

- "Ils installent le chaos comme ils savent le faire partout. C'est leur seule arme. Crier fort un mensonge pour le rendre incontournable et celui qui osera dire la vérité sera qualifié de sectaire."

Très juste. Et à qui profite le chaos ? Aux amis oligarques de Trump...

- Prostituées, douche dorée, lit d’Obama: enfin des révélations sur le rapport contre Trump! - Sputnik

Le FSB aurait forcé Trump à se livrer à des «actes sexuels pervers à Moscou» pour le faire chanter. Voilà les nouveaux détails croustillants sur les soi-disant frasques de Donald Trump à Moscou qui ont explosé les médias mainstream. Voulez-vous un autre secret? Ce rapport sur le lien Trump-Moscou n’est que le canular d’un pro du troll internet!

Sources fiables ? Informations vérifiées ? Bof, pourquoi se casser la tête si l'occasion se présente d'accuser et condamner encore une fois la Russie ? Pure logique « as usual » pour les médias américains. La semaine dernière, le Washington Post s'est cassé le nez sous l'influence de l'intox antirusse, maintenant c'est au tour du réseau CNN et de BuzzFeed de s'en prendre une lampée.

Le refus du directeur du FBI, M. Comey , de révéler si le président élu se trouvait sous une enquête secrète a coïncidé avec la publication par plusieurs médias de rapports accusant Trump de se livrer à des « actes sexuels pervers organisés / supervisés par le FSB ». Même les médias qui ont publié ces rapports reconnaissaient qu'ils étaient non seulement infondés, mais qu'ils contenaient plusieurs erreurs factuelles.

Le seul hic, c'est que toute cette histoire, incroyablement détaillée et sensationnelle, n'était en fait qu'un… canular et un immense fake ! Selon le forum anonyme anglophone, constitué d'un réseau d'imageboards, 4Chan, ces documents ont été créés par un utilisateur et envoyés à Rick Wilson, que CNN décrit comme « le plus hardcore des "haters" de Trump », sachant qu'il agirait comme il se doit.

Et les médias libéraux, dont CNN, BuzzFeed, Cosmopolitan, sont tombés dans le panneau !

« Ils croient encore en cela. Les gars sont vraiment désespérés, il n'y a pas de scandale concernant Trump digne de confiance », a écrit ce génie diabolique et amateur de bonnes blagues.

Le site Gateway Pundit précise encore que les documents du rapport n'étaient pas conformes aux exigences de la CIA ou du renseignement britannique, car ni le renseignement américain ni le renseignement britannique n'écrirait « CONFIDENTIAL / SENSITIVE SOURCE » sur un document. Même WikiLeaks a exprimé des soupçons à ce sujet :

« Le fichier de 35 pages publié sur BuzzFeed à propos de Trump n'est pas un rapport du renseignement. Le style, les faits et la date du rapport ne montrent aucune crédibilité », a déclaré WikiLeaks dans un tweet. Sputnik 11.01

Au fait, tout cela est paru également dans les médias français, où sont donc passés ces blogs de merde debunkersdehoax, hoaxbuster.com, hoaxkiller.fr, liberation.fr/desintox ? Aux abonnés absents, normal.

- Donald Trump nomme son gendre Jared Kushner haut conseiller à la Maison Blanche - francetvinfo.fr

Le président américain élu a décidé de nommer son gendre, Jared Kushner, haut conseiller à la Maison Blanche, a indiqué son équipe de transition dans un communiqué, lundi 9 janvier. Le mari d'Ivanka Trump, la fille aînée du futur 45e président des Etats-Unis, a renoncé à tout salaire pour la durée de ce poste, précise le communiqué.

Jared Kushner qui n'avait aucune expérience politique avant de s'engager dans la campagne de son beau-père, se retrouvera ainsi dans le tout petit cercle des très proches conseilleurs du futur président américain. Le gendre conseillera son beau-père sur les accords commerciaux et sur le Moyen-Orient, d'après les précisions apportées à Reuters par des membres de l'équipe de transition lors d'une conférence téléphonique. Jared Kushner travaillera en étroite coopération avec Reince Priebus, futur secrétaire général de la Maison blanche, et Steven Bannon, nommé stratège en chef.

Ancien élève d'Harvard, diplômé de droit de la New York University, Jared Kushner, qui dirige le groupe immobilier familial, travaille avec son beau-père depuis 2015. Il a su s'imposer dans l'organigramme de la campagne présidentielle de Trump et a été associé à la plupart des décisions. Le voir poursuivre au côté de son beau-père ne constitue pas une surprise.

Sa nomination comme conseiller ne nécessitera pas une confirmation par le Sénat. Mais elle pourrait poser un problème juridique. Une loi fédérale de 1967 interdisant normalement à un président, au nom de la lutte contre le népotisme, de nommer des membres de sa famille au sein de son administration. Des conseillers juridiques ont toutefois assuré que cette loi ne s'appliquait à la Maison Blanche. francetvinfo.fr 10.01

- Le futur chef de la diplomatie américaine dénonce le "danger" russe - AFP

Le chef de la diplomatie américaine nommé par Donald Trump, l'ex-PDG d'ExxonMobil Rex Tillerson, a pris mercredi le contre-pied d'accusations de proximité avec Moscou en dénonçant le "danger" russe pour l'Europe et en assurant qu'Américains et Russes ne seraient "jamais amis".

"La Russie représente aujourd'hui un danger", a jugé d'emblée Rex Tillerson.

Il a condamné le fait que Moscou avait "envahi l'Ukraine en s'emparant de la Crimée et apporté son soutien aux forces syriennes", réclamant une "réponse vigoureuse" des Etats-Unis.

M. Tillerson, un Texan de 64 ans à l'imposante carrure et qui s'exprimait pour la première fois depuis sa nomination le 13 décembre, a toutefois refusé de suivre le sénateur républicain Marco Rubio accusant le président russe d'être un "criminel de guerre".

"Nos alliés de l'Otan ont raison de s'alarmer de la résurgence de la Russie", répondu M. Tillerson au sénateur démocrate Ben Cardin en condamnant les ambitions prêtées à Moscou en Europe.

Rex Tillerson, qui brigue la tête de la diplomatie américaine à la suite de John Kerry, a également reconnu que "même si la Russie cherche à se faire respecter sur la scène internationale, ses activités récentes sont allées à l'encontre des intérêts américains".

"Nous ne serons probablement jamais amis" en raison de "systèmes de valeurs clairement différents", a-t-il encore souligné.

Rex Tillerson est aussi passé sur le gril du Sénat à propos du piratage informatique durant la présidentielle américaine pour lequel Washington accuse Moscou. Il a indiqué du bout des lèvres qu'on "pouvait raisonnablement penser" que le président Poutine était derrière.

Mais pour l'industriel, totalement novice en politique, la riposte américaine, sous forme de sanctions imposées par le président sortant Barack Obama, "fait du mal aux milieux d'affaires américains" désireux d'investir en Russie.

Même si la politique étrangère de M. Trump reste floue, le milliardaire veut non seulement se rapprocher de M. Poutine, mais aussi être ferme avec la Chine, notamment en matière commerciale.

Ainsi, Rex Tillerson a déploré que Pékin "n'ait pas été un partenaire fiable pour user de son influence afin d'endiguer la Corée du Nord" et ses programmes militaires balistique et nucléaire sanctionnés par la communauté internationale. Il a jugé que les objectifs de la seconde puissance mondiale pouvaient être "en conflit avec les intérêts américains".

Les ministres nommés par M. Trump ont besoin de 51 sénateurs sur 100 pour être confirmés. Les républicains contrôlent 52 sièges au Sénat. Si tous les démocrates et trois républicains votent contre Rex Tillerson, il ne sera pas secrétaire d'Etat. AFP 12.01

C'est le dernier paragraphe qui doit servir de grille de lecture à l'intervention de Rex Tillerson...

En revanche, ils adorent Obama

- Le message d'optimisme du discours d'adieu d'Obama - Liberation.fr

Dans un vibrant discours d’adieu, Barack Obama a affiché sa foi inébranlable en l’Amérique, tout en mettant en garde contre les menaces qui pèsent sur elle, à quelques jours de l'investiture de Donald Trump.

- Les larmes de Barack Obama pour son discours d'adieu - L'Opinion

- «Yes we did», des larmes et de l'espoir pour les adieux d'Obama - 20minutes.fr

- Adieux de Barack Obama : les Etats-Unis face au lourd prix politique de l’échec du “Yes We Can” (malgré un bilan pratique défendable) - Atlantico.fr




ACTUALITÉ DU JOUR

Au groupe Bilderberg : Ils ont mieux en magasin.

- Primaire: à Clermont, Valls tient une réunion dans un gymnase à moitié vide - AFP

Quelque 300 personnes étaient venues assister mardi soir à une réunion publique du candidat à la primaire organisée par le PS.

Samedi soir, Emmanuel Macron avait rempli la grande halle d'Auvergne avec plus de 2.000 personnes. AFP 11.01

- L’européiste Emmanuel Macron et son club : le Groupe Bilderberg - par Bruno Arfeuille - Comité Valmy 11.07

Le lien caché entre Fillon et Macron ? Ils ont tous les deux assisté, après y avoir été invité, à une réunion annuelle du « Club des Bilderberg »

L’européiste Emmanuel Macron et son club : le Groupe Bilderberg

« Je pense que vous pourriez dire, déclara un jour le diplomate américain George McGhee, que le traité de Rome, qui a créé le Marché commun, a été mûri pendant ces réunions de Bilderberg et aidé par le flot de nos discussions. »

Source :

« L’Europe sociale n’aura pas lieu », de François Denord et Antoine Schwartz, édition Raisons d’agir, page 40.

A propos des participants au Groupe Bilderberg : tout ce petit monde forme un clan, et ce clan est une nouvelle aristocratie.

Le mouvement politique d’Emmanuel Macron s’appelle « En Marche ! ». En avril 2016, le siège de ce mouvement politique était situé au domicile particulier du directeur de l’Institut Montaigne, Laurent Bigorgne, proche de la droite ultra-libérale !

Découvert par le site d’informations Mediapart, le lien était à chercher dans les mentions légales du site du mouvement (elles ont été modifiées depuis la publication de l’article, mais Mediapart en a conservé une capture d’écran).

Celles-ci faisaient apparaître le nom du directeur de la publication du site, Véronique Bolhuis, et son éditeur, « En Marche ! », association loi 1901 domiciliée au 33 rue Danton, 94270 Kremlin-Bicêtre.

Véronique Bolhuis est la compagne de Laurent Bigorgne, le directeur de l’Institut Montaigne, détaille Mediapart. Et l’adresse de l’association « En marche ! » est celle du domicile privé du couple.

- 1- Laurent Bigorgne a participé au Groupe Bilderberg du 11 au 14 juin 2015.

- 2- Son ami Emmanuel Macron a participé au Groupe Bilderberg du 29 mai au 1er juin 2014. A ce moment précis, Emmanuel Macron était secrétaire général adjoint de la présidence de la République. Il était le conseiller économique et financier de François Hollande. Deux mois après la réunion du Groupe Bilderberg, il est nommé ministre de l’Economie.

- 3- Pour succéder à Macron, son amie Laurence Boone est nommée conseiller économique et financier du président de la République. Laurence Boone avait elle-aussi participé au Groupe Bilderberg du 11 au 14 juin 2015. En janvier 2016, elle rejoint le secteur privé : elle devient chef économiste des assurances AXA, dont le président est son ami Henri de Castries.

- 4- L’ami d’Emmanuel Macron, Henri de Castries, patron d’AXA, est président du comité de direction du Groupe Bilderberg.

Source :

http://www.lexpress.fr/actualite/politique/macron-son-mouvement-en-marche-intimement-lie-a-l-institut-montaigne_1780429.html

Mercredi 11 janvier 2017 :

Jean Pisani-Ferry rejoint Emmanuel Macron pour diriger son projet.

C’est une recrue de choix pour Emmanuel Macron. Selon nos informations, Jean Pisani-Ferry, commissaire général de France Stratégie, va rejoindre son équipe de campagne, où il coordonnera le programme et le projet du candidat d’ « En Marche ! ».

Agé de 65 ans, diplômé de Supelec et professeur d’Economie à Berlin, Jean Pisani-Ferry est une personnalité très respectée à gauche. Il a été conseiller à Bercy auprès des ministres Dominique Strauss-Kahn et Christian Sautter.

Source :

http://www.lesechos.fr/elections/emmanuel-macron/0211680774199-jean-pisani-ferry-rejoint-emmanuel-macron-pour-diriger-son-projet-2056275.php

En 2009, la réunion du Groupe Bilderberg s’était tenue du 14 au 17 mai 2009 en Grèce à Vouliagmeni, à 20 km au sud d’Athènes, au Nafsika Astir Palace, un palace 5 étoiles sur une presqu’ile, avec plages privées et port privé pour yachts.

Jean Pisani-Ferry était un des rares Français invités à cette réunion.

Il y avait d’autres membres de la gauche caviar : Pascal Lamy, Denis Olivennes, Dominique Strauss-Kahn … Bref, les européistes de gauche, les brasseurs d’argent, les affairistes habituels. Comité Valmy 11.07

Je vais rajouter un lien dans le portail vers le blog du Comité Valmy qui publient des articles de qualité. Il est animé par des staliniens et des gaullistes, qui présentent au moins l'avantage sur d'autres courants politiques notamment ceux qui se définissent d'extrême gauche, de ne pas se camoufler derrière une fausse étiquette et d'être honnêtes au moins.

Un uméro d'illusionnisme sous les feux de la rampe.

Quelle tribune, gratuite ! N'en rajoutez plus : la poubelle est déjà pleine !

- Le "style Mélenchon" selon ses fans? "Il casse la baraque" - Le Huffington Post

- Mélenchon déboule dans le Nord - LeParisien.fr

- Présidentielle. Des experts jugent le programme économique de Mélenchon - LeParisien.fr

- Mélenchon appelle les ouvriers à se faire entendre - Reuters

- Présidentielle: Mélenchon obtient un prêt bancaire de 8 millions - AFP

- Mélenchon sent "la panique" dans un PS coincé entre Macron et lui - AFP

- Présidentielle : Mélenchon se moque de la chaîne YouTube de Philippot - LeParisien.fr

- En pleine dynamique, Mélenchon parle Sécurité sociale au Mans - AFP

- Hollande, Macron et Mélenchon en forte hausse - AFP

Et ce n'est qu'un modeste échantillon des deux derniers jours.

Son ennemi n'est pas les banquiers, sinon cela se saurait, la preuve.

- Présidentielle: Mélenchon obtient un prêt bancaire de 8 millions - AFP

Le candidat à la présidentielle Jean-Luc Mélenchon a annoncé lundi avoir obtenu un prêt bancaire de huit millions d'euros pour financer sa campagne, en plus du million d'euros reçus via des dons.

"Tout va bien, je suis flambant de santé: la preuve, on me prête 8 millions que je n'ai pas", a-t-il déclaré au micro de BFMTV/RMC. Son entourage a précisé à l'AFP que cette somme était répartie en emprunts auprès de "deux banques coopératives", sans donner leur nom.

M. Mélenchon a précisé que le mouvement La France insoumise, créé autour de sa campagne, avait réuni par ailleurs "un million d'euros, comme ça par petits dons". "C'est moins que M. Macron, mes copains sont moins fortunés", a-t-il ironisé. L'ancien ministre de l'Economie revendiquait près de 4 millions d'euros de dons à la mi-décembre.

Il a en outre assuré disposer de 496 parrainages dimanche soir, sur les 500 exigés pour pouvoir se présenter à la présidentielle. AFP 09.01

Commentaire d'un internaute

- "Quels que soient les partis, je m'inquiète qu'ils doivent passer par des banques pour participer à une campagne électorale. Et après on s'étonne que les banques soient tellement choyées par nos politiques..."

Quand la nouvelle iddyle des banquiers fait le "mariole".

- Mélenchon appelle les ouvriers à se faire entendre - Reuters

Jean-Luc Mélenchon, crédité de 13% à 15% d'intentions de vote pour le premier tour de l'élection présidentielle, a exhorté dimanche les ouvriers à faire entendre leur voix face aux "beaux parleurs" qui annoncent "de nouveaux sacrifices".

Soulignant que "60% des ouvriers ne votent pas", Jean-Luc Mélenchon les a appelés à prendre le pouvoir dans l'isoloir.

"Je viens leur dire : sortez de votre trou, mêlez-vous de vos affaires, (...) ne vous auto-éliminez pas de la décision, n'abandonnez pas vos bulletins de vote", a-t-il lancé.

Lors de son discours à l'intérieur du théâtre, il a principalement attaqué le programme économique de François Fillon, candidat de la droite et du centre.

"Venez pas après pleurer si vous recommencez avec des Macron, des Fillon, des je-ne-sais-pas-quoi, tous ces gens qui ont la même doctrine, simplement qui vous emballent la marchandise d'une manière différente", a dit le promoteur de la "VIe République".

"N'allez pas voter pour des marioles pareils ou alors vous vous faites injure à vous-mêmes", a insisté Jean-Luc Mélenchon. Reuters 09.01

Ou quand il se fait protecteur des milliardaires... made in USA !

- "Si je suis élu, l'impôt sera perçu sur la base de la nationalité" - bfmtv.com

Il a pris pour cible sans le nommer Gérard Mulliez, le doyen de la famille fondatrice et propriétaire d'Auchan. "Qui est cet homme? Où habite-t-il? En Belgique. Il a le droit. Pourquoi pas? Mais ses impôts, ils habitent où? En Belgique aussi ! évidemment, tout cela doit avoir une fin", a-t-il déclaré.

"Si je suis élu, l'impôt sera perçu sur la base de la nationalité du cotisant quand il n'est plus en France", a alors promis Jean-Luc Mélenchon. "Et Monsieur Mulliez pourra bien aller en enfer, que je l'y trouverais aussi pour lui prendre sa part d'impôt", a-t-il promis devant la foule enthousiaste.

Détaillant le dispositif qu'il souhaiterait mettre en place, il a expliqué que "les citoyens français devront déclarer partout dans le monde ce qu'ils paient comme impôt à la nation qui les accueille. Et il est bien normal qu'ils en paient là où ils se trouvent car nous pratiquerons de même chez nous. Mais ils devront déclarer ce montant au fisc. Et celui-ci regardera si, après avoir payé cette somme, en France, ils ne devraient pas encore d'argent. L'impôt sera donc universel". Et d'ajouter: "qu'on ne me dise pas que c'est impossible, s'est-il encore écrié, puisque ça se pratique aux États-Unis d'Amérique, et j'aime mieux vous dire qu'ils le font avec une certaine férocité". bfmtv.com 09.01

Populiste ? Vous en doutiez encore.

En famille. Une imposture peut en cacher une autre.

- Etre antisystème, la recette 2017 - LeParisien.fr

De Jean-Luc Mélenchon à Marine Le Pen, en passant par François Fillon, tous fustigent les pouvoirs établis.

Quelle mouche les pique tous ? Longtemps l'apanage du FN (parti anti-« UMPS ») puis de Jean-Luc Mélenchon (haro sur le capitalisme libéral et mondialisé), la posture antisystème est devenue le passage obligé de presque tous les candidats à la présidentielle. Hier, François Fillon, élu député depuis 1981, n'a pas hésité à reprendre cette antienne à son compte : « Il y a deux mois, je n'étais pas le candidat de l'establishment. Je n'ai pas l'intention de le devenir », a déclaré l'ancien Premier ministre de Nicolas Sarkozy.

Même serments à gauche ! Manuel Valls, ancien vice-président de conseil régional, longtemps maire d'Evry, député pendant dix ans de l'Essonne, ministre de l'Intérieur puis Premier ministre, n'a pas hésité à lancer, mardi, à des journalistes interloqués : « C'est vous qui êtes enfermés dans le système. C'est vous qui représentez le système, ce dont les Français ne veulent plus. » Quant à Arnaud Montebourg, son projet pour l'Elysée se veut un projet « alternatif aux appareils politiques et à la pensée unique ».

La candidature d'Emmanuel Macron — pourtant archétype d'une élite à la française et jamais confronté au suffrage universel — s'inscrit dès l'origine dans cette logique. Membre d'aucun parti, pas même du PS, il s'est placé très vite hors de tout appareil partisan dont il a vivement critiqué les lourdeurs et les compromis pour finalement placer son discours — en attendant son programme — « ni à gauche ni à droite ».

« Ce positionnement antisystème d'une grande partie de la classe politique est devenu la condition à satisfaire avant de prendre la parole. C'est se mettre ainsi du côté du mécontentement populaire », explique Dominique Reynié, directeur général de Fondapol, la Fondation pour l'innovation politique. LeParisien.fr 11.01

Mais aucun ne remettra en cause l'existence du capitalisme et l'ensemble de ses institutions.




ACTUALITE EN TITRES

Enfin leur rêve se réalise ! Quel cauchemar !

- Budget de défense : la France le rêve, l'Allemagne le fait - La Tribune

Le budget allemand de la défense devrait passer de près de 32 milliards en 2011 à plus de 39 milliards d'euros en 2020. Soit une hausse deux fois plus fortes que celle du budget de la défense français. La Tribune 11.01

Meurtre avec préméditation des trusts pharmaceutiques et la complicité de la ministre de la Santé.

- La vaccination contre la grippe des personnes âgées n'est pas sans défaut - Liberation.fr

La mort de treize retraités dans une résidence de Lyon pose la question de l'efficacité des politiques de prévention. L'épidémie, «intense» cette année, «n'a pas encore atteint son pic», estimait lundi la ministre de la Santé Marisol Touraine. Liberation.fr 09.01




INFOS EN BREF

POLITIQUE

1- Pologne

- Pologne: la crise politique se poursuit, le Parlement toujours paralysé - AFP

Le Parlement polonais restait paralysé mercredi, occupé par les députés de l'opposition protestant contre ce qu'ils estiment être des actions anti-démocratiques et illégales de la majorité conservatrice, a constaté un journaliste de l'AFP.

Les députés occupent l'hémicycle depuis le 16 décembre, initialement en signe de protestation contre des tentatives du pouvoir de restreindre drastiquement les libertés de la presse parlementaire, puis contre le vote "illégal", selon eux, du budget 2017.

En dépit de négociations menées mercredi entre dirigeants des partis pour que la chambre basse puisse reprendre son travail, le Sénat, dominé lui aussi par les conservateurs, a approuvé le projet controversé de loi budgétaire, dans une ambiance de crise parlementaire sans précédent depuis la chute du communisme en Pologne il y a 27 ans.

L'opposition exige que le budget soit à nouveau soumis à un vote, contestant le fait que la majorité du parti Droit et Justice (PiS) ait effectué celui du 16 décembre dans une salle annexe du parlement.

Le chef du PiS, Jaroslaw Kaczynski, a dénoncé les actions "antidémocratiques" et "illégales" de l'opposition et réitéré que toutes les actions de son parti étaient conformes à la loi.

"Le budget est adopté et j'espère que bientôt, une fois que le président (Andrzej Duda) l'aura signé, il sera publié dans le Journal officiel", a-t-il insisté devant la presse.

Grzegorz Schetyna, le chef du plus grand parti d'opposition Plateforme civique (PO, centre), a rétorqué aussitôt que "le vote du budget par le Sénat s'est fait en violation de la loi" ce qui, selon l'opposition, pourrait être remis en question par Bruxelles, et entraîner des recours en justice.

La majorité conservatrice a imposé dans la soirée la tenue d'une nouvelle réunion de la chambre basse, en dépit de l'occupation de la tribune. Comme si de rien n'était, le président de la Diète a proclamé une minute de silence en hommage à quatre personnalités publiques décédées récemment et après une prière aux morts, a décrété une pause jusqu'à jeudi, 10H00 du matin (9H00 GMT).

Quelques centaines personnes manifestaient dans la soirée devant le Parlement leur soutien aux députés de l'opposition.

"La lutte continue pour le droit de l'opposition à pouvoir s'exprimer", a déclaré à l'AFP Danuta Stolecka, Varsovienne d'une cinquantaine d'années, fidèle des manifestations organisées par le Mouvement de défense de la démocratie KOD.

Dès leur arrivée au pouvoir après les législatives d'octobre 2015, les dirigeants du PiS ont ouvert plusieurs fronts, notamment contre le Tribunal constitutionnel et les médias, suscitant des inquiétudes pour l'Etat de droit en Pologne au niveau du Conseil de l'Europe et de la Commission européenne. AFP 11.01

Ce qu'il y a de bien avec ce genre d'articles, c'est qu'on est incapable d'y comprendre quoi que ce soit...

2- Venezuela

2.1- Venezuela: le salaire minimum augmente de 50% - BFM Business

Pour la troisième fois en moins d'un an, le président vénézuélien Nicolas Maduro a décidé d'augmenter le salaire minimum de 50%. Une manière de "bien commencer l'année", selon lui.

Une fois encore, le très impopulaire président socialiste, Nicolas Maduro, a annoncé dimanche une hausse du salaire minimum de 50% au Venezuela, un pays qui connaît une inflation vertigineuse. Le salaire minimum s'élèvera désormais à un peu plus de 40.000 bolivars, a décrété Nicolas Maduro, soit 60 dollars au plus haut taux de change officiel, ou 12 dollars au marché noir.

"Pour bien commencer l'année, j'ai décidé d'augmenter le salaire minimum", a déclaré le chef d'Etat vénézuélien pendant son émission hebdomadaire à la télévision nationale. Le montant de l'aide alimentaire fournie avec le salaire reste lui inchangé, à environ 93 dollars. L'an dernier, le salaire minimum avait déjà été augmenté par le président de 30% en avril, puis de 40% en octobre.

Depuis des mois, une grave crise économique frappe le Venezuela. Elle est liée à la chute des cours du pétrole - son unique richesse -, qui a fait exploser l'inflation (475% en 2016 selon le FMI) et vidé les supermarchés et les pharmacies. Pour le président Maduro, la crise que traverse le pays s'explique par un "complot capitaliste" orchestré par les Etats-Unis.

L'opposition de droite juge pour sa part qu'elle est due aux 18 années de gouvernance socialiste, sous l'ancien président Hugo Chavez, et sous Nicolas Maduro. Selon un récent sondage publié par Datanalisis, près de 80% des Vénézuéliens désapprouvent la politique de leur chef d'Etat. BFM Business 09.01

2.2- Venezuela: vote au Parlement condamnant le président Maduro - AFP

Le Parlement vénézuélien, contrôlé par l'opposition, a voté lundi contre le président Nicolas Maduro pour "manquement aux devoirs" de sa fonction, lui attribuant la responsabilité d'une "crise sans précédent" qui secoue le pays.

Ce vote, au cours d'une session agitée, reste toutefois symbolique car il a de fortes chances d'être invalidé par la Cour suprême vénézuélienne (TSJ) qui, avant même le début des débats, a prévenu que "l'Assemblée nationale n'avait pas la faculté de destituer le président de la République".

"Est approuvé l'accord selon lequel Nicolas Maduro est reconnu responsable de manquements aux devoirs de sa fonction et il est exigé une sortie électorale à la crise vénézuélienne pour que ce soit le peuple qui s'exprime dans un vote", a déclaré le nouveau président du parlement Julio Borges, issu de l'opposition.

Selon ce texte, "Maduro a provoqué une crise sans précédent au Venezuela" et est "en marge de la Constitution" pour avoir provoqué "un marasme économique", "la rupture de l'ordre constitutionnel" et pour avoir "fait violence aux droits" des Vénézuéliens.

En face, le député chaviste Hector Rodriguez a qualifié l'initiative d'"acte insensé et irrationnel". "Lorsqu'ils diabolisent les actions du président, ils reconnaissent implicitement qu'il gouverne effectivement. C'est un opéra bouffe de plus", a également commenté le député chaviste Pedro Carreno.

Nicolas Maduro a nommé la semaine dernière comme vice-président Tareck El Aissami, un "dur" de son équipe, chargé de lui succéder au cas où il serait finalement destitué. AFP 10.01


SOCIAL ET SOCIÉTÉ

France. Corporatisme.

- Renault: la CFDT signe l'accord de compétitivité et permet son adoption - La Tribune.fr

Le syndicat CFDT de Renault a annoncé lundi dans un communiqué qu'il signerait le nouvel accord triennal sur l'emploi et la flexibilité, une décision qui permet d'atteindre la majorité nécessaire à sa validation.

Trois syndicats approuvent l'accord

Le projet avait déjà obtenu l'aval de FO et de la CFE-CGC. En échange d'une hausse de la flexibilité demandée, par exemple une heure supplémentaire travaillée par jour en cas de hausse de l'activité, il propose l'embauche de 3.600 CDI sur trois ans (2017-2019), sans toutefois compenser le nombre de départs sur la période.

"Cet accord est un compromis très favorable et prometteur" qui "va permettre de préparer l'avenir face aux futurs challenges sociétaux, techniques et réglementaires qui vont transformer le monde automobile", explique la CFDT.

La CGT, qui n'était pas signataire du précédent accord, n'a pas encore officiellement communiqué sa position. Mais à l'issue des discussions, le syndicat estimait qu'il manquait encore 1.000 personnes pour remplacer les départs naturels de CDI, sans compter les intérimaires que la direction souhaite réduire de moitié (-4.500).

Ce nouvel accord doit succéder à l'accord de compétitivité de 2013 qui, selon la direction, devait se solder, selon le bilan prévu à fin 2016, par 9.200 départs sur trois ans et 3.000 embauches (contre 730 prévues initialement), dont une partie seront réalisées en 2017. Une santé économique nettement améliorée

Depuis, la situation économique de Renault s'est considérablement améliorée. Fin juillet, l'entreprise avait publié un bénéfice net en hausse de 7,5% pour le premier semestre 2016, à 1,5 milliard d'euros. La Tribune.fr 09.01


ECONOMIE

Chine

- Industrie : 200 usines chinoises en Tanzanie d'ici 2020 - latribune.fr

A quelques heures de la visite du ministre chinois des affaires étrangères Wang Yi en Tanzanie, l'on apprend de sources du ministère tanzanien des affaires étrangères, que le partenariat entre la Chine et la Tanzanie va permettre d'implanter 200 usines les trois prochaines années en Tanzanie. L'objectif selon Mindi Kasiga, la chargée de communications du ministère des affaires étrangères, est de faire de ce pays de l'Afrique de l'est un grand pays industrialisé. « Ces usines permettront de créer 200.000 emplois », a-t-elle ajouté, pour rappeler l'importance socio-économique de ces usines. Le chiffre semble irréaliste et pourrait créer des envies. Pourtant c'est bien réel et la Tanzanie n'est pas le seul pays indexé par ce genre d'appui de la part de la Chine pour 2020.

En effet, au Forum de coopération Chine-Afrique de Johannesburg, en septembre 2015, quelques pays ont été choisis par le Président chinois Xi Jinping pour bénéficier de l'expertise chinoise en ce sens. Il s'agit de l'Ethiopie, du Kenya, de l'Afrique du sud et enfin la Tanzanie. Le plan d'industrialisation du gouvernement de Dodoma s'inscrit donc dans le cadre de la feuille de route de cet accord de partenariat avec la Chine.

L'empire du milieu et la Tanzanie nourrissent des relations de longues dates qui se sont renforcées ces dernières années, le premier devenant l'un des plus gros investisseurs et partenaires commerciaux du second. La Chine a investi ces dernières années dans les secteurs des chemins de fer, routiers et portuaires.

Une prochaine visite de la Chine en Tanzanie

L'annonce faite par la chargée de communication du ministère des affaires étrangères de la Tanzanie sur les 200 usines semble être une suite de celle du porte-parole du ministère chinois des affaires étrangères, Geng Shuang.

En effet, selon lui, le ministre chinois des affaires étrangères Wang Yi, sera en tournée dans cinq pays africains à compter d'aujourd'hui jusqu'au 12 janvier 2017. Ce périple du chef de la diplomatie chinoise prend justement en compte la Tanzanie. A en croire le ministère, lors de cette tournée, Wang Yi, évoquera avec les dirigeants africains la mise en œuvre et les résultats des accords obtenus entre le chef de l'Etat Chinois Xi Jinping et les chefs d'Etat du continent noir, lors du dernier forum sur la coopération sino-africaine de Johannesburg.

Cette visite du membre du gouvernement chinois pourrait bien être aussi celle au cours de laquelle, les termes de l'accord d'appui avec la Tanzanie sur l'industrialisation seront mis en œuvres. latribune.fr 08.01


Le 9 janvier 2017

CAUSERIE

Le règne du mensonge et de la terreur en guise de démocratie et de liberté.

Les multiples agences de renseignement états-uniennes (notamment) fabriquent quotidiennement de fausses nouvelles ou informations, de faux témoignages à une échelle planétaire, que les médias soumis à la dictature de l'oligarchie anglo-saxonne-sioniste diffusent sur la même échelle pour conditionner les peuples, les soumettre à leur politique ultra réactionnaire, obtenir leur consentement à leurs opérations militaires ou leur ingérence dans les affaires d'autres Etats...

Ils discréditent et criminalisent systématiquement tous ceux qui s'y opposent ou dénoncent leur imposture et leur dictature en les assimilant à des complotistes, des malades mentaux, des terroristes ou complices du terrorisme.

Il serait irresponsable et criminel de demeurer indifférent face à cette monstrueuse opération de propagande mondiale. Qui oserait encore affirmer que cela n'aurait rien à voir avec la lutte des classes, que cela n'en serait pas une des manifestations ?

Cette causerie et les infos en bref d'aujourd'hui n'ont pas pris en compte l'actualité d'hier.

La causerie de décembre est disponible au format pdf, 132 pages.

Quelques réflexions politiques.

1- Quand le matin on prend connaissance des infos de la veille, on ne peut pas s'empêcher de se dit : mais quel monde de dingues ! Vous ne vous faites pas spontanément cette réflexion ? C'est que vous êtes plus gravement atteint que vous ne le croyiez jusqu'à présent ! Rassurez-vous, vous n'êtes pas les seuls !

Il est à peine 6 heures du matin, le soleil vient de se lever, la journée s'annonce radieuse, et pourtant tout va être fait pour vous la pourrir soigneusement. Vous vous dites alors, je profite de la vie parce que c'est amplement mérité ou je laisse filer cette occasion parce que d'autres n'ont pas cette chance et je vais partager leur destin.

J'ai déjà vécu les deux expériences. La première est plus égoïste, la seconde est plus amère, car finalement vous vous demandez si vous ne perdez pas votre temps à essayer de convaincre des gens qui n'ont pas envie de l'être ou qui se complaisent dans la situation actuelle, certains n'hésitant pas à l'assumer non sans cynisme sous de faux prétextes, ce n'est pas cela qui manque, sans compter qu'ils vous méprisent pour les mettre face à leurs responsabilités.

A mon âge on ne compte plus les désillusions ou les trahisons qu'on a dû subir. Du coup on se demande comment certains peuvent être nostalgiques, à croire que cela ne leur a pas suffit et qu'ils en redemandent. Non merci comme dit la chanson, on a même eu ce qu'on ne voulait pas (Trust), l'addition a été suffisamment salée pour ne pas en réclamer davantage et pour le pourboire vous repasserez ! Traduisez cela comme vous voudrez, qu'on a hâte de tourner la page ou passer dans l'autre monde ne serait pas une épreuve plus pénible que celle qui nous attend quotidiennement dès lors qu'on partage le sort de tous les malheureux, ce serait même hypocritement un soulagement.

Qu'y a-t-il de pire que croire ? Etre convaincu que l'on a cessé de croire, alors qu'on ne sait rien ou presque et se comporter comme tel. En fait, on s'arrange avec sa conscience. Il faut bien vivre et au diable toute considération morale qui nous servira uniquement à juger les autres, on n'est pas à une incohérence près et on s'en fout.

Terminons par une note philosophique.

Si ce n'est pas la volonté qui guide le monde, l'absence de volonté consciente peut lui être fatale.

L'élément conscient que j'ai ajouté représente les conditions matérielles d'existence des hommes et leur évolution, qu'il faut mettre en rapport avec leurs besoins issus de leurs sensations et impressions au stade élémentaire, et qui les conduiront à transformer leur environnement pour les satisfaire.

Ce rapport ou l'ensemble de rapports que les hommes vont développer entre eux et le monde extérieur vont donner naissance à ce qu'on a appelé l'esprit, la pensée, les idées. Ils vont ainsi se dérouler selon un processus matérialiste dialectique dont les hommes n'auront pas conscience, pour ignorer qu'à l'origine c'était la transformation de la matière par l'homme qui allait le distinguer de l'animal ou engendrer le développement de la civilisation humaine. Ce qui demeure valable de nos jours évidemment...

- Le principe du monde est dans la volonté au sens large du terme. Née avec la vie même, elle s'épanouit et devient consciente avec l'homme pensant. (Schopenhauer, philosophe allemand du XIXe siècle)

- Ne craignons pas le froid non plus que les épreuves, c'est ainsi que l'on forge les volontés les plus viriles. (...) La maîtrise de soi est la grâce suprême. (...) Le plus mauvais service à rendre à un enfant c'est bien de le gâter. Il convient au contraire, de l'armer pour la lutte que la vie nous impose.

La moitié du succès est la confiance en soi, le vouloir compte plus que le savoir lui-même et que l'intelligence ; Partout où l'on travaille le succès se fait jour. (Emerson, philosophe américain du XIXe siècle)

- La sensibilité est l'élément passif, comme la volonté est l'élément actif. Vivre vraiment c'est donc vouloir et faire effort, regarder, écouter, ne pas se contenter de voir ou bien d'entendre, grâce à la volonté, nous cessons d'être des esclaves. (Maine de Biran, philosophe français du XIXe siècle)

Lorsqu'on vit relativement confortablement ou qu'on tire quelques satisfactions de sa condition, notre volonté à vouloir changer la société ou le monde à tendance à considérablement diminuer jusqu'à s'éteindre parfois.

2- Il existe plusieurs interprétations de la situation. Sous prétexte qu'elles ne se situeraient pas exclusivement ou au premier abord sur le terrain de la lutte des classes, on a tendance à exclure toutes celles qui s'en écartent, ce qui est une grave erreur, car en réalité toutes réflètent à des degrès divers la lutte des classes, hormis celles délirantes qui ont été conçues visiblement pour nous induire en erreur ou pour y associer les auteurs d'interprétations prenant en compte les faits que le pouvoir et les médias censurent, car trop dangereux et susceptibles de contredire leur version et de dévoiler ainsi leur imposture.

Le comportement qui nous conduit à écarter toute interprétation qui tend à privilégier des facteurs que l'on considère secondaire ou auxquels nous n'avions pas pensé, témoigne de l'influence de l'idéologie de la classe dominante que nous subissons ou que notre manque de discernement ne fait que traduire. Il revient à se conformer à celui que la classe dominante exige de nous, ajoutons, tout en étant convaincu du contraire évidemment, car on le nie.

On peut observer cela quotidiennement, et c'est lassant à la longue de voir tant de gens continuer encore et encore à se leurrer eux-mêmes. C'est aussi cela ce monde de dingues auquel je faisais référence plus haut.

3- Il aura fallu attendre plus d'un siècle que des dirigeants prétendument de gauche assument être de droite pour que nos vaillants dirigeants emploient le conditionnel ou utilisent des guillemets, autrement dit quand il était trop tard ou quand il n'était plus possible de couvrir cette imposture qui aura eu des conséquences désastreuses pour le mouvement ouvrier et le prolétariat.

Pour rappel être de gauche signifiait autrefois souhaiter un changement de régime, un changement de mode de production et de distribution des richesses ou des rapports sociaux de production ou la liquidation du système économique capitaliste.

Cette définition avait l'avantage d'être claire, puisqu'elle sous-entendait qu'il ne pouvait exister de compromis ou de conciliation entre les deux principales classes de la société, celle des capitalistes et celle des ouvriers ou des producteurs, et que seule l'une des deux devaient détenir tous les pouvoirs.

Elle fut abandonnée, reniée, au profit d'une définition basée sur la collaboration de classes et le corporatisme (rampant et de plus en plus affirmé au fil du temps) au profit de la classe qui détenait le pouvoir auquel la classe des exploités devait définitivement renoncée. Dès lors que la lutte de classe du prolétariat ne se situait plus sur le terrain politique de son indépendance de classe, elle ne devait plus consister à l'instar des classes moyennes ou de la petite-bourgeoisie qu'à avancer des revendications démocratiques bourgeoises compatibles avec l'existence du régime et à se contenter de réformes sociales qui contribueraient à améliorer son sort et plus particulièrement celui de l'aristocratie ouvrière, ces couches que le capitalisme allaient corrompre, afin d'acheter la paix sociale et assurer la stabilité du régime.

Le prolétariat à des degrés divers et le mouvement ouvrier allaient s'embourgeoisés et lier leur sort à celui du capitalisme en crise, qui le moment venu leur ferait payer très cher le renoncement à leur idéal de liberté et au socialisme, sans qu'ils soient en mesure de lui résister une fois gangrenés par son idéologie et leurs organisations affaiblies, corrompues, disloquées, au point de ne plus être en mesure de mobiliser les travailleurs qui rejettent en bloc tous les partis dits ouvriers.

J'ai lu ce matin un article du courant du NPA Démocratie révolutionnaire consacré à Lutte ouvrière et plus particulièrement à l'interprétation de la situation que donnait LO, qui revenait à se demander comment on avait pu en arriver à une telle situation, sans que ni LO ni Démocratie révolutionnaire ne soient en mesure de répondre à cette question, puisqu'ils n'évoquaient nulle part l'embourgeoisement du prolétariat et du mouvement ouvrier qui est à l'origine de leur adaptation ou de leur soumission au capitalisme.

Ils nient le fait pourtant logique ou que chacun peut observer à l'oeil nu quotidiennement, qu'il suffit que les hommes tirent quelques satisfactions de leur condition pour avoir la faiblesse de supporter durant des décennies ou toute leur vie le destin qui leur a été réservé aussi médiocre soit-il.

Il suffit donc de faire en sorte qu'ils disposent d'un revenu qui leur permette de satisfaire leurs besoins élémentaires et au-delà, pour qu'ils acceptent toutes les contraintes que leur impose la société capitaliste, et lorsqu'il leur arrive de réagir, c'est uniquement pour desserer un peu l'étau de ces contraintes qui les maintiennent en esclavage sans aller jusqu'à imaginer qu'ils pourraient s'en émanciper ou avoir une toute autre vie. Et quant à ceux que les machoires de cet étau broient déjà, ils sont trop préoccupés à assurer les moyens de leur subsistance quotidienne pour envisager voir un jour le bout de ce cauchemar.

Ce qu'il y a d'extraordinaire dans tous les partis dits ouvriers, c'est qu'à entendre leurs dirigeants, cadres ou militants ou ceux qui y avaient un jour adhéré, depuis les années 40 ils auraient tous produit des analyses correctes d'une profondeur incomparable, sans rire, leurs intentions auraient toutes été d'une honnêteté au-dessus de tout soupçon, sauf que voilà au lieu que cela se traduise concrètement et logiquement par la construction du parti, cela a abouti au résultat inverse, là on n'a plus du tout envie de se marrer car c'est dramatique quelque part, on se dit en entendant ce discours qu'il y a quelque chose qui ne tourne pas rond dans leurs démonstrations.

Certains admettent que les intentions de leurs dirigeants auraient subitement changé, étrange, un peu comme si vous faisiez chauffer de l'eau dans une casserole et qu'elle passerait de 10 à 100°C ou de l'état liquide à l'état gazeux en une fraction de seconde sans l'action progressif de la chaleur, ce n'est pas sérieux. Mais ils arrivent à s'en convaincre puisqu'ils refusent d'envisager tout autre explication.

Ils sont comme tous ces gens dont le mode de pensée a été formé dans un moule et qui sont incapables de concevoir qu'il n'aurait pas été parfait. Ils pensent à la manière des philosophes enfermés dans le système qu'ils ont conçu et auquel le monde et son évolution devrait se conformer, or les choses ne se passent pas ainsi. Et lorsque l'évolution de la société entre fatalement en conflit avec leur système rigide de pensée ou la contrarie, ils en déduiront que ce n'était pas leur système qui était défectueux, mais la société qui avait commis le péché impardonnable de refuser de s'y conformer, et c'est là qu'on s'aperçoit que le syllogisme qui leur servait de table de lois était en réalité un vulgaire sophisme.

Finalement quand ils en arrivent à la conclusion que les intentions de leurs dirigeants auraient changé soudainemet ou qu'ils auraient trahi leur engagement politique, il ne leur viendrait pas à l'esprit que les analyses que leurs dirigeants avaient produites jusque là comportaient de graves lacunes et que leur orientation générale aussi juste fussent-ellles n'avaient servi qu'à les masquer ainsi que leurs intentions inavouables qui s'étalaient dorénavant au grand jour. Le plus navrant, c'est de constater que leurs partis et leurs dirigeants se sont comportés exactement comme le PS, et qu'ils en soient encore à le réfuter, y compris pour le PS, ceci expliquant cela pour n'avoir jamais rompu le cordon ombilical avec l'opportunisme.

En 70 ans, la loyauté de leurs dirigeants envers les appareils du PS, du PCF et de FO ne fut jamais prise en défaut sans que personne ne s'en étonne ou ne se pose de questions, et quand ceux du PCI décidèrent de liquider leur parti dès 1981, ce fut parce qu'ils refusèrent d'affronter les appareils du PS et du PCF ainsi que ceux des syndicats, la suite ne fit que le confirmer. Ils allèrent jusqu'à faire croire à leurs militants que la social-démocratie aurait accepté de leur servir de marchepied sans contreparties, sans reniements fondamentaux, jusqu'à leur offrir une rente à vie dans FO, quelle naïveté !

Là encore, l'effondrement de l'URSS et ses satellites se précisant, ils profitèrent de cette situation pour expliquer qu'une nouvelle période s'ouvrait qui nécessitait un tournant stratégique, et ils s'en servir comme prétexte pour camoufler leur soumission au régime qu'incarnait la majorité PS-PCF-MRG et se débarrasser du socialisme (ou du trotskysme).

Tout cela témoigne d'un manque manifeste de logique de la part des militants ou pire, car on en vient à se dire qu'ils ont cru par faiblesse ou corruption ce qui les arrangeait, et ils continuent de nos jours à jouer aux petits alchimistes, ce qui nous renvoie à un monde révolu depuis des lustres, au point de ce dire qu'on n'a pas vraiment vécu dans le même monde et que partant de là on ne peut pas se comprendre.

En conclusion. Il suffit d'être convaincu que seul un changement de régime permettrait de résoudre tous les problèmes auxquels sont confrontés les travailleurs pour être de gauche, sans pour autant avoir conscience de tout ce que cela implique ou être en mesure de s'élever au niveau du programme de la révolution socialiste, ce qu'on n'exigera a priori d'aucun travailleur.

Et les faits ont démontré qu'il n'a jamais réellement existé de courant politique indépendant de la social-démocratie ou du stalinisme au sein du mouvement ouvrier depuis 1940. Maintenant on peut facilement se convaincre du contraire, en refusant de faire le lien tout au long des 70 dernières années entre les rapports qu'on entretenut les différents courants se réclamant du trotskysme avec le PS et le PCF auxquels étaient soumises leurs orientations politiques qu'il ne fallait pas réduire à des mots d'ordre. Qu'ils aient été amenés à connaître le même destin était dans l'ordre des choses qu'on l'admette ou non, c'est la réalité.

Un dernier mot, les militants se sont fait berner parce que leurs dirigeants ont eu l'intelligence de tenir le discours qu'ils voulaient entendre, et au-delà ils ont pris la fâcheuse habitude d'attribuer à leur parti plus d'importance que ce qu'il avait au point de s'en persuader, et de croire qu'il se développerait inexorablement, pour finalement tomber de haut en s'apercevant qu'il se décomposait ou pire encore s'ils partagent nos conclusions. Au lieu d'essayer de comprendre ce qui s'était passé, ils se sont enfermés dans une logique autodestructrice ou suicidaire qui les a conduit à la dislocation actuelle ou les a réduit à l'impuissance.

On ne remet évidemment pas en cause leur sincère engagement, les sacrifices qu'ils ont pu consentir pendant des décennies. S'ils estiment qu'on peut indéfiniment reproduire les mêmes analyses erronées en conservant les mêmes dirigeants qui en sont à l'origine et qui les ont couverts, qu'ils en assument jusqu'au bout les conséquences.

Une vidéo

Médias : pourquoi 10 milliardaires contrôlent notre information ?
https://www.youtube.com/watch?v=41lAe0mgjjU

Alors qu'ils pourraient très facilement s'en passer et les remplacer par des vidéos visionnées ou téléchargées sur le Net, films, pièces de théâtre, documentaires, musique, concerts, etc. d'autres sources d'informations dites alternatives, le tout en fonction de leurs sensibilités, leurs goûts, leurs besoins ou désirs, etc. de manière à en tirer profit ou plutôt satisfaction, prendre du plaisir, passer un bon moment, acquérir des connaissances...

- Pourquoi les travailleurs regardent-ils encore la télévision ?

- Pourquoi les travailleurs écoutent-ils encore la radio ?

- Pourquoi les travailleurs lisent-ils encore des journaux ou des magazines ?

Pour la même raison qu'ils subissent leur condition sans réagir ou si peu, à croire soit qu'ils en sont relativement satisfaits, soit qu'ils ne savent pas comment faire pour la changer, dans les deux cas parce qu'ils sont conditionnés et n'en ont pas conscience...

Lu dans un article .

- Pourquoi je ne suis plus de gauche sans avoir jamais rien fait pour ça. - lesakerfrancophone.fr - Arrêt sur Info 12.2016)

- "S’il est clair que les anciens partis étaient aussi malhonnêtes et aussi hypocrites que ceux d’aujourd’hui"...

"La gauche gagnante est la gauche républicaine, libérale, jeune, décomplexée, bobo quoi ! Ses composantes seront atlantiste, capitaliste tendance finance et mondialiste tendance Soros. Ses combats se feront sous les couleurs des « minorités » (LGBT, immigrés sans papiers, femmes, etc.), sous celles de l’Union européenne et d’un intégrisme laïcard étroit… Pour cela, elle reprendra les cibles du mai 68 étudiant : contre la famille patriarcale, le couple hétéro, la patrie, les religions, les frontières… Aucun de ces axes n’appartient véritablement à l’ancienne gauche antilibérale. Me reconnaître dans ces combats que je n’ai jamais vraiment ni approuvés ni menés est donc parfaitement sans objet."

On a envie de dire à l'auteur de cet article, que s'il n'est "plus de gauche sans avoir jamais rien fait pour ça", peut-être qu'il n'a jamais rien fait non plus pour savoir ce que signifiait réellement être de gauche ou qu'il s'est contenté de l'idée communément admise qui prévalait autrefois.

Or cette idée était largement surfaite puisqu'elle reposait essentiellement sur des apparences ou des intentions, des autoproclamations qui ne coûtaient rien et devaient mener nulle part, on a envie d'ajouter, évidemment tellement cela semblera naturel à tout esprit un peu rigoureux. Bref, elle ne signifiait rien en y regardant de plus près, par contre elle pouvait faire l'objet de bien des interprétations en rapport avec notre conception du monde en fonction de notre milieu ou statut social et de nos besoins, la manière dont on envisageait de les satisfaire, l'orientation ou le sens qu'on entendait donner à notre propre vie dans une société ou sous un régime donné.

Autrement dit, cette définition de la gauche était très approximative, flexible, élastique, éclectique, basée essentiellement sur des facteurs subjectifs, émotionnels, indivuels, car correspondant davantage à une réaction face à la situation sur laquelle on entendait peser pour en infléchir l'orientation ou en tirer satisfaction sur le plan personnel, plutôt que sur des facteurs objectifs et leurs origines plus difficile à discerner ou à atteindre, qu'au mieux on effleurera (théoriquement) sans jamais tenter de les remettre en cause comme s'ils étaient trops éloignés de la réalité, alors que le déroulement des faits en était justement l'expression concrète qu'on a été incapable de saisir. C'était privilégier la forme au contenu et se comporter en opportuniste.

Ce dilettantisme devait conduire à s'accommoder de positions, rapports ou comportements qui n'avaient rien de gauche, qui seraient justifiés en expliquant qu'il était inévitable de se livrer à des compromis ou de composer avec des alliés qui nous étaient imposés sans que cela porte à conséquence. L'essentiel était de faire avancer nos idées ou de parvenir à imposer des réformes sociales qui profiteraient aux travailleurs, sans se soucier le moins du monde de la portée de ce processus qui s'inscrivait dans le cadre plus large de l'évolution du capitalisme mondial orienté dans une direction bien précise qu'on ne prendra pas davantage en compte, à la manière d'aventuriers ou d'apprentis sorciers ne se préoccupant guère du développement du processus dialectique historique à l'oeuvre et à venir, comme s'il serait toujours tant de traiter le moment venu les conséquences des contradictions qui ressortaient de notre stratégie, or cela allait s'avérer être une fatale erreur.

On allait faire passer au second plan le fait que les partis de gauche étaient en réalité des partis bourgeois, du capital, de droite, qui avaient trahi ou abandonné le socialisme qui seul pouvait incarner la gauche puisqu'il n'existait pas d'autres alternatives au capitalisme, en expliquant là encore que c'était les conditions extérieures où la situaton qui nous imposaient cette caractérisation de gauche de ces partis ou d'entretenir ce genre de rapports avec le PS et le PCF, ainsi que leurs satellites respectifs, ce qui revenait à entretenir le plus longtemps possible l'illusion que ces partis étaient de gauche et pouvaient encore servir la cause du mouvement ouvrier ou de la classe ouvrière, les faits prouveront le contraire sans qu'on en tienne davantage compte, on est donc en droit de se demander pourquoi nous nous sommes acharnés pendant encore des décennies à nous fourvoyer dans un tel déni.

En réalité, on adopta un comportement digne des moutons de Panurge sous le prétexte fallacieux de ne pas se couper des masses, du mouvement ouvrier, voilà à quel niveau fut ravalé le socialisme. Maintenant la question est de savoir pourquoi. On sait exactement comment un tel avilissement de notre cause s'est produit et quelles en ont été les conséquences qu'on peut mesurer quotidiennement, mais on refuse toujours d'en découvrir les origines et encore moins de l'admettre.

On a procédé comme s'il était possible de concilier l'inconciliable, soi-disant pour ne pas paraître sectaire ou dogmatique, or chacun aura pu observer qu'il n'y avait pas eu plus sectaires ou dogmatiques que ceux qui ont tenu ce genre de discours pendant plus d'un demi-siècle. Il aurait été plus honnête de reconnaître qu'on n'était pas capable ou qu'on n'avait pas la volonté de défendre le socialisme au lieu de le défigurer, et finir par l'abandonner parce qu'on n'y croyait plus.

Adopter une autre stratégie n'était pas forcément incompatible avec le front unique ouvrier, qu'il aurait fallu adapter en fonction de la nature de ces partis (PS et PCF) et de l'évolution prévisible du capitalisme. Mais nos dirigeants ont été incapables de développer une stratégie politique indépendante du PS et du PCF ou ils ne l'ont pas souhaité.

Le front unique ouvrier tel qu'il a été conçu pendant 70 ans n'a jamais servi à autre chose qu'à renforcer les appareils des différents partis, de tous les partis, et en aucun cas il n'aura servi le socialisme. On en veut pour preuve si besoin était que lorsque le PCI fut liquidé, ses dirigeants se tournèrent vers les appareils, les élus du PS et du PCF, et jusqu'à une date récente ou encore aujourd'hui, les mêmes dirigeants du POI ou du POID développent une ligne politique en direction des mêmes appareils, combien d'éditoriaux leur étaient directement adressés, personnellement.

Le front unique ouvrier tel qu'il a été conçu pendant 70 ans, n'a servi qu'à alimenter, colporter, faire naître des illusions dans le PS et le PCF chez les militants et les travailleurs. Comment a-t-on pu imaginer un instant qu'en associant le PS et le PCF au combat du mouvement ouvrier à travers leurs dirigeants ou leurs appareils, la tactique du front unique ouvrier pourrait exprimer une politique indépendante du capitalisme et ses institutions conforme aux besoins du mouvement ouvrier et de la classe ouvrière, tout en n'étant pas orienté vers l'émancipation du capitalisme ou vers le socialisme ?

Si on ne se contente pas d'observer le cours de l'histoire de la lutte des classes par le petit bout de la lorgnette, on s'aperçoit qu'à une multitude de reprises le PS et le PCF s'associeront au combat de la classe ouvrière, ils seront même portés au pouvoir, et à l'arrivée qu'en reste-t-il pour les différents acteurs, quel bilan on peut tirer de 70 ans de lutte de classe, même mal en point le PS et le PCF existent toujours, merci pour eux, on n'a pas été foutu de construire le parti, l'avant-garde est décomposée, sclérosée, disloquée, les institutions sont toujours en place et le régime aussi, plus pourri que jamais en prime, et cerise sur le gâteau la plupart de nos acquis sociaux ont foutu le camp, le mouvement ouvrier est devenu corporatiste, réactionnaire, impérialiste, alors si maintenant il y a des militants qui revendiquent ce bilan, on leur laisse volontiers.

Je ne sais pas ce que vous en pensez, personnellement si je me retrouve en présence d'un menteur notoire qui me demande de lui faire confiance, il pourra attendre longtemps, et si une ou plusieurs personnes qui ne le connaissent pas me demandent de lui faire confiance, je leur expliquerais pourquoi ce n'est pas possible quoi qu'ils puissent en penser, si certains se rangent à mes arguments, tant mieux, c'est que mon discours aura été à leur portée, et tant pis pour les autres, je ne vais pas me sacrifier pour leur faire plaisir et me faire rouler à l'arrivée.

Cela me fait penser aussi aux parents qui peuvent prendre le temps d'expliquer quelque chose à leur enfant, mais qui ont un bon prétexte pour ne rien en faire et qui préfèrent lui filer une baffe pour lui faire comprendre quelque chose, c'est certes plus rapide et économique, mais sur le long terme cela pourrait s'avérer désastreux pour leur enfant et pour leurs rapports.

Le front unique ouvrier fut mis au service du réformisme et profita de la nouvelle phase d'expansion du capitalisme mondial après-guerre comme si cette combinaison (ou combine), cet idylle devait durer éternellement.

Quand je m'adresse aux militants, je développe ma politique, et si j'engage le combat sur une question ou une revendication particulière tous les militants qui le souhaitent peuvent s'y associer quel que soit le parti dans lequel ils militent ou quelles que soient leurs convictions, ils sont tous les bienvenus, et je ne les empêcherais pas de développer leur propre politique ou de conserver leurs convictions qui pourraient être différentes des miennes. Mais en aucun cas je ne m'adresserais à leurs dirigeants ou à leurs partis que je combats, tout comme ils pourraient combattre contre le courant politique que j'incarnais, à partir du moment où j'estimais qu'un combat devait être mené, je le mènerais et tous les autres facteurs passeraient au second plan, et si maintenant c'était un autre parti ou courant qui prenait l'initiative de ce combat, je m'y associerais si j'estimais que son contenu était correct en le menant sur ma propre orientation politique et sans interdire aux autres partis d'en faire de même, et si j'estimais que tel n'était pas le cas, je m'abstiendrais voilà tout.

Le front unique ouvrier en direction des appareils ou des dirigeants du PS et du PCF était inutile, nuisible à notre cause, et qu'on ne nous sorte pas l'argument selon lequel ils auraient encore un rôle à jouer dans la lutte des classes, on le sait pertinemment car ils ne vont pas nous demander notre avis ou attendre qu'on s'adresse à eux pour s'associer à un mouvement social ou politique que les travailleurs ont enclenché, ils vont s'y associer pour le contrôler et tenter de le pourrir, ce qui montre la stupidité de croire qu'on aurait absolument besoin de s'adresser à eux, ils s'inviteront dans la bataille de toutes manières sans attendre d'avoir reçu un hypothétique carton d'invitation, prétendre autre chose, c'est se prendre pour ce qu'on n'est pas ou vouloir rivaliser avec leurs appareils, leur rendre service. A suivre.

Dossier Syrie.

- Syrie : L’histoire s’écrit sans les putschistes occidentaux - Par Gilles Devers - Arrêt sur Info

Extraits - En se trouvant garante du cessez-le-feu, la Turquie reconnaît définitivement qu’elle finançait et armait les groupes djihadistes et que, si elle a accueilli tant de réfugiés syriens, c’était pour vider l’armée syrienne.

La semaine dernière, 16 soldats turcs ont été tués. Les États-Unis étant aux abonnés absents, c’est l’aviation russe qui est venue à la rescousse, pilonnant les positions de Daech. Vraiment, on passe d’une époque à une autre, mais il y aura un coût élevé pour Erdogan.

Combien de temps, et surtout à quel prix, la Turquie va-t-elle pouvoir rester dans l’OTAN, accueillant une stratégique base militaire des États-Unis, contrainte de s’en remettre à la Russie et à l’Iran pour sauvegarder son intégrité ?

Sissi a rompu avec les États-Unis et l’Arabie saoudite...

... le Qatar (...) a lâché les djihadistes d’Alep, à la suite de deux accords passés avec la Russie. Le 6 septembre 2016, a été signé à Moscou un accord de coopération militaire entre la Russie et le Qatar, et surtout, le 10 décembre 2016, a été conclu un accord de vente de 19,5% des actions de Rosneft, la société russe d’exploitation du pétrole et du gaz avec le fonds souverain Qatar Investment Authority (QIA), pour 11 milliards de dollars, faisant du Qatar le second actionnaire de Rosneft après l’État russe. On est là avec l’enjeu décisif de l’approvisionnement de l’Europe en gaz. Au premier rang des fournisseurs, se trouvera désormais la Russie, l’Iran et le Qatar, avec 50% des réserves mondiales de gaz naturel, et ces trois États vont pouvoir organiser les gazoducs en passant par la Syrie et la Turquie. Le revirement de la Turquie et du Qatar place l’Europe en situation de grande dépendance énergétique.

L’Arabie Saoudite est au plus mal, lâchée par l’inconsistant Obama, lâchée aussi par la Turquie et le Qatar, embourbée au Yémen… Arrêt sur Info 31.12

Lu dans un article où était interviewé un député syrien.

- Les gangs d’Al-Qaeda ont conquis Alep à l’été 2012. Les résidents d’Alep n’étaient pas impliqués, notre ville était très paisible, personne n’avait pris les armes contre le gouvernement. Nous avons été conquis par des terroristes possédant des armes lourdes, qui ont pris 70 % de notre ville. En 2012, environ deux millions de civils vivaient à Alep-Est. De ce nombre, 1,5 million ont quitté le territoire occupé pour se rendre dans des zones de sécurité. Personne en Occident n’a parlé de ces 1,5 million de personnes qui ont fui vers les zones contrôlées par le gouvernement. Les USA et l’Europe sont restés silencieux. Personne en Occident ne s’est intéressé au sort des 11 000 civils tués par les tirs d’artillerie et les bombardements lancés au hasard par les gangs terroristes, dont 30 % d’enfants. Pendant 4,5 années, les grenades, les explosifs et les tireurs embusqués des terroristes ont constamment tué des civils innocents. (...)

J’invite les lecteurs occidentaux à se mettre à notre place. Imaginez si des dizaines de milliers de terroristes d’Al-Qaeda occupaient la moitié de Berlin, Paris ou Londres. Que feraient les gens? Ils auraient l’espoir que leur armée les libère. Notre libération, ici à Alep, nous l’avons attendu pendant 4,5 ans! Mais nous avons dû faire ce sacrifice afin de minimiser le nombre de victimes civiles. Nous avons dû attendre qu’une superpuissance, la Fédération de Russie, vienne nous aider. Si notre armée avait aussitôt lancé une contre-attaque en 2012, nous aurions subi des milliers de pertes civiles et plus de destruction. Mais nous avons attendu et libéré notre ville.

- Les sapeurs russes déminent Alep-Est et découvrent des munitions de fabrication occidentale - Arrêt sur Info

Les Russes accomplissent un travail dangereux pour assurer la sécurité des civils et la France et la Grande Bretagne veulent encore ajouter des sanctions aux sanctions contre la Russie ? A noter que ces armes en main « rebelles » étaient utilisées contre les civils d’Alep-Est mais cela les médias de grand chemin l’ont ignoré. Arrêt sur Info

Alors qu’en Syrie le déminage d’Alep se poursuit, les experts russes ont découvert des quantités impressionnantes de munitions de fabrication étrangère, notamment américaine, allemande et bulgare.

Le Centre russe pour la réconciliation des parties belligérantes en Syrie a annoncé le mercredi 28 décembre que l’opération de déminage menée à Alep depuis trois semaines par des sapeurs russes avait permis le nettoyage de 966 hectares dans la deuxième ville du pays, récemment libérée par l’armée syrienne.

Dans la ville et autour d’Alep, 2 149 bâtiments (dont 44 écoles, 38 mosquées, dix installations médicales ainsi que d’autres infrastructures civiles vitales) ont été déminés et sont désormais considérés comme des lieux sûrs et sans danger. Selon le Centre pour la réconciliation, les sapeurs russes ont également déminé 350 kilomètres de routes dans la région d’Alep.

Après la découverte de charniers de civils torturés dans les territoires précédemment occupés par les rebelles, la zone d’Alep-Est, les opérations de déminage se poursuivent. La partie orientale de la ville d’Alep a en effet été piégée à l’aide d’explosifs et de mines, parfois placés dans des jouets pour enfants par les groupes terroristes qui occupaient la ville.

Le Centre pour la réconciliation des parties belligérantes est un organisme créé par l’armée russe qui assure, entre autres, les opérations de déminage de la ville et les livraisons d’aide humanitaire aux civils à Alep.

Des munitions de fabrication occidentale découvertes à Alep

Les unités russes de déminage ont trouvé et désamorcé 14 700 objets dangereux, dont 6 700 engins explosifs improvisés. De très nombreuses munitions ont été découvertes dans les dépôts abandonnés par les divers groupes terroristes lors de leur fuite d’Alep. Les sapeurs russes ont ainsi découvert des quantités impressionnantes de munitions, parmi lesquelles des obus de mortier, des obus de lance-roquettes multiples, des grenades à main, des lance-roquettes.

Des munitions de fabrication américaine, allemande et bulgare ont également été découvertes par les sapeurs russes lors du déminage de la ville, a annoncé Ivan Gromov, commandant d’un groupe de déminage du ministère russe de la Défense.

«On y trouve des munitions pour des armes d’infanterie de gros calibre, et cela va jusqu’aux roquettes de type Grad. Les munitions sont de fabrication américaine, allemande et bulgare», a précisé Ivan Gromov à Ruptly, l’agence vidéo de RT.

Certaines de ces caisses portent l’inscription en anglais «Procured in Yugoslavia by Ordnance Corps United States Army» (l’Ordnance Corps est une branche de l’armée américaine dont la mission principale est de fournir des armes et des munitions aux soldats américains). Des inscriptions qui pourraient indiquer qu’il s’agit d’armements que les Etats-Unis s’étaient procurés pendant la guerre de Yougoslavie et qui sont utilisés aujourd’hui par différents groupes rebelles et par les djihadistes en Syrie. Arrêt sur Info 29.12

Vidéo. Interview d'un médecin syrien d'Alep

https://www.youtube.com/watch?v=xrZhpHo3XkU

- En réponse à la lettre de Julien Salingue à un « camarade » qui s’obstine à justifier l’injustifiable par Philippe Huysmans - Arrêt sur Info

Extraits.

... la presse serait presque invariablement critiquable s’agissant de certains sujets économiques, d’actualité sociale ou de politique intérieure; et qu’elle deviendrait subitement irréprochable s’agissant du traitement de la crise en Syrie ?

Où est l’analyse des sources contradictoires ? Où est passé l’esprit critique ? Tu considères l’OSDH comme une source sérieuse ? Tu considères des quidams interrogés via Skype comme des témoins privilégiés ? Tu ne t’inquiètes pas une seconde de savoir que durant les derniers jours de la bataille d’Alep, la quasi-totalité des images qui accompagnaient les informations via les réseaux sociaux étaient fausses, ou plus exactement recyclées ? On rapporte six fois en quelques mois le bombardement du dernier hôpital d’Alep, sans jamais en apporter la moindre preuve, et ça ne fait même pas froncer le sourcil ?

La réalité c’est que durant la plus grande partie du conflit, il n’y a eu aucune source fiable d’information sur place. Et quand des journalistes indépendantes comme Vanessa Beeley et Eva Bartlett sont arrivées à Alep et ont fait un récit qui ne cadrait pas avec la doxa occidentale, elles se sont vu accuser de travailler pour les Russes. Une perle de sophisme par association. Un bon argument ?

Pourtant, les langues se délient, et ne voyait-on pas, l’autre jour sur LCI, Eric Dénécé, Directeur du Centre français de recherche sur le renseignement, dénoncer la désinformation systématique des médias dans ce dossier ?

On peut parfaitement être contre cette guerre sans être un soutien de Bachar al Assad ou vendu aux Russes, ne t’en déplaise.

Les pays n’ont pas d’amis, ils n’ont que des intérêts et des alliances stratégiques. Ils ne sont ni bons ni mauvais par essence, et d’où viendrait qu’un gentil civil syrien d’Alep Est, dès qu’il se mettrait à fêter la libération de la ville deviendrait un allié objectif du criminel de guerre Assad ? As-tu remarqué tout d’abord qu’en temps de guerre il n’y a que des criminels, de part et d’autre ? On peut les appeler combattants, libérateurs, rebelles, peu importe : ce sont des gens qui en tuent d’autres parce qu’on leur a enjoint de le faire ou par conviction. Conviction souvent emportée par la propagande, d’ailleurs.

Ainsi, j’ai fort peu goûté ta tirade sur le « massacre, la véritable boucherie (…) », qui est un réquisitoire à sens unique s’agissant de dépeindre des « civils innocents » systématiquement pris pour cible par l’armée régulière appuyée par les Russes. La ficelle est grosse, le procédé est indigne et relève nettement plus de la manipulation mentale que de l’analyse. Bravo.

Alors laisse-moi te poser une question Cher Julien. Imagine que la décision de bombarder ou pas te soit revenue ? Te voilà dans la peau d’un général, et en face d’un cruel dilemme.

Soit tu bombardes et tu sais qu’en milieu urbain, bon nombre de civils innocents seront tués, sans parler des destructions d’infrastructures.

Ou bien tu envoies tes pouscailloux au feu, prendre des positions fortifiées avec leur courage et leur fusil pour seul viatique, sachant qu’il faut 10 hommes contre un pour prendre sans coup férir une position retranchée; et qu’en agglomération, les blindés sont aussi inutiles que vulnérables aux tirs directs d’un lance-roquette.

Et non, Cher Julien, je ne te parle pas d’Alep, mais des villes de Normandie, lors des bombardements en prélude au débarquement de juin 1944.

Toutes ces villes furent détruites, certaines totalement, et 20.000 civils (dont tu ne diras probablement pas qu’il s’agissait de collabos) ont péri. Ceci a d’ailleurs valu aux Américains d’être très froidement accueillis dans les régions qu’ils traversèrent.

Alors, crime de guerre ? Non, parce qu’il s’agissait de libérer l’Europe des mâchoires de l’étau nazi, et accessoirement parce que l’histoire est écrite par les vainqueurs. Vae victis.

Ainsi, il n’est pas tout à fait exclu de penser que peut-être l’intention des Syriens et de leur allié Russe était précisément de limiter le nombre de victimes civiles dans la population en libérant la ville, dans un premier temps, puis le pays ensuite; ce qui ne devrait plus tarder. Et dans le cas contraire, quels arguments objectifs pourrais-tu y opposer ? Quelle serait la motivation ? Que Bachar serait un grand malade qui passe le plus clair de son temps à détruire son propre pays en massacrant la population par milliers ? Et quelle serait la motivation des Russes dans cette hypothèse ? Il ne faut pourtant pas être Docteur en Science politique pour comprendre que c’est légèrement bancal.

Pour moi, quand un « camarade » se met à justifier les guerres coloniales d’agression de ce qu’il faut désormais appeler l’Empire, et qu’il présente la propagande de guerre comme de l’information, il y a lieu de s’interroger sérieusement sur ses convictions. Philippe Huysmans 24.12 - Arrêt sur Info 27.12

- Damas ratifie le plan de redressement d’Alep - sputniknews.com

Malgré toutes les difficultés d’après-guerre, la ville d’Alep libérée retrouve au fur et à mesure son quotidien paisible avec l’appui du gouvernement syrien.

Le conseil des ministres syrien a approuvé le programme de reconstruction étape-par-étape de la ville d'Alep, libérée des terroristes par l'armée syrienne le 22 décembre 2016, selon l'agence syrienne SANA. Le plan prévoit le redémarrage des services collectifs et de l'industrie locale, le renforcement des mesures de sécurité ainsi que la normalisation du fonctionnement des établissements médicaux et d'enseignement.

Une équipe responsable de la mise en œuvre du programme a été également formée, comprenant les ministres syriens des Travaux publics, de la Construction de logements, de l'Autogestion et du Tourisme. sputniknews.com 07.01

Dossier Etats-Unis.

Lu dans un article.

- Le paysage médiatique en Amérique est dominé par les « fausses nouvelles ». Depuis des décennies. Ces fausses nouvelles n’émanent pas du Kremlin. C’est une industrie de plusieurs milliards de dollars par an, qui est habilement conçue et gérée par des agences de relations publiques, des publicistes et des services de communications au nom d’individus précis, du gouvernement, et des sociétés pour manipuler l’opinion publique.

Cette industrie de la propagande met en scène des pseudo-événements pour façonner notre perception de la réalité. Le public est tellement inondé par ces mensonges, livrés 24 heures par jour à la radio, à la télévision et dans la presse écrite, que les téléspectateurs et les lecteurs ne peuvent plus distinguer entre la vérité et la fiction.

- Donald Trump désavoué par sa propre majorité quelques jours avant son investiture - Le HuffPost

Même pas arrivé à la Maison Blanche, et déjà en conflit avec sa propre majorité. Donald Trump a vertement critiqué ce mardi 3 janvier les parlementaires républicains qui ont discrètement réduit la veille les pouvoirs du Bureau d'éthique parlementaire, organisme indépendant chargé d'enquêter sur les violations éthiques des élus.

"Avec tout ce que le Congrès a à faire, doivent-ils vraiment faire de l'affaiblissement de l'organisme d'éthique indépendant, aussi injuste soit-il, leur premier acte et première priorité", a écrit le milliardaire sur Twitter. "Concentrez-vous sur la réforme fiscale, la santé et toutes les autres choses bien plus importantes!", a-t-il plaidé.

Ce vote en catimini du groupe majoritaire, un jour férié aux Etats-Unis, a mis mal à l'aise les dirigeants républicains, qui avaient pris position contre, et provoqué un tollé chez les associations de lutte pour la transparence en politique et chez la minorité démocrate. Mais il met aussi le futur président dans l'embarras.

Donald Trump, qui sera formellement investi le 20 janvier, a promis tout au long de sa campagne de "curer le marigot" ("drain the swamp", en anglais), c'est à dire de débarrasser Washington de l'influence des lobbys et de la corruption. Comme le souligne le Washington Post, le vote républicain de lundi ne va pas vraiment dans ce sens.

Le Bureau d'éthique parlementaire, créé en 2008 après des scandales de corruption, n'est pas supprimé mais sera renommé et il passera avec cette réforme dans le giron des parlementaires, qui auront le pouvoir de mettre fin à des enquêtes. Il n'aura plus le droit de communiquer. Des élus se plaignaient que le bureau, en enquêtant sur eux, n'aient pas respecté la présomption d'innocence.

Donald Trump a déjà donné des gages aux républicains (majoritaires à la Chambre des représentants comme au Sénat) et devrait promulguer tout ou presque. Le HuffPost 03.01

- Trump va nommer Robert Lighthizer représentant au commerce - Reuters

Le président élu Donald Trump a désigné Robert Lighthizer, farouche adversaire des pratiques commerciales de la Chine, comme représentant américain au Commerce, a déclaré mardi son équipe de transition dans un communiqué.

Lighthizer a été représentant adjoint américain au commerce avec rang d'ambassadeur sous l'ancien président Ronald Reagan dans les années 1980, selon une biographie mise en ligne sur le site internet de Skadden Arps, le cabinet juridique dont il est actuellement l'un des associés.

Lighthizer a estimé, en 2010 lors d'une audience au Congrès, que la Chine n'avait pas respecté ses engagements pris en 2001, au moment de son entrée dans l'Organisation mondiale du Commerce. Il a prôné des tactiques plus agressives pour "changer le système", y compris en contournant les règles de l'OMC.

"Des années de passivité et de dérive de la part des décideurs américains ont permis au déficit commercial sino-américain d'atteindre un niveau qui est devenu, de l'avis de beaucoup, une menace majeure pour notre économie", a-t-il écrit dans ce témoignage devant la US-China Economic and Security Review Commission. Reuters 03.01

- Qui est Jason Greenblatt, l'avocat pro-israélien que vient de nommer Trump ? - liberation.fr

L'avocat d'affaires de la Trump organization deviendra «représentant spécial pour les négociations internationales», chargé notamment de gérer les relations entre Israël et l’Autorité palestinienne. Le périmètre de ce nouveau poste, créé spécialement pour le personnage, n’est pas clairement défini.

Diplômé de l’école de droit de la New York University, Jason Greenblatt a enseigné à son ancienne alma mater, l’université privée juive Yeshiva, à Manhattan. Il vit avec sa famille de six enfants à Teaneck, dans le New Jersey. L’avocat, qui n’a pas donné suite à une demande d’interview de Libération, a conseillé le candidat Trump sur le conflit israélo-palestinien pendant sa campagne, aux côtés de David Friedman, le futur ambassadeur des Etats-Unis en Israël, juif orthodoxe comme lui. Lors d’une rencontre en avril dernier, c'est Greenblatt qui avait dû répondre aux questions d’une délégation de militants juifs orthodoxes adressées au candidat, Trump ne connaissant pas assez bien les sujets abordés, selon la Jewish Telegraphic Agency. Sur ce dossier, Trump suit également les avis de son gendre, Jared Kushner, mari de sa fille Ivanka, qui a par ailleurs fait des dons pour le développement de colonies israéliennes.

Pendant la campagne, David Friedman et Jason Greenblatt ont signé des communiqués communs appelant à la reconnaissance de Jérusalem comme la «capitale éternelle et indivisible de l’Etat juif» et soutenu le déplacement de l’ambassade américaine dans la ville. Selon eux, «une solution à deux Etats entre Israël et les Palestiniens semble impossible aussi longtemps que ces derniers seront réticents à renoncer à la violence contre Israël, ou ne reconnaîtront pas le droit d’Israël à exister en tant qu’Etat juif». Les deux hommes ne considèrent pas les colonies israéliennes comme un obstacle à la paix et rejettent tout accord imposé à Israël par les Etats-Unis ou une autre puissance étrangère.

Discret, Jason Greenblatt n’est pas aussi exposé médiatiquement, dogmatique ou controversé que son collègue. David Friedman s’est impliqué personnellement dans la construction des colonies et dans la levée de fonds à cette fin. Il a écrit de nombreuses tribunes pour Arutz Sheva, un site d’extrême droite israélien. Il a également comparé les soutiens de J-Street, un groupe progressiste de lobbying, à des «kapos», les juifs forcés à contrôler les prisonniers des camps de concentration et qui ont collaboré avec le pouvoir nazi. Il a aussi décrit la Ligue Anti-Diffamation (ADL), la principale organisation contre l’antisémitisme, comme un «groupe de crétins».

Dans le passé, Donald Trump a inquiété ses soutiens juifs et pro-Israël à plusieurs reprises. «J’ai des mecs noirs qui comptent mon argent… Je déteste ça. Les seuls comptables que je veux, ce sont des petits gars qui portent des kippas tous les jours», aurait-il déclaré selon un de ses anciens employés, John O’Donnell. Pendant la campagne, il a d’abord promis d’être «neutre» dans le conflit Israël-Palestine, avant d’embrasser une politique de soutien actif à Tel Aviv. Sa future administration pourrait abandonner toute pression sur Israël et sa politique intérieure. Il en a donné un avant-goût sur Twitter. Le 28 décembre, le président élu a rompu avec la tradition en s’opposant ouvertement à la politique de l’administration sortante :

«Nous ne pouvons pas laisser Israël être traité avec un mépris et un manque de respect total. Ils sont habitués à voir dans les Etats-Unis un grand ami, mais [...] plus maintenant. Le début de la fin fut l’horrible traité avec l’Iran, et maintenant ça (ONU) ! Reste fort Israël, le 20 janvier [la date de son investiture, ndlr] arrive vite !» liberation.fr 03.01




ACTUALITÉ DU JOUR

Testament politique d'un djihadiste.

Nos bombardements ont la vertu de vous apporter la démocratie ou de vous "attirer au paradis", que demande le peuple franchement !

- François Hollande en Corrèze : «j’ai essayé de vous attirer au paradis» - Liberation.fr

L'enfer !

Une revendication de l'OTAN portée par Trump.

- François Hollande souhaite une augmentation du budget de la Défense - Francetv info

"Nous sommes aujourd’hui au-dessus de 1,8%. Nous devons aller vers 2%", a déclaré le chef de l'État. 2%, soit huit milliards d’euros supplémentaires, c’est ce que demande avec insistance le plus haut gradé de l’armée. Francetv info 06.01

Un monument élevé à la gloire du colonialisme et de la barbarie impérialiste.

- Un monument à la mémoire des soldats morts en opérations extérieures sera érigé à Paris - Francetv info

Le monument sera installé au parc André-Citroën, à Paris. Francetv info 06.01

Crétinisme, infantilisme ou sinisme assumé, les promesses d'un candidat ne valent que pour ceux qui y croient.

- Un ex-conseiller dresse un portrait sans concession de Hollande - AFP

Ancien conseiller de François Hollande à l'Elysée, Aquilino Morelle dépeint un homme dépassé par sa fonction, qui a renoncé à toute idée de changement dès les premiers mois de son quinquennat, dans un livre intitulé "L'abdication" dont Le journal du dimanche publie des extraits.

L'auteur a été évincé de l'Elysée en avril 2014, après des accusations de prises illégales d'intérêt, classées sans suite un an plus tard.

François Hollande a fait dès 2012 "le choix de la résignation", estime l'énarque de 54 ans dans les colonnes du Monde. "Il n’a jamais voulu devenir ce leader d’une nouvelle Europe (...) Il a enterré tout espoir de changement en se résignant à l’austérité, en acceptant, sans véritable renégociation, le pacte budgétaire européen imposé par Merkel et signé par Sarkozy. Ce renoncement inaugural a précédé et déterminé tous les autres."

Pendant deux ans et demi, le Président a "singé le volontarisme, mimé le patriotisme, simulé une politique de lutte contre la finance jamais engagée, proclamé à répétition une réorganisation de l'Europe sans cesse repoussée", écrit-il dans ce livre à paraître le 11 janvier. Les Français ont, selon lui, vite compris que "cette mise en scène" offrait le spectacle "de l'impuissance voulue et consentie, cette impuissance singulière qui porte le nom d'abdication". AFP 07.01

Une imposture prend fin, une autre la remplace et ainsi de suite.

- Vote des ouvriers : à Saint-Denis, la gauche ne fait plus vraiment rêver - LeParisien.fr

- Vote des ouvriers : à Saint-Quentin, Marine Le Pen en position de force - LeParisien.fr

- Vote des ouvriers : à Vénissieux, la tentation Macron - LeParisien.fr

- Valls en tête des intentions de vote pour la primaire - Reuters

- Débat : pour ou contre tirer au sort nos représentants politiques ? - LeParisien.fr

Amener les citoyens à participer à la vie politique en... les tirant au sort. L'idée peut paraître saugrenue, elle fait pourtant son chemin...LeParisien.fr 06.01

- Présidentielle : « Le religieux revient partout dans le monde » - LeParisien.fr

On n'a pas l'habitude d'entendre un candidat à l'Elysée afficher ses convictions religieuses comme vient de le faire Fillon... LeParisien.fr 06.01

Le bonheur est dans le pré... de la Ve République.

- Mélenchon se "réjouirait de traiter" avec Trump - Reuters

Jean-Luc Mélenchon a déclaré mercredi qu'il se "réjouirait de traiter" avec le président élu des Etats-Unis Donald Trump, notamment sur la question du traité transatlantique de libre-échange (TTIP ou Tafta), qu'il prévoit de régler "en quelques jours" s'il accède à l'Elysée au printemps prochain.

"Comme Français, soyons habiles, moi je me réjouirais de traiter avec un homme pareil", a dit le co-fondateur du Parti de Gauche, candidat du mouvement "La France insoumise" à l'élection présidentielle qui se tiendra les 23 avril et 7 mai prochains, sur France Inter.

"Puisqu'il (Donald Trump-NDLR) prétend se situer sur la base des intérêts des Nord-Américains, donc il comprendrait parfaitement que je me situe strictement sur le point de vue des Français", a-t-il souligné.

"Moi c'est clair, je ferai tout pour planter Tafta et Ceta parce que je ne veux pas d'accord de libre-échange avec les Etats-Unis d'Amérique ni avec le Canada parce que nous n'aurions plus de normes environnementales, plus de normes sociales, telles qu'elles nous conviennent aujourd'hui et qui conviennent à notre manière de vivre", a souligné Jean-Luc Mélenchon. Reuters 05.01

Enfin un homme heureux en oligarchie sous la Ve République !

Le charlatan veut "traiter" avec Trump, le représentant de l'oligarchie anglo-saxonne, à croire qu'ils appartiennent au même monde, nous, nous le combattons.

Le mégalomane entend défendre les intérêts du capitalisme français, nous, nous le combattons.

A chacun son camp.

En famille chez les bivalves.

- "J'ai la tête d'un moule?": Macron défend l'ENA - AFP

- Présidentielle : un troisième ministre de droite rejoint Macron - LeParisien.fr

L'ancien ministre de l'Ecologie de Jean-Pierre Raffarin, Serge Peltier, a annoncé soutenir pour la présidentielle Emmanuel Macron. Avant lui, deux autres anciens ministres de droite l'ont rejoint : Jean Arthuis et Renaud Dutreil.

L’ancien maire UDI de Bourges (Cher), a participé au gouvernement de Jean-Pierre Raffarin en tant que ministre de l’Ecologie et du Développement durable et a même brièvement dirigé le RPR en 2002. Lors de la primaire de la droite, c'est derrière Alain Juppé qu'il s'était engagé.

Pour l’ancien édile, il est nécessaire de « dépasser l’opposition entre la droite et la gauche. »

Fin décembre, une autre tête de la droite multipliait les compliments à l’égard du fondateur d’En Marche : Dominique de Villepin. Invité de la matinale de BFMTV et RMC LeParisien.fr 06.01

- Primaire: "J'ai changé", dit Valls pour justifier son inflexion à gauche - AFP

- Philippot est-il de gauche ? - LePoint.fr

Régulièrement dénoncé par ses ennemis comme un homme de gauche, le numéro 2 du FN ne dédaigne pas les vieux refrains d'extrême droite. LePoint.fr 06.01

PS. Autocensure des médias. Bourgeois, capitalistes, banquiers, de gauche, et leur morale.

- Le fondateur de Terra Nova tombe pour pédophilie: silence dans les médias - sputniknews.com

Christophe Bejach, l'un des fondateurs du think tank Terra Nova, proche du Parti socialiste, a été condamné pour pédophilie en décembre dernier. Toutefois, la presse n'en dit pas mot. Est-ce parce qu'il s'agit d'un événement politiquement délicat?

Ce « petit incident » — au moins à en juger par les médias qui ne le couvrent même pas — nous donne l'occasion de nous pencher sur la fondation en question et son fondateur. Christophe Bejach, 53 ans, est l'ex-vice-président et l'un des fondateurs de la fondation française Terra Nova qui se définit comme « un laboratoire d'idées, proche de la gauche ». L'association a été fondée en février 2008 et se veut progressiste et indépendante, pourtant, elle est souvent décrite comme proche du Parti socialiste.

Sur le site de Terra Nova, on trouve les louanges suivantes à l'endroit de Christophe Bejach : il s'avère être « ingénieur et titulaire d'un MBA du Groupe HEC (ISA) » qui « a effectué une carrière orientée vers l'investissement dans des entreprises cotées ou non cotées, en France, aux USA et en Asie ». Il a grossi les rangs de l'équipe d'Arnaud Montebourg en 2012 et s'est fait surtout connaître en tant que conseiller sur l'aérospatial, la défense et l'énergie de M. Montebourg, ainsi que comme fondateur de l'entreprise L'Avion, revendue par la suite à British Airways.

Et voilà que ce brillant ingénieur et conseiller technique de M. Montebourg se retrouve condamné à une peine de neuf mois de prison, le 14 décembre, pour « un premier chef d'accusation d'offense sexuelle sur enfant mineur et trois autres chefs d'accusation pour possession de photographies d'enfants indécentes ».

Comme l'explique le Daily Mail, l'ancien conseiller a fait des propositions indécentes sur le Web afin d'organiser des séances photo en lingerie avec trois sœurs d'une dizaine d'années. Son dessein a été heureusement repéré par Sadie — un officier de police de la capitale britannique chargé de détecter les cybercrimes. Le tribunal britannique a condamné M. Bejach à neuf mois de prison avec sursis.

Actuellement, puisque Christophe Bejach a évité la prison, il sera sur le Registre des délinquants sexuels pendant dix ans, apprend-t-on des médias britanniques. De même, il devra payer 1 200 livres sterling de frais aux tribunaux, ceci après avoir préalablement payé une caution de 100 000 livres à la cour et remis son passeport aux autorités.

Pourtant, la presse française ne s'est pas précipitée pour parler du délit. Presqu'un mois plus tard, Google propose un curieux résultat à la requête « Christophe Bejach ».

Parmi quelques piètres publications sur la condamnation du pédophile, on trouve par exemple l'article du Parisien intitulé « Un homme d'affaires français condamné pour pédophilie à Londres ». Dans l'article, le coupable est présenté comme « ex-membre fondateur du groupe de réflexion politique et économique Terra Nova ».

Le Huffington Post évoque de son côté le terme de « fachosphère » qui, selon l'article, profite de la condamnation du pédophile « pour éclabousser Arnaud Montebourg ».

Le public attentif pointe entre autres que le cas de Christophe Bejach est traité différemment comparativement à d'autres cas de pédophilie, par exemple, dans les cercles religieux. Les médias n'en parlent pas vu que ce pédophile est de gauche et qu'il n'est pas un curé.

Nombreux sont ceux qui s'étonnent du temps qu'il a fallu attendre pour divulguer finalement la condamnation.

Plusieurs explications possibles de ce mutisme viennent à l'esprit : ne pas gêner les primaires de la gauche, ne pas saper la réputation de Terra Nova, épargner le Parti socialiste qui avait déjà été éclaboussé par plusieurs affaires de mœurs…

Finalement, une bonne réponse dans le style de la Main du Kremlin omniprésente est suggérée :

Exclusif: des hackers russes pro-Trump empêchent l' @afpfr de publier une dépêche sur #christophebejach le pédophile. sputniknews.com 07.01

France. Etat policier. Surveillance et répression tout azimut.

- Les chauffards de plus en plus traqués par les caméras - LeFigaro.fr

Depuis le 31 décembre, sept nouvelles infractions, comme le portable au volant, pourront être verbalisées grâce à l'image.

Les automobilistes vont de plus en plus rouler sous l'œil de caméras. Depuis le 31 décembre dernier, la panoplie des infractions verbalisables par le biais des radars et de la vidéo s'est étoffée. Sept nouvelles catégories viennent de s'ajouter aux quatre premières existantes comme l'excès de vitesse.

Depuis un décret du 31 décembre dernier, la caméra peut ainsi davantage relever des écarts de conduite qui lui échappaient jusqu'alors. C'est le cas du portable au volant. Si l'usager est vu sur un cliché téléphone à la main en roulant, il recevra un PV à son domicile. Il en est de même s'il est aperçu sur une image sans ceinture de sécurité. Ce même décret permet aussi d'utiliser des images de vidéosurveillance pour sanctionner le motard roulant sans casque, le conducteur qui ne respecte pas les règles de dépassement, qui franchit des lignes continues, qui stationne sur une bande d'arrêt d'urgence ou encore qui, en ville, s'arrête au feu dans les «sas vélos».

Ainsi, pour tous ces écarts, il n'est donc plus nécessaire d'intercepter le contrevenant: la preuve par l'image gagne du terrain. Auparavant, et outre l'excès de vitesse, celle-ci permettait de traquer trois autres comportements répréhensibles: le feu rouge «grillé», le non-respect des distances de sécurité et l'usage des voies réservées aux bus et aux taxis.

Concrètement, toute commune qui a adopté la vidéoprotection sur son territoire peut décider dès aujourd'hui de s'emparer de ce nouveau champ d'action. C'est le cas de Nice, qui a annoncé qu'elle allait mettre à profit ses 1.643 caméras pour lutter contre ces comportements répréhensibles «avec bon sens et discernement». D'ailleurs, elle ne fait qu'ouvrir un peu plus le robinet de la vidéoverbalisation, qu'elle utilise déjà pour faire la chasse aux stationnements en double file. Dans cette ville pionnière dans ce domaine, cela s'est soldé par 28.000 infractions relevées en 2016. À Valenciennes, autre municipalité qui s'est très vite lancée dans la vidéoverbalisation, on assure que «la police municipale est en train d'examiner le décret, pour permettre à la Ville de se positionner dans les meilleurs délais». À Puteaux, en région parisienne, où l'on traque aussi les voitures mal garées, on indique que l'on n'ira pas plus loin en attendant.

Quant aux radars qui flashent les excès de vitesse, ils vont permettre eux aussi une verbalisation sans interception après quelques réglages techniques au Centre national de traitement (CNT) de Rennes, qui gère ces millions de PV. «Cela va être au point dans quelques mois», signale Emmanuel Barbe, le délégué interministériel à la sécurité routière. Dans un premier temps, ces appareils feront un tir groupé d'infractions. C'est en se déclenchant à l'occasion d'un dépassement de vitesse qu'ils permettront ensuite à l'agent installé à Rennes de voir sur le cliché s'il y a un portable à la main ou une ceinture non attachée. «Aujourd'hui, on voit défiler ces infractions sur photo. Dans quelques mois, on pourra donc les sanctionner», révèle Emmanuel Barbe en indiquant que ses services mettent au point un dispositif encore plus performant. Dans un an ou deux, le super radar analysera les voitures prises dans son faisceau et sera capable de flasher le conducteur qui ne s'est pas attaché ou qui conduit avec son téléphone à la main! Même s'il roule en dessous des limites de vitesse.

Mais les professionnels du droit se méfient de ces technologies intrusives. «Le conducteur qui est ainsi verbalisé n'est pas arrêté et continue d'être dangereux sur la route», souligne Me Rémy Josseaume, tandis que Me Matthieu Lesage pointe une atteinte à la défense de l'automobiliste. «Avec un seul cliché, on décontextualise l'infraction. Comment prouver que l'on franchit une ligne blanche pour éviter un accident?», s'interroge-t-il. Tous deux d'ailleurs prédisent une augmentation de la contestation. Mais pour Pierre Chasseray, le délégué général de 40 Millions d'automobilistes, «on est, avec ce décret, dans la communication». «Les clichés résultant des radars et de la vidéoprotection sont souvent de piètre qualité. On ne voit rien!», dit-il, en ajoutant: «Dommage car il s'agit cette fois de réprimer des comportements dangereux.» Et pour une fois, il ne s'agit pas seulement de vitesse… LeFigaro.fr 06.01

Un homme condamné pour alcoolémie au volant sur simple dénonciation. - lefigaro.fr

(Délation. Quand la présomption de culpabilité a valeur de preuve matérielle sur la base d'un simple témoignage. - LVOG)

La Cour d'appel de Montpellier a condamné en décembre un automobiliste pour conduite en état d'ivresse avec pour seule preuve la déclaration d'un témoin. Un jugement incompréhensible, selon son avocat.

«C'est la première fois que je vois ça dans toute ma carrière», affirme l'avocat Ludovic Para. Son client, un jeune automobiliste, a été condamné en décembre par la Cour d'appel de Montpellier pour conduite en état d'ébriété sur la simple parole d'un témoin.

Le 31 janvier 2013, Jérémie est malgré tout condamné par le tribunal correctionnel de Montpellier à trois cents euros d'amende et cinq mois de suspension du permis pour conduite en état d'ivresse manifeste. «Il n'y avait rien dans le dossier à part la déclaration du témoin. À aucun moment, mon client n'a vu un agent assermenté. Il n'a jamais été soumis à un test d'alcoolémie ou à une prise de sang. Il n'avait pas antécédent judiciaire, affirme au Figaro son avocat, Me Para. J'étais outré par ce jugement arbitraire. J'ai donc décidé de porter l'affaire en Cour d'appel à mes propres frais».

Sept ans après les faits, le verdict de la Cour d'appel est rendu. À la surprise générale, le tribunal confirme en décembre la condamnation de Jérémie et décide même d'alourdir sa peine: cinq cents euros d'amende et six mois de suspension. Une décision que Me Para ne comprend pas: «C'est une première en France selon moi. Je ne pensais pas qu'il était possible de condamner une personne simplement sur dénonciation. Mon client a été jugé non pas sur ses actes mais sur une attitude. C'est la parole de Jérémie contre la parole de ce témoin. Pourquoi sa déclaration a-t-elle eu plus de valeur aux yeux des juges? Voilà la question que l'on se pose aujourd'hui». Pour l'avocate Laureen Spira, experte en droit routier, «ce jugement est aussi insensé que consternant». «La justice vient de condamner un homme sans aucune preuve objective et concrète», dénonce-t-elle.

Jérémie, lassé par cette affaire, a renoncé à se pouvoir en cassation. «J'ai payé l'amende et rendu mon permis. En attendant, je fais du covoiturage et je me déplace à pied. Je veux désormais passer à autre chose. Je n'ai de toute façon pas les moyens financiers de continuer cette procédure qui s'avère aussi longue que fastidieuse». lefigaro.fr 03.01

En complément.

- Suède : un magasin de jouets tenu de retirer une publicité jugée sexiste - Liberation.fr

Un magasin de jouets à Umea, dans le nord de la Suède, a été pénalisé pour sexisme après la publication d’une publicité dans les magazines et journaux de la ville. L’image représentait, selon la chaîne nationale suédoise SVT, un garçon déguisé en pirate fendant l’air de son épée, accompagné par une femme dénudée, déguisée en ange. Le magasin a assuré vouloir simplement démontrer à travers le cliché qu’il vendait des déguisements à la fois pour adultes et pour enfants, destinés à une clientèle à 75% adulte.

L’observatoire suédois de la publicité a ordonné le retrait de la réclame en question. Selon lui, elle irait à l’encontre des règles suédoises sur les discriminations sexuelles, qui interdisent la représentation stéréotypée des rôles de chacun(e) selon leur genre, ainsi que le traitement des femmes et des hommes comme objets sexuels.

La Suède est particulièrement éclairée dans le domaine de l’égalité des sexes, et s’aventure même au-delà : vers la neutralité des sexes.

Au-delà de ses catalogues pour enfants, la Suède a également introduit la neutralité dans son dictionnaire en avril 2015, lorsque le pronom «hen» a été ajouté dans la liste des mots reconnus par l’Académie suédoise. Le terme, ni «elle» ni «lui», est utilisé dans deux cas de figure : quand le genre du sujet est inconnu ou superflu, et lorsque quelqu’un ne se reconnaît dans aucun des pronoms alternatifs. Liberation.fr 06.01




INFOS EN BREF

POLITIQUE

Otan-UE

- L'Otan entame le renforcement sur son flanc est - Reuters

Le renforcement de l'Otan sur son flanc est et le déploiement prévu de troupes en Pologne et dans les Etats baltes a débuté vendredi avec l'arrivée par bateau en Allemagne de blindés et de matériel militaire américains.

L'Alliance atlantique prévoit d'envoyer 4.000 soldats ainsi que des avions, des blindés et de l'artillerie en Pologne, puis en Estonie, en Lettonie et en Lituanie.

Ce déploiement est présenté comme une stratégie purement défensive mais irrite profondément la Russie.

De grandes manoeuvres entre forces américaines et polonaises sont prévues à la fin du mois. D'autres manoeuvres sont programmées par la suite dans les pays baltes, en Bulgarie, en Roumanie et en Allemagne.

Outre les soldats américains envoyés en Pologne, trois pays - Allemagne, Canada et Grande-Bretagne - prévoient de déployer jusqu'à un millier d'hommes chacun dans les pays baltes.

Le général américain Timothy McGuire a souligné vendredi que "le meilleur moyen de maintenir la paix était de s'y préparer".

Interrogé par la presse à Bremerhaven sur le point de savoir si l'Otan cherchait à envoyer un message à Moscou, il a répondu : "Il s'agit simplement de montrer la force et la cohésion de l'alliance et l'engagement des Etats-Unis en faveur du maintien de la paix sur le continent". Reuters 06.01

Grande-Bretagne

Démission d'Ivan Rogers, représentant britannique auprès de l'UE - Reuters

Le représentant permanent du Royaume-Uni auprès de l'Union européenne, Ivan Rogers, a présenté mardi sa démission, à quelques semaines de l'ouverture attendue des négociations sur la sortie du pays de l'UE.

Ivan Rogers a informé mardi après-midi son équipe qu'il quittait son poste, sans préciser les raisons de sa décision, selon le Financial Times, premier à révéler son départ.

Dans un communiqué, le gouvernement britannique a pris acte de sa démission tout en soulignant qu'il aurait dû quitter son poste en octobre prochain et qu'en anticipant son départ, il permettait à la Première ministre Theresa May de nommer son successeur avant le début des négociations.

Après le commissaire britannique Jonathan Hill, qui a quitté son poste deux jours après le référendum, Ivan Rogers est le deuxième haut responsable britannique impliqué dans les arcanes européennes à remettre sa démission depuis la victoire du camp du Brexit.

"Cela affaiblit la capacité de May de parvenir à un bon accord avec l'UE. Ivan Rogers était l'une des très rares personnalités au sommet du gouvernement à comprendre l'UE", a commenté Charles Grant, directeur du Centre for European Reform, un groupe de réflexion sur la construction européenne basé à Londres.

Il y a moins de trois semaines, le 15 décembre, Rogers avait estimé que les négociations pour définir les relations commerciales entre la Grande-Bretagne et l'Union européenne après le Brexit pourraient prendre dix ans.

Il ajoutait que rien ne garantissait en outre leur succès, soulignant que des Parlements nationaux d'Etats membres de l'UE pourraient faire obstacle à la ratification d'un éventuel accord.

Les services de Theresa May avaient alors fait savoir que la dirigeante conservatrice ne partageait pas son point de vue.

Rogers avait été nommé représentant du Royaume-Uni auprès des institutions bruxelloises en novembre 2013 par David Cameron, le prédécesseur de May.

Sa carrière de haut fonctionnaire l'avait auparavant conduit à Downing Street, au Trésor britannique et à la Commission européenne avec des passages dans le privé, dans les banques Citigroup et Barclays Capital. Reuters 02.01

Mexique

- Mexique: trois morts dans les protestations contre la hausse de l'essence - AFP

Les manifestations et saccages contre la hausse des carburants au Mexique ont fait trois morts en trois jours, selon un nouveau bilan communiqué vendredi par les autorités.

Vendredi, quelques foyers de contestation subsitaient, avec quelques routes bloquées.

Le prix de l'essence a été augmenté de 20,1% et celui du diesel de 16,5% au 1er janvier. A partir du 18 février, le prix plafond fixé par le gouvernement sera réajusté tous les jours.

La vague de protestations a commencé aussitôt après l'entrée en vigueur des hausses avec, depuis mercredi, des blocages de routes, des pillages de magasins et des actes de vandalisme dans des stations service.

Selon le président de la Confédération des chambres de commerce, Enrique Solana, quelque 800 commerces petits ou moyens et 250 grands magasins ont subi des dégâts à travers le Mexique.

Le président mexicain Enrique Peña Nieto a expliqué dans son message de voeux à la télévision jeudi soir que la décision d'augmenter les prix des carburants était une conséquence de la montée des prix internationaux. Il s'agissait, selon lui, d'un "changement difficile" mais nécessaire pour garantir la stabilité économique du pays.

Cette hausse des prix est la première étape de l'ouverture au privé du marché des carburants et de la libéralisation des prix initialement prévue pour 2018, mais que le gouvernement mexicain a choisi de mettre en place un an plus tôt. AFP 06.01

Corée du Sud

- Corée du Sud: nouvelle manifestation contre la présidente - AFP

Des centaines de milliers de manifestants sont à nouveau descendus dans la rue à Séoul samedi, réclamant le départ immédiat de la présidente Park Geun-Hye, engluée dans un scandale de corruption, et le renflouement d'un ferry qui avait fait naufrage en 2014.

"Park démissionne, renfloue le Sewol", scandaient les manifestants, estimés à un demi-million par les organisateurs, en marchant vers la Maison Bleue, siège de la présidence, ainsi que les bureaux du Premier ministre et de la Cour constitutionnelle.

L'Assemblée nationale a voté le 9 décembre une motion de destitution de Mme Park, soupçonnée de collusion avec sa confidente Choi Soon-Il, qui est, elle, en détention provisoire dans une tentaculaire enquête pour corruption.

Il revient à la Cour constitutionnelle d'entériner ou non cette motion. En attendant, tous les pouvoirs de la présidente ont été confiés à son Premier ministre.

Cette affaire a poussé la population à manifester en masse tous les samedis à Séoul pour réclamer la démission de la présidente.

La présidente a cependant toujours des partisans, dont quelque 30.000 ont participé à une contre-manifestation samedi, devant le bureau du procureur enquêtant sur le scandale.

Agitant des drapeaux et entonnant des airs militaires, les manifestants ont affirmé que la procédure de destitution de la présidente était un complot de gauchistes à la solde de la Corée du nord. AFP 07.01

Turquie

- Turquie: nouvelle vague de purges, des milliers de limogeages - AFP

Les autorités turques ont limogé plus de 8.000 personnes et fermé des dizaines d'associations supplémentaires dans le cadre des enquêtes ouvertes après le putsch manqué en juillet, selon trois décrets-lois parus au Journal officiel dans la nuit de vendredi à samedi.

Parmi les 8.390 personnes limogées, figurent 2.687 policiers, 1.699 fonctionnaires du ministère de la Justice, 838 de celui de la Santé et des centaines d'employés d'autres ministères ainsi que 631 universitaires et 8 membres du Conseil d'Etat.

Les décrets précisent que les ressortissants turcs se trouvant à l'étranger pourront être déchus de leur nationalité s'ils ne rentrent pas dans les trois mois suivant leur convocation par les autorités.

Ils ajoutent que la police pourra désormais accéder aux informations personnelles des internautes, dans le cadre d'enquêtes concernant la cyber-criminalité.

Plus de 80 associations accusées d'"activités portant atteinte à la sûreté de l'Etat" ont par ailleurs été fermées.

Parmi elles, huit clubs de sport sont concernés, principalement situés dans le sud-est à majorité kurde du pays.

En revanche, onze journaux - principalement du sud-est - précédemment fermés ont été autorisés à rouvrir. Par ailleurs, 276 personnes ont été réintégrées à leur poste par ces décrets.

Ces mesures sont prises dans le cadre de l'état d'urgence instauré après la tentative de putsch du 15 juillet. Les autorités turques accusent Fethullah Gülen, un prédicateur exilé aux Etats-Unis, d'avoir ourdi le coup de force, ce que l'intéressé dément.

Depuis le coup d'Etat manqué, plus de 41.000 personnes ont été arrêtées en Turquie et plus de 100.000 limogées ou suspendues, notamment des professeurs, policiers et magistrats.

D'une ampleur inédite en Turquie, ces purges suscitent l'inquiétude des partenaires occidentaux d'Ankara et d'organisations de défense des droits de l'Homme qui redoutent que l'état d'urgence, prolongé cette semaine de trois mois supplémentaires, ne serve de prétexte pour réprimer toute voix dissidente.

Les autorités turques affirment pour leur part que ces mesures d'exception sont nécessaires pour éliminer les risques de sédition et faire face à la double menace "terroriste" du groupe Etat islamique (EI) et du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK).

Les premiers jugements dans des procès liés au putsch manqué sont tombés jeudi: deux soldats ont été condamnés à la prison à vie par un tribunal d'Erzurum (nord-est). AFP 07.01


SOCIAL ET SOCIÉTÉ

France

- Les lycées de ZEP poursuivent la grève pour obtenir des moyens supplémentaires - Le Monde

Le ministère de l’éducation nationale a beau multiplier les gestes en leur faveur, les lycées de l’éducation prioritaire ne désarment pas. Mardi 3 janvier, jour de rentrée des classes, plusieurs établissements étaient en grève, à l’appel du collectif Touche pas ma ZEP qui réunit 90 lycées de 14 académies. Les personnels concernés craignent de perdre, à terme, leur label éducation prioritaire, et avec lui leurs moyens supplémentaires.

C’est le cinquième jour de grève organisé par le collectif depuis le printemps 2016, et pas le dernier : celui-ci vient de voter la reconduction du mouvement mercredi 4, jeudi 5 et mardi 10 janvier. Lors d’une assemblée générale mardi, à Paris, les enseignants mobilisés ont décidé de jouer leur va-tout, conscients qu’à quatre mois de l’élection présidentielle, c’était le moment ou jamais de faire valoir leurs revendications : obtenir une « carte élargie » des lycées en éducation prioritaire sous un label unique et avec des moyens pérennes : effectifs de classe réduits, cours en demi-groupes, compensations pour les personnels (prime et mutations facilitées).

« On ne peut pas attendre le prochain quinquennat. Si on n’obtient pas des choses maintenant, après ce sera trop tard », ont martelé, au cours de l’assemblée générale, plusieurs enseignants grévistes parmi les quelque 135 présents issus de 24 lycées d’Ile-de-France. Selon le collectif, soutenu par la FSU, la CGT, FO et SUD, une cinquantaine de lycées « a minima » étaient en grève mardi au niveau national, quand le ministère dit en comptabiliser seulement une dizaine.

Pour comprendre ce mouvement, il faut revenir trois ans en arrière, au moment de la réforme de l’éducation prioritaire. En 2014, Vincent Peillon, le prédécesseur de Najat Vallaud-Belkacem, entreprend de réviser la carte des ZEP. De nouveaux réseaux sont définis (REP et REP +), comprenant chacun un collège et les écoles de son secteur. La question des lycées devait être traitée plus tard, afin d’éviter d’ouvrir plusieurs fronts à la fois. Pour les lycées concernés s’ouvre alors une période transitoire au cours de laquelle leurs compensations seraient maintenues jusqu’en 2017.

Or, 2017 débute sans que le chantier de l’éducation prioritaire au lycée n’ait été lancé. « Ce qu’on souhaite, c’est que ceux qui ont engagé cette réforme la terminent, réclame David Pijoan, membre du collectif Touche pas ma ZEP. Nos lycées accueillent pour une bonne part des élèves venus de REP et REP +. Les difficultés scolaires et sociales ne s’arrêtent pas à la fin de la 3e ! » Dans ses communiqués, le collectif met en avant l’intérêt d’avoir des classes à effectifs réduits pour favoriser l’apprentissage des élèves, tout comme la nécessité d’équipes stables. Ils dénoncent la situation « paradoxale » de voir un ministère entériner la fin de l’éducation prioritaire au lycée « au moment même où la publication de l’enquête PISA confirme le caractère particulièrement inégalitaire du système scolaire français ! »

Face à la multiplication des jours de grève, Mme Vallaud-Belkacem a pourtant lâché du lest : prolongement de la « clause de sauvegarde » jusqu’en 2019, promesse d’une « dotation exceptionnelle » de 450 emplois à la rentrée prochaine pour les lycées « les plus défavorisés ». Le 2 novembre 2016, devant les parlementaires, la ministre a même donné raison aux personnels mobilisés : « Les enseignants des lycées qui ont vocation à être dans l’éducation prioritaire ont raison de réclamer les mêmes moyens que leurs collègues de collèges. Il faudra faire cette réforme des lycées de l’éducation prioritaire. » Le Monde 04.01


Le 5 janvier 2017

CAUSERIE

Hier nous n'avons pas eu d'électricité toute la journée pour cause d'entretien du réseau, cela arrive une fois par mois. Et je n'ai pas pu travailler parce que les deux batteries de secours sont HS, et j'hésite à puiser dans mon compte courant pour en racheter d'autres car il est très bas. Mais comme on subit à nouveau des coupures de courant à répétition pratiquement quotidiennement, je vais devoir m'y résoudre, en espérant ne pas avoir de grosses dépenses imprévues dans les mois qui viennent... J'ai passé la journée à jardiner.

Un vieux camarade (ex-PCI) m'a proposé de m'envoyer "quelques sous" de soutien financier, voici l'adresse où envoyer un chèque : Madame Tardieu Lise, 26 rue Diderot - 92500 Rueil, c'est ma vieille mère qui n'est plus en état de sortir, elle va avoir 84 ans, c'est ma soeur Solange qui me fera suivre ces "quelques sous" qui seront les bienvenus et nous aideront à tenir.

Tenez, j'ai dû avancer les frais de scolarité (5.000 roupies) du fils de ma compagne Selvi qui n'avait pas le sou pour les régler, bien qu'il travaille (et suit une formation) dans un cabinet comptable depuis 3 ans. J'ai aussi prêté 2.000 roupies à la fille de la soeur de Selvi (Adi) pour que son époux puisse changer le pneu arrière de sa petite moto qui lui sert pour aller travailler, bref, deux cas de force majeure, il faut bien s'entraider, et puis ce sont des jeunes, ils bossent, ils sont courageux. J'ai aussi prêté 6.000 roupies à Adi qui ne s'en sortait plus, elle me rendra cette somme en plusieurs parties, elle me doit aussi 25.000 roupies. Bref, j'aide des membres de ma nouvelle famille qui sont vraiment confrontés à de graves difficultés, plus graves que les miennes, entre nous, si je ne le faisais pas, j'en ferais des cauchemars et je m'en voudrais terriblement.

Quand on a des principes et une certaine morale, le moins que l'on puisse faire c'est de les mettre en pratique, c'est la moindre des choses, sinon à quoi bon, ce serait hypocrite d'agir autrement, quelque chose qui m'est étranger, y compris en politique évidemment. J'ai la conscience tranquille, c'est aussi le secret de mon équilibre mental et intellectuel.

Certains doivent croire que j'ai un état d'esprit belliqueux et j'en passe, ils se trompent lourdement ou ne comprennent rien. Au contraire, je me sens plutôt heureux et j'en suis gêné pour tout vous dire, j'estime que c'est indécent de le montrer quand on est entouré de gens qui souffrent tant, sauf quand on peut leur apporter un peu de bonheur pour les soulager ; comme je dis toujours en pareille occasion pour qu'on ne se méprenne pas sur mes réelles intentions, tout le plaisir est pour moi, j'essaie toujours d'être honnête ou sincère jusqu'au bout, je déteste les flatteries ou qu'on me prenne pour quelqu'un de bien. Je ne supporte aucun jugement d'où qu'il vienne, bien que je sois confronté à des gens qui ne cessent de juger les autres, je ne leur en tiens pas grief car ce serait les juger, je suis lucide et je comprends, c'est tout, je fais ce que je peux et je pense que chacun en est là finalement. Quant aux gens qui vous font des procès d'intention, ils se font du mal uniquement, qu'ils y réfléchissent, c'est leur problème.

Un dernier mot, les infos en bref ne seront pas actualisées aujourd'hui, je dois m'occuper de mon affaire de batterie en urgence cet après-midi.

La rubrique Articles d'actualité a été actualisée à partir d'articles parus depuis une semaine, parmi des dizaines j'ai sélectionné ceux qui me paraissaient les plus intéressants, je n'ai pas le temps de commenter ceux qui le mériteraient parce que je ne partage pas leurs conclusions faites d'espoirs ou d'illusions dans l'ONU ou la nouvelle administration américaine qui à mon avis nous réserve le pire, au-delà de ce qu'on aurait pu imaginer, on verra par la suite si je me suis trompé (ou trumpé).

Maintenant il est vrai aussi, et je l'avais souligné il y a déjà quelques années, qu'avec les informations qui circulent sur le Net la conscience des masses et particulièrement des jeunes allaient mûrir plus rapidement pour arriver à un rejet en bloc de la société que les oligarques nous ont concoctée, processus auquel ne manque plus qu'une orientation politique correcte pour se traduire sur le plan politique (et organisationnel) et espérer parvenir au renversement de l'ordre établi, vaincre la barbarie et passer au socialisme.

Donc tout n'est pas négatif dans la situation actuelle, il faut être patient et croire dans les masses, c'est tout. Cela démontre aussi que le travail que je fais correspond bien à un besoin ou à une tâche politique que malheureusement aucun parti ouvrier n'a voulu adopté, car ils prétendent que cela ne sert à rien, les faits les contredits manifestement, ce sont plutôt eux qui ne servent à rien ou à pas grand chose en la matière, pire encore après avoir observé comment ils avaient traité la question syrienne... Si vous avez des infos à ce sujet, je suis preneur, surtout sur la Syrie.


Le 3 janvier 2017

CAUSERIE

Contrairement au 24 décembre qui dut foiré, j'ai passé une excellent soirée le 31 décembre, les filles avaient enregistré la leçon de la semaine précédente, du coup je les ai gâtées, oui comme des petites filles, outre un excellent repas indien et une glace en dessert, j'ai offert une nouvelle boucle de nez à Adi et un sari à Selvi ainsi que du tissu pour faire deux corsages, ici ils sont faits uniquement sur mesure. Le tout en musique (vidéos de concerts) avec Def Leppard et Aerosmith, elles adorent !

J'ai reçu un nouveau courriel d'un militant. Il mettait l'accent sur les raisons économiques à l'origine de la guerre en Syrie que je n'ai pas rappelées dans mes dernières causeries, estimant que les lecteurs devaient les avoir à l'esprit depuis longtemps.

Comme beaucoup de militants qui ont dépassé la soixantaine, il m'a indiqué qu'il n'avait plus l'intention de militer, ce qu'on peut comprendre sans avoir à porter de jugement. Quand on a consacré toute sa vie ou des décennies au militantisme, et qu'on s'aperçoit qu'à l'arrivée cela n'aura servi à rien, puisque le parti n'existe pas et rien n'indique qu'on parviendra à le construire un jour au regard du degré de décomposition politique actuel de l'avant-garde du mouvement ouvrier, on peut comprendre ce genre de réactions et l'amertume qui doit habiter ces générations de militants qui ont tout donné loyalement pour des prunes.

C'est dur à supporter de faire quelque chose en pure perte, de consacrer l'essentiel de son temps, les meilleures années de son existence à une activité qui finalement se traduira par du vent, ne débouchera sur aucune réalisation concrète, quelle frustration ou déception ! Pour moi qui suis encore un ouvrier, donc avant tout pragmatique, c'est intolérable, c'est choquant, cela n'a aucun sens, en un mot, c'est con.

Bien sûr on a pu tirer des satisfactions de notre militantisme, on s'est aussi et surtout beaucoup illusionné, mais on a du mal à se l'avouer, d'ailleurs c'est bien simple on trouvera toujours les mots qu'il faut pour le justifier ou embellir le passé qui ne le méritait pas tant que cela au regard du néant politique auquel nous sommes parvenus, non ? De préférence on évitera d'aborder cette question sous cet angle-là car cela fait trop mal. Cela pose trop de questions auxquelles on n'a jamais pris la peine de penser ou qui ne nous étaient jamais venues à l'esprit quand elles se posaient, et évidemment auxquelles on est toujours incapable de répondre, dans ce cas-là il vaut mieux arrêter là.

Je ne partage pas l'interprétation de la lutte des classes depuis les années 40 que font les militants en général, j'y vois plutôt l'origine des problèmes qu'on n'a jamais réussi à résoudre et qui nous ont conduit à la situation actuelle. Des analyses foireuses ont débouché sur des théories foireuses qui se sont traduites par des stratégies tout aussi foireuses pour un résultat quasiment nul, ne pas l'admettre, c'est s'interdire d'aller de l'avant.

Ou alors il reste à invoquer la fatalité, d'ailleurs quelque part cela revient un peu au même. Le capitalisme était décidément trop puissant, tout était contre nous, nous luttions à armes inégales, voués à l'impuissance, à l'échec, nous nous avouons vaincus au crépuscule de notre vie.

Quand on a tout donné dans ce combat, on est épuisé, usé, vidé, parfois écoeuré, dégoûté au dernier degré, on n'a plus la force ni l'envie de tout reprendre à zéro face à l'opportunisme qui a envahi, pourri le mouvement ouvrier et son avant-garde, on se sent impuissant à inverser cette tendance, personne ne nous écoute, alors quitte à pisser dans un violon, autant profiter tranquillement des quelques années qui nous restent encore à vivre et qu'on a bien méritées, donc sans avoir à se justifier ou avoir de compte à rendre à personne, ce qu'on admet volontiers.

J'ignore encore si je n'emprunterai pas aussi cette voie un jour. En attendant je me dis qu'on pourrait peut-être réfléchir ensemble aux nombreuses questions que j'ai soulevées, et dans quelle mesure au lieu de demeurer isolés chacun dans notre coin, on pourrait peut-être créer une structure politique souple et fraternelle qui accueillerait tous les militants inorganisés parmi lesquels nos vieux, qui par la richesse de leurs expériences peuvent aider les plus jeunes générations à continuer le combat politique, à assurer la relève en renouant avec le marxisme, qui sait, peut-être réussiront-elles là où nous avons échoué, ayons la modestie de le reconnaître. Mon idée est de briser notre isolement, de briser la crainte de s'exprimer librement, de rassembler le meilleur de l'avant-garde, ensuite on verrait quelle forme et quelle contenue pourrait prendre cette association ou ce regoupement politique, de quelle manière il pourrait jouer un rôle même très modeste dans la lutte de classes.

Quand on observe que nos dirigeants osent encore affirmer que l'évolution de la situation avait été conforme à leurs analyses ou prévisions, alors qu'en réalité ils en avaient été totalement incapables ou la situation actuelle ne correspond pas du tout à celle qu'ils avaient décrite, on croit rêver, leur comportement suffit à lui seul à justifier la nécessité de rejeter pratiquement toutes leurs analyses passées, et particulièrement l'orientation, la stratégie, les conclusions pratiques qu'ils en avaient déduites. Ils n'assument pas leurs erreurs ou leur incurie, leur faillite politique, ils les justifient à leur manière.

Pour revenir à cette proposition d'association, elle pourrait à partir d'un exemple, d'une question ou d'un sujet, d'un évènement, déterminer comment il fut présenté ou analysé, chacun donnant sa propre explication et tous réfléchissant à la manière dont elles ont été construites pour vérifier quelle place ou quel traitement a été accordé à chaque facteur ou rapport, quelles étaient leurs faiblesses ou lacunes pour qu'on parvienne à un bilan qui serait en quelque sorte la correction des erreurs commises dans le passé ou la confirmation d'analyses en admettant que certaines avaient été correctes jusqu'à un certain point seulement. Toutes les hypothèses seraient prises en compte et traitées sérieusement pour arriver à un diagnostic le plus précis possible, évacuant évidemment tout argument ou affirmation à l'emporte-pièce, absolument tout devant être vérifié, étayé ou validé par des faits une fois remonté à l'origine de chaque facteur examiné, etc. reprenant minutieusement la méthode de Marx et Engels en somme pour interpréter le monde et son évolution.

Aucun d'entre nous ne pouvant se prévaloir être de la trempe de ces penseurs géniaux ou les égaler, ce travail collectif pourrait être utile à notre cause et accessible à nos plus vieux camarades qui ne souhaitent plus s'investir dans le militantisme.

Comment fonctionne la dialectique appliquée à l'homme ?

Tout homme est appelé à se développer, c'est une loi naturelle générale. Mais il peut très bien ne jamais se développer au-delà du primate voué à survivre par mimétisme inconscient et à subir la condition que lui impose la société.

Car pour qu'il se développe, il faut qu'il rencontre des conditions favorables à son développement, conditions qui proviendront du monde extérieur, mais pas seulement, car il faut aussi qu'il soit en mesure de les saisir ou de saisir cette occasion. Donc, il existe également des conditions qui lui sont propres ou intérieures à chaque homme, qui seront déterminées essentiellement par l'environnement social dans lequel ils auront évolué depuis leur naissance et les expériences qu'ils auront vécues, qui forgeront leur personnalité et détermineront le développement de leurs facultés intellectuelles ou leur niveau de conscience, en fonction des enseignements qu'ils auront su en tirer ou non.

C'est l'ensemble de ces facteurs qui se résument à des rapports sociaux et individuels exerçant une influence mutuelle dès sa naissance, qui détermineront de quelle manière l'homme interprètera le monde extérieur et sa propre condition (et comment, dans quelle direction s'orientera la société...).

A partir de là, rien n'est écrit d'avance ou personne ne peut dire à l'avance si un homme évoluera ou non, quel niveau de conscience il atteindra au cours de son existence, sachant qu'à l'origine ou lorsqu'il vient au monde il est totalement inconscient.

La vie ou le sens qu'on peut lui donner consiste donc à s'élever de cet état d'inconscience totale à un niveau de conscience supérieur. On pourrait ajouter que cela devrait être la vocation de l'école, qui malheureusement est dévoyée ou détournée au profit d'un conditionnement qui a pour objectif de l'empêcher d'accéder à un niveau de conscience supérieur, parce qu'il constituerait une menace pour l'ordre établi qui justement ne peut se maintenir en place que grâce notamment à la faiblesse du niveau de conscience des hommes, dont celle de classe ou de leur condition concernant les exploités et les opprimés.

Dorénavant on connaît beaucoup de choses sur l'homme.

On sait que son espèce s'est distinguée des autres espèces animales à la suite d'une évolution qui a duré des millions d'années, et au cours de laquelle la reproduction de son ADN a connu des imperfections se traduisant par une modification irréversible de son génome sans qu'on puisse établir exactement quand ni dire pourquoi, en rapport semble-il avec sa propre activité et les transformations que devaient subir son environnement ou notre planète.

Sautons quelques millions d'années pour en arriver à l'homme que nous connaissons depuis le paléolithique.

Cet animal, ce mammifère primate a montré un sens aigu de l'observation des manifestations de la nature, y compris la sienne, allant jusqu'à les reproduire plus ou moins adroitement ou avec plus ou moins de bonheur, et ces expériences transmises de génération en génération qu'il allait reproduire des millions de fois devaient contribuer à aiguiser ses cinq sens (le goût, l'odorat, l'ouïe, le toucher et la vue) relié à son cerveau, qui a son tour allait se transformer ou se développer, pour en arriver au stade où il parviendrait à être en mesure de modifier son environnement pour assurer sa subsistance et garantir la pérennité de son espèce.

A cette étape, il allait inventer les premiers outils et inaugurer un mode de production et le développement des forces productives. Inutile d'aller plus loin puisque l'homme en est encore à cette période (préhistorique) en quelque sorte. A l'origine il allait produire ou reproduire sa propre espèce, mais laissons cela de côté.

Venons-en à la lutte des classes et au XXe siècle pour ne considérer que les générations qui existent de nos jours.

C'est un fait que la société et le monde ont subi de profondes transformations au cours du XXe siècle. Du coup les différentes générations ne se sont pas développées exactement dans le même environnement dans tous les domaines et pas seulement sur le plan social ou politique. La manière dont ils appréhenderont le monde extérieur ou la société sera forcément différente. Et si les rapports sociaux de production sont demeurés inchangés quant à leurs fondements basés sur l'inégalité entre les classes, les rapports et la composition ou la répartition de chacune des couches à l'intérieur de chaque classe ont connu également de profondes modifications en fonction de l'évolution des différents secteurs économiques (Les services ont supplanté l'industrie et l'agriculture n'emploie plus que 4% environ de la main d'oeuvre.).

Jusque dans les années 80, les rapports qui présidaient à l'orientation de la société et au développement du capitalisme ainsi que la lutte des classes étaient liés, ou chacun de ces facteurs avaient une influence sur les autres, de sorte qu'il était relativement facile de percevoir ces liens ou d'en prendre conscience pour ensuite tenter d'agir dessus pour modifier leur orientation ou ces rapports, comprendre comment fonctionnait la société capitaliste ne présentait aucune difficulté insurmontable dès lors qu'on ne s'écartait pas du processus dialectique qui se déroulait sous nos yeux, afin de changer la société. Tel fut l'environnement dans lequel évoluèrent les générations des années 20 à 60.

Evidemment, il faut intégrer dans ces facteurs leurs représentations politiques, qu'il était plus facile de saisir que de nos jours, puisqu'elles étaient directement reliées au développement de la lutte de classe ou du mouvement ouvrier depuis le début du XXe siècle. Bien que la lutte pour le socialisme fut rapidement dévoyée par la social-démocratie et le stalinisme, l'existence d'une puissante classe ouvrière, nombreuse et concentrée, confrontée à des conditions d'exploitation et d'existence encore dignes des maîtres des forges ou épouvantables, contribuaient à forger une conscience de classe chez chaque ouvrier, qui favorisait leur compréhension des fondements et du fonctionnement de la société, au point que le discours envisagant de la changer rencontrait un puissant écho dans la classe ouvrière.

Les générations suivantes allaient évoluer alors que tous ces rapports allaient être bouleversés, hormis les fondements du capitalisme, du coup, il leur est beaucoup plus difficile de comprendre dans quelle société elles vivent et dans quelle direction elle est orientée actuellement, et quant à envisager de la changer de fond en comble, elles n'y pensent pratiquement plus, tellement elles baignent dans une confusion inextricable.

Les générations précédentes avaient bénéficié de l'offensive du mouvement ouvrier à l'issue de la Seconde Guerre mondiale, qui s'était traduite par d'importantes améliorations de la condition ouvrière, mais qui malheureusement n'avaient pas été acquis dans la perspective d'en finir avec le capitalisme abandonnée par les partis et les syndicats qui représentaient la classe ouvrière, malgré elles, elles se laissèrent ainsi corrompre par le capitalisme auquel elles allaient finir par s'adapter pour le meilleur et pour le pire, le pire étant réservé aux générations suivantes.

Elles allaient être victimes de l'évolution du capitalisme à l'échelle mondiale, qui petit à petit n'épargnerait aucun des acquis que les générations précédentes étaient censées leur léguer. Les nouvelles profondes transformations qu'allaient connaître la société et l'ensemble des rapports que nous avons mentionnés plus haut, allaient les laisser totalement démunies pour affronter la situation qui les attendait, et malgré leur résistance, elles n'allaient pas être en mesure de se dresser contre le régime, afin d'éviter de subir le sort qu'il leur avait réservé en l'absence d'une alternative crédible au capitalisme, puisqu'elles en sont arrivées au point où elles ignorent tout du socialisme, quand elles n'en ont pas un a priori négatif.

Le rapport de cause à effet entre le développement du capitalisme et la lutte des classes, qui se traduisait par davantage de profits et des augmentations de salaire, des réformes sociales ou progressistes, n'existe plus, en partie du fait que des pans entiers de la production industrielle ont été délocalisée, de la modification intervenue dans la répartition de la main d'oeuvre au sein des différents secteurs économiques, et de la corruption généralisée du mouvement ouvrier, les partis traditionnels de la classe ouvrière étant devenus des partis bourgeois ou de droite tout en ayant conservé leurs anciennes étiquettes.

Il faut ajouter que l'état de crise permanent du capitalisme ou sa faillite, et la financiarisation à outrance de l'économie qui en est le pendant, ont conduit leurs représentants à remettre en cause l'ensemble des rapports sociaux qui existaient à tous les niveaux de la société et qui traversaient toutes les classes, de manière à ce que toutes leurs couches s'affrontent pendant que l'oligarchie procède à une profonde et ultime transformation de la société destinée à leur être entièrement soumise sous la forme d'un régime implacable, corporatiste, policier, dictatorial, de sorte que l'idée de changer la société que les exploités avaient déjà abandonnée ne puisse jamais plus germer dans leurs têtes tant la tâche s'avèrerait titanesque, puisqu'ils passeraient leur temps à se déchirer entre eux ou à se haïr sur fond de régression sociale sans fin et de chaos minutieusement entretenu en créant un climat de terreur ou délétère.

Autrefois l'industrialisation avait alimenté la lutte de classe, elle avait débouché sur les congés payés dont devenait profiter le transport ferroviaire, puis le développement de l'automobile, ensuite le transport aérien de masse, de nos jours les ouvriers sont appelés à partir en vacances en car ou à rester chez eux, mieux encore, a continué de travailler...

Autrefois l'électrification avait permis l'expansion du secteur de l'électroménager, de satisfaire certains besoins, d'en créer de nouveaux, de nos jours de plus en plus de familles ouvrières peinent à payer leurs factures d'électricité et se passent de certains articles électroménagers ou biens d'équipement...

Autrefois l'augmentation de la production de pétrole entraîna le développement de l'automobile pour le consommer, qui entraîna le développement du réseau routier, de nos jours des pans entiers ne sont plus entretenus.

Autrefois ils construisaient de nouvelles écoles, de nouveaux hôpitaux, etc. de nos jours ils les ferment...

Autrefois le capitalisme produisait, ce qui permettait de satisfaire certains besoins, de nos jours il produit toujours plus, mais de moins en moins de besoins sont satisfaits...

Autrefois la baisse du temps de travail permit le développement de l'industrie culturel, des arts, du loisir, des sports, dorénavant elle sert à occuper un second emploi pour tout juste pouvoir survivre. Etc. etc. etc.

Comme on le voit, le rapport de cause à effet qui existait autrefois a été rompu entre le travail et ce qu'on était en droit d'en attendre, je n'irai pas jusqu'à dire que cela donnait un sens à la vie ou justifiait l'existence du régime, disons qu'il existait un lien logique entre ces facteurs que les masses exploitées pouvaient saisir, sans que pour autant elles soient satisfaites de leur condition, pour en arriver à une situation où plus rien n'a réellement de sens, où plus rien ne trouve de justification, sans qu'on puisse expliquer pourquoi, encore moins le comprendre, comme s'il n'existait plus aucune issue pour en sortir, ce qui explique aussi pourquoi toutes les valeurs que la civilisation humaine avait mis tant de siècles à se forger sont aussi malmenées, menacées ou progressivement abandonnées au profit du nihilisme ou d'un individualisme forcené, cynique, nauséabond.

Tout cela pour arriver à la conclusion qu'on ne peut pas aborder toutes les générations avec un même ou unique discours qui plus est datant d'un demi-siècle ou davantage encore, et qu'on doit prendre soin d'intégrer l'ensemble des facteurs et des rapports auxquels elles ont été soumises si on veut vraiment les aider à élever leur niveau de conscience et les organiser. A suivre

Parole d'internaute.

Commentaire suite à un article du portail néolibéral Slate, dont "le patron est Jacob Weisberg, qui est démocrate et soutien de Hillary Clinton."

- "C'est plutôt la puissance militaire et économique US qui est très surévaluée avec la très grande complicité des pays qui rampent devant eux, et de leurs journaistes toujours prêts à mentir sans complexe.

Les quelques autocrates des pays atlantistes, tels que Rothschild et Rockefeller, qui depuis de nombreuses décennies font continuellement disparaître par l'intimidation, les arrestations arbitraires, les assassinats et le contrôle des médias toute opposition intérieure, semble irrésistible. Mais cette analyse est sommaire et trompeuse. La puissance réelle des USA géopolitique, économique, militaire et technologique est très exagérée. Sans l'OTAN les USA n'ont plus de puissance militaire. Sans la Chine il ne sont plus rien non plus économiquement : les USA sont hyper endettés, auprès de la Chine en particulier, leur argent ne repose plus que sur du vent. Enfin, sans leur NSA qui espionne tout le monde, le niveau technologique des USA serait réduit à zéro : ils ne font qu'exploiter toutes les inventions mondiales avant qu'elles ne soient brêvetées par leurs vrais inventeurs.

"Il faut dire que les hackers russes lui ont facilité la tâche" des hackers qui n'existent que dans la tête des complotistes, qui n'ont évidemment pas le moindre soupçon de preuve de leurs accusations. par contre qu'en est-il des "hackers" de la NSA qui surveillent quasiment toute la planète et décryptent toutes communications chiffrées? Slate n'est aujourd'hui plus qu'un magasine de décérébrés collabos qui n'ont rien compris à la réalité... ou font mine de ne rien comprendre, pour conserver leurs comptes en banque".

Votre analyse était correcte, mais à la fin vous vous méprenez sur ce que sont les administrateurs de Slate qui comprennent mieux la réalité que ce que vous croyez...

Nouvelles d'Inde.

- Inde : la jupe déconseillée aux touristes - Francetv info

Pourtant, elle ne devrait pas s'habiller ainsi, selon le ministre indien du Tourisme.

Pas de jupe, pas de short, il l'a annoncé sur les télévisions locales. Ses services distribueront bientôt un guide dans ce sens dans les aéroports. Des conseils avec comme objectif, selon lui, de lutter contre les crimes sexuels qui secouent le pays. Pour les associations de défense des droits des femmes, ce sont les mentalités qu'il faut changer. Et les propos du ministre sont rétrogrades. " Ce ne sont pas les vêtements des femmes qui posent problème, c'est la façon dont les femmes sont traitées comme des objets et prises pour cibles par les hommes", explique Ranjana Kumatri, directrice du Centre for social research. Francetv info 29.12

Commentaire d'un internaute.

- "Je pense que ce Monsieur voulait juste sensibiliser les étrangères en donnant un simple conseil, connaissant bien son pays et les pervers sexuels il a juste conseillée aux femmes de ne pas se mettre en jupe pour leur bien et pour justement qu elles evitent d'être offensée moi je comprends son message dans ce sens là après certains le voient comme une atteinte à la femme, chacun son interpretation."

La question est de savoir pourquoi les hommes ont-ils de tels rapports envers les femmes. Parce que la société est très inégalitaire et continue de véhiculer les rapports entre les hommes et les femmes qui existaient sous l'ancien régime de type féodal.

Elle est très inégalitaire entre les classes dans la mesure où jusqu'à une époque récente, disons le début des années 90 qui constitua une nouvelle étape dans l'industrialisation du pays et le développement de ses infrastructures, l'immense majorité des Indiens étaient exclus du marché ou du progrès social réservé exclusivement à l'élite qui administrait le pays ainsi que les classes moyennes encore peu développées ou dont les conditions étaient proches de celle du prolétariat des villes et des campagnes.

Jusqu'au début des années 90 peu de femmes travaillaient, hormis dans le secteur de l'agriculture qui concentrait encore environ 70% de la main d'oeuvre. La majorité des jeunes filles n'étaient pas scolarisées, et lorsqu'elles l'étaient, leurs parents leur imposaient de quitter l'école parvenues à l'âge de la puberté, les cloîtraient à la maison, puis les mariaient rapidement sans leur demander leur consentement.

Si dorénavant la majorité des femmes travaillent dans l'industrie, elles sont surexploitées, leur salaire se situe entre 4 et 5.000 roupies nets par mois (55 à 68 euros), alors que celui des hommes est le double. Cela dit les mentalités n'ont pas évolué pour autant ou n'évolueront que très lentement. Cela a peu d'influence sur l'éducation qu'elles ont reçue ou celle de leurs parents, qui considéraient que les femmes étaient inférieures aux hommes ou plus exactement que les hommes décidaient de leur sort, chaque sexe étant confiné dans un rôle auquel il devait se tenir et qui n'avait pas lieu de changer. Bien entendu cela se traduit par des conflits entre homme et femme dans chaque foyer où les femmes continuent de subir des châtiments corporels, quand elles ne sont pas violées par leurs époux.

La femme qui travaille remet son salaire à son époux, ici il n'existe pratiquement pas de familles monoparentales ou de femmes vivant seules, elles restent chez leurs parents et sous leur autorité, puis elles passent sous celle de leur époux. Et une femme qui travaille devra se taper toutes les tâches ménagères en rentrant de son boulot, il est humiliant pour un homme de tenir à la main un balais, de faire la vaisselle ou de laver le linge (à la main), et ils sont incapables de faire cuire un oeuf. Elles ne disposent donc d'aucune liberté, elles sont doublement exploitées et elles subissent des mauvais traitement, en fait elles sont sans cesse humiliées et accablées de fatigue.

C'est dans ce cadre pour le moins despotique que doivent s'épanouir leurs besoins sentimentaux et leurs désirs sexuels, et les hommes sur ce plan-là sont logés à la même enseigne. Leurs déclarations d'amour sont purement conventionnelles ou marquées du sceau de l'hypocrisie, à moins qu'elles aient le caractère d'un voeux pieux qui ne se réalisera jamais, sauf parfois à travers des relations extraconjugales qui ne sont pas rares puisque finalement les liens qui unissent les deux époux ressortent davantage de la contrainte plutôt que du consentement ou de la complicité mutuelle. On n'osera pas se demander si dans ces conditions ils sont épanouis ou respirent la joie de vivre, c'est bien triste.

De nombreuses femmes se sont élevées au plus haut de la société tout en perpétuant ces relations de type féodal puisque la classe dominante y trouvait son compte, les classes moyennes déjà moins, bien qu'elles en tirent profit également plus hypocritement encore puisqu'elles exploitent de la même manière les femmes qu'elles emploient comme domestiques sans pour cela remettre en cause les fondements économiques de la société et donc les rapports sociaux établis.

Elles préfèrent s'attaquer au comportement ou à la mentalité archaïque des membres masculins du prolélariat, plutôt que s'en prendre au régime auquel elles doivent leur situation privilégiée. Ce qu'elles n'avoueront pas, c'est qu'avec les classes dominantes elles sont les classes les plus perverties de la société, profitant de la prostitution ou se prostituant elles-mêmes.

Les femmes comme les hommes des classes moyennes qui travaillent passent très peu de temps dans leur foyer. Ils sont soumis aux mêmes cadences de travail infernales que les ouvriers et ouvrières si ce n'est pire la plupart du temps, mais en compensation ils disposent de quelques aménagements qui leur permettent d'avoir un peu de temps libre qu'ils ou qu'elles passeront avec un ou une collègue de travail marié ou non, un amant ou une maîtresse, ce qui est beaucoup plus difficile sur le plan matériel pour un ouvrier ou une ouvrière.

Changer les hommes ou leur mentalité, leur comportement sans changer la société, sous la contrainte du législateur, n'a jamais conduit à rien d'autre qu'à déplacer les problèmes auxquels étaient confrontés les différentes couches sociales de la société sans jamais les résoudre véritablement. Ils évolueront lentement au grès de la lutte des classes et du développement économique qui une fois parvenu à une nouvelle crise révèlera qu'aucun rapport n'avait véritablement changé ou que tout restait à faire, changer les fondements sociaux de la société ou changer de régime.

Comment légitimer les institutions antidémocratiques et le régime oligarchique.

- Listes électorales: grand rush pour s'inscrire avant la présidentielle - AFP

- Présidentielle. Pas si fâchés avec la politique, les Français ! - LeParisien.fr

Aux urnes citoyens ! Au-delà du rush pour s'inscrire sur les listes électorales, de nombreux indices laissent transparaître un véritable engouement des Français pour la politique, à moins de cinq mois de la présidentielle. LeParisien.fr 28.12

L'histrion du régime à leur chevet s'adresse à son monarque.

- Inscription sur les listes électorales : Mélenchon demande un délai à Hollande - M6info

“Je forme le vœu de pouvoir être entendu. Vous pouvez si simplement décider cette prolongation! Elle est d’un haut intérêt civique”, argumente le candidat de “la France insoumise” dans une lettre ouverte à M. Hollande et à son Premier ministre Bernard Cazeneuve.

Il “appelle le gouvernement à prolonger de manière exceptionnelle le délai d’inscription sur les listes électorales jusqu’au 15 janvier au moins”, comme le permet, assure-t-il, “l’article L16 du code électoral”. Ce délai permettrait selon lui de “sensibiliser plus fortement les personnes mal inscrites suite à un déménagement et celles qui ont encore oublié de s’inscrire”.

Constatant l’afflux de fin d’année pour s’inscrire sur les listesn Jean-Luc Mélenchon rappelle que “malheureusement environ 9 millions de Français en âge de voter risquent encore de ne pouvoir participer au scrutin” faute d’être “inscrits régulièrement” sur les listes, dont “6 millions” de “mal inscrits”. M6info 29.12

Le Conseil monarchique porte-parole des multinationales.

- Le Conseil constitutionnel ne censure pas le prélèvement de l’impôt à la source - LeMonde.fr

Sur le prélèvement à la source de l’impôt sur le revenu, réforme majeure de ce texte budgétaire qui doit entrer en vigueur au 1er janvier 2018, les conseillers ne se sont prononcés que sur quatre points de la mesure, et ne les ont pas censurés.

Le Conseil constitutionnel a censuré la « taxe Google » relative aux bénéfices de multinationales exerçant des activités en France. Les conseillers ont rejeté cette disposition au motif que l’administration fiscale ne peut avoir « le pouvoir de choisir les contribuables qui doivent ou non entrer dans le champ d’application de l’impôt sur les sociétés ». LeMonde.fr 29.12

Commentaire d'un internaute.

- "Etrange argumentaire du rejet de la "axe Google", puisque l'amendement portait non sur le choix des contributeurs mais sur l'assiette de l'impôt. Amendement à revoir. Merci à la droite de préférer augmenter la TVA et ou la CSG que d'imposer l'évasion fiscale qui représente le montant du déficit à elle seule."

Votre remarque manque de profondeur, allez jusqu'au bout de votre analyse et dites merci à ce que vous appelez sans doute la gauche pour se soumettre au Conseil constitutionnel ou à la Constitution antidémocratique de la Ve République.

LR. C'était déjà l'extrême droite.

Chut, ne dites surtout pas qu'ils sont sionistes, des militants vont vous accuser d'antisémitisme !

- Un voyage d'Estrosi en Israël pour soutenir Netanyahu suscite la controverse - AFP

Le président (LR) de la métropole niçoise Christian Estrosi essuyait vendredi des critiques pour un voyage en Israël, durant lequel il a apporté son soutien au premier ministre Benjamin Netanyahu après la résolution de l'Onu condamnant la politique de colonisation.

M. Estrosi, également président de la région PACA, a expliqué le 25 décembre sur Twitter partir en Israël pour y "témoigner (son) soutien" à M. Netanyahu après le vote d'une résolution "dangereuse qui attaque la seule démocratie de la région".

Lors de son voyage, M. Estrosi a annoncé un don de 50.000 euros, de la part de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur, pour un projet de reforestation du Fonds national juif (KKL), organisme paragouvernemental. Selon son site internet, le KKL est actif en Israël, à Jérusalem-Est annexé et sur le plateau du Golan annexé. AFP 31.12

Dossier sur la Syrie

Enfin, la gauche a trouvé son Pierre-André Taguieff ou Rudy Reichstadt en la personne de Vincent Presumey.

- Alep, le XXI° siècle et la gauche du XX° siècle, par Vincent Presumey - anti-k.org 31.12.2016

Avant-propos.

Cet article est disponible sur le blog Anti-K du NPA que je ne connaissais pas. Je tiens à préciser que je n'ai jamais envoyé le moindre article à ce blog qui par le passé a reproduit certains de mes articles, d'ailleurs je crois bien n'en avoir jamais envoyés en 12 ans à aucun blog ou portail, hormis à des militants.

Quand on s'écarte des faits, on se condamne à les fabriquer. Quand on s'écarte de la réalité, on se condamne à lui substituer la réalité qu'on aura fabriquée. Quand on cesse d'être honnête, on se condamne à la déchéance morale. Et pour finir quand on est devenu un imposteur, un misérable faussaire perfide et cynique, on est prêt à tout pour le justifier. En voici une démonstration.

- Presumey avait manifestement tablé sur la victoire des barbares à Alep et en Syrie, cette perspective ayant été contrariée provisoirement, il s'agissait maintenant pour lui d'en trouver les coupables au sein du mouvement ouvrier ou éventuellement de les inventer, c'est dans l'air du temps.

Pour ce faire, il ne trouvera rien de mieux que reprendre la rhétorique officielle, mais pour s'en distinguer il l'adaptera à sa manière en recourant à la méthode de l'amalgame entre les différents courants du mouvement ouvrier qui étaient sur des positions contradictoires et inconciliables, vous m'excusez d'y faire figurer le courant que je prétends incarner, puisqu'il n'a pas été capable de citer un seul courant du mouvement ouvrier ayant été sur une autre position que celle qui consistait à diaboliser le chef d'Etat et le gouvernement syrien ainsi que leurs alliés, mais peut-être qu'il n'en existait pas d'autres après tout, je n'en sais rien, entreprise scélérate particulièrement maladroite, en vain.

Il ira jusqu'à déplorer "la chute d’Alep Est" ou "la prise d’Alep Est" par l'armée de la République arabe syrienne et ses alliés, qui selon lui fut un grand malheur pour les Syriens concernés qui auraient préféré demeurer quelques années de plus sous la coupe des barbares d'Al-Nosra, allant jusqu'à nier le coup d'Etat de l'OTAN en Ukraine réalisé en recourant à des milices fascistes et maquillé ici en "une crise révolutionnaire" et regretter avec Hollande, BHL, Caroline Fourest, etc. que "la révolution était ici traitée de réaction fasciste", face à "la contre-révolution armée des milices payées par le premier capitaliste du pays, Rinat Akhmetov, et armées par la Russie", leur ennemi commun. Pitoyable, n'est-ce pas ?

Confusion extrême ou ignominie, toujours est-il qu'il a publié son article plusieurs jours après la libération d'Alep-Est et qu'aient été découverts les premiers charniers de dizaines d'hommes, femmes et enfants, torturés puis exécutés, ainsi qu'une centaine de soldats syriens ayant subi le même sort, auxquels s'ajoutent les témoignages des habitants d'Alep-Est, etc. je pencherais donc volontiers pour un acte délibéré et désespéré consistant à manipuler délibérément les faits. Ainsi il a signé sa propre "faillite intellectuelle et morale" et il est loin d'être le seul dans ce cas-là, hélas !

Avant d'aborder en détail comment il a opéré, on aurait pu parvenir à la même conclusion sans même avoir besoin de lire la suite, puisque dès la 7e ligne de son article il reprenait la version officielle du 11 septembre 2001 : "11 septembre 2001, les crimes de masses de la multinationale islamiste al-Qaida à New York et Washington..." ou dès la 15e ligne dénonçant le "22 décembre 2016, l’écrasement et la déportation des habitants d’Alep Est par les forces russo-iraniennes...", le comble de la désinformation était franchi allègrement non sans cynisme. Le cap de l'abjection sans recours ou sans retour a été franchi ici.

Voyons comment il a procédé.

Il a fustigé "la conscience ordinaire de trop de militants de gauche et d’extrême-gauche" qui s'est traduite par "une faillite intellectuelle et morale de couches assez larges" qui auraient une "vision du monde fétichiste et figée" du monde, jusque là nous sommes d'accord, encore qu'il aurait fallu préciser que cela concernait plutôt la quasi-totalité des militants de gauche et d’extrême-gauche organisés, tous les partis ayant tenu le même discours, avec des nuances à la marge comme d'habitude.

Il faudrait donc en déduire que monsieur Presumey ne serait pas atteint par cette défaillance "intellectuelle et morale", or il fait ici la démonstration du contraire, mais pas n'importe comment, en procédant à des amalgames dignes des néoconservateurs Pierre-André Taguieff ou Rudy Reichstadt dans une confusion dont on se demandera si elle était voulue ou inconsciente tant la ficelle est grosse et confine au ridicule.

Ils prêtent aux militants de gauche et d’extrême-gauche en général un ensemble de convictions ou de positions qu'en réalité ils ne partagent pas. Par exemple, les admirateurs de Chavez ou de Castro auraient soutenu les "dictatures arabes" sous prétexte qu'elles étaient "laïques" parmi lesquelles celle d'Assad en Syrie, or c'est absolument faux, niant au passage qu’elles "résistent à l’impérialisme", sans préciser lequel ou lesquels, de sorte que subrepticement il peut ainsi placer dans le même panier de crabes sans distinction l'ensemble des militants de gauche ou d'extrême gauche, ce qui permet de faire passer à la trappe l'existence de militants ouvriers qui ne se reconnaissaient ni dans Chavez ni dans Castro, qui ne vouaient aucun culte envers la Russie ou la Chine, et qui avaient développé une autre analyse que la sienne sur la Syrie et plus généralement sur la situation mondiale.

Lorsqu'il fait référence au mouvement ouvrier ou à la lutte des classes, c'est uniquement pour s'en servir de caution "intellectuelle et morale" pour finalement ne retenir qu'un aspect de la situation ou un seul facteur ou plutôt sa propre interprétation de la nature de ces régimes sans tenir compte de leurs rapports aux différents impérialistes et des différents facteurs qui déterminaient leur existence, dans quel cadre historique ils se présentaient, occultant au passage les contradictions que ces régimes incarnaient, et on comprend tout de suite pourquoi, car elles permettaient différentes interprétations de la situation en Syrie que la sienne calquée sur celle de l'OTAN ou des dirigeants des puissances occidentales qu'il légitimait ainsi.

Pour parvenir à ce tour de passe-passe, il devait évidemment nier la formidable opération de désinformation et de conditionnement des peuples auxquelles se livrent les Américains et leurs alliés depuis 2011, comment, en procédant à nouveau à un amalgame en opposant "la croyance dans la manipulation et la méfiance envers les masses", alors qu'en réalité parmi ceux qui dénoncent cette manipulation, il s'en trouve qui ne manifestent aucune "méfiance envers les masses" tandis que d'autres les ignorent tout simplement. Vous aurez constaté que sa démarche consistait à exclure l'existence au sein du mouvement ouvrier d'un courant politique honnête et qui ait des positions conformes aux intérêts des exploités et des opprimés.

L'avantage de ce procédé, c'est qu'il fait l'économie de l'analyse de la situation sociale et politique réelle en Syrie, des rapports entre les classes et de leur composition, de sorte qu'on ne s'interrogera pas sur l'état de conscience politique exact du peuple syrien et des rapports des différentes classes à l'Etat, aux institutions, puisqu'on devrait s'en tenir à l'interprétation qui en a été donnée à travers la propagande officielle que Presumey nous invite à partager, et qui naturellement ne relèverait pas d'une manipulation ou ne devrait inspirer aucune méfiance : l'horrible dictateur de Damas est responsable de la situation actuelle de la Syrie, il n'a aucune légitimité, la majorité des Syriens exigent son départ pour mettre à la place les rebelles modérés armés par les Etats-Unis, la Grande-Bretagne, la France, l'Arabie saoudite, le Qatar, etc. qui sont des modèles de démocratie...

De dénis à répétition en falsifications en chaîne des faits, il en arrive logiquement à défaut de pouvoir l'assumer, à reprendre à son compte l'argumentation selon lequel tous les faits et témoignages qui ne cadrent pas avec la version officielle de la situation en Syrie (notamment) seraient le fait de militants qui verraient « derrière Facebook, Washington », « un coup de la CIA (ou du Mossad) » dans la déstabilisation de certains Etats, des adeptes de la théorie du complot qui seraient sous influence, bref de dangereux écervelés dont les autres militants devraient se méfier comme la peste, méthode ignoble que les chiens de garde du régime emploient quotidiennement depuis des années pour discréditer et censurer ses opposants, dignes de "défiler derrière un Fillon, un Orban, un Trump" pour avoir "raconté partout que la population d’Alep n’était plus composée que d’islamistes armés, était otage des islamistes, aspirait à être libérée par cet Etat certes un peu brutal, mais laïque, etc.", se livrant à un énième et ultime amalgame mêlant vérités et contrevérités qu'il attribue aux militants qui ont le malheur de ne pas croire aveuglément le discours officiel, de s'informer à d'autres sources que les médias propriétaires des va-t-en-guerre et subventionnés par l'Etat du parti de la guerre contre le peuple syrien.

La décomposition politique sans fin s'accompagne d'une déchéance morale vile, sinistre, méprisable.

Personnellement je m'en suis tenu aux faits. Pour un complément je vous renvoie à la causerie du 27 décembre.

Commentaire d'internautes connectés au portail Le Grand Soir :

1- "Les quinquagénaires aleppins se souviennent bien de l’écrasement de l’insurrection de 1979-1982, lorsque des fanatiques islamistes des régions du nord et d’Alep menaient des actes terroristes quasi quotidiennement, en posant des bombes dans des gares, des restaurants, des services publics, assassinaient des militants du parti Baas, des communistes, des syndicalistes, visant les chrétiens et les alaouites tout particulièrement. Trempait alors dans ce bain de sang, à l’époque, Ali Sadreddine al-Bayanouni, vieux responsables des Frères musulmans de Syrie, à leur tête entre 1999 et 2010, exilé depuis à Londres, et son successeur Mohammed Riyad Al Chaqfeh qui sert encore aujourd’hui d’autorité morale à tout ce petit monde, directement d’Istanbul !"

LVOG - Et personnellement, depuis 2011 j'ai eu l'occasion de constater au moins une fois qu'Informations ouvrières avait reproduit la version frauduleuse colportée par l'impérialisme américain et son vassal français et reprise en choeur par leurs larbins de gauche et d'extrême gauche depuis 1982, qui avait consisté à expliquer qu'Hafez al-Assad avait réprimé dans le sang une insurrection "ouvrière", alors qu'en réalité il s'agissait d'un soulèvement orchestré par des djihadistes fanatiques armés à la solde du Qatar.

En 2011, le PT fut tenté de présenter de la même manière les évènements en Syrie, avant de faire rapidement (partiellement) machine arrière, ses dirigeants ayant sans doute compris qu'on n'était plus dans les années 80, et que dorénavant avec Internet les travailleurs et militants étaient en mesure de vérifier facilement auprès de différentes sources la véracité de leurs informations, et que le temps où ils pouvaient leur raconter n'importe quoi était définitivement révolu.

2- "Un autre détail que nos médias oublient de préciser quand ils évoquent l’armée de Bachar el Assad... L’Armée syrienne puisqu’il faut l’appeler par son nom est une armée de conscription, donc issue de la population qu’elle massacrerait à tour de bras depuis plus de 5 ans ! Cherchez l’erreur..."

LVOG - Effectivement, cet argument était grotesque.

3- Syrie : quand la NVO-CGT reprend le récit néo-conservateur ! - Front syndical de classe - legrandsoir.info 29.12

Extrait publié par un internaute.

"Questions d’autant plus nécessaires que même un organe de la CGT se fait l’écho de la version UE-OTAN :

Le 14 décembre dernier la NVO, organe de la CGT sur L’information sociale, juridique et syndicale, a publié un article intitulé : « Alep, l’agonie en direct » sous la plume d’Isabelle Avran.

On y trouve à propos de la situation en Syrie tous les poncifs du récit occidental, ceux de la droite et du gouvernement Hollande - Valls, comme ceux de tous les défenseurs du droit d’ingérence humanitaire (Gluksman, l’inévitable BHL, Nicolas Hénin, E. Guigou, Cohn-Bendit …), sans oublier les néo-conservateurs états-uniens et autres faucons masqués du parti dit "Démocrate" :

La « communauté internationale » est inerte face au martyr d’Alep, Le véto de Moscou et Pékin au Conseil de sécurité empêche tout projet de trêve, les forces « rebelles » qui contrôlent Alep-est sont en gros des forces démocratiques que la répression du régime d’Assad dès 2011 a contraint à se militariser, le régime s’est livré à des bombardements chimiques en 2013 et a libéré des criminels des prisons afin de pourchasser les militants …(...) le rôle d’une organisation comme la CGT en charge de la solidarité internationale et de la lutte pour la paix est-il d’’enfourcher tous les clichés de la propagande médiatique qui permettent de justifier les interventions étrangères dont celle de notre pays, hors de tout mandat, ni du pouvoir légitime syrien, ni de l’ONU, en violation quotidienne des règles les plus basiques des traités internationaux, en délégitimant tout travail diplomatique nécessaire à un règlement politique permettant d’éviter la violence de la guerre."

LVOG - Cet article de la CGT est disponible dans le blog du Front syndical de classe (http://www.frontsyndical-classe.org/2016/12/le-14-decembre-dernier-la-nvo-organe-de-la-cgt-sur-l-information-sociale-juridique-et-syndicale-a-publie-un-article-intitule-alep-l)

Front syndical de classe subordonné à l'ONU comme ils l'écrivent eux-mêmes, qui ne trouverait rien à redire à une "interventions étrangères", entendez des puissances occidentales sous mandat de l'ONU qu'ils légitiment au passage, réclamant le respect des "règles les plus basiques des traités internationaux" que les Américains et l'Etat sioniste n'ont cessé de violer depuis 70 ans ou qui n'ont servi qu'à justifier leurs guerres et la création d'Israël... Que voulez-vous, ce sont des staliniens, on ne se refait pas.

4- "De l’autre côté, le NPA déraille complètement, par la bouche d’un de ses porte-parole les plus actifs : NPA Hérault (relayé par rézocitoyen)

Dossier Syrie. Alep, le massacre d’une population, la mise à mort d’une révolution, la faillite politique d’une partie de la "gauche radicale" ! Des textes de Julien Salingue, Philippe Marlière, Vincent Presumey...

Faute d’une analyse géopolitique sérieuse, la situation en Syrie est ainsi instrumentalisée par le NPA, comme par les autres partis présentant des candidats, au service des prochains échéances électorales. C’est à se demander si cette collusion du NPA et du PS n’aurait pas quelque motif moins avouable que le soutien aux "révolutionnaires" syriens."

LVOG - Non, c'est davantage en rapport avec sa véritable nature qu'il a eu l'occasion de révéler dans une multitude d'occasions tout comme la LCR, contre-révolutionnaire, réactionnaire, ni de gauche, ni d'extrême gauche, ni centriste dans le sens ou il pourrait évoluer vers le socialisme, il y est étranger en réalité, ce qu'on a du mal à admettre semble-t-il, et ce dont on refuse de tenir compte par conséquent. On s'en tient aux apparences trompeuses en temps normal, on se contente de discours radicaux ou d'analyses aux relents marxistes qui ne servent qu'à cautionner une pratique opportuniste. C'est valable pour LO.

5- Personnellement, c’est l’interdiction faite par le gouvernement français aux ressortissants syriens de voter à leur ambassade pour les présidentielles de leur pays, en 2014, qui m’a grand ouvert les yeux. https://www.voltairenet.org/article183859.html

Soi : pourquoi cette interdiction puisqu’on nous rabâche que le peuple vomit ce tyran de Bachar ? Il va voter contre, n’est-ce pas ? Donc, ça convient parfaitement à notre gouvernement, non ?

A présent, la vérité est en marche. Les médias aux ordres sont totalement discrédités."

LVOG - Plus un conflit ou une guerre dure, plus il devient difficile d'en camoufler la véritables nature, les intentions et le rôle des différents protagonistes, la vérité finit par transpercer le ligne de front de la propagande officielle et par parvenir aux oreilles des peuples qui dès lorscherchent à en connaître les véritables responsables contre lesquels ils se retournent ensuite, ici, l'impérialisme américain et ses alliés occidentaux et du Golfe, sans épargner tous les partis, syndicats, ONG, médias, etc.

6- "Petit rappel : Bachar al-Assad réélu avec 88,7% des voix avec plus de 73% de participation, élection reconnue par la communauté international..."

LVOG - Dans deux précédentes causeries j'avais indiqué qu'une organisation opposé à Assad avait organisé un sondage en Syrie qui s'était soldé par des résultats similaires qu'avait dû relayer amèreremrnt les média américains et l'ONU.

Les administrateurs du portail Le Grand Soir ont précisé:

- "Il serait bon de rétablir une certaine chronologie des événements : Manifestations —> concessions de la part du gouvernement —> tirs contre les forces de l’ordre —> réaction (répression) —> invasion (à moins d’une erreur)."

LVOG - Des lecteurs pourraient penser qu'il existerait des staliniens corrects. Détrompez-vous, c'est un oxymore. Certains colportent la propandande officielle que d'autres vont dénoncer, dans pratiquement tous les courants politiques du mouvement ouvrier (y compris dans les syndicats et les partis officiels de droite) on retrouve ce partage des rôles qui reflète les contradictions qu'ils doivent affronter en les assumant sous des angles différents, tandis que sur le fond ils sont tous liés au régime, cela apparaîtra plus clairement chez les uns que chez les autres. Tous les courants du mouvement ouvrier ou qui prétendent en faire partie se déclinent sous la forme d'un parti sur lesquels viennent se greffer un ou plusieurs satellites qui en sont issus, mais leur nature est identique à la maison mère

C'est cet aspect qu'on a totalement négligé ou sous-estimé dans notre lutte contre l'opportunisme en tentant de concilier l'inconciliable, le résultat est à la hauteur de cette illusion dramatique.

Prenons l'exemple d'Alep bien argumenté dans un article.

- Premièrement, Alep, deuxième ville du pays, où le soufisme est très présent, n’est jamais tombé entre les mains des rebelles. Il n’y a jamais eu de soulèvement populaire massif dans la ville contre Al Assad et les autorités locales.

LVOG - Pas vraiment un soulèvement populaire.

- La bataille d’Alep a débuté le 19 juillet 2012 par une offensive rebelle venant du nord, des frontières turques, et de groupes paramilitaires divers dont le plus important est le Liwa al-Tawhid, groupe proche des Frères musulmans, probablement armé et financé rapidement par la Turquie...

LVOG - Il s'agissait donc d'une provocation armée menée par une infime minorité de Syriens fanatisés encadrés par des mercenaires extérieurs à la Syrie.

Quelques éléments concrets et vérifiables qui le prouvent.

- ... si Alep-Ouest voyait encore sa population compter 1,6 millions d’habitants (sur 2,3 millions d’habitants au total. - ndlr), il est surprenant de s’apercevoir que les 50% de la ville contrôlée par les rebelles n’avaient que 250 000 habitants maximum. L’état de siège entre 2012 et 2015, c’est Alep-Ouest qui a dû le subir…avec une majorité de sa population, et des milliers de réfugiés qui fuyaient les zones de combat. L’ONU a reconnu ces derniers mois que près de 50 000 habitants avaient rejoint Alep-Ouest, et que la prise par les loyalistes des quartiers permettaient à d’autres syriens de ne plus être en zones de conflit.

LVOG - Donc plus de 70% de la population d'Alep vivait ou s'était réfugié dans les quartiers ouest de la ville ne craignant pas la féroce répression de l'"horrible dictateur" syrien.

Dans un article du Réseau Voltaire Thierry Meyssan avait indiqué qu'en mars 2011 l'opposition "démocratique à Bachar al-Assad ne dépassait pas 10%, elle était donc insignifiante ou ne constituait pas une menace pour le régime, surtout sachant que parmi cette opposition figurait le parti communiste syrien et qu'il n'existait aucun parti de type bolchevik, tous étant des partis bourgeois ou petits-bourgeois n'ayant nullement l'intention de s'orienter vers le socialisme, dans ces conditions cette opposition était vouée à se disloquer dès le début de cette guerre et à aucun moment elle ne pourrait constituer un pôle de regroupement de forces "progressistes ou démocratiques" susceptible de rallier à elle la majorité des Syriens.

On doit admettre qu'il existait une opposition ultra minoritaire à Assad qui fut rapidement marginalisée en 2011, et qui n'eut d'autre choix que rejoindre le camp des principaux belligérants en fonction des sensibilités de ses membres, et que parmi eux peu ont dû conserver leurs convictions intactes sachant qu'au départ elles étaient minées par leurs faiblesses théoriques, de sorte que cette opposition hétéroclite et divisée, sans réelle perspective politique hormis participer aux institutions pour en tirer parti sans vraiment se préoccuper du sort du peuple et particulièrement du prolétariat, était vouée à végéter ou à se disloquer sans même "l’ingérence des puissances de l’OTAN".

L'argument ci-dessous tombe à l'eau

- Quoi qu’il en soit, l’ingérence des puissances de l’OTAN, alliées des islamistes pour l’occasion, aura eu comme conséquence pratique de totalement détruire l’opposition laïque et démocratique syrienne.

D'autant plus que les Syriens savent compter... leurs morts, et qu'ils savent qui a tué qui. C'est con à dire, mais ils étaient les mieux placés !

- Et si les bombardements et combats ont fait plus de 1 500 tués civils, que le massacre supposé de 82 civils n’a pas pu être retenu par les organisations internationales comme relevant de crimes de guerre imputables aux armées d’Al Assad (l’ONU a même explicitement dit que rien ne pouvait prouver cette assertion…), il n’en reste pas moins qu’on est loin du « massacre » et du « génocide » dénoncé par les partisans de l’ingérence diplomatique, militaire et politique, la France en tête.

Et bien malgré tous ces éléments qui jusqu'à présent permettaient de rétablir la réalité des faits et de se faire une idée assez précise du rôle et de la responsabilité des différents acteurs engagés dans cette guerre, l'auteur du même article a trouvé le moyen d'en glisser un qui remet en cause ce que nous avions cru comprendre et nous ramène à la version officielle, à savoir que c'est Assad qui aurait déclenché le mécanisme infernal de cette guerre, ajoutons que dans ces conditions il mérite largement les qualificatifs de despote ou tyran que les représentants des puissances occidentales ont employés à son égard, que l'auteur de cet article s'était employé à dénoncer, lisez plutôt on y reviendra tout de suite après.

- Si le premier problème syrien a été effectivement l’écrasement brutal et sanglant des manifestations du Printemps syrien, il n’en reste pas moins que les forces opposées au régimes étaient multiples et aux intérêts contradictoires...

Tout cela pour en arriver à une telle confusion quand on n'est pas capable de prendre en compte la totalité des facteurs qui composent une situation, dont fait partie l'Etat, les institutions, le chef d'Etat, etc. qui prendra certes des décisions politiques pour assurer la stabilité du régime, mais également pour garantir l'intégrité et la souveraineté de son pays quand il estime qu'elles sont gravement menacées, ce que les faits ont amplement confirmé, plutôt que s'en remettre à une interprétation romantique ou sentimentale pour faire face à la situation.

Dès lors on ne peut pas lui imputer ce chaos et cette guerre ayant conduit à la destruction d'une grande partie de la Syrie et causé la mort de plusieurs centaines de milliers de Syriens, et l'accusé d'avoir pris des mesures pour essayer d'éviter ce drame, sous prétexte qu'il aurait recouru à la violence pour répondre à des actes d'une violence inouie, puisqu'aussi bien des manifestants que des membres des forces de l'ordre avaient été la cible de snipers ou de djihadistes armés et des bâtiments publics avaient été attaqués.

L'auteur de cet article a commis une erreur chronologique ou de cause à effet, fatale.

Car c'est cette violence déclenchée lors de manifestations qui a motivé la réponse violente du chef de l'Etat syrien. On peut toujours estimer que sa réponse fut disproportionnée, je n'en suis pas du tout certain, dans la mesure où il devait posséder des informations précises que nous ne possédions pas pour porter un jugement portant sur l'infiltration depuis des mois de mercenaires armés en Syrie pour déstabiliser le régime et entraîner sa chute selon un plan concocté à Washington, Londres et Paris notamment, et que par conséquent il devait tenter par n'importe quel moyen de mettre un terme rapidement à ces manifestations par crainte que le pays ne s'enflamme et qu'il perde le contrôle de la situation, ce qui s'est effectivement produit par la suite et qui justifie les mesures répressives qu'il avait prises.

On a pu lire dans des dizaines d'articles qu'Assad était à la tête d'un Etat policier, que le pays était quadrillé par des agents ou indics à la solde du ministère de l'Intérieur, après coup on est en droit de se demander si c'était vraiment exact ou pourquoi dans ce cas-là il n'a pas pris la décision d'employer les moyens à sa disposition pour faire avorter ce complot, renforcer le contrôle aux frontières de la Syrie, procéder à l'arrestation des dirigeants des différents groupes terroristes, confisquer leurs armes, fermer leurs comptes bancaires, saisir leurs publications, bref, les neutraliser avant qu'ils passent à l'action. Le même argument avait été avancé sur la Libye de Kadhafi si vous vous souvenez.

Et l'argument consistant à dire qu'il était impopulaire ne tient pas puisque des millions de Syriens étaient descendus dans la rue pour le soutenir, au regard des 23 millions d'habitants de la Syrie comparé à la France c'est comme si plus de 10 millions de manifestants étaient descendus dans la rue contre la loi Travail, Hollande aurait dû abandonner son projet de loi ou il aurait démissionné, tandis que l'opposition ne rassemblera qu'une centaine de milliers de manifestants ou guère plus dans tous le pays.

- Cessez-le-feu global en Syrie sous l'égide de Moscou et Ankara AFP

Un cessez-le-feu global en Syrie entre régime et rebelles est entré en vigueur jeudi à minuit (22H00 GMT), en vertu d'un accord conclu sous l'égide de la Russie et de la Turquie qui pourrait marquer un tournant après plus de cinq ans de conflit. AFP 29.12

- Syrie : le Conseil de sécurité de l'ONU soutient à l'unanimité le cessez-le-feu porté par la Russie et la Turquie - franceinfo

Le cessez-le-feu en vigueur en Syrie depuis la nuit du jeudi 29 au vendredi 30 décembre a été approuvé par le Conseil de sécurité de l'ONU, samedi 31 décembre. Celui-ci a adopté à l'unanimité une résolution soutenant l'initiative de la Russie et la Turquie qui a mené à cette trêve, et doit conduire à des négociations entre le régime et les rebelles.

Le Conseil de sécurité "accueille avec satisfaction et soutient les efforts" pour la paix de Moscou et Ankara, et "prend note" de l'accord de cessez-le-feu conclu le 29 décembre. Le texte ne dit en revanche rien des modalités de la trêve et des négociations à venir. Plusieurs pays membres du Conseil de sécurité avaient demandé des précisions sur la surveillance du cessez-le-feu, le rôle de l'ONU et l'accès humanitaire.

Les groupes jihadistes Etat islamique et Fateh al-Cham (l'ex front Al-Nosra, émanation d'Al-Qaïda) sont exclus de cet accord de cessez-le-feu.

L'accord doit ouvrir la voie à des négociations de paix prévues fin janvier au Kazakhstan sous l'égide de Moscou et de Téhéran, parrains du régime, et la Turquie, soutien des rebelles. C'est la première fois, depuis le début de la guerre en Syrie, que les Etats-Unis sont écartés des discussions sur un cessez-le-feu. franceinfo 31.12

Dossier guerre inter-impérialistes Russie - Etats-Unis

Le "Ministère de la vérité" à l'oeuvre.

- Les Etats-Unis expulsent 35 diplomates russes - Reuters

Les Etats-Unis ont expulsé jeudi 35 diplomates russes à Washington et San Francisco et fermé deux centres russes à New York et dans le Maryland en réponse à une campagne de harcèlement des diplomates américains à Moscou, a déclaré jeudi un haut responsable américain.

Ces mesures visant les diplomates de l'ambassade de Russie à Washington et du consulat russe à San Francisco s'inscrivent dans une série de sanctions annoncées par la Maison blanche pour punir une campagne d'intimidation des diplomates américains en Russie et l'interférence de la Russie dans les élections américaines, a dit ce responsable.

Les 35 diplomates russes ont 72 heures pour quitter le territoire américain, a précisé le haut responsable de Washington. L'accès aux deux centres sera interdit à tout responsable russe à partir de vendredi midi, a-t-il ajouté.

Les sanctions ne s'arrêteront pas là, a précisé le président américain, prévenant que les Etats-Unis prendront d'autres mesures "au moment que nous choisirons", y compris des opérations secrètes dont le public ne sera pas informé.

Dans sa déclaration, Barack Obama a également lancé un appel à une sorte d'union sacrée internationale pour faire revenir Moscou dans le droit chemin et l'empêcher de mener des mesures de déstabilisation dans des pays étrangers.

Les "amis et alliés" des Etats-Unis doivent "travailler ensemble pour contrer les efforts de la Russie visant à saper les bonnes pratiques internationales et à s'ingérer dans le processus démocratique", a déclaré le président américain. ("Bonnes pratiques internationales" et "processus démocratique" qui consistent à déstabiliser, bombarder, détruie les pays qui refusent de subir l'hégémonie américaine... - LVOG)

Les sanctions décidées par Barack Obama moins d'un mois avant son départ de la Maison Blanche sont une pierre dans le jardin de Donald Trump, qui ne croit pas à l'ingérence de Moscou et veut réchauffer les relations américano-russes.

Mais M. Obama sait aussi que beaucoup de responsables républicains ne partagent pas l'analyse de son successeur et sont favorables à des sanctions contre Moscou.

Paul Ryan, le président républicain de la Chambre des représentants, s'est ainsi félicité des mesures annoncées, estimant qu'elles "n'avaient que trop tardé".

C'est "une manière appropriée de mettre fin à huit ans de politique étrangère ratée avec la Russie (...), qui a affaibli l'Amérique aux yeux du monde", a-t-il déclaré.

John McCain et Lindsey Graham, deux "faucons" républicains du Sénat, ont estimé que Moscou s'en tirait bien et ont promis "de mener l'offensive dans le nouveau Congrès pour imposer des sanctions plus fortes". Reuters et AFP 29.12

Commentaires d'internautes

1- "Étonnant que l'AFP fasse mention de l’ingérence russe sans mettre entre guillemet : "ingérence" ou ne précise "ingérence supposée".

Comme elle le fait systématiquement pour les informations en provenance de pays qui ne sont pas des caniches des USA.

En effet l'AFP n'a aucune preuve de l'ingérence, et n'en aura jamais puisqu'elle n'existe pas.

L'AFP se considère-t-elle comme un média sérieux, objectif et indépendant ?"

Evidemment, pourquoi devrait-elle affirmer le contraire ? Question stupide qui dénote au passage votre soumission au régime, passons.

2- "De la poudre aux yeux, nous faire croire que c'est Poutine qui a 'élu' Trump, c'est nous prendre pour des gogos. Par contre, les Américains qui espionnent le monde entier (n'est ce pas Angela Merkel), c'est juste un mirage !

3- Les "amis et alliés" des Etats-Unis doivent "travailler ensemble pour contrer les efforts de la Russie visant à saper les bonnes pratiques internationales et à s'ingérer dans le processus démocratique" : des "bonnes pratiques" comme celles consistant à mettre les gouvernants des pays amis sur écoute ?

Mais comment peuvent-ils continuer ainsi à nous prendre pour des buses ?

4- Et si en Amérique Latine par exemple on sanctionnait les USA à chaque fois que ce pays s'ingérait dans des élections ?

- Moscou fatigué des mensonges US sur les hackers russes - Sputnik

« À vrai dire, nous sommes fatigués des mensonges sur les "hackers russes", qui sont déversé par des hauts-fonctionnaires des États-Unis. Cela fait déjà six mois que l'administration Obama a lancé cette désinformation visant à donner des armes à un candidat à la présidence qui lui était utile » a déploré Maria Zakharova, la porte-parole de la diplomatie russe, dans un communiqué publié sur le site officiel du ministère.

Selon elle, après l'échec de cette initiative, l'équipe du président sortant cherche à se justifier face à un tel couac, se vengeant sur le partenariat entre Washington et Moscou.

« À l'aide de fuites volontaires d'informations vers des médias américains, ils s'efforcent de nous faire peur d'une amplification des sanctions antirusses, par le recours à des mesures "diplomatiques" jusqu'à des piratages de nos systèmes informatiques », a indiqué la porte-parole.

« Par contre, la vérité sur cette provocation, orchestrée par la Maison Blanche, verra bientôt le jour. C'est même le cas maintenant », a prévenu Maria Zakharova, rappelant les paroles de Brian Kemp, secrétaire de l'État de Géorgie qui avait affirmé le 8 décembre dernier que les cyberattaques sur le système de dépouillement du scrutin étaient venues depuis une adresse électronique du ministère américain pour la Sécurité intérieure.

Cette révélation a été vite mise au second plan par des accusations arbitraires contre Moscou.

Plusieurs des 17 services de renseignement américains avaient antérieurement affirmé que des hackers russes avaient attaqué les sites d'organisations politiques américaines pendant la campagne présidentielle aux États-Unis pour aider le milliardaire Donald Trump à remporter l'élection.

Le directeur du FBI James Comey n'a pas soutenu ces accusations. Sputnik 29.12

- Des hackers russes piratent un fournisseur américain d'électricité - latribune.fr

Des hackers russes ont piraté un ordinateur d'un fournisseur d'électricité de l'Est américain, une cyber-attaque sans conséquence sur les opérations de cette entreprise mais qui a pu révéler les "vulnérabilités" du réseau électrique des Etats-Unis, a rapporté vendredi le Washington Post.

"Un code associé à l'opération de piratage informatique baptisée Grizzly Steppe par l'administration Obama a été détecté à l'intérieur du système d'un fournisseur d'électricité du Vermont", écrit le quotidien sur son site internet, sans indiquer de date et en citant des sources anonymes.

Le journal précise que ce si code "n'a pas été activement utilisé pour perturber les opérations du fournisseur (...), la découverte souligne les vulnérabilités du réseau électrique national".

"Et cela attise les craintes au sein du gouvernement américain que les pirates informatiques du gouvernement russe tentent activement de pénétrer dans le réseau pour perpétrer d'éventuelles attaques" informatiques, ajoute le Washington Post.

Les autorités américaines ignorent à ce stade quelles étaient les intentions des Russes, poursuit le journal, supputant qu'ils pourraient avoir tenté de porter atteinte aux activités du fournisseur, Burlington Electric latribune.fr 01.01

Commentaire d'un internaute

- "Ce qu'il faut trouver sympa est que les pirates laissent la photocopie de leurs papiers d'identité avec le virus. Histoire que l'on sache tout de même qu'ils sont Russes... Les "victimes" ne doivent pas avoir fréquenté de vrais pirates. Voire, même, s'y connaitre en info... Amusant cette période de propagande style guerre froide. "

Poutine tourne en dérision les sanctions d'Obama - lefigaro.fr

Le président russe a refusé d'appliquer la réciprocité habituelle et d'expulser à son tour des diplomates américains. Il a au contraire invité leurs enfants au Noël du Kremlin.

Ne voulant pas passer pour l'ogre moscovite, Vladimir Poutine laisse le soin à ses lieutenants de répondre «au niveau des cuisines». Dès jeudi soir, le compte officiel de l'ambassade de Russie à Londres employait un ton fort peu diplomatique dans un tweet représentant graphiquement Obama en «canard boiteux»: «Tout le monde, le peuple américain compris, est ravi de voir en cela le dernier acte de cette Administration incapable.»

Sur un ton franchement venimeux, la porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Maria Zakharova, accuse les officiels américains d'avoir répandu un canular selon lequel Moscou souhaitait fermer l'école anglo-américaine de Moscou par mesure de rétorsion. «C'est un mensonge, écrit-elle sur sa page Facebook. La Maison-Blanche a perdu la tête et s'est mise à imaginer des sanctions contre ses propres enfants.»

Or, les choses ne vont pas en rester là, prédit le politologue Gleb Pavlovsky: «D'ici à février, Obama va encore dévisser des lampes à la Maison-Blanche et balancer un rat crevé sous la baignoire de Trump.» Ces scandales ne seraient pas pour déplaire au Kremlin, si l'on en croit un autre politologue, Mikhaïl Vinogradov: «2016 a été une année très réussie pour la diplomatie russe. Le principal objectif a été atteint: s'incruster dans l'ordre du jour des Américains.»

«Poutine confirme qu'il est un homme politique capable, peut-être le plus capable du monde», s'enflamme, dithyrambique, Sergueï Markov. Pour cet expert des relations internationales qui épouse fidèlement la ligne officielle, la décision présidentielle de ne pas expulser les diplomates américains et de ne pas leur ôter leur datcha et à la place d'inviter leurs enfants au Kremlin «va faire la une des médias internationaux. Quel soufflet pour Obama! C'est une manœuvre à la fois adroite, noble et puissante. Un miracle de Noël! Personne n'avait encore à ce point humilié Obama. Répondre au mal par la bonté, voilà bien l'esprit chrétien, l'esprit de Noël». Les diplomates américains peuvent être certains que leurs enfants auront droit à la plus grande attention des chaînes de télévision russes s'ils acceptent l'invitation de Vladimir Poutine. lefigaro.fr 30.12

Commentaires d'internautes abonnés au Figaro

1- "Faut-il rappeler qu'à ce jour, AUCUNE preuve n'a été fournie par la CIA du supposé hacking russe. Ca ne les dérange pas, ils ont bien envahi l'Irak en mentant à l'ONU, et nos journalistes de l'époque s'étaent empressés d'applaudir cette mascarade. Aujourd'hui on fait de même: accusations et sanctions sans même une preuve ou un embryon de procès. Quand les US veulent agresser un pays, ils trouvent toujours un prétexte, la méthode est rodée depuis longtemps."

2- "La méthode de départ adoptée par Obama (après moi le chaos) est tout simplement honteuse. Je ne suis plus du tout étonné que les lecteurs aient décidé de se débarrasser de tout ce qui avait lien, de près comme de loin, avec cette administration. "

3- "La fin de mandat d'Obama est absolument pitoyable, inutile d'être un admirateur éperdu de l'autocrate du kremlin pour s'en rendre compte. Le problème c'est que l'insuffisance du prix Nobel en carton adulé des média et de sa politique étrangère de gribouille couplées à l'aveuglement et au suiviste stupide des autres leaders occidentaux, vis à vis desquels Chirac apparait rétrospectivement comme encore plus clairvoyant et digne, signent un abaissement de l'influence occidentale assez inédit. Après Bush, les Etats-Unis étaient détestés mais encore craints, après Obama, ils ne comptent plus , sont toujours détestés mais sont de plus devenus une source de plaisanterie et de dédain dans les chancelleries du monde entier et risquent d'entrainer leurs partenaires-vassaux occidentaux dans leur dégringolade.

J'ignore si la fantasque Trump sur qui tous les grands et beaux esprits adorent cracher, sera de taille à sauver les meubles, mais le ferait- il qu'ils viendrait définitivement piétiner le cadavre du mythe et de l'escroquerie politique que fut Obama, déjà salement amoché par l'échec et mat final au Moyen Orient que viennent de lui infliger russes et iraniens."

Trump salue l'"intelligence" de Poutine après les représailles américaines - francetvinfo.fr

Le président élu des Etats-Unis Donald Trump a salué dans un tweet, vendredi 30 décembre, "l'intelligence" du président russe Vladimir Poutine moins de 24 heures après une longue série de sanctions prises contre Moscou par le président sortant Barack Obama.

Donald Trump faisait référence à la décision du président russe de ne pas répondre pour l'instant aux sanctions prises par Washington, qui accuse Moscou d'ingérence dans la campagne présidentielle américaine. Le président Vladimir Poutine a créé la surprise vendredi en décidant de "n'expulser personne", ne répondant ainsi pas à l'expulsion par Washington de 35 agents russes, contrairement à ce que proposait son ministre des Affaires étrangères Sergueï Lavrov.

La Russie se réserve toutefois "le droit de prendre des mesures de rétorsion" et "restaurera les relations russo-américaines au vu de ce que sera la politique du président américain élu Donald Trump", avait ajouté Vladimir Poutine. francetvinfo.fr 30.12

- Les États-Unis se dotent d’un centre de « lutte contre la propagande étrangère » Réseau Voltaire

Le 23 décembre 2016, le président Barack Obama a signé la Loi fiscale de Défense 2017. Dans sa section 1287, ce texte institue un Centre d’engagement global (Global Engagement Center), dont la fonction est de lutter contre la propagande et la désinformation ennemies [1].

Ce Centre, qui s’ajoute au Centre de communication stratégique de l’Otan et à l’Unité de communication stratégique l’Union européenne [2], dispose d’un budget de 140 millions de dollars abondé par ceux de la Défense et du secrétariat d’État.

Le Centre états-unien est placé sous la responsabilité du secrétaire d’État qui estimera ce qui doit être considéré comme de la « propagande étrangère ». Il peut utiliser ses fonds pour sous-traiter son travail à des prestataires privés (société civile, médias, ONG, centres de recherche, sociétés privées, universités). Réseau Voltaire 27.12

[1] “Global Engagement Center”, Voltaire Network, 23 December 2016.

[2] « La campagne de l’Otan contre la liberté d’expression », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 5 décembre 2016.

- Chicago avec 750 meurtres en 2016 est minée par la violence - AFP

Pendant quelques jours en décembre, il n'y a eu aucun mort par armes à feu à Chicago. Un répit si rare qu'il a fait la une des journaux dans la métropole américaine où les meurtres ont été plus nombreux qu'à New York et Los Angeles en 2016.

Avec plus de 750 meurtres, contre 600 en additionnant les chiffres des deux villes les plus peuplées du pays précédemment citées, Chicago a connu sa pire année en près de deux décennies et les solutions semblent difficiles à trouver pour endiguer le fléau des armes à feu.

Les fusillades, concentrées dans des quartiers défavorisés où vivent une majorité d'habitants noirs et hispaniques, ont augmenté de près de 50% pour atteindre les 3.500 incidents au cours des douze derniers mois. AFP 01.01




ACTUALITE EN TITRES

France. De quoi vous plaignez-vous, franchement ?

- 2016, très bon cru pour la fréquentation des salles obscures - AFP

La fréquentation dans les cinémas français a atteint son deuxième meilleur niveau depuis cinquante ans en 2016, une année marquée par un grand éclectisme dans les choix des spectateurs, avec une centaine de films qui ont engrangé plus de 500.000 entrées.

213 millions de billets ont été vendus au total en 2016, soit une hausse de 3,6% par rapport à l'année précédente, selon les chiffres du Centre national du cinéma (CNC). AFP 31.12

- Le marché auto a retrouvé des couleurs en 2016 - latribune.fr

Le marché automobile français a retrouvé sa bonne santé en 2016 en dépassant le seuil symbolique des deux millions d'immatriculations, une première depuis 2011, avec un fort bond du groupe Renault, selon les statistiques publiées dimanche.

La hausse des livraisons de voitures particulières neuves s'est établie l'an dernier à 5,1%, ce qui représente 2,015 millions d'unités, indique le Comité des constructeurs français d'automobiles (CCFA) dans un communiqué. latribune.fr et AFP 01.01

Bienvenue chez les robo-lobotomisés.

- Ces restaurants ont remplacé les serveurs par des robots - BFM Business

Aux États-Unis, au Japon, en Allemagne et même en France, des restaurants sans serveur tentent de séduire les consommateurs. Une nouvelle tendance "food tech" dans laquelle le service a été robotisé. BFM Business 01.01




INFOS EN BREF

ECONOMIE

France

- Le CAC 40 a gagné au final 4,86% en 2016. - lefigaro.fr

Les Bourses fêtent le retour de l’inflation et une économie qui accélère des deux côtés de l’Atlantique: autour de 2,5% attendus en 2017 aux États-Unis, de 1,5% dans la zone euro.

Yves Maillot, directeur actions européennes chez Natixis Asset Management, s’est fixé «un objectif très raisonnable de 5000-5050 points à fin 2017 sur l’indice phare de la Bourse de Paris», estimant que sur la base d’une progression de +7% des bénéfices par action et des multiples de valorisation inchangés le potentiel de hausse est limité.

Les belles surprises du CAC 40 en 2016

ArcelorMittal +80,40%
Technip +48,27%
Kering +35,04%
Schneider Electric +25,78%
LVMH +25,19%
Sodexo +21,14%
Michelin +20,25%
Total +18,07%
BNP Paribas +15,93%
Valeo +14,92%
Solvay +13,48%
L’Oréal +11,65%
Saint Gobain +11,05%
Vinci +9,40%
Société Générale +9,81%
Crédit Agricole +8,27%
Safran +7,79%
LafargeHolcim +6,86%
Publicis +6,79% lefigaro.fr 30.12

Russie

- Russie: une centaine de banques fermées en 2016 - AFP

Les autorités russes ont fermé jeudi deux banques, portant à 97 le nombre d'établissements devenus trop fragiles ou aux pratiques douteuses mis en faillite cette année dans le but de renforcer le pléthorique secteur financier.

Dans deux communiqués distincts, la banque centrale a annoncé avoir retiré la licence bancaire de la Bank na Krasnykh Vorotakh, 275e du pays par les actifs sur près de 600, au niveau de liquidités insuffisant, et de la NKB (527e), qui ne respectait pas la législation sur le blanchiment d'argent.

Depuis le 1er janvier, 97 établissements ont perdu leur autorisation d'exercer, a précisé la Banque de Russie à l'AFP.

La banque centrale procède depuis plusieurs années à un grand ménage parmi les centaines d'établissements hérités de la mise en place de l'économie de marché il y a 25 ans. Le processus, coûteux en termes d'indemnisation des déposants, s'est accéléré depuis la crise monétaire de fin 2014 et la récession en découlant.

Près de 300 banques ont disparu en trois ans.

Interrogé lors de sa conférence de presse annuelle sur les difficultés des entreprises clientes des banques fermées, non indemnisées contrairement aux particuliers, le président Vladimir Poutine a assuré que ce travail était "mené dans l'intérêt avant tout des déposants".

"Si sur le marché financier se maintiennent des établissements qui constituent des machines à laver pour argent sale, cela ne donnera rien de bon", a-t-il expliqué.

Le chef de l'Etat a estimé cependant que les exigences de capital pourraient être assouplies pour les banques régionales spécialisées dans le financement des petites et moyennes entreprises, réservant les normes dites de "Bâle 3" élaborées après la crise mondiale de 2008 aux établissements d'importance systémique.

La Banque de Russie travaille actuellement à un nouveau mécanisme de sauvetage des établissements en difficulté qui lui permettrait d'injecter directement des fonds au lieu d'en prêter à un repreneur sans contrôler réellement leur utilisation.

Elle s'est prononcée en faveur d'une loi permettant d'empêcher les banquiers soupçonnés de fraude de partir à l'étranger pour échapper à la justice. Le président a demandé au gouvernement et aux forces de l'ordre de réfléchir à un tel système.

Mercredi, la présidente de la banque centrale Elvira Nabioullina a demandé un renforcement des peines encourues par les dirigeants des banques publiant des comptes truqués, relevant que les jugements prononcés étaient actuellement cléments. AFP 29.12

Chine

- Une usine Foxconn de LCD de 8,3 milliards d'euros en Chine Reuters

Une coentreprise entre le taïwanais Hon Hai Precision Industry, plus connu sous le nom de Foxconn, et le japonais Sharp prévoit de construire une usine de 61 milliards de yuans (8,3 milliards d'euros) en Chine pour produire des écrans à cristaux liquides LCD.

Le premier fabricant chinois d'écrans LCD, BOE Technology Group, a lancé l'an dernier la construction à Hefei d'une usine de production de génération 10.5 dont la mise en service est prévue en 2018.

En mai, Shenzhen China Optoelectronics Technology, filiale de TCL, a annoncé la construction d'une usine LCD de 50 milliards de yuans à Shenzhen. Reuters 31.12

Libye

Les destructeurs et prédateurs de la Libye à son chevet.

Grille de lecture.

- Sous Kadhafi, la Libye était le pays le plus développé d'Afrique.
- L'essentiel des moyens de production avait été étatisés.
- La Libye n'était pas endettée, n'avait pas de déficit.
- La Libye disposait de réserves supérieures à 100 milliards de dollars
- La population bénéficiait du niveau de vie le plus élevé en Afrique.
- La population disposait d'avantages sociaux supérieurs (bon marchés ou gratuits, logement, santé, transports en commun, énergie, etc.) à ceux qui existent dans les puissances occidentales.
- Il n'y avait pas de chômage en Libye.
- Le taux de scolarisation était le plus élevé d'Afrique en incluant les études supérieures.
- Etc. etc. etc.

- Ils avouent dans cet article que 80% de la population travaille dans le secteur étatique, qu'il s'agit pour eux maintenant de démenteler et privatiser après l'avoir pillé et réduit en faillite.

- La France et l'Union européenne au chevet économique de la Libye - LePoint.fr

Les informations concernant la réduction de la poche de Daech à Syrte ont fait plus de bruit et, pourtant, l'initiative de la France et de l'Union européenne pour aider la Libye à repartir vaut qu'on s'y arrête. En effet, alors que la situation politique, économique et sécuritaire en Libye est toujours instable, l'Union européenne et la France ont lancé, le 28 novembre, le premier projet d'appui à la reprise économique dans ce pays. Dénommé Sleidse pour Support to Libya for Economic Integration, Diversification and Sustainable Employment, ce projet de 7,6 millions d'euros piloté, depuis Tunis, par l'agence de coopération technique internationale Expertise France. Il vise à diversifier l'économie libyenne et à favoriser l'entrepreneuriat des jeunes.

« Ce projet est un signal fort pour la Libye, pour la jeune génération, en vue de tourner une page », a souligné l'ambassadrice de l'Union européenne à Tripoli, Bettina Muscheidt, lors du lancement du projet. Un geste de soutien au peuple libyen salué par le vice-président du Conseil présidentiel du gouvernement d'union nationale, Moussa Al-Koni. « C'est la situation de la jeunesse qui nourrit aujourd'hui l'insécurité dans le pays. C'est cette même jeunesse qui construira la stabilité », a-t-il relevé. Une jeunesse privée d'emploi. « La situation économique libyenne est dramatique », a d'ailleurs reconnu Essam Garbaa, directeur de la coopération technique internationale au ministère libyen de la Planification. La chute drastique de la production et des exportations de pétrole, en raison du conflit, a mené au désastre économique. L'or noir constitue en effet plus de 80 % des revenus du pays. Conséquences : l'État libyen n'a plus guère de ressources, ses réserves en devises s'épuisent, il est incapable de financer sa reconstruction. Dans le pays, l'inflation tourne autour de 25 %. L'argent ne circule pas.

Dans un rapport le mois dernier, la Banque mondiale s'est ainsi alarmée du risque d'effondrement de l'économie libyenne. (Qu'elle a provoqué elle-même. - LVOG)

Surtout, « il y a un réel mouvement économique venant du secteur privé, qui investit à l'intérieur du pays, dans le secteur immobilier notamment. [...] Les jeunes brûlent de créer leur entreprise, ils ont de l'énergie, de l'ambition.

En Libye, la culture de l'entrepreneuriat est quasi absente. Près de 80 % de la population active travaille en effet dans le secteur étatique. « L'objectif sur quatre ans du projet Sleidse est d'accompagner 500 nouvelles entreprises, sur tout le territoire, pour la création ou le financement », a indiqué Alexandre Chatillon-Mounier, directeur de projet Appui au secteur privé chez Expertise France.

Selon une étude commanditée auprès du cabinet Altai Consulting, 50 % des jeunes Libyens ont un diplôme universitaire, niveau licence, master ou doctorat. Les jeunes Libyens sont bien éduqués, mais manquent d'employabilité.

Dans le pays, les effets tragiques du conflit se font aussi sentir au niveau des infrastructures de base. Tout est à refaire : adduction d'eau, gestion des eaux usées, réparation des centrales électriques, remise sur pied de l'éducation… Les besoins sont vastes. « Pour redémarrer, cela nécessitera des milliards de dinars », précise Essam Garbaa. Et dans ce domaine, les entreprises françaises sont sur le qui-vive. « Elles sont prêtes à revenir en Libye, sitôt que la sécurité le permettra », indique Brigitte Curmi, ambassadrice de France à Tripoli. LePoint.fr 29.12

Brésil

- Le réal brésilien a pris 21,5% en 2016, la Bourse 38,9% - Reuters

La causerie de janvier au format html
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Article d'actualité.

Un article publié par Réseau Voltaire

Le retournement de la Turquie (03.01)

Le président Vladimir Poutine a annoncé avoir conclu un cessez-le-feu en Syrie avec la Turquie, jusqu’ici principal soutien opérationnel des jihadistes. Comment s’explique ce coup de théâtre ? Le président Erdogan parviendra-t-il à faire basculer son pays de l’influence états-unienne vers celle de la Russie ? Quelles sont les causes et les conséquences de ce grand retournement ?

par Thierry Meyssan

La Turquie est membre de l’Otan, alliée de l’Arabie saoudite, patron du jihadisme international depuis l’hospitalisation du prince Bandar ben Sultan en 2012, et parrain des Frères musulmans depuis le renversement de Mohamed Morsi et la brouille entre Doha et Riyad en 2013-14. En outre, elle a attaqué la Russie en novembre 2015, détruisant un Sukhoi-24 et provoquant la rupture des relations diplomatiques avec Moscou.

C’est pourtant la même Turquie qui vient de parrainer le cessez-le-feu en Syrie, imaginé par la Russie [1]. Pourquoi ?

Depuis 2013, Washington ne considère plus Recep Tayyip Erdogan comme un partenaire de confiance. La CIA a donc lancé diverses opérations non pas contre la Turquie, mais contre M. Erdogan en nom propre. En mai-juin 2013, elle organise et soutient le mouvement protestataire du parc Taksim Gezi. Lors des élections législatives de juin 2015, elle finance et encadre le parti des minorités, le HDP, de manière à limiter les pouvoirs du président. Elle rejoue la même tactique lors des élections de novembre 2015 que le Pouvoir truque. La CIA passe alors de l’influence politique à l’action secrète. Elle organise quatre tentatives d’assassinat, dont la dernière en juillet 2016 tournera mal, poussant les officiers kémalistes à tenter un coup d’État sans aucune préparation.

Recep Tayyip Erdogan se trouve donc dans la position du Premier ministre italien des années 70, Aldo Moro. Les deux hommes sont à la tête d’un État-membre de l’Otan et doivent faire face à l’hostilité des États-Unis. L’Otan est parvenue à éliminer l’Italien en manipulant un groupe d’extrême-gauche [2], mais a échoué à tuer le Turc.

Par ailleurs, pour gagner les élections de novembre 2015, Erdogan a flatté les suprémacistes turco-mongols en rouvrant unilatéralement le conflit avec la minorité kurde. De fait, il a ajouté à sa base électorale islamiste de l’AKP, les prétendus « nationalistes » du MHP. En quelques mois, il a fait tuer plus de 3 000 citoyens turcs d’ethnie kurde et a rasé plusieurs villages, voire des quartiers de grandes villes.

Enfin, en transmettant à al-Qaïda et à Daesh les armes que lui faisaient parvenir l’Arabie saoudite, le Qatar et l’Otan, il a lié une relation étroite avec les organisations jihadistes. Il n’a pas hésité à utiliser la guerre contre la Syrie pour se faire de l’argent à titre personnel. D’abord en démontant et en pillant les usines d’Alep, puis en trafiquant le pétrole et les antiquités volés par les jihadistes. Progressivement tout son clan s’est lié aux jihadistes. Par exemple, son Premier ministre, le mafieux Binali Yildirim, a organisé des ateliers de contrefaçon dans les territoires administrés par Daesh.

Cependant, l’intervention du Hezbollah dans la seconde guerre contre la Syrie, à partir de juillet 2012, puis celle de la Fédération de Russie, en septembre 2015, ont fait basculer le sort des armes. Désormais, la gigantesque coalition des « Amis de la Syrie » a largement perdu le terrain qu’elle occupait et a de plus en plus de difficulté à engager de nouveaux mercenaires. Des milliers de jihadistes ont déserté le champ de bataille et se sont déjà repliés en Turquie.

Or, la plupart d’entre eux sont incompatibles avec la civilisation turque. En effet, les jihadistes n’ont pas été recrutés comme une armée cohérente, mais pour faire nombre. Ils ont été au moins 250 000, peut-être beaucoup plus encore. Au départ, il s’agissait de délinquants arabes encadrés par les Frères musulmans. Progressivement, on y a ajouté les soufis Naqchbandis du Caucase et d’Irak, voire de jeunes occidentaux en quête de Révolution. Cet invraisemblable mélange ne peut pas tenir si on le déplace en Turquie. D’abord parce que désormais les jihadistes veulent un État à eux et qu’il apparaît impossible de proclamer à nouveau le Califat en Turquie. Ensuite, pour toutes sortes de raisons culturelles. Par exemple : les jihadistes arabes ont adopté le wahhabisme des donateurs saoudiens. Selon cette idéologie du désert, l’Histoire n’existe pas. Ils ont donc détruit de nombreux vestiges antiques, prétendument parce que le Coran interdit les idoles. Si cela n’a pas posé de problème à Ankara, il n’est pas question de les voir toucher au patrimoine turco-mongol.

De fait, aujourd’hui Recep Tayyip Erdogan a —outre la Syrie— trois ennemis simultanés :

- Les États-Unis et leurs alliés turcs, le FETÖ de l’islamiste bourgeois Fethullah Gülen ;

- Les Kurdes indépendantistes et plus particulièrement le PKK ;

- Les ambitions étatiques sunnites des jihadistes, particulièrement de Daesh.

Si l’intérêt de la Turquie serait prioritairement d’apaiser ses conflits intérieurs avec le PKK et le FETÖ, celui d’Erdogan est de se trouver un nouvel allié. Il fut celui des États-Unis à leur apogée, il souhaite devenir celui de la Russie, désormais première puissance militaire conventionnelle au monde.

Ce retournement semble d’autant plus difficile à réaliser que son pays est membre de l’Alliance atlantique ; une organisation que personne n’est jamais parvenu à quitter. Peut-être pourrait-il, dans un premier temps, sortir du commandement militaire intégré, comme le fit la France, en 1966. À l’époque, le président Charles De Gaulle avait dû faire face à une tentative de coup d’État et à de nombreuses tentatives d’assassinat de l’OAS, une organisation financée par la CIA [3].

À supposer que la Turquie parvienne à gérer cette évolution, elle devrait encore affronter deux autres problèmes majeurs.

En premier lieu, bien que l’on ignore précisément le nombre de jihadistes en Syrie et en Irak, on peut estimer qu’ils ne sont plus aujourd’hui qu’entre 50 et 200 000. Sachant que ces mercenaires sont massivement irrécupérables, que va-t-on en faire ? L’accord de cessez-le-feu, rédigé de manière volontairement imprécise, laisse ouvert la possibilité d’une attaque contre eux à Idleb. Ce gouvernorat est occupé par une kyrielle de groupes armés, sans liens les uns avec les autres, mais coordonnés par l’Otan depuis le LandCom d’Izmir, via des ONG « humanitaires ». À l’inverse de Daesh, ces jihadistes n’ont pas su s’organiser correctement et restent tributaires de l’aide de l’Alliance atlantique. Celle-ci leur parvient via la frontière turque, qui pourrait être bientôt fermée. Cependant, s’il est facile de contrôler les camions qui empruntent des routes bien définies, il n’est pas possible de stopper le passage des hommes à travers champs. Des milliers, peut-être des dizaines de milliers de jihadistes pourraient bientôt fuir vers la Turquie et la déstabiliser.

La Turquie a déjà débuté son changement de rhétorique. Le président Erdogan a accusé les États-Unis de continuer à soutenir les jihadistes en général et Daesh en particulier, laissant entendre que s’il l’a fait lui aussi par le passé, c’était sous la mauvaise influence de Washington. Ankara ambitionne de gagner de l’argent en confiant la reconstruction de Homs et d’Alep à sa société de bâtiments et travaux publics. Toutefois, on voit mal comment après avoir payé des centaines de milliers de Syriens pour qu’ils quittent leur pays, après avoir pillé le Nord de la Syrie, et après avoir soutenu les jihadistes qui ont détruit ce pays et ont tué des centaines de milliers de Syriens, la Turquie pourrait éluder toutes ses responsabilités.

Le retournement de la Turquie, s’il se confirme dans les mois à venir, provoquera des conséquences en chaines. À commencer par le fait que le président Erdogan se présente désormais non seulement comme l’allié de la Russie, mais comme le partenaire du Hezbollah et de la République islamique d’Iran, c’est-à-dire des héros du monde chiite. Fini donc le mirage d’une Turquie leader du monde sunnite, bataillant les « hérétiques » avec l’argent saoudien. Mais le conflit artificiel intra-musulmans que Washington a lancé ne s’arrêtera pas tant que l’Arabie saoudite n’y aura pas renoncé elle aussi.

L’extraordinaire basculement de la Turquie est probablement difficile à comprendre pour les Occidentaux, selon qui la politique est toujours publique. Sans évoquer l’arrestation d’officiers turcs dans un bunker de l’Otan à Alep-Est, il y a deux semaines, il est plus facile à interpréter pour ceux qui se souviennent par exemple du rôle personnel de Recep Tayyip Erdogan durant la première guerre de Tchétchénie, alors qu’il dirigeait la Millî Görüs ; un rôle dont Moscou n’a jamais parlé, mais sur lequel les services de renseignement russes ont conservé de nombreuses archives. Vladimir Poutine a préféré transformer un ennemi en allié, plutôt que de le faire tomber et de devoir continuer à se battre contre son État. Le président Bachar el-Assad, sayyed Hassan Nasrallah et l’ayatollah Ali Khamenei lui ont volontiers emboité le pas.

À retenir :

- Après avoir espéré conquérir la Syrie, le président Erdogan se trouve, du seul fait de sa politique, contesté sur trois fronts : par les États-Unis et le FETÖ de Fethullah Gülen, par les Kurdes indépendantistes du PKK, et par Daesh.

- À ces trois adversaires, pourrait à nouveau s’ajouter la Russie qui détient de nombreuses informations sur son parcours personnel. Aussi le président Erdogan a-t-il choisi au contraire de s’allier avec Moscou et pourrait-il sortir du commandement intégré de l’Otan.

Notes.

[1] « Les documents du cessez-le-feu en Syrie (complet) », “Resolution 2336 (Syrian Ceasefire, Astana Talks)”, Réseau Voltaire, 31 décembre 2016.

[2] « La guerre secrète en Italie », par Daniele Ganser, Réseau Voltaire, 6 février 2010.

[3] « Quand le stay-behind voulait remplacer De Gaulle », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 10 septembre 2001.

Article à télécharger au format pdf

La Turquie semble se retourner contre Daesh - par Réseau Voltaire 28.12

Le président Recep Tayyip Erdogan a déclaré, au cours d’une conférence de presse le 27 décembre 2016, que son pays devait désormais faire face à trois organisations terroristes à la fois : Daesh, le PKK (Kurdes) et le FETÖ (Fethullah Gülen).

« Ils [les Occidentaux] nous accusent de soutenir Daesh. Mais maintenant ce sont eux qui soutiennent des groupes terroristes, dont Daesh et le YPG [Kurdes]. C’est très clair. Nous avons des preuves qui le confirment avec des photos et des vidéos », a-t-il précisé.

Depuis le 10 décembre et son rapprochement avec la Russie, la Turquie semble avoir cessé de soutenir Daesh. En retour, l’organisation jihadiste a brûlé vifs deux soldats turcs, le 22 décembre.

Article d'actualité.

Un article publié par Le Grand Soir

Guerre en Syrie : peut-on faire taire les armes ? (30.12)

par Clément Lorillec

On est le 15 décembre : depuis une semaine, les médias mainstream, partout en Europe, ne cessent de passer en boucle un message : « massacre à Alep ».

Bachar Al Assad et Poutine sont les nouveaux démons : les hommes à abattre, des bouchers sanguinaires. L’Iran en prend également pour son grade, et les milices du Hezbollah, chiite, également.

Des progressistes en France se font les relais de cette campagne médiatique, et s’émeuvent en observant des rues éventrées, des cadavres abîmés, des « habitants d’Alep » et « journalistes » dont on peut suivre les Tweets et messages heure après heure. On parle d’impuissance de l’Occident [1]… et ce sont toujours les mêmes qui, dans les médias, nous assènent en boucle leur indignation monnayée : Laurent Joffrin, le fils Glucksmann, Nicole Ferroni en larme, Christophe Barbier courant de plateau en plateau télé… Ca fait « chic » de citer Grozny, Guernica, Sarajevo… [2] , on parle des « goulags » d’Assad, on évoque « la Corée du Nord », on parle « d’extermination », de « génocide », de « terreur »… on attendait de voir la mort en direct de nos amis syriens en vue : Hadi Alabdallah [3], Lina Shamy [4], Mr_Alhamdo [5], Monther Etaky [6] (qui se plait à relayer Bilal Abdul Kareem [7] qui lui même relaye la propagande des djihadistes « rebelles » d’Alep [8])…en vain.

Passé ces effets larmoyants et l’indignation à coup de projecteurs : le summum aura été l’extinction de la Tour Eiffel… on est en droit de se demander : qu’en est-il en réalité ? Et que pose comme questions la bataille d’Alep ? Que faut-il en penser ?

Premièrement, Alep, deuxième ville du pays, où le soufisme est très présent, n’est jamais tombé entre les mains des rebelles. Il n’y a jamais eu de soulèvement populaire massif dans la ville contre Al Assad et les autorités locales. La bataille d’Alep a débuté le 19 juillet 2012 par une offensive rebelle venant du nord, des frontières turques, et de groupes paramilitaires divers dont le plus important est le Liwa al-Tawhid, groupe proche des Frères musulmans, probablement armé et financé rapidement par la Turquie, et dont le chef est Abd al-Qader Salah, marchand de céréales, islamiste « modéré » qui veut bâtir un « État islamique issu d’élections libres ». Il n’est pas le seul à être islamiste « modéré » et fait partie d’un petit groupe de joyeux lurons très influents dans l’opposition à Al-Assad : avec Hassan Abboud de Ahrar al-Sham, Ahmad Aisa al-Shaykh du groupe Suqour al-Sham Brigade et Zahran Alloush de Jaysh al-Islam. Sans préjuger de ses liens troubles avec la Turquie, il est important de retenir –tout de même- qu’Abd al-Qader Salah mourra dans un hôpital turc des suites de ses blessures au combat à Alep, fin 2013.

C’est donc à partir de juillet 2012 que ces groupes s’installent à Alep-Est et organisent la scission de la ville en deux parties, après avoir tenté de prendre le contrôle de la totalité des quartiers via les méthodes classiques des groupes paramilitaires. Alep avait déjà connu ce genre d’intrusion…de triste mémoire. Les quinquagénaires aleppins se souviennent bien de l’écrasement de l’insurrection de 1979-1982, lorsque des fanatiques islamistes des régions du nord et d’Alep menaient des actes terroristes quasi quotidiennement, en posant des bombes dans des gares, des restaurants, des services publics, assassinaient des militants du parti Baas, des communistes, des syndicalistes, visant les chrétiens et les alaouites tout particulièrement. Trempait alors dans ce bain de sang, à l’époque, Ali Sadreddine al-Bayanouni, vieux responsables des Frères musulmans de Syrie, à leur tête entre 1999 et 2010, exilé depuis à Londres, et son successeur Mohammed Riyad Al Chaqfeh qui sert encore aujourd’hui d’autorité morale à tout ce petit monde, directement d’Istanbul [9] !

Il faut donc bien comprendre que ces groupes paramilitaires sont financés et armés par les puissances étrangères [10], notamment la France depuis au moins 2013, comme le révèle Le Monde en août 2014. Toutes les puissances régionales sunnites s’y mettent et c’est une véritable organisation internationale qui se met en place pour littéralement fabriquer une/plusieurs armées dites « libres » [11].

Mais malgré un lourd passif sanglant, cela n’empêchera pas l’homme d’affaires Riad Seif, d’exprimer son soutien à tous ces beaux rebelles islamistes, déclarant devant une presse béate et contente d’enfin trouver des interlocuteurs sérieux et unis pour remettre en cause le pouvoir dictatorial d’Al Assad : « Les islamistes syriens sont connus pour leur modération » [12]. Pour resituer, Riad Seif a été reconnu fin 2012 comme l’un des chefs de la Coalition nationale syrienne, organisation légitimée par plus de 100 pays réunis à Marrakech pour l’occasion. Mouaz al-Khatib, le président de la Coalition, sera par ailleurs soutenu par toute la communauté internationale, dont la Russie, pour ses tentatives de résolution pacifique du conflit. Mouaz al-Khatib, sous ses airs bonhommes, n’en reste pas moins un islamo-conservateur en accord avec Youssef al-Qaradawi, théologien éminent des Frères Musulmans, interdit de circulation dans tous les pays à peu près sensés à cause de son soutien aux organisations terroristes, sans parler de son antisémitisme et de son rêve de faire d’Erdogan le nouveau Calife… M’enfin…l’important, c’est que la photo de famille rende bien, et que la France et les États-Unis applaudissent à la fin : « Nous avons hâte de soutenir la coalition nationale qui ouvre la voie à la fin du régime sanglant d’Assad et à l’avenir de paix, de justice et de démocratie que mérite le peuple entier de la Syrie » [13].

Pourquoi est-ce si important de s’intéresser aux origines des groupes rebelles qui combattent et veulent prendre le pouvoir à Alep ? Parce que dans une situation de guerre, il y a deux belligérants, et c’est particulièrement vrai à Alep. La ville est la proie des combattants loyalistes et rebelles depuis 2012. La ville possède un intérêt stratégique et également politique : celui qui la contrôle gagne un crédit considérable auprès de la communauté internationale et fait la démonstration de sa capacité et de sa légitimité à revendiquer le pouvoir. Dans ces conditions, comment croire que les syriens avaient leur mot à dire ?! Quels sont les liens entre les manifestants de 2011 et les rebelles armés de 2012 ?

Pour en revenir à Alep, la capitale économique de Syrie possédait avant le conflit 2,3 millions d’habitants répartis sur 190 km2. Dès juillet 2012, les observateurs internationaux savent que le conflit n’oppose plus le régime dictatorial d’Al Assad à son peuple « martyr » mais bien deux forces armées qui se font face dans un duel à mort. Tout but, toute finalité dans ce conflit devient un but, une finalité de guerre. C’est d’ailleurs pour cela que les civils d’Alep avaient déjà fuit la ville depuis le début des opérations de guerre, c’est à dire après l’envahissement des quartiers est de la ville par les troupes paramilitaires rebelles, et non avant ! Et que le soutien massif des aleppins aux armées rebelles n’a jamais existé de manière homogène [14]. Par ailleurs, si Alep-Ouest voyait encore sa population compter 1,6 millions d’habitants, il est surprenant de s’apercevoir que les 50% de la ville contrôlée par les rebelles n’avaient que 250 000 habitants maximum. L’état de siège entre 2012 et 2015, c’est Alep-Ouest qui a dû le subir…avec une majorité de sa population, et des milliers de réfugiés qui fuyaient les zones de combat. L’ONU a reconnu ces derniers mois que près de 50 000 habitants avaient rejoint Alep-Ouest, et que la prise par les loyalistes des quartiers permettaient à d’autres syriens de ne plus être en zones de conflit. Et si les bombardements et combats ont fait plus de 1 500 tués civils, que le massacre supposé de 82 civils n’a pas pu être retenu par les organisations internationales comme relevant de crimes de guerre imputables aux armées d’Al Assad (l’ONU a même explicitement dit que rien ne pouvait prouver cette assertion…), il n’en reste pas moins qu’on est loin du « massacre » et du « génocide » dénoncé par les partisans de l’ingérence diplomatique, militaire et politique, la France en tête.

On comprend mieux aussi pourquoi à l’ONU, la diplomatie russe a refusé jusqu’alors de considérer toutes les parties prenantes comme étant égales ! Le nouveau président de la Coalition nationale syrienne, Al-Abdeh explique en mars 2016 : « Le refus de la Russie d’inclure certains éléments de l’opposition, tels que l’Ahrar al-Sham al-Islamiyya et le Jaysh al-Islam, peut être attribué au désir de la Russie d’avorter la révolution [syrienne]… Les deux groupes sont des composantes essentielles de la révolution et les deux sont considérés comme très modérés’, a-t-il ajouté. ’Une résolution politique ne peut pas être réalisée sans eux » [15].

Mais ce n’a pas été le choix de la diplomatie française. Nous avons tous en tête la phrase du Ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius : « Sur le terrain, Al Nosra fait du bon boulot »… D’ailleurs, on sait désormais que si des étrangers (et pas moins de 1 900 français) se sont engagés pour aller faire le djihad en Syrie, c’était pour devenir des moudjahidines martyrs et pour imposer la charia. Cela a été possible grâce à une campagne savamment orchestrée…depuis la France ! [16] En effet, le 7 février 2012, une déclaration de théologiens musulmans est relayée par l’UOIF. Cette déclaration invite les fidèles à s’engager : « les musulmans doivent apporter à l’Armée Syrienne Libre les moyens matériels et symboliques dont elle a besoin (…) ils doivent la soutenir, l’améliorer, la renforcer et la rejoindre ». Et qui retrouve-t-on comme signataire de cet appel ? Youssef Al-Qaradawi, président de l’Union mondiale des Oulémas musulmans… D’ailleurs, dans un rapport sénatorial (n°757 du 5 juillet 2016), le Président du Conseil Français du Culte Musulman M. Anouar Kbibech reconnaît : « Je fais mon mea culpa : au début, nous avons sous-estimé le phénomène de radicalisation. Même François Hollande était prêt à aller en Syrie pour combattre le dictateur qui persécutait son peuple. Nous avons perçu l’engagement des jeunes qui se sont mobilisés comme un engagement humanitaire. Puis nous avons vu partir des familles entières, des jeunes filles – 40 % des départs ! Cela nous a fait prendre conscience de la gravité de la situation. Dès mai-juin 2014 nous avons organisé un colloque sur le sujet », p.263 dudit rapport [17].

On pourra ainsi croire que les djihadistes français se seraient engagés aux côtés de Daesh… c’est méconnaître la structuration des groupes rebelles : car c’est bien dans le nord de la Syrie et notamment à Idleb que se sont constituées les plus importantes filières de recrutement étranger. Bernard Cazeneuve le reconnaît lui-même volontiers : depuis les défaites successives des rebelles, les français radicalisés sont moins enclins à partir… [18]. Ceux qu’on combat en France pour leurs actes de terreur seraient-ils des alliés objectifs des puissances occidentales en Syrie ? Seraient-ce eux les démocrates encerclés et assiégés à Alep ? La Russe n’a-t-elle d’autres intérêts que de bombarder « le peuple syrien » et se rendre coupable de « génocide » ? On voit de suite que c’est ridicule.

C’est d’autant plus ridicule que même Washington s’accorde avec la Russie sur les conditions d’une trêve. Et on peut estimer que ce fut là le réel enjeu de tout le boucan médiatique de ces derniers jours : les puissances occidentales auraient voulu empêcher par tous les moyens la communauté internationale de trouver une résolution pacifique, dans des conditions favorables au régime de Damas. En vérité, on comprendra la proposition de cessez-le-feu général proposé par la Russie le 16 décembre à la lumière des négociations qui n’avaient pas abouties en septembre ! [19] Et non en considérant qu’après avoir repris Alep, les Russes, par cynisme, feraient une proposition opportuniste…

Que peut-on conclure de tout cela ? On est en droit de penser qu’il est totalement erroné de considérer que le conflit syrien serait un conflit entre un régime dictatorial et un peuple homogène et unanimement opposé au régime. C’est même faire fi des réalités du terrain et des enjeux internationaux qui se jouent. D’abord, l’intervention russe en Syrie n’intervient qu’en septembre 2015…soit 3 ans après le début du conflit…et de l’intervention des forces de l’OTAN et des pays arabes. La diplomatie russe, entre 2012 et 2015, n’a jamais fermé la porte à des négociations pour assurer une transition démocratique en Syrie.

Si le premier problème syrien a été effectivement l’écrasement brutal et sanglant des manifestations du Printemps syrien, il n’en reste pas moins que les forces opposées au régimes étaient multiples et aux intérêts contradictoires. La mise de Al Assad au ban des Nations, et notamment de l’Organisation de la Coopération Islamique [20], aura permis aux gouvernements Turcs et Français d’exercer un droit d’ingérence intolérable pour tout progressiste qui se respecte. D’un côté, Erdogan ne voyait que trop bien l’opportunité qu’il avait d’éradiquer les forces démocratiques kurdes ; de l’autre les français, dont l’intervention en Syrie renoue clairement avec sa tradition coloniale d’un territoire que les diplomates bourgeois français considèrent comme un héritage, voulant se tailler une part du gâteau syrien tout en se drapant dans les soi-disant vertus de la démocratie universelle.

Le second problème aura été la militarisation du conflit. Quelles sont les organisations qui auront alerté sur les dangers d’une militarisation à outrance ? Sur l’armement des groupes djihadistes ? Qui aurait manifesté pour empêcher la France de bombarder Damas, comme cela a été proposé en 2012 ?

Il serait faux et injuste d’attribuer l’escalade du conflit uniquement à Al Assad et son régime : parce que les groupes rebelles djihadistes, les kurdes, les milices libanaises et palestiniennes, les groupes chiites afghans, Daesh, les militaires irakiens, les forces américaines en Irak, les conseillers spéciaux français, l’aide matérielle turque, tous sont comptables des destructions et de la violence. Sans qu’aucun n’ai plus de légitimité que les autres, aux yeux des victimes civiles.

Alors, lorsque l’émissaire des Nations Unies, Staffan de Mistura expliquait sérieusement en octobre qu’il fallait laisser partir les djihadistes d’Alep pour faire taire les armes, on aurait pu croire que c’était le régime de Damas qui s’arc-boutait sur ses positions [21] et refuserait de laisser partir les terroristes. Or, ce sont les terroristes d’Al Nosra eux-même qui, par leur intransigeance, on voulu prolonger les opérations militaires [22]… comme Daesh l’avait voulu lors de la bataille de Kobané ou actuellement à Mossoul. Les rebelles l’arme au poing ne sont pas les seuls à vouloir continuer les combats : l’opposition syrienne, si « modérée » nous dit-on, a même réclamé la démission de Staffan de Mistura… et refuse de « marchander » avec Damas au sujet de la résolution du conflit [23].

On voit bien que la solution au problème syrien ne pourra venir que de négociations réunissant tous les protagonistes autour d’une même table, sans préjugé ni prérogative. Le 19 décembre, le vote par le Conseil de Sécurité de l’ONU de la résolution française de voir à Alep des observateurs internationaux est un bon signe : et ni la Syrie, ni la Russie n’ont protesté contre cette résolution. On pourrait s’attendre à ce que des observateurs internationaux aillent également à Homs assiégée par les rebelles, ou à Idlib, pour constater les dégâts commis par les troupes djihadistes rebelles [24] en passe de fonder un émirat islamiste [25]. Il faudrait également exiger l’arrêt du soutien de la Turquie à toutes les forces djihadistes dans la région, et la fin des massacres perpétrés au Kurdistan turc, où la destruction totale de quartiers de Sirnak [26]. Le rapprochement diplomatique entre la Turquie et la Russie laisse espérer que le dialogue va pouvoir reprendre entre les différentes puissances de la région [27].

Quoi qu’il en soit, l’ingérence des puissances de l’OTAN, alliées des islamistes pour l’occasion, aura eu comme conséquence pratique de totalement détruire l’opposition laïque et démocratique syrienne. S’il y avait encore en 2012 des espoirs quant à voir la société civile s’organiser pour assurer une transition démocratique face à Al Assad, cet espoir s’est envolé avec la militarisation à outrance. De plus, la perspective de mise en pratique de la nouvelle constitution syrienne [28] qui assure la pluralité des partis politiques, un état laïc, et la limitation du mandat de Président semble de plus en plus compliquée tant que la Syrie n’aura pas retrouvé sa stabilité. Enfin, l’unité du pays et son caractère laïc ne saurait être remis en cause, et doivent être défendus. Dans ce cadre, le peuple kurde de Syrie, dont les organisations dialoguent avec Al Assad, proposent la constitution de régions confédérées dont le ciment serait la démocratie communale, les droits sociaux, et le caractère laïc.

Pour terminer, le retour de la Russie sur la scène internationale, tant diplomatiquement que militairement est un réel tournant. Certains s’en offusquent, d’autres s’étouffent, d’autres encore appellent à l’affrontement. Cette stratégie du choc, de conflits entre blocs, doit être combattue en priorité. Les Bernard-Henri-Lévy en herbe et la deuxième gauche seront toujours présents pour jeter le trouble sur les événements : l’avancée et l’intervention des forces militaires de l’OTAN est systématiquement passé sous silence. Les crimes de guerre commis par les troupes de l’OTAN, la France en particulier lors de son intervention en Libye, sont systématiquement éludés [29]. Les intérêts géostratégiques qui impliquent le partage des territoires, le Golan, le Kurdistan, l’accaparement et le contrôle des ressources pétrolifères, voilà les réelles causes de l’embrasement syrien et de la généralisation des opérations militaires de part et d’autre.

Désormais, les coups tordus de la géopolitique OTANnienne ne pourront plus s’accomplir en toute impunité. En effet, est-il besoin de rappeler que depuis 38 ans le mouvement djihadiste est systématiquement soutenu par les forces impérialistes occidentales ? L’invasion et la déstabilisation de l’Afghanistan par les troupes Talibans et Oussama BenLaden dès avant l’intervention soviétique en 1979, les guerres du Golfe, la formation par Al Qaïda de dirigeants du Groupe Islamique Armé qui mettra à feu et à sang l’Algérie puis la France via les attentats de 1995, la destruction de l’Irak pour des motifs fallacieux de l’administration Bush, la destruction de la Libye et l’utilisation des forces djihadistes au Sahara, et désormais l’impunité qu’ont pu connaître les djihadistes de Daesh et d’Al Qaïda en Syrie et en Irak, jusqu’aux attentats en Europe… c’est peut-être cette période qui est en train de se refermer avec la montée en puissance de la Russie sur la scène internationale.

Le Moyen-Orient sera-t-il en capacité de tourner enfin la page des désastreux accords Sykes-Picot et du traité de Sèvres ?

Ainsi, si l’on veut une politique assurant la paix, il faudra combattre ceux qui font le choix de l’affrontement systématique par Nations interposées. Le démantèlement de l’OTAN, outils de l’impérialisme français [30], reste la priorité si l’on veut construire la paix. De même, une réforme en profondeur de l’ONU est nécessaire pour qu’elle cesse d’être impuissante à agir face aux exactions que peuvent commettre tels ou tels gouvernements de par le monde. Faire taire les armes est possible, reconstruire la Syrie aussi, encore faut-il ne pas crier avec les pompiers pyromanes…

Notes

[1] http://www.lexpress.fr/actualites/1/monde/alep-la-presse-denonce-l-imp...

[2] http://www.lexpress.fr/actualite/monde/il-y-a-dans-le-martyre-d-alep-d...
[3] https://twitter.com/hadialabdallah
[4] https://twitter.com/Linashamy
[5] https://twitter.com/Mr_Alhamdo?ref_src=twsrc%5Etfw
[6] https://twitter.com/montheretaky
[7] https://twitter.com/BilalKareem
[8] http://ogn.news/iwn/
[9] http://syrie.blog.lemonde.fr/2011/11/30/que-veulent-et-que-peuvent-les...
[10] http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2014/08/21/comment-paris-a...
[11] https://fr.wikipedia.org/wiki/Arm%C3%A9e_syrienne_libre#cite_ref-121
[12] http://www.lefigaro.fr/international/2012/12/14/01003-20121214ARTFIG00...
[13] http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2012/11/12/washington-sout...
[14] http://www.lepoint.fr/monde/alep-bachar-el-assad-s-apprete-a-commettre...
[15] http://orient-news.net/en/news_show/114676/0/Al-Abdeh-Russia-willing-t...
[16] http://www.lefigaro.fr/vox/societe/2014/04/22/31003-20140422ARTFIG0008...
[17] https://www.senat.fr/rap/r15-757/r15-7571.pdf
[18] http://www.marianne.net/djihadisme-nombre-departs-francais-irak-syrie-...
[19] http://www.lemonde.fr/djihad-online/article/2016/09/21/l-ex-front-al-n...
[20] https://fr.wikipedia.org/wiki/Organisation_de_la_coop%C3%A9ration_islamique
[21] http://www.unmultimedia.org/radio/french/2016/10/syrie-lappel-de-staff...
[22] http://www.imolaoggi.it/2016/12/03/de-mistura-onu-ai-terroristi-di-al-...
[23] http://www.ouest-france.fr/monde/syrie/hollande-recoit-le-representant...
[24] http://orientxxi.info/magazine/idleb-sous-la-ferule-de-jabhat-al-nosra,1202
[25] http://www.slate.fr/story/118135/al-qaida-fonder-emirat
[26] http://observers.france24.com/fr/20161118-sirnak-ville-rasee-symbole-g...
[27] http://tempsreel.nouvelobs.com/monde/guerre-en-syrie/20160825.OBS6885/...
[28] https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9f%C3%A9rendum_constitutionnel_syr...
[29] http://www.assemblee-nationale.fr/14/rap-info/i3472.asp
[30] http://www.defense.gouv.fr/actualites/operations/un-nouveau-commandant...

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Article d'actualité.

Un article publié par Arrêt sur Info

En Occident, pas de pleureuses pour les enfants yéménites, par Bruno Guigue . (03.01)

Par Bruno Guigue

La prospérité de notre industrie de l’armement vaut bien la vie de quelques milliers d’enfants yéménites. C’est ce que répondit implicitement Manuel Valls lorsqu’on lui demanda ce qu’il pensait des bombardements saoudiens qui dévastent le Yémen et terrorisent sa population. « Est-il indécent de se battre pour nos emplois ? » répondit le premier ministre le 15 octobre 2015 sur Bfm/Tv. « Indécence », dites-vous ? A la tête d’un gouvernement qui aura généreusement distribué des armes et des médailles aux coupeurs de tête du Golfe, Manuel Valls sait de quoi il parle.

Depuis mars 2015, la « coalition » conduite par Riyad déchaîne le feu du ciel contre des civils sans défense en prétendant combattre une rébellion houthie coupable de s’être alliée avec l’ex-président Ali Abdallah Saleh contre son successeur Abd Rabbo Mansour Hadi, instrument docile de la monarchie saoudienne. Selon l’ONU, cette intervention militaire meurtrière a fait plus de 10 000 victimes. Elle a provoqué une catastrophe humanitaire, 400 000 enfants souffrant de malnutrition dans un pays dévasté par les bombardements et privé de ressources par l’embargo que lui imposent les pétromonarchies.

Dans une totale impunité, l’aviation saoudienne n’épargne ni les écoles, ni les hôpitaux, ni les cérémonies religieuses. Elle répand la terreur, elle cherche à faire plier, en la soumettant à un déluge de feu, une résistance qui infligerait une cuisante défaite aux forces coalisées si elles avaient le courage de l’affronter sur le champ de bataille. Les wahhabites, en fait, ne mènent pas une guerre contre des combattants, mais une entreprise systématique de démoralisation de la population, de destruction totale, d’arasement des infrastructures du pays.

Cette œuvre mortifère, ses auteurs la justifient en invoquant la légalité internationale. Le mouvement « Ansarullah », en effet, a investi la capitale du pays en septembre 2014 et poussé le président Mansour Hadi à la démission en janvier 2015. Effet à retardement de la « révolution » ratée de 2011, ce succès inattendu a pris de court les Saoudiens et leurs parrains occidentaux. Décidés à intervenir dans le conflit, ils ont obtenu du conseil de sécurité de l’ONU le vote de la résolution 2216 du 14 avril 2015 condamnant la prise du pouvoir par les Houthis et affirmant la légitimité du président Hadi.

Cette décision onusienne a offert à Riyad une couverture juridique l’autorisant à frapper le Yémen sans ménagement pour vaincre la rébellion. Perversion du droit international, c’est un chèque-en-blanc qui permet au pays arabe le plus riche d’écraser sous les bombes le pays arabe le plus pauvre. Tout se passe comme si l’agresseur bénéficiait d’une sorte de permis de tuer à grande échelle, avec la bénédiction de puissances occidentales qui lui fournissent des armes en quantité illimitée tandis que la rébellion houthie se voit frappée par l’embargo.

On se demande alors quel crime le peuple yéménite a pu commettre pour endurer un tel supplice. Aurait-il commis des actes terroristes ? Certainement pas. Il est la première victime des attentats meurtriers perpétrés par Daech et Al-Qaida, comme celui contre les mosquées chiites de Sanaa qui fit 142 morts le 20 mars 2015. Ces organisations, en revanche, ont longtemps bénéficié de l’étrange inaction de la coalition, notamment dans la région d’Al-Mukallah. Peine perdue ! Cette alliance objective sur fond de haine anti-chiite n’a pas mis les forces « loyalistes » à l’abri des attentats-suicides qui vont bientôt les frapper à leur tour en 2016.

D’où vient, alors, l’acharnement de Riyad contre le Yémen ? Selon la propagande saoudienne, il serait justifié par la complicité des Houthis avec Téhéran. Appartenant à la communauté chiite « zaydite », le mouvement « Ansarullah » servirait les ambitions géopolitiques de l’Iran. Les causes du conflit yéménite sont endogènes, l’aide fournie par les Iraniens aux rebelles est dérisoire, mais Riyad s’obstine à dénoncer l’influence malfaisante des mollahs. C’est une situation ubuesque. Les Houthis sont coupés du monde par l’embargo et bombardés par une puissante aviation, et Riyad les traite, sur leur propre sol, comme s’ils étaient des mercenaires étrangers !

Le voilà donc, son crime, à ce Yémen rebelle. Il est en cheville avec les forces du mal, il pactise avec le diable. Décidément inconscients, les Houthis admirent le Hezbollah libanais, ils soutiennent la Syrie souveraine, ils croient encore au nationalisme arabe. Pour ceux qui entendent asservir la région aux intérêts impérialistes, Sanaa est une épine dans le pied. Le Yémen a commis une faute politique qu’il va devoir expier dans la douleur. Vu de Riyad, il va falloir étouffer ce foyer de contestation d’un ordre impérial auquel se cramponnent des pétromonarchies vermoulues. L’Arabie saoudite ne veut pas, tout simplement, d’un Yémen indépendant et unifié.

Pour ce pays martyrisé qui n’intéresse personne, on n’entendra pas de jérémiades. Ni « génocide », ni « massacre », ni « barbarie » à l’horizon dans les colonnes de la presse mainstream. Le chœur des pleureuses occidentales est aux abonnés absents. Ni « Casques blancs » financés par des fondations anglo-saxonnes, ni parlementaires français en goguette pour « éveiller les consciences », ni gauchistes indignés qui appellent à la « solidarité révolutionnaire », ni droits-de-l’hommistes qui signent héroïquement des pétitions à la pelle, rien, nada. Le Yémen est sorti des écrans-radar, rayé de la liste des causes qui en valent la peine. Il est abandonné aux criminels wahhabites par l’indécente lâcheté d’un Occident complice. Mais, qui sait, le peuple yéménite n’a peut-être pas dit son dernier mot.

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Un article publié par Arrêt sur Info.

Politique migratoire européenne: Le CESE prépare un « kit de communication ». (03.01)

Par OJIM

LE CESE PRÉPARE UN « KIT DE COMMUNICATION » POUR LES ATTACHÉS DE PRESSE

LE COMITÉ ÉCONOMIQUE ET SOCIAL EUROPÉEN (CESE) ORGANISAIT LES 24 ET 25 NOVEMBRE 2016 UN SÉMINAIRE POUR DES « ATTACHÉS DE PRESSE DE LA SOCIÉTÉ CIVILE » DESTINÉ À REPÉRER LES BONNES PRATIQUES EN MATIÈRE DE COMMUNICATION SUR LE SUJET DES MIGRANTS. PARTANT DU CONSTAT QUE LA FAIBLE ACCEPTATION PAR LES CITOYENS DE LA POLITIQUE MIGRATOIRE EUROPÉENNE « OUVERTE » EST DUE À UNE PERCEPTION ERRONÉE, L’OBJECTIF EST DE LA CORRIGER GRÂCE AUX RELAIS D’INFORMATIONS EN CONTACT AVEC LES MÉDIAS.

Dans son livre, Assimilation : la fin du modèle français (édition du Toucan, 2013), la démographe Michèle Tribalat a mis en lumière les orientations de l’Union européenne en matière de politique migratoire. À partir, notamment, des communications du Conseil européen, en particulier celles du 19 novembre 2004 (communiqué de presse de la 2618e session du conseil, 19 novembre 2004, cité par M. Tribalat) et de l’Agenda 2011 pour l’intégration des ressortissants des pays tiers (communication de la commission européenne du 20 juillet 2011, citée par M. Tribalat), la démographe déduisait les postulats du Conseil Européen et de la Commission Européenne : l’immigration est inéluctable, elle a un caractère bénéfique sur l’économie, la cohésion sociale et le sentiment de sécurité pourvu que nous sachions la gérer correctement.

Le rapport de prévisions économiques de la Commission Européenne publié le 5 novembre 2015 va dans le même sens : l’afflux prévu de 3 millions de migrants d’ici 2017 devrait avoir un impact « faible mais positif » sur la reprise économique.

Mais les opinions publiques renâclent et de plus en plus d’électeurs portent leur voix sur des candidats hostiles à l’ouverture de frontières. Il importe donc pour le CESE d’agir sur les informations dispensées aux médias et de participer ainsi à la formation des opinions. En premier lieu en sensibilisant les journalistes et ceux qui leur fournissent des informations (Organisations Non Gouvernementales, organisations internationales, etc.).

C’est ce constat qui est à l’origine du séminaire des attachés de presse de la société civile organisé à Vienne (Autriche) les 24 et 25 novembre 2016, avec pour thème : « communiquer au sujet de la migration », organisé par le CESE.

Si le CESE ne représente pas l’Union européenne, étant un organe consultatif de cette institution, il se veut un « pont entre l’Europe et la société civile organisée », comme indiqué sur son site.

FORMER LES COMMUNICANTS

Les participants à ce séminaire sont « des journalistes, des professionnels de la communication et des experts de la société civile en matière de migration ainsi que des représentants d’institutions européennes et internationales exerçant une mission dans ce domaine ».

Le postulat est que « les médias ont joué un rôle majeur en diffusant des informations relatives à ce que l’on appelle la crise des réfugiés ou crise migratoire, à tel point que l’opinion publique et les actions politiques elles-mêmes en ont indubitablement été influencées ».

Il faut lire le programme du séminaire et des différents ateliers pour y trouver les constats et présupposés des organisateurs :

« Les messages relatifs à la crise migratoire ont été diffusés par des journalistes, des décideurs politiques, des dirigeants, des personnes actives sur les réseaux sociaux, voire par la population – et parfois avec beaucoup d’inexactitudes », « Le Brexit n’est qu’un exemple d’un débat fondamental qui a été influencé par l’opinion publique en ce qui concerne la question migratoire et ce, à un point tel que nous pourrions nous poser la question suivante : le résultat du référendum sur le Brexit aurait-il été le même sans la question de la migration ? »

Les électeurs du référendum sur le Brexit auraient donc été influencés par des informations anxiogènes, capitalisées par les partisans victorieux de la sortie de la Grande Bretagne de l’Europe.

FORMATER LES OPINIONS

L’objectif du séminaire est de « formuler des conseils utiles pour une communication plus claire et plus ciblée, afin de lutter contre la polarisation au sein des sociétés européennes et de renforcer la solidarité avec les réfugiés, les demandeurs d’asile et les migrants ainsi qu’entre les États membres de l’UE ».

L’avis du CESE d’avril 2016 sur « L’intégration des réfugiés dans l’UE » permet de mieux connaitre sa position sur le mouvement migratoire actuel : « L’UE et ses États membres sont confrontés actuellement à une arrivée massive de réfugiés en y étant, dans une large mesure, pas préparés. Toutefois, le nombre de ces arrivants ne représente qu’une petite partie des personnes en déplacement dans le monde, et un tel phénomène n’est pas inédit dans l’histoire récente de l’Europe. Tous les niveaux de gouvernement et de nombreuses organisations de la société civile doivent coopérer pour accueillir les réfugiés et garantir leur intégration une fois que leur statut de protection est accordé.».

L’avis du 11 septembre 2014 est plus explicite : « Le CESE considère que la nouvelle phase de la politique européenne d’immigration doit proposer une vision stratégique à moyen et à long terme. Elle doit veiller, d’une manière générale et globale, à prévoir des canaux d’entrée réguliers, ouverts et flexibles ».

Dans ce cadre, le recueil de bonnes pratiques en matière de communication devrait permettre de sélectionner les éléments de langage et informations « pertinentes » pour mieux faire accepter l’afflux de migrants que nous connaissons actuellement.

À titre d’exemple, un universitaire anglais participant au séminaire, Rafal Zaborowski, a mené une enquête sur le thème « crise migratoire dans les medias : fabrication ou reflet de la crise ? »

À partir de l’analyse de journaux de 7 pays européens, l’universitaire fait le constat que la narration de la crise migratoire met souvent l’accent sur les menaces sur le territoire, les valeurs, l’identité et la sécurité. Des informations seraient minorées, comme le contexte des migrants (histoire, guerre, géopolitique), leur humanité et ce qu’ils peuvent apporter à l’Europe.

L’Obs serait-il un précurseur en matière de « bonnes pratiques » ? On peut trouver sur son site une rubrique dédiée aux migrants, qui multiplie les exemples de parcours d’intégration réussie, de difficultés quotidiennes des migrants, etc. Autant de récits qui permettent l’identification et visent à développer l’empathie du lecteur. France Inter et France Culture ne sont pas en reste, comme nous l’indiquions dans un précédent billet.

Nous sommes donc bien loin d’une approche large et contextualisée, indiquant les enjeux de toutes natures, sociales, économiques et culturelles, pour les populations d’une Europe, qui compte – faut-il le rappeler – 21,4 millions de chômeurs et 29 millions de travailleurs pauvres.

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Article d'actualité.

Un article publié par Arrêt sur Info

L’OTAN débarque en Colombie. (03.01)

Par Héctor Bernardo

« Le démantèlement de la République fédérative socialiste de Yougoslavie a été une étape importante pour ouvrir les portes d’une expansion vers l’Est de l’OTAN et de l’Union Européenne. Il a ouvert la route pour la marche vers les frontières de la Russie et de l’ex-Union soviétique. L’ex-Yougoslavie était aussi un obstacle majeur vis-à-vis du projet euro-atlantique de l’OTAN et de l’UE en Europe. En outre, la guerre de l’OTAN en Yougoslavie a permis de préparer la logistique des guerres en Afghanistan et en Irak. »

[Mahdi Darius Nazemroaya. auteur de l’ouvrage « The globalisation of NATO » (La mondialisation de l’OTAN), 2014 ]

Le Président Santos a annoncé un accord entre son pays et l’Organisation commandée par les USA. Cet accord vient parachever la mise en coupe réglée de l’Amérique latine, un continent truffé des bases militaires US. La signature de l’accord met en danger la paix dans la région. La journaliste Stella Calloni a dit: « C’est un accord avec des assassins. L’OTAN est une organisation terroriste qui a créé Daech et d’autres groupes similaires ».

Le président de la Colombie, Juan Manuel Santos a confirmé la conclusion d’un accord entre son pays et l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN). L’annonce a provoqué une grande inquiétude parmi les promoteurs de l’accord de paix entre le gouvernement et les FARC-EP, les dirigeants de la région et les analystes politiques.

L’accord avait été demandé par le gouvernement colombien. Après avoir appris que la demande avait été approuvée par l’OTAN, Santos a déclaré lors d’un événement public: «C’est une nouvelle qui me remplit de joie et de satisfaction parce que nous avions cet objectif depuis que j’étais ministre de la Défense. Nous avions demandé il y a environ neuf ans de faire un accord de coopération mutuelle, qui est la forme la plus élevée de relation de l’OTAN avec des pays qui n’en sont pas membres « .

L’OTAN a été créée après la Seconde Guerre mondiale avec l’intention de freiner une possible avancée de l’Union soviétique. Ses membres majeurs sont les USA, LE Royaume-Uni, la France et l’Allemagne (aux actions desquels se joint toujours, bien qu’il n’en soit pas membre, Israël).

L’annonce de la signature d’un accord avec la Colombie a provoqué une grande inquiétude dans la région, vu quel’OTAN, rien que la partie écoulée de ce siècle, a impulsé des guerres en Irak, en Libye et en Syrie, causant des centaines de milliers de morts et d’énormes crise humanitaire. «Les réfugiés» que les médias montrent en train d’essayer désespérément d’atteindre l’Europe (et dont beaucoup meurent en mer) ne sont que les victimes fuyant les guerres déclenchées par l’OTAN en Libye et en Syrie.

Le bombardement de peuples sans défense, ainsi que la promotion et le financement de divers groupes terroristes, dont l’État islamique (ISIS), sont la marque distinctive de l’OTAN.

L’image de la secrétaire d’État US Hillary Clinton, célébrant l’assassinat sauvage de Mouammar Kadhafi, commis par l’un des groupes terroristes parrainés par l’OTAN, est un élément éloquent pour comprendre les intérêts et le fonctionnement de cette organisation.

Le gouvernement vénézuélien a exprimé sa préoccupation suite à l’annonce de Santos. Dans une déclaration, il a dit: « La République bolivarienne du Venezuela exprime sa profonde préoccupation et son rejet de l’annonce du Président de la République de Colombie, Juan Manuel Santos, sur l’ouverture de discussions pour concrétiser un accord de coopération militaire entre la Colombie et l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN). »

« Le gouvernement vénézuélien est fermement opposé à la tentative d’introduire des facteurs externes ayant une capacité nucléaire dans notre région, dont les agissements passés et récents relèvent d’une politique de guerre, violent les accords bilatéraux et régionaux auxquels la Colombie est partie (UNASUR, CELAC) par lesquels l’Amérique latine et les Caraïbes ont été déclarées zone de paix. Cette annonce porte atteinte aux principes de Bandoung qui ont donné lieu au Mouvement des non-alignés (NAM), qui interdit expressément à ses États membres de participer à des alliances militaires « , dit la déclaration.

Dans un dialogue avec Contexto, la journaliste, chercheuse et analyste internationale Stella Calloni a déclaré que «si cet accord est établi entre la Colombie et l’OTAN, ce serait une violation du droit international. L’OTAN a été créée pour défendre le territoire de l’Europe après la Seconde Guerre mondiale. C’est la même OTAN qui est utilisée pour les guerres dont ont besoin les USA, la Grande-Bretagne et Israël « .

« Cela montre le manque de sérieux du président Juan Manuel Santos, quand il a négocié la paix avec la guérilla. Quelle paix peut-il y avoir dans un pays qui est à la merci de l’OTAN, une organisation qui a produit les plus grands génocides de ce siècle? « , demande l’experte.

Calloni a conclu: “Ceci est un accord avec des assassins. L’OTAN est une organisation terroriste qui a créé Daech et d’autres groupes similaires. C’est une situation très grave”.

Il faut rappeler que l’Amérique latine est truffée de bases militaires américaines. Le sociologue et chercheur Atilio Boron et la journaliste Telma Luzzani ont calculé qu’il y a plus de 80 bases dans la région, dont au moins sept en Colombie.

À cela s’ajoutent le fait que le président de l’Argentine Mauricio Macri a signé un accord pour la participation du Commandement Sud des USA sur le territoire argentin, l’intention d’installer deux bases US dans le nord et le sud du pays et le désintérêt montré par le président et sa ministre des Affaires étrangères, Susana Malcorra pour la revendication argentine de souveraineté sur les Malouines, où l’OTAN a déjà une base militaire, illégale.

Toutes ces actions parachèvent progressivement le bouclage d’un continent qui, ces derniers temps, avait augmenté ses liens politiques et économiques avec la Chine et la Russie, les deux principaux concurrents des USA.

Base aérienne militaire de la Royal Air Force britannique de Monte Agradable (Mount Pleasant) dans l’île Soledad à 48 km au sud-ouest de Puerto Argentino/Stanley, capitale des Malouines

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Article d'actualité.

Un article publié par Réseau Voltaire

L’héritage du « démocrate ». (03.01)

Ainsi se terminent les deux mandats de Barack Obama : aucun des objectifs stratégiques de l’Empire états-unien n’a été atteint, mais le président termine en prenant diverses mesures contraignantes et répressives. Qu’adviendra-t-il lorsque qu’un anti-impérialiste lui succédera à la Maison-Blanche ?

par Manlio Dinucci

À la veille de la passation de pouvoirs à la Maison-Blanche, 2017 s’ouvre avec le massacre terroriste en Turquie, deux semaines après l’assassinat de l’ambassadeur russe à Ankara, perpétré le jour précédant la rencontre à Moscou entre la Russie, l’Iran et la Turquie pour un accord politique sur la Syrie ; rencontre dont étaient exclus les États-Unis. Engagés, dans les derniers jours de l’administration Obama, à créer la plus grande tension possible avec la Russie, accusée même d’avoir subverti, avec ses « malins » hackers et agents secrets, l’issue des élections présidentielles qu’aurait dû gagner Hilary Clinton. Cela aurait assuré la poursuite de la stratégie néo-con, dont la Clinton a été l’artisan pendant l’administration Obama.

Celle-ci se termine à l’enseigne de l’échec des principaux objectifs stratégiques : la Russie, envoyée dans les cordes par la nouvelle Guerre froide déclenchée par le putsch en Ukraine et par les sanctions consécutives, a pris Washington par surprise en intervenant militairement en soutien de Damas. Ce qui a empêché que l’État syrien fut démantelé comme celui libyen et a permis aux forces gouvernementales de libérer de vastes zones contrôlées pendant des années par al-Nosra (al-Qaïda), Daesh, et d’autres mouvements terroristes fonctionnels à la stratégie USA/Otan. Approvisionnés en armes, payés avec des milliards de dollars par l’Arabie saoudite et autres monarchies, à travers un réseau international de la CIA (documenté par le New York Times en mars 2013) qui les faisait arriver en Syrie à travers la Turquie, avant-poste Otan dans la région.

Mais maintenant, devant l’évident échec de l’opération, qui a coûté des centaines de milliers de morts, Ankara s’en sort en ouvrant une négociation avec l’intention d’en tirer le plus grand avantage possible. À cet effet, il ravaude les rapports avec Moscou, qui étaient arrivés au point de rupture, et prend ses distances avec Washington.

Un affront pour le président Obama. Celui-ci, cependant, avant de passer le bâton de commandement au nouvel élu, Donald Trump, tire ses dernières cartouches.

Cachée dans les plis de l’autorisation de la dépense militaire 2017, signée par le président, se trouve la loi pour « contrecarrer la désinformation et propagande étrangères », attribuées en particulier à Russie et Chine, laquelle confère d’ultérieurs pouvoirs à la tentaculaire communauté de renseignement, formée de 17 agences fédérales. Grâce aussi à une allocation de 19 milliards de dollars pour la « cyber-sécurité », elles peuvent faire taire n’importe quelle source de « fausses nouvelles », sur jugement incontestable d’un « Centre » ad hoc, assisté par des analystes, journalistes et autres « experts » recrutés à l’étranger. Ainsi devient réalité l’orwellien « Ministère de la Vérité » qui, pré-annonce le président du parlement européen Martin Shultz, devrait être aussi institué par l’UE.

Sortent aussi potentialisées par l’administration Obama les forces spéciales, qui ont étendu leurs opérations secrètes de 75 pays en 2010 à 135 en 2015.

Dans ses actes conclusifs l’administration Obama a rappelé le 15 décembre son soutien à Kiev, dont elle arme et entraîne les forces, bataillons néo-nazis compris, pour combattre les Russes d’Ukraine.

Et le 20 décembre, en fonction anti-russe, le Pentagone a décidé la fourniture à la Pologne de missiles de croisière à longue portée, avec capacités pénétrantes anti-bunker, armables aussi de têtes nucléaires.

Du démocrate Barack Obama, Prix Nobel de la paix, reste à la postérité l’ultime message sur l’État de l’Union : « L’Amérique est la plus forte nation sur la Terre. Nous dépensons pour le militaire plus que ne dépensent ensemble les huit nations suivantes. Nos troupes constituent la meilleure force combattante dans l’histoire du monde ».

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Article d'actualité.

Un article publié par Arrêt sur Info

«Le point de vue américain est imposé au monde». (31.12)

Interview de Willy Wimmer accordée à «Sputniknews»

Willy Wimmer, ancien vice-président de l’Assemblée parlementaire de l’OSCE et ancien Secrétaire d’Etat auprès du ministère allemand de la Défense, n’est pas surpris du fait que l’ONU – ainsi que les grands médias occidentaux reprennent et diffusent des fausses nouvelles [«fake news»] concernant la situation à Alep. Selon lui, ces médias sont depuis belle lurette axés sur le soutien de la politique belliciste de l’OTAN.

Sputniknews: Monsieur Wimmer, mardi dernier, l’ONU a publié un rapport dans lequel elle prétend que les troupes gouvernementales auraient massacré, déporté et torturé un grand nombre de civils. L’origine de la provenance de ces informations n’est pas claire, dans le rapport on mentionne uniquement des «sources fiables». Que penser d’un tel rapport?

Willy Wimmer: Depuis de nombreuses années, nous devons malheureusement constater que partant de l’OSCE, en passant par la Croix-Rouge, et jusqu’aux Nations Unies, on tombe sur des rapports de ce genre rédigés selon les intérêts américains et anglo-saxons. Nous avons constaté dans les organisations internationales que des rapports, somme toute objectifs, devaient être soumis avant publication à l’ambassadeur américain ou au chef de délégation, afin qu’ils puissent y placer le point de vue américain sur les questions mondiales.

Au vu de ces expériences réalisées dans le passé, il faut être bien conscient que c’est une façon de procéder courante. J’évoque entre autre le Comité international de la Croix-Rouge, du fait qu’il est, de mon point de vue, difficilement acceptable que le principal financier de cette organisation importante soit les Etats-Unis, alors que les Etats européens y participent tout juste par 1 ou 2%. S’il fallait vraiment savoir ce qu’il se passe dans les diverses régions du monde, les populations ébahies pourraient éventuellement penser que ces rapports sont corrects. Toutefois, les expériences vécues au cours des dernières 20 années montrent qu’on ne peut en règle générale pas s’y attendre.

Quels objectifs les Nations Unies poursuivent-elles actuellement?

Les seuls Etats engagés en Syrie en conformité avec le droit international sont le gouvernement légitime de Syrie lui-même, la Fédération de Russie et l’Iran. Mais en considérant les développements des cinq dernières années, on constate qu’ils n’ont guère obtenu de soutien de la part des Nations Unies. Les guerres des Balkans nous ont montré que les Nations Unies sont devenues un instrument d’agression de l’OTAN. C’est comme un fil rouge traversant tout et détruisant la confiance devant régner dans la communauté internationale et au sein des peuples envers des organismes aussi importants que la Croix-Rouge, l’OSCE et les Nations Unies. On y mène une politique de guerre dans l’intérêt des Américains et des Anglo-Saxons et on trouve aux Nations Unies suffisamment de groupes pour participer à ce jeu.

Le ministre des Affaires étrangères russe Lavrov a déjà réagi à ce rapport en affirmant que les organisations humanitaires sur place ne pouvaient pas confirmer ces horreurs relatées. Les médias occidentaux diffusent toutefois sans état d’âme ce rapport de l’ONU. Qu’en pensez-vous?

C’est la litanie belliciste de l’Occident que nous entendons depuis la guerre contre Belgrade en 1999. Les grands médias occidentaux sont orientés dans le sens d’offrir un soutien offensif à la politique de guerre de l’OTAN ou des puissances bellicistes telles les Etats-Unis, la Grande Bretagne et la France. On ne trouve pas l’ombre d’un doute dans ces journaux – un doute forcément décelable auparavant si l’on avait eu affaire à de tels évènements. On voit aussi à quel point les pays occidentaux s’auto-aveuglent quand elles citent des organisations telles l’Observatoire syrien des droits de l’homme, basée en Angleterre, ou les Casques Blancs, présentée au monde entier comme une organisation «humanitaire» tout en demeurant très controversée. Cela détruit forcément la confiance au niveau international et nos propres populations n’accordent plus de crédit à nos gouvernements.

Albrecht Müller, éditeur du site «NachDenkSeiten» a démontré, dans un article très détaillé, à quel point les articles des médias occidentaux sont unilatéraux. Un exemple patent est la publication de vidéos non datées de personnes prétendument coincées à Alep et demandant de l’aide notamment sur le site de «Spiegel online», alors que les caméras d’observation russes montraient en temps réel l’évacuation de civils et de rebelles. Comment justifier de telles différences dans les médias allemands?

C’est la politique gouvernementale, c’est une politique agressive de l’OTAN. Nous savons que le directeur de la communication de l’OTAN est ce malheureux Jamie Shea, qui, en 1999, a quotidiennement excité les populations pour qu’elles soutiennent la guerre, en s’efforçant par la suite de maintenir cet état d’esprit belliciste. Dans une telle situation, on ne peut guère espérer même un semblant de reportages objectifs. Depuis la seconde guerre d’Irak et tous les mensonges qu’on nous a fait ingurgités en lien avec le Kuwait, on sait très bien que l’essentiel de ces désinformations massives proviennent d’agences de communications américaines. Quand on apprend qu’il y a deux ans, pour la première fois dans l’histoire moderne allemande, la Chancellerie fédérale allemande a exigé l’engagement de «spin-doctors» (conseillers en communication), on sait à quoi s’en tenir. Qui leur octroie encore un quelconque crédit? En fait plus personne, pas même eux-mêmes, pensent ce qu’ils publient!

A la demande de «Sputnik», les responsables du rapport de l’ONU ont refusé de citer leurs sources, soi-disant pour des raisons de protection des sources. Toutefois, face à de telles accusations, l’ONU ne devrait-elle pas jouer la transparence?

Les Nations Unies doivent retrouver leur caractère premier en conformité avec le service dû à la paix internationale. Tant qu’elles se transforment en un organe subsidiaire de l’OTAN, personne ne leur accordera confiance. Tant que cette situation dure, elles sont presque obligées de livrer des justifications fallacieuses à Sputnik ou d’autres médias critiques.

Lors du sommet de l’UE à Bruxelles, la chancelière Merkel a accusé ouvertement la Russie et l’Iran d’avoir perpétré des crimes. Peut-elle se permettre cela actuellement?

Il semble que cette femme peut tout se permettre. Mais il suffit de tendre l’oreille vers la population pour constater que les gens ne prennent plus au sérieux ses paroles. Cela relève aussi du fait qu’il est largement connu en Allemagne et dans les autres pays européens que ce sont les Américains, les Britanniques et les Français qui ont envoyé leurs forces spéciales pour mettre le feu aux poudres dans ce conflit qui dure depuis cinq ans. Pourquoi n’a-t-on pas entendu la voix de la chancelière allemande au moment de ces activités illégales de nos alliés? A-t-on entendu la voix de la chancelière lors de ces actes honteux? Il faut aussi se rendre compte que les responsables des guerres menés en violations du droit international, comme Tony Blair, devinrent par la suite les représentants européens précisément dans cette région du Proche- et du Moyen-Orient. Cela signifie que la perversion est devenue un système chez nous. Et on peut se demander dans quelle mesure Mme Merkel a contribué à faire déférer le Premier ministre britannique auprès de la Cour pénale internationale de Den Haag? Ce fut tout de même le début de ce que nous vivons actuellement. C’est bien ce dont se rend compte une bonne partie de la population en Allemagne.

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Article d'actualité.

Un article publié par Arrêt sur Info

L’ancien directeur du Mossad avoue qu’Israël s’est mis dans le même lit qu’al-Nosra. (30.12)

Une interview réalisée en mai 2016

Une vidéo mise en ligne sur youtube en juin 2016 (et qui est bien authentique) montre Efraim Halevy — « avocat et expert du renseignement israélien [qui] a été le neuvième directeur du Mossad et le 4ème chef du Conseil de sécurité nationale israélien » d’après le descriptif —, interviewé par le journaliste Mehdi Hasan de l’émission UpFront (AlJazeera, émission du 31/05/2016) qui pose en anglais la question suivante, parmi d’autres questions sur la situation en Syrie:

« Il y a eu des rapports établissant qu’Israël traite des combattants rebelles syriens blessés dans des hôpitaux à la frontière, y compris des combattants du front Nosra, qui est bien sûr la branche syrienne d’al-Qaïda. Est-ce que ces rapports vous inquiètent, qu’Israël aide des combattants blessés, alliés d’al-Qaïda?

Voici la réponse d’Efraim Halevy:

« Comme je l’ai dit avant, c’est toujours utile de traiter avec vos ennemis d’une manière humaine. Je pense que, quand on a des gens qui sont blessés, vous traitez avec eux de manière humaine, la considération de les ramener à l’intérieur n’est pas seulement de savoir si c’est politiquement utile, ou…

Le journaliste:

« C’est purement humanitaire, dites-vous. Il n’y a pas de stratégie tactique ou politique?

Efraim Halevy:

Je n’ai pas dit qu’il n’y a pas de tactique. J’ai dit que la considération principale, la considération immédiate, est humaine.

Le journaliste:

Mais les problèmes tactiques impliqués, vous savez mieux que moi l’expression du « contre-coup ». Vous ne pensez pas qu’il y aura un contre-coup contre Israël, si vous vous mettez dans le même lit que le front Nosra?

Efraim Halevy:

Je ne pense pas. Je ne pense pas qu’il y aura un contre-coup.

Le journaliste:

Pourquoi?

Efraim Halevy:

Parce que je pense, malheureusement, que les règles du jeu en Syrie sont telles que vous pouvez y faire des choses qui ne sont pas possibles ailleurs.

Le journaliste:

Traiteriez-vous aussi des combattants du Hezbollah?

Efraim Halevy:

Non.

Le journaliste:

Je ne veux pas contredire ce que vous disiez quelques minutes plus tôt, de traiter humainement vos ennemis.

Efraim Halevy:

Non, je pense que les combattants du Hezbollah, avec eux, nous avons une situation différente, car le Hezbollah a mené des actions contre nous. […] Al-Qaïda n’a pas attaqué Israël jusqu’à présent.

Le journaliste:

Ils ont attaqué votre allié n°1, protecteur et sponsor, les Etats-Unis, il y a une « guerre contre le terrorisme » depuis 15 ans.

Efraim Halevy:

Tout d’abord, quand il s’agit de combattre al-Qaïda, dans le renseignement et d’autres domaines, oui, nous sommes ensemble avec les Etats-Unis dans toutes ces choses. Mais Israël n’a pas été spécifiquement la cible d’al-Qaïda, et ainsi, c’est une situation différente de celle que nous avons avec le Hezbollah.

Voir l’extrait de la vidéo: https://www.youtube.com/watch?v=dDtD_Ws2Z64

Voir la vidéo intégrale:

« L’ancien chef du Mossad sur l’aide médicale israélienne au front al-Nosra » http://www.aljazeera.com/programmes/upfront/2016/05/mossad-head-israel-medical-aid-al-nusra-front-160531081744269.html

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Article d'actualité.

Un article publié par Arrêt sur Info

Lettre ouverte aux «défenseurs des droits de l’homme» à propos d’Alep. (30.12)

Des «tartuffes», des «hypocrites», des «salauds»… L’essayiste belge Jean Bricmont ne mâche pas ses mots, en s’indignant des intérêts réels de ceux qui prétendent défendre les droits de l’homme en Syrie.

Par Jean Bricmont

Tout d’abord, ceci n’est pas une attaque contre les droits de l’homme, comme idéal à atteindre, et le titre complet de l’article devrait être: «Lettre ouverte à ceux qui invoquent sélectivement les droits de l’homme pour justifier la politique d’ingérence des puissances occidentales dans les affaires intérieures des autres pays.»

En effet, la seule question qui mérite d’être discutée à propos de l’affaire syrienne, ce n’est pas la situation sur le terrain (qui est sans doute compliquée), mais la légitimité de la politique d’ingérence des États-Unis et de leurs «alliés», c’est-à-dire des Européens, de la Turquie et des États du Golfe, dans ce pays.

Depuis des décennies, l’idée de base du droit international, à savoir l’égale souveraineté des États et la non ingérence d’un État dans les affaires intérieures d’un autre a été systématiquement battue en brèche, au point d’être pratiquement oubliée, par les partisans du «droit d’ingérence humanitaire» (voir «Massacres à Alep : lettre à un camarade qui s’obstine à justifier l’injustifiable» de Julien Salingue, qui ne mentionne nulle part le droit international, comme exemple frappant de cet oubli dans la «gauche radicale». Salingue reproche en fait aux Occidentaux de ne pas avoir fourni plus d’armes aux rebelles c’est-à-dire de ne pas avoir violé ce droit plus encore qu’ils ne l’ont fait).

Le principe de non ingérence rend illégal tout ce que font les États-Unis un peu partout dans le monde: pas seulement les invasions «préventives», mais aussi les achats d’élections, les armements de rebelles, ou les sanctions et embargos unilatéraux.

Il faut peut-être rappeler les raisons sur lesquelles se fondent les principes du droit international. Tout d’abord, Il y a la leçon tirée de la Seconde Guerre mondiale. C’est l’usage par l’Allemagne de la politique des minorités en Tchécoslovaquie et en Pologne qui a été à l’origine de la guerre, politique qui a encore été amplifiée lors de l’invasion de l’Union soviétique. Cette politique a eu, à la fin de la guerre, des conséquences catastrophiques pour les minorités qui avait été utilisées par les Allemands.

C’est en partie pour cela que les vainqueurs, qui ont rédigé la charte de l’ONU, ont voulu «protéger l’humanité du fléau de la guerre» en rendant illégale la politique d’ingérence.

La politique de non ingérence a encore été renforcée par la décolonisation des années 1950 – 1970. La dernière chose que les pays issus de cette décolonisation souhaitaient, c’était que les anciennes puissances coloniales s’ingèrent dans leurs affaires intérieures.

C’est pourquoi le rejet de la politique d’ingérence fait la quasi unanimité des pays du Sud. On lit, par exemple, dans la résolution adoptée lors du sommet des pays non alignés, à Kuala Lumpur en février 2003, peu avant l’invasion de l’Irak, que : «Les chefs d’Etats ou de gouvernement réaffirment l’engagement du mouvement pour renforcer la coopération internationale afin de résoudre les problèmes internationaux ayant un caractère humanitaire en respectant pleinement la charte des Nations unies et, à cet égard, ils réitèrent le rejet par le mouvement des pays non-alignés du soi-disant «droit» d’intervention humanitaire qui n’a aucune base dans la charte des Nations unies ou dans le droit international.»

Par ailleurs, l’ingérence ne peut évidemment se faire que des pays forts à l’égard des pays faibles ; c’est donc une légitimation de la force brute.

Cependant, tous les États forts ne sont pas égaux entre eux. Imaginons un instant que la politique d’ingérence soit admise comme nouveau principe du droit international. Que se passerait-il si la Russie entendait renverser le gouvernement saoudien à cause des «violations des droits de l’homme» dans ce pays? Ou si la Chine décidait d’envoyer des troupes en Israël pour y «protéger les Palestiniens»? On aboutirait rapidement à une guerre mondiale.

Pour comprendre le caractère «inacceptable» de la politique d’ingérence quand il est appliqué à des pays puissants, il suffit de penser aux cris d’orfraie que pousse l’establishment américain suite au soi-disant piratage par les Russes de certains emails rendus publics par Wikileaks. Notons au passage que la réalité de ce piratage reste à prouver et que, même s’il l’était, l’authenticité des emails n’est pas contestée, ce qui signifie que ce piratage aurait simplement permis d’informer le public américain de certaines manoeuvres de leurs dirigeants, ce qui est une peccadille comparé aux interventions américaines en Amérique latine, au Moyen-Orient ou en Indochine.

Les conséquences de la politique d’ingérence sont multiples et catastrophiques. Il y a évidemment les millions de morts dus aux guerres américaines (l’étude suivante arrive à un total de 1,3 million de victimes, rien que pour la «guerre à la terreur»). Mais il ne faut pas s’imaginer que les pays victimes d’ingérence ne vont pas réagir, ne vont pas établir les alliances, et ne vont pas tenter de se défendre en se durcissant sur le plan interne. Quand les États-Unis sont attaqués le 11 septembre 2001, ils prennent des mesures de sécurité et de surveillance sans précédent et surtout, ils se lancent dans l’invasion de deux pays. Comment imaginer que la Syrie, l’Iran, Cuba, la Russie ou la Chine ne vont pas prendre des mesures répressives pour se protéger de la subversion? On entre ainsi dans une logique de guerre sans fin. En effet, après être intervenu en Ukraine et en Syrie, les Occidentaux entrent en conflit avec la Russie et la Chine à cause des mesures que ces pays prennent face à ces interventions. Loin d’être une source de paix, le Conseil de sécurité de l’ONU devient, à cause de la politique d’ingérence, le lieu de toutes les acrimonies. Dans le cas de la Syrie, si, comme il le semble, l’insurrection finit par être vaincue, on ne pourra que constater que la politique d’ingérence, à travers l’armement des rebelles, n’a fait que prolonger les souffrances de la population de ce malheureux pays. Les «défenseurs des droits de l’homme» qui ont appuyé cette politique d’ingérence, portent une lourde responsabilité dans cette tragédie.

Bien que les droits de l’homme soient une idée libérale et que le libéralisme s’oppose en principe au fanatisme, les «défenseurs des droits de l’homme» actuels sombrent souvent dans le fanatisme: on nous met en garde contre une influence russe en Europe parfaitement imaginaire (comparons un instant l’influence commerciale, culturelle, intellectuelle, diplomatique des États-Unis et de la Russie en Europe) et on nous incite à ne pas consulter les «médias du Kremlin». Dans toute guerre, et le soutien aux insurgés en Syrie est une guerre, la première victime est la vérité. N’importe quel esprit vraiment libéral irait consulter la «propagande» de l’autre camp, sans nécessairement la croire sur parole, mais afin de contre-balancer celle à laquelle il est constamment soumis.

Sans même écouter la «propagande russe», qui va s’intéresser à l’étude: «Possible Implications of Faulty US Technical Intelligence in the Damascus Nerve Agent Attack of August 21, 2013» ? Cette étude, réalisée par un ancien inspecteur de l’ONU, Richard Lloyd et un Professeur de Science, Technologie et Sécurité nationale du MIT, Theodore A. Postol, montre que l’attaque au gaz près de Damas en août 2013, qui a failli provoquer une attaque en règle contre la Syrie, ne pouvait pas être le fait du gouvernement syrien. On imagine mal des personnes aussi importantes mentir délibérément pour «soutenir Assad» ou être incompétentes sur des questions de physique relativement élémentaires.

Les «défenseurs des droits de l’homme» se demandent aussi si, après Alep, il est encore possible de discuter avec Poutine. Mais la guerre à la terreur, y compris l’invasion de l’Irak, n’a jamais empêché personne de discuter avec les Américains, malgré les centaines de milliers de morts que cette guerre a provoquées. Au contraire, après 2003, la France s’est d’avantage intégrée dans l’OTAN et a suivi les États-Unis plus fidèlement que jamais.

De plus, les «défenseurs des droits de l’homme» européens sont dans une situation particulièrement absurde: en effet, si l’on prend, par exemple, l’affaire de l’usage des gaz en 2013, attribué au gouvernement syrien, il y avait un large accord en France pour intervenir. Mais en l’absence d’une intervention américaine, une intervention purement française s’est avérée impossible. Les «défenseurs des droits de l’homme» européens en sont réduit à implorer les Américains: «Faites la guerre, pas l’amour !» Mais comme ceux-ci souffrent de «war fatigue» et ont élu un président en principe opposé aux interventions, il ne reste plus aux «défenseurs des droits de l’homme» européens que de faire accepter par leurs peuples des dépenses militaires gigantesques pour créer un rapport de force qui rende crédible la politique d’ingérence. Bonne chance !

Finalement, parmi les défenseurs des droits de l’homme, il faut distinguer entre les bonnes âmes et les belles âmes.

Les bonnes âmes mettent en garde leur «amis» contre l’idée de «soutenir» le boucher, le criminel, l’assassin de son peuple, Bachar el Assad. Mais c’est ne rien comprendre à la position anti-ingérence.

Des Etats peuvent soutenir d’autres Etats en leur donnant des armes et de l’argent. Mais de simples individus, ou des mouvements sociaux, comme un mouvement de la paix, ne le peuvent pas. Cela n’a, par conséquent, aucun sens de dire que, lorsque des individus s’expriment, quand ils le peuvent dans notre société, c’est-à-dire de façon marginale, pour critiquer la politique d’ingérence, ils «soutiennent» telle personne ou tel régime, à moins de considérer que tous ceux qui ne souhaitent pas que la Russie intervienne en Arabie saoudite ou la Chine en Palestine «soutiennent» le régime saoudien ou la colonisation israélienne.

Les anti-impérialistes soutiennent une autre politique étrangère pour leurs pays, ce qui est très différent.

Dans toutes les guerres, il y a une propagande massive en faveur de celles-ci. Comme les guerres ou les ingérences actuelles sont justifiées au nom des droits de l’homme, il est évident que la propagande va se concentrer sur la dénonciation des «violations des droits de l’homme» dans les pays ciblés par l’interventionnisme.

Par conséquent, tous ceux qui s’opposent à cette politique d’ingérence se doivent de fournir toutes les informations qui permettent de contrer cette propagande, comme par exemple l’étude sur l’usage des gaz en 2013 mentionnée plus haut, ou les témoignages discordants concernant le situation à Alep aujourd’hui. Il est remarquable de voir Julien Salingue, co-animateur du site de critique des médias Acrimed, répéter le récit dominant sur la Syrie, sans aucune distance critique. Mais si les médias mentent et déforment en ce qui concerne la France, pourquoi ne le feraient-ils pas encore bien plus lorsqu’il s’agit de pays étrangers, comme la Syrie et la Russie, où les choses sont plus difficiles à vérifier ? De nouveau, sans faire appel aux sources russes, Salingue pourrait lire, par exemple, l’avis de l’ancien ambassadeur de Grande-Bretagne en Syrie, qui contredit le récit médiatique dominant sur Alep.

Cette critique de la propagande ne signifie nullement un «soutien» à un régime ou l’autre, au sens où ce régime serait dans l’absolu souhaitable dans un monde libéré de la politique d’ingérence.

Les bonnes âmes veulent «sauver Alep», «ont honte de l’inaction de la communauté internationale» et veulent «faire quelque chose». Mais faire quoi? La seule suggestion pratique qui est avancée serait d’établir en Syrie une «no fly zone» qui empêcherait l’aviation russe d’aider l’armée syrienne. Mais cela serait une violation de plus du droit international, la Russie étant invitée en Syrie par le gouvernement légal et internationalement reconnu de ce pays pour l’aider dans le combat contre le terrorisme. La situation de la Russie en Syrie n’est pas, juridiquement parlant, différente de celle de la France lorsqu’elle a été invitée au Mali pour y combattre les islamistes (qui se trouvaient là suite à la guerre en Libye, mais passons). De plus, intervenir militairement en Syrie impliquerait soit une guerre avec la Russie, soit que ce pays accepte d’être vaincu sans combattre. Qui veut parier sur cette deuxième possibilité?

Pour illustrer l’hypocrisie des bonnes âmes, comparons la situation en Syrie et au Yémen. Dans ce dernier pays, l’Arabie Saoudite commet de nombreux massacres, en violation claire du droit international. Si vous vous indignez parce qu’on ne fait rien en Syrie, pourquoi vous-même ne faites-vous rien pour le Yémen? De plus, il y a une grande différence entre ces deux situations. Dans le cas de la Syrie, intervenir militairement risquerait d’entraîner une guerre avec la Russie. Dans le cas du Yemen, il suffirait sans doute, pour faire pression sur l’Arabie Saoudite, de suspendre les livraisons d’armes occidentales à ce pays. Bien sûr, vous êtes parfaitement conscient du fait que vous êtes incapables d’arrêter les livraisons d’armes à l’Arabie Saoudite. Mais alors, à quoi rime votre indignation concernant la Syrie ?

Les belles âmes, par contre, sont contre toutes les guerres, toutes les violences. Elles condamnent : Assad et Poutine, bien sûr, mais aussi Obama, l’Union européenne, l’OTAN, tout le monde. Elles dénoncent, elles allument des bougies et éteignent des lumières. Elles témoignent, parce que se taire serait «être complice».

Elles ne se rendent pas compte que, sur le terrain, en Syrie, personne, ni gouvernement ni rebelles, ne savent qu’elles existent et, s’ils étaient au courant de leur existence, ils se moqueraient complètement de leurs indignations, condamnations, et éclairages de bougies. Pour paraphraser ce que disait Staline à propos du Vatican, les «défenseurs des droits de l’homme», combien de divisions?

Ceci ne veut pas dire que les bonnes âmes et les belles âmes n’ont aucun effet. Elles en ont un, mais ici : empêcher toute politique étrangère alternative, qui serait fondée sur la diplomatie et le respect de la charte des Nations unies. Seule une telle politique pourrait favoriser la paix dans le monde, l’équilibre et d’égalité entre les nations et, en fin de compte, faire aussi réellement avancer la cause des droits d’homme. Mais la diabolisation par les «défenseurs des droits de l’homme» d’Assad et de Poutine, ainsi que de tous ceux qui voudraient ne fut-ce que parler avec eux, rend une telle alternative impossible.

Pour les «défenseurs des droits de l’homme», le réalisme politique et les conséquences de leurs actions n’ont aucune importance ; l’important c’est de montrer que l’on fait partie du «camp du bien». Vous vous imaginez être libres, tout en suivant fidèlement les injonctions des médias dominants qui vous indiquent, à chaque moment, la crise qui requiert votre indignation.

Si j’avais la moindre illusion sur la lucidité que vous pouvez avoir à propos des conséquences de vos actions, je dirais que votre politique est criminelle, à cause des conséquences tragiques qu’elle a pour l’Europe et le monde ; mais comme je n’en ai aucune, je me limiterai à vous traiter de tartuffes, ou pour utiliser l’expression de Sartre, de «salauds».

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Article d'actualité.

Un article publié par Arrêt sur Info

« Fausses nouvelles » aux US : faites maison et pas si nouvelles que ça. (30.12)

Par Chris Hedges

Le paysage médiatique en Amérique est dominé par les « fausses nouvelles ». Depuis des décennies. Ces fausses nouvelles n’émanent pas du Kremlin. C’est une industrie de plusieurs milliards de dollars par an, qui est habilement conçue et gérée par des agences de relations publiques, des publicistes et des services de communications au nom d’individus précis, du gouvernement, et des sociétés pour manipuler l’opinion publique.

Cette industrie de la propagande met en scène des pseudo-événements pour façonner notre perception de la réalité. Le public est tellement inondé par ces mensonges, livrés 24 heures par jour à la radio, à la télévision et dans la presse écrite, que les téléspectateurs et les lecteurs ne peuvent plus distinguer entre la vérité et la fiction.

Donald Trump et les théoriciens racistes-conspirateurs, les généraux et les milliardaires autour de lui, ont hérité et exploité cette situation, tout comme ils ont hérité et exploiteront la destruction des libertés civiles et l’effondrement des institutions démocratiques. Trump n’a pas créé ce vide politique, moral et intellectuel. C’est l’inverse. Ce vide a créé un monde où les faits changent avec l’opinion, où les célébrités ont d’énormes mégaphones tout simplement parce que ce sont des célébrités, où l’information doit être divertissante et où nous avons la possibilité de croire ce que nous voulons, indépendamment de la vérité. Un démagogue comme Trump est le résultat que vous obtenez quand la culture et la presse tournent au burlesque.

Les journalistes ont depuis longtemps renoncé à décrire un monde objectif ou à donner la parole aux hommes et aux femmes ordinaires. Ils ont été conditionnés pour répondre aux demandes des entreprises. Les personnalités de l’actualité, qui gagnent souvent des millions de dollars par an, deviennent courtisanes. Elles vendent des commérages. Elles favorisent le consumérisme et l’impérialisme. Elles bavardent sans cesse au sujet des sondages, des stratégies, de la présentation et des tactiques ou jouent à des jeux de devinettes sur les rendez-vous présidentiels à venir. Elles comblent l’absence de nouvelles avec des histoires triviales, conduites émotionnellement, qui nous font sentir bien dans notre peau. Ils sont incapables de produire de véritables reportages. Elles s’appuient sur des propagandistes professionnels pour encadrer toute discussion et débat.

Il y a des journalistes établis qui ont passé toute leur carrière à reformuler des communiqués de presse ou à participer à des séances d’information officielles ou à des conférences de presse – j’en connaissais plusieurs lorsque j’étais au New York Times. Ils travaillent comme sténographes des puissants. Beaucoup de ces reporters sont très estimés dans la profession.

Les entreprises qui possèdent des médias, contrairement aux anciens empires de presse, voient les nouvelles comme simplement une autre source de revenus publicitaires. Ces revenus concourent au bénéfice de l’entreprise. Lorsque le secteur des nouvelles ne produit pas ce qui est considéré comme un profit suffisant, la hache tombe. Le contenu n’est pas pertinent. Les courtisans de la presse, redevables à leurs seigneurs dans l’entreprise, s’accrochent férocement à des places privilégiées et bien rémunérées. Parce qu’ils endossent servilement les intérêts du pouvoir des entreprises, ils sont haïs par les travailleurs américains, qu’ils ont rendus invisibles. Ils méritent la haine qu’ils suscitent.

La plupart des rubriques d’un journal – « style de vie », voyages, immobilier et mode, entre autres – sont conçues pour s’adresser au 1%. Ce sont des appâts pour la publicité. Seulement environ 15% de la surface rédactionnelle de n’importe quel journal est consacrée aux nouvelles. Si vous supprimez de ces 15% le contenu fourni par l’industrie des relations publiques à l’intérieur et à l’extérieur du gouvernement, le pourcentage de nouvelles tombe à un seul chiffre. Pour les nouvelles diffusées par les ondes et le câble, le pourcentage des nouvelles véritables, rapportées de façon indépendante, serait proche de zéro.

L’objet des fausses nouvelles est de façonner l’opinion publique, en créant des personnalités fantoches et des réponses émotionnelles qui submergent la réalité. Hillary Clinton, contrairement à la façon dont elle a souvent été dépeinte lors de la récente campagne présidentielle, n’a jamais combattu dans l’intérêt des femmes et des enfants – elle avait défendu la destruction d’un système d’aide sociale dans lequel 70% des bénéficiaires étaient des enfants. Elle est un outil des grandes banques, de Wall Street et de l’industrie de guerre. De pseudo-événements ont été créés pour maintenir la fiction de son souci pour les femmes et les enfants, de sa compassion et de ses liens avec les gens ordinaires. Trump n’a jamais été un grand homme d’affaires. Il a une longue histoire de faillites et de pratiques commerciales obscures. Mais il a joué le rôle fictif d’un titan de la finance dans son émission de télé-réalité, L’Apprenti.

« Les pseudo-événements qui inondent notre conscience ne sont ni vrais ni faux, dans le vieux sens familier », écrit Daniel Boorstin dans son livre L’image : un guide des pseudo-événements en Amérique : « Les mêmes progrès qui les ont rendues possibles, ont aussi rendu les images plus réalistes, plus attirantes, plus impressionnantes et plus convaincantes que la réalité elle-même, bien que planifiées, artificielles ou déformées. »

La réalité est consciemment prémâchée en récits faciles à digérer. Ceux qui sont impliqués dans les relations publiques, les campagnes politiques et le gouvernement ressassent implacablement le message. Ils ne s’écartent pas du simple slogan criard ou du cliché qu’ils sont invités à répéter. C’est une espèce de conversation continue avec des bébés.

« Les raffinements de la raison et les nuances d’ombre de l’émotion ne peuvent pas atteindre un public considérable », a noté cyniquement Edward Bernays, le père des relations publiques modernes.

Le rythme trépidant et le format abrégé de la télévision excluent les complexités et les nuances. La télévision est manichéenne, bien et mal, noir et blanc, héros et méchant. Elle nous fait confondre les émotions induites avec la connaissance. Elle renforce le récit mythique de la vertu et de la bonté américaines. Elle rend hommage à des experts et spécialistes soigneusement sélectionnés par les élites du pouvoir et l’idéologie régnante. Elle discrédite ou ridiculise tous ceux qui s’opposent.

Le Parti démocrate est-il assez stupide pour croire qu’il a perdu l’élection présidentielle à cause des courriels fuités de John Podesta et de la décision du directeur du FBI, James Comey, peu de temps avant le vote, d’envoyer une lettre au Congrès à propos du serveur de messagerie privé de Clinton ? La direction du parti démocrate ne peut-elle pas voir que la cause première de la défaite est qu’elle a abandonné les travailleurs pour promouvoir les intérêts des entreprises ? Ne comprend-t’elle pas que, bien que ses mensonges et sa propagande aient fonctionné pendant trois décennies, les Démocrates ont fini par perdre leur crédibilité auprès de ceux qu’ils avaient trahis ?

L’indignation de l’establishment démocratique, au sujet de la fuite de courrier électronique vers le site de WikiLeaks, ignore le fait qu’une telle divulgation d’information dommageable est une tactique employée couramment par le gouvernement des États-Unis et d’autres, y compris la Russie, pour discréditer des individus et des entités. Cela fait partie intégrante de la presse. Personne, même au sein du parti démocrate, n’a fait valoir de façon convaincante que les emails de Podesta étaient fabriqués. Ces courriels sont réels. Ils ne peuvent pas être étiquetés fausses nouvelles.

En tant que correspondant à l’étranger, j’ai reçu régulièrement des informations divulguées, parfois confidentielles, de divers groupes ou gouvernements cherchant à endommager certaines cibles. L’agence de renseignement nationale d’Israël, le Mossad, m’avait parlé d’un petit aéroport appartenant au gouvernement iranien à l’extérieur de Hambourg, en Allemagne. Je suis allé à l’aéroport et j’ai publié une enquête qui a constaté que, comme les Israéliens m’en avaient correctement informé, l’Iran l’utilisait pour démonter du matériel nucléaire, l’expédier en Pologne, le remonter et l’envoyer vers l’Iran par avion. L’aéroport a été fermé après mon article.

Dans un autre cas, le gouvernement des États-Unis m’a remis des documents montrant qu’un membre important du parlement chypriote et son cabinet d’avocats blanchissaient de l’argent pour la mafia russe. Mon histoire a paralysé les affaires légitimes du cabinet d’avocats et a incité le politicien à poursuivre The New York Times et moi. Les avocats du journal ont choisi de contester la poursuite devant un tribunal chypriote, en disant qu’ils ne pouvaient pas obtenir un procès équitable là-bas. Ils m’ont dit que, pour éviter l’arrestation, je ne devais pas retourner à Chypre.

Je pourrais remplir plusieurs colonnes avec des exemples comme ceux-ci.

Les gouvernements n’organisent pas des fuites parce qu’ils se soucient de la démocratie ou d’une presse libre. Ils le font parce qu’il est dans leur intérêt de faire tomber quelqu’un ou quelque chose. Dans la plupart des cas, parce que le journaliste vérifie l’information divulguée, la nouvelle n’est pas un faux. C’est lorsque le journaliste ne vérifie pas l’information – comme ce fut le cas lorsque le New York Times a rapporté sans scrupule les accusations de l’administration Bush prétendant faussement que Saddam Hussein avait des armes de destruction massive en Irak – qu’il participe à la vaste industrie des fausses nouvelles.

De fausses nouvelles sont maintenant utilisées pour dépeindre des sites d’information indépendants, y compris Truthdig, et des journalistes indépendants, comme des informateurs ou des agents involontaires de la Russie. Les élites des partis républicain et démocrate utilisent des fausses nouvelles dans leur tentative pour présenter Trump comme une marionnette du Kremlin et invalider l’élection. Aucune preuve convaincante de telles accusations n’a été rendue publique. Mais la fausse nouvelle est devenue un bélier dans la dernière série de diffamations russophobes.

Dans une lettre à Truthdig, datée du 7 décembre, l’avocat du Washington Post (qui a publié un article le 24 novembre à propos d’allégations selon lesquelles Truthdig et quelque 200 autres sites Web étaient des outils de propagande russe), disait que l’auteur de l’article, Craig Timberg connaissait l’identité des accusateurs anonymes de PropOrNot, le groupe qui a fait les accusations. [Note de la rédaction de Truthdig : l’avocat a écrit, en partie, au sujet de l’article du 24 novembre et de PropOrNot, « La description de l’article repose sur des rapports substantiels de M. Timberg, y compris de nombreuses entrevues, des vérifications d’antécédents de personnes spécifiques impliquées dans le groupe (dont les identités étaient connues de Timberg, contrairement à vos spéculations). […] »]. Le Washington Post dit qu’il doit protéger l’anonymat de PropOrNot. Il a transmis une fausse accusation sans preuve. Les victimes, dans ce cas, ne peuvent pas répondre adéquatement, parce que les accusateurs sont anonymes. Ceux qui sont diffamés sont informés qu’ils devraient faire appel à PropOrNot pour obtenir que leurs noms soient retirés de la liste noire du groupe. Ce procédé de raisonnement circulaire donne de la crédibilité aux groupes anonymes qui établissent des listes noires et propagent des fausses nouvelles, ainsi qu’aux mensonges qu’ils répandent.

La transformation culturelle et sociale du XXe siècle, dont E.P. Thompson a parlé dans son essai Time, Work-Discipline, and Industrial Capitalism, s’est avérée être beaucoup plus que l’étreinte d’un système économique ou la célébration du patriotisme. Cela fait partie, a-t-il souligné, d’une réinterprétation révolutionnaire de la réalité. Elle marque l’ascendant de la culture de masse, la destruction de la culture authentique et de la véritable vie intellectuelle.

Richard Sennett, dans son livre The Fall of the Public Man, a identifié la montée de la culture de masse comme l’une des forces principales derrière ce qu’il a appelé une nouvelle « personnalité collective […] engendrée par un fantasme commun ». Et les grands propagandistes du siècle sont non seulement d’accord, mais ajoutent que ceux qui peuvent manipuler et façonner ces fantasmes déterminent les directions prises par la« personnalité collective ».

Cette énorme pression interne, cachée à la vue du public, rend la production d’un bon journalisme et d’une bonne érudition très, très difficile. Les journalistes et les universitaires qui se soucient de la vérité, et ne reculent pas, sont soumis à une coercition subtile, parfois ouverte, et sont souvent purgés des institutions.

Les images, qui sont le moyen par lequel la plupart des gens ingèrent maintenant les informations, sont particulièrement enclines à être transformées en fausses nouvelles. La langue, comme le remarque le critique culturel Neil Postman, « ne fait sens que lorsqu’elle est présentée comme une suite de propositions. La signification est déformée lorsqu’un mot ou une phrase est, comme on dit, pris hors contexte. Quand un lecteur ou un auditeur est privé de ce qui a été dit avant et après ». Les images n’ont pas de contexte. Elles sont « visibles d’une manière différente ». Les images, surtout lorsqu’elles sont livrées en segments longs et rapides, démembrent et déforment la réalité. Le procédé « recrée le monde dans une série d’événements idiosyncrasiques ».

Michael Herr, qui a couvert la guerre du Vietnam pour le magazine Esquire, a observé que les images de la guerre présentées dans les photographies et à la télévision, à la différence du mot imprimé, obscurcissent la brutalité du conflit. « La télévision et les nouvelles ont toujours été présentées comme ayant mis fin à la guerre, a déclaré M. Herr. J’ai pensé le contraire. Ces images ont toujours été vues dans un autre contexte – intercalées entre les publicités – de sorte qu’elles sont devenues un entremet sucré dans l’esprit du public. Je pense que cette couverture a prolongé la guerre. »

Une population qui a oublié l’imprimerie, bombardée par des images discordantes et aléatoires, est dépouillée du vocabulaire ainsi que du contexte historique et culturel permettant d’articuler la réalité. L’illusion est la vérité. Un tourbillon d’élans émotionnels fabriqués nourrit notre amnésie historique.

Internet a accéléré ce processus. Avec les nouvelles par câble, il a divisé le pays en clans antagonistes. Les membres d’un clan regardent les mêmes images et écoutent les mêmes récits, créant une réalité collective. Les fausses nouvelles abondent dans ces bidonvilles virtuels. Le dialogue est clos. La haine des clans opposés favorise une mentalité de troupeau. Ceux qui expriment de l’empathie pour l’ennemi sont dénoncés par leurs compagnons de route pour leur impureté supposée. C’est aussi vrai à gauche qu’à droite. Ces clans et leurs troupeaux, gavés régulièrement de fausses nouvelles conçues pour émouvoir, ont donné naissance à Trump.

Trump est habile à communiquer à travers l’image, les slogans tapageurs et le spectacle. Les fausses nouvelles, qui dominent déjà la presse écrite et la télévision, définiront les médias sous son administration. Ceux qui dénonceront les mensonges seront vilipendés et bannis. L’État dévoué aux grandes entreprises multinationales a créé cette machine monstrueuse de propagande et l’a léguée à Trump. Il l’utilisera.

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Défense du marxisme

Le socialisme.

Les deux bases capitalistes sur lesquelles repose le socialisme scientifique. - ( F. Engels -1877)

(Karl Marx par Friedrich Engels - Ecrit en juin 1877, paru dans le Volks-Kalender, Brunswick, 1878. Numérisé par l'encyclopédie de l'Agora.)

Extrait. Marx a inscrit son nom dans l'histoire de la science par de nombreuses et importantes découvertes, dont nous ne citerons ici que les principales.

La première est la révolution accomplie par lui dans la conception de l'histoire mondiale. On considérait auparavant que les raisons dernières de tous les changements historiques doivent être cherchées dans les idées changeantes des hommes et que, de tous les changements historiques, les plus importants, ceux qui dominent toute l'histoire, sont les changements politiques. Mais on ne se demandait pas d'où viennent les idées aux hommes et quelles sont les causes qui déterminent les changements politiques. Seule, la nouvelle école des historiens français et, en partie aussi des historiens anglais en était venue à la conviction que, depuis le Moyen âge au moins, la force motrice, dans l'histoire européenne, était la lutte qui se développait entre la bourgeoisie et la féodalité pour la domination sociale et politique. Mais c'est Marx qui démontra que, jusqu'à nos jours, toute l'histoire est une histoire de luttes de classe, qu'il ne s'agit dans toutes les luttes politiques, multiples et complexes, que de la domination sociale et politique de telle ou telle classe, que pour la classe ancienne il s'agit de maintenir cette domination et pour les classes qui s'élèvent de conquérir le pouvoir.

Mais comment naissent et se maintiennent ces classes. Elles naissent et se maintiennent toujours en vertu des conditions matérielles, tangibles, dans lesquelles une société donnée produit et échange ce qui est nécessaire à la vie. La domination féodale du moyen âge reposait sur l'économie de petites communautés paysannes qui produisaient ellesmêmes presque tous les produits de leur consommation, ignoraient à peu près l'échange et étaient protégées contre l'étranger par la noblesse belliqueuse qui leur conférait une cohésion nationale, ou du moins politique. Lorsque les villes grandirent et qu'il se forma une industrie artisane distincte, qui donna lieu à un commerce d'abord purement national, puis international, la bourgeoisie urbaine se développa et, dans sa lutte contre la noblesse, conquit sa place dans le régime féodal en tant que classe sociale jouissant de droits spéciaux. Mais la découverte de nouveaux pays, à partir du milieu du XVe siècle, fournit à la bourgeoisie un champ d'affaires plus vaste et, par suite, un nouveau stimulant à son industrie. Le métier fut supplanté dans les branches les plus importantes par la manufacture qui, elle-même, après l'invention de la machine à vapeur, au siècle dernier, fut refoulée par la grande industrie. Cette dernière, à son tour, réagit sur le commerce en supplantant dans les pays arriérés l'ancien travail à la main, en créant dans les pays plus développés les moyens actuels de communication, les machines à vapeur, les chemins de fer et le télégraphe électrique.

Ainsi la bourgeoisie concentrait de plus en plus entre ses mains les richesses et la puissance sociales, alors qu'elle resta longtemps encore écartée du pouvoir politique, qui se trouvait entre les mains de la noblesse et de la royauté appuyée sur la noblesse. Mais à un certain degré de développement — en France, par exemple, après la grande Révolution — la bourgeoisie conquit aussi le pouvoir et devint à son tour la classe gouvernante en face du prolétariat et des petits paysans.

De ce point de vue s'expliquent tous les phénomènes historiques — si l'on a une connaissance suffisante de la situation économique de la société, situation que négligent nos spécialistes de l'histoire. Les idées et les croyances de chaque époque s'expliquent également de la façon la plus simple par les conditions de vie économique de cette époque et par les rapportss sociaux et politiques qui en découlent. Ce n'est que grâce à cette conception que l'histoire a été posée pour la première fois sur son véritable terrain. Le fait évident que les hommes, avant tout, mangent, boivent, s'abritent et s'habillent et qu'ils doivent travailler avant de pouvoir lutter pour le pouvoir, s'occuper de politique, de religion et de philosophie, ce fait manifeste, jusqu'à présent complètement négligé, a enfin obtenu droit de cité dans l'histoire.

Pour l'idée socialiste, cette nouvelle conception de l'histoire était extrêmement importante. Il est maintenant démontré que toute l'histoire de l'humanité se meut dans les antagonismes et les luttes de classe, qu'il y a toujours eu des classes dominantes et dominées, exploiteuses et exploitées, et que la grande majorité des hommes a toujours été condamnée à un dur labeur et à une misérable existence. Pourquoi cela? Tout simplement parce qu'à toutes les étapes précédentes du développement de l'humanité la production était encore si faible que l'histoire ne pouvait avancer qu'avec l'existence de ces antagonismes; que seule une petite minorité privilégiée contribuait à la progression historique, tandis que la masse était condamnée à gagner par son travail ses maigres moyens de subsistance et à accroître sans cesse la richesse de la minorité privilégiée.

Mais cette conception de l'histoire, conception qui explique si naturellement et si simplement la domination de classe, expliquée jusque-là par la méchanceté des hommes, conduit aussi à la conviction que, vu le développement formidable atteint actuellement par les forces de production, il ne reste plus aucune raison, tout au moins dans les pays avancés, de diviser les hommes en dominateurs et en dominés, en exploiteurs et en exploités.

La grande bourgeoisie dominante a rempli sa mission historique; non seulement elle n'est plus capable de diriger la société, mais elle est devenue un obstacle au développement de la production, comme le démontrent les crises commerciales, principalement la dernière, et la dépression de l'industrie dans tous les pays. La direction historique est passée au prolétariat, classe qui peut s'affranchir uniquement parce que, en vertu de sa situation sociale, elle anéantit toute domination de classe, toute subordination et toute exploitation. Les forces productrices sociales, qui ont dépassé les capacités de la bourgeoisie, n'attendent que le moment de passer en la possession du prolétariat uni, qui établira un régime permettant à tous les membres de la société de participer non seulement à la production, mais aussi à la répartition et à la gestion des richesses sociales. Grâce à la régularisation rationnelle de toute la production, ce régime pourra élever les forces de production sociales et les produits créés par elles de façon à satisfaire de plus en plus les besoins raisonnables de chacun.

La deuxième découverte importante de Karl Marx est l'explication des rapports du capital et du travail, autrement dit, la démonstration de la façon dont s'accomplit l'exploitation des ouvriers par les capitalistes dans la société actuelle, avec le mode de production capitaliste existant. Depuis que l'économie politique avait établi que seul le travail est la source de toute richesse et de toute valeur, on devait fatalement se demander comment il se fait que le salarié ne reçoive pas toute la valeur produite par son travail et doive en abandonner une partie au capitaliste. C'est en vain que les économistes bourgeois et socialistes s'efforcèrent de donner une réponse strictement scientifique à cette question jusqu'au moment où Marx en apporta la solution. Le mode de production capitaliste actuel implique l'existence de deux classes sociales: d'un côté, les capitalistes, qui possèdent les instruments nécessaires à la production et à l'existence; de l'autre, les prolétaires, qui ne possèdent rien et sont obligés, pour vivre, de vendre leur seule marchandise: leur force de travail. Mais la valeur d'une marchandise quelconque est déterminée par la quantité de travail socialement nécessaire pour la production et le renouvellement de cette marchandise; par suite, la valeur de la force de travail d'un homme moyen pendant un jour, un mois, une année, est déterminée par la quantité de produits nécessaires à l'entretien de l'ouvrier pendant un jour, un mois, une année. Admettons que les produits nécessaires à un ouvrier pour un jour exigent six heures de travail, ou, ce qui revient au même, que le travail qui y est incorporé représente une durée de six heures. Dans ce cas, la valeur de la force de travail pour un jour s'exprimera par la somme d'argent nécessitant également six heures pour être produite. Admettons maintenant que le capitaliste qui occupe notre ouvrier lui paie cette somme, c'està- dire la valeur totale de sa force de travail. Si l'ouvrier travaillait actuellement six heures par jour pour le capitaliste, il rembourserait complètement au capitaliste la dépense effectuée par ce dernier: six heures de travail pour une somme valant six heures de travail. Mais alors il ne resterait rien dans la poche du capitaliste. Celui-ci, évidemment, raisonne tout autrement: j'ai acheté, dit-il, la force de travail de cet ouvrier non pas pour six heures, mais pour toute une journée. Par suite, il oblige l'ouvrier à travailler, suivant les circonstances, 8, 10, 12, 14 heures, et même davantage, de sorte que le produit des heures qui suivent la sixième heure de travail est le produit d'un travail impayé et s'en va dans la poche du capitaliste. Ainsi l'ouvrier au service du capitaliste non seulement rend à ce dernier la valeur qu'il en a reçue pour sa force de travail, mais produit encore une plus-value que le capitaliste commence par s'approprier et qui ensuite, en vertu de lois économiques déterminées, se répartit dans toute la classe capitaliste et forme la principale source d'où découlera la rente foncière, l'intérêt, l'accumulation capitaliste, en un mot toutes les richesses consommées et accumulées par les classes parasites.

Ainsi, il a été démontré que les richesses acquises par les capitalistes actuels proviennent de l'expropriation d'un travail d'autrui impayé, tout comme celles des propriétaires d'esclaves ou des seigneurs féodaux qui exploitaient le travail des serfs, et que toutes ces formes d'exploitation ne se distinguent que par la manière et les moyens employés pour s'approprier le travail d'autrui. Par suite, les classes possédantes ne peuvent plus arguer hypocritement que le Droit, la Justice, l'Egalité des droits et des devoirs, l'Harmonie générale des intérêts règnent dans l'ordre social actuel. La société bourgeoise d'aujourd'hui, comme les sociétés antérieures, est une forme gigantesque d'exploitation de l'immense majorité du peuple par une minorité infime, qui ne cesse en outre de diminuer.

C'est sur ces deux bases capitalistes que repose le socialisme scientifique contemporain.

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Droit de l'homme contre droit du citoyen.

Extrait de « La Question juive » (K. Marx 1843)

On fait une distinction entre les « droits de l’homme » et les « droits du citoyen ». Quel est cet « homme » distinct du citoyen ? Personne d’autre que le membre de la société bourgeoise. Pourquoi le membre de la société bourgeoise est-il appelé « homme », homme tout court, et pourquoi ses droits sont-ils appelés droits de l’homme ? Qu’est-ce qui explique ce fait ? Par le rapport de l’État politique à la société bourgeoise, par l’essence de l’émancipation politique.

Constatons avant tout le fait que les « droits de l’homme », distincts des « droits du citoyen », ne sont rien d’autre que les droits du membre de la société bourgeoise, c’est-à-dire de l’homme égoïste, de l’homme séparé de l’homme et de la communauté. La Constitution la plus radicale, celle de 1793, a beau dire : Déclaration des droits de l’homme et du citoyen. « Art. 2. Ces droits (les droits naturels et imprescriptibles) sont : l’égalité, la liberté, la sûreté, la propriété. » En quoi consiste la « liberté » ? « Art. 6. La liberté est le pouvoir qui appartient à l’homme de faire tout ce qui ne nuit pas aux droits d’autrui. » Ou encore, d’après la Déclaration des droits de l’homme de 1791 : « La liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui. »

La liberté est donc le droit de faire tout ce qui ne nuit pas à autrui. Les limites dans lesquelles chacun peut se mouvoir sans nuire à autrui sont marquées par la loi, de même que la limite de deux champs est déterminée par un piquet. Il s’agit de la liberté de l’homme considéré comme monade isolée, repliée sur elle-même. (…) Mais le droit de l’homme, la liberté, ne repose pas sur les relations de l’homme avec l’homme, mais plutôt sur la séparation de l’homme d’avec l’homme. C’est le droit de cette séparation, le droit de l’individu limité à lui-même.

L’application pratique du droit de liberté, c’est le droit de propriété privée. Mais en quoi consiste ce dernier droit ?

« Le droit de propriété est celui qui appartient à tout citoyen de jouir et de disposer à son gré de ses biens, de ses revenus, du fruit de son travail et de son industrie. » (Constitution de 1793, art. 16.)

Le droit de propriété est donc le droit de jouir de sa fortune et d’en disposer « à son gré », sans se soucier des autres hommes, indépendamment de la société ; c’est le droit de l’égoïsme. C’est cette liberté individuelle, avec son application, qui forme la base de la société bourgeoise. Elle fait voir à chaque homme, dans un autre homme, non pas la réalisation, mais plutôt la limitation de sa liberté. Elle proclame avant tout le droit « de jouir et de disposer à son gré de ses biens, de ses revenus, du fruit de son travail et de son industrie ».

Restent les autres droits de l’homme, l’égalité et la sûreté.

Le mot « égalité » n’a pas ici de signification politique ; ce n’est que l’égalité de la liberté définie ci-dessus : tout homme est également considéré comme une telle monade basée sur elle-même. La Constitution de 1795 détermine le sens de cette égalité : « Art. 5. L’égalité consiste en ce que la loi est la même pour tous, soit qu’elle protège, soit qu’elle punisse. »

Et la sûreté ? La Constitution de 1793 dit : « Art. 8. La sûreté consiste dans la protection accordée par la société à chacun de ses membres pour la conservation de sa personne, de ses droits et de ses propriétés. » La sûreté est la notion sociale la plus haute de la société bourgeoise, la notion de la police : toute la société n’existe que pour garantir à chacun de ses membres la conservation de sa personne, de ses droits et de ses propriétés. C’est dans ce sens que Hegel appelle la société bourgeoise « l’État de la détresse et de l’entendement ».

La notion de sûreté ne suffit pas encore pour que la société bourgeoise s’élève au-dessus de son égoïsme. La sûreté est plutôt l’assurance de l’égoïsme. Aucun des prétendus droits de l’homme ne dépasse donc l’homme égoïste, l’homme en tant que membre de la société bourgeoise, c’est-à-dire un individu séparé de la communauté, replié sur lui-même, uniquement préoccupé de son intérêt personnel et obéissant à son arbitraire privé. L’homme est loin d’y être considéré comme un être générique ; tout au contraire, la vie générique elle-même, la société, apparaît comme un cadre extérieur à l’individu, comme une limitation de son indépendance originelle. Le seul lien qui les unisse, c’est la nécessité naturelle, le besoin et l’intérêt privé, la conservation de leurs propriétés et de leur personne égoïste.

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En complément.

La proclamation universelle des droits de l'homme est tout juste bonne à justifier l'esclavagisme des temps modernes.

- "On a démontré comment la reconnaissance des droits de l'homme par l'État moderne ne signifie pas autre chose que la reconnaissance de l'esclavage par l'État antique. La base naturelle de l'État antique, c'était l'esclavage; celle de l'État moderne, c'est la société bourgeoise, l'homme de la société bourgeoise, c'est-à-dire l'homme indépendant, qui n'est rattaché à autrui que par le lien de l'intérêt privé et de la nécessité naturelle, dont il n'a pas conscience, l'esclavage du travail intéressé, de son propre besoin égoïste et du besoin égoïste d'autrui. L'État moderne, dont c'est là la base naturelle, l'a reconnue comme telle dans la proclamation universelle des droits de l'homme". (K. Marx – F. Engels : La sainte famille ou Critique de la critique critique)

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La dialectique ou la science des lois générales du mouvement et du développement de la nature, de la société humaine et de la pensée..

Chapitre XIII : Dialectique. Négation de la négation. Friedrich Engels : Anti-Duhring (1878).

Extraits.

C'est déjà un manque total d'intelligence de la nature de la dialectique, que de la tenir, comme fait M. Dühring, pour un instrument de pure démonstration, à la façon dont on peut se faire une idée bornée, disons de la logique formelle ou des mathématiques élémentaires. Même la logique formelle est avant tout une méthode pour trouver des résultats nouveaux, pour progresser du connu à l'inconnu, et cela est vrai, mais dans un sens bien plus élevé encore, de la dialectique qui, en outre, en brisant l'horizon étroit de la logique, contient le germe d'une vue plus vaste du monde.

(La négation de la négation) Une procédure très simple, qui s'accomplit en tous lieux et tous les jours, que tout enfant peut comprendre, dès qu'on élimine le fatras mystérieux sous lequel la vieille philosophie idéaliste la dissimulait et sous lequel des métaphysiciens incurables de la trempe de M. Dühring continuent à avoir intérêt à la cacher. Prenons un grain d'orge. Des milliards de grains d'orge semblables sont moulus, cuits et brassés, puis consommés. Mais si un grain d'orge de ce genre trouve les conditions qui lui sont normales, s'il tombe sur un terrain favorable, une transformation spécifique s'opère en lui sous l'influence de la chaleur et de l'humidité, il germe : le grain disparaît en tant que tel, il est nié, remplacé par la plante née de lui, négation du grain.

Mais quelle est la carrière normale de cette plante ? Elle croît, fleurit, se féconde et produit en fin de compte de nouveaux grains d'orge, et aussitôt que ceux-ci sont mûrs, la tige dépérit, elle est niée pour sa part. Comme résultat de cette négation de la négation, nous avons derechef le grain d'orge du début, non pas simple, mais en nombre dix, vingt, trente fois plus grand. (...)

Il n'en va pas autrement en histoire. Tous les peuples civilisés commencent par la propriété en commun du sol. Chez tous les peuples qui dépassent un certain stade primitif, cette propriété en commun devient, au cours de l'évolution de l'agriculture, une entrave pour la production. Elle est abolie, niée, transformée en propriété privée après des stades intermédiaires plus ou moins longs. Mais à un stade plus élevé du développement de l'agriculture atteint grâce à la propriété privée du sol elle-même, c'est inversement la propriété privée qui devient une entrave pour la production, - comme c'est aujourd'hui le cas aussi bien pour la petite que pour la grande propriété foncière. On voit surgir avec un caractère de nécessité la revendication qui tend à ce qu'elle soit niée également, à ce qu'elle soit retransformée en propriété commune. Mais cette revendication ne signifie pas la restauration de l'ancienne propriété en commun primitive, mais l'établissement d'une forme bien plus élevée et plus développée de propriété collective qui, bien loin de devenir une barrière pour la production sera, au contraire, la première à la libérer de ses entraves et à lui permettre la pleine utilisation des découvertes chimiques et des inventions mécaniques modernes.

Autre exemple encore. La philosophie antique était un matérialisme primitif naturel. En tant que tel, elle était inc apable de tirer au net le rapport de la pensée et de la matière. Mais la nécessité d'y voir clair conduisit à la doctrine d'une âme séparable du corps, puis à l'affirmation de l'immortalité de cette âme, enfin au monothéisme. Le matérialisme antique fut donc nié par l'idéalisme. Mais dans le développement ultérieur de la philosophie, l'idéalisme à son tour devint insoutenable et fut nié par le matérialisme moderne. Celui-ci, négation de la négation, n'est pas la simple réinstallation de l'ancien matérialisme, mais ajoute aux fondements persistants de celui-ci tout le contenu de pensée d'une évolution deux fois millénaire de la philosophie et des sciences de la nature, ainsi que de ces deux millénaires d'histoire eux-mêmes. Après tout ce n'est plus une philosophie, mais une simple vue du monde qui n'a pas à faire ses preuves et à se mettre en oeuvre dans une science des sciences à part, mais dans les sciences réelles. La philosophie est donc ici “ levée ”, c'est-à-dire à la fois “ surmontée et conservée”, surmontée dans sa forme, conservée dans son contenu réel.

Enfin, même la doctrine de l'égalité de Rousseau...

A l'état de nature et de sauvagerie, les hommes étaient égaux; et comme Rousseau tient déjà le langage pour une altération de l'état de nature, il a parfaitement raison d'appliquer l'égalité entre animaux d'une même espèce dans toute l'étendue de cette espèce à ces hommes -animaux récemment classifiés par hypothèse par Haeckel comme alales, privés de langage. Mais ces hommes -animaux égaux avaient sur le reste des animaux l'avantage d'une propriété : la perfectibilité, la possibilité d'évoluer ultérieurement 2; et ce fut la cause de l'inégalité.

Rousseau voit donc un progrès dans la naissance de l'inégalité. Mais ce progrès était antagoniste, c'était en même temps un recul.

“ Tous les progrès ultérieurs [au delà de l'état de nature] ont été en apparence autant de pas vers la perfection de l'individu, et en effet, vers la décrépitude de l'espèce ... La métallurgie et l'agriculture furent les deux arts dont l'invention produisit cette grande révolution. ” (La transformation de la forêt vierge en terre cultivée, mais aussi l'introduction de la misère et de la servitude au moyen de la propriété.)

“ Pour le poète, c'est l'or et l'argent, mais pour le philosophe ce sont le fer et le blé qui ont civilisé les hommes et perdu le genre humain. ”

Tout nouveau progrès de la civilisation est, en même temps, un nouveau progrès de l'inégalité. Toutes les institutions que se donne la société née avec la civilisation, tournent à l'encontre de leur but primitif.

“ Il est incontestable, et c'est la maxime fondamentale de tout le droit politique, que les peuples se sont donné des chefs pour défendre leur liberté et non les asservir.”

Et cependant, ces chefs deviennent nécessairement les oppresseurs des peuples et renforcent cette oppression Jusqu'au point où l'inégalité, poussée à son comble, se retransforme en son contraire, devient cause de l'égalité : devant le despote tous sont égaux, à savoir égaux à zéro.

“ C'est ici le dernier terme de l'inégalité et le point extrême qui ferme le cercle et touche au point d'où nous sommes partis : c'est ici que tous les particuliers redeviennent égaux, parce qu'ils ne sont rien et que les sujets n'ont plus d'autre loi que la volonté du maître.”

Mais le despote n'est maître que tant qu'il a la violence et c'est pourquoi “ sitôt qu'on peut l'expulser, il n'a point à réclamer contre la violence... La seule force le maintenait, la seule force le renverse. Toutes choses se passent ainsi selon l'ordre naturel. ”

Et ainsi, l'inégalité se change derechef en égalité, non toutefois en cette vieille égal ité naturelle de l'homme primitif privé de la parole, mais dans l'égalité supérieure du contrat social. Les oppresseurs subissent l'oppression. C'est la négation de la négation. (...)

Qu'est-ce donc que la négation de la négation ? Une loi de développement de la nature, de l'histoire et de la pensée extrêmement générale et, précisément pour cela, revêtue d'une portée et d'une signification extrêmes; loi qui, nous l'avons vu, est valable pour le règne animal et végétal, pour la géologie, les mathématiques, l'histoire, la philosophie, et à laquelle M. Dühring lui-même, bien qu'il se rebiffe et qu'il regimbe : est obligé à son insu d'obéir à sa manière. (...)

Si je dis de tous ces processus qu'ils sont négation de la négation, je les comprends tous ensemble sous cette unique loi du mouvement et, de ce fait, je ne tiens précisément pas compte des particularités de chaque processus spécial pris à part. En fait la dialectique n'est pas autre chose que la science des lois générales du mouvement et du développement de la nature, de la société humaine et de la pensée.

Eugen Dühring, un social-démocrate allemand tardif, universitaire vaniteux, ennemi de la dialectique et donc du socialisme scientifique développé par Marx et Engels, au profit de "vérités éternelles", un vulgaire fatras de "de stupidité(s) d'une part et de banalité(s) d'autre part, écrira le 28 mai 1876 Engels à Marx en lui communiquant son "plan" d'Anti-Dühring.

J'ai reproduit ces passages parce qu'ils sont à la portée de tous. Ne pas populariser la dialectique au sein de la population est inexcusable.

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Socialisme contre sentimentalisme.

Socialisme de juristes. - (F. Engels et K. Kautsky -1886)

Au moyen âge la conception du monde était essentiellement théologique. L’unité du monde européen qui n’existait pas en fait à l’intérieur, fut réalisée à l’extérieur, contre l’ennemi commun, les Sarrazins, par le christianisme. C’est le catholicisme qui fut le creuset de l’unité du monde européen, groupe de peuples en rapports mutuels constants au cours de leur évolution. Ce rassemblement théologique ne se limita pas au domaine des idées. Il avait une existence réelle, non seulement dans la personne du pape qui était son centre monarchique, mais avant tout dans l’Eglise organisée féodalement et hiérarchiquement, et qui, en sa qualité de propriétaire d’environ un tiers du sol, détenait dans chaque pays une puissance politique énorme dans l’organisation féodale. L’Eglise, avec sa propriété foncière de type féodal, était le lien réel entre les divers pays ; l’organisation féodale de l’Eglise donnait sa consécration religieuse au féodalisme temporel de l’organisation politique. Le clergé était en outre la seule classe cultivée. Il allait donc de soi que le dogme de l’Eglise devait être le point de départ et la base de toute pensée. Droit, science de la nature, philosophie, l’étalon appliqué à toute connaissance était le suivant : son contenu concorde-t-il avec les enseignements de l’Eglise ou non ?

Mais au sein de la féodalité se développait la puissance de la bourgeoisie. Une classe nouvelle entrait en scène contre les grands propriétaire fonciers. Les bourgeois des villes étaient avant tout et exclusivement des producteurs de marchandises et vivaient du commerce des marchandises, alors que le mode de production féodal reposait essentiellement sur l’auto-consommation des produits fabriqués à l’intérieur d’un cercle restreint — ces consommateurs étant en partie les producteurs, en partie les féodaux qui levaient tribut. La conception catholique du monde, taillée à la mesure du féodalisme, ne pouvait plus suffire à cette classe nouvelle et à ses conditions de production et d’échange. Cependant elle resta prisonnière elle aussi un temps assez long de la toute-puissante théologie. Toutes les Réformes et les luttes qui s’y rattachent et furent menées du XIIIe au XVIIe siècle sous une raison sociale religieuse, ne sont, sous leur aspect théorique, que des tentatives répétées de la bourgeoisie des plébéiens des villes et de leurs alliés les paysans en rébellion, pour ajuster la vieille conception théologique du monde aux conditions économiques nouvelles et à la situation de la classe nouvelle. Mais cela n’allait pas. L’étendard religieux flotta pour la dernière fois en Angleterre au XVIIe siècle, et, cinquante ans plus tard à peine, la nouvelle conception classique de la bourgeoisie, la conception juridique entra en scène en France sans déguisement.

C’était une sécularisation de la conception théologique. Au dogme, au droit divin se substituait le droit humain, à l’Eglise l’Etat. Les rapports économiques et sociaux, que l’on s’était autrefois représentés comme créés par l’Eglise et le dogme, parce que l’Eglise leur donnait sa sanction, on se les représentait maintenant comme fondés sur le droit et créés par l’Etat. Parce que l’échange des marchandises à l’échelle de la société et dans son plein épanouissement, favorisé notamment par l’octroi d’avances et de crédit, engendrait de complexes relations contractuelles réciproques et exigeait de ce fait des règles de portée générale qui ne pouvaient être édictées que par la collectivité — normes juridiques fixées par l’Etat —, on se figura que ces normes juridiques n’avaient pas pour origine les faits économiques, mais que c’était leur codification formelle par l’Etat qui leur donnait naissance. Et parce que la concurrence, qui est la forme fondamentale des relations entre libres producteurs de marchandises, est la plus grande niveleuse qui soit, l’égalité devant la loi devint le grand cri de guerre de la bourgeoisie. La lutte de cette classe ascendante contre les seigneurs féodaux et la monarchie absolue qui les protégeait alors, devait nécessairement, comme toute lutte de classes, être une lutte politique, une lutte pour la possession de l’Etat, et c’était nécessairement une lutte pour la satisfaction de revendications juridiques : ce fait contribua à consolider la conception juridique du monde.

Mais la bourgeoisie engendra son double négatif, le prolétariat, et avec lui une nouvelle lutte de classes, qui éclaté avant même que la bourgeoisie eût entièrement conquis le pouvoir politique. De même que, naguère, la bourgeoisie dans as lutte contre la noblesse avait, par tradition, traîné la conception théologie du monde pendant un certain temps encore, de même au début le prolétariat a repris de son adversaire les conceptions juridiques et à cherché à y puiser des armes contre la bourgeoisie. Les premières formations politiques prolétariennes comme leurs théoriciens, demeurent absolument sur le « terrain juridique » à la seule différence que leur terrain juridique n’était pas le même que celui de la bourgeoisie. D’une part la revendication de l’égalité était étendue : l’égalité juridique devait être complétée par l’égalité sociale ; d’autre part, des propositions d’Adam Smith — selon qui, le travail est la source de toute richesse, mais le produit du travail est la source de toute richesse, mais le produit du travail doit être partagé par le travailleur avec le propriétaire foncier et le capitaliste —, on tirait la conclusion que ce partage était injuste et devait être soit aboli, soit au moins modifié au profit des travailleurs. Mais le sentiment qu’en laissant cette question sur le seul terrain « du droit » on ne pourrait nullement éliminer les méfaits engendrés par le mode de production du capitalisme bourgeois et surtout par la grande industrie moderne, conduisit déjà les plus importants esprits, chez les premiers socialistes — Saint-Simon, Fourier et Owen — à délaisser complètement le terrain juridico-politique et à déclarer que toute lutte politique était stérile.

Ni l’une, ni l’autre de ces conceptions ne suffisait à exprimer de façon satisfaisante ni à résumer totalement les aspirations de la classe ouvrière à l’émancipation qu’avaient engendrées la situation économique. La revendication de l’égalité, tout comme la revendication du produit total du travail, se perdaient dans d’inextricables contradictions dès qu’on cherchait à les formuler en détail sur le terrain juridique et ne touchaient pas ou peu au nœud du problème, la transformation du mode de production. Refusant la lutte politique, les grands utopistes refusaient du même coup la lutte de classes et par là refusaient du même coup la lutte de classes et par là refusaient le seul mode d’action possible pour la classe dont ils défendaient les intérêts. Ces deux conceptions faisaient abstraction de l’arrière-plan historique à qui elles étaient redevables de leur existence ; elles faisaient appel toutes les deux au sentiment ; l’une faisait appel au sentiment du droit, l’autre au sentiment d’humanité. Elles donnaient toutes les deux à leurs exigences la forme de vœux pieux dont il était impossible de dire pourquoi ils se seraient réalisés juste à ce moment et non mille ans plus tôt ou plus tard.

Pour la classe ouvrière dépouillée, par la transformation du mode de production féodal en mode de production capitaliste, de toute propriété sur les moyens de production, et constamment reproduite par le mécanisme du système de production capitaliste dans cet état héréditaire de prolétarisation, l’illusion juridique de la bourgeoisie ne peut suffire à exprimer totalement la situation où elle se trouve. Elle ne peut prendre elle-même une connaissance complète de cette situation que si elle regarde les choses dans leur réalité, sans lunettes teintées de couleurs juridiques. C’est à cela que l’aida Marx avec sa conception matérialiste de l’histoire, en démontrant que toutes les représentations juridiques, politiques, philosophiques, religieuses, etc. des hommes dérivent en dernière instance de leurs conditions de vie économiques, de leur manière de produire et d’échanger les produits. Il fournissait là au prolétariat la conception du monde correspondant à ses conditions de vie et de lutte ; à l’absence de propriété des travailleurs ne pouvait correspondre que l’absence d’illusions dans leur tête. Et cette conception prolétarienne du monde fait maintenant le tour du monde…

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Socialisme contre opportunisme liquidateur.

L'impérialisme et la scission du socialisme . - (V. Lénine -1916)

L'impérialisme et la scission du socialisme - V. Lénine - Rédigé en octobre 1916 et publié en décembre 1916 dans le n° 2 du « Recueil du Social-Démocrate ».

Extraits. Le prolétariat est un produit du capitalisme, du capitalisme mondial et pas seulement européen, pas seulement impérialiste. A l'échelle mondiale, que ce soit cinquante ans plus tôt ou cinquante ans plus tard,- à cette échelle, c'est une question de détail,- il est bien évident que le « prolétariat » « sera » uni, et qu'en son sein la social-démocratie révolutionnaire vaincra « inéluctablement ». Il ne s'agit pas de cela, messieurs les kautskistes, il s'agit du fait que maintenant, dans les pays impérialistes d'Europe, vous rampez à plat ventre devant les opportunistes, qui sont étrangers au prolétariat en tant que classe, qui sont les serviteurs, les agents de la bourgeoisie, les véhicules de son influence; et s'il ne s'affranchit pas d'eux, le mouvement ouvrier restera un mouvement ouvrier bourgeois. (Et c'est ce qu'il est resté en renforçant cette tendance. - LVOG) Votre propagande en faveur de I' « unité » avec les opportunistes, avec les Legien et les David, les Plékhanov ou les Tchkhenkéli, les Potressov, etc., revient objectivement à favoriser l'asservissement des ouvriers par la bourgeoisie impérialiste, à l'aide de ses meilleurs agents au sein du mouvement ouvrier. (Quand on voit comment ils ont traité la question syrienne, on en arrive à cette conclusion là concernant nos dirigeants. - LVOG)

(...)

Dans sa lettre à Marx du 7 octobre 1858, Engels écrivait :

« En réalité, le prolétariat anglais s'embourgeoise de plus en plus, et il semble bien que cette nation bourgeoise entre toutes veuille en arriver à avoir, à côté de sa bourgeoise, une aristocratie bourgeoise et un prolétariat bourgeois. Évidemment, de la part d'une nation qui exploite le monde entier, c'est jusqu'à un certain point logique. »

Dans sa lettre à Sorge du 21 septembre 1872, Engels fait savoir que Hales a provoqué au Conseil fédéral de l'Internationale un grand esclandre et a fait voter un blâme à Marx pour avoir dit que « les chefs ouvriers anglais s'étaient vendus ». Marx écrit à Sorge le 4 août 1874 :

« En ce qui concerne les ouvriers des villes (en Angleterre), il y a lieu de regretter que toute la bande des chefs ne soit pas entrée au Parlement. C'eût été le plus sûr moyen de se débarrasser de cette racaille. »

Dans sa lettre à Marx du 11 août 1881, Engels parle des « pires trade-unions anglaises, qui se laissent diriger par des hommes que la bourgeoisie a achetés ou tout au moins payés ». Dans sa lettre à Kautsky du 12 septembre 1882, Engels écrivait :

« Vous me demandez ce que les ouvriers anglais pensent de la politique coloniale. Exactement ce qu'ils pensent de la politique en général. Ici, point de parti ouvrier, il n'y a que des conservateurs et des radicaux libéraux; quant aux ouvriers, ils jouissent en toute tranquillité avec eux du monopole colonial de l'Angleterre et de son monopole sur le marché mondial. »

Le 7 décembre 1889, Engels écrit à Sorge :

« ... Ce qu'il y a de plus répugnant ici (en Angleterre), c'est la « respectabilité » (respectability) bourgeoise, qui pénètre jusque dans la chair des ouvriers ... même Tom Mann, que je considère comme le meilleur de tous, confie très volontiers qu'il déjeunera avec le lord-maire. Lorsqu'on fait la comparaison avec les Français, on voit ce que c'est que la révolution.»

Dans une lettre du 19 avril 1890 :

« le mouvement (de la classe ouvrière en Angleterre) progresse sous la surface, il gagne des couches de plus en plus larges, et surtout parmi la masse inférieure (souligné par Engels) jusque-là immobile. Le jour n'est pas loin où cette masse se retrouvera elle-même, où elle aura compris que c'est elle, précisément, qui est cette masse colossale en mouvement».

Le 4 mars 1891 :

« l'échec de l'union des dockers qui s'est désagrégée; les « vieilles » trade-unions conservatrices, riches et partant poltronnes, restent seules sur le champ de bataille »...

Le 14 septembre 1891 : au congrès des trade-unions à Newcastle, ont été vaincus les vieux unionistes, adversaires de la journée de huit heures, « et les journaux bourgeois avouent la défaite du parti ouvrier bourgeois » (souligné partout par Engels)...

Que ces pensées d'Engels, reprises pendant des dizaines d'années, aient aussi été formulées par lui publiquement, dans la presse, c'est ce que prouve sa préface à la deuxième édition (1892) de La situation des classes laborieuses en Angleterre. Il y traite de « l'aristocratie de la classe ouvrière », de la « minorité privilégiée des ouvriers », qu'il oppose à la « grande masse des ouvriers ». « La petite minorité privilégiée et protégée » de la classe ouvrière bénéficiait seule des « avantages durables » de la situation privilégiée de l'Angleterre en 1848-1868; « la grande masse, en mettant les choses au mieux, ne bénéficiait que d'améliorations de courte durée »... « Avec l'effondrement du monopole industriel de l'Angleterre, la classe ouvrière anglaise perdra sa situation privilégiée ... »

Les membres des « nouvelles » unions, des syndicats d'ouvriers non spécialisés, « ont un avantage inappréciable : leur mentalité est un terrain encore vierge, parfaitement libre du legs des « respectables » préjugés bourgeois, qui désorientent les esprits des « vieux unionistes » mieux placés » ... Les « prétendus représentants ouvriers », en Angleterre, sont des gens « à qui on pardonne leur appartenance à la classe ouvrière, parce qu'ils sont eux-mêmes prêts à noyer cette qualité dans l'océan de leur libéralisme »...

C'est à dessein que nous avons reproduit des extraits assez abondants des déclarations on ne peut plus explicites de Marx et d’Engels, afin que les lecteurs puissent les étudier dans leur ensemble. Et il est indispensable de les étudier, il vaut la peine d'y réfléchir attentivement. Car là est le noeud de la tactique imposée au mouvement ouvrier par les conditions objectives de l'époque impérialiste.

(...)

La. bourgeoisie d'une « grande » puissance impérialiste peut, économiquement, soudoyer les couches supérieures de « ses » ouvriers en sacrifiant à cette fin quelque cent ou deux cent millions de francs par an, car son surprofit s'élève probablement à près d'un milliard. Et la question de savoir comment cette petite aumône est partagée entre ouvriers-ministres, « ouvriers-députés » (rappelez-vous l'excellente analyse donnée de cette notion par Engels), ouvriers-membres des comités des industries de guerre, ouvriers-fonctionnaires, ouvriers organisés en associations étroitement corporatives, employés, etc., etc., c'est là une question secondaire. (Nos détracteurs n'ont plus qu'à en conclure que Marx, Engels et Lénine étaient de farouches ennemis de la classe ouvrière, des employés et particulièrement des fonctionnaires. - LVOG)

(...) Le monopole du capital financier actuel est furieusement disputé; l'époque des guerres impérialistes a commencé. Autrefois l'on pouvait soudoyer, corrompre pour des dizaines d'années la classe ouvrière de tout un pays. Aujourd'hui, ce serait invraisemblable, voire impossible ; par contre, chaque « grande » puissance impérialiste peut soudoyer et soudoie des couches moins nombreuses (que dans l'Angleterre des années 1848 à 1868) de l'« aristocratie ouvrière ». Autrefois, un « parti ouvrier bourgeois », selon l'expression remarquablement profonde d'Engels, ne pouvait se constituer que dans un seul pays, attendu qu'il était seul à détenir le monopole, mais en revanche pour longtemps. Aujourd'hui, « le parti ouvrier bourgeois» est inévitable et typique pour tous les pays impérialistes; mais, étant donné leur lutte acharnée pour le partage du butin, il est improbable qu'un tel parti puisse triompher pour longtemps dans plusieurs pays. (Et pourtant ! - LVOG) Car les trusts, l'oligarchie financière, la vie chère, etc., en permettant de corrompre de petits groupes de l'aristocratie ouvrière, écrasent, oppriment, étouffent et martyrisent de plus en plus la masse du prolétariat et du semi-prolétariat.

D'une part, la tendance de la bourgeoisie et des opportunistes à transformer une poignée de très riches nations privilégiées en parasites « à perpétuité » vivant sur le corps du reste de l'humanité, à « s'endormir sur les lauriers » de l'exploitation des Noirs, des Indiens, etc., en les maintenant dans la soumission à l'aide du militarisme moderne pourvu d'un excellent matériel d'extermination. (Il s'est perfectionné depuis et les dirigeants syndicaux en sont fiers, Mélenchon et Laurent aussi ! - LVOG)

D'autre part, la tendance des masses, opprimées plus que par le passé et subissant toutes les affres des guerres impérialistes, à secouer ce joug, à jeter bas la bourgeoisie. C'est dans la lutte entre ces deux tendances que se déroulera désormais inéluctablement l'histoire du mouvement ouvrier. Car la première tendance n'est pas fortuite : elle est économiquement « fondée ».

La bourgeoisie a déjà engendré et formé à son service des « partis ouvriers bourgeois » de social-chauvins dans tous les pays. (A ceci près de nos jours qu'aucune tendance du mouvement ouvrier n'organise les éléments les plus déterminés des masses dans la perspective de "jeter bas la bourgeoisie", ils ont tous capitulé ou sont tous idéologiquement corrompus. - LVOG)

(...)

Sur la base économique indiquée, les institutions politiques du capitalisme moderne - la presse, le Parlement, les syndicats, les congrès, etc. - ont créé à l'intention des ouvriers et des employés réformistes et patriotes, respectueux et bien sages, des privilèges et des aumônes politiques correspondant aux privilèges et aux aumônes économiques. Les sinécures lucratives et de tout repos dans un ministère ou au comité des industries de guerre, au Parlement et dans diverses commissions, dans les rédactions de « solides » journaux légaux ou dans les directions de syndicats ouvriers non moins solides et « d'obédience bourgeoise »,- voilà ce dont use la bourgeoisie impérialiste pour attirer et récompenser les représentants et les partisans des « partis ouvriers bourgeois ». (Notez bien les "représentants" et les "partisans des « partis ouvriers bourgeois »" ou ceux qui ne peuvent pas s'en passer ce qui revient au même. - LVOG)

Le mécanisme de la démocratie politique joue dans le même sens. Il n'est pas question, au siècle où nous sommes, de se passer d'élections; on ne saurait se passer des masses; or, à l'époque de l'imprimerie et du parlementarisme, on ne peut entraîner les masses derrière soi sans un système largement ramifié, méthodiquement organisé et solidement outillé de flatteries, de mensonges, d'escroqueries, de jongleries avec des mots populaires à la mode, sans promettre à droite et à gauche toutes sortes de réformes et de bienfaits aux ouvriers, pourvu qu'ils renoncent à la lutte révolutionnaire pour la subversion de la bourgeoisie. (Ici le "or" avait valeur d'objection, il signifiait que la participation aux élections ou au parlementarisme n'était pas une obligation, et que soutenir la gauche c'était plutôt se compromettre qu'autre chose. Lénine rejetait l'argument falacieux selon lequel il fallait absolument participer aux élections pour ne pas "se passer des masses" ou les appeler à voter pour tel ou tel parti ou candidat... A partir du moment où les trotskystes considéraient que l'avènement de la Ve République correspondait à un "coup d'Etat permanent", pour être cohérent avec ce constat à aucun moment ils n'auraient dû participer à une élection ou soutenir un parti ou un candidat y participant. - LVOG)

(...)

Et y a-t-il une grande différence entre Lloyd George et les Scheidemann, les Legien, les Henderson et les Hyndman, les Plékhanov, les Renaudel et consorts ? Parmi ces derniers, nous objectera-t-on, il en est qui reviendront au socialisme révolutionnaire de Marx. C'est possible, mais c'est là une différence de degré insignifiante si l'on considère la question sur le plan politique, c'est-à-dire à une échelle de masse. (Eh oui, c'est à l'échelle des masses que l'on évalue les rapports que l'on doit avoir avec les partis et les institutions ! Et c'est vers les masses qu'il faut se tourner résolument et non vers les élus du PS ou du PCF, les républicains, les démocrates, les intellectuels, les cadres syndicaux, l'aristocratie ouvrière, ne parlons des francs-maçons !. - LVOG) Certains personnages parmi les chefs social-chauvins actuels peuvent revenir au prolétariat. Mais le courant social-chauvin ou (ce qui est la même chose) opportuniste ne peut ni disparaître, ni « revenir » au prolétariat révolutionnaire. Là où le marxisme est populaire parmi les ouvriers, ce courant politique, ce « parti ouvrier bourgeois », invoquera avec véhémence le nom de Marx. On ne peut le leur interdire, comme on ne peut interdire à une firme commerciale de faire usage de n'importe quelle étiquette, de n'importe quelle enseigne ou publicité. On a toujours vu, au cours de l'histoire, qu'après la mort de chefs révolutionnaires populaires parmi les classes opprimées, les ennemis de ces chefs tentaient d'exploiter leur nom pour duper ces classes. (Ajoutons et leurs militants. - LVOG)

C'est un fait que les « partis ouvriers bourgeois », en tant que phénomène politique, se sont déjà constitués dans tous les pays capitalistes avancés, et que sans une lutte décisive et implacable, sur toute la ligne, contre ces partis ou, ce qui revient au même, contre ces groupes, ces tendances, etc., il ne saurait être question ni de lutte contre l'impérialisme, ni de marxisme, ni de mouvement ouvrier socialiste. (Avez-vous régulièrement un tel discours dans les journaux du POI, du NPA ou de LO ? Vous connaissez tous la réponse. - LVOG)

(...)

Nous n'avons pas la moindre raison de croire que ces partis puissent disparaître avant la révolution sociale. Au contraire, plus cette révolution se rapprochera, plus puissamment elle s'embrasera, plus brusques et plus vigoureux seront les tournants et les bonds de son développement, et plus grand sera, dans le mouvement ouvrier, le rôle joué par la poussée du flot révolutionnaire de masse contre le flot opportuniste petit bourgeois. Le kautskisme ne représente aucun courant indépendant; il n'a de racines ni dans les masses, ni dans la couche privilégiée passée à la bourgeoisie. (On pourrait en dire de même du POI, du NPA et de LO, alors que leurs courants politiques existent depuis plus d'un demi-siècle. - LVOG) Mais le kautskisme est dangereux en ce sens qu'utilisànt l'idéologie du passé, il s'efforce de concilier le prolétariat avec le « parti ouvrier bourgeois », de sauvegarder l'unité du prolétariat avec ce parti et d'accroître ainsi le prestige de ce dernier. (C'est exactement ce à quoi se sont efforcés avec acharnement les trotskystes depuis 1940. - LVOG) Les masses ne suivent plus les social-chauvins déclarés; Lloyd George a été sifflé en Angleterre dans des réunions ouvrières; Hyndman a quitté le parti; les Renaudel et les Scheidemann, les Potressov et les Gvozdev sont protégés par la police. Rien n'est plus dangereux que la défense déguisée des social-chauvins par les kautskistes. (Sous le masque du trotskysme par exemple. - LVOG)

L'un des sophismes kautskistes les plus répandus consiste à se référer aux « masses ». Nous ne voulons pas, prétendent-ils, nous détacher des masses et des organisations de masse ! (Décidément, encore une troublante similitude avec les trotskystes. - LVOG) Mais réfléchissez à la façon dont Engels pose la question. Les « organisations de masse » des trade-unions anglaises étaient au XIX° siècle du côté du parti ouvrier bourgeois. Marx et Engels ne recherchaient pas pour autant une conciliation avec ce dernier, mais le dénonçaient. Ils n'oubliaient pas, premièrement, que les organisations des trade-unions englobent directement une minorité du prolétariat. Dans l'Angleterre d'alors comme dans l'Allemagne d'aujourd'hui, les organisations ne rassemblent pas plus de 1/5 du prolétariat. On ne saurait penser sérieusement qu'il soit possible, en régime capitaliste, de faire entrer dans les organisations la majorité des prolétaires.

Deuxièmement, et c'est là l'essentiel, il ne s'agit pas tellement du nombre des adhérents à l'organisation (Les trotskystes justifieront justement leurs rapports avec le PS et le PCF et le front unique en avançant cet argument rejeté par Marx, Engels et Lénine. - LVOG) que de la signification réelle, objective, de sa politique : cette politique représente-t-elle les masses, sert-elle les masses, c'est-à-dire vise-t-elle à les affranchir du capitalisme, ou bien représente-t-elle les intérêts de la minorité, sa conciliation avec le capitalisme ? C'est précisément cette dernière conclusion qui était vraie pour l'Angleterre du XIX° siècle, et qui est vraie maintenant pour l'Allemagne, etc.

Engels distingue entre le « parti ouvrier bourgeois » des vieilles trade-unions, la minorité privilégiée, et la « masse inférieure », la majorité véritable; il en appelle à cette majorité qui n'est pas contaminée par la « respectabilité bourgeoise ». Là est le fond de la tactique marxiste ! (Tactique à laquelle la totalité des trotskystes tourneront résolument le dos. - LVOG)

(...)

En montrant que les opportunistes et les social-chauvins trahissent en fait lés intérêts de la masse, défendant les privilèges momentanés d'une minorité d'ouvriers (Nos détracteurs en font partie, ceci explique sans doute cela. - LVOG), propagent les idées et l'influence bourgeoises et sont en fait les alliés et les agents de la bourgeoisie, nous apprenons aux masses à discerner leurs véritables intérêts politiques et à lutter pour le socialisme et la révolution à travers les longues et douloureuses péripéties des guerres impérialistes et des armistices impérialistes. (En tous temps on peut lutter pour le socialisme et la révolution, allez dire cela aux opportunistes qui parlent en notre nom. Non, tout compte fait c'est inutile et ce serait une perte de temps, ils sont incurables. - LVOG)

Expliquer aux masses que la scission avec l'opportunisme est inévitable et nécessaire, les éduquer pour la révolution par une lutte implacable contre ce dernier, mettre à profit l'expérience de la guerre pour dévoiler toutes les ignominies de la politique ouvrière nationale libérale au lieu de les camoufler : telle est la seule ligne marxiste dans le mouvement ouvrier mondial.

(Un siècle nous séparant de cet article, depuis l'opportunisme a emprunté une multitude de masques, aux partis politiques issus des IIe, IIIe et IVe Internationale, il faut ajouter les ONG et les associations en tous genres à but dit humanitaire ou social qui sont censées soulager la misère des masses et qui en réalité ne font qu'en prolonger les souffrances ou perpétuer l'agonie. Terminons sur une note optimiste, en espérant que la crise qui traverse tous les partis ouvriers et les scissions auxquelles elle donnera lieu, permettront de refonder l'avant-garde révolutionnaire sur la base du marxisme et du socialisme, espérons que de nouvelles générations de militants sauront se délivrer du poison mortel de l'opportunisme et renoueront avec la tradition révolutionnaire du prolétariat du début du XXe siècle. - LVOG)

L'intégralité de l'article de Lénine au format pdf

Défense du marxisme

Les guerres nationales bourgeoises renferme des leçons extraordinairement instructives.

Extraits de Défense du marxisme. (Léon Trotsky - Coyoacan - Le 24 janvier 1940)

- Rappelons une fois de plus l'alphabet. Dans la sociologie marxiste le point de départ initial de l'analyse est la définition de classe d'un phénomène donné: Etat, parti, tendance philosophique, école littéraire... etc. Dans la plupart des cas cependant la pure et simple définition de classes est insuffisante car une classe est composée de différentes couches, elle passe par différents stades de développement, elle est soumise à l'influence d'autres classes. Il est nécessaire pour une analyse complète de tenir compte de ces facteurs de deuxième ou de troisième ordre soit en partie soit en totalité, en fonction du but recherché. Mais pour un marxiste l'analyse est impossible sans une caractérisation de classe du phénomène considéré.

- Le petit-bourgeois tend inévitablement à détacher les événements politiques de leur fondement social car toute approche de classe à l'égard des faits est organiquement étrangère à la position et à l'éducation du petit-bourgeois.

- L'exemple des guerres nationales bourgeoises renferme, effectivement, des leçons extraordinairement instructives, mais Shachtman est passé à côté sans y réfléchir. Marx et Engels aspiraient à une Allemagne républicaine unifiée. Pendant la guerre de 1870-71 ils se rangèrent du côté des Allemands, bien que les parasites dynastiques exploitassent et déformassent ce combat. Shachtman insiste sur le fait que Marx et Engels se tournèrent sans délai contre la Prusse dès qu'elle annexa l'Alsace et la Lorraine. Mais ce changement d'attitude ne fait qu'illustrer notre pensée avec encore plus de clarté. Il est impossible d'oublier une seule minute qu'il s'agissait d'une guerre entre deux Etats bourgeois. Ainsi le dénominateur de classe était commun aux deux camps. On ne pouvait donc décider de quel côté se trouvait le "moindre mal" -dans la mesure où l'histoire laissait le choix- qu'en fonction de facteurs complémentaires. Du côté des Allemands il s'agissait de créer un Etat bourgeois national, comme arène de l'économie et de la culture. L'Etat national constituait alors un facteur historique progressiste. Dans cette mesure Marx et Engels se tenaient du côté des Allemands, malgré le Hohenzollern et ses junkers. L'annexion de l'Alsace et de la Lorraine brisait le principe de l'Etat national, tant vis-à-vis de la France que vis-à-vis de l'Allemagne et préparait la guerre de revanche. Il est naturel que Marx et Engels se soient alors brutalement retournés contre la Prusse. Ils ne risquaient pas en cela de rendre service à un système économique inférieur face à un système supérieur, les rapports bourgeois, je le rappelle, dominant dans les deux camps. Si la France, en 1870, avait été un Etat ouvrier, Marx et Engels se seraient trouvés de son côté dès le début du conflit puisque -on éprouve quelque malaise à le rappeler- le critère de classe dirigeait toute leur activité.

(...) Il est superflu d'ajouter que le rôle du Hohenzollern dans la guerre de 1870-71 ne justifiait nullement le rôle historique général de la dynastie, ni son existence même. Fin de l'extrait.

En 2011, 140 ans plus tard il ne restera plus rien de ces "leçons extraordinairement instructives" au sein du mouvement ouvrier français (notamment).

Que Kadhafi ait incarné l'unité et la souveraineté de la Lybie, le pays le plus développé du continent africain, qu'Assad ait incarné une république laïque et un des pays les plus développés du Proche-Orient, face à des régimes monarchiques, féodaux, archaïques, de terribles dictatures pratiquant la charia, alors que ces deux Etats indépendants et souverains résisteront à l'impérialisme américain prêt à les détruire, à les disloquer si nécessaire en recourant à une horde de barbares sanguinaires pour parvenir à ses fins, les dirigeants du mouvement ouvrier de tous les partis sans exception reproduiront le discours des représentants de la réaction en présentant leurs chefs d'Etat comme de terribles dictateurs à la tête de régimes tyranniques.

Les dirigeants de tous les tous les partis sans exception du mouvement ouvrier ne tiendront pas compte non plus que Kadhafi et Assad bénéficiaient du soutien de l'immense majorité de leurs peuples. A aucun moment ils ne produiront une analyse sur la situation en Libye et en Syrie sur la base des rapports existant entre les classes dans ces pays en les reliant au développement du capitalisme mondial.

Pire, à l'instar des représentants des puissances occidentales et des médias ils pratiqueront l'autocensure en refusant d'utiliser les arguments ou les faits en leur possession qui leur auraient permis de démonter la propagande de guerre de Washington, Bruxelles et de l'OTAN.

Un grand nombre de commentateurs bourgeois se sont demandés pourquoi contrairement à autrefois quand des pays dominés étaient agressés par des pays dominants le mouvement ouvrier international se mobilisait au côté des pays dominés agressés par des impérialistes, ou lorsque que des pays luttaient pour conquérir leur indépendance ou leur souveraineté, de nos jours il les abandonnait à leur triste sort, sans pouvoir répondre à cette question, puisqu'il leur aurait fallu mettre en lumière que le mouvement ouvrier international était totalement corrompu à quelques exceptions près marginales, et qu'il était complice des impérialistes intervenant militairement en Libye et en Syrie.

En résumé, les dirigeants de tous les tous les partis sans exception du mouvement ouvrier se livreront au double langage habituel, consistant à dénoncer une agression impérialiste tout en reprenant à leur compte les arguments des représentants de l'impérialisme qui la justifiaient ainsi, de sorte que l'ensemble de ces arguments se neutralisaient réciproquement et laissait le champs libre au camp du plus puissant, au camp de la guerre, ce qui explique pourquoi ils se mirent dans une situation qui ne leur permettait pas de mobiliser les masses au côté des peuples libyen et syriens contre ces guerres néocolonialistes, pour peu qu'ils en aient eu l'intention un jour, ce dont on est en droit de douter fortement au regard de cette expérience.

Cette méthode du double langage et jeu était fort pratique ou présentait l'avantage de laisser à chaque militant ou travailleur l'opportunité d'interpréter la situation en fonction de ses intérêts individuels et non en se situant sur le terrain de la lutte des classes, ce qu'ils ignoreront évidemment. Comment, en s'appuyant sur l'un de ces arguments contradictoires de manière à diviser le mouvement ouvrier, à le paralyser, mieux, de sorte qu'aucune tendance ne s'en dégage, ce qui offrirait pas la suite l'opportunité à ses dirigeants de manoeuvrer ou d'instrumentaliser les conclusions de ces guerres à leur profit sans scrupule et pratiquement sans risque, puisque militants et travailleurs n'y ayant rien compris continueront de se faire manipuler. Il suffira d'invoquer la situation en France ou de reporter sur les travailleurs leur propre impuissance ou trahison et le tour sera joué.

Les dirigeants de tous les tous les partis sans exception du mouvement ouvrier ont ainsi trahi le principe de l'internationalisme prolétarien, du droit des peuples à l'autodétermination, et démontré si nécessaire qu'ils avaient bien rompu avec le marxisme et le socialisme dont ils continuent de se réclamer.

Défense du marxisme

Tendance historique de l’accumulation capitaliste.

Extrait du Capital. (K. Marx - F. Engels 1867)

Chapitre XXXII : Tendance historique de l’accumulation capitaliste

Ainsi donc ce qui gît au fond de l'accumulation primitive du capital, au fond de sa genèse historique, c'est l'expropriation du producteur immédiat, c'est la dissolution de la propriété fondée sur le travail personnel de son possesseur.

La propriété privée, comme antithèse de la propriété collective, n’existe que là où les instruments et les autres conditions extérieures du travail appartiennent à des particuliers. Mais selon que ceux-ci sont les travailleurs ou les non-travailleurs, la propriété privée change de face. Les formes infiniment nuancées qu'elle affecte à première vue ne font que réfléchir les états intermédiaires entre ces deux extrêmes.

La propriété privée du travailleur sur les moyens de son activité productive est le corollaire de la petite industrie, agricole ou manufacturière, et celle-ci constitue la pépinière de la production sociale, l'école où s'élaborent l'habileté manuelle, l'adresse ingénieuse et la libre individualité du travailleur. Certes, ce mode de production se rencontre au milieu de l'esclavage, du servage et d'autres états de dépendance. Mais il ne prospère, il ne déploie toute son énergie, il ne revêt sa forme intégrale et classique que là où le travailleur est le propriétaire libre des conditions de travail qu'il met lui-même en oeuvre, le paysan, du sol qu'il cultive, l'artisan, de l'outillage qu'il manie, comme le virtuose, de son instrument.

Ce régime industriel de petits producteurs indépendants, travaillant à leur compte, présuppose le morcellement du sol et l'éparpillement des autres moyens de production. Comme il en exclut la concentration, il exclut aussi la coopération sur une grande échelle, la subdivision de la besogne dans l'atelier et aux champs, le machinisme, la domination savante de l'homme sur la nature, le libre développement des puissances sociales du travail, le concert et l'unité dans les fins, les moyens et les efforts de l'activité collective. Il n'est compatible qu'avec un état de la production et de la société étroitement borné. L'éterniser, ce serait, comme le dit pertinemment Pecqueur, « décréter la médiocrité en tout ». Mais, arrivé à un certain degré, il engendre de lui-même les agents matériels de sa dissolution. A partir de ce moment, des forces et des passions qu'il comprime, commencent à s'agiter au sein de la société. Il doit être, il est anéanti. Son mouvement d'élimination transformant les moyens de production individuels et épars en moyens de production socialement concentrés, faisant de la propriété naine du grand nombre la propriété colossale de quelquesuns, cette douloureuse, cette épouvantable expropriation du peuple travailleur, voilà les origines, voilà la genèse du capital. Elle embrasse toute une série de procédés violents, dont nous n'avons passé en revue que les plus marquants sous le titre de méthodes d'accumulation primitive.

L'expropriation des producteurs immédiats s'exécute avec un vandalisme impitoyable qu'aiguillonnent les mobiles les plus infâmes, les passions les plus sordides et les plus haïssables dans leur petitesse. La propriété privée, fondée sur le travail personnel, cette propriété qui soude pour ainsi dire le travailleur isolé et autonome aux conditions extérieures du travail, va être supplantée par la propriété privée capitaliste, fondée sur l'exploitation du travail d'autrui, sur le salariat (81).

Dès que ce procès de transformation a décomposé suffisamment et de fond en comble la vieille société, que les producteurs sont changés en prolétaires, et leurs conditions de travail, en capital, qu'enfin le régime capitaliste se soutient par la seule force économique des choses, alors la socialisation ultérieure du travail, ainsi que la métamorphose progressive du sol et des autres moyens de production en instruments socialement exploités, communs, en un mot, l'élimination ultérieure des propriétés privées, va revêtir une nouvelle forme. Ce qui est maintenant à exproprier, ce n'est plus le travailleur indépendant, mais le capitaliste, le chef d'une armée ou d'une escouade de salariés.

Cette expropriation s'accomplit par le jeu des lois immanentes de la production capitaliste, lesquelles aboutissent à la concentration des capitaux. Corrélativement à cette centralisation, à l'expropriation du grand nombre des capitalistes par le petit, se développent sur une échelle toujours croissante l'application de la science à la technique, l'exploitation de la terre avec méthode et ensemble, la transformation de l'outil en instruments puissants seulement par l'usage commun, partant l'économie des moyens de production, l'entrelacement de tous les peuples dans le réseau du marché universel, d'où le caractère international imprimé au régime capitaliste. A mesure que diminue le nombre des potentats du capital qui usurpent et monopolisent tous les avantages de cette période d'évolution sociale, s'accroissent la misère, l'oppression, l'esclavage, la dégradation, l'exploitation, mais aussi la résistance de la classe ouvrière sans cesse grossissante et de plus en plus disciplinée, unie et organisée par le mécanisme même de la production capitaliste. Le monopole du capital devient une entrave pour le mode de production qui a grandi et prospéré avec lui et sous ses auspices. La socialisation du travail et la centralisation de ses ressorts matériels arrivent à un point où elles ne peuvent plus tenir dans leur enveloppe capitaliste. Cette enveloppe se brise en éclats. L'heure de la propriété capitaliste a sonné. Les expropriateurs sont à leur tour expropriés (82).

L'appropriation capitaliste, conforme au mode de production capitaliste, constitue la première négation de cette propriété privée qui n'est que le corollaire du travail indépendant et individuel. Mais la production capitaliste engendre elle-même sa propre négation avec la fatalité qui préside aux métamorphoses de la nature. C'est la négation de la négation. Elle rétablit non la propriété privée du travailleur, mais sa propriété individuelle, fondée sur les acquêts de, l'ère capitaliste, sur la coopération et la possession commune de tous les moyens de production, y compris le sol.

Pour transformer la propriété privée et morcelée, objet du travail individuel, en propriété capitaliste, il a naturellement fallu plus de temps, d'efforts et de peines que n'en exigera la métamorphose en propriété sociale de la propriété capitaliste, qui de fait repose déjà sur un mode de production collectif. Là, il s'agissait de l'expropriation de la masse par quelques usurpateurs; ici, il s'agit de l'expropriation de quelques, usurpateurs par la masse. (K . Marx : Le Capital - Livre I – Section VIII)

(81) « Nous sommes... dans une condition tout à fait nouvelle de la société... nous tendons à séparer complètement toute espèce de propriété d'avec toute espèce de travail. » (Sismondi : Nouveaux principes de l’Econ. polit., t. Il, p. 434.)

(82) « Le progrès de l'industrie, dont la bourgeoisie est l'agent sans volonté propre et sans résistance, substitue à l'isolement des ouvriers, résultant de leur concurrence, leur union révolutionnaire par l'association. Ainsi, le développement de la grande industrie sape, sous les pieds de la bourgeoisie, le terrain même sur lequel elle a établi son système de production et d'appropriation. Avant tout, la bourgeoisie produit ses propres fossoyeurs. Sa chute et la victoire du prolétariat sont également inévitables. De toutes les classes qui, à l'heure présente, s'opposent à la bourgeoisie, le prolétariat seul est une classe vraiment révolutionnaire. Les autres classes périclitent et périssent avec la grande industrie; le prolétariat, au contraire, en est le produit le plus authentique. Les classes moyennes, petits fabricants, détaillants, artisans, paysans, tous combattent la bourgeoisie parce qu'elle est une menace pour leur existence en tant que classes moyennes. Elles ne sont donc pas révolutionnaires, mais conservatrices; bien plus elles sont réactionnaires. elles cherchent à faire tourner à l'envers la roue de l'histoire. » (Karl Marx et Friedrich Engels : Manifeste du Parti communiste, Lond., 1847 p. 9, 11.)

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Défense du marxisme

Leur morale de classe et la nôtre.

Friedrich Engels (1878) : Anti-Duhring

Chapitre IX :: La morale et le droit.. Vérités éternelles. Extrait.

... le bien et le mal. Cette opposition se meut exclusivement sur le terrain moral, donc dans un domaine qui appartient à l'histoire des hommes, et c'est ici que les vérités définitives en dernière analyse sont le plus clairsemées. De peuple à peuple, de période à période, les idées de bien et de mal ont tant changé que souvent elles se sont carrément contredites. - Mais, objectera-t-on, le bien n'est pourtant pas le mal, le mal pas le bien; si le bien et le mal sont mis dans le même sac, c'est la fin de toute moralité et chacun peut agir à sa guise. - Telle est aussi, dépouillée de toute solennité sibylline, l'opinion de M. Dühring. Mais la chose ne se règle tout de même pas si simplement. Si c'était aussi simple, on ne disputerait pas du bien et du mal, chacun saurait ce qui est bien et ce qui est mal. Mais qu'en est-il à présent ? Quelle morale nous prêche-t-on aujourd'hui ? C'est d'abord la morale féodale chrétienne, héritage de la foi des siècles passés, qui se divise essentiellement à son tour en une morale catholique et une morale protestante, ce qui n'empêche pas derechef des subdivisions allant de la morale catholico-jésuite et de la morale protestante orthodoxe jusqu'à la morale latitudinaire. A côté de cela figure la morale bourgeoise moderne, puis derechef à côté de celle-ci la morale de l'avenir, celle du prolétariat, de sorte que rien que dans les pays les plus avancés d'Europe, le passé, le présent et l'avenir fournissent trois grands groupes de théories morales qui sont valables simultanément et à côté l'une de l'autre. Quelle est donc la vraie ? Aucune, au sens d'un absolu définitif; mais la morale qui possède le plus d'éléments prometteurs de durée est sûrement celle qui, dans le présent, représente le bouleversement du présent, l'avenir, c'est donc la morale prolétarienne.

Dès lors que nous voyons les trois classes de la société moderne, l'aristocratie féodale, la bourgeoisie et le prolétariat, avoir chacune sa morale particulière, nous ne pouvons qu'en tirer la conclusion que, consciemment ou inconsciemment, les hommes puisent en dernière analyse leurs conceptions morales dans les rapports pratiques sur lesquels se fonde leur situation de classe, - dans les rapports économiques dans lesquels ils produisent et échangent.

Cependant, dans les trois théories morales citées ci-dessus, il y a maintes choses communes à toutes les trois : ne serait-ce pas là un fragment de la morale fixée une fois pour toutes ? Ces théories morales représentent trois stades différents de la même évolution historique, elles ont donc un arrière-plan historique commun et par suite, nécessairement, beaucoup d'éléments communs . Plus encore. A des stades de développement économique semblables, ou à peu près semblables, les théories morales doivent nécessairement concorder plus ou moins. Dès l'instant où la propriété privée des objets mobiliers s'était développée, il fallait bien que toutes les sociétés où cette propriété privée prévalait eussent en commun le commandement moral : tu ne voleras point. Est-ce que par là ce commandement devient un commandement moral éternel ? Nullement. Dans une société où les motifs de vol sont éliminés, où par conséquent, à la longue, les vols ne peuvent être commis que par des aliénés, comme on rirait du prédicateur de morale qui voudrait proclamer solennellement la vérité éternelle : Tu ne voleras point !

C'est pourquoi nous repoussons toute prétention de nous imposer quelque dogmatisme moral que ce soit comme loi éthique éternelle, définitive, désormais immuable, sous le prétexte que le monde moral a lui aussi ses principes permanents qui sont au-dessus de l'histoire et des différences nationales. Nous affirmons, au contraire, que toute théorie morale du passé est, en dernière analyse, le produit de la situation économique de la société de son temps. Et de même que la société a évolué jusqu'ici dans des oppositions de classes, la morale a été constamment une morale de classe; ou bien elle justifiait la domination et les intérêts de la classe dominante, ou bien elle représentait, dès que la classe opprimée devenait assez puissante, la révolte contre cette domination et les intérêts d'avenir des opprimés. Qu'avec cela, il se soit en gros effectué un progrès, pour la morale comme pour toutes les autres branches de la connaissance humaine, on n'en doute pas. Mais nous n'avons pas encore dépassé la morale de classe. Une morale réellement humaine, placée au-dessus des oppositions de classe et de leur souvenir, ne devient possible qu'à un niveau de la société où on a non seulement vaincu, mais oublié pour la pratique de la vie, l'opposition des classes. Que l'on mesure maintenant la présomption de M. Dühring qui, du sein de la vieille société de classes, prétend, à la veille d'une révolution sociale, imposer à la société sans classes de l'avenir une morale éternelle, indépendante du temps et des transformations du réel ! A supposer même, - ce que nous ignorons jusqu'à présent, - qu'il comprenne tout au moins dans ses lignes fondamentales la structure de cette société future.

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